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 Base naturelle de Mn,p (K) :

Pour (i, j) ∈ J1, nK × J1, pK, Ei,j est la matrice définie par :
  
1 si (k, l) = (i, j)
 Fiche 2: MATRICES 
(Ei,j )k,l = 0 sinon

Les Ei,j s’appellent les matrices élémentaires de Mn,p (K).


Malih Nourdine
 Proposition: 2.
La famille (Ei,j )(i,j)∈J1,nK×J1,pK est une base de Mn,p (K).
1 Matrices et opérations sur les matrices appelée base canonique Mn,p (K).
dim Mn,p (K) = np.
• Définition 1. dim Mn (K) = n2 .
Soient n, p ∈ N∗ . On note Mn,p (K) le K-ev F (J1, nK × J1, pK, K).
Les éléments de Mn,p (K) s’appellent les matrices à n lignes et p colonnes à  Produit matriciel
coefficients dans K. • Définition 2.
Soit A ∈ Mn,p (K), on note :
Soient n, p, q ∈ N∗ , A ∈ Mn,p (K), B ∈ Mp,q (K).

a1,1 · · · a1,p  On définit le produit matriciel A × B ∈ Mn,q (K) par
A =  ... ..  = (a )
. i,j 16i6n,16j6p p
X
an,1 · · · an,p ∀ (i, j) ∈ J1, nK × J1, qK : (A × B)i,j = Ai,k .Bk,j
k=1
 Remarques.
A × B n’est défini que si le nombre de colonne de A est égal au nombre de
on dit que : lignes de B.
• A est une matrice colonne si p = 1,
• A est une matrice ligne si n = 1,.  Disposition pratique
• A est une matrice carrée si n = p. B
z }| {
On note Mn (K) l’ensemble des matrices carrées de taille n. 
b1,1 · · · b1,j · · · b1,q 
Si n = p = 1, M1 (K) s’identifie à K.  .. .. .. 
. . .
bp,1 bp,j bp,q
 Lois sur Mn,p (K) : A  ···
z }| { ··· ··· 
Pour A, B ∈ Mn,p (K) et α ∈ K : a1,1 · · · a1,p .. ..
 ..   . ↓ .
 . p
  . ..

(A + B)i,j = Ai,j + Bi,j .
 X
· · · ai,p 

∀ (i, j) ∈ J1, nK × J1, pK :
a
 i,1   . → a b
i,k k,j .
(α · A)i,j = αAi,j  .
 ..

  k=1


. ..
.
 Proposition: 1. an,1 · · · an,p . .

··· ··· ···
(Mn,p (K), +, .) est un K−ev.
| {z }
A×B

1
1.1 Transposée d’une matrice 2 MATRICES ET APPLICATIONS LINÉAIRES

.Propriétés: 1. 2 Matrices et applications linéaires


Soient n, p, q, r ∈ N∗ . • Définition 4.
1. Soient A ∈ Mn,p (K), B ∈ Mp,q (K), C ∈ Mq,r (K). Alors : • E et F deux K-ev, dim E = n et dim F = p.
• B = (e , e , . . . , e ) une base de E.
A × (B × C) = (A × B) × C Soient • C = (u1 , u2 , . . . , un ) une base de F .
1 2 p
• f ∈ L (E, F )
2. Soient A1 , A2 ∈ Mn,p (K), B ∈ Mp,q (K), alors :
p
X
(A1 + A2 ) × B = A1 × B + A2 × B. ∀j ∈ J1, nK, ∃ a1,j , a2,j , · · · , ap,j ∈ K : f (ej ) = ai,j ui
i=1
3. Soient A ∈ Mn,p (K), B1 , B2 ∈ Mp,q (K), alors : La matrice de f dans les bases B et C :
A × (B1 + B2 ) = A × B1 + A × B2 .

a1,1 · · · a1,n 
MatBC (f ) =  ... ..  = (a )
. i,j 16i6p,16j6n
4. Soient A ∈ Mn,p (K), B ∈ Mp,q (K), α ∈ K, alors : ap,1 · · · ap,n
(α · A) × B = A × (α · B) = α · (A × B) .  Proposition: 6. • A = MatBC (f )
Soient x ∈ E et y ∈ F , on pose :
• X = MatB (x) et Y = MatC (y).
1.1 Transposée d’une matrice Alors :
y = f (x) ⇐⇒ Y = AX
• Définition 3.
 Corollaire: 1.
Soit A ∈ Mn,p (K), la transposée de A est la matrice, noté tA, de Mp,n (K) • E et F deux K-ev de dimensions finies.
définie par : • B une base de E et C une base de F .
∀ (i, j) ∈ J1, pK × J1, nK : ( tA)ij = Aji Soient • f, g ∈ L (E, F ).
• A = MatBC (f ) et B = MatBC (f )
tt Alors :
Conséquence : ∀A ∈ Mn,p (K) : A = A. f = g ⇐⇒ A = B
 Proposition: 3.  Proposition: 7.

L’application : Mn,p (K) −→ Mp,n t MatBC (f + g) = MatBC (f ) + MatBC (g)
 t(K), A 7−→ A est linéaire. ∀α ∈ K, ∀f, g ∈ L (E, F ) :
MatBC (αf ) = α MatBC (f )
(A + B) = tB + tA
càd : ∀A, B ∈ Mn,p (K), ∀α ∈ K : t
(αA) = α tA  Proposition: 8.
 Proposition: 4. MatBC : L (E, F ) −→ Mn,p (K)
L’application
f 7−→ MatBC (f ).
Soient n, p, q ∈ N∗ , A ∈ Mn,p (K)Mp,q (K), B ∈ Mp,q (K). Alors est un isomorphisme d’evs.
t
(A × B) = tB × tA  Proposition: 9. Composition
Soient E, F, G trois K-evs de dimensions finies, B, C et D des bases respec-
 Proposition: 5. tives de E, F et G, f ∈ L (E, F ), g ∈ L (F, G). Alors :
t
∀A ∈ GLn (K) : ( tA)−1 = (A−1 ) MatB,D (g ◦ f ) = MatC,D (g) × MatB,C (f )

2
4 MATRICES CARRÉES REMARQUABLES

3 La K-algèbre Mn (K)  Remarque.

• Mn (K) est un K-ev de dimension n2 . 1. Il est clair que A−1 est inversible d’inverse A.
2. Si A ∈ GLn (K), l’inverse de A est unique.
• (Ei,j )(i,j)∈J1,nK2 est une base de Mn (K).
3. Si A, B ∈ GLn (K), alors AB ∈ GLn (K) et (AB)−1 = B −1 A−1 .
• Si E est un K-ev de dimension n, B de base de E. t
4. Si A ∈ GLn (K), alors tA ∈ GLn (K) et ( tA)−1 = (A−1 ).
Φ : L (E) −→ Mn (K)
L’application est un isomorphisme
f 7−→ MatB (f ).  Proposition: 12.
d’evs.
Soit E un K-ev de dimension n ∈ N∗ , B une base de E et f ∈ L (E).
 Remarque. On pose : MatB f = A. Alors :
Pour A, B ∈ Mn (K) et α ∈ K, (αA) B = A (αB) = α (AB).
A ∈ GLn (K) ⇔ f ∈ GL(E)
 Proposition: 10.  Proposition: 13.
(Mn (K), +, ×, ·) est une K-algèbre. Soit A ∈ Mn (K), les asserttions suivantes sont équivalentes :
 Proposition: 11. Isomorphismes de K-algèbres 1. A inversible.
2. ∃B ∈ Mn (K) telle que AB = In .
Si E est un K-ev de dimension n et B une base de E, alors :
Φ : L (E) −→ Mn (K) 3. ∃C ∈ Mn (K) telle que CA = In .
L’application f 7−→ MatB (f ).
 Auquel cas : B = C = A−1

 •Φ est linéaire.

•Φ idL(E) = idMn (K) 4.2 Matrices diagonales


•∀f, g ∈ L (E) , Φ (f ◦ g) = Φ (f ) Φ (g)
donc Φ est un isomorphisme de K-algèbres. • Définition 6.
Une matrice A ∈ Mn (K) est dite diagonale si :
4 Matrices carrées remarquables
∀ (i, j) ∈ J1, nK2 , i 6= j ⇒ aij = 0
4.1 Matrices inversibles
c’est-à-dire, A est de la forme :
• Définition 5.
α1 0 ··· 0
 
On note GLn (K) le groupe des inversibles de l’anneau (Mn (K), +, ×). .. .. .
0

. . .. 
 notation
Soit A ∈ Mn (K), A= .  = diag (α1 , α2 , . . . , αn )
 . .. ..
. . . 0
A ∈ GLn (K) ⇔ ∃B ∈ Mn (K) : AB = BA = In 0 · · · 0 αn
On note Dn (K) l’ensemble des matrices diagonales.
Auquel cas B est dite l’inverse de A et se note A−1 .

3
4.3 Matrices triangulaires 4 MATRICES CARRÉES REMARQUABLES

 Remarque. 4.4 Matrices symétriques et antisymétriques


1. Dn (K) est un sous-espace vectoriel de Mn (K). • Définition 8.
2. dim Dn (K) = n. Soit A ∈ Mn (K), on dit que :
3. ∀α1 , α2 , . . . , αn , β1 , β2 , . . . , βn ∈ K, ∀k ∈ N : • A est symétrique si tA = A.
• A est antisymétrique si tA = −A.
diag (α1 , α2 , . . . , αn )×diag (β1 , β2 , . . . , βn ) = diag (α1 β1 , α2 β2 , · · · , αn βn ) On note :
  I Sn (K) l’ensemble des matrices symétriques.
diag (α1 , α2 , . . . , αn )k = diag α1k , α2k , . . . , αnk I An (K) l’ensemble des matrices antisymétriques.
Sn (K) et An (K) sont des sevs de Mn (K).
4. ∀α1 , α2 , . . . , αn ∈ K :
diag (α1 , α2 , . . . , αn ) ∈ GLn (K) ⇔ ∀i ∈ J1, nK, αi 6= 0 Remarque
  Mn (K) = Sn (K) ⊕ An (K)
−1 1 1 1
diag (α1 , α2 , . . . , αn ) = diag α1 , α2 , . . . , αn
4.5 Trace d’une matrice carrée
 Théorème: 1.
• Définition 9.
Dn (K) est une sous-algèbre commutative de Mn (K).
Soit A ∈ Mn (K), on définit la trace de A par :
4.3 Matrices triangulaires n
X
Tr (A) = ai,i ∈ K
• Définition 7.
i=1
Soit A ∈ Mn (K).
• On dit que A est triangulaire supérieure si : ∀ (i, j) ∈ J1, nK2 , i > j ⇒ aij = 0. Remarques
A est de la forme : 
∗ ··· ··· ∗
 1. Tr est une forme linéaire de Mn (K) dans K.
. .

0 .. ..  Tr(A + B) = Tr(A) + Tr(B)
∀A, B ∈ M (K) , ∀α ∈ :

A = . .
 n K Tr(α A) = α Tr(A)
. . .
. . . . . .. 2
0 ··· 0 ∗ 2. dim ker Tr = n − 1.
2
3. ∀A ∈ Mn (K), Tr ( tA) = TrA.
• On dit que A est triangulaire inférieure si : ∀ (i, j) ∈ J1, nK , i < j ⇒ aij = 0.
On note Tsn (K) (resp Tin (K)) l’ensemble des matrices triangulaires supé-
rieures (resp triangulaires inférieurs). Proposition ∀A, B ∈ Mn (K), Tr (AB) = Tr (BA).

 Remarque.
1. Tsn (K) et Tin (K) sont des sevs de Mn (K).
n(n + 1)
2. dim Tsn (K) = dim Tin (K) = .
2
3. Tsn (K) ∩ Tsn (K) = Dn (K)

4
6 NOYAU, IMAGE ET RANG D’UNE MATRICE

5 Changement de base 6 Noyau, Image et Rang d’une matrice


• Définition 10. • Définition 11.
Soit E un K-ev de dimension finie,  Soit A ∈ Mn,p (K), on appelle :
B = (e1 , e2 , . . . , en ) et B 0 = e01 , e02 , . . . , e0n deux bases de E. • Noyau de A : ker A = {X ∈ Mp,1 (K)|AX = 0}.
On appelle matrice de passage de B à B 0 et on note PBB0 la matrice :
• Image de A : ImA = {AX|X ∈ Mp,1 (K)}.
PBB0 = MatB e01 , e02 , . . . , e0n = (ai,j )16i,j6n ∈ Mn (K)


n Consequence :
avec ∀j ∈ J1, nK, e0j =
X
ai,j ei . • ker A est un sev de Mp,1 (K).
i=1 • ImA est un sev de Mn,1 (K).

Conséquences fA: Mp,1 (K) −→ Mn,1 (K) est linéaire,


Remarques L’application X 7−→ AX.
1. PBB0 = MatB0 B (idE ).
2. PBB0 PB0 B = In . dite application canoniquement associée à la matrice A.
Ona :
3. PBB0 est inversible et (PBB0 )−1 = PB0 B . ker fA = ker A et ImfA = ImA
 Proposition: 14. • Définition 12.
Soit A ∈ Mn,p (K), le rang de A est le rang de la famille (C1 , C2 , · · · , Cp ) des
Soit E un K-ev de dimension finie, B et B 0 deux bases de E. colonnes de A. Ainsi :
Pour x ∈ E : X = MatB (x) et X 0 = MatB0 (x).
Alors : X = PBB0 X 0 rg(A) = rg(C1 , C2 , · · · , Cp ) = dim ImA
 Proposition: 15. .Propriétés: 2.
1. rg(A) 6 min(n, p).
• E et F deux K-evs de dimension finie.
• B et B 0 deux bases de E. 2. p = dim ker A + rg(A) (Formule de rang)
Soient • C et C 0 deux bases de F .  Proposition: 17.
• A = MatB,C (f ) et B = MatB,C (f ). Soient A ∈ Mn,p (K), B ∈ Mp,q (K), C ∈ Mq,n (K), un a :
• P = PB,C et Q = PB0 ,C 0
Alors : rg(AB) 6 rg(A) et rg(CA) 6 rg(A)
B = Q−1 AP  Proposition: 18.
 Proposition: 16. Soient A ∈ Mn,p (K), P ∈ GLp (K), Q ∈ GLn (K), un a :

• E un K-ev de dimension finie. rg(AP ) = rg(A) et rg(QA) = rg(A)


• B et B 0 deux bases de E.  Proposition: 19.
Soient
• A = MatB (f ) et A0 = MatB0 (f ). Soit A ∈ Mn,p (K), B une matrice extraite de A. Alors :
• P = PB,B0 .
Alors : rg(B) 6 rg(A)
A0 = P −1 AP