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Commentaire texte

Conception du de Gaulle du rôle du président de la République

Dans ses Mémoires d’espoir, évoquant les travaux préparatoires de la Constitution de 1958, le
général de Gaulle les présente comme l’accomplissement du projet constitutionnel élaboré à
Bayeux le 16 juin 1946.
Ouvrant le chapitre des Mémoires d’espoir consacré au chef de l’État, le général de Gaulle
indique sans la moindre ambiguïté son intention de faire prévaloir sa propre lecture des
institutions : « Les institutions nouvelles sont en place. Du sommet de l’État, comment vais-je
les façonner ? Dans une large mesure, il m’appartient de le faire ».
C’est une vision quasi monarchique du pouvoir présidentiel.
Selon cette conception gaullienne le chef de l’État est en charge de l’essentiel et seul
dépositaire de la légitimité, à des organismes contingents dont la mission est de l’assister dans
sa tâche et qui ne sauraient constituer un obstacle à son action.

Problématique : Quelle est la volonté du Général de Gaulle ?


La volonté de restaurer l’AUTORITÉ DE L’ÉTAT et de restaurer l’exécutif en lui
donnant un plein et entier espace dans le système institutionnel.
Cette restauration de l’AUTORITÉ DE L’ÉTAT passe chez de Gaulle par un nouveau
RÔLE du président de la République en contrebalançant le pouvoir du Parlement.
Une volonté à affirmer son pouvoir et à minorer le rôle du Parlement.
La préoccupation du général était de faire reconnaître au chef de l’’Etat un rôle beaucoup plus
important que celui qui résultait de la tradition constitutionnelle. Investi de la mission de
maîtriser les situations difficiles ou imprévisibles, le président devait bénéficier de tous les
pouvoirs nécessaires pour assurer les responsabilités qui lui étaient conférées par la
Constitution.
Le président est la source du pouvoir (II) et qui bénéficie d’une légitimité populaire pour
renforcer sa prééminence.

I/ Un renforcement de la légitimité du chef de l’État : la primauté de la légitimité


démocratique

A/ L’influence présidentielle sur le gouvernement (L’orientation présidentialiste du


régime)
Un chef de l’état renforcé par le soutien populaire (président acteur principal du
gouvernement). Élu au suffrage universel direct, le Président de la république est l’incarnation
du pouvoir d’État. Le suffrage du peuple notamment au moment de l’élection présidentielle-
rend légitime la domination du chef de l’État.
Telle est la conception du fondateur de la Ve République.
La légitimité du président tiré du peuple (en étant élu au SUD) et donc selon de Gaulle la
légitimité du gouvernement repose sur le président et non plus sur l’Assemblée.

B/ Le recours au référendum lors des choix importants 


Il importe au général de Gaulle qu’il puisse faire appel au peuple contre les parlamentaires par
exemple par la dissolution de l’Assemblée et le référendum.
Au sortir de la crise algérienne, le général De Gaulle propose aux français de renforcer la
légitimité du chef de l’’Etat. Lors d’’un référendum aux allures de plébiscite, le 28 octobre
1962, les citoyens approuvent cette réforme. Le Président utilise une procédure
inconstitutionnelle en employant l’’article 11 CF au lieu de l’’article 89 CF, personne n ’’est
capable de l’’en empêcher. Les parlementaires, indignés par cette violation de la Constitution,
utilisent le seul moyen dont ils disposent : l’’accusation de haute trahison. Ils préfèrent
renverser le Gouvernement dont le chef est réputé avoir proposé le référendum. Le Président,
fort de sa nouvelle légitimité, maintient le Gouvernement et dissout l’’Assemblée.
Le Président est alors complètement indépendant du Parlement. Le seul lien entre les
deux, d’’importance majeure en période de cohabitation, est la couleur politique de la
majorité, qui détermine le choix du Premier ministre.
L’usage de l’article 11 est légitime puisque est nécessaire à l’accomplissement de
l’orientation fidèle à l’esprit de la Constitution.

II/ Un président source du pouvoir (Le rôle central du Président de la République)


Un renforcement des pouvoirs du chef de l’État. Le président acteur du système politique.
Un rôle d’arbitre mais en réalité chef de l’exécutif parce que le général de Gaulle investit le
gouvernement. Il dispose de compétences propres qu’il utilise effectivement : le droit de
dissolution (exercé par de Gaulle le 10 octobre 1962)- art. 12

A/ Le recours aux ressources offertes par le texte de 1958


- le droit de dissolution (exercé par de Gaulle le 10 octobre 1962).
Le Président a une compétence discrétionnaire malgré les quelques garde-fous qui encadrent
ce droit. C’est le droit de dissolution, pouvoir propre (art. 19),

B/Le chef de l’État, titulaire des prérogatives exceptionnelles en cas de crise


 les pouvoirs exceptionnels - Art. 16 En effet, élément fondamental de la pensée
gaullienne, la possibilité constitutionnelle de faire face à une crise grave trouve son
origine dans l’’analyse faite par le général De Gaulle de la défaite de 1940. Dans son
discours de Bayeux, il envisage déjà quel doit être le rôle du chef de l’Etat  et donc cet
article permet d’’instituer un type de « dictature temporaire » à, caractérisée par
l’’attribution légale à un seul homme de tous les pouvoirs pour une durée limitée. De
façon générale, le président de la République, en France se voit attribuer une fonction
de protection des principes républicains et du territoire à travers une procédure
constitutionnelle particulière.
Il détient des pouvoirs exceptionnels. En réalité, même si d’un point de vue
symbolique : recours que dans des circonstances exceptionnelles.

 La contrepartie de la prééminence présidentielle et sa responsabilité : une


réaffirmation d’une responsabilité politique du président devant le peuple
Reste à savoir comment un président désavoué aux élections législatives en « tirerait
les conséquences ». En démissionnant immédiatement ? Ici, de Gaulle reste elliptique.

Donc légitimité particulière mais assujettie à une responsabilité politique devant le


peuple.

La responsabilité politique est définie par le Vocabulaire Juridique comme l’« obligation
pour les ministres, dans le régime parlementaire, de quitter le pouvoir lorsqu’ils n’ont plus la
confiance du Parlement ». La transposition de cette définition pour le président de la
République n’est pas possible car le Président ne doit obtenir la confiance de personne.

Pour René Capitant, à plus forte raison lorsque le Président est élu au suffrage universel
direct, la responsabilité politique à son égard est exercée par le peuple à travers le
référendum de l’article 11 CF, conçu comme une question de confiance. Cette vision était
partagée par le général De Gaulle puisqu’il démissionna à la suite du « non » au référendum
du 27 avril 1969.

De même l’obligation de cohabiter avec un Premier ministre issu d’une majorité


parlementaire hostile peut être perçu comme une sanction que lui inflige le corps électoral.

De manière générale, l’irresponsabilité politique est fondée sur le fait que le président en
République parlementaire ne prend pas d’actes autonomes mais tous sont contresignés par le
Premier ministre. « Le Roi ne peut mal faire » : quand un président ne peut rien faire, il est
normal qu’il ne puisse mal faire.

Cependant la particularité des constitutions en vigueur en France est d’attribuer des pouvoirs
propres au Président, pour lesquels il n’est pas responsable.