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« La ventilation mécanique : de la physiologie à la pratique » : quelle sonde,


quel circuit, quel ventilateur ?

Article · December 2017


DOI: 10.1016/j.anrea.2017.12.003

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8 authors, including:

Antoine Monsel Romain Deransy


Hôpital La Pitié Salpêtrière (Groupe Hospitalier "La Pitié Salpêtrière - Charles Foix") Centre Hospitalier Universitaire de Nantes
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Hélène Brisson Charlotte Maria Bianca Arbelot


Hôpital La Pitié Salpêtrière (Groupe Hospitalier "La Pitié Salpêtrière - Charles Foix") Hôpital La Pitié Salpêtrière (Groupe Hospitalier "La Pitié Salpêtrière - Charles Foix")
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Pour citer cet article : Monsel A, et al. « La ventilation mécanique : de la physiologie à la pratique » : quelle sonde, quel circuit, quel
ventilateur ? Anesth Reanim. (2017), https://doi.org/10.1016/j.anrea.2017.12.003

Anesth Reanim. 2017; //: ///

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www.em-consulte.com/revue/anrea
www.sciencedirect.com

Journée monothématique de la Sfar


« La ventilation mécanique : de la
physiologie à la pratique » : quelle sonde,
quel circuit, quel ventilateur ?

Antoine Monsel 1,2,3, Marine Le Corre 1, Romain Deransy 1, Hélène Brisson 1, Charlotte Arbelot 1,
Corinne Vézinet 1, Qin Lu 1, Olivier Langeron 1

Disponible sur internet le : 1. Assistance publique–Hôpitaux de Paris, UPMC université, La Pitié-Salpêtrière


hospital, multidisciplinary intensive care unit, department of anesthesiology and
critical care, Paris, France
2. Sorbonne universités, UPMC université Paris 06, Inserm, UMR S959, immunology-
immunopathology-immunotherapy (I3), 75005 Paris, France
3. AP–HP, hôpital Pitié-Salpêtrière, biotherapy (CIC-BTi) and inflammation-
immunopathology-biotherapy department (DHU i2B), 75651 Paris, France

Correspondance :
Antoine Monsel, Groupe hospitalier Pitié–Salpêtrière, service de réanimation
chirurgicale polyvalente (Pr. Langeron), département d'anesthésie – réanimation
chirurgicale (Pr. Puybasset), 47–83, boulevard de l'Hôpital, 75651 Paris cedex 13,
France.
antoine.monsel@gmail.com

Mots clés Résumé


Sonde d'intubation
endotrachéale L'usage de sondes d'intubation endotrachéale avec ballonnet en polyvinyle chloride de type
Ballonnet cylindrique, ajouté au contrôle rigoureux de la pression ajustée entre 20 et 30 cmH2O, éventuel-
Aspiration sous-glottique lement aidé par des dispositifs de régulation continue, doit être associé à l'aspiration régulière des
Filtre échangeur de chaleur sécrétions sous-glottiques dont les modalités optimales restent encore à définir. L'association de
et d'humidité ces différents éléments constitue probablement une combinaison synergique nécessaire pour
Humidificateur chauffant réduire au maximum l'incidence des pneumonies acquises en réanimation. Les circuits double
Respirateur de réanimation branche avec filtres échangeurs de chaleur et d'humidité couplé à un raccord annelé restent
adaptés à la grande majorité des patients, faisant réserver les humidificateurs chauffants à des
situations spécifiques et minoritaires (sécrétions abondantes, risque majeur d'obstruction de
sonde). L'hétérogénéité importante des performances des filtres commercialisés rend essentiel
d'en vérifier les caractéristiques (capacité d'humidification, espace mort) qui orienteront le choix
définitif du matériel utilisé. Le choix du ventilateur de réanimation repose essentiellement sur un
cahier des charges ciblant le type de pathologie respiratoire, les modes ventilatoires et les outils de
monitorages utilisés par l'équipe en charge. Les ventilateurs polyvalents de réanimation pré-
sentent des performances médiocres concernant la gestion des asynchronies, cependant, ils
restent les plus adaptés aux patients de réanimation bénéficiant de ventilation invasive. La
grande hétérogénéité de leurs performances impose un examen rigoureux de leurs capacités
à délivrer les paramètres demandés, et à pressuriser les voies aériennes, afin de choisir au mieux
un ventilateur garantissant le meilleur niveau de soin.

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https://doi.org/10.1016/j.anrea.2017.12.003
© 2017 Société française d'anesthésie et de réanimation (Sfar). Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

ANREA-302
Pour citer cet article : Monsel A, et al. « La ventilation mécanique : de la physiologie à la pratique » : quelle sonde, quel circuit, quel
ventilateur ? Anesth Reanim. (2017), https://doi.org/10.1016/j.anrea.2017.12.003

A. Monsel, M. Le Corre, R. Deransy, H. Brisson, C. Arbelot, C. Vézinet, et al.


Journée monothématique de la Sfar

Keywords Summary
Endotracheal tube
Endotracheal tube cuff "Mechanical ventilation: From bench to bedside'': Which endotracheal tube, which
Subglottic secretions respiratory circuit, which ventilator?
aspiration
The use of cylindrical endotracheal tube cuff made of polyvinyl chloride should be combined with
Heat-moisture exchanger
cuff pressure monitoring and adjustment between 20 and 30 cmH2O every 4–6 hours, which can
Heating humidifier
be continuously achieved by using automated device. Aspirating subglottic secretions above the
ICU ventilator
cuff also needs to be implemented routinely, although optimal modalities remain to be defined.
Bedside implementation of bundles combining these endotracheal tube-related elements should
lead to significant reduction in healthcare-acquired pneumonia. Double strands breathing circuits
incorporating a heat-moisture exchanger filtre combined with an annulated tubing fit the vast
majority of the patients. Heating humidifiers should be used for those situations at high risk for
endotracheal tube obstruction. The significant heterogeneity of the performance of the commer-
cialised filtres renders crucial to verify whether the characteristics meet the targeted criteria.
Choosing an ICU ventilator essentially relies on the targeted respiratory conditions, the types of
patients, the ventilatory modes, and the monitoring modalities that are commonly used by the
practitioners in charge of the patients. While ICU ventilators demonstrate versatile features, they
poorly perform regarding asynchrony management. However, they remain the most indicated
device to respond to the technical needs that ICU patients require under invasive mechanical
ventilation. The high heterogeneity of their technical performance implies that careful examina-
tion of their capacity to deliver the expected ventilatory parameters and the optimal pressurisa-
tion, has to be verified. This will warrant the best standard of care of ICU-mechanically ventilated
patients.

Contexte Quel type de ballonnet ?


La mise en place d'une ventilation artificielle chez un patient de Trois facteurs du ballonnet altèrent son étanchéité : la pression, le
réanimation impose l'établissement préalable d'une stratégie matériau et la forme. La pression d'insufflation du ballonnet
de choix du type de sonde d'intubation endotrachéale, de circuit optimale recommandée est comprise entre 20 et 30 cmH2O.
respiratoire et de respirateur. Cette stratégie est garante de la En dehors de ces valeurs, le ballonnet facilite les micro-inhala-
sécurité du patient et conditionne l'efficacité thérapeutique et/ tions, ou occasionne des lésions ischémiques de la muqueuse
ou préventive de la ventilation artificielle. trachéale [5–10]. Habituellement, la pression du ballonnet est
À travers une revue de la littérature, nous verrons que le choix contrôlée manuellement toutes les 3–8 heures. Pour pallier à ce
du type de sonde d'intubation sera surtout guidé par la durée contrôle manuel imparfait [11], plusieurs études contrôlées ran-
prévisible de ventilation et le risque de pneumonie acquise sous domisées ont évalué l'efficacité de systèmes régulateurs de
ventilation mécanique, que le type de circuit à adopter reste pression sur l'incidence des pneumonies acquises sous ventilation
assez consensuel et surtout guidé par la nécessité ou pas d'y mécanique (PAVM). Si l'étude de Valencia et al. n'a pas pu
associer un humidificateur chauffant, et qu'enfin, le choix du conclure à leur bénéfice [12], Nseir [13], puis Lorente et al.
type de respirateur est surtout conditionné par le type de [14] ont quant à eux démontré leur effet préventif sur l'incidence
pathologies respiratoires ciblées. des PAVM. Dans une méta-analyse récemment publiée [15],
13,6 % versus 25,7 % de PAVM (HR 0,47, 95 % CI 0,31–0,71,
p < 0,001) étaient diagnostiquées dans le groupe régulateur
Quelle sonde d'intubation endotrachéale ? continu versus le groupe standard (manomètre manuel), respec-
La physiopathologie des pneumonies rencontrées en réanima- tivement. D'autres études multicentriques plus puissantes
tion repose sur la transcolonisation des réservoirs oro-nasopha- (NCT02534974) sont attendues afin de conclure sur la nécessité
ryngés et gastriques convergeant vers la région sous-glottiques, d'employer de tels dispositifs.
et sur les micro-inhalations répétées des sécrétions oropharyn- Même lorsque la pression d'insufflation du ballonnet est optimi-
gées contaminées vers les voies respiratoires distales [1]. À elle sée, l'excès de matériel comparativement au diamètre trachéal
seule, la sonde d'intubation endotrachéale multiplie de 6 à 20 le génère la formation de microsillons (figure 1) responsables de
risque de développer une pneumonie nosocomiale [2–4]. micro-inhalations [3,4,16–18]
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Pour citer cet article : Monsel A, et al. « La ventilation mécanique : de la physiologie à la pratique » : quelle sonde, quel circuit, quel
ventilateur ? Anesth Reanim. (2017), https://doi.org/10.1016/j.anrea.2017.12.003

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Figure 1
A. Image transversale de la trachée représentant schématiquement les microsillons formés à la surface d'un ballonnet non gonflé
à gauche, peu gonflé au milieu et gonflé normalement à droite. B. Photographie d'un ballonnet montrant des microsillons
responsables du passage du bleu de méthylène de la surface proximale vers la surface distale du ballonnet (modèle in vitro)

Plus le matériau est fin, moins il existe de microsillons. C'est le cas Aspiration des sécrétions sous-glottiques
des ballonnets en polyuréthane (PU) dont l'épaisseur de la paroi En 1992, la sonde d'IET Hi-Lo Evac tube® (TYCO Healthcare/
est 10 fois inférieure à celle des ballonnets en PVC. Ces ballonnets Mallinckrodt, St-Louis, Missouri, distribué par Nellcor Puritan
ont montré leur supériorité en termes d'étanchéité dans des Benett, Inc, Pleasanton, Californie) est commercialisée ; une
modèles expérimentaux [19–21]. Bien que plusieurs études cli- lumière indépendante dorsale permet le drainage des sécré-
niques aient démontré un impact favorable du PU sur l'incidences tions accumulées dans l'espace sous-glottique, à partir d'une
des micro-inhalations [22], des PAVM [23,24], des pneumonies ouverture elliptique située juste au-dessus du ballonnet. Au
post-opératoires [25], le coût élevé de production de ce matériau moins 12 études contrôlées randomisées étudiant l'impact de
a freiné le développement des sondes à ballonnets en PU. l'aspiration des sécrétions sous-glottiques (ASG) sur l'incidence
La forme conique implique qu'il existe au moins une zone de des PAVM ont été menées de 1992 à 2015 [23,36–46]. La
congruence optimale entre la trachée et le ballonnet de la sonde première méta-analyse de Dezfulian et al. a été publiée, en
d'intubation endotrachéale. Deux études réalisées in vitro ont 2005 [47], inclue 5 études [37,39,41–43], soit 896 patients. Une
montré un bénéfice à l'utilisation de ces sondes à ballonnet réduction du risque de PAVM de 50 % (RR = 0,51 ; IC95 % [0,37–
conique dans l'amélioration de l'étanchéité du ballonnet 0,71]) est observée dans le groupe avec ASG. Depuis 2005,
[26,27]. Une étude animale sur 14 porcs ventilés durant 3 h a 7 nouvelles études contrôlées randomisées et 4 méta-analyses
montré une baisse des fuites de bleu de méthylène chez les ont été publiées [48–51]. Les résultats globaux suggèrent que
animaux intubés avec sonde à ballonnet conique [28]. Une autre l'aspiration des aspirations sous-glottiques diminue de 50 %
étude animale ex vivo [29] a récemment montré de meilleures l'incidence des PAVM et qu'elle pourrait être associée à une
performances d'étanchéité des ballonnets piriformes en PVC au réduction du nombre de jour de ventilation et du séjour en
prix d'un augmentation des variations de pression dans le réanimation, sans impacter cependant la mortalité. Malgré ce
ballonnet au cours du temps. Chez l'homme, 2 études cliniques niveau de preuve solide, l'aspiration sous-glottique reste sous-
peropératoires montrent également une supériorité des ballon- utilisée. Plusieurs raisons expliquent la difficulté de généralisa-
nets piriformes en PVC en termes d'étanchéité [30,31]. Récem- tion de ce dispositif préventif des PAVM :
ment, une étude rétrospective [32] et 2 autres prospectives  des questions de sécurité d'emploi de ce type de dispositif

[33,34] n'ont pas retrouvé d'effet bénéfique de la forme conique [38,52] ;


des ballonnets en PVC sur l'incidence des PAVM pour la première,  la question du surcoût des sondes d'IET avec dispositif d'aspi-

de colonisation trachéobronchiques pour la seconde, des pneu- ration sous-glottique ;


monies postopératoires ni des micro-inhalations pour la troi-  l'incidence élevée des dysfonctionnements du dispositif

sième. Là-encore, d'autres études cliniques prospectives d'aspiration sous-glottique évaluée par certaines études
multicentriques sont probablement nécessaires afin de défini- à 30 % [9].
tivement se détourner du design conique pour le ballonnet des À partir de 2008, la plupart des recommandations internationales
sondes d'intubation, d'autant plus que ce dernier semble géné- ont intégré l'aspiration sous-glottique au sein de l'arsenal péven-
rer une variabilité de pression importante avec un impact délé- tif des PAVM. D'autres études restent à réaliser afin de déterminer
tère sur l'incidence des épisodes de surpression et de sous- quelles sont les modalités optimales de fonctionnement de ce
pression [22,29,34,35]. dispositif (aspiration manuelle ou automatisée, niveau de
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TABLEAU I
Exemple de protocole de soins concernant le circuit respiratoire et les filtres. Il s'agit d'un exemple qui doit être amené à être adapté en
fonction de la structure de soin, du type de patients admis, et des capacités matérielles du service concerné

Type de circuit le Dispositif Respirateur 1 Respirateur 2 Respirateur Respirateur du Recommandations


cas échéant médical de transport déchocage validées par
l'établissement

Système clos x x x x Changement tous les


d'aspiration 3 jours.
Limiter l'utilisation
dans les infections
à germes
multirésistants, en cas
de tuberculose ou de
ventilation en
décubitus ventral

Raccord mount x x x x À chaque changement


de filtre ou si
souillures

Humidification Filtre HME x x x x Tous les 48 h chez


passive patients atteints de
BPCO, 7 jours pour les
autres patients ou si
souillures du circuit

Circuit double x x x À chaque changement


branche de filtre ou si
souillures

Circuit x À chaque changement


monobranche de filtre ou si
souillures

Humidification Circuit avec x x Tous les 14 jours ou si


active chambre souillures
d'humidification
Filtre inspiratoire à usage unique x Entre chaque patient

Filtre expiratoire à usage unique x Entre chaque patient

dépression à adopter, rythme des drainages à réaliser, conduite Plusieurs modèles expérimentaux ont démontré que l'argent
à tenir en cas d'occlusion du canal d'aspiration). diminuait la formation du biofilm au sein des sondes d'intuba-
Prévenir et éliminer la formation du biofilm : tion ainsi que le délai de leur colonisation bactérienne [52,53].
imprégnation et dispositifs de clearance du biofilm Le premier essai clinique contrôlé-randomisé a démontré une
Le biofilm des sondes d'intubation constitue un réservoir bac- diminution de l'inoculum bactérien dans les aspirations trachéa-
térien capable d'ensemencer le parenchyme pulmonaire. Mal- les, ainsi qu'un retard de colonisation de la sonde d'intubation
gré de nombreux arguments établissant une homologie endotrachéale et des aspirations trachéales dans le groupe
bactérienne entre biofilm et pneumonie, il reste difficile d'éta- intubé avec la sonde d'intubation endotrachéale imprégnée
blir un lien de causalité entre ces deux phénomènes. Deux axes [54]. Devant les limites méthodologiques de cette étude, une
ont été explorés pour répondre à cette question: le premier première étude multicentrique incluant 2003 patients a été
consiste à éviter la formation du biofilm au sein de la sonde menée [55]. L'incidence des PAVM était de 4,8 % dans le groupe
d'intubation endotrachéale, le deuxième consiste en l'élimina- intubé avec la sonde imprégnée et de 7,5 % dans le groupe
tion du biofilm déjà formé. intubé par une sonde standard (p = 0,03), soit une réduction de
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risque relatif de 35,9 % et un nombre de patients à intuber avec de la fonction mucociliaire, altération du surfactant, micro-até-
la sonde imprégnée pour éviter un épisode de PAVM de 37 lectasies, bouchons muqueux et obstructions de sonde, hypo-
(IC95 = [19–369]). Aucune différence en termes de durée de xémie, infections. . .). Le seuil de 30 mgH2O.L 1 est couramment
ventilation mécanique, de durée de séjour en réanimation, retenu comme limite inférieure souhaitable. Ce conditionne-
de durée d'hospitalisation ou de mortalité n'était retrouvée. ment peut être effectué soit par un humidificateur chauffant,
Les multiples limites méthodologiques de cette étude ainsi soit pas un filtre échangeur de chaleur et d'humidité [59,60].
que l'absence d'autres investigations cliniques semblent res- Du fait de leur simplicité d'emploi, de leur faible coût, de leur
treindre l'emploi de ce type de sonde d'intubation endotra- performance équivalente à celle des humidificateurs chauffants
chéale aux seuls patients à haut risque de développer une lorsqu'ils sont bien choisis, les filtres échangeurs (HME) sont
PAVM dont l'incidence reste anormalement élevée malgré utilisables et recommandés en première intention chez la plu-
une politique de stratégie préventive multifactorielle. part des patients de réanimation [59,60].
En ce qui concerne l'axe préventif visant à éliminer le biofilm, L'utilisation d'humidificateur chauffant reste réservée aux cas
l'équipe de Kolobow et al. a développé une sonde d'aspiration suivants :
trachéale conçue pour éliminer le plus de sécrétions muqueuses  syndrome de détresse respiratoire aiguë ;

intraluminales possible [56]. Ce système, testé chez le mouton,  nécessité de diminuer l'espace mort instrumental ;

démontre sa faisabilité et son efficacité dans l'élimination du  sevrage ventilatoire difficile du patient obstructif ;

biofilm bactérien. Il semble diminuer la colonisation des sondes  risques importants de bouchons muqueux ou d'obstructions de

d'intubation dans un modèle expérimental [57]. Une étude cli- sonde (sécrétions très abondantes, hémoptysies massives) ;
nique de faisabilité menée sur 25 patients a démontré la sécurité  intoxication par des produits à élimination respiratoire ;

d'emploi du système, et que l'incidence de colonisation des  hypothermie profonde.

sondes était moindre dans le groupe interventionnel (8 % versus L'incidence des pneumonies nosocomiales n'est pas modifiée
83 % ; p < 0,001) [58]. D'autres systèmes ont été développés et par l'usage préférentiel de filtre HME ou d'humidificateurs chauf-
démontrés comme bénéfiques en termes de réduction des résis- fants [59,60]. En revanche, l'usage des filtres HME diminue
tances des voies aériennes et de travail respiratoire. Cependant, drastiquement le nombre de manipulations septiques du circuit
leur impact sur l'incidence des PAVM reste à démontrer. respiratoire.
En ce qui concerne le choix de filtres HME, des comparatifs ont
Conclusions été publiés, et la gamme de performances est large. Un grand
En conclusion, de par son rôle central dans la genèse des micro- volume (de 35 à 103 mL) est en général le garant d'une haute
inhalations et donc des PAVM, le choix du type de sonde performance d'humidification [59,60]. Il existe une corrélation
d'intubation doit faire partie intégrante de la stratégie de pré- forte entre la condensation observée dans le raccord annelé et le
vention des pneumonies acquises en réanimation. L'usage de pouvoir humidifiant du filtre HME. La présence permanente
sondes à ballonnet cylindrique en PVC dont la pression sera d'une condensation abondante indique un niveau d'humidité
rigoureusement contrôlée et ajustée entre 20 et 30 cmH2O au absolue correcte [59,60].
moins toutes les 6 heures, éventuellement aidée de dispositifs Les consensus internationaux sont en faveur d'un changement
régulateurs continus de pression, permet de réduire l'incidence des filtres HME [59,60] :
des pneumonies. La réalisation d'une aspiration manuelle des  toutes les 48 heures (chez les patients BPCO) à 7 jours (pour
sécrétions sous-glottiques toutes les 3 à 6 heures est également les autres) ;
associée à une réduction importante de l'incidence des PAVM.  systématiquement en cas de filtre souillé.
Enfin, comme souvent dans les approches préventives en réa- Les effets adverses des filtres HME sont l'augmentation de
nimation, l'association synergique de ces différentes modalités l'espace mort (50–100 mL) et de la résistance (0,7–
au sein de sondes d'intubation spécifiquement réservées à un 3,8 cmH2O.L 1.sec 1 à 60 L.min 1). Cette résistance peut aug-
usage chez les patients de réanimation, permettrait de réduire menter le travail respiratoire, notamment lors du sevrage res-
de manière importante l'incidence des pneumonies en espérant piratoire. Enfin, le risque d'obstruction est 3,8 fois plus grand
diminuer la durée de ventilation et de séjour en réanimation. qu'avec les humidificateurs chauffants [59,60]. Ce risque d'obs-
Les études testant ce type de « super sondes » de réanimation truction impose deux précautions de bonne pratique :
restent à effectuer.  changement de filtre HME lorsqu'il est souillé ;

 toujours le positionner en position haute, au-dessus de la


Quel circuit ? sonde d'intubation.
Humidification et réchauffement des gaz inspirés
L'absence d'humidification et de réchauffement adéquats des Cas particulier de la nébulisation d'antibiotiques
gaz inspirés au cours de la ventilation artificielle entraîne des Dans le cas très particulier de l'administration nébulisée d'anti-
conséquences dramatiques (dessiccation muqueuse, altération biotiques, il existe des spécificités quant au montage du circuit
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qui restent essentielles à suivre. En effet, la non-observance de pouvant proposer les 2 types de modes, est prioritaire. En effet,
ces spécificités expose au risque d'obstruction de filtre ou les performances des ventilateurs spécialisés dans le non-invasif
d'inefficacité du traitement. Les spécificités sont les suivantes sont nettement supérieures aux ventilateurs polyvalents,
[61] : notamment en ce qui concerne la gestion des asynchronies.
 usage de préférence d'un circuit à usage unique et dédié à la Or, l'incidence des asynchronies altère le pronostic des patients
nébulisation ; de réanimation. Les services de soins intensifs (cardiologiques,
 ablation du raccord annelé et du filtre HME ; ou polyvalents) pratiquant uniquement la ventilation non inva-
 extinction de l'humidificateur chauffant si en place ; sive ont tout intérêt de porter leur choix sur des ventilateurs
 mise en place du dispositif de nébulisation à 15–40 cm en spécifiquement conçus pour délivrer ce mode de ventilation. En
amont de la pièce en Y (branche inspiratoire) ; revanche, en cas de besoin de délivrer les deux types de modes
 changement systématique des filtres protégeant le respirateur ventilatoires, et de manière séquentielle chez les mêmes
à chaque séance de nébulisation. patients, et parfois de manière simultanée sur plusieurs
patients, il est préférable d'acquérir un type de ventilateur
Circuits mono- ou bi-branches
polyvalent de réanimation proposant sans restriction les
Le choix d'un circuit mono- ou bi-branche est en fonction du type
2 modes ventilatoires.
de respirateur. En général, les respirateurs de réanimation
nécessitant une alimentation de fluide mural (air et oxygène), Modes ventilatoires utilisés
imposent l'usage de circuit double branche avec valve expira- Les ventilateurs « lourds » et polyvalents de réanimation pro-
toire distale. Les respirateurs de transport ou de domicile (ali- posent actuellement une série de modes ventilatoires plus ou
menté uniquement par une source d'oxygène) fonctionnent moins utiles. L'équipe en charge du choix du type de ventilateur
quant à eux en général avec une circuit monobranche muni devra donc établir en amont le type de modes prioritairement
d'une valve expiratoire proximale. Le choix entre les 2 types de utilisés dans leur service. Cette liste de modes incontournables
circuit résulte donc du type de respirateur utilisé. guidera le choix de l'équipement. Les modes essentiellement
utilisés actuellement et ayant démontré des bénéfices chez les
Protocoles de soins et procédures patients de réanimation sont les modes :
L'existence de plusieurs options concernant le montage du  ventilation en volume contrôlé, ou assisté contrôlé ;
circuit respiratoire en réanimation impose la mise en place  ventilation spontanée avec aide inspiratoire ;
de protocoles de soin clairement établis en amont en collabora-  ventilation à 2 niveaux de pressions ;
tion avec l'équipe médicale, paramédicale et d'ingénierie bio-  ventilation en pression contrôlée.
médicale de l'établissement concerné (Tableau 1). Ce protocole
Plusieurs modes ventilatoires hybrides restent proposés par
doit être régulièrement actualisé, communiqué et rester acces-
certains constructeurs, sans qu'aucun bénéfice à leur utilisation
sible à l'équipe soignante.
n'ait été clairement démontré.
Conclusions Type de monitorage utilisé
L'usage de circuits double branches, avec un filtre de type HME Il est de la responsabilité de l'équipe en charge du choix du
changé tous les 2 à 7 jours associé à un raccord annelé per- ventilateur de convenir du choix des modalités de monitorage
mettant de contrôler sa capacité d'humidification, semble être du volotrauma systématiquement appliqué aux patients venti-
adapté à la grande majorité des patients admis en réanimation lés. Les modalités ayant fait leur preuve de leur bénéfice en
médicochirurgicale. L'usage d'humidificateurs chauffants reste réanimation sont :
indiqué dans certaines situations.  mesure de la pression de plateau (pause télé-inspiratoire) ;

 mesure de l'auto positive end-expiratory pressure (auto-PEEP,


Quel ventilateur ?
pause télé-expiratoire) ;
Le choix du ventilateur de réanimation est crucial puisqu'il  mesure du stress index (courbes spirométriques des pressions
conditionne la sécurité de délivrance d'un volume courant ou en fonction du temps) ;
d'une pressurisation adéquate assurant les échanges gazeux  mesure de la pression motrice (PEEP-pression de plateau).
optimaux. Ce choix devra s'appuyer sur 2 éléments : D'autres modalités de monitorage peuvent être proposées par
 le cahier des charges en fonction du type de pathologies
certains constructeurs, comme les courbes pression-volume, la
rencontrées dans le service d'intérêt ; compliance quasi-statique, la pression pleurale, tomographie
 la performance technique développée par le respirateur.
d'impédance électrique, sans qu'elles aient encore été démon-
Quel est le cahier des charges ? trées comme impactant le devenir des patients.
Ventilation invasive versus non invasive Types de pathologies régulièrement rencontrées
La question de la nécessité ou non de choisir un ventilateur Les pathologies les plus fréquemment rencontrées dans le
spécialisé uniquement dans la ventilation non invasive, ou service d'intérêt peuvent également guider le choix du matériel.
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Pour citer cet article : Monsel A, et al. « La ventilation mécanique : de la physiologie à la pratique » : quelle sonde, quel circuit, quel
ventilateur ? Anesth Reanim. (2017), https://doi.org/10.1016/j.anrea.2017.12.003

« La ventilation mécanique : de la physiologie à la pratique » : quelle sonde, quel circuit, quel ventilateur ?

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En effet, une incidence élevée de patients intubés-ventilés courts, le PTP 0,3, la concordance de pression et le pourcentage
présentant des hypoxémies réfractaires avec des compliances relatif de l'aire sous la courbe de pressurisation doivent être
effondrées orientera le choix vers un ventilateur « lourd » de élevés afin de garantir une performance satisfaisante. Un res-
type polyvalent de réanimation avec des hautes performances pirateur performant doit donc être sensible, rapide, fidèle aux
de pressurisation, de FiO2, de concordance de volume et de PEEP paramètres réglés et délivrant une pressurisation optimisée.
délivrés, de monitorage complet et d'alarmes fiables et facile-
Études comparatives
ment interprétables. En revanche, si la majorité des patients
En ce qui concerne les performances de sensibilité (délais ins-
sont obstructifs, conscients, avec des phases de sevrage pro-
piratoires) et de synchronisation avec le patient, les respirateurs
longé, le choix s'orientera plus vers un respirateur aux fortes
spécialisés dans la ventilation non invasive semblent être supé-
capacités de pressurisation, de détection (triggers et cyclages)
rieurs aux respirateurs polyvalents de réanimation [62,63].
et de traitement des asynchronies et de gestion des fuites
L'incidence d'asynchronie reste en effet très homogène et
(systèmes de compensation ou de volume garanti). La gestion
extrêmement faible avec les respirateurs spécialisés dans la
régulière des 2 types de pathologies imposera de choisir d'un
VNI. En revanche, les respirateurs polyvalents présentent des
ventilateur polyvalent, priorisant les performances de pressuri-
incidences d'asynchronies très hétérogène [62,64] avec parfois
sation et de concordance au détriment de certaines performan-
des performances inférieures à certains respirateurs de transport
ces telle que la détection ou la gestion des asynchronies.
[64]. Cette hétérogénéité explique aussi que certains ventila-
Spécificités du service teurs polyvalents, comme le V500 (Dräger®) atteignent des taux
Un dernier élément relatif aux spécificités thérapeutiques déve- d'asynchronie aussi bas que des ventilateurs de VNI [62]. Les
loppées par le service peut également infléchir le choix du respirateurs de réanimation sont cependant aussi performant
ventilateur. Les spécificités pouvant appeler au développement que les ventilateurs de VNI en ce qui concerne l'adaptation des
de certaines modalités de ventilation sont les suivantes : paramètres ventilatoires aux fuites [65,66].
 nébulisation d'agents thérapeutiques (module de nébulisation Concernant les respirateurs polyvalents de réanimation, ceux
à plaque vibrante) ; conçus avec turbine semblent plus performants en termes de
 oxygénothérapie haut débit (module haut débit imposant une sensibilité et de pressurisation (triggers et PTP 0,3) que ceux
turbine) ; avec compresseurs [66]. Dans la même étude, Thile et al. ont
 ventilation haute fréquence (oscillation ou jet-ventilation). comparé les performances des ventilateurs polyvalents de la
Certaines de ces modalités sont développées par certains génération des années 2000 versus ceux des années 2006. De
constructeurs. manière surprenante, ils démontrent qu'un plafond a été pro-
bablement atteint en termes de progrès technique, expliquant
Performances techniques recherchées
une stagnation des performances en terme de sensibilité de
Paramètres
pressurisation. Par ailleurs, ils attirent l'attention sur la grande
Afin de correctement choisir un ventilateur, il est essentiel
hétérogénéité des performances des ventilateurs polyvalents
d'appréhender les principaux paramètres d'évaluation des per-
de dernière génération, posant le problème de l'inadéquation
formances techniques suivant :
des performances par rapport à la qualité des soins pour certains
 la concordance de volume courant délivrée par rapport au
respirateurs aux performances franchement insuffisantes. Cette
volume consigne ;
même hétérogénéité parmi les ventilateurs polyvalents de
 la concordance de PEEP délivrée par rapport à la PEEP
réanimation a également été mise en évidence par Garnier
consigne ;
et al. [67]. Dans cette étude, parmi 13 respirateurs, seuls
 le délai inspiratoire composé du délai de trigger et du délai de
3 d'entre eux (V500, Dräger® ; C1, Hamilton® ; Engström,
pressurisation ;
GE®) atteignent plus de 80 % des performances maximales
 les paramètres de pressurisation :
en termes de concordance de volume courant, de PEEP délivrés,
 le produit pression-temps (PTP) à 0,3 secondes,
de délais inspiratoires, et de pourcentage relatif de courbe
 la concordance de pression par rapport à la pression
idéale de pressurisation. Dans cette étude, la plupart des venti-
consigne,
lateurs démontraient des performances homogènes et satisfai-
 le pourcentage de l'aire sous la courbe par rapport à la courbe
santes concernant la VNI avec ou sans fuites.
de pressurisation idéale.
Ces paramètres ne sont pas forcément connus et/ou commu- Conclusions
niqués par le fabriquant pour tous les respirateurs. En revanche, Si la majorité des patients bénéficient d'une VNI dans le cadre de
ils sont souvent investigués dans le cadre d'étude sur banc services de soins intensifs ou continus, le choix devra s'orienter
d'essai. Globalement, les paramètres mesurés (volume courant, préférentiellement sur des ventilateurs spécialisés et conçus
PEEP, niveau de pression) doivent concorder un maximum avec pour la VNI. Ce sont les plus performants dans ce domaine. Si
les paramètres consignes, les délais inspiratoires doivent être la cible concerne des patients souvent ventilés sur un mode
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Pour citer cet article : Monsel A, et al. « La ventilation mécanique : de la physiologie à la pratique » : quelle sonde, quel circuit, quel
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invasif avec des besoins de performances élevées en termes de modalités optimales restent encore à définir. Les circuits double
sensibilité, de concordance des paramètres réglés et de pres- branche avec filtres HME restent adaptés à la grande majorité
surisation, le choix devra alors se porté sur des ventilateurs dits des patients, faisant réserver les humidificateurs chauffants
« lourds » et polyvalents de réanimation. Leurs performances à des situations spécifiques. Les ventilateurs polyvalents de
étant hétérogènes, il semble essentiel d'étudier l'évaluation de réanimation présentent des performances médiocres concer-
leurs performances dans le cadre d'études indépendantes, afin nant les asynchronies, cependant ils restent les plus adaptés
d'investir dans un matériel de pointe et garantissant la meilleure aux patients de réanimation bénéficiant de ventilation invasive.
sécurité du patient. La grande hétérogénéité de leurs performances impose un
examen rigoureux de leurs capacités à délivrer les paramètres
Conclusion générale demandés, et à pressuriser les voies aériennes, afin de choisir au
L'usage de sondes d'intubation endotrachéale avec ballonnet en mieux un ventilateur garantissant le meilleur standard de soin.
PVC de type cylindrique, ajouté au contrôle rigoureux de la
pression ajustée entre 20 et 30 cmH2O éventuellement aidé Déclaration de liens d'intérêts : Les auteurs déclarent ne pas avoir de
par des dispositifs de régulation continue, doit être associé liens d'intérêts.
à l'aspiration régulière des sécrétions sous-glottiques dont les

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