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Légitimité-Légalité

Quelle est la définition de ces deux notions et quel est leur rapport dans le champ
constitutionnel ?
La légitimité et la légalité ont un lien étroit parce que l’une et l’autre se renforcent, mais
une distinction entre les deux termes est obligatoire.

Une définition du régime politique s’impose avant.


1. Un régime politique est l’ensemble des éléments d’ordre idéologique, institutionnel et
sociologique qui forment le gouvernement d’un pays donné pendant une période déterminée
Cette forme privilégie plusieurs composantes essentielles du régime politique: la nature et le
rôle du pouvoir, la structure des institutions et le principe de légitimité.
Le pouvoir politique en sa nature, est un rapport de force entre deux volontés, et une situation
de supériorité de fait, en équilibre instable, ayant deux principaux types: celui de la puissance,
dont le moyen spécifique est la force, et le type d’autorité dont le vecteur est le prestige et
l’ascendant, qui sont reconnus par les gouvernés parce qu’ils coincident avec leur système de
valeurs.
Mais, l’autorité doit toujours reposer sur un principe de légitimation qui réunit les éléments
du corps social.

2. Donc, la légitimité est la capacité d'une personne ou d'un groupe à faire admettre sa
domination, son autorité sur les membres d'une communauté ou d'une société. La légitimité ne
se fonde pas uniquement sur le droit, mais peut mettre en oeuvre différents critères comme le
sexe, l'âge, les origines, la tradition, la richesse, le statut, les titres, les appuis, la force, la
connaissance, l'expertise, etc.
Par exemple dans une démocratie un responsable politique tire sa légitimité de son élection.
De plus, le concept de légitimité implique, en effet, aussi bien le problème posé par le
fondement du pouvoir que la justification de l’obeissance qui lui est due. Il consiste dans la
conformité du gouvernement d’un pays aux valeurs auxquelles se réfère le régime politique
dans un cadre socio – culturel particulier et à travers des normes qui trouvent leur origine dans
la constitution même des rapports sociaux.
3. La légalité, la légalité c'est la conformité à la loi, en soi, ce qui est permis par la loi. On
comprend donc de suite que la légalité correspond au droit écrit, le droit positif est le caractère
de ce qui est légal, c'est-à-dire conforme à la loi, au droit.
La légalité est aussi une situation légale ainsi que l'ensemble des actions qui ne transgressent
pas la loi. Ex : rester dans la légalité.

En effet, si le concept de légalité ne fait guère problème, étant donné qu'est légal ce qui
est conforme aux règles de droit positif en vigueur-il n’en va pas de même pour le
concept de légitimité. La légitimité a donc un sens plus large que la légalité. La légitimité
d'actions politiques sortant de la légalité (désobéissance civile, tyrannicide, révolution,
terrorisme, coup d'Etat, etc) peut devenir l'un des enjeux du débat politique.
Donc la légalité se distingue de la légitimité qui a un sens plus large et peut aller au-delà
de ce qui est légal.

La légalité de tout pouvoir politique dépend en effet de la façon dont il a accédé au pouvoir,
mais sa légitimité ne dépend que de la conformité de son action par rapport au droit positif,
l’équité, la raison et le bien public. Ce qui est légal n’est donc nécessairement pas légitime
et inversement.

1. Une révolution par exemple, formellement illégale au regard des lois en vigueur peut être
fondamentalement légitime au regard de la raison, de l’équité et du bien public.

2. Au lendemain de la défaite française de 1940, s’ouvre une période complexe au cours de


laquelle s’affrontent deux Gouvernements (celui de l’État français et celui de la France libre)
à l’image de l’illégitimité et de la légitimité.

Le maréchal Pétain fût légalement porté au pouvoir, mais c’est le Général de Gaulle,
seul et rebelle pourtant, qui emporta la légitimité française dans son exil.

Certes, les notions de légalité et de légitimité sont usuellement confondues, mais la légitimité
va au-delà de la simple conformité à la loi, c'est-à-dire la légalité.
En d’autres termes, la légitimité de tout pouvoir ne peut reposer sur sa seule légalité. Pour
acquérir une légitimité, le pouvoir doit emporter l’adhésion du plus grand nombre et agir
selon un ensemble de principes fondamentaux comme la tempérance, l’intégrité, le courage, le
discernement et le sens de l’intérêt général. C’est la nature de l’action menée qui détermine la
légitimité et non le seul mode d’accession au pouvoir.

Or celle du gouvernement de l’État français c’est éloigné de plus en plus des principes
énoncés.
En démocratie, la seule source de légitimité reste celle des urnes.

Mais pour être légitime, un pouvoir doit inscrire son action dans une perspective historique
qui tient compte d’une ambition nationale clairement affichée et d’un système de valeurs et de
sensibilités rassemblant au-delà du positionnement partisan ou idéologique.
Si le pouvoir politique se contente de ne s’exercer que via la loi et la loi seule, il restera
juridiquement légal, du moins pour un temps, mais il encourt le risque de devenir vite
illégitime. Dans ce cas, et en raison de la période particulière et charnière que nous vivons, la
légalité peut conduire à l’illégitimité. S’il advient que cette distorsion se réalise, la faute
incombera à ceux qui gouvernent et à eux seuls.

Ce qui est légal en vertu de la loi doit être aussi légitime aux yeux de la communauté.
Ce qui est déterminé par la loi et donc ce qui est conforme au droit positif, qui est
l'ensemble des lois instituées d'une société donnée. Le droit positif fournit le contenu du
légal et la légalité représente donc à la fois un prédicat (il y a le légal et l’illégal) et un
patrimoine (l’ensemble des choses prescrites par la loi). Ce qui est légitime est ce qui est
conforme à la justice comme norme du droit. La justice comme norme du droit est un
ensemble de valeurs fondamentales auxquelles toute législation est supposée se
conformer en principe.

2) Problématisation

Ce qui caractérise le droit positif, c’est d'être conventionnel et de varier d'un Etat
à un autre : on ne peut donc pas écarter la question de son bien-fondé. En
principe, on présuppose que la légalité et la légitimité coïncident, c'est-à-dire
que le droit positif est juste.
Mais en pratique, c'est loin d'être toujours le cas. Par exemple le Général de
Gaulle agit de façon illégale mais légitime en appelant à résister en en
s’exprimant au nom de la France Libre. À l’inverse Pétain il a agit de façon
légal mais illégitime.

Ainsi, on admet que le droit de l'individu est déterminé par la loi, mais on revendique
inversement le droit de défendre son droit contre une loi supposée injuste. En appeler de la
légalité à la légitimité, c'est donc admettre le droit paradoxal de contester le droit.

Affirmer que ce qui est légitime c’est ce qui est conforme au droit positif n’est rien
d’autre que le réduire à ce qui est légal. Or, la notion de légitimité dépasse cette
première acception ; plus, il faut comprendre que la légitimité est indissociable d’une
justification (et donc de la notion de justice) qui se situe au-delà de la simple conformité

On ne pourrait pas affirmer qu’un gouvernement peut être irréprochable sur le


plan légal, le plan du droit positif, tout en étant profondément illégitime.

Inversement, on ne pourrait affirmer qu’une action illégale peut être


légitime.
La légalité de tout pouvoir politique dépend en effet de la façon dont il a accédé au pouvoir,
mais sa légitimité ne dépend que de la conformité de son action par rapport au droit positif,
l’équité, la raison et le bien public.
Ce qui est légal n’est donc nécessairement pas légitime et inversement.

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