Vous êtes sur la page 1sur 9

Parasitologie médicale :

C’est l’étude des organismes parasites de l’homme (bactéries et virus exclus), ainsi que
l’étude de la biologie des parasites et affections qu’ils entraînent.
Interactions hôte-parasite :
Saprophytisme :
Un saprophyte (sapro- veut dire « pourri, gâté » en grec ; phyte veut dire ce qui pousse et se
développe, particulièrement ce qui est végétal) se nourrit de matières organiques ou végétales
en décomposition dans le milieu extérieur.
Exemple : un saprophyte végétal comme le champignon Fusarium (fusus = fuseau, car les
spores de ce champignon sont en forme de fuseau), il vit particulièrement sur le palmier
dattier et se nourrit de bois et de microorganismes produits dans le milieu extérieur.
Parasitisme :
C’est l’association permanente ou temporaire de deux êtres vivants : l’hôte et le parasite –
mais seul le parasite tire profit de l’association ; on dit que le parasite présente une
dépendance physiologique vis-à-vis de son hôte. Le parasite n’est pas un prédateur, son but
n’est pas de tuer son hôte ; même si l’hôte pâtit de façon plus ou moins grave de sa
présence.
Contrairement au commensalisme, le parasitisme suscite une réponse immunitaire localisée
ou généralisée envers les antigènes du parasite (molécules de sa surface ou molécules
sécrétées). Cette réponse immunitaire permet de limiter la population du parasite et donc
de limiter sa pathogénicité.
Commensalisme :
Le commensalisme ne comprend pas une dépendance ou une interaction physiologique
entre l’hôte et le commensal. Littéralement, le commensalisme veut dire « manger à la
même table ».
Le commensal se nourrit de matières organiques sur un être vivant sans entraîner de troubles
ou de spoilation chez son hôte.
Exemple : levure candida « blanc éclatant » du tube digestif ; son taux est en équilibre avec
celui des bactéries GRAM -. Les bactéries GRAM – du tube digestif sont responsables de
son pH et ont un rôle dans la digestion. Ce taux peut augmenter aussi bien pour le candida
que les bactéries GRAM -, particulièrement dans le cas de prise anarchique d’antibiotiques,
cortico-thérapie qui diminue l’immunité (patient immunodéprimé) : c’est un cas favorisant
le passage du commensal au pouvoir pathogène.
Parasite :
Être vivant animal ou champignon (règne des Fungi) qui, pendant une partie (moustique) ou
la totalité (pou) de leur existence, vit aux dépens d’autres êtres organisés : les hôtes ; il peut
s’y multiplier ou s’y développer.
Généralement, les parasites se divisent en :
- Protozoaires (proto = un ; zo = être vivant) : organismes unicellulaires ;
- Helminthes (= ver) : organismes multicellulaires.
Ils peuvent aussi être classés en :
- Ectoparasites : colonisent la surface de l’hôte sans pénétrer dans ses tissus. Ex :
tiques ;
- Endoparasites : vivent à l’intérieur de l’organisme de l’hôte et causent des infections.
La plupart des protozoaires et helminthes qui causent des pathologies chez les
humains sont des endoparasites.
- Parasites libres : réfèrent aux étapes de la vie active des parasites où ils vivent
indépendamment de l’hôte.
Les endoparasites se classent en :
- Parasites obligatoires : qui ne peuvent survivre sans leur hôte ;
o Exemple : l’amibe dysentérique (dysentérie = infection de l’intestin) ou
Entamoeba histolytica (ent = intérieur ; amoeb = changement ; histo = tissu ;
lytica = dissoudre), qui ne peut survivre longtemps dans le milieu extérieur.

- Parasites facultatifs : ce sont généralement des micro-organismes libres (aptes à


subvenir seuls à leurs besoins métaboliques), qui peuvent devenir des parasites dans
une situation précise ;
o Exemple : l’amibe Naegleria fowleri, ou amibe mangeuse du cerveau (du
bactériologiste autrichien NÄGLER et du zoologiste américain FOWLER), qui
peut vivre dans le milieu extérieur, et peut causer une méningo-encéphalite
par son passage à travers les voies nasales vers les méninges du cerveau.
- Parasites accidentels : parasites infectant un hôte inhabituel ;
- Parasites aberrants : parasites infectant un hôte où ils ne peuvent survivre.
Cycles de vie du parasite :
Le parasite suit dans un même ordre les étapes d’un cycle qui se développe dans un
environnement géophysique et humain adéquat. Cette chaîne épidémiologique est constituée
de maillons dont la connaissance orientera l’action thérapeutique ou prophylactique (=
préventive) individuelle ou collective.
Ces cycles de vie parasitaire sont de deux types :
- Cycle direct : quand le parasite n’a besoin que d’un seul hôte pour compléter son
développement ;
- Cycle indirect : quand le parasite a besoin de 2 hôtes ou plus pour compléter son
développement.
o Le cycle peut être bloqué : le parasite ne peut évoluer, car se retrouvant dans
un hôte accidentel ; on parle d’impasse parasitaire.
L’hôte :
L’hôte est un organisme relativement plus grand que le parasite, abritant ce dernier et lui
fournissant les nutriments nécessaires à sa survie.
L’hôte peut être de différents types :
- Hôte définitif : hôte où le parasite est à l’état adulte et vit et se reproduit
sexuellement (multiplication sexuée), l’hôte est l’homme en général, mais il peut être
un moustique ou n’importe quel autre être vivant ;
- Hôte intermédiaire : hôte où vit le parasite à l’état de larve, on parle de reproduction
asexuelle (multiplication asexuée), chez certains parasites, le passage de l’état
larvaire à l’état adulte nécessite deux hôtes intermédiaires différents ;
- Hôte paraténique (de transfert) : hôte où le parasite est à l’état de larve sans se
développer, un tel hôte transmet l’infection à un autre hôte ;
- Hôte accidentel : hôte où le parasite ne se trouve pas normalement :
o Exemple : un ver particulier, l’ascaris, à l’état adulte peut vivre dans la
muqueuse intestinale du chien ; le chien est donc l’hôte définitif. Ce ver
produit des œufs libérés à travers les excréments, ces œufs se fixent sur les
herbes : un herbivore comme le mouton ingère ensuite ces œufs. Dans le
mouton, l’œuf donne un petit embryon de quelques microns qui continuera à
se développer jusqu’à devenir une larve, qui va se transformer sur le plan
morphologique en un petit sac rempli de liquide et se retrouve dans le foie.
Cette larve peut cependant passer cette barrière hépatique et se retrouver dans
d’autres organes. Elle augmente de taille jusqu’à devenir de la taille de
pamplemousse ;
 Après le sacrifice du mouton, si le foie est consommé par :
 Un chien, le cycle est fermé ;
 Un humain, alors il devient un hôte accidentel et devient atteint
de zoonose ;
 L’homme peut être contaminé soit de façon directe (eau,
fruits), soit de façon indirecte (généralement l’enfant – par le
biais du chien qui a infecté sa langue en la mettant en contact
avec son anus).
- Hôte réservoir : dans une région endémique, ou région où est habituellement présente
une maladie donnée, une infection parasitaire perdure chez un hôte : cet hôte
réservoir abrite le parasite, lui permet de se développer, de se perdurer et
d’assurer sa survie dans la nature et sa pérennité. Cet hôte représente une
importante source d’infections pour d’autres hôtes potentiels :
o Exemple : l’amibe dysentérique, se présente sous deux formes :
 Une forme végétative : a besoin de conditions de vie favorables, cette
forme est active, l’équipement enzymatique est donc actif et érode
l’intestin ; nous observerons donc des signes cliniques ;
 Une forme kystique : qui se présente lorsque les conditions sont
hostiles, cette forme est inactive et dormante, la cellule, donc, ne se
divise et ne se nourrit pas, l’équipement enzymatique étant inactif ;
nous n’observerons pas de signes cliniques :
 L’hôte de la forme kystique est un hôte réservoir de
parasites, même s’il est sain ; il est hautement dangereux sur
le plan épidémiologique, alors :
o Cet hôte doit être retrouvé : par dépistage de porteurs
sains ;
o Cet hôte doit être déparasité.
Le vecteur :
Le vecteur est un agent, habituellement un arthropode (corps et membres articulés – un
insecte ou un arachnide (araignée, scorpion)), qui puise le parasite chez un sujet malade, le
conserve, le transforme et le transporte pour finalement l’inoculer à un sujet sain. Par
exemple : le vecteur du paludisme qui est le moustique anophèle.
Le vecteur ne fait pas que transporter le parasite. Ce qui définit le vecteur n’est pas le
transport mais la transformation bénéfique pour le parasite : le parasite doit se multiplier
et se développer dans l’hôte pour que ce dernier soit considéré comme vecteur. L’attribut de
vecteur ne peut pas être appliqué sur la fonction de transport seulement.
D’un point de vue de l’évolution, certains hôtes intermédiaires, ou vecteurs, ont peut-être été
des hôtes définitifs auparavant ; d’autres ont peut-être été des hôtes de transfert
Diversité parasitaire :
- Taille : quelques micromètres (leishmanies – du médecin anglais LEISHMAN) à
quelques mètres (taenia – qui veut dire ruban) ;
- Forme : différents stades morphologiques au cours du développement du parasite
selon son espèce ; le même parasite peut être adulte, ou une larve etc.
- Spécificité : processus d’adaptation progressive dans le temps à l’hôte ; certains
parasites sont spécifiques à un seul hôte (poux), d’autres présentent une spécificité
plus large, commune aux humains et aux animaux (formes larvaires des taenias :
hydatidose – hydatidosis, hydatid = vésicule pleine d’eau ; osis = maladie). Nous
parlons aussi de spécificité parasitaire quand le parasite s’adapte aux conditions de
vie de son hôte en adaptant sa virulence.
La zoonose est une maladie touchant les animaux, qui peut être transmise aux humains.
L’anthropozoonose est une maladie touchant les animaux et les humains, qui peut être
transmise des uns aux autres.
L’anthroponose est une maladie touchant uniquement les humains.
La spécificité peut aussi être de type :
- Géographique : l’histoplasmose (histoplasmosis – histo = tissu ; plasm = objet
modelé ; osis = maladie) ne vit que dans le continent américain, les quelques cas
recensés en Europe sont importés ;
- Organes : ver de genre Schistosome (schist = fendu ou séparé ; some = corps) :
o Une espèce particulière ne vit que dans les veines pelviennes et
hémorroïdales ;
o Une autre espèce du même genre ne vit que dans les veines mésentériques ; -
 Les schistosomiases résultantes sont de types différents ;
- Genres ;
- Espèces ;
- Variants.
Répartition géographique :
L’environnement dans lequel l’hôte et le parasite existent peut beaucoup modifier
l’interaction hôte-parasite, les chances et le degré de transmission directe ou indirecte à partir
d’un vecteur du parasite. Les cycles de vie complexes des parasites mettant en jeu plusieurs
hôtes prouvent les relations écologiques complexes entre l’hôte, le parasite et leur
environnement.
Parmi ces facteurs naturels, citons :
- Conditions écologiques : climat, nature du sol ;
- Conditions éthologiques (étude comportementale dans un milieu naturel) :
habitudes alimentaires, socioculturelles, existence d’un réservoir de parasite ;
- Réceptivité du sujet : âge, état immunitaire etc.
En Algérie, nous observons des :
Leishmanioses – Bilharziose UG (du parasitologue allemand BILHARZ) – Ankylostomose
(ankylo = recourbé ; stome = bouche ou orifice) – Parasitoses liées au péril fécal (= danger
que représentent les selles en matière de transmission infectieuse) : amibiase, ascaridiase
(ascaris = petit ver intestinal), taeniasis, oxyurose etc.
Modes de contamination :
- Voie orale : en avalant = par ingestion d’aliment infesté (amibiase), de viande
infestée mal cuite (téniasis) ;
- Voie transcutanée : généralement des membres inférieurs, ex : larves
d’ankylostomes ;
- Voie aérienne : inhalation de spores d’aspergillus (aspergillum = aspersoir = fiole
d’eau bénite) ;
- Voie vénérienne = sexuelle : trichomonas (MST) (tricho = cheveu) ;
- Voie transplacentaire : toxoplasmose congénitale (toxo = forme d’arc ; plasm =
objet modelé) – intérêt pour le fœtus que la mère soit traitée ;
- Voie transvectorielle : paludisme par piqûre d’insectes ;
- Voie trans-sanguine : transfusionnelle, accidentelle du laboratoire.
o Il faut utiliser les antifongiques de manière parcimonieuse pour éviter la
catastrophe de la résistance aux antimicrobiens qui induit la création de « super
micro-organismes » (bactéries, champignons, virus, parasites) résistants
difficiles à combattre ;
o Nécessité de dépistage de parasitoses pour les donneurs et receveurs
d’organes, même sans signes cliniques desdites parasitoses (hôtes
réservoirs).
Relation hôte-parasite :
La pathogénicité dépend de : la virulence, la charge (nombre de parasites infectants) et la
capacité des parasites à échapper aux défenses de l’hôte.
- La diversité des parasites, par le biais de la diversité de leurs génotypes, induit une
diversité de virulence et donc une diversité dans les degrés de pathogénicité ;
o La spécificité parasitaire est telle qu’un parasite « récent », qui ne s’est « pas
encore bien adapté aux conditions de l’hôte », suscite une parasitose aiguë et
bruyante, alors qu’un parasite « mieux adapté » suscite une parasitose
chronique, mieux supportée mais tenace.
- Le degré de virulence dépend aussi de la réceptivité de la personne ;
 La diversité des pathogénicités, par des facteurs propres à la personne ou propres
au parasite, induit une diversité de signes cliniques.
Immunité de l’homme :
Il existe un équilibre entre l’hôte et le parasite ; cet équilibre est nécessaire à la survie de ce
dernier : paix armée.
L’immunité de l’homme contre les parasites n’est pas définitive, et est beaucoup moins
efficace que l’immunité contre les bactéries et les virus ; ceci est dû à des facteurs tels :
- La complexité structurale du parasite qui complique la reconnaissance antigénique ;
- L’évolution du parasite l’ayant doté d’une grande capacité d’adaptation vis-à-vis des
conditions de vie prévalant dans l’hôte ;
- La capacité du parasite à exposer différents antigènes ou même des antigènes
similaires à ceux du soi pour réchapper au système immunitaire, etc.
Il y a différents génotypes de parasites, répartis dans différentes zones géographiques ; cas du
paludisme : les anticorps anciennement produits pour un génotype d’une zone donnée ne sont
plus valables pour un nouveau génotype d’une nouvelle zone.
Les personnes vivant dans ces zones endémiques se sont habitué à produire des anticorps
contre le parasite ; en revanche, les personnes à l’immunité vulnérable telles que les femmes
enceintes, les enfants et les vieillards, sont les populations contre lesquelles la parasitose est
la plus mortelle.
Modes d’action des parasites :
- Spoliatrice : le parasite vivant aux dépens de son hôte est spoliateur par définition ;
l’ankylostome (ver rond hématophage de l’intestin) transmis à l’homme déchire la
muqueuse pour se nourrir de micro-vaisseaux, il induira donc une hémorragie et
anémie, car les vers consomment régulièrement le sang.
- Mécanique traumatique : en fonction du nombre et la taille du parasite :
o Ascaris : occlusion intestinale ;
o Kyste hydatique : compression d’organes (foie).
- Toxique : fissuration de kyste hydatique (liquide très immunogène), allergie – choc
anaphylactique par piqûre d’arthropodes, libération massive de sécrétions toxiques
d’un parasite tué suite à une action traumatique ou thérapeutique ;
- Irritative : spasmes de l’intestin agressé, toux lors du passage de larves dans le tractus
respiratoire.
Action du parasite :
- Portage asymptomatique : sans signes cliniques mais important dans l’épidémiologie
(hôte réservoir) ;
- Parasitose aiguë ou chronique : selon la spécificité parasitaire expliquée
précédemment :
o Cas de l’amibiase chronique où l’intestin est trop érodé et continue à
produire des signes cliniques chroniques malgré une analyse de selles négative
indiquant une absence de parasites chez le sujet.
Les réponses de l’hôte peuvent être :
- Aspécifiques : réactions inflammatoires, allergiques, etc. ;
- Spécifiques : réactions immunes humorales et cellulaires.
o L’hyperéosinophilie indique une parasitose ; car les polynucléaires
éosinophiles interviennent dans la réponse anti-parasitaire.
Classification des parasites :
Les parasites appartiennent à 3 règnes du monde vivant :
- Protistes (désigne les formes microscopiques des règnes animal et végétal) : les
protozoaires : organismes unicellulaires ;
- Métazoaires (méta = succession ; zo = être vivant) : organismes multicellulaires, les
arthropodes et les helminthes ;
- Fungi ou micromycètes (mycète = champignon).
Taxonomie (nomenclature et systématique) :
Les noms scientifiques sont toujours en latin, car c’est le langage traditionnel des étudiants.
La nomenclature est dite binomiale, car chaque organisme vivant est assigné de deux
noms successifs :
- Le premier est le nom du genre : il commence toujours par une lettre capitale ;
- Le second est le nom de l’espèce : il est toujours en minuscules.
o Les deux noms sont toujours en italique, ou soulignés.
o Le nom scientifique peut être abrégé en utilisant l’initiale du genre, suivie du
nom de l’espèce.
 Exemple : Escherichia coli ou E.coli (du scientifique ESCHERICH)
Une espèce est un ensemble d’organismes qui présentent les mêmes caractères et se
reproduisant entre eux, et transmettent génétiquement ces mêmes caractères à leur
descendance.
Un ensemble d’espèces forme un genre, un ensemble de genres forme une famille, un
ensemble de familles forme un ordre, un ensemble d’ordres forme une classe, un ensemble
de classes forme un embranchement ou un phylum, et un ensemble d’embranchements
forme un règne. Enfin, un ensemble de règnes forme un domaine.