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LA MUSIQUE, LE RYTHME ET LE TEMPS

Le temps est au musicien ce que l’espace est au peintre.


Le peintre met en forme sa toile en fonction de l’espace tandis que le compositeur met en forme sa musique en fonction du
temps. C’est en fonction de cet élément essentiel que la musique va prendre forme.
L’auditeur ne pourra se faire une idée d’une œuvre qu’après en avoir entendu l’intégralité alors que l’amateur de peinture peut
se faire une idée instantanée d’un tableau.

I L’ŒUVRE DANS LE TEMPS : L ES PERIODES MUSICALES

- Au Moyen Âge (Ve au XVe s.) musique essentiellement vocale (chant Grégorien), monodique, puis
apparition d’une polyphonie rudimentaire (bourdon, mélodies parallèles). Syllabisme et mélismes.
- A la Renaissance (XVIe s.) : Musique polyphonique, encore essentiellement vocale. Recherche
d’équilibre entre l'écriture horizontale et verticale. Chansons polyphoniques.
- A l’époque baroque (1600 à 1750) : présence d’instruments comme le clavecin, mélodie
accompagnée, basse continue, ornementation, contraste, esprit concertant, danse.
- A l’époque classique (1750 à 1800) : l’orchestre symphonique (quintette à cordes, vents par 2 avec
clarinette, timbales,), disparition de la basse continue, équilibre, clarté, symétrie, simplicité, phrases
clairement délimitées, forme sonate.
- A l’époque romantique (XIXe s.) : l’orchestre symphonique prend de l’ampleur, expression des
sentiments (thème de l’amour, la mort, la nature), virtuosité, musique descriptive, changements de
nuances importants, utilisation dramatique des silences, contrastes, couleurs de l'orchestre.
- A l’époque moderne (1900 à 1950) et contemporaine (1950 à nos jours) : formation instrumentale
très diverses. Volonté de rejeter la tonalité, renouvellement du langage musical, recherche sur la
couleur, nouvelles sources sonores.

II NOTION DE TEMPS DANS LE TEMPS : REPERES HISTORIQUES

 Au Moyen âge
IXe siècle
Début de la notation musicale : les neumes.
Repères approximatifs de la ligne mélodique (hauteurs) mais non de la durée (rythmes).
Puis remplacement du roseau par la plume d’oie qui laisse une trace carrée (ou en losange) et l’ajout de
lignes qui donnent plus de précision sur les hauteurs.
Ex. de partition mêlant 2 notations
neumatiques et 1 notation carrée :
Chant grégorien (catholique)
Puer Natus Est - période de Noël (nativité)

Commentaire d’écoute :
 Chant grégorien ou " plain-chant " (cantus planus, chant uni)
 Texte latin
 Uniquement chanté par des voix d’hommes. (Les femmes jugées impures n’étaient pas autorisées à
chanter Dieu dans les églises)
 A cappella = sans instruments de musique qui étaient généralement bannis des lieux de culte.
 A l’unisson = monodie (une seule ligne musicale)
 Non-mesuré : absence de pulsation, chant souple et tributaire du texte et de ses inflexions
 Chant responsorial : chœur d’hommes en alternance avec une voix soliste
 ABA’

XII° siècle
Début de la polyphonie, d’abord sommaire : bourdon, mouvement parallèle …
Ex. Kyrie de la Messe de Noël (XIIe S.) :
3 phrases chantées par le soliste en plain-chant, reprises par le chœur à 2 voix
dont un bourdon puis une 3e fois en mouvement parallèle.
1ères notations du rythme : pour synchroniser convenablement les voix il devient
nécessaire d’introduire la notion de temps. Attribution aux notes, des formes
différentes selon leurs durées.
Au cantus planus (plain-chant), monodique, et dont la valeur des notes n'est pas mesurée,
s'oppose maintenant le cantus mensurabilis (chant mesuré). Le principe se développe au
XIIIe siècle et devient un système cohérent et efficace.
Ex. Viderunt Omnes de Pérotin. (Fin XIIe).

XIV° siècle
Jusque-là, n’existait que le rythme ternaire, notion symbolique.
Avec l’Ars Nova (lié à l’art gothique) apparait les indicateurs de mesure. On distingue alors rythmes
ternaires (parfaits) et rythmes binaires (imparfaits).
Le tempus perfectum était représenté par un cercle, figure parfaite.
Le demi-cercle (ancêtre du C, mesure à 4 temps) devint la mesure binaire.

Fin XIV° siècle jusque début XVe. L’ars Subtilior


Art poétique et musical complexe et raffiné (changements rapides de
métrique, complexe superposition des métriques et de la conduite
polyrythmique). La difficulté d'écriture et d'interprétation réservait l'usage
de ces pièces à des chanteurs professionnels et un public de connaisseurs.
Ex. Le canon perpétuel Tout par compas de Baude Cordier.
Une portée circulaire. Le texte : « Trois temps entiers par toy posés. ».
Chaque révolution est composée de trente-trois unités de temps, un nombre
significatif censé souligner la perfection d'un cercle tracé au compas.
 Périodes baroque et classique
Un temps musical réversible et des formes fermées
Jusqu’au XIX° siècle, la musique va s’organiser, structurer son temps musical autour de la logique du
discours tonal (I-IV-V-I).
Des formes musicales vont être établies et vont permettre à la mémoire de comprendre cette logique de
construction.
Exemples : forme rondo ; forme binaire à reprise ; forme sonate…
 Périodes romantique, moderne et contemporaine
A l’époque romantique, on assiste à un développement d’une temporalité différente, plus souple :
on étire les formes musicales (les œuvres deviennent plus longues et élargissent le cadre fixé par les
siècles précédents)
Les XX° et XXI° siècles explorent de nouvelles temporalités : pluritemporalité, temps suspendu,
temps irréversible, imprévisible, temps cyclique

III L’AFFIRMATION DU TEMPS

 Le temps pulsé
Qu’est-ce que la pulsation ? vidéo
 Le temps pulsé régulier : binaire - ternaire
Distinguer le binaire du ternaire vidéo
 Le binaire. Exemple : Schubert Moment Musical en fam
 Le ternaire. Exemples Galliano Valse à Margaux / Aretha Franklin A Natural Woman
 Le temps pulsé IRrégulier :
 L’accentuation irrégulière
- Stravinsky Sacre du printemps (1913) Les Augures Printaniers
 La musique mesurée à l'antique
Fin de la renaissance, mise en valeur du texte sous l’influence des recherches humanistes : Volonté de
calquer la langue française sur le modèle de la poésie gréco-latine.
Les musiciens qui adhèrent à cette conception, abandonne le style contrapuntique au profit d’un style
strictement harmonique pour une meilleure compréhension et qui permet de respecter les rythmes de la
prosodie grecque. Vers mesurés à l’antique : longue - / brève U.
Quelques modèles rythmiques :
Binaire : Dactyle – U U Anapeste U U – Spondée – – Ionique U U –
Ternaire : Iambe U – Trochée – U Tribraque U UU
Dactyle Trochée Spondé

Quelques musiciens s’appuient sur


ce travail poétique :
Claude le jeune (vers 1530-1600),
Eustache du Caurroy (1549- 1609),
Mauduit (1557-1627).

Exemple ci-contre :
Jacques Mauduit (1557-1627)
Voici le verd et beau may sur un
poème d’Antoine de Baïf.
- Forme rondo. Rechant= refrain
- Écriture syllabique et verticale

Autre ex. Perdre le sens devant vous »


de Claude Le Jeune (1530-1600)
 Les mesures asymétriques
 Divers rythmes de musique de l’Europe de l’Est (musique des balkans= musique bulgare). vidéo
En musique et en danse traditionnelle, le terme aksak (du turc « boiteux ») désigne les principaux rythmes irréguliers
qu'on rencontre principalement dans les Balkans, en Grèce, en Turquie et en Bulgarie. Ces rythmes sont composés
d'un ou de plusieurs groupes binaires (2 temps) et d'un groupe ternaire (3 temps) qui se combinent en une seule
mesure.
Exemples :
- 5 temps : 2+3 ou 3+2 - 11 temps : 2+2+2+2+3 ou 2+2+3+2+2
- 7 temps : 2+2+3 ou 3+2+2 ou 2+3+2 - 13 temps : 2+2+2+2+2+3 ou 2+2+2+3+2+2
- 9 temps : 2+2+2+3 ou 3+2+2+2 ou 2+2+3+2 - 15 temps : 2+2+2+2+3+2+2

 D’autres exemples de mesures asymétriques :


o Mission impossible (travail d’analyse sur le padlet)
o Richard Galliano Taraf 7/4 (analyse sur le padlet)

Blue rondo à la Turk, Dave Brubeck = A bout de souffle de Nougaro : rythme turque à 9 tps 2+2+2+3 / Take Five de Paul Desmond avec
Charlie Parker - 5 temps / Afrique de Count Basie à 7 temps / Fuir le bonheur de Gainsbourg (5 temps) / All you need is love Beatles (4/4
et 3/4)/ Of the bird Dave Holland (5/4) / Follow your heart John Mc Laughlin (11/8) / Free Cell Block F-Tis Nazi USA Charles Mingus 5/4 &
4/4 / How my heart sings Bill Evans 3/4 & 4/4 / Night flower Lennie Lasher ¾ & 2/4 / Tout le recueil de Démarches 4 d'Eric NOYER:
alterne 3/4 et 4/4 etc rockeur binaire et une lyrique ternaire/ Alain Leprest "SDF"./ Rimes de Nougaro, à 5/8./ America Léonard Bernstein
(6/8, 3/4)/ Garifalia(Traditionnel Grèce) mesure à 7/8 / Guingoléo(dialecte Banziri, recueilli à Mobaye, Oubangui)(3/4, 2/4) / La mauvaise
réputation(Georges Brassens)(6/8, 2/4)/ L'envie Johnny Hallyday / Les lacs du Connemara (Michel Sardou) / Les prisons de
Nantes(Traditionnel breton Tri Yann) (4/4,¾) / Moi je balance, ternaire, Je balance pas, binaire ( Joy Kane ) 2 versions qui se superposent,
et un canon parlé / Na ositzé (chant traditionnel Tchèque) (4/4, 6/4, 10/4) / Oh, Daniela (Dick Rivers)/ Vous qui passez sans me
voir(Charles Trenet)(4/4, ¾)/ don't let me down beatles/ happiness is a warm gun beatles/ Good morning beatles/ Pink Floyds : Money/
vie violence de nougaro/ jet set de nougaro / Good morning good morning" beatles/ Edith Piaf, L’étranger / Boby Lapointe, Je suis né au
Chili (les couplets alternent 6/8 et 3/4)/ Georges Moustaki, Danse (5/4)/ Maxime Le Forestier, Ça sert à quoi tout ça/ Michel Berger,
"L’amour existe encore" 2 temps ternaires et 2 temps binaires)/ France Gall, Comment lui dire (couplets 4/3/4/4/4/3/2/4)/ 1978,
Starmania, Quand on arrive en ville (4/4 avec un turnaround utilisant une mesure à 3/4)/ 1978, Starmania, Les adieux d’un sex-symbol
(chanson à 4/4 utilisant un certain nombre de mesures à 6/16)/ William Sheller, Nicolas/ Goldman, J’t’aimerai quand même/ Renaud,
Mistral gagnant/ Jean-Jacques Goldman, Elle attend (intro et interlude instrumental alternant mesure à 6/8 et 4/4)/ Enzo Enzo,
Abbouakka (5/4)/ Fredericks Goldman Jones, Un, deux, trois/ Enzo Enzo, Jour impair/ Maxime Le Forestier, La tache sur la robe/ Florent
Pagny, Protection/ Céline Dion, S’il suffisait d’aimer/ Maxime LE FORETIER, Hymne à sept temps/ NOIR DESIR, One trip / one noise/ ,
ROMEO ET JULIETTE, On dit dans la rue rap i am 7/4/ Daniel BEAUME, Le vieux lagzak/ Beaucoup de vent_ de C. Nougaro (en 5/8)/
5/4 "fuir le bonheur" de Gainsbourg/ Oh, Daniela (Dick Rivers)/ Fabulous Trobadors, Il nous ment (superposition refrain à 3 temps/
rythme à 4 pendant toute la chanson/ Raphael, Peut-être a-t-il rêvé ? 7/4)/ France Gall, Pense à moi (5/4)/ Pour Gagner Mano Solo
(certaines parties à 5/4)/ L’europe Noir Désir (7/8)/ Infidèle de Hervé Suhubiette (3+3+2+2)/ J’m’en Fous Pas Mal Édith Piaf /
alternance de 3/4 et 4/4)/ Calogero & Grand Corps Malade, L’ombre et la lumière (5/4)/ A Romano et ’Fuir le bonheur’ de S.
Gainsbourg ( mesure à 5/4 ) . Thymis/ Les Derniers Aventuriers La Rue Kétanou (mesure à 7/4 / Arthur Naïve derviche/ Debout Sur Le
Zinc, Les manigances (mesure à 4 temps alternant avec 4 ternaires)/ Bénabar, La valse (1e partie à 4/4 puis 2e partie à ¾

 La valeur ajoutée chez Messiaen


Olivier Messiaen (France 1908 - 1992) :
 Professeur au Conservatoire de Paris dès 1942, Il était également organiste à l’église de la Trinité à Paris.
 Messiaen est un mystique. Sa foi est un élément très important dans sa production.

Langage de Messiaen : Langage musical personnel. Ecrit un traité : « Technique de mon langage musical » 1944
 Sur le plan mélodique : modes à transposition limitée 7 modes formés de plusieurs groupes symétriques
 Sur le plan rythmique : rythmes empruntés à d’autres cultures musicales grecques (mesuré à l’antique) et hindous,
rythme non rétrogradable, valeur ajoutée
 Sur le plan du timbre : passionné par les couleurs associés aux sons (sa maladie : synopsie) -> titre, mvt…
 Les chants des oiseaux tiennent une place importante dans son œuvre. Le compositeur note leur chant. Double
notation (directe et donc plus artistique et par le biais du magnéto donc plus exacte). Transpose les chants à
l’échelle humaine (tempo moins rapide et 1 à 4 octaves plus bas). Reconnait 50 espèces. A étudié les oiseaux du
monde entier
Quatuor pour la fin du temps
Le plus souvent le quatuor est à cordes (2 violons, 1 alto et 1 violoncelle) et à 4 mouvements mais ici les
circonstances de composition sont particulières. Conséquence : une autre formation et une autre structure.
 Circonstances : 1939 Messiaen est mobilisé, fait prisonnier et transféré au Stalag VIII A en Silésie avec 3 autres musiciens.
Les allemands lui permirent de composer et lui fournirent le matériel nécessaire. Conçu et écrit pendant sa captivité, le
quatuor fut écrit pour ses compagnons de fortune et fut donné en 1ère audition le 15 janvier 1941 par Jean le Boulaire
(violoniste), Henri Akoka (clarinettiste), Etienne Pasquier (violoncelliste) et Messiaen au piano.
 Origine du titre : Messiaen s’appuie sur le texte de l’Apocalypse de Saint-Jean, qui évoque l’ange annonçant la fin du temps :
« Je vis un ange plein de force, descendant du ciel, revêtu d’une nuée, ayant un arc-en-ciel sur la tête. Son visage était
comme le soleil, ses pieds comme des colonnes de feu. Il posa son pied droit sur la mer, son pied gauche sur la terre, et, se
tenant debout sur la mer et sur la terre, il leva la main vers le Ciel et jura par Celui qui vit dans les siècles des siècles, disant :
il n’y aura plus de temps ; mais au jour de la trompette du septième ange, le mystère de Dieu se consommera »
 Symbolique : 8 mouvements. « 7 est le nombre parfait, la création de 6 jours sanctifiée par le sabbat divin ; le 7 de ce repos
se prolonge dans l’éternité et devient le 8 de la lumière indéfectible, de l’inaltérable paix. »
Chaque mouvement porte un titre, expliqué dans la préface, et n’utilise pas toujours l’effectif au complet.

6ème mouvement : Danse de la fureur pour les sept trompettes. Tous les instruments

Les rythmes à valeur ajoutée : Une petite valeur brève transforme le balancement métrique. Cette valeur
peut être un point, une note ou un silence. Le principal effet des double croches isolées est d’éviter
l’émergence d’une pulsation régulière :

Les quatre instruments à l’unisson affectent des allures de gongs et trompettes (…) Emploi de la valeur
ajoutée, des rythmes augmentés ou diminués, (...) » Messiaen, préface du quatuor.

IV LE TEMPO

 Avant le XVIIe siècle, le tempo est induit par la musique elle-même et parfois par son titre (ex. un nom
de danse)
 Au XVIIe siècle, l’Italie et ses compositeurs occupent une place prédominante dans le monde musical.
 Termes en italien : Allegro - presto - adagio - largo
 Au XIX les compositeurs prennent l’habitude de noter les tempi dans leur propre langue ainsi Debussy
pour la mer indique « Animé et tumultueux » et juxtapose l’italien et le français : « Allegro dans un
rythme très souple »
 Particularité : Andante signifie « allant » donc plutôt rapide mais à l’époque de Mozart son sens
s’inverse et décrit une musique avec un tempo lent.
Malgré l’imprécision ces termes sont conservés parce qu’il définisse également un caractère.
Un instrument donne la mesure exacte et de façon mécanique : le métronome, 1er brevet en 1816.
(Beethoven sera passionné par cette idée et va incorporer des indications métronomiques à ses partitions
mais sans doute que l’instrument n’était pas au point car ses indications sont parfois impossibles à tenir).
 Le rubato vidéo
Fluctuations de tempo. Suspendre le temps, le rubato c’est le temps volé, dérobé. On abandonne la rigidité
du temps et la pulsation devient plus difficile à percevoir.
Exemple : Chopin Etude en MI op 10 n°3 (tristesse)
D’autres exemples :
Chopin balades, préludes / Prélude pour piano de Debussy « les fées sont d’exquises danseuses » livre II / chant grégorien /
récitatif baroque / Préludes non mesurés pour le clavecin / Les doïnas traditionnelles roumaine / l’intro (plus de 2 minutes) de “
ReelAround the Sun” extrait de “River Danse” / La chanson Mon amie la rose reprise par Natacha Atlas comporte un 1er couplet
non pulsé / Des pièces de qawwali, musique soufie pakistanaise (celles NusratFateh Ali khan, par exemple) etc.

 La vitesse
Exemples :
 Continuum de Ligeti (1968) pièce pour clavecin
 Réduction volontaire des paramètres :
- Abolition de toute mélodie
- Pas de contraste de tempo, ici prestissimo
- Pas de dynamique
- Valeur de note toujours égale, des croches continues
- Aucune barre de mesure ni de pulsation
 Ironique : allusion à la toccata baroque, virtuosité, mécanisme de précision qui se détraque : déphasage
rythmique, polyrythmie : main droite changement de cycle, main gauche maintien du cycle
 Illusion : Sensation d’une pulsation alors qu'il n'y a aucune barre de mesure, ni pulsation
Forme fondée sur l’expansion : Début Sib sol puis Sib sol fa etc. Remplissage chromatique pour aboutir au
cluster entre fa et sib. 2e cycle mi-la / fin de la pièce sur la note mi. Expansion spatiale : une octave/ 6 octaves

 Etude n°21 pour piano mécanique de C. Nancarrow


Conlon Nancarrow est un compositeur américain, naturalisé mexicain, (1912 -1997).
Son travail compositionnel peut se résumer à l'exploration méthodique de phénomènes rythmiques très
complexes (polyrythmie, poly-temporalité, canon de proportion, etc.), appliqué presque exclusivement
au piano mécanique, le seul instrument capable d’exécuter ses œuvres, et réalisé en perforant les cartons
qui commandent l'instrument. L’avantage de ce piano mécanique est sa capacité à réaliser avec précision,
et à une vitesse incroyable, virtuellement n'importe quel rythme ou relation de tempi. Seul l'ordinateur
atteindra par la suite cette précision.
 Kammerkonzert de Ligeti : 3e mouvement
Vitesse et déphasage : les instrumentistes doivent jouer la même note le plus vite possible mais ils ne
pourront être ensemble car ils dépendent des possibilités de l’instrument et de leurs propres limites face à
la virtuosité. Le chef n’a que des indications de temps en seconde pour indiquer les changements de notes.

V SUPERPOSITION DES TEMPS


Des exemples :
 Debussy Nocturnes – Nuages Flou debussyste par la superposition de deux chiffres de mesure
Le 6/4 marche lente en noires régulières des nuages et le motif mélodique coloré, flottant du cor anglais en 4/4

 Ligeti Poème Symphonique pour 100 métronomes (1962)


Principe de déphasage : Ligeti fait débuter 100 métronomes à des tempi différents ce qui occasionne
des décalages dans la superposition de battements.

 Ligeti Kammerkonzert, (ou concerto de chambre) 2ème mouvement (1969/70) : Application de ce


déphasage des vitesses. Polyphonie de 8 instruments jouant dans des tempi différents :
Chaque instrument entre au signe du chef dans le tempo indiqué par lui. Dès qu’un instrumentiste a
pris son tempo il le garde imperturbablement, sans plus s’occuper de la battue du chef et sans se
laisser influencer par les autres instrumentistes qui entrent chacun à leur tour dans d’autres tempi.
 Cantus in Memory of Benjamin Britten d’Arvo Pärt pour orchestre à cordes.
 Canon de proportion : Canon musical dans lequel les entrées des différentes voix ne se
font pas à la même vitesse.
Assez répandu à la Renaissance (chez Johannes Ockeghem en particulier), il disparaît ensuite pour refaire
surface dans la seconde moitié du XXe siècle chez György Ligeti, Nancarrow, et Arvo Pärt, notamment.
Minimalisme, économie de moyens, sensation de statisme mais ne s’inscrit pas pour autant dans le
prolongement des minimalistes américains.
Un thème simple dans sa construction (basé sur le mode mélodique descendant de la – ajout
progressif des notes) et l’alternance rythmique brève-longue (blanche-noire).

Etc.

5 entrées de l’aigu au grave : Violons 1, violons 2, altos, violoncelles, contrebasses.


Pour chaque entrée, le thème est entendu en augmentation (rythme doublé) et une octave en dessous
de la précédente. L’entrée la plus lente est ainsi 16 fois moins rapide que celle des violons 1

Nombre de phrases Valeurs rythmiques Canon : N° de mesures des


entrées

Violons 1 21 fragments, presque 4 octaves Mes7

Violons 2 16 fragments, 2 octaves avec une répétition Mes 8

Altos 12 fragments sur une octave et ½ Mes 9

Violoncelles 8 fragments sur 1 octave, 1 répétition Mes 11

Contrebasses 6 fragments, de La à Ré puis gamme complète Mes 15

Une autre ligne mélodique vient s’intercaler au canon.

On retrouve dans la progression mélodique le principe de l’isorythmie existant déjà au Moyen-Age. Philippe de Vitry
perfectionne l’isorythmie, procédé qui permet de superposer une séquence rythmique (Talea) répétée à l'identique d'un bout à
l'autre d'une œuvre à une séquence mélodique (Color) qui n'a pas forcément la même longueur. Ex. :

Messiaen utilise parfois ce procédé isorythmique. Ex dans son quatuor pour la fin du temps
 Immortal Bach de Nystedt est un canon de proportion.

D’autres exemples de superposition des temps :


Pérotin Viderunt Omnes / Charles Ives The unanswered Question

VI LE TEMPS STRUCTUREL

 Le rôle de la mémoire
La musique se déroule dans le temps (linéarité) et la mémoire joue un rôle essentiel dans les mécanismes
de l’écoute et de la compréhension de la musique.
Ce temps musical est habité par des structures musicales qui permettent à rebours de prendre conscience
de ce temps qui s'écoule. Cela est particulièrement vrai dans les structures classiques dans lesquelles nous
trouvons de nombreux repères auditifs (phrases, motifs, thèmes, cadences, développement et retour des
thèmes). La mémoire réorganise le temps en se basant sur le souvenir et sur l’anticipation.

 Les structures pré-établies

Forme sonate :

- Forme rondo
- Forme strophique
Etc.

 Jeu de symétrie : le palindrome


Palindrome : nom ou nombre qu’on peut lire indifféremment de gauche à droite ou de droite à gauche.
Par exemple : Ressasser / Rêver / Ésope reste ici et se repose / Engage le jeu que je le gagne / La mariée ira mal / Elu
par cette crapule / Et la marine va, papa, venir à Malte [attribué à Hugo] / Etna : lave dévalante / Karine alla en Irak /
Sète sonne en nos étés / Tu l'as trop écrasé, César, ce Port-salut etc.
Le « Grand Palindrome » de Georges Perec est le plus long palindrome publié en français, avec 5 566 lettres. Le « record
mondial » est détenu par Pitkäpalindromi, un palindrome en finnois composé par Teemu Paavolainen en 1992 avec 49 935
caractères. Site sur le palindrome : http://worldserver2.oleane.com/fatrazie/palindromes.htm

En musique on peut également retrouver ce jeu de symétrie.

 les rythmes non rétrogradables

Rythmes qu’on peut lire dans les deux sens et qui donne le même résultat = palindrome rythmique.
On trouve cette particularité chez Messiaen, ici associé à la valeur ajoutée :

 Mouvement rétrograde

Ex. Ma fin est mon commencement de Guillaume de Machaut (autour de 1300-1377) - Moyen-âge.
Il s’agit d’un rondeau (à ne pas confondre avec rondo) à trois voix (cantus, tenor, triplum).
La partition peut se lire à l’endroit ET à l’envers mais le résultat sonore n’est pas le même. Ce n’est donc
pas un palindrome musical.
T R A C E = E C A R T n’est pas un palindrome mais un mot anacyclique. On peut Ma fin est mon commencement
Et mon commencement ma fin
lire dans les 2 sens mais cela ne donne pas la même chose.
Est teneüre vraiement
Ma fin est mon commencement.
Le texte du rondeau donne la clé de la structure musicale. Mes tiers chans trois fois seulement
 C’est un mouvement rétrograde, ou en écrevisse. Se retrograde et einsi fin.
Ma fin est mon commencement
Autres exemples : Et mon commencement ma fin.
 J. S. Bach (1685-1750) un des canons de l’Offrande Musicale
 Joseph Haydn (1739-1809) dans la symphonie 47, le menuet s’intitule Das Palindrom
 Dutilleux Miroir d’Espace de son quatuor Ainsi, la nuit

 La répétition
 L’ostinato

1ère partie de la Rapsodie Espagnole de Ravel


Motif formé de quatre notes qui descendent (fa, mi, ré, do#), simple motif qui circule tout au long de
l’œuvre et donne une unité à l’ensemble. Ces quatre notes sont répétées, inlassablement, installe une
atmosphère mystérieuse, douce, sensuelle mais aussi légèrement lancinante.

D’abord entendu aux cordes, extrêmement doucement (violons et altos à 0:09), il s’enrichit ensuite de la sonorité
plus incisive des hautbois (à 0:18). Le motif, confié aux violons et à la clarinette (à partir de 1:17) ne survit ensuite
qu’à la seule clarinette (à 1:30). Le motif parfois se réduit à 3 notes … Plus loin, ce sera au tour du célesta (de 3:04 à
3:32) d’accentuer le mystère, avec son timbre (sonorité) cristallin.... et retour aux cordes.

 La basse obstinée
Ostinato placé à la basse (chaconne, passacaille…) qui engendre un rapport harmonique et donc un
ostinato harmonique qui lui-même va générer dans sa reprise, le principe du thème et variations.

Ex. Thème de la Follia, très en vogue à l’époque baroque.

 la boucle – sample
Nés sous la même étoile - IAM
Le sample : tiré de la B.O du film Meurtre à Alcatraz, sorti en 1995.
Le texte de la chanson renvoie au film (Un jeune avocat se lie d'amitié avec un jeune désœuvré accusé de meurtre. Au
cours de longues discussions, ce jeune explique à son avocat que s'il n’y avait pas eu ce procès, ils ne se seraient jamais connus
car le destin ou la naissance les a conduits sur deux chemins différents).
A la fin de la chanson,
 Goldorak : Actarus « Mon Dieu, pourquoi ne puis-je vivre comme n'importe quel être humain ? Pourquoi mon
destin est-il de ne pouvoir cesser de me battre ? ».
 « La vie de rêve », citation de Tony Montana joué par Al Pacino dans le film Scarface de Brian De
Palma. Le personnage prononce cette phrase lors de sa demande d'asile politique aux États-Unis alors qu'il
dépeint son quotidien à subir le pouvoir communiste de Cuba qu'il vient de quitter.

 La musique répétitive exemple d’organisation du temps musical au XX siècle.

Démarche minimaliste née dans les années 60 aux USA. Forme de structuration musicale simple, basée sur
la répétition de motifs élémentaires plus ou moins identiques, consonants (système tonal ou modal),
harmoniquement simples et dont la structure rythmique, le plus souvent perceptible, joue un grand rôle.
La répétition empêche en quelque sorte que le temps se déroule et l’oblige à revenir sur lui-même
Quelques noms de compositeurs américains : Terry Riley (1935- ), Steve Reich (1936- ) et Philip Glass (1937- )
Subissent en outre l’influence des musiques de tradition orale et extra-européenne (rythmes du Ghana et Bali pour
Steve Reich, raga hindou pour Terry Riley, Ravi Shankar pour Philip Glass)

Phénomène d'accumulation et de répétition dans les œuvres plastiques d’Arman (1928-2005)

In C Terry Riley 1964. Uniquement composée de 53 cellules musicales (ou riffs). Les premières phrases sont
en do majeur, mais par la suite on trouve des motifs en mi mineur, et pour finir, en sol mineur. Considérée
comme la première œuvre du courant minimaliste répétitif.

Les interprètes doivent jouer les motifs dans l’ordre mais peuvent les répéter autant de fois qu'ils le
veulent avant de passer au motif suivant. Il n'y a aucune contrainte sur le nombre minimal ou maximal de
répétitions. Ainsi, la durée des représentations de cette pièce musicale varie de 30 minutes à 1h30.

La pièce peut être jouée par n'importe quel nombre d’instruments et /ou chanteurs (sur les voyelles ou
consonnes de leur choix)

"Einstein on the Beach" Philip Glass


Formation : 2 chœurs mixtes (chantés) + 2 voix de femme (parlés) + orgue électrique
1er choeur mixte chante les chiffres en anglais
2ème choeur mixte chante "Einstein knee" (dans la 2ème partie)
1ère voix de femme parle les chiffres en anglais
2ème voix de femme parle le texte en anglais

Autres oeuvres:
Steve Reich City life- Clapping music - Piano phase - Music for Pieces of Wood / Cage Once upon a time / etc.
VII LA NEGATION DU TEMPS

 Temps lisse = temps suspendu. Absence de pulsation ou pulsation non ressentie


(Le contraire : temps strié (temps pulsé).
Dans son ouvrage Penser la musique aujourd’hui, Pierre Boulez définit deux nouvelles conceptions du temps :
 Le temps strié, c’est le temps qui se sert de la pulsation comme référent pour graduer la ligne du temps
même si elle l’arrête momentanément comme sur un point d’orgue
 Le temps lisse, ne laisse pas d’aspérités qui nous permettent de nous repérer. Il n’y a alors plus de mesure
ou de rythme repérable, mais un écoulement continu dans le temps d'une masse sonore en évolution,
temps suspendu donnant un sentiment d'éternité.

« Dans le temps lisse, on occupe le temps sans le compter ;


Dans le temps strié, on compte le temps pour l’occuper. »

Lux Aeterna Ligeti (1923-2006)


Né en Roumanie, il étudie puis enseigne la composition à Budapest, capitale de la Hongrie. En 1956, à la révolution, Il
fuit la Hongrie et s’installe à Vienne en 1959 et obtient la nationalité autrichienne en 1967.
Les années 60, période autrichienne atteste d’un style caractérisé par une polyphonie dense et un développement
formel statique. Oeuvres de cette période : le Requiem (1963-1965), Lux Aeterna (1966), Continuum (1968), le
Quatuor à cordes n°2 (1968) et le Kammerkonzert (1969-1970), œuvres révolutionnaires et étonnantes.

Lux Aeterna, page autonome, indépendante du Requiem du même compositeur.

Lux aeterna lucea teis, Domine Que la lumière éternelle brille pour eux, Seigneur
Cum sanctis tuis in aeternum : quia pius es Avec tes Saints dans l’éternité : parce que tu es plein de
Requiem aeternam dona eis, Domine : et lux perpetua miséricorde
luceat eis Seigneur, donne-leur le repos éternel ; et que brille pour
Cum sanctis tuis in aeternum : quia pius es eux la lumière perpétuelle
Pour chœur mixte à 16 voix a cappella. Ecriture qui s’appuie sur un canon. Tissu sonore statique et mouvant.
(Partition dans l’armoire)

Quelques éléments symboliques :


Lux 3 fois au début / 2’22 Domine écriture verticale, mise en valeur du mot 3 basses dans l’aigu / 5’24 unisson sur mi
précède le 2nd Domine registre très grave par 3 basses en écriture verticale / à la fin 7 mes de silence/ Aigu exprime
la lumière / Domine grave terrestre : appel prière humaine/ Ecriture canon ->perpetua éternelle

Œuvre utilisée vers le début du film 2001 odyssée de l’espace signé par Stanley Kubrick

 Refus des repères La musique sérielle

Monde sonore d’où sont bannis la thématique, les redites et répétitions rythmiques ou mélodiques (la
variation existe en tant que principe de composition, mais ne sont pas audibles). Absence de repères
auditifs. La mémoire intervient peu.
Caractéristiques de la musique sérielle : 12 sons chromatiques selon un ordre préétabli= sérialisme
Compositeurs : Schoenberg, chef de file et ses élèves Berg et Webern

Autres compositeurs :
-Messiaen 1949 un essai : Mode de valeur et d’intensité (3 séries de 12 sons 24 durées différentes 12
modes d’attaque et 7 types de nuances) mais ne poursuit pas dans cette voie
-Boulez, 1954 Le Marteau sans Maître (sérialisme ; séries plus petites incluses dans la série générale
appelées séries restreintes ou défectives)
- Berio dans la Sequenza 7 pour hautbois, Nono, Pousseur, Stockhausen…

 La musique aléatoire

- Le concept d’aléatoire arrive en Europe vers 1955. Les compositeurs la conçurent plutôt comme une
réaction aux contraintes de plus en plus sévères engendrées par la sérialisation de tous les paramètres du
son et comme un moyen de libérer l’interprète d’une musique d’une précision terrifiante parfois aux limites
de l’injouable.
- Au XVIIIe siècle, Wolfgang Amadeus Mozart avait déjà utilisé ce principe dans son jeu de dés musical, où «
tirer les dés » qui permettait de composer des menuets ou contredanses au moyen de cartes sur lesquelles
étaient inscrites des mesures composées par le maître. La composition de l’œuvre dépendait donc en
partie du hasard.
- Deux siècles plus tard, au cours des années 50 l'usage de l’aléatoire se généralise, identifiée plus
généralement sous le terme d’œuvre ouverte (à l’opposé de la forme fermée comme la forme sonate).

=> Concevoir des œuvres musicales qui comportent une part de hasard et d’imprévisibilité soit dans la
structure soit dans un ou plusieurs paramètres.

Les 1ers essais ont eu lieu en Amérique surtout avec John Cage (1912-1992) qui est le détonateur de ce
mouvement.

Remarque : L’auditeur entend « une œuvre finie ». L’aléatoire n’existe pas pour lui. Le hasard guidé permet
à l’exécutant de participer à la création.

Imaginary Landscape No. 1 J. Cage (1939) pour deux tourne-disques, piano étouffé et cymbales.
Les disques peuvent tourner à deux vitesses différentes, les glissandi sont possibles en freinant
manuellement la rotation, et des rythmes sont créés en abaissant et en levant le bras du tourne-disque. La
diversité des paramètres sur lesquels il est possible de jouer suit donc les possibilités mécaniques des
appareils.
Imaginary Landscape n°4 (1951) pour 12 postes de radio avec changement de longueur d’ondes et
modification de volume « joués » par 24 interprètes.

J. Cage, écrit la partition avec une très grande précision : la forme de la pièce, l’enchaînement des
événements et leurs amplitudes, les changements de fréquences des stations, mais personne ne peut
prévoir quels sons le public entendra, dans la mesure où ce sont les émissions en cours qui sont utilisées
comme « matière première » au moment de l’exécution.

Klavierstück XI (1956) de Karheinz Stockhausen


19 séquences disposées sur une unique grande page séparées par des « blancs » et complétées chacune
par des indications de tempo, de nuance et d’attaque donnés à la fin d’une séquence et qui sera appliqué à
la séquence suivante choisie au hasard suivant son regard. Lorsque le pianiste aborde pour la 3eme fois la
même séquence l’œuvre est achevée.

Concilie structure libre et langage organisé. Durée imprévisible œuvre prend autant d’aspect différent qu’il
y a d’exécution.
4’33 J. Cage (1952)
Indétermination totale, degré le plus extrême de la musique aléatoire. Il s’agit d’une œuvre entièrement
composée de silence. Son exécution réside essentiellement dans les réactions du public, les bruits du
dehors…
1948, Cage visite la chambre insonorisée de l'université Harvard où il s’attend à « entendre » le silence mais
comme il l’écrivit plus tard : « j’entendis deux bruits, un aigu et un grave » le son aigu étant celui de l’activité de
son système nerveux et le grave celui du sang qui circulait dans son corps. Cage était allé dans un endroit où il
s’attendait au silence total, mais y trouva quand même du bruit… Plus tard, il ajouta « jusqu'à ma mort il y aura
toujours du bruit ». C’est à ce moment qu’il réalisa l’impossibilité de trouver le silence total et qui le mena à
« composer » son morceau le plus populaire : 4'33".
Les autres influences de ce morceau proviennent des arts visuels : des amis de Cage, tel Robert Rauschenberg
avaient produit une série de peintures « blanches ». Apparemment « vides », ces toiles changeaient de ton en
fonction de la luminosité de la chambre dans laquelle elles étaient exposées ou en fonction de l’ombre des
personnes les visualisant.
Une autre influence probable est celle du bouddhisme Zen et de la notion de non-agir. John Cage suivit pendant
deux années les cours que le Daisetz Teitaro Suzuki donna à partir de 1951 à l'Université Columbia de New York.
Cependant, bien qu’aucune preuve ne vienne avancer la théorie suivante, il semblerait que Cage ait choisi cette
longueur de manière délibérée. En effet, la durée de quatre minutes et trente-trois secondes équivaut à 273
secondes. Cette valeur peut faire référence à - 273 degrés Celsius, soit le zéro absolu (température négative en
degrés Celsius équivalent à 0 kelvin) où aucun mouvement ne peut se faire.

Autres exemples

- song books 2 volumes (1970) 56 pièces John Cage : a utilise le I ching, jeu de dés chinois, imperfections de
papier etc pour la conception des songs. Ces dernières proposent un nombre illimité de versions possible. Un
texte explicatif (« prescription ») introduit chaque solo (volumes dans l’armoire du lycée)

-les récitations d’Aperghis. Plusieurs lectures possibles

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