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La Théorie de l’Énonciation (II)

Valorisations pragmatiques de l’opposition DISCOURS vs RÉCIT

 La concordance des temps (vezi seminar 3 + Teoria Enuntarii_3)

 Texte subjectif vs texte objectif (vezi seminar 3 + documente PNG_14.03.2020)

Discours Récit (Histoire)

« Je » construit un monde textuel m (description Le monde textuel semble se construire


d’événements, d’actions, de personnages qui indépendamment de son constructeur.
font ces actions, qui possèdent un certain Monde organisé autour d’un point de repère
nombre de propriétés, etc.) entièrement organisé conventionnel (moment de l’événement situé
autour du Je narrateur pris comme point de dans un passé conçu comme n’ayant aucun
repère. rapport avec le présent du
C’est le sujet narrateur/énonciateur, dans son narrateur/énonciateur). Monde, donc, d’où le
présent et à partir de ses propres repères, qui « je » est absent.
construit le monde m. => absence des éléments déictiques
« Je » a un accès aussi bien cognitif qu’affectif => présence massive des éléments anaphoriques
au monde qu’il construit et dont il est le point de L’instance narrative/énonciative n’assume pas le
repère. monde textuel, dans la mesure où elle lui reste
=> texte rédigé dans le système du Discours, extérieure. Dans les termes de Benveniste,
reconnaissable à travers l’infusion massive des l’univers textuel semble se construire tout seul,
déictiques personnels et spatio-temporels, sans aucune intervention du sujet
marques de la subjectivité langagière narrateur/énonciateur.
=> monde textuel subjectif => monde textuel objectif, dans la mesure où il
donne l’impression que l’instance narrative est
absente. Cette absence est néanmoins un signe
de présence : en l’absence du narrateur et de son
activité énonciative, le texte n’existerait tout
simplement pas. C’est comme si le système
linguistique (la langue) offrait au narrateur la
possibilité de ne pas se montrer (de ne pas
laisser des traces de lui-même) dans l’énoncé,
d’où l’absence de tout élément déictique.

DISCOURS : Le locuteur choisit de présenter le monde textuel de son propre point de vue de
sujet => le locuteur se fait voir en tant que sujet à travers l’utilisation des déictiques (=
marques de la subjectivité langagière).

RÉCIT : Le locuteur choisit de s’occulter et de présenter le monde (état de choses,


événements, actions…) de façon objective => absence des marques de la subjectivité
langagière.

 La problématique du discours rapporté (les styles direct, indirect et indirect libre)


La Théorie des Actes de langage

- Si la Théorie de l’Énonciation était centrée sur ce que Benveniste appelle « l’appareil formel
de l’énonciation » ou « les traces de la subjectivité langagière », la Théorie des Actes de
langage est centrée davantage sur ce que fait le sujet locuteur => le locuteur est un agent qui,
au moyen du système de la langue, agit, i.e. modifie autrui et le monde.

- Dans les deux cas, la même réalité (le FAIRE de l’agent locuteur) est conceptualisée de deux
façons différentes.

Théorie de l’énonciation Théorie des Actes de langage

L’acte d’énonciation est un acte individuel, L’acte de langage est un acte social, i.e. un acte
unique et irrépétable => impossibilité d’élaborer accompli selon des règles partagées par tous les
un modèle théorique pour un acte qui n’est pas membres d’une certaine communauté socio-
systématique, i.e. qui n’observe pas des règles. linguistique.

- objet de la Th.É : description non pas de l’acte - objet de la Th.AL : description des règles et
d’énonciation en tant que tel, mais des traces de des conventions à la base de l’accomplissement
l’activité énonciative du sujet locuteur => des actes de langage.
appareil formel de l’énonciation = déictiques
personnels et spatio-temporels.

- le discours est un lieu de manifestation du sujet - le discours est un lieu de construction des
locuteur => la Th.É. est une théorie du sujet relations communicatives et sociales => la
locuteur (perspective locutoire). Th.AL ouvre vers une perspective interlocutive
ou interactionniste. Dans sa version classique, le
modèle reste encore centré sur le locuteur. Des
développements ultérieurs vont permettre, à
partir de cette première version de la théorie,
d’aboutir à une modélisation de la
communication.

- la langue est un code (un système de signes) - la langue est une institution (institution =
ensemble de personnes qui agissent dans un but
commun selon un système de règles.

- la Th.É. reste une théorie linguistique. - la Th.AL est plutôt une théorie de l’action
sociale et moins une théorie linguistique.

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