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Université Sultan Moulay Slimane

Faculté des Lettres et Sciences Humaines


Beni Mellal

Semestres 1/2 Grammaire 1/2

Corrigés d’examens

Professeur : Abdeltif Makan

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Examen
1- Classez et analysez les mots soulignés dans le texte suivant:
Alors pleurent, par la maison, les chevaliers, les compagnons, leur cri est
haut, leur plainte est grande. Chevaliers et serviteurs sortent ; ils portent le corps
hors de son lit, puis le couchent sur du velours et le couvrent d'un drap brodé. Le
vent s'est levé sur la mer et frappe la voile en plein milieu: il pousse la nef vers
la terre. Iseut est sortie de la nef ; elle entend les grandes plaintes dans la rue, les
cloches des moutiers, des chapelles. Elle demande aux hommes les nouvelles :
pourquoi sonner, pourquoi ces pleurs? Alors un ancien lui dit: "Belle dame, que
Dieu m'aide, nous avons ici grande douleur : nul n'en connut de plus grande.
Tristan le preux, le franc, est mort: c'était le soutien de ceux du royaume. Il était
généreux pour les pauvres et secourable aux affligés. D'une plaie qu'il avait au
corps, en son lit il vient de mourir; jamais si grand malheur n'advint à notre
pauvre peuple".
THOMAS ET BEROUL, Tristan et Iseut, entre 1150 et 1200

2- Étudiez le nombre dans l’exemple ci-dessous dans les deux codes oral
et écrit:
- Elle demande à l’homme la nouvelle / elles demandent aux hommes
les nouvelles.

3- Étudiez le genre dans les mots suivants (codes oral et écrit):


- chanteur/chanteuse ; grand/grande ; le/les ; fille/garçon ; idée
utile/travail utile.

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Modèle de réponse
Il ne s’agit pas de présenter une recette. C’est une manière de répondre parmi
d’autres.
Avant de passer au classement et analyse, il est souhaitable de commencer par
une toute petite introduction. Elle peut contenir les informations suivantes :
Selon la consigne, il s’agit de mettre en exergue la question-problème. Dire par
exemple qu’en français on distingue neuf catégories grammaticales, dites aussi
parties du discours ou espèces/classes grammaticales. Ces dernières sont
classées et analysées selon des critères morphosyntaxique et sémantique. Ainsi,
il sera question, selon toujours la consigne, des substantifs, des adjectifs
qualificatifs, des déterminants, des prépositions, des conjonctions…Si on a
affaire à des classes hétérogènes, variables et invariables, il sera utile de le
signaler.
Dans le cas des substantifs, il est à décrire toutes les propriétés linguistiques
« forme + fonctio£+sens » :
Exemple :
-chevaliers : est un substantif, nom, commun masculin pluriel. Il est simple,
concret et comptable. Il est (+ animé et + humain). Il est variable. Il assume la
fonction de sujet du verbe « pleurer ».
Il en est de même pour les adjectifs :
-belle : est un adjectif qualificatif simple. Il est féminin singulier qui détermine
le substantif « dame ». Il est épithète.
Etc.

Dans le cas de l’étude du genre et du nombre, on rappelle que les deux


connaissent un système binaire. On les distingue selon certains critères
morphologiques graphique et phonétique. Ainsi, ils peuvent être traités selon
deux codes, oral et écrit.
 Dans le code oral, il s’agit tout d’abord de transcrire phonétiquement les
classes grammaticales en question ; puis les traiter en les comparant

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masculin vs féminin, ou singulier vs pluriel pour dégager toutes les
transformations ou variations (zéro, consonantique, vocalique, lexicale)
Exemple :
-chanteur/chanteuse :
Chanteur [ʃɑ̃.tœʁ] chanteuse [ʃɑ̃.tøz].
Le passage du masculin au féminin entraine es modifications suivantes :
- Vocalique : [œ] [ø]
- Consonnantique : [ʁ] [z]
-
 Dans le code écrit, l’accent est mis sur la structure graphique des mots :
Le féminin est marqué par le graphème « e » mis à la fin du nom en
remplaçant aussi la consonne « r » par « s » qui se prononce « z » en raison
de son emplacement entre deux voyelles.
Le nombre est traité ainsi de la même façon.

Exemple d’analyse cohérent

On distingue en français neuf catégories grammaticales, dites aussi parties du


discours ou espèces/classes grammaticales. Ces dernières sont classées et
analysées selon des critères morphosyntaxique et sémantique. Ainsi, il sera
question dans cette évaluation de trois questions : la première porte sur les mots
soulignés dans le texte. Ce sont des substantifs, des adjectifs qualificatifs et des
déterminants. Ce sont des classes variables.
Ensuite, dans la deuxième on étudiera le nombre. Enfin, dans la troisième,
on analysera le genre selon les deux codes écrit et oral.

1- Classement et analyse des mots soulignés dans le texte :

A- Les déterminants :
- La (maison) : article défini, féminin singulier. Il détermine le substantif
« maison ».
- Leur : (cri) : adjectif possessif, masculin singulier qui détermine le nom
« cri ».
- Son (lit) : adjectif possessif masculin singulier déterminant le nom « lit ».
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- Du (velours) : article partitif masculin singulier. Il détermine le nom
« velours ». Il désigne une partie de cette substance.
- Un (drap) : adjectif numéral cardinal, masculin singulier qui détermine
« drap ».
- Le (vent) : article défini masculin singulier. Il détermine le nom « vent ».
- Des « moutiers » : article indéfini, masculin pluriel qui détermine le
substantif « moutiers ».
- Aux « homme » : article défini contracté, masculin pluriel déterminant
« hommes ».
- Ces « pleurs » : adjectif démonstratif, masculin pluriel, détermine
« pleurs ».
- Une « plaie » : selon le sens : adjectif numéral cardinal féminin singulier
qui détermine e substantif « plaie » ou article indéfini féminin singulier
déterminant « plaie ».
- Notre « peuple » : adjectif possessif masculin singulier. Il indique
plusieurs sujets possesseurs et un seul objet possédé. Il détermine le
substantif « peuple ».
- Le « corps » : article défini masculin singulier. Il détermine et actualise
« corps ».

B- Les substantifs :
- Chevaliers : nom masculin pluriel commun simple et concret. Il désigne
des êtres humains à cheval. Il remplit la fonction « sujet » inversé du
verbe « pleurent ».
- Voile : nom féminin singulier commun simple et concret, complément
d’objet direct du verbe « frapper ». Il désigne une substance permettant de
naviguer sous la force du vent.
- Nouvelles : nom féminin pluriel commun simple abstrait. Il est
complément d’objet direct du verbe « demander ». il désigne des
informations récentes.
- Preux : nom masculin simple d’origine adjectivale substantivé. Il est
complément du nom « Tristan ». Il a la valeur d’un adjectif épithète. Il
qualifie une personne brave.

c- Les adjectifs qualificatifs :


- Brodé : adjectif qualificatif dérivé du participe passé du verbe « broder ».
Il est masculin singulier simple. Il assume la fonction d’épithète qualifiant
le substantif «  drap ».
- Grandes : adjectif qualificatif féminin simple pluriel. Il qualifie le nom
« plaintes ». il est épithète.
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- Généreux : adjectif qualificatif masculin singulier simple. Il se rapporte
au sujet « il » duquel est séparé par la copule « être ». il est attribut du
sujet.

2- Etude du nombre dans l’exemple ci-dessus dans les deux codes oral et
écrit :
Elle demande à l’homme la nouvelle / elles demandent aux hommes les
nouvelles.
Le système du nombre est binaire. Il s’analyse en français selon la dichotomie
singulier/pluriel. Les deux phrases constituant notre objet d’analyse marque une
différence : la première est au singulier tandis que la deuxième est au pluriel.
Cette différence se traduit par certaines marques à l’oral et à l’écrit.
À l’écrit, le pronom personnel « elle », les noms « homme » et « nouvelle » et
l’article « la » marque le passage du singulier au pluriel par l’ajout du graphème
« s ».
Dans le syntagme verbal, la désinence « ent » informe sur le nombre pluriel
« demande »/« demandent ». L’article élidé « l’ » au singulier devient contracté
au pluriel « aux ». Ainsi on passe de « à l’ » à « aux ».
À l’oral, il y a de mots qui ne marquent pas le passage du singulier au pluriel. Il
s’agit notamment du pronom personnel [3l], le verbe [dαmãd] et le nom [nuvEl].
C’est une variation zéro. Cependant, la liaison, qui s’impose, entre[o] et [сm] se
réalise [ozcm] et permet de distinguer le singulier du pluriel. Dans les articles
[la] et [lE], une variation vocalique se voit en passant du singulier [la] au pluriel.
[a] - [E].

3- Etude du genre dans les mots suivants selon les deux codes oral et écrit :
A l’instar du nombre, le genre connait une forme binaire : masculin/féminin. On
va l’étudier selon les deux codes oral et écrit :
Dans le code oral,
Chanteur [ʃɑ̃.tœʁ] chanteuse [ʃɑ̃.tøz].
Le passage de « [ʃɑ̃.tœʁ] à [ʃɑ̃.tøz] est marqué par une variation vocalique :
[œ] [ø]
- et une variation consonantique : [ʁ] [z]

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- [grã] --- [grãd] : le passage du masculin au féminin s’obtient par une variation
consonantique. L’absence du son [ød] dans le genre masculin et la réalisation de
ce son dans le genre inverse [d].
-[lα] --- [la] : le genre est déterminé grâce à une variation vocalique. [lα] devient
[la] au féminin. [α] --- [a].
-[fij] --- [garsÕ] : les deux marquent le genre par une variation lexicale.
-[ytil] --- [ytil] : la distinction des deux genres est non pertinente. Il s’agit d’une
variation zéro dans la mesure où les deux formes lexicales ne marquent aucun
changement en passant d’un genre à l’autre.
Dans le code écrit,
-chanteur/chanteur : la consonne « r » du masculin devient « s » au féminin en
ajoutant le graphème « e » en tant que marque du féminin. Le « s » se prononce
« z » en raison de son emplacement entre deux voyelles.
-grand/grande : le féminin est marqué par e graphème « e » ajouté à a fin du
mot.
-le/la : le féminin est marqué par le changement vocalique : « e » devient « a ».
-Utile/utile : il s’agit de la même forme linguistique. C’est une variation zéro.
Le passage du masculin au féminin n’entraine aucun changement.

Il s’agit de montrer à la fin que ce corpus ne représente pas toutes les catégories
grammaticales.