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Présentation : La Méthode 8D

Publié le 24 janvier 2011 par outilqualite-resolutionproblemes.over-blog.com

Il existe de nombreuses méthodes de résolution de problèmes. Cependant, si les


noms changent, le fond reste le même. En effet, ces méthodes ont toutes été créées en
donnant une forme et une structure à un certain nombre de bonnes
pratiques répondants toutes à du bon sens. Pour aller plus loin, on pourrait même
dire que ce sont des choses que nous faisons quotidiennement dans notre vie privée,
mais que nous semblons étrangement oublier une fois dans l'entreprise. Par soucie de
clarté, nous nous focaliserons donc sur une seule méthode. Il convient cependant de
garder à l'esprit que ce que nous verrons est parfaitement applicable à d'autres
méthodes, voir même à d'autres activités.

Nous allons donc nous intéresser à la Méthode 8D. Le terme "8D" vient de
l'anglais "8 Do", que l'on trouve souvent traduit en français par "8 Disciplines". Cette
méthode largement répandue qui nous vient de la Ford Motor Compagny (1987)
présente donc les 8 étapes/actions à réaliser pour résoudre un problème. On peut
trouver plusieurs variantes de ces 8 points, en voici une :

1 -    Initialisation du processus, création de l'équipe,

2 -    Description du problème,

3 -    Première analyse, identification du périmètre d'action,

4 -    Mise en place des actions immédiates (plan de containment),

5 -    Recherche des Causes Premières du problème,

6 -    Détermination des actions correctives définitives et permanentes,

7 -    Mise en œuvre des solutions et vérification de leur efficacité,


8 -    Clôture du 8D.

Vous pourrez trouver une autre présentation de ces 8 points sur le lien suivant :

Boite à outil : la méthode 8D

Voyons maintenant un peu plus en détail ce qu'il y a dans ces 8 actions. Plusieurs
points "techniques" seront redéveloppés dans d'autres articles.

1.  Initialisation du processus,
    

création de l'équipe :
La résolution d'un problème demande un travail de groupe afin d'obtenir une
plus grande richesse des points de vue et un plus large panel de compétences. Les
causes d'un problème sont en effet rarement simples et uniques. On essayera
donc de regrouper des personnes du bureau d’études, des Méthodes, de la Qualité, de la
Production, des Achats, de la Logistique, etc. La composition et la taille de l'équipe
dépendra de l'importance du problème, des compétences/connaissances/savoir-faire
requis et, bien entendu, de la disponibilité des personnes. Quoi qu'il en soit, il faudra à
chaque fois désigner un responsable. Il aura pour mission de piloter le 8D lancé et de
veiller au bon avancement des actions.

La composition de l'équipe et son responsable sont ainsi renseigné dans


le Dossier/Formulaire 8D édité préalablement.

 
 

2.  Description du problème :
    

C'est une étape très importante car elle fixe le sujet de travail et, surtout, elle
permet de mettre tout le monde d'accord sur « De quoi on parle ? ». C'est un
point primordial car il faut s'assurer que tout le monde à bien la même vision du
problème. Si le problème en question provient d'une réclamation client, il est encore plus
nécessaire que le client et vous soyez d'accord sur la définition du défaut.

Pour faire cette description, vous pouvez vous aider d'outils tels que
le QQOQCCP voir même le Diagramme d'Ishikawa. Bien que ce dernier soit plutôt une
méthode de Recherche des Causes, il peut être utilisé pour structurer la recherche
d'information. Il est important de souligner qu'il faut autant que possible supporter cette
description par des données factuelles. Ainsi, il ne faut pas hésité à revenir sur cette
description plus tard dans le 8D pour y apporter plus de précision ou compléter les
données. Cela doit cependant être validé par toutes les parties prenantes.

On profitera également de cette étape pour évaluer si nous sommes ou non dans
un cas de récurrence. C'est là un point très important de la méthodologie 8D. Si nous
sommes dans un cas de récurrence, cela veut dire qu'un certain nombre de choses ont
déjà été faites auparavant, il serait donc judicieux de les réutiliser afin d'accélérer
certaines étape du 8D (le plan de containment par exemple). Mais le fait de se retrouver
dans un cas de récurrence signifie également que le précédant 8D a été un échec car le
problème est réapparu. Il faudra donc revoir la recherche des causes ou encore les
actions correctives définitives par rapport au précédant 8D.

 
3.  Première analyse,
    

définition du périmètre
d'action :
Cette étape est la suite logique de la description du problème et un préambule à
l'étape 4. C'est à ce moment que l'on défini sur quoi on doit agir. Si l'étape 3 a bien été
faite, cette partie est déjà pratiquement faite. On profitera cependant de cette étape pour
se poser certaines questions supplémentaires. Il faut bien redéfinir le périmètre affecté
par le problème en rajoutant la question : y a-t-il d'autres produits qui peuvent
être également concerné ? En effet, si le défaut repéré est dût, par exemple, à une
machine mal réglée, les actions suivantes du 8D devront s'intéresser à tout les produits
qui sont passés par cette machine.

L'idée derrière cette question est que l'on peut peut-être traiter plusieurs
problèmes d'un coup. En partant de ce qui a déjà été détecter, on se demande alors ce
qu'on a put ne pas voir. En élargissant son champ de vision, on peut ainsi peut-être
s'éviter une autre réclamation client sur un problème qui aurait pût être traité en même
temps.

4.  Mise en place des actions


    

immédiates :
De la même manière que quand notre baignoire fuie, on commence par boucher le
trou avant de se demander comment il est apparu, la méthode 8D préconise la mise en
place d'un Plan de Containment avant de s'attaquer à la véritable Recherche des
Causes. Comme son nom l'indique, ces actions correctives sont temporaires et ont pour
fonction de contenir le défaut. Le but est de protéger les processus avals et le client.
Ceux-ci ne doivent plus recevoir de non conformes une fois le plan lancé. En cas
d’urgence, ces actions peuvent même être mises en place avant la constitution de
l’équipe.
 

La zone d'action de ce plan est définie grâce à l'étape 3. Les actions à mettre en
place peuvent prendre la forme de tri, d’isolement, de marquage, de retouche ou encore
de contrôle renforcé. Ces actions sont à définir grâce à la description du problème de
l'étape 2 et à la première analyse et aux premières hypothèses de causes faites à l'étape 3.

5.  Recherche des Cause


    

Premières du problème :
Une fois le client sécurisé, on peut enfin prendre le temps de rechercher les causes
de ce problème. Il existe de nombreux outils pour nous aider dans cette tâche :
Diagramme d'Ishikawa, Arbre des causes, 5 Pourquoi, etc. Quoi qu'il en soit, toutes ces
méthodes sont là pour nous aider à trouver les Causes Racines du problème. Les
Causes Racines sont les causes au-delà des quelles il n'est pas nécessaire de remonter
car, si elles sont traitées, elles font disparaitre le problème.

Cette étape doit être réalisée avec beaucoup de sérieux car c'est en grande partie
d'elle que dépend la réussite à long terme du 8D. Si on n'identifie pas et qu'on ne traite
pas les Causes Premières du problème, celui-ci a  de grandes chances de réapparaitre. Et
qui dit récurrence, dit perte de crédibilité de l'entreprise. C'est pourquoi chaque
hypothèse doit être vérifiée par des faits. Il faudra donc sans doute faire un certain
nombre de tests pour écarter ou confirmer les causes probables.

 
6.  Détermination des actions
    

correctives définitives et
permanentes :
Une fois les Causes Racines identifiées, il faut définir les actions correctives qui
vont permettre de régler de façon permanente le problème. Quelques précautions sont
alors à prendre.

Tout d'abord, il faut s'assurer que ces propositions sont réalisables. Cela parait
évident, mais ça implique également que des objectifs doivent être définis. Il faut
déterminer quels moyens nous sommes prêt à mettre en œuvre pour obtenir quels
résultats. Typiquement, ces objectifs peuvent suivre le triptyque Coût-Qualité-Délais.

Le deuxième point à surveiller est que ces solutions définitives ne doivent pas


engendrer d'effets secondaires. On ne résout pas un problème pour en recréer
d'autres.

7.  Mise en œuvre des


    

solutions et vérification de
leur efficacité :
A cette étape, on met en place les solutions définitives trouvées à l'étape 6. On
s'appui alors sur les objectifs définis précédemment et on nomme un responsable pour
chaque action afin qu'il suive son bon déroulement. De plus, cette mise en œuvre doit
s'accompagner de mesures et d'indicateurs afin de vérifier si les actions correctives
résolvent bien le problème ou non.
 

Une fois l'efficacité des solutions définitive prouvée, on peut enfin arrêter le


Plan de Containment.

8.  Clôture du 8D :
    

Cette dernière étape est malheureusement bien souvent négligée. Elle est pourtant
essentielle à la capitalisation de l'expérience acquise au cours de ce 8D. Cette
capitalisation commence tout simplement par l'actualisation de la documentation
(procédures, instructions, modes opératoires, plans, formations, organigrammes) qui a
été affectée par la résolution du problème. Mais ce n'est pas tout, il faut également
conserver les plans d'actions correctives – temporaires et permanentes – mises en œuvre
ainsi que leurs résultats. Nous avons en effet déjà vu qu'ils étaient importants dans le cas
de récurrence.

De plus, clore le 8D signifie également re-libérer les ressources utilisées. Il


convient donc de féliciter l'équipe ayant travaillé à résoudre ce problème et rappeler
ce qui a été apporté. C'est là une occasion de communiquer sur ce type de
démarche. Plus les personnes de l'entreprise s'en imprégneront et auront le sentiment
que cela a été utile, plus les prochains 8D seront faciles à réaliser. Cela participe aussi à
la construction de la culture de l'entreprise.