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Université Mohamed V – Rabat

Faculté des Sciences Juridiques Economiques Et Sociales – Souissi Rabat

La théorie de l’asymétrie
d’information et rationalité
des agents économiques

Master Finance des Marchés et de l’Entreprise 2018/2019


PLAN

Introduction

Partie 1 : Asymétrie d’information

 Définition

 Asymétrie d’information : une imperfection du marché

 Conséquences de l’asymétrie de l’information

 La sélection adverse

 L’aléa moral

 Stratégie pour faire face à l’asymétrie d’information

Partie 2 : Rationalité et anticipations des agents des marchés financiers

 La rationalité

 La rationalité instrumentale

 La rationalité cognitive

 La rationalité limitée ou procédurale

 Anticipation rationnelles

CONCLUSION
Introduction :
 
 
L’asymétrie de l'informati on est devenue l'un des facteurs de producti on à côté
du travail et de capital, ainsi que l'informati on peut inciter les agents
économiques de faire des investi ssements ou de réaliser des transacti ons ou
bien de les reporter ou de les annuler.
Plutôt que certains investi sseurs peuvent avoir des informati ons que d'autres
l'ont pas, ce qui pose la questi on de rapport de force dans la récepti on de
l'informati on, aussi est ce que les informati ons sont parfaite et gratuite ou
bien l'inverse. Lorsqu'on parle sur l'asymétrie de l'informati on on se concentre
aussi sur les sources est ce qu'il ont le caractère de crédibilité ou non parlant
sur le cadre théorique le modelé de la concurrence pure et parfaite porte dans
ces hypothèse la transparence de l'informati on qui suppose que tous les agent
économiques vont avoir la même informati on sur les prix la qualité ainsi que
sur la quanti té des produits, mais est ce que ce modèle existe en réalité  ? Et
est-ce que la rati onalité des agents reste un symbole purement théorique  ? ou
bien ça existe sur le terrain.
 

Partie 1 :
Asymétrie d’information :
Asymétrie d’information :

Définition :
En économie, on parle d'asymétrie d'information lors d'un échange quand certains
des participants disposent d'informations pertinentes que d'autres n'ont pas. Par exemple, les
gestionnaires d'une société A savent s'ils sont honnêtes ou pas, s'ils disposent d'une meilleure
information sur la solidité de leur affaire par rapport à l'information dont disposent les
actionnaires de la société B en terme de Travail, qualité et prix.

Les économistes savent que le modèle de la concurrence pure et parfaite (CPP), une


approximation théorique supposant que soient réunies diverses conditions, ne reflète pas de
manière satisfaisante la réalité.
Dans le modèle CPP, on fait l’hypothèse que les agents économiques sont parfaitement
informés (qualité, prix, expression des besoins, etc.). Or, sur les marchés réels, l’information
est imparfaite. Le prix est lui-même un vecteur d’information. Dans le cadre du modèle CPP,
sa principale fonction est d'informer de la rareté économique d’une ressource, compte tenu
notamment de sa qualité.
La qualité est une information complexe. Et obtenir cette information est un processus
qui peut être coûteux (en argent, mais aussi en temps). L’information a donc elle-même
une valeur et les individus sont disposés à payer pour l’obtenir.
Cependant les marchés de l’information posent un problème, car l’information n’est
pas tout à fait un bien comme les autres. C’est fondamentalement un bien d’expérience, c'est-
à-dire que vous ne connaissez la valeur de l’information (pour vous) qu’après l’avoir obtenue.
Dès lors, se pose un dilemme. Devez-vous accepter de payer « pour voir » ? (Au risque d’être
déçu par l’information obtenue). Ou n’allez-vous pas essayer d’obtenir l’information avant de
payer (au risque de ne plus payer, au prétexte, réel ou imaginaire, que l’information ne vous
intéresse pas) ? L'asymétrie d'information caractérise la grande majorité des marchés. En
effet, les acheteurs et les vendeurs ne disposent que rarement de la même information.

Asymétrie d’information : une imperfection du marché

Lorsque l’une des parties dans un échange sur le marché dispose parfois de
meilleures informations que l’autre sur des caractéristiques bien définies comme
le produit ou le service échangé, elle va notamment profiter de la situation en
adoptant un comportement opportuniste.

Ces situations sont caractéristiques de l’existence d’une asymétrie d’information. Celle-ci


peut être du côté du vendeur (celui-ci en sait plus que vous, et le problème à résoudre a été
caractérisé comme un problème de sélection adverse, pour l’acheteur). 
L'asymétrie d'information peut concerner toutes les formes d'information :

le
travail
fourni

la
qualité
les
composantes
du prix

Par exemple : si quelque un a un problème dans sa voiture et qui nécessite pas


beaucoup d’entreti en , il va donc chez un garagiste, mais ce dernier a gonfl é les
choses grâce à son expérience dans le domaine, et donc en adoptant un esprit
opportuniste il va augmenter le prix et le client qui souff re d’un manque
d’informati on, il ne peut qu’accepter le prix proposé, et il va devenir donc une
victi me de l’asymétrie de l’informati on.

Théorème de Coase :
Si les coûts de transaction sont nuls et si les droits de propriété sont bien définis,
il résultera une allocation efficace.

Le point de départ de Coase est celui de l'équilibre général : dans un monde


(fictif) où il n'existerait pas de coûts de transaction et où les droits de propriété
seraient bien définis, le marché établirait un équilibre Pareto-optimal. De ce fait,
l'intervention de l'État en matière économique et juridique ne se justifierait pas.
Cependant, étant donné que dans le monde réel il existe des coûts de transaction,
les processus de marché purs ne peuvent pas être Pareto efficients. Dans ce cas,
l'intervention étatique peut se justifier par la théorie économique, mais seulement
à deux conditions :

I II
il faut d'une part que les coûts de il faut d'autre part que l'action produise des
transaction engendrés par la réglementation bénéfices supérieurs à ces coûts de
soient eux-mêmes inférieurs aux coûts de transaction, sans quoi l'intervention de l'État
transaction engendrés par les autres engendrerait une perte nette.
solutions n'impliquant pas l'intervention de
l'État ;

Concept de coût de transaction (Oliver Williamson) :

Le concept de coût de transaction occupe une place majeure aujourd'hui en économie,


notamment en économie de l'entreprise (théorie des coûts de transaction). Mais il provient
initialement de l'économie publique et des travaux de Ronald Coase. On peut le définir de
manière générique comme l'ensemble des coûts engendrés par la coordination entre les
agents. Il peut s'agir par exemple des coûts liés à l'incertitude qui requiert que l'agent
s'informe avant de réaliser une transaction économique. Il peut s'agir également des coûts liés
à la négociation et à la rédaction d'un contrat.

Conséquences de l'asymétrie d'information :


On peut distinguer deux situations d’information asymétrique : d’une part l’anti sélection,
appelée aussi sélection adverse, où le marché est perturbée par le fait qu’une partie connaît
mieux les caractéristiques du bien échangé au moment de la signature du contrat et d’autre
part, l’aléa moral qui est une situation dans laquelle une des parties (encore appelée principal)
ne peut contrôler l’action de l’autre partie (appelée agent) ou bien n’a pas les moyens d’en
évaluer l’opportunité.

1) l’anti-sélection :
L’anti sélection est due à un problème d’asymétrie d’information qui se déclare au moment de
la signature du contrat (ex-ante). Lorsque les acheteurs observent imparfaitement la qualité de
biens qu’ils désirent acquérir, les vendeurs ont intérêt à surestimer la qualité de leurs produits
afin de les vendre au prix le plus élevé possible. Les acheteurs ne peuvent donc ni avoir
confiance dans les déclarations des vendeurs, ni déduire qu’un prix élevé signifie une bonne
qualité. Dans un tel cadre, les vendeurs de biens de bonne qualité, qui valent effectivement un
prix élevé, peuvent être dans l’impossibilité de vendre leur produit à leur véritable prix dans la
mesure où les acheteurs doutent de sa qualité. Le prix n'est plus un parfait signal de la
valeur du bien, puisque, pour un même prix, il est possible d'obtenir des biens de qualités
différentes. Le prix ne peut plus jouer son rôle d’information. Dans ces conditions le
marché concurrentiel ne peut plus fonctionner efficacement. L’agent victime d’un manque
d’information risque de sélectionner un produit qui ne correspond pas au prix affiché, ou
demande un prix si bas que les bons produits sont retirés du marché. L’exemple des
automobiles d’occasion Dans un article célèbre (« The market for lemons : Quality
uncertainity and the market mechanisms »1970), Akerlof va démontrer que le prix n'est pas
nécessairement synonyme de qualité, bonne ou mauvaise selon son évolution. Et pour cela, il
prend l'exemple d'un marché de cent voitures d'occasion où cinquante sont des modèles de
mauvaise qualité (« lemons ») et cinquante sont des modèles de bonne qualité. Qui connaît la
qualité exacte du modèle proposé? Certainement pas l'acheteur. Seul le propriétaire dispose de
l'information. Pour les acheteurs potentiels, l'asymétrie d'information est totale. Quel sera le
prix du marché ?
Tout laisse à penser que le propriétaire d’un mauvais modèle est prêt à le vendre beaucoup
moins cher que le propriétaire d'une voiture de bonne qualité. Si la qualité des modèles est
parfaitement identifiée, pas de problème. Par contre, que se passe-t-il si l'acheteur est
incapable d'estimer la qualité du modèle proposé, asymétrie d'information oblige ? À cette
question, Akerlof répond simplement : en proposant un prix unique, qui pourrait être un prix
moyen, le marché permet uniquement la mise en vente des modèles de médiocre qualité. A ce
prix, les propriétaires des modèles de bonne qualité se retirent du marché, le prix moyen du
marché étant trop faible. L'asymétrie de l'information exclut donc du marché les produits de
bonne qualité au profit des produits de moindre qualité. C'est ce qu'on appelle donc l’anti-
sélection ou sélection adverse. « Les mauvais produits chassent les bons »…Ainsi le laisser
faire peut avoir des conséquences désastreuses : élimination des bons produits, voire absence
d’échange. Dans ce cadre, une réglementation, assurant la révélation de tout ou partie de
l’information, ou encore instituant des procédures de recours efficaces contre les ventes de
produits de mauvaise qualité (garantie légale contre les vices cachés), permet d’améliorer le
fonctionnement des marchés.
Les effets de l'asymétrie d'information sur le système d'assurance :
Les sociétés d’assurance ne connaissent qu’imparfaitement les qualités intrinsèques des
individus qu’elles sont censées couvrir contre un certain nombre de risques. Si les compagnies
fixent une prime d’assurance, supposée couvrir un risque moyen s'appliquant à l'ensemble de
la population, elle s’expose à leur tour à un risque évident L'assurance n'étant pas obligatoire,
on peut raisonnablement penser que les « faibles risques », trouvant la prime moyenne trop
élevée, ne vont pas s'assurer, privant la compagnie de recettes attendues et nécessaires à son
équilibre financier. À l'inverse, les dépenses engagées par celles et ceux qui ont décidé de
s'assurer (les « hauts risques ») sont beaucoup plus importants en volume et valeur, que celles
retenues dans l'hypothèse d'un risque moyen. Un tel choix conduit donc à la faillite du
système. L’anti sélection s'est traduite par l’impossibilité d’assurer un grand nombre de
clients potentiels jugeant la prime d'assurance trop élevée par rapport au risque encouru.
L’asymétrie d’information privant la compagnie d’assurance de pouvoir proposer des primes
différentes selon les types de risques. Une solution consiste alors à amener les assurés à
révéler leurs risques en mettant en place un système de franchise. L’entreprise d’assurance
offre des contrats avec des primes d’assurance assez faibles, mais une franchise assez élevé et
d’autres contrats avec, au contraire des primes assez fortes et une faible franchise. Les agents
à risque faible opteront rationnellement pour les premiers et les agents à risques élevés
opteront pour les seconds. Le problème de sélection adverse trouve dans cette situation une
solution évidente : payer en fonction du risque encouru. Cette discrimination, effectivement,
permet de conserver les bons clients.
Les effets de l'asymétrie d'information sur le marché du crédit : le rationnement du
crédit.
Le banquier, prêteur sur le marché du crédit, ne connaît qu'imparfaitement les risques
afférents aux prêts qu'il accorde. En revanche, les emprunteurs connaissent parfaitement la
probabilité de réussite de leur projet. Il y a donc une asymétrie d'information qui va provoquer
une anti sélection. Les banques fixent des taux d'intérêt assez élevés pour leur permettre de se
couvrir de la probabilité de tomber sur de «mauvais emprunteurs», mais ces taux risquent de
faire fuir les « bons emprunteurs » qui mériteraient des taux d'intérêt plus faibles. Comme les
emprunteurs risqués ont une demande de crédit moins élastique au taux d'intérêt, la banque
sélectionne involontairement les emprunteurs risqués et se voit dans l'obligation d'augmenter
encore ses taux. Il existe un seuil au-dessus duquel l'augmentation du risque est plus forte que
l'augmentation du taux. Les intermédiaires renoncent à augmenter leur taux d'intérêt au-delà.
Non seulement les emprunteurs à faible risque n'ont pas pu trouver le moyen de financer leurs
projets, mais tous les emprunteurs à haut risque n'ont pas réussi à se faire financer car le crédit
a été rationné ; le marché s'est clos sans être soldé (égalité entre l'offre et la demande). L’anti
sélection induite par l’asymétrie d’information montre que les perdants sont toujours les «
bons » produits et les « bons » clients.
2) L’aléa moral :
Dans le cas des phénomènes d’ « anti-sélection » il a été question des situations où l'asymétrie
d'information intervient ex-ante, au moment de la conclusion du contrat, elle concerne la
nature et la qualité des biens offerts sur le marché mais il est difficile d'anticiper le
comportement de l'acheteur après avoir acheté (ex-post). On parlera alors de «comportement
caché», «d'aléa moral» ou de «hasard moral». Cette absence de connaissance parfaite du
comportement après achat conduit à une situation où le marché ne peut être traité de façon
globale. Chaque cas devient un cas particulier. Prenons un autre exemple souvent cité en
économie de l’assurance, celui de l'assurance contre l’incendie et le vol. La question qui se
pose au nom du «l’aléa moral » est celle de savoir si l'assuré prendra autant de précautions
après s'être assuré qu'il en prenait avant pour éviter vol et/ou incendie. L'incitation à se
protéger ne se trouve-t-elle pas réduite du fait d'être assuré ? On constate globalement que
trop d'assurances favorisent la perte de précautions. Bien évidemment, l'existence d'un
comportement caché modifie la nature de l'équilibre par rapport à celui observé là où les
comportements sont rationnels et prévisibles. Le risque moral apparaît dans les situations où
certaines actions des agents, qui ont une conséquence sur le risque de dommage, sont
inobservables par les assureurs. Mais le développement de l'économie de l'information a
conduit à donner une définition plus générale du risque moral. On distingue deux types de
situations. Dans le premier cas, l’individu non informé (le principal) ne peut apprécier l'action
de son « partenaire » (l’agent). Celui-ci est donc tenté de se comporter dans son propre intérêt
et d'annoncer au principal non informé que les mauvais résultats sont le fait d'événements
indépendants de sa volonté. Par exemple, l'effort des travailleurs est généralement
imparfaitement observable et ceux-ci peuvent avoir intérêt à profiter de cet état de fait pour
«tirer au flanc» et déclarer que les mauvaises performances ne sont pas la conséquence d'un
relâchement de leur effort. Dans le second cas, le principal non informé peut observer l'action,
mais ne peut vérifier si elle est appropriée, car il ne peut apprécier les circonstances dans
lesquelles le diagnostic doit être établi et la décision d’agir effectivement prise. Cette situation
émerge pour tous les services d'experts : les experts disposent d'une information privée dans la
mesure où ils sont seuls à pouvoir établir un diagnostic. Ils peuvent donc avoir intérêt à
annoncer un diagnostic erroné bien qu'ils choisissent ensuite une action parfaitement adaptée
au diagnostic. Par exemple un garagiste peut choisir de remplacer une roue et la poser
parfaitement alors qu'une simple réparation du pneu aurait suffi !
3) Stratégies de lutte contre l’asymétrie de l’information :
Comme on vient de le suggérer, les problèmes liés à l’aléa moral sont en général étudiés dans
le cadre de modèles « principal-agent ». Dans de tels modèles, le principal (en français : le
mandant) est l'individu qui mandate, contre un paiement, l'agent (le mandaté) pour effectuer
une tâche stipulée dans un contrat. Le principal est confronté à un problème de risque moral
lorsqu'il observe imparfaitement l'action entreprise par l'agent (action cachée) ou lorsqu'il ne
connaît pas l'action qu'aurait dû entreprendre l'agent afin d'agir dans l'intérêt du principal
(information cachée). Le problème du principal est de trouver une procédure qui incite l’agent
à agir dans l’intérêt du principal. Le principal peut proposer un contrat qui stipule un paiement
en fonction d’un résultat, et éventuellement d’une information transmise par l’agent. En fait le
principal a un éventail de choix beaucoup plus large. Il peut notamment choisir d’investir dans
des techniques de contrôle direct de l’action des agents (elles ne sont pas infaillibles), il peut
aussi imposer des contrats qui instaurent une compétition sur les résultats, ou encore de
proposer aux agents de collaborer pour une longue période (la durée de la relation permet de
mieux connaître l’effort moyen fourni par l’agent). Le résultat central de l'économie de
l'information est l'inefficacité économique de l'échange et de la concurrence lorsqu'il existe
des coûts d'acquisition de l'information. Les agents qui disposent d'un avantage
informationnel bénéficient généralement d’un avantage dont ils vont chercher à profiter de
manière indue.
Partie 2 :
Rationalité et anticipations des agents des
marchés financiers :
La rationalité :
la rationalité veut dire quelque chose qui est conforme au caractère rationnel, or le terme
rationnel veut dire «propre à la raison , conforme à la raison, repose sur une bonne méthode,
qui parait logique, raisonnable, conforme au bon sens»

Les formes de rationalité, Il existe trois formes qui sont :

– La rationalité instrumentale :
Elle se concentre sur l’efficacité en termes d’action pour atteindre un but spécifique, elle
constitue une forme d’adéquation entre les moyens et les objectifs poursuivis. Pour V.
Mignon (1998), cette forme de rationalité reflète ainsi une efficacité en termes d’action. Les
contraintes auxquelles l’agent est soumis sont de type externe, telles que le revenu ou l’état de
la technologie. On constate donc que tout comme l’information, les capacités cognitives de
l’individu sont supposées illimitées. Rappelons que cette conception de la rationalité a fait
l’objet de vives critiques ayant conduit à l’émergence et au développement d’autres
conceptions s’inscrivant toujours dans une logique d’une meilleure compréhension des
facteurs pouvant influencer la prise de décision des agents sur les marchés financiers.

– La rationalité cognitive :
Introduite par B. Walliser (1982), elle aborde sous un angle nouveau la compréhension de
l’action de l’individu en soulignant le rôle primordial des croyances et des informations. Une
action est rationnelle dès lors qu’elle satisfait à une double cohérence (information
/représentation et représentation/action). Ces représentations sont fonction des croyances
individuelles, d’ordre idéologique ou simplement de moralité et qui diffèrent selon les agents.
C’est dire que la rationalité cognitive met donc en évidence la différence qu’il peut y avoir
entre environnements réel et perçu. De ce fait, la rationalité cognitive traduit ainsi
l’adéquation des anticipations entre ces deux sphères, toutes influençant sur la prise de
décision. En outre, elle permet d’expliquer pourquoi les agents adhèrent à leurs croyances
idéologiques, magiques ou de valeurs morales.
La rationalité limitée ou procédurale :
Par opposition au concept de rationalité instrumentale (hypothèse néoclassique), H. Simon a
développé le concept de rationalité limitée ou procédurale. Il ne s’agit pas de dire que les
agents économiques ne se comportent pas toujours rationnellement, mais qu’ils ne bénéficient
pas de toute l’information pour prendre leur décision (rareté face à un besoin, ou une
abondance qui nécessite un tirage). Du fait de ses capacités limitées, l’agent ne cherche pas à
maximiser sa satisfaction, mais à atteindre un seuil qu’il juge suffisant. Autrement dit, les
agents réalisent un choix après un processus décisionnel qu’ils arrêtent une fois la satisfaction
qu’ils vont retirer de la consommation leur conviendra. On peut noter que cette rationalité est
limitée par l’exercice de l’incertitude. Ainsi, le preneur de décision n’est jamais assuré que
son choix aboutira aux conséquences préalablement envisagé du fait du risque non
probabilisable de son environnement. En définitive, le traitement de l’information par l’agent
demeure une des clés de la rationalité procédurale car son seuil de satisfaction dépendra du
degré de maitrise de cette information.

Les anticipations des agents économiques :

L’économie s’inscrit dans un contexte d’incertitude. Elle est affectée par des chocs exogènes
qui viennent affecter le système. C’est dans ce contexte d’incertitude que les agents
économiques vont former leurs anticipations.

La théorie des anticipations:


Le principe d’un comportement rationnel des agents économiques est plus ancien, il a été
introduit par John Muth, dans son article de 1961 dont il a cherché à étendre le concept de
rationalité. Selon lui, il suffit d'admettre que les anticipations des agents économiques sont
compatibles avec les modèles qu'utilisent les économistes pour expliquer leurs
comportements. Ils anticipent alors rationnellement. J. Muth a fut introduire donc la théorie
des anticipations adaptatives.

Pourtant, ce principe a surtout été développé par Robert E. Lucas (1972), et Thomas


Sargent, en (1981), qui ont élaboré la théorie initiale en évoluant des anticipations adaptatives
aux anticipations rationnelles.

On distingue notamment trois formes de la théorie :

Anticipations extrapolatives :
Dans cette hypothèse, le niveau prévu de la variable considérée, comme le revenu par
exemple, à la période t dépend du niveau constaté de la même variable sur un nombre donné
de périodes antérieures. Il faut alors préciser le nombre de périodes à retenir et le coefficient
de pondération donné à chacune d'elles. Ce qui traduit l'importance des phénomènes de
mémoire. Par contre, les individus ne tiennent aucunement compte d'éventuelles erreurs de
prévision faites dans le passé.

Anticipations adaptatives :

Cette hypothèse selon laquelle il y a une révision à chaque période d’une partie de l’erreur de
prévision est à la base de la critique de Friedman de la relation de Phillips (1958). Milton
Friedman introduit le principe suivant lequel l'expérience va conduire les agents économiques
à anticiper l’inflation sur la base de leur expérience de l’évolution des prix et des erreurs
qu’ils ont commises dans le passé. Ils sont victimes d’illusion monétaire à court terme, mais
pas à long terme. Si les prix ont augmenté de 1 % par mois depuis un an, ils augmenteront de
1 % le mois suivant.
Les anticipations rationnelles :
Les anticipations extrapolatives et adaptatives reposent sur un comportement relativement
simpliste de la part des agents dans la mesure où ces anticipations sont fondées uniquement
sur le passe.

Les agents économiques possèdent un modèle complet de l’économie qui relie les variables
exogènes aux variables endogènes dont la prévision les intéresse. Les agents connaissent dès
le départ la loi d’évolution des variables économiques (différence avec les anticipations
adaptatives où il faut un certain temps d’observation et de correction).
Les agents forment leurs anticipations sur les variables en faisant le meilleur usage possible
de l’information dont ils disposent à ce moment (soit le modèle économique expliquant la
variation de la variable, les valeurs actuelles et passées de l’ensemble des variables du
modèle).

Les agents forment leurs anticipations en faisant le meilleur usage possible de l’information
dont ils disposent. Ils utilisent l’information de façon rationnelle. Donc pour Muth (1961) les
anticipations rationnelles peuvent être traduit sous la forme suivante : Xta=E (Xt/It-1)
(Esperance conditionnelle). Où, I représente l’information, Xta est l’anticipation faite en t-1 et
It-1 toute l’information disponible en t-1.

2-1 les agents utilisent tous le même modelé :


On suppose que les agents pour former leurs anticipations disposent du même modèle de
représentation de l’économie. Ils pensent tous de la même façon. Pour E. S. Phelps « ils sont
tous des fondamentalistes, c’est-à-dire qu’ils utilisent tous le même modèle décrivant la façon
dont les données fondamentales déterminent les divers prix et quantités de l’économie » [V.
Mignon (1998), p. 20]. Selon cette idée, tout économiste avant d’utiliser un modèle de
prévision doit en prendre en considération le fait que les autres connaissent son modèle et
l’utilisent dans leurs anticipations. Aujourd’hui sur la plupart des marchés financiers le
modèle de prévision des cours boursiers correspond au modèle d’actualisation des dividendes
futurs1

2-2 les agents ont une information illimitée et gratuite :


En partant du principe que les agents disposent d’une connaissance parfaite de la théorie
économique pertinente (capacités illimitées de recueil et de traitement d’informations) et que
les anticipations son rationnelles, alors, toute possibilité de réaliser des profits à long terme est
éliminée. En effet, selon J. F. Muth (1961) de telles occasions de profits sont éliminées si les
visions des entreprises ne sont pas systématiquement différentes de celles de la théorie
économique.
Par exemple dans la forme forte de la théorie de l’efficience des marchés financiers (strong-
form efficiency), il s’agit de l’efficience la plus pure, ici les prix des actifs reflètent toute
l’information disponible : historique, publique mais aussi privée (les informations concernant
les actifs et les sociétés qui n’ont pas encore été médiatisées où communiquées et qui sont
1
Il s’agit d’une approche actuarielle basée sur une estimation des futurs flux générés par une société, compte
tenu du risque de l’actif économique.
encore dans la sphère privée des initiés), et donc si tous les agents économiques disposent des
mêmes informations diffusées sur le marchés des actifs personne ne peut tirer avantage de la
situation.

2-4 les anticipations rationnelles ne sont pas parfaites :


D’abord, l’équilibre (au sens walraso-parétien) correspond à la parfaite réalisation des
anticipations, et donc il suppose une information parfaite, comme dans la théorie classique de
la concurrence pure et parfaite. Ensuite, les agents formulant de bonnes anticipations
anticipent « correctement »  les conséquences des politiques économiques. Alors, que c’est
loin d’être le cas et seul un choc exogène, non anticipé, est capable de modifier les tendances
Ainsi, à l’annonce d’une relance budgétaire keynésienne, ils anticipent une hausse des prix :
les entreprises augmentent les prix pour ne pas être prises de court, les salariés réclament des
hausses de salaires, et l’inflation ainsi créée neutralise les effets revenus de la relance. Les
mesures discrétionnaires de politique économique restent donc sans effet, voire même
peuvent avoir des résultats négatifs ; une dévaluation anticipée fait chuter le taux de change au
point de nécessiter une dévaluation supérieure. De plus, Lucas considère que la monnaie est
neutre. L’augmentation de son volume (par relance keynésienne, par exemple) provoque
nécessairement de l’inflation. Par sa « passivité », elle n’empêche donc pas les anticipations
rationnelles. Aussi, la politique économique ne peut plus reposer que sur des mesures prises
par surprise, non prévisibles et ne pouvant être anticipées ou, au contraire, sur quelques
tendances constantes maintenues à long terme pour éviter de perturber le comportement
d’anticipations qui mène nécessairement à l’équilibre walraso-parétien. La politique
économique discrétionnaire est donc inefficace à court terme.
Très anti-keynésienne, la théorie suppose un équilibre classique avec des ajustements très
rapides, alors que prix et salaires s’adaptent souvent avec certains délais aux changements
d’environnement (leur flexibilité n’est pas parfaite). Il est vrai que la théorie reconnaît la
nécessité d’un apprentissage de la part des agents, et donc il faut plusieurs relances aux
conséquences inflationnistes pour provoquer une anticipation parfaite de l’inflation (pour les
agents), et même dans ce cas, la rationalité des agents n’est pas totale. Car sur une longue
période les hypothèses de la théorie doivent être actualisées par rapport à la sphère réelle non
seulement la sphère économique.

2-3 les anticipations rationnelles sont auto réalisatrice :


Un certain nombre d'auteurs ont en effet montré que dans la plupart des modèles dynamiques,
dès que l'on suppose que les individus anticipent de manière «rationnelle» une variable
déterminée par le modèle, ce dernier admet alors une multiplicité de solutions. Cela signifie
que différentes anticipations peuvent engendrer, dès lors que l'une d'elles est adoptée par les
individus, une situation telle qu'elle trouve effectivement une confirmation dans les faits.
Chacune de ces «anticipations rationnelles» est donc «auto réalisatrice» car elle vérifie bien
les deux conditions qui caractérisent l'autoréalisation : elle est confirmée par les faits
(première propriété) ; et c'est précisément parce que les individus ont adopté une telle
anticipation qu'elle trouve une confirmation dans les faits (seconde propriété).
En prend l’exemple de «modèles de taches solaires», apparus au début des années 1980, ont
permis de comprendre que, dans les anticipations rationnelles, l'autoréalisation n'est pas
seulement celle des prévisions des individus, mais qu'elle porte au-delà, sur les croyances de
ces derniers qui leur ont permis de former leurs anticipations ; Pour le montrer les auteurs
établissent ainsi une distinction entre le modèle que «le modélisateur» considère comme le
«vrai modèle» (et qui pourrait effectivement trouver une confirmation dans les faits si les
individus qui forment des anticipations le considéraient comme tel) et un modèle qui a priori
paraît «absurde» (et qui va pourtant être confirmé). Ce dernier est par exemple un modèle
dans lequel une variable totalement extérieure à l'économie - comme l'apparition de «taches»
sur le soleil (d'où le nom de ces modèles) - influe sur cette dernière et détermine le niveau de
la variable que les individus cherchent à anticiper, à savoir le niveau des prix. Les auteurs
montrent alors qu'il existe une multiplicité de solutions possibles - appelées «équilibre de
taches solaires» - dans lesquels la croyance a priori absurde des individus trouve une
confirmation dans les faits : les évolutions des prix sont effectivement déterminées par
l'activité du soleil. Une croyance a priori absurde s'auto réalise, cessant du même coup d'être
absurde!
Et donc pour former leurs anticipations, les individus utilisent, non pas le «vrai modèle» de
l'économie, mais «un modèle particulier» qui engendre sa propre confirmation, par un
processus d'autoréalisation. Autant de croyances, autant de solutions !
CONCLUSION :

L’asymétrie d’information enrichit le raisonnement économique, en montrant les difficultés


d'application d'une des conditions de la théorie de la concurrence pure et parfaite.
L'information est imparfaitement distribuée, certains agents étant naturellement, et de manière
transitoire, mieux informés que d'autres. De plus, l'utilisation de l'information ne suit pas
totalement les hypothèses de rationalité des agents (finance comportementale). Par ailleurs,
l'agent peut détourner l'information à son avantage (désinformation).

L'asymétrie de l'information conduit par exemple à être réservé sur les prédictions d'experts,
et à considérer que les experts devraient se contenter de présenter des scenarios plus ou moins
probables et plus ou moins informés, laissant les décideurs prendre leurs responsabilités au
moment des choix.

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