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Reprise cours.

Type composition

"En vous appuyant sur l'étude de cas vu en classe, présentez les acteurs et les
flux de la mondialisation. "

Intro : Définition mondialisation. La mondialisation désigne un processus


d’interdépendance des économies, des territoires et des sociétés à l’échelle mondiale.

(Il a des racines anciennes, mais s’est radicalement accéléré dans la seconde moitié
du XXème siècle : l’intensification des flux (marchandises, capitaux, informations,
personnes) et l’apparition de nouvelles technologies de l’information et de la
communication (les NTIC) ont contribué à réduire les distances-temps.

Ce processus est à l’origine d’une profonde et durable transformation des


territoires. Il suscite débats et contestations.)

L'apparition massive des téléphones portables a considérablement accéléré ce


processus. Depuis les années 90, la diffusion rapide de ce moyen de communication
aboutit à l'existence de presque autant de forfaits de téléphonie mobile que
d'habitants sur terre. En 2007, la marque Apple commercialise l'Iphone première
génération, et se positionne comme première sur le marché du smartphone, le
téléphone "intelligent" ou "connecté".

De la création de l'objet, de sa conception à sa commercialisation en boutique en


passant par les chaines de montages en usines et les différents modes de transports
employés, comprendre les différentes étapes du parcours des Iphones revient donc à
suivre une grande partie des processus de la mondialisation, des acteurs, des
territoires concernés, et des flux empruntés.

Comment la production et la commercialisation de l’I phone illustrent-elles la


mondialisation ?

I De l'idée à l'objet, des territoires mondialisées grâce à des acteurs.

Pour aboutir d'une idée à un objet fini, ''sorti d'usine'' Apple favorise l'utilisation de
territoires disséminés de par le monde. Mais il existe une hiérarchie dans cette
Division Internationale du Travail.
A/ Dans les Etats développés, l'innovation et la commercialisation.

Dans les Etats les plus développés se trouvent à la fois les étapes d'innovations, de
conceptions, et de commercialisation, à la fois le point de départ et l'arrivée du
processus. Le siège social d'Apple se situe à Cuppertino, Californie, dans la Silicon
Valley. Y réside le centre de recherche qui emploi les ingénieurs les plus qualifiés,
chargés de développer logiciels et applications et parfaire le système. Ces métiers ont
une très forte valeur ajoutée pour Apple. La très haute valeur boursière de
l'entreprise, plus de 700 milliards de dollars, repose essentiellement sur le potentiel
de rentabilité économique induit par le travail de ces chercheurs.

Pour la conception, Apple a recours à des entreprises de pointe chargées de


fabriquer les composants électroniques comme les processeurs, les cartes mémoires,
les écrans ou les antennes. Ce marché est détenu principalement par des entreprises
états-uniennes, japonaises ou coréennes comme Texas Instuments,Samsung ou Lg. Là
aussi, des emplois à fortes valeurs ajoutées limitent le marché à une portion congrue
d'acteurs déjà importants. cf doc 1 p248.

Le siège social d’Apple se trouve à Cupertino, en Californie. Il est le donneur d’ordres.

La plupart des pièces de l’i phone (90%) sont fabriquées en Amérique et en Corée du
Sud, Taïwan et Japon. L’Usa et l’Asie sont donc les continents d’où provient l’essentiel
des composants du Smartphone. Ce sont des pays possédant la maîtrise des
technologies de pointe.

Enfin, les territoires concernés par les dernières étapes de commercialisation à


savoir le marketing et la vente proprement dite se cantonnent aux espaces à fortes
solvabilités, c'est à dire les pays et territoires pôles de la mondialisation, Europe
occidentale, Amérique du Nord et Asie Orientale, principalement les grandes
agglomérations, en priorité les actifs solvables ou leurs enfants. Les campagnes
marketing sont réalisés par des urbains pour des urbains, et l'ouverture d'un
"AppleStore" deviennent des marqueurs d'un processus de gentrification d'un centre
ville.

Apple accorde une place majeure au marketing et à sa communication externe. Depuis


2001, la société a une stratégie internationale d’implantation de boutiques destinées à
commercialiser uniquement ses produits (362 en 2011). Ces «  Apple store  », pour la
plupart implantés dans les pays de la Triade, proposent aussi des services, des ateliers
gratuits. Bien que massive, la distribution reste sélective à l’image du processus de
mondialisation  : l’i Phone s’adresse en priorité à des marchés accessibles où le pouvoir
d’achat est élevé

D'autres territoires sont également concernés dans la construction de l'Iphone.

B/ Matières premières et fabrications : la place des Etats moins développés.

Les composants sont fabriqués grâce à des ressources comme le tungstène, le


coltan/tantalite, l'étain, l'or c'est-à-dire des métaux rares, provenant des mines
africaines, (surtout Congo). On les appelle "Conflict Mineral" car il y a des pressions
énormes (armées) pour la détention de ces mines + exploitation proche de l’esclavage
des mineurs

Enfin, toute la production à proprement parler est délocalisée en Asie, souvent en


Chine, surtout à Shenzhen avec le constructeur Foxconn qui emploie 500  000 ouvriers
qui travaillent à la chaîne. Cela entraîne donc un flux de pièces détachées des pays
producteurs vers la zone d’assemblage.

Foxconn Technology est une entreprise taïwanaise qui détient 40% de la production
d’électronique grand public. Ses clients sont des grands groupes états-uniens
(Motorola), sud-coréen (Samsung), finlandais (Nokia) ou japonais (Sony).

Foxconn City, site d’assemblage de l’i phone qui rassemble 230  000 personnes  : des
ouvriers peu payés (13 euros/j), soumis à des cadences de travail élevées
(6jours/semaine, 12h d’affilée).

Les commandes d’Apple suscitent une réactivité impressionnante du site d’assemblage


(les ouvriers sont réveillés en pleine nuit pour se mettre au travail).

II. Un produit intégré dans un monde de réseau.

L'ensemble des échanges entre les acteurs évoqués dans la partie précédente, et qui
permettent l'élaboration d'un objet mondialisé comme un smartphone, mais aussi un
ordi ou une voiture, nourrissent des flux. cf voc réseau p.253 Ils peuvent être de 2
types, matériels ou immatériels.
A/ Les flux matériels.

Ici, assez simple de remonter les différentes étapes : Tout commence dans une
certaine mesure par l'extraction de matières premières, cobalt, tungstène, sable
marin... . Principalement en Chine, en Rdc, Brésil, Australie, Malaisie, Zambie, dans des
conditions peu favorables souvent aux préoccupations écologiques.

La transformation, le raffinage, et la fabrication des composants ne se réalisent pas


sur les mêmes sites. Des réseaux physiques de transport, routes terrestres et surtout
maritimes permettent la concentration de toutes les matières premières dans les sites
de fabrications de composants.

Les composants ou pièces détachées sont elles-mêmes réunies pour être assemblées
toutes ensembles. La concentration massive de composants nécessaires pour répondre
aux besoins du marché mondial nécessite des infrastructures de transports de plus en
plus gigantesques. Schenzen est très bien placé pour répondre aux dimensions de ces
réseaux.

A 20km le quatrième aéroport en fret de Chine, + 1million de tonne de marchandise et


surtout Hong Kong, 40 km d'autoroute avec plus de 4.5 millions de tonne de fret. Les
volumes des ports sont encore plus impressionnants. Schenzen, troisième port mondial,
voit transiter 24 millions d'EVP (Equivalent Vingt Pied) et Hong-Kong, sixième mondial
près de 20 millions.

C'est de là que sont acheminés les iphones dans le reste du monde. Dans un premier
temps par avions cargos, puis surtout par bateaux porte-conteneurs. L'étape finale est
l'arrivée des conteneurs dans les pays développés et la répartition des cartons dans
les différents points de vente, notamment les fameux applestore.

Toute cette logistique nécessite une grande stabilité dans les relations
internationales car elle suppose la mobilisation d'investissements importants et la
concentration de capitaux et de ressources avant toutes possibilité de retour sur
investissements. Les rouages des flux matériels, et leurs finalités, s'analyse par
l'étude des flux immatériels.

B/ Les flux immatériels.

Composé d'abord de flux financiers sous différentes natures comme le paiement des
matières premières, des ingénieurs chargés des innovations puis des sous-traitants qui
réalisent les composants, puis l'assemblage, le transport, la commercialisation, les
opérations marketing, les salaires de tous les vendeurs, et les dividendes pour les
actionnaires.

Ces flux financiers ne sont pas des valises de billets mais plutôt des virements
bancaires, de compte à compte et de paiement à réception de marchandises. Outre
pour les opérations de transferts financiers, les banques sont également sollicitées
pour les possibilités de crédits accordés à certains investisseurs industriels. Ex :
construction d'une nouvelle ligne de production dans l'usine Foxconn pour s'adapter
aux nouvelles technologies. Enfin, les flux financiers concerne également les
assurances pour tous les risques liés aux accidents industriels, (explosion des
Samsung !!) catastrophes ou accidents de transport.

Lorsqu'on étudie les réseaux évoquant la téléphonie mobile, difficile de ne pas


évoquer les réseaux de bandes passantes, obligatoires pour l'usage de cette
technologie. Pas tout à fait immatériels, même si l'on ne les voit pas, ces réseaux sont
caractéristiques pour montrer l'ampleur et les espaces concernés dans les usages des
smartphones. Cf doc 3 p. 249.

CONCLUSION : La production et l'usage du téléphone portable s'appuient sur des


réseaux mondiaux qui sont organisés par des acteurs transnationaux.

A l'instar d'autres produits mondialisés, l'Iphone parcourt plusieurs fois le tour du


monde avant d'arriver dans notre poche. Pour être conçu, il a fallu une innovation,
souvent développée dans un pays riche. Le croisement d'une foule d'acteurs
économiques comme les entreprises permet la production de l'objet qui transite par
des flux mondialisés avant d'être commercialisé dans les pays développés. Enfin,
l'assemblage et l'extraction des matières premières restent des étapes assumées par
des pays des Suds.

A travers un objet manufacturé, ce sont donc les grands processus géographiques de


la mondialisation qui ont pu être observés.

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