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UNIVERSITÉ IBN ZOHR Année universitaire 2019 - 2020

FACULTÉ DES SCIENCES


AGADIR

T.D. de Mécanique Quantique – SMP4


Série 3
Exercice 1
Soient A, B et C trois opérateurs linéaires.
1. Montrer que :  A, B  C   A, B   A, C 
2. Montrer que :  A , BC   A , B C  B  A , C .
 
n 1
3. En déduire que : A , B n   Bi  A , B  B n i 1 , n  ℕ*.
i 0
4. Soient F ( A) et G (B ) deux fonctions des opérateurs linéaires A et B. Montrer que :
A, B  0   F ( A) , G(B)  0
5. Montrer que si  B ,  A, B   0 , alors  A , G B    A , B 
dG
.
dB
Exercice 2
On considère un système physique dont l’espace des états à trois dimensions est rapporté à la
base orthonormée  u1 , u2 , u3 . Soient Lz et S deux opérateurs définis par :
Lz u1  u1 , Lz u2  0 , Lz u3   u3
S u1  u3 , S u2  u2 , S u3  u1

1. Ecrire les matrices représentant les opérateurs Lz , Lz2 , S et S 2 dans la base  u1 , u2 , u3 .

2. Ces opérateurs sont – ils des observables ?


3. Calculer les vecteurs propres et valeurs propres de Lz2 et S.
4. Déterminer une base de l’espace des états formée des vecteurs propres communs à Lz2 et S.
Ces deux observables forment-elles un E. C. O. C. ?

Exercice 3 (facultatif, à traiter chez soi)


Soit l’espace des états à deux dimensions rapporté à la base orthonormée  u1 , u2 . Calculer
les valeurs propres et les vecteurs propres des opérateurs suivants :
 1 2  0  1  1  1 0  i
A    , B    , C    , D   
 2 1 1 0   1 1  i 0 

Exercice 4 (facultatif, à traiter chez soi)


Traiter les exercices 8 et 9 page 205 du livre de Cl. Cohen Tannoudji et al., MQ, tome 1.

1
T.D. de Mécanique Quantique – SMP4 – Série 3
Corrigé
Exercice 1
Soient A, B et C trois opérateurs linéaires.
1.  A, B  C  A(B  C)  (B  C) A  AB  AC  BA  CA   A, B   A, C 
Généralisation :
 A , B   A , B 

i
i  k
k
 i k
 i,k
2. Montrons que :  A, BC   A, B C  B  A, C  .

Développons le second membre de l’égalité :


 A , B C  B  A, C   ( AB  BA)C  B( AC  CA)
 ABC  BAC  BAC  BCA
 ABC  BCA  A( BC )  ( BC ) A   A , BC 

 
n 1
3. Démontrons par récurrence de la relation : A , B n   Bi  A , B  B n i 1 .
i o

On a :  A, BC  A, B C  B  A, C 
Si B  C , alors :

 A , B   A , B B  B  A , B   B  A , B B  B  A , B B
2 0 1 1 0

Le développement est donc vérifié pour n  1 et n  2 .


Supposons qu’il le soit pour n  1 (n  2) :

 A, B   B  A, B  B
n2
n 1 i n i  2

i o

On a :
 A, B   A, B B    A , B B
n n 1 n 1

 B A , B n 1 
n2
  A , B B n 1   B i 1  A , B  B n i  2
i o
n2
  A , B B n 1   B i 1  A , B  B n  (i 1) 1
i o
n 1
  A , B B n 1   B j  A , B  B n  j 1 ; ( j  i  1)
j 1
n 1
  B j  A , B  B n  j 1
j o

2
4. F et G étant des fonctions respectives des opérateurs A et B, alors :
F ( A)   fi Ai et G ( B)   g j B j
i j

Donc :
 F ( A) , G( B)   fi g j Ai B j   fi g j B j Ai   fi g j [ Ai , B j ]
i, j i, j i, j

Considérons le commutateur [ Ai , B j ] ; on a :

 
j 1 j 1
 i 1 
[ Ai , B j ]   B r Ai , B B j  r 1   B r   As  A , B  Ai  s 1  B j  r 1
r o r o  s o 
Si [ A, B]  0 alors [ Ai , B j ]  0 et par la suite  F ( A) , G( B)  0 .

En particulier, pour A  B  F ( A) , on a : [ A, G ( A)]  0 puisque [ A, A]  0 .

5. Montrons que si  B ,  A, B   0 , alors  A , G B    A , B 


dG
.
dB

On a :
 j 1 s 
 A , G ( B)  [ A,  g j B ]   g j [ A, B ]   g j   B  A , B  B j  s 1 
j j

j j j  s o 
Le commutateur [ A, B] commute avec B, il commute aussi avec B s qui est fonction de B :

B s  A , B    A , B B s

D’où :
 j 1 s j  s 1   j 1 
 A , G( B)   g j    A , B  B B    g j    A , B  B j 1    A , B  g j j B j 1
 
j  s o  j  s o  j

d ( B j ) d   dG
Or : gj jB j 1
 gj
dB
 
dB  j
gj Bj 
 dB
j j 

d’où :  A , G( B)   A , B  dG( B)
dB
Exercice 2
1. Les matrices représentant les opérateurs Lz , Lz2 , S et S 2 dans la base  u1 , u2 , u3 :
1 0 0  0 0 1 1 0 0 1 0 0
       
Lz   0 0 0  , S   0 1 0  , Lz2   0 0 0  , S 2   0 1 0   
 0 0  1 1 0 0 0 0 1 0 0 1
       

Remarque : Au lieu de calculer directement les 9 éléments de matrice pour chaque opérateur,
commencer par calculer l’action de l’opérateur sur chaque élément de la base, ensuite déduire
les éléments de matrice non nuls.
3
2. Ces matrices sont symétriques et réelles, donc hermitiques, car :
[ AT ]  A

Comme l’espace est de dimension finie, elles sont diagonalisables et représentent donc des
observables.
3. Vecteurs propres et valeurs propres de Lz2 :
Lz2 u1  u1 , Lz2 u2  0 , Lz2 u3  u3

Donc, les valeurs propres de Lz2 sont 1 et 0. A la valeur propre 1 sont associés les vecteurs
propres u1 et u3 . A la valeur propre 0 est associé le vecteur propre u2 .

▪ Vecteurs propres et valeurs propres de S :


Les valeurs propres de S
 0 1
det ( S  I )  0 1   0  0  (  1)2 (  1)  0
1 0 

Les valeurs propres de S sont   1 ( deux fois dégénérée) et   1 (non dégénérée)

▪ Les vecteurs propres de S


● On constate que S u2  u2 , donc v2  u2 est le premier vecteur propre associé à   1 .

● Pour les deux autres vecteurs propres, considérons la restriction de la matrice de S au sous espace
ℰ2 engendré par les vecteurs u1 et u3 :

0 1
(S )   
1 0
On vérifie facilement que les vecteurs propres de (S ) s’écrivent en fonction de u1 et u3 :

v1 
1
 u1  u3  vecteur propre associé à la valeur propre 1,
2

v3 
1
 u1  u3  vecteur propre associé à la valeur propre -1.
2

Conclusion :

Les vecteurs propres de S associés à la valeur propre   1 sont v1 


1
 u1  u3  et v2  u2 ;
2

Le vecteur propre de S associé à la valeur propre   1 est v3 


1
 u1  u3  .
2
4. Base de l’espace des états formée des vecteurs propres communs à Lz2 et S :
i. Les deux observables Lz2 et S commutent :

4
1 0 0 0 0 1  0 0 1  0 0 11 0 0  0 0 1
         
Lz2 S   0 0 0   0 1 0    0 0 0  ; S Lz   0 1 0   0 0 0    0 0 0 
2

 0 0 11 0 0 1 0 0 1 0 0 0 0 1 1 0 0
         

 L , S   L
2
z
2
z S  S Lz2  0

ii. Base de vecteurs propres communs à Lz2 et S :


On vérifie facilement que les vecteurs v1 et v3 sont aussi vecteurs propres de Lz2 :

Lz2 v1  v1 , Lz2 v3  v3

Donc, l’ensemble des vecteurs  v1 , v2 , v3  sont des vecteurs propres communs à Lz2 et S .

Vecteurs propres communs Valeurs propres de Lz2 Valeurs propres de S

v1 
1
 u1  u3  1 1
2
v2  u2 0 1

v3 
1
 u1  u3  1 -1
2

A chaque couple de valeurs propres de Lz2 et S correspond un seul vecteur propre commun.
On montre facilement que l’ensemble  v1 , v2 , v3  vérifie les deux relations fondamentales
suivantes (relation d’orthonormalisation et de fermeture) :
3
vi v j   i j ,  vi vi  
i 1

Par conséquent, l’ensemble  v1 , v2 , v3  est une base de l’espace des états.


Les deux observables Lz2 et S commutent et admettent une base de vecteurs propres
communs, par conséquent elles forment un E. C. O. C.

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