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MINISTERE DE L’AGRICULTURE BURKINA FASO

ET DES AMENAGEMENTS -------------


HYDRAULIQUES Unité-Progrès-Justice
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CABINET
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PROJET D’AMELIORATION DE LA
PRODUCTIVITE AGRICOLE ET DE
LA SECURITE ALIMENTAIRE
Tél. 25 37 50 92
Email : cnpapsa@yahoo.fr
Site web : www.papsabf.org

GUIDE DES TECHNOLOGIES D'ENROCHEMENT DE DCN


ET DE POSE DE GABIONS

Edition Avril 2016 M. Tasséré SAWADOGO


MODULE 1 :

TECHNIQUE D’ENROCHEMENT DES DIGUETTES ET


CONSTRUCTIONS DE PERTUIS DE VIDANGE

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Table des matières module 1
1. CONSTRUCTION D’UNE DIGUETTE ................................................................................4
1.1 Constitution ............................................................................................................................................4
1.2 Construction ...........................................................................................................................................4
a. L’implantation des diguettes ..................................................................................................................4
b. Construction des diguettes ....................................................................................................................4
c. La délimitation de la zone d’emprunt et emprise de la diguette ...........................................................4
d. La préparation de la zone d’emprunt.....................................................................................................4
e. Le compactage du remblai .....................................................................................................................5
f. La mise au gabarit ou talutage ...............................................................................................................5
g. Les fouilles et le talutage ........................................................................................................................6
h. La protection de la diguette ...................................................................................................................7
2. CONSTRUCTION D’UN PERTUIS DE VIDANGE .............................................................9
2.1 Construction du pertuis de vidange .............................................................................................................9
2.2 Mise en œuvre .............................................................................................................................................9
a. Implantation ........................................................................................................................................ 10
b. Fouilles ................................................................................................................................................ 10
c. Coulage du radier ................................................................................................................................ 10
d. Coffrage des bajoyers .......................................................................................................................... 11
e. Coulage du béton des bajoyers ........................................................................................................... 11
f. Coulage de la bèche avale et du radier aval........................................................................................ 11
2.3 Dosage des bétons de pertuis de vidange .......................................................................................... 11
2.4 La pose du polypropylène tissé ........................................................................................................... 11
3. NOTION SUR LA GESTION ET L’ENTRETIEN DES OUVRAGES ...............................11
3.1 Entretien des pertuis ................................................................................................................................. 11
3.2 Entretien curatif ........................................................................................................................................ 12

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1. CONSTRUCTION D’UNE DIGUETTE
1.1 Constitution
La diguette est constituée :
• de remblai de terre argileuse,
• d’un revêtement de géotextile,
• d’un revêtement de moellons
Elle est munie d’une ouverture appelée pertuis pour la vidange de l’eau des casiers de riz

1.2 Construction
a. L’implantation des diguettes
Les diguettes à courbes de niveau sont implantées à des dénivelées de 0,30 m pour des diguettes de hauteur
0,35 m et de dénivelées de 0,2 m pour des hauteurs de 0,25 m. L’implantation se fait à l’aide d’un niveau
automatique sinon grâce à un niveau à eau.
b. Construction des diguettes
La construction des diguettes se fait selon les phases suivantes :
➢ la délimitation de la zone d’emprunt
➢ la délimitation de l’emprise du remblai,
➢ préparation de la zone d’emprunt,
➢ compactage en couches,
➢ mise au gabarit
c. La délimitation de la zone d’emprunt et emprise de la diguette
La zone d’emprunt est délimitée en amont de l’emprise de la diguette à courbe de niveau. Elle aura une largeur
d’environ 1,5 m. La distance entre la zone d’emprunt et la diguette ne sera pas inférieure à 1m.

Figure 1: nettoyage d’une diguette existante

Source : Image formation pratique au Centre-Ouest

d. La préparation de la zone d’emprunt


La zone d’emprunt sera décapée sur une épaisseur de 10 cm. Ce matériau ne servira pas à la confection de la
diguette mais sera remis dans la zone d’emprunt après prélèvement du matériau à compacter. La profondeur de
la zone d’emprunt ne dépassera pas 0,6 m. Dans le cas où l’humidité du sol n’est pas suffisante il y a lieu de
préparer les matériaux dans la zone d’emprunt en rendant d’abord meuble le sol et en l’arrosant ensuite.

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Figure 2 : préparation de la zone d’emprunt

Source : Image formation pratique au Centre-Nord

e. Le compactage du remblai
La zone à remblayer est délimitée par des piquets en tenant compte de 20 cm de sur-largeur de part et d’autre.
Ceci permet de compacter correctement toute la largeur de l’ouvrage. Il est recommandé de mettre en place des
piquets indiquant la côte crête de la diguette.
Le remblayage se fait à l’aide de pelles ou dabas après que l’emprise ait été humidifiée. Il y a lieu de veiller à
ce que le matériau reste homogène. Il faut donc malaxer la terre et retirer les débris végétaux. Le compactage se
fait généralement à l’aide d’un compacteur autotracté de type Bomag pouvant vibrer. Avec ce type d’engin on
obtient une bonne compacité (90% OPN) après une dizaine de passes sur une épaisseur finale de 10 à 15 cm.
On peut supposer que le compactage d’une couche de matériaux foisonnés réduit son épaisseur de moitié.
Chaque reprise sera précédée d’un arrosage de la surface de contact pour assurer son bon accrochage. Après
compactage de la première couche il faut mettre en place et compacter le plus vite possible la couche suivante.
Il est possible de compacter les diguettes avec des dames à main. Dans ce cas il faut diminuer l’épaisseur des
couches à la moitié (5 à 7 cm).
f. La mise au gabarit ou talutage
Dans le cas où la tolérance de la côte crête est dépassée on procède au décapage du surplus. Après la
vérification altimétrique de la crête de la diguette on procède à la mise en place des repères pour les travaux de
talutage. Ceci se fait en plusieurs étapes :
➢ Tracer dans le remblai compacté l’axe de la crête de la diguette avec un objet pointu ;
➢ Tracer ensuite les extrémités de la crête ;
➢ Implanter dans le terrain naturel des piquets au pied du talus amont ;
➢ Réaliser le talus amont à l’aide de dabas.
Les matériaux provenant du talutage seront remis dans la zone d’emprunt.
Le talutage de la diguette se fait à la daba. Le talutage permet aussi d’évaluer la qualité du compactage.

Figure 3 : Talutage amont et aval

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Source : Image formation pratique au Centre-Ouest et au Centre Nord

g. Les fouilles et le talutage


La zone de buttage sera réalisée en deux phases :
• l’excavation de la tranchée avale sur 40 cm de large et 25 cm de profondeur;
• le talutage de la partie avale de la diguette suivant la pente 2 :1.

Figure 4 : Illustration des remblais et déblais


A-Remblai

Aval
Amont

Remblai final

B-Déblai aval (exemple T7)

Déblai aval

Aval
Amont

Tranché aval

On procède d’abord au piquetage de la tranchée. Après excavation de la tranchée les manœuvres réaliseront
le(s) talus aux dabas.

Figure 5 : profil de la diguette

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h. La protection de la diguette
o Pose du polypropylène tissé
Le polypropylène est fourni en rouleaux de 50 m de long et de 2,5 m de large. Il est très sensible à la lumière.
En contact direct avec la lumière du soleil il se dégrade rapidement.
o Pose des moellons
Il est impératif que le tissu soit entièrement recouvert de moellons. Cela suppose un contrôle rigoureux et des
entretiens annuels.

Figure 6 : profil de la diguette

La diguette sera entièrement revêtue par des moellons. Pour une meilleure stabilité, on commence à poser les
plus gros cailloux en aval comme une butée. Ensuite on pose les moellons de l’aval vers la crête et du pied
amont vers la crête. Les moellons seront soigneusement choisis et posés de façon à limiter au maximum les
vides. Les vides restants seront ensuite remplis avec du concassés de moellons. La lumière ne pourra plus
détériorer le polypropylène. Les moellons sont ainsi « imbriqués » ce qui donne au revêtement une stabilité
supplémentaire. Comme test on peut vérifier la stabilité des moellons : en marchant dessus, ceux-ci ne
devraient plus bouger.
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Figure 7 : protection d’une diguette

Source : Image formation pratique PAPSA au Centre-Nord

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2. CONSTRUCTION D’UN PERTUIS DE VIDANGE
2.1 Construction du pertuis de vidange
Les diguettes sont munis d’ouvrages de vidange appelés pertuis. Ils sont faits en béton ordinaire et servent à
vidanger les casiers de riz en cas de besoin. Ils ne sont pas faits pour évacuer les crues du cours d’eau, mais
l’eau contenue dans les inter-diguettes c’est-à-dire les casiers parcellaires. Ils doivent permettre de vidanger les
casiers pendant les semis, la préparation du sol ou encore lors des récoltes.
Chaque pertuis est constitué :
- d’un radier,
- de deux bajoyers,
- d’un bassin de dissipation
- d’un écran anti renard,
- des bèches para-fouilles amont et aval.

Les bajoyers ont une épaisseur de 20 cm. Des petits murets d’arrêts assureront leur bon ancrage dans la diguette
et préviendront ainsi le renardage latéral. Une parafouille du coté aval du radier préviendra le renardage sous
l’ouvrage ainsi que les affouillements du coté aval. La largeur d’ouverture sera de 60 cm. La hauteur
(différence de niveau entre la crête et le radier) sera de 45 cm.
NB : La cote du radier ne dépassera pas la cote de la courbe de niveau. Cependant elle ne sera pas de plus de 5
cm en dessous de cette cote.
La réalisation du pertuis doit respecter les étapes suivantes :
➢ Choix de l’emplacement du pertuis,
➢ Implantation des axes de la diguette et du pertuis suivant la perpendiculaire à l’axe de la diguette,
➢ Implantation du pertuis,
➢ Fouilles des fondations et de l’écran anti-renard,
➢ Coulage des fondations et du radier,
➢ Coffrage des bajoyers,
➢ Coulage du béton,

Chaque diguette est munie d’un ou plusieurs pertuis de vidange réalisés en béton ordinaire dosé à 250 kg/m3.
Les diguettes sont en remblai d’argile avec une hauteur moyenne de 25cm. Le pertuis respecte les dimensions
suivantes :
➢ Les bajoyers auront une épaisseur de 20 cm. des petits murets d’arrêts assureront leur bon ancrage dans la
diguette et préviendront ainsi le renardage latéral. Une para-fouille au côté aval du radier préviendra le
renardage en dessous de l’ouvrage ainsi que les affouillements du coté aval.
➢ La largeur d’ouverture du pertuis est de 60 cm.
➢ La hauteur sur radier (différence de niveau entre la crête et le radier) est de 45 cm.
➢ La vannette en métallique est de 60cm sur 25cm

2.2 Mise en œuvre


Les pertuis de vidange sont construits en béton dosé à 250 kg/m3. Ces ouvrages ont une ouverture de 0,6 m. La
largeur des bajoyers est de 0,2 m et une hauteur correspondant à la hauteur de la diguette enrochée soit 20cm de
plus que le remblai. Le volume de béton par ouvrage est d’environ 0.7m3. Ces ouvrages seront coulés sur place.
Il existe la possibilité d’utiliser un moule.
Le coulage sur place se fait à l’aide d’un béton réalisé sur une aire de gâchage. Il faut veiller à ce que les
agrégats soient de bonne qualité et que le béton ne soit pas trop humide.
➢ Le gravier doit être propre, ce qui nécessite qu’il soit tamisé ;
➢ Le sable doit être grossier et propre. Le sable fin, qui s’envole avec le vent est proscrit ;
➢ Le ciment doit être de préférence un CPA45. Dès l’apparition de signe de prise (durcissement) il doit être
rejeté ;
➢ La teneur en eau doit être bonne.
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➢ Un mauvais béton provient généralement d’un excès d’eau. Il y a donc lieu à veiller que le béton ne soit pas
trop liquide, mais toutefois assez plastique pour que le maçon n’ait pas trop de problème à le couler sans
laisser des vides.
➢ Il est recommandé d’utiliser des outils de fortunes qui font office d’aiguille vibrante.
a. Implantation
Pour implanter il faut commencer par implanter les deux axes du pertuis qui correspondent à l’axe de la digue
et l’axe d’écoulement des eaux,
Après l’implantation des axes on implante l’ouverture du pertuis en longueur et en largeur
On procède par des déports en piquets alignés par des fils

Figure 8 : implantation de diguette

Source : Image formation pratique PAPSA au Centre-Nord

b. Fouilles
On procède aux fouilles en commençant par l’ouverture
Après l’ouverture on procède :
➢ aux fouilles du radier,
➢ de l’ancrage de la bèche amont,
➢ et de l’écran anti-renard
c. Coulage du radier
Le coulage du béton commence par le radier, la bèche et l’écran anti-renard en même temps

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Figure 9 : Fouille/coulage du radier et des bajoyers

Source : Image formation pratique PAPSA au Centre-Nord

d. Coffrage des bajoyers


Avant de faire le coffrage on procède à la fouille de la glissière, Ensuite on procède au coffrage des bajoyers.
On peut utiliser un moule ou simplement du coffrage in situ avec des planches de bois samba.
e. Coulage du béton des bajoyers
Ensuite on procède au coulage du béton des bajoyers
Un jour est laissé pour la prise du béton avant décoffrage
f. Coulage de la bèche avale et du radier aval
Après avoir décoffré, on procède au coulage du béton du radier de fond du bassin de dissipation et du relevé de
béton aval ;
2.3 Dosage des bétons de pertuis de vidange
Le volume de béton pour un pertuis construit sur une DCN de 25cm est d’environ 0.7m3; le dosage du béton
est de 250 kg /m3 soit 5 sacs pour 1m3 de béton. Les dosages correspondants sont :

Dosage ciment kg sable L (litre) gravier L (litre)


250 450 800
250kg/m3 CPA45 granite/quartz
5 sacs 50L/ brouette x9 50L/ brouette x16
2.4 La pose du polypropylène tissé
Après la construction du pertuis, la jonction avec la diguette doit être protégée.
Un polypropylène doit être posé sur la diguette en contact avec le pertuis. Il est très sensible à la lumière du
soleil. En contact direct avec la lumière du soleil il se dégrade rapidement.
Il est impératif que le tissu soit entièrement recouvert de moellons. Cela suppose un contrôle rigoureux et des
entretiens annuels.

3. NOTION SUR LA GESTION ET L’ENTRETIEN DES OUVRAGES

3.1 Entretien des pertuis


La bonne tenue des ouvrages dépend de leur bonne gestion. Ainsi les producteurs doivent veiller à l’entretien
préventif et curatif. Dès la rupture de l’ouvrage, la diguette ne peut plus jouer son rôle.
L’entretien va donc consister à la reconstruction du remblai dégradé, au replacement des moellons déplacés, à
la reconstruction ou réparation du pertuis.

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3.2 Entretien curatif
L’entretien curatif consiste :
➢ au replacement des moellons déplacés,
➢ à la reconstruction ou réparation de l’ouvrage.
➢ au remblaiement des renards et des affouillements avec de la terre argileuse.
Les dégradations sont le plus souvent d’origines humaines, animales, ou défauts de construction ; à cet effet on
observe :
➢ des affouillements en aval du bassin de dissipation
➢ un renardage sous le pertuis,
➢ un renardage sur les côtés du pertuis

La réparation va consister:
➢ En cas d’affouillement aval : Constituer un tapis de moellons maçonné à la place de l’affouillement,
➢ En cas de renardage sur les côtés : Reconstruction de la diguette au droit du pertuis ; cela consiste à la
reconstitution du remblai, à la pose du géotextile et la pose du moellon ;
➢ En cas de renardage sous le pertuis : reconstruire le pertuis, car il est complètement déstabilisé.

PERSPECTIVE D’UN PERTUIS

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Moule de coffrage

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MODULE 2 :

TECHNIQUE DE TRAITEMENT DE RAVINE

PAR POSE DE GABION

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Table des matières Module 2

1. INTRODUCTION .................................................................................................................17
2. TRAITEMENT DE RAVINE PAR REALISATION DE SEUIL EN GABIONS ...............18
2.1 Traitement en gabion ................................................................................................................................ 18
2.2 Procédure pour la réalisation des seuils en gabions ................................................................................. 18
2. 3 Gabionnage par terre armée .................................................................................................................... 23
3. RECOMMENDATIONS POUR LE REMPLISSAGE DES GABIONS .............................27
3.1 Préparation................................................................................................................................................ 27
3.2 Remplissage............................................................................................................................................... 27
3.3 Fermeture.................................................................................................................................................. 27
4. LES DIX COMMENDEMENTS POUR L’AMENAGEMENT DE RAVINE ....................27

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1. INTRODUCTION
Les traitements de ravine visent à rendre le profil des ravines non érosif. Le traitement consiste en la
réalisation de diguettes en pierres ou n gabions qui forment un profil en marches d'escaliers. Entre
chaque chute, l'eau s'écoule avec une vitesse peu érosive.
Le principe des ouvrages est de créer un obstacle en travers du courant pour le freiner, sans chercher à
stocker l'eau en surface. Leurs effets sont nets : diminution ou arrêt de l'érosion et profilage du lit,
augmentation de l'infiltration et recharge de la nappe phréatique, gain substantiel de terre de haute
valeur (terres basses, arrosables ou irrigables).
On observe trois types de traitement des ravines : les traitements de tête de ravine, les traitements en
pierres libres, les traitements en gabions.

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2. TRAITEMENT DE RAVINE PAR REALISATION DE SEUIL EN GABIONS
2.1 Traitement en gabion
Les traitements en gabions sont réalisés dans le cas des ravines profondes et encaissées. Les gabions
sont des sortes de cages confectionnées en grillage dans lesquels on emprisonne les moellons pour les
empêcher de bouger sous la pression de l'eau.
L'objectif est :
• de constituer un ouvrage stable face au courant fort de l'eau à ces endroits ;
• de pérenniser l'ouvrage afin de lui permettre de stopper l'érosion régressive du lit
• de la ravine ;
• d'améliorer l'infiltration des eaux d'écoulement ;
• de ralentir les eaux du cours d'eau principal pour recharger la nappe phréatique.
Les traitements de lit de ravines nécessitent une bonne connaissance des caractéristiques physiques du
bassin versant. Ils sont réalisés par les groupements avec l'appui de l'état ou des ONG. Avec ces
traitements, la ravine peut être comblée en quelques années par sédimentation. Les traitements de
ravine permettent de récupérer quelques hectares de terre. L'épandage des crues favorise une
amélioration des rendements dans la zone inondable.
Figure n°1 : Traitement du lit de la ravine par une digue filtrante

Source : PATECORE, 1996, fiche technique Septembre 2007 Rabdo, A.

2.2 Procédure pour la réalisation des seuils en gabions


Les phases à suivre, pour la réalisation d’un seuil en gabions sont ordonnées selon une succession
régulière des travaux. Néanmoins dans des conditions particulières d’enchaînement, les phases
peuvent être modifiées selon les nécessités et les moyens à disposition.

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Phase I – Fouille de fondation
Une fois le seuil implanté (axe, largeur et longueur), il est nécessaire de creuser la fouille de
fondation (selon la profondeur indiquée sur le schéma). Il est très important que le niveau de la fouille

soit horizontal. Pour le creusage de la fouille de fondation, il faut prendre en compte aussi l’emprunt des
talus latéraux, raison pour laquelle la largeur totale de la fouille doit être supérieure d’environ 1 m à la
largeur demandé.

Phase II – Pose du remblai de fondation

Après le planage de la fouille de fondation, il est nécessaire de mettre en place une couche de tout
venant compacté pour garantir une bonne pose des gabions. Le tout venant doit être bien plané pour
obtenir un niveau horizontal. Ensuite, on passe à l’arrosage et au compactage de la couche. Il faut
prêter attention pour éviter la concentration des matériaux plus grossiers vers les bords de la fouille.
Pour avoir un compactage optimal les bords doivent être compactés à la main avec dames. L’épaisseur
de la couche de tout venant est fonction de l’importance de l’ouvrage, en général une couche de 25
à 30 cm est suffisante.

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Phase III – Pose des gabions – Première couche corps principal ouvrage et bassin de dissipation
Avant la pose des gabions, on doit poser le rouleau de géotextile sur le tout-venant compacté
et en suite les gabions sur le géotextile. Il faut faire attention à ce que la couche de tout venant soit
suffisamment lisse pour éviter d’endommager le géotextile. Avant la pose des gabions il faut implanter
la limite amont avec des piquets et un fil placé entre les deux piquets. Pour la fermeture de la première
couche des gabions, il est très important que le niveau supérieur soit horizontal.
Une attention particulière doit être faite dans la réalisation de la partie revêtue du bassin de
dissipation qui est la partie la plus sollicitée par l’écoulement de l’eau. Dans la mise en œuvre de ces
gabions, il faut doubler le nombre normal des tirants verticaux. Les mêmes gabions doivent être
toujours disposés dans la direction perpendiculaire au sens d’écoulement de l’eau. Il faut aussi faire
attention qu’au remplissage des gabions, ils ne soient pas utilisées des pierres de taille trop petite par
rapport à la maille des gabions et surtout qu’elles soient de bonne qualité.

Phase IV – Pose des gabions – Ailes du bassin de dissipation


On peut procéder à la pose des gabions sur les ailes du bassin de dissipation. Pour la première
couche, il faut respecter la même procédure déjà décrite dans la Phase III (planage et compactage tout
venant, pose du géotextile, implantation direction, etc.). Une fois la première couche terminé, il faut
revêtir en géotextile les gabions du côté de la berge avant de mettre en place le remblai en tout venant
compacté jusqu’au niveau des gabions. Les couches successives des gabions doivent être mises en
place avec la même méthode en reculant, à chaque fois de 25 à 50 cm vers la berge comme indiqué sur
le plan.
Dans la pose du remblai, il faut faire très attention pour ne pas endommager le géotextile avec
les pierres. Tandis que l’espace est très restreint, il est nécessaire d’exécuter le compactage à la
main avec un compacteur manuel ou au cas échant avec les dames après arrosage. Pour avoir un
bon compactage, le remblai doit être réalisé par couche successive avec une épaisseur maximum de
20 cm.
Dans la mise en œuvre des ailes, il est nécessaire que soit réalisés des écrans transversaux pour
empêcher un écoulement turbulent de l’eau à l’intérieur des gabions (voir particulier dans la figure
suivante). Ces écrans peuvent être réalisés en gabion maçonné ou en géotextile comme indiqué sur le
plan.
1 - au niveau de l’axe du corps principal du seuil (sur la crête
du déversoir) ;
2 - à la rentrée du bassin de dissipation;
3 - au niveau du contre-seuil.

20
Pour assurer, une parfaite mise en œuvre des écrans en gabions maçonnés et pour avoir une
bonne adhésion entre les gabions et la terre compactée, il faut d’abord réaliser le remblai pour une
hauteur de 1 m et donc creuser une fouille dans la terre compacté avec les dimensions de l’écran. En
suite dans la fouille les gabions seront posés et attachés avec les couches de gabions en bas et sur les
côtés. Le remplissage des gabions sera faite avec les mêmes pierres utilisées pour le remplissage des
autres gabions avec la différence que le vide entre les pierres doit être complètement rempli avec du
béton dosé à 250 kg de ciment par mètre cube de béton avec une quantité de bentonite de 5 %. Avec le
même béton doivent être remplies toutes les parties vides qui restent entre les gabions et le remblai de
façon à obtenir une parfaite adhérence entre l’écran et le remblai. Une fois la première couche
terminée, on doit exécuter les couches successives avec le même système, dans ce cas le
raccordement entre les couches doit être soigneusement exécuté pour avoir la continuité dans
l’écran. La méthode à suivre pour la réalisation des écrans en gabions maçonnés est montré dans le
schéma suivant.

FOUILLE DANS LES COUCHE

DE REMBLAI REMPLIE AVEC DES


GABIONS MACONNES PIERRES MACONNES

662.00 (CRETE DIGUE)

CRETE DIGUE
0.15

COUCHE C
660.00 (CRETE DEVERSOIR)

DALLE
COUCHE B

COUCHE A

GEOTEXTILE 5.00 0.20

REMBLAI DIGUE

Détail des écrans transversaux

21
Si la distance entre deux derniers écrans successifs dépasse les 8 à 10 m alors il faut
interposer un autre écran entre les deux. Dans ce cas, les écrans sont réalisés avec du géotextile
interposé entre deux gabions. Pour garantir la solidité entre les deux gabions, il faut utiliser des
crochets en fil de fer galvanisé (au moins 10 par mètre carré). Il est très important que ces écrans soient
continus du bas jusqu’au niveau plus haut. A chaque couche des gabions, il faut alors que le géotextile

soit rattaché à la partie inférieure de l’écran déjà mis en place. Il faut aussi que ces écrans soient
rattachés avec le géotextile posé sur le côté des gabions pour éviter une discontinuité de l’écran vers la
berge.

Phase V – Pose des blocs dans le bassin de dissipation


On doit d’abord, mettre en place une couche de tout venant grossière. Le reste des pierres
concassées est très efficace à ce propos (reliquat des pierres restant après le remplissage des
gabions). Le compactage de cette couche peut être exécuté avec le seul passage d’un engin. Tandis
que s’il s’agit de matériaux grossiers sans argile, il n’est nécessaire ni l’arrosage ni le compactage.
Ensuite, on peut mettre en place les blocs de la taille requise. Pour ne pas endommager les gabions du
bassin de dissipation et des ailes, il est nécessaire de ne pas décharger les blocs directement contre les
gabions, mais il faut respecter une certaine distance de sécurité: En suite, il faut utiliser un engin
(pelle ou bull) pour les pousser avec soin contre les gabions.

22
Phase VI – Construction du contre-seuil
Le contre seuil peut être réalisé après avoir fini le gabionnage des ailes. Pour la pose de la
première couche des gabions, il faut suivre les indications déjà données dans la phase III (planage et
compactage tout venant, pose du géotextile, implantation direction). Pour le remplissage de ces gabions,
il faut prendre les mêmes précautions déjà décrites dans la phase III pour la pose des gabions du
bassin de dissipation.

Phase VII – Pose des gabions du corps principal avec la technique de la terre armée
Une fois le contre-seuil terminé, on peut procéder à la pose des autres couches des gabions
du corps principal de l’ouvrage. Chaque couche des gabions doit être bien rattachée à la couche
inférieure. Dans la pose des gabions pour les côtés aval et amont on doit toujours prévoir un escalier
comme indiqué sur le schéma.
Pour la pose de chaque couche de gabions, il faut respecter le niveau horizontal dans la
fermeture des gabions. Dans la dernière couche, par contre, il est nécessaire de donner une pente
(environ 1 %) des deux côtés vers le centre. Cette pente doit servir pour concentrer l’écoulement de
l’eau vers le centre de l’ouvrage.

23
2. 3 Gabionnage par terre armée
Pour la mise en œuvre des gabions avec la technique de la terre armée il faut suivre les phases
suivantes :

• une fois chaque couche de gabions terminée, la rangée des gabions supérieurs doit être posée en
respectent les mesures indiquées sur le schéma, la liaison entre le grillage des deux rangées de
gabions doit être réalisée par point au moins 5 par mètre carré ; au-dessus des gabions doit être placé
l’écran en géotextile qui doit être rattaché à la partie inférieure déjà posée pour en assurer la
continuité, cette liaison doit être continue et réalisée par double couture;
• après le remplissage et la fermeture des gabions de la rangée supérieure, il faut mettre en place
le grillage pour l’encrage qui doit être bien étendu sur le remblai du côté amont et bien
attaché à l’arête du gabion comme indiqué sur la figure successive. La liaison entre le filet de la
rangée de gabions déjà posée et le grillage doit être continue et non réalisée par point ;

• il faut donc placer le géotextile sur le côté amont des gabions avant de procéder à la réalisation
du remblai qui doit être faite par couche successive avec une épaisseur de la couche compacte
qui ne dépasse pas les 25 cm ; le compactage doit être assez bien soigné pour obtenir une
densité presque optimale et éviter donc que la phase successive de tassement puisse se
répercuter sur les autres structures (couche des gabions supérieurs et dalle de protection).

Détail d’un seuil en terre armée

24
Terre armée : les phases de la mise en œuvre (Maccaferri, 1990)

Phase VIII – Pose du remblai d’imperméabilisation du corps principal


Le remblai latéritique d’imperméabilisation du corps central de l’ouvrage doit être réalisé, dans
la mesure du possible, par chaque couche des gabions mise en place. Le remblai doit être
réalisé par couches successives avec une épaisseur de 25 à 30 cm. Dans la mise en place de ce
remblai il faut faire attention pour éviter la présence des matériaux grossiers surtout en
proximité des gabions avant de procéder au compactage. Il est nécessaire d’interposer le
géotextile entre le remblai et les gabions. Pour la pose du géotextile, respecter la procédure
déjà décrite dans la phase IV (rattacher les couches successives, faire attention à la présence
des pierres en proximité du géotextile, etc.). La couche finale du remblai doit être réalisée
avec attention: elle doit avoir le même niveau des gabions sur le côté aval et avoir une
pente (5 à 10 %) vers l’amont (contre-pente).

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Phase IX – Protection des gabions avec une dalle en béton armé
Quand les gabions sont soumis à un écoulement très turbulent et/ou quand on
s’attend d’avoir un transport solide important, il est toujours nécessaire de réaliser une
dalle en béton armé au-dessus des gabions pour leur protection.
Cette dalle doit être réalisée après un certaine période de la réalisation de l’ouvrage en
gabions, de 6 à 12 mois en fonction des caractéristiques de l’ouvrage et du terrain de
fondation, pour attendre que la plus part du tassement soit déjà survenu.
La dalle doit être bien ancrée dans les gabions à l’aide de crochés en acier qui
doivent être noyés dans le béton en faisant des trois dans les gabions avant la réalisation de la
dalle -même. Dans la dalle doivent aussi être insérés des tuyaux en plastiques, dans la mesure
de 1 pour chaque mètre carré et du diamètre de 30 à 40 mm, pour décharger la sous-pression
de l’eau comme montré dans la figure suivante.
La protection des gabions sera réalisée par des dalles indépendantes sur chaque gabion,
ainsi comme demandé par l’administration de la Daha et par les services techniques de
AGLW. En effet le projet originaire prévoyait la réalisation d’une dalle continue sur
plusieurs gabions pour une extension de 6 à 8 m2.

Figure 1: Traitement de ravine par pose de gabion

Source : Image formation pratique au Centre-Ouest

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3. RECOMMENDATIONS POUR LE REMPLISSAGE DES GABIONS
3.1 Préparation
- dans l’ouverture des gabions et dans leur emplacement il faut respecter les dimensionnes des
gabions,
- dans la phase préliminaire de pose des gabions, pour avoir une bonne continuité des couches il
faut bien lier chaque gabion avec les autres sur les côtés et sur le fond si le gabion est posé au-
dessus d’une autre couche de gabions.
3.2 Remplissage
- le remplissage doit être fait avec des pierres de bonne qualité (éviter les pierres fragiles,
friables ou farineuses) et de taille suffisamment grande, environ 20 cm à 25cm de section ;
les pierres de taille inférieure à celle de la maille de gabions sont absolument interdites.
- des tirants doivent être placés pour renforcer les gabions, quand la hauteur du gabion ne
dépasse pas les 60 cm, à la moitié de la hauteur doivent être placés trois tirants en horizontal
(deux dans le sens de la largeur et un selon la longueur du gabion) ; pour le gabion de hauteur
d’environ 1 m il faut doubler ces tirants à deux hauteurs diverses (à environ 30 et 70 cm du
fond).
3.3 Fermeture
- pour donner le niveau de fermeture des gabions il est toujours nécessaire d’utiliser un fil
placé entre deux piquets, suffisamment éloigné entre eux, avec un niveau à maçon,
- dans chaque gabion la couche finale doit être faite avec des pierres plates pour garantir une
bonne forme du gabion et une bonne couche de pose pour les gabions qui ils seront posés
supérieurement,
- le grillage supérieur du gabion doit être bien tendu au moment de la fermeture, on ne doit
pas laisser de grillage libre.

4. LES DIX COMMENDEMENTS POUR L’AMENAGEMENT DE RAVINE


1) Tant qu'on n'a pas amélioré l'infiltration sur le bassin versant, il ne faut pas tenter de
reboucher la ravine (sinon elle trouvera un autre lit), mais prévoir un canal stable capable
d'évacuer les débits de pointe de la crue décennale (au minimum).

2) L'aménagement mécanique et biologique d'une ravine peut être réalisé progressivement en


1 à 6 ans, mais il doit concerner tout le bassin dès la première année. La fixation
biologique d'une ravine vient consolider les versants et le fond de ravine stabilisé par
différents types de seuils; si on inverse l'ordre, les plantes sont emportées avec les terres
lors des crues.

3) L'emplacement des seuils doit être choisi avec soin selon l'objectif visé. Si on cherche
seulement à rehausser le fond de ravine pour que les versants atteignent la pente
d'équilibre naturel, il faut choisir un verrou, une gorge étroite où de nombreux seuils
légers pourront s'appuyer sur des versants solides.

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4) Si on cherche à fixer le maximum de sédiments ou à récupérer des espaces cultivables, il
faut choisir les zones à faible pente, les confluents de ravines secondaires, les versants
évasés et construire de gros ouvrages-poids qui seront rehaussés progressivement.
5) L'écartement entre les seuils est fonction de la pente du terrain. Le déversoir aval doit être
à la même altitude que la base du seuil amont, à la pente de compensation près (1 à 10 %
selon la nature du fond de ravine) qui peut s'observer sur place (zone stable sans
creusement ni sédimentation). Dans un premier temps on peut doubler cet écartement et
construire les seuils intermédiaires dès que la première génération de seuil est comblée de
sédiments: stabiliser immédiatement les sédiments piégés avec des plantes basses dans
l'axe d'écoulement et des arbres sur les versants.

6) Pour éviter la pression hydrostatique des coulées, il vaut mieux drainer les seuils (grillage,
chicanes ou pierres libres).

7) Les seuils doivent être ancrés dans le fond et les flancs de ravine (tranchée de fondation)
pour éviter les renards et contournements. Au contact entre le sol limono-argileux et les
pierres des seuils, il faut prévoir une couche filtrante de sable et de gravier pour éviter que
les sous-pressions n'entraînent les particules fines et la formation de renards.

8) Le courant d'eau doit être bien centré dans l'axe de la ravine par les ailes du seuil, plus
élevées que le déversoir central. Ce déversoir doit être renforcé par de grosses pierres
plates + cimentées ou par des ferrailles pour résister à la force d'arrachement des sables,
galets et roches qui dévalent à vive allure au fond des ravines.
9) L'énergie de chute de l'eau qui saute du déversoir doit être amortie par une bavette
(enrochement, petit gabion, grillage + touffes d'herbes) ou par un contre-barrage (cuvette
d'eau) pour éviter les renards sous le seuil ou le basculement du seuil.

10) Tenir le bétail à l'écart de l'aménagement: il aurait vite fait de détruire les seuils et de
dégrader la végétation. En compensation, on peut permettre des prélèvements de fruits, de
fourrages et plus tard de bois, en échange de l'entretien de l'aménagement.

11) L'aménagement mécanique n'est terminé que quand on a éteint les sources de sédiments,
stabilisé les têtes de ravine et les versants. La végétalisation doit alors se faire
naturellement si on a atteint la pente d'équilibre, mais on peut aider la nature en couvrant
rapidement les sédiments (herbe) et en les fixant à l'aide d'arbres choisis pour leurs
aptitudes écologiques et leur production. Il faut passer de la simple gestion des sédiments
à la valorisation des aménagements.
12) Les ravines peuvent devenir des "oasis linéaires".

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Références bibliographiques

1) Référentiel technico-économique et de diversification des types d’aménagement de bas-


fond_Octobre 2015
2) PAFR_Guide provisoire d’aménagement de bas-fond_Juin 2004
3) Etude de préparation d’un projet d’aménagement de bas-fond dans le Sud Ouest_Janvier 2004

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