Vous êtes sur la page 1sur 8

Rhéologie des fluides complexes Chapitre 1 Fluides newtoniens USTOMB

Définition de la rhéologie

La rhéologie vient du grec RHEO :Couler et LOGOS: étude. Donc la rhéologie:


Etude du comportement des matériaux fluides soumis à une contrainte ou déformation.

1.1. Mouvement de cisaillement

Un exemple simple de cisaillement concerne le mouvement d’un échantillon


entre deux surfaces planes, l’une au repos, l’autre en déplacement parallèle à elle-même.
Ce mouvement peut être celui d’une peinture brossée su un mur, d’une crème
cosmétique sur la peau.

1.2. Propriétés des fluides newtoniens

Les propriétés des fluides newtoniens sont caractérisées par deux paramètres
viscosité dynamique et cinématique. Il est facile de montre l’existence des forces
tangentielle par les expériences suivante [1] :

1.2.1. Expérience de couette (Viscosité dynamique)

Fig.1. Expérience de couette

Dr. Hammadi L 1
Rhéologie des fluides complexes Chapitre 1 Fluides
luides newtoniens USTOMB

Soient deux cylindres coaxiaux, de rayons peu différents, dont l’espace


intermédiaire. Si on entraîne le cylindre extérieur avec un moteur avec une vitesse
angulaire constante ω,, on constate que le cylindre intérieur a tendance à tourner dans le
même sens. Pour lee maintenir immobile, il faut donc lui appliquer un couple C de sens
opposé. On appelle R1 et R2 les rayons des cylindres et e la différence R1 – R2. e est très
petit de telle façon que l’on puisse considérer la répartition des vitesses comme linéaire
entre les cylindres. On montre que la force de frottement est proportionnelle au
gradient de vitesse soit :

(1.1)

Le coefficient de proportionnalité µ est appelé viscosité dynamique du fluide et


V/e représente le gradient
ient de vitesse en effet une particule de fluide en contact avec une
paroi a sa vitesse.

Si on la rapporte à l’unité de surface, cette force de frottement a pour valeur :

(1.2)

Le rapport représente le gradient transversal on écrira donc:

Avec vitesse de cisaillement , ou taux de cisaillement

L’expérience de Couette permet la mesure du coefficient de viscosité par la


mesure du couple C.

Dr. Hammadi L 2
Rhéologie des fluides complexes Chapitre 1 Fluides newtoniens USTOMB

(1.3)

Avec

2 ℎ (1.4)

Et

(1.5)

On tire :

(1.6)

1.2.2. Dimension de la viscosité


De la relation (1.6) On tire immédiatement l’équation dimensionnelle de µ :

!"# $ "
%&' ( ' (1.7)
" "# $

La viscosité dynamique d'un liquide (l'unité S.I. est le Pa.s, parfois appelé
Poiseuille (1Pl=1Pa.s), une autre unité commune étant le Poise (1Po = 0,1Pa.s))

Viscosité cinématique est le rapport entre la viscosité dynamique et la masse


volumique

*
) (1.8)
+

La viscosité cinématique a pour dimension :

,)- & (' (1.9)

l’unité correspondante étant le m2s-1

La courbe .( ) est appelée rhéogramme ou courbe d’écoulement

Conclusion

Dr. Hammadi L 3
Rhéologie des fluides complexes Chapitre 1 Fluides
luides newtoniens USTOMB

Un fluide est dit "newtonien


newtonien"" si sa viscosité est constante en fonction du taux de
cisaillement (un fluide ayant la viscosité dynamique constante).

(1.10)

Fig.3. Variation de la contrainte de cisaillement et de la viscosité dynamique d’un fluide


newtonien en fonction de la vitesse de cisaillement

1.3. Variation de la viscosité dynamique et cinématique

Le domaine de variation de la viscosité est très étend car il s’étend pratiquement


de 0 pour l’Héluim II à l’infini pour un solide.. Comme pour le frottement en général, on
ne peut parler de viscosité négative.

1.3.1. Influence de la pression

Dans le cas des gaz parfaits,


parfaits, la théorie cinétique des gaz permet d’établir que :
μ 0,499ρV89: L (1.11)

Dr. Hammadi L 4
Rhéologie des fluides complexes Chapitre 1 Fluides newtoniens USTOMB

Avec ρ:la masse volumique du gaz , L: le libre parcours des ces molécules, VMoy :la
vitesse moyenne du gaz ( Vitesse moyenne d’agitation thermique des molécules de
masse molaire M) .
? #
<= > (1.12)
!

R : constante molaire des gaz R=8,315 J/mol.K

La figure 4 représente la variation de la viscosité cinématique de l’air sec avec la


pression à deux températures différentes. On constate, a priori, que n varie de manière
sensiblement hyperbolique avec la pression, donc que m est sensiblement constant avec
la pression.

Fig.4.Variation de la viscosité cinématique de l’air sec avec la pression à deux


températures (20°C et 100°C) [2].
Pour les liquides la viscosité dynamique µ augmente avec la pression P selon
l’expression :
C
( ' )
AB
CD
@ (1.12)
Avec a un coefficient qui dépend du liquide étudié, A la viscosité dynamique à
température ambiante et P0 la pression atmosphérique.

Dr. Hammadi L 5
Rhéologie des fluides complexes Chapitre 1 Fluides newtoniens USTOMB

Exemple
Pour les huiles minérales a=1,003 et @ 2 A si P=300bar et P0=1bar [1,2].
1.3.2. Influence de la température
1.3.2.1. Cas des gaz
Dans le cas des gaz, l’agitation thermique, en augmentant avec la température,
augmente la diffusion de la quantité de mouvement donc la viscosité.
Pour un gaz parfait l’équation (1.11) montre que :
E√( (1.13)
Pour les gaz réels, la viscosité n’est pas due qu’au transfert de quantité de
mouvement par l’agitation thermique. Une partie de la viscosité provient des
interactions à distance entre molécules (nulles par définition dans le cas des gaz
parfaits). Ces interactions modifient la formulation de base de la viscosité. De plus,
comme les interactions à distance s’affaiblissent avec l’augmentation de la température,
la formulation (1.11) doit comporter, pour les gaz réels, un terme correcteur qui
entraîne une diminution de la viscosité avec la température. La formule de
SUTHERLAND est parmi les plus utilisées :
I
√# H
JD
A G# I (1.14)
D H
J

où C est une grandeur qui dépend du gaz et de la température pour tenir compte de
l’effet d’interaction à distance et T0 la température ambiante en °C .
1.3.2.1. Cas des liquides
Dans le cas des liquides, la part due aux interactions à distance entre molécules
devient prépondérante. Ainsi, contrairement au cas des gaz, la viscosité des liquides
diminue avec la température. Des formules empiriques ou semi-empiriques permettent
de relier µ à T. C’est par exemple celle de WALTHER qui est applicable aux huiles de
graissage:
# <
A KLM N(# ) O (1.15)
D

Où m une constante qui dépend du liquide étudié. La figure 5 montre la Variation de la


viscosité cinématique de l’eau et de l’essence de pétrole avec la température [2]

Dr. Hammadi L 6
Rhéologie des fluides complexes Chapitre 1 Fluides newtoniens USTOMB

Fig.5. Variation de la viscosité cinématique de l’eau et de l’essence de pétrole avec


la température [2]
1.4. Applications industrielles
Industriellement, on détermine la viscosité relative ou " empirique ", ou encore
"conventionnelle", c’est à dire la viscosité comparée le plus souvent à celle de l’eau
L’écoulement se fait dans des conditions bien déterminées, à température constante.
Le degré de viscosité Engler (E ), utilisé en France et en Allemagne . A l’aide du
viscosimètre Engler, on définit le degré Engler qui est le rapport du temps nécessaire à
l’écoulement de 200cm3 du liquide à étudier à travers un orifice calibré, au temps
nécessaire à l’écoulement de 200 cm3 d’eau à travers le même orifice (ce dernier temps
est de 51 secondes pour l’appareil Engler).
L’appareil de Barbey permet de mesurer le volume de liquide écoulé en un temps
fixe à travers un tube immergé dans un thermostat, sous une pression constante. Le
degré de fluidité du liquide est égal au volume écoulé dans ces conditions, en une heure.
Avec les appareils Saybolt (Etats-Unis) ou Redwood (Grande-Bretagne), on note
directement en secondes le temps d’écoulement de 60 et de 50 cm3 du produit. Ces
mesures ont une précision de l’ordre de ±5% Elles conviennent que pour des fluides
visqueux ()=20 cSt). Il existe des relations approchées entre la viscosité cinématique et
les viscosités empiriques.
D’après la formule d’Ubbelohde, on a la formule approchée :

Dr. Hammadi L 7
Rhéologie des fluides complexes Chapitre 1 Fluides newtoniens USTOMB

) 7,32°R −
T,U
(1.16)
°V

Avec : ) la viscosité cinématique en cSt et °E : Degré d’Engler


1.5. Viscosimètre à chute de bille
Les viscosimètres à chute de bille utilisent la mesure de la vitesse limite de chute
V d’une sphère de diamètre D et de masse volumique W, dans un liquide de masse
volumique W, suffisamment visqueux pour que cette vitesse soit faible et soit dans le
domaine d’application de la loi de Stokes. En effet, la bille, tout d’abord animée d’un
mouvement uniformément accéléré, est vite freinée. Quand la résistance est égale et
opposée au poids, le mouvement devient rectiligne et uniforme.
La viscosité est donnée par la formule :
X+Y '+Z[\
= ?
(1.17)

Ou encoure :
= E/]^ − ]0_ (1.18)

1.6.Viscosimètre capillaire
Le viscosimètre absolu à capillaire utilise le débit qv (temps d’écoulement d’un
certain volume de liquide) dans un tube capillaire de rayon r et de longueur l, sous
l’action d’une différence de pression ∆b. La loi de Poiseuille, dans le cas d’un
écoulement laminaire, permet d’exprimer la viscosité dynamique sous la forme :
∆@c
= (1.19)
?def

Références
[1] Comolet R . Mécanique expérimentale des fluides TOME II dynamique des fluides
réels , Turbomachines. 4ème édition Masson 1994.
[2] Lallemand A. Écoulement des fluides. Étude physique et cinématique. Technique
d’ingénieur BE 8 151, pp.1-14

Dr. Hammadi L 8