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« Ces Roumains qui ont fait la France,

ces Français qui ont fait la Roumanie »

Général Henri Mathias Berthelot qui, malgré ses origines françaises, a marqué l'histoire de la Roumanie.
À l’occasion de la Grande Union du 1er décembre 1918, le Général déclarait : « Que le sang des héros tués dans la Grande
Guerre soit pour toi, ô belle Roumanie, le germe de nouvelles vertus, pour que tes enfants soient toujours dignes de leurs parents
et prêts à défendre ta terre sainte, si souvent envahie, mais finalement réunie par l’effort de nouvelles générations ».  
Après la mort du roi Charles Ier, le roi Ferdinand monte sur le trône - la Roumanie renonce à sa neutralité et se rallie aux
pouvoirs de l’Entente. À l’arrivée du général en octobre 1916, les Allemands avaient déjà dépassé la barrière roumaine des Carpates
Méridionaux, et la cour royale, aux côtés de la classe politique, s’étaient réfugiées à Iasi. La mission militaire française sera connue en
Roumanie comme « la mission Berthelot » et le nom du général français deviendra un synonyme d’espoir.
Le général est resté un grand défenseur de la cause roumaine
jusqu’à sa mort, en 1931. À la Conférence de paix de
Versailles, de 1919, il a milité en faveur de l’état carpato-
danubien, sa nouvelle famille. Distingué avec la première
classe de l’Ordre de Michel le Brave, le général français a été
déclaré citoyen d’honneur de la Roumanie et membre
d’honneur de l’Académie roumaine, en 1926.
Napoléon III - Charles-Louis-Napoléon Bonaparte
« Chaque Roumain a deux patries; la seconde c'est la France. » Ainsi s'exprimait à la fin du XIXe siècle, Ion Bratianu qui
fut à plusieurs reprises Premier ministre du royaume de Roumanie.
Les manuels d’histoire roumains se souviennent du congrès de Paris de 1856, voulu et organisé par Napoléon III et Alexandre
Walewski, mais aussi de l’entrevue d’Osborne en 1857, qui permit de réaliser « l’Union » de la Moldavie et de la Valachie. Ils se
souviennent encore de la double élection du Prince Cuza en 1859, galvanisés par leurs tribuns de 1848, et de l’immense élan et du fol
espoir qui les animaient. 
"Sans Napoléon III la Roumanie n'existerait peut-être pas", résume l'historien roumain Lucian Boia, auteur d'un ouvrage
intitule "Napoléon III le mal-aimé", publié en France en 2008.
Outre l'implication du souverain français dans l'union des Principautés, elle évoque également la mobilisation des intellectuels
français en faveur de cette aspiration des Roumains, la francophilie des premiers dirigeants des Principautés unies, Alexandru Ioan
Cuza et le futur roi Carol Ier, ou encore les rapports artistiques entre la Roumanie et la France sous le Second Empire, explorés par des
parallèles entre tableaux de peintres des deux pays.
Edgar Quinet

Ion C. Bratianu et Constantin Alexandru (C.A.) Rosetti écrivirent les lignes suivantes à leur ancien professeur de français: «
Tout notre espoir est en vous, en notre seconde patrie. Et cela est vrai. Tout Roumain a deux patries: d’abord le sol où il est né,
puis la France. [...] Car c’est la France qui nous a élevés, instruits, et en son sein, nous avons allumé l’étincelle qui a embrasé
notre pays».
Quinet plaide en faveur de la cause des deux Principautés, publiant plusieurs articles dans la Revue des Deux Mondes, dont la
traduction paraîtra dans la revue Albina românească (1856). La Valachie et la Moldavie seront analysées historiquement, socialement,
politiquement et culturellement, le philosophe français démontrant que «les Roumains ont une tradition, une langue, une histoire,
une religion, un droit public et privé, c’est-à-dire tous les éléments constitutifs d'une vie nationale ».
Pour sa contribution à l'Union des Principautés Roumaines, il a été accepté par l'Académie Roumaine (1869) en tant que
Membre Honoraire de l'étranger.
Eugène Ionesco

Il y a un "cas" Eugène Ionesco. Le nom de l'auteur de La Cantatrice chauve est connu dans le monde entier. Né en Roumanie,
à Slatina et mort à Paris.
Ionesco a  connu les deux guerres mondiales.(1914-1918 et 1939-1945). Il a vécu la seconde à la fois en France et en
Roumanie.  Il en est resté marqué comme la plupart de ses contemporains et comme eux, s’est imposé à lui le sentiment que la vie est
absurde.
C’est Albert Camus qui dans Le Mythe de Sisyphe (1942) a introduit ce mot d’absurde en littérature. Pour Camus, l’absurde
vient de la confrontation entre la volonté qu’un être humain a de chercher un sens au monde et à la vie et l’absence de réponse que le
monde et la vie lui apportent: « L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde. »  
Constantin Brâncuşi

Il est né en Roumanie en 1876, dans un petit village d’Olténie au sein d’un monde rural et archaïque. Très jeune il quitte son
village natal. Dès son arrivée à Paris, il poursuit sa formation à l’Ecole des Beaux-arts dans l’atelier d’un sculpteur académique
reconnu : Antonin Mercié. En 1906-1907, diplômé des beaux-arts, il expose au Salon d’Automne. Auguste Rodin, président du jury,
remarque son travail et lui propose de devenir metteur au point dans son atelier. Quant à lui, est issu d’un monde archaïque et d’une
tradition millénaire de la taille du bois. Pour le sculpteur, « c’est la texture même du matériau qui commande le thème et la forme
qui doivent tous deux sortir de la matière et non lui être imposés de l’extérieur ».
Anna de Noailles

En 1925, Nicolae Iorga plaidait avec obstination pour qu’elle soit acceptée parmi les membres les plus influents de l’Académie
roumaine: « Madame, née Brancoveanu, de la famille Bibesco, est considérée aujourd’hui, comme une grande poétesse française. Les
critiques reconnaissent dans son écriture, l’esprit de notre peuple ». Sa démarche est couronnée de succès - la même année, elle et
Elena Vacaresco deviennent membres d’honneur de la plus haute instance culturelle et scientifique roumaine.
Anna de Noailles mais aussi sa cousine, Marthe Bibesco, furent également les vedettes des plus grands salons mondains et des
cercles culturels parisiens de l'époque. La nature, l’amour et la mort sont des thèmes récurant de son œuvre poétique, chantés dans les
volumes L'Ombre des jours (1902), Les Vivants et les Morts (1913) ou L'Honneur de souffrir (1934).  Elle ne verra la terre roumaine
qu'une seule et unique fois dans sa vie, en voyageant vers Constantinople. Les critiques roumains de l’époque l’ont accusé du
reniement public de ses origines, mais l’Occident l’a remarquée justement pour son parfum oriental.   
Emil Cioran 
Né le 8 avril 1911 actuelle Rășinari en Roumanie et mort le 20 juin 1995 à Paris, est un philosophe, poète et écrivain roumain,
d'expression roumaine initialement, puis française à partir de 1949.
Il se définit plutôt comme un marginal absolu, éternel étudiant inscrit à la Sorbonne jusqu’à l’âge de 40 ans et qui aurait voulu
continuer à fréquenter les cantines universitaires. Et s’il écrit, ce n’est pas dans la perspective d’une carrière littéraire, c’est par
dépression, par solitude, par dégringolade personnelle. Il refusa tous les prix littéraires (Sainte-Beuve, Combat, Nimier, Morand, etc.)
à l’exception du prix Rivarol en 1949, acceptation qu'il justifia ainsi : « je n'avais même plus de quoi manger et payer le loyer :
sans  Rivarol je serais devenu un vagabond, or mendier est un métier dont j'ignore les ficelles  ».
« On n’habite pas un pays, on habite une langue. Une patrie, c’est cela et rien d’autre. » Cette citation, qui fait partie du dernier
livre écrit par Cioran, Aveux et anathèmes, est devenue en quelque sorte un cliché, une image récurrente lors des colloques ou des
discussions portant sur le bilinguisme. 
Bucarest, le « Petit Paris »

Entre les deux guerres, la ville eut le surnom de Petit Paris, tant les Français y sont nombreux (la Roumanie forme, avec la
Tchécoslovaquie et la Yougoslavie, la "Petite Entente" alliée à la France). Quelques bâtiments monumentaux ont été construits par des
architectes français (l'Athénée, le Palais CEC (Caisse d'Epargne ), mais la ville a surtout été le théâtre d'expression de styles
architecturaux multiples tels l' Art nouveau, le Bauhaus ou les style purement locaux dits Néo-brancovan et Néo-vénitien dont il reste,
malgré les destructions ultérieures, d'intéressants exemples.