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La lecture comparée de l’article 4 de la Constitution de 1958 en 1958 et aujourd'hui

Article 4 Constitution de 1958 en 1958 Article 4 Constitution de 1958


Les partis et groupements politiques aujourd’hui
concourent à l'expression du suffrage. Ils
se forment et exercent leur activité Les partis et groupements politiques
librement. Ils doivent respecter les concourent à l'expression du suffrage. Ils
principes de la souveraineté nationale et de se forment et exercent leur activité
la démocratie. librement. Ils doivent respecter les
principes de la souveraineté nationale et de
la démocratie.

Ils contribuent à la mise en œuvre du


principe énoncé au second alinéa de
l'article 1er dans les conditions déterminées
par la loi.

La loi garantit les expressions pluralistes


des opinions et la participation équitable
des partis et groupements politiques à la
vie démocratique de la Nation.

La reconnaissance constitutionnelle des partis politiques est une innovation de 1958.


Elle fut de nature à rassurer ceux qui craignaient que les gaullistes, détracteurs du « régime
des partis », ne fussent tentés d’en entraver l’action.
Cependant la Constitution ne leur accorde qu’un rôle minimal, limité à l’expression du
SUFFRAGE, c’est-à-dire un rôle essentiellement électoral, contrairement à des pays comme
l’Italie par exemple, où les partis doivent, selon la Constitution « contribuer
démocratiquement à déterminer la politique nationale ».
En effet, la conception française de sa SOUVERAINETÉ NATIONALE qui prohibe « tout
mandat impératif (voir ART 27), limite naturellement la place de partis dans la répresentation
constitués à l’Assemblée nationale et au Sénat, dont le rôle officiel et les compétences sont
prévus par le règlement de ces assemblées.

 Les partis bénéficient d’un statut juridique très souple, puisqu’ils constituent des
simples associations de la loi de 1901.
 L’activité des partis n’est limitée que par le respect des « principes de la souveraineté
nationale et de la démocratie ». L’interdiction des partis n’est pas une hypothèse, par
exemple en Allemagne interdiction certains partis extrémistes.
 Les partis se voient reconnaître une responsabilité particulière dans la recherche d’une
plus grande égalité entre les hommes et les femmes, depuis la loi constitutionnelle
di 8 juillet 1999, qui a ajouté le second alinéa de l’ART 4 : ils sont en effet
directement concernés par la présentation des listes « paritaires » pour les
élections à la proportionnelle, et davantage encore pour les élections au scrutin
uninominal, puisque le financement public est réduit en proportion de non-
respect de la parité (voir ART 1).
 Le troisième alinéa de l’ART 4 relatif au pluralisme et à la participation des
partis à la démocratie, a été ajouté par la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008.
Peu précis dans sa portée et peu normatif, il a constitué un gage aux centristes
dans le cadre de la préparation du vote du Congrès en 2008. S’agissant du
« statut  de l’opposition » que la réforme de 2008 devait promouvoir, c’est plutôt
aux ART 48 ET 51-1 que l’on trouve des éléments nouveaux et concrets.

ARTICLE 48.
Sans préjudice de l'application des trois derniers alinéas de l'article 28, l'ordre du jour est fixé
par chaque assemblée.

Deux semaines de séance sur quatre sont réservées par priorité, et dans l'ordre que le
Gouvernement a fixé, à l'examen des textes et aux débats dont il demande l'inscription à
l'ordre du jour.

En outre, l'examen des projets de loi de finances, des projets de loi de financement de la
sécurité sociale et, sous réserve des dispositions de l'alinéa suivant, des textes transmis par
l'autre assemblée depuis six semaines au moins, des projets relatifs aux états de crise et des
demandes d'autorisation visées à l'article 35 est, à la demande du Gouvernement, inscrit à
l'ordre du jour par priorité.

Une semaine de séance sur quatre est réservée par priorité et dans l'ordre fixé par chaque
assemblée au contrôle de l'action du Gouvernement et à l'évaluation des politiques publiques.

Un jour de séance par mois est réservé à un ordre du jour arrêté par chaque assemblée à
l'initiative des groupes d'opposition de l'assemblée intéressée ainsi qu'à celle des groupes
minoritaires.

Une séance par semaine au moins, y compris pendant les sessions extraordinaires prévues à
l'article 29, est réservée par priorité aux questions des membres du Parlement et aux réponses
du Gouvernement.
Le gouvernement est tenu de démissionner (ART 49 al. 1, 2 et 3)

ARTICLE 50-1.
Devant l'une ou l'autre des assemblées, le Gouvernement peut, de sa propre initiative ou à la
demande d'un groupe parlementaire au sens de l'article 51-1, faire, sur un sujet déterminé, une
déclaration qui donne lieu à débat et peut, s'il le décide, faire l'objet d'un vote sans engager sa
responsabilité.

Cet article introduit par la révision du 23 juillet 2008 est important car il est censé traduire la
volonté du gouvernement de créer un véritable « statut de l’opposition » (voir aussi ART 48,
les nouvelles règles de répartition de l’ordre du jour).