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ETUDE SECTORIELLE

SOMMAIRE
SWOT Analysis 2
Executive Summary 3
MALGRÉ LES CRISES SANITAIRES, UN MARCHÉ MONDIAL DYNAMIQUE 5
- Un marché dominé par quatre producteurs
- Une consommation globale en hausse
- Une part croissante dans la consommation mondiale de viande
- Des prix en baisse sur les marchés internationaux
LE BRÉSIL, NOUVELLE FORCE EXPORTATRICE 8
- Une compétitivité croissante de la production brésilienne…
- … s'expliquant par de faibles coûts de production
UNE CONJONCTURE MONDIALE PROMETTEUSE 10
- Un renforcement de l'intégration de la filière au niveau mondial
- Des prévisions 2006 impactées par l'épidémie de grippe aviaire
UNE PRODUCTION DOMESTIQUE SOUTENUE PAR LE DÉVELOPPEMENT
DU SECTEUR INTENSIF 12
UNE CONSOMMATION DE PRODUITS AVICOLES SOUTENUE PAR DES PRIX
EN BAISSE RÉGULIÈRE 14
- Des prix toujours en baisse
DES IMPORTATIONS CORRIGEANT UNE RELATIVE INADÉQUATION
DE LA PRODUCTION 16
UN SECTEUR DOMINÉ PAR DEUX INTERVENANTS 17
- Alf Sahel
- INAAM (INdustrie d'Alimentation Animale Moderne)
- El Alf
- CICALIM
- Alf Tansift
UNE RESTRUCTURATION NECESSAIRE POUR UNE MEILLEURE EFFICIENCE 20
- Des coûts de production demeurant élevés
- Des circuits de distribution défaillants
- Un marché peu régulé
- Un accès difficile aux sources de financement
MALGRÉ UNE CONJONCTURE DÉLICATE, DES PERSPECTIVES
ENCOURAGEANTES À TERME 21
- Des crises structurelle et conjoncturelle
- Une consommation domestique encore faible
- Un strict respect des normes sanitaires
- Le développement de la filière passe par l'intégration
- L'ALE Maroc - USA, une chance
AVICOLE

FACTEURS CLÉS DE SUCCÈS 23


- Les provendiers intégrés
- Entreprises spécialisées dans l'élevage de poussins
SECTEUR

- Les provendiers non intégrés


ANNEXES 28
SOURCES ET RÉFÉRENCES 32

1
ETUDE SECTORIELLE

SWOT Analysis

Forces Faiblesses

Elevage hors sol permettant d'assurer un Coûts de production élevés ;


approvisionnement normal du marché,
indépendamment de la qualité de la campagne Absence de réglementation sanitaire ;
agricole ;
Insuffisance de la recherche, de l'information et
Cycle de production court limitant les besoins de l'encadrement des aviculteurs ;
en trésorerie ;
Inefficience du système de production dans la
Mise à la disposition du consommateur d'une régulation du marché ;
protéine animale à prix modéré ;
Défaillance des infrastructures d'abattage et de
Existence d'une infrastructure de production commercialisation ;
(laboratoires, usines d'aliments composés,
couvoirs…). Difficulté d'accès des aviculteurs aux sources de
financement bancaire;

Absence d'une fiscalité spécifique ;

Crise de surproduction dans les unités de


fabrication d'aliments pour volaille.

Opportunités Menaces

Conditions climatiques favorables sur le Crise conjoncturelle liée à la diffusion de


littoral ; l'épizootie de grippe aviaire ;

Diminution des coûts de production attendue Signature de l'accord de libre échange avec les
de 17% suite à l'entrée en vigueur de l'accord de Etats-Unis, fixant les importations de produits
libre échange avec les Etats-Unis ; avicoles à 1% de la production domestique.

Faibles niveaux de consommation de produits


avicoles en comparaison à des pays à niveau de
développement équivalent.
AVICOLE
SECTEUR

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ETUDE SECTORIELLE

Executive summary
En dehors des crises sanitaires liées à la grippe Des coûts de production élevés : les taxes à
aviaire ou à la dioxine, la consommation l'importation sur les matières premières, la
mondiale de viande de volailles est en fiscalité hostile à l'investissement et l'absence
progression régulière. En 2005, elle était évaluée de réglementation sanitaire pénalisent
à 81 millions de tonnes. fortement le développement du secteur.

Ainsi, la viande de volaille enregistre la plus forte Des circuits de distribution défaillants :
évolution de la consommation absolue de ceux-ci sont caractérisés par (i) le transport
viandes mais aussi de la consommation des volailles vivantes, (ii) une incohérence
mondiale par habitant. La part des viandes de entre les prix de vente et la qualité du produit,
volailles dans l'ensemble des viandes (iii) une vente de poulet de chair à l'état vif et
consommées est passée de 26% en 1995 à 31% (iv) un abattage traditionnel des volailles.
en 2005.
Un accès difficile aux sources de
Cette performance s'explique par deux facteurs : financement : la multiplicité des crises
sanitaires et l'absence de stratégie de
Une forte demande en protéines à bas prix développement pertinente ont suscité la
dans les pays émergents. La viande de volaille méfiance des organismes de financement.
présente, en effet, l'un des meilleurs rapports
alimentation / protéines. Une crise structurelle : le secteur avicole est
aujourd'hui, affecté par une importante crise
Une désaffection pour les viandes rouges de surproduction. La capacité des fabricants
dans les pays développés au profit des viandes d'aliments est supérieure de deux fois à la
blanches, jugées moins grasses. demande domestique.

Sur le marché domestique, la situation est Une crise conjoncturelle : la récente


similaire. Entre 1970 et 2005, la production de épidémie de grippe aviaire a entraîné des
viandes blanches est passée de 29 000 tonnes à pertes pour le secteur, estimées à plus de 550
338 000 tonnes, répartie entre 300 000 tonnes
millions de dirhams entre octobre 2005 et
de viande de poulet et 38 000 tonnes de viande
février 2006. Cependant, la baisse de la
de dinde.
consommation de produits avicoles ne peut
Ce raffermissement de la consommation de être durable. En effet, le report d'une partie
produits avicoles a permis une amélioration de des achats des viandes blanches vers les
la qualité nutritionnelle de l'alimentation des viandes rouges s'est traduit par une hausse de
ménages marocains. Entre 1980 et 2005, la ceux-ci (+6% pour les viandes bovines et
consommation de viande de volaille par +9% pour les viandes ovines). Il est à signaler
habitant et par an est passée de 5,5 kg à 10,9 kg que le Gouvernement a proposé un plan de
et la consommation d'œufs a progressé de 21 soutien pour la filière avicole, consistant en un
unités à 81 unités. rééchelonnement des règlements pour la
CNSS et en une annulation des majorations
Ces chiffres se retrouvent dans la performance pour les impôts.
AVICOLE

financière du secteur. La marge EBE moyenne


des entreprises avicoles s'est établie à 7,6% en Ces contraintes restent contrebalancées par une
2004 tandis que la marge nette était de 1,6%. conjoncture de long terme. En effet, la viande de
volailles demeure une des sources de protéines
SECTEUR

En dépit de ces données encourageantes, le animales les plus aisément mobilisables. Face à
secteur avicole marocain doit faire face à un déficit nutritionnel important, les produits
plusieurs contraintes. avicoles offrent une alternative moins coûteuse
que les viandes rouges et le poisson.

3
ETUDE SECTORIELLE

Tenant compte d'une consommation Par ailleurs, et suivant le modèle de


individuelle de viande de volaille inférieure à la développement adopté dans la majorité des
moyenne des pays à revenus similaires, la pays producteurs de volailles, le secteur avicole
production du secteur avicole devrait connaître domestique est dans l'obligation de procéder à
une hausse relativement marquée sur le moyen une intégration verticale. Une chaîne unique,
terme. Cette analyse recoupe les projections liant le fabricant d'aliments composés aux
réalisées par la FISA (Fédération abattoirs, permettra de limiter les intermédiaires
Interprofessionnelle du Secteur Avicole), et de réduire, ainsi, les coûts de production.
prévoyant une croissance annuelle moyenne du L'objectif, à moyen terme, est de converger vers
secteur de 5% entre 2006 et 2010. une rentabilité équivalente à celle des
producteurs européens.
Cette projection est renforcée par l'impact
attendu de l'entrée en vigueur de l'accord de En définitive, sis à court terme, le secteur avicole
libre échange entre le Maroc et les Etats-Unis. connaît une conjoncture difficile, les
Les prix des céréales, entrant dans la fabrication perspectives de moyen et long termes sont bien
de l'aliment de volaille, connaîtront une baisse plus attrayantes avec une consommation de
en raison d'une réduction tarifaire. viandes de volaille en progression régulière. De
plus, l'intégration croissante des entreprises du
De ce fait, les coûts de production pour les secteur favorisera l'apparition d'opérateurs
fabricants d'aliments passeront de 2,65 Dh /kg à maîtrisant l'ensemble de la filière de production.
2,05 Dh / kg. A leur tour, les coûts de production
de viande de volaille connaîtront une baisse
estimée à 17%.

Perspectives du secteur avicole par branches


Filière Evaluation Commentaire

Fermes d'élevage + Besoins en viandes de volaille afin


de répondre aux demandes des consommateurs.

Abattoirs avicoles + La mise en place de la nouvelle législation


sanitaire nécessite la construction de 40 abattoirs
sur l'ensemble du territoire national.

Centres de conditionnement d'oeufs + Inexistants, le développement de nouvelles


normes de consommation favorisera
cette branche.

Couvoirs intégrés Neutre Couvrant les besoins du secteur, les couvoirs


restent dépendants de l'entreprise mère.

Usines d'aliments - En forte surcapacité de production.

Note : le mode d'évaluation comporte trois degrés. (+) correspond à une filière à fort
potentiel. Neutre correspond à une filière à potentiel mais menacée par des contraintes
AVICOLE

exogènes ou endogènes. (-) correspond à une filière à faible potentiel.


SECTEUR

Etude sectorielle réalisée par :


Safaa El Fahli, selfahli@bmcebank.co.ma
Mamoun Tahri, mtjoutei@bmcebank.co.ma

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ETUDE SECTORIELLE

MALGRÉ LES CRISES SANITAIRES, UN MARCHÉ MONDIAL DYNAMIQUE

Hormis les crises sanitaires qui ont touché le secteur avicole, la consommation mondiale de viande de
volaille est en croissance régulière en raison (i) d'une forte demande en protéines à bas prix dans les pays
émergents et (ii) d'une désaffection pour les viandes rouges dans les pays développés. L'évolution de la
consommation est fortement corrélée à l'évolution de la production. Ainsi, au cours des dix dernières
années, la production mondiale a connu une croissance annuelle moyenne de près de 4%, s'établissant à
81 millions de tonnes en 2005.

Un marché dominé par quatre producteurs production totale est passée de 57% à 64%.
Source : FAO
Le développement de la production mondiale a été
favorisé par l'essor des productions des pays Bénéficiant d'un avantage comparatif dans la
émergents et plus particulièrement de la Chine, du fabrication des aliments pour volaille et d'un marché
Brésil, du Mexique et de l'Inde. domestique fortement consommateur de produits
Évolution de la production avicole avicoles, les Etats-Unis assurent près du quart de la
(en milliers de tonnes) production mondiale. Cependant, la progression du
secteur demeure inférieure à l'évolution de la
1995 2000 2005 Evolution production mondiale, en raison d'un faible
annuelle
développement de la consommation domestique,
Etats-Unis 13 827 16 416 18 538 3,0% assurant 80% des débouchés.
Chine 8 674 12 873 14 689 5,4%
Union Européenne 7 970 8 813 9 072 1,3%
Aidée par une population privilégiant les viandes
porcines et les viandes blanches, la production
Brésil 4 154 6 125 8 895 7,9% avicole de la Chine, 18% de la production mondiale,
Mexique 1 315 1 863 2 272 5,6% a connu un essor important. La consommation
Inde 624 1 136 1 965 12,2% domestique, encore modeste (10,4 kg par habitant et
par an), continuera à soutenir le développement du
Japon 1 252 1 195 1 240 -0,1%
secteur sur le moyen terme.
Thaïlande 1 007 1 194 1 036 0,3%
Autres 15 949 19 577 23 307 3,9% L'Union Européenne connaît une évolution disparate.
Monde 54 771 69191 81 014 4,0%
La production a faiblement évolué en France, en
Italie et aux Pays-Bas, en raison, essentiellement, du
Source : FAO
repli des exportations, d'une consommation
domestique amorphe et de contraintes
De ce fait, la hausse annuelle moyenne de la
environnementales. A l’inverse, le Royaume-Uni et
production avicole de ces quatre pays s'établit à 6,5%
l'Allemagne ont su capitaliser sur un marché
contre 4% pour l'ensemble du marché. Dès lors, ces
domestique en forte croissance.
pays expliquent, à eux seuls, 50% de la hausse
observée au niveau mondial. Enfin, le Brésil connaît une conjoncture avicole
exceptionnelle. En moins d'une décennie, la
Cette évolution a favorisé la concentration du marché production a plus que doublé, renforcée par l'essor
international, dominé par quatre acteurs. Entre 1990 de la consommation domestique et par une présence
et 2004, la part des quatre premiers pays (Etats-Unis, accrue dans les échanges internationaux.
Chine, Union Européenne et Brésil) dans la
Une consommation globale en hausse
Répartition de la production de viande
de volaille, 2004 L'accroissement de l'offre de viande de volaille a
Autres Etats-Unis permis de soutenir une hausse de la consommation.
AVICOLE

29% 23%
Pour les pays en développement, le secteur avicole
représente une source de protéine idéale, diététique
Thaïlande et peu coûteuse.
1%
SECTEUR

Japon Chine
2% Inde
2% 18%
Mexique Brésil Union
3% 11% européenne
11%

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ETUDE SECTORIELLE

Évolution de la consommation
de viande de volaille Consommation de viande de volaille
1999 2002 2005 Evolution (kg/hab/an)
43,5
annuelle

Etats-Unis 13 397 14 818 15 858 2,85%


35,9
Chine 12 474 13 807 13 585 1,43%
26,6
Union européenne 8 185 8 673 8 590 0,81% 23,2
18
Brésil 5 036 6 156 6 697 4,87% 13,7 12,9
10,4
Mexique 2 076 2 592 2 853 5,44%

Russie 1 647 2 299 2 556 7,60%

Etats-Unis

Brésil

Mexique

Union européenne

Russie

Moyen-Orient

Japon

Chine
Japon 1 902 1 877 1 646 -2,38%

Monde 64 209 74 612 80 366 3,81%

Source : FAO

La répartition de la consommation de viandes Source : FAO


avicoles suit logiquement la distribution de la
production. Les quatre premiers pays consommateurs Le continent asiatique connaît une situation tout
sont les mêmes quatre pays producteurs. autre. L'apparition de l'épidémie de grippe aviaire a
altéré l'image d'un secteur déjà touché par la crise du
Cependant, le marché se recentre progressivement SRAS. Ainsi, la Chine et le Japon ont connu une forte
vers les pays en développement au détriment des baisse de la consommation par habitant entre 2003
Etats-Unis, de l'Union Européenne et du Japon. Ce et 2005, respectivement de 4,5% et 3,2%.
changement répond à la volonté des pays pauvres de
renforcer l'apport protéique d'une population en Une part croissante dans la consommation
croissance. mondiale de viande

Au cours de la décennie écoulée, la consommation


Consommation de viande de volaille, mondiale de viande de volaille a connu une hausse
2005 considérable, avec une croissance moyenne annuelle
des volumes de 2,5%. En 2005, la consommation
Etats-Unis mondiale de viande de volaille était évaluée à 81
Autres 20%
millions de tonnes.
28%
Évolution de la consommation mondiale
de viandes carnées (milliers de tonnes)
Chine
Japon 2% 17%
Russie 3% Consommation Consommation
Mexique mondiale mondiale par habitant
4% Moyen- Union
Orient Brésil européenne
7% 8% 11% 1998 2005 Evolution 1998 2005 Evolution
annuelle annuelle

Porc 88 223 102 613 2,2% 14,9 16,1 1,1%


Source : FAO
Volaille 62 421 81 481 3,9% 10,6 12,8 2,7%
Au niveau individuel, les Etats-Unis demeurent le Bœuf 58 281 64 291 1,4% 9,9 10,1 0,3%
plus gros marché de consommation avicole avec 53,4
Ovin 10 794 13 007 2,7% 1,8 2 1,5%
kg / habitant / an. Le Brésil favorise le développement
Total 224 589 266 634 2,5% 38 41,9 1,4%
AVICOLE

d'une filière offrant une alimentation nutritive et de


qualité. De plus, la protéine aviaire est la plus Source : FAO
économique à l'achat. En Europe, les multiples crises
sanitaires ont poussé les consommateurs à privilégier Si la viande de porc demeure la première source de
les viandes blanches, et plus particulièrement la protéines animales, la viande de volaille enregistre la
SECTEUR

volaille. plus forte progression de la consommation absolue


mais aussi de la consommation mondiale par
habitant.

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ETUDE SECTORIELLE

Cette performance s'explique par deux facteurs : Des prix en baisse sur les marchés
internationaux
Une forte demande en protéines à bas prix dans
les pays émergents. La viande de volaille présente Entre 1995 et 2002, la viande de volaille a connu une
l'un des meilleurs rapports alimentation / protéines. décrue des prix particulièrement importante, proche
de 48%. Durant cette même période, les viandes
bovine et ovine connaissaient une hausse des prix
Une désaffection pour les viandes rouges dans
supérieure à 35%. Cette performance s'explique par
les pays développés au profit des viandes un renforcement de l'offre avec une meilleure
blanches, jugées moins grasses. rationalisation des méthodes de production.

De ce fait, la part des viandes de volailles dans Cependant, depuis 2003 et l'apparition de l'épidémie
l'ensemble des viandes consommées est passée de aviaire en Asie du sud est, les prix internationaux de
26% en 1995 à 31% en 2005. Ces gains de parts de viandes avicoles ont enregistré une augmentation de
marché se sont fait au détriment de la consommation 27%. L'abattage de millions de volailles a ainsi limité
de viande de bovins et d'ovins. l'offre mondiale et exercé une pression à la hausse sur
les cours.
Répartition de la production mondiale
de viande Évolution des cours internationaux de
la viande (Base 100 = 1995)
Viande d’Ovins et de Caprins Viande de Porc
Autres Viande de Volaille Poulet Agneau
Viande de Bovins Vache Porc
180
5% 5% 5% 5% 5% 5% 5% 5% 5% 5% 5%
160
26% 26% 26% 25% 25% 24% 23% 23% 23% 23% 23%
140
26% 27% 28% 28% 29% 29% 30% 30% 30% 30% 31%
120

100
39% 38% 38% 39% 39% 38% 38% 38% 39% 39% 39%
80
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 60

40
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005

Source : FAO
AVICOLE
SECTEUR

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ETUDE SECTORIELLE

LE BRÉSIL, NOUVELLE FORCE EXPORTATRICE

En moins de cinq ans, le Brésil a réussi à devenir le premier exportateur mondial de viande de volailles,
aidé par une croissance annuelle du secteur supérieure à 20%. Un faible coût d'approvisionnement, en
raison d'une disponibilité des matières premières pour l'alimentation, ainsi que l'absence de contraintes
environnementales et sanitaires ont favorisé l'essor de la production. De ce fait, la part des quatre
premiers exportateurs dans le total des exportations mondiales de viandes de volaille s'est renforcée,
s'établissant pour l'année 2005 à 93%.

Une compétitivité croissante de la production des exportations du Brésil, assurant en 2005, 40% du
brésilienne… commerce mondial.

Pour l'année 2005, la viande de volailles a représenté Disposant d'avantages comparatifs conséquents dans
le produit animal le plus échangé dans le monde avec la filière des aliments pour volaille et dans la
16 millions de tonnes, soit 20% de la production réglementation environnementale, le Brésil joue un
mondiale. Durant la même année et hors échanges rôle croissant sur le marché mondial. Les exportations
communautaires, le Brésil, les Etats-Unis, l'Union avicoles du pays ont progressé, annuellement, de
Européenne et la Chine assuraient plus de 93% du 16,5% entre 1992 et 2005.
total des exportations mondiales.
Cette évolution remarquable s'explique par le
Ces quatre pays se livrent à une forte concurrence sur renforcement de l'offre produit (développement des
les cinq principaux marchés que sont la Russie, le exportations de découpes de poulet et de
Japon, la Chine, le Moyen-Orient et l'Afrique, préparations), et la conquête de marchés à plus forte
absorbant, hors échanges communautaires, près de valeur ajoutée (Union Européenne, Asie). De plus, le
58% des importations mondiales. recours déposé par le Brésil à
l'OMC offre, désormais, aux producteurs brésiliens la
Le dynamisme du commerce mondial de viande possibilité d'accroître leurs ventes de produits
avicole est, en grande partie, lié à la forte progression saumurés à destination de l'Union Européenne.

Évolution des échanges de viande de volaille, hors échanges


communautaires (milliers de tonnes)

Exportations Importations
2000 2005 Evolution 2000 2005 Evolution
annuelle annuelle

Brésil 870 2 730 21% Russie 943 1 153 3,4%

Etats-Unis 2 231 2 307 0,6% Japon 721 667 -1,5%

Union européenne 849 722 -2,7% Chine et Hong Kong 756 543 -5,36%

Chine 464 217 -11,9% Arabie Saoudite 348 516 6,8%

Thaïlande 328 209 -7,3% Mexique 227 493 13,8%

Canada 54 81 7% Union européenne 177 280 7,9%

EAU 20 45 14,5% EAU 111 199 10,3%


AVICOLE

Autres 73 101 5,6% Autres 531 865 8,5%

Total 4 889 6 411 4,6% Total 3 814 4 718 3,6%


SECTEUR

Part des 4 premier 90,3% 93,2% Part des 4 premiers 72,6% 61,1%
sexportateurs importateurs
Source : Département de l'agriculture, Etats-Unis

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ETUDE SECTORIELLE

La faible croissance des exportations avicoles des … s'expliquant par de faibles coûts de
Etats-Unis est liée à l'absence de diversification de production
l'offre. En effet, la viande blanche, constituée de
blancs de poulet, est réservée quasi-exclusivement au Faisant l'objet d'un mode de production, souvent,
marché domestique, tandis que les matières non intensif et possédant le meilleur taux de conversion
consommées, cuisses de poulet, sont allouées à protéines végétales / protéines animales, la viande de
l'exportation, notamment à destination de la Russie et volailles demeure très compétitive. Mais il existe de
de l'Asie du sud est (Chine et Japon). fortes divergences dans les coûts de production. Un
faible coût d'approvisionnement en matières
La concurrence exacerbée du Brésil et des Etats-Unis premières (maïs et soja) offre aux Etats-Unis et au
sur les principaux marchés exportateurs de l'Union Brésil un avantage comparatif indéniable. De même,
Européenne (Moyen-Orient, Russie, Afrique) a la faiblesse des contraintes environnementales et
fortement pénalisé les exportations de celle-ci, en sanitaires strictes assure à l'Argentine une forte
baisse de 15% entre 2000 et 2005. Par ailleurs, des compétitivité.
coûts de production élevés et une inadéquation des
aides communautaires ont limité la compétitivité des Comparaison des coûts de production,
produits avicoles européens. 2004

Enfin, les pays d'Asie du sud est, traditionnellement Pays Union Thaïlande Etats- Brésil Argentine
exportateurs de produits avicoles, ont fortement Européenne Unis
souffert de l'épidémie aviaire. Les exportations en
Coût de production
provenance de Chine et de Thaïlande ont baissé, ($/Kg vif) 1 0,65 0,55 0,41 0,41
respectivement et annuellement, de 12% et 7% entre
2000 et 2005. Face à cette désaffection pour leurs Coût moyen de la main
produits, les industriels thaïlandais ont partiellement d'œuvre ($/mois) 1700 150 1400 300 280
étoffé leur offre, en proposant davantage de produits
Différentiel coût par
cuits, ce qui a permis un redressement des rapport à l'Union Européenne 0% -35% -45% -59% -59%
exportations de 17,6% entre 2004 et 2005.
Différentiel coût par
Au niveau des importations, la hausse de la rapport aux Etats-Unis +81% +18% 0% -25% -25%
consommation mondiale a soutenu l'expansion des
importations. Seule l'Asie du sud est, souffrant d'une
défiance des consommateurs pour la viande de En 2004, le coût d'un kilogramme de poulet vif
volailles, a enregistré une baisse des importations, produit en Argentine ou au Brésil était inférieur de
souvent importante. La grippe aviaire a fortement 25% et de 59% par rapport, respectivement, aux
affecté l'image des produits avicoles. Etats-Unis et à l'Union Européenne.
AVICOLE
SECTEUR

9
ETUDE SECTORIELLE

UNE CONJONCTURE MONDIALE PROMETTEUSE

Les perspectives de développement de la filière au niveau mondial sont prometteuses. En dépit des
nombreuses crises sanitaires que peut connaître le secteur, une intégration renforcée au niveau mondial
ainsi que la non propagation de l'épidémie de grippe aviaire au continent américain laissent présager
d'une augmentation de la production mondiale proche de 3% pour l'année 2006.

Un renforcement de l'intégration de la filière Des prévisions 2006 impactées par l'épidémie


au niveau mondial de grippe aviaire

L'intégration verticale est un modèle de production Comme exposé précédemment, l'impact de la grippe
particulièrement adapté à la filière avicole. "Le cycle aviaire s'est fait ressentir dès l'année 2003 dans les
de production relativement court, l'importance des pays d'Asie du sud est. Plus qu'une baisse de la
volumes produits et surtout la recherche d'économies consommation, c'est surtout la contraction de l'offre
d'échelle ont nécessité une coordination entre les de produits avicoles qui a pénalisé les économies
différents maillons de la filière (multiplication, asiatiques.
accouvage, alimentation animale, élevage,
transformation et commercialisation). […] Mais si Mais l'année qui vient de s'écouler a été marquée par
cette forme d'organisation a permis d'abaisser les la diffusion de l'épizootie dans le reste du monde. Les
coûts de production, elle a restreint le nombre restrictions liées à l'importation de produits avicoles
d'acteurs capables de s'aligner sur le prix mondial". en provenance des pays affectés par l'épidémie ont
eu comme effet immédiat une pénurie progressive
Ce type d'organisation s'est tout d'abord développé des approvisionnements dans le secteur de la viande
aux Etats-Unis, au début des années 30. Dès 1955, de volailles, une hausse brutale des cours
les contrats de production entre les firmes d'aliments internationaux, +27% entre 2003 et 2005, une chute
et les éleveurs assuraient 90% de la production marquée des échanges avicoles et une redistribution
américaine. Par la suite, la volonté de maîtriser les des marchés.
débouchés a conduit les fabricants d'aliments et les
industriels de l'abattage à s'investir davantage dans les L'augmentation des cours internationaux peut
activités de transformation. Aujourd'hui, près de 85% paraître paradoxale dans la mesure où le recul des
de la production américaine de volaille de chair est prix enregistré dans les pays touchés par l'épizootie a
intégrée verticalement. souvent été considérable. Mais la vente domestique
de la production initialement destinée à l'exportation
L'Europe a suivi ce mouvement d'intégration plus et la demande diminuant en raison de la défiance des
tardivement. A partir des années 60, la rationalisation consommateurs expliquent cette contradiction.
de la production a poussé les acteurs, en amont et en
aval, à exploiter au mieux les économies d'échelle Les perspectives pour cette année 2006 demeurent
générées. La structuration rapide de la filière avicole fortement liées à l'évolution de l'épidémie de grippe
qui s'en est suivie a permis l'utilisation de techniques aviaire. La découverte, récente, d'un foyer
modernes et efficientes. d'épizootie dans un élevage français menace la
production avicole moderne et le manque de repères
Au Brésil, l'intégration fut initiée par les entreprises empêche toute projection quant à l'impact de
présentes, essentiellement, dans les secteurs du blé et l'épidémie sur la production européenne.
du porc, à la recherche d'une diversification de leurs
activités. Ce modèle de production s'est alors Dans des cas extrêmes, le modèle de prévision de la
rapidement développé. Actuellement, près des deux FAO anticipe une augmentation des cours
tiers de la filière est intégrée selon cette organisation internationaux des viandes sur le marché
et les trois principales entreprises du secteur avicole international, +8% pour les viandes de volaille et de
assurent, à elles seules, près du quart de la bœuf et +3% pour la viande porcine. " Cependant,
AVICOLE

production nationale de poulet de chair. s'il existe un risque réel de diminution de la


consommation de viande de volaille, celle-ci ne sera
Le cas de la Chine est plus hétérogène. Les méthodes que de courte durée puisque les stratégies de
de production modernes ont connu un vif succès dès communication des risques garantissent que les
la fin des années 70. Cependant, la segmentation, consommateurs sont conscients du risque minimal de
SECTEUR

assez marquée, entre marchés ruraux et marchés transmission de la grippe aviaire par la simple
urbains a entravé la diffusion d'un modèle industriel. consommation de viande de volaille. "
De ce fait, aujourd'hui, seul un quart de la production
chinoise est intégré selon un schéma vertical.

10
ETUDE SECTORIELLE

La seule certitude concerne l’inexistence de foyer De ce fait, la production mondiale devrait augmenter
d'épizootie sur le continent américain. En à un rythme soutenu, +3%, en raison du
conséquence, le Brésil et les Etats-Unis, disposant de renforcement de l'activité au Brésil et aux Etats-Unis,
bonnes capacités de développement de la de la forte demande en provenance des pays affectés
production, pourraient voir leur part dans le par l'épizootie et du rétablissement de la
commerce mondial progresser. consommation dans les pays asiatiques (Chine,
Thaïlande et Japon).
AVICOLE
SECTEUR

11
ETUDE SECTORIELLE

UNE PRODUCTION DOMESTIQUE SOUTENUE PAR LE DÉVELOPPEMENT DU


SECTEUR INTENSIF

La production nationale de viandes blanches a enregistré une forte progression, passant de 29 000
tonnes en 1970 à 338 000 tonnes en 2005. La participation du secteur intensif, moderne, à cet
accroissement a été déterminante. En 2005, il a représenté près de 85% de la production de viandes de
volaille et 76% de production d'œufs de consommation. Cet aliment représente 50% de la consommation
de viandes contre 33% en 1985.

Entre 1970 et 2005, la production de viandes


Production d'oeufs de consommation
blanches est passée de 29 000 tonnes à 338 000
(en millions d'unités)
tonnes, répartie entre 300 000 tonnes de viande de
poulet et 38 000 tonnes de viande de dinde. Le Secteur moderne
secteur intensif moderne intervient à hauteur de 85% Secteur traditionnel

de cette activité, contre 23% en 1970. La hausse de


3500
la production de viande de volailles a été, 3000
principalement, le fait du secteur moderne. 2500
2000
1500
Évolution de la production de viandes 1000
blanches (milliers de tonnes) 500
0

69
71

73

75
77
79

81

83

85

87
89

91
93
95

97

99
01
03
19
19

19

19
19
19

19

19

19

19
19

19
19
19

19

19
20
20
Secteur moderne
Secteur traditionnel

350 Source : FISA


300
250
200
Ce raffermissement de la consommation de produits
150 avicoles a permis une amélioration de la qualité
100 nutritionnelle de l'alimentation domestique. La
50
viande de volailles représente aujourd'hui 50% de la
0
consommation nationale de viandes contre 33% en
69
71

73

75
77
79

81

83

85

87
89

91
93
95

97

99
01
03

1985. De ce fait, l'augmentation de la consommation


19
19

19

19
19
19

19

19

19

19
19

19
19
19

19

19
20
20

de viande de volailles explique près de 60% de la


Source : FISA hausse de la consommation de viandes.

De même, la production des œufs de consommation


a été multipliée par dix, évoluant de 300 millions Part des viandes blanches dans la
d'unités en 1970 à 3,3 milliards d'unités en 2004, consommation totale de viandes
assurée à 76% par le secteur moderne contre moins Consommation de viandes
(en milliers de tonnes)
de 0,4% en 1970.
Part des viandes blanches

700 50%
45%
600 40%
500 35%
400 30%
25%
300 20%
200 15%
10%
100 5%
0 0%
85

19 6
19 7
19 8
19 9
19 0
19 1
19 2
19 3
19 4
19 5
19 6
19 7
19 8
20 9
20 0
20 1
02
03
8
8
8
8
9
9
9
9
9
9
9
9
9
9
0
0
19
19

20
AVICOLE

Source : FAO

Dans ce contexte, le chiffre d'affaires et les


investissements cumulés dans le secteur avicole ont
SECTEUR

fortement progressé entre 2000 et 2005, passant,


respectivement, de 5 Md. DH à 6,6 Md. DH et de
10,1 Md. DH à 13,2 Md. DH.

12
ETUDE SECTORIELLE

Par ailleurs, le secteur avicole a permis la création


Répartition de la production avicole
d'environ 75 000 emplois directs dans les unités de
par région
production et plus de 180 000 emplois indirects dans
les circuits de distribution et de commercialisation.
Autres
Marrakech
5%
Enfin, l'axe Casablanca - Rabat représente plus de Oujda 5% Casablanca
7% 35%
65% de la production avicole du pays. La proximité
des marchés, l'existence d'une infrastructure Tanger
8%
développée et un climat tempéré renforcent
l'attractivité de ces deux villes. Fès -
Meknès
10%
Rabat - Salé
30%

Source : FISA

Secteur avicole, chiffres clés


2005 Evolution 2004 2003 2002
2004/2005 (%)
Production de poussins chair (millions) 278 +20,87 230 210 200
Production de dindonneaux (millions) 2,03 +314,3 0,49 - -
Production de viande de volailles
(milliers de tonnes)
- Poulets 300 +9,1 275 260 250
- Dinde 38 +117,1 17,5 12 10,5
Production de poussins ponte (millions) 12 -14,3 14 12 16
Production œufs de consommation (milliards) 2,5 - 2,5 2,2 2,5
Production aliments de volailles (millions de tonnes) 1,8 +12,5 1,6 1,5 1,5
Importation de poussins reproduction chair (milliers) 2 589 +0,3 2 580 2 318 2 118
Importation de dindonneaux chair (milliers) 4 413 +53,2 2 880 2 290 2 000
Consommation de viandes de volailles (Kg/hab/an) 12,7 +12,4 11,3 10,9 10,7
Consommations d'œufs (unité/hab/an) 108 -1,8 110 102 114
Prix poulet (Dhs/kg) 9,64 -13,9 11,2 12,3 12,3
Prix dinde (Dhs/Kg) 13,54 -6,6 14,5 14,8 15
Prix œufs à la consommation (Dhs/unité) 0,55 +10 0,5 0,6 0,56
Investissements cumulés (milliards de dhs) 6,6 +4,8 6,3 6 5,8
Chiffre d'affaires (milliards de dhs) 13,2 +3,1 12,8 12,1 12
AVICOLE

Emplois (milliers)
- Directs 75 +13,6 66 62 60
SECTEUR

- Indirects 180 +5,9 170 168 165


Source : FISA

13
ETUDE SECTORIELLE

UNE CONSOMMATION DE PRODUITS AVICOLES SOUTENUE PAR DES PRIX EN


BAISSE RÉGULIÈRE

La consommation de produits avicoles est en croissance continue depuis 1980. En 2005, la


consommation annuelle de viandes blanches s'est établie à 10,9 kg par personne. L'importante baisse
des prix, résultant de gains de productivité, explique cette performance. Mais en dépit du bon
comportement des indicateurs du secteur, le consommateur marocain demeure moins attiré par les
produits avicoles que ses homologues dont les habitudes alimentaires sont comparables.

Entre 1980 et 2005, la consommation moyenne par Au Maroc, l’alimentation des ménages demeure
habitant et par an de produits avicoles a évolué de pauvre en viandes. Toutefois, plus de 45% de la
manière significative. La consommation de viande de consommation de viandes est constituée de volaille,
volailles par habitant et par an est passée de 5,5 kg à ce qui place le Maroc en tête de notre échantillon de
10,9 kg et la consommation d'œufs a progressé de 21 comparaison, formé de pays à niveau de
unités à 81 unités. développement comparable. A l'inverse, la
population nationale consomme moins de 20 kg de
Évolution de la consommation annuelle viande par habitant et par an, faisant du Maroc le
de produits avicoles pays à la plus faible consommation de viandes. De ce
fait, améliorer la production de produits avicoles
Oeufs de Consommation ( Unité / Hab) passe par un enrichissement de l'alimentation
Viande Blanche ( Kg / Hab ) - échelle de droite
domestique en viandes.
90 11
80 10 Consommation de viandes
9
70 (kg / habitant / an)
60 8
50 7
6 Part des viandes de volaille
40
Toutes Viandes (échelle de gauche )
30 5
20 4
90 50%
80

83

86

89

92

95

98

01

04

80 45%
19

19

19

19

19

19

19

20

20

70 40%
60 35%
30%
Source : FISA et FAO 50
25%
40 20%
30
Malgré cette forte hausse de la consommation de 15%
20 10%
produits avicoles, celle-ci demeure faible en 10 5%
comparaison avec des pays à revenus similaires. 0 0%
Brésil

Mexique

CHine

Russie

Monde

Tunisie

Moyen-Orient

Maroc
Consommation de viande de volailles
(kg/hab/an), 2005
Source : FAO
35,9
Ce constat est confirmé par la consommation de
26,6
protéines. Avec près de 84,1 grammes / personne /
jour en 2003, celle-ci enregistre un écart significatif
avec la moyenne des pays développés qui se situe à
18,0
106 grammes / personne / jour.
13,7
12,4 12,0 10,9 10,4
La différence observée s'explique par l'origine des
protéines. Au Maroc, moins de 19% des protéines
AVICOLE

sont d'origine animale contre un taux de 25%


recommandé par l'Organisation Mondiale de la
Brésil

Mexique

Russie

Moyen-Orient

Monde

Tunisie

Maroc

Chine

Santé. Ainsi, les apports de protéines d'origine


animale sont limités à 15,6 grammes / habitant / jour
SECTEUR

contre un niveau de référence de 20 grammes /


Source : FAO habitant /jour.

14
ETUDE SECTORIELLE

Mais il convient de préciser que ces chiffres sont en Cette évolution est la conséquence de facteurs
constante progression. En 2000, la contribution des endogènes et exogènes. L'amélioration de la
protéines d'origine animale était de 16%, productivité dans les élevages favorisée par la
représentant 13,65 grammes par habitant et par jour. modernisation des conditions de production a
contribué, grandement, à la baisse des cours
Cette hausse de la consommation des protéines domestiques. Entre 1994 et 2004, le coût de
animales est en grande partie due à une production d'un kilogramme de poulet chair est passé
augmentation de l'offre de produits avicoles. La de 16,2 Dh à 11,2 Dh.
contribution de ceux-ci à l'apport en protéines
animales a progressé de 32% entre 1990 et 2003, Évolution du cours moyen des oeufs de
compensant la baisse de la consommation consommation (dh / unité)
individuelle de viandes rouges.
0,90

0,80

0,70
Source des protéines d'origine animale
0,60
33%
0,50
2003
1990 0,40
26% 27%
24% 0,30

Janv-01
Avr-01
Juil-01
Oct-01
Janv-02
Avr-02
Juil-02
Oct-02
Janv-03
Avr-03
Juil-03
Oct-03
Janv-04
Avr-04
Juil-04
Oct-04
Janv-05
Avr-05
Juil-05
Oct-05
Janv-06
Avr-06
20%
18%
15%
14%
11%
12% Source : FISA

Cependant, depuis le mois de mars 2006, les cours


du poulet vif, de la dinde et des œufs de
consommation sont repartis à la hausse en raison,
Viande rouge Lait Viandes de volaille Poissons Oeufs essentiellement, de l'apaisement des craintes du
consommateur liée à une médiatisation moins
marquée de la grippe aviaire et de la baisse de la
Source : FAO production.
De ce fait, les viandes de volaille et les œufs
représentent désormais 32% des protéines d'origine Évolution du cours moyen des oeufs de
animale -5 grammes par habitant et par jour, consommation (dh / unité)
montrant la compétitivité des produits avicoles.
Cours moyen de la dinde ( Dhs / Kg)
Linéaire ( Cours moyen de la dinde ( Dhs / Kg)
Des prix toujours en baisse
16
15
Malgré un caractère erratique dû à des baisses 14
13
momentanées de l'offre-mortalité élevée en été et 12
crises sanitaires-, les cours domestiques des produits 11
10
avicoles ont connu une diminution marquée entre
9
janvier 2001 et avril 2006, confirmée par la courbe 8
de tendance.
Janv-04

Mars-04

Mai-04

Juil-04

Sept-04

Nov-04

Janv-05

Mars-05

Mai-05

Juil-05

Sept-05

Nov-05

Janv-06

Mars-06

Évolution du cours du poulet vif


(dh / kg)
Source : FISA
20
18
AVICOLE

16
14
12
10
SECTEUR

8
6
Janv-01
Mai-01

Sept-01

Janv-02

Mai-02

Sept-02

Janv-03

Mai-03

Sept-03

Janv-03

Mai-04

Sept-04

Janv-04

Mai-05

Sept-05

Janv-06

Source : FISA

15
ETUDE SECTORIELLE

DES IMPORTATIONS CORRIGEANT UNE RELATIVE INADÉQUATION DE LA PRODUCTION

A l'instar de nombreux pays dans le monde, le marché marocain demeure fermé à l'importation de la
majorité des produits avicoles. Seuls les poussins reproduction chair et les dindonneaux bénéficient de
droits de douane réduits afin de compenser une production domestique déficiente.

Le Maroc reste peu importateur de produits avicoles Dès lors, afin d'assurer une productivité satisfaisante,
et de viandes. Ainsi, entre 1990 et 2004, les les opérateurs marocains se tournent vers les
importations de viandes de volaille sont passées de professionnels européens pour leur
126 tonnes à 1 505 tonnes, représentant moins de approvisionnement. Dans un contexte de hausse
0,5% de la production domestique. La viande de importante de la production de viandes de volaille,
dinde compose la majorité de ces importations. les importations de poussins reproduction chair
connaissent, fort logiquement, la même évolution.
Composition des importations de produits
avicoles Les importations de dindonneaux enregistrent
également, un accroissement significatif en raison
Viande de Autres
d'une production domestique croissante. Cependant,
Poule 6% Viande de depuis quelques années, quelques opérateurs
8% Dindons nationaux tentent de s'imposer sur ce marché.
73%
Viande de
poule en Évolution du cours moyen des oeufs de
boîte
13%
consommation (dh / unité)
Production
Importation
800
700

Source : FAO 600


500
400
Cette faible pénétration des importations de produits 300
avicoles s'explique par la forte protection tarifaire 200
dont bénéficie le secteur. L'ensemble des 100
0
importations de viandes et abats avicoles se font au
Janv-03
Mars-03
Mai-03
Juil-03
Sept-03
Nov-01
Janv-04
Mars-04
Mai-04
Juil-04
Sept-04
Nov-04
Janv-05
Mars-05
Mai-05
Juil-05
Sept-05
Nov-05
Janv-06
taux, dissuasif, de 124%.

Seules les importations de poussins reproducteurs,


type chair ou ponte, et de dindonneaux peuvent Source : FISA
s'effectuer à un taux préférentiel de 2,5% afin de
compenser la faible production nationale. En effet, Il est à noter que l'Accord de Libre Echange entre les
l'élevage de grand parentaux reproducteurs souffre Etats-Unis et le Maroc soumet les échanges de
d'un manque de compétitivité au Maroc. Ce type produits avicoles à des quotas. Dans le meilleur des
d'activité demeure très capitalistique et l'étroitesse du cas, les exportations avicoles américaines à
marché domestique ne justifie pas un tel destination du Maroc devraient représenter moins de
investissement. 1% de la consommation domestique.

Évolution du cours moyen des oeufs de Les exportations de produits avicoles sont quasiment
consommation (dh / unité) nulles. La majorité des marchés sont protégés par des
2 600
barrières tarifaires et non tarifaires. Dans le cas des
2 400
marchés européens et américains, l'application de
2 300 règles sanitaires strictes limite les importations.
2 000
AVICOLE

1 800
1 600
1 400
1 200
SECTEUR

1 000
800
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004

Source : FISA

16
ETUDE SECTORIELLE

UN SECTEUR DOMINÉ PAR DEUX INTERVENANTS

Le secteur avicole marocain est dominé par deux principaux intervenants : Alf Sahel et INAAM, qui
assurent à eux seuls 28% de la production totale de la filière. CICALIM et Alf Sahel se sont engagées dans
des programmes ambitieux, visant l'expansion de l'activité ainsi qu'un développement par l'intermédiaire
d'une intégration verticale.

L'aviculture est un secteur structuré. En effet, il existe


Alf Sahel
plusieurs associations visant la réglementation et
l'organisation de cette activité : l'Association Millions de DHS 2004 Var 2003/2004 2003
Nationale des Producteurs de Chair (ANPC), Chiffre d'affaires 637,71 110,47% 302,99
Résultat d'exploitation 30,93 386,70% 6,35
l'Association des Fabricants des Aliments Composés
Résultat net 13 13226,91% 97,62
(AFAC), l'Association Nationale des Accouveurs Marge EBE 8,25% 11,35%
Marocains (ANAM) et l'Association Nationale des Marge nette 2,04% 0,03%
Producteurs d'Oeufs de Consommation (ANPOC). ROE 30,24% 0,33%
L'ensemble de ces organismes sont chapeautés par la ROA 5,74% 0,05%
Fédération Interprofessionnelle du Secteur Avicole
Source : OMPIC
(FISA).
En 2004, le chiffre d'affaires de Alf Sahel a cru de
La production d'aliments pour volaille s'établit à 1,6 110,47%, passant de 303 MDH à 638 MDH. Cette
million de tonnes, dont 300 000 tonnes sont assurées hausse s'explique, principalement, par une
par le réseau traditionnel, essentiellement des fermes diversification de l'activité. De même, le résultat
d'élevage. Alf Sahel et INAAM assurent, à elles seules, d'exploitation a enregistré une forte progression de
28% de la production totale de la filière. 386,70% suite à une baisse importante des dotations
d'exploitation.

Répartition de la production de la filière, INAAM (Industrie d'Alimentation Animale


2004 Moderne)
Alf Sahel Fondée en 1954, INAAM est le second fabricant
Autres 16%
38% domestique d'aliment pour bétail et volaille au
INAAM Maroc. Plus de 93% de la production demeure
12%
concentrée sur l'alimentation pour volailles.
Oralia
2% SNV Celle-ci s'est fortement développée au cours des
SONABETAIL 5% années 90, passant de 100 000 tonnes en 1990-1991
2% Provimac CICALIM
2% Alf Tansift
Alf El Fellous Atlas 5% à 250 000 tonnes en 1996-1997.
5% El Alf 5%
3% 5%

Source : FISA
Évolution de la production de l'INAAM
(en milliers de tonnes)
300
Il convient de signaler que les usines marocaines sont
exploitées à 37% de leur capacité de production, 250

atteignant 3,5 millions de tonnes. 200

150
Alf Sahel
100

Leader dans l'alimentation de bétail et de volaille, Alf 50

Sahel réalise un chiffre d'affaires de 638 MDH. 0


1990-1991 1996-1997 2000-2001 2001-2002 2002-2003
L'entreprise s'est lancée dans un ambitieux plan de
AVICOLE

développement de la capacité de production,


évoluant de 7 000 à 20 000 tonnes par mois. Source : INAAM

De même, Alf Sahel s'est engagée dans l'extension de L'effort d'investissement entamé par INAAM s'est
traduit par une hausse des dotations d'exploitation,
SECTEUR

son activité et ce, en procédant à la réalisation d'un


abattoir, majoritairement autofinancé. impactant le résultat net. De même, le remplacement
de matériels obsolètes a temporairement affecté la
capacité de production, entraînant une baisse du
chiffre d'affaires.

17
ETUDE SECTORIELLE

INAAM
Millions de DHS 2004 Var 2003/2004 2003 Var 2002/2003 2002
Chiffre d'affaires 549,21 -7,12% 591,32 -9,97% 656,77
Résultat d'exploitation 46,40 1,46% 45,72 -2,68% 46,98
Résultat net 30,12 -15,03% 35,44 11,64% 31,75
Marge EBE 10,89% 10,72% 10,45%
Marge nette 5,48% 5,99% 4,83%
ROE 13,88% 15,62% 16,58%
ROA 11,00% 11,96% 12,83%
Source : OMPIC

El Alf Les gérants de l'entreprise comptent procéder à une


intégration verticale de la production de volaille, de
El Alf a développé une activité de production l'élevage de poussins à la mise sur le marché du
d'aliments pour bétail et volaille à partir de produit fini. Ainsi, CICALIM s'est engagée dans un
composants broyés (maïs, tournesol...). L'entreprise investissement de remplacement, visant le
s'assure des débouchés à travers sa filiale Couvnord, renforcement de l'encadrement ainsi que la
spécialisée dans l'élevage industriel de poussins. réduction des charges de personnel.

El Alf L'enveloppe globale dédiée à ce projet est estimée à


Millions de DHS 2004 Var 2003/2004 2003 185 MDH, répartie sur l'extension de l'usine, la
Chiffre d'affaires 229,70 12,31% 204,53 réalisation d'un couvoir et d'un abattoir et le
Résultat d'exploitation 5,12 -34,54% 7,83 lancement de l'activité élevage. Cette répartition
Résultat net -1,90 90,77% -1 permettrait une meilleure gestion des risques.
Marge EBE 5,51% 7,02%
Marge nette -0,83% -0,49%
CICALIM a affiché une hausse de son chiffre d'affaires
de 8,39% pour l'année 2004. Cette performance
ROE -4,74% -3,09%
s'explique par le fort accroissement des ventes de
ROA -0,99% -0,53%
produits finis, qui ont progressé de 23 MDh en 2002
Source : OMPIC à 70 MDh en 2004.

El Alf a réalisé un chiffre d'affaires estimé à 230 MDH Alf Tansift


en 2004 contre 205 MDH en 2003, en amélioration
de 12,31%. En revanche, le résultat net a connu une Créée en 1993 par Mehdi Lemtouni, Brahim Halaf et
forte baisse suite à une dégradation de 34,5% du Mohamed Bouskouri, Alf Tansift réalise un chiffre
résultat d'exploitation. La hausse du cours des d'affaires de 137 MDH. Avec une capacité de
matières premières a fortement impacté l'entreprise. production de 10 000 tonnes par mois, l'entreprise
projette d'atteindre une production mensuelle de
CICALIM 6 000 contre 4 000 tonnes actuellement.
Au cours de ces dernières années, l'entreprise a connu
Ayant un capital social estimé à 20 MDH, la une baisse du chiffre d'affaires de 18,21% en 2003 et
Compagnie Industrielle et Commerciale de 5,66% en 2004. Cette contre-performance
d'Alimentation (CICALIM) réalise un chiffre d'affaires s'explique par un recul au niveau des ventes des biens
de 190 MDH. et services et une absence de ventes de matière en
l'état.
CICALIM
Millions de DHS 2004 Var 2003/2004 2003 Var 2002/2003 2002
AVICOLE

Chiffre d'affaires 189,42 2,70% 184,44 8,39% 170,16


Résultat d'exploitation 15,08 80,70% 8,35 24,01% 6,73
Résultat net 3,17 5,43% 3 36,58% 2,20
Marge EBE 13,70% 11,52% 9,65%
SECTEUR

Marge nette 1,67% 1,29% 1,08%


ROE 6,00% 5,74% 4,99%
ROA 1,35% 1,95% 1,70%
Source : ANAFI

18
ETUDE SECTORIELLE

Par ailleurs et afin de financer ses importations de d'entretenir ses machines, l'entreprise a recours à un
matières premières (maïs, soja, tournesol, orge…) et endettement de court terme.

Alf Tansift
Millions de DHS 2004 Var 2003/2004 2003 Var 2002/2003 2002
Chiffre d'affaires 136,64 -5,66% 144,83 -18,21% 177,07
Résultat d'exploitation 3,10 14,67% 2,71 -29,96% 3,87
Résultat net 1,75 193,68% -1,87 -186,69% 2,16
Marge EBE 3,96% 4,40% 3,59%
Marge nette 1,28% -1,29% 1,22%
ROE 11,14% -10,67% 11,13%
ROA 2,47% -2,84% 3,24%
Source : OMPIC
AVICOLE
SECTEUR

19
ETUDE SECTORIELLE

UNE RESTRUCUTRATION NECESSAIRE POUR UNE MEILLEURE EFFICIENCE

Malgré la bonne tenue du secteur, celui-ci doit se restructurer afin de surmonter les contraintes qui
entravent son développement : (i) des coûts de production élevés, (ii) des circuits de distribution
défaillants, (iii) un accès difficile aux sources de financement, (iv) une surcapacité de production ainsi
qu'une (v) crise conjoncturelle matérialisée par la crise sanitaire qui a touché le secteur au niveau
mondial.

Le développement de modèles de production Des circuits de distribution défaillants


archaïques a fortement pénalisé la mise à niveau de
l'aviculture. Dès lors, celle-ci doit s'adapter pour offrir La commercialisation des produits avicoles perpétue
une production compétitive, respectant les normes un modèle hasardeux, matérialisé par (i) le transport
sanitaires. des volailles vivantes, (ii) une fixation des cours
indépendante de la qualité du produit, (iii) une vente
Des coûts de production demeurant élevés du poulet de chair à l'état vif et (iv) un abattage des
volailles opéré en dehors des circuits classiques. De
Ceux-ci sont grevés par trois principaux facteurs. ce fait, les abattoirs industriels avicoles sont fortement
concurrencés par les tueries artisanales, n'appliquant
Coûts élevés des matières premières. Les taxes à aucune des réglementations en matière d'hygiène et
de salubrité.
l'importation sont particulièrement onéreuses pour
les matières premières entrant dans la composition Un marché peu régulé
des aliments pour volailles alors même que ceux-
ci représentent 70% du coût de production de Le marché avicole est caractérisé par une régulation
des prix défaillante, se traduisant par de fortes
poussins et de poulets. Ainsi, le maïs est taxé à un
fluctuations de l'offre et des cours. Le manque
taux compris entre 17,5% et 57% tandis que les d'intégration entre les entreprises productrices
graines oléagineuses, essentiellement le soja, sont d'aliments pour volailles et les éleveurs limite la
imposées à 22,5%. visibilité des opérateurs. De même, une prospection
des besoins des consommateurs inefficiente couplée
Une fiscalité défavorable. Contrairement aux à une certaine désorganisation productive et
commerciale, induisent une inadéquation entre l'offre
autres activités de l'élevage, le secteur avicole ne
et la demande.
bénéficie pas des exonérations fiscales accordées à
l'ensemble de l'activité agricole. De même, n'étant Un accès difficile aux sources de financement
pas considérée comme une industrie, l'aviculture
L’absence d’une stratégie claire de développement
ne peut profiter des avantages accordés par la
du secteur avicole conjuguée à la multiplication des
charte d'investissement. L'absence d'identifiant crises sanitaires a fragilisé la position de nombreux
fiscal empêche toute possibilité de récupération opérateurs, poussant les organismes de financement
de la TVA. Ces contraintes fiscales limitent alors à limiter leur soutien au secteur. Aujourd'hui, celui-ci
l'investissement dans le secteur et empêchent tout est considéré comme sinistré et la diffusion de
l'épizootie de grippe aviaire complique un peu plus
gain de productivité.
la tâche des éleveurs.
Une réglementation sanitaire peu appliquée. Le
non-respect des normes de salubrité s'est traduit
par l'apparition de nombreuses maladies aviaires,
nécessitant l'abattage de centaines de milliers de
tête. Ce fort taux de mortalité a été préjudiciable
AVICOLE

pour les éleveurs, entraînant un coût économique


important.
SECTEUR

20
ETUDE SECTORIELLE

MALGRÉ UNE CONJONCTURE DÉLICATE, DES PERSPECTIVES ENCOURAGEANTES


À TERME

Les perspectives de développement du marché marocain sont plus que prometteuses sur les moyen et
long termes. La faible consommation domestique, un strict respect des normes sanitaires, l'instauration
de l'accord de libre échange entre le Maroc et les Etats-Unis ainsi que le développement de la filière à
travers l'intégration verticale sont des facteurs favorisant le développement du secteur. Par ailleurs, le
plan de sauvetage de l'Etat permettrait une réorganisation et une restructuration du secteur avicole
marocain.

Des crises structurelle et conjoncturelle Une consommation domestique encore faible

Le secteur avicole est caractérisé par une surcapacité de Le secteur avicole dispose de perspectives de
production remarquable. Contrairement aux fermes développement encourageantes. En effet, la viande
d'élevage, aux abattoirs avicoles et aux centres de de volailles demeure une des sources de protéines
conditionnement, les usines d'aliments et les couvoirs ont animales les plus aisément mobilisables. Face à un
une capacité excédentaire supérieure à 40%. Dans ces déficit nutritionnel important, les produits avicoles
conditions, tout investissement dans l'une de ces deux offrent une alternative pertinente et moins coûteuse
filières peut manquer de pertinence. que les viandes rouges et de poissons.

De même, la production avicole demeure soumise à Source des protéines animales, 2003
des crises conjoncturelles épisodiques, causées,
essentiellement, par des épizooties aviaires. La Afrique du Nord et Proche Orient
Maroc
récente épidémie de grippe aviaire a entraîné des Brésil
42%
pertes pour le secteur, estimées à plus de 550 millions 39%
de dirhams entre octobre 2005 et février 2006. 28%
24% 26% 25%
22% 20%
Cependant, la baisse de la consommation de produits 18% 18%
avicoles ne peut être durable. En effet, le report d'une 10%
12%
8%
partie des achats des viandes blanches vers les 4% 4%
viandes rouges s'est traduit par une hausse de ceux-ci
(+6% pour les viandes bovines et +9% pour les Lait Viandes rouges Viandes de
Volailles
Poisson et
Fruits
Oeufs

viandes ovines). A court terme, conjuguée à des de Mer

actions de communication ciblées, cette


Source : FAO
augmentation des cours se traduira par un retour des
consommateurs vers les viandes blanches. En comparant le Maroc au Brésil, pays à forte
consommation de viande de volailles, la part des
De plus, le Gouvernement a proposé un plan de
protéines aviaires dans l'alimentation domestique
soutien pour la filière avicole consistant en un
reste faible. Tenant alors compte d'une
rééchelonnement des règlements pour la CNSS et en
consommation individuelle de viande de volaille
une annulation des majorations pour les impôts.
inférieure à la moyenne des pays à revenus similaires,
la production du secteur avicole devrait connaître
Évolution des prix des viandes rouges une hausse relativement marquée à moyen terme.
(Dh / Kg)

Bovins
Cette analyse recoupe les projections réalisées par la
Ovins FISA. Celle-ci s'est basée sur une augmentation
58 annuelle moyenne de 5% de la production de biens
57
56
avicoles.
55
AVICOLE

54
53
52
51
50
49
48
47
SECTEUR

08/09/05

22/09/05

06/10/05

20/10/05

03/11/05

17/11/05

01/12/05

15/12/05

29/12/05

12/01/06

26/01/06

09/02/06

Source : Ministère de l'agriculture

21
ETUDE SECTORIELLE

Projections et réalisations
2000r 2005r 2005p 2010p
Production de viande de volailles (milliers de tonnes) 250 338 315 405
Taux de croissance annuel 6,2% 4,7% 5%
Production d'œufs de consommation (milliards d'unités) 3,1 3,3 3,9 5
Taux de croissance annuel 1,3% 4,7% 5%
Prix de revient du poulet de chair (dh / kg vif) 12 9 8,6
Consommation de viandes de volaille (kg / habitant / an) 8,9 10,9 10,2 11,9
Investissements cumulés (milliards de dirhams) 5 6,6 6,7 9,3
Chiffre d'affaires (milliards de dirhams) 10,1 13,2 11,9 14,8
Emplois directs et indirects (milliers) 213 255 254 336
Apport en protéines (g / habitant / an) 5,08 5,5 5,78 6,77

Note : r, réalisé, p, projections Source : FISA

Un strict respect des normes sanitaires Dès lors, le secteur avicole devrait se restructurer
autour d'une dizaine d'opérateurs, maîtrisant
Cette évolution de la production suppose une l'ensemble de la filière.
rationalisation de la filière. Le secteur avicole est
actuellement caractérisé par la présence de L'ALE Maroc - USA, une chance
nombreux opérateurs opportunistes, basant une
grande partie de leur rentabilité sur le non-respect Contrairement à de nombreux secteurs, l'aviculture
des normes sanitaires. L'installation d'élevages sous domestique saura tirer partie de l'Accord de Libre
serre et l'absence de contrôles vétérinaires permet de Echange avec les Etats-Unis. En effet, les principales
limiter les coûts de production mais, en parallèle, céréales entrant dans la composition des aliments
favorise la commercialisation de viandes de piètre pour volailles connaîtront une baisse de prix
qualité sanitaire. conséquente du fait de réductions tarifaires.

Dès lors, la publication récente des arrêts relatifs au Dans un délai de cinq ans, les droits de douane
respect des normes hygiéniques lors du processus de seront totalement supprimés pour les importations de
production avicole imposera un coût d'entrée élevé maïs en provenance des Etats-Unis. Le coût des
pour les non professionnels du secteur. Ceux-ci ont aliments composés passerait ainsi de 2,6 Dhs / kg à
un an pour mettre leurs élevages à niveau. 2,05 Dhs / kg. A périmètre constant, cette évolution
se traduira par une diminution des coûts de
De même, les tueries artisanales sont désormais, production des viandes avicoles de l'ordre de 17%.
bannies. L'ensemble de l'abattage devra s'accomplir
dans des lieux spécifiques. Cette nouvelle disposition Par ailleurs, la production avicole domestique ne
permettra de renforcer l'activité dans les abattoirs, pourra être concurrencée par les exportations
opérant actuellement à moins de 15% de leur américaines. En effet, les délais de transport
capacité. A moyen terme, quarante nouveaux importants ne permettent pas l'importation de
abattoirs devront être construits pour répondre à une viandes fraîches. Seul le poulet congelé, très peu
demande croissante. consommé au Maroc, risque d’être importé.

Le développement de la filière passe par


l'intégration

Suivant le modèle de développement adopté dans la


AVICOLE

majorité des pays producteurs de volailles, le secteur


avicole domestique est dans l'obligation de s'intégrer
verticalement. Une chaîne unique liant le fabricant
d'aliments composés aux abattoirs permettra de
SECTEUR

limiter les intermédiaires et de réduire, ainsi, les coûts


de production. L'objectif, à moyen terme, est de
présenter une rentabilité équivalente à celle des
producteurs européens.

22
ETUDE SECTORIELLE

FACTEURS CLÉS DE SUCCÈS

Dans son ensemble, le secteur avicole est fortement capitalistique et requiert des investissements
importants. La nature de l'activité, fortement automatisée, nécessite peu de main d'œuvre. En dépit d'un
recours accru aux dettes à court terme, le secteur demeure handicapé par un accès difficile au
financement bancaire en raison des différentes crises sanitaires et de l'absence d'une stratégie de
développement cohérente pour de nombreux opérateurs. Par ailleurs, le renchérissement de la matière
première a fortement impacté la rentabilité des entreprises du secteur.

Le diagnostic financier du secteur avicole a été mené Les provendiers intégrés


sur un échantillon de 13 entreprises de différentes
tailles. Seules les firmes ayant présenté leurs états Des entreprises capitalistiques
financiers à fin 2004 ont été prises en considération.
Cet échantillon a été divisé en trois différents Affichant une intensité capitalistique de 28,53% pour
segments. les entreprises performantes et 30,3% pour les moins
performantes, les firmes opérant dans ce secteur sont
Les provendiers-fabricants d'aliments pour capitalistiques et requièrent des investissements
volaille- intégrés, disposant, en aval, d'accouvoirs importants. L'activité de fabrication d'aliments est
et d'élevages de poussins ; fortement automatisée et nécessite peu de main
d'œuvre.
Les entreprises spécialisées dans l'élevage de
Cette tendance est confirmée par la faiblesse du ratio
poussins ; des charges de personnel rapportées au chiffre
d'affaires. Les entreprises performantes ont affiché un
Les provendiers non intégrés. ratio " charges de personnel / chiffre d'affaires " en
baisse de 0,5 point de pourcentage, passant de 2,6%
Le premier groupe a été segmenté à son tour pour en 2003 à 2,1% en 2004.
dégager les facteurs clés de succès des entreprises
performantes. La caractérisation de ce groupe a été Pour les entreprises moins performantes, ce ratio a
effectuée en prenant comme critère de sélection la été de 3,11% en 2004, en hausse de 0,24 point de
marge EBE. A cet effet, deux sous-ensembles ont été pourcentage. En dépit de cet accroissement, le ratio "
définis. charges de personnel / chiffre d'affaires " demeure
faible.
Le premier intègre les entreprises performantes
affichant une marge EBE supérieure à 6% :
Évolution de l'intensité capitalistique
- CICALIM Entreprises performantes
Entreprises moins performantes
49,9%
- ORALIA
32,8%
- Alf Sahel 30,3%

19,1% 32,8%
28,3%
- Confiance 2001

- Alf El Fellous 2002 2003 2004

Le second est composé d'entreprises moins


performantes affichant une marge EBE inférieure Une meilleure gestion du cycle d'exploitation
à 6% :
AVICOLE

Globalement, les entreprises performantes du secteur


- Provimac avicole ont amélioré les différents ratios de rotation.
Entre 2002 et 2004, les créances clients et les dettes
- El Alf fournisseurs sont passées, respectivement, de 111
SECTEUR

jours à 79 jours et de 70 jours à 57 jours. Les ratios


- Hifeeds de rotation des stocks, quant à eux, n'ont que peu
évolué.
- Alf Tansift

23
ETUDE SECTORIELLE

Malgré la régression du différentiel entre les crédits Les entreprises performantes de notre échantillon ont
clients et les dettes fournisseurs, le besoin en fonds enregistré un ratio d'endettement net de 195,5%. Ce
de roulement demeure stable, à périmètre constant. taux élevé s'explique, essentiellement, par les
investissements réalisés par ces entreprises au cours
A l'inverse, les entreprises moins performantes ont de ces dernières années. A titre d'exemple, Alf Sahel,
enregistré une évolution croissante des créances dont le ratio de gearing est de 407,8%, a investi dans
clientèle et des dettes fournisseurs. Le besoin en la construction d'une unité de production ultra-
fonds de roulement s'est fortement dégradé, moderne. Ce projet a nécessité d'importants
entraînant une trésorerie structurellement négative. investissements de la part de la société, estimés à
180 MDh.

Ratios de rotation (en jours) Évolution du ratio d'endettement net


(gearing)
Stocks
Dettes fournisseurs Entreprises performantes
Créances clients Entreprises moins performantes

263,8%
111
91 238,1%
83 81 85 79 79
138 70 67
59 247,5%
49 57
47 196,8%
38 29 33 29
28 195,5%
155,2%
2002 2003 2004 2002 2003 2004
Entreprise moins performantes Entreprise performantes
2002 2003 2004

Une filière modérément endettée


Une baisse de la marge EBE
Ayant un cycle d'exploitation relativement court, les
La hausse des cours des matières premières a
entreprises du secteur ont recours aux dettes à court
fortement impacté la rentabilité des entreprises
terme pour financer leurs activités. Ainsi, le ratio
avicoles. Ne pouvant répercuter le renchérissement
moyen " dettes à court terme / total bilan " a atteint
des produits céréaliers sur les prix de vente, les
20,5% pour les entreprises performantes et 22,01%
provendiers ont connu un accroissement du chiffre
pour les firmes moins performantes. Celles-ci ont
d'affaires inférieur au gonflement du poste "achat de
enregistré l'augmentation la plus marquée des dettes
matières et fournitures".
à court terme entre 2002 et 2004 et ce, en raison
d'une dégradation de trésorerie.
Comparaison coût des matières
En dépit de ces chiffres, le secteur est handicapé par premières / Marge EBE
un accès difficile au financement bancaire. En effet,
la nature même de l'activité demeure risquée au vu
des nombreuses crises sanitaires et de l'absence d'une 12%
Marge EBE

10% R2 = 0,9139
stratégie cohérente et intégrée pour de nombreux 8%
opérateurs. 6%
4%
2%
0%
Évolution des dettes à court terme
80% 82% 84% 86% 88% 90% 92%

Entreprises performantes Achats de matières et fournitures / CA


Entreprises moins performantes

22,0%
AVICOLE

20,0% 22,0%
Dès lors, après une amélioration de la rentabilité,
20,5%
pour les deux groupes d'entreprises, en 2003, en
16,9% 18,4%
raison d'une baisse des cours céréaliers, la marge
EBE, pour l'année 2004, est en baisse de 1,2% pour
SECTEUR

2002 2003 2004


les entreprises performantes et de 0,83% pour les
firmes non performantes.

24
ETUDE SECTORIELLE

A l'inverse, s'engageant dans une activité


Évolution de la marge EBE commerciale, Poussin El Waha souffre d'une faible
intensité capitalistique et d'un investissement quasi
Entreprises performantes
Entreprises moins performantes
nul. De ce fait, les charges de personnel demeurent
limitées. En 2004, le ratio d'intensité capitalistique
8,6% 8,7%
9,9% était de 0,4%.

5,1% Des entreprises présentant un faible


4,1% 5,9%
endettement de court terme

2002 2003 2004 Dar El Fellous et Poussin El Waha sont des entreprises
à trésorerie saine. Un besoin en fonds de roulement
contenu limite les appels à des sources de
Entreprises spécialisées dans l'élevage de financement externes pour équilibrer le cycle
poussins d'exploitation.

Notre échantillon comprend deux accouvoirs : Dar El Évolution des dettes à court terme
Fellous et Poussin El Waha.
Dar EL Fellous
Poussin El Waha
Une évolution de la marge EBE
3,9%
2,6% 3,5%
Dar El Fellous, filiale de Alf El Fellous, est l'une des
principales entreprises intégrées. Réalisant un chiffre
d'affaires supérieur à 65 MDh, Dar El Fellous
présente une marge EBE en hausse régulière sur la
0,0%
période 2002 - 2004, suivant en cela l'accroissement 0,0% 0,0%

de la rentabilité de la maison mère. 2002 2003 2004

Évolution de la marge EBE


Une bonne gestion du cycle d'exploitation
Dar El Fellous
Alf El Fellous
Industrie au cycle de production court, l'aviculture est
caractérisée par des stocks faibles. Ainsi, Dar El Fellous
13,4%
13,0%
15,6% maintient des ratios de rotation particulièrement bas
avec une amélioration du différentiel entre le
6,6%
5,7% 6,3% paiement des dettes fournisseurs et le recouvrement
des créances clientèle. De ce fait, le besoin en fonds
de roulement a fortement diminué entre 2003 et
2002 2003 2004 2004. Le ratio de rotation des stocks n'a pas connu
d'évolution significative entre 2002 et 2004.

Poussin El Waha, filiale de HiFeeds, est une société A l'inverse, Poussin El Waha reste caractérisé par une
jeune, développant progressivement une activité gestion particulièrement déficiente de son cycle
commerciale de vente de poussins. En effet, la faible d'exploitation. La transition d'une activité de production
évolution du chiffre d'affaires de la maison mère de poussins vers une activité, plus commerciale, de
limite les perspectives de Poussin El Waha. Les ventes vente de produits avicoles demeure délicate.
totales de celle-ci sont légèrement supérieures à 10
MDh pour une marge EBE proche de 1,9% en 2004. Ratios rotation (en jours)
Poussin El Waha
L'intensité capitalistique
AVICOLE

Dar EL Fellous
508

Dar El Fellous s'est lancée dans une stratégie 403


363 353
ambitieuse d'investissement et de développement de
la production. Le ratio d'intensité capitalistique 171 149 146
SECTEUR

s'établit à un niveau particulièrement élevé de 58 72 65 48 77


37 53 40
59,5%, en progression constante. De même, les 25 21 10

dotations d'exploitation représentent 8% du chiffre 2002 2003 2004 2002 2003 2004 2002 2003 2004
d'affaires pour l'année 2004. Rotation fournisseur Rotation client Rotation stock

25
ETUDE SECTORIELLE

Provendiers non intégrés Cette tendance est confirmée par le taux de


rentabilité qui a connu une baisse en 2004.
Les entreprises INAAM et Omnia Intaj ne disposent Concernant INAAM, le ROCE est passé de 13,10%
pas , en aval, d'une firme assurant un débouché pour en 2003 à 9,44% en 2004. A son tour, Omnia Intaj a
la production d'aliments. Pour cette raison, il a été enregistré une baisse au niveau du ROCE passant de
choisi de séparer ces entreprises du reste de 1,97% en 2003 à 0,85% en 2004.
l'échantillon.
Évolution de la marge nette
Un échantillon capitalistique
INAAM
Omnia Intaj
INAAM et Omnia Intaj sont des entreprises
capitalistiques. Affichant un ratio d'intensité
4,83% 5,99%
capitalistique, respectivement, de 38% et de 33%, 5,48%

ces firmes ont fortement investi afin d'améliorer leur


productivité et leur rentabilité.
1,14%
0,05%
0,54%
Le ratio des charges de personnel / chiffre d'affaires se
maintient à des niveaux particulièrement bas, 2002 2003 2004
inférieur à 4,6%.

Des entreprises faiblement endettées


Évolution de l'intensité capitalistique
INAAM Ayant une trésorerie nette négative, Omnia Intaj a eu
Omnia Intaj
recours aux dettes à court terme afin de financer son
37,89%
cycle d'exploitation. Le ratio dettes à court terme /
32,62% 37,47%
total bilan s'est établi à 19,9% en 2004. De son côté,
33,24% INAAM a affiché un ratio nul. L'importante trésorerie
30,38% a permis de financer l'intégralité du besoin en fonds
23,39%
de roulement.

2002 2003 2004


Évolution des dettes à court terme
INAAM
Omnia Intaj
Une forte rentabilité
18,5%
21,7%
Les deux entreprises de notre échantillon ont 19,9%

enregistré une amélioration au niveau de la marge


EBE. Entre 2002 et 2004, celle-ci s'est située à des
niveaux supérieurs à 6,4%.
0,00% 0,00% 0,00%

2002 2003 2004


Évolution de la marge EBE
INAAM
Omnia Intaj
Cette forte trésorerie disponible a permis à INAAM
10,5% 10,9% d'autofinancer une grande partie de ses
10,7%
investissements. De ce fait, le taux d'endettement net
demeure faible, s'établissant à 25% pour l'année
2004.
6,9% 6,4% 6,6%

N'ayant pas une marge de manœuvre équivalente,


AVICOLE

2002 2003 2004 Omnia Intaj a été dans l'obligation de s'endetter afin
de financer son cycle d'exploitation. Le ratio de
gearing s'est ainsi établi à 176% en 2004.
A l'inverse, la marge nette s'établit en baisse entre
SECTEUR

2003 et 2004, en raison d'une augmentation des


dotations à l'exploitation, soulignant un effort
d'investissement accru et ce, malgré la hausse du
résultat non courant.

26
ETUDE SECTORIELLE

Cette analyse nous permet de dégager les facteurs


Ratios rotation (en jours)
clés de succès des entreprises performantes du
Poussin El Waha
Dar EL Fellous
secteur, répartis en deux volets :
508

403 - Volet financier


363 353

+ Une bonne gestion du cycle d'exploitation ;


171 149 146
53 58 72 65 48 77 + Une bonne maîtrise des charges ;
25 21 37 40
10

2002 2003 2004 2002 2003 2004 2002 2003 2004 + Une politique de recouvrement rigoureuse.
Rotation fournisseur Rotation client Rotation stock

- Volet organisationnel

Une gestion rigoureuse du cycle d'exploitation + L'automatisation, la modernisation et l’extension


des unités sde production ;
INAAM fait preuve d'une gestion rigoureuse de son
cycle d'exploitation. En effet, la politique de + Le suivi d'une stratégie d'intégration verticale ;
recouvrement suivie par l'entreprise a été efficace.
Malgré une hausse du ratio rotation crédit client, + L'extension des unités de production.
l'entreprise maintient des délais de recouvrement en
dessous de la moyenne qui est de 3 à 4 mois.

Pour Omnia Intaj ce ratio a atteint 82 jours en 2004


contre 98 jours un an auparavant. Néanmoins, le
délai de recouvrement reste raisonnable au vu de la
nature de l'activité.

Ratios rotation (en jours)


Omnia Intaj
98 INAAM
94
82

56 55
50
48
38 37
23 25
22 17
13 13 11
9 7

2002 2003 2004 2002 2003 2004 2002 2003 2004


Rotation fournisseur Rotation client Rotation stock
AVICOLE
SECTEUR

27
SECTEUR AVICOLE ANNEXES

ORALIA HIFEEDS Alf El Fellous Moyenne du secteur


2004 2003 2002 2004 2003 2002 2004 2003 2002 2004 2003 2002
RATIOS D'ACTIVITE
Masse salariale / Chiffre d'affaires 3,0% 2,9% 2,5% 2,5% 2,7% 0,9% 1,9% 1,9% 1,8% 2,4% 2,7% 3,1%
Ratio rotation des stocks (en jours) 18,2 24,7 37,7 53,8 103,3 231,0 21,9 18,9 22,7 45,0 54,4 40,2
Ratio rotation crédits clients (en jours) 84,9 79,3 60,9 86,3 114,8 847,1 71,9 51,7 83,4 72,8 67,5 83,2
Ratio rotation crédit fournisseurs (en jours) 79,6 67,0 73,5 12,9 49,5 63,3 43,1 30,8 54,0 65,7 73,0 62,2
Marge EBE 8,3% 9,1% 9,1% 4% 4% 3,1% 6,3% 6,6% 5,7% 7,6% 8,4% 6, 9%
Marge opérationnelle 6,2% 7,2% 6,5% 0,6% 0,3% -0,2% 4,8% 5,3% 4,2% 4,5% 3,8% 4,3%
RATIOS DE STRUCTURE FINANCIERE
ET DE SOLVABILITE
Intensité Capitalistique 28,0% 25,4% 24,8% 17,9% 31,1% 374,8% 21,3% 19,9% 22,0% 28,9% 32,8% 38,1%
Vulnérabilité financière 16,3% 10,6% 14,6% 0,9% 1,0% 1,6% 6,0% 8,4% 14,1% 15,4% 16,7% 15,9%
Dettes à court terme / total passif 10,3% 5,4% 9,0% 4,6% 13,6% 14,4% 5,7% 2,4% 13,6% 21,0% 19,8% 19,2%
Capitaux propres / Chiffres d'affaires 19,3% 18,8% 18,4% 15,1% 17,9% 19,6% 15,6% 13,5% 11,1% 14,2% 16,0% 20,7%
Ratio d'endettement net (gearing) 98,6% 106,4% 99,2% 165,5% 183,2% -1078,6% 84,4% 123,3% 150,3% 196,0% 257,7% 215,1%
RATIOS DE RENTABILITE
Marge nette 3,3% 4,6% 3,4% 0,0% 0,5% -0,7% 3,3% 2,7% 2,0% 1,6% 0,9% 1,8%
ROE 17,1% 24,2% 18,6% 0,1% 3,0% -3,5% 21,2% 19,8% 17,8% 11,5% 5,5% 8,9%
ROA 6,1% 9,6% 7,2% 0,0% 0,6% -0,7% 8,6% 7,9% 4,6% 2,8% 1,3% 2,5%
ROCE 7,7% 12,5% 9,3% 0,00% 1,7% -0,2% 10,8% 8,8% 5,8% 3,4% 1,2% 3,4%
ETUDE SECTORIELLE

28
SECTEUR AVICOLE

Confiance 2001 Alf Sahel Alf Tansift Moyenne du secteur


2004 2003 2002 2004 2003 2002 2004 2003 2002 2004 2003 2002
RATIOS D'ACTIVITE
Masse salariale / Chiffre d'affaires 1,9% 2,6% 3,6% 1,4% 1,9% 2,0% 1,9% 1,5% 2,4% 2,7% 3,1%
Ratio rotation des stocks (en jours) 23,9 60,9 50,0 26,5 47,1 73,4 75,9 48,9 45,0 54,4 40,2
Ratio rotation crédits clients (en jours) 141,2 139,6 40,3 38,2 37,8 34,2 29,0 34,3 72,8 67,5 83,2
Ratio rotation crédit fournisseurs (en jours) 19,3 60,4 5,7 47,1 83,6 102,3 77,4 55,7 65,7 73,0 62,2
Marge EBE 6,5% 10,8% 14,8% 8,2% 11,3% 4% 4,4% 3,6% 7,6% 8,4% 6, 9%
Marge opérationnelle 4,4% 8,6% 12,2% 4,8% 2,1% 2,3% 1,9% 2,2% 4,5% 3,8% 4,3%
RATIOS DE STRUCTURE FINANCIERE
ET DE SOLVABILITE
Intensité Capitalistique 72,4% 55,8% 36,5% 19,8% 32,3% 11,1% 17,5% 16,1% 28,9% 32,8% 38,1%
Vulnérabilité financière 47,8% 39,1% 22,4% 12,5% 14,3% 16,0% 10,1% 9,7% 15,4% 16,7% 15,9%
Dettes à court terme / total passif 41,5% 27,4% 21,5% 3,7% 5,3% 19,7% 21,2% 21,0% 21,0% 19,8% 19,2%
Capitaux propres / Chiffres d'affaires 22,8% 16,5% 7,6% 6,7% 9,9% 11,5% 12,1% 10,9% 14,2% 16,0% 20,7%
Ratio d'endettement net (gearing) 162,1% 334,5% 903,8% 407,8% 686,7% 177,9% 140,0% 138,5% 196,0% 257,7% 215,1%
RATIOS DE RENTABILITE
Marge nette 0,7% 0,6% 8,2% 2,0% 0,0% 1,3% -1,3% 1,2% 1,6% 0,9% 1,8%
ROE 3,0% 3,8% 107,8% 30,2% 0,3% 11,1% -10,7% 11,1% 11,5% 5,5% 8,9%
ROA 0,8% 0,7% 11,8% 5,7% 0,0% 2,5% -2,8% 3,2% 2,8% 1,3% 2,5%
ROCE 0,5% 0,5% 21% 6,8% 0,01% 8,6% 5,5% 4,8% 3,4% 1,2% 3,4%
ETUDE SECTORIELLE

29
SECTEUR AVICOLE

Omnia intaj El Alf Provimac Moyenne du secteur


2004 2003 2002 2004 2003 2002 2004 2003 2002 2004 2003 2002
RATIOS D'ACTIVITE
Masse salariale / Chiffre d'affaires 2,5% 2,3% 1,9% 4,7% 4,1% #DIV/0! 1,5% 1,7% 1,0% 2,4% 2,7% 3,1%
Ratio rotation des stocks (en jours) 7,1 36,9 24,9 99,6 113,6 #DIV/0! 61,5 62,5 55,3 45,0 54,4 40,2
Ratio rotation crédits clients (en jours) 82,1 98,4 94,3 80,7 52,9 #DIV/0! 40,0 47,1 41,2 72,8 67,5 83,2
Ratio rotation crédit fournisseurs (en jours) 21,5 55,5 47,8 103,4 101,0 #DIV/0! 44,5 61,5 35,3 65,7 73,0 62,2
Marge EBE 6,57% 6,38% 6,94% 5,51% 7,02% #DIV/0! 5,78% 6,26% 5,22% 7,6% 8,4% 6, 9%
Marge opérationnelle 2,87% 3,66% 4,42% 2,23% 3,83% #DIV/0! 2,92% 2,96% 1,86% 4,5% 3,8% 4,3%
RATIOS DE STRUCTURE FINANCIERE
ET DE SOLVABILITE
Intensité Capitalistique 33,2% 37,5% 32,6% 50,1% 52,9% 16,7% 14,3% 21,4% 28,9% 32,8% 38,1%
Vulnérabilité financière 24,3% 26,8% 33,5% 69,0% 61,5% 5,2% 6,3% 11,6% 15,4% 16,7% 15,9%
Dettes à court terme / total passif 19,9% 21,7% 18,5% 27,9% 29,4% 12,6% 4,3% 13,3% 21,0% 19,8% 19,2%
Capitaux propres / Chiffres d'affaires 16,4% 13,8% 12,0% 17,5% 15,8% 19,8% 22,4% 21,7% 14,2% 16,0% 20,7%
Ratio d'endettement net (gearing) 175,9% 209,5% 200,3% 239,5% 380,6% 140,9% 150,8% 163,2% 196,0% 257,7% 215,1%
RATIOS DE RENTABILITE
Marge nette 0,5% 1,1% 0,8% -0,8% -0,5% 0,7% 1,3% 1,1% 1,6% 0,9% 1,8%
ROE 3,3% 8,3% 7,1% -4,7% -3,1% 3,8% 5,7% 5,0% 11,5% 5,5% 8,9%
ROA 1,1% 1,9% 1,7% -1,0% -0,5% 1,2% 2,0% 1,7% 2,8% 1,3% 2,5%
ROCE 0,85% 1,97% 1,53% -4,19% 31,64% 1,28% 4,61% 4,37% 3,4% 1,2% 3,4%
ETUDE SECTORIELLE

30
SECTEUR AVICOLE

Dar El Fellous Poussin El Waha CICALIM Moyenne du secteur


2004 2003 2002 2004 2003 2002 2004 2003 2002 2004 2003 2002
RATIOS D'ACTIVITE
Masse salariale / Chiffre d'affaires 16,5% 15,0% 15,3% 3,1% 7,0% 3,7% 4,1% 4,4% 5,0% 2,4% 2,7% 3,1%
Ratio rotation des stocks (en jours) 76,7 65,0 71,7 47,8 145,7 9,5 52,3 25,4 29,5 45,0 54,4 40,2
Ratio rotation crédits clients (en jours) 39,9 58,0 52,9 352,7 362,7 148,8 208,0 167,3 178,7 72,8 67,5 83,2
Ratio rotation crédit fournisseurs (en jours) 37,5 21,0 25,3 403,3 507,7 170,6 105,7 81,7 86,8 65,7 73,0 62,2
Marge EBE 15,59% 13,42% 13,03% 1,86% 1,56% 0,48% 13,70% 11,52% 9,65% 7,6% 8,4% 6, 9%
Marge opérationnelle 7,70% 7,35% 6,14% 1,22% 0,93% 0,36% 7,96% 4,53% 3,96% 4,5% 3,8% 4,3%
RATIOS DE STRUCTURE FINANCIERE
ET DE SOLVABILITE
Intensité Capitalistique 59,5% 57,6% 57,8% 0,4% -1,3% -1,2% 56,3% 47,5% 46,0% 28,9% 32,8% 38,1%
Vulnérabilité financière 0,1% 0,2% 3,5% 0,7% 3,0% 4,1% 0,0% 0,0% 0,0% 15,4% 16,7% 15,9%
Dettes à court terme / total passif 3,5% 2,6% 3,9% 0,0% 0,0% 0,0% 41,4% 39,3% 36,3% 21,0% 19,8% 19,2%
Capitaux propres / Chiffres d'affaires 52,9% 51,5% 53,1% 1,9% 2,4% 1,2% 27,8% 26,9% 27,4% 14,2% 16,0% 20,7%
Ratio d'endettement net (gearing) 90,1% 73,4% 75,3% 410,8% 461,4% 477,3% 130,7% 129,8% 114,3% 196,0% 257,7% 215,1%
RATIOS DE RENTABILITE
Marge nette 4,1% 2,3% 1,7% 0,7% 0,3% 0,1% 1,7% 1,6% 1,3% 1,6% 0,9% 1,8%
ROE 7,7% 4,4% 3,2% 35,1% 13,0% 10,9% 6,0% 6,1% 4,7% 11,5% 5,5% 8,9%
ROA 5,1% 3,1% 2,3% 0,6% 0,2% 0,3% 1,4% 1,6% 1,3% 2,8% 1,3% 2,5%
ROCE 4,2% 1,9% 1,3% 101,2% -11,4% -11,1% 1,67% 2,40% 2,02% 3,4% 1,2% 3,4%

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ETUDE SECTORIELLE
ETUDE SECTORIELLE

SOURCES ET REFERENCES

- "Stratégie de développement du secteur avicole 2000-2010 : bilan et perspectives", Fédération


Interprofessionnelle du Secteur Avicole, 2001;

- "Economie et avenir des filières avicoles et cunicoles", P. Magdelaine, 2003 ;

- "Conseil spécialisé volailles de chair", Office national interprofessionnel des viandes, de l'élevage
et de l'aviculture, 2005 ;

- "Perspectives de l'alimentation, grippe aviaire : les impacts potentiels de nouvelles flambées


épidémiques sur les marchés", FAO, 2005 ;

- www.fisa.org.ma

- www.faostat.fao.org

- Articles de presse nationale


AVICOLE
SECTEUR

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