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Industrie et logistique 4.0 : Quelles Opportunités pour le Maroc ?

NACHOUI Imane : Doctorante, Université Mohamed V, Rabat


Résumé
Depuis son indépendance, le Maroc a développé une politique industrielle
remaniée selon les conjonctures nationales et internationales, mais à la fin du
deuxième millénaire, et malgré les réformes et les efforts fournis, les résultats
sont restés modestes par rapport aux objectifs fixés initialement et n'ont pas
complètement réussi à transformer les structures de l’appareil productif
industriel et à placer l'économie marocaine sur la bonne voie de croissance
soutenue et durable.

A partir du début du troisième millénaire et pour dynamiser le secteur


industriel et faire face aux nouveaux défis de la mondialisation et aux
changements de la conjoncture internationale, le Maroc s’est lancé dans une
nouvelle stratégie industrielle plus moderne et innovante, appelée plan
émergence, accompagnée d’une stratégie logistique.

Résultat, de nouveaux secteurs ont sont montés rapidement en flèche,


essentiellement dans les métiers mondiaux, comme dans l’automobile et
l’aéronautique, l’offshoring, mais cela reste visiblement encore très insuffisant
comme en attestent la structure industrialo-logistique marocaine et les rapports
aussi bien nationaux qu’internationaux.
Avec la nouvelle révolution industrialo-logistique qui se développe à
l’international, qu’adviendra t-il de la réalité industrialo-logistique marocaine ?
Y a-t-il des opportunités à saisir ? Faut-il reconsidérer le modèle de
développement marocain pour le mettre en phase avec les évolutions que
connaît le pays et le reste du monde, comme disait le Roi dans son discours du
13 Octobre 2017?
Mots clés : Politique industrielle, plan émergence, industrie et logistique 4.0,
modèle de développement, Maroc

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Abstract

Since its independence, Morocco has developed an industrial policy reworked


according to national and international circumstances, but at the end of the
second millennium, and despite the reforms and efforts, the results have
remained modest compared to the objectives initially set and have not
completely succeeded in transforming the structures of the industrial productive
machine and placing the Moroccan economy on the right path of sustained and
sustainable growth.

From the beginning of the third millennium and to boost the industrial sector
and face the new challenges of globalization and changes in the international
situation, Morocco has embarked on a new, more modern and innovative
industrial strategy, called the Emergence Plan, accompanied by a logistics
strategy.

As a result, new sectors have skyrocketed, mainly in the global businesses, such
as automotive and aeronautics, offshoring, but this remains clearly still
insufficient, as evidenced by the Moroccan industrial-logistic structure and both
national and international reports.

With the new industrial-logistic revolution that is developing internationally,


what will happen to the Moroccan industrial-logistics reality? Are there
opportunities to seize? Should we reconsider the Moroccan development model
to bring it into line with developments in the country and the rest of the world,
as the King said in his speech of 13 October 2017?

Keywords: Industrial policy, emergence plan, industry and logistics 4.0,


development model, Morocco
‫ ايً فشص للوغشب؟‬: 0.4 ‫طٌاػح و لىخستيه‬
:‫هلخض‬
‫ طىس الوغشب سياسح طٌاػيح ها فتئ يؼذلها وفك الوستدذاخ الىطٌيح و الذوليح إال اًه‬،‫هٌذ استمالله‬
‫هغ ًهايح األلفيح الثاًيح و سغن اإلطالحاخ و الودهىداخ الوثزولح تميح الٌتائح هتىاضؼح ًسثح‬

146
‫للالهزاف الوسطشج في الثذايح و لن تستطغ تغييش تٌيح اإلًتاج الظٌاػي ووضغ الوغشب ػلً طشيك‬
.‫التطىسالسلين و الوستذام‬
‫ لذيٌاهيح المطاع الظٌاػي و هىاخهح تحذياخ الؼىلوح الدذيذج و تغيشاخ‬،‫اًطاللا هي تذايح األلفيح الثالثح‬
‫ اًطلك الوغشب في تطىيش إستشاتيديح طٌاػيح خذيذج أطلك ػليها اسن " هخطظ‬،‫الوستدذاخ الؼالويح‬
.‫اًثثاق" هظحىب تإستشاتيديح لىخستيىيح‬

‫ تطىسخ لطاػاخ خذيذج خظىطا في طٌاػح السياساخ و الطيشاى و تحىيل الخذهاخ‬،‫الٌتيدح‬


‫ لىي يظهش أًها غيش وافيح و الذليل الثٌيح الظٌاػيح و اللىخستيىيح الوغشتيح‬،)‫(األًشطح الؼالويح‬
.‫الضؼيفح وطٌيا و ػالويا‬

‫ ها هظيش والغ‬،‫) ػلً الوستىي الؼالوي‬0.4 ‫هغ الثىسج الظٌاػيح و اللىخستيىيح الدذيذج (ثىسج‬
‫الظٌاػح و اللىخستيه الوغشتييي؟ هل هٌان فشص اللتٌاطها؟ هل يدة إػادج الٌظش في ًوىرج‬
‫التٌويح الوغشتي لىي يتالءم هغ التحىالخ التي تشهذها الثالد و الؼالن ووا خاء ػلً لساى طاحة‬
‫ ؟‬7432 ‫ اوتىتش‬31 ‫الداللح في خطاته يىم‬

Introduction
Du petit au grand jihad comme disait Feu Mohamed V, le Maroc indépendant
s’est lancé dans un grand chantier de développement socio-économique. Dans
cet objectif, il a développé une politique industrielle remaniée selon les
conjonctures nationales et internationales.
Voyant les grands changements, voire les bouleversements que connait le
monde après la chute du bloc de l’Est, la réunification de l’Allemagne, la
constitution de l’Union Européenne et la mondialisation prônée par les Etats
Unis, le Maroc se voyait obliger de redresser sa situation socio-économique
interne, tout en manœuvrant sur la scène internationale en vue de s’ancrer plus à
l’Europe et s’intégrer davantage au marché mondial.
Dans cet objectif, il a entamé depuis les années 90 du 20è siècle une série de
réformes et d’actions, qui lui a permis de signer l’accord d’association avec
l’UE en 1996, entré en vigueur en 2000 et dont l’objectif est la création d'une
zone de Libre Echange à l'horizon de 2012.
Egalement, lui a permis d’abriter la réunion de l’organisation mondiale du
commerce à Marrakech en 1995, donnant lieu à la naissance du GATT, dont
l’objectif son intégration à la chaine de valeur mondiale.
A la fin du deuxième millénaire, et malgré les réformes et les efforts fournis, les
résultats sont restés modestes par rapport aux objectifs fixés initialement et

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n'ont pas complètement réussi à transformer les structures de l’appareil productif
industriel et à placer l'économie marocaine sur la bonne voie de croissance
soutenue et durable.

I : La nouvelle politique industrielle marocaine


A partir du début du troisième millénaire qui coïncide avec l’intronisation de
Sa Majesté Mohamed VI, et pour dynamiser le secteur industriel et faire face
aux nouveaux défis de la mondialisation et aux changements de la
conjoncture internationale, le Maroc s’est lancé dans une nouvelle stratégie
industrielle plus moderne et innovante, appelée plan émergence.

1 : Les évolutions du plan émergence


En 2005, le Maroc adopta un nouveau plan industriel appelé Plan Emergence,
sur la base d’une étude du cabinet d’étude américain Mckinsey, qui a définit
les piliers de la stratégie de développement industriel et qui a proposé entre
autres le développement des métiers mondiaux au Maroc (Voir figure 44).

Fig 44 : Piliers de la stratégie de développement industriel marocain

Source : McKinsey Plan émergence

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Pour dynamiser le plan émergence, une série d’actions est prise dont le Pacte
National pour l’Emergence Industrielle, signé en février 2009, pour un contrat
programme 2009/2015, en vue d'attirer les investisseurs et d’assurer la
compétitivité de la destination Maroc.
Coté prévision, le Pacte Emergence prévoit de développer une offre attractive
spécifique à chacun des « Métiers Mondiaux du Maroc ». A ce titre, un vaste
programme d’aménagement de plateformes industrielles intégrées et logistiques
a été lancé sur l’ensemble du territoire. Il vise à mettre à la disposition des
investisseurs les meilleurs espaces d’accueil pour l’exercice de leurs activités.
Coté mission, le Pacte Emergence a déterminé sa mission dans
l’accompagnement et la mise en œuvre des politiques sectorielles, en créant de
nouvelles zones d’activités répondant aux normes internationales en matière
d’équipements et de services et s’inscrivant dans une démarche intégrée de
recherche de performance, d’innovation et de développement territorial durable.
Avant l’expiration du pacte émergence, le Maroc adopta en 2013 le Plan
d’Accélération Industrielle 2014-2020 qui cherche à créer des écosystèmes
industriels, en fédérant des petites et moyennes entreprises autour de
locomotives industrielles et ce, après avoir constaté l’insuffisance des progrès
réalisés en matière de compétitivité et la faible contribution de l’industrie à la
croissance et à l’emploi.

Le nouveau plan d’accélération industrielle se fixait deux objectifs majeurs à


atteindre à l’horizon 2020 : faire passer la part de l’industrie dans le PIB de 14%
à 23% et créer 500 000 emplois.
2 : Politique d’ouverture internationale
Pour réussir cette nouvelle stratégie industrielle, le Maroc a procédé à la
signature d’une série d’accords de partenariat, dont l’Accord de libre échange
avec les Etats-Unis en Juin 2004, entré en vigueur en Janvier 2006.
La participation au projet de l’union pour la Méditerranée du 13 juillet 2008,
destiné à renforcer le partenariat euro-méditerranéen (Euromed) mis en place en
1995, sous le nom du Processus de Barcelone et à augmenter l’intégration
Nord-Sud et Sud-Sud dans la région méditerranéenne afin de soutenir le
développement socio-économique des pays et d’assurer la stabilité dans la
région.
Dans le cadre du projet l’union pour la Méditerranée, le Maroc a obtenu en
2008 le statut avancé, par l’adoption et la mise en œuvre du plan d’action Maroc
- UE, dans le cadre de la Politique Européenne de Voisinage, qui vise à
consolider les acquis, à les approfondir et à ouvrir de nouvelles perspectives de
relations multidimensionnelles mutuellement bénéfiques entre le Maroc et l’UE.

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Cet accord a été consolidé par la tenue du premier sommet Maroc-UE à Grenade
en Mars 2010, qui a permis de réitérer la volonté commune des deux parties, de
mettre en œuvre les dispositions du Statut Avancé et à insuffler une nouvelle
dynamique aux relations bilatérales. C’est dans cette perspective que le Maroc et
l’UE se sont engagés, depuis 2010, dans un processus de négociations afin
d’élaborer un « Plan d’Action pour la mise en œuvre du Statut Avancé »
(PASA).
En 2012 l’accord de partenariat Maroc et l’UE constitua la feuille de route de la
coopération entre les deux parties pour la période 2013-2017. Et en 2013 ont été
lancées des négociations sur un Accord de Libre Echange Complet et
Approfondi (ALECA), et un Partenariat Pour la Mobilité (PPM)…
L’impact de ces accords et bien d’autres, est le lancement d’une série de plans,
dont le plan industriel émergence, la stratégie logistique, la stratégie portuaire,
le plan Halieutis, le plan Maroc vert….
Ces différents plans ont pour impact le développement des délocalisations et
des investissements directs étrangers au Maroc.
3 : La nouvelle donne industrielle internationale
Alors que le Maroc essaie de mettre en œuvre sa nouvelle stratégie industrielle,
une nouvelle révolution industrielle commence à naitre et se développer en
Occident, débouchant sur la quatrième révolution industrielle ou industrie 4.0.
Au départ, c’est en 2005, aux Etats Unis qu’ont été lancé les premiers
financements publics via la National Science Foundation pour la recherche sur
les systèmes cyber-physiques, événement qui a été l’un des déclencheurs de
l’initiative Advanced Manufacturing Partnership, qui, lui-même a débouché sur
la création du National Network for Manufacturing Innovation (NNMI) en 2013.
Ce projet vise la création de quinze Institutes for Manufacturing Innovation (et
vise même un objectif de 45 d’ici 2025) .Ces IMIs rassemblent des chercheurs,
conseillers du gouvernement et industriels qui développent chacun une
spécialité technologique tout en se coordonnant de manière à offrir des
compétences larges aux entreprises : aux technologies centrales de l’usine du
futur (ex : fabrication additive), s’ajoutent des programmes dédiés aux semi-
conducteurs et aux matériaux composites ou à faible densité. Source : ( Frey C.,
Osborne M., 2013, « The Future of Employment: How Susceptible are Jobs to
Computerisation? », September.)
En Europe, une nouvelle révolution industrielle commence à se sentir, initiée par
le gouvernement fédéral allemand qui lança en 2006 une stratégie high-tech,
sorte de réflexion menée par le monde universitaire de ce pays et les grands

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partenaires industriels, portant sur l’avenir du secteur manufacturier, qui donna
naissance à la quatrième révolution industrielle, dite l’usine 4.0 depuis 2010.
Très rapidement, cette idée d’industrie 4.0 gagna la plupart des industriels des
pays développés et émergents, comme le Japon, la Corée du Sud, le Royaume
Uni, la France, l’Italie, la Chine….

II : La stratégie logistique marocaine


A partir du début du troisième millénaire, on commence à parler de la logistique
moderne au Maroc, alors que ce secteur s’est déjà développé dans les pays
développé depuis les années soixante dix du vingtième siècle et à partir de 2015,
les pays leaders dans la logistique commencent à préparer le passage du
troisième à la quatrième révolution logistique. Qu’en est-il du Maroc ?

1 : Relation industrie-logistique
Aussi bien chercheurs que pratiquants ou décideurs affirment qu’il ne saurait y
avoir d’Industrie 4.0 sans chaîne d’approvisionnement fiable, intégrant le
process logistique.
La nouvelle industrie 4.0 qui se base sur la robotisation et l’automatisation
poussées, ne peut réussir que lorsque la logistique emboite le pas et annonce sa
quatrième révolution.
Dans cette relation industrie-logistique, les outils informatiques doivent être de
plus en plus sophistiqués, de plus en plus précis et de plus en plus
communicants. L’interpénétration et l’interférence entre ces composantes
développera de plus en plus l’accessibilité et la connectivité, d’où le passage à
l’internet des choses ou des objets.

Dans ce nouvel cadre, la fonction logistique accompagne la révolution


industrielle et la provoque même, en optant de plus en plus pour
l’automatisation de sa chaine et devient ainsi un vecteur du développement de
l’Industrie 4.0, par sa contribution au développement des produits nouveaux
issus des ruptures technologiques ; soit directement en étant une interface et en
orientant les décisions stratégiques prises entre les acteurs dans une organisation
où les frontières entre filières, branches et métiers deviennent floues ; soit
indirectement, par le management des relations avec des fournisseurs intégrés
dès l’étape de conception du produit, du fait que les relations collaboratives
avec les fournisseurs sont sources de création de valeur et notamment
d’innovations pour l’entreprise.

151
2 : La stratégie logistique du Maroc
Officiellement, c’est avec la production du schéma national d’aménagement du
territoire en 2000 que l’Etat marocain a commencé à parler de la logistique
moderne, en proposant la création des plates formes logistiques dans les
différentes régions du Maroc.
Dans cette étude brève, nous soulignons les grands moments forts qui intéressent
le développement de la logistique au Maroc.
Suite à la proposition schéma national d’aménagement du territoire, le
gouvernement marocain a lancé en 2006 une étude sur la faisabilité de mise en
place de plates-formes logistiques multimodales de fret au Maroc, achevée en
2007, localisant les pôles logistiques régionaux et la proposition de réalisation
de deux plates-formes logistiques pilotes de Zénata et Ain Taoujdate.
En 2007, est lancée une étude concernant la stratégie de développement des
zones d’activités économiques dans la région du grand Casablanca, justifiant la
réalisation des plate-formes logistiques multi-flux du grand Casablanca.
En 2007, la mise en service du port de Tanger Med et l’équipement de son
hinterland en infrastructure de transport multimodal et zones d’activités
logistiques, ce qui a donné un grand élan au développement de la logistique au
Maroc.
1er janvier 2007, en vertu de la loi 25-02, la création de la Société Nationale du
Transport et la Logistique (SNTL), en remplacement de l’ONT.
En 2010, le gouvernement marocain lança le plan quinquennal nommé contrat-
programme logistique 2010-2015, et la stratégie nationale portuaire à l’horizon
2030.
En 2012, création de l’Agence marocaine de développement de la logistique.
Une agence qui doit accompagner la mise en œuvre de la stratégie nationale
logistique et veiller à l’application et la mise en œuvre de la stratégie du contrat
programme logistique 2010-2015, adoptée en 2010.
En 2013, la mise en place de l’Observatoire Marocain de la Compétitivité
Logistique, qui constitue un élément du dispositif de gouvernance de la stratégie
nationale logistique en tant qu'instrument de mesure de la performance des
systèmes logistiques et outil de veille sur le secteur, reflétant une image globale
et objective des supply chains du Maroc et des progrès réalisés dans le secteur
de la logistique en général.

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Résultat de ces efforts et réalisations de l’Etat, le privé marocain, surtout
international ne cessent d’investir dans le secteur logistique, dans tous ces états
au Maroc.

3 : L’indice de performance logistique du Maroc


Pour évaluer le niveau de maturité et performance logistique au Maroc, il n y a
pas mieux que les rapports de la Banque Mondiale publiés à partir de 2007 sur
l’indice de performance logistique, ―Connecting to Compete : Trade Logistics in
the Global Economy‖.
Selon ces rapports, le Maroc a été classé en 2007 au 113ème rang mondial sur
un total de 156 pays, ce qui était un mauvais score ; passa à la 94ème place en
2010, ce qui était jugé un bon score ; puis passa au 50ème rang en 2012,
enregistrant ainsi une très bonne amélioration de sa performance logistique.
Mais depuis 2012, le Maroc ne cessa de reculer dans le classement mondial,
passant du 62ème rang en 2014, avec un score moyen de 2,9 (Le Maroc
n'apparaissait pas dans le classement bisannuel de 2014) et au 86ème rang en
2016, avec un score de 2,67 points sur une échelle qui va de 1 à 5.
Avec ce score revu constamment à la baisse depuis 2012 au niveau
international, cela n’empêche le Maroc de se positionner en 2016 au 12e rang
sur le continent africain.
Devant ces réalités industrielles et logistiques qui se préparent à l’international,
Le Maroc est-il prêt pour la 4e révolution industrielle et logistique ? Peut-il
saisir cette nouvelle opportunité ?
III : Le Maroc est la 4e révolution industrialo-logistique

Dès l’abord, il faut reconnaitre que le visage industrialo-logistique marocain a


certainement changé, par le biais du plan émergence et ses suites et la stratégie
logistique et ses implications. De nouveaux secteurs ont sont montés rapidement
en flèche, essentiellement dans les métiers mondiaux, comme dans l’automobile
et l’aéronautique, l’offshoring, mais cela reste visiblement encore très
insuffisant comme en attestent la structure industrialo-logistique marocaine et
les rapports aussi bien nationaux qu’internationaux.

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1 : La structure industrialo-logistique marocaine
Au niveau de la structure industrialo-logistique marocaine, aussi bien le tissu
industriel productif que logistique marocain est composé à 90% de petites et
moyennes entreprises qui trouvent des difficultés d’accès au financement, au
foncier et aux marchés…Ces entreprises n’ont aucun rapport avec la recherche
scientifique universitaire et l’innovation, et souffrent du manque de formation de
qualité adaptée aux exigences du secteur …Ce sont des handicaps parmi
d’autres qui ne favorisent pas les économies d’échelle et l’intégration à la chaine
de valeur mondiale et par conséquent à l’émergence d’une industrialo-logistique
4.0 au Maroc.
2 : Les rapports d’évaluation de la politique industrialo-logistique
marocaine
Au niveau des rapports d’évaluation, on a plusieurs sources à citer.
D’abord le Haut Commissariat au Plan (HCP), au sujet des comptes nationaux
au 2e trimestre 2017, nous fait savoir que la part de l’industrie dans la valeur
ajoutée globale est d’à peine 14%, soit au même niveau qu’en 2013, ce qui est
loin de l’un des principaux objectifs assignés à la stratégie d’accélération
industrielle, qui consistait à porter la part de l’industrie dans le PIB de 14 à 23%
à l’horizon 2020.
Au niveau international, l’ONUDI ne classe pas le Maroc dans la catégorie des
industries émergentes, comme la Turquie, le Mexique, la Pologne ou la
Roumanie.
Dans ces quatre pays, la valeur ajoutée des industries manufacturières au titre de
l’année 2016 a oscillé entre 40 milliards de dollars pour le plus faible
(Roumanie) et 205 milliards de dollars pour le plus élevé, (Mexique), alors
qu’au Maroc, la valeur ajoutée industrielle en 2016 a atteint 17 milliards de
dollars.
Selon le rapport mondial sur la compétitivité (Global Competitiveness Index -
GCI) qui analyse 12 domaines portant sur les institutions, les infrastructures,
l’environnement macroéconomique, la santé et l’éducation primaire,
l’enseignement supérieur et la formation professionnelle, l’efficacité du marché
des biens, l’efficacité du marché du travail, le développement du marché
financier, la maturité technologique, la taille du marché, la sophistication des
entreprises et l’innovation, considérés comme les piliers de la compétitivité.

Le classement du Maroc en ce qui concerne l’Indice global de la compétitivité


de 2010 à 2017 a évolué de la manière suivante.

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Fig 45 : Indice global de la compétitivité marocaine de 2010 à 2017

75 77
73 72 72 70

2010/11 2011/12 2013/14 2014/15 2015/16 2016/17

Source : rapports de la compétitivité globale

Selon cette évolution, la compétitivité marocaine est presque stagnante, voire en


régression.

Détaillant ce rapport un peu plus, le Maroc est classé 124è mondial en ce qui
concerne l’efficacité du marché du travail ; 104è pour l’enseignement supérieur-
formation ; 96è pour l’innovation ; 81è pour la maturité technologique ; 77è
pour la santé et l’éducation primaire….( Voir tableau ci-dessous).

Tableau n ; Indice global de la compétitivité marocaine en 2016/17

2016/2017
Exigences de base
Institutions 50
Infrastructure 58
Env macro-économique 49
Santé et éducation 77
Les moteurs de développement
Ens.supérieur et formation 104
Eff. Marchés des biens 64
Eff. Marché de l’emploi 124
Marché financier 83

155
Marché technologique 81
Taille du marché 55
Facteurs de perfectionnement et
d’innovation
Sophistication des affaires 76
Innovation 96
Source : Global Competitiveness Index 2017

Pour ce qui est de l’environnement des affaires, le Maroc est surtout pénalisé par
la corruption, la bureaucratie, les difficultés d'accès au financement, son système
fiscal ainsi que l’inadaptation entre l’éducation et le marché de l’emploi.

De son coté, l’évolution de l’indicateur de complexité économique du Maroc de


2005 à 2014 nous fait savoir que le Maroc est passé du 83 ème place en 2005 à
la 78 ème en 2014, sur 124 pays, avec un pic en 2008 (86è).

156
Fig 46 : Classement du Maroc selon l’indice de complexité économique

Source : Elaboré sur la base des données de l’Atlas de la complexité économique.

Globalement, l’économie marocaine a gagné en complexité selon une tendance


quasi-continue depuis 2009. Néanmoins, sur une longue période, le processus de
transformation structurelle de l’économie marocaine peut être qualifié de lent
(voir graphique).

Ainsi donc, l’indice de complexité économique (ECI) qui évalue le niveau des
capacités productives et cognitives d’une économie donnée, à travers la
sophistication de ses exportations et la diversification de sa structure
exportatrice par produit, positionne le Maroc dans la classe de complexité
intermédiaire, plus proche de la borne inférieure, derrière plusieurs pays en
voie de développement, y compris dans la région MENA (Tunisie, Egypte, etc.).

D’après ces rapports, le Maroc cumul pas mal de points négatifs, ce qui le
classe parmi les mauvais élèves en compétitivité internationale.

157
Selon Klaus Schwab, fondateur et président exécutif du Forum économique
mondial ; «La concurrence mondiale sera de plus en plus définie par la capacité
d’innovation de chaque pays. La reconnaissance des talents d’un point de vue
ressources humaines prendra le pas sur le capital financier et le monde passera
ainsi de l’ère du capitalisme à celle du ―talentisme‖. Les pays qui se préparent à
la quatrième révolution industrielle et qui renforcent simultanément leurs
systèmes politiques, économiques et sociaux seront les grands gagnants de la
course à la compétitivité de demain».

Dans ce sens, ce n’est pas avec l’actuel budget consacré à la recherche


scientifique (0,8% du PIB) que le Maroc peut améliorer son score dans la
formation et l’innovation. Il est donc impératif d’une part, de soutenir la
formation, la RD et l’innovation, et d’autre part, de mettre en place les moyens
et les mécanismes nécessaires pour un transfert technologique des universités et
écoles d’ingénieurs vers l’industrie.

3 : Les opportunités offertes au Maroc

Avec la nouvelle révolution industrialo-logistique qui se développe à


l’international, qu’adviendra t-il de la réalité industrialo-logistique marocaine ?
Y a-t-il des opportunités à saisir ?
En matière d’industrie, malgré la succession de stratégies volontaristes depuis
2005, toutes les politiques sectorielles, les contrats-programmes et autres
dispositifs mis en marche n’ont pu sortir l’industrie marocaine de son marasme
et accéder le Maroc au rang d’économie industrielle émergente.
Ni le plan émergence, ni le Pacte National pour l’Emergence Industrielle de
2009, ni le Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020, ni la stratégie logistique
ne parlent de la 4è révolution industrialo-logistique.
C’est seulement à partir de 2017 qu’on commence à parler de cette révolution.
Nous donnons des exemples :
Le 13 Avril 2017, l’Association des utilisateurs des systèmes informations au
Maroc (AUSIM) a organisé à Casablanca, une conférence sur le thème «
L’Usine 4.0 : La 4e révolution industrielle ou comment accompagner le plan
d’accélération de l’industrie marocaine ».
En conclusion de cette conférence : Au Maroc, la dimension numérique n’existe
pas encore dans le plan d’accélération industrielle, mais l’annonce récente de la

158
création d’une Agence de développement de l'économique numérique pourrait
contribuer à la transition vers le numérique des entreprises industrielles
marocaines du textile.
En effet, l’importance du secteur textile marocain l’oblige à se réorganiser et
s’investir dans cette nouvelle révolution industrielle. Il doit surtout s’y préparer
s’il veut survivre et être compétitif dans la chaine de valeur mondiale.

Le 6 Décembre 2017, le Magazine industrie du Maroc a organisé les «matinées


de l’industrie» à Casablanca, sous le thème de l’industrie 4.0, réunissant les
principaux intervenants dans le numérique, pour échanger des idées d’intérêt
commun dans le domaine, avoir des pistes d'évolution et chercher de nouvelles
niches de marché, mais aussi pour identifier des opportunités d’affaires (B to B
) en abordant des questions techniques, juridiques, commerciales de cette
nouvelle révolution.

Parmi les conclusions :

- Chez la grande majorité des employés industriels, les compétences


requises pour l’industrie 4.0 ne sont pas présentes.
- Pour le ministre El Ferdaous, « le Maroc n’entrera pas dans le XXIe
siècle tant que l’on n’aura pas une souveraineté sur nos données», il a
ajouté ; «Nous ne pouvons indéfiniment héberger nos données sur des
serveurs étrangers».
- Afin d’amorcer le virage 4.0, les PMI (petites et moyennes industries)
doivent faire d’importants investissements, allant de 7 à 9% de leur chiffre
d’affaires, pour intégrer de nouvelles technologies numériques.
- L’élaboration d’une stratégie «Industrie 4.0» et d’un plan numérique sont
incontournables au sein des PME qui veulent prendre les meilleures
décisions en matière d’investissements pour l’acquisition et l’intégration
de nouvelles technologies.
- Une usine pilote verra le jour au Maroc. Son inauguration est programmée
pour le premier semestre 2018, alors qu’en Europe, en 2020, quatre
entreprises sur cinq auront numérisé leurs industries en 2020, selon les
prévisions de Bruxelles.
- Pour l’heure, la 4 ème révolution industrielle reste encore une opportunité
pour l’économie nationale. Elle permettra de drainer davantage
d’investissements étrangers et de créer des milliers d’emplois. Mais

159
retarder son intégration dans notre plan d’accélération industrielle
risquerait de plomber notre industrie et de détourner d’importants
investisseurs vers d’autres pays.

Selon le conseil économique, social et environnemental (CESE), dans son


rapport de 2016 (172 pages), qui résume les résultats des Plans Émergence
2009-2015 et d'accélération industrielle 2014-2020, le risque pour le Maroc de
rater le train d'une nouvelle révolution industrielle et décrit comment le
Royaume pourrait monter à bord.

Parmi les recommandations du CESE :

- L’appel à un changement de paradigme dans la conception des stratégies


de développement au Maroc et à une rupture totale par rapport au passé.
- Alors que l'actuel Plan d'accélération industrielle mise sur les avantages
comparatifs en termes de coûts de production pour attirer des industriels
étrangers et ainsi atteindre ses objectifs de création de 500.000 emplois
industriels et de porter le PIB industriel à 23 % d'ici fin 2020, il n'intègre
pas la nouvelle révolution industrielle, usine 4.0.
- La digitalisation, la robotisation, les objets connectés, l'impression 3D,
n'ont pas encore fait leur véritable entrée dans l'industrie marocaine et les
projections actuelles ne donnent pas de visibilité quant à une probable
inversion de tendance à court terme, comme si le Maroc regardait le train
passer.
- Il faut revoir tout le système du travail : de l'éducation et la recherche à la
formation professionnelle, en passant par le statut des organisations
syndicales et la réglementation du travail qui doit être complètement
dépoussiérée.
- Pour s'adapter rapidement à ces changements, le CESE préconise
notamment la création d'un Conseil national de l'industrie, qui sera une
sorte de centre de réflexion et de pilotage de la politique industrielle. Des
missions qui ne doivent plus relever du seul ministère de l'Industrie, mais
qui doivent incomber directement au chef du gouvernement.

Enfin, nous terminons par les Discours de SM le Roi qui chaque fois insistent
sur les déséquilibres qui entravent la bonne marche du Maroc et prônent un
changement du modèle de développement. En voici l’exemple du discours du

160
13 Octobre 2017 à l’occasion de l'ouverture de la première session de la
deuxième année législative de la 10e législature.

« …Le Maroc a réalisé des progrès manifestes, mondialement reconnus, le


modèle de développement national, en revanche, s’avère aujourd’hui inapte à
satisfaire les demandes pressantes et les besoins croissants des citoyens, à
réduire les disparités catégorielles et les écarts territoriaux et à réaliser la justice
sociale.

A cet égard, Nous invitons le gouvernement, le parlement et les différentes


institutions ou instances concernées, chacun dans son domaine de compétence, à
reconsidérer notre modèle de développement pour le mettre en phase avec les
évolutions que connaît le pays.

Nous formons le souhait que soit élaborée une conception intégrée de ce


modèle, propre à lui insuffler un nouveau dynamisme, à dépasser les obstacles
qui freinent son évolution et à apporter des remèdes aux faiblesses et autres
dysfonctionnements révélés par les évaluations menées sur le terrain... »

Est alors, Le Maroc est-il prêt pour la 4e révolution industrialo-logistique ?

À en croire tout ce qui vient d’être expliciter, le Maroc n’est pas encore en
mesure de s’élancer ou s’aventurer dans cette nouvelle révolution industrialo-
logistique, pourtant essentielle et primordiale pour sa compétitivité et son
développement socio-économique en général. Il parait qu’il est loin d’être prêt
pour le moment, pour saisir les opportunités offertes par cette nouvelle
révolution industrialo-logistique.

Conclusion

Les différentes stratégies de développement industriel préconisées par le Maroc


depuis son indépendance, ont certes donné lieu au développement d’un tissu
industriel naissant, mais conditionné par la chaine de valeur mondiale. C’est
justement dans ce contexte d’internationalisation des économies et des échanges,
que le Maroc adopta en 2005 un nouveau plan industriel appelé Plan Emergence
et en 2006 une stratégie logistique.

Le plan émergence de 2005, le Pacte National pour l’Emergence Industrielle de


2009, le Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020, et la stratégie logistique à

161
partir de 2010, ont certes donné un souffle à l’économie marocaine, par le
développement des métiers mondiaux, mais malgré la succession des stratégies
volontaristes depuis 2005, toutes les politiques sectorielles, les contrats-
programmes et autres dispositifs mis en marche n’ont pu sortir l’industrie
marocaine de son marasme, résoudre le problème du chômage, et accéder le
Maroc au rang d’économie industrielle émergente à l’international.

Ajoutons à cela, depuis 2010, une nouvelle révolution industrialo-logistique,


appelée révolution 4.0 commence à se développer à l’international, alors que
c’est seulement à partir de 2017 qu’on commence à parler de cette révolution au
Maroc. Dès lors, on se demande : Le Maroc peut-il saisir des opportunités de
cette nouvelle révolution? Peut-il l’intégrer dans le nouveau modèle de
développement prôné par Sa Majesté lors de son Discours du 13 Octobre 2017 ?
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