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I- LES UNITÉS DE LA LANGUE

Que nous soyons auditeurs ou lecteurs, la langue se présente à nous comme une structure, c’est-à-
dire un ensemble de signes liés entre eux dans lequel nous découpons des éléments significatifs en
nous aidant des formes et du sens. Le découpage des unités de niveau supérieur forme une unité de
niveau inférieur. Les phrases sont formées de groupes de mots (ou syntagmes). Le syntagme se
subdivise en mots. Les mots sont faits de morphèmes et ces derniers sont constitués de phonèmes.
La phrase
Délimitée par la ponctuation, la phrase constitue à la fois une unité grammaticale, une unité
mélodique et une unité de sens. Observer la composition, les articulations, le rythme, la forme et le
type des phrases d’un texte est le moyen d’en comprendre le sens et d’en apprécier le style.
La proposition constitue en quelque sorte une sous-phrase intégrée à l’ensemble de la phrase. On
opposera ainsi la phrase simple à une seule proposition (l’enfant dort) à la phrase complexe, qui
comporte plusieurs propositions qu’elle relie (l’enfant dort car il est malade)
La phrase comme unité d’analyse abstraite dégagée par la grammaire doit être distinguée de
l’énoncé, produit concret de l’activité de langage d’un locuteur réel.
Le syntagme
Le syntagme se définit comme étant un groupe de mots formant une seule unité catégorielle,
fonctionnelle et sémantique. Il est possible de lui substituer un mot simple dans la même fonction.
➢ Cinq membres de la fédération royale de football (ils) dorment dans l’assemblée générale.
Chaque constituant du syntagme, parce que décomposable, garde sa signification et sa syntaxe
propres.
Le mot
Le mot est l’unité de sens à partir de laquelle la phrase s’élabore syntaxiquement. Il a une forme
concrète, sonore ou écrite (le signifiant), et un sens (le signifié). Comprendre la formation des mots,
leur dénotation (la définition), leur connotation (les significations qu’ils prennent dans le contexte),
leur regroupement dans un champ lexical, c’est apprécier la richesse d’un texte.
Le morphème
C’est la plus petite unité linguistique ayant un sens spécifique. On distingue généralement deux
grandes sortes de morphèmes.

• Les morphèmes lexicaux qui ont une signification lexicale : table, maison (radical)
• Les morphèmes grammaticaux qui, ajoutés aux morphèmes lexicaux, permettent de porter une
information de nature différente : classe de mots, marque de genre, de nombre, de temps, etc.
Le phonème
C’est la plus petite unité da chaîne parlée pourvue d’une valeur distinctive. Il sert à distinguer les
différents mots et morphèmes: Lien, bien, chien…..
Le graphème est la plus petite unité du système graphique destinée à transcrire les phonèmes. Il est
constitué par un ou plusieurs lettres : [o]= o, au, eau.
II- Les classes grammaticales
Chaque mot appartient à une classe grammaticale qui lui est propre. C’est sa nature grammaticale.
Les mots du français peuvent être classés selon leur nature en grands groupes :
Les mots variables et les mots invariables
Cinq espèces de mots sont variables: le nom, le déterminant, l’adjectif, le pronom et le verbe. Quatre
espèces de mots sont invariables : les adverbes, les prépositions, les conjonctions et les interjections.

1- Le nom

Le nom, appelé aussi substantif, représente une qualité, un état, une action, etc. qui, dans la nature,
sont inhérents à une chose, à une personne ou à un animal.

A- La sous-catégorisation des noms :


En rapport avec leurs caractéristiques morphologiques et la dimension du sens qu’ils véhiculent, les
noms peuvent être divisés en plusieurs classes lexico-grammaticales :

• Noms communs/noms propres


• Noms concrets/ noms abstraits
• Noms individuels/ noms collectifs
• Noms comptables/ noms non comptables
• Noms animés/ noms inanimés
• Noms simples/ noms composés

a- Les noms communs et les noms propres


Le nom commun est celui qui convient à tous les êtres ou objets de la même espèce. Le mot
« chaise » (défini par les propriétés suivantes: pièce du mobilier conçue pour s’asseoir) est un nom
commun; il désigne un objet particulier mais qui répond à une définition générale. Il est commun à
tous les objets de la même espèce.
Le nom propre, s’écrivant toujours avec une majuscule, est celui qui ne convient qu’à un seul être ou
objet ou à un groupe d’individus de même espèce : Jean, Le Grec, Le Maroc.
b- Les noms concrets et les noms abstraits
Le nom concret désigne un être ou un objet réel ayant une existence propre, perceptible par les
sens : maison ; cheval ; montre.
Le nom abstrait exprime des idées et tout ce qui se situe dans l’espace mental : amour; imagination.
c- Les noms individuels/ noms collectifs
Les noms individuels désignent un individu, un objet particulier : lièvre, sac, pomme.
Les noms collectifs désignent, même au singulier, un groupe d’objets et d’êtres : troupe, foule, tas,…
d- Les noms comptables et les noms non comptables
Les noms comptables désignent une matière discontinue, composée d’éléments qu’on peut
compter : table, coffre, chien…
Les noms non comptables se divisent en noms denses désignant une matière continue (beurre, miel)
et noms compacts référant à des concepts (tendresse, fierté)
e- Les noms animés et les noms inanimés
Un nom animé désigne un être vivant : Eve ; chèvre.
Un nom inanimé désigne des choses, des qualités, des actions inanimées : vol, timidité, mousse.
f- Les noms simples et les noms composés
Le nom simple est composé d’un seul mot: jardin, ballon.
Le nom composé est formé de mots séparés par un trait d’union, une apostrophe ou un espace mais
exprimant une idée unique : garde-chiourme.

B- Morphologie des noms


Morphologiquement, le nom est pourvu d’un genre (masculin ou féminin) qui lui est inhérent et varie
en nombre (singulier ou pluriel) selon les besoins communicatifs du locuteur.
a- Le genre des noms
A la différence d’autres langues, le français ne connaît que deux genres : le masculin et le féminin, à
l’exception du neutre.
Le genre des noms inanimés est arbitraire. Ils sont sans variation, les uns masculins, les autres
féminins. Le plus souvent, leur genre est fourni par le lexique et transmis par l’usage. Rien ne motive
ainsi le masculin de fauteuil/banc/tabouret face au féminin de chaise.
Pour les noms référant à des animés, l’opposition des sexes conduits parfois à une opposition en
genre : le père/la mère ; le bœuf/la vache.
Les exceptions à ce phénomène sont peu nombreuses : quelques noms féminins (recrue ; estafette ;
fripouille ; vigie ; etc.) s’appliquent généralement à des hommes. De même, certains noms masculins
(mannequin, laideron, tendron, cordon-bleu…) désignent des femmes.
En plus, certains noms d’espèce animale ne possèdent qu’un genre unique pour les deux sexes : une
langouste mâle ou femelle.
Nombre de noms désignant des fonctions traditionnellement exercées par les hommes
peuvent s’appliquer à des femmes tout en restant au masculin : une femme écrivain, une femme
médecin…
Enfin des noms des deux genres : modèle, otage, témoin (n.m)/connaissance, personne,
vedette, victime (n.f) s’appliquent indifféremment aux deux sexes.
i. La marque lexicale du genre
Pour plusieurs noms constitués par dérivation suffixale, on remarque que la détermination
du genre demeure prédictible grâce à la présence d’un suffixe. Ainsi, par exemple, tous les noms
dérivés en ade/ude, tion et té (noyade, certitude, traduction, bonté, …) sont féminins; ceux en
isme/asme, ment et age (militantisme, développement, montage, …) marquant une action sur une
base verbale, sont masculins.
L’opposition des genres permet bien, par ailleurs, de distinguer certains homonymes : le
voile/la voile ; le livre/la livre.
ii. Marque morphologique du genre féminin
• Addition d’un « e » muet final
L’addition de la marque graphique « e » peut ne pas entraîner de changement de prononciation
(ami/amie ; rival/rivale). Mais le plus souvent, il y a modification :
La consonne finale, marquée graphiquement au masculin, se prononce au féminin : renard/ renarde ;
berger/bergère. Le changement peut provoquer également une modification orthographique :
Époux/épouse; loup/louve; chanteur/chanteuse; inspecteur/inspectrice ; chat/chatte ; chien/chienne ;
intellectuel/intellectuelle; baron/baronne.
• Addition d’un suffixe :
On ajoute à certains noms masculins un suffixe spécifiquement féminin :

• Esse : prêtre/prêtresse; poète /poétesse


• Ine : speaker/speakerine ; tsar/tsarine
Le suffixe du nom masculin alterne avec un autre au féminin (directeur/directrice) ou disparaît
totalement : canard/cane ; compagnon/ compagne ; dindon/dinde
La distinction des genres est parfois marquée par deux mots formés sur des bases lexicales
spécifiques. Deux cas se présentent :

• Un même radical a donné naissance à deux formes distinctes : roi/ reine (radical latin :reg).
• Le genre est marqué par deux mots de radical différent : frère/sœur; gendre/bru ; lièvre/ hase.
L’opposition des genres se manifeste parfois par la seule variation en genre du déterminant des
noms dits épicènes : un élève/ une élève ; un artiste/ une artiste ; un concierge/ une concierge.
b- Le nombre du nom
En français, on distingue deux nombres : le singulier et le pluriel. La marque du nombre n’affecte que
les noms comptables qui présentent la matière comme discontinue (chaise, boîte, stylo). Par contre,
les noms compacts référant à des concepts (bonté, amour…) et les noms denses (beurre, thé) ne
peuvent être mis au pluriel. S’ils le sont, cela signifie que la matière est envisagée comme discontinue
(boire de bons thés). La variation en nombre correspond généralement à un choix motivé par l’idée
qu’on cherche à exprimer.
i. Les marques du pluriel
On forme le pluriel des noms simples en additionnant un "s" final à la forme du singulier (un chien/
des chiens). Les noms terminés par "s","z" ou "x" ne changent pas au pluriel (pois ; croix ; nez).
Le pluriel se réalise par l’addition d’un "x" à la place de "s " avec les noms suivants :
• Les noms en –eau, –au ou -eu : bateaux, tuyaux, feux à l’exception de landau, sarrau, bleu et
pneu qui prennent "s" au pluriel.
• Les noms en –ou pour certains noms : bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou.
Les noms en al changent al en aux au pluriel (cheval/chevaux) à l’exception d’une liste
fermée de quelques noms qui ont un pluriel régulier avec "s" : bal, carnaval, chacal, festival, cal,
régal, naval, récital, pal, choral
De même les noms en "ail " prennent "s" au pluriel mais bail, corail, émail, soupirail, travail,
vantail, vitrail font baux, coraux, émaux, soupiraux, travaux, vantaux, vitraux.
Le pluriel des noms "œuf, bœuf, os" se caractérisent par la chute de la consonne finale et
fermeture de la voyelle : [œ] : [ø] / [bœf] : [bø]/ [ ɔs ] : [o].
Certains noms ont deux formes au pluriel. Chaque forme désigne un sens particulier :
Aïeul→ aïeuls (le grand-père et la grand-mère) → aïeux (ancêtres)
Ciel → cieux (espace où se meuvent les astres, paradis)
→ ciels (baldaquin au dessus d’un lit/ partie d’un tableau qui représente le ciel)
ii. Le pluriel des noms composés
Le pluriel de ces noms dépend de leur mode de soudure et de la nature des éléments qui les
composent.
• Les noms soudés (écrits en un seul mot)
Ils forment leur pluriel comme les noms simples : des passeports ; des portemanteaux.
Exceptions : bonhomme/bonshommes ; gentilhomme/gentilshommes ; madame/mesdames ;
mademoiselle/mesdemoiselles ; monseigneur/messeigneurs ; monsieur/messieurs
• Les noms composés non-soudés
On met au pluriel les noms et les adjectifs seulement du fait qu’ils doivent, selon le bon sens, prendre
la marque du pluriel : rouges-gorges ; les autres éléments demeurent invariables :

• Adv + N : des contre-attaques


• V+V : des savoir-faire
• V+Adv : des passe-partout
• V+Conj+V : des va-et-vient
• Des phrases : les on-dit
Dans d’autres cas, il faut prendre en compte le rapport grammatical que les éléments entretiennent
entre eux :
• Dans le cas du nom composé de deux noms, si le second (avec ou sans préposition) a valeur
de complément, il reste invariable : des arcs-en-ciel/ des timbres-poste.
• S’il y a une relation d’équivalence entre les deux noms, ils prennent chacun la marque du
pluriel : des portes-fenêtres.
• Dans la composition V+N (complément), le verbe demeure invariable et le nom, selon le
sens, peut se mettre au pluriel ou rester au singulier : des porte-avions/des couvre-lits
(interprétation plurielle) ; des chasse-neige/des brise-glace (interprétation plurielle : neige et
glace étant denses ne peuvent se mettre au pluriel)
Les adjectifs « nouveau, premier et dernier » qui, en composition, ont valeur d’adverbe, prennent la
marque du pluriel à l’exception de nouveau-nés : nouveaux mariés, les premiers nés, les derniers nés.
iii. Le pluriel des noms propres :
Les noms propres prennent la marque du pluriel dans certains cas :
• Noms de peuples : les Espagnoles
• Les noms des familles illustres : les Césars ; les Bourbons
• Les noms de personnes ayant des talents : les Apollons de la Grèce/ les Pasteurs sont rares
Les noms géographiques désignant plusieurs pays, provinces, cours d’eau, etc. prennent la marque
du pluriel : les Amériques, les Pyrénées.
iv. Le pluriel des noms empruntés
Les noms empruntés reçoivent un double traitement. Le plus souvent, la langue soutenue garde le
pluriel de la langue d’origine, considéré comme une marque d’érudition : un minimum/des minima ;
un concerto/ des concerti ; un lied/des lieder
Cependant, il faut noter que l’usage actuel tend à intégrer la forme usuelle du pluriel (s), on dit alors :
des concertos/des quiproquos/des spaghettis/des clubs….

2- Les Déterminants
On appelle déterminant tout élément qui, antéposé au nom et accordé, forme avec lui un syntagme
nominal (SN). Le déterminant indique le nombre et parfois le genre du nom qu’il accompagne : le
chat, une chatte, ces chats.
Les déterminants du nom sont divers, il y a :
• Les articles définis, indéfinis et partitifs
• Les adjectifs démonstratifs
• Les adjectifs possessifs
• Les adjectifs exclamatifs et interrogatifs et relatifs
• Les adjectifs numéraux
• Les adjectifs indéfinis
Chaque déterminant est employé dans un contexte particulier mais leur utilisation permet de faire
passer le nom d’une référence lexicale virtuelle à une référence actuelle : « Le déterminant se joint à
un nom pour l’actualiser, pour lui permettre de se réaliser dans une phrase (..) » (Le bon usage, p.
556). Prenons par exemple le nom « arbre », ce mot renvoie au contenu le plus large et le plus
général, mais si on dit « l’arbre », on parle cette fois-ci d’un référent restreint et particulier.

A- Morphologie des déterminants

a- Les articles
En français, l’article demeure le déterminant le plus utilisé devant un nom. On peut le remplacer
pour des raisons de sens par l’adjectif possessif qui désigne l’appartenance ou l’adjectif démonstratif
qui permet de déterminer le nom d’une manière très précise en le localisant dans le temps ou dans
l’espace. Mais chacun de ces deux déterminants a une valeur concrète. L’article détermine le nom
d’une manière plutôt abstraite.
Par ailleurs, il faut noter que seuls les articles permettent de faire passer un mot d’une autre classe
grammaticale à la classe du nom. Ex. le savoir, un sourire…
Les articles se présentent sous trois formes selon la valeur sémantique qu’ils prennent :
défini indéfini partitif

Masculin singulier Le (garçon) /L’(arbre) Un car Du (lait)


Féminin singulier La (fille) / L’(herbe) Une voiture De la (confiture) / De l’(or)
Pluriel Les (femmes/hommes) Des personnes ø

L’article défini est celui qui précède un nom dont le sens est complètement déterminé : Le cahier de
l’étudiant/ La semaine prochaine/ Donnez-moi la clef
L’article indéfini indique que l’être ou l’objet nommé est présenté comme non précisé, non
déterminé, non encore connu : Je vois venir une femme
L’article partitif est celui qui précède le nom des choses qu’on ne peut compter pour indiquer qu’il
s’agit d’une partie seulement ou d’une certaine quantité de ce qui désigné par le nom : Prendre de
l’eau, du sel, de la farine.
Les articles le, les peuvent s’agglutiner avec certaines prépositions qui les précèdent et prendre des
formes dites « contractées » :
À+ De + En +

Le → au Le → du Le → au

Les → aux Les → des Les → ès

Les articles le, la laissent tomber leur voyelle devant un nom qui commence par une voyelle ou un H
muet : l’or, l’histoire.

b- Les adjectifs démonstratifs


L’adjectif démonstratif sert à localiser dans l’espace ou dans le temps l’être ou l’objet désigné par le
nom auquel il est joint: je veux acheter ce livre ; je voyage cette semaine.
L’adjectif démonstratif se présente sous les formes suivantes :
Masculin Féminin

Singulier Ce (bureau) / Cet (homme) Cette (femme)

Pluriel Ces (garçons) Ces (filles)

La forme du masculin singulier « ce » est employée devant un nom qui commence par une consonne
ou un H aspiré : ce pantalon, ce héros. La forme « cet » est employée avec les noms qui ont une
initiale vocalique ou qui commencent par un H muet : cet arbre, cet homme.
A côté de la forme simple de l’adjectif démonstratif, il y a une forme composée dans laquelle
l’adjectif est renforcé par une particule adverbiale «ci» ou «là» placée après le nom. La particule
« ci » indique que ce qui est désigné par le nom est proche alors que « là » comporte une nuance
d’éloignement : Cette feuille-ci, cette année-là.

c- Les adjectifs possessifs :


Les adjectifs possessifs sont des déterminants personnels qui indiquent que ce qui est désigné par le
nom appartient à la personne qui parle, à celle à qui on parle, ou à celle de qui on parle. Autrement
dit, ils marquent une relation d’appartenance entre l’objet, l’être ou la notion désignés par le nom
avec un autre objet, être, ou notion.
Les adjectifs possessifs se présentent sous trois différentes séries de formes qui dépendent de la
personne qui possèdent, du nombre d’objets possédés et du nombre des possesseurs :
Un seul possesseur Plusieurs possesseurs
Un seul objet Plusieurs objets Un seul objet Plusieurs objets

Masc. Fém. Deux genres Deux genres Deux genres


1re personne Mon Ma Mes Notre Nos

2e personne Ton Ta Tes Votre Vos

3e personne Son Sa Ses Leur Leurs

Outre cette série de formes dites atones, il existe une autre série d’adjectifs dite tonique: mien, tien,
sien, nôtre, vôtre,… la série tonique ne s’emploie guère qu’en fonction d’attribut, et encore dans la
langue soutenue ou dans le style archaïque ou familier :
• Croyez que je suis entièrement vôtre.
• Au travers d’un mien pré, certain ânon passa (Racine).
• Un mien cousin (en locution figée).
Devant un nom féminin commençant par une voyelle ou par un H muet, on remplace les formes ma,
ta, sa par les formes du masculin mon, ton, son. Ex. mon histoire, mon erreur.

d- Les adjectifs numéraux


On distingue les adjectifs numéraux cardinaux et les adjectifs numéraux ordinaux.
Les adjectifs cardinaux indiquent le nombre précis des êtres ou des objets désignés par le nom. Ces
adjectifs ne varient pas en genre (sauf un) mais ils varient indéfiniment en nombre puisqu’ils
connaissent jusqu’à l’infini une forme pour chaque quantité : Je vois trois filles dans le parc.
Les adjectifs ordinaux expriment une idée d’ordre et de classement, ils ont les mêmes caractères
morphologiques que les adjectifs : la huitième semaine, le deuxième jour.

e- Les adjectifs indéfinis :


« Les adjectifs indéfinis sont ceux qui se joignent au nom pour marquer, en général, une idée plus ou
moins vague de quantité ou de qualité, ou une idée d’identité, de ressemblance, de différence » (Le
bon usage p.624)
Les adjectifs indéfinis sont :
Aucun Divers Nul tout
Autre Différents Pas un Quelconque
Certain Même Plus d’un Quelque
Chaque Maint plusieurs Tel

Mais certaines autres formes peuvent être comptées au nombre des adjectifs indéfinis :
• Des adverbes de quantité construits avec de (ou des) : assez de, beaucoup de, trop de, tant de, etc.
• Des noms construits avec de ou absolument : quantité de, nombre de, force, etc.
• Des séquences de discours où intervient un verbe : je ne sais quel, n’importe quel, etc.
• Et beaucoup d’autres expressions telles que : je ne sais trop combien de : Je ne sais trop combien
d’automobilistes sont touchés dans cet accident
f- Les adjectifs relatifs, interrogatifs et exclamatifs

- Les adjectifs relatifs


Ils se mettent devant un nom pour marquer que l’on rattache à ce même nom déjà exprimé la
proposition qui suit : J’ai parfaitement reconnu cet homme, lequel homme est un individu déjà
célèbre par ses méfaits.
Les adjectifs relatifs sont d’un emploi vieilli et ne sont guère d’usage que dans la langue juridique ou
administratif.
L’adjectif relatif est formé de l’adjectif quel précédé de l’article indéfini :
Masculin Féminin

Singulier Lequel Laquelle

Pluriel Lesquels Lesquelles

A ces formes, il faut ajouter celles qui sont construites avec les prépositions à et de :
Auquel À laquelle Duquel De laquelle

Auxquels auxquelles Desquels desquelles

- Les adjectifs interrogatifs :


Masculin Féminin

Singulier quel quelle

Pluriel quels quelles

Grâce à l’adjectif interrogatif, on questionne sur l’existence ou sur l’identité d’un objet ou d’une
notion exprimés par un nom : Quelle voiture voyez-vous ?
Ces mêmes adjectifs (quel, quelle, quels, quelles) peuvent être employés comme exclamatifs. Ils
servent à exprimer l’admiration, l’étonnement, l’indignation… : quel homme !

3- Les pronoms
Le pronom (comme l’indique son étymologie: « pro-nom » tient normalement la place d’un nom
.Mais
- tantôt il représente un nom déjà exprimé.
➢ Je connais cette sonate et même je la joue. ( ‘la’ = cette sonate)
➢ Nous admirons l’homme qui meurt pour un enfant. (‘qui’= l’homme)
- tantôt il désigne un être ou une chose dont le nom n’a pas été exprimé.
➢ Qui a crié? Que fais-tu? On se trompe?
La catégorie du pronom qui remplace un GN varie selon la catégorie du déterminant:
➢ Je vois un chat → je le vois; ce chat → celui-ci; mon chat → le mien.
Nombre de personne Personnes ou choses possédées
possesseurs
- Sortes de pronoms:
• Les pronoms personnels
• Les pronoms démonstratifs
• Les pronoms possessifs
• Les pronoms relatifs
• Les pronoms indéfinis
• Les pronoms interrogatifs, exclamatifs

A- Les pronoms personnels


Les pronoms de la 1re et de la 2e personne désignent l’énonciateur et son destinataire. Ils ne
remplacent donc pas un GN:
➢ J’irai avec toi. Nous vous téléphonerons.
Les pronoms de la 3e personne représentent toujours un être ou quelque chose dont il a déjà été
question. Ils remplacent donc des mots ou des groupes de mots déjà utilisés dans le texte, ce qui
évite des répétitions. Leur forme varie selon leur fonction:
➢ Clément regarde les flammes. Elles fascinent.
personne sujet COD COI CCL formes accentuées

1re Je, nous me, nous Me, nous Moi, nous

2e Tu, vous Te, vous Te, vous Toi, vous

3e Il(s), elle(s) Le, la, les, se Lui, leur, en, y, se, soi En, y Lui, elle(s), eux

Les formes accentuées s’emploient pour insister sur la personne ou la chose dont on parle et après
les prépositions:
➢ Moi, j’ai faim! Et toi?
➢ Chez moi, il n’ya rien à manger!

B- Les pronoms possessifs


Le pronom possessif représente le nom d’un être (personne ou animal) ou d’une chose appartenant
à un possesseur (au sens large du mot). Il est l’équivalent d’un GN comportant un déterminant
possessif.
➢ Mon collège est plus petit que le tien (= que ton collège)
i. Formation
Le pronom possessif est formé de l’article défini suivi de l’adjectif possessif tonique (=accentué).
Ces deux éléments s’accordent en genre et en nombre avec le nom que désigne le pronom.
Son radical indique le nombre et la personne du possesseur:
➢ Cette veste est la tienne : ‘La’ et ‘tienne’ → féminin singulier comme ‘veste’
Tienne → parce que tu en es, toi le possesseur.
Une seule =Singulier Plusieurs =pluriel
Masculin Féminin masculin féminin
Une personne 1re Le mien La mienne Les miens Les miennes
2e Le tien La tienne Les tiens Les tiennes
3e Le sien La sienne Les siens Les siennes
Plusieurs 1re Le nôtre La nôtre Les nôtres
personnes 2e Le vôtre La vôtre Les vôtres
3e Le leur La leur Les leurs

C- Les pronoms démonstratifs:


Ils désignent un être ou une chose que l’on montre du doigt ou dont on indique la proximité (ci) ou
l’éloignement (là)
- Dans l’espace: J’observe les montagnes: celle-là n’a plus de neige.
- Dans le temps: De toutes les années que j’ ai connues, celle-ci (l’actuelle) est la plus chaude.
Dans la phrase: Turenne et Condé furent deux grands généraux:
• Celui-ci (=‘ce dernier’ = Condé)…
• Celui-là (= ‘le premier’= Turenne)…
Un pronom démonstratif équivaut à un GN comportant un déterminant démonstratif: ce théâtre →
celui-ci, celui-là
Forme des pronoms démonstratifs
Masculin SINGULIER PLURIEL

Celui-ci Celui-là Ceux-ci Ceux-là

Féminin Celle-ci Celle-là Celles-ci Celles-là

Neutre Ceci Cela Pas de pluriel

Mais, à côté de ces formes composées qui se suffisent à elles-mêmes, il existe des formes simples,
qui n’ont pas un sens démonstratif véritable.
SINGULIER PLURIEL

Masculin Celui Ceux

Féminin Celle Celles

Neutre Ce Pas de pluriel

Ces formes ne peuvent s’employer seules et doivent être complétées:


• par un nom précédé de la préposition ‘de’: Ma maison est plus grande que celle de mon frère.
• par une proposition relative qui suit immédiatement le démonstratif : celui qui aura gagné recevra
un beau prix.

D- Les pronoms indéfinis


Un pronom indéfini sert à désigner d’une manière vague:
1. La quantité de personne ou de choses dont il est question
2. Ou bien une personne ou une chose dont l’idée est exprimée avant ou après lui.
La quantité peut être :
a) Nulle Masc. ou fém. Aucun, (aucune), nul (nulle), personne, pas un, ni l’un ni l’autre, ni l’une ni
neutre l’autre…
rien
b) partielle Masc. ou fém. L’un, l’une, l’autre un autre, autrui, quelqu’un, on, certains, plusieurs…
neutre Quelque chose, autre chose
c) totale Masc. ou fém. Chacun, chacune, l’un et l’autre, les uns et les autres, tous…
neutre Tout, toute chose.

Remarque : un GN comportant un déterminant indéfini peut souvent être remplacé par un pronom
indéfini: tous les gens→ tous; certains élèves → certains.
E- Les pronoms relatifs
Le pronom relatif dans la subordonnée relative, remplace un nom ou un pronom qui le précède:
l’antécédent.
➢ Je lis un livre qui me passionne. (Je lis un livre, ce livre me passionne).
Formes simples
Qui, que, quoi, dont, où
Formes composées
Singulier Lequel, laquelle, auquel, à laquelle, duquel…
Pluriel Lesquels, lesquelles, auxquels, auxquelles, desquels

F- Les pronoms interrogatifs


Le pronom interrogatif sert à demander l’identité d’une personne ou d’une chose.
➢ Qui est venu? (= quelle personne…?)
➢ que regardes-tu? (= quelle chose…?)
Formes simples Formes composées

Personnes objets Lequel ? Laquelle ? Lesquels ? Lesquelles ?


Qui est là ? Qui as-tu vu ? Que veux-tu ? Auquel ? À laquelle ? Auxquels ?
À qui penses-tu ? À quoi penses-tu ? Auxquelles ? Duquel ? De laquelle ?
De qui parles-tu ? De quoi as-tu besoin ? Desquels ? Desquelles ?

Les pronoms interrogatifs composés permettent de reprendre un mot déjà utilisé, afin d’éviter une
répétition. Ils sont l’équivalent d’un GN formé d’un déterminant interrogatif et d’un nom:
➢ De toutes ces photos, laquelle préfères-tu ? (= quelle photo?)

4- L’adjectif qualificatif:
L’adjectif donne une précision sur un être ou une chose désignés par un nom ou un pronom. Il peut :
- Exprimer leur qualité et leur manière d’être: une petite maison, un garçon audacieux.
- Les classer dans une catégorie, à la manière d’un complément du nom: une randonnée équestre (=
à cheval), la flore alpine (= des Alpes)
La classe des adjectifs comporte donc des mots qui peuvent être distingués en deux catégories en se
basant sur des critères sémantiques et syntaxiques :
• Les adjectifs de qualité expriment une propriété intrinsèque au nom qualifié comme la couleur, la
forme, la taille… : Une femme grande/ un petit commerçant/ une veste rouge
• Les adjectifs de relation ou relationnels qui expriment une propriété relationnelle et qui peuvent
être remplacés par un GN prépositionnel : Un bâtiment municipal → Un bâtiment de la
municipalité ; Un rayon solaire → un rayon du soleil.

A- La morphologie des adjectifs


Les adjectifs qualificatifs se présentent sous des formes variées parce qu’ils se distinguent les uns des
autres par leur origine, leur structure et la caractérisation qu’ils apportent.
a- L’origine :
Les adjectifs n’ont pas la même origine. Certains appartiennent déjà à cette catégorie depuis l’ancien
français et même depuis le latin comme grand, petit, rouge, beau…, d’autres sont empruntés par
dérivation impropre aux autres catégories grammaticales comme la classe des noms pour certains
adjectifs de couleur comme : marron, orange, ou à la classe des verbes ( participe passé ou présent :
fatigué, errant…), ou à celle des adverbes: bien, mal…
Ces différences d’origine ont des conséquences sur la morphologie des adjectifs :
Les adjectifs qui sont à l’origine des noms ou des adverbes ne prennent pas les marques du genre et
du nombre du nom auquel ils se rattachent. Ils demeurent invariables :
➢ Des robes marron. / Des hommes bien.
b- La structure :
Comme pour les noms, la structure des adjectifs est variable. Certains sont constitués d’un radical. Ils
sont de forme simple : grand, beau, rouge…D’autres sont construits d’un radical et d’un suffixe. Ils
sont dérivés : industrielle, ministériel. Enfin, il y a des adjectifs composés qui comportent deux
radicaux: aigre-doux.

B- L’accord de l’adjectif :
L’adjectif qualificatif s’accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom auquel il se
rapporte et dont il dépend syntaxiquement. Mais dans certains cas, il n’y a pas d’accord :
- Quand l’adjectif est issu de la classe des noms ou adverbes : un homme bien/une veste marron
- Les adjectifs de couleur accompagnés d’un complément déterminatif qui donne une nuance
spécifique : des rideaux bleu-roi.
- Dans les adjectifs composés de deux adjectifs qualificatifs, si le deuxième est complément
déterminatif du premier, seul le deuxième s’accorde en genre et en nombre: des femmes court-
vêtues.
- Les adjectifs « demi » et « nu » ne s’accordent pas quand ils sont placés avant le nom : il est sorti
nu-tête ; il y a une demi-heure.

a- Les marques de genre


Les adjectifs se terminant par un « e » muet et ceux dérivés de la classe des noms ou des adverbes,
ne connaissent pas d’opposition de marques :
➢ Fragile, aimable, drôle, … un homme ou une femme aimable
➢ Bien (issu d’adverbe)/ marron (issu de nom): une dame bien/ une porte marron.
L’adjonction d’un « e » à la fin de l’adjectif est la marque la plus courante du féminin; c’est une
marque qui est généralement graphique mais ne provoque que peu de changements phonétiques.
Dans le cas des adjectifs qui se terminent au masculin par une voyelle accentuée (prononcée) ou par
une consonne prononcée, il n’y a pas de changement au niveau phonétique en passant au féminin:
un homme poli, une femme polie/un travail correct, une tache correcte. La marque du féminin peut
provoquer pour quelques adjectifs le redoublement de la consonne finale du masculin: net, nette/
cruel, cruelle…
Quand l’adjectif se termine au masculin par une consonne non prononcée, la marque « e » du
féminin permet de faire ressortir cette consonne: petit, petite/ long, longue. Le changement peut
également toucher la voyelle du radical qui devient dans certains cas plus ouverte : sot [so], sotte
[sɔt]. De même, les voyelles nasales subissent une dénasalisation quand la consonne finale est
prononcée: fin, fine
Les adjectifs qui se terminent par « c » se prononçant [k] forment leur féminin en « que » : public,
publique. Mais « grec » fait « grecque » et « sec », « sèche ».
D’autres consonnes finales prononcées peuvent changer comme «f» qui devient « v »: neuf, neuve.
Le changement peut être à la fois graphique et phonique. Certains adjectifs, en passant au féminin
double la consonne finale qui n’était pas prononcé au masculin: gros, grosse
Les adjectifs qui se terminent au masculin par une voyelle suivie d’un « x » non prononcé forment
leur féminin en remplaçant le « x » par « se » ou « sse » prononcé [s] ou [z] : jaloux, jalouse/doux,
douce/faux, fausse.
Les adjectifs qui se terminent au masculin par « eur » forment leur féminin en « euse ». : Moqueur,
moqueuse.
Certains adjectifs ont deux formes au masculin, dont l’une se terminant par une voyelle et l’autre
par la consonne « l »: fou, fol /nouveau, nouvel. Cette deuxième forme est utilisée quand l’adjectif est
suivi d’un mot qui a une initiale vocalique : Nouvel an. C’est cette forme qui sert de base pour
former le féminin en redoublant la consonne et en et en ajoutant un « e » à la fin.
Certains adjectifs formés par dérivation forment leur féminin en changeant le suffixe du masculin : un
panneau indicateur, une affiche indicatrice.
Certains adjectifs ne s’emploient qu’à un genre : aquilin (masculin), cochère (féminin) et en général
avec les mêmes noms (nez ; porte)

b- Les marques du nombre :


Elles sont les mêmes que pour le nom. On se reportera à l’étude du nombre des noms
susmentionnée. On rappellera simplement que les marques graphiques du pluriel des adjectifs sont
« s » et « x ».

5- Le verbe: notions générales


Le verbe, noyau de la proposition, est l’un des éléments primordiaux appelés à jouer un rôle dans
sa structuration. Il se caractérise par ses formes variées et permet d’exprimer l’existence ou
l’action.
Pour la morphologie, le verbe est un mot variable qui se conjugue, c’est-à-dire qui apparaît sous
diverses formes:
➢ Parler/ tu parles / parlant / parle, etc.
Syntaxiquement, le verbe est toujours le pivot de la proposition dont il unit et soude les éléments
➢ Amir lit souvent des romans de science-fiction.
D’un point de vue sémantique, le verbe met en évidence un procès. Il exprime un état, une action ou
toute autre notion, associés au temps. Ce procès est rattaché à une personne et un temps. Par
ailleurs, le verbe permet d’accomplir un acte de référence et de prédication. On apporte sur un
élément appelé thème une information nouvelle (prédicat).

A- Les trois groupes de conjugaison


Les verbes se classent en trois groupes de conjugaison:
1- Les verbes en er, du modèle aimer, présent en e: j’aime.
2- Les verbes en ir, du modèle finir, participe présent en issant: je finis, finissant.
3- Les autres verbes, verbes en ir non conjugués comme finir, les verbes en oir et en re : sentir, je
sens, sentant; voir, je vois, battre, je bats.

B- Radical et terminaison:

a- Le radical:
Le radical qui indique l’idée principale exprimée par le verbe demeure invariable dans les verbes du
1er et du 2e groupes; il s’obtient en retranchant de l’infinitif l’élément er ou ir : aim/er; fin/ir.
Au contraire, le radical est variable dans les verbes du 3e groupe; ces verbes qui ne se conjuguent pas
sur un modèle commun, sont souvent appelés verbes irréguliers.
b- La terminaison :
Elle indique la personne, le temps et le mode. Cependant, une même terminaison peut avoir
plusieurs valeurs: j’aime, il aime, aime, que j’aime, qu’il aime.
Remarque:
Le verbe est le mot variable par excellence. C’est ainsi que le nom français n’a qu’une seule forme
(brebis), deux formes (mouton, moutons), trois formes, quatre formes (fermier, fermière, fermiers,
fermières), l’adjectif quatre formes au plus (petit, petite, petits, petites), le pronom le plus varié
comporte douze formes; le verbe, lui, peut avoir en conjugaison jusqu’à 270 formes différentes,
selon les personnes, les temps, les modes, etc.

C- Les auxiliaires être et avoir

Ils aident, dans certains cas, à conjuguer le verbe.


a- Avoir :
Il n’est pas auxiliaire quand il signifie posséder: Ils avaient un commun professeur.
Comme auxiliaire, c’est lui qui sert à former les temps composés de quelques verbes de forme active
et de sens transitif et de la plupart des verbes de forme active et de sens intransitif: On a pris des
mesures insuffisantes/ Il dort.
b- Être:
Il n’est pas auxiliaire quand il exprime un état: Les escroquer était une bonne affaire.
Comme auxiliaire, c’est lui qui sert à former:
- Les temps composés de quelques verbes de forme active et de sens intransitif tels que aller, venir,
rester, entrer, sortir, devenir, mourir, naître : Le jour de gloire est arrivé.
- Les temps composés de tous les verbes pronominaux: Les deux fripons ne se sont pas longtemps
entendus.
- Tous les temps de la forme passive: Les marrons sont croqués par Amir.
c- Être ou avoir:
Certains verbes se conjuguent tantôt avec avoir pour exprimer l’action, tantôt avec être pour
exprimer l’état qui résulte de cette action : L’autobus a passé dès midi. / L’autobus est passé.
d- Les autres auxiliaires
- Les auxiliaires de temps: je vais, je dois, je viens, sont employés devant un infinitif pour exprimer,
les deux premiers un futur proche (je vais sortir, je dois partir), le dernier un passé rapproché (je
viens de sortir).
- Les auxiliaires de mode: je dois exprime l’obligation ou l’intention; je peux, la possibilité ou la
probabilité : Je dois partir; il peut réussir

D- Transitif/ intransitif

Les verbes sont de sens transitif lorsqu’ils sont construits avec un complément d’objet (direct ou
indirect):
➢ Le loup donne un coup de dent (transitif direct)
➢ Je songe à vous (transitif indirect)
Ils sont de sens intransitif lorsqu’ils sont construits sans complément d’objet : Le lion rugit.

E- Verbes d’état/ verbes d’action

Les verbes qui annoncent ce qu’est le sujet, l’état du sujet, sont des verbes d’état.
➢ L’ombre était nuptial, auguste, et solennelle (Victor Hugo)
Les verbes qui expriment ce que fait le sujet, l’action du sujet, sont des verbes d’action.
➢ Amir songeait et Samir dormait.

F- Les catégories morphologiques du verbe:


a- La personne et le nombre
Le verbe varie en personne: il s’accorde en nombre et en personne avec son sujet : j’aime, tu aimes,
nous aimons.
b- Le temps et l’aspect
Le verbe varie en temps: il prend des terminaisons différents selon que l’action est présente, passée
ou future: il tire un marron, il tira…, il tirera…
Il n’y a qu’un seul présent, mais il y a plusieurs temps pour préciser à quel moment du passé ou du
futur s’est accomplie ou s’accomplira l’action.
Par ailleurs, il faut noter que les temps ont une valeur variable selon le contexte. Ils servent, non
seulement à préciser les moments de l’action, mais encore à présenter les aspects de l’action (action
qui commence, qui continue, qui progresse, qui est achevée).
c- Le mode:
Le verbe varie en mode. Il prend des terminaisons différentes selon le mode.
On distingue quatre modes personnels, qui se conjuguent à deux ou plusieurs temps, à deux ou trois
personnes: l’indicatif, le conditionnel, l’impératif, le subjonctif, et deux modes impersonnels: l’infinitif
et le participe.
Remarque: le même mode a des sens multiples selon le contexte; en outre, la même forme peut
exprimer tantôt le mode, tantôt le temps.
d- La voix
Elle est définie suivant la manière dont le verbe répartit les rôles de ces actants.
À la voix active, le sujet est l’actant principal qui accomplit l’action. L’actant qui subit l’action (le
patient) occupe la place du complément d’objet direct: la mère gifle l’enfant.
À la vois passive, le sujet et l’objet actifs deviennent respectivement complément d’agent et sujet
passif. C’est le patient, subissant et supportant l’action, qui occupe cette fois-ci la fonction sujet:
L’enfant est giflé par la mère.
À la voix pronominale, le sujet est bel et bien l’agent qui accomplit l’action, comme à la voix active,
mais il est répété sous la forme du pronom réfléchi montrant qu’il la subit également : Il se lave.
Morphologiquement, les temps simples, à la voix active, se conjuguent sans auxiliaire: ils attaquent.
Par contre, à la voix passive qui ne comprend que des composés, tous les temps se conjuguent avec
l’auxiliaire être.

6- L’adverbe
L’adverbe a longtemps constitué l’une des catégories les plus hétérogènes de la grammaire,
composés d’éléments dont les origines sont fort diverses. Cette hétérogénéité réside moins dans
leur caractère morphologique marqué par l’invariabilité que dans leur fonctionnement différent.
L’adverbe se caractérise par l’intransitivité (l’adverbe ne peut être en tête de complément) et sa
dépendance (il détermine une autre catégorie).
L’adverbe est destiné à préciser le sens d’un verbe, d’un adjectif, d’un autre adverbe ou d’une
phrase toute entière, rarement un nom. Il est donc porteur d’un contenu sémantique qui varie d’un
adverbe à un autre. On distingue dans ce sens plusieurs variétés d’adverbes:
Adverbes circonstanciels : (ici, ailleurs, demain, longtemps, bien, vite…)
• de lieu : Il est passé par ici
• de temps : Tôt ou tard il avouera.
• de manière : Qui aime bien châtie bien.
Adverbes d’intensité ou de quantité : Trop parler nuit.
Adverbes d’opinion : sans doute, peut-être …
➢ Peut-être as-tu raison.
Adverbes de liaison : D’abord, ensuite, puis, en effet …
➢ Le chat se leva, puis s’étira et enfin vint se frotter contre nos jambes.
Adverbes d’affirmation ou de négation: (oui, ne …pas, ne …. jamais)
➢ Viens-tu ? – Oui, me voici.
➢ Non, il n’acceptera pas.
Adverbes interrogatifs : (quand ? Où ? Pourquoi ? Comment ? Combien ?)
➢ Pourquoi partez-vous ?

A- Forme et formation de l’adverbe:


a- L’invariabilité
L’adverbe est dit invariable. Ce caractère le distingue formellement de l’adjectif qualificatif. Des
adjectifs comme faux, bas, haut demeurent invariables quand ils sont employés comme adverbes:
Il parle fort/ elle chante faux / ils sautent haut.
Exceptions:
Tout, continue à prendre la marque du féminin devant un mot à initiale consonantique, mais non
devant une initiale vocalique :
➢ Elles sont toutes surprises ; Elles sont tout étonnées.
Seul, marquant l’exclusivité et placé avant le sujet :
➢ Seule cette dame peut le faire;
Certains adjectifs adverbialisés modifiant d’autres adjectifs: des fenêtres grand(es) ouvertes.
b- Origine:
Du point de vue de leur mode de formation, les adverbes se caractérisent par leur disparité. Ils sont
composés d’éléments dont les origines sont fort diverses.
Le latin : Une première série est faite d’adverbes issus directement du fonds latin: (bien, mal, hier,
loin, plus, près, très, etc.), ou d’anciennes formes composées progressivement lexicalisées (beaucoup,
aujourd’hui, bientôt, longtemps, etc.)
L’emprunt : Une deuxième série est faite d’adverbes empruntés dont la majorité est issue de l’arabe
(bezef, chouya, fissa) de l’italien (piano, fortissimo, etc.). Beaucoup d’emprunts viennent également
du latin (a posteriori, a fortiori, ad hoc, ad libitum, in extremis, sic., etc.)
La dérivation : Si on excepte la suffixation en -ons dont il nous est resté des locutions adverbiales
comme à tâtons, à reculons, à califourchon, la suffixation en -ment, très vivante en français moderne,
constitue le procédé de formation le plus massif, à partir de l’adjectif.
Cas général :
Les adverbes en –ment sont formé sur le féminin de l’adjectif correspondant auquel s’ajoute le
suffixe -ment : Doux → doucement ; fier → fièrement
Cas particuliers:
Les adjectifs terminés par une voyelle comme ai, é, i, u forment l’adverbe, sauf exception, sur le
masculin : Aisé → aisément ; vrai → vraiment
Les adverbes formés sur des adjectifs terminés par –ent ou –ant s’écrivent-emment et –amment :
Violent → violemment / Constant → constamment
Exceptions : lentement, présentement
Le –e du féminin de l’adjectif reste, ou bien il est représenté par un accent circonflexe dans des
adverbes comme assidûment, gaîment (ou gaiement), crûment, dûment (indument), goulûment.
Autres formations irrégulières:
• « Gentiment », de gentil (dont le –l disparaît)
• « Impunément » de impuni (dont le –i est devenu é)
D’après des adjectifs comme « assuré » qui donne l’adverbe « assurément », divers adjectifs
terminés en « e » muet forment des adverbes en « ément », que l’usage fait connaître et qui,
s’écrivant comme ils se prononcent, n’offrent pas de difficulté orthographique :
Commode → Commodément / Énorme → Énormément /
Précise → Précisément / Uniforme → Uniformément.
La composition : La soudure de termes différents a donné plusieurs séquences syntaxiques
fossilisées. Elles prennent plusieurs formes :
• Adverbes+ adverbe: bien-tôt, ja-mais…
• Préposition + adverbe : de-dans, sur-tout, en-fin
• Déterminant + nom : quelque-fois, autre-fois, tou-jours,…
• Des mots liés par un trait d’union : avant-hier, là-dessus, après-demain.
• Des mots juxtaposés : nulle part, tout à fait, peu à peu…
Ces locutions adverbiales forment une série très ouverte.
La dérivation impropre Beaucoup d’adjectifs peuvent se faire adverbes lorsqu’ils sont employés
après un verbe : Parler bas / boire sec / manger gras / s’habiller triste…
Ce procédé est très productif en français contemporain, notamment dans le discours publicitaire :
tailler large / voter républicain …

7- La préposition
Formée d’un seul mot ou de plusieurs, la préposition, mot invariable, sert à introduire un
complément, qu’il unit, par un rapport déterminé, à un autre terme.
➢ J’ai appris la nouvelle de sa mort par le journal
La préposition « de » permet de relier le GN « sa mort » au nom « nouvelle » pour en faire
complément de celui-ci. De même, « par » établit un rapport entre « j’ai appris » et « journal » qui
devient complément circonstanciel de moyen du verbe.
Comme les conjonctions de coordination et de subordination, la préposition marque donc une
certaine dépendance entre les termes qu’elle joint sauf à faire remarquer qu’elle ne permet pas, à
la différences de ces dernières, de relier des phrases ou des propositions .
Comme tous les autres termes grammaticaux, les prépositions constituent une série bien
déterminée à l’intérieur de laquelle on distingue des formes simples ou composées (locutions
prépositionnelles), héritées ou dérivées d’autres classes grammaticales.
A- Les classes morphologiques de prépositions:
Les prépositions ont des origines fort diverses. Certaines proviennent directement du fonds latin,
d’autres sont récemment créées.
- Les prépositions simples
Issues du latin:
Ce sont les prépositions les plus courantes en français. Elles marquent des rapports différents:
(à, de, en, entre, par, pour, sans, sur …)
Formées par dérivation impropre
Certaines prépositions simples proviennent par conversion d’autres catégories:
❖ Adverbes : devant, derrière, depuis;
❖ Adjectifs : plein, sauf;
❖ Participes (présents ou passés) : suivant, moyennant, excepté, hormis, passé, vu, …
Dans ce dernier cas, il faut noter que les participes demeurent invariables et toujours antéposés par
rapport au complément qu’ils construisent.
Formées par composition
Les prépositions formées par composition sont totalement soudées. On obtient un mot entier en
français. C’est le cas pour « parmi » et « dans ».
- Les locutions prépositionnelles :
Très nombreuses en français moderne, les locutions prépositionnelles se renouvellent
constamment. Elles intègrent à leur formation :
• Des prépositions héréditaires : par rapport, à côté de, au lieu de, grâce à, à l’occasion de, ...
• Des adverbes : conformément à, loin de, …
• Des propositions participiales : compte tenu de, abstraction faite de …

8- La conjonction
Comme son nom l’indique, la conjonction sert toujours à unir. C’est un mot de liaison invariable qui
permet de mettre en rapport soit deux termes ayant une même fonction soit deux propositions.
On distingue deux types de conjonctions :
A- Les conjonctions de coordination
Semblables aux signes « + » et « - » en mathématiques, elles joignent forcément des mots, des
groupes de mots, deux propositions de même ordre syntaxique, c’est-à-dire occupant les mêmes
fonctions dans la phrase :
• Deux noms : Alain et Georges s’entendent bien.
• Deux adjectifs : Hernani paraissait superbe et généreux.
• Deux verbes : elle coud et brode à merveilles.
• Deux adverbes : le chasseur avançait lentement et prudemment.
• Deux propositions (de même espèce): il lit beaucoup mais il assimile peu.
Morphologie:
Certaines conjonctions de coordination proviennent du fonds latin où elles jouaient le même rôle de
mots de liaison mettant en rapport dans la phrase des éléments de même ordre. c’est le cas de
«et», de « ou » et de « ni ».
Et, selon le contexte, est propre à signifier l’addition, l’opposition, la succession chronologique, la
conséquence … : Mon neveu et ma nièce ont voyagé.
Ou exprime une alternative (exclusive ou inclusive) : Il faut travailler ou quitter maintenant.
Ni assure la coordination négative : Il ne veut ni ne peut parler.
D’autres sont issues d’adverbes latins et servent toujours à exprimer un rapport logico-sémantique
entre les éléments qu’elles relient. C’est le cas de « mais », de « donc », de « car » et de « or ».
Mais peut avoir une valeur de correction ou d’argumentation. : Je ne bois pas du vin mais du thé.
Donc exprime la conséquence : L’examen est proche, donc nous devons persévérer.
Car a une valeur causale. Il permet de justifier l’énoncé qui le précède : Ferme la fenêtre car il fait
froid.
Or a une valeur argumentative. Il apporte dans le cadre d’une démonstration un argument
complémentaire : Tous les hommes sont mortels, or Socrate est un homme, donc Socrate est mortel
B- Les conjonctions de subordination:
Elles permettent de relier deux propositions qui ne sont pas placées sur le même plan syntaxique.
Elles établissent une relation de dépendance entre une proposition dite principale et une autre dite
subordonnée.
➢ Comme on fait son lit, on se couche.
➢ Il était généreux, quoiqu’il fût économe.
Morphologie:
D’un point de vue morphologique, on distingue :
Les conjonctions simples comme, quand, que, si, comme, etc. issues dans leur majorité de mots
latins.
Les conjonctions composées ou locutions conjonctives qui proviennent de mots suivis de la
conjonction que :
• Adverbe + que : alors que, puisque;
• Préposition + que : depuis que, avant que, après que;
• Relatif + que : quoique;
• Déterminant + que : quel…que, quelque…que;
• démonstratif + que (précédé d’une préposition) : au fur et à mesure que, à condition que, de peur
que…
• Gérondif + que : en supposant que, en attendant que;
• Infinitif prépositionnel + que : à supposer que.

III- Les syntagmes composants de phrase :


La phrase se définit comme un ensemble structuré d’éléments syntaxiquement organisés autour
d’un verbe ; ces éléments, que l’on appelle des constituants, peuvent se combiner en groupes de
termes organisés autour d’un noyau et jouant à l’intérieur de la phrase un unique rôle fonctionnel.
La grammaire admet généralement qu’une phrase peut comporter plusieurs groupes.

1. Le groupe nominal
Le groupe nominal se décompose en deux constituants : le déterminant et le nom considéré comme
noyau. Le GN peut apparaitre dans plusieurs positions et avoir diverses fonctions. Il peut être
également accompagné d’une épithète, d’un complément du nom, d’une relative.
A. Les fonctions du nom
Un nom peut être : sujet, complément du nom ou de l’adjectif, mis en apposition, mis en apostrophe,
complément d’objet (direct ou indirect), attribut du sujet ou de l’objet, complément d’agent,
complément circonstanciel…
a. Le nom sujet
Le sujet est le point de départ de l’énoncé. Il désigne l’être ou l’objet dont on avance quelque chose
en utilisant un prédicat.
Le sujet répond à la question Qui ? Qui est-ce qui ? ou Qu’est-ce qui ?
➢ Elle rit. Qui rit ? (animé)
➢ La chaise est cassée. Qu’est-ce qui est cassé ? (inanimé)

b. Le nom mis en apposition


Le terme apposition s’applique au mot ou groupe de mots qui, placé à la suite d’un nom, désigne la
même réalité que ce nom, mais d’une autre manière.
➢ Molière, écrivain français, a vécu au XV Lé siècle.
➢ Louis XIV, le roi de France, (à distinguer du roi d’Espagne)
Ici, il est question d’une apposition détachée par une pause, marquée par la virgule. On trouve aussi
des appositions soudées : elles suivent toujours immédiatement le terme recteur et ne comportent
jamais de déterminant : Le poète V. Hugo. L’orateur Mirabeau, L’ingénieur Eiffel.
c. Le nom mis en apostrophe :
Un nom est mis en apostrophe quand il désigne un être animé ou une chose personnifiée, à qui l’on
s’adresse, qu’on interpelle, autrement dit qu’on apostrophe :
➢ Homme libre, toujours tu chériras la mer (Baudelaire).

d. Le nom complément du nom


Le nom est complément d’un autre nom ou d’un pronom quand, placé après celui-ci, il le complète,
le détermine et le précise. Il est généralement précédé d’une préposition.
➢ Le chat de la voisine miaule.
➢ J’ai acheté un livre de théâtre.

e. Le nom complément de l’adjectif


Le nom est complément d’un adjectif quand, placé après celui-ci, il en précise le sens. Il peut être
introduit par les prépositions de, à, envers, en, etc.
➢ Il est respectueux envers ses parents. Il est fort en jeu. Ce panier est plein de cerises.

f. Le nom attribut du sujet


L’attribut du sujet exprime une qualité attribuée au sujet (être ou objet) par l’intermédiaire d’un
verbe d’état : Etre, sembler, paraître, passer pour, avoir l’air de, rester, demeurer, devenir, se faire, se
transformer en, se rendre, etc.
➢ Leur voisin est ingénieur.
➢ Il est parti soldat, il revient officier, il mourra général.
➢ Puisque je faisais l’huissier faites le commissaire

g. Le nom attribut de l’objet :


L’attribut du complément d’objet exprime une qualité attribuée au complément d’objet direct du
verbe.
➢ J’appelle un chat un chat. Et Rôlet un fripon. (Boileau)
➢ On l’a nommé inspecteur principal.
➢ Je la considère comme une sœur.

h. Le nom complément d’objet


Le complément d’objet est la personne ou la chose sur laquelle porte l’action exprimée par le verbe :
➢ La pluie frappe mes vitres.
➢ Jean réfléchit à la question.
Le complément d’objet est absolument nécessaire au sens de la proposition dont il fait partie. Il est
étroitement lié au verbe. C’est le complément principal.
- Formes du complément d’objet :
Le complément d'objet direct est le mot (ou groupe de mots) qui se joint au verbe sans préposition
pour en compléter le sens. Il représente l'être ou la chose qui reçoit directement l'action que fait le
sujet : Il aime la chaleur.
Le complément d'objet indirect est un mot (ou groupe de mots) qui se joint au verbe par
l'intermédiaire d'une préposition pour en compléter le sens. C'est un complément de verbe. Il
représente l'être ou la chose qui reçoit indirectement l'action que fait le sujet.
➢ Il s’habitue à la chaleur.
Le complément d'objet second : Certains verbes peuvent être complétés par deux compléments
d’objet :
Un COD (plus rarement un COI) et un autre complément qui est appelé complément d’objet second
(COS). Ce complément est introduit par une préposition : à, de, pour...
➢ Sophie a présenté sa cousine à ses amis.
COD COS

i. Le complément d’attribution
Le complément d’attribution est un mot (ou groupe de mots) qui représente la personne ou la chose
à laquelle est destinée, (c’est-à-dire le plus souvent pour ou contre laquelle est accomplie) l’action
exprimée par le verbe.
➢ Je donne un vêtement au pauvre
➢ Je cueille des fleurs pour ma mère

j. Le nom complément circonstanciel :


Le complément circonstanciel est un mot qui précise les circonstances qui entourent le fait exprimé.
C’est un constituant facultatif de la phrase : il peut être donc déplacé ou supprimé.
Un événement étonnant se produit en juin → En juin, un événement étonnant se produit → Un
événement étonnant se produit.
Plusieurs circonstances sont identifiables :
Le temps, le lieu, la cause, le but, la manière, le moyen, l’accompagnement…
D'autres compléments, moins fréquents ou moins indispensables à l'analyse, ont été laissés de côté :
complément de l'adverbe, complément de l'infinitif, complément du présentatif, etc.

B. Les expansions du nom


Le groupe nominal a pour noyau un nom qui peut être généralement accompagné d’une ou de
plusieurs expansions facultatives :
a. L’épithète:
L’épithère est un adjectif, un participe, un groupe adjectival ou participial qui qualifie un nom :
➢ la dame a préparé un repas délicieux
➢ Effrayée, Amal refuse de rentrer dans cette cave.
L’épithète liée précède ou suit immédiatement le nom qualifié ; il peut y en avoir plusieurs,
juxtaposées ou coordonnées :
➢ Une vaste pièce déserte, sombre et froide. Un rosier couvert de fleurs
L’épithète détachée est séparée du nom qualifié par une virgule et elle est en position détachée dans
la phrase : Verdoyante, une grande plaine se déroulait devant nous.
b. Le complément du nom:
C’est est un nom, GN, un pronom, un infinitif ou un groupe infinitif qui complète un nom par
l’intermédiaire d’une préposition :
➢ Une vue sur la mer / Un livre pour tous
➢ Le plaisir de lire /Un endroit pour se reposer.

c. La subordonnée relative:
Elle complète un nom appelé antécédent. Elle est introduite par un pronom relatif : qui, que, dont,
où, lequel, auquel,… : J’ai rencontré ma copine qui est maligne.

2. Le groupe verbal
Le groupe verbal est le second constituant essentiel de la proposition. Il s’articule autour d’un noyau,
le verbe qui prend des compléments obligatoires et d’autres facultatifs pour former le prédicat
grammatical de la phrase.
Le groupe verbal désigne généralement des propriétés, des états, des actions jouant la fonction de
propos par rapport au thème de la phrase, représenté par le sujet.
Le groupe verbal est susceptible de se réaliser de diverses manières :
➢ V. copule + SAdj : Tous les clowns sont tristes.
➢ V. copule + SN: Les agents sont de braves gens
➢ V. copule + SN prépositionnel : Sa famille est à la mer
➢ V. : L’oiseau chante
➢ V. + SN : Pierre fume sa dernière cigarette
➢ V. + SN + SN prépositionnel : La secrétaire écrit une lettre au client
➢ V. + SN prépositionnel : Amir téléphone à son père.
Rappelons que les compléments de phrase n’ont pas à être abordés ici puisque nous les considérons
comme extérieurs au syntagme verbal.
A. Les deux catégories de verbes
Quand on parle d’un être (personne ou animal), ou d’un objet c’est que l’on a besoin de dire :
➢ Soit ce qu’il est (verbe d’état) : Cet engin est dangereux.
➢ Soit ce qu’il fait (verbe d’action) : Amir téléphone.

a. Les verbes d’état :

➢ Tout vous est aquilin, tout me semble zéphyr


Les verbes d’état sont très employés, mais peu nombreux, car tout se ramènent au fond à l’idée
d’"être" exprimée :
a) directement par le verbe ‘être’ : la nuit tous les chats sont gris.
b) indirectement par des verbes comme sembler, paraître, avoir l’air, passer pour, demeurer, rester,
devenir, être considéré comme… :
➢ Vous paraissez fâché.
➢ Karim passe pour un intelligent.
Les verbes d’état servent à unir au sujet son attribut (c’est-à-dire ce qu’on dit de lui).
b. Les verbes d’action

➢ La compagne blanchit. L’hiver blanchit les monts


Sauf ceux qu’on vient de mentionner, tous les verbes indiquent ce que fait ou ce que subit le sujet.
Ces verbes sont dits d’action peuvent, quand ils indiquent ce que fait le sujet,
Se suffire à eux-mêmes (verbes intransitifs)
Ou exiger un complément (verbes transitifs)
1. Les verbes intransitifs
Ces verbes ont par eux-mêmes un sens complet. Par exemple : aller, courir, voler, aboyer, tomber… :
➢ Va, cours, vole.
2. Les verbes transitifs
➢ J’aime le son du cor.
➢ On ne saurait penser à tout
a- Verbes transitifs directs :
Des verbes comme tendre, souhaiter, plaindre, prendre, … ne signifient rien tant qu’on n’indique pas
l’objet de l’action. C’est-à-dire sur qui ou sur quoi (chose) porte cette action.
• Elle tendait… ? … la main (un livre, une lettre…)
• Je souhaite… ? … son bonheur (ton succès…)
• Nous plaignons … ? … Pierre (Karim, son sort…
• Tu prends … ? … le train (un poisson, tes vacances…)
Les noms qui suivent s’ajoutent sans intermédiaire aux verbes : aussi les appelle-t-on compléments
d’objet directs et les verbes de ce type verbes transitifs directs.
b- Les verbes transitifs indirects :
Après d’autres verbes qui ne suffisent pas davantage à eux-mêmes, le complément indispensable au
sens est précédé d’une préposition (le plus souvent à ou de) :
➢ La sécheresse nuit aux récoltes
➢ Amir use d’un stratagème.
Ses verbes sont dits transitifs indirects à cause de la préposition qui les rattache au verbe.
N.B. La plupart des verbes transitifs indirects sont des verbes pronominaux : s’adonner à, s’ingénier
à, s’occuper de, se méfier de, se moque de, se souvenir de…
Remarques :
1- Certains verbes normalement transitifs (directs ou indirects) s’emploient sans complément
d’objet quand celui-ci peut se deviner facilement ou qu’il aurait un sens très général.
On dit alors que le verbe transitif est employé absolument.
On dit en général : Mais on peut dire :
Il mange de la soupe (des fruits, du gâteau...) Il mange (=il absorbe quelque nourriture ou un
repas entier, peu importe).
Je lis (= je suis occupé à une lecture).
Je lis une lettre (un roman, une pièce, un
rapport…)
Nous nous méfions de lui (de sa proposition…) Nous nous méfions (= nous sommes sur nos
garde).

2- Parfois un même verbe peut être, selon les phrases, transitif ou intransitif. Son sens est alors
souvent bien différent. Exemple:
Verbe Sens transitif Sens intransitif
Pousser Elle pousse une brouette L’herbe pousse (=croît)
Descendre Nous descendons un meuble La mer descend (=baisse)

3. Le groupe adjectival
L’adjectif en tant que tête du groupe adjectival peut être complété par différents types de modifieurs
qui sont dans leur majorité des constructions prépositionnelles.
A- Les modifieurs de l’adjectif :
L’adjectif peut en effet appeler des compléments obligatoires ou facultatifs. Ces modifieurs peuvent
être :
▪ Des adverbes : permettant de préciser le degré de la qualification (un ton très/ gentiment
moquer) ou de modaliser la qualification entre le nom et son adjectif (un ton sûrement
moqueur/ un voisin toujours hargneux)
▪ Des groupes prépositionnels (dits compléments de l’adjectif) : Content de son sort/ digne de
louange/ plein d’eau/ fidèle à ses amis/ avide de gloire/ semblable à son frère.
▪ Des phrases (ayant statut nominal) : Elles peuvent être des complétives ou des infinitifs : Il est
heureux que tu viennes/ c’était un récit agréable à lire

B- Les degrés de l’adjectif


La qualité exprimée par l’adjectif peut faire l’objet d’une évaluation en degré :
1- Les degrés de comparaison
Le comparatif établit une comparaison grâce aux adverbes plus/moins/aussi.
➢ Un arbre plus grand (supériorité), moins grand (infériorité), aussi grand (égalité)
Il est généralement suivi d’un complément introduit par « que » :
➢ Un arbre plus grand que la maison
Le superlatif relatif établit une comparaison par rapport à un ensemble
➢ C’est le plus calme/ le moins calme de tous
Il est généralement suivi d’un complément introduit par « de »
➢ Samir est le plus calme de tous les élèves
Il existe des comparatifs et des superlatifs de supériorité irréguliers : Bon (meilleur)/Mauvais (le
pire)
2- Les degrés de l’intensité
Le superlatif absolu exprime le plus haut degré d’une qualité grâce aux adverbes : très, fort,
extrêmement, si, etc.
➢ Une histoire très intéressante et fort drôles. Elle est si jolie

C- Fonctions du groupe adjectival :


1- Epithète
L’ adjectif qualificatif épithète est placé dans la proximité immédiate du nom auquel il est rattaché.
Dans ce cas, la qualification est fournie à l’élément nominal en dehors de toute limitation
temporelle : Sur une étroite saillie de roc se tenait un jeune et frêle chamois.
2- Attribut :
L’adjectif est lié au sujet ou au complément d’objet par l’intermédiaire d’un verbe (dit verbe
attributif).
➢ La cuisine était grande et blanchie à la chaux
➢ Le professeur juge cet étudiant incapable de réussir.
La qualification est affectés à l’élément nominal dans les limites (temporelles, modales) des
catégories morphologiques du verbe.
3- Apposition
Pour donner plus de valeur à l’adjectif on peut le placer entre deux virgules à côté du nom auquel il
se rapporte. Il est ainsi détaché et prend un sens plus riche :
➢ L’animal, inquiet, ne nous quittait pas du regard.
➢ Alerte, l’homme gravit le sentier et disparut.

D- La place de l’adjectif
La place de l’adjectif épithète est généralement déterminée par des facteurs variés :
⎯ Facteurs d'ordre rythmique.
En général, l'adjectif monosyllabique qualifiant un nom polysyllabique est antéposé: le vieux français,
une bonne grammaire, une grosse voiture, etc.
L'adjectif polysyllabique qualifiant un nom monosyllabique est postposé: un vers harmonieux, un luth
silencieux, un cas curieux, etc.
L'adjectif monosyllabique qualifiant un nom monosyllabique a tendance à être postposé: un lit dur, la
vie chère, etc.
⎯ Facteurs d'ordre syntaxique.
Dans un groupe adjectival, il est presque toujours postposé. On distingue les cas suivants:
a) L'épithète accompagnée d'un adverbe est généralement postposée: un cheval remarquablement
vigoureux.
N.B. L'épithète précédée d'un des adverbes d'intensité (adverbe-préfixe) peut rester antéposée
quand des facteurs rythmique ou sémantique imposent cette place: un très petit bébé.
b) L'adjectif accompagné d'un syntagme prépositionnel est toujours postposée: un spectacle
amusant à voir.
c) Au comparatif, l'adjectif épithète n'est obligatoirement postposé que lorsqu'il a pour complément
un autre adjectif : Nous avons fait un travail aussi long que difficile.
⎯ Facteurs d'ordre sémantique.
a) L'adjectif épithète antéposée se combine avec le nom pour constituer avec lui une désignation
plus précise, mais globale, de ce dont on parle. Autrement dit, l'adjectif antéposé a tendance à se
souder au nom. L'adjectif postposé conserve son accent propre, il garde son autonomie, et souligne
une qualité distinctive de ce dont on parle : Un roi ancien/un ancien roi; un brave homme/un homme
brave; un grand homme/un homme grand; un gentil garçon/un garçon gentil; un pauvre homme /un
homme pauvre; un cas unique /un unique cas, etc.
b) Les épithètes dont le sens se combinent facilement avec celui du nom sont généralement
antéposées: Adjectifs courants, comportant souvent une nuance d'appréciation morale ou
esthétique, ex : petit, nouveau, bon, vrai, vieux, grand, haut, mauvais, dernier, meilleur, nombreux,
multiple, futile, etc.
c) Les adjectifs exprimant une relation, une classification (position sociale, religion, nationalité), une
couleur ou une forme sont généralement postposés. Ce sont des adjectifs à place fixe : une ville
sicilienne; un rite orthodoxe; une voiture rouge; une pièce rectangulaire. Les participes et les adjectifs
verbaux en -ant sont postposés : un élève doué; des sables mouvants.
⎯ Nom déterminé par deux ou plusieurs adjectifs épithètes.
a) Quand les deux adjectifs sont pris dans leur sens propre et apportent une caractéristique
objective, ils sont naturellement postposés au nom. Juxtaposés ou coordonnés, chacun deux garde
son indépendance: Ses grandes dalles blanches et noires retentissent devant mes pieds. (Michelet)
b) Si on veut mettre eu relief l'adjectif, on peut antéposer deux ou plusieurs épithètes à un nom: La
courte et ronde demoiselle le regardait. On possède encore le perfide et menteur rapport de Saint-
Just.
c) Si, des deux adjectifs, l'un est pris dans un sens imagé ou bien une valeur affective, et que l’autre
soit employé dans un sens propre avec une valeur objective, on antépose le premier au nom et on
postpose le second : Une étrange agitation nerveuse. Un vaste espace gazonné. (vaste et étrange ont
une valeur affective)

4. Le groupe adverbial
On a dit que l’adverbe modifie le sens d’un verbe, d’un adjectif, d’un autre adverbe. Mais cette
modification ne se fait pas au même degré.
Le fonctionnement d’un même adverbe diffère d’une phrase à une autre. Se baser uniquement sur
le seul critère sémantique ne permet pas de mettre en évidence cette diversité. Ainsi dans les
phrases :
➢ Je vous assure qu’il travaille sérieusement
➢ Sérieusement, je vous assure qu’il travaille.
Dans le premier énoncé, l’adverbe de manière est dépendant du verbe, tandis que dans le second,
gardant la même valeur sémantique, il porte sur la phrase et spécifie l’énonciation tout entière.
Certains adverbes admettent, à ‘instar des adjectifs qualificatifs, divers degrés d’intensité
(plus/moins/aussi/le plus…) permettant de former un groupe adverbial. Il s’agit de :
• Adverbes de temps (tôt, tard, longtemps, etc.) et de lieu (près, loin)
• Adjectifs employés comme adverbes et modifiant le verbe : (bas, cher, bon, etc.)
• Les adverbes de manière en –ment.
• Certaines locutions adverbiales : à propos, à regret, etc.
• Beaucoup, peu, bien, mal.
➢ Moins lentement, aussi lentement, plus lentement, très lentement, le plus lentement.

a. Place de l’adverbe
La place des adverbes est assez variable. Certains ont une place fixe, d’autres une place relativement
autonome. En tout cas, la place est réglée par des raisons de style et surtout par le type de relation
qu’entretient l’adverbe avec l’élément sur lequel il porte:
Les adverbes qui portent sur un adjectif, un adverbe sont placés en général devant eux :
➢ Toujours souriant, très correctement; assez doucement
Les adverbes modifiant un verbe sont placés généralement après lui s’il est à un temps simple :
➢ il pose lentement le livre
➢ (il pose le livre doucement).
Si le verbe est à un temps composé, ils peuvent se placer entre l’auxiliaire et la participe ou après:
➢ il a doucement posé le livre
Les adverbes de négation sont placés généralement derrière le verbe conjugué (sauf ne qui le
précède toujours)
Une mise en relief peut laisser l’adverbe se placer en tête de phrase :
➢ Soigneusement il ouvre sa boîte à merveilles.
➢ Ici s’est noyé le ministre.
Les adverbes de circonstances sont déplaçables à l’instar des GP circonstanciels.
Les adverbes d’opinion et les adverbes de phrases ont une prédilection pour les positions détachées,
en début de phrase et dans une moindre mesure, en fin : Franchement, je n’ai rien saisi.

5. Le groupe prépositionnel :
La préposition, comme nous l’avons vu, se présente comme un subordonnant permettant de lier un
constituant à un autre le complétant.
Le groupe prépositionnel dont le mot-tête est la préposition se présente sous diverses formes :
GP → Prép. + SN il pense à ses études
Pronom il pense à lui
Infinitif il rêve de réussir
La place et la fonction du SP varient selon le type de dépendance qu’il entretient avec les autres
éléments de la phrase. il s’inscrit dans l’axe de la phrase à différents endroits et à différents niveaux :
▪ Il vient compléter la phrase :
➢ Le patient prend ses médicaments après les repas
Il est alors complément de phrase. (Un complément circonstanciel)
▪ Il vient se placer dans le GV :
➢ La fortune sourit aux audacieux.
Il est alors complément de verbe (un complément d’objet indirect du verbe)
▪ Il vient se placer dans le GN. Il est alors complément du nom.
➢ La grève des ouvriers est signe de mécontentement.
▪ Il vient compléter un adjectif :
➢ Les résultats sont conformes aux décisions.
▪ Il vient se placer après un verbe attributif. Il est alors attribut du sujet ou de l’objet :
➢ Il est en colère
➢ Il passe pour un intégriste.

IV- Du syntagme à la phrase simple :


Nous pensons et nous parlons, non par des mots séparés, mais par assemblage de mots ; chacun de
ces assemblages, logiquement et grammaticalement organisés, compose une phrase. La phrase est
simple ou complexe.
1. La phrase simple
Une phrase simple est organisée autour d'un seul verbe conjugué à un mode personnel. Elle ne
comporte qu'une seule proposition.
➢ Renart a joué un tour pendable à Ysengrin, le loup.
La phrase simple contient généralement un sujet ou un groupe sujet (GS) et un verbe ou un groupe
verbal (GV). Elle est parfois complétée par des constituants facultatifs : les compléments
circonstanciels :
➢ Depuis plusieurs jours, les deux animaux n’avaient rien mangé.
Complément circonstanciel Groupe nominal sujet Groupe verbal

2. La phrase verbale et la phrase non verbale :

Une phrase verbale contient un verbe. Une phrase qui n'a pas de noyau verbal est une phrase non
verbale : Enfin ! Pourquoi ?
Quand le noyau d’une phrase non verbale est un nom, il s’agit d’une phrase nominale :
➢ Au secours ! / Quelle vue magnifique !
3. La phrase personnelle et la phrase impersonnelle
Une phrase de forme impersonnelle est construite autour d'un verbe impersonnel qui ne peut pas
varier en personne. → Il neige.
Certains verbes ont seulement une construction impersonnelle : pleuvoir, falloir...
D'autres verbes ont une construction personnelle ou impersonnelle. Dans ce dernier cas, ils sont
précédés du pronom personnel indéfini il, appelé sujet grammatical, avec lequel se fait l'accord.
Ils sont suivis d'un sujet logique qui est le sujet par le sens.
➢ Un événement important est survenu. (phrase personnelle)
➢ Il est survenu un événement important. (phrase impersonnelle)
Sujet grammatical Sujet logique

Dans la phrase personnelle, l'accent est mis sur le sujet Un événement important.
Dans la phrase impersonnelle, l'accent est mis sur le verbe est survenu.
4. Types de phrases : notions de base

Types de phrases Ponctuation Construction Exemples

La phrase déclarative, comme les ➢ Le train arrive. (phrase


La phrase déclarative Elle se termine
autres types de phrases, peut être verbale)
donne une information par un point.
verbale ou non verbale. ➢ Voilà le train.
ou une explication.
(phrase non verbale)

La phrase interrogative peut se


La phrase interrogative Elle se termine construire avec :
sert à poser une par un point - Intonation ; ➢ tu as vu ce film ?
question. d'interrogation - une inversion du sujet ; ➢ As-tu vu ce film ?
➢ Est-ce que tu l'as vu ?
- la formule Est-ce que ?
(L’interrogation est dite totale)
- un mot interrogatif :
Qui ? Quand ? Pourquoi ?... ➢ Quand l'as-tu vu ?
(L’interrogation est dite partielle)

La phrase injonctive peut avoir son


La phrase injonctive Elle se termine verbe :
exprime un ordre, un par un point ou - à l'impératif,
➢ Venez ici.
conseil, une défense un point - à l'infinitif,
➢ Ne pas fumer.
d'exclamation. - au subjonctif,
➢ Qu’il entre !
- au futur de l’indicatif.
➢ Tu écouteras.
Certaines phrases non verbales ➢ Attention à la marche
sont l’équivalent de phrases ➢ Défense de fumer
injonctives

La phrase exclamative La phrase exclamative peut


traduit une émotion ou Elle se termine commencer par un mot
par un point ➢ Quel beau temps !
un sentiment fort : exclamatif : Que... ! Quel(s)... !
joie, peur, colère... d'exclamation. Quelle (s)... ! Comme... !

5. Formes de phrases

a- Forme affirmative et forme négative

Forme négative (elle consiste à nier la valeur


Types de phrases Forme affirmative
de vérité d’une phrase)
Phrase déclarative ➢ Le jardin est grand. ➢ Le jardin n'est pas grand.
Phrase interrogative ➢ Es-tu prêt ? ➢ N'es-tu pas prêt ?
➢ Est-ce qu'elle part ? ➢ Est-ce qu'elle ne part pas ?
➢ Pourquoi court-il ? ➢ Pourquoi ne court-il pas ?
Phrase exclamative ➢ Que c'est cher ! ➢ Ce n'est pas cher !
Phrase injonctive ➢ Rentre avant dix heures ! ➢ Ne rentre pas avant dix heures !

b- Forme neutre et forme emphatique


Types de phrases Forme neutre Forme emphatique (on cherche à mettre en relief l’un des
constituants de la phrase)
Phrase déclarative ➢ Léa a fait ce gâteau. ➢ C’est Léa qui a fait ce gâteau (Extraction par un présentatif).

➢ Léa, elle a fait ce gâteau.(détachement+reprise par un

Phrase interrogative ➢ À quoi penses-tu ? pronom)


➢ C'est à quoi que tu penses ?
➢ Où habite Laurent ? ➢ Laurent, où habite-t-il ?
Phrase exclamative ➢ Cette idée est stupide ! ➢ Cette idée, elle est stupide !
Phrase injonctive ➢ Observe cette photo. ➢ Observe-la, cette photo.

c- La phrase active et la phrase passive


Une phrase de forme passive a son verbe à la voix passive. Elle est la transformation d'une
phrase active de même sens.
Le COD de la phrase active devient le sujet de la phrase passive.
Le sujet de la phrase active devient le complément d'agent de la phrase passive.
➢ Le journal a diffusé la nouvelle. (forme active)
Sujet COD
➢ La nouvelle a été diffusée par le journal (forme passive)
Sujet Complément d'agent

Ces phrases ont globalement le même sens. Cependant, dans la 1re, le thème de la phrase (ce
dont on parle) est Le journal. Dans la 2e, le thème est La nouvelle.
Dans la 1rc, l'accent est donc mis sur Le journal. Dans la 2e, il est mis sur La nouvelle.
La phrase passive contient souvent un complément d'agent (CA) introduit par les
prépositions par ou de.
➢ Ce pull a été tricoté par ma mère. Il est respecté de tous.
Ce complément peut être sous-entendu si on ignore qui fait l'action du verbe passif ou si on
juge inutile de le préciser.
➢ Le tableau volé a été retrouvé, (peu importe par qui)

IV- De la phrase simple à la phrase complexe


Une phrase simple n’est formée que d’une seule proposition : une proposition indépendante. Par
contre, une phrase complexe contient plusieurs noyaux verbaux. Elle comporte donc plusieurs
propositions.
➢ Ysengrin croyait / que Renart était son ami.
Les propositions d'une phrase complexe peuvent être des propositions indépendantes :
• juxtaposées, c'est-à-dire séparées par une virgule, un point-virgule ou deux points :
➢ Il faisait froid ; ils étaient affamés.

• coordonnées, c'est-à-dire reliées par une conjonction de coordination (mais, et, car...) ou un
adverbe de liaison (puis, ensuite...) :
➢ Renart est rusé mais Ysengrin est naïf.
Une phrase complexe peut comporter une ou plusieurs propositions subordonnées qui dépendent
d'une proposition principale et ne peuvent exister sans elle.
Les propositions subordonnées peuvent avoir presque toutes les fonctions du nom. Elles sont
introduites par un subordonnant : pronom relatif (qui, que, dont...), conjonction de subordination
(que, quand, puisque...), mot interrogatif (comment, pourquoi, quel...).
➢ Quand il fut libre, Ysengrin jura qu’il se vengerait de Renart qui l’avait trompé.
CCT COD de jura C. du nom Renart