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Podcast Qui a tué Socrate ?

Partie I, « Faites entrer l’accusé »

Socrate est un philosophe grec né en 470 avant JC et mort en 399 avant JC ayant laissé derrière lui de
nombreux questionnements, eux-mêmes constituant « l’affaire Socrate ». Ce dernier fut accusé l’année de son
décès et connut alors un procès au sujet duquel bien des mystères demeurent encore. D’après beaucoup
d’historiens, on accusa le philosophe pour impiété (manque de considération pour les obligations liées au Culte)
mais les vrais motifs furent des motifs politiques. Situation paradoxale puisque Socrate détenait un statut de
citoyen ce qui lui permettait d’être libre et ainsi de bénéficier de la possibilité de s’exprimer... Bien que 70 ans
après sa disparition Socrate fut admiré de tout le peuple athénien et perçu comme le modèle démocratique, il ne
fut guère apprécié de son vivant. Nous savons que le principal accusateur du philosophe grec fut Mélétos et que
celui-ci prit parole contre Socrate en formulant son acte d’accusation en trois parties :

I. accusé pour avoir introduit de nouvelles divinités

II. accusé pour n’avoir pas respecté les Dieux de la cité

III. accusé de corrompre la jeunesse

Ces trois motifs furent moyennement valables car Mélétos ne disposait que de très peu de preuves mais le
Magistrat estima tout de même nécessaire de mettre en place un procès. Celui-ci se déroula en deux phases de
jugement, 500 juges y participèrent et de nombreux spectateurs furent présents. Lors de la première phase, les
juges écoutèrent les deux partis opposés (Socrate/Ses accusateurs) et votèrent ensuite : 280 voix tombèrent en
faveur de son accusation et 220 voix contre son accusation (écart assez faible). La seconde phase consistait en
la prise de décision à propos de la peine qu’allait connaître Socrate : les accusateurs en proposèrent une,
l’accusé également et les juges allaient en choisir une des deux. La peine de mort fut demandée par ses
accusateurs : il aurait été possible (et peu surprenant !) que Socrate suggère aux juges une peine plus légère
telle qu’une amende ou l’obligation de s’exiler, et qu’il l’obtienne, à défaut de la mort. Cependant, le philosophe
proposa ironiquement « d’être logé et nourri au Prytanée » (lieu luxueux dont chaque possibilité de s’y rendre est
un véritable honneur !) ou bien de payer une amende d’une valeur très faible. Ces deux propositions inouïes et
ridicules furent faites purement dans le but de se moquer de l’éloquence judiciaire, et de marquer une rupture
face au règlement Athénien. Socrate s’est donc volontairement imposé la peine de mort, ce qui laissé derrière lui
quelques interrogations sur le fonctionnement démocratique athénien...

Accusé pour des motifs n’étant pas forcément les vrais, Socrate fut tout de même l’objet d’un procès duquel il
sortit condamné à mort. Peine presque choisie par l’accusé dans le but de renier le système judiciaire et politique
Athénien...