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1 / Le processus de création monétaire par les banques

commerciales
L’origine principale de la création monétaire est l’octroi (l’accord) de crédit des banques commerciales
(de second rang) aux ménages et aux entreprises.
Contrairement à ce qu’on pense, ce n’est pas essentiellement à partir de l’épargne que les banques
accordent des crédits. On dit plutôt que ce sont les crédits qui font les dépôts, c’est-à-dire que ce sont les
crédits accordés par les banques qui vont se traduire en monnaie scripturale sur les comptes à vue des
agents économiques.
Lorsque les banques accordent un crédit, il y a création monétaire, mais lorsque les agents remboursent
ce crédit, il y a destruction monétaire. Sauf que le remboursement se fait moyennant le paiement
d’intérêts : la création nette de monnaie correspond donc au montant des intérêts payés.
Les banques ne peuvent pas octroyer autant de crédits qu’elles veulent.
La création monétaire est limitée par :
 Le besoin de liquidité des agents économiques : les banques doivent pouvoir fournir des
pièces et des billets correspondant à la monnaie scripturale. Elles doivent donc s’assurer qu’elles ont
assez de monnaie banque centrale (sur leur compte à la Banque Centrale) lorsqu’on vient leur demander
de la monnaie fiduciaire,  lorsqu’elles doivent racheter des devises étrangères et lorsqu’elles doivent faire
des versements au Trésor Public pour les agents (voir 2.);
 Les réserves obligatoires : La Banque Centrale impose aux banques d’avoir environ 10% des
dépôts de leur client (donc aussi des crédits qu’elles ont accordés) en équivalent monnaie banque
centrale, c’est-à-dire en ligne de compte sur leur compte à la Banque Centrale. C’est ce qui va assurer le
fait que les banques vont toujours pouvoir servir leur client en liquidités;
 La compensation bancaire : les crédits accordés par une banque peuvent servir à financer un
bien acheté à un client d’une autre banque et donc se traduire en dépôt sur les comptes d’une autre
banque. Chaque banque doit s’assurer qu’en fin de journée elle pourra assurer ses obligations dans la
compensation bancaire avec les autres banques, c’est-à-dire qu’elle aura assez de monnaie banque
centrale sur son compte à la banque centrale.
Si ce n’est pas le cas, elle peut :
 soit emprunter à la Banque Centrale (en échange d’un titre qu’elle lui laisse en dépôt),
 soit emprunter aux autres banques,
 soit emprunter sur le marché des capitaux.
On appelle cette opération le refinancement des banques.
 
2. Les autres sources de la création monétaire :
créances sur le Trésor et devises
Le Trésor public remplit trois fonctions :
1. Il gère le compte de l’État auprès de la Banque de France, recouvre la plupart des impôts et des
recettes et  paie les dépenses de l’Etat;
2. Il établit la comptabilité de l’Etat;
3. Il émet des emprunts à court terme (Bons du Trésor) ou à long terme (emprunt d’Etat).
Une deuxième source de création monétaire à laquelle les banques de second rang contribuent est celle
qui correspond à des crédits accordés à l’État : la banque achète des bons émis par le Trésor public pour
financer le déficit budgétaire et dispose, en contrepartie, d’une créance sur le Trésor public.
Le règlement des achats de bons du Trésor s’effectue par virement du compte de la banque sur le compte
du Trésor à la banque centrale, autrement dit en monnaie centrale.
Ce n’est pas ce virement qui est en lui-même créateur de monnaie, mais le fait que le Trésor utilisera
ensuite les ressources empruntées pour financer ses dépenses et que les sommes seront ainsi virées sur
les comptes d’agents économiques dans les banques commerciales.
Les banques de second rang sont également amenées à créer de la monnaie scripturale lorsqu’un agent
économique lui vend des devises étrangères et achète des euros par exemple, pour acheter des biens
européens exportés. Il y a alors plus d’euros qui circulent.
Lorsqu’un agent économique achète des devises à sa banque, celle-ci prélève la somme
correspondante sur son compte bancaire : il y a destruction de monnaie.
 
3. Le rôle de la Banque Centrale
La BCE regroupe toutes les banques centrales de l’Eurosystème auxquelles elle confie ses missions. Les
banques centrales sont indépendantes juridiquement, c’est-à-dire qu’elles ne dépendent ni des
gouvernements, ni des autres institutions européennes.
Les missions de la Banque de France sont :
 assurer la stabilité monétaire
 assurer la stabilité financière
 la tenue des comptes du Trésor Public
 la gestion des moyens de paiement
Les missions de la BCE sont :
 mise en œuvre de la politique monétaire dont l’objectif est la stabilité des prix
 mise en œuvre de la politique de change
La BCE défend la stabilité des prix car l’inflation a des effets pervers  :
 elle fait baisser le pouvoir d’achat des ménages (s’il n’y a pas d’augmentation équivalente des
salaires) ce qui entraine une baisse de la consommation.
 elle remet en cause la fonction de réserve de valeur de la monnaie : si le taux d’intérêt nominal est
inférieur à l’inflation, alors le taux d’intérêt réel est négatif
 elle fait perdre la confiance dans la monnaie, notamment celle des investisseurs étrangers
La BCE défend la stabilité des prix car la déflation (la baisse des prix) a aussi des inconvénients  :
 parce qu’ils anticipent une baisse des prix, les ménages repoussent leur projet de consommation
 la concurrence par les prix fait disparaitre les entreprises les moins compétitives
Ce n’est que si la quantité de monnaie en circulation augmente plus vite que la quantité des biens
à acheter, qu’il y a inflation.
Par la politique monétaire, la BCE peut limiter la création monétaire  de deux façons :
1. Elle peut tout d’abord obliger les banques à détenir, sous forme de réserves obligatoires (dépôt
sur leur compte banque centrale), une fraction des dépôts qu’elles gèrent : en augmentant cette
fraction, la banque centrale limite la quantité de crédits que les banques peuvent accorder.
2. Elle peut également agir en faisant varier les liquidités disponibles sur le marché
monétaire (en modulant son offre de monnaie centrale) ainsi que la rémunération qu’elle demande aux
banques pour leur en fournir.
 Elle peut réduire le nombre de titres de créance qu’elle accepte de racheter aux
banques
 Elle peut augmenter son taux d’intérêt directeur. Cela peut avoir deux effets :
 amener la banque à freiner son offre de crédits, d’une part,
 répercuter le coût de son refinancement sur les crédits qu’elle octroie et
décourager ainsi le recours à l’endettement bancaire des agents économiques, d’autre part.
La banque centrale est le « prêteur en dernier ressort » :
La banque centrale est également garante de la liquidité bancaire : en tant que « prêteur en dernier
ressort », elle fournit une sorte d’assurance contre le risque d’illiquidité et de blocage du système
financier dans son ensemble. Prêter en dernier ressort consiste à créer de la monnaie centrale pour
assurer la liquidité des banques ou encore pour injecter massivement des liquidités sur le marché
monétaire afin d’éviter des faillites bancaires en chaîne.
Une telle situation résulte en général de prises de risque trop importantes de la part de certaines banques,
en raison notamment d’une mauvaise estimation du risque de crédit et lorsque la situation de trésorerie
d’une banque est telle qu’elle ne parvient plus à emprunter auprès des autres banques sur le marché
interbancaire.
Durant la crise de confiance de l’été 2007, lorsque les banques refusaient de se prêter de la monnaie
centrale, y compris sur des durées très courtes, la Banque centrale européenne fut contrainte d’intervenir
tous les jours pour apporter, sous forme de prêts à 24 heures, environ 200 milliards d’euros, montants que
les banques s’échangeaient entre elles quotidiennement avant la crise de liquidités et « l’assèchement »
du marché monétaire.

MONNAIE ET CREATION MONETAIRE


Programme : La monnaie et le financement de l'économie

La monnaie est à la fois un sujet très concret (celle que vous pouvez avoir dans votre
poche, même s'il y en a peu...) et un des sujets les plus abstraits (et complexes) de
l'économie. Depuis des siècles, les formes de la monnaie, ainsi que son processus de
création, ont évolué au rythme des transformations économiques, sociales et
politiques.

I. Fonctions et formes de la monnaie


- Un intermédiaire des échanges. Soit un moyen de paiement bien plus pratique que
le troc. Si je souhaite acheter une auto valant 10000€, je n'ai pas besoin de donner
10 vaches au vendeur (en supposant 1000€/vache).

- Une mesure de valeur. Dans le cadre d'une unité de compte (par exemple l'euro), la
monnaie permet de fixer une « valeur » aux  choses (biens, services, travail...). Le
terme de « valeur » s'entend ici au sens « mesuré en monnaie ». Cela permet aussi
de disposer une échelle de prix relatifs entre deux biens identiques (comparaison de
prix) ou différents (l'auto vaut dix vaches!)...

- Une réserve de valeur. Soit une fonction d'épargne. J'économise 150 € par mois
pour un voyage valant 1500 € dans 10 mois.Ce qui est bien plus pratique que
d'épargner une vache et demie!

- D'autres fonctions, toutes aussi importantes, sont attribuées à la monnaie en tant


qu'institution sociale et politique (lien social, pouvoir...) dépassant ainsi largement
son simple rôle instrumental.

- Afin de n'évoquer que la période récente de son histoire, la monnaie prend deux
formes principales :
> La monnaie fiduciaire (de fiducia = confiance) constituée des pièces (monnaie
divisionnaire) et des billets.
> La monnaie scripturale constituée d'écritures dans les comptes bancaires. Il est
important de distinguer cette notion un peu abstraite, dématérialisée, de la notion
d'instruments de paiement permettant de faire circuler cette monnaie scripturale
(chèques, cartes, virements...). Autrement dit, un chèque (par ex) n'est pas de la
monnaie en soi, simplement un moyen permettant de faire circuler une somme d'un
compte vers un autre.
> La question du porte-monnaie électronique (PMEL) ? Un PMEL peut être considéré
comme une monnaie véritable lorsqu'il est « chargé » d'un pouvoir d'achat. Dans ce
cas, ce PMEL crédité par exemple de 50€ a bien une « valeur » en soi (si on le perd,
on perd bien 50€ contrairement au chèque).

II. La création monétaire


- Historiquement, la création monétaire était un pouvoir régalien (du royaume, de
l'Etat), le pouvoir de « battre monnaie ».

- Avec le développement du crédit bancaire, la création monétaire est devenue du


ressort des banques.

- Banques centrales avec le monopole de création fiduciaire (c'est la BCE par


exemple qui « fabrique » les billets en euros).

- Mais aussi, et surtout, avec les banques commerciales qui créent la majeure partie
de la monnaie scripturale. Lorsque une banque accorde un prêt de 10000€ sans qu'il
y ait forcément la même somme déposée par un client, il y a une création de
monnaie pour 10000€.

- Ce « miracle » de création monéatire ex-nihilo a ses limites pour deux raisons


principales :
> La réglementation qui exige une certaine prudence : la banque ne doit pas
dépasser un certain montant de crédit accordé par rapport à ses ressources...
> Le besoin des clients en retrait d'argent liquide.
(Voir fiche sur l'explication de la création monétaire par le crédit bancaire)

- Inversement, le remboursement du crédit bancaire constitue une destruction


monétaire.

- Donc création monétaire nette (par le crédit) = Montant total des crédits accordés –
Montant total des crédits remboursés.

- La variation de quantité de monnaie en circulation se mesure par la variation de la


masse monétaire M1 (billets et dépôts à vue). (voir fiche SES sur la BCE).
J. Calatayud
Agrégé d'économie et gestion

1. Le pouvoir de création des banques de second


rang
a. Les crédits font les dépôts
Lorsqu'une banque privée de second rang accorde un crédit à l'un de ses
clients, elle crée de toute pièce de la monnaie scripturale : sans disposer en
caisse des sommes correspondantes en monnaie centrale (c'est-à-dire émises
par la Banque centrale sous forme de billets), elle inscrit tout simplement le
montant du prêt accordé au crédit de son client. C'est pourquoi le crédit se
transforme en dépôt dans la banque. La banque a créé cette monnaie par sa
propre volonté, pour répondre au besoin d'un de ses clients. Elle a donc
le pouvoir de création monétaire.

Ce pouvoir de création permet de financer le développement de l'activité


économique, les crédits accordés se traduisant par de la consommation ou
des investissements. Cette monnaie scripturale créée a les mêmes qualités que
les autres monnaies, bien qu'elle soit émise par une banque privée. Le client
dépositaire du crédit pourra donc utiliser librement cet argent, sous toutes ses
formes possibles.
b. Un système de compensation
Le système de compensation ne pose pas de problèmes, tant que la monnaie
scripturale reste dans la banque émettrice du prêt .

Si le client libelle un chèque au profit d'une personne qui a un compte dans la


même banque, un simple jeu d'écriture entre les comptes des deux clients
suffira.

Si le client émet un chèque au profit d'un client d'une autre banque, il va falloir


transférer l'argent vers cette banque. En réalité, il va y avoir compensation entre
les deux banques : tous les jours, les banques s'échangent de la monnaie par
chèques et virements. Il y a donc de fortes chances pour que le solde des
différentes transactions entre banques soit minime du fait de la loi des grands
nombres. Finalement, seul ce solde donnera lieu à un versement de banque à
banque, en monnaie centrale.
c. Le rôle des liquidités dans le système
Enfin, le client peut aussi retirer de l'argent liquide sous forme de billets. La
banque doit donc toujours avoir des réserves en monnaie Banque centrale pour
faire face aux besoins de ses clients. Cela explique que son pouvoir de
création monétaire est limité.

En effet, si ses clients retirent en moyenne 200 euros en monnaie liquide sur
1 000 de crédits accordés (soit 1/5), avec 1 000 euros liquides en caisse, la
banque pourra accorder 5 000 euros de crédits au total. Au-delà, elle ne
pourrait pas satisfaire la demande de liquidité des clients. Elle ne peut donc
plus accorder de crédit. La création monétaire n'est plus possible.
2. Les limites de la création monétaire
a. La demande de monnaie
La création monétaire se justifie par une demande économique de monnaie.
Les prêts servent ainsi à financer les acquisitions immobilières des ménages, à
créer ou développer des entreprises, etc. Le système bancaire détient de la
sorte des créances sur des agents économiques qui vont irriguer l'économie
réelle. On dit donc aussi que les banques détiennent des créances sur
l'économie.

Le nombre de crédits accordés dépend alors assez strictement du degré


d'expansion de l'économie : en période de faible activité économique, les
crédits seront peu nombreux. Les prêts sont ensuite remboursés : il y a alors
destruction de la monnaie scripturale précédemment créée.

Il existe deux autres formes de créances : lorsque l'Etat emprunte pour financer
son déficit, il y a une créance sur le trésor public et les stocks de devises
détenues par les banques engendrent une créance sur le reste du monde.
Dans tous les cas, la création monétaire n'est pas illimitée et correspond à un
besoin clairement identifié.
b. Le contrôle de la Banque centrale
Pour éviter une expansion trop forte de la masse monétaire, source d'inflation,
la Banque centrale contrôle indirectement le nombre de crédits accordés. Elle
alimente en effet le système monétaire en liquidité, et peut dès lors influencer
le processus de création en régulant ce niveau de liquidité (nous avons vu
que les clients des banques retiraient partiellement leur dépôt en billets).

Si elle souhaite réduire la création monétaire, elle peut refuser de refinancer les
banques privées en monnaie liquide ou augmenter largement les taux d'intérêt
directeurs pour prêter sa monnaie centrale aux banques privées. Cette
politique d'open market peut aussi se traduire par des achats de monnaies
centrales sur le marché interbancaire pour assécher le système en liquidité.

L'essentiel

Les crédits accordés par les banques de second rang font les dépôts en monnaie scripturale.
Cette création monétaire se justifie par les besoins des agents économiques. Lors du
remboursement des emprunts, il y a destruction monétaire. Le pouvoir de création monétaire
des banques est cependant limité par la Banque centrale qui contrôle le niveau de la masse
monétaire.

Monnaie et création monétaire(cours résumé)


Màj le 16 novembre 2017

Au sens strict, la monnaie est constituée par l’ensemble des moyens de


paiement directement utilisable par les agents économiques non financiers
pour effectuer des règlements à l’occasion de transactions sur le marché
des biens et services.Ces moyens de paiement, quelque soit leur forme,
sont supposés être acceptés et sont l’objet de confiance de la part des
porteurs et au sein d’une communauté déterminée.

Les fonctions de la monnaie :


La monnaie remplit un certain nombre de fonctions :
– La monnaie est un intermédiaire des échanges.
– La monnaie est instrument de mesure de valeur.
– La monnaie est instrument de réserve de valeur.

La monnaie est un actif liquide :

Qu’elle soit utilisée comme instrument d’échange, de mesure ou de réserve


de valeur, la monnaie se concrétise par le fait qu’elle est immédiatement
convertible en n’importe quel bien en service et cela grâce à son caractère
«liquide » c’est-à-dire qu’elle n’est tâchée d’aucune « rigidité » qui
l’empêche de se transformer en bien ou service. Sous l’angle de leur
liquidité, l’analyse économique distingue trois niveaux d’actifs :

 Les actifs parfaitement liquides c’est-à-dire ceux qui permettent d’effectuer


des paiements immédiats. On parle dans ce cas de « liquidités primaires » :
billets de banque, dépôts à vues, …
 Les actifs non immédiatement liquides mais transformables rapidement en
monnaie sans risque de perte en capital. Ces actifs sont appelés des « liquidités
secondaires » : dépôts à terme, avoirs financiers à court terme tels que les bon
de trésor, …
 Les actifs les moins liquides, dits « liquidités tertiaires » sont ceux qui ne
sont monétisables qu’avec un risque de perte de valeur lors de leurs ventes. Ce
sont des avoirs financiers à moyen et à long terme : actions, obligations, …

La monnaie au sens strict, telle qu’elle a été décrite plus haut, n’est autre
qu’une liquidité primaire qui peut prendre plusieurs formes.

Les formes de la monnaie :

La monnaie métallique : Elle est constituée par l’ensemble des pièces


monétaires qu’on appelle aussi monnaie divisionnaire. Elle permet
d’assurer les transactions de faible valeur.

La monnaie papier :  Il s’agit des billets de banque qui représentent une


valeur nominale et qui ont « cours forcé » c’est-à-dire qu’ils ne sont pas
convertibles en métal précieux tel que l’or. La monnaie papier et la
monnaie papier constituent la monnaie fiduciaire.

La monnaie scripturale : On l’appelle aussi monnaie de banque. Elle est


basée sur les inscriptions sur les livres des institutions financières. Cette
forme de monnaie présente plusieurs avantages. Elle est commode dans la
mesure où elle s’effectue par simple jeu d’écriture. Elle est sécurisée
puisque son utilisation laisse toujours une trace et élimine tout risque de
perte.

La monnaie scripturale se compose des dépôts à vue et de certains dépôts


à terme auprès des banques et comptes chèques postaux La circulation de
cette monnaie est assurée par plusieurs instruments : le chèque, le
virement, les prélèvements bancaires, les cartes bancaire de paiement, …

Approches théoriques de la monnaie


La monnaie comme instrument de transaction

Cadre d’analyse :

Approche a temporelle avec équilibre de long terme et de plein emploi et


permanent (l’offre crée sa propre demande). La confrontation
offre/demande détermine le prix relatif entre deux bien c’est-à-dire la
quantité de l’un nécessaire pour acquérir une unité de l’autre.

Conséquence :

La monnaie joue un rôle limité à celui d’intermédiaire des échanges : la


monnaie est neutre (contexte : pas de thésaurisation, pas de report de
consommation dans le futur et pas de détention de monnaie à des fins
spéculatives).

1. L’équation des échanges

A travers son équation, I. Fisher montre que la monnaie intervient dans les
échanges, puisqu’elle exprime la valeur des marchandises.
Dans ce sens la monnaie a un seul rôle, celui d’intermédiaire des
échanges.

Équation: M V = P Q

Cette relation se transforme en théorie quantitative de monnaie lorsqu’elle


privilégie ses composantes monétaires en stipulant que les prix varient
sous l’influence de la quantité de monnaie (rôle moteur de la monnaie) :
P = M (V / Q)

2. L’équation de Cambridge

Selon A. Marshall, le seul motif important de demande de monnaie est le


financement des transactions. L’encaisse monétaire des individus leur sert
à couvrir l’intervalle entre l’encaissement du revenu et son utilisation. La
demande de monnaie est alors une fonction croissante du prix des
transactions (production échangée) :

L = α PQ     (avec α < 1)

L’approche de Marshall explique les raisons de la demande d’encaisses


monétaires par les individus et arrive à la conclusion que la monnaie est
neutre et toute variation de la quantité de monnaie entraîne une
modification uniquement monétaire.

3. L’effet d’encaisses réelles

Un autre aspect de la théorie monétaire a été amené par A.C. Pigou, réside
dans l’explication des mécanismes d’ajustement des prix par rapport à
l’offre de monnaie ; cette dernière étant une donnée exogène. C’est l’effet
d’encaisses réelles. L’auteur met en évidence l’impact de l’offre de
monnaie sur les prix, ensuite sur le comportement des agents.

Monnaie et gestion de portefeuille

Selon J.M. Keynes la monnaie se trouve avec une fonction supplémentaire,


celle de réserve de valeur (elle peut être demandée pour elle-même). Les
agents économiques ont tendance à préférer la liquidité. Or si la monnaie
est par nature liquide, elle n’a pas de rendement. Pour cette raison, des
agents peuvent lui préférer des placements rentables tels que des
obligations qui sont des titres financiers moins liquides mais rémunérés : Il
est donc question de procéder à un arbitrage entre l’actif monétaire et
l’actif financier.

Dans la conception keynésienne, les variations du taux d’intérêt expliquent


les fluctuations des investissements. Or, le taux d’intérêt est fixé par le
marché de la monnaie dans lequel la demande de monnaie pour motif de
spéculation a un poids non négligeable.
A partir de là, la monnaie est susceptible d’engendrer des modifications de
comportement réels des entrepreneurs et donc influencer l’activité
économique.

Monnaie et gestion du patrimoine

Selon M. Friedman, la monnaie est un élément de la richesse (patrimoine)


de tout agent économique. Le comportement de ce dernier tend à
diversifier les éléments composant son patrimoine de manière à maximiser
son rendement et d’en minimiser le risque. Pour cela, il est amené à
détenir une quantité variable d’actifs monétaire, financiers et non
financiers.

L’ensemble de ces composantes procure une utilité sous forme de revenu


ou de valeur d’usage. Le comportement des individus va être de chercher à
maximiser l’utilité que leurs patrimoines leurs procurent en raisonnant en
termes réels (c’est le pouvoir d’achat qui compte) et en tenant compte des
goûts et des préférences à travers un arbitrage entre rendement et risque
(le choix de la structure du patrimoine demeure un choix personnel).

Dans le cadre de son comportement optimisateur, l’agent consommateur


module la structure de son patrimoine. A l’opposé, les agents producteurs
sont attentifs à ces comportements et anticipent les mécanismes pour
prendre des décisions. Friedman utilise ces données pour montrer qu’une
offre de monnaie exogène finit par avoir uniquement un effet monétaire.

Par rapport à ces données et en partant d’une situation de ralentissement


de l’activité économique, M. Friedman s’est attaché à mettre en avant le
rôle de la monnaie dans l’économie à travers la pratique à court terme de
la politique monétaire. En particulier, il montre comment une politique
monétaire expansionniste, par une offre supplémentaire de monnaie, peut
permettre la relance de l’économie à court terme selon des mécanismes
qu’il décrit (voir figure suivante).

Monnaie et activité économique selon Milton Friedman


La création monétaire
Définition : C’est « la transformation de créances sans pouvoir libératoire
en de véritables moyens de paiement ».

Qui crée de la monnaie ? : Trois agents économiques : les banques


commerciales, Bank Al Maghrib et le trésor public.

La création de la monnaie par les banques

Il s’agit ici de la monnaie scripturale uniquement. Elle peut-être créée de


manière spontanée ou provoquée.

La création monétaire spontanée

La banque joue un rôle de simple intermédiaire (rôle passif) en recevant,


par exemple, des devises étrangères pour le compte de ses clients. Dans
ce cas, la naissance de la monnaie est réalisée par une écriture comptable
dans le bilan de la banque concernée par l’opération : la banque enregistre
une dette envers son client (passif) et une créance sur le pays émetteur
des devises (actif).
La création monétaire provoquée

La banque joue un rôle actif en accordant des crédits. Cette opération


génère de la monnaie dans le circuit économique (création) Il est possible
de distinguer différentes situations de création de la monnaie par les
banques selon qu’il s’agit d’une monétisation d’un titre existant ou non.

– Cas de l’escompte d’un effet de commerce (monétisation de titre


existant)
– Cas d’une ouverture de crédit à la consommation ou d’un crédit
immobilier (sans monétisation de titre existant avec contrat)
– Cas d’une banque qui accorde des facilités de caisse – compte courant
débiteur (sans monétisation de titre existant).

Relation entre monnaie centrale et création monétaire

Les banques ont-elles un pouvoir de création illimité ?


Elles ont besoin de détenir une monnaie « surpuissante » pour pouvoir être
capable d’octroyer des crédits : la monnaie centrale.
Pourquoi ? : Pour pouvoir faire face aux éventuelles fuites de cette
monnaie (fuites « naturelles » ou « artificielles »).

Les fuites naturelles :

– Les fuites en billets : Ces fuites sont dues à des facteurs d’ordre général
qui sont évalués globalement par le rapport : Billets en circulation / Total
des dépôts à vue x 100 (en %)

Elles sont également évaluées selon des variables spécifiques : situation


géographique, type de clientèle, mode de gestion des retraits de billets, …

– Les fuites vers les banques :


Ces fuites dépendent des parts de marché de chaque banque. Celle qui est
la plus implantée cours moins de risque de fuites car elle a plus de chance
que ses concurrentes de voir les transferts de compte à compte se réaliser
au sein de son propre réseaux.

Les fuites artificielles :


La banque centrale oblige les banques à déposer auprès d’elle une
quantité déterminée de monnaie centrale, calculée selon un certain
pourcentage de leurs dépôts à vue. On parle des « réserves obligatoires » :
plus ces réserves obligatoires sont importantes, plus les banques sont
limitées dans leurs possibilités de créer de la monnaie puisqu’il leur faut
détenir un montant important de monnaie centrale pour chaque unité de
dépôt à vue gérée.

Le processus de création monétaire

Le processus théorique de la création monétaire

La détention préalable de la monnaie centrale :Pour être en mesure de


distribuer une certaine quantité de crédits (et donc créer de la monnaie), la
banque doit avoir en sa possession une quantité déterminée de monnaie
centrale excédentaire et de manière préalable à la distribution des crédits.

La banque doit détenir de la monnaie excédentaire de deux manières : soit


par augmentation de la monnaie centrale détenue (apports en billets,
entrées en devises, compensation positive) ; soit par diminution du
montant de monnaie centrale nécessaire ou désirée (remboursement de
prêts par exemple). La banque qui a épuisé ses possibilités de distribution
de crédits en fonction de ses anciennes encaisses en monnaie centrale, en
théorie, n’est plus en mesure de créer de la monnaie sauf si elle dispose à
nouveau de monnaie centrale excédentaire.

Le multiplicateur de crédit (ou de monnaie) : Basé sur le principe de la


détention a priori de la monnaie centrale, le multiplicateur mesure
l’ampleur de la création monétaire par un système bancaire à partir d’une
variation de la monnaie centrale (monnaie de base ou base monétaire).

Il exprime l’inverse du coefficient d’encaisse des banques en monnaie


centrale (p) : k = 1 / p

Le processus réel de la création monétaire

Dans la pratique, la banque n’a pas besoin de posséder préalablement de la


monnaie centrale pour distribuer des crédits :
elle commence par prêter à ses clients, ensuite se procurer la monnaie
centrale nécessaire pour faire face aux fuites éventuelles.
Comment est-ce possible ? : Grâce aux possibilités qu’ont les banques
d’acheter a posteriori la monnaie centrale désirée à travers la vente de
leurs actifs financiers.

De son côté, la banque centrale détermine une liste de titres monétisables


qu’elle accepte d’acheter auprès des banques commerciales en
contrepartie de sa monnaie (exemple de titres : effets de commerce, bons
de trésor, …)

Le diviseur de crédit : A partir du moment que les banques peuvent


distribuer des crédits ensuite vendre leurs titres monétisables à la banque
centrale pour se procurer la monnaie centrale nécessaire, c’est un
nouveau concept qui rend compte de ce phénomène. C’est le diviseur de
crédit.

Le diviseur, noté « k’ = 1 / p » est différent du multiplicateur dans le sens


de la causalité : c’est la monnaie centrale qui détermine la monnaie de
banque.

Ce changement de causalité a des conséquences fondamentales sur la


conception de la politique monétaire (instruments et objectifs).

La banque centrale se trouve dans une situation où les crédits sont déjà
accordés. Par conséquent, la banque centrale n’a plus la maîtrise directe
de la quantité en circulation de sa propre monnaie et il ne lui reste plus
comme champ d’action que le prix de cette monnaie centrale (le taux
d’intérêt).

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