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MOUVEMENT D'UNE PARTICULE DANS DES CHAMPS ELECTRIQUES ET

MAGNETIQUES

Le plasma étant constitué de particules chargées, il est primordial de


connaître leur mouvement dans diverses configurations de champs
électrique, magnétique, statique ou oscillatoire. En principe, il suffit de
résoudre l'équation de Newton, Nous allons dériver quelques propriétés des
trajectoires de particules. Là où les calculs ne sont pas trop compliqués,
nous utiliserons les équations du mouvement relativiste:

dp
= q[E+vxB]
dt

p
v =
γm

1  p2  1/2
γ =  =   1 +  2 2 
2 m c
 1 - v   1/2
 c2 

m est la masse au repos de la particule.

I) MOUVEMENT D'UNE PARTICULE DANS UN CHAMPS ELECTRIQUE


CONSTANT Eo (Bo  = 0)

L'équation du mouvement est:

dp
= qEo (I-1)
dt

dont l'intégration est immédiate

p = q Eo t (I-2)

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On voit que la vitesse v a pour valeur la limite c.

p qEo t
v = = 
γm (qEo t)2
m  1 +  2 2  1/2
m c

Pout t tendant vers l'infini,

qEo t mc
p → ∞ et v → = c
mq Eo t

On retrouve le résultat bien connu que la vitesse d’une particule ne peut


pas dépasser la vitesse de la lumière.

II) MOUVEMENT D'UNE PARTICULE DANS UN CHAMP MAGNETIQUE


CONSTANT Bo (Eo = 0)

L'équation du mouvement est :

dp
= q [ v x Bo ] (II-1)
dt

L'énergie γ est conservée car la force de Lorentz est perpendiculaire à v.


L'équation (II-1) se ramène alors à

dv
γm = q [v x Βo ]
dt

dv q
= v∧ Bo = v x Ωc (II-2)
dt γm

q
où Ωc = Bo . Ωc est la fréquence cyclotron relativiste de la particule
γm

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concernée. Notre définition montre que Ω c est un nombre algébrique: Ωc est


positif pour les ions et négatif pour les électrons.

L'équation (II-2) montre que, selon la direction parallèle à Ωc, il n'y a pas de
force: le long du champ B o le mouvement est uniforme. La conservation de
l'énergie implique que la magnitude de la composante de p ou de v,
perpendiculaire à Bo , est également une constante

|| p⊥  ||
= || v⊥ || = constante (II-3)
γm

Choisissons Bo selon l'axe Oz. Dans le plan Oxy on a:

dvx qBo
= vy (II-4) (II-4)
dt γm

dvy qBo
= - vx (II-5)
dt γm

Les équations (II-4) et (II-5) admettent comme solutions:

dx
= vx = v⊥ sinΩct (II-6)
dt

dy
= vy = v⊥ cosΩct (II-7)
dt

L'intégration de (II-6) et (II-7) donne:

v⊥
x = - Ωc cosΩct (II-8)

v⊥
y = Ωc sinΩ ct (II-9)

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La particule décrit dans le plan Oxy un mouvement circulaire. Si q est


positif, le sens de rotation est celui des aiguilles d'une montre et si q est
négatif il est opposé à celui des aiguilles d'une montre (sens
trigonométrique). Le centre des orbites de giration des particules est appelé
centre de guidage (en anglais "guiding center" ou encore "gyro-center")

La quantité v⊥ / |Ωc| est le rayon de Larmor. ρc.

v⊥
ρc = Rayon de Larmor |Ωc| (II-10)

En conclusion dans un champ magnétique uniforme Bo le mouvement d'une


particule dans le plan perpendiculaire à Bo est circulaire. La composante
v|| de v parallèle à Bo n'est pas affectée. Si v|| est constant, alors le
mouvement de la particule est une hélice.

Comme il sera montré dans la section VI) de ce chapitre, on peut associer à


la rotation de Larmor des ions et des électrons un courant microscopique I L.
Le champ magnétique généré par ce microcourant est déterminé par la loi
d'Ampère et est opposé au champ magnétique externe B0 pour les deux
espèces: ions et électrons. La réponse des particules chargés qui composent
le plasma est telle que le plasma se comporte comme un milieu
diamagnétique.

III) MOUVEMENT D'UNE PARTICULE DANS UN CHAMP MAGNETIQUE Bo


ET SOUS L'ACTION D'UNE FORCE CONSTANTE F

L'équation du mouvement non relativiste est:

dv F q
= + v × Bo (III-1)
dt m m

qui se sépare en un mouvement parallèle à Bo (noté avec //) et un


mouvement perpendiculaire à Bo (noté avec ⊥ ):

dv|| F||
= (III-2)
dt m

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et
dv ⊥ F⊥ q
= + (v × Bo ) (III-3)
dt m m ⊥

Le mouvement parallèle à Bo est un mouvement uniformément accéléré.

Pour résoudre (III-3), introduisons une vitesse de dérive vD donnée par

1 F⊥  ×  Bo
vD = (III-4)
q B2o

vD est appelé vitesse de dérive et est par définition constante, car la force
F⊥ et Bo sont constantes par définition. Ce terme de vitesse est introduit
F⊥
pour que l'on puisse éliminer par la suite.
m

Réécrivons la vitesse v⊥ comme

v⊥ = v˜ ⊥ + vD (III-5)

Ceci est tout simplement une décomposition de v⊥ (i.e. un changement de


référentiel galiléen).

On a alors

dv⊥ d v˜⊥ q 1 (F⊥  ×   Bo ) ×  Bo F⊥


= = [ ˜⊥ × B o ] +
v + (III-
dt dt m m 2 m
Bo
6)

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6

Bo

( F⊥ ∧ B o )

F⊥
F⊥ × B o

Fig. III-1

Or
2
(F⊥  ×  Bo )  ×   Bo Bo  ×  (F⊥  ×  Bo ) Bo
2 = - 2 = - 2 F⊥ +
Bo Bo Bo
(Bo  • F⊥ ) Bo
2 = - F⊥
Bo

L'équation (III-4) se réduit à :

d v˜⊥ q
dt
= [ ˜v ×B ] (III-7)
m ⊥ o

Le mouvement perpendiculaire de la particule, dans le référentiel se


mouvant à la vitesse vD, est donc le mouvement cyclotron. Le centre
de guidage a une vitesse égale à la vitesse de dérive vD. Le mouvement
perpendiculaire total est donc une cycloïde (Fig. III-1). Notons que vD dépend
de la charge: les vitesses de dérive sont opposées pour des charges
opposées lorsque la force F est indépendante de la charge (par exemple
lorsque F est une force de gravité ou analogue à cette dernière, c’est à dire
du type α g).

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Fig. III-2

Trajectoire d'un électron sous l'action de F⊥ parallèle à -ey dans un champ


magnétique Bo e z. e z sort de la feuille. La vitesse de dérive des électrons VD
est alors selon ex .

IV) LA DERIVE (E × Bo )

Comme cas particulier de la force F⊥ , prenons la force due à un champ


électrique E⊥ perpendiculaire à Bo :

F⊥ = qE⊥ (IV-1)

La vitesse de dérive vD est alors

F⊥  ×  Bo E⊥  ×  Bo
vD = 2 = 2 (IV-2)
qBo Bo

La dérive vD induite par un champ électrique E ⊥ perpendiculaire à B o


est indépendante de la charge de la particule.

V) APPLICATION A L'INSTABILITE RAYLEIGH TAYLOR

Cette instabilité est celle d’un liquide lourd sur un liquide léger dans le
champ de gravité. La condition d’équilibre est simplement que l’interface
entre les deux liquides est un plan horizontal. Notre expérience de chaque
jour montre que les deux liquides inversent leur position : le liquide lourd
est à la fin du processus au-dessous du liquide léger. On dit dans ce cas que

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l’équilibre est instable.


Un plasma supporté par un champ magnétique dans un champ gravitationnel
g est instable (Fig. V-1). On peut obtenir une image physique de l'origine de
cette instabilité à partir du mouvement des ions et des électrons.

g
Plasma

Bo
• • • • • •

Fig. V-1

Configuration donnant lieu à une instabilité de Rayleigh-Taylor

Le champ gravitationnel g produit une force sur les ions

F⊥i = mi g (V-1)

et sur les électrons

F⊥e = me g (V-2)

F⊥i et F⊥e induisent respectivement une dérive sur les ions

mi g ×  Bo
VDi = 2 (V-3)
q Bo

et une dérive sur les électrons

me g ×  Bo
VDe = - 2 (V-4)
q Bo

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VDi et VDe sont donc opposées et VDi est mi/me fois supérieure à VDe. Les
particules positives et négatives dérivant dans des directions opposées
donnent lieu à une séparation de charge et donc naissance à un champ
électrique E (Fig. V-2). Le champ E, perpendiculaire à Bo , donne alors
naissance à une dérive VD

E ×  Bo
VD = 2
Bo
(V-5)

parallèle à g dans les régions où le plasma a envahi le vide et antiparallèle à


g dans les régions abandonnées par le plasma. Cette dérive augmente alors
la perturbation.

+ Champ électrique _
Position de l'interface + induit E _
à l'équilibre + E _

Vitesse de Electrons Vitesse


dérive Ions de dérive
g des ions des
Champ dûe à g électrons
magnétique Bo dûe à g

Vitesse de dérive des ions


et des électrons,
c.à d. de tout le plasma
dûe à E
Fig. V-2

Schéma indiquant les vitesses de dérives vDi et vDe, le champ électrique E


induit et la vitesse de dérive résultant vD..

VI) MOUVEMENT D'UNE PARTICULE DANS UN CHAMP MAGNETIQUE


LENTEMENT VARIABLE DANS LE TEMPS B = Bo (t)

Supposons que le champ magnétique varie lentement dans le temps c.-à-d.

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1 ∂Bo 
<< 1 (VI-1)
Bo |Ωc|  ∂t 

Nous n'allons pas calculer la trajectoire de la particule, mais une constante


du mouvement.
La variation du champ magnétique change le rayon de Larmor: l'orbite de la
particule change et l'énergie cinétique transverse varie. Cette variation
d'énergie est donnée ou absorbée par le champ électrique induit E:

∂Bo
∇×E=- (VI-2)
∂t

En effet

dW⊥ d  1  dv ⊥
=   mv2  = m v⊥ • = qv⊥ • E (VI-3)
dt dt 2 ⊥ dt

En écrivant

dl
v⊥ =
dt

où dl est un élément de longueur le long de la trajectoire, l'équation (VI-3)


devient

dW⊥ dl
= q E • (VI-4)
dt dt

Moyennée sur une orbite, la variation de l'énergie cinétique perpendiculaire


est


Ωc
dl
δW ⊥ = q ∫ E. dt (VI-5)
dt
0

Si les changements des orbites sont faibles, on peut remplacer l'intégrale

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sur le temps par une intégrale curviligne sur une orbite


 

δW ⊥ = q ∫ E • dl = q ⌡  (∇ × E) • dS
 s 
 
⌠ ∂Bo
= - q ⌡  dS
∂t
 s 
∂Bo
≅ |q| π ρ 2 c ∂t (VI-6)

On notera que le signe – a disparu puisque pour les charges positives (q>0),
B0.dS <0 et pour les charges négatives (q>0), B0.dS >0. Ceci est une
conséquence de la définition de dl considérée ici qui change de signe entre
q>0 et q<0.

En une période 2π/Ωc le changement de B est

∂Bo 2π
δB =
∂t Ωc
(VI-7)

En insérant (VI-7) dans (VI-6) on obtient

qπ v2
⊥ ∂Bo
δW ⊥ =
Ω2 ∂t
c

W⊥
δW ⊥ = δB (VI-8)
Bo

δW ⊥ W⊥
soit - δB =0
Bo B2
o

W⊥
δ   = 0 (VI-9)
Bo 

La quantité (W⊥ /Bo ) est donc une constante du mouvement lorsque le


champ Bo varie lentement.

Donnons maintenant une interprétation de W⊥ /Bo . Rappelons d'abord que le

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moment magnétique µ d'une boucle de courant IL de rayons ρc est

µ = π IL ρ 2
c (VI-10)

Une particule tournant sur orbite de Larmor à la fréquence cyclotron Ωc crée


un courant

qΩc
IL = (VI-11)

et le moment magnétique est

2
πq Ωc v⊥
µ = (VI-12)
2π Ω2 c

2
1 mv⊥ W⊥
µ = = (VI-13)
2 Bo Bo

L'équation (9) décrit donc la conservation du moment magnétique µ


lorsque le champ Bo est faiblement variable

δ[µ] = 0 (VI-14)

On dit que le moment magnétique µ est un invariant adiabatique. Par là


on entend que µ est invariant lorsque la variation de Bo (t) est adiabatique,
c.-à-d. lente.

L'équation (8) montre aussi que δW ⊥ est augmenté lorsque l'on augmente Bo
d'une manière adiabatique. Ceci est donc une méthode de chauffage du
plasma, connu sous le nom de chauffage par compression adiabatique. Le terme
compression vient du fait que lorsque Bo est augmenté, le plasma est
également comprimé (Pourquoi?).

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DIAMAGNETISME

Vectoriellement le moment magnétique de chaque particule s'écrit comme:


r 2 2
r 1 r r mv r 1
2 mv B ⊥
1
2 ⊥
µ = q rL ∧ v ⊥ = − eB = − (VI-15)
2 B B B

ou le signe – indique que l'orientation du moment dipolaire est opposée au


champ externe.

Calculons maintenant dans un plasma l'intensité d'aimentation


macroscopique M résultant de l'ensemble des moments magnétiques
orbitaux des particules individuelles. En désignant par ne, ni les densités,
par Te, Ti les températures électroniques et ioniques on obtient:

r M r
M =− B
B
avec
1
mv⊥2
M =∑ 2

e ,i B
et pour chaque particule on a:

〈 12 m v 2⊥ 〉 =〈 12 m v x2 〉 + 〈 12 m vy2 〉 = k B T

d'où le résultat final:

ne kB Te + ni kB Ti
M=
B

ce qu'on écrit souvent en supposant Te = Ti et en posant n = (ne + ni):

r n kb T r
M =− B (VI-16)
B2
Comme
r dans
r tout milieu magnétique, il existe un courant de magnétisation,
J M = ∇ ∧ M . Ce courant est nul dans plasma uniforme; il existe par contre
dans les régions présentant des gradients, par exemple au bord d'un plasma

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limité (de taille finie). En considérant les courant libres et les courants liés
qui peuvent exister dans le plasma, la loi d'Ampère s'écrit alors:
r
∇ ∧B r r r r
= J + JM = J + ∇ ∧ M
µ0
Le champ rmagnétique
r B dans le plasma est donc obtenu à partir du champ
appliqué B0 = µ0 H qui existerait en l'absence de plasma par la relation:

r r r r r r nk T r r 1 p r r 1 r
B = µ0 (H + M ) = B0 + µ0 M = B0 − µ0 B2 B = B0 − B = B0 − β B (VI-17)
B 2 B2 2
2µ0

où on a utilisé le paramètre β introduit au chapitre précédent qui est le


rapport entre la pression cinétique p = n kB T et la pression magnétique
B2
pmag = .
2µ0

A partir de l'équation (VI-17) il vient que:


r
r µ0 H
B=
(1+ β 2 )

ce qui montre que l'amplitude du champ magnétique


r r dans le plasma est plus
petite que l'amplitude du champ appliqué B0 = µ0 H . On en conclut donc que
le plasma est un milieu diamagnétique.

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VII) MOUVEMENT D'UNE PARTICULE DANS UN CHAMP MAGNETIQUE


STATIQUE BO ET UN CHAMP ELECTRIQUE VARIABLE E(t)

Nous allons distinguer deux cas selon la valeur de la variation de E pendant


une période cyclotron. Si cette variation est faible, on peut utiliser les
résultats dérivés de la théorie adiabatique. Le deuxième cas étudié est celui
où E(t) varie à une fréquence proche de la fréquence cyclotron.

A) Variation adiabatique

La condition de validité est:

1 dE
<< 1 (VII-1)
 E |Ωc|  dt 

Nous supposons que E est perpendiculaire à Bo . Le mouvement parallèle à


Bo est trivial. Si E était statique, le mouvement de la particule serait la
combinaison d'un mouvement cyclotron et d'un mouvement de dérive v0 D

E ×  Bo
v0
D =
B2
(VII-2)

L'introduction d'un champ E variable dans le temps va modifier cette vitesse


de dérive v0D . Pour résoudre l'équation du mouvement

dv q
= E(t) + v ×  Bo ] (VII-3)
dt m [

nous allons de nouveau décomposer v:

v = v0
D+ u (VII-4)

u contient maintenant non seulement le mouvement de giration (comme nous l'avons

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vu pour le cas E statique) mais également la dérive due à la variation temporelle de


E. Substituons (VII-4) dans (VII-3)

du q d v0
D
= u × Bo - (VII-5)
dt m dt

L'équation (VII-5) se résout par un changement de variable

~
u = u + vPD
(VII-6)

 0 
m  d vD 
vPD = - 2  dt   ×   Bo  (VII-7)
q Bo

En effet, en négligeant les dérivées secondes de E(t)

~
du d u q  ~ 
= = u ×  Bo  (VII-8)
dt dt m

Le terme vPD est appelé vitesse de dérive due à la polarisation et vaut

m  dE 
vPD = - 4 × B o × Bo (VII-9)
qBo  dt 

m dE
vPD = (VII-10)
qBo 2 dt

vPD dépend du signe de la charge et de la dérivée temporelle du champ

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électrique E(t). La dérive totale est

E × Βo m dE
vD = v0
D + vPD = + (VII-11)
B2
o
qBo 2 dt

Il y a deux résultats intéressants à considérer. Tout d'abord, v0 D est


perpendiculaire à E: il n'y a donc pas d'échange d'énergie entre le champ e t
les particules. Toutefois, on constate que v0
D , mesurée entre deux instants,
varie car E change: il y a donc changement de l'énergie cinétique associée à
v0
D . Cette énergie provient du travail W exécuté par le champ E sur la
particule lorsqu'elle dérive selon vPD :

 t2  t2
m dE
δW = ⌠
⌡  qE • vPD dt = 2 ⌠⌡  E •
Bo  t dt
 ti  1
dt (VII-12)

1 2
La variation d'énergie cinétique m v0
D ( )
est:
2

 1 2 m  t2 dE
δ( m v0
( )
D ) = 2 ⌠⌡  E• dt (VII-13)
2 Bo dt
 t1 

La comparaison de (VII-12) et (VII-13) montre que la variation d'énergie


1 2
cinétique m v0 D( )est égale au travail de la force électrique sur la particule
2
lors de son mouvement de dérive vPD .

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B) Variation temporelle du champ électrique E à une fréquence ω proche


de Ωc

Nous supposerons

E (t) = E˜ exp(iωt) (VII-14)

L'équation de Newton est alors

dv q ˜
dt
=
m
[
E exp(iωt)+ v × B o ] (VII-15)

Intuitivement nous nous attendions à trouver une solution qui dépende de


exp{iωt}. Essayons alors l'ansatz suivant:

v = vM + vE exp(iωt) (VII-16)

où vM a une dépendance temporelle autre que exp(iωt). Insérant (VII-16)


dans (VII-15), nous donne :

dvM q ˜
dt
+ iωvE exp(iωt) =
m
[
E exp(iωt)+ vM × B o + [ v E × B o ] exp(iωt) ]
(VII-17)

L'équation (VII-17) se sépare en deux équations, une première indépendante


de ω

dvM q
= v  ×  Bo ) (Mvt. cyclotron) (VII-18)
dt m ( M

et une seconde qui dépend de ω

q ˜
iωvE =
m
[
E + vE × B o ] (VII-19)

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L'équation (VII-18) décrit de nouveau le mouvement cyclotron. L'équation


(VII-19) décrit le mouvement forcé à la fréquence ω:

 q  q ˜
 iω  +  m Bo ×   vE = E (VII-20)
m

Pour résoudre l'équation (VII-20), multiplions les deux membres par


 q 
l'opérateur  iω  -    Bo ×  
m

 q   q   q  q
B o × E˜

 iω  -  m Bo ×   
 iω  +    Bo ×    vE = iω − (VII-21)
 m  m m 

 2 q2  q  q
B o × E˜

−ω vE − 2 B o × (B o × vE ) = iω − (VII-22)
 m  m m 

Soit E˜ = E|| + E⊥ (VII-23)

où les indices parallèle et perpendiculaire se réfèrent au champ magnétique


Bo .
Le mouvement parallèle est alors:

q2 q2 q
- ω2vE|| + B2
o vE|| - B2
o vE|| = iω
m2 m2 m
E||

soit
i q
vE|| = - E|| (VII-24)

Le mouvement perpendiculaire est donné par

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 2 
 -ω2 +   q  B2 q q
 
 vE⊥ =
 m2 o  m  iω - m Bo x E⊥

soit

q
  iω - Ωc× ]  E⊥
m[
vE⊥ = (VII-25)
Ω2c  - ω2


q
Ωc = Bo
m

Pour étudier plus en détail l'équation (VII-25), nous allons décomposer E⊥


qui est linéairement polarisée en somme de deux vecteurs circulairement
polarisés

1  Ωc ×  E⊥  1  Ωc ×  E⊥ 


E⊥ = E  + i  + E  - i 
2 ⊥ Ωc  2 ⊥ Ωc 

= EL + ER (VII-26)

Examinons chaque terme de la somme (VII-25). Prenons par exemple EL. Ses
composantes sont:

~
E⊥   iπ  
EL = e
 x  Re ( exp(iωt))   + ey Re  exp(iωt +  )
2 2 

E⊥ E⊥
= cos ωt ex - sin ωt ey (VII-26)
2 2

On voit que EL est polarisé circulairement. Son sens de giration est gauche
lorsque l'on regarde en direction de Oz, soit en direction de Bo . De même ER

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est donnée par

E⊥ E⊥
ER = cos ωt ex + sin ωt ey (VII-28)
2 2

ER est polarisée circulairement droite lorsque l'on regarde en direction de Bo .


Calculons la valeur du numérateur de (VII-25) avec la composante EL

q q  Ω ×E 
iω - Ωc× ] EL = [i ω − Ω c × ]  E ⊥ + i c ⊥ 
m[ 2m  Ωc 

q  Ω × E⊥ Ω × (Ωc × E ⊥ )
= iωE ⊥ − Ωc × E ⊥ − ω c −i c

2m  Ωc Ωc 

q  ω 
= iωE − Ω × E⊥ − (Ω × E ⊥ ) + iΩc E ⊥
2m  
⊥ c c
Ωc

q  Ω × E⊥ 
= i(ω + Ωc) E ⊥ + i c
2m  Ω c 

q q
iω - Ωc× ] EL = i (ω + Ωc) EL (VII-29)
m[ m

De même

q qi
iω - Ωcx] ER = + (ω - Ωc) ER (VII-30)
m[ m

Les relations (VII-29) et (VII-30) montrent que EL  et ER sont les vecteurs
propres associés à l'opérateur (iω - Ωcx). A chacun de ces vecteurs propres EL

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et ER correspond donc respectivement aux vitesses vEL et vER données par

iq EL
vEL =
m ω-Ωc
(VII-31) 

iq ER
vER = (VII-32)
m ω + Ωc

Pour un ion positif, Ωc est positif. La formule (VII-31) montre alors que la
vitesse perpendiculaire vEL devient infinie pour ω = Ωc en présence d'un
champ électrique gauche EL (opposé au sens trigonométrique). Une charge
négative a le même comportement en présence d'une onde droite ER.

Cette résonance peut être expliquée de la manière suivante. Un ion positif a


un mouvement de giration dans le sens gauche à la fréquence Ωc. Un champ
électrique polarisé circulairement gauche et de fréquence Ωc est toujours en
phase avec la particule donnant ainsi lieu à une accélération continue.

VIII) MOUVEMENT D'UNE PARTICULE DANS UN CHAMP MAGNETIQUE


INDEPENDANT DU TEMPS ET LENTEMENT VARIABLE DANS L'ESPACE Bo (r)
(Eo = 0)

Nous allons supposer que le champ Bo (r) est inhomogène

Bo (r) = Bo (ro ) + (r • ∇ o )Bo (VIII-1)

∇ o signifie que la dérivation doit être prise en r = ro, position du centre de


guidage. Le champ est lentement variable, c'est-à-dire:

||Bo (ro )|| >> ||(r • ∇ o ) Bo || (VIII-2)

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Cette faible inhomogénéité a pour conséquence que les orbites sont proches des
orbites circulaires correspondantes au cas du champ Bo uniforme.
L'équation du mouvement est:

dv q 
= v ×  Bo   +  ( v × (r • ∇o )Bo )  (VII-3)
dt m

Le terme ( v ×  (r • ∇o)Bo) est considéré comme perturbation au premier


ordre. On développe v en série

v = vo + v(1) (VIII-3)

A l'ordre 0 on a

dvo q
= (v × Bo )
dt m o

dv(1) q (1) q
= (v × Bo ) + (v × (R• ∇o )Bo ) (VIII-4)
dt m m o

Dans le terme v × (r • ∇ o )Bo , v a été remplacé par vo car (r • vo )Bo est un


terme du premier ordre. De plus r a été remplacé par R, orbite de giration de
la particule à l'ordre 0. Cette dernière substitution a été également faite
pour que le terme (R • ∇o )Bo soit d'ordre 1. L'équation (VIII-4) est du type

dv(1) q (1) F
= v  ×  Bo ] + (VIII-5)
dt m[ m

c'est à dire une équation que nous avons résolue auparavant, lorsque F est
constante. Dans le cas de l'équation (VIII-5), F n'est pas constante car il
dépend de R.

Nous n’allons pas résoudre l’équation VIII-5 en fonction du temps, mais étudier le
mouvement sur des échelles de temps de l’ordre de la période cyclotron.

Physique des Plasmas I Semestre d'Ete 2004


24

Calculons la moyenne de F au cours d'une orbite de giration:

<F> = < q vo × (R • ∇ o) Bo > (VIII-6)

Dans un système de coordonnées cylindriques avec l'axe Oz parallèle à Bo


(VIII-6) se simplifie


<F> = qvo × R o B o (VIII-7)
∂r

La vitesse vo est tangente à l'orbite: vo ne possède qu'une composante


azimutale vθ. Par conséquent, la composante Boz va donner naissance à une
force perpendiculaire F⊥ et Bor à une composante parallèle F|| à Bo:

∂ B
<F⊥ > = qvo × R o oz ez (VIII-8)
∂r


<F||> = qvo × R o B o r (VIII-9)
∂r

Examinons d'abord <F||>. qvo × R est un vecteur parallèle à Oz dont la


magnitude est égale au double du moment magnétique

< >
∂o  Bor
<F||> = 2 µm ez (VIII-10)
∂r

< >
∂o  Bor
Evaluons . L'équation de Maxwell ∇ • B s'écrit en
∂r
coordonnées cylindriques

∂Bz ∂Br Br 1 ∂Bθ


∇ • B= + + + =0 (VIII-11)
∂z ∂r r r ∂θ

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25

1 ∂Bθ
La moyenne de est
r ∂θ

< > 1 ∂Bθ


 
r ∂θ
=
1
2πR ∫1
R
∂B
∂θ
Rdθ

1 ∂B
=
2πR ∫ ∂θ dθ = 0 (VIII-12)

Estimons Br/r pour de petits r:

∂Br
Br = Br(r = 0) + r (VIII-13)
∂r

Par choix même des axes de coordonnées, en r = 0 le champ B est dirigé
selon Oz. (VIII-13) devient alors

∂Br
Br = r
∂r

soit

Br ∂Br
= (r → 0) (VIII-13)
r ∂r

On a donc,

< > < >


∂Br ∂Bz ∂Bz
2 = - = - (VIII-14)
∂r ∂z ∂z

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26

L'expression de F|| devient alors

∂Bz
<F||> = - µm
∂z
ez (VIII-14)

Si le champ Bz augmente avec z, une force <F||> s'exerce sur la particule dans
le sens opposé. Montrons que sous l'action de <F||> la vitesse parallèle peut
s'annuler. Pour cela, on utilise la conservation de l'énergie cinétique (la
force magnétique est perpendiculaire au déplacement et ne contribue pas à
la variation de l'énergie) et la constance du moment magnétique. Cette
dernière résulte de l'adiabaticité du mouvement. La configuration du champ
magnétique est donnée à la figure (VIII-1): c'est celle des machines miroirs.
Le champ Bz est plus élevé aux deux bouts de la machine. Soit z = zo le plan
de symétrie de la machine. Appelons zt l'endroit où la vitesse parallèle
s'annule. La conservation de l'énergie cinétique nous donne alors:

W ⊥ (zo ) +W||(zo ) = W⊥ (zt) (VIII-15)

et la constance du moment magnétique:

W ⊥ (zo ) W ⊥ (zt)
=
B(zo ) B(zt)
(VIII-16)

Combinant (VIII-15 et VIII-16) on obtient

B(zo ) W ⊥ (zo ) W ⊥ (zo )


=
B(zt) W ⊥ (zt) W ⊥ (zo ) + W||(zo )

B(zo ) v2
⊥  (zo )
= (VIII-17)
v2
B(zt) 2
⊥  (zo )  +  v || (zo )

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27

FIG. III-1

Ligne de champ dans une machine miroir


(Tiré de "Principle of Plasma Physics " de Krall et Trivelpiece)

Dénotant θo l'angle en v et B(zo ), on a

B(zo )
= sin 2θo (VIII-18)
B(zt)

L'équation (VIII-19) montre alors que toutes les particules issues de zo e t


possédant le même θ o seront réfléchies en zt et ceci quelle que soit leur
vitesse. Soit Bmax le champ maximum, le rapport

B(zo )
est appelé rapport miroir.
Bmax

Le confinement par une machine miroir n'est pas parfait. En effet, seules les

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28

particules pour lesquelles

B(zo )
sin 2θ ≥ (VIII-19)
Bmax

seront confinées. Les particules avec θ < θ c sortent de la machine.


Rappelons sinθ = v⊥ /v: la condition (VIII-19) définit alors un cône dans
l'espace des vitesses. Toute particule rentrant dans ce cône (appelé cône de
perte) ne sera pas confiné. Cette perte fait que les fonctions de distribution
dans l'espace de vitesse des particules n'est jamais isotrope. Notons
également que ni la charge, ni la masse n'interviennent dans la définition du
cône de perte: les ions et les électrons ont le même comportement en
absence de collision.

A part l'application dans les machines miroirs, la réflexion des particules par
un champ magnétique miroir est également la cause de l'existence de la
ceinture de Van Allen. Les particules de la ceinture de Van Allen sont
confinées par le champ magnétique terrestre. Ce dernier est plus intense
aux pôles qu'à l'équateur formant ainsi un miroir naturel.

Calculons maintenant la force perpendiculaire due à une variation


perpendiculaire du champ Bo = (0,0,Bo )

< >
∂o
<F⊥ > = qvo  ×  R   Boz ez (VIII-20)
∂r

On voit (Fig. III-2) que vo × ez = - (R/R)vo . On a donc

< >
∂o  Boz
<F⊥ > = - R  q vo (VIII-21)
∂r

Pour évaluer <F⊥ >, utilisons les coordonnées cartésiennes :

R = R cosφ ex + R sinφ ey (VIII-22)

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x = r cosφ, y = r sinφ (VIII-23)

∂ dx ∂ dy ∂
= +
∂r dr ∂x dr ∂y

∂ ∂ ∂
= cosφ + sinφ (VIII-24)
∂r ∂x ∂y

<F⊥ > =

< >
 ∂ ∂ 
-q vo ( R cosφ ex   +  R sinφ ey)   cosφ ∂x Boz  +  sinφ ∂y Boz

< >< >


  ∂ ∂  
= -q voR ex  cos2φ   Boz   +   sinφ cosφ   Boz  
∂x ∂y  

< > < >


 ∂ ∂ 
+ey  sin2φ   Boz   +   sinφ cosφ   Boz 
∂y ∂x 

(VIII-25)

e
z R
v
o

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FIG. III-2

∂Boz
On peut choisir le système de coordonnées de telle façon que est
∂y

nul. De plus, on considère que Boz est constant sur une orbite ce
∂x
qui permet d'écrire


-q vo Re x   <cos2φ > Boz   +  <sinφ cosφ >   Box
 
<F⊥> =
 ∂x

1 ∂
= - q vo R Boz ex (VIII-26)
2 ∂x


= - µm Boz ex (VIII-27)
∂x

µm 1 ∂B2o
<F⊥> = -
2 Bo ∂x
(VIII-28)

(Boz est la composante dominante dans l'expression de Bo)

Comme nous avons choisi arbitrairement la coordonnée x, nous pouvons


écrire (VIII-28) avec l'ordre de l'opérateur ∇⊥

1
<F⊥> = - µm ∇ ⊥ B2
o (VIII-29)
2Bo

Cette force perpendiculaire <F⊥> va donc donner lieu à une vitesse de


dérive

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31

µm  
vD =  Bo  ×  ∇⊥ B2
o (VIII-30)
2B3
oq

La vitesse de dérive due à un gradient perpendiculaire du champ magnétique


dépend de la charge de la particule: les ions et les électrons dérivent dans
des directions opposées.

IX) MOUVEMENT D'UNE PARTICULE DANS UN CHAMP MAGNETIQUE


PRESENTANT UN RAYON DE COURBURE R

Soit un champ magnétique dont les lignes de champ ont un rayon de


courbure R constant. Deux effets vont se superposer: le premier est celui de
la force centrifuge ressentie par le centre de guidage d'une particule lors de
son mouvement le long de la ligne de champ. Le deuxième effet provient de
la variation du champ B dans la direction radiale.

Soit v|| la vitesse parallèle. La force centrifuge est alors

mv2|| mv||2
Fc = er = R (IX-1)
R R2

où er est le vecteur unité selon la direction radiale. Fc perpendiculaire aux


lignes de champ va induire une dérive

1 Fc  ×  Bo mv2|| R ×  Bo


vD1 = = (IX-2)
q B2o
q R 2B2
o

vD1 dépend donc de la charge q et est perpendiculaire à Bo et Fc. Examinons


maintenant l'effet de la variation radiale de B. Le champ B décroît comme
1/R. La dérive perpendiculaire est alors

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32

µm
vD2 = - (∇ ⊥ B o × B o ) (IX-3)
B2
o q

mv2⊥ Bo
vD2 = 2 (R × Bo ) (IX-4)
2B3
o q R

mv2
⊥ R ×  Bo
vD2 = (IX-5)
2B2
oq R2

Pour obtenir (IX-4), nous avons utilisé

Bo
∇⊥B = - R (IX-6)
R2

La dérive totale est donc

m 1 1
R × B o ) v2 + v2
 
VD = vD1 + vD2 = ( || ⊥ (IX-7)
q R 2B 2  2 
0

Les deux dérives s'additionnent et dépendent de la charge. Ce résultat est


important car il montre qu'on ne peut utiliser un champ purement torique
pour confiner le plasma.

Considérons, en effet, un champ purement toroïdale (Fig. IX-2). Les ions e t


les électrons, à cause de la courbure du champ, vont dériver dans les
directions opposées. Un champ électrique E va donc être induit. Ce champ E,
à son tour, va induire une dérive radiale (E × B)/B2 indépendante de la
charge qui amènera à une perte du plasma sur la paroi.

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FIG. IX-2

Structure magnétique purement toroïdale montrant les différentes dérives


(Tiré de "Principles of Plasma Physics" de Krall et Trivelpiece)

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