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T

RUTGERS
UNIVERSITY
LIBRARY
Reinach. — Eulalie.
EULALIE
OU

LE GREC SANS LARMES


DU MÊME AUTEUR :

Manuel de Philologie classique. 2 vol.


Apollo, histoire générale des Arts, i vol.
Orpheus, histoire générale des Religions, i vol.
Cornélie, ou le latin sans pleurs. 1 vol,
Sidonie, ou le français sans peine, i vol.
Lettres à Zoé sur l'histoire des philosophies :
Tome I. — Les philosophies païennes, i vol.
Tome II. — De la scolastique à l'encyclopédie.
Ivol.
Tome III. — De l'encyclopédie à nos jours.
1 vol.

J. Gow et S. Reinach, Minerva. i vol.


JEUNE FILLE GRECQUE
MUSÉE DE NAPLES.
SALOMON REINACH
Agrégé de grammaire

EULALIE
OU

LE GREC SANS LARMES

MXIËME ÉDITION

LIBT^AIRIE HAC'îrSTTE
79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS
A TOUTES LES EULALIES

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Tous droits de traduction, de reproduction


•t d'adaptation réservés pour tous pays.

r. C '^ Q Q Q
AVANT-PROPOS
Les hommes du XX' siècle se détour-

nent du grec, pris par les iiécessités de


la vie ; les femmes y viennent, attirées

par la beauté. Mais V accès du temple


est difficile ; les grammairiens tont hérissé
de caillouoc. J'ai essayé de déblayer

une petite sente et dy semer en bordure


quelques fleurs. Ce ni! en est pas moins
un raidillon; mais comme il conduit au
plus beau temple du monde, il vaut qiCon
risque quelque peine à le gravir.

S, R,
Octobre 1911.
oî^
LETTRE PREMIÈRE
Vous me demandez, chère Eulalie, de vous
enseigner " un peu de grec " par correspondance ;
j'approuve votre désir et m'efforcerai de le satis-
faire. Il faut des années de travail pour com-
prendre de la prose grecque, même facile, sans
l'aide d'un lexique ou d'une traduction. Je ne
songe pas à faire de vous mie émule de Madame
Dacier,^ et vous n'y prétendez point. Je voudrais
seulement que le grec cessât d'être pour vous un
grimoire et que vous pussiez bientôt goûter, avec
un lexique et une traduction, le charme de cet
admirable langage.
Le plus beau qui soit ne sur les lèvres humaines,
comme disait André Chénier, qui s'y connaissait.
Même en poursuivant ce but modeste, il vous
faudra beaucoup d'attention et des efforts de
mémoire. Je compte sur votre courage ; comptez
sur ma bonne volonté. Je ne mettrai pas pour
vous la grammaire grecque en madrigaux, mais
j'essayerai de la rendre aimable ; votre pensée m'y
aidera.
^ Madame Dacier, de Saumur (1654-1720), traduisit
Homère, Callimaque, Sappho, etc.

Reinach. — Eulaliô. i
2 DIFFICULTÉS DU GREC
Onécrit encore en grec pour le plaisir, bien que
le grec soit une langue morte comme le latin ; le
grec moderne qu"'on parle aujourd'hui est au grec
ancien ce que Titalien est au latin. En 1453, lors
de la prise de Constantinople par les Turcs, on
écrivait encore couramment le grec ancien :c''était
la langue littéraire de FEmpire d"'Orient. Or, les
poèmes homériques, par lesquels commence pour
nous rhistoire de la littérature grecque, datent de
850 environ avant notre ère. Faites l'addition :

vous voyez que cette littérature a duré et produit


des monuments pendant vingt-trois siècles. Nous
avons conservé, grâce aux copistes byzantins, une
petite partie seulement de tous ces ouvrages ; mais
ce qui reste est encore si considérable que personne
n'a jamais lu tous les auteurs grecs.
*

Une des difficultés de la langue grecque s'ex-


plique par sa longue durée. Cette langue a beau-
coup varié au cours des âges ; elle a créé une foule
de mots, en particulier des mots composés ; elle a
donné à de vieux mots des sens nouveaux.
Une autre difficulté tient à l'existence de
dialectes. Les Grecs parlaient des langues diffé-
rentes, quoique apparentées, comme le sont le
provençal, le français et le picard. Il faut, pour
LES DIALECTES GRECS 8
lire Homère Hérodote, avoir une idée du
et
dialecte appelé ionien^ du nom des Grecs Ioniens
qui colonisèrent les côtes d'Asie ; pour lire
Théocrite, il faut connaître le dialecte dorien,
langue des Grecs Doriens du Péloponèse et de la
Sicile, La langue des poésies de Sappho, Véolien,
parlé en Eolide, au nord de Smyrne, ressemble
beaucoup au dorien. La prose de Thucydide et
de Démosthène n''est ni ionienne ni dorienne elle:

est attîque. Après Alexandre le Grand, les


dialectes tendirent à disparaître, du moins dans la
prose ; une langue dite commune^ assez voisine de
Tattique, devint celle des prosateurs grecs pendant
dix-huit siècles.
Je vous enseignerai surtout les éléments de la
langue attique ; mais je ferai, chemin faisant, une
petite place à Pionien et au dorien.
*
* *
On ne peut apprendre même les éléments du
grec et Ton ne peut se servir d''un lexique sans
connaître parfaitement les 24 lettres de Talphabet
grec dans Tordre que la tradition a fixé. C'est
affaire de quelques jours ; mais il faut s'y appliquer.
Voici un tableau que vous devez graver dans
votre mémoire au point de pouvoir le réciter ou
récrire sans faute.
L'ALPHABET GREC
Forme. Prononciation. Nom.
À a a alpha
B A é' b bèta
r 7 g 0ur) gamma
A S d delta
E € é é psîlon {e simple)
Z f z zêta
H 7) è èta
e e th (anglais) thêta
I L î iota
K K k 'kappa
A X 1 lambda
M IL m mu
N i; n nu
H f X xi
O o mïkron (o petit)
n TT P pi
p /> r rho
s <7 (çà la fin des mots) s (dur) sigma
T T t tau
T V u u psîlon (u simple)
^ (f)
ph phi
X % kh Jchi

psi
r mega (o grand)
COMMENT L'APPRENDRE 5
Je veux vous faciliter votre première tâche par
quelques conseils.
D'abord, apprenez à réciter les lettres grecques
dans leur ordre ; cela peut se chanter :

Alpha Bèta Gamma Delta


Epsilon Zêta Eta Thêta
Iota Kappa Lambda Mu
Nu Xi
Omikron Pi.
Puis on a Rho Sigma Tau
Upsilon et Phi Khi Psi.
Tout finit 'par Oméga.
Dans V Apocalypse de S. Jean (xxii. 13), le
Christ dit :
" Je suis V Alpha etV Oméga, le premier
et le dernier, le commencement et la fin."" C'est
pourquoi ces deux lettres grecques sont souvent
inscrites à côtédu signe de la Croix.
Ensuite, remarquez que les majuscules grecques
ressemblent aux majuscules françaises, excepté que :

1°. Trois majuscules ont la même forme, mais

des valeurs différentes ; ce sont H, P et X.


Mettez-vous cela dans la tête en copiant dix fois
le mot XPH (Mrè), qui signifie " il faut."
2°. Onze majuscules ont des formes toutes
différentes ce sont rA©ASnSTO"^n.
: Mettez-
vous cela dans la tête en copiant dix fois ces quatre
mots: ©EOAOPOS (Théodore), nTP^OPOS
6 QUELQUES AIDE-MÉMOIRE
{porteur de feu), '^lAAH (imberbe), TE (du
moins) : Théodôros, Purphoros, Psilax, Ge.
Voilà qui est fait ; vous savez vos majuscules et,
par surcroît, quatre mots grecs ou plutôt cinq, car
purphoros se compose du xaot pur, qui signifie ^«^
(d'où pyrotechnie) et de phoros, qui vient du verbe
phéro, signifiant je porte. Le Titan Prométhe'e,
qui avait apporté le feu aux hommes, était ap-
pelé Promètheus purphoros, ' porte-feu " ; le poète
Eschyle avait écrit, sous ce titre, une tragédie que
nous n"'avons plus (nous ne possédons que son
Prométhée enchaîné).
3°. La plupart des minuscules ont une forme

analogue à celles des majuscules grecques ou des


lettres françaises correspondantes je n'y insiste
;

pas. Les minuscules suivantes font seules difficulté :

r)/jLV^cù. Copiez dix fois, chère Eulalie, les deux


mots suivants: rjfjLcovv^, è mônux, signifiant la (bête)
solipède, è étant l'article féminin et mônux étant
formé des mots monos " seul " (d'où monographie)
et onux " ongle ou corne " (d'où le nom de la
pierre dite onyx, et onycophagie, la fâcheuse
habitude de manger les ongles). Puisque j'ai
se
cité lesmots français monographie et onycophagie,
sachez que VirAmtiî grapheïn signifie écrire et que
Viw^nitiî phageïn signifie manger.
DÉRIVÉS FRANÇAIS DU GREC 7
J'ouvre une parenthèse pour vous avertir
ici
que toutes femmes instruites savent du grec
les
sans le savoir elles connaissent ou soupçonnent
;

du moins le sens des mots grecs qui entrent en


composition dans les termes scientifiques français.
Je pourrais vous enseigner plus de trois cents mots
grecs usuels en analysant des mots français que
vous comprenez déj à, comme démocrate^photographe,
téléphone et tant d'autres. Mais j'aime autant que
vous cherchiez ces mots vous-même, dans votre
petit Larousse^ et que vous en dressiez une liste ;
votre lexique grec vous permettra d'écrire en marge
les mots grecs correspondants. Par exemple :

Photographe, ^wç, génitif ^corof;, lumière ypaéco, ;

Jécrïs.

Il vaut mieux composer soi-même des listes de


ce genre que de les prendre toutes faites rien :

n'instruit comme le travail personnel.

*
* *

Vous voilà en selle ; vous savez lire le grec.


Quelques petites remarques pour terminer cette
lettre ; elles sont petites, mais importantes à
retenir.
Vous avez vu que le 2 minuscule s'écrit ç à la
8 LA PONCTUATION GRECQUE
fin des mots et a retenez cela en copiant
ailleurs ;

le mot (Tocfioç, sophos, " sage," d'où philosophe,


"celui qui aime les sages" (de philo, "j*'aime.'")
La lettre c, venant après les voyelles a rj œ, ne
se prononce pas toujours et s''écrit alors au-dessous
des lettres c''est ce qu'on appelle Viota souscrit.
:

Ainsi ry (TO(f)ùa, " à la sagesse," se prononce tè


sophia. En majuscules, on écrirait THI SO^IAI,
avec riota adscrit (écrit à côté) et non souscrit.
La ponctuation grecque ne connaît pas le !

Le signe d'interrogation ? s'écrit il n'y a pas


;

de point et virgule pour séparer les phrases. Le


signe que nous écrivons s'écrit
: {point en haut).

Ainsi la phrase française " Soyez raisonnable ;


:

réfléchissez : n'est-ce pas absurde ? " s'écrirait en


grec :
" Soyez raisonnable, réfléchissez n'est-ce*

pas absurde " ; Il y a longtemps qu'on aurait


dû, en imprimant le grec, adopter nos signes
usuels de ponctuation mais on ne l'a pas fait, et
;

je n'y peux rien. Il n'y a pas de ponctuation du


tout dans les inscriptions et dans les vieux manu-
scrits grecs, ce qui fait qu'il faut bien savoir le
grec pour s'y débrouiller.

Quand vous ouvrirez un lexique grec, vous


remarquerez que les mots portent de petits signes,
ESPRITS ET ACCENTS 9
qui sont uns des esprits Ç '), les autres des
les
accents (' ^
Les esprits marquent qu'une
").

voyelle est aspirée ou qu'écrie ne Test pas ; ainsi


6po<;, limite^ se prononce horos (d'où le français
horizon), tandis que 6po<;, montagne, se prononce
oros (d'où le français orographie). Vous voyez
que la connaissance des esprits peut être utile
même pour écrire l'orthographe française. JJ'esprit
équivalent à notre h aspirée, qui s'écrit *, s'appelle
" esprit rude " celui qui marque l'absence de
;

l'aspiration et s'écrit *, s'appelle " esprit doux."


La voyelle p est toujours aspirée au commencement
des mots et des syllabes ; c'est pourquoi on l'écrit
alors p, et c'est pourquoi je l'ai transcrite rhô dans
le tableau de l'alphabet, et non pas rô. Le
français rhéteur est le latin rhetor et le grec
prjTCûp.
Quant aux accents, ils ont pour but de marquer
que la voix monte ou descend. Ces signes ont
été inventés par les grammairiens grecs après
Alexandre pour enseigner la prononciation correcte
aux Egyptiens, Syriens et autres peuples qui
apprenaient alors le grec et ne le savaient pas de
naissance. Mais personne aujourd'hui, même
parmi les meilleurs hellénistes, ne prononce un
mot grec en chantant sur des notes différentes ;
le
les Grecs de nos jours ne le font pas davantage.
10 PRONONCIATION DU GREC
Comme, d'autre part, les règles de Taccentuation
sont très compliquées, je vous présenterai toujours
du grec sans accents ; ceux que vous trouverez
dans les textes imprimés ne vous gêneront pas.
Après tout, nous n''avons besoin que de comprendre
le grec, non de le parler ; nous savons mal comment
les anciens le prononçaient et leur prononciation a
dû beaucoup varier au cours des siècles. Celle des
Grecs modernes est très corrompue et doit s''écarter
de celle des anciens,par cela seul que tout change
avec le temps
Racine ne prononçait pas le
;

français comme vous et moi.


A
ce propos, je vous dirai seulement 1° qu''il ne
faut pas prononcer le v grec comme le n français
dans en irav^ signifiant " tout
; ne se lit pas paii^
'"*,

mais pann; 2° qu'on prononce deux y de suite


comme vy ainsi àyyeko<^, " messager *", se pro-
;

nonce angélos^ d'où le latin angélus et le français


" ange " 3" que F v ne se prononçait pas om, comme
;

r u latin les Romains ont transcrit y V v des


;

mots qu'ils empruntaient au grec {nrvpa^ bûcher,


devient en latin pyra). Ceux qui ont fixé notre
orthographe ont fait comme les Romains. C'est
pourquoi le mot signifiant Jeu, Trf/o, que j'ai
transcrit pur (p. 6), a donné en français pyrotechnie
et non purotechnie.
Je pourrais ajouter bien des choses, mais c'est
«LIRE ET ÉCRIRE^' 11
assez pour une première lettre. Je vous laisse
huit jours pour apprendre à lire et à écrire ; c''est
la condition préalable de toute étude du grec.
Sur ce, je vous baise les mains.
S. R.
DEUXIÈME LETTRE
n faut que je vous enseigne d'abord, chère
Eulalie, ce qu'on entend par décliner ; faute de le
bien comprendre, vous ne comprendriez plus rien
du tout.
Nous disons en français " le livre de Paul ; je
:

parle à Paul; j'aime Paul;" c'est toujours le même


mot Paul, précédé ou non d'une préposition.
Mais, en grec comme en latin, on n'emploie pas
les prépositions de cette manière ; on change la
terminaison de Paid. Ainsi, Paul se disant en
grec Paidos, " le livre de Paul " c'est " le livre
Paulou'^'' ; "je parle à Paul" se dit "je parle
Paulô(i) ;" "j'aime Paul" se dit "j'aime Paulon.''''
Modifier ainsi la fin d'un nom, suivant la relation
qu'on exprime avec un autre mot, s'appelle le
déclïîier.
Non seulement, en grec, on décline différemment
un nom au singulier et au pluriel, mais il y a une
déclinaison spéciale pour le duel, c'est-à-dire quand
on parle de deux objets seulement. Et non
12
LES DÉCLINAISONS 18
seulement il y a une manière de décliner les noms,

suivant leur terminaison, mais il y en a plusieurs.


Et non seulement il y a des noms masculins et
féminins, mais il y a des noms neutres, comme en
allemand, qui se déclinent encore à leur manière.
Ne vous effrayez pas, cela s'apprend vite et vous
trouverez de bien autres difficultés quand nous en
serons aux conjugaisons des verbes !

Les modifications qui portent sur la fin des noms


s'appellent cas; il y en a cinq, à savoir le nominatif
le vocatif, le génitif, le datif et Vaccusatif (formule
mnémonique, composée de Tinitiale de chaque
cas : Nugda). Le nominatif désigne simplement
l'objet du discours Paid est gentil. Le vocatif
:

l'appelle Paul, viens ici ! Le génitif marque une


:

dépendance le livre de Paid. Le datif marque


:

un but je parle à Paid. L'accusatif marque la


:

relation que nous exprimons par le complément


direct, comme le datif marque celle qu'exprime
le complément indirect faime Paul. : Quand on
lit du grec, il faut connaître le nominatif des mots
qu'on rencontre et distinguer tout de suite les
cas où ils sont employés, sans quoi il serait
impossible de suivre la pensée de l'auteur.
Maintenant, je vais vous donner des modèles des
14 PREMIÈRE DÉCLINAISON
diverses déclinaisons des substantifs; quand vous
les saurez, celles des adjectifs et des pronoms vous
paraîtront faciles.

* *

Le premier type de déclinaison on dit, pour
abréger, la première décliîiaison —
est celui des
substantifs féminins qui se terminent en a ou en 77
et celui des substantifs masculins qui se terminent
en aç ou en ^ç.
Je laisse de côté le vocatif, identique au nomi-
natif dans les noms féminins.
Les substantifs que je prends comme exemples
sont rjjjuepa^ jour ; VLovaa, Muse ; Ke^aXrj, tête ;
iroKiTr}!^, citoyen ; v€avùa<;, adolescent. Dans tous
ces mots, les désinences du singulier contiennent
les voyelles a ou 77, sauf au génitif des noms
masculins qui est en ov ; au pluriel, les désinences
sont toutes en ai, œv, ai^, aç au nominatif, génitif,
datif et accusatif; au duel, elles sont en a au
nominatif et à Taccusatif, en aiv au génitif et au
datif.

Singulier.
Nominatif, 'Hfjbepa Le jour
Génitif. 'Hyu,e/9aç Du jour
Datif. 'HfjLepa Au jour
Accusatif. 'Hfiepav Le jour
HMEPA ET M0T2A 15
Pluiuel.
Nominatif, 'H/jLepaL Les jours
Génitif ^Hfiepcùv Des jours
Datif. Aux jours
Accusatif. Les jours
Duel.
Nomin. ^ Acciis. 'Hfiepa Les deux jours
GénitfSf Datf. 'Jlf^Lepaùv Des deux on aux
deux jours
Passons à la Muse et aux Muses :

Singulier.
Nominatif. M.ov(Ta La Muse
Génitif, De la Muse
Datif, iS/iovarj A la Muse
Accusatif, M.ovaav La Muse
Pluriel.
Nominatij, Moucrat Les Muses
Génitif. M.OV(TO)V Des Muses
Datif. M.ovoraù<; Aux Muses
Accusatif. Moi/craç Les Muses

Duel.
Nomin. Sç Accus, Movcra Les deux Muses
Génitif c^ Datif. Movaaiv Des deux ou aux
deux Muses
16 KE^AAH ET nOAITHS
Vous voyez que Movcra, au singulier, ne se
décline pas tout à fait comme rjfjcepa, puisque le
génitif est en 77c et le datif en 77. Tous les mots
où r a final est précédé d'une voyelle ou d'un p
(par exemple olfcca, maison) se déclinent comme
rjjjLepa ; les autres se déclinent comme M.ovaa.
*

A
présent que vous avez appris les déclinaisons
de deux substantifs, je vais abréger et ne plus
écrire les noms des cas ni les traductions françaises.
Pour se remémorer des modèles de déclinaison, on
suit toujours le même ordre des cas et Ton a vite
fait d'avoir les désinences dans l'oreille. Voici,
abrégée comme je l'ai dit, la déclinaison de
K.€(f>a\r}, tête :

Singulier. K.6(f>a\r], Ke(f>a\r)<;, /cecpaXrj, K6(f)a\r)v.


Pluriel. Ke^aXat, Ke(j)à\cûv, K6<f)à\aù<;, /€6(l>a-
Xaç.
Duel. Ke^aXa, Ke^aXaiv.
Il reste à décliner les noms masculins en 779 et
en aç. Je commence par ttoXitt]^, citoyen.

Singulier. IIoXtTTyç, ttoXltov, irdXirr), ttoXlttjv.


Pluriel. TloXiraù, ttoXitcùv, TroXiraL^, TToiXcra^,
Duel. TioXiTa, 7ro\(,Taiv,
LES DISTIQUES 17
Notez combien cette déclinaison ressemble à
celle de KecfiaXr], sauf que le génitif singulier est
en ov. Pour être bien consciencieux, je vous
dirai que le vocatif singulier est irokira " ô
"
citoyen !

Enfin voici veavim, adolescent :

Singulier. Neaz^taç, veavtov, veavta, veavcav.


Pluriel. ^eavcaù, veaviœv, veaviai^, veavta^;.
Duel. ^eavia, veavtatv.

Déclinaison très semblable à celle de r/fiepa,


sauf que le génitif singulier est en ou. Le vocatif
singulier est veavca " ô adolescent
'"
!

* *
Je veux m'en tenir
là, pour ne pas vous ahurir ;
le reste des déclinaisons des substantifs sera pour
la prochaine fois. Mais, avant de clore cette
lettre, je désire vous enseigner un distique grec,
en vous expliquant ce qu''on entend par un
distique. Faites attention.
Un distique, comme le nom Pindique de êtç, —

deuœ fois et de (TTi')(o'^^ ligne est un ensemble de
deux lignes ou de deux vers. Ces deux vers ne
sont pas égaux le premier est plus long, le second
;

plus court. Le premier comprend six mesures et


s'appelle en conséquence hexamètre (de e^, six, et

Retnach. — Eulalie. 2
18 HEXAMÈTRE ET PENTAMÈTRE
de mesure) ; le second en comprend cinq
fjuerpov,
et se dit pentamètre (de irevre^ cinq, et de fierpov,
mesure). Mais la longueur d'un vers grec ne se
mesure pas au cordeau ni, comme en français, au
nombre des syllabes. L"'unité de mesure est le
pied, en grec ttouç. Dans Thexamètre et le penta-
mètre, un pied se compose de deux syllabes
longues ; à la place d'aune syllabe longue, on peut
employer deux syllabes brèves. Avant d'aller
plus loin, il faut expliquer ces termes.
En français, la durée de toutes les syllabes est à
peu près la même ; c'est pourquoi, quand on écrit
en vers, on les compte seulement ; il y a, vous le
savez, douze syllabes dans le vers alexandrin, celui
des tragédies de Racine :

Tout un peuple naissant est formé par mes mains.

En grec comme en latin, toute syllabe est longue


ou brève et Ton admet qu'une syllabe longue vaut
deux brèves, comme une noire, en musique, est
l'équivalent de deux croches.
Soit un mot grec comme %û)Xoç, boiteux. La
première syllabe, avec un « ou o long, est longue ;

la seconde, avec un o ou o bref, est brève. Il y a


des règles compliquées, que je ne vous enseigne-
rai pas, pour distinguer les syllabes longues des
brèves ; il me suffit de vous dire ici qu'en général
QUELQUES "PIEDS" USUELS 19
toute syllabe qui contient un 77, un « ou une
diphthongue est longue.
Une marque par _, une syllabe
syllabe longue se
brève par ainsi ^coXoç = - ^.
^^ ;

Un pied valant deux longues et une longue


valant deux brèves, le pied peut s'écrire , :

ou _ ^ ^, ou w _. Le premier type s''appelle


.^

spondée^ le second dactyle, le troisième anapeste.


Le spondée, de airovhr], libation,
aTrovËeio^;^
s'appelle ainsi parce que ce pied, un peu lourd et
solennel, était très employé dans les chants qui
accompagnaient les libations aux dieux. Le
dactyle, êa/cruXoç, signifie doigt (comparez dacty-
lographe, " celui qui écrit avec les doigts ") ; le
mot lui-même, _ ^, est un dactyle. L'anapeste,
v^

àva7raùaTo<;, du verbe avairaiw, frapper a rebours,


s'appelle ainsi parce qu'il reproduit en sens inverse
la mesure du dactyle v^ ^ _, _ v^ s^.
:

L'hexamètre est un vers de six pieds dont


l'avant-dernier doit dactyle
toujours être un
et le dernier un spondée ou un trochée, _ ^ (de
T/)e%û), courir), comme yaïKo'^. La dernière
syllabe, par cela seul qu'elle termine le vers, est
considérée comme longue, alors même qu'elle est
brève, parce que la voix s'arrête toujours un peu
sur elle.
Le pentamètre est un vers de cinq pieds, dont
ÔÔ UN DISTIQUE FRANÇAIS
le troisième est formé d\me seule syllabe longue^
complétée par la syllabe qui termine le vers, en
dehors du cinquième pied :

(1) (2) (3) (4) (5) (3)

Les pieds 4 et 5 du pentamètre doivent toujours


être des dactyles ; les pieds 1 et 2 peuvent être des
spondées.
Quelques poètes français du XVI® siècle, pas-
sionnés pour Tantiquité, ont essayé d'écrire en
français des distiques, c'est-à-dire d'associer un
hexamètre à un pentamètre. En voici un ex-
emple, dû au célèbre helléniste Henri Estienne,
qui achèvera de vous faire comprendre ce qu'on
entend par un distique :

Aube, rebaïlle lejour ; pourquoi notre aise retiens-tu f


César va revenir ; aube, rebaille le jour.

Vous voyez faut prononcer le français


qu'il
d'une manière bien étrange pour faire valoir le
rythme de ces vers. Décidément, notre langue ne
s'y prête pas ; mais le grec et le latin, même mal
prononcés par nous, s'y prêtent à merveille. Il
n'y a rien de plus charmant qu'un hexamètre
UNE EPITAPHE DE SIMONIDE 21
escorté d'un pentamètre, comme un bon chevalier
de sa compagne \ les 'orrecs oat écrit des distiques
qui sont à eux sjeuls de petite p()èniei et des chefs-
d'œuvre. En voici «un e:xemplé; ;c*est Tépitaphe,
attribuée, à a poèto Sipionide^ des héros -Spartiates
morts auT Thei-ipopyles en défendant r^ccès de la
Grèce contre les iPerst^^ (480 ^;va;nt notïè^-ère) :

Pour pnç fois, je vous indique la pfortônciation


usuelle : '..
\ - ' - ,
, ,>.r

O xeïn\ CtnfXcihn Làkedaimonio'i^ 'koti tèdé


JceïmetJfa^ toïs heïnôn rJihnai^ jpeïthoménoï.

J'analyse : 'ci, pour ^etre, vocatif


interjection, 6 ! Eety',

de ^eivos ou ^evos, ou passant


signifiant étranger '^
ô :

passant !
" ^AyyeiKov, impératif aoriste du verbe àyyeWw,
signifiant j'annonce (vous connaissez déjà ce mot,
qui se retrouve dans le français ange). AaKeSat/ioi/ioiff,
datif pluriel de AaKebaiixavios, aux Lacédémoniens, c'est-à-
dire aux Spartiates (Sparte s'appelait aussi Lacédémone).
'Ort, que. Tîyôe, ici. Ket/xe^a, 1ère personne pluriel de
l'indicatif présent de K^ixai, je suis étendu, c'est-à-dire :

nous gisons. Tôt?, datif pluriel de l'article, à joindi^e avec


prjiiaaiy datif pluriel de prjfjia, parole ou 07'dre rois prjixaa-L = ;

^ Anthologie grecque^ éd. Didot, VII, 249.


22 COMMENT IL FAUT TRADUIRE
aux ordres. Ketvtùv, génitif pluriel de Keiuoç, signifiant de
ceux-ci. TleidoiMevoL, n\3'minatif pluriel du participe Treiôo-
fjLcuosy de Treiôofiai, j'ooéû,\ c'efct-àfdir^' ohêSsssant.

Victor Durùy, rhi»to^î^n.-de la «Grèce et de


Rome, a tradiîit amsi- cès^'déiix' beaux vers :

''Passant, va dite ,à LacédémDne* "que nous


sommes morts ici polir bbéir.'à ses lois." ;
-

On pourrait ctéralement,^ mais le


traduire" plus li

style et rouphoine y perdyaient. Pour coniprendre


un textçg::sc,Eulalie,- serrez de près chaque mot,
ne négligez aucun détail ; mais, une fois, que vous
avez compris; ne vous astreignez pas à mie fidélité
sans grâce ; cherchez à rendre du bon grec en bon
français, sans quoi vous écririez des phrases qui ne
seraient ni grecques ni françaises vous écririez du ;

charabia. Je sais que vous en êtes incapable


quand vous écrivez une lettre ; restez -le en tradui-
sant un texte, même pour vous seule. Bonsoir !

S.R.

^ Par exemple :
*'
ô étranger, annonce aux Lacédémoniens
qu'ici nous gisons, obéissant aux ordres de ceux-ci," Ce
serait joli !
TROISIÈME LETTRE
^aLpe Kai ippcûao, ma chère Eulalie c''est-à-dire
;

"bonjour et bonne santé," littéralement "réjouis-


toi et porte-toi -bien "
! Je vous demande pardon
de vous tutoyer, mais tout le monde se tutoyait
dans Tancienne Grèce. . .

Xat/3e est la deuxième personne de Timpératif du


verbe x^tpo), je me réjouis. Ce mot x^^P^ ^^^
une formule de salutation que les Grecs inscrivaient
aussi sur les tombes à^iowaie xi^ipe^ Dionysios
:

réjouis-toi (sois heureux) est un modèle d'épitaphe


très fréquent. ^F^ppccao est la 2ème personne de
rimpératif du verbe .... non, je ne vous le dirai
pas, c'est un verbe inusité ; il suffit que vous
en connaissiez ces trois formes eppœcro^ porte-toi-
:

bien ; èppwcrOe^ poHez-vous-hien (au pluriel) et


ippœo-Oat, se bien porter (à Pinfinitif). '^ppcùao
équivaut à notre adieu, comme %afc/3e à notre
bonjour.
*
* *
Une jeune dame, Philomène, écrivait à son vieil
oncle Criton, qui aimait mieux donner des conseils
que rendre service :

28
24 LETTER D'UNE JEUNE DAME
Tù nroWa jpa^cùv àvLa^ aavTOV ; Trevrij/covra
fjbOi ')(^pv(Tœv Set KŒb ypafifJiaTCùV ov Bec. Et fiev
ovv ^CKei^, 3oç' et 8e (pùXapyvpecf^i fjuq eVo^Xet.
*^ppcû(70.^

Ti; pourquoi ? UoWa, neutre pluriel de ttoXvs, beaucoup.


Tpa(pa>v, participe présent de ypa^co/ j'écris .•" écrivant."
*Avi,q.s, 2ème pers. de l'indic. présent d' ài/taco, je chagrine.

l,avTov, accus, sing. pour aeavrovj toi-même ; un précepte


du sage Chilon était yvcoûi aavTov, connais-toi toi-même.
JlevTïjicovTa, cinquante. Mot, à inoi. Xpvo-cav, gen. plur.

de xP'vc'ovs, d'or ; un xP'^f^ovs est une pièce d'or, ce qu'on


appelait un statère, valant environ vingt cinq francs. Aei,

impersonnel, il faut. Cet impersonnel est très usité,


comme aussi xPV^ ^^ faut ; Trperrei, il convient ; ôoKei, û
paraît. Kai, et. TpaixfxaTCùv, génitif pluriel de ypap-fia,
lettre. Ov, négation. Att, il faut. Et, si. Mev, d'une
part, marquant opposition à Be, qui vient plus loin. Ovvj
donc. ^iXetç, 2ème pers. de l'indicatif présent de (piXco,
j'aime: tu aimes. Ao?, impératif de 8i.8(ùp,L,je donne : donne !
El de, si d'autre part. ^iXapyvpeis, 2ème pers. de l'indicatif
présent de cjitXapyvpo), verbe composé de (piXcù, j'aime, et
de àpyvpos, argent: tu aimes l'argent. Mr], marquant
l'interdiction ne pas. 'Evox^ei, impératif de eVo^Xw,
:

j'incommode. 'Eppcoa-o, déjà expliqué (p. 23) : porte-toi bien.

^ Alciphron, Lettre 40 (éd. Didot). Le rhéteur Alciphron


a sans doute composé cette lettre comme un modèle de style.
DEUXIÈME DÉCLINAISON 25
Traduction :
" Pourquoi te
tourmentes-tu à
m'écrire tant de choses ? de cinquante
J'ai besoin
pièces d'or et je n'ai pas besoin de lettres. Si
donc tu m'aimes, donne-les moi ; mais si tu aimes
l'argent, ne m'agace pas (laisse-moi tranquille).
"
Bonne santé !

Est-il rien de plus clair, de plus simple, de plus


élégant ? Vous sentez là le parfum de Vattîcisme.

Nous en étions restés à la deuxième déclinaison,


qui est celle des noms masculins et féminins en
-oç, des noms neutres en -ov. C'est la plus facile
de toutes.
Voici comment se décline TroXefMO^;, guerre (d'où
notre mot polémiqiLe). Il est masculin :

Singulier. IToXc/z-oç, iroXe/ie ! TroXe/juov, iroXefjLO),


TToXe/jbov.
Pluriel. UoXe/ioc, TroXe/juoù ! iroXeiMCùv, '7ro\e/jLOù<;,

TToXe/iov;.
Duel. Tlo\efjLa>, TroKefiocv.

Déclinons maintenant un nom neutre, èœpov,


" don " (d'où le nom Théodore, signifiant don de
Dieu, Dieudonne). Le vocatif est semblable au
nominatif; je l'omets.
36 TROISIÈME DÉCLINAISON
Singulier. Aœpov, Scopov, Boypœ, Bcùpov.
Pluriel. Ao)pa, Bœpcûv, ^wpotç, Bœpa
Duel. Aœpco, BœpoLv.

Il existe quelques mots en -wç qui se déclinent


un peu différemment, par exemple veœç, temple,
forme que prend mot vaoç dans le dialecte
le
attique. Je laissede côté les vocatifs, semblables
aux nominatifs, ainsi que le duel :

Singulier. Neû)ç, veœ, vew, vecov, ou veœ.


Pluriel. New, veœv, z^eçoç, ï^eo)?.
*

Reste la troisième déclinaison, qui comprend


des noms masculins, féminins et neutres. Celle
des masculins et des féminins est caractérisée par
ceci que le génitif singulier (indiqué par les dic-
tionnaires) est toujours en -oç ou en -coç, le datif
singulier en -t, l'accusatif en -a ou en -v. Au
pluriel, ces noms masculins ou féminins se termi-
nent en eç (nominatif), œv (génitif), ai (datif), et
aç (accusatif). Les noms neutres, au singulier,
ont le génitif en oç, le datif en l ; l'accusatif est
semblable au nominatif. Au pluriel, ils ont le
génitif en cùv, le datif en crt ; le nominatif et
l'accusatif sont en a.
IMPORTANCE DU GÉNITIF 27
Les duels se terminent tous en e et en olv^ je
ne m'en occuperai pas.
Je ne m''occuperai pas davantage des vocatifs,
presque toujours semblables aux nominatifs.
Une observation essentielle, c'est que la forme
du génitif singulier est, dans cette déclinaison,
le modèle de la plupart des autres. Il a souvent
une syllabe de plus que le nominatif. Par ex-
emple, ohovs signifie dent ce mot fait au génitif
;

ohovTos (d'où odontalgie^ " mal de dents," de ôbov<:


et de dXyoSj signifiant douleur). Cette forme suffit
à nous indiquer que le datif est ohovri, l'accusatif
ohovra, le nominatif pluriel ohovTds. De même,
(Tco/xo,, corps^ qui est neutre, a pour génitif singulier
(TCùiiaTos (d'où somatologie, " science du corps," de
(Tco/uta et de Xoyos, discours) ; le datif sera o-ùùfxarL,

le génitif pluriel aœfxaTOùv, dat. plur. a-oifiao-L, etc.


Je pourrais vous donner ici une douzaine de
mots à décliner, mais je me contente de quatre
exemples, un masculin, deux féminins et un
neutre.
'AvTjp, génitif àvhpo^, signifiant homme (par
opposition k femme) se décline ainsi :

Singulier. *Avrjp, àvSpo^;, àvhpi, àvSpa.


Pluriel. 'Az/êpeç, àvSpœv, àv^pacn, âvBpa<;»

Le vocatif singulier est àvep.


28 NOMS MASCULINS, FÉM. ET NEUT.
Les orateurs athéniens commençaient leurs
discours par ces mots :
'12 àvBp€<; AÛrjvatoi, " ô
hommes athéniens,"" formule équivalente à notre
" Messieurs "
!

Audatif pluriel, on disait tantôt àvSpaai, tantôt


àvhpaaiv. Cette consonne finale ajoutée (et facul-
tative) s'appelle "le v euphonique " ; elle permet
d'éviter la rencontre désagréable de deux voyelles,
ce que nous appelons Vhiatus.
Comme type de nom féminin de la troisième
déclinaison je prends ^vvr]^femme^ génitif r^waiKo^i
(d'où gynécologie^ " science de la femme ").
Singulier. Tvvrj, jvvacKO<;, yvvaùKt, ^vvaiKa.
Pluriel. TvvaùK6(;, yvvacKCûv, yvvaL^t, fyvvaif€a<;.

Le vocatif singulier est fyvvat, forme très fré-


quente.
Voici un autre nom féminin fort usité, TroXtç,
ville (d'où politique) :

Singulier. IToXtç, TroXewç (notez cet ©), irdXei,


TrdXiv.
Pluriel. noA,etç, TroXecav, TroXeai, TroXeiç.

Enfin, comme type de nom neutre, je prends


(Tcofjba, corps, génitif acûfiaTOf;, mot que vous
connaissez déjà :

Singulier. Xcof^a, <Tù)/jLaTO<;, acù^an, aœ/jua.


Pluriel. Zitùfiara, acùfiarcùv, aayjjLaaL, (rcûfiara.
NOMS CONTRACTES 29
Mais nous n'en avons pas fini avec la déclinaison
des substantifs. Il existe, en effet, des noms dits
contractes^ c'est-à-dire où la terminaison de certains
cas comprend deux voyelles qui se suivent et se
combinent. Les plus nombreux appartiennent à
la troisièmedéclinaison, bien qu'on en trouve
aussi dans les deux autres. Je vais vous donner
seulement une idée des difficultés que présente la
déclinaison de ces noms.
Voici un nom neutre signifiant famille, jevo^
(d'où généalogie, "science des familles"). Le
génitif <yev€0<; ne se trouve qu'en poésie ; en prose,
e et o se contractent en ou et l'on dit yevov^i. De
même, au pluriel, le nominatif se contracte en
yevrj. Mais voici la déclinaison complète :

Singulier. Fez^oç, yevovi, jevec, yevo<;.


Pluriel. Vevr], yevœv, yevea-i, yevr\.

Je vous donne encore la déclinaison d'un nom


très fréquent en grec, celui du navire, vav<; (d'où
nautique et naumacMe, "combat de navires", de
vav^ et de fiaxV) combat) :

Singulier. Nauç, î^ecoç, vr)ù, vavv.


Pluriel. N776Ç, veœv, vavcn, vav<;.

Lé3L lecture des textes vous familiarisera avec ces


30 UN VERS D'HOMERE
formes mieux que des règles et des exemples
accumulés.

Puisqu'il me reste de la place, je vais vous citer


et vous expliquer quelques jolis vers à apprendre
par cœur, où figurent des noms de la troisième
déclinaison, les uns sous leurs formes poétiques,
les autres sous celles que les Attiques leur
donnaient.
Homère fait une belle comparaison pour mar-
quer l'existence éphémère des hommes :

OlrjTrep <^vXkwv f^ever), roùrjSe Kai àvSpœv}

OlrjTrep se compose de deux mots oit], féminin ionien


:

(un Athénien aurait dit oîa) de olos, signifiant tel et nep,


petit mot qui s'ajoute à d'autres pour renforcer le sens.
^vXkcùv est le génitif pluriel de (pvXkov, feuille, neutre de
la 2ème déclinaison, Teverj est la forme ionienne (un
Athénien aurait dit yevça) d'un mot apparenté à yçpos et
qui signifie génération. Toirjàe (encore de Vionien, dialecte
qui aime la lettre r) un Athénien disait rotaôe) se
;

compose de deux mots rotos, féminin roia, signifiant tel


:

et Se, petit mot qui renforce ici le sens. Kat signifie et ou


aussi. *Avèpuiv est le génitif pluriel de àvrjp, homme.

^ Iliade, vi. 146.


UN VERS D'EURIPIDE 31
Traduction littérale " Telle des feuilles la
:

génération, telle aussi des hommes ", c'est-à-dire :


" La succession des hommes est pareille à celle des
feuilles."
Vous avez déjà reconnu que ce vers est un
hexamètre :

*
* *
Un autre genre de vers très usité, notamment
dans la tragédie et la comédie, se compose de six
pieds, dont le deuxième, le quatrième et le dernier
sont formés d'une brève suivie d'une longue, ^ _,
ce que l'on appelle un iambe (du verbe lairreLV,
lancer.) Voici un vers iambique d'Euripide ^ :

VvvaLKa ^ap Br) av/juirovecv yvvacKi, 'X^prj

v^^lv^^ (i.*.^! \^^ Iv./..

TvvaiKa, accusatif singulier de yvvi]^ femme. Tap, car.


Ar], certes. "SvjjLTroveiv, infinitif du verbe signifiant souffrir
avec, formé de ctvp, avec, et de Troveiv, souffrir. TvvaiKi,
datif de yvvrj. Xp-q, verbe impersonnel signifiant il faut.

Traduction littérale " Une femme en effet :

certes sympathiser à une femme il faut," c'est-à-


dire : "Il faut bien qu'une femme partage la peine
1 Euripide, Hélèrie, v. 328.
Sa UN DISTIQUE DE MÉLÉAGRE
d'une autre femme." Vérité de cœur à ne point
oublier, Eulalie Mais je veux aussi vous faire
!

observer, à ce propos —
vous Favez sans doute re-

marqué combien Tordre des mots, en grec, diffère
de ce qu'il est en français. Le grec est une langue
beaucoup plus souple, qui admet des tournures in-
finiment variées ; cela est une beauté de plus, mais
aussi une difficulté pour nous.

Vous ai-je déjà dit, Eulalie, que votre nom est


grec et qu'il signifie *' celle qui parle bien," de eu,
bie?i, et de XaXo), je parle ou je jase ? Un poète
grec, Méléagre, félicite son amie Héliodora d'être
euXaXoç, c'est-à-dire de s'exprimer avec charme.
Voici son distique :

^afjbt iTOT^ èv fj.vdoù<; rav evKdKov ^HXcoBœpav


VLKacreiv avTa<ç Ta<; X.apùTa<; 'X^aptaùv.^

$a/>it, forme dorienne pour l'attique 4>VH'h j^ ^^^ ; si les

Ioniens aiment la lettre Doriens ont du goût pour


rj, les
la lettre a. TIot, élision pour rrore, un jour. 'Ev, dans.

Mvôois, datif pluriel de fxvôos, mot qui signifie fable^


discours, d'où mythologie, "la science des fables." Tav,
dorien pour ttjv, accusatif de l'article féminin la. 'EvXaXov,

^ Anthologie grecque, éd. Didot, V» 148.


ELOGE D'HELIODORA 3â
accusatif d' evXaXoç, déjà expliqué (p. 32). Comme c'est
un composé, le on ne
féminin est identique au masculin ;

dit pas evKaXr). 'HXiodcùpav, accusatif singulier du nom de


femme 'UXioàcopa, formé du nom du soleil, 'HXios (d'où
héliotrope, de rjXioç et de rpeno), je tourne, proprement
tournesol) et de dcùpou, signifiant don Héliodora équivaut
;

à *' Soleil-donnée," comme Théodore à "Dieu-donné."


NiKaaeiv, infinitif futur du verbe vtK(o, je suis vainqueur;
un olympionique est celui qui remporte la victoire (vikt])
aux jeux d'Olympie. Avras, accusatif pluriel féminin de
avToç, lui-même. Tas, accusatif pluriel féminin de
l'article : les. Xapiras, accusatif pluriel de Xapis, Grâce :

nous parlons des trois Grâces, parce que les Romains


appelaient ces divinités Gratiae les Grecs hono-
; mais
raient les Charités. de xapts-, employé
Xapia-iv, datif pluriel
cette fois non comme un nom propre de divinité, mais
pour désigner la qualité qui vous est si naturelle.

Traduction littérale " Je dis un jour en (ses)


:

discours la bien-parlante Héliodora devoir- vaincre


elles-mêmes les Grâces par ses grâces,^' c''est-à-
dire :
" Je prédis qu'en ses discours la diserte
Héliodora l'emportera un jour par ses grâces sur
les Grâces elles-mêmes."

Nous avons malheureusement conservé bien peu


d'œuvres des poétesses grecques et la plus illustre
Reinagh. — Eulalie. 3
34 TROIS VERS DE SAPPHO
de toutes, Sappho de Tîle de Lesbos, ne nous est
connue que par de trop courts fragments. Mais
que de choses délicieuses dans ces quelques vers !

Vous n'aurez pas perdu votre journée, Eulalie, si


vous apprenez ceux-ci, débris d'un poème composé
par Sappho pour célébrer le mariage d'une jeune
fille. Ce sont trois hexamètres, j'ai à peine besoin
de vous le dire :

1. Olov To yXvKVfjLokov èpevôeraL aKpw èir


vgSù),
% aKpov êir' àKporarœ' \eka6ovTO Be fiako-
SpoTrrjef;,
S. ov jjiav èKXéXadovr^ oKK' ovk iBvvavT' èin-

Faites attention, car c'est difficile.

1. olov, neutre de oloç, tél. To, article neutre : le.

VXvxvfxaXov, pomme douce, de yXvKv, neutre de yXvKvSf


doux (mot qui se trouve dans glycose) et fiaXop, éolien
pour ^irjkov, pomme. ^Epçvôerai, du verbe ipevôonai, je
rougis. 'Afcpw, datif singulier de aKpoç, extrême, qui est au
sommet. 'Ett', élision pour eVt, sur. 'Yo-ôcp, datif de
xjaèoç, forme éolienne rare, rameau.

1 H. Th. Wharton, Sappho, Londres, 1895, p. 132, frag-


ment 93.
LA POMME SUR LA BRANCHE 35
2. *AKpov, déjà expliqué, extrême. 'En pour eVt, sur.

AKpoTUTCù, datif du superlatif de aKpos, la plus extrême.


AeXaôovTo, du verbe Xavôavcù, être caché ; le sens est :

ils ont oublié. marquant qu'une idée s'oppose


Ae, particule
à une autre. MaXodponijcs, les cueilleurs de pommes, de
fiaXov, éolien pour prjXov, pomme, et de èponevs, pluriel
poétique dpoTrrjes (attique èporreiç), cueilleur ; je cueille se
dit ôpeTTû).
3. Où, négation. Mai/, dorien pour /xî;i/, ceî'ies. 'EkXçXo-
6ovT{o)y comme \€Ka6ovT(o), au vers précédent ; le verbe
est précède de la préposition e/c,qui renforce le sens :

ils ont oublié. 'AXX(a), mais. Ovk, négation ; on dit ov


ou OVK indifféremment. 'Eôvi/ai/r(o), du verbe dvvapai,

je peux le sens est


; ils ont pu. 'ETrt/ceo-^ai, forme
:

poétique pour ecfjiKeaôai, infinitif signifiant atteindre,


formé avec la préposition eVi, sur^ et Uveofiai, j'atteins.

Littéralement " Telle la pomme-douce^ rougit


:

sur la branche extrême, extrême sur la plus ex-


trême Font oubliée les cueilleurs de pommes
; ;

non certes Tout oubliée, mais n'ont pu ratteindre."


En français [Ô suave jeune fille],^ pareille à
:

la pomme douce qui rougit tout en haut de


la branche, la plus haute au plus haut de
Tarbre ; les cueilleurs de pommes Tont oubliée ;

^ Fruit d'un pommier grefi'é sur un cognassier.


' Cela devait être dit au vers précédent.
36 GÉNIE POÉTIQUE DE SAPPHO
non, ils ne Tont pas oubliée, mais ils n'ont pu y
atteindre.""
Vous sentez lecharme exquis de ce morceau :

la jeune fille comparée au fruit mûr, rougissant


tout au sommet de Tarbre, qui n'a pas encore
trouvé d'époux, non pas faute d'avoir été aperçue,
mais parce qu'elle était trop haut placée pour
ceux qui ont pu penser à elle. Combien on serait
heureux d'avoir la suite, et comme on en veut aux
copistes de Byzance qui, nous ayant conservé tant
de choses inutiles, ont laissé périr les poésies de
Sappho !

"Tyiacve (impératif du verbe vyiaivcû,je me porte


bien ; la déesse grecque de la santé s'appelait
Hygîe et nous avons tous nos idées sur Vhygièiie).
Donc, portez-vous bien. Votre
S. Iv.

Post-scriptum. Je récapitule les déclinaisons


moins le vocatif et le duel) :

I. 'Hfiep-a, as, a, av.


— 'Hju,ep-ai, cop, aiç, as,

Mova-a, rjç, rj, av. — Movc-ai, aVf atr, as.


KecpaX-ï], r]s, rj, r]v. — Kf0aX-at, a)v, ais, as.

TloXiT-rjs, ov, rjj r]v. — IloXir-ai, «j/, aiSj as.

Neai/i-as, ou, a, ai/.— Neaj/t-at, <ûv, aiy, as.


RÉCAPITULATION DES DÉCLINAISONS 37
II. ïloXefx-oSj ov, oj, ov.-—'n.oK€fx-oi, cap, oty, ovs.
Aa)p-ov, ov, û), ov. —Acop-a, coz/, ois-, a.

Neojs, vecù, vea, vecùv. — N€a>, i/ecDZ/, j/etos, i/ea)y.

III. ^Avrjp, àv8p-os, i, a. —Av8p-€ç, a>v, acri, aç.

Tvvï], yvvaiK-os, i, —TvvaiK-es,


a. cov, yvvai^i, yvvaiKas.
TloX-is, ecoff, €c, IV. — EEoX-ei?, ecov, eat, et?.

^cùp.a, o-a)p,aT-os, i,

arafia, ^(ûfiar-U) cùi/, (rafiaci, (TCùfxaTa.
Tev-os, OVS) 6t, os. Tev-i], <ùv, f(7t, t],

Navff, veaçj vrjij vavv. — Ni;es, vc(ùv, vav(rt, vavs.

Vocatifs singuliers : TroXtra, veavia, îroXe/ie, àvep, yvvai.

Copiez ce tableau, puis ëcrivez-le de mémoire ;


si vous faites des fautes, soulignez-les dans votre
copie et récrivez les formes correctes eoctenso., m
par exemple " Génitif singulier : TroXeroç, de la
:

villey Après quelques expériences de ce genre,


vous ne ferez plus de fautes et vous serez, même
en déclinant du grec, une Eulalie evXaXo^,
QUATRIÈME LETTRE
Ma chère Eulalie,
La déclinaison des adjectifs grecs est à la fois
facile, parce que les adjectifs, au
facile et difficile :

masculin, au féminin et au neutre, se déclinent


généralement comme les substantifs de même
désinence ; parce qu'ail y a des adjectifs
difficile,
irréguliers et que ce sont précisément les plus
employés de tous.
Commençons par les adjectifs en oç au masculin,
7) au féminin, ov au neutre, qui se déclinent comme

iroKefJLo^, KecpaXr}, Bœpov. Je prends pour exemple


orjaOo^y bon, mot qui a donné le nom de femme
Agathe {àya9rj, la bonne).

Masculin Singulier. 'AyaOo^, à<ya6e(voc.), à<yadov,


àya6(p, àyaâov.
Masculin Pluriel. 'KyaQoiy àyadoi (voc), àya-
6(ùv, àya6oi<i, àyadov<^.
Féminin Singulier. 'Kyadr), àyaOr] (voc), àyady]^y
àyadr), CLyaQriv.
FÉMININ Pluriel. ^k.yaQai, àyadau (voc), àya~
6(ùVi àya6aL<i, àya6a<i,
88
DECLINAISON DES ADJECTIFS 39
Neutre Singulier. 'A.ya6ovy à<ya6ov, à<ya6ov,
CL^aOcùy àyaOov,
Neutre Pluriel. *
Armada, à'yaôa, à<ya6(ùv, à^a-
6oc<^, àja6a.

Duel. 'Ayaôœ, àyaôa, àyaOco; àya-


6oiv, àya6aiv, àyaOoiv.
*. *
Il y a deux observations à faire. D''abord, les
adjectifs qui se terminent en eoç, toç ou poç ont le
nominatif féminin singulier en a et se déclinent
sur rjfiepa. Ainsi 8ùKaLo<;, juste (d'où théodicée, la
justice de Dieu, titre d'un célèbre traité du philo-
sophe Leibniz) fait au féminin hiKaia, gén. èiKaca^,
etc. En second lieu, les adjectifs composés en oç ont
généralement, en prose, le féminin pareil au mas-
culin. Par exemple àOavaro^ signifie à la fois
immortel et immortelle. 'A6avaT0<; est composé de
le à initial dit privatif, équivalant à non, et du
mot Oavaro^, moH (d'où le mot euthanasie, de ev,
bien, et de Oavaro^, la mort sans doideur préconisée
par le philosophe Bacon, comme un digne objet
de la science). Le à privatif se rencontre dans
quelques mots français scientifiques dérivés du
grec, par exemple amnésie, " perte de la mémoire,"
de à privatif et de fjLvrjcrac, infinitif d'une verbe
signifiant se souvenir.

* *
40 ADJECTIFS CONTRACTES
Les adjectifs qui suivent la troisième déclinaison
ont la même forme pour le masculin et le féminin,
une même forme spéciale pour le nominatif et
Taccusatif au neutre. Je laisse de côté le vocatif et
le duel.
^vSaù/jLwv signifie heureux (d'où eudémonisme,
doctrine philosophique qui fonde la morale sur la
recherche du bonheur). Le mot lui-même est
composé de ev, bien et de Batjjbœv, démon ou génie ;
rhomme heureux est celui qui a un bon génie.

Masculin et Féminin Sing. 'EvBaL/jLcùv, evBat-


/j,ovo<;, evSatfiovL, evSaofjiova. —Pluriel:
:

^vèaL/jLOV€<if
evSat/ubovcùv, evSat/jLoa-c, 6vSaùfiova<i.
Neutre
evSatfjLov. —Sing. ^vBaLjnov,
:

Pluriel:
evBaifJLOvoi^, evhatfjbovi,
l^vhaiixevat evBaùfJLOvœv, €v8ac-
fxo(n, evSaL/JLOva.

Comme type d'adjectif contracte^ dont la décli-


naison ressemble à celle de ry6vo<;, je vous citerai
â\7]6r)<;, vrai (d'où Philalèthe, "ami de la vérité,"
nom pris par un fameux alchimiste du XVIIIe
siècle).

Masculin et Féminin Sing. ^A\7j6r)<;, oKrjôovç


(pour a\r]6€0<;), aXrjÔeù, à\r)6r)
;

(pour akrjdea), —
Pluriel : à\r)6€ù<;, akrjdcûv, akrjôeat, aX7]Ô6ù<;,
UN VERS D'HÉSIODE 41
Neutre Sing. 'AXT^^eç, à\r)9ovç, à\rj6ei,
—Pluriel
:

à\7]6e^* : à\rj6i] (pour àXrjOea)^ aKrjOcov,

En poésie, la contraction n'a souvent pas lieu.


Voici un joli vers qu'Hésiode met dans la bouche
des Muses :

*I8fjL€v 'yjrevBea iroXka Xeyeiv irv/utoicnv ofioùa,^

'lô/iev, ionien pour îo-fjLev, du verbe lar][ii^ je sais : noiis


savons, "irevôea, accusatif pluriel neutre de •v//'euô?7?, men-
songer, en prose (comme àX-qêrj pour àKrjôea).
yjrevdr]

L'adjectif dont le substantif y^evdos signifie


yf/evBrjs,

mensonge, entre en composition dans le mot pseiidépigraphe,


où le second élément, €7riypa(j)r] (de eVi, sur et de ypa(p€iv,
écrire) signifie inscription en tête d'un ouvrage " ; la
* '

science qui interprète les inscriptions sur marbre ou


métal s'appelle épigraphie. Un ouvrage pseudépigraphe
est un ouvrage dont le titre est supposé, parce qu'il
l'attribue à un auteur qui n'est pas l'auteur véritable ;

ainsi le livre du prophète Daniel est un pseudépigraphe,


l'auteur inconnu ayant vécu plusieurs siècles après le
prophète Daniel. UoWa est l'accusatif pluriel neutre de
TToXvff, beaucoup, Aeyeti/, infinitif du verbe signifiant dire.

'Erv/ioto-t, datif pluriel ionien (la forme attique est irviiois)

du mot fTVfxos, vrai, d'où étymologie, la science de la vraie


signification des mots. Bien des gens écrivent éthymologie,^

^ Hésiode, Théogonie, v. 27.


42 ADJECTIFS IRRÉGULIERS
faute de savoir que ce mot avec un t et
dérive d' irvfioç,

non un 6. ^Ofioiay neutre d' ô/xoiost


accusatif pluriel
semblable ; à' où homéopathie, de ôfioios et de nadosy
maladie ou souffrance, doctrine médicale qui prétend
guérir les maux par des remèdes qui produisent le même
effet, et non par des remèdes contraires, ce qui est le

principe de Vallopathie (de àXAG?, autre).

Traduction littérale :
" Nous-savons choses-
mensongères nombreuses dire, aux-choses-vraies
semblables ; "" en français " Nous savons dire bien
:

des mensonges qui ont l'apparence de vérités.""


*
* *
Il faut absolument vous loger dans la mémoire la
déclinaison des adjectifs suivants, où le féminin
seul est régulier, se conformant à la première
déclinaison. On les rencontre à chaque pas dans
les auteurs :

1. Ilaç, génitif nravTo^^ tout (d'où pantomime^


"qui mime toute sorte de mouvements"), se
décline ainsi :

Masculin Singulier Ilaç, Traz^roç, iravTi,,


—Pluriel
:

iravra. : iravre^y iravrœv, iracro, Travraç.


FÉMININ Singulier Uao-a, iraar}<;^ Tracry,
—Pluriel
:

Tracrav. iraaat, irao-œv, Tracratç, vracraç.


Neutre Singulier
:

: Ilaz^, Traz^roç, iravriy irav. —


Pluriel : iravra, iravrcùv, Traai,, Travra.
HAT^, nOATX, MEFAS 43
2. 'HSuç, doux (d'où qui a donné rjSovr], plaisir,
le terme hédonisme, doctrine du plaisir considéré
comme règle de la vie).

Masculin Singulier 'Hêv ç, : rjSeoç, rjSec, rjZvv. —


Pluriel ^Setç (pour îjêeeç), r)he(ùv, '^Becrc,
: y86L<^.
FÉMININ Singulier: 'HBeta, îJSeiaç, rjSeca,
rjBeiav. —Pluriel rjBetaù, rjBetœv, rjBeùat^i, ^êetaç.

:

Neutre Singulier : 'HBv, i^Seoç, rjBec, tjBv.


Pluriel : rjBea, rjBecov, rjBeaùy rjBea.

S. noXuç, nombreux (d'où Polynésie, de 7ro\v<;,


beaucoup et de vTjao^, île: "aux îles nombreuses").

Masculin Singulier : Tlo\v<;,ttoWov, ttoXXû),


irdXvv. — Pluriel : TIoXKol, iroWœVj TroWot ç,
7roWov(;»
FÉMININ Singulier UoWr), ttoXX^ç, TroWy,

:

TToWrjv. Pluriel HoWac, iroWcûVy TroXXatç,


:

TToXXaç.
Neutre Singulier TLoXv, ttoWov, ttoWw,
irokv. —Pluriel :

IloXXa, iroXkœv, iroXkoi';, iroXka,


:

4. Me7aç, grand, génitif fieyaXov (d'où méga-


lomanie, de fjue'ya^ et de fiavca, manie ou folie).

Masculin Singulier Meya<;, fieyaXov, fieyaXo),



:

fieyav. Levocatif est fjbeyàXe. Pluriel : fieya-


XoL, fjLeyaXcûv, jxeyaXoL^, /leydkovf;.
44 DEGRÉS DE COMPARAISON
FÉMININ Singulier M.eyaX'qj fjieyak'rj';, fxer^aXrjy

:

jiieyaXrjv, Pluriel MeyaXac, fjueyaXcûVj fMeyaXacç,


:

fieyaka^;.
Neutre Singulier : Meya, /jueyaXov, fieyokm,
fieya. — Pluriel : M.eya\a, fJbeyaXcov, fieyaXoL<;,
fjLeyaXa.

Vous voyez que, dans ces deux derniers mots, il

n'y a d'irrégularités qu'au singulier.

Il me reste à vous parler aujourd'hui des com-


paratifs et des superlatifs. En règle générale, les
premiers se terminent en repoç, les seconds en
raroç ainsi cro^oç (d'où philosophie) fait au com-
;

paratif o-o(f)ù}T6po<;, plus sage, et au superlatif


(TO(J3ù)raT09, le plus sage ou très sage. Ces formes
se déclinent comme les adjectifs, au masculin, au
féminin et au neutre.
Mais il y a de nombreux comparatifs et super-
latifs irréguliers —
comme meilleur et pire en fran-
çais, qui tiennent la place de plus bon et de plus
mauvais. Les formes irrégulières étant très sou-
vent employées, il faut du moins connaître les
principales.
Il y a d'abord des comparatifs en tayvy des super-
COMP. ET SUPERL. IRRÉGULIERS 45
latifsen icrroç ; ainsi r)Sv<;, doux, fait rjStœv, plus
doux, et 7]^iaT0^, le plus doux.
Voici maintenant quelques irrégularités plus
graves :

1. ^ Aya6o<;, bon, comparatif ^eXTiwv, /cpeio-ccùv,


ou àfjL€cvù)v, superlatif ^éXTcaTo<;, /cparco-ro^;, àpi-
(TTo<; (d'où aristocratie, " le gouvernement des
meilleurs," de KpaTo<;, puissance.)

% Meyaç, grand, comparatif pbei^œv, superlatif


fieyicTTO^;,

S. Mt/Cjooç, petit (d'où microscope, de /jLCfcpo<; et


de GKO'TT(ù,je regardé), comparatif ixutùv, superlatif

4. Ka/coç, mauvais (d'où cacographie " mauvaise


écriture," de KaKoç et de ypa^rj, écriture), com-
paratif x^Lpœv, superlatif KaKiaTo<; ou 'xeipLcrTo^.

Tous ces comparatifs et superlatifs irréguliers se


trouvent dans les dictionnaires.
Vous comprenez bien que, si le superlatif de
jjLLKpo^ est iXa'x^Lo-TO'i, c'est parce que fÀùKpo<; a
emprunté son superlatif à un autre mot, en
l'espèce eka^v^^ autre adjectif peu employé qui
signifie petit.
*
46 UN VERS D^EURIPIDE
Je vous conseille fort, chère Eulalie, d'écrire
sur un carton, grand comme une carte postale,
tous les mots grecs que je vous ai fait connaître
jusqu'*à présent, avec leurs équivalents en français
et leurs dérivés français, s''il y en a ; puis vous les
classerez par ordre alphabétique et vous aurez
ainsi un petit lexique qui s'accroîtra avec la suite
de mes lettres.
*
* *

Il m'en coûterait de finir sans vous enseigner


encore un vers iambique d'Euripide :

OvK icTTLV ovSev Kpetcrcrov r] ^Cko^ (Ta^r)<^?-

OvK, négation. 'Eorti/, est. Oîièev, neutre de ovBeiç,


rien. Kpeiaa-ov, comparatif neutre d' àyaôos, meilleur.
*H, que. ^iXoy, ami. ^a(f)r}ç, clair, certain, véritable.

En français :
" Il n'est rien de meilleur qu'un
ami véritable."
Croyez-moi l'ami vrai dont parle Euripide.

S.R.
^ Euripide, Oreste, v. 1155.
CINQUIEME LETTRE
Je vais parler aujourd'hui, ma chère
vous
Eulalie, de l'article, des pronoms et des noms de
nombre ; je vous préviens que ce sera long et
ennuyeux.
L'article est, à la vérité, un pronom dont le sens
s'est affaibli ; dans Homère, il est encore pronom et
équivaut à il plutôt qu'à le.
Il n'y a pas d'article indéfini en grec répondant
au français ?m ; " un homme " se dit àvdpwiro^^
tout court, ou àvôpwTTo^ tl<^, " un certain homme."
L'article défini, correspondant à le, la, les, est
tantôt employé, tantôt omis. Il y a pour cela des
règles difficiles et délicates dont je vous fais grâce,
d'autant plus qu'elles sont souvent en défaut.
Je vous conseille d'apprendre la déclinaison de
l'article suivant le tableau que voici :

Singulier, Pluriel. Duel.


Nom. o rj To 01 al Ta
Gén. TOV TTjf; TOV T(ùV TCùV T(ùV Nom. Ace. tco
Dat. Tû) Tû) TOL<^ Tac<; TOù<; Gén. Dat. Totv
Ace. TOV rrjv TO Tovç Ta<; Ta
Masc. Fém. Neut. Masc. Fém. Neut. Les trois genres.

47
48 ARTICLE ET PRONOMS
Ce tableau peut se chanter (ne dédaignez pas
ces petits moyens, qui épargnent des efforts de
mémoire) :

Ho hé to Hoi haï ta
(1) Tou tes tou Ton ton ton (2)
Tô tè tô Tois tais tois
Ton tèn to Tous tas ta
Tô Toîn

J'arrive aux pronoms personnels.


Je ou moi se dit è^ay (même mot en latin, d'où
égoïsmé) et se décline : €7©, èfiov ou fjbov, èfioi ou
//-ot, èfie ou fjue.

Tu ou toi se dit av et se décline : o-u, aov, croL,

(T€.

Il ou lui se dit aifro^, féminin avrr)^ neutre avro


et se décline :

Nom. avTO<; avrr} avTO


Gén. avTov aVT7]Ç avTov
Dat. avTù) avTy avT(ù
Ace. avTOV aVT7]V avTO

Eux ou elles se dit avToo, aurai, avra, formes


qui se déclinent régulièrement.
PRONOMS PERSONNELS ET RÉFLÉCHIS 49
Nous se dit rj^u^^ gén. rjfjLcov, dat. rj/jbcv, ace.

Voies se dit vfi€i<;, gén. v/jlcùv, dat. L-yu-tï/, ace.


UyLtaÇ.

y a encore d'autres formes, rares ou poétiques


Il :

je vous dirai seulement que cr<^etç signifie eux-


mêmes, ou elles-mêmes. On décline a-cpeùç, acfxov, :

(j^iai^ (7(pa<;, et au duel acfxt), (7(pq)v.


Le même se dit o avTo<^, Souvent avro^ se con-
tracte avec Tarticle : ainsi ravrov, du même, est
pour Tov avTov ; ravry est pour rrj avrrj.
* *
Il y a trois pronoms réfléchis : i/xavrov, fera.
6/jiavTr]ç, de moi-même ; creavrov ou o-avrov, fém.
aeavTrj<i ou cravTr]^, de toi-même ; iavrov, fém,
éavrrj(;, de lui-même ou d'elle-même. Les formes
de éavTov se contractent en avrov, auTr)<^, etc.,
avec esprit rude sur le u, à distinguer de avrov,
avrri^, etc., formes qni prennent l'esprit doux.
Au pluriel, on dit rjfiœv avrcùv, de nous-mêmes ;
vficov avrcov, de vous-mêmes ; kavTcov ou a^cov
avTCùv, d''eux-mêmes.
Les uns les aidres se dit oXXrfKoi, naturellement
inusité au nominatif. " Ils se frappent les uns les
autres " se dira àW7)\ov^ Tvirrovacv.
:

* *
Reinach. — Eulalie.
50 PRONOMS POSSESSIFS
Les pronoms possessifs sont eyLtoç, mien ; ao'?,
tien ; rj/jLerepo^;, notice ; v/nerepo^, votre ; crcj)6T€po<;,
leur. Son se dit en poésie oç ; mais, en prose, on
se sert du génitif de avTo<; : son père, 6 Trarrjp
avTov (" le père de lui '').

*
* *
Le tyran Créon avait fait ensevelir avec honneur
Etéocle ; mais il avait défendu de rendre les
mêmes devoirs à Polynice, frère d"'Etéocle, mort en
même temps que lui dans un combat singulier.
Antigone, sœur de Polynice, veut enfreindre la
défense du tyran et exhorte sa sœur Ismène à
la seconder. Cest le début de V Antigone de
Sophocle. Ismène se récrie :

^H 'yap voei<; OaiTTeLV (r(f)', aTropprjTOV ttoXcù ,*^

'H, est-ce que ? Tap, en effet. No«ç, tu médites. Qurrreiv,


ensevelir. 2^* pour o'</)e, avec élisions lui. 'AnopprjToVf
neutre, (chose) défendue. TloXei, datif de TroXts-, à la ville.

En français " Est-ce que tu prétends donc


:

l'ensevelir, malgré la défense publiée dans la


ville ?" Et Antigone répond :

Tov yovv i/jLOv Kai tov crov, r}v crv p,rj OeXrj^,
àBéXipov' ov 'yap èrj irpoBova aKwaofjLaL,

^ Sophocle, Antigone v. 44.


TROIS VERS DE SOPHOCLE 51
Tov, accusatif de l'article : le. Tow, sûrement. Efiov,
accusatif, mien. Kai, et. Top a-ov, accusatifs, le tien. 'Hv
pour eW, si. 2v, tu. Mrj, négation, ne pas. Q(\r)s,
2ème personne du subjonctif de ^eXo), je veux, signifiant
situ ne veux pas. 'AôeA^ov, accusatif d' à8e\(pos, frère^
(d'où Fhiladelphe "aimant son frère ou sa sœur,'' surnom
d'un Ptolémée, roi grec d'Egypte). Où, négation. Tap
en effet. Arj, certes. Upoàova-' pour npodovaa (élision),
participe passé féminin de Trpoôtôco/xi, je trahis, signifiant
ayant trahi. 'AXcocro/uat, futur du verbe âXta-Kopai, signi-
fiant être pris. Nous disons On ne me prendra pas à
:
' '

me contredire."

Littéralement " Certes le mien et le


: tien,
même si tu ne veux pas, frère. Car je ne serai
pas prise ayant trahi."
En français (un peu libre pour la clarté) :

" Oui, je médite de Tensevelir, car il est mon frère


et le tien, même si tu l'oublies ; jamais je ne me
rendrai coupable d''une trahison envers lui."
Je vous ai cité ces beaux vers iambiques non
seulement parce qu'on y trouve des exemples des
formes a-cpe, tov, è/juov, aov, av, que je viens de
vous enseigner, mais parce que leur obscurité, assez
grande au premier abord, est instructive. Le grec
est souvent d'une concision que les langues
modernes ne peuvent atteindre. Les petits mots,
qui ont plus de force qu'en français, guident
52 SIGNIFICATION DES PETITS MOTS
rintelligence du
texte. Ainsi, au premier vers,
rj r^ap signifie " Est-ce que en effet, comme tes
:

paroles me le donnent à croire^ ...?'"* Au second


vers, ryovv est énergique et veut dire ^ Ce qui :

est sûr, c'est que . . ." Au troisième vers, r^ap


marque de la pensée d'Antigone
la suite logique :

" C'est notre de mon devoir


frère, je m'acquitterai
envers lui, car je ne veux pas qu'on puisse m'accuser
jamais d'y avoir manqué."
Il y a, dans les tragédies grecques, de longs
dialogues où chaque personnage dit à son tour un
seul vers plein de sens ; ces vers s'entrechoquent
comme des épées. Corneille a imité cela, mais
dans une langue moins souple ; même le latin s'y
prête moins que le grec.
Quand on ne comprend pas un texte grec, c'est
souvent faute de faire attention à la force de
chaque mot et surtout à celle des particules, qui
ne sont jamais insignifiantes dans les bons auteurs*
Revenons à nos pronoms.

Les pronoms démonstratifs sont oi/toç, fém.


avTTji neutre tovto, signifiant celui-ci ; oBe, yèe,
ToBe, qui a le même sens ; èK6cvo<i, iKecvrj, èiceivo,
signifiant celui-là.
DÉMONSTRATIFS ET INTERROGATIF 53
Notez que oSe n'est autre chose que l'article
suivide la particule 8e, qui renforce le sens.
Voici la déclinaison d'oL'Toç :

Masculin Singulier: Outoç, tovtov,


rovrœ,
TovTov. — Pluriel: Ovtoi,tovt(ùv, tovtol^, toutovç.
Féminin Singulier Avttj, TavTr]<;, TavTjj,
Tavrrjv. — Pluriel: Avt
:

ravratç,
at^Tovrcùv, ravra^;.
Neutre Singulier Tovro, rovroVy
: Tovro), tovto,
— Pluriel : ravray tovtcov, tovtocç, ravra.

Vous voyez que cette déclinaison est pleine de


pièges les formes autres que le nominatif masc.
:

et fém. commencent par un r et le génitif pluriel


féminin est tovtcov, alors qu'on attendrait ravrcov.
*

Le pronom interrogatif r^ç, qui 9 est très em-


ployé ; le neutre ro signifie pourquoi P Le même
mot, sans signe d'interrogation, sert de pronom
indéfini quelqiCun, un certain.
: Le masculin et le
féminin sont identiques ; il suffit donc d'apprendre
le masculin et le neutre.

Singulier, rtç, neutre tl


Tivo<; ou Towl 7 , .

TLVL OU Tû) J
y
^pour les trois s^enres
°
TLva, neutre tl
54 PRONOMS RELATIFS
Pluriel. rtz^eç, neutre nva
TtVCùV
\ pour les trois genres
Tien
Ttva^. neutre riva

* *
'AWoç, àWrj, àXko signifie autre et se décline
comme avTo<^.
Un tel se dit heiva ou o ^etva et se décline :

èetva, èeùvo^ï, Secvù, Becva. D'autres fois il reste


indéclinable.
*
* *
Les pronoms relatifs sont oç, 97, o, qui, et oo-rtç,
îjrtç, oTt, quiconque.
Voici la déclinaison de oç :

f
Singulier. Nom. oç
Gén. ov 97c ov
t t
Dat. t V CÛ
c
r
Ace. 6v rjv
t r
Pluriel. Nom. ov al a
Gén. OùV œv 0)V
Dat. oh alç o/ç
Ace. ouç «Ç a
Duel. Nom. Ace. 0) a 0)

Gén. Dat. olv alv OLP


ADJECTIFS PRONOMINAUX 55
Quand on décline oan^;, quiconque^ on décline
à la fois dç et r^ç ; ainsi le génitif est ovrivo<;,
T^anvo';, ovtlvo^. Au lieu de ovnvo^, œrtvù,
œvrivcùVy on trouve souvent oroUy orw, otwv,
* *
Quelques mots très usités, qu'on appelle adjec-
tifspronominaux, sont :

Too-ofToç, aussi grand, féminin rocravTr). On


dit TOŒOVTO) fxaXKov, d'autant plus. Tocrovrov, au
neutre, signifie aussi seulement.
TotouToç, tel, féminin TotavTrj.
'Oo-oç, autant. Ce mot a beaucoup de sens ;

lisez Farticle 6ao<; dans un dictionnaire.


Otoç, quel ou tel que.
Xlore/joç ; deux ?
lequel des
Vous en avez assez moi aussi. Mais il faut
;

encore que je vous apprenne à compter; je ne


vous enseignerai que TessentieL
*
* *
Les quatre premiers nombres cardinaux se
déclinent :

Un. Etç jjbia €V


evof} fjLLa<; evo'S
kvL fiia evt
eva fiùav ev
56 NOMBRES CARDINAUX
Deux. Il n'y a que deux cas : le nominatif et
Taccusatif Bvo, le génitif et le datif
SvOLV.
Trois. Tpetç (masc. etfém.) Tpoa (neutre)
Tpicûv
Tpcat
Tpetç Tpùa
Quatre. Tecro-apeç (masc. etfém.) Teacrapa (n.)
Tecrcrapcov
Teaaapac
Tecrcrapa'^ Tecrcrapa

Voici les autres nombres cardinaux jusqu'à 12 :

5. Ilei^Te (d'où pentagone, de irevre et f^mvia,


angle.)
6. "^Ef (d'où Jiexagone.)
7. 'ETTTa (d'où heptagone.)
8. 'OfCTco (d'où octogone.)
9. 'Evvea.
10. AeKa (d'où décamètre.)
11. 'Ez/êe/ca.
12. AcùSe/ca (d'où dodécagone.)

Sachez en outre que 20 se dit eÎKoai^ SO rp^a-


Kovra, 100 eKarov, 1000 %f-Xto^ (qui se décline,
%tXtot, Xikiai, %tXfca), 10,000 /jtvptoc (qui se décline
de même). Les mots chilîades et myriades ont
passé dans notre langue scientifique.
* *
NOMBRES ORDINAUX St
Les nombres ordinaux sont :

PllEMIEE. 7rpO)TO(;
Deuxième, èevrepo^
Troisième, rptro^
Quatrième. T6TapT0<^

Dixième. SeKaTO<;

Centième. €KaTO(TTo<;
Ces nombres ordinaux se déclinent: irponTos,
irp(ùTr], TTpooTov — èevrepos, bevrepa, bevrçpov»
Enfin, il y a des adverbes numéraux dont il faut
connaître au moins une demi-douzaine :

Une fois. 'ATraf. Quand un mot ne se trouve


qu'une seule fois dans toute la littérature

grecque il y en a beaucoup de ce genre dans

Homère les pédants disent que c''est un
aTraf, sous-entendu XeyofMevov, participe sig-
nifiant dit " un mot qui n'est dit qu'une
:

seule fois."

Deux Fols. Atç.


Trois Fois. Tptç.
Quatre Fois. Ter/^a/ctç.

Mille Fois. 'KcXcaKùç.


Dix Mille Fois. MvpiaKt<;.
58 LES CHIFFRES GRECS
Vous savez queles Grecs ne connaissaient pas
nos chiffres dits arabes (qui sont d''ailleurs origi-
naires de rinde, non de TArabie). Ils se servaient
des lettres de Talphabet suivies d'un accent a :

signifie 1, h' signifie 4, l signifie 10, lo! signifie


11, etc. Vous me demanderez pourquoi 10 s'écrit
i\ alors que i est la neuvième lettre c'est que les
;

Grecs employaient, pour le chiffre 6, une lettre


tombée en désuétude, qui se plaçait entre e et f et
qu'on appelle vau ou digamma (F). Cette lettre
avait à peu près la valeur d'un v et s'entendait
encore distinctement du temps d'Homère. Le
latin vicus^ signifiant "quartier" (rappeliez- vous
les noms de lieux français qui en dérivent, comme
Moyenvic, Vic-sur-Seîlle) est identique au grec
oIko<^, maison (d'où économie, de oIko'^ et de vo/xo^;,
loi) ; c'est donc que olko^ s'est prononcé autrefois
FoiKo^, voiJ<:os. Mais voilà trop d'érudition ; il est
temps de vous souhaiter le bonsoir.
S. R.
SIXIÈME LETTRE

Avant d'aborder la conjugaison des verbes grecs,


qui est extrêmement compliquée et difficile, je
veux, chère Eulalie, vous donner quelques idées
générales à ce sujet. Il vous effraiera moins
quand vous en aurez vu les abords.
A une époque très antérieure à Homère, il
semble que tous les verbes grecs se soient terminés
en fit; cette désinence paraît bien n'être autre
chose que le pronom personnel [xe ou e//.e, en latin
me. Ainsi une forme comme tcOti/m, je j)ose, peut
être considérée comme très ancienne. Dans la
seconde personne, TùOr}<;, tu poses, on est tenté de
reconnaître aussi le pronom crf , toi, qui a perdu
sa voyelle finale.
Avec temps, et par des raisons qui nous
le
échappent, la plupart des verbes grecs perdirent
leur désinence en fie ; la 1ère personne de Tin-
dicatif présent se termine, dans la grande majorité
des verbes, en œ. Mais les verbes en /ml qui
subsistent sont les plus usités de tous, en par-
ticulier elfiL, signifiant "je suis."

59
60 GÉNÉRALITÉS SUR LES VERBES
Comme type des verbes en co on prend d'*habitude
Xvcoyje délie. Avcù et tlÔtj/jll sont les types des deux
grands groupes de verbes grecs, verbes en œ et
verbes en yu-t.
Ainsi, deux conjugaisons seulement, ce qui
paraît très simple ; mais les choses se compliquent
terriblement quand on les regarde de près.
D'abord, il y a les formes du passif à Xvw, je :

délie, correspond le passif \vofÀ,ai,je suis délié.


Les verbes grecs ont, en outre, une forme ou
voix dite moyenne. Par exemple, si \v(ù au passif
fait Xvo/jbat,, futur XvOrjo-o/jiaL, le même \vo) a une
forme moyenne Xvojjbac, qui fait au futur Xvao/jiai.
On traduit généralement les moyens \vo/jLaù,
Xvcro/jLat par "je délie pour moi ou je me délie,""
"je délierai pour moi ou je me délierai ;" mais, en
vérité, le moyen n'a pas toujours le sens réfléchi ;
c'est, ordinairement, une autre forme de l'actif, qui
souvent existe seule, à l'exclusion de l'actif et du
passif. Ainsi jBovKofiai signifie J^ veux ; il n'existe
pas de forme fiovXœ. 'E/)%oyu-a^ signifie J^ viens
ou je marche ; il n'existe pas de forme èp^oj.
^A(T7ra^o/jLai signifie je salue ou j''aime ; il n'existe
pas de forme àaTra^co.
Il faut distinguer avec soin, dans les verbes, les
temps et les modes. Les temps sont le présent,
l'imparfait, le futur, l'aoriste (à-optaTo<;, indéfini,
TEMPS ET MODES 61
correspondant à notre passé ou prétérit)^ le parfait
et le plus-que-parfait (formule mnémonique, en
réunissant les initiales pîfapp) ^ Je délie, je
:

je délierai, je déliai, j'ai délié, j'avais délié,''


déliai's,
toutes ces expressions marquent des relations de
temps par rapport au moment où Ton parle. Dans
le passif grec, il existe un temps de plus, le futur
antérieur: "j'aurai été délié."
Je viens de traduire les temps du verbe actif
\v(ù ait, mode indicatifs qui est le plus simple de
tous. Mais chacun de ces temps comporte cinq
autres modes qui peuvent nuancer la pensée sans
impliquer d'autre relation temporelle que l'in-
dicatif. Par exemple, si "je délierai" est le futur
indicatifs "devoir délier" est ViTifinitf futur et
"devant délier" le participe futur. Quand on
connaît la forme de l'indicatif, que donnent les
dictionnaires, on en déduit, par des règles fixes,
celles des autres modes. Ainsi "je délierai" se dit
\vaœ ; devoir délier " se dit \vcr-€Lv ; " devant
"
délier" se dit Xvcr-oûv. Ces désinences eiv, wv,
aioutées à la forme de l'indicatif futur moins sa
désinence o), se retrouvent dans toute la série des
verbes.
Le grec connaît six modes : l'indicatif, l'im-
pératif, le subjonctif, l'optatif, l'infinitif, le par-
ticipe (formule mnémonique : iisoip). Ces six
62 OPTATIF ET AORISTE
modes n'existent d'ailleurs que pour le présent
l'aoriste et le parfait : l'imparfait et le plus-que-
parfait n'ont que l'indicatif; le futur n'a que
l'indicatif, l'optatif, l'infinitif et le participe.
L'optatif, du latin optativus (de optare, '* sou-
haiter "), est un mode qui marque le souhait.
Ainsi lesubjonctif de Xvo), qui a la même forme
Xuû), signifie "que je délie"; l'optatif, XvoifjLi,,
signifie "que je déliasse" ou "puissè-je délier."
Il s'emploie d'ailleurs aussi dans d'autres sens, par
exemple pour marquer le conditionnel.
J'ai dit que l'aoriste correspondait à notre passé ;
cela n'est vrai qu'à l'indicatif et au participe.
Aux autres modes, il équivaut au présent, avec
une nuance de sens souvent fugitive. Il faut in-
sister là-dessus, car c'est une source féconde de
malentendus. Par exemple cjyayecv, manger, est
l'infinitif aoriste d'un verbe inusité (l)ayœ {je7nange
se dit ia6ùcû) ; si l'on dit ôeXo) <pay€Lv, cela ne
signifie pas "je veux avoir mangé," mais "je veux
manger." A
cet égard on peut dire que le terme
aoriste (" indéfini ") n'est pas aussi mal choisi qu'il
en a l'air, car il indique vraiment une relation de
temps peu définie, à la différence de notre passé
français.

*
AUGMENT ET REDOUBLEMENT 63
Il y a des verbes qui ont ce qu'on appelle des
temps seconds un futur second, un aoriste second.
:

Ces formes ont le même sens que les formes dites


premières et sont souvent plus usitées ; elles sont
indiquées par tous les dictionnaires.
*
* *
Quand on connaît le présent, le futur et le
parfait d'un verbe à l'indicatif, on peut, par des
règles fixes, en déduire l'imparfait, l'aoriste et le
plus-que-parfait au même mode. Par exemple,
mon dictionnaire m'apprend que \vcù fait au futur
Xvacù, au parfait XeXvKa. De Xvœ je tire
l'imparfait iXvov, en le faisant précéder de la
syllabe è, qu'on appelle augmenta et en changeant «
en ov. De Xvcrcù je tire l'aoriste iXvcra, en le
faisant précéder de l'augment et en changeant œ en
a. De XeXv/ca, forme dite irdoubîée, je tire le
plus-que-parfait iXeXvKeiv, en le faisant précéder
de l'augment et en changeant a en eiv.
Une fois que je possède ainsi la liste des formes
temporelles à l'indicatif, je peux également en
déduire les formes modales, comme je vous l'ai
déjà montré pour le futur (p. 61) indicatif \vacû,
:

optatif Xvaoù/jLc, infinitif Xvo-etv, participe Xvaœv.


Je ne suis pas d'avis d'apprendre par cœur les
règles de la formation des temps et des modes il '^
64 IRRÉGULARITÉS DE L'AUGMENT
suffit de savoir qu'il y a des rhgles et de graver
profondément dans sa mémoire les conjugaisons
types des verbes en w et en fjuL.

Encore un mot sur Taugment et le redouble-


ment. Les exemples que j'ai cités, èXvov et XékvKa,
sont lesplus simples. Mais si le verbe commence
par une voyelle ou par un p, Taugment produit des
modifications plus graves, ou bien il fait défaut.
Ainsi €')(^cû, j'aï^ fait à l'imparfait ev^ov ; pairTO),
je couds, fait à Fimparfait èppairrov ; v^pt^œ,
jfoutrage, fait à Fimparfait v^pii^ov, sans augment.
Je ne vous cite que quelques irrégularités ; il y en
a beaucoup d'autres. Un point essentiel à retenir,
c'est que l'augment de l'indicatif aoriste ne subsiste
pas aux autres modes e\vcra, je déliai ; Xvcraç,
:

ayant délié.
Le redoublement a aussi ses caprices, surtout
dans les verbes commençant par une voyelle ; ainsi
aKovcûij''entends, fait au parfait àKrjKoa.

Les Grecs et même les grands hellénistes de la


Renaissance n'apprenaient pas toutes ces choses
dans des grammaires, mais par l'usage, par la
lecture des auteurs. Nous apprenons, dans nos
FORMES INUSITEES 65

grammaires, beaucoup de formes celles de l'optatif
parfait grec, par exemple^ —
qui sont très rares
dans les auteurs et n'existent, pour ainsi dire, que
sur le papier. Il faut avoir assez pratiqué la
grammaire pour reconnaître une forme verbale au
passage, savoir quelle personne, quel temps et quel
mode elle indique, sans avoir besoin de fouiller
dans un gros livre ; mais, cela fait, il est plus
utile d'apprendre par cœur trois belles lignes de
grec que de connaître toutes les règles, exceptions
et exceptions d'exceptions qui concernent, par
exemple, Taugment et le redoublement.

* *
cTai donc hâte de vous expliquer du grec. Voici
une épitaphe en vers iambiques, qui a été
jolie
déchiffrée sur une pierre tombale à Rome. Elle
exprime élégamment les idées des disciples du
philosophe Êpicure qui, à la différence de Platon,
niait la survie des âmes (vers 300 av. notre ère).
C'est le mort qui s'adresse au passant. Il faut
apprendre cela par cœur et noter avec attention
les formes verbales.

^ Al'actif, l'impératif, le subjonctif et l'optatif parfait ne


se rencontrent presque jamais ; au passif et au moyen,
l'optatif parfait est également très rare {ClassiccU Eeview,
1906, p. 347).

Reinach. — Eulalie. 5
66 UNE ÉPITAPHE EN VERS
1 Mr) fjLov 7rap6X0r]<; Tovircypa/Hfi, oSoLTrope,
2 àWa <TTad€L<i uKove, Kai fiaOcov àirei.
S OvK è(JT eu 'AiSov ttXoiov, ov 7ropôfi6v<; "Kapcop,
4 OVK AlaKo<; /cXeiêov^oç, ov')(l Kep/Sepo^; kvcûv.
5 'HyLtetç Se iravTe^ ol Kortù Te6vr}K0Te^
6 ocTTea Te(f)pa re yeyova/nevj àXXo S' ovBe êv,
7 lËilprjKa. At* 6p6r)(; vTraye, oBoiTTOpe,
S /jLTj Kai redvrjKCû^ àêoXecrp^oç <roi (f>avœ^

1. ne pas, pour interdire. Mou se construit avec


Mt;,
TovTTiypa^fxa " cette épitaphe de moi." TlapeXôrjs, 2ème
:

personne du subjonctif aoriste de irapep^ofiat, passer j de


Trapa, préposition, à côté ou au delà (d' où paradoxe, de
napa et de do^a opinion, qui signifie une opinion extrava-
gante) et de èpxop^ai, marcher. TovTrtypajxfx*, contraction et
élision pour to iTnypapfia, l'inscription funéraire, Vépitaphe.
Le mot français épigramme implique une pensée satirique ;

l'épigramme grecque (de eVt, sur, et ypafifxa, lettre), qui


est à l'origine une inscription sur une tombe, sur une
œuvre d'art, sur un trophée, etc., n'est satirique que par
exception. 'OdoiTrope, vocatif d' ôèonropos, passant ou
voyageur (de ôàos, chemin et de nopos, passage nous ;

disons qu'on passe son chemin).


2. 'AXXa, mais, ^raôeiç, participe aoriste passif de Io-ttjhi,

je mets debout, signifiant f étant arrêté le sens est celui


;

du moyen. 'AKove, impératifde àKovca (d' où acoustique) :

^ Anthologie, éd. Didot, t. iii. p. 165, n. 453.


LE MORT S^ADRESSE AU PASSANT 67
Écoute! Kat, et. Maôcùv, participe aoriste second de
appixndre (d' ou mathématique, primitivement
jj-avêavù),
" tout ce qu'on apprend "): ayant appris. 'Arrêt, 2ème pers.
du futur d' àn-eLfjii, de aTro, préposition marquant l'éloigne-
ment (comparez apostasie, de dno et de o-rao-is, position d' ;

où le sens de défection) et de ef/xi, je vais, à distinguer de


et/xi, jg suis. 'Anei signifie : Tu t'en iras ; àniôt, impératif
de aTreifii, signifie : va t'en.

3. OvK, négation. 'Eor' pour eVri, est. 'Ev, dans.


'Aidov génitif de sous-entendu oIkco,
'AtS?;?, VEnfer,
maison eV *Aiôov ou 'Aôou signifie dans la demeure
;

d'Hadès (le Pluton des Romains), en Enfer. lïKoiov,


bateau. Ov, négation, Hopôfxevs, nocher. Xapcùv, le
nocher des Enfers, Gharon.
4. OvK, négation. AîaKos, Éaque, le juge des Enfers.
ou geôlier, de kX^ls, clé et de èx^iv,
KXei5ou;^off, porte-clefs
avoir. Ovxh forme renforcée de la négation, qui a donné
oxh signifiant non en grec moderne. KeplBepos, le chien
des Enfers, Cerbère son nom paraît dérivé de Kpeaç,
;

viande et de ^ilSpcùa-Kciv, aor. 2 è^ptùv, manger, parce que le


chien infernal était conçu, primitivement, comme dévo-
rant les morts. Kvcùv, gén. kvvos, chien (d' où cynique,
mot qui marque un blâme et signifie plus digne d'un :
' '

chien que d'un homme." Diogène était le chef d'une


secte de philosophes débraillés que l'on appelait Cyniques).
5. 'H/icts-, nous. Ae, particule marquant opposition.
Ilai/res, pluriel de iras: : tous. Oî, article pluriel. Karo),
en hasy sous terre. TeôrniKorcs, pluriel de T€ÔvT]Ka>Si participe
68 LA DOCTRINE D'ÉPICURE
parfait, avec redoublement, de ôurjo-iceiv, mourir: "les
morts."
6. 'Ocrrea, pluriel neutre non contracté de oo-reov, os
{oa-Tovv^ en attique). Comparez ostéologie^ "science des
os." Tecftpa, nominatif féminin singulier, signifiant
cendre. Te, et, placé ainsi après les mots (jamais avant).
Teyovafxfv, 1ère personne pluriel de yeyova, parfait (avec
redoublement) de yiyvofxai, devenir bien que ce verbe ne
;

soit usité qu'au moyen, il a un parfait de forme active.


'A\Xo, autre chose. A', pour 8e, devant une voyelle.
Ov8e, pas, formé de ov, négation, et de ôe. 'Ev, neutre
de eiff, un. Ov8e h, se dit en prose ovbev, neutre de
ovbeis, et signifie rien, comme ovbeis {'pas un) signifie
personne.
7. EîprjKa^ 1ère personne du parfait d'un verbe inusité
elpcù, je dis ; eîpijKa, j'ai dit, sert de parfait à Xeya>, dire,
qui a lui-même deux autres parfaits peu usités. Ai' pour

8(,a,devant une voyelle par, à travers


: comjparez ;

diamètre, de 8ia et de jxeTpov, mesure "la mesure prise à


:

travers le cercle." 'Opôrjç, génitif féminin de opôos, droit


(d'où orthographe, opôos et ypa<pri, "écriture correcte").
Après opôrjs est sous- entendu 68ov, génitif de ô8os, chemin,
qui est du féminin nous disons de même
; prendre le * '

plus court," en sous-entendant chemin. 'Yrraye, impératif


de de vno et àyco, littéralement je pousse dessous ;
vTvayçLv,
vTraye est le terme courant pour "marche!" 'Oôotjrope,
vocatif déjà expliqué au vers 1.
8. M7, souvent synonyme de la négation ov, peut aussi
SOBRIÉTÉ DU STYLE GREC 69
signifier comme ici de peur que. Kai signifie ici non pas
ef, mais même. TeôvrjKaç, déjà expliqué au vers 5.
'AdoXeaxos, bavard ; de àô;;i', beaucoup et de Xeaxi] (appa-
renté à Xeyûj, dire), qui signifie entretien et aussi le lieu où
l'on cause, comme le portique de Delphes dit Lesché, orné
de peintures fameuses par Polygnote. Eoi, datif de av, à
toi. ^av(û, 1ère pers. du subjonctif aoriste 2 de (fiaiva,
paraître. L'aoriste 2 de c})aiva> est, à l'indicatif, i^^^vrjv ;

l'aoriste 1er est icfiavôrjv.

Traduction " Voyageur, ne passe pas (sans la


:

lire) devant cette ëpigramme, mais arrête-toi,


écoute-moi ; après t'être instruit, tu continueras ta
route. Il n"*y a pas dans THadès de barque ; il
n'y a pas de nocher Charon, ni de geôlier Eaque,
ni de chien Cerbère. Mais nous tous, les morts
qui (habitons) sous terre, nous sommes devenus
des os et de la cendre, rien autre chose. J''ai dit.
Reprends ton droit chemin, voyageur, de peur
que, même mort, je ne te paraisse bavard."
Il y a, dans ces quelques lignes, une élégance et
une sobriété qu'on trouve seulement chez les Grecs
et qui perdent toujours de leur charme dans une
traduction.
*

Vous n'êtes pas encore une helléniste, Eulalie,


vous ne le serez sans doute jamais ; mais si vous
70 NÉCESSITÉ D'APPRENDRE PAR CŒUR
avez bien retenu tous les textes que je vous ai
cités jusqu'à présent et si vous les comprenez dans
leurs moindres détails, vous savez déjà plus de grec
que neuf sur dix de nos bacheliers !

'O (f)i\o^ (70V SLSa<TKa\o<; (ce qui signifie " Fami


:

de toi professeur," autrement dit " le maître qui


:

vous aime bien ").


id« Sx,
SEPTIÈME LETTRE
Cette lettre, chère Eulalie, a pour objet de vous
enseigner la conjugaison du verbe \vw, à l'actif, au
passif et au moyen. Toutes les grammaires pré-
sentent ces formes verbales en tableaux ; je ne les
imiterai pas en cela. Donner tant de grec à la fois,
c'est comme si Ton servait ensemble tous les plats
d'un laborieux dîner. Non seulement je vais dé-
tailler cette conjugaison, mais j'écrirai toujours la
traduction à côté de la forme grecque ; pour
apprendre, vous cacherez tantôt le grec, tantôt le
français, et vous réciterez de mémoire la partie
cachée.
n y a trois personnes du singulier et trois du
pluriel; je supprime le duel, mais je vous citerai,
à la fin de cette lettre, une joliechanson grecque
où vous en trouverez des exemples.
* *
VOIX ACTIVE.
Auû), "je délie."
Indicatif Présent.
\v(ù Je délie
Xvetç , Tu délies
\veb II délie

n
72 LE VERBE ATIi
\vo/jL6v Nous délions
\v6T€ Vous déliez
\vovai ou XvovŒiv Ils délient

Impératif Présent.
\ve Délie !

\v€Tcû Qu'il délie !

\v€T6 Déliez !

XvovTCùv ou \v6T(ûcrav Qu'ils délient !

Délions se dit 'kvwfiev (subjonctif) ; le subjonctif


tient souvent lieu de Timpératif.

Subjonctif Présent.
Xuû) Que je délie
Xf 27? Que tu délies
'Xvy Qu'il délie
\vœ/jL6v Que nous déliions
\vrfTe Que vous déliiez
XvcoŒù ou KvcùcTLv Qu'ils délient

Optatif Présent.
XvoLfjbi Que je déliasse ou Puissè-je délier !

Xf otç Que tu déliasses ou Puisses-tu délier !

'Kvoi Qu'il déliât ou Puisse-t-il délier !

XvoùfjLev Que nous déliassions ou Puissions-nous


délier !

XvoLT€ Que vous déliassiez ou Puissiez-vous


délier !

Xvocev Qu'il déliassent ou Puissent-ils délier !


LE VERBE ATfl 73
Infinitif Présent.
\veiv Délier

Participe Présent.
Masc. \vcûv, gén. \vovto^ Déliant
Fém. Xvovaa, gén. \vovari<s „
Neut, \vov, gén. \vovto^ „
Le participe se décline comme Tadjectif. Le
datif pluriel de Xvœv et de \vov est Xvovat ou
"kvovcrcv.
Imparfait.
iXvov Je déliais
eXfeç Tu déliais
iXv€{v) Il déliait
ekvojjLev Nous déliions
ekvere Vous déliiez
ikvov Ils déliaient

Indicatif Futur.
Xvcrcù Je délierai
Xva€L<i Tu délieras
\V(T6ù Il déliera
\v(TOfjbev Nous délierons
\va€T€ Vous délierez
\vaovaL ou \v(70vcrùv Ils délieront
Formes identiques à celles de l'indicatif présent,
sauf le (7 intercalé.
74 LE VERBE ATIl
Oftatif Futur.
XvcrocfjLi Que je dusse délier
"Kvo-oL^ Que tu dusses délier
Xvcroc Qu'il dût délier
XvcroifjLev Que nous dussions délier
Xvcroùre Que vous dussiez délier
"kvcroLev Qu'ils dussent délier

Formes identiques à celles de l'optatif présent,


sauf le cr intercalé.

Infinitif Futur.
\va€Lv Devoir délier

Participe Futur.
Masc. Xvœovto^
Xv(T(ùv, gén. Devant délier
Fém. Xvaovaa, gén. XvŒOva-rjf; „
Neut. Xvcrov, gén. \vcrovTO<; „
Identique, sauf le cr, au participe présent.

Indicatif Aoriste.
ekvaa Je déliai
iXvaaç Tu délias
ikv(re ou ikvaev II délia
ikvaafiev Nous déliâmes
ekuaare Vous déliâtes
ekvaav Ils délièrent
LE VERBE ATH 75
Impératif Aoriste.
\v<Tov Délie !

Xvaarcù Qu'il délie !

'kvcrare Déliez
XvaavTCùv Qu'ils délient !

Ce n'est pas, pour le sens, un impératif passé,


mais un second impératif présent.

Subjonctif Aoriste.
Xvaco Que je délie
\v(Tr)<; Que tu délies
Xvarj Qu'il délie
'Xvacùjjbev Que nous déliions
\v(Tr]r€ Que vous déliiez
XvacùŒù oit \v(TW(Tiv Qu'ils délient

Formes identiques à celles du subjonctif présent,


sauf le (7 intercalé. Le sens est généralement le
même.
Optatif Aoriste.
\v(ratfit Que j'eusse délié !

\vcraL<;on \va6La<; Que tu eusses délié !

Xvcraù ou Xva€0€{v) Qu'il eût délié !

\vaaLfjL6V Que nous eussions délié !

\vaaLT6 Que vous eussiez délie !

\vaatev ou Xvaetav Qu'ils eussent délié !


76 UN VERS D'HOMÈRE
Lorsque le prêtre Chrysès, au début de Ylliade,
implore Apollon contre les Grecs qui lui ont pris
sa fille, il s'écrie :

Tccrecav Aavaot ejna SaKpva (toktl ^éXeo-ŒùV,^

Tiaeiav est la 3ème personne plur. de l'optatif aoriste


de Tti/o), expier. Aavaoi^ les Danaens (c. à d. les Grecs,
censés descendre de Danaos). 'E/iia, plur. neutre d' e/toy,

mes. AaKpva, plur. du neutre èaKpv, larme, ^oia-iy datif


pluriel ionien de cros, tes. Bekea-a-iv, datif pluriel ionien
de l3ekos, trait (en prose, jSeXea-t ou ^eXea-iv).

Traduction :
" Puissent les Danaens expier mes
"
larmes sous tes traits vengeurs !

Infinitif Aoriste.

Xva-ac Délier ou avoir délié

Participe Aoriste.

Masc. Xvaa^i gén. \vaavTO<; Ayant délié


Fém. Xvaaaa, gén. Xvcraar)^, „
JVeut. \vaav, gén. \vaavTO<; „

1 Iliadet i. 42.
LE VERBE ATO 7T
Indicatif Parfait.

XeXvKa J'ai délié


XeA-u/caç Tu as délié
\e\vK6 ou XéXvKev II a délié
\ékvKa[i6v Nous avons délié
XéXvKare Vous avez délié
XeXvKaaL ou XëXvKacnv Ils ont délié

L'impératif, le subjonctif, et Toptatif du parfait


sont rarement employés ; il est inutile d'apprendre
des formes qu'on ne trouve pas dans les auteurs.

Infinitif Parfait.

\eXvKevaù Avoir délié.

Participe Parfait.

Masc. A.eXf/cû)?,gén. XeXu/coroç Ayant délié


Fém. XéXvKvca, gén. XékvKvia^ „
Neut. XeXv/cof;, gén. XeXu/coroç „

PLUS-aUE-PARFAIT.
iXèXvKeiv ou iXéXvicr) J'avais délié.

Les formes du plus-que-parfait sont rares*

*
78 LE VERBE ATOMAI
Abordons tout de suite les formes passives.

VOIX PASSIVE.
Avofjuao, "je suis délié."

Indicatif Présent.
XvofiaL Je suis délié
\veL ou \V7} Tu es délié
Xverat Il est délié
Xvojjbeda Nous sommes déliés
\veG-de Vous êtes déliés
XvovraL Ils sont déliés

Impératif Présent.
Xvov Sois délié !

XveaOo) Qu'il soit délié !

\v6a6e Soyez déliés !

Xv€(t6(ûv Qu'ils soient déliés !

Subjonctif Présent.
Xvcùfiai Que je sois délié
XVT) Que tu sois délié
XvrjTai, Qu'il soit délié
Xvcùfieda Que nous soyons déliés
Xvrjade Que vous soyez déliés
XvœvTcu Qu'ils soient déliés
LE VERBE ATOMAI 79
Optatif Présent.

Xvot/jurjv Que je fusse délié !

XVOLO Que tu fusses délié !

XvOiTO Qu'il fût délié !

Xvoc/Jbeda Que nous fussions déliés !

XvoLo-de Que vous fussiez déliés !

XVOÙVTO Qu'ils fussent déliés !

Infinitif Présent.
A
Xveddai Etre délié.

Participe Présent.

Masc, \vofjL6voç, gén. Xvo/jLevov Etant délié


Fém, gén. Xvo/jL€vr]<;
\vo/ji€vrj, Etant déliée
Neut, Xvofievov, gén. Xvofievov Etant délié

Imparfait.

iXvo/jLTjv «Tétais délié


iXvov Tu étais délié
iXV€TO Il était délié
eXvoixeOa Nous étions déliés
iXveade Vous étiez déliés
iXvovTO Us étaient déliés
80 LE VERBE ATOMAI
Indicatif Futur.

\v67](TOfJbat Je serai délié


\v67]or6L ou XvOrjcrri Tu seras délié
\v6rjcreTai, Il sera délié
Xv6r)cro/Jb66a Nous serons déliée
\v6rj<T€(TÔ€ Vous serez déliés
\v67j(Tovra(, Ils seront déliés

Formes identiques à celles de l'indicatif présent


avec l'insertion de ^?;o--.

Optatif Futur.

Xv6rj(T0ù/Jbr}v Que je dusse être délié


Xv6rjcroto Que tu dusses être délié
\v6rjo-ouTO Qu'il dût être délié
Xv6r)(7otfieOa Que nous dussions être déliés
\v6r}aoLG-de Que vous dussiez être déliés
\v9r](70ÙVT0 Qu'ils dussent être déliés.

Formes identiques à celles de l'optatif présent,


avec l'insertion de Orjo--.

Infinitif Futur.

XvdriaecrOat, Devoir être délié.

Mêiïie observation.
LE VERBE ATOMAI 81
Participe Futur.

Masc. XvOrjcrofievof;, gén. XvdrjaofjLevov, Devant


être délié.
Fém. XvôrjŒOfievr}, gén. \v67]crofjb6vr]<;. Devant
être déliée.
Neut, Xvôrjo-ofievov, gén. \v9r](70fJb€vov, Devant
être délié.

Même observation.

Indicatif Aoriste.

e\v6rjv Je fus délié


iXvOrjf; Tu fus délié
iXvOr] Il fut délié
iXvôrjfiev Nous fûmes déliés
iXv6r)T€ Vous fûtes déliés
iXvôrjaav Ils furent déliés

Vous remarquerez Tanalogie des formes de


Taoriste passif avec celles du futur (syllabe ûrj).

Impératif Aoriste.

XvôrjTo Sois délié !

Qu'il soit délié !

\vdrjT€ Soyez déliés !

\vdevTO)v Qu'ils soient déliés !

Reinach. — Eulalie. 6
82 LE VERBE ATOMAI
Subjonctif Aoriste.
'KvOù) Que je sois délié
XvOrjf} Que tu sois délié
Xu^97 Qu'il soit délié
XvOcùfiev Que nous soyons déliés
Xv07]T6 Que vous soyez déliés
Xvdœcn(v) Qu'ils soient déliés
Signification passive, mais formes actives : notez
cela.
Optatif Aoriste.
XvOecrjv Que j'eusse été délié !

\vd6Lrj(; Que tu eusses été délié !

Xvôeùr) Qu'il eût été délié !

'Xvôeijjbev ou Xvôecrjfjiev Que nous eussions été


déliés !

\vdeLT€ ou XvOecrjTB Que vous eussiez été


déliés !

\v6eLev ou XvÔecrjaav Qu'ils eussent été déliés !

Infinitif Aoriste.
'Kv6r)vaL Etre délié ou avoir été délié.

Participe Aoriste.
Masc. Xi/^etç, gén. \v6evTo<; Ayant été délié
Fém. Xvôeoaa^ gén. Xvôeocrrjç Ayant été déliée
Neut, \v6ev, gén. XvdevTo^ Ayant été délié
LE VERBE ATOMAI 83
Indicatif Parfait.
XeXvfjuat J'ai été délié
XéXvarat Tu as été délié
XeXvrac IIa été délié
XeXvfjieOa Nous avons été déliés
\€\v(t6€ Vous avez été déliés
XeXvvraù , Ils ont été déliés

Impératif Parfait.
'Kèkv(TO Sois délié !

\èkv<Td(ù Qu'il soit délié !

XeXvcrde Soyez déliés !

XéXvcrOcùv ou 'KeKvcrBwo-av Qu'ils soient déliés !

Le subjonctif et l'optatif parfait sont peu usités.

Infinitif Parfait.
\ekva6ai, Avoir été délié.

Participe Parfait.
Masc. XeKvjievo^, gén. XeXvfievov Délié
Fém. \eXv/jL6V7j,gén. XeXv fievr}'; Déliée
Neut. XeXvfievov, gén. XeXvjxevov Délié

Plus-que-Parfait.
iXeXvfirjv, etc. J'avais été délié.
Formes peu usitées.
84 LE VERBE ATOMAI AU MOYEN
Indicatif futur Antérieur.

XéXvcrofiaL J'aurai été délié


\e\vcrr) ou XeXf cret Tu auras été délié
XeXvo-erat, Ilaura été délié
XéXvŒo/jbeOa Nous aurons été déliés
XéXvcrecrôe Vous aurez été déliés
XeXvcrovTaù Ils auront été déliés

Les grammaires enregistrent un optatif XeXv-


croifirjv,un infinitif XeXvaeaOaL et un participe
XeXvaofxevoç qui sont rares.

*
* *

VOIX MOYENNE.
AvofiaL, "je délie pour moi," ou "je me délie."

La
conjugaison de la voix moyenne est identique
à de la voix passive^ à la seule exception du
celle
futur et de Taoriste.
Le futur diffère de celui du passif par la sup-
pression de la syllabe dr) seulement.

Indicatif Futur. Je me délierai.

Avao/jLai,, Xvcrec ou Xvo-y, XvŒeTaVy Xvaofie6a,


Xvaeaôe, XvaovTai,
LE VERBE ATOMAI AU MOYEN 85
Optatif Futur. Que je dusse me délier.

AvaoL/j/rjv, XvcroLOy Xvctoùto, XvaoL/jbeda, Xvcroc-


aôe, XvaoùVTO,

Infinitif Futue. Devoir se délier.

Xvaeaôac,

Participe Futur. Devant se délier.

\v<Toiievo<i, -ov ; Xvao/Jbeprj, -97c ; Xvao/xevov, -ov.

Indicatif Aoriste.

ikvcrafJLTfv Je me déliai
iXvcrcù Tu te délias
iXvaaTO Il se délia
iXvaafjLeôa Nous nous déliâmes
èXvcraaOe Vous vous déliâtes
iXvaavTo Ils se délièrent

Impératif Aoriste.

XvaaL Délie-toi !

Xvaaa-Om Qu''il se délie !

XvaaaÔe Que vous vous déliiez !

Xvcracrdcov ou Xvaaadœaav Qu'ils se délient !


86 LE VERBE ATOMAI AU MOYEN
Subjonctif Aoriste.
XvorcùfjLat Que je me délie
\vo-rf Que tu te délies
Xvayraù Qu'il se délie
'Kva-cùjjbeOa Que nous nous déliions
Xvarjaôe Que vous vous déliiez
Xva-cùVTaL Qu'ils se délient

Optatif Aoriste.
XvcraLfjLYjv Que je me fusse délié
Xvaaco Que tu te fusses délié
\vaaiTO Qu'il se fût délié
XvŒaLfjueOa Que nous nous fussions
déliés
Xvo-aïade Que vous vous fussiez
déliés
XvaaLVTo Qu'il se fussent déliés
Identique à l'optatif futur moyen, avec la sub-
stitution d' a à o dans la seconde syllabe.

Infinitif Aoriste.
Xva-aa-Oat S'être délié

Participe Aoriste.
Masc. Xv(Tafievo<;, gén. \vaafjbevov S'étant délié
Fém. Xvaa/juevr), gén. XvaafJbevrjf; S'étant déliée
Neut, XvaafMevov, gén. Xvaafievov S'étant délié
EXERCICE RECOMMANDÉ 87
Les formes du moyen sont très usitées ; nombre
de verbes très employés rCen ont pas d'autres. Il
est donc indispensable de les connaître et de
pouvoir les reconnaître sans hésiter.

Je vous laisse dix jours, chère Eulalie, pour


vous familiariser avec cette conjugaison de Xvœ.
Un bon moyen de savoir vous-même si vous avez
réussi, c"'est de copier au hasard des formes isolées,
en grec seulement, et de chercher à les identifier
ensuite sans recourir à ma lettre. Exemples :

1 Xvcrai
2 \V(70iT6
S Xvcreiav
4 XvotfieOa
5 XvOecrjv
6 \vdœfJL6V
7 Xvorrjcrôe
8 \vaov

1. Avoir délié ow délie-toi. —


Que vous dussiez
2.
délier. —
3. Puissent-ils délier 4. Que nous
! —
fussions déliés. —
5. Que j'eusse été délié. 6. Que —

nous soyons déliés. 7. Que vous vous déliiez.
8. Devant délier ou délie !
88 UNE CHANSON DE TABLE
n faudra recommencer ce petit jeu jusqu'à ce
que vous trouviez la solution juste à tout coup.

Je vous ai promis quelques exemples du duel : à


Tactif, les désinences du duel sont en tov et rriv^
au passif et au moyen en rov, rrjv, 6ov, 6r]v. Voici
une strophe d''une chanson de table, restée long-
temps populaire en Grèce, en Fhonneur d^Harmo-
dios et d'Aristogiton, les deux meurtriers du tyran
Hipparque en 514 avant notre ère.

1 'Ez/ fjbvprov fcXaSù ro ^i(f)oç <j)opr](T(û


2 ùXTirep 'Ap/jLoBio^ Kai ^ Apio-ToyetTCùv,
3 ore TOV rvpavvov KTaverrjv
4 laovofjLov; r' ^A6r]va<^ èiroirjaarrjv?-

1. 'Ej/, dans. Mvprov^ gén. de [ivpTov, myrte. KXaSt,


datif irrégulier de rameau. To ^i(f)os, le glaive
ickados,
(comparez l'os xiphoïde, en forme d'épée, qui prolonge et
termine le sternum). ^opYja-ca, futur de cjiopecù, jporter.
2. 'ûo-TTfp, formé de u>s et de la particule ncp comme, :

'kpfxodios Kai 'Apia-ToyeLTCùV, Harmodius et Aristogiton, dits


les Tyrannoctones (de Tvpavvos, tyran et KTeiv<a, tuer).

^ Cité par Athénée, Banquet des Sophistesy livre xi. p. 695.


^ LES TYRANNOCTONES 89
3. 'Ore, lorsque. Tovrupavvov^le tyran (àccus.), KraveTTjv,
Sème personne du duel de eKravov, abrégé (sans augment)
en KTavovj aoriste 2 de Kreij/o), tuer: "ils tuèrent tous
deux."
4. 'Icrovofxovs, ace. pluriel de îa-ovofios, "qui a des lois

égales pour tous," de lo-os, égal (triangle isosceley de icros

et de (TKeKos, jambe) etvojxos, loi (métronoirne, de /xerpop,


de
mesure et de voiios). T* pour re, et. ^Aôrjvas, ace. du

nom d'Athènes, ^Aôrjvai. 'ETroirja-arTjv, Sème personne dii


duel de énoirjaa, aoriste de ttoko, je fais " Ils ont fait tous
:

deux."

Traduction " Je porterai le glaive dans un


:

rameau de myrte, comme Harmodios et Aristo-


giton, lorsqu'ils tué ensemble le tyran et
ont
donné ensemble la liberté à Athènes."
Les deux amis avaient exécuté leur projet au
cours d'une fête, tenant leurs poignards dissimulés
sous des branches de myrte.
Quand je vous aurai dit que le nom d'Harmodios
signifie bien ajusté, agréable (âpfjLo8ùo<;, de âp/jLO<;,
ajustement, mot qui se retrouve dans âp/iovia,
harmonie) et qu'Aristogiton est Vexceïlent voisin,
àpLCTToç yecTcov, j'aurai été jusqu'au bout de mon
devoir et du vôtre. 'Tytabve, Eulalie ; apprenez à
la perfection Xvœ, Xvofiaù et la chanson en l'hon-
neur des Tyrannoctones.
S.R.
90 TABLEAUX RÉCAPITULATIFS
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Partio.
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94
TABLEAUX RÉCAPITULATIFS 91
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ATOMAI
Moyen
û3 ^ en ro
03 ta
Passif

S
t— < Ph P-l
HUITIÈME LETTRE
Ma chère Eulalie,
On appelle verbes contractes les verbes en e», aw,
o(ù qui,tout en se conjuguant sur Xi;&), admettent
en prose, au présent et à l'imparfait, des con-
tractions de voyelles, surtout dans la syllabe
finale.
Par exemple, (piXeo), j'aime, devient (juXcù, par
disparition de la voyelle e ; ^iXeo/mev, nous aimons,
devient (ftckov/iiev, par contraction de eo en ov;
^fcXeere, vous aimez, devient ^Ckeire, par contrac-
tion de €6 en ei. Ce sont les trois cas typiques
pour les verbes en absorption de le e, contrac-
ece) :

tion de eo en ov, de ee en ei.


Dans les verbes en aw, il y a une double tendance
a la prédominance de le œ et de le a et à la dispari-
tion du L, qui se souscrit. Ainsi nfiao), fhonore,
devient Ttyu-o) ; rtfiaofjuep, nous honorojis, devient
Ttfjicûfiev ; Tùfiacùv, honorant, devient tljjlwv ; rifia-
OvcTù, ils Jwnorent, devient TLjjbwcn ; TifiaoijxL,j''eusse
honoré, devient tl^coijul ; rifiae, honore ! devient
TCfxa; Tùfjbarj, qiûil honore, devient Tt/ia; Tùfiaec,
92
VERBES CONTRACTES 93
il honore^ devient TLjjba également. Ces exemples,
si vous les retenez bien, doivent vous suffire ; mais
veuillez notercque Foptatif présent de rc/xaco^ qui
serait régulièrement tl/jlco/jlc, TtyLtû)?, nfio), etc., a,
chez les bons auteurs, une forme différente :

TifKprjv, TLfjb(ùrj<^i TLjJbwrjy TL/jiœfiev, Tt/jiœre, rtfKpev.


Vous pourriez en être fort embarrassée si je ne
vous prévenais pas.
Dans les verbes en ow, ce sont les sons «, ov et
OL qui dominent. Ainsi Sr)\ocû,je montre, devient
SrjXû) ; Sr)\oe, montre ! devient ^rfkov ; hrjkoei, il
montre, et SrjXoj], qiûil montre, deviennent Tun et
Tautre BrjXoL.
En général, dans les verbes en eœ et aco, le
futur est en i^aco et la même lettre tj se retrouve
au parfait ; ainsi ^iXeco fait au futur (pùkrjo-œ (et
non au parfait Tre^iXrjKa ; TLfjLaco fait au
(f)c\€(T(û),
futur au parfait reTù/jbrjKa.
Tt/jbrjo-cù,

Dans les verbes en oœ, on trouve à la même


place non plus V rj, mais V œ ; ainsi StjXocù fait au
futur SrjXcùcrœ, au parfait SeSrjXcùKa.
Cela dit, je crois inutile de conjuguer tout au
long les verbes contractes (fxXw, tù/jlù), BrjXcù ; il
vaut mieux réserver tout votre courage pour les
verbes en /jli.
*
94 UN DISTIQUE GREC
Voici un bien grec dans sa sim-
joli distique,
plicité passionnée, où vous trouverez réunis un
adjectif contracte et des verbes contractes. Il
nous a été conservé par une inscription :

Et yLte (piXovvTa ^tXetç, BcTrXr) %ajOtç* et Se fie

Toaaov ixKTOiTj^y oacrov iyo) ae (f)t\(û^

El, si. Me, moi. ^LXovvra, contracté de ^ikeovra, accus,


du participe présent ^îKoiv, de (juXa, j'aime, ^ikeis, pour
(piKeeis, 2ème p. de l'indicatif présent du même verbe tu :

aimes. AittXï;, nom. fém. contracte (pour dnrXor]) de dnrXoos


contracté en ômXovs double. Xapis, grâce ou plaisir.
:

El, si. Ae, marquant opposition. Me, moi. Mto-e tî, 2ème
pers. de l'indicatif présent de /Ltio-ew contracté en /xio-a>,
je hais. Too-o-oj/, neutre de roo-o-or, pour roa-os, autant.
Mio-oiî;?, 2ème pers. de l'optatif présent de fiicrea) :

puisses-tu haïr ! 'Oa-a-ov, neutre d' ôa-aos pour ôcroç, autant


(en poésie, on redouble souvent le a). 'Eycù, je. 2e, toi.
*iXa), contraction de <^iXea>, j'aime.

Traduction Si tu aimes moi


littérale :
''

aimant, double plaisir ; mais si tu me hais,


puisses-tu haïr autant que moi je faime.""
En français "Si tu m'aimes comme je t'aime,
:

c'est double plaisir ; mais si tu me hais, hais-moi


du moins autant que je t'aime.''
* Anthologie grecque, éd. Didot, t. iii. 149.
FORMES IRREGULIERES 95
Encore un
exemple, chère Eulalie, d'une
traduction semble se traîner péniblement
qui
derrière Foriginal Il y a 16 mots dans le grec,
!

26 dans le français ; vous voyez de quel côté est


l'avantage.

Je dois maintenant vous présenter diverses


observations très importantes pour compléter notre
étude des verbes en co.
Méfiez-vous des verbes dont V œ final est précédé
d'une des neuf consonnes dites muettes^ à savoir
/Ôtt^,7«%, Bt6 (formule mnémonique Bagdad, :

qui donne ^yB ; les deux autres consonnes de


chaque groupe représentent 1° un renforcement et
2° une aspiration de la première). Ces verbes ont
des futurs, des aoristes et des parfaits irréguliers.
Exemples :

Tpi^cù, je hroie ; parfait actif rerptcfta ;


parfait
passif, TerptfJL/jLaL. Ce dernier parfait, très usité, se
conjugue :

Terpififiav, rerpi'y^ai, rerpcTTrac,


rerpùfjLfieôa, rerpccpôe, rerpLcparai ou
T€Tpifjb/jL6V0L elatv (ils sont broyés).

^Aycù, je conduis ; parfait ^;\;a ; futur passif,


à')(jdr)(ToiJLaL ; parfait passif, rjyfjuit, ^lly/xav se
96 FORMES IRREGULIÈRES
conjugue ainsi: rjyfiai,, rj^av, rjKTat, yy/neûa, VX^^»
'rjyfjievoL elcrc (ils sont conduits).
HeiÔcû, je persuade, futur actif Treio-w, parfait
nreirecKa, futur passif TrecorOrjcrofiat, parfait passif
7r67r€t<T/jiaù.

Notez encore que les futurs actif et moyen des


verbes en tÇîw, qui se terminent régulièrement en
oacû et en LŒOfjbat, prennent la désinence cco et
LOVfiaù chez les Attiques vofiico au lieu de vo/Moro),
:

de vofjLL^cû, Je crois ; Xojcov/jiai, au lieu de Xojl-


aofjLac, de Xoyc^ofjbaùyje raisonne.

Les verbes en \cù, /-tt», vw, pw —on appelle


liquides les consonnes X, /*, v, p, mnémonique
laminoir —nous réservent d'autres surprises.

^AjyyêKko), f
annonce, fait au futur àyyéko), à
Taoriste actif r/yyeLKa, au parfait '^yyéXKa.

SreXXcù^j'' envoie, fait au futur (tt6\cù, à l'aoriste


eorreCka, au parfait èarakKa.
BaWû), je lance, fait au futur /Sakcû, à l'aoriste
è^oXov, au parfait ^e^Xr^Ka.
TefjLvcû, je coupe, fait au futur re/xû), à l'aoriste
actif êrefjLov, soi parfait reTfm)Ka.

4( *
TEMPS SECONDS 97
Un futur comme Xoycov/jiaù, forme attique, à
côté de la forme régulière Xoytorofjbai, est ce qu'on
appelle un temj)S second. Les temps seconds
futur, aoriste et parfait —
n'existent qu'à titre
exceptionnel; mais ils sont souvent beaucoup plus
employés que les formes premières et régulières, qui
peuvent être tout à fait inusitées. On les trouve
naturellement dans les lexiques, mais il est bon
d'en avoir idée par avance.
D'abord, comme nous l'avons vu, il y a des
futurs seconds sans sigma et contractes ce sont ;

ceux des verbes en X, yit, z/, p.

^AyyeWcù, fannonce ; futur actif, ày<yé\(ù ;


futur moyen àyyeXov/jLat.

K.a/jbvœ, Je peine ; futur moyen Ka/jLovfjuat,

Voici quelques exemples d'aoristes seconds :

Tcyvcùa-KCù, Je connais ;
pas d'aoriste 1er ; ao-
riste 2, èyvcùv (d'où l'infinitif yvœvat, le participe

^atvcû, Je marche ;
pas d'aoriste 1er ; aoriste 2,

Aep/co/jLaù, Je vois ; aoriste 1er, èhepxOr}v ; ao-


riste % iBpaKrjv ou èhpaKov.
ÏIeinach. — EuJalie 7
98 PARFAITS SECONDS
Exemples de parfaits seconds, toujours en a :

Bacvœ^je marche ; parfait l,l3€^7]Ka; parfait 2,


/Be/Saa.

lI\7](Tcrû), je frappe ;
parfait 1, 7r67r\r)^a ; par-
fait S, TreTrXrjya.

AetTTw. je laisse ; pas de parfait 1 ; parfait 2,

Ce a est aussi celui d'un verbe


parfait second en
usité seulement au moyen jLyvofjiai, je deviens ;
:

parfait 2, yeyova ou yeyaa (en poésie).


Il y a des verbes en œ qui, à Tactif, n'ont pas de
futur ou un futur inusité et le remplacent par un
futur moyen. Ainsi fjLavôavœ, j""apprends^ fait
au futur actif ixaOrjaoïiai cnyaœ^ je me tais, fait
;

au futur actif diyr^ŒoyLai.


Ce dernier mot me dicte ma conduite ; je vais
me Je vous en ai dit assez pour éveiller
taire.
votre méfiance et vous diriger vers votre diction-
naire lorsque vous serez troublée par des formes
anormales je ne vous en ai pas dit assez pour
;

vous permettre d'écrire en grec sans dictionnaire ;


mais vous n'y pensez pas, ni moi pour vous. Les
grammaires, même élémentaires, sont découra-
geantes parce qu'elles présument trop des règles et
pas assez des effets salutaires de la lecture. Il
UNE AUTRE CHANSON GRECQUE 99
vaut mieux étudier la vie qu"*un code et le langage
lui-même que ses lois.
* *
Je vous présente encore le texte d'une inscription
piquante dont on connaît plusieurs exemplaires
gravés sur des bijoux outre que ce texte est ;

amusant, il offre une collection instructive de


verbes. Ce sont des vers, ou plutôt des rythmes
de chanson :

Aeyovo-iv â 6eXovcnv.
AeyeTwcrav' ov /méXeù fioi.
'Zv (pùXec fie' av/jL^epec aoi}
Aeyova-iVt Sème pers. plur. de Xeyco, je dis : "ils disent."
*A, pluriel neutre de 6s, (les choses) que. QeXovaiv, Sème
pers. plur. de ôeXa ou e^eXo), je veux. AeyeTaxxav, Sème
pers. de l'impératif présent de Xeycù qu'ils disent ! Où, :

négation. MeXf t, verbe impersonnel comme il faut " en ' '

français, signifiant il importe. Moi, à moi. 2v, toi.

$iXei, 2ème pers. de l'impératif présent de ^iX©, j'aime.


Me, moi. '2vix<pep€i, Sème pers. sing. de l'indicatif présent
de avfi(f)ep(ù (de avv, avec et de (pepco, je porte), signifiant
je suis utile, ^oi, à toi.

Traduction :
" Ils disent ce qu'ils veulent.
Qu'ils le disent Cela ne m'importe point.
! Toi,
aime-moi ; c'est pour ton bien."
*

Voir Wochenschri/t fur klassiache Philologiet 1887, p. 217.


100 UN DISTIQUE DE MÉLÉAGRE
Voulez-vous un délicieux distique de Méléagre
en Thonneur de son amie Héliodora, dont je vous
ai déjà parlé ? Le voici :

'O (TTe^avo'ç irepL Kpari fJLapatverai 'HXtoScopaç*


avrrj S'è/cXayitTret rov crrecpavov aTei^avo^}

'O (rT€(f)avos^ la couronne (d' où le nom de Stéphanie et


celui d'Etienne, en grec Stephanos). Tlepi, autour. KpaTi,
datif poétique du mot inusité Kpas, tête on dit, en prose, ;

K€(PaXr]. Mapaiverai, 3ème pers. de l'indicatif présent du


moyen de fiapaivo), je fane. 'UXiodapas, d' Héliodora.
AvTT], elle-même. pour ôe, marquant opposition.
A'
'E/cXaju,77ei, Sème pers. de l'indic. présent d' e/cXa/iTro),
verbe composé de la préposition sk, marquant eaîcellence,
et de \ap,7rQ), je brille (d' où 'haixnas, lampe). Tov (TTe<Pavov,
de la couronne. "Erecpavoçy couronne.

Traduction " La couronne (de fleurs) se fane


:

autour de la tête d'Héliodora mais elle brille ;

elle-même (d'un plus vif éclat), couronne de la


couronne."
Quand on traduit ces jolies choses, on ressemble
à un bedeau illettré qui montre un chef d'œuvre ;
tout ce que j'ose espérer, en donnant le sens, c'est
de vous amener à sentir par vous-même la grâce,
le parfum de l'original.

^ Anthologie grecque, éd. Didot, v. 143.


DEUX LIGNES DE DÉMOSTHÈNE 101
Quelques lignes de prose pour terminer. Je
cite plus volontiers de la poésie la mesure des ;

vers aide beaucoup à les fixer dans la mémoire,


dont ils restent, à tous les âges de la vie, les plus
beaux meubles :

Car la prose est cTargîle et le vers est d'airain,

comme disait Hugo. Mais la belle prose grecque,


elle aussi, a des qualités musicales ; jugez-en.

^Yicnrepa jxev 'yap r)v, r]Ke B'àyyeWcov rtç &)ç rof ç


7rpvTav6ù<; wç 'EXareta KareiXrjTrrai.^

Les déjà ont beaucoup admiré la


anciens
simplicité grave et la cadence pathétique de ces
lignes de Démosthène ; nous les sentons, bien que
nous prononcions mal.
'Eo-TTfpa, le soir (d' où les nymphes du Couchant, les
Hespérides). Mev, petit mot très important qu'on traduit
par d'une part et qui s'oppose à Se, d'autre part. Quand
on rencontre ficv dans un texte grec, il faut faire attention,
car il marque la suite des idées, sinon toujours une
opposition. Les Grecs écrivaient, à la bonne époque,
sans ponctuation et ces petits mots leur en tenaient lieu.
Tap, en effet. 'Hi/,Sème pers. sing. de l'imparfait de eîfjn,
je suis : était. 'Hkc, Sème pers. sing. de l'imparfait tjkovj

1 Démosthène, Discours sur la Couronne § 169.


102 RYTHME DE LA PROSE
de î7<û), j'arrive, ou plutôt je suis arrivé. 'Hkc signifie
proprement il venait d' arriver. A' pour ôe, fait pen-
:

dant à fiev, comme le feraient en français d'abord . . .

et puis. 'AyyeWcùv, participe présent de à-yyeXXo), j'annonce.


Tis, quelqu'un. 'Qs, ici préposition synonyme de eîs, vers.
Tovs Trpvraveis, les magistrats athéniens appelés pri/tanes.
'Qs, ici conjonction signifiant que la répétition de ces
;

deux û)s doute intentionnelle. 'EXareia, ville de


est sans
Phocide, prise par Philippe de Macédoine, ce qui déchaîna
une panique dans Athènes. KareiXT/Trrai, Sème pers. sing.
de KareiXrjfjifiai, parfait passif de KaTaXan^ava, verbe
composé de la préposition Kara (cf. catalogue) et de
\aix^av(ù, je prends a été prise.
:

Traduction " C'était le soir ; venait d''arriver


:

quelqu'un aixuonçant aux prytanes qu' Elatée était


prise."
Remplacez KareiXTjirTai par un mot équivalent,
TTeiTTOùKepar exemple (Sème pers. de ireirTœKa^
parfait de nriirTco., "je tombe") Tharmonie de la
:

période est détruite. Les grands prosateurs ne


X cherchent pas ces effets, mais ils leur sont naturelle-
ment suggérés par leur génie musical.
%v éoXei fi€y (TVfM(f>6peù (toi {déjà vu),
S. R.
NEUVIÈME LETTRE
Saluez, chère Eulalie, les terribles verbes en jjli

et suivez-moi pour faire avec eux ample con-


naissance.
Ilssont tous très usités, mais pas à tous les
temps ni à tous les modes ; pourtant, on n'y peut
guère faire de coupures. Pour les formes qui se
conjuguent comme celles des verbes en œ^ il me
suffira de vous indiquer la 1ère personne ; je
donnerai les autres in extenso, avec traduction.
Les verbes qu'iZ faut savoir coiijuguer sont :

Ti6rj/jiù,je pose La-rrjfjLi, je place ou je mets debout ;


;

BiB(ùfit,je donne ; heiKvvfit^je montre ; el}ii,je suis ;

el/jLi,'je vais; larj/jbt, je sais. Les deux derniers


n"'ont qu''un petit nombre de formes. Cest
beaucoup trop pour une seule lettre j"'en ;

écrirai deux et vous consolerai par quelques


citations agréables de textes grecs contenant des
verbes en fit,

VOIX ACTIVE.
TcdrjfMi, "je pose."
Indicatif Présent.
Tidrjfjbc Je pose
Ti6rj<^ Tu poses
Ti6r]ai{y) Il pose
103
104 LE VERBE TieHMI
Tidefiev Nous posons
TùOere Vous posez
TLdea(TL{v) Ils posent

Impératif Présent.
TiOei Pose !

Tidercù Qu'il pose !

TiOere Posez !

TcOevTCûv Qu'ils posent !

Subjonctif Présent.
Ti6cû Que je pose.
Le reste comme le subjonctif de \vcù.

Optatif Présent.
TideLr}v Que je posasse !

Le reste comme ^vôecrjv, optatif aoriste passif


de Xvcû.
Infinitif Présent.
TtOevai Poser.

Participe Présent.
Masc. Ti6eù<;, gén. nOevro^ Posant
Fém. TiOeùŒa, gén. Tcôetarjq „
Neut. TLÔev, gén. Tiôevros ^,
LE VERBE TI@HMI 105
Imparfait.

6TL6r)v Je posais
iriôeùç Tu posais
ènôei II posait
èriOefjbev Nous posions
èridere Vous posiez
èndea-av Ils posaient

Remarquez les différences avec la conjugaison


de rimparfait iXvOrjv (p. 81).

Indicatif Aoriste.

è6r]v ou iOrjKa Je posai


€6r]<; ou èdr)Ka^ Tu posas
èOrj ou iôrjKe IIposa
i66/jb€v Nous posâmes
iÔere Vous posâtes
èOecrav Ils posèrent

Les formes en Ka^ Ka<;, Ke, sont les plus usitées


au singulier.

Impératif Aoriste.

^eç Pose!
ÔSTù) Qu'il pose !

Oere Posez !

OevTCùv Qu'ils posent !


106 LE VERBE TI©HMI
Subjonctif Aoriste.
6o) Que je pose.
La suite comme tiOcû.

Optatif Aoriste.
Oecrjv Que j*'eusse posé !

La suite comme rodeLijv.

Infinitif Aoriste.
ôeLvat Poser ou avoir posé.
Remarquez que c'est Oeivai et non Oevac.

Participe Aoriste.
Oecç, Oeiaa, Oev^ déclinés
comme TiOei^^ etc. Ayant posé
Le reste de la voix active de TLÔrjfii se conjugue
sur \vcû.
Indicatif Futur.
Orjacû Je poserai.

Optatif Futur.
6r}aoL/jLù Que je dusse poser !

Infinitif Futur.
O'qcreiv Devoir poser.
UN VERS ATTRIBUÉ A ORPHÉE 107
Participe Futur.
Otjctcùv, Orjaovaa^ drjaov Devant poser.

Indicatif Parfait.
redrjKa ou reOeiKa J'ai posé.

Infinitif Parfait.
reÔTjKevai Avoir posé.
Participe Parfait.
T€OrjKù)<;, Te6r)Kvta, reOr^ico^ Ayant posé.

Plus-que-Parfait.
iredrjKeLV ou èreOr^fcrj J'avais posé.
*

Un des composés le plus employés de Ti6rj/M


est àvaT(,6r}fjjL, signifiant consacrer, dédier ; il fait
à Taoriste àveôrjKa, Sème pers. àveOrj/ce. Ces
verbes reviennent continuellement dans des dé-
dicaces de statues et d'œuvres d'art ; on trouve
aussi la forme simple iOrjKa et la forme sans
augment ôrjKa.
On lisait sur un modèle du navire des Argo-
nautes. Argo, cet hexamètre attribué à Orphée :

^Apycù TO aKa<^o<^ elfJLU, Oew fi' àve6r)Kev ^lacrcùv.^

1 Anthologie, t. iii. p. 1, n. 1.
108 UNE DÉDICACE DE STATUE
" Je suis le navire (aKa^o»;) Argo ; Jason m'a
consacré au dieu."

Sur une des plus anciennes statues grecques,


découverte dans le sanctuaire d'Artémis à Délos,
on lit Thexamètre suivant :

^c/cavBpr) ^ àveôrjKev €K7]^o\a) îo')(eaipr}}


" Nicandré (ionien pour Nicandra) m'a dédiée
(à la déesse Artémis) qui lance au loin ses traits,
qui se plaît à lancer des traits/'

'E/cT/jSoXoy, de ÎKas loin et jSaXXw, je lance. 'loxeaiprf


(ionien pour lox^aipa), de îos, trait et de X"*P«^j j^ ""^^
réjouis. Remarquez les deux épithètes d'Artémis,
juxtaposées et non unies par une conjonction.

VOIX PASSIVE.
Tcdefiat, "je suis posé.*'

Indicatif Présent.
ndefiai, Je posé
suis
Tideaai Tu es posé
TiOeTaù II est posé
TùOefieôa Nous sommes posés
TiôeaOe Vous êtes posés
TLÔevrai Ils sont posés
1 Ibid. p. 2, n. 8.
LE VERBE TI0EMAI 109
Impéeatif Présent.

TtOecro Sois posé !

Qu'il soit posé !

Que vous soyez posés !

Tidea-ôœv Qu'ils soient posés !

Subjonctif Présent.

riOcûfiac Que je sois posé.

Se conjugue comme Xvayfjbav.

Optatif Présent.

TiôeijjLrjv Que je fusse posé !

Que tu fusses posé !

Qu'il fût posé !

Que nous fussions posés !

TiOeicrOe Que vous fussiez posés !

riOeivro Qu'ils fussent posés !

Infinitif Présent.
A
TLueauai Etre posé.

Participe Présent.

TtOefjievoç, gén. riOefjLevov Etant posé


TiOefjLevT}^ gén. rL6e[ievr)<; Etant posée
TL6e/jL€vov, gén. ride^evov Etant posé
110 LE VERBE TI0EMAI
Imparfait.
êTi,6efir)v J'étais posé
èTiOeao Tu étaisposé
èndero II était posé
êrcSefieôa Nous étions posés
êriOeo-de Vous étiez posés
ircdevro Ils étaient posés

Le reste se conjugue comme Xvofjiat,

Indicatif Futur.
T66r}(To/jiat Je serai posé.

Optatif Futur.
Te6r}(T0ifi7]v Dussé-je être posé.

Infinitif Futur.
reôrjaeadaù Devoir être posé.

Participe Futur.
T€0r}<rofi6VOÇ3 — /jLevr}, —
fievov Devant être posé.

Indicatif Aoriste.
èTë6r)v Je fus posé.

Impératif Aoriste.
Te9r]Tù Sois posé.
LE VERBE TI©EMAI 111
Subjonctif Aoriste.

reOcù Que j'aie été posé.


Tedetrjv Que j'^eusse été posé.

Optatif Aoriste.

TeOr^vau Avoir été posé.

Participe Aoriste.

re^e^ç, reOeccra, reOev Ayant été posé.

Indicatif Parfait.

reôeùfjLaù J*'ai été posé.

Infinitif Parfait.

reOeicrOaL Avoir été posé.

Participe Parfait.

Teôei/Jievoç, -rj, -ov Ayant été posé.

Plus-que-parfait.

eTeOei/jLrjv J'avais été posé.

*
112 LE VERBE TI@EMAI AU MOYEN
VOIX MOYENNE.
TùOe/juai, "je me pose."
La conjugaison est identique à celle du passif,
sauf au futur et à Taoriste. Le sens est souvent
presque identique à celui de Tactif.

Indicatif Futur.

6r]crofjLat Je me' poserai.


Se conjugue comme XvcrofjLao.

Optatif Futur.
6r)aoùfjLrjv Que je dusse me poser.
Se conjugue comme XvcroL/jbrjv.

Infinitif Futur.

OrjcreaOai Devoir se poser.

Participe Futur.
6r}crofievo<;, -fievr], -jievov Devant se poser.

Indicatif Aoriste 1.

èdrjKafiTjv Je me posai.
Moins employé que F
LE VERBE TI0EMAI AU MOYEN IIS
Indicatif Aoriste 2.
èOefirjv Je me posai
èOov Tu te posas
idero II se posa
èdefjueOa Nous nous posâmes
èdeaOe Vous vous posâtes
èOevTo Ils se posèrent

Impératif Aoriste.
^01» Pose-toi !

OeaOa) Qu'ail sepose !

OeaOe Posez-vous !

6ea6(ûv ou OecrOodo-av Qu'ils se posent !

Subjonctif Aoriste 2.

00}fiai Que je me pose.


Se conjugue comme Ti6cù/jLai.
Optatif Aoriste 2.
6et/jbr]v Que je me fusse posé.
Se conjugue comme rcdec/jLrfv.

Infinitif Aoriste 2,
Oeadai S'être posé.

Participe Aoriste %
6€fJL€vo<;, -uLevTj, -/juevov S'étant posé
*
* *

Reinach. — Eulalie. 8
114 ÉPITAPHE DES ATHÉNIENS
Démosthène cite les de V
distiques suivants
épitaphe des Athéniens tombés à la bataille de
Chéronée en Béotie (338 avant notre ère) ; vous y
remarquerez trois exemples et formes de rcOijfiL :

1 OlSe Trarpa^i [lev eKa^ cr(j)€T6pa<; etç BrjpLv e6evT0


2 OTrXa, Kai, àvTLirakwv v^ptv à'jroo-KeBacrav,
3 Kai heijxaTO^ ovk ècraœaav
fjLapvafievoL h' àp€Cù<;
4 T^f^aç, oKk' ^AiBrjv kolvov è6evT0 ^pa/Srj,
5 0VV6K6V ^^^Xkrjvcùv, ft)ç fjur] ^vyo) av^^va 6evTe<;
6 Bov\oavvrj(; arvyepav àficpc^ è')((ùaLV vjBptv?-

1. OtSe, ceux-ci. HaTpaç, génitif de narpa, patrie,


Mev, d'une part, s'oppose à 8e (vers 3). ''Ekus, loin de.
Homère donne à Apollon l'épithète de €kt}I3oXos, qui lance
au loin (ses flèches), de eKas et de l3aX\(ù,je lance. S^erepas,
gén. de (r(f)€T€pa, leur. Ei?, dans. Arjpiv, accus, de drjpis,
combat. 'Eôevro, Sème pers. de l'ind. aoriste 2 moyen de
TiôrjfxL Us posèrent (et non ils se posèrent).
:

2. 'OrrXa, pluriel d' ottXoi/, arme. Kai, et. ^AvriTraXav,


gén. plur. de àvTnraXosj adversaire. 'Y/Spti/, accusatif de
viBpLÇy injure ou violence. ^ Anoo-Keèaaau, Sème p. pluriel
de l'aoriste àrroa-Kedao-a du verbe dTro-o-Keàauvvfii, écarter;
la préposition àno renforce le sens.
3. Mapvafxepoi, participe de piapvap.ai, combattre. A*, pour
ôe. 'Apetos, génitif d' 'Aprjs, le dieu de la guerre ici, ;

1 Démosthène, Plaidoyers politiques, éd. Weil, p. 552 (322)


MORTS A CHÉRONÉE 115
bataille. Kat, et. Aetixaros, génitif de deifxa, terreur (ôf lôw,
je crains, usité surtout au parfait ôeSot/ea dans le sens du
présent). Ovk, négation. 'Ea-aaxrav, Sème p. pluriel de
éa-awa-a, qui sert d'aoriste au verbe o-cû^co, "je sauve," en
même temps que forme plus ordinaire iaacra.
la
4. ''Irvxp.Sj de yj^vxrj, ame ou vie (d'où j^sychologie).
ace. plur.
*AXX* pour àXXa, mais. 'Alôtjv, accus, de ïïadès, le Pluton

des Romains. Koivov, ace. sing. de koivos, comTïiun (le


cénobite, de kolvos et de /Stos-, me, est le moine qui vit en
communauté avec d'autres). ^'Eêevro, déjà vu. Ici : ils

posèrent, c'est-à-dire ils instituèrent.de Bpa^r], accusatif


^pa^€vs, juge ou arbitre, régulièrement contracté de
^pa^ea, Hadès (la Mort) est l'arbitre de tous les combat-
tants, amis ou ennemis.
5. Ovv€K€v, forme poétique équivalente à €V€Ka pour :

l'amour de. 'EWvvcùv, gén. pluriel de 'EXK-qves, les Grecs.


'Qs fiT), afin que ne pas. Zvyco, datif de C^^v, joug,
. . .

Avx^va, accusatif de avxf)v, cou. Qevres, nom. pluriel de


êçLS, participe aoriste actif de Tiûr][XL, ayant posé (sous).

6. AovKoo-vvrjs, gén. de 8ov\ocrvvr), servitude, ^rvyepav,


accus, féminin de arvyepos, odieux. 'A/x(^ts, autour (par

allusion au cou, avxqv). 'Ex<>>(nv, 3éme pers. plur. du


subjonctif de ex<a, avoir. 'Y^piv, accusatif de vjSpiSf
injure, outrage.

Traduction " Ceux-ci, loin de leur patrie,


:

rangèrent leurs armes en bataille et écartèrent


(ainsi de leur sol) les excès de Finvasion ennemie.
116 LE VERBE ISTHMI
En combattant, ils ne sauvèrent pas leurs vies des
terreurs de la mêlée, mais prirent Hadès pour
arbitre de tous ; cela pour la cause des Grecs, de
peur qu'ayant abandonné leur cou au joug, ils
n'acceptassent Fodieux outrage de la servitude."
Ainsi les Athéniens, en livrant bataille aux
Macédoniens en Béotie, ont préservé l'Attique
d'une invasion et se sont faits les champions de la
liberté de toute la Grèce, menacée par Philippe de
Macédoine.
Ces vers sont beaux, mais les répétitions des
mêmes mots y font tache.

* *

VOIX ACTIVE.
'l(TTr)fii,, ''je mets debout.'

Indicatif Présent.

la-rrj/jLù Je mets debout


Icrrr]^ Tu mets debout
lcrTrj(Ti,{v) Il met debout
l(TTa/JL6V Nous mettons debout
larare Vous mettez debout
l(TTacn>{y) Ils mettent debout
LE VERBE I2THMI 117
Impératif Présent.
uTTYf Mets debout !

IcrraTCù Qu"*!! mette debout !

larare Mettez debout !

l(7TavT(ûv ou icTTaToxTav Qu'ils mettent debout !

Subjonctif Présent.

l<TTco Que je mette debout


Le reste comme le subjonctif de Xvœ.

Optatif Présent.
laraLriv Que je misse debout \

l(TTaLr]<; Que tu misses debout .'

la-racr) Qu'il mît debout !

lo-raLfiev Que nous missions debout i !

laratTe Que vous missiez debout !

Icrratev Qu'ils missent debout !

Infinitif Présent.

l(7Tavai Mettre debout.

Participe Présent.

Masc. l(TTa<;, gén. taTavTo<; Mettant debout


Fém. lorraaa, gén. lo-raarfi:
Neut, Icrrav, gén. l(TTavTo<i
118 LE VERBE ISTHMI
Imparfait.
la-TTjv Je mettais debout
la-Trj<i Tu mettais debout
la-TTj II mettait debout
larafiev Nous mettions debout
tarare Vous mettiez debout
laracrav Ils mettaient debout

Le futur et Taoriste 1er se conjuguent comme


ceux de Xvœ.
Indicatif Futur.
crrrjΝ) Je mettrai debout.

Optatif Futur.
G-rrjcroifii, Que je dusse mettre debout.

Infinitif Futur.
(Trrjcreùv Devoir mettre debout.

Participe Futur.
arria-cùv, a-rrjcrovcra, o-rrjcrov Devant mettre debout.

Indicatif Aoriste 1®^ '

i(7rrj(7a Je mis debout.

Impératif Aoriste 1®^ .

arrjaov Mets debout !


LE VERBE ISTHMI 119
Subjonctif Aoriste 1®^
a-rrfacù Que j'aie mis debout.

Optatif Aoriste 1®^.

o-TTjcracfjLù Que j'eusse mis debout.

Infinitif Aoriste 1^^


a-TTjaac Avoir mis debout.
Participe Aoriste 1®^.

(TTrjo-a^s, o-TTjaaaa, cnr^aav Ayant mis debout


Indicatif Aoriste 2.
Cet aoriste a généralement le sens réfléchi ; on
pourrait le conjuguer avec le moyen.
icTTrjv Je me mis debout
èaTr]<; Tu te mis debout
icTTr) Il se mit debout
€(TTr)/jL€v Nous uous mîmcs debout
iarrjTe Vous vous mîtes debout
icTTrja-av Ils se mirent debout

Impératif Aoriste 2.

aTTjOi Mets-toi debout !

a-TTjTû) Qu'ail semette debout !

(7T7JT6 Mettez-vous debout !

GTavTCùv Qu'ils se mettent debout !


120 LE VERBE ISTHMI
Subjonctif Aoriste 2.

(TT(û Que je me sois mis debout.


Se conjugue comme le subjonctif de \v(ù.

Optatif Aoriste 2.

(TTair^v Que je me fusse mis debout


<TTair]<^ Que tu te fusses mis debout
erracT) Qu'il se fût mis debout
crTaù/jL€v Que nous nous fussions mis debout
araire Que vous vous fussiez mis debout
crratev Qu'ils se fussent mis debout

Infinitif Aoriste %
G-rrjvao S'être mis debout.

Participe Aoriste 2.

Masc. o-raç, aravro^ S'étant mis debout


Fém. crraaa^ (Tra(T7j<i S'étant mise debout
Neut arav, aravro<; S'ëtant mis debout

Indicatif Parfait.
Il a deux formes qu'il faut connaître, car elles
sont également fréquentes. Le sens est réfléchi.
earrjKa Je me suis mis debout
ecrrrjKa^ Tu t'es mis debout
€o-rr]/c€(v) Il s'est mis debout
LE VERBE I2TAMAI 121
€(TTr]Kafi€v ou iarafiev Nous nous sommes mis
debout
ea-TTjKare ou iarare Vous vous êtes mis debout
è(7Tr}Ka(jL{v) ou éaTa(7o(y) Ils se sont mis debout

Infinitif Parfait.
€(TT7jKevaL ou ecnavai S'être mis debout.

Participe Parfait.
éaTrjKCû^;, €(TT'r]KVùa, io-TrjKO^
ou é<TTCû<;, 6(TTCûaray éaro)^
(et non eaTo<;^ S'étant mis debout.

PLUS-aUE-PARFAIT.
el(7TriK6Lv ou €l(7TrjKrj Je m'étais mis debout.
La Sème pers. du pluriel est ecnacrav,

VOIX PASSIVE.
'ï<7Ta/jLat, "je suis mis debout."
Indicatif Présent.
i(TTa/jiaL Je mis debout
suis
laraŒaù Tu mis debout
es
lo-rarat Ils est mis debout
larafjLeôa Nous sommes mis debout
l(TTa<r6e Vous êtes mis debout
laTavrat Ils sont mis debout
122 LE VERBE I^TAMAI
Impératif Présent,
i<7Ta<T0 Sois mis debout !
I<rraa0cû Qu'il soit mis debout !

la-racrôe Que vous soyez mis debout !

l<TTaa6(ùv ou
IdTaadœa-av Qu'ails soient mis debout l

Subjonctif Présent.
l(TTù}fjbai Que je sois mis debout.
Se conjugue comme Xvcûfjbai.

Optatif Présent.
la-Tac/jLTjv Que je fusse mis debout
l(TTaio Que tu fusses mis debout
îaTano Qu'il fût mis debout
l(TTaifjLe6a Que nous fussions mis
debout
laraïa-de Que vous mis debout
fussiez
'araivro Qu'ils fussent mis debout

Infinitif Présent.
A
L(TTaavaL Etre mis debout.

Participe Présent.
icrrafievof;, gén. Icrra/jLevov Étant mis debout
larafjLevrj, gén. I(rrafi6vr}<; Etant mise debout
l<7Ta/jL6vov, gén. larafiepov Etant mis debout
LE VERBE I2TAMAI 123
Imparfait.
îcrTafirjv J'étais mis debout
l(7Ta<T0 Tu étaismis debout
îcrraTo II était mis debout
lara/ieûa Nous étions mis debout
lo-racrde Vous étiez mis debout
lo-ravTo Ils étaient mis debout

Indicatif Futur.
<TTa6rj(ToiuLL Je serai mis debout.
Optatif Futur.
aTa6r)(70ifir]v Que je dusse être mis debout.

Infinitif Futur.
aTadr](T€(T6aù Devoir être mis debout.
Participe Futur.
a'Ta6rj(70fjLevo<;y-/j,€vr},-/jL€vov Devant être
mis debout.
Indicatif Aoriste,
€(na6r}v Je fus mis debout.
Impératif Aoriste.
G-Ta67)Tù Sois mis debout.

Subjonctif Aoriste.
araôcû Que j'aie été mis debout.
124 LE VERBE I2TAMAI AU MOYEN
Optatif Aoriste.
o-TaOeirjv Que j'eusse été mis debout.

Infinitif Aoriste.
(TTaOrjvai Avoir été mis debout.
Participe Aoriste.
G-radcù';, (TTaÔeùcra, araôev Ayant été mis debout.

Indicatif Parfait.
ia-rafiat (rare) J'ai été mis debout.

Infinitif Parfait.
ia-TacrÔai Avoir été mis debout.
Participe Parfait.
éarafievoç, tj, ov Ayant été mis debout.

VOIX MOYENNE.
'IcTTafjLai, "je me mets debout."
Le moyen se conjugue comme le passif, à
du
l'exception futur et de Taoriste 1®^

Indicatif Futur. \

aTrja-ofjLat Je me mettrai debout.


LE VERBE I2TAMAI AU MOYEN 125
Optatif Futur.
a-rrjaroifirjv Que je dusse me mettre debout.

Infinitif Futur,
(TTr](Tea6aù Devoir se mettre debout.

Participe Futur.
a-Tr]a-ofjL6vo<;, rj, ov Devant se mettre debout.

Indicatif Aoriste.
iaTrjaafjLrjv Je me mis debout.

Impératif Aoriste.
arrrjaaù Mets-toi debout.

Subjonctif Aoriste.
<rTrj(7w/jLaù Que je me mette debout.

Optatif Aoriste.
(TTrjcrai/jLrjv Que je me misse debout.
Infinitif Aoriste.
a-njcrao-dat S'être mis debout.

Participe Aoriste.
GTïiaafievQ^, rj, ov S'étant mis debout.
126 UN VERS DE PHOCYLIDE
Je veux prendre congé de vous, chère Eulalie,
avec cet hexamètre attribué au sage Phocylide,
exhortation à Teffort que je vous demande en ce
moment :

OvBev àvev Kafiarov irêkei àvBpa<nv evirere^f


êpyov.

OvBev ipyov, aucune œuvre. IleXft, Sème pers. ind.


prés, de TreXw il existe.
: TleXeiv et virapx^t'V sont des
synonymes du verbe eivat, être. EvweTeSf neutre de cvirerqs,
aisé. *Ap8pa(nv, dat. plur. de àvrjp, homme. 'Avev, sans.
KafxaTov, gén. de KafxaTos, fatigue^ travail.

"Aucune œuvre n'est aisée aux hommes sans


fatigue,"" c''est-à-dire ;
" les hommes ne peuvent
rien achever qu'au prix du travail.""

<ï>iXt/cû)ç (ce qui veut dire amicalement)


DIXIEME LETTRE
Délassons-nous un instant, chère Eulalie, avant
de reprendre Tétude des verbes, par la lecture de
quelques beaux vers trop peu connus. Ils ont été
découverts, gravés sur une tablette d"'or, dans une
tombe de Fltalie méridionale ; c"'était comme un
petit guide destiné au mort dans sa pérégrination
d'outre-tombe. Tous les Grecs ne partageaient
pas Ta vis de PEpicurien dont je vous ai fait lire
répitaphe ; il y avait chez eux, comme chez nous,
des dévots à côté des incrédules. Les Grecs les
plus dévots, vers le III® siècle avant notre ère,
date du texte que vous allez lire, se réclamaient
des enseignements du poète mythique Orphée ;
peut-être ces vers faisaient-ils partie d'un des
poèmes apocryphes qu'on lui attribuait :

1 Eup^yo-etç 'AiBao Soficov êir' àpLarepa Kprjvrjv,

2 Trap' 8' avTj) XevKrjv êarrjKVtav KVirapLaaov.

S Tavrrj(; Tr)<; Kpr}vr)<; fjLTj av (7')(ehov i/jUTréXa-

4 'Eivpr)a€ù<; B' irepav, Trj<^ M.vrjfjLoa-vvrj<; àiro

127
128 QUELQUES VERS ORPHIQUES
5 i^vp^poz/ vBœp irpopeov <j)vXaKe<; 8' èirLirpodOev

eaaiv,
6 EtVetz/* 77;? TTatç elyn Kai ovpavov àarepoevTo^,
7 avrap ifiot ^ez/oç ovpavLov roBe B' lare Kac
avToo,
8 Atyjry B' elfic avr) Kat àiroWv/JLaL, 'AXXa Bot'

9 '^vxpov vBcop irpopeov Tr)<; M.vr}fjLO(TVvr}<; àiro

10 K.avTot aoL BœcTOVG-i inecv Oeir)^ àiro Xt/AZ/?;?,

11 icai tôt' eTreiT' aKkoiari fieÔ' ypcùecracv àva^eL<i}

1. Evpr)(T€tgf 2ème p. de l'indic. futur d' evpia-Koj, je


trouve. 'ETTt àpiarepa bofioiv 'Aiàao, à la gauche du palais
de Hadès (le dieu des Enfers). 'A^icrrepa est un pluriel
neutre, les gauches.La main gauche s'appelle àpicrrepa, t]

la meilleure, par euphémisme, comme les Grecs appellent


la Mer Noire le Pont Euxin, c'est-à-dire la mer hospi-
talière {iTovTos €v$eivos, do €v, hicTi et ^evos, étranger), ou
les terribles de la vengeance les Euménides
divinités
{evfxcvrjs, bienveillant, de ev et de fxevos, esprit). AofjLcùv

est au gén. pluriel, alors qu'il s'agit d'un seul palais ; cet
emploi du pluriel pour le singulier est très fréquent en
poésie. Aidao est un génitif dorien pour 'Ai8ov.
' Kprjvrjv,

^ Dieterich, Nehyia, p. 86.


LE VOYAGE D'OUTRE TOMBE 129
ace. sing. de Kprjvrj, où Hippocrène, de 'nmosy
source (d'
cheval et Kprjvij, la source que
cheval Pégase avait fait
le
jaillir d'un coup de sabot sur le mont Hélicon en Béotie).
2. n.ap(a) de avTrj, et près d'elle. KvTrapicraov XevKrjv, un
cyprès blanc. Aev/cos, par exemple,
blanc, se retrouve,
dans le mot médical leucémie, maladie caractérisée par un
sang trop blanc (de XevKos et de alixa, sang). 'Ea-TrjKviav,
accus, fém, de ia-TTjKcos, participe parfait actif de Io-ttjhi,
que j'ai traduit par mis debout ici, debout ou dressé.
;

3. TavTTjs TTjs Kprjvrjs, de cette source. Mrj, signifiant


défense. 2v, toi. S;)(;e8oï/, près ou auprès. 'EixneXaaeias,
2ème pers. sing. de l'optatif aoriste actif de c/xTreXa^co,

approcher {iv et TreXa^w, même sens, de TreXas, proche).

4. Ei/pr^o-ety, tu trouveras. A' pour ôe. 'Erepaz/, aco^


fém. de irepos, autre : une autre (sous- entendu source).
'Atto TTjs Xifivrjs Mvr)[xo(rvvr]s, du lac de Mémoire, c'est-à-dire
sortant de ce lac. Mnémosyne, la mère des Muses, doit
sonnom à celui de la mémoire, faculté mère des autres,
comme vous le savez.
5. 'Yècap yp-vxpov irpopeov, dépendant de evpTja-eis
accusatif :

de Veau froide coulant. 'Ydcùp,eau (d' où


génitif vdaros,
hydrophobie, de vdcop et de (fioôoç, crainte "la crainte de :

l'eau "). "^vxpov, froid. Tlpopeov, part, présent neutre de


Trpopecù, de TTpo, en avant et de pea, coider. ^vXaKeç,
pluriel de (f)v\a^, gardien. A' pour ôe. 'Eninpoo-ôev,
adverbe formé de eVi préposition et de npocrdev, devant.
'Eaaiv, forme poétique de eîaiv, Sème p. plur. de et/xt,
je suis.

Reinach. — Eulalie. 9
130 LE LAC DE MEMOIRE
6. EÎneiu, inf . aor. 2 de Xeyco, je dis ; cet infinitif est
employé dans le sens de l'impératif, comme en français :

*' faire silence !" Et/xt Trais yr]s, je suis un enfant de la


terre. liais, gén. iraiàoç, enfant, tantôt masculin, tantôt
féminin où pédagogue, de nais et de àycayos, guide).
(d'

r?7, la terre (d'où géologie, de yr] et de Xoyos " science de


la terre "). Kat, et. Ovpavov, gén. de ovpavos, le ciel
(d' où ouranographie, de ovpavos et de ypa(pT}, description ' '

du ciel "). 'Ao-repoevTosj gén. de àarepoeis, constellé d'astres,


étoile.

7. Avrap, mais ; ici dans le sens de or, ainsi. 'E/xot,

à moi. Tevos, la race. Ovpaviov, neutre d' ovpavios, céleste.


Le mort veut dire qu'il est fils de la terre et du ciel, comme
tous les hommes suivant la croyance orphique. Toôe^ cela.
A' pour he. 'Icrre, 2ème pers. plur. de l'impératif d' larrfpi,

je sais :
" sachez !
" Kat aùrot, aussi vous-mêmes (l'âme
s'adresse aux gardiens).
8. Aiyj/rj, datif de èiyp-a, soif. Ei/it, je suis. Air}, féminin
ionien de avos, desséché. C'est l'âme ('^vxv) qui parle
d'elle-même au féminin. Kai à7roXkvp,ai, et je meurs.
^ATToXkvfiat de àiTo et oXXv/^at, 1ère p. de l'ind. prés,
moyen de àTroXXvfxi, je Tneurs. 'AXXa, mais. Aore, 2ème
pers. de l'imp. aoriste actif de ôiôco/xt, je donne. Alyp-a, vite.

9. "^vxpov vboap Trpopeov àiro ttjs Xip,vr}S Mprjfioavvrjs, Veau


froide qui coule du lac de Mémoire. Vous avez déjà vu
tous ces mots.
10. KavToi, pour Kai avroi, et eux (les gardiens). Soi, à
toi. Aaaovai, Sème pers. plur. du futur de èiBcùfiiy je
LA BEATITUDE ÉTERNELLE 131
donne. Ilieii/, hoire, inf . aor. de ttlvu}, je bois. ''Ano XifMvrjs

ôeirjs, du lac divin ; êecoç, divin, de ôeos, dieu (d' où


théologie).

11. Kat TOT€ inçLTa, et alors ensuite. Mè^' pour ^içra (le
T se change en 6 devant l'esprit rude), avec. 'AXXoto-t
T}pû)e(r(riv, formes poétiques pour oXXols rjpaxri, datif
pluriel, les autres héros. 'Az/a|fis-, 2ème pers. du futur
de âvacro-û), je règne, de dm|, roi (d' où le nom du fils
d'Hector et d'Andromaque, Astyanax, de àa-rv, cité et
àva^ "le roi de la cité ").
:

Traduction " Tu trouveras à la gauche des


:

demeures de Hadès une source et auprès d*'elle un


blanc cyprès. Ne t'approche pas de cette source.
Tu en trouveras une autre, une source d'eau
froide coulant du lac de Mémoire ; devant elle
sont des gardiens. Tu diras ' Je suis enfant :

de la terre et du ciel étoile mon origine est bien ;

céleste sachez-le vous-mêmes.


; Je suis desséchée
de soif et je meurs. Mais donnez-moi vite de
Teau froide qui coule du lac de Mémoire.' Et
eux te donneront à boire Teau du lac sacré et
alors tu régneras avec les autres héros.""
Il ces vers quelque chose de grave et de
y dans
religieux qui est bien approprié au sujet ; les
mots sont simples et l'effet en est puissant.
132 LE VERBE AIAIÎMI
Conjuguons èoSœ/jLL

VOIX ACTIVE.
AtSûj/it, "je donne."

Indicatif Présent.

AcBcû/jLt Je donne
8iB(û<i Tu donnes
8i,Bœ(7t(v) Il donne
SiSofiev Nous donnons
ècSore Vous donnez
BLBoaai(v) ou ScBovcrc Ils donnent

Impératif Présent.
SlSov Donne !

BùBoTCù Qu'il donne !

BiBore Donnez !

BiBovTœv Qu'ils donnent !

Subjonctif Présent

BcBcû Que je donne


8iSû)ç Que tu donnes
BtBo) Qu'il donne
BùBcû/iev Que nous donnions
SiBcûTe Que vous donniez
BvBa)(ri(v) Qu'ils donnent
LE VERBE AIAIÎMI 133
Optatif Présent.

Que j'eusse donné


Que tu eusses donné
Qu**!! eût donné
Que nous eussions donné
8ùSoLT€ Que vous eussiezdonné
Bcèocev Qu'ils eussent donné

Infinitif Présent.

SùBovac Donner.

Participe Présent.

Masc, SlBovç, BiSovTo<^ Donnant


Fém. SùSovcra, StBovorrj^ 55
Neut. Bihov, 8ùSovTo<; 55

Imparfait.

iSiBovv Je donnais
Tu donnais
iSùBov Il donnait
èSùèofMev Nous donnions
i8cBoT€ Vous donniez
èBcBoaav Ils donnaient
134 LE VERBE AIAIÎMI
Indicatif Aoriste.

iBcoKa Je donnai
€ècù/ca<; Tu donnas
èBcûKe Ildonna
èhofiev ou iBcùKa/Jiev Nous donnâme,
èBore ou èScofcare Vous donnâtes
èBoaav ou èBcoKav Ils donnèrent

Impératif Aoriste.

8oç Donne !

BoT(ù Qu'il donne !

8oT€ Donnez !

BoVTCùV Qu'ils donnent t

Subjonctif Aoriste.

B(ù Que je donne.


Se conjugue comme Bihoa.

Optatif Aoriste.

Boir^v Que j'eusse donné.

Se conjugue comme StSocrjv.

Infinitif Aoriste.

hovvai donner ou avoir donné.


LE VERBE AIAOMI 135
Participe Aoriste.
Masc. Sovç, SovTo^ Ayant donné
Fém. SovŒa, Bovarjf; „
Neut. Bov, Bovrof; „

Le reste se conjugue comme \vcû.

Indicatif Futur.
ècùacû Je donnerai.

Optatif Futur.
Bcùcroù/jLù Que je dusse donner.

Infinitif Futur.
BmaeLv Devoir donner.

Participe Futur.
ècûcrcùVi Bcùcrovcra, Bcùcrov Devant donner.

Indicatif Parfait.
BeBcùKa J'ai donné.

Infinitif Parfait.
BeB(ûK6vaL Avoir donné.
136 LE VERBE AIAOMAI
Participe Parfait.
SeScûKCûç, BeBcùKvia, BeBcoKo^; Ayant donné.
Plus- auE-PARF AIT.
iSeBcûKetv ou iBeBcûKr) J'avais donné.

* *
VOIX PASSIVE,
AiSofiaù, "je suis donné.""

Indicatif Présent.
BtBo/jbao Je suis donné
BùBocrai, Tu es donné
BùSoTat, 11 est donné
BiBofjbeOa Nous sommes donnés
BiBo(T6e Vous êtes donnés
BiBovrat Ils sont donnés

Impératif Présent.
BiBoao ou BlBov Sois donné !

BùBoadcû Qu'il soit donné !

BiBocrde Soyez donnés !

BlBo(jO(ùv Qu'ils soient donnés !

Subjonctif Présent.
BùBcofiat Que je sois donné
BùBœ Que tu sois donné
BiBù>Tai> Qu'il soit donné
LE VERBE AIAOMAI 137
Que nous soyons donnés
ètèœaôe Que vous soyez donnés
Qu"'ils soient donnés

Optatif Présent.
8cSocfir]v Que je donnasse
8lSoùo Que tu donnasses
ScSoùTO Qu'il donnât
8oSot/jLe6a Que nous donnassions
SiBocaOe Que vous donnassiez
BùBoLvro Qu'ils donnassent

Infinitif Présent.
A
BiBoadai Etre donné.

Participe Présent.
Masc. BcBo/jbevo'^y BiBofjLevov Etant donné
Fém. BiBofjLEVT], BùBo/ievr]<; Etant donnée
Neuf. BùBofjLevov, BùBofievov Etant donné

Imparfait.
iBùSo/jbrjv J'étaisdonné
èBcSocro Tu étaisdonné
èScSoTO Il était donné
iSiBofieda Nous étions donnés
iBiSoaOe Vous étiez donnés
iBiSovTO Ils étaient donnés
138 LE VERBE AIAOMAI
Le reste se conjugue régulièrement comme
XvojjiaL.
Indicatif Futur.
Bo07](To/jLai Je serai donné.

Optatif Futur.
8o67ja-oL/jLr}v Que je dusse être donné.

Infinitif Futur.
hoOriaeaOaL Devoir être donné.

Participe Futur.
Boôrjaojjuevof;, -rj, -ov Devant être donné.

Indicatif Aoriste.
iBoOrjv Je fus donné.

Impératif Aoriste.
BoôrjTù Sois donné.

Subjonctif Aoriste.
Bodcù Que je sois donné.

Optatif Aoriste.
èoOeorjv Que j^eusse été donné.

Infinitif Aoriste.
Bo9rjvaù Avoir été donné.
LE VERBE AIAOMAI AU MOYEN 139
Paeticipe Aoriste.
8o6€ù<;, hoOeiora, Sodev Ayant été donné.

Indicatif Parfait.
SeSofiac J'ai été donné.

*
Infinitif Parfait.
hehocrôai Avoir été donné.

Participe Parfait.
8eBofÀ€vo<;y -7], -ov Ayant été donné.

VOIX MOYENNE.
AùBo/jbaiy "je me donne."

Se conjugue comme le passif, excepté au futur


et à Taoriste.
Indicatif Futur.
Scùcrofiaù Je me donnerai.
Comme Xva-ofiai.

Optatif Futur.
ècûŒOù/jbrjv Que je me donnasse.
Comme XvaoLjjuqv.
140 LE VERBE AIAOMAI AU MOYEN
Infinitif Fui'ur.

hœaea-Qai Devoir se donner.

Participe Futur.

Bû)(TOfjb€vo<;j -rj, 'Ov Devant se donner.

Indicatif Aoriste.

eBo/JLTJV Je me donnai
iBov Tu te donnas
èSoTo donna
Il se
iSojjieOa Nous nous donnâmes
èèocrÔe Vous vous donnâtes
èBovTo Ils se donnèrent
Se conjugue comme Fimparfait, sauf èBov (et non
iSoao).
Impératif Aoriste.
Sov Donne-toi
SoaOay Qu'il se donne
Socrde Donnez-vous
8oa6œv Qu'ils se donnent

Subjonctif Aoriste.

hcùfiau Que je me donne.


Se conjugue comme BiBœfjLaù.
LE VERBE AEIKNTMI 141
Optatif Aoriste.
hoifiTjv Que je me donnasse.
Se conjugue comme ècSocjjbrjv.

Infinitif Aoriste.
èoaûat S'être donné.

Participe Aoriste.
èofievo^i, -7), ov S'étant donné.

*
* *

Le verbe SeiKvvfjn,"je montre," offre des


difficultés particulières, parce que sa conjugaison
comprend les restes de celle de trois verbes, SecKvv/jLc,
Setfcvvcû et èecKco, dont les deux premiers sont seuls
usités.
VOIX ACTIVE.
AetKvvfjLL, "je montre."
Indicatif Présent.
èetKvvfjLt Je montre
S€CKvv<; Tu montres
heLKvvai{y) Il montre
8etKvvfjb€v Nous montrons
heLKvvre Vous montrez
heLKvvaai{v) Us montrent
142 LE VERBE AEIKNTMI
Impératif Présent.
SeoKvv Montre !

BeLKvvTcù Qu'il montre !

Seo/cvvTe Montrez !

BetKvvvTcùv Qu'ils montrent !

Subjonctif Présent.
BeoKvucû Que je montre.
Se conjugue comme le subjonctif de Xvœ,

Optatif Présent.
SeùKvvoL/jLù Que je montrasse.

Se conjugue comme Foptatif de \vco.

Infinitif Présent.
èetKVVvac Montrer.

Participe Présent.
Masc. BeùKw;, B6CKvvvTo<i Montrant
JFém. BecKvvG-a, SetKvv(Trj<; „
Neut. SeùKvvv, BeiKvvvro^ „

Imparfait.
iBecKvvv Je montrais
iBeùKvv; Tu montrais
èBeùKvv II montrait
LE VERBE AEIKNTMI 143
iSetfcvvfiev Nous montrions
iSetKwre Vous montriez
èSeL/cwaav Ils montraient
Le reste est régulier.

Indicatif Futur.
SeL^o) Je montrerai.

Optatif Futur.
èeL^oifjLc Que je dusse montrer.
Infinitif Futur.
BeL^ecv Devoir montrer.

Participe Futur.
Sei^œVi Beù^ovŒa, Sec^ov Devant montrer
Indicatif Aoriste.
èSec^a Je montrai.

Impératif Aoriste.
Sec^ov Montre !

Subjonctif Aoriste.
Bec^cù Que je montre.

Optatif Aoriste.
Beù^aùfjLù Que j'eusse montré.
144 LE VERBE AEIKNTMAI
Infinitif Aoriste.
Bet^ac Avoir montré.

Participe Aoriste.
Beù^a'i, Bei^aa-a, BeiÇav Ayant montré.

Indicatif Parfait.
Behei^O' J'ai montré.

Infinitif Parfait.
BeBevxevao Avoir montré.

Participe Parfait.
8eS€i%a)ç, SeBeixvia, Seêei%oç Ayant montré.
Plus-que-parfait.
èBeBecx^i'V ou èBeBecxv J'avais montré.

* *

VOIX PASSIVE,
AetKvv/jbaù, "je suis montré."

Indicatif Présent.
BecKW/juat Je suis montré
BecKvva-ao Tu es montré
BeiKvvraL II est montré
LE VERBE AEIKNTMAI 145
SetKvvfjbeOa Nous sommes montrés
heiKvvade Vous êtes montrés
BecKvvvTai Ils sont montrés

Impératif Présent.
BeiKvvcro Sois montré !

BeiKvvadcû Qu'il soit montré !

BeùKvvcrde Soyez montrés !

BeLKvvadœv Qu'ils soient montrés !

Subjonctif Présent.

BecKinjcùfjLat Que je sois montré.


Se conjugue comme Xvcùfiat.

Optatif Présent.
èet/cvvoùfjLTjv Que j'eusse été montré.

Se conjugue comme \voLfjL7]v,

Infinitif Présent.
A
o€LKvva6ai Etre montré.

Participe Présent.

heiKwiievo^, -tj, -ov Etant montré.


Reinach. — Eulalie. 10
146 LE VERBE AEIKNTMAI
Imparfait.
èheLKvvfJirjv J'hélaismontré
èSecKvvao Tu étais montré
èèeùKvvTo II était montré
èSecKvvfjLeOa Nous étions montrés
èèeLKvvaôe Vous étiez montrés
èheLKvvvTo Ils étaient montrés
Le reste est régulier.

Indicatif Futur.
^ei-xPriG-ofiai Je serai montré.

Optatif Futur.
BeùxOrjcrotfjLTjv Que je dusse être montré.

Infinitif Futur.
Betx0rjŒ6cr6aL Devoir être montré.

Participe Futur.
hei)(Ôr}croiJievo<;, -tj, -ov Devant être montré.

Indicatif Aoriste.
iSetx^V^ J^ f^s montré.

Impératif Aoriste.
Beix'^V'^^ Sois montré.
LE VERBE AEIKNTMAI 147
Subjonctif Aoriste.

Becx^^ Q^^ J6 sois montré.

Optatif Aoriste.
hecxOetriv Que je fusse montré.

Infinitif Aoriste.

Becx^V^^ciL Avoir été montré.

Participe Aoriste.
heL^Oet^i BeLxOetcra, Beu^Oev Ayant été montré.

Indicatif Parfait.

BeBetryfiaù J'ai été montré.

Infinitif Parfait.

8eSet%^at Avoir été montré.

Participe Parfait.
BeSeiy/juevo^, -rj, -ov Ayant été montré;

Plus-que-parfait.
iBeBeiy/jLTjv J'avais été montré.
148 LE VERBE AEIKNTMAI AU MOYEN
VOIX MOYENNE.
AeiKvvfjLaù "je me montre."

Se conjugue comme le passif, à Texception du


futur et de Taoriste.

Indicatif Futur.
Bei^ofjuaù Je me montrerai.

Optatif Futur.
hei^oLjxr^v Que je dusse me montrer.
Infinitif Futur.
èeù^eadat, Devoir se montrer.

Participe Futur.
hei^ofievo^, -rj, -ov Devant se montrer.

Indicatif Aoriste.
êBeù^a/jLTjv Je me montrai.

Impératif Aoriste.
BeL^aù Montre-toi.

Subjonctif Aoriste.
èeL^œ/xat Que je me montre.
LE VERBE EIMI 149
Optatif Aoriste.

B€i^acfjLr}v Que je me fusse montré.

Infinitif Aoriste.

hei^aaOai S'être montré.

Participe Aoriste.

ZaÇafievo^, -r), -ov S'étant montré.

* *

Avant de prendre congé des verbes, il faut que


je vous éclaire encore sur la conjugaison de trois
verbes très employés, quoique à un petit nombre
de temps, qui signifient "être," "marcher" et
u savoir."
EtyLfct, "je suis."

Indicatif Présent.

Je suis
et, Tu es
è<7TL{v) Il est
ia-fjLev Nous sommes
ecrre Vous êtes
€la-ù(v) Ils sont
150 LE VERBE EIMI
Impératif Présent.

ÎctOl Sois !

èarw Qu'il soit !

icTTe Soyez !

èaT(ùv ou OVTCÙV Qu'ils soient

Subjonctif Présent.
»
A) Que je sois
Que tu sois
V Qu'il soit
o)fjLev Que nous soyons
r/T6 Que vous soyez
ù)crL(v) Qu'ils soient

Optatif Présent.

elrjv Que je fusse


Que tu fusses
eirf Qu'il fût
el/jbev Que nous fussions
elre Que vous fussiez
elev Qu'ils fussent

Infinitif Présent.

eivat Etre
LE VERBE EIMI 151
Participe Présent.

Masc, o)v, 6vT0<; (dat. plur. ovcnv) Etant


Fém. ovaa, ov(r7]<^ „
Neut. 6v, ovTo<; (dat. plur. ovcnv) „

Imparfait

rjv ou rj J'étais
rjaOa Tu étais
r)v II était
Tjfiev Nous étions
rjT€ Vous étiez
rjcrav Ils étaient

Indicatif Futur.

ècrojjbai Je serai
iaei ou iarj Tu seras
ècTTai II sera
iaofieOa Nous serons
èaeo-Oe Vous serez
èaovraL Ils seront

Optatif Futur.

€(T0Lfi7}v Que je fusse


iaoïo Que tu fusses
écocTo Qu''il fût
152 LE VERBE EPXOMAI
ècroLfieOa Que nous fussions
èo-oiaOe Que vous fussiez
èa-oLVTO Qu'ils fussent

Infinitif Futur.
icrea6aù Devoir être.

Participe Futur.
è(Toiievo<;, -rj, -ov Devant être.

*
* *

Le verbe aller est très irrégulier en français


parce que ses diverses formes dérivent de deux
verbes latins différents, amhulare (d'où aller) et
vadere (je vais). En grec, le verbe qui signifie
""
*'
aller emprunte des formes à ip^o/nac^ verbe à
forme moyenne, à el/jLi, (distinct de el/jbt, "je suis"
et autrement accentué) et à un verbe tout à fait
inusité, iXvdco,

Indicatif Présent.
ipxofiaù Je vais
è/3%et Tu vas
èpx'^Tai II va
êpXOfieOa Nous allons
ipXecrOe Vous allez
èp'XpvTau Us vont
LE VERBE EPXOMAI 153
Impératif Présent.
Wt ou èp'xpv Va !

Itù) Qu'il aille !

ire ou ep'x^eaôe Allez !

lovTwv ou èpxovTCùv Qu'ils aillent !

Subjonctif Présent.

l(ù ou ipYfo/jLac Que j'aille


»
Que tu ailles
h Qu'il aille
Icûfiev Que nous allions
ll]T6 Que vous alliez
IcûCTLV Qu'ils aillent

^^pX^ofMai se conjugue comme Xvcofiat.

Optatif Présent.

locrjv ou loLfjLL ou ip^ocfirjv Que j'allasse


tofcç Que tu allasses
lot Qu'il allât
loùfjbev Que nous allassions
loiT€ Que vous allassiez
loùev Qu'ils allassent

Infinitif Présent.

levai Aller.
154 LE VERBE EPXOMAI
Participe Présent.
Masc. Icûv, lovTo^ Allant
Fém. lovaa, lov(77]<i „
Neut. lov, lovTo^ 5,

Imparfait.
ou '^px^/^V^
rja, rjetv J'allais
rjecada ou T/etç Tu allais
yeù Ole rjeuv II allait
jjljiev Nous allions
r)Te Vous alliez
yaav Ils allaient

Indicatif Futur.
elfii OU èKevcTOfiat J''irai

et Tu iras
eî(Ti{v) Il ira
Ifxev Nous irons
It€ Vous irez
laai(v) Ils iront
Ces formes se trouvent surtout dans les composés
comme aTret/^t, partir (voir p. 67). 'EXevcro/i-afc,
iXevcrrj, etc., se conjugue comme \v(TOfiai.

Infinitif Futur.
levât Devoir aller.
LE VERBE EPXOMAI 155
Participe Futur.
Icùv, lovera, lov Devant aller.

Le reste se conjugue régulièrment ; les formes


de Taoriste sont très employées.

Indicatif Aoriste.
rfkOov J'allai.

Impératif Aoriste.
eXOe Va !

Subjonctif Aoriste.
è\6(ù Que j'aille.

Optatif Aoriste.
èXdoi/juù Que j'allasse

Infinitif Aoriste.
eXOeiv Aller.

Participe Aoriste.
iXOœv, i\6ov(Ta, iXdov, Étant allé.

Indicatif Parfait.
iXrj\v6a Je suis allé.
156 LE VERBE 01 A A
Infinitif Parfait.
eKriXvOevau Etre allé.

Participe Parfait.
iX'r)\vOœ<?, eKrfKv6vLa, iXrj'Xvdo'^ Etant allé.

Plus-que-parfait.
ekrfKv6eLv ou ekrfkuOri J'étais allé.

Le verbe olha "je sais " emprunte des formes à


l'inusité larjfjLL.

Indicatif Présent.
olSa Je sais
olaOa Tu sais
olhe{v) Il sait
lajjbev Nous savons
lare Vous savez
laacnÇv) Ils savent

Impératif Présent.
tcr6o Sache !

IdTCÙ Qu'il,sache !

î(TTe Sachez !

larrcùv Qu'ils sachent !


LE VERBE OIAA 157
Subjonctif Présent.

etSft) Que je sache.

Se conjugue comme le subjonctif de \vco.

Optatif Présent.
elSecrjv Que je susse
elBecy^i Que tu susses
eiheiTj Qu'il sût
eihetfiev Que nous sussions
elèetre Que vous sussiez
eiheiev Qu'ils sussent

Infinitif Présent.

elSevat Savoir.

Participe Présent.
€t8û)ç, elèvùtti etSoç Sachant.

Imparfait.
t^Bt) ou yBeiv Je savais
rjhrjcrda Tu savais
yheL{v) Il savait
ou yèet/xev
rjcrfiev Nous savions
ycrre ou ySeire Vous saviez
ya-av ou rjhecrav Ils savaient
158 LE VERBE OIAA
Indicatif Futur.
elcToixaL Je saurai.
Se conjugue comme \vcro/j,at.

Optatif Futue.
elaoLixTjv Que je dusse savoir.

Se conjugue comme XvaoùfJUTjv,

Infinitif Futur.
elaecrôaL Devoir savoir.

Participe Futur.
el(TO^evo<;, -rj, -ov Devant savoir
*
* *

Patiente Eulalie, je vous écrirai encore deux


lettres, pour vous donner quelques règles très
élémentaires, appuyées d'exemples, sur la construc-
tion des phrases grecques et Tusage des préposi-
tions et particules. Mais je veux insister, une
fois de plus, sur TefFort de mémoire que je vous
demande il faut savoir " sur le bout du doigt "
:

lesconjugaisons. Si vous lisez du grec, au bout


de quelques mois, vous serez peut-être un peu
moins capable de réciter sans faute les verbes ;
mais vous reconnaîtrez les formes verbales en les
UN PEU DE COURAGE ! 159
rencontrant. heureux sera
C'est Fessentiel, Feffet
obtenu et sera durableon n'y arrive qu'au
; or,
prix de Pacte de courage que j'attends de votre
bonne volonté.
FiV(f)paLvov (impératif d' evippaLvo/juah je suis
conteîit .
" sois heureuse ! ").

S.R.
OISZIEME LETTRE.

Ma chère Eulalie,
Voici quelques mots que Socrate dit au
bel Alcibiade dans le dialogue de Platon intitulé
le Banquet :

EtTrep oXtjÔt] rvyx^avec ovra à Xeyetf; Trept ifjbov


Kai Ttç eGT iv èiioL èwa/jucf; 8l' rj'? àv av yevoùo
àfietvcûv, à/jL7)^avov roc KaWo<; opwiyç àv iv i/JLOt
fcao TTj^i TTapa aoo ev/nopcpca^ 7ra/JL7ro\v hLa<^epov?-

Je vais vous expliquer en détail cette phrase,


qui vous révélera deux règles importantes de la
syntaxe grecque.
Eiîrep, la conjonction et renforcée par irep : si vrai-
ment. 'AXtjÔtjj pluriel neutre de âkrjôrjs, vrai (contraction
pour akrjôea). Tv-y^aveiy Sème p. sing. de l'ind. présent
de Tvyxavû), je me trouve. C'est un mot très usité en
grec, qui implique l'idée d'une rencontre, d'un hasard.
A l'aoriste 2 irvxov appartient le participe tvx(>>v ; 6 tvxo>v
signifie le premier venu ; ol Tvxovresi le vulgaire ; àv ovrœ

^ Platon, Banquet, p. 218.

160
ACCORD DU PLURIEL NEUTRE 161
Tvxj}) si ainsi il se trouve, c'est-à-dire : le cas échéant,
*OvTa, plur. neutre de àv, étant. 'A, pluriel neutre de ôs :

les choses que. Aeyeis, tu dis. Yiepi èfiov, sur moi.

Mais, me demanderez-vous, pourquoi Tv^yavei


est-ilau singulier quand le sujet a Xe^etç est au
pluriel? Cest par Tapplication d*'mie règle qui,
dans les vieilles grammaires, s"'appelle dMn nom
amusant ra fcoa rpe^et, les animaux courent.
:

Avec un sujet neutre au pluriel, le verbe grec se


met d'ordinaire au singulier. Vous voilà avertie.
Je continue l'analyse.
Kat rts earÇi) iv ifioi dvvafiiSf en moi
et [si] certaine est

force. AvvafiLç, force (d' où dynamomètre, de dwafxis et de


lx€Tpov). Al' Tjs pour èia rjs, par laquelle. 'Av av yevoio, tu
deviendrais ou tu pourrais devenir, Fevoio, 2ème personne
de l'optatif aoriste 2 yevoLfxrjv, de yiyvoixai, aoriste 2
eyevofjLrfv. 'Av est un petit mot intraduisible qui répond à
peu près à la locution le cas échéant et qui exprime la
nuance du conditionnel, alors que le verbe grec ignore ce
mode. Je voudrais se dit en grec ^ovkoiixqv àv au lieu ;

de l'optatif^ on emploie aussi l'imparfait i^ouKofirjv àv, :

avec une nuance un peu différente (quand la condition


paraît irréalisable). Mais laissons ces finesses pour
revenir à notre texte.'AfxeLvoyv, comparatif de àyaôos,

bon. neutre de àfxrjxavos, de à négatif ou pri-


*Afir]xavov,
vatif (comme dans amnésie) et de firjxavr}^ moyen (d'où
mécanique, qu'il faudrait écrire méchanique ; l'anglais écrit

Reinagh. — Eulalie. *1
162 SOCRATE ET ALCIBIADE
viechanics). 'Afxrjxavov signifie impossible, extraordinaire.
Toi, certes. KaXXos, beauté, à distinguer de koXos, beau,
par le double X (une célèbre statue d'Aphrodite à Naples
est dite callipyge, de koXXos, beauté, et de irvyrj, hanche).
'Opoir]s àv, tu verrais le cas échéant. 'Oparjs, contraction de
6paoiT]s^ est une forme secondaire de l'optatif présent de
ôpaùi, voir ; je vous en ai avertie en parlant des verbes
contractes (p. 93). 'Ev ep-oi, en moi. Kat, et. Trjs

evpopcfiiasnapa croi, de la beauté en toi. 'Evp.opcpia vient de


eu, bien et de p,op(^r}, formée (d' où. morphologie^ science ' '

des formes "). IlapTroKv, composé de nav et de rroXv,


neutres de nas et de ttoXvs tout à fait beaucoup.
:

ALa(pepou, participe présent neutre du verbe èia^epco qui


signifie différer: "différent." Les Romains ont traduit
littéralement dia(p€p(û, mot philosophique dont l'équiva-
lent manquait à leur rude langage, par differo, d' où le
français différer, qui paraît ainsi calqué sur le grec.

Traduction " Si les choses que tu dis à mon


:

sujet se trouvent être vraies et qu'il y ait (vrai-


ment) en moi une certaine puissance grâce à
laquelle tu puisses devenir meilleur, tu recon-
naîtrais ainsi en moi une beauté extraordinaire
et tout à fait différente de la beauté (physique)
qui est en toi."*"*
Vous comprenez la pensée de Socrate. Alcibiade
lui a dit qu'^auprès de lui il se sentait devenir
meilleur. Socrate s''en réjouit si vraiment il a le
:
UNE PERIODE DE DÉMOSTHÈNE 163
don d'embellir les âmes, c'est y a en lui, qui
qu'il
est physiquement très laid et une beauté
le sait,
rayonnante d'une essence supérieure à celle qu'on
admirait dans Alcibiade, le plus beau des Grecs.
C'est presque une impertinence de dire que
Platon a beaucoup d'esprit et qu'il écrit très bien ;
je le dis pourtant, car on ne s'en rend pas compte
sans effort. Il faut savoir beaucoup de grec pour
l'entendre et plus encore pour le goûter. Platon
mérite qu'on apprenne du grec pour lire un peu
dans l'original le Banquet^ le Phèdre et le Phédon.
*
* *

Puisque je vous ai citéun bel exemple de prose


nuancée, j'en ajoute un de prose éloquente, qui
faisait déjà l'admiration des anciens.

Ovic èanv, ovk icrrùv ott*»? rjfjLapreTe, àvSpe<;


^A.67]vaiOiy Tov virep rr)^ àiravrcûv ekevôepta^ kœl
(7(ùT7]pLa<^ KLvhvvov àpa/iievoù, fia tov<^ M.apa6cùVù
TrpoKùvBvvevcravTa^ rwv irpo<yov(ùv Kai rov^ èv
IlXaratatç Trapara^a/jLevovç, kœl tov^ èv Xa\a/iLVù
vaviJba')(7]aavTa^, Kai rov^ èir' ^Apre/jLtcrta), kœl
7roXkov<; erepov; tov^ èv tolç èrj/juGo-coc^ fivrj/jLaaù
K€C/jLevov<; à^aOov^ àvhpa^y ouç aTravra^ 6/jloù(û<; r)

^ Démosthène, Discours pour la Couronne § 206.


164 LES MORTS DE MARATHON
OvK €<TTip oTTcos, U u'cd pas commeut, c'est-a-dire il n'y a
pas moyen^ il est impossible que. 'H/xaprere, 2ème
. . .

p. plur. de rjfjLapTov, aor. 2 de âfxapravwy " je me trompe.'


Avdpes ^AÔTjvaioi, citoyens athéniens. Toi» Kivbvvov, accusa-
tif, le péril. 'Ynep rrjç eXevôepias âiravrcav, pour la liberté
de tous ; aTraç est synonyme de nas. 'Apajuei/ot, participe
aor. moyen de atpco, futur àpovfiai, aor. rjpafirjv, signifiant
(au moyen) entreprendre ou affronter le sens propre du ;

verbe est lever ou porter. Ma est une interjection qui


équivaut à au nom de ; p.a rov Aia signifie par Zeus !
(Zevs, gén. Aios.) Tovs toov TTpoyovcùv, ceux des ancêtres,
c'est-à-dire de nos ancêtres quand il n'y a pas d'équivoque
;

possible, le grec omet généralement le possessif. Hpoyovos^


littéralement né-avant. UpoKivdvvevcravTasj ace. plur. de
npoKivdvvevo-as, part. aor. de TrpoKivdvvevcOf je m'expose au
danger avant les autres ou pour les autres. Mapaôcùvi, à la
bataille de Marathon (490 av. J.C.). Kai tovs rrapara^a-
jievovs kv UKaTaiaLs, et ceux s'étant rangés en bataille à
Platée (479 av. J. C). napaTao-a-cù, ranger en bataille^
au moyen Traparao-o-ofiai, aoriste irapçTa^afirjv, part. aor.
7rapaTa^ap.€vos.Kai tovs vavfiaxrjcravTas '2a\ap,Lvi, et ceux
ayantcombattu-sur-les-vaisseauxàSalamine('iSOav. J. C).
NavfjLaxrjcras, part. aor. de vavjxaxai pour vavpaxecù^ je
combats sur mer, de vavs, navire et de pictxVj combat. Kat
TOVS iv ^Apreptaiœ, sous-entendu vavfiaxrjo-avTas : et ceux
qui ont combattu sur mer au promontoire d'Artemision
(480 av. J. C). Kai ttoXKovs irepavs àyaôovs àvèpas, et
beaucoup d'autres braves gens. ^Ayaôos signifie bon et
AU LENDEMAIN DE CHÉRONÉE 165
brave, comme koXos signifie beau et bon. Tovs kcc^ievovs €v
Tois fxvTjjjiaa-L drjfxocnois, ceux qui reposent dans les monu-
ments-funéraires élevés-aux-fraîs-du-peuple. Ket/iai, verbe
à forme moyenne seulement, je suis couché ; part, présent
Kecfievoç, gisant. Ovs ànavras, accusatif, lesquels tous.
'O/xoicùs, semblablement, de ôfxotos (cf homéopathie). En
substituant as à on forme un adverbe d'un adjectif.
os,

H ttoXls iôa^ev, la cité (d'Athènes) a enseveli. 'Eêayj/ev,


Sème pers. de l'aor. eôa^a, de SanTco, j'ensevelis, verbe
apparenté à Ta(f)os, tombe (d'où cénotaphe, "tombe vide,"
de K€vos, vide et Tacjios tombe construite en l'honneur des
;

morts, mais ne contenant pas leurs restes). 'A^twcrao-a


Trjs avTTjs Tifirjs, (les) ayant-jugés-dignes du même honneur.
^A^iœaaa-a, fém. de à^icùaas, part. aor. de à^ia) pour à^iocù,
je juge digne (de à^ios, digne). Tifir}, honneur, estime.

Traduction " Non, citoyens Athéniens, non, il


:

n'est pas possible que vous ayez failli en affrontant


le danger pour la liberté et le salut de tous j'en ;

atteste ceux de vos ancêtres qui ont lutté pour


toute la Grèce à Marathon, et ceux qui se sont
rangés en bataille à Platée, et ceux qui ont com-
battu sur les vaisseaux à Salamine et à Artemision,
et tant d'autres braves ensevelis dans les monu-
ments publics, que la cité a tous jugés dignes du
même honneur."
Excitée par l'éloquence de Démosthène, Athènes
s'était décidée à engager la lutte contre Philippe
166 L'ARTICLE GREC
de Macédoine mais les Athéniens, alliés aux
;

Thébains, succombèrent à la bataille de Chéronée


(338). On rendit le grand orateur responsable de
ce désastre vous avez lu un fragment de sa défense.
:

Tant d'autres ont usé depuis de cette formule :

"je jure par ceux qui sont morts pour la patrie*"


qu'elle est devenue banale ; mais, dans la bouche
de Démosthène, ce fut une inspiration de génie.

Je passe à quelques observations complémen-


taires.

Article. —Le grec dit tantôt "ï^œKparrjç, tantôt


6 So}fcpaTr]<; ; l'usage de l'article est facultatif devant
les noms propres. Le grec, comparé au français,
a une tendance à se passer de ce mot.
L'adverbe peut être précédé de l'article comme
un substantif ou un adjectif: y àvco TroXtç, la en-
haut ville, la ville haute ; ra vvv, les choses mainte-
nant, les événements actuels.


Accusatif. Beaucoup de verbes se construisent
avec deux accusatifs ra avfKpepovra BiBacrKeLV
:

Tov^ iroktra^, enseigner leurs intérêts aux citoyens.


^vv-^6p€tv, littéralement com-porter.
L'accusatif peut exprimer la partie. Là où nous
REMARQUES SUR LES CAS 167
disons : aux pieds agiles^ Homère dit 7ro8a<;
Achille :

de ttouç, ttoSoç) w/cuç (rapide) ^A')(iX\€v<i.


(ace. plur.
Le grec emploie volontiers l'accusatif là où nous
attendrions le génitif, pour exprimer une relation.
Ainsi nous disons " Je souffre du cœur " alors
:

que le grec dit "je souffre le cœur/"' iracryw ry)v


Kaphiav. Lorsque Ton rencontre des accusatifs
de ce genre, on les traduit littéralement par
" quant à .
"",.quitte à chercher une autre
.

tournure dans une traduction lisible.

Génitif. —
Le génitif est très employé en grec.
Un des emplois qui peuvent vous embarrasser est
celui du génitif absolu, par exemple :rovrwv
\6')(6evT(ùv àvearrjcrav, ces choses ayant été dites,
ils se levèrent. Cet emploi correspond à celui de
r ablatif absolu en latin. Il y en a quelques traces
en français cela posé, vous avez tort.
:

Infinitif. —
L'infinitif grec est très employé
comme substantif; alors il est toujours précédé
de Tarticle. Ainsi Vobéissance aux lois peut se
dire : Vobéir aux lois, ro tol^ vofjLOù<; ireiOecrôat
(moyen). Dans des phrases pareilles, où il y a deux
articles, le grec aime beaucoup les rapprocher.
L'infinitif s'emploie d'une manière absolue,
comme le génitif: oXtyov èetv., de peu manquer,
168 INFINITIF ET PARTICIPE
signifie peu s'en faut ou presque ; èfioL Bok€ùv, à moi
paraître, signifie à mon avis.
Vous remarquerez, en lisant du grec, que Finfi-
nitif, non précédé d'une préposition, est beaucoup
plus employé qu'en français. Là où nous disons,
par exemple " Il est juste que tu vives," le grec
:

dit :
" Il est juste vivre toi," èùKaoov èan ^tjv <t6.

de fao) ou ^cû,je vis, qui


7iT]v est rinfinitif présent
emprunte à un autre verbe son aoriste 2 e^ccûv et
son parfait ^e/SicoKa.


Participe. Le participe grec est aussi beau-
coup plus employé que le participe français. Là
où nous disons Montre que tu es généreux, le
:

grec dit Montre-toi étant généreux, Sec^ac (impér.


:

aoriste moyen de Secfcvvfic) fyevvaio^ œv.


Bien que ôrt, en grec, soit souvent l'équivalent
de '' que " {elirov on, Jai dit que), les tournures
paT rinfinitif et le participe, ainsi que l'emploi des
cas et désinences verbales, permettent d'éviter les
répétitions de " que " qui sont une des plaies de
notre langue.

Négations. — D'une manière générale, on nie


par ov et l'on défend par /x?; ovic elirov, "je n'ai
:

pas dit " etV^ç (toujours le subjonctif ou


; fir)

l'optatif), " ne dis pas." Mais ce n'est qu'une


PRÉPOSITIONS 169
règle très générale ; même les bons écrivains em-
ploient 117] où nous aurions lieu d"'at tendre où, et
parfois inversement.

Prépositions. —
Il y a beaucoup de prépositions
en grec, et nombre d'entre elles se construisent
avec plusieurs cas dans des sens différents ou
même presque opposés. L'usage seul peut ap-
prendre à s'y reconnaître. Mais il est bon, pour
chaque préposition grecque, de savoir un mot
français où elle entre en composition et qui en
indique du moins le sens général (car il y a des
quantités de sens accessoires).

àfi(f)ù, des deux côtés. Amphithéâtre.


àva, en montant. Anahase, titre de l'ouvrage où
Xénophon raconte la campagne des 10,000
Grecs, remontant de la Méditerranée vers la
Perse, (àva-fiacrùç, de ^aiv(o,je marche.)

àvTc, en face. Antithèse (àvTù, ôeac^).


aTTo, en s'éloignant. Apostasie {àiro, crracrtç).

hta, en partageant. Diamètre (èca, fjLerpov),

et 9 ou eç, dans. Isagogé, vieux mot signifiant


introduction^ pour de etç et de
eisagogé,
^70)709, guide (comme dans pédagogue).
170 PRÉPOSITIONS
eK ou eÇ, hors de. Éclipse, ifcXecyjnt;, de e/c et de
XetTTCû, dispai^ïtion (du soleil ou de la lune).

èî/j dans. Encéphale, ce qui est dans la cavité de


la tête, K6(j)a\7).

eVt, sur. Épiderme, ce qui est sur la peau, Sep/jua.

Kara, du haut de, contre. Catastrophe, Kara-


arpo(j)7j, de Kara et de arpecjycù, tourner.

liera, avec ou après. Métaphysique, ra fiera rà


<f>vaiKa " ce qui vient après la physique.'"*

irapa, auprès, à côté. Paradoxe, de irapa et de


8ofa, opinion, " ce qui est à côté de Topinion
reçue." Tlapa ne signifie jamais contre c"'est ;

pourtant ce qu"'ont cru ceux qui ont fabriqué,


au XVIII® siècle, le mot paratonnerre, que
Voltaire appelle aussi antitonneri'e. Mais, en
réalité, ils ont formé ce mot nouveau par
analogie avec parapet, paravent, parasol,
termes plus anciens, venus d'Italie, où para
n'est pas le grec irapa, mais l'italien parare
signifiant protéger. Le parapet est ce qui
protège la poitrine, en italien petto, d'où
parapetto. Il n'est pas vrai que paravent
soit le français " pare à vent," car on dirait
alors parauvent.
PREPOSITIONS 171
Trept, autour. Périphrase^ de irept et de <f)pacn^,
périphrase " tourne autour
'"
phrase. Une
du sujet.

TT/oo, devant. Pronaos, la partie antérieure d'un


temple (vao<;).

irpo^, vers. Prosélyte, irpoo-rfKvro^;, c'est-à-dire


*'
venu vers," du verbe iXv6co,
celui qui est
Je dans la conjugaison d'ip'y^ofjLao
viens, usité
(p. 152). Malgré Fétymologie, les Grecs
n'écrivaient pas irpoarfkvôo^; par un 6.

(Tvv ou ^vv, avec. Synthèse, avv9eaL<^, littérale-


ment " position c'est-à-dire réunion.
avec,''''

virep, au dessus. Hyperbole, virep^oXr}, de virep


et de paXkw, je lance (d'où ^oXt], jet).
L'hyperbole dépasse le but.

VTTo, sous. Hypothèse, virodecn^, littéralement


position au dessous ; notre mot supposit'ion en
est une traduction exacte, empruntée au
latin.

On ranger parmi les prépositions, ou


peut
nommer après elles, certains mots comme <wç, vers ;
677VÇ, près de ; fiera^v, entre ; /Ae%pt, jusqiCa ce
que ; ouvev, sans ttXtjv, excepté ; eveKa, en vue de ;
;
172 ADVERBES
X^pf'^f pour r amour de. Sauf coç, qui prend
Taccusatif, ils se construisent tous avec le génitif :

ifkrjv ifjLov, moi excepté.


*

Adverbes. —
Beaucoup d'adverbes se forment
d'adjectifsen oç en changeant le o en « KaXo<i, :

bon ou beau ; KaXœf;, bien. Les adverbes ont


souvent un comparatif et un superlatif comme les
adjectifs ainsi àvco, en haut, fait au comparatif
:

àvcùT6pcù, plus haut, et au superlatif àvcùrarcù, tout


en haut. Au lieu du comparatif des adverbes en
ct) ou en on emploie d'ordinaire le neutre
û)ç,
singulier du comparatif de l'adjectif pour le
comparatif et le neutre pluriel du superlatif de
l'adjectif pour le superlatif: ainsi, cro(^oç ayant
pour adverbe correspondant aoéœ<;, aocfycùTepov
signifiera pkissagement et o-ocfxDTara très sagement
ou plus sagement.
le Il y a d'ailleurs d'innom-
brables irrégularités. Il est bon de savoir que
fidXùCTTa, superlatif de fjuaXa, beaucoup, est très
usité dans le même sens et dans ceux de surtout et
d'« peu près. En grec moderne, fiaXcara est
devenu synonyme de " oui " ; les Grecs anciens
disaient vac, vat èr) ou vao fi'qv ; ils affirmaient
aussi, avec une réserve polie, par le mot la-œç,
" peut-être."
PARTICULES 17B
Je ne vous donne pas une liste d'adverbes et de
particules vous en avez déjà vu beaucoup dans les
;

petits textes que je vous ai cités.


A bientôt ma dernière lettre, chère Eulalie ;
fjLvrjjMoveve jiiov, ce qui signifie : souviens-toi de moi,

S. XV.
DOUZIEME LETTRE
Je veux employer cette dernière lettre, ma
chère
Eulalie, à enricher votre petite anthologie de
textes grecs. Anthologie vient de àv6o<;, gén.
âvdov§,Jleur et de Xe^t» dans le sens de Je cueille
ou je choisis ; ce sont donc des fleurs que je vous
offre, des fleurs de Grèce. Si vous y prenez goût,
vous en voudrez davantage il faudra pour cela,
-,

ma chère, aller aux champs vous-même. Achetez


chez Hachette quelques-uns de ces vieux bouquins
avec texte et traduction juxtalinéaire d'auteurs
grecs, Homère, Eschyle, Sophocle, Euripide,
quelques dialogues de Platon ; lisez-les et faites
votre moisson la plume à la main. On a beaucoup
médit de ces traductions juxtalinéaires, sous
prétexte que les élèves paresseux en abusent ;
mais vous en ferez bon usage. J'ai connu un
vieux soldat de Crimée, très peu lettré, qui, à
Page de soixante ans, s'était mis en tête de lire
Homère ; il se servit si bien du mot à mot
juxtalinéaire qu'il finit par traduire VIliade à livre
ouvert. Je m'en suis assuré un jour, non sans
QUELQUES VERS DE PINDARE 175
surprise, en lui mettant sous les yeux une page
choisie au hasard du texte grec je pus constater ;

qu'il s'en tirait à merveille. Faites-en autant.


*
* *
Pindare est un des auteurs gi-ecs les plus difficiles ;
en voici quelques lignes typiques. Je ne vous
parle pas de la mesure de ses vers ; c'est beaucoup
trop compliqué.

1 ^pvaea (popfiiy^, ^AiroWwvoç kuù lo7r\oKafMO)v


2 avvhuKov M.où(Tav Kreavov,
S Ta<; aKovei fiev ^acri^, àjXaia^ àp')(a,
4 iretôovrac 8' àocSoi crafiacriv ....
5 Kai Tov al'X^fiarav Kepavvov a^evvvei'^
6 àevaov iTvpo^. EuSet 8^ àva (TKairrcp
7 Atoç al6T0<^, o)/€6Lav Trrepvy' àfKporepœOev
8 ^aXafaiç, àp^o<; olwvwv}
1. Xpvaeuy fém. non contracte de xP^a-ovs, d'or, ^^opfiiy^j
'
lyre. AttoWcùvos, â/ Apollon. Kat, et. ^lonXoKafjLcùv, gén.
plur. de lo7rXoKap.oç, à la chevelure sombre comme des
violettes (de lov, violette et ttAoko/xos, tresse de cheveux).
2. ^vvdcKov KTeavov Moia-av, commune propriété des Muses
{et d^ Apollon). ^vvàiKov,égaux (de aw et de 8ikt]^
à droits
droit). Moiorav, génitif dorien pour Movacùv ; les Doriens
disaient Moicrai pour Mova-ai.

^ Pindare, Première Pythique, au début.


176 KAIGLE DE ZEUS ENDORMI
3. Tas aKovei fxev (Sacris, qu'écoute dJune part
le pas {des

danseurs). pour rrjç àKovco se construit


Tas, gén. dorien ;

avec le génitif, à/covco Xvpas. 'AyXmaç àp^a, début de la


fête. 'AyXata, beauté ou éclat, d' où le nom à' Aglaé.
'Apxa, dorien pour àp^rj, début (d' où âp^aioç, ancien^ et
le français archaïsme).

4. 'Aotôoi èe TTeiôovTai (rap,a(nv, et les chanteurs obéissent


aux signaux. 'AoiSo?, chanteur, d' où aède, poète qui
s'accompagne en chantant. Jleiôovrai, de Treiôoixai, ind.
prés, moyen de ttclÔcù. ^a/xua-iv, dorien pour ar)ixa(riv,
datif pluriel de ar}p,a, signal, de a-rjfxaivû), je signifie (la
sémantique est la science de la signification des mots et
de ses variations).
5. Kat crl3evvv€is rov Kcpavvov aîxfiarav, et tu éteins la
foudre aigiie. en prose a-^çvwjxi, ji' éteins, Kepavvos,
S/Sez/i/uco,

foudre Zeus portant la foudre, dans les œuvres d'art, est


;

dit Kéraunophore, K€pavvo(f)opos. AîxP'arav, ace. dorien


pour aîxfirjTijv, de alx^, pointe de javelot " aigu " et, par :

extension, "belliqueux," "hostile."

6. Uvpos devaov, du feu éternel (de àet, toujours et de


vacù, couler). lEvàei, il dort. *Ava aKuTTra, sur le sceptre ;

(TKaiTTov, dorien pour a-KïjTrrpov, d'où le français sceptre.

7. AUtos Aieros, en prose àeros,


Aioç, Vaigle de Zeus.
aigle ; Atop, génitif Urepvya œKeiav (accusatif
de Zeus-.

fém.), aile rapide. Tlrepv^j aile cokvs, fém. wKeia, rapide.


;

'Afi<poTcpcùÔ€v, de chaque côté (de son corps) adverbe :

formé de àficporepos, Vun et Vautre. La syllabe ôcv marque


STYLE DE PINDARE 177
la direction ou l'origine ; ovpavoôev, en poésie, signifie
venant du ciel,

8. XaXa^aiSy dorien pour x<^^'^(J'(^s^ participe aoriste de


XaXaa>, je relâche. 'Apxos oîœvœv, roi des oiseaux. 'Apx^s,
poétique pour àpxcùv, nom des premiers magistrats
d'Athènes (les archontes). OÎcùvcùv, gén. plur. de oîœvos,
oiseau.

Traduction " Lyre d'or, sur laquelle Apollon


:

et les Muses à la chevelure de violette ont des


droits égaux, toi à qui obéit le pas des danseurs,
au début de la fête, toi dont
chanteurs atten-
les
dent le signal Et tu éteins (par ta douce
influence) les traits aigus de la foudre, du feu
éternel. L'aigle, le roi des oiseaux, s'endort sur
le sceptre de Zeus, laissant pendre des deux côtés
ses ailes rapides."
Images magnifiques, style tendu, rocailleux,
obscur, sautscapricieux d'une idée à l'autre ;
c'est le " désordre pindarique," parfois admirable
dans Pindare, mais qui fut d'un exemple périlleux
pour ses successeurs.
*

J'ai hâte de passer à quelque chose de plus


simple. Voici une description en distiques, par
Antipater de Sidon, d'un célèbre tableau du
peintre Apelles, représentant la naissance d'Aphro-
dite, déesse de la Beauté :

Reinach. — Eulalie, l2
178 L'APHRODITE D'APELLES
1 Tav àvaSvo/jievav àiro ixarepo^ àpn 6a\a<T(ra(;
2 KvTTptv, ^AnreXketov /lO'X^Oov ôpa 7/3^(^^809,
3 C09 %ept crv/jbfjLapyjraaa hia^po'xpv vBarù x^crav
4 eKdXt/Set vorepcùv à(f>pop àiro nfKoKafJiwv}

1. Hav àvadvofxevav, dorien pour Tr)v àvadvojxevrjv, parti-

cipe présent du moyen àvadvofiai, je sors de . , . ; cette


Aphrodite sortant de l'onde était appelée A7iadyoviè7ie.
'Apn, à Vinstant. 'Atto fiarepos (dorien pour p,T]Tepos)
êaXaaaas (dorien pour 6a\a(rcrr}s), de sa mère la mer.
2. KvTrpip, ace. de Kvnpiç, la déesse de Chypre, c'est-à-

dire Aphrodite adorée à Chypre. *Opa, impératif de


;

opacû vois.
: Mox^ov ypa(f>iàos 'AneWeiov, le travail du
pinceau apelléen, c'est-à-dire d'Apelles. Tpacpis, craijon
ou pinceau (de ypacfir}, écriture).
3. 'Qs, comme. 2u/x/xap\|rao-a, participe féminin aoriste

de a-vfx-fxapnTco, saisir ensemble. Xepi, datif de x^'-P^ main,


"avec sa main." Xatrav bia^po^ov vdari, sa chevelure
(dorien pour x^'-'^w) toute-trempée d'eau. Ata^poxos, de
èia et de ^p^x^i j'(^^f'ose. 'Yôan, datif de vdcop, gen.
vèaros, eau (d' où anhydre, " sans eau ").
4. 'EK^\t/3et, elle exprime. ^Acftpov, V écume (d' où le nom

à! Aphrodite, née de l'écume de la mer), 'Atto 7r\oKap.(ùv


vorepcùv, de ses tresses humides (de votos, le vent du sud,
qui amène la pluie).

Traduction "Regarde Cypri s, sortant àPinstant


:

clu sein de la mer, œuvre du pinceau d'Apelles,


^ AntJiologie, t. ii. p. 563, xvi. 178.
UNE STROPHE DE SAPPHO 179
comme d'une main elle tord sa chevelure toute
mouillée exprime Técume de ses tresses
et

humides." Musset s'est souvenu de ces distiques
en parlant du temps lointain
Où Vernis Âstarté, fille de Tonde arrière^
Secouait^ vierge encor^ les larmes de sa mère
Et fécondait le monde en tordant ses cheveux.

Le
grec est joli, mais un peu précieux. Com-
parez la grâce majestueuse de cette strophe de
Sappho :

'Acrrepeç fiev à/jbcfyt Ka\av aéXavvav


a^jr àiroKpvTTTOLcn ^aevvov el8o<;
oinrora nfKfqdoicra fiaXiara XafiTrrj
XaùT/x èiTL Kai ^av}

Ces vers sont en éolien^ dialecte de TÉolide


assez proche, comme je vous Fai dit, du dorien.

'Aarepes, les astres, pluriel de àa-Trjp.

Mev, marquant la liaison avec les vers qui suivent (que


nous n'avons pas conservés). ^Afi(pt KoXav a-e'Kavvav, éolien
pour àfKpi KoXrjv aeXrjvrjVy de chaque côté de la helle lune.
'Ayj/, de nouveau, à leur tour. A.-noKpvmoKn, éolien pour
^

^ Bucherer, Anthologie aus den Griechischen Lyrihern, p.


106.
180 UN DISTIQUE SUR SAPPHO
Sème p. plur. de l'ind. prés, d' aTro-KpvTTTO),
àTroKpvTTTova-i,
je cache (un apocryphe est primitivement un écrit ignoré,
qui reparaît soudain au jour). EiSos (paewav, aspect
éclatant ; (paevvov, éolien pour (fyaçivov^ de ^aos, éclat.
'OTTTTOTa, éolien pour onorav^ lorsque. TÏKrjôoio-a, éolien
pour 7rXr]ôovcray part, féminin de TrXrjêœ, je suis plein.
MaXicrra, le plus. Aafxnrj, Sème pers. du subj. présent de
Xa/iTTû), je brille.

AaiTfxa, gouffre ; ici, la mer. 'Etti, sur,

Kai yav (éolien pour yr]v), et la terre.

Traduction " Les astres autour de la lune


:

radieuse cachent à leur tour leur face éclatante,


lorsque dans son plein elle brille de sa plus vive
clarté sur la mer et sur la terre."
Confiez le texte grec à votre mémoire et essayez
d'oublier ce français boiteux.

L'admiration des anciens pour le génie de


Sappho s'est exprimée dans ce distique, œuvre
d'Antipater de Sidon ; il était gravé sur un buste
de la poétessee :

OvvofJia /Jb6v SaTT^o)* roacrov 3' virepea'xpv àotSav


6r)\eiav, àvSpœv oaaov 6 M.aiovi,B7}^.^

^ Anthologie, vii. 15.


L'ÉPITAPHE D'HOMÈRE 181
Ovvofia, poétique pour ovofxa, nom. Mev, dorien pour
fjLov, de moi. 'Sancpcù, Sappho. Toao-ovy poétique pour
Toa-ov, autant. A' pour ôe. 'YTTepecrxov, fdi surpassé de ,

sur et de iaxov, aor, 2 de j'ai ou je tiens.


inrep,

'Yncpex^iv, c'est "se tenir au-dessus."


e;^a),
— 'Aoiôay ârjXciav,

dorien pour àoiàrjv ôrfKeirjv, le chant féminin. QrjXvs, fém.


ûrjketa, féminin, de ôrjXr], tnamelle. "Avàpcov, gén. plur. de
dprjfi, des hommes. 'Oa-aou, poétique pour ôaov. Toacrov ô'

oa-a-opj cmtant que. 'O Maiovidrjs, le Méonide, c'est-à-dire


Homère, qui passait pour originaire de Méonie, pays
d'Asie Mineure,

Traduction :
" Mon nom est Sappho. J'ai
surpassé les chants des femmes d'autant que le
Méonide a surpassé ceux des hommes."
*

Voici Tépitaphe qu'on avait gravée sur un des


prétendus tombeaux d'Homère ; eUe se compose
de deux hexamètres :

'Ez^^aSe TTjv leprjv Ke^aKrjv Kara ^ata KokvTTTet


rjpoicûv TTpoyovcov KOcr/jLrjropa, Oetov '0/xrjpov.^

'Evôaàe, ici. Trjv Kç<pakr}v leprjv (ionien pour Upav), la


tête sacrée (accusatif). Vata KaraKaXvTrrei, la terre recouvre.
Remarquez que ce composé est séparé poétiquement en

^ Anthologie, vii. 3. Corrigé d'après Kaibel, Epigr. 354.


182 HOMÈRE ET LA NATURE
deux parties, la préposition Kara d'un côté, le verbe de
l'autre. d'où le nom de la célèbre
KaXvnTcù, je cache,
nymphe Calypso "inconsolable du départ d'Ulysse," dans
le TéUmaque de Fénelon, que les jeunes filles de votre
génération ne lisent plus. Koa-firjropa (ace. de Koa-firjrayp)

rjpùxùv Tvpoyovoavj ordonnateur, c'est-à-dire "metteur en


scène'' des héros d'autrefois. Hpoyovaiv^ gén. plur. de
Trpoyovoç, né-avant, ancêtre (de rrpo et de yovos, naissance) ;

les épigones sont ceux qui sont nés après, les descendants
ou les successeurs. KoafxrjTap vient de Kocrpecù (koœixcù), qui
signifie arranger, mettre en ordre, gouverner, parfois aussi
célébrer; dans Homère lui-même il a le sens de chef et
les deux Atrides, Agamemnon et Ménélas, sont appelés
(au duel) Koo-prjrope Xacov, gouverneurs des peuples. Qeiov
'Oixrjpov, le divin Homère, accusatif dépendant de KaXvnrei.

" Ici la terre recouvre la tête sacrée du divin


Homère, ordonnateur (ou chantre) des héros
d'autrefois.""

Je préfère cette autre épigramme en deux hexa-


mètres, qui montre la nature épuisée par Penfante-
ment du génie d'Homère :

Eupe <ï>yo't9, yu,oA,tç evpc' TeKovaa B' èiravcraro


flO')(^9cûV,

eh éva fjLovvov ^0/Jb7]pov oXn^v rpeyjraaa fievotprjvJ-

^ Antholociie, xvi. 302.


TROIS VERS DE THEOCRITE 183
Evpe, Sème pers. de l'indic. aoriste 2 d' evpio-Kcù, je
trouve. ^vŒis, la Nature (d' où physique). MoXis, avec
peine. Elpe, elle trouva. TeKova-a, part, aoriste 2 de
TiKTco, aor. 2 €T€Kov, fenfaute. A' pour 8e. ^EnavaaTo,
Sème pers. de l'aoriste de navofiai, je cesse, moyen de
7rav(ù, je fais cesser. MoxÔcùv, gén. plur. de [xo^doç^ travail,
complément de eVavo-aro. Eis éva povvov (poétique pour
fiovov), vers un seul. Tpeyjracra, participe fém. aor. de

Tp€7r<o, je tourne (aor. 1 èrpeyJAa). 'oX-qv, ace. fém de ôXos,

entier. Mevoivrjv, ace de fievoivrj, désir ou force, de fievos,


qui a le même sens et désigne aussi la force intellectuelle
ou morale, l'esprit ou le cœur.

Traduction " La Nature le trouva elle le


: ;

trouva avec peine ; après Tavoir enfante, elle


s'arrêta de produire, ayant consumé toute son
énergie pour le seul Homère."
Il est fâcheux que le mot rpe^jraaa soit un peu
plat.
*
* *

Trois vers des idylles de Théocrite, écrites en


dorien, vous feront regretter de n'en pas apprendre
davantage :

1 'ASv Ti To 'ylnOvpcafia Kai â tt^tuç, alvroXçt


T7}Va
2 â TTOTù ratç Trayacat /jLéXi,aB€raL' àBv Bt
KUÙ TV
184 UHARMONIE DE THEOCRITE
S <7VpùG-B6<;, Mera Uava ro Bevrepov àOXov
àiroLcry?-

1. 'Aôu, dorien pour 17ÔV, neutre de lySus, doux. Tt,

neutre de nç, quelque chose {de doux). To yjnôvpia-fxa, le

murmure. Kai à (dorien pour 17) Trtrvs, ei le pin. AittoXç,


vocatif de atTroXos, chevrier, de ai^, gén. atyos, chèvre et de
TToXcû), pousser. Trjva, fém. dorien de tj^î/o? pour k^vos,
identique lui-même à €K€ivos : rrjva ttltvç, ce pin.

2. 'A, dorien pour 37, fém. de os-, qui. Uon, dorien


pour TTpos, près de. Tais Trayaiai, dorien pour ras Trrjyas,

les sources, les eaux. MeXicrôtrat, dorien pour fiekt^erai,


chante (moyen de de fieXos, mélodie).
/leXi^cù, 'Aàv 8e kui,

et doux aussi. Tv, dorien pour o-u, toi.

3. dorien pour avpL^eis, tu joues de la flûte


Supto-Seff,

(même origine que syrinx, la flûte de Pan). Mera Uava,


après {le dieu) Pan. To bevrepov âôXov, le second prix.
'A^Xoi/, prix de la lutte ; àôXos signifie lutte (d'où athlète).

*ATroio-r], tu remporteras, de àno-ipepcc), futur act. aTrotcrû),

futur moyen àiroiaoïxai.

Traduction " Il est doux, chevrier, le mur-


:

mure de ce pin qui frémit mélodieusement près


de ces ondes ; mais toi aussi tu tires de ta flûte
de doux sons. Après Pan, tu remporteras le
second prix."
Vous sentez Tharmonie imitative de ces vers ;

^ Théocrite, Idylles, i. 1.
VERS CÉLÈBRES D'HOMÈRE 185
on entend comme le bruissement du pin mêlé au
murmure des eaux et aux sons de la flûte. Re-
marquez la construction singulière " Doux est le :

murmure et ce pin,*" pour signifier " Doux est le :

murmure de ce pin." La poésie grecque est pleine


de ces hardiesses qui sont interdites à nos pauvres
langues.

Il n'y a rien de plus touchant, dans Homère,


que adieux d'Hector à Andromaque
la scène des
et à son fils Astyanax. Le héros a des pressenti-
ments sinistres il prévoit la ruine prochaine de
;

Troie ; il s'émeut surtout à la pensée qu' Andro-


maque deviendra l'esclave de quelque Grec :

1 Kat TTore rtç elirrjcnv, ISœv Kara SaKpv


')(eovaav'
2 'EiKTopo^; '^Se yvvr]^ 6ç àptcrrevecrKe pLa'yeGQaL
3 TjOû)û)z/ lirirohafiwv, ore ^Tkcov àfi(f)e/ia^ovTO,^
1. Kat TTore, et un jour. Tis elnrjaiv, quelqu'un dira.
forme homérique de eînr], Sème pers. du subj.
EÎ7rT](riv,

aor. 2 elirov, de Xeyû), dire. Le subjonctif marque une


nuance de sens quelqu\in pmirra dire. 'lôwi/, voyant
:

(Andromaque) participe aor. 2 de opaco. Karax^ova-av


;

duKpv, répandant une larme. Les deux éléments du


verbe sont séparés par le complément. Xeo), verser ou
répandre, d' où prochous, nom d'un vase qui sert à verser.

^ Iliade^ vi. 459.


186 LES ADIEUX D'HECTOR
2. 'EKTopos, gén. de 'Ektcùp, Hector. *HÔe, celle-ci. Tvinj^

femme. 'Os, qui (se rapportant à? Hector). 'Apia-Teveoice,


imparfait sans augment de àpLarevcù, exceller. On dirait
en prose rjpLo-reve. L'imparfait homérique a souvent une
forme secondaire en ea-Kov, exprimant une action habitu-
elle. Max^crôai, infinitif présent du verbe moyen p-axop-ai,
je combats.
3. Tpacùv ÎTnrodafiœv, des Troyens dompteurs de chevaux.
Tpcùav, gén. de Tpcaes; înTrodapaiv, gén. de linrodafios, de
Iniros, cheval et de bafxa^cûj je dompte. 'Ore, lorsque. 'A/x^e-
fia^opTo ^iXiov, comme èpLa^ovro à/x0t 'iXioi/, ils combattaient
autour d'Ilion. 'EfjiaxovTo, Sème pers. de l'imparfait de
fiaxofjiai.

" Et quelqu'un pourra dire un jour, la voyant


répandre une larme Voilà Tépouse d'Hector,
:

celui des Troyens dompteurs de chevaux qui l'em-


portait sur tous, du temps qu'ils combattaient
autour d'Ilion."
Hector s'approche alors de son fils, qui s'efFraye
à la vue de son casque empanaché .

1 'lîç eiTrcûv ov iracSo^; ope^aro (jiathu;jbo^ 'E/crw/a.


2 'Ai/r h' 6 irai'; irpo^ koXttov iv^œvoco TL6r)vr}<;
3 èK\Lvdr) ia'xwv» irarpo^ (j)i\ou 6'^iv àru^^etç,
4 TapprjGa^ yciXKOv r' rjSe \o(j)ov lir7riO')(^aiTr}Vy
5 heivov vevovra voijaa^;'
àir' àKpoTarr}<; fcopvOo<;
6 èfc B' eyeXacrae iraryp re ^tXoç Kai irorvca
fjLTJTTjp.^

1 Iliade, vi. 466.


ANDROMAQUE ET ASTYANAX 187
1. 'Qs, ainsi. Eîttcùv, ayant parlé, participe aoriste 2 de
Xeyo). ôs, pronom pos-
Ou, avec esprit rude, génitif de
sessif (poétique) 3ème personne son {fils). IlaiSos-,
de la :

gén. de Traty, enfant. 'Ope^aro, Sème pers. de l'aoriste


moyen àpç^afirjv, de opeyat, tendre la main vers désirer . . ,

(d'où ope^LSf appétit et le terme médical anorexie "jmanque


d'appétit "). ^aidip.os 'EKrœp, le brillant Hector. ^ai.btp.os
estune de ces épithètes dites "homériques" qui s'attachent
à un nom et l'accompagnent partout, comme dans Charles
le Téméraire., Frédéric le Ch^and.

2. 'O 8e Trais, mais Venfant. 'Ayjr, en arrière. Tîpos


KoXnov, vers le sein. Tiôrjvrjç iv^covoio, de sa nourrice à la
belle ceinture. ^Ev^cùvolo, pour kv^tovov, forme homérique
du génitif (ev, bien et ^avrj, ceinture, d'où le français
zone).

3. 'E/cXtz/^j;, Sème pers. de 1' aoriste 1er moyen de


kXlvù), incliner, "il se pencha." 'laxou, participe présent
de îaxo>, je crie. 'O-yJALv rrarpos (pikov, l'aspect de (son) cher
père. ^Oyjnv est à l'accusatif parce que ce mot est le
complément d' àrv^Oecç, part, aoriste passif d' àrv^a,
effrayer ; oy^nv dryx^^is, "effrayé à l'aspect."

4. Tap^T](ras, part. aor. actif de rap^eco, craindre.


XoXkov t€, et le bronze, rjàe \ocf)ov, et le 'panache ;
^ôe est
un équivalent poétique de km. 'iTnrioxatTrjv, ace. de
iiTTnoxMTTjç, à la crinière de cheval (de Imros, cheval et de
i^arT/, chevelure).

5. Noi^o-as-, part. aor. de voea^ ayant vu (le panache).


Nevowa beivov, s'inclinant d'une façon terrible ; vevovra,
188 LA FRAYEUR DE L'ENFANT
ace. du part, présent de i/evco, sHncUner ; àeivou, neutre de
deivosf terrible, employé ici comme le serait l'adverbe
èeLvoùs. 'Atto Kopvôos aKpoTaTïjs, du casque le plus haut,
c'est-à-dire de l'extrémité la plus haute du casque, du
cimier.

6. TlaTTjp T€ cfiiXosj et le cher père. Kai rrorvia fxrjTrjp, et

la respectable mère. Horvia est un vieux mot de la langue


religieuse, usité au féminin seulement ; il signifie aussi
puissant et vénérable. 'Ek è' èyeXaa-a-e, avec èe inséré
entre les deux éléments du verbe, pour é^eyekaae. Sème
pers. sing. de l'aoriste d' eK-yeXaco, j'éclate de rire. Le
rire se dit ycXcos-, gén. yeXaroç ou sourire se dit yeXo)
; rire
(de yeXacù). au singulier, bien qu'il y
Si le verbe est ici

ait deux sujets, le père et la mère, c'est là un fait fréquent


en grec et dont on trouve même des exemples en français.

"Ayant ainsi parlé, le brillant Hector étendit


ses mains vers son fils mais Tenfant se rejeta en
;

criant vers le sein de sa nourrice à la belle ceinture,


effrayé à Taspect de son cher père, redoutant
Fairain et la crinière chevaline qu'il voyait
s'incliner, menaçante, du haut de son casque. Le
cher père et la respectable mère éclatèrent de
rire."
Hector ôte son casque et le dépose à terre il ;

prend Fenfant, Fembrasse et adresse une touchante


prière à Zeus. Puis il remet Fenfant à sa mère :
LE SOURIRE MOUILLÉ DE LA MÈRE 189
1 Hç elircûv àXo^oio <j)c\7j<; ev ')(ep<TLV iOrjfcev
2 TracS' eov r) h' àpa /jllv KTjoySeï Se^aro Kokiro)
3 8aKpvo€v ryeXacraaa' irocri'i B^ iXerjcre vor]aa^}
1. 'û? eîirœv, ayant ainsi parlé. ^EÔijkçv iv x^Pf^''^^ ^
remit aux mains. 'EôrjKe, Sème pers. de l'aoriste 1er de
Tiôrjfxi, poser ; x^P^^'-^t ^^^' [plur. de x^'-Pi g^n. x^'^P^^f
main, ^ikrjs àXoxoio, poétique pour (j)ikr]s àXoxov, de la
chère épouse.
2. 'Eov TTatSa, son enfant ; éo?, adjectif possessif, usité
en poésie seulement. 'H 8e, et elle (Andromaque). 'Apa,
alon's ce mot, en poésie, ne sert souvent qu'à marquer la
;

suite du récit. Mtv, lui, accusatif usité seulement en


poésie en prose on dirait avrov.
; Ac^aro, sans augment,
pour èbe^aro, Sème pers. de l'aor, 1er de dexofjiai, le reçut.
KoXttcù Kr)cù8u, dans son sein parfumé l'omission de la ;

préposition iv n'a rien d'anormal.


S. TeXaaraaa 8aKpvoev, ayant souri parmi les larmes.
TeXaa-aaa, part. fém. aoriste de yeXao), sourire. AuKpvoev,
neutre de ôafcpvoei?, baigné de pleurs, de 8a<pv, larme.
C'est comme s'il y avait ayant souri (d^un sourire)
:

mouillé de pleurs. Expression célèbre, mille fois imitée


et qui prouve qu'Homère avait déjà — ce que les ennemis
des anciens contestaient au XVIIe siècle — la délicatesse
verbale que nous qualifions d' "esprit." Uocns 8e, et son
époux. Tleaiç est un vieux mot qui signifie le maître.
'E\er]ae, Sème pers. (sans l'augment) de l'aoriste de iXeeco,

avoir pitié ; en prose, rjXerjcre. Not/o-os, comme plus haut

1 Iliade, vi. 482.


190 CINQ VERS D'ESCHYLE
(p. 187), ayant vu. Homère se sert d'un vocabulaire
assez restreint et répète volontiers les mêmes mots.
" Ayant ainsi parlé, il remit aux mains de sa
chère épouse son jeune fils ; Andromaque le reçut
dans son sein parfumé et sourit parmi ses larmes ;

son époux le vit et eut pitié d'elle.""


* *. . .

Après ces si émue, je


vers d'une simplicité
termine ma citations par quelques
chaîne de
iambiques du Prométhée d'Eschyle ce sont les :

plaintes du Titan enchaîné par Zeus, pour avoir


communiqué aux hommes le bienfait du feu.

1 'Il Stoç aWrjp Kai ra^virrepoi, irvoai,


2 TrorafJLCûv re Trrjyai, ttovtlcov re Kv^aronv
S àvrjpod/jLov yéXacr/iia, Tra/Hfj/rjTop 8e yrj,
4 Kat Tov iravoTTTrjv kvkKov rjXcov KaXùy
5 IBecrôe fjb ola 7r/?oç decav iraGytà 6eo<;.^

1. 'X2 bios aîôr]p, ô divin éther ! Kai nvoai Taxvnrepoif et


souffles (des vents) aux-ailes-rapides. Tlvor], souffle, appa-

renté à TTvevfia, même sens {(V oh. pneumatique). TaxvTTTepos,


de TQxvç, rapide (d'où tachygraphie, synonyme de sténo-
graphie) et TTTepov, aile (d'où diptère, "qui a deux ailes "),
2. Urj-yai re noTaficûv, et sources (ou ondes) des fleuves.
UoTafxos, fleuve (d'où hippopotame, "cheval de rivière").
YM}iaT(ùv T€ TTovTicùv, et des flots marins (génitif pluriel).
Kvfxa, gén. KvpaTos,flot ; ttovtios, adjectif dérivé de ttovtos,
mer (d'où le Pont-Euxin, la mer Noire).
^ Eschyle, Prométhée, v. 88.
PLAINTES DE PROMÉTHÉE 191
3. TeXaa-fia àvrjpiôfiov, sourire innombrable. TeXaa-fia, de
yeXaa, sourire, mot -que nous avons déjà vu (p. 188) ;

àvT]pidfioç, formé de ^v négatif (à devant une consonne) et


de àptdfjLoç, nombre (d'où arithmétique). Expression gran-
diose qu'un pédant trouva un jour trop "moderne": il
proposa, le malheureux de substituer à yeXaa-fxa le mot
!

Kax^aaixa, signifiant bouillonnement. Tij ôe TrafxixrjTop, et

terremère de toutes choses ! IIuu/xT^rop est un vocatif ; le


nominatif est nafXfxrjTcap, de Tras, tout et de p-^Trjp, mère.

4. Kat KaXo), et f invoque (aussi). KaXeoj (koXcd), f appelle.


Toi/ kvkXov navonTrjv, le cercle (ou Vœiï) qui-voit-tout. KvkXos-,
cercle, d'où cijcle, signifie aussi œil, qui se idit plus
ordinairement ocpÔaXfios (d'où opthalmie) ; TravoirrTjs, formé
de nav, tout et de oTrwTra, parfait 2 de opaco, je vois. Le
gardien d'Io, Argus aux cent yeux, était appelé TravoTrrTjs,

qui voit tout. 'HXiov, du soleil.

5. 'Ideaôe fie, rega/rdez-moi, 2ème pers. plur. de l'impératif


aoriste 2 de opaa, je vois ; l'indicatif aoriste est €Î8ov, du
verbe inusité cîôa>, je vois, qui prête des temps à ôpao).
Voilà un bon exemple de la signification de l'impératif
aoriste, qui n'implique jamais l'idée du passé. Oîa, pluriel
neutre, quelles (choses). ILaaxoo npos ôeav, je souffre de la
part des dieux. Tla(rx<o fait à l'aoriste 2 ènaôov, au par-
ticipe aoriste 2 iraôcùv, forme apparentée à rraôos, souffrance,
qui paraît dans le français sympathie {avv, avec, naôes,
affection ou souffrance). Qeos, dieu, c'est-à-dire étant :

dieu moi-même, manière concise et énergique de s'exprimer


que les Grecs aimaient.
192 UN VERS D'EURIPIDE
" O
divin éther et vous, souffles des vents aux
ailes rapides, ondes des fleuves, sourire innom-
brable des flots de la mer, terre mère de toutes
choses, et toi, œil du soleil qui vois tout, je
finvoque aussi. Regardez-moi et soyez le témoin
""
de ce que les dieux font endurer à un dieu !

J'ai choisi un passage où Eschyle s'exprime


simplement, quoique avec force quelquefois il
:

est aussi rugueux, aussi obscur que Pindare.


Mais il n'est jamais faible et banal il a, comme ;

Dante et Corneille, une âme, un style de héros.

Ces douze lettres, ma chère Eulalîe, sont mon


affectueuse offrande à vos jeunes talents et à votre
amour précoce des belles-lettres. Acceptez-les
avec votre bonne grâce habituelle et ne m'en
remerciez que par ce vers d'Euripide, qui sera ma
meilleure récompense s'il exprime votre pensée :

S.R.
Euripide, Aïcesfe, v. 376. — Aexo^uat, j'accepte. Aœpov
(piKov7e, (ce) don cher certes. 'Ek x^P^s ^tA^js, d'une main
chère.
" J'accepte ce cher don d'une main qui m'est chère " ren-
drait ce vers iambique par un alexandrin français.
TABLE DES MATIERES
PAGES
Lettre I.— "Un peu de grec," p. 1. — Difficultés

du grec, p. 2. Les dialectes grecs, p. 3.

L'alphabet grec, p. 4. Facilités pour l'ap-

prendre, pp. 5, 6. Dérivés français du grec,
p. 7. Iota souscrit et ponctuation, p. 8.
Esprits et accents, p. 9. —
Prononciation, pp.
10, 11 1-11

Lettre II. —La déclinaison grecque, p. 12. — Nom-


bres, genres, cas, p. 13. —
Première déclinaison :
'Hytiepa, Mouo-a, pp. 14, 15. —
Déclinaison de
Ke^aÀTj et de UoXiTris, p. 16. —
Déclinaison de
H^avias. Principes de versification grecque, p. 17.
— L'hexamètre et le pentamètre, p. 18. —
Longues et brèves, pieds, usuels, p. 19. —

Distique français, p. 20. Epitaphe de Simon-
ide, p. 21. —
Comment il faut traduire le grec,
p. 22 12-22

Lettre III. —Formules de salutation, p. 23.


Lettre d'une jeune dame, p. 24. Deuxième —
déclinaison: lïoÀe^uos, p. 25. —
Déclinaison de

Awpov et de News, p. 26. Troisième déclinaison:
'AvTfp, p. 27. —
Déclinaison de Twt), UoXis, 'Xco/j.a,
p. 28. —
Substantifs contractes Tevos, Naus,
:

p. 29. —
Un vers d'Homère, p, 30. Un vers —
d'Euripide, p. 31. —
Un distique de Méléagre,
pp. 32, 33. —
Trois vers de Sappho, pp. 34, 35.
Récapitulation des déclinaisons, pp. 36, 37 . 2.S-37
193

Reinach. — Eulalie. *3
194 TABLE DES MATIÈRES
PAGES
Lettre IV. —Déclinaison des adjectifs 'Ayados, :

p. 38. — —
Le à privatif, p. 39. Déclinaison de
EîfdaiiJ.œv et de 'AAtj^tjs, p. 40. —
Un vers d'Hésiode,
p. 41. —Adjectifs irréguliers, pp. 42-44. Degrés —

de Comparaison, p. 44. Comparatif s et Superla-
tifs irréguliers, p. 45. —Un vers d'Euripide, p. 46 38-46

Lettre V. —
L'article grec, p. 47. — Pronoms per-
sonnels, p. 48. —
Pronoms réfléchis, p. 49.
Pronoms possessifs, — Quelques
p. 50. vers de
50-52. — Pronoms
VAntigone de Sophocle, pp.
démonstratifs, 52. — Pronom interrogatif
p.
p. 53. — Pronoms p. 54. — Adjectifs pro-
relatifs,
nominaux, p. 55. — Nombres cardinaux, pp. 55-
56. — Nombres ordinaux, p. 57. — Adverbes
numéraux, p. 57. — Chiffres grecs; digamma, le
p. 58 . . . 47-58

Lettre VI. —
Idées générales sur la Conjugaison

grecque, p. 59. Conjugaisons et voix, p. 60.
Temps et Modes, pp. 60, 61. L'optatif et —
l'aoriste p. 62. —
Temps seconds; augment et

redoublement, pp. 63, 64. Epitaphe d'un épi-
curien incrédule, pp. 65-69. Nécessité de —
comprendre à fond et de retenir les textes,
p. 70 59-70

Lettre VII. —Conjugaison de Auco, actif, pp. 71-77.


Un vers d'Homère, —Conjugaison de
p. 76.
Avofiaifpassif, pp, 78-84. — Conjugaison de
Avofiai,moyen, pp. 84-86. — Exercices recom-
mandés à Eulalie, p. 87. — La chanson des
Tyrannoctones, pp. 88-89. — Tableaux récapitu-
latifs des verbes en w, pp. 90-91 . . . 71-91
TABLE DES MATIERES 195
PAGES
Lettre VIII. —
Verbes contractes, pp. 92-93. Un —
distique grec, p. 94. —
Verbes irréguliers, pp. 95-
96. —Formes secondaires, pp. 97-98. Trois —
petits vers à chanter, p. 99. —
Méléagre à Hélio-
dora, p. 100. — Une phrase de Démosthène,
p. 101. —
Rythme de la prose grecque, p. 102 . 92-102

Lettre IX. —Verbes en — Conjugaison


fxi, p. 103.
de TiOrifii, actif, pp. — Dédicace d'un
103-107.
iiodèle du navire Argo, p. 107. — Dédicace d'une
statue d'Artémis, p. 108. — Conjugaison de
Tidcfiai,passif, pp. 108-111. — Conjugaison de
moyen, pp. 112-113. — Epitaphe en
Tid€ij.ai,
vers des Athéniens tombés à Chéronée, pp. 114-
116. — Conjugaison de pp. 116-121.
'lo-TTj/it, actif,
— Conjugaison de passif, pp. 121-124.
'laTu/xai,
Conjugaison de 'îo-ra/uLai, moyen, pp. 124-125.
Un conseil de Phocylide, p. 126 .. . 103-126

Lettre X. —Vers inscrits sur une tablette d'or


dans tombe d'un initié au culte orphique,
la
pp. 127-131. — Conjugaison de Aidw/xL, actif,
pp. 132-136. — Conjugaison de passif, AiSo/uLai
pp. 136-139. —Conjugaison de moyen, Aido/xai,
pp. 139-141. — Conjugaison de AeiKWfiLy actif,
pp. 141-144. — Conjugaison de AeiKw/xai, passif,
pp. 144-147. — Conjugaison de moyen, AeiKuv/JLai,
pp. 148-149. — Conjugaison de pp. 149-152. Eî/xt,
— Conjugaison de ^Epxofiai et de pp. 152- Eifii,
156. — Conjugaison de Oîda, pp. 156-158. — Néces-
sité d'un effort de mémoire, p. 159 . . . 127-159

Lettre XI. —
Passage de Platon sur Socrate et
Alcibiade, pp. 160-163. —
Passage de Démos-
thène sur les Grecs tombés à Marathon et à

Salamine, pp. 163-166. Syntaxe de l'article,
196 TABLE DES MATIÈRES
p. 166. — Syntaxe de l'accusatif, de génitif, de
l'infinitif, pp. 167-168. — Syntaxe du participe,
p. 168. — Négations, prépositions, pp. 168-172.
—Adverbes et particules, pp. 172, 173 . . 160-173

Lettre XII. —Usage des traductions juxtalinéaires,


p. 174. — Vers de Pindare, pp. 175-177.
Epigramme sur l'Aphrodite peinte Apelles,
paj?
p. 178. — Strophe de Sappho sur un de lune,
clair
pp. 179, 180. — Distique en l'honneur de Sappho,
pp. 180, 181.— Épitaphe d'Homère, pp. 181, 182.
—Éloge d'Homère, pp. 182, 183.—Vers de Théo-
crite, pp. 183-185.— Les adieux d'Hector à
Andromaque à son
et fils Astyanax dans
Homère, pp. 185-190. — Vers du Prométhée
d'Eschyle, pp. 190-192. — Vers de VAlceste
d'Euripide, p. 192 174-192

Table des Matières 193-196

BRODARD & TAUPIN


COULOMMIERS-PARIS
18755-7-82
Date Loaned

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