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Chapitre Complémentaire 4 :

Développements limités et Applications

1 Formule de Taylor

Théorème :
Si une fonction est définie et continue sur , ainsi que ses n
premières dérivées, et si elle admet dans l’intervalle une dérivée
d’ordre , il existe une valeur pour laquelle :

Cette égalité peut aussi s’écrire comme suit avec et :

Remarque : La forme est le « reste de Lagrange ».

Exemple :
Soit . est définie et continue sur , ainsi que ses n premières dérivées,
et elle admet dans l’intervalle une dérivée d’ordre .
Donc il existe une valeur telle que :
ce qui s’écrit encore :

avec .
Ces deux formules correspondent à la formule de Taylor à l’ordre 5 ( ) de la fonction
considérée.

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Développements limités et Applications

2 Formule de Mac Laurin


Dans le cas particulier où , on a pour tout :

avec , et où la quantité est appelé reste de Lagrange.

Cette formule est un cas particulier de celle de Taylor dans laquelle on prend et .

Exemple :
Reprenons la fonction . Pour et , on obtient la formule de Mac Laurin à
l’ordre 5 ( ) suivante :

Cas particulier
Si f est un polynôme de degré n, est la fonction nulle, le reste est donc nul ; pour ,
on a :

et on retrouve la formule du binôme de Newton :

En outre, lorsque , le reste du cas général peut s’écrire , où lorsque


. C’est le « reste de Young ».

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Chapitre Complémentaire 4 :

Développements limités et Applications

3 Notions sur les développements limités

Définition :
Une fonction définie au voisinage de admet un
développement limité d’ordre n, s’il existe un polynôme de degré n

tel que

où tend vers 0 lorsque .

est la partie régulière du développement, est le terme complémentaire ou reste, que


l’on peut noter (notation de Landau).

est infiniment petit par rapport à .

Remarque : Posons . Lorsque , . On peut donc se


ramener à un développement limité au voisinage de 0. Dans la suite, nous nous
limiterons donc aux développements limités au voisinage de 0.

3.1 Propriétés des développements limités

1) Unicité
Une fonction ne peut admettre qu’un seul développement limité d’ordre n donné.
2) Somme
Si et admettent des développements limités d’ordre n, admet un
développement limité dont la partie régulière est la somme des parties régulières de et .
3) Produit
La partie régulière du développement limité à l’ordre n de se compose des termes de plus
haut degré au plus égal à n du produit des parties régulières de et .

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4) Quotient

La partie régulière du développement limité à l’ordre n de s’obtient en divisant suivant les

puissances croissantes la partie régulière du développement de par celle de jusqu’à


l’ordre n (en supposant ).
Conséquences :
Si et , alors :

• avec

• avec si et

3.2 Formation théorique d’un développement limité

La formule de Mac Laurin relative à une fonction satisfaisant aux conditions de Taylor et dans un
intervalle contenant 0 est :

avec

Or le reste de Lagrange peut aussi s’écrire :

et puisque est bornée ( ), la quantité entre crochets tend vers 0 avec x.

La formule de Mac Laurin donne donc le développement limité à l’ordre n


de en 0 ; et , avec , est le reste.

3.3 Développements limités des fonctions usuelles


Prenons l’exemple de la fonction :

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d’où

Vous trouverez dans le formulaire des développements limités, les D.L. des fonctions les plus usuelles,
en particulier celui de .

Autres exemples largement usités :

D’où :

Pour et en donnant successivement à m les valeurs et , il vient :

Le changement de en donne :

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Enfin pour et en remplaçant par :

D’une façon générale, on a :

Exemples :
• Somme de deux développements limités :

On garde le plus grand des o.

• Produit de deux développements limités :

On en déduit

• Inverse d’un développement limité :


On veut calculer le développement de à l’origine à l’ordre 7.

On sait que .

On pose avec . On utilise ensuite le développement

limité . On trouve et . On

obtient finalement

3.4 Développement limité d’une fonction composée

Si admet un développement limité d’ordre n au voisinage de , et si admet un

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développement limité d’ordre au voisinage de , étant égal à , alors la fonction


admet un développement limité d’ordre p pour .

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Exemple :
Supposons et .
Posons .
On trouve , puis et .
On en déduit le développement limité de à l’ordre 4 à l’origine :

3.5 Intégration d’un développement limité

Si continue dans admet un développement limité d’ordre n pour , la fonction

admet pour un développement limité d’ordre dont la partie régulière est

obtenue en intégrant la partie régulière du développement limité de .


Exemple :

Soit , alors .

On en déduit .

3.6 Dérivation d’un développement limité

Si est indéfiniment dérivable sur et si , admet un développement limité


d’ordre qui s’obtient par dérivation terme à terme de celui de à l’ordre n.

Exemple :
On sait que .

Par dérivation, on en déduit .

Une nouvelle dérivation donne .

En effet et .

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3.7 Autres développements limités usuels


Par application de la formule de Mac Laurin à l’origine, on obtient le développement limité de ,
et .
Le développement limité de s’obtient par division selon les puissances croissantes du
développement de par le développement de . De même pour le développement limité de
.
En partant de la formule du binôme généralisé, et pour , on obtient par intégration les
développements limités de , , , et .

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Développements limités et Applications

4 Applications des développements limités pour la recherche de


limites

4.1 Infiniment petit

On dit que est un infiniment petit au voisinage de , si tend vers zéro lorsque .

Exemples :
, , et sont des infiniment petits pour .

4.2 Infiniment grand

On dit que est un infiniment grand au voisinage de , si tend vers lorsque .

Exemples :
et sont des infiniment grands pour .

4.3 Fonctions équivalentes

et sont deux fonctions équivalentes au voisinage de si le rapport tend vers 1

lorsque . On note .
Exemples :

, lorsque .

Des développements limités précédents, on déduit :

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alors que et lorsque .

Les développements limités sont très utiles en cas de recherche d’une limite aboutissant à une forme
indéterminée. Ils permettent en effet de remplacer une fonction par un infiniment grand ou petit
équivalent plus simple et ainsi de « lever l’indétermination ».
D’une façon générale, une fonction , quand , est équivalente au premier terme non nul de
son développement limité au voisinage de 0.

Exemples :

et

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On démontre que si et sont tous deux infiniment grands ou petits positifs :

La réciproque est fausse, par exemple : mais par contre n’est pas équivalente à
.

Exemple 1 :
On veut calculer la limite lorsque de .

Lorsque , et . Donc

Exemple 2 :

On veut la limite lorsque de .

Lorsque , est une forme indéterminée du type .

Posons . Alors lorsque , et on a :

Il vient finalement

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