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L’écoconception

L’écoconception est une démarche qui vise à améliorer la qualité écologique d’un produit, en réduisant ses
impacts négatifs sur l’environnement tout au long de son cycle de vie. Elle se caractérise par la prise en compte
de l’environnement lors de la phase de conception ou d’amélioration d’un produit. 80% des impacts
environnementaux associés à un produit sont déterminés lors de la phase de conception.
L’écoconception se traduit principalement par le choix de matériaux, et de procédés de fabrication moins
polluants.

Le cas d’Hewlett Packard : pionnier dans l’écoconception et le recyclage des produits  :

Le cas de HP montre un bon exemple d’écoconception. Dans l’industrie électronique, les exigences en matière
environnementale se sont très vite matérialisées à travers des réglementations telles que les Directives ROHS
ou DEEE.
Dès 1992, HP a mis en place son programme d’écoconception « Design for Environment » (DfE). En investissant
massivement en R&D, l’entreprise s’est fixée comme objectif de concevoir des produits les moins gourmands
possible en matière, les plus efficaces du point de vue énergétique et les plus aisément recyclables. Le
programme Design for Environment constitue un cadre technique dans lequel les caractéristiques
environnementales d'un produit sont optimisées. Ensemble, les responsables produits et les concepteurs HP
identifient, hiérarchisent et recommandent des améliorations environnementales. Les lignes directrices du
programme DfE de HP s'inspirent de l'évolution de la demande du marché et des exigences légales, mais elles
sont également influencées par l'engagement personnel des collaborateurs de l’entreprise.

Le programme Design for Environment comporte trois priorités :


 Efficacité énergétique : HP souhaite réduire la quantité d'énergie nécessaire à la fabrication et à
l'utilisation de ses produits.
 Innovation au niveau des matériaux : HP entend restreindre la quantité de matières utilisées dans les
produits, développer des produits ayant un impact moindre sur l’environnement et optimiser leur
valeur ajoutée en fin de vie.
 Conception en vue du recyclage : HP décide de concevoir des équipements faciles à faire évoluer et/ou
à recycler.
Au vu des lignes directrices du programme DfE, les concepteurs de produits doivent prendre en considération
de nombreux items :
 Il leur faut placer un responsable de l'environnement dans chaque équipe de conception pour
identifier les modifications susceptibles de réduire l'impact environnemental durant le cycle de vie du
produit.
 Ils doivent réduire le nombre et le type de matériaux utilisés et uniformiser les sortes de résines
plastiques utilisées.
 Ils s’attachent à aider les clients à préserver les ressources naturelles en économisant l'énergie
lorsqu'ils utilisent les produits HP.
 Ils cherchent à privilégier les matériaux recyclés dans l'emballage des produits.
 Ils réduisent le volume des déchets pour le consommateur en utilisant moins de matières et
d'emballage.
 Ils font tout pour améliorer le démontage, le tri et le recyclage en implémentant des solutions telles
que la norme ISO 11469, relative au marquage des produits plastiques ou en réduisant le nombre
d'attaches ou d'outils nécessaires à la séparation des éléments.
La conception des produits conditionne leur efficacité énergétique pendant leur utilisation et la capacité à
réutiliser ou à recycler de façon rentable les produits en fin de vie. Le recyclage des produits : HP recycle du
matériel informatique et d’impression depuis 1987.
Pionnier en la matière, HP a fourni aux législateurs des indicateurs de référence notamment pour la mise en
place de la réglementation sur les Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques (DEEE).
Réglementation sur les DEEE (déchets électriques et électroniques)
La DEEE est une réglementation sur les déchets électriques et électroniques établie par la directive
européenne. Elle instaure plusieurs obligations relatives à cette catégorie de produit :

1. OBLIGATIONS REGLEMENTAIRES DE COLLECTE ET DE TRAITEMENT DES DECHETS

A compter de l’année 2016, le taux de collecte minimal au sein de l’union européenne, sera équivalent à 45%
des tonnages de déchets électroniques et électriques produits lors des trois années précédentes.
Concrètement, la règlementation actuelle exige que :
 85% des gros appareils ménagers et des distributeurs automatiques collectés soient valorisés, et 80%
recyclés pour réintégrer la chaine de production.
 80% des équipements informatiques et de télécommunications soient valorisés, et 70% redirigés vers
des usines de recyclage des déchets informatiques, donc électroniques et électriques.
 75% des petits appareils ménagers (PAM), du matériel d’éclairage, des outils électroniques et
électriques, des jouets, des dispositifs médicaux et des instruments de surveillance soient dirigés vers
des filières de valorisation des déchets, et 55% d’entre eux orientés vers le recyclage.
 Enfin, que 80% des luminaires soient valorisés et recyclés.
 
Notons par ailleurs que l’enlèvement le tri et le recyclage des DEEE doivent être impérativement pris en charge
par quelques éco-organismes agréés par les pouvoirs publics. Un principe qui n’empêche pas ces organismes de
coopérer avec des collecteurs locaux, ou d’établir des partenariats avec des entreprises de recyclage des
déchets électroniques et électriques pour dépolluer et traiter les déchets électroniques et électriques.

2. OBLIGATIONS DE DEPOLLUTION

La réglementation  sur les déchets électriques et électroniques établie par la directive européenne exige
également que certains substances ou certains composants donnés soient impérativement soustraits de tout
déchet électronique et électrique ayant fait l’objet d’une collecte sélective. Ainsi, dès leur arrivée sur site, les
professionnels du recyclage sont contraints de retirer les éléments suivants des déchets recyclables reçus :
 Les piles et accumulateurs
 Les circuits imprimés dont la surface est supérieure à 10cm2 ( ce qui souvent le cas de ceux que l’on
trouve dans les téléphones portables)
 Les déchets d’amiante
 Les tubes cathodiques (dont la couche fluorescente doit être retirée)
 Les cartouches d’imprimantes
 Certains plastiques contenant des retardateurs de flamme bromés
 Les hydrocarbures, les hydrofluorocarbures et autres chlorofluorocarbones
 Les lampes à décharge
 Les écrans à cristaux liquides dont la surface est supérieure à 100cm2
 Les câbles électriques extérieurs
 Les éléments contenant des fibres céramiques réfractaires
 La plupart des composants radioactifs (tant que la quantité de substances visées ne dépasse pas un
seuil fixé par la directive)
 Les condensateurs électrolytiques contenant des substances dangereuses
 Les condensateurs contenant du polychlorobiphényle
 Les composants contenant du mercure

3. REGLEMENTATION SUR LES DEEE MENAGERS

Sont officiellement considérés comme des D3E ménagers les « déchets d'équipements électriques et
électroniques provenant des ménages, ci-après désignés comme déchets d'équipements électriques et
électroniques ménagers, et les déchets d'équipements électriques et électroniques d'origine commerciale,
industrielle, institutionnelle et autre qui, en raison de leur nature et de leur quantité, sont similaires à ceux des
ménages. 
Les déchets recyclables provenant d'équipements électriques et électroniques qui sont susceptibles d'être
utilisés à la fois par les ménages et par des utilisateurs autres que les ménages sont en tout état de
cause considérés comme étant des déchets d'équipements électriques et électroniques provenant des
ménages ».
Les producteurs de D3E ménagers sont par ailleurs responsables de la collecte et du traitement des
équipements mis sur le marché avant aout 2005. Après cette date, un marquage spécifique placé sur le produit
en question permet d’identifier le producteur et de préciser que l’équipement fera l’objet d’une collecte
sélective.
D’autre part, les producteurs doivent fournir à l’utilisateur les informations relatives au traitement et au
recyclage des déchets électroniques et électriques, mais aussi établir un système de collecte sélective ou
contribuer financièrement à la collecte d’un éco-organisme agréé, informer l’ADEME (Agence De
l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie) des quantités d’équipements mis sur le marché, et transmettre
dans l’année qui suit la mise sur le marché des équipements les informations relatives à leur démantèlement
aux entreprises de tri des déchets et de reyclage comme Paprec D3E.
Les distributeurs de D3E sont quant à eux tenus de respecter la règle du « un pour un », soit exiger le retour
d’un ancien équipement au moment de l’achat d’un produit neuf.
Les utilisateurs, enfin, sont aujourd’hui contraints de se plier à la règle précitée, ou de se charger de
l’acheminement de leurs D3E vers les points de collecte DEEE idoines, en respectant les systèmes de collecte
sélective mis en place par les collectivités locales. Quel que soit le cas de figure, les déchets DEEE ne doivent
jamais être mêlés aux ordures ménagères, et faire l’objet d’un tri sélectif des déchets.

4. REGLEMENTATION SUR LES DEEE PROFESSIONNELS

La règlementation en vigueur précise que tous les producteurs d’équipements électriques et électroniques sont
aujourd’hui tenus de faire collecter et traiter l’ensemble des déchets D3E issus des équipements professionnels
mis sur le marché après aout 2005 (qui doivent d’ailleurs comporter un marquage spécifique), ainsi que les
déchets électroniques et électriques ayant remplacé les anciens équipements jusqu’à cette date. Hormis ces
deux cas, le devenir des DEEE professionnels est librement déterminé par leurs producteurs, mais toujours
dans le cadre de la législation sur les déchets D3E.

5. LA GESTION DES DEEE DANGEREUX

La production et le stockage de déchets dangereux est encadré par quelques principes particuliers, et les
déchets D3E susceptibles de nuire à l’homme ou à son environnement n’échappent pas à ces lois. Ils doivent
être identifiés, étiquetés et stockés de façon règlementaire, puis transportés par des véhicules respectant les
directives de l’ADR (accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par
route), et enfin acheminés vers des ICPE, soit des installations classées pour la protection de l’environnement.

Directive Rohs
La directive européenne RoHS (2002/95/CE) vise à limiter l’utilisation de six substances dangereuses. Cette
directive a depuis été refondue et correspond aujourd’hui à la directive 2011/65/UE du 8 juin 2011 relative à la
limitation de l’utilisation de certaines substances dangereuses dans les équipements électriques et
électroniques. La directive 2011/65/EU est entrée en vigueur le 21 juillet 2011 et doit être transposée par les
Etats-membres depuis le 2 janvier 2013, date à laquelle la directive 2002/95/CE sera officiellement abrogée.
RoHS signifie Restriction of the use of certain Hazardous Substances in electrical and electronic equipment,
c’est-à-dire « restriction de l’utilisation de certaines substances dangereuses dans les équipements électriques
et électroniques ».
Cette directive s’applique donc à tous les nouveaux produits mis sur le marché dans l’Union Européenne, qu’ils
soient importés ou fabriqués dans l’Union.

1. Substances concernées
 
L’article 4 de la directive de 2002/95/CE précise les substances concernées, et la prise de décision de la
Commission du 18 août 2005 précise les concentrations maximales admissibles par poids de matière
homogène:

Substances dangereuses Concentration maximale

Le plomb 0,1%

Le mercure 0,1%

Le cadmium 0,01%

Le chrome hexavalent 0,1%

Polybromobiphényles (PBB) 0,1%

Polybromodiphényléthers (PBDE) 0,1%

2. Équipements concernés
 
La directive 2002/95/CE s’appliquait à huit des catégories de produits spécifiées dans la directive européenne
DEEE :
 Catégorie 1 : Gros appareils ménagers froid et hors froid (GEM)
 Catégorie 2 : Petits appareils ménagers (PAM)
 Catégorie 3 : Equipements Informatiques et de télécommunications
 Catégorie 4 : Matériels grand public
 Catégorie 5 : Matériel d’Eclairage
 Catégorie 6 : Outils électriques et électroniques
 Catégorie 7 : Jouets, équipements de loisirs et de sport
 Catégorie 10 : Distributeurs automatiques
Les batteries ne sont pas concernées par la directive. Depuis la refonte, la nouvelle directive RoHS inclut les
catégories 8 et 9 ainsi qu’une 11ème catégorie :
 Catégorie 8 : Dispositifs médicaux
 Catégorie 9 : Instruments de contrôle et de surveillance, y compris instruments de contrôle et de
surveillance industriels
 Catégorie 11 : Autres EEE n’entrant pas dans les catégories ci-dessus.

3. Etiquetage

Depuis le 1er juillet 2006, tous les nouveaux produits mis sur le marché sont censés être conformes. La
nouvelle directive RoHS prévoit que les appareils portant le marquage « CE » sont présumés, en l’absence de
preuve contraire, conformes à la directive.

Cependant, certains fabricants ont introduit leur propre système d’identification : « Pb free »; « RoHS
compliant »; « Lead free »; etc.