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MASTER : JURISTE D’AFFAIRES

SEMESTRE : 1

MODULE : DROIT DU COMMERCE INTERNATIONAL


Thème :

Le contrat de vente internationale de


marchandises
 Préparé par : BERRADA YASSINE
: LALAMI AHMED

: EL OUARDI JABRANE

 Sous la direction du professeur : Jebbour


Mohammed

Année universitaire : 
2019/2020

1
Plan  :

PARTIE I. le cadre juridique du contrat de vente internationale


de marchandises.

1. les sources du contrat de vente internationale de marchandises

2. la conclusion du contrat.
PARTIE II .Les effets du contrat de vente internationale de
marchandises :
1. L’exécution du contrat de vente internationale de
marchandises :
2. Les causes d’inexécution du contrat de vente internationale de
marchandise :

2
Avec le phénomène dont nous entendons parler tous les jours qu’est la mondialisation,
avec l’amélioration des systèmes de communication, à l’ère des sociétés
transnationales et multinationale, avec le développement conséquent de la vente et
l'apparition des moyens de télécommunication qui innovent de jour en jour; les
échanges commerciaux internationaux deviennent plus nombreux. . Mais ce qui est
important, c'est le développement qu'a connu le commerce international et surtout le
développement des ventes internationales de marchandises.

En effet, Avant que les conventions n'existent, c'étaient les règles du droit international
privé, par le mécanisme de conflit de lois qui s'appliquent en cas de vente
internationale. Toutefois ces droits internes présentaient comme inconvénient la
lenteur du traitement des affaires y afférentes, ainsi que le fait qu'ils ne sont pas
compatibles avec les exigences du commerce international et les attentes des parties.

Lorsqu'il est question de frontières dans des échanges commerciaux, de nombreuses


difficultés surgissent. Les parties à de tels échanges peuvent être très éloignées les
unes des autres, parler diverses langues et avoir des cultures différentes 1, ce qui rend
les communications plus compliquées. Sur le plan juridique, comme les contrats
commerciaux internationaux évoluent dans des espaces juridiques et géographiques

1
Jean baptiste racine, droit du commerce internationale
3
qui dépassent les frontières d'un seul État, il y a nécessairement des conflits entre les
lois nationales applicables et les tribunaux chargés de les appliquer. Ces conflits sont
encore plus prononcés lorsque les parties en présence, ont des systèmes juridiques
d'inspiration différente comme le sont le système de droit civil et celui de common
law.

Dans les années soixante-dix, des changements radicaux sont survenus (crises
financières, inflation, explosion des prix du pétrole, etc.) et la croissance économique a
ralenti. Des politiques protectionnistes ont donc été mises en place, ce qui a
multiplié les obstacles au commerce international. Les différences entre les normes
juridiques gouvernant le commerce international d'un pays à l'autre ont donc
constituées un obstacle remarquable à la sécurité des transactions d'affaires. On a alors
commencé à reconnaître que l'augmentation des relations commerciales et la garantie
de transactions d'affaires sans encombre, étaient d'un intérêt économique et politique
primordial. On a également commencé à s'intéresser au fait que les différences dans le
droit privé, le droit civil et les règles de droit commercial entre les pays devenaient de
plus en plus une menace aux transactions commerciales.

Il en a résulté un élan vers l'unification du droit du commerce international, d'autant


plus que l'incertitude juridique qui découlait de ces différences avait plusieurs effets,
notamment de décourager les parties de participer au commerce international, de
plus d’ajouter des difficultés à la conclusion de contrats entre des parties combinant
des activités économiques à l'échelle internationale, c’est-à-dire que les contrats
doivent être longs et détaillés de façon à pourvoir aux imprévus découlant de
l'incertitude quant au droit applicable; les parties doivent embaucher du personnel
juridique spécialisé, le processus de négociation coûte cher et est fastidieux etc ... Il
s'est donc exprimé un désir d'unification du droit sur le plan international. Les efforts
déployés dans un tel but ont essentiellement pris la forme d'instruments contraignants
comme une législation supranationale, des conventions internationales et des lois
modèles.

Devant ce besoin vital de règlementation des rapports commerciaux a l’échelle


internationale, le droit du commerce international a vu le jour, avec comme objectif de
4
poser des règles juridiques réglementant les opérations commerciales faites par des
personnes dans des pays différent dans le but de réaliser des bénéfices. Ainsi,
l'ensemble de ces opérations naissantes desdits rapports ont pu être codifiés, on cite à
titre d’exemple les activités qui sont exercées par les entreprises et qui portent sur
l'achat et la revente, la concurrence, les services et l'assistance technique et bien plus.
Ces opérations se réalisent sous forme de contrats, et peuvent prendre plusieurs
formes, on cite : les contrats internationaux de service, les contrats de coopération
entre les entreprises et les institutions financières ou encore les contrats de vente
internationaux qui méritent toute notre attention vu leur implication grandissante au
niveau de l’économie internationale. Ainsi il est opportun de se demander pourquoi le
contrat de vente internationale revêt une telle importance ? En effet ce type de contrat
est aujourd’hui l’opération juridique la plus importante du commerce international, elle
est au cœur du commerce international, C’est un engagement mutuel du vendeur et de
l’acheteur présentant des aspects spécifiques à l’international2, en particulier du fait de
la rencontre de deux systèmes juridiques différents. Il importe donc de s’intéresser au
cadre juridique lui est applicable et de veiller a qu’il soit rédiger avec beaucoup
d’attention et de délicatesse.

Pour décortiquer la notion, on pourra dire en premier lieu que le contrat de vente est la
convention par laquelle le vendeur transfère la propriété d’un bien à l’acquéreur qui en
paye le prix convenu. 
Secondo, en ce qui concerne le terme « international », il pourrait être difficile de
trouver une définition unique applicable à tous les contrats internationaux.
C’est pourquoi, on peut dire que l’internationalité du contrat dépendra de certains
critères:
 D'une part, le critère juridique selon lequel le contrat est, en général, international,
lorsqu'il s’attache à plusieurs systèmes juridiques, la notion comporte l’élément «
d’extranéité ».
 D’autre part, le critère économique selon lequel le contrat sera international
lorsqu'il met en cause les intérêts du commerce international.

2
Memento dalloz, droit du commerce international
5
En effet, on remarquera que le contrat ne revêt pas le caractère international, s’il
n’implique pas de mouvement réciproque de valeur, c’est la substance économique du
contrat qui est en centre.
Quant à la naissance du contrat, celui-ci prend lieu dès l’échange de consentement
entre les parties. Le contrat aura pour simple rôle ici de finaliser la négociation entre
l’exportateur et l’importateur ; il matérialisera leur accord.
Avant d'aborder les problèmes de droit applicable au contrat de vente internationale,
il importe de se souvenir que le principe de base en la matière reste celui de la liberté
contractuelle et de l'autonomie de la volonté.
Les parties à un contrat de vente à l'international peuvent fixer librement leurs
engagements mutuels, et elles peuvent choisir librement, le droit applicable au contrat
en matière judiciaire ou arbitrale.
Toutefois, du fait de son importance particulière pour les commerçants, le contrat de
vente a fait très tôt l'objet de tentatives d'unification du droit afin de sécuriser
juridiquement ces opérations et de limiter les interprétations divergentes d'un pays à
l'autre.
Le sort que les opérateurs ont réservé à ces textes a toutefois été très variable : à côté
de grandes réussites, comme la codification des incoterms, il y eu aussi des échecs,
comme le sort réservé à la convention de la Haye de 1955. 
Toutefois, la dernière convention internationale proposée pour unifier le droit en
matière de vente internationale, la convention de Vienne de 1980, semble appelée à un
grand avenir.
Ainsi, pour traiter ce sujet il est opportun de poser la problématique suivante : quelles
particularités présente le contrat de vente international de marchandise ? Quel est le
droit qui lui est applicable et quelles sont les modalités de sa formation et de son
exécution ?

6
PARTIE I. le cadre juridique du contrat de vente internationale
de marchandises.
1. les sources du contrat de vente internationale de marchandises.
La vente international de marchandise est un contrat extrêmement pratiqué qui donné
lieu très tôt a des tentatives de codification international, c’est-à-dire des conventions
international qui ont cherché à unifier non pas les règles de conflit de loi, mais les
règles matérielles interétatique. On s’attardera ainsi sur plusieurs conventions élaboré
en cette matière, ainsi que d’autres codifications mis en place par la chambre de
commerce internationale.

A. les conventions internationales.

Pour commencer, les ventes internationales sont d’abord soumises à un droit national,
et l’idée d’unifier les règles matérielles applicables a tardé à se concrétiser 3 comme on
a pu le citer lors de l’introduction.
L’institut international pour l’unification du droit privé de Rome avait étudié de
1935 à 1937 un projet de loi uniforme sur la vente commerciale, toutefois la seconde
guerre mondiale en arrêta l’élaboration. Plus tard l’étude en fut reprise et finis par
déboucher sur deux conventions qui furent adoptées a la conférence de la Haye de
droit internationale privé. Il s’agit e des conventions de la Haye du 15 juin 1955,
du 15 avril 1958 et celle du 1er juillet 1964. La première a un caractère universaliste
et est relative aux ventes internationales des objets mobiliers corporels, elle prévoit
que a défaut de loi déclarée par les parties, la vente et plus exactement ses aspects
contractuels sont régis par la loi interne du pays ou le vendeur a sa résidence
habituelle au moment où il reçoit la commande ou par la loi interne du pays ou
l’acheteur a sa résidence habituelle ou dans lequel il possède un établissement qui a
passé la commande. La seconde s’est articulée autour de la question de détermination

3
Olivier cachard. Droit du commerce international
7
de la loi applicable au transfert de propriété. Elle n’est cependant jamais entrée en
vigueur, n’ayant été ratifiée que par l’Italie
. Et finalement la convention du 1er juillet 1964 qui s’est caractérisé par
l’approbation de deux lois. d’une part une loi uniforme sur la formation des contrats
de vente des objets mobiliers corporels ne traitant en 13 articles que l’offre et le
consentement, et une autre loi uniforme qui a le même objet mais qui règle de façon
détaillé en 101 articles les obligations du vendeur et de l’acheteur.
Par ailleurs, la convention de new York du 14 avril 1974 élaboré par la
commission des nations unis pour le droit du commerce international CNUDCI a
essayé d’éclaircir un point important à savoir la prescription en matière de vente
internationale de marchandises. Cette convention a été elle-même modifié par le
protocole du 11 avril 1980. Elle a pour objet de déterminer les conditions dans
lesquelles les droits et les actions réciproques d’un acheteur et d’un vendeur issu d’un
contrat de vente international d’objets mobiliers corporels ou concernant une
contravention a ce contrat, sa résolution ou sa nullité ne peuvent plus être exercé en
raison en raison de l’expiration d’un certain laps de temps. Elle précise que Le délai
de prescription est de quatre ans, celui-ci court à partir de la date à laquelle l’action
peut être exercée. Toutefois Elle n’a pas connu un grand succès.4
De plus, on pourra ajouter également la convention de Genève du 17 février 1983
sur la représentation en matière de vente internationale de marchandises qui a été
conclue sous les auspices de l'Institut international pour l'unification du droit privé.
Toutefois et après avoir cité toutes ces conventions, il y’a leu d’estimer qu’elles
n’ont qu’une valeur subsidiaire en terme de vente internationale de marchandise. La
convention qui a marqué la toile le plus en ce sujet est celle de vienne. En effet, lors
de la révision de la convention de la Haye de 1964, la CNUDSI a élaborer a cet effet
en 1977 d’un côté, un projet de convention sur la vente international de marchandises
ainsi qu’un avant-projet sur la formation du contrat de vente. Les deux textes ont été
finalement rassemblés en un projet de convention sur les contrats de vente
internationale de marchandises, adopté ainsi à vienne le 11 avril 19805. Celle-ci

4
Jean michelle jacquet. Droit du commerce international
5
Le Maroc n’est pas membre adhérant de la convention.
8
comprend un corps de règles aussi complet que possible, qui peut être applique et
interpréter sans référence a aucune législation nationale.
Elle est devenue ainsi la véritable matrice des règles applicables à l’ensemble des
contrats du commerce internationale. Celle-ci a été donc divisés en 4 parties, on cite
notamment  une première relative au champ d’application et aux disposition
générales, une deuxième relative à la formation du contrat sans pour autant citer la
phase précontractuelle , une troisième relative aux effets du contrat en l’occurrence les
obligations du vendeur et de l’acheteur ainsi que les obligations communes aux
parties. Finalement un dernière partie contenant des dispositions finales que ce soit
diplomatiques, relatives à la ratification, a la dénonciation et aux réserves.
En ce qui est du domaine d’application principal de La convention de vienne,
celle-ci a pour centre d’intérêt la vente de marchandise a l’échelle international, elle
régit exclusivement les droits et obligations que le contrat de vente fais naitre entre le
vendeur et l’acheteur6. Les rapports vendeur initial-utilisateur final n’en relèvent donc
pas. De plus, l’article 3 de la convention règle avec nuance les ventes de marchandise
à fabriquer et les contrats impliquant une prestation de services. Elle s’applique ainsi
même a certaine prestation de services assimilable à une vente 7 dans certaines
conditions.
En revanche, cette convention exclue expressément de son champ d’application   :
 Les ventes de marchandises achetées pour un usage personnel
 Les ventes aux enchères, sur saisie ou par autorité de justice
 Les cessions de valeurs mobilières, effets de commerce et monnaies
 Les ventes de navires, bateaux, aéroglisseur et aéronefs
 Les ventes d’électricité
De part ailleurs, certains aspects du contrat de vente ne sont pas pris en charge par
la convention, il s’agit notamment de la responsabilité du vendeur a raison des
dommages causé par la chose à d’autres personnes que le cocontractant immédiat 8.
6
Art 4
7
Art 3 : Sont réputes ventes, les contrats de fourniture de marchandises a fabriquer ou a produire, a moins que
la partie qui commande celle-ci, n’ait a fournir une part essentielle des éléments nécessaire a la fabrication. Le
contrat prend alors la nature d’un contrat de manufacture, de louage d’ouvrage ou de prestation de services.
Ex : contrat de franchise ou de concession.
8
Art 5 ‘ la présente convention ne s’applique pas a la responsabilité du vendeur pour décès ou lésions
corporelles causés a quiconque par les marchandises.
9
Autrement dit, la cour de cassation refuse au sous acquéreur la faculté de se prévaloir
de la convention de vienne à l’encontre du fabricant vendeur étranger alors même que
le contrat auquel celui-ci est partie entre dans son domaine.
Pour ce qui est du champ d’application de la convention, celle-ci a un domaine un
domaine matériel qu’on a précité ainsi qu’un domaine territorial.
Concernant l’application territoriale, la convention s’applique à titre principale aux
contrats de vente de marchandises entre des parties ayant leur domicile dans des Etats
différents, lorsque ces Etat son des Etats contractant 9. Toutefois, il arrive qu’une partie
a plus d’un établissement, il conviendra alors de prendre en compte celui qui a la
relation la plus étroite avec le contrat. Par contre, si les parties ne sont pas établies
toutes les deux dans des Etat contractant, la convention s’applique lorsque les règles
du droit international privé mènent a l’application de la loi d’un état contractant10.
A noté que les Etats peuvent émettre des réserves écartant cet article c’est le cas
notamment de la chine et des Etats-Unis.
Pour clôturer, on peut dire que la convention de vienne consacre le principe de la
liberté contractuelle dans le commerce international en permettant aux parties
d’exclure expressément ou tacitement l’application de ses dispositions 11 sous certaines
réserves énumérés par l’article 12 de la convention.

B. les termes de la chambre de commerce internationale.


a. les incoterms :
La majorité des ouvrages juridiques spécialisés dans le domaine du commerce
international invitent à l'extrême prudence lors du recours aux Incoterms à l'occasion
de la conclusion d'un contrat de vente internationale de marchandises, vu le risque de
confusion que présente leur usage imprécis avec les termes de livraison du Code
uniforme de commerce americain12 lorsque l'un des deux contractants est domicilié
aux États-Unis

9
Art 1 a
10
Art 1 b
11
Art 6 de la convention de vienne
12
Unifonn Laws Annoted, Uniform Commercial Code, Vo1.2, St.Paul Minn.,West Publishing, 1989, updated
2003, en ligne à: http://www.nccusl.org/nccusl/defaut.asp;http://lawschool.westlaw.com;
10
Notons que La Convention des Nation Unies sur les contrats de vente internationale
de marchandises ne renferme aucune disposition relative aux termes de vente 13 . Par
conséquent, on ne s'y réfère qu'incidentellement lorsque le sujet l'exige, comme par
exemple en traitant des usages de commerce14.
Lorsqu'on évoque les Incoterms ou les "termes de vente" ou encore les "termes de
livraison" on désigne ces sigles ou acronymes du genre FOB ou CIF utilisés dans les
contrats de vente internationale de marchandises et dont le rôle est de déterminer
l'étendue des engagements respectifs du vendeur et de l'acheteur dans les "diverses
phases de l'exécution du contrat15 et en particulier lors du transport de la marchandise,
Selon l'emploi de l'un ou de l'autre de ces termes, les données du contrat changeront.
Ainsi, dans la vente FOB par exemple, c'est l'acheteur qui arrange le transport de la
marchandise, alors que dans une vente CIF, cette obligation incombe au vendeur.
ces termes sont le résultat des usages répétés des gens du commerce, bien plus
qu'ils ont existé bien avant les Incoterms de 1936 et les articles relatifs aux termes de
livraison du Code de commerce uniforme américain de 1952.
Les Incoterms ont été élaborés et publiés par la Chambre de commerce
international. Cette dernière, consciente du problème posé par le manque d'uniformité
dans la signification des termes de vente, entreprit la double mission de les interpréter
et de les normaliser, fournissant ainsi aux commerçants, dans les divers pays, une
seule interprétation aux différents acronymes existants 16. Leur première version date
de 1936, la dernière est de l'an 2010 et entrée en vigueur le 1er janvier 201117.
Les Incoterms sont divisés en quatre groupes. Dans chacun, la première lettre porte
un sens qui annonce une fonction spécifique. Les deux autres lettres viennent finaliser
la portée finale du terme. Ils sont au nombre de 11 et qu’on peut présenter par ordre
croissant des obligations du vendeur selon 4 groupes : E, F, C et D.
 Groupe E : ici le vendeur doit mettre les marchandise a la disposition de
l’acheteur dans ses propres locaux. Dès ce moment, les risques sont a la
13
6 _ Harold J. Belman & Monica Ladd, "Risk of Loss or Damage in Documentary Transactions Under the
Convention on the International Sale of Goods", ComeIl International Law Journal,21 CNL 1L J 423,en ligne à:
http://lawschool.wcstlaw.com
14
U.c.c. § 1-205(2).
15
Gourion, Peyrard,
16
MÉMOIRE PRÉSENTÉ COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA MAÎTRISE EN DROIT PAR ANTOINE HELOU Février 2006
17
thèse Montpellier 1999, la valeur d'usage reconnue aux incoterms
11
charge de l’acheteur. C’est l’obligation minimale pour le vendeur, il ne
comprend qu’un terme : EXW, Ex Works ( a l’usine)
 Groupe F : dans ce groupe, le vendeur n’assume ni les frais, ni les risques du
transport principal. Il comprend trois terms, on cite FCA : free carrier
, FAS : free alongside ship , FOB : free on board
 Groupe C : ici, le vendeur n’assume pas les risques du transport principal
mais supporte les frais du transport principal. Ce groupe comprend 4 terms :
CFR : cost and freight (cout et frais) , CIF : cost, insurance and freight
( cout, assurance , fret); CPT : carriage paid to
(Port payé jusqu’a) ; CIP : carriage and insurance paid (port et assurance
payé)
 Groupe D : contrairement au groupe E, le vendeur assume des obligations
maximums, il comprend 3 termes : DDP : delivered duty paid (rendu droits
acquittés) ; DAT : delivered at terminal (rendu au terminal) ; DAP :
delivered at place (rendu au lieu de destination)

Voici un classement des incoterms ventilés par mode de transport :

Famille Incoterm

Tout mode de transport (maritime inclus) EXW, FCA, CPT, CIP, DAT18, DAP19, DDP

Transport fluvial et maritime FAS, FOB, CFR, CIF

Vente au départ, vente à l’arrivée : une distinction fondamentale

Vente au départ

Une vente au départ signifie que la marchandise voyage aux risques et périls de
l’acheteur, c’est à dire :
 à partir de sa mise à disposition dans les locaux du vendeur (EXW),

18
DAT et DAP peuvent être utilisés indifféremment pour les transactions dans lesquelles un seul type ou
plusieurs types de transport sont utilisés.

19

12
 à partir du moment où elle a été remise au transporteur aux fins d’expédition
(FCA, FAS, FOB, CFR, CIF, CPT et CIP).
 Les Incoterms de vente au départ font supporter par l’acheteur (dans une plus
ou moins grande mesure) les charges et les risques liés au transport des
marchandises.
Vente à l’arrivée

Une vente à l’arrivée signifie que la marchandise voyage aux risques et


périls du vendeur jusqu’au point/port convenu. 3 Incoterms sont prévus :
 jusqu'à la fin du transport maritime et du débarquement (DAP),
 jusqu’au point de destination (DAT, DDP).

b. les liner terms :


Les incoterms ne doivent pas être confondu avec les liner terms, l’expression
renvoie aux conditions des connaissements de lignes régulières relatives à la
répartition des frais de chargement entre la compagnie et les intérêts cargaison et porte
essentiellement sur les contrats de livraison de marchandises. Ces clauses sont prévues
en tenant compte de la nature des marchandises, de l’équipement des ports ou d’autres
facteurs commerciaux. Parmi on cite :
 de bord à bord : la marchandise supporte tous les frais de chargement et de
déchargement
 de bord a sous palan20 : la marchandise supporte les frais postérieur a la
mise sous palan au port de déchargement ;
 de bord à quai : la marchandise supporte les frais de mise à bord et, à la
livraison, les frais éventuels d’entreposage
 de sous palan à bord : la marchandise supporte les frais de chargement
jusqu’à la prise sous palan et, au déchargement, tous les frais y afférents.
 De sous palan a sous palan: la marchandise supporte tous les frais jusqu’à
la mise sous palan et tous ceux de prise sous palan
 De sous palan a quai : la marchandise supporte tous les frais jusqu’à la mise
sous palan et, au déchargement, tous les frais éventuels d’entreposage.

20
Sous palan : Se dit d'une marchandise qui doit être livrée au port, prête pour l'embarquement.
13
 De quai a quai : la marchandise ne supporte aucun frais, si ce n’est le cas
échéant les frais de magasinage
 De quai a sous palan : la marchandise ne supporte que les frais de prise sous
palan
 De quai a bord : la marchandise ne supporte que les frais liés au
déchargement.

2. la conclusion du contrat.

La formation du contrat de vente internationale de marchandises s’inscrit dans la


logique générale de la formation des contrats internationaux, à travers la mécanisme de
l’offre et de l’acceptation.

La convention de vienne excluant par principe les questions de validité du contrat elle
ne réagit, s’agissant de la formation de celui-ci que l’échange des consentements,c’est-
à-dire, la rencontre d’une offre et d’une acceptation.

Le texte décompose la procédure aboutissant à la conclusion de la vente en deux actes


élémentaires, l’offre et l’acceptation

A. l’offre

Définition de l’offre:
L’article 14 de la convention de vienne sur le contrat de vente internationale des
marchandises définit l’offre de la façon suivante : «  une proposition de conclure un
contrat adressée à une ou plusieurs personnes déterminées constitue une offre si elle
est suffisamment précise et si elle indique la volonté de son auteur d’être lié en cas
d’acceptation .»21 de cette disposition, il se déduit que l’offre est soumise à trois
conditions : la précision, la fermeté et la détermination de ses destinataires 22 c’est-à-
dire que pour être qualifié d’offre, la proposition de l’offrant de conclure le contrat
doit être adressée à une ou plusieurs personne déterminées.

21
JACQUES Béguin ; MICHEL MENJUCO, droit du commerce international,2 e Ed. Lexis Nexis,2006, P 458.
22
MATHIAS AUDIT ;SYLVAIN BOLLEE ;PIERRE CALLE , droit du commerce international et des investissements
étrangers ,p 300.
14
Il convient donc que l’offre soit précise(2) et ferme(3).

Précision de l’offre:
Ce qui dit offre précise en contrat de vente dit que la proposition soit précise dans la
désignation des marchandises, la fixation de la quantité et de prix ou tout au moins
qu’elle comporte des indications suffisantes et permettant de déterminer l’objet de
consentement, la quantité des marchandises et le prix.

Quant à la désignation des marchandises et de leur quantité, la proposition du vendeur


ne peut être qualifiée d’offre, faute de déterminer, même implicitement, la quantité des
marchandises, à moins de considérer, analyse quelque peu artificielle, que ce faisant la
proposition comporte des indications permettant de déterminer la quantité.23

Quant au prix, une proposition de contracter ne permettant pas de déterminer le prix ne


devrait pas être qualifiée d’offre mais de simple invitation a entrer en pourparlers.
Cependant cette disposition est tempérée par l’article 55, lequel admet qu’une vente
puisse être valablement conclue sans que le prix ait été fixe dans le contrat. Le texte
précise que, dans cette hypothèse, on doit considérer que les parties se sont
implicitement referees « au prix habituellement pratiqué au moment de la conclusion
du contrat, dans la branche commerciale considérée, les mêmes marchandises vendues
dans des circonstances comparables »24

Fermeté de l’offre :
La fermeté de l’offre permet de distinguer l’offre de la simple invitation à entrer en
pourparlers, à négocier. A ce propos l’alinéa 2 de l’article 14 considère qu’une offre
est ferme dés lors qu’elle «  indique la volonté de son auteur d’être lié en cas
d’acceptation »25. La fermeté de l’offre est le caractère qui la distingue le plus
nettement des simples propositions de contrat en période des pourparlers, qui, si elles
peuvent être précises, n’engagent pas leur auteur, faute pour ce dernier de se
considérer comme lié par elles.26

23
ibidem
24
ibidem
25
JACQUES Béguin ; MICHEL MENJUCO, op.cit,P 459
26
MATHIAS AUDIT ; SYLVAIN BOLLEE ;PIERRE CALLE, op.cit, P301
15
L’offre ainsi comme elle peut être adressé à une ou plusieurs personnes déterminées
peut être ainsi adressé aux personnes indéterminées ou au public. En ce cas, la
proposition est présumée être une « invitation à l’offre à moins que la personne qui a
fait la proposition n’ait clairement indiqué le contraire ». Ici, à l’inverse, l’offre au
public ne présente pas, par principe, le caractère de fermeté suffisant. 27

Dans cette hypothèse Le texte vise la pratique des appels d’offres si fréquents dans le
commerce international. On trouvera un deuxième exemple de pratiques fréquentes
avec les ventes sur catalogues, notamment dans le domaine des marchandises
normalisées.

Effets de l’offre :
L’offre a pour objet d’assurer la formation du contrat. Son effet est de permettre à
l’acceptation émanant de son destinataire de former la vente.

Cette offre prend effet au moment où elle parvient au destinataire 28, c’est-à-dire
lorsqu’elle est faite verbalement ou est délivrée au destinataire lui-même. 29

 Avant d'étudier la question de l'offre, il faut tout d'abord savoir que la convention
parle de révocation et caducité de l'offre, mais on ne va pas étudier le deuxième, et on
se contentera du premier vu son importance.30

la révocation de l’offre :
La révocation de l’offre sera opérée avant que l’offre soit acceptée par le destinataire.
Autrement dit L’offre peut être librement rétractée si la rétractation parvient au
destinataire avant ou en même temps que l’offre, et ce, même si l’offre était stipulée
irrévocable. L’offre aura alors été retirée avant même qu’elle prenne effet.

En effet, le principe de la libre révocation de l’offre connait deux exceptions. La


première lorsque l’offre « indique, en fixant un délai déterminé pour l’acceptation, ou
27
JACQUES Béguin ; MICHEL MENJUCO, op.cit, P 459
28
Article 15 de la convention de vienne.
29
Article 24 de la convention de vienne.
30
https://www.persee.fr/doc/ridc_0035-3337_1981_num_33_4_3228

16
autrement, qu’elle est irrévocable ». La fixation d’un délai pour l’acceptation entraine
l’irrévocabilité de l’offre.la seconde exception figure dans les termes suivants : «  une
offre ne peut être révoquée s’il était raisonnable pour le destinataire de considérer
l’offre comme irrévocable et s’il a agi en conséquence ». Cette disposition suppose la
réunion d’une double condition : la croyance raisonnable du destinataire en
l’irrévocabilité de l’offre et l’action en conséquence, ce qui est relativement difficile a
découvrir, la raison par laquelle cet article n’a jamais fait l’objet d’aucune
application.31
En droit comparé, les droits allemand ou suisse s’opposent à une telle révocation et le
droit français qui l’admet sous condition, voire les règles de Common Law qui
l’admettent sans réserve.
En fin la convention ne précise pas la sanction de la révocation d’une offre
irrévocable.32

B. L’acceptation

Définition de l’acceptation :
L’acceptation est le reflet de l’offre. Autrement dit, l’acceptation est le « oui » donné à
l’offre33 : elle est l’émanation concordante de volonté du destinataire de l’offre qui
forme la vente. Elle est définie par les articles 18 à 23 de la convention de vienne. 34

Selon l’article 18 l’acceptation est une «  déclaration ou autre comportement du


destinataire indiquant qu’il acquiesce à une offre »

D’où vient l’intérêt de s’interroger de savoir si la forme de l’acceptation : doit-elle être


formalisée ? Le silence vaut-il acceptation ?

La forme de l’acceptation :
Le texte n’exige aucune forme particulière. L’acceptation pouvant être expresse ou
implicite. L’acceptation du vendeur peut être ainsi matérialisée par l’emballage ou
l’expédition des marchandises ; l’acceptation de l’acheteur par la réception des
31
MATHIAS AUDIT ; SYLVAIN BOLLEE.PIERRE CALLE, op.cit, p301.
32
MATHIAS AUDIT ;SYLVAIN BOLLEE ;PIERRE CALLE , op.cit, p 302.
33
HUGUES KENFACK, droit du commerce international, 4e édit 2012, p116.
34
JACQUES Béguin ; MICHEL MENJUCO, op.cit, p 460.
17
marchandises. Sauf si l’acheteur manifeste à cet instant son refus du contrat. En
revanche, le silence du destinataire de l’offre ne vaut pas acceptation, à moins que des
circonstances particulières permettent de lui donner une telle signification. 35 C’est ainsi
que l’existence d’un accord antérieur, constitutif de ce qu’on appelle parfois un
courant d’affaires, et d’un usage contractuel indiquant que des commandes seront
considérées comme acceptées sauf refus exprès, est une inaction ou un silence qui vaut
acceptation.

Acceptation pur et simple :


L’acceptation doit être pure et simple pour former la vente : c’est le « oui » franc et
massif, comme en matière de mariage, ce qui suppose que l’acceptation soit
concordante, sans réserve.

A cet égard l’article 19 prévoit qu’une réponse qui contient «  des additions, des
limitations ou autres modifications » est un rejet de l’offre et constitue une contre-offre
qui doit être acceptée par l’offrant. L’acceptation qui comporte des réserves ou des
modifications par rapport a l’offre, n’est qu’une contre proposition qui doit elle-même
faire l’objet d’une acceptation.36

Toutefois, la convention de vienne précise que lorsque les modifications  «  n’altèrent


pas substantiellement les termes de l’offre » la réponse comportant des ajouts ou
modifications minimes vaut acceptation, et le contrat est formé avec les modifications
comprises dans l’acceptation, «  à moins que l’auteur de l’offre, sans retard justifié,
n’en relève les différences verbalement ou n’adresse un avis a cet effet »

L’article 19 énonce une liste non limitative de modifications substantielles :


modifications qui concernent le prix, le paiement, la qualité et les quantités de
marchandises, le lieu et le moment de la livraison, la responsabilité et le règlement des
litiges

35
MATHIAS AUDIT ;SYLVAIN BOLLEE ;PIERRE CALLE, op.cit, p303.
36
Ibidem.
18
Effet de l’acceptation :
L’acceptation emporte en principe conclusion du contrat de vente, au moment ou
l’acceptation parvient au pollicitant, poursuivant l’application de la théorie de la
réception en la matière.

L’alinéa 2 de l’article 18 dispose que : l’acceptation d’une offre prend effet au moment
ou l’indication d’acquiescement parvient à l’auteur de l’offre »

Aux termes de cet article l’acceptation prend donc effet lorsqu’elle est reçue par le
pollicitant. Tant que l’acceptation n’a pas été reçue par l’offrant, le contrat n’est pas
conclu. Lorsque l’acceptation résulte d’un comportement du destinataire, celui-ci doit
être porté à la connaissance de l’offrant. Tant que cela n’est pas le cas, le contrat n’est
pas formé.

La révocation de l’acceptation :
De manière parallèle à l’offre, l’acceptation peut être rétractée, à la condition que cette
rétractation parvienne «  à l’auteur de l’offre avant le moment ou l’acceptation aurait
pris effet ou a ce moment ».

PARTIE II-Les effets du contrat de vente internationale de


marchandises :
1. L’exécution du contrat de vente internationale de marchandises :
L'étape d'exécution du contrat de vente est une étape très importante et surtout
complémentaire car c'est à travers cette étape que les parties vont exécuter les
engagements qu'ils ont consentis dans l'étape de formation, ces engagements sont un
ensemble d'obligations qui incombent au vendeur et à l'acheteur, la bonne exécution de
ces obligations et surtout la bonne foi sont des gages pour atteindre l'objectif
19
économique du contrat de vente qui est la livraison d'une bonne marchandise,
conforme au lien contractuel, en contrepartie du paiement d'un prix tel qu'il est
négocié.

Cependant il faut savoir que ces obligations sont irrévocables car on applique le
fameux principe de la force obligatoire du contrat.

Il en est aussi du fameux principe pacta sunt servanda ; d'origine latin et dont


plusieurs législations se sont inspirées, qui implique que dans le cas où l'une des
parties n'exécute pas son obligation, il est considéré responsable contractuellement. 37

Le contrat de vente international de marchandises est un contrat synallagmatique. Il va


donc par conséquent engendrer des obligations pour les 2 parties au contrat à savoir
pour le vendeur d’une part (1) et pour l’acheteur d’autre part (2).

A. Les obligations du vendeur :


Les articles 30 à 35 règlementes les obligations du vendeur ,en particulier le lieu et la
date de livraison, tout comme l’obligation de livrer des marchandises conformes. 38

 Obligation de livraison :
La livraison doit s’entendre comme la mise à disposition des marchandises, et,
éventuellement, des documents qui s’y rapportent(certificat d’origine, facture
commerciale, notice de montage…).L’obligation de livraison a été préférée à celle de
délivrance qui implique une exigence de conformité des marchandises.39

L’article 30 de la convention de vienne dispose ainsi que le vendeur s’oblige « à livrer


les marchandises, à en transférer la propriété et, s’il y’a lieu, à remettre les documents
s’y rapportant »40

 Lieu de la livraison :

Le lieu de la livraison est en principe celui prévu par le contrat 41.Les parties sont donc
libres de choisir librement le lieu de la livraison de la marchandise. Le vendeur devra
par exemple :

37
https://www.memoireonline.com/04/10/3381/m_La-vente-internationale-de-marchandises0.html
38
http://cours-de-droit.net/le-droit-des-contrats-de-vente-internationale-de-marchandises-a126609632/
39
Mathias Audit,Sylvain Bollée,Pierre Callé,Droit du commerce international et des investissements
étrangers,ed.LGDJ,2014,p305.
40
Jacques Beguin,Michel Menjucq,Droit du commece international,2 eme edition,Ed lexis nexis,2011,p463.
41
Mathias Audit,Sylvain Bollée,Pierre Callé,op.cit,p305.
20
1-Soit livrer la marchandise dans un lieu convenu. Le vendeur est donc responsable du
transport jusqu’à ce lieu. Illustration : Le siège social de l’acheteur, sur un site
quelconque désigné par l’acheteur, dans un port, etc.

2-Soit la mettre à disposition dans un lieu convenu.

Par exemple, au lieu de fabrication de la marchandise, dans l’entrepôt du vendeur ou à


son siège social. L’acheteur se préoccupe alors du transport à partir du lieu de ce
transport.

Généralement, les parties utilisent très fréquemment les incoterms pour déterminer le
lieu de livraison ou de mise à disposition des marchandises et la prise en charge du
transport.

Dans le cas où le lieu de la livraison n’aurait pas été précisé dans le contrat, l’article 31
de la convention de vienne apporte quelques précisions complémentaires :

-Si le contrat implique un transport de marchandises, ce qui est très fréquent en matière
de commerce international, la livraison s’exécute par la remise de marchandises au
premier transporteur pour transmission à l’acheteur

-dans les autres cas, la livraison intervient en fonction de certaines circonstances.

Lorsque la vente porte sur un corps certain ou sur une chose de genre qui doit être
prélevée sur une masse déterminée, la livraison doit intervenir sur le lieu où cette
marchandise se trouvait à la conclusion du contrat, à condition que l’acheteur et le
vendeur connaissent à ce moment cet emplacement. En revanche, si l’acheteur ignorait
l’emplacement ou le lieu de fabrication, la livraison devrait intervenir au lieu où le
vendeur avait son établissement au moment de la conclusion du contrat.42

 La date de la livraison :
La livraison s’effectue à la date fixée par le contrat, ou déterminable par référence au
contrat. Si le contrat se contente de fixer une période de livraison, par exemple « au
cours du mois de mars », le vendeur est libre de choisir le moment opportun au cours
de la période considérée moins qu’il ne résulte des circonstances qu’il appartient à
l’acheteur de choisir une date. Lorsque rien n’est prévue dans le contrat, la livraison
doit être effectuée dans un délai raisonnable à partir de la conclusion du contrat. Le
vendeur ne peut déroger à la date de la livraison, ni en livrant prématurément ni en
livrant en retard. Une livraison prématurée est aussi condamnable qu’une livraison

42
Hugues kenfack,Droit du commerce international,ed Dalloz,2012,p118.
21
tardive puisque l’article 52 de la convention autorise l’acheteur à refuser les
marchandises en ce cas.43

 Le transfert de propriété et la charge des risques :

 Le transfert de propriété :

La convention de vienne exclut de son champ d’application la question du transfert de


propriété, bien que les articles 30 et 41 précisent que le vendeur assume l’obligation de
transférer la propriété.

La question relève donc de la loi du contrat, laquelle peut être déterminée grâce à la
convention de la Haye du 15 avril 1958 relative à la loi applicable au transfert de
propriété en cas de vente à caractère international d’objets mobiliers corporels, qui
avait pour objet de compléter la convention de la Haye de 1955.Elle n’est cependant
jamais entrée en vigueur, n’ayant été ratifiée que par l’Italie, et est trop ancienne
aujourd’hui pour servir de base devant une juridiction.

Les difficultés tiennent au fait que cette question se trouve au cœur des règles du droit
des contrats, du droit des biens et du droit de la faillite déjà bien difficile à concilier en
droit interne. On retiendra rapidement que la convention de 1958 avait pour objet de
déterminer la loi applicable afin de régler la question du moment du transfert de
propriété, du moment du transfert des risques, à la validité des clauses de réserve de
propriété.

L’article 3 indique également que le transfert de propriété à l’égard des tiers est régi
par la loi de situation des marchandises. C’est donc vers la méthode de conflits de lois
qu’il faut se tourner pour déterminer les conditions de transfert de propriété des
marchandises, notamment pour apprécier la validité et l’efficacité des clauses assurant
ce transfert de propriété, dont l’éventuelle clause de réserve de propriété. 44

C’est ainsi que le transfert de propriété va être régi par la loi applicable au contrat.

Si par exemple le droit marocain, français, anglais ou belge va régir la relation


contractuelle entre les parties, la propriété de la marchandise va être transférée à
l’acheteur, même si la marchandise n’a pas encore été effectivement livrée ou payée.
Ainsi, en vertu de l’article 491 du DOC : « L’acheteur acquiert de plein droit le

43
Mathias Audit,Sylvain Bollée,Pierre Callé,op.cit,p306.
44
Jacques Beguin,Michel Menjucq, op.cit,p472
22
transfert de la propriété de la chose vendue dès que le contrat est parfait par le
consentement des parties. »

Ce transfert juridique de la propriété intervient par le seul consentement des parties,


indépendamment de toute livraison ou paiement.

Si la marchandise n’a pas encore été individualisée dans le stock, ou si elle doit encore
être fabriquée, le transfert de propriété n’aura lieu qu’au moment où cette marchandise
sera individualisée par mesurage, comptage, pesage ou lorsque la marchandise va
exister.

Par contre, si c’est le droit allemand ou américain qui va régir la relation contractuelle
des parties, la propriété n’est transférée qu’au moment de la livraison ou de la mise à
disposition de la marchandise à l’acheteur.45

Les clauses relatives au transfert de propriété seront également régies par la loi
applicable au contrat, c’est le cas par exemple des clauses de réserve de propriété.
Cette clause permet de reporter à plus tard le transfert de propriété de deux façons :

-Soit on diffère le transfert de propriété à une date ultérieure bien déterminée.

-Soit on subordonne le transfert de propriété à la réalisation d’une condition.


L’exemple le plus courant d’une clause de réserve de propriété est le suivant : « Le
transfert de propriété ne pourra avoir lieu qu’au moment où l’acheteur aura payé
l’entièreté du prix.

 Le transfert des risques :

La question du transfert des risques de la chose est capitale : elle implique la


détermination de la partie qui supportera le risque d’une perte fortuite de la chose,
totale ou partielle, entre le moment de la conclusion de la vente et celui de la prise de
livraison de la chose par l’acheteur, qu’il s’agisse d’une perte liée au transport de la
chose, de détériorations liées au temps du transport, de risques juridiques comme une
réquisition administrative, une confiscation, etc.

Le moment du transfert des risques identifie le moment où le vendeur cesse de les


supporter, au profit de l’acheteur.IL en résulte de larges implications en terme de
garantie notamment mais aussi de cout, s’agissant par exemple de la charge de la perte
ou du cout d’une assurance. La convention de vienne lie le moment du transfert des
risques à celui de la livraison et non, comme en droit français ou en droit marocain,

45
Christine Destexhe,Le contrat de vente international,Ed Edipro,2010,p134.
23
au moment du transfert de la propriété de la chose : c’est donc au moment où
l’acheteur reçoit la possession de la chose qu’il subit les risques de celles-ci, ce qui est
rendu complexe par l’intervention fréquente d’un transporteur.

Toutefois la convention de vienne prévoit toute une série d’hypothèses pour adapter
ses règles à l’objectif qu’elle s’est assignée : faire peser les risques sur la partie qui est
le mieux placée pour les prévenir. 46

Ainsi, en principe, sauf si la perte ou la détérioration est due à un fait du vendeur,


lorsque les marchandises sont perdues ou détériorées après la livraison, l’acheteur en
supporte les risques et est tenu de payer le prix. (Art 66 de la convention de vienne).

Lorsque le contrat de vente implique un transport de marchandises et que le vendeur


n’est pas tenu de les remettre en un lieu particulier, l’acheteur en supporte les risques
selon les modalités fixées par l’article 67.47

Par ailleurs les règles de la convention de vienne sont supplétives, de sorte que les
parties peuvent évidemment y déroger, par exemple par la technique proposée par les
incoterms de la chambre de commerce internationale.

 Obligation de conformité :

Le vendeur doit livrer des marchandises dont la quantité, la qualité, les rendements et
l’usage auquel elles sont destinées répondent à ce qui est prévu dans le contrat.

Si rien n’est précisé dans le contrat, l’article 35-2 considère que les marchandises ne
sont conformes au contrat que si :

1-elles sont propres aux usages auxquels servent habituellement des marchandises du
même type.

2-elles sont propres à tout usage spécial désiré par l’acheteur et exprimé comme tel par
celui-ci.

3-elles possèdent les qualités d’une marchandise que le vendeur a présenté à l’acheteur
comme échantillon ou modèle.

4-elles sont emballées ou conditionnées selon le mode habituel pour les marchandises
du même type où, à défaut de mode habituel, d’une manière propre à les conserver et à
les protéger.48

46
Jacques Beguin,Michel Menjucq,op.cit ,p473.
47
Hugues kenfack,Droit du commerce international,ed Dalloz,2012,p118.

48
Christine Destexhe,op.cit ,ed Edipro,2010,p140.
24
Cette faculté d’apprécier la conformité au regard de l’emballage s’explique facilement
puisque nombre de dégâts aux marchandises sont liés à un emballage insuffisant pour
les protéger des chocs, des intempéries ou de l’humidité.

Ajoutons aussi que le vendeur n’est cependant pas responsable d’un défaut de
conformité si l’acheteur connaissait ou ne pouvait ignorer le défaut au moment de la
conclusion du contrat.

A la conformité matérielle s’ajoute une exigence de conformité juridique, puisque les


articles 41 et 42 précisent que les marchandises doivent être libres de tout droit ou
prétention d’un tiers, et spécialement de droits fondés sur la propriété industrielle ou
sur une autre propriété intellectuelle en vertu de la loi de l’Etat où les marchandises
doivent être revendues ou utilisées, ou de la loi de l’Etat de l’établissement de
l’acheteur. La responsabilité du vendeur est encourue dès qu’un tiers émet une
prétention, même si cette dernière se révèle infondée. Parce que par elle-même, la
revendication du tiers constitue un trouble, la garantie du vendeur est acquise à
l‘acheteur.49

Pour ce qui est des modalités et des délais de dénonciation des défauts de conformité,
elles sont librement déterminées par les parties.

Si les parties n’ont rien prévu, la convention de vienne prévoit que l’acheteur doit
examiner ou faire examiner les marchandises dans un délai aussi bref que possible eu
égard aux circonstances.

Ce délai est apprécié au cas par cas. Cela peut ne durer que quelques jours pour les
marchandises périssables (aliments, produits chimiques, etc..) ou pour des produits qui
n’ont pas besoin d’être utilisés pour dévoiler le défaut de conformité (meubles de
bureaux…)
Cependant, plusieurs mois peuvent être nécessaire pour constater les défauts d’un
équipement plus complexe, où le défaut de conformité ne pourrait apparaitre que plus
tard. Certains défauts n’apparaissent que bien plus tard, sans qu’il ait pu être détectés à
la livraison.
Par exemple, des animaux contaminés qui décèdent après la vente, un acier inoxydable
qui s’oxyde, une couleur qui est censée rester identique avec le temps mais qui se
décolore, etc...
Une fois que l’acheteur a constaté le défaut de conformité, la convention de vienne
prévoit qu’il doit le dénoncer au vendeur dans un délai raisonnable suivant la
constatation.
Le vendeur peut tenter de trouver des portes de sorties :

49
Mathias Audit,Sylvain Bollée,Pierre Callé,op.cit ,p308.

25
-en prouvant que le défaut était détectable au moment de l’examen des marchandises à
la livraison, mais l’acheteur a négligé de contrôler la marchandise, dans un délai bref.
-en démontrant que la notification du défaut de conformité ne précisait pas la nature du
défaut.50
Par exemple, la lettre de l’acheteur mentionne seulement que la marchandise ne
correspond pas à ce qu’il a commandé ou à des finitions médiocres, etc. Elle ne peut
être prise en compte.
-en prouvant que le défaut provient d’une cause extérieure (mauvaise manipulation,
environnement impropre à la marchandise, conservation inadéquate par l’acheteur,
etc.)
L’acheteur doit dénoncer tout défaut de conformité, au plus tard dans un délai de 2 ans
à compter de la date à laquelle les marchandises lui ont été effectivement remises.
Ce délai de 2 ans n’est pas une disposition impérative. Le contrat peut diminuer la
période de garanti à quelque mois, tout comme il peut l’étendre à plus de deux ans.
C’est la volonté des parties qui prévaudra sur la convention de vienne.
Cependant, le vendeur ne peut pas se prévaloir des délais indiqués ci-dessus :
-lorsqu’il est de mauvaise foi, c’est-à-dire qu’il connaissait ou ne pouvait ignorer le
défaut de conformité, mais qu’il ne l’a pas révélé à l’acheteur.
-ou si l’acheteur a une excuse raisonnable de ne pas avoir dénoncé le défaut dans les
temps.51

B. Les obligations de L’acheteur :


L’acheteur a deux obligations essentielles dont le défaut est sanctionné par des moyens
identiques à ceux qui lui appartiennent en cas de manquement à ses obligations par le
vendeur. Ces sanctions sont prévues par les articles 61 à 65.

L’acheteur doit payer le prix et prendre livraison des marchandises.52

 Le paiement du prix :

Le paiement du prix est l’obligation principale de l’acheteur. Elle entraine la prise de


mesures ou l’accomplissement de formalités destinées à permettre ce paiement. Ces
dernières peuvent être prévu par le contrat ou par les lois et règlements.

50
Christine Destexhe,op.cit ,p141.
51
Christine Destexhe,op.cit ,p142.
52
Hugues kenfack,op.cit ,p121.

26
L’obligation de payer le prix comprend celle de prendre les mesures et d’accomplir les
formalités destinées à permettre le paiement du prix, prévues par le contrat ou par les
lois et règlements, notamment prendre toute dispositions bancaires nécessaires ou
accomplir toutes diligences auxquelles le transfert des capitaux est éventuellement
subordonné par la règlementation des changes.

L’acheteur doit payer le prix à la date fixée sans qu’il soit besoin d’aucune autre
formalité de la part du vendeur. Aucune mise en demeure préalable n’est nécessaire
pour rendre l’obligation au paiement exigible. A défaut de date contractuelle,
l’acheteur doit payer le prix lorsque le vendeur met les marchandises à sa disposition,
ou lui remet les documents représentatifs des marchandises, mais il n’est pas en
principe tenu de payer le prix avant d’avoir pu examiner les marchandises, à moins
que les modalités de livraison ou de paiement convenues ne lui en laissent pas la
possibilité.53

Selon l’article 57 de la convention de vienne, à défaut d’accord des parties, le prix est
payable à l’établissement du vendeur. Cette règle cesse en cas de vente avec exécution
trait pour trait, c’est-à-dire lorsque le paiement doit être fait contre la remise des
marchandises ou des documents. Dans ce cas, le paiement s’opère, non à
l’établissement du vendeur, mais au lieu de cette remise. Cette réserve ne vise pas
toutes les ventes où l‘exigibilité du prix dépend de la livraison, mais les seules ventes
où les parties ont souhaité que l’exécution des prestations soit simultanée. Dans le
silence du contrat, le lieu de paiement permet de déterminer la monnaie de paiement.

 Obligation de prendre livraison des marchandises :

L’obligation de prendre livraison des marchandises vendues est une obligation


traditionnelle de l’acheteur, complémentaire de l’obligation de livraison du vendeur,
que l’on appelle parfois obligation de retirer et qui indique que c’est à l’acheteur de
procéder au modalités permettant sa prise de possession des marchandises :il devra
alors vérifier les marchandises, procéder à diverses réserves et dénoncer les éventuels
défauts de conformité. Or, l’article 53 de la convention de vienne s’en remet à la
liberté contractuelle : les parties ont donc tout intérêt à prévoir expressément cette
question, en relation avec l’obligation de livraison et, souvent, d’ailleurs, par référence
à l’incoterm choisi.

53
Mathias Audit,Sylvain Bollée,Pierre Callé,op.cit,p313.
27
L’acheteur doit faciliter l’obligation de livraison du vendeur. Pour ce faire, il s’impose
un devoir de collaboration que l’article 60 exprime comme l’obligation d’accomplir
tout acte qu’on peut raisonnablement attendre de lui pour permettre au vendeur
d’effectuer la livraison, ce qui présente un intérêt chaque fois que la livraison impose
un déplacement, un transport, par exemple si c’est à l’acheteur de conclure le ou les
contrats de transport, de réaliser les diverses formalités administratives, douanières
notamment. Seuls les actes que l’ont peu raisonnablement attendre intègrent cette
obligation, point des actes inhabituels ou particulièrement couteux.54

Il faut aussi préciser que les modalités de retirement des marchandises varient selon la
livraison : prise en charge par le transporteur désigné par l’acheteur, enlèvement des
marchandises dans les locaux du vendeur, réception des marchandises dans les locaux
de l’acheteur. En cas de défaut de prise de livraison par l’acheteur, le vendeur reste
tenu d’une obligation de conservation régie par les articles 55,87,88. 55

2. Les causes d’inexécution du contrat de vente internationale de


marchandise :
Tout d'abord on parle d'inexécution de contrat lorsqu'une partie n'exécute pas tout ou
partie de ses obligations, les conséquences de l'inexécution dépendent de la gravité des
manquements à ces obligations.

En principe, c’est aux parties de déterminer avec précision les conséquences d’une
mauvaise exécution du contrat. C’est à elles de prévoir :

-les solutions à envisager

-la suspension des obligations par une partie, tant que l’autre n’exécute pas les siennes,

-les effets pour chaque cas ;

-les dommages et intérêts éventuelles, qui peuvent être fixées forfaitairement,

Si rien n’est prévu dans le contrat, la partie lésée dispose de plusieurs moyens
d’actions, selon la convention de vienne :

 Soit l’exécution forcée :


-des obligations de l’acheteur : paiement du prix, prise de livraison des marchandises,
etc.., si c’est concrètement possible ;

54
Jacques Beguin,Michel Menjucq,op.cit ,p471.
55
Mathias Audit,Sylvain Bollée,Pierre Callé,op.cit,p312.
28
-des obligations du vendeur : livraison dans les temps, remplacement d’une
marchandise non conforme, réparation, si c’est concrètement possible ;

La technique de l’exécution forcée en nature, qui suppose cependant que les règles
procédurales de la loi du juge saisi soient efficaces, est un principe traditionnel du
droit de la vente : l’article 28 de la convention de vienne prévoit une règle générale,
que précisent les articles 46,47, et 62 : l’exécution en nature peut être demandée
comme remède à l’inexécution de toute obligation de la vente. C’est cependant la
question de la non-conformité des marchandises qui est principalement vise par ces
techniques.

 Soit l’octroi d’un délai supplémentaire raisonnable pour l’exécution des


obligations de la partie fautive ;
 Soit la résolution du contrat en cas de contravention essentielle ;
 Soit la réduction du prix, dans le cas où le vendeur serait fautif ;

En plus de ces différentes conséquences, la partie lésée pourra demander des


dommages et intérêts, si elle apporte la preuve du préjudice causée par l’inexécution
de l’autre partie à travers deux critères :la perte effective et le manque à gagner. La
réparation est toutefois limitée au dommage prévisible.

Afin de garantir la bonne exécution du contrat par l’acheteur, le vendeur peut exiger de
celui-ci certaines garanties, comme par exemple une garantie bancaire à première
demande, la caution de la maison mère de l’acheteur, etc.56

A. La qualification des règles uniformes de l'inexécution du contrat de


vente international :
 Les règles uniformes se préoccupent de qualifier l'inexécution du contrat pour en
régler les conséquences.

Pour cette raison la convention se place en double point de vue.

Tout d'abord au niveau de la gravité de cette inexécution, puis le caractère fautif ou


non du débiteur.57

De point de vue de la gravité de l'inexécution :

L'inexécution grave, celle qui justifie les sanctions les plus radicales selon la
convention de vienne est dite · « contravention essentielle ».

56
Christine Destexhe,Le contrat de vente international,ed Edipro,2010,p150.
57
https://www.memoireonline.com/04/10/3381/m_La-vente-internationale-de-marchandises0.html
29
La notion de contravention essentielle est ainsi au cœur du dispositif de la convention
de vienne. L’article 25 la définit comme l’exception qui « cause à l’autre partie un
préjudice tel qu’elle la prive substantiellement de ce que celle-ci était en droit
d’attendre du contrat, à moins que la partie en défaut n’ait pas prévu un tel résultat et
qu’une personne raisonnable de même qualité placée dans la même situation ne
l’aurait pas prévu non plus ».

Il convient donc que le manquement soit particulièrement préjudiciable, au regard de


ce qu’il était en droit d’attendre. C’est donc ce qui aurait déterminé le contractant à ne
pas conclure le contrat. Ainsi, une non-conformité qui n’affecte pas la revente de la
chose n’est pas une contravention essentielle, du moins si l’acheteur a acheté pour
revendre, mais pourrait l’être dans d’autres circonstances.

En revanche, la nature de l’obligation non exécutée est sans incidence sur la notion de
contravention essentielle : qu’il s’agisse d’une obligation principale ou d’une
obligation accessoire, une telle contravention peut être considérée comme essentielle,
comme le fait de ne pas souscrire un contrat d’assurance contre les risques du
transport.

Il convient également que le manquement crée un préjudice chez le créancier de


l’obligation qui soit normalement prévisible pour son débiteur. Il ne suffit donc pas
que le préjudice soit important, il convient que ce préjudice soit prévisible.58

Ainsi, l’inexécution doit essentielle pour pouvoir entrainer la rupture du contrat. Une
contravention au contrat commise par l’une des parties est essentielle, lorsqu’elle
cause à l’autre partie un préjudice tel qu’elle la prive substantiellement de ce que celle-
ci était en droit d’attendre du contrat. Elle ne l’est plus si la partie fautive n’avait pas
prévu un tel résultat et qu’un personne raisonnable de même qualité placée dans la
même situation ne l’avait pas prévu non plus.

Par exemple : un retard de livraison de matières premières peut être préjudiciable pour
l’acheteur, car il a contraint celui-ci à suspendre la production dans son usine.

Ou encore un retard de paiement de l’acompte du client qui était un montant nécessaire


pour préfinancer la production du vendeur.59

Le caractère fautif ou non du débiteur :

A côté de la gravité de l'inexécution, le caractère fautif ou non de l'attitude d'un


débiteur est retenu par les règles uniformes. En effet l'octroi de dommages intérêts en
58
Jacques Beguin,Michel Menjucq,Droit du commece international,2 eme edition,ed lexis nexis,2011,p479.

59
Christine Destexhe,Le contrat de vente international,ed Edipro,2010,p153.
30
dépendent C'est donc ici l'approche continentale du problème qui l'emporte sur la
conception de Common Law. C'est-à-dire que l'attention n'est pas concentrée sur le
contrat avec sa signification économique mais sur la partie qui n'exécute pas.

La rédaction de la convention de Vienne le révèle plus précisément dans son article 79


qui dispose que : « Une partie n'est pas responsable de l'inexécution si elle prouve que
cette inexécution est due à un empêchement indépendant de sa volonté...etc. »60

B. Les remèdes à l'inexécution du contrat de vente internationale de


marchandises :
Dommages et intérêts, réduction du prix, intérêts moratoires :

En toute hypothèse, les parties disposent de la faculté de demander réparation des


préjudices subis, quelle que soit la gravité de l'obligation inexécutée, de façon
éventuellement cumulée avec d'autres remèdes. Il s'agit alors des dommages matériels
subis par l'une des partie, la perte subie et le gain manqué, pour autant qu'ils aient été
prévisible.

Encore faut-il également que le créancier de l'obligation inexécutée démontre que le


préjudice qu'il invoque soit bien le résultat de la contravention ce qui suppose bien
entendu la démonstration d'un lien de causalité mais aussi d'une certaine diligence du
créancier qui prend la forme d'une obligation, à sa charge, de minimiser le dommage.

L’acheteur dispose également de la faculté de demander la réduction de prix de la


vente, en cas de défaut de conformité, de façon proportionnelle avec la différence de
valeur de la chose.

Enfin, les parties dispose de la faculté de demander des intérêts moratoires dans le cas
où l'autre connaît un retard dans le paiement des sommes dues, ce qui concerne
essentiellement l'acheteur.61

La résolution :

La résolution signifie la rupture, l’anéantissement d’un contrat par le créancier, d’une


obligation non exécutée par l’autre partie. Les choses sont alors rétablies comme s’il
n’y avait jamais eu de contrat. L’anéantissement est rétrospectif.

Par exemple, dans un contrat de vente, le vendeur rembourse à l’acheteur, l’acompte


ou le paiement qu’il aurait déjà reçu de celui-ci. L’acheteur rend au vendeur les
60
https://www.memoireonline.com/04/10/3381/m_La-vente-internationale-de-marchandises0.html
61
Jacques Beguin,Michel menjucq,op.cit ,p481.
31
marchandises qui lui auraient été livrées.La résolution du contrat n’empêche pas la
demande de dommages et intérêts de la part du créancier qui aurait éventuellement
subi un préjudice dû à la mauvaise exécution de l’autre partie.

La rupture du contrat de vente internationale de marchandises entraine la résolution et


non la résiliation.
La résiliation d’un contrat signifie la rupture d’un contrat, mais pour lequel il est
impossible de revenir en arrière. Il est sans effets rétroactifs.62
La résolution libère les deux parties de leurs obligations, réserve faites des dommages
et intérêts qui peuvent être dus.
Toutefois, certaines clauses survivent au contrat :
-les clauses de règlements des différends, par exemples les clauses compromissoires.
-les clauses précisant les droits et obligations des parties en cas de résolution, par
exemple les clauses pénales.
IL peut arriver que la restitution de marchandises par l’acheteur dans un état
sensiblement égal à celui dans lequel il les a reçues soit impossible. Dans ce cas, sauf
exception, l’acheteur perd le droit de déclarer le contrat résolu et doit l’équivalent du
profit qu’il a retiré des marchandises.63

Exonération :

La convention prévoit des causes d’exonération prévu aux articles 79 et 80. Elle ne
prévoit pas cependant des clauses d’exonération de responsabilité. Ces clauses doivent
être examinées par rapport au droit applicable au contrat.

L’article 79-1 prévoit qu’une partie n’est pas responsable de l’inexécution de l’une
quelconque de des obligations si elle prouve que cette inexécution est due à un
empêchement indépendamment de sa volonté et que l’on ne pouvait raisonnablement
attendre d’elle qu’elle le prenne en considération au moment de la conclusion du
contrat, qu’elle le prévienne ou le surmonte ou qu’elle en prévienne ou surmonte les
conséquences ».

L’article 80 ajoute qu’ « une partie ne peut pas se prévaloir d’une inexécution par
l’autre partie dans la mesure où cette inexécution est due à un acte ou une omission de
sa part ».

La lecture combinée de ces deux articles révèle les deux causes d’exonération
retenues : l’évènement empêchant l’exécution et le fait du créancier. Pour être
exonératoire, l’évènement empêchant l’exécution doit être indépendant de la volonté
du débiteur, ce qui n’est pas le cas si l’inexécution est la conséquence d’une

62
Christine Destexhe,op.cit ,p151.
63
Hugues kenfack,op.cit ,p123.
32
négligence de sa part comme par exemple l’omission de solliciter une autorisation
administrative.

L’empêchement doit aussi être raisonnablement imprévisible et raisonnablement


irrésistible. L’imprévisibilité et l’irrésistibilité doivent être appréciés avec un certaine
souplesse en référence à un professionnel normalement diligent.

La convention prévoit que si l’inexécution du débiteur est due à l’inexécution par un


tiers qu’il a chargé d’exécuter une partie ou la totalité du contrat, il sera exonéré si
l’empêchement correspond aux conditions énoncées précédemment. Le principe
naturel selon lequel le débiteur est responsable du tiers qu’il s’est substitué dans
l’exécution de ses obligations est donc retenu, sauf si le débiteur et le tiers peuvent se
prévaloir d’un empêchement au sens de l’article 79-1.

Bien que l’article 79-1 énonce qu’une partie, qui peut se prévaloir d’une impossibilité
d’exécution, « n’est pas responsable de l’inexécution »,en réalité, l’exonération de
l’article 79-1 n’empeche pas une partie « d’exercer tous ses droits autres que celui
d’obtenir des dommages et intérêts » :réduction du prix, exécution en nature, ou
résolution. La seconde cause d’exonération visée à l’article 80 est le fait du créancier.
Ce fait du créancier, non nécessairement fautif, a des conséquences plus radicales que
l’impossibilité d’exécution visée à l’article 79 puisqu’il fait obstacle à toute les
sanctions que la convention pose.64

Conclusion :

Avec la mondialisation, le domaine de la commercialité internationale est devenu très


large : opérations effectuées par exemple par une banque, les prestataires de services,
les opérations de distribution. Etc….
Ces opérations du commerce international sont caractérisées par plusieurs
spécificités en l’occurrence le fais de la participation de plusieurs acteurs dans leurs
réalisation: exemple La vente- (Vendeur, acheteur), contrat de transport (assurance
corps et assurance facultés), transitaire etc… Compte tenu de la participation de
plusieurs acteurs, il va se poser un problème de conflit d’intérêts et rares sont les
64
Mathias Audit,Sylvain Bollée,Pierre Callé,op.cit ,p318.
33
opérations internationales qui se terminent sans litige. C’est ainsi du droit du
commerce internationale, et du droit uniforme mis en place, celui-ci est considérée
comme étant un principe difficile à appréhender tant dans son contenu que dans son
existence. De cette étude expliquée avec plus ou moins précision, on arrive à conclure
définitivement que non seulement le droit uniforme est une norme juridique
internationale, qu’il est née pour régir les relations internes des Etats, mais aussi
relations privées internationales.

annexes :

Le contentieux en matière du contrat de


vente internationale de marchandises
I. La loi applicable

Le caractère international de la vente fonde, en premier, l’application des règles


intéressant la détermination de la loi applicable à la vente internationale, dans les
conditions du droit commun des contrats internationaux : le principe d’autonomie
permet aux parties de choisir la loi applicable à leur contrat. Toutefois après plusieurs

34
efforts de codification, il en a débouché des normes internationales dont des
conventions et des termes comme on a pu voir lors de la première partie, on cite la
convention de la Haye du 15 juin 1955, la convention de la Haye du 22 décembre 1986
et les autres conventions en matière de la loi applicable à la vente international.

II. Le tribunal compétent

En plus de déterminer la loi applicable au contrat, il est également fondamental de


déterminer quelle sera la juridiction compétente en cas de litige. En effet, vous pouvez
soumettre votre éventuel litige soit à une juridiction étatique(A), soit à une cour
arbitrale(B). Stipuler dans un contrat la juridiction compétente évite une perte de temps
sur la détermination du Tribunal compétent lorsqu’un litige survient.

Il convient également de s’interroger sur les règles nationales de compétence des


tribunaux qui peuvent varier d’un pays à l’autre .

La décision rendue par une juridiction nationale est dénommée « jugement » et celle
d’un tribunal arbitral est dénommée « sentence arbitrale »

Le règlement juridictionnel des litiges

Le règlement judiciaire des conflits s’opère devant les juridictions étatiques dont la
compétence est définie par :

- les règles internes de compétence ;

- règles communautaires de compétence ;

- ou des règles internationales de compétence.

Lorsqu’on opte pour une instance nationale, il est recommandé d’indiquer précisément
dans le contrat quel est le tribunal compétent. Une clause qui donne compétence à une
juridiction étatique est normalement dénommée « clause attributive de compétence ». 65

Par ailleurs, un tribunal aura toujours tendance à ignorer ou mal interpréter la loi du
contrat s’il ne la connaît pas. Il est donc de bonne pratique, même si cela n’est pas

65
https://www.globalnegotiator.com/blog_fr/contrats-internationaux-loi-applicable-distribution-vente/
35
obligatoire, de faire coïncider la loi applicable au contrat et le lieu de règlement des
litiges.

A. Le règlement arbitral des litiges

En l’absence d’une juridiction véritablement internationale et au lieu de désigner le


juge d’un Etat donné avec la crainte que l’un des plaideurs soit mieux protégé que
l’autre, le recours aux modes alternatifs de règlement des litiges s’avère être une
panacée66 à la sécurité juridique résultant de certaines règles de compétence
internationale directe.

L’arbitrage est un mode alternatif de résolution des conflits non étatique, dans
lequel un ou plusieurs arbitres (en général trois) interviennent pour trancher un litige
commercial international. L’arbitre est un véritable juge dont la décision s’impose aux
parties. Au niveau international, la Cour Arbitrale de la Chambre de Commerce
internationale est une référence. Son règlement précise que le tribunal arbitral peut
être composé d’un ou de plusieurs membres. Lorsque le différend doit être tranché par
un arbitre unique, ce dernier est nommé par la Cour, sauf convention contraire des
parties. Si trois arbitres sont prévus, chacune des parties en désigne un ; le troisième,
qui présidera le tribunal, est ensuite nommé soit d’un commun accord par les parties
ou les Co-arbitres, soit par la Cour.

En effet, les parties dans un contrat peuvent insérer une clause dans laquelle fixent
d’avance les modalités de désignation d’un ou plusieurs arbitres et leurs compétences
le cas échéant. nous pouvons citer a titre d’exemple : « Toute réclamation issue du
Contrat, tout différend concernant l'exécution du Contrat faisant l'objet d'une
contestation, y compris son annulation, ainsi que tout problème d'interprétation ou
d'application de celui-ci, doit être soumis à l'arbitrage international, et ce, à
l'exclusion des tribunaux de droit commun, conformément à la procédure ci-après
établie .Toute partie au Contrat ayant une réclamation, un différend ou un désaccord
à faire valoir, doit faire parvenir à l'autre partie un avis écrit ci-après désigné avis
d'arbitrage, comportant les éléments suivants. . . »67
66
Un remède
67
https://www.memoireonline.com/04/10/3381/La-vente-internationale-de-marchandises.html
36
En fin, Le choix entre un juge national et un arbitre est très important. Les deux
possèdent leurs propres avantages. Il existe trois grandes différences entre une
juridiction nationale et un tribunal arbitral : le coût, la confidentialité et la durée.68

III. Les applications jurisprudentielles.

 Les décisions les plus importantes qui ont eu l'occasion de rendre des arrêts et
décisions en matière de contradiction des articles 14 et 55 ce sont des décisions
rendues par les tribunaux hongrois.

Elles ont été rendues dans le fameux litige opposant le constructeur américain de
moteurs d'avions Pratt & Wittney à la compagnie aérienne hangoroise Malev.

Dans cette affaire la cour suprême de Hongrie a préféré la thèse qui exige que l'offre
contienne un prix déterminable.

Les tribunaux français ont eu une part de leur chance de statuer dans des litiges en la
matière, il en est de l'exemple d'un cas dans lequel la cour d'appel de Paris et la cour de
cassation ont été confronté au problème de la licité de la clause laissant le prix sous
l'influence d'une partie.

Pour avoir une connaissance de ces fameuses et importantes décisions on va essayer


d'étudier ces décisions au niveau de ses motifs de droit et motifs de faits.

Ceci en étudiant dans (1) les décisions rendues par les tribunaux hongroises, puis dans
(2) les décisions françaises.

A. ) Les décisions hongroises rendues dans l'affaire Pratt & Wittney c./
Malev.
Elle considère que la proposition du constructeur américain n'est pas totalement
déterminée quant au prix, elle ne peut donc raisonnablement constituer une offre.

La cour met en relief que Pratt & Whitney a adressé deux offres différentes


à Malev, l'une concernant l'option Boeing, l'autre l'option Airbus. A la suite de la
68
https://www.globalnegotiator.com/blog_fr/contrats-internationaux-loi-applicable-distribution-vente/
37
modification apportée le 21 décembre à l'option Boeing, deux types de moteurs sont en
jeu, le moteur PW 4056 et le moteur PW 4060. Alors que le prix du moteur PW 4056
est déterminé, celui afférent au moteur PW 4060 ne l'est pas. Quant à l'option Airbus,
les juges relèvent que l'offre inclut deux réacteurs complets différents (jet engine
systems) et deux moteurs de remplacement différents (PW 4152 et PW 4156/A). «Le
prix de base des réacteurs complets n'était pas inclus dans l'offre; seul l'était celui des
moteurs de remplacement, en dépit du fait que ces deux éléments ne sont identiques ni
sur le plan technique, ni quant au prix... Le prix ne peut pas être déterminé en
application de l'article 55 de la Convention puisque les jet engine systems n'a pas de
prix de marché... Il ressort clairement des développements ci-dessus qu'aucune des
offres du demandeur, que ce soit celle se rapportant aux moteurs destinés aux Boeing
ou celle afférente aux réacteurs complets destinés aux Airbus n'obéit aux conditions
stipulées à l'alinéa 1 de l'article 14 de la convention... ».

La cour aurait pu arrêter là son raisonnement. Pour mieux nier l'existence du contrat,
les juges se livrent à l'interprétation de ce qu'ils qualifient d'offre, raisonnant ainsi
comme si le constructeur américain avait émis une offre répondant à la définition de
l'article 14: «Les offres parallèles et alternatives du demandeur doivent être
interprétées ainsi, conformément à l'intention se dégageant des termes de l'offre et
suivant le sens commun: le demandeur souhaitait donner au défendeur la possibilité de
choisir l'un des types de moteurs définis dans l'offre, au moment où interviendrait
l'acceptation du défendeur... La déclaration du défendeur selon laquelle il a choisi les
moteurs de la série PW 4000 exprime uniquement son intention de conclure
(ultérieurement) le contrat, ce qui est insuffisant pour l'établissement du contrat... La
possibilité d'opérer le choix après la conclusion du contrat ne résulte pas de l'offre ».

Donc on constate que, même si le prix avait été déterminé, le Contrat de vente n'aurait
pas pu voir le jour, selon la Haute juridiction.

B. Les décisions françaises.


Ces arrêts sont des arrêts émanant de la cour d'appel de Paris du 22 Avril 1992 et de la
cour de cassation du 4 Janvier 1995.

38
Le contrat litigieux prévoit un prix, assorti d'une possibilité de révision en fonction de
la baisse ou de la hausse du marché. Il n'est guère surprenant que l'acheteur français,
soucieux de se défaire du contrat, ait songé à invoquer la jurisprudence française du
droit interne de la vente sanctionnant par la nullité la clause laissant le prix sous
l'influence d'une des parties. L'acheteur fait valoir à cet effet, devant la Cour d'appel,
que si la convention de Vienne est applicable, il y a lieu de tenir
compte, «conformément à l'article 4 de cette Convention ... du droit commun français
des ventes au niveau du litige concernant les prix, surtout en ce qui concerne l'ordre
économique qu'il impose ».

La cour d'appel de Paris esquive la difficulté, refusant ainsi de poser clairement la


question de la conciliation de la jurisprudence française sur le prix avec le nouveau
droit uniforme de la vente internationale. Les juges reproduisent certes l'article 4 de la
convention, semblant ainsi donner raison dans un premier temps à la société française.
Puis, au cours des développements relatifs à la rencontre des volontés, la cour se
contente de souligner, après avoir constaté que les deux parties ont accepté cette
clause, que « l'accord des parties sur la révision en fonction du marché du prix fixé
dans la commande ne rend pas ce prix indéterminable, comme le soutient à tort
l'appelante ». Malheureusement, la cour d'appel n'indique pas à la lumière de quels
principes elle juge ainsi le prix déterminable: En application du droit interne français
ou en fonction du seul article 14 de la convention ? Alors que l'on aurait pu croire que
la révision s'opère de plein droit, les juges condamnent l'acheteur à payer le prix
indiqué dans la commande initiale «En l'absence d'accord entre les parties sur
l'existence d'une hausse ou d'une baisse du marché répercutable sur le prix de la
marchandise au moment de la livraison».

169. Ainsi interprétée, la clause de révision du prix ne pouvait trouver que grâce aux
yeux de la cour de cassation. La haute juridiction s'abrite derrière l'affirmation de la
cour d'appel selon laquelle« à défaut d'accord sur l'existence d'une hausse ou d'une
baisse du marché répercutable sur le prix, selon la révision acceptée dans son principe,
l'acheteur avait accepté, le 30 mai 1990, de s'en tenir au prix convenu initialement et
qui fut facturé»

39
L'auteur qui a commenté ces décisions estime que la cour d'appel s'est débarrassée du
problème du prix en déduisant des faits de la cause que l'accord des parties ne rendait
pas le prix indéterminable.

D'après le même auteur la cour de cassation a suivi la cour d'appel et l'auteur estime
qu'une bonne occasion a été perdu par la cour de cassation de dire que la jurisprudence
sur le prix déterminé ou déterminable ne s'appliquait pas en matière internationale

Table des matières :

PARTIE I. le cadre juridique du contrat de vente internationale


de marchandises.

1. les sources du contrat de vente internationale de marchandises.

A. les conventions internationales.

B. les termes de la chambre de commerce internationale.


2. la conclusion du contrat.
A. l’offre
B. L’acceptation
PARTIE II .Les effets du contrat de vente internationale de
marchandises :
1. L’exécution du contrat de vente internationale de
marchandises :
40
A. Les obligations du vendeur :

B. Les obligations de L’acheteur :

2. Les causes d’inexécution du contrat de vente internationale de


marchandise :
A. La qualification des règles uniformes de l'inexécution du contrat
de vente international :

B. Les remèdes à l'inexécution du contrat de vente internationale


de marchandises :

 ANNEXES
 TABLE DES MATIERES
 BIBLIOGRAPHIE

 Bibliographie :

Ouvrages généraux :

 Mathias Audit, Sylvain Bollée, Pierre Callé, Droit du commerce


international et des investissements étrangers, ed.LGDJ,2014.
 Jacques Béguin, Michel Menjucq, Droit du commerce international, Ed
lexis nexis,2011.

 Petros G. Vallindas, Droit uniforme international et droit comparé,


Basel, 1959.

 -Philippes MALAURIE, loi uniforme et conflits de lois, Travaux du


Comité français de droit international privé, 1964-1966, 2 avril 1965.

 Jean Michel jacquet, Droit du commerce international : Ed Dalloz


 Hugues Kenfack, Droit du commerce international, éd Dalloz,2012.

41
 Mathias audit, Droit du commerce international. Ed domat

Ouvrages spéciaux :

 Christine Destexhe , Le contrat de vente international, Ed Edipro,2010.

Mémoires :

 INCOTERMS DE LA CHAMBRE DE COMMERCE INTERNATIONAL ET


LES TERMES DE VENTE DU CODE DE COMMERCE : É TUDE ET
ANALYSE MÉ MOIRE PRÉ SENTÉ COMME EXIGENCE PARTIELLE DE
LA MAÎTRISE EN DROIT
 Droit Uniforme en Droit du Commerce International
Par Pheaneath HUON, Université Lumière Lyon 2 Master 1, Droit des
activités de l'entreprise 2005
 Webographie :

https://www.memoireonline.com/04/10/3381/m_La-vente-internationale-de-marchandises0.html

http://cours-de-droit.net/le-droit-des-contrats-de-vente-internationale-de-marchandises-
a126609632/

42