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METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE

Pr BRAHIM BOY OTCHOM

2012
INTRODUCTION

Pour mettre en œuvre les changements nécessaires, les pays doivent établir les meilleures
approches à adopter. Il leur faut pour cela des renseignements détaillés et exacts sur les besoins,
les possibilités et les conséquences de différentes mesures recommandées. Ces renseignements se
révèlent souvent insuffisants, inadéquats ou peu fiables. Par conséquent, les décisions prises sont
fondées sur des hypothèses et des conclusions injustifiées, et résultent souvent en des choix mal
avisés, dont les conséquences ne sont visibles qu’après la mise en œuvre.

La recherche constitue une quête systématique d’information et de connaissances nouvelles. Elle


a deux fonctions essentielles permettant d’accélérer les progrès dans tous les domaines, par
exemple de la santé humaine et animale. En premier lieu, la recherche fondamentale ou
traditionnelle est nécessaire pour acquérir de nouvelles connaissances et technologies permettant
de faire face à d’importants problèmes de la société (de santé humaine). En second lieu, la
recherche appliquée est nécessaire à l’indentification des problèmes prioritaires ainsi qu’à la
conception et à l’évaluation des politiques et programmes qui rapporteront les meilleurs
avantages (sur le plan de la santé humaine), au moyen des connaissances et des ressources
financières et humaines dont on dispose.

Ces deux fonctions, qui constituent ce qu’on appelle recherche essentielle (sur la santé nationale),
doivent servir de catalyseurs pour l’acquisition de nouvelles connaissances et l’application des
connaissances actuelles, éléments essentiels du développement équitable.

Les concepts et les approches de recherche s’appliquant au développement de la santé ont


évolué rapidement. Bon nombre d’entre eux sont désignés par des termes spécifiques, tels que
recherche opérationnelle, recherche sur les services de santé, recherche sur le personnel de santé,
analyse stratégique et économique, recherche appliquée et recherche liée aux décisions.

La recherche en santé par exemple consiste au bout du compte à améliorer la santé d’une
collectivité, quel que soit le concept qu’on désigne par ce terme, en améliorant l’efficacité et
l’efficience du système en tant que partie intégrante du processus général de développement
socio-économique.

L’objectif de la recherche consiste à fournir aux gestionnaires de la santé humaine par exemple de
tous les paliers les renseignements pertinents dont ils ont besoin pour résoudre les problèmes
auxquels ils font face. La nature participative de cette recherche constitue l’une de ses principales
caractéristiques. On prétend que la participation de toutes les parties (la collectivité, les
gestionnaires et décideurs des soins de santé et les chercheurs) à la définition du problème permet
de préciser l’enquête et d’enrichir les données recueillies. De même la participation à toutes les
étapes de la recherche est essentielle pour mettre en œuvre des solutions pratiques et acceptables
à l’échelon communautaire, local, régional ou national.

Comme la recherche aborde les problèmes dans le contexte général du développement social,
économique et communautaire, l’apport de différentes disciplines est nécessaire. Parmi ces
disciplines, on relève la démographie, l’épidémiologie, l’économie sanitaire, les sciences
appliquées au domaine politique, les sciences de la gestion, les sciences sociales et du
comportement, la statistique et certains aspects des sciences cliniques. Ces disciplines ont élaboré
des approches de recherche spécialisées dans le but de recueillir des informations permettant de
soutenir le développement, mais il devient de plus en plus évident que les problèmes que soulève
la recherche nécessitent l’apport combiné de nombreuses disciplines et, surtout, que les

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chercheurs travaillant dans ces domaines spécialisés devront acquérir les compétences nécessaires
pour faire partie d’équipes multidisciplinaires.

Voici les principales caractéristiques de la recherche:

 Est orientée vers les problèmes prioritaires


 Est de nature participative
 Est orientée vers des mesures concrètes
 Comporte une approche intégrée et multidisciplinaire
 Est de nature multisectorielle
 Met l’accent sur l’efficacité
 Vise à trouver des solutions pratiques en temps voulu

OBJECTIFS DU MODULE
A la fin du module l’étudiant devrait pouvoir :
Objectif général : mener une recherche en santé (au niveau du district).

Objectifs spécifiques
 Définir la recherche en développement
 Expliquer les différents types de recherche
 Décrire l’objet, l’envergure et les caractéristiques de la recherche en développement
 Expliquer le rôle de la recherche dans la prise de décision
 Elaborer un projet de recherche en suivant les étapes suivantes :
- Identification du problème
- Revue documentaire
- Formulation des objectifs
- Elaboration de la méthodologie
- Elaboration d’une stratégie de diffusion et d’utilisation des résultats
- Préparation d’un plan de travail et établissement des ressources nécessaires
- Préparation d’un budget
 Organiser la collecte des données
 Analyser et interpréter les résultats
 Rédiger un rapport final
 Diffuser les résultats.

DEFINITION DES CONCEPTS

La méthode désigne la marche rationnelle de l’esprit pour arriver à la connaissance ou à la


démonstration de la vérité. C’est aussi l’ensemble de procédés, des méthodes pour arriver à un
résultat ; la manière de procéder ; la disposition ordonnée et logique.
La méthodologie est l’ensemble des méthodes appliquées à un domaine particulier de la santé
(santé publique), de la recherche.
La recherche est l’effort de trouver, de découvrir ou de retrouver, ou l’effort de trouver par la
réflexion et l’analyse. D’une manière générale, nous pouvons définir la recherche comme le
processus par lequel l’homme élargit le champ de son ‘su’ à l’intérieur de celui du ‘savoir’ qui reste
infini. Dans son déroulement, ce processus exige des critères généraux et stricts pour atteindre la
réalité ou le réel recherché.

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CHAPITRE 1 : SELECTION, ANALYSE ET ENONCE DU PROBLEME
1.1 : SELECTION DU PROBLEME
1.1.1 : IDENTIFICATION ET MISE EN ŒUVRE DE PRIORITE DES PROBLEMES

Pour apporter les changements nécessaires afin d’amorcer le développement, les Pays doivent
déterminer les meilleures approches à adopter. Il faut pour cela disposer de renseignements
détaillés et précis sur les besoins, les possibilités et les conséquences des mesures recommandées.
Ces renseignements sont souvent manquants, inadéquats ou peu fiables. Pour cette raison, un
processus décisionnel fondé sur des hypothèses et des conclusions injustifiées entraîne souvent
l’adoption de politiques et de programmes inadéquats, dont les conséquences ne sont découvertes
qu’après leur mise en œuvre. Dans bien des cas la recherche est un moyen d’obtenir les
renseignements nécessaires pour un processus décisionnel informé.
Mais tous les problèmes de santé animale (humaine) par exemple ne peuvent pas être l’objet de
recherche, vu les conditions économiques très difficiles que connaissent la plupart de nos Pays.
C’est pourquoi un problème de santé animale (humaine) ne peut faire l’objet d’une recherche que
s’il remplit les trois conditions ci-après :
 Il doit y avoir une différence ou un écart évident entre la situation actuelle et la situation
idéale ou désirée; c'est-à-dire qu’il existe un problème
 Les causes de cette différence doivent être obscures de sorte qu’il est utile d’élaborer une
question de recherche;
 Cette question doit avoir plusieurs réponses, ou le problème doit pouvoir être résolu de
plusieurs façons.

1.1.2. CRITERES DE CLASSEMENT DES PROBLEMES EN ORDRE DE PRIORITE


AUX FINS DE LA RECHERCHE
Comme nous l’avons signalé plus haut, il devient très difficile, voir impossible de s’attaquer à tous
les problèmes à la fois d’où le nécessité d’identifier les problèmes prioritaires par lesquels il faut
commencer.
Normalement les études devraient avoir lieu au moment voulu pour que les résultats soient
disponibles lorsque viendra le temps de prendre les décisions importantes. C’est pourquoi la
recherche doit se concentrer sur les problèmes prioritaires, que l’accent devrait être mis sur des
recherches qui sont susceptibles de rapporter des résultats concrets assez rapidement et surtout
retenir que l’efficacité par rapport au coût est un facteur important dans la sélection des projets
de recherche. Ainsi tous les problèmes proposés pour la recherche doivent être évalués selon
certains critères à savoir : la pertinence du sujet ; sa nouveauté ; sa faisabilité ; son acceptabilité ;
sa réalisabilité ; son urgence et sa conformité à la déontologie.
1. Pertinent
Le sujet choisi doit être un problème prioritaire. Il faut se poser notamment les questions
suivantes :
- quelle est l’importance ou l’ampleur du problème ?
- qui est touché par ce problème ?
- quelle est la gravité de ce problème ?
Si vous jugez qu’un problème n’est pas pertinent, il est inutile de continuer à l’évaluer ; rayez-le de
la liste.
2. Nouveau
Avant de décider d’effectuer une étude, il est important de découvrir si le sujet suggéré a déjà
été étudié, soit dans la région proposée, soit dans une autre région où la situation était
semblable. Dans l’affirmative, les résultats de cette étude devraient être évalués afin de
déterminer si les grandes questions qui méritent une étude demeurent sans réponse. Sinon, un
autre sujet devrait être choisi.

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3. Faisabilité
Pensez au personnel, au matériel, au temps et à l’argent disponible localement ; même si par
ailleurs on peut faire recours au niveau national notamment à des unités de recherche ou à
des conseils.
4. Acceptable sur le plan politique
En général, il est conseillé de soumettre à une recherche un sujet auquel s’intéressent les
autorités. Les résultats de l’étude auront alors de meilleures chances d’être mis en œuvre.
Cependant, dans certains cas, il peut sembler nécessaire d’effectuer une étude pour démontrer
que la politique gouvernernentale devrait être modifiée. Dans ce cas, il faut s’efforcer
d’assurer la participation des décideurs dès le début de l’étude afin de réduire les risques de
différends plus tard.
5. Résultats concrets et recommandations réalisables
Est-il probable que les recommandations énoncées dans l’étude seront mises en œuvre ?
6. Urgent
A quel point est-il urgent d’obtenir les renseignements nécessaires pour prendre une
décision ? Quels sont les sujets prioritaires et les sujets d’importance secondaire ?
7. Acceptabilité sur le plan déontologique.
Il faut toujours envisager la possibilité que la recherche soit préjudiciable à certaines
personnes. Par conséquent, il faut examiner l’étude proposée et des questions déontologiques
importantes comme les suivantes :
- la recherche est-elle acceptable aux yeux des personnes qui en feront l’objet ? (la
sensibilité culturelle doit être prise en compte)
- les sujets de la recherche peuvent-ils donner leur autorisation en toute connaissance de
cause ?
- la situation des sujets sera-t-elle prise en compte ? Par exemple, si des personnes étudiées
nécessitent un traitement, ce traitement sera –t-il fourni ? Qu’arriverait-il si ce traitement
nuisait à la validité des résultats de l’étude ?

En résumé, il faudrait retenir que la recherche en développement doit se concentrer sur


les problèmes prioritaires, que l’accent devrait être mis sur des recherches qui sont
susceptibles de rapporter des résultats concrets assez rapidement et surtout retenir que
l’efficacité par rapport au coût est un facteur important dans la sélection des projets de
recherche.

1.3 : L’ENONCE DU PROBLEME


Il est très important de bien énoncer le problème car :
- c’est la bourse du travail essentielle pour le développement d’un projet de recherche,
- permet au chercheur de mieux définir son sujet,
- permet au chercheur de décrire le problème systématiquement, de réfléchir sur son
importance, sa priorité dans le pays et dans le contexte local et de souligner pourquoi la
recherche proposée devrait être entreprise,
- facilite la présentation du projet aux autorités et organismes donateurs,
- peut être utile comme instrument de travail lors des discussions avec les services, le
ministère et autres institutions qui collaboreront et faciliteront la réalisation du projet.
Les renseignements à inclure dans l’énoncé du problème
- Renseignements de fond sur la situation dans le pays en le reliant au problème de l’étude.
- Description plus détaillée du problème
 Description du problème faisant l’objet de la recherche
 Pourquoi le problème est-il important ?
 Principaux facteurs : géographiques, culturels, économiques, religieux qui affectent le
problème
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 Comportement de la population à l’égard du problème
 Etudes antérieures faites sur le sujet
 Services mis en place pour tenter de résoudre le problème
 Position du gouvernement sur la question
- Discussions
 Pourquoi le problème doit-il faire l’objet d’une recherche ?
- Présentation de l’énoncé du problème
 précis et concis sans omission de points essentiels
 les informations doivent être résumées
 faire un plan de l’énoncé en s’appuyant sur une liste préalable des principaux points à
couvrir.

CHAPITRE 2 : REVUE DOCUMENTAIRE


C’est une étape de base. Elle permet d’avoir une idée sur l’intérêt du sujet, sur les travaux qui lui
ont été consacrés et sur leur méthode, sur les points particuliers qui méritent un
approfondissement. Avant de s’engager dans la recherche, le chercheur doit connaître par ses
lectures, le point actuel du domaine dans lequel il pénètre. Il est important d’avoir fait le tour de
la question sur le plan bibliographique et d’avoir effectué ce que l’on appelle la revue de la
littérature.
Il n’est pas acceptable de faire seulement la bibliographie en fin de travail, pour comparer les
résultats ou pire, pour parsemer le travail de citations et de références donnant l’illusion d’une
assimilation préalable de la littérature.
C’est pourquoi, dès le début du travail, il faut prendre soin d’écrire les références bibliographiques
selon les conventions d’usage. Car tristesse comme cela arrive très souvent, une fois le travail
terminé, de s’apercevoir que l’on a omis de noter l’intégralité de la référence d’un ouvrage, surtout
si on l’avait eu en consultation pour un temps limité et que l’on ne peut plus l’obtenir à nouveau.
Les conventions d’usage de présentation des références bibliographiques
Article: auteur (nom de famille et initiales). Titre de l’article. Nom de la publication, année;
volume: pages de l’article.
Example: Gwebu,E.T.,Mtero,S.Assessment of nutritional status in pregnancy: use of a
reference table of weight-for-height. Central Africain Journal of Medecine, 1985; 31: 193-196
Livre: auteur (nom de famille et initiales). Titre du livre. Edition. Lieu: éditeur, année:
nombre de pages du livre.
Exemple: Abramson,J.H. Survey method in community medecine. 2è édition.
Edinburgh:Churchill Livingstone. 1979, 229p.
Chapitre: auteur du chapitre (nom de famille et initiales). Titre du chapitre, dans: éditeurs du
chapitre (nom de famille et initiales). (Éd) Titre du livre. Lieu: éditeur, année: pages du
chapitre.
Exemple: Winikoff,B., Castle,M.A. The influence of maternal employment on infant feeding,
dans Winikoff,B. Castle,M.A., éd. Feeding infant in four societis: causes and consequences of
mother’s choices. New York: Greenwood Pres, 1988: 121-145.

En résumé : On peut retenir qu’il n’est pas acceptable de faire seulement la


bibliographie en fin de travail, pour comparer les résultats ou pire, pour parsemer le
travail de citations et de références donnant l’illusion d’une assimilation préalable de la
littérature.

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CHAPITRE 3 : FORMULATION DES OBJETIFS
Etape fondamentale, comme en bien d’autres domaines, les objectifs donnent un sens au travail
de recherche et ils servent à vérifier l’hypothèse. L’objectif est la formulation explicite d’une
intention d’accomplissement avec les conditions et les moyens fixés préalablement. Il se rédige
donc à l’aide d’un verbe qui définit le niveau d’approche des variables étudiées (observer, mettre
en évidence, analyser, décrire, etc.) et précise la population concernée.
Exemple : mettre en évidence, chez les femmes incarcérées, les effets de l’activité sportive sur les
conduites alimentaires ; étudier le devenir, sur 5ans, de jeunes mères adolescentes et de leurs
enfants ; comparer la façon dont les filles et les garçons d’âge scolaire se représentent le SIDA.
3.1 : Pourquoi élaborer des objectifs
 Délimiter l’étude en la réduisant à l’essentiel ;
 Eviter let collectes des données pas nécessaires à la compréhension et la résolution du
problème ;
 Diviser l’étude en étapes clairement définies.
3.2 : Caractéristique des objectifs
- L’objectif général d’une étude énonce en termes généraux ce à quoi doit servir
l’étude ;
- Le premier objectif consiste à quantifier le problème ;
- Le deuxième précise le problème en établissant sa distribution ;
- Les troisièmes et quatrièmes objectifs portent sur des facteurs qui pourraient influer le
problème ;
- Les cinquième et sixième objectifs indiquent ce qui sera fait des résultats
L’essentiel est savoir ce que l’on veut faire, même si on ne sait pas encore comment. Il
n’y a rien de plus grave que de commencer en déclarant : je vais faire un recueil de
données sur… ; je vais faire un questionnaire… ; les moyens ne doivent jamais précéder
l’objectif. L’objectif doit être raisonnable, clair, pertinent.

CHAPITRE 4 : FORMULATION D’HYPOTHESE DE RECHERCHE


L’hypothèse est un procédé de raisonnement scientifique qui consiste à supposer quelque chose
qu’on vérifiera par ses conséquences dans le processus de recherche. Elle sera confirmée ou
infirmée.
Pour faire progresser les connaissances, il faut pouvoir expliquer ce qu’on observe. Par exemple :
prévalence du VIH chez les prostituées au niveau national : 40%.
Prévalence du VIH chez les prostituées dans le DS de Kélo : 26% après une enquête
épidémiologique bien menée par le PNLS en janvier 2000.
Problème : Le PNLS pense que la différence observée est réelle, et peut être expliquée par le
programme vigoureux d’IEC menée par les animatrices communautaires au sein de cette
population.
Mais le projet MSF qui veut se retirer de ce district prétend que la différence observée n’est due
qu’au hasard, et n’est pas différente de la prévalence observée chez les prostituées ailleurs dans les
pays.
Le PNLS a donc émis une hypothèse qui si vraie, aura des conséquences importantes pour le
financement futur du projet, et pourrait servir d’exemple à d’autres DS.

FORMULATION D’HYPOTHESE (4)


a) hypothèse nulle (Ho)
L’hypothèse du bailleur de fonds (MSF) s’appelle « hypothèse nulle ».

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L’hypothèse nulle (Ho) assume qu’il n’y a pas de différence réelle entre les proportions ou valeurs
observées dans les différents groupes. Elle implique que la différence observée n’est due qu’au
hasard.
Exemple : il n’y a pas de différence entre la prévalence de l’infection à VIH chez les prostituées à
Kélo et la prévalence du VIH chez les prostituées au niveau national.

b) Hypothèse alternative (Ha) :


L’hypothèse du PNLS s’appelle « Hypothèse alternative ».
L’hypothèse alternative assume que la prévalence observée à Kélo est différente de la prévalence
au niveau national. Elle implique que la différence observée est réelle (n’est pas due aux variations
aléatoires).
Exemple : Il a une différence entre la prévalence de l’infection à VIH chez les prostituées à Kélo
et la prévalence du VIH chez les prostituées au niveau national.

D’AUTRES EXMPLES D’HYPOTESES


Dans une étude sur les bilharzioses en milieu scolaire à Dray Mbassa, les hypothèses formulées
se présentent comme suit :
1. L’infection est inégalement repartie entre les quartiers de Dray Mbassa.
2. La prévalence de l’infection chez les riverains est différente de celle observée chez les non
riverains.
3. les garçons sont plus infectés que les filles.
Il faut donc retenir que l’hypothèse se situe au centre de la stratégie de recherche dont le
processus est précisément mis en place pour la vérifier en la confrontant aux faits ou en
la soumettant à l’expérimentation. Toute hypothèse bien formulée aide grandement
ensuite à établir le protocole, à choisir la méthode et les informations nécessaires.

CHAPITRE 5 : METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE

5.1 : LES VARIABLES (4)


Dans toute étude épidémiologique, les caractères de la population d’étude qui seront mesurés
sont appelés les variables de l’étude. Il s’agit d’un ensemble complexe de facteurs qui agissent et
interagissent sur le phénomène physiologique ou pathologique de l’étude. Il est important de bien
spécifier ce que seront les variables de l’étude. En d’autre termes ce sont des caractères
susceptibles de varier suivant les individus de la population : exemple : âge, sexe, groupe sanguin,
pression artérielle, nombre de lits dans un hôpital, durée d’hospitalisation, etc.
5.1.1 : Classification des variables : critère(s) étudié(s) qui va permettre de classer la population
en sous-classe. On peut les répartir en deux catégories principales :
- variables quantitatives : comme leur nom l’indique, elles peuvent être comparées
numériquement et évaluées quant à leur grandeur ; elles peuvent être :
 discrètes : possèdent des valeurs comptées : nombre d’enfants
dans une famille, nombre d’interventions chirurgicales par jour
dans un bloc, nombre de globules sanguins circulants, nombre de
décès au cours d’une observation épidémiologique, etc.
 continues : ne sont énumérables, leurs valeurs se situent dans un
intervalle qui peut être infini. Elles sont mesurées : poids, taille,
température, pression artérielle, etc.
- variables qualitatives : représentent des attributs non mesurables ; elles peuvent
être :
 ordinales (semi-quantitatives) : stade d’un cancer, (I ; II ; III ; IV),
intensité de douleur (nulle, légère, forte, etc).
 nominales (qualitatives pures) : sexe, groupe sanguin, profession.

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5.1.2 : Relations entre les diverses variables
L’étude des interactions entre les diverses variables permet de les diviser en variables
indépendantes et variables dépendantes.
Une variable indépendante est celle dont l’évolution n’est pas affectée par d’autres variables ;
elle sert à décrire ou à mesurer les facteurs supposés être la cause du problème. Ainsi dans l’étude
de la taille en fonction de l’âge de l’individu, l’âge est une variable indépendante. Dans la relation
entre la morbidité par maladies respiratoires et la pollution atmosphérique, cette dernière
représente une variable indépendante.
Une variable dépendante varie en fonction d’une autre ; elle sert à décrire ou à mesurer le
problème à l’étude Dans les exemples précédents, la taille des sujets dépend de leur âge et la
morbidité évolue en fonction des variations de la pollution atmosphérique.
Ex. on décide de faire une étude cas témoins sur la malnutrition chez les enfants de moins de
cinq dans le district de Kélo. L’étude montre qu’il y a un lien entre la faible scolarité de la mère et
la malnutrition.
- malnutrition : variable dépendante
- faible scolarité de la mère : variable indépendante
- revenu familial : exemple de variable confusionnelle.

Ce caractère de dépendance est lié au sujet de l’étude. Dans une étude basée sur l’hypothèse que
l’alcoolisme est relié aux événements stressants vécus, l’alcoolisme est une variable dépendante.
Dans une autre étude, basée sur l’hypothèse que la cirrhose hépatique est reliée à l’alcoolisme, ce
dernier devient une variable indépendante.

Une variable confusionnelle est associée à la fois au problème et à une influence sur le
problème et la cause du problème.

Ex : on décide de faire une étude cas témoin sur la malnutrition chez les enfants de moins de
cinq ans dans le quartier de Walia. L’étude montre qu’il y a un lien entre la fiable scolarité de la
mère et la malnutrition.
Malnutrition = variable dépendante
Fiable scolarité de la mère = variable indépendante
Revenu familial = exemple de variable confusionnelle.
A ce stade, la connaissance acquise à l’étape documentaire facilite sans contexte, la
sélection des propositions de recherche et le sens dépendant ou indépendant à attribuer à
la relation que l’on désire étudier.

5.2 : LES TYPES D’ETUDE (4)


Les études épidémiologiques se divisent en plusieurs grandes catégories.
La première distinction est à faire entre les études d’observation et les études expérimentales.

5.2.1 : LES ETUDES D’OBSERVATION


Dans les études d’observation, le chercheur ne fait que décrire et analyser des objets ou des
situations se prêtant à une recherche sans intervenir.
Les études d’observation se subdivisent en trois grandes catégories :
Les études préliminaires, les études descriptives, les études analytiques (ou comparatives ou
étiologiques).

i. Les études préliminaires


Une étude préliminaire est une étude relativement courte et de faible envergure que l’on effectue
lorsqu’on dispose de peu de renseignements sur une situation ou un problème.
Le but d’une étude préliminaire est de déterminer la nature et l’ampleur du problème.

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ii. Les études descriptives
Une étude descriptive comprend la collecte et la présentation systématiques de données dans le
but de tracer un portrait clair d’une situation particulière.
C’est ce type d’étude qui est utilisé pour déterminer la fréquence et la répartition des paramètres
de santé ou des facteurs de risque dans une population.
Les études descriptives en ouvrant des hypothèses sur les facteurs de risque fournissent des
éléments essentiels à la recherche étiologique.
Les études descriptives peuvent être de petite ou de grande envergure.
Les études descriptives cas
Décrivent en détail les caractéristiques d’un ou plusieurs cas.
Exemple : la description des caractéristiques d’une maladie inconnue ou Etude de cas.
Les études descriptives transversales
Visent à quantifier la distribution de certaines variables dans une population à un moment donné.
Elles peuvent porter sur les caractéristiques physiques ou socio-économiques, le comportement
des personnes et les connaissances, attitudes, croyances et opinions qui peuvent expliquer ce
comportement.
Les enquêtes descriptives transversales doivent porter un échantillon représentatif pour pouvoir
extrapoler les résultats sur toute la population.
Une étude transversale qui porte sur toute la population est un recensement.
Plusieurs études transversales peuvent être réalisées pour établir l’évolution du problème dans le
temps.

5.2.2 : LES ETUDES ANALYTIQUES OU COMPARATIVES


Une étude analytique vise, soit à établir l’association entre un problème et les causes ou
l’exposition à des facteurs de risque, soit les modalités d’association entre le problème et les
causes.
Il s’agit toujours de comparer deux groupes de sujet pour mettre évidence l’association entre la
cause et le problème. Hormis l’exposition au facteur de risque les deux groupes doivent être
identiques sur tous les autres points.
On distingue trois types d’études étiologiques qui se distinguent par le moment d’inclusion des
sujets et par le type d’information recueillie :

i. Etude comparative transversale


Les études comparatives transversales visent à comparer et à décrire des groupes pour déterminer
les variables indépendantes qui influent sur la survenue du problème.
Exemple : Dans une étude sur la malnutrition, en comparant un groupe d’enfants mal nourris à
un groupe d’enfants bien nourris, le chercheur va déterminer et comparer l’influence sur le
problème des facteurs socio-économiques, comportementaux, des connaissances, croyances et
opinions.

ii. Etude analytique de cohortes


Dans une étude de cohortes, un groupe de personnes exposées à un facteur de risque (groupe de
sujets) est comparé à un groupe exposé (groupe de contrôle) sur une période donnée.
L’occurrence du problème qu’on croit lié au facteur de risque est comparée dans les deux
groupes.
L’étude de cohorte peut se situer à un moment quelconque entre le début de l’exposition et le
moment ou survient le problème.
Si le début de l’étude coïncide avec le moment ou le début de l’exposition au facteur de risque, il
s’agit d’une cohorte prospective.
Si le début de l’étude se situe à un moment quelconque après le début de l’exposition et le
moment où se déclare le problème, il s’agit d’une cohorte historique.

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5.2.3 : ETUDE CAS – ETUDE
L’étude compare un groupe présentant un problème avec un groupe de contrôle. Ils doivent être
comparables sur tous les autres aspects et en particulier il faut éviter le biais introduit par les
variables confusionnelles.

5.2.4 : LES ETUDES EXPERIMENTALES

Dans une étude expérimentale, le chercheur agit sur une situation et mesure les effets de son
action. Habituellement deux groupes sont comparés : un groupe sur lequel l’intervention est
effectuée et un groupe de contrôle.
En fonction du mode de sélection des deux groupes ont distingue : les études expérimentales
randomisées, les études expérimentales quasi randomisées et les études quasi-expérimentales.
i. Les études expérimentales randomisées
Les sujets sont repartis au hasard entre au moins deux groupes dont un seul fait l’objet d’une
intervention ou d’une expérience. Les résultats de l’intervention (effet de l’intervention sur la
variable dépendante ou le problème) sont obtenus par la comparaison des deux groupes.
La répartition des sujets par le hasard élimine l’effet des variables confusionnelles.
ii. Les études quasi randomisées
La différence avec les études randomisées réside dans le mode de composition des deux groupes.
Les sujets ne sont pas repartis dans les groupes par tirages au sort mais sur des critères tels que :
année de naissance paire ou impaire, ordre d’arrivée, etc.…
iii. Les études quasi-expérimentales
Dans les études quasi expérimentales, au moins une caractéristique d’une véritable expérience
manque, que ce soit la distribution des groupes par le hasard ou le recours à un groupe de
contrôle.
iv. Les études quasi expérimentales à deux groupes
L’étude comporte deux groupes dont les sujets n’ont pas été choisis par le hasard. L’un des deux
groupes est l’objet de l’intervention et le deuxième sert de groupe de contrôle.
Ex : une intervention est réalisée dans un village et on prend le village voisin comme groupe de
contrôle. Cette étude peut être appelée « ici ailleurs ».
vi. Les études quasi expérimentales avant et après
L’étude utilise un seul groupe et la situation est analysée avant et après l’intervention afin
d’observer s’il y aune différence quand au problème observé.
Ce type d’étude ne comprend ni le facteur hasard dans la répartition des sujets dans les groupes ni
le recours à un groupe de contrôle.
En définitive le choix du type d’étude repose sur :
- L’état des connaissances actuelles sur le problème,
- La nature du problème et son contexte ;
- La question de recherche posée
- Les ressources disponibles (temps, hommes, argent) pour la recherche ;
- La nécessité de donner des résultats valables et fiables.

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Tableau n° I. TYPES D’ETUDES EN FONCTION
DE L’ETAT DES CONNAISSANCES SUR UN SUJET ET DE LA QUESTION DE
RECHERCHE A RESOUDRE

Etat des connaissances sur Question (s) à résoudre Type d’étude


le problème
Quelles est la nature et Etude descriptive préliminaire
l’ampleur du problème ?
- qui est touché ?
- Incidence ? Etude descriptive transversale
- Répartition des Ou Recensement
Un problème existe mais on
paramètres de santé ?
connaît peu sur ses
- Connaissances et
caractéristiques et causes
comportement ?
possibles
Quelles sont les
caractéristiques d’une
maladie rare ou inconnue
Etude de cas descriptive
On soupçonne que certains Tel facteur est il réellement
- Etude analytique
facteurs contribuent au associés au problème ? - Etude comparative
problème transversale
- Etude cas témoins
- Etude de cohortes
On a déterminé que Quelle est la cause du Etude de cohortes
certains facteurs sont problème
associés au problème et on
veut savoir dans quelle
mesure un facteur L’élimination d’un facteur Etude expérimentale ou quasi
particulier cause le particulier préviendra ou expérimentale
problème ou y contribue réduira-t-elle le problème ?
Etude avant et après

On dispose de Quel est l’effet d’une


renseignements suffisants intervention (stratégie, un
au sujet des causes d’un traitement…) ? Etude expérimentale ou quasi
problème pour élaborer et expérimentale
évaluer des mesures de Parmi deux interventions,
prévention, de contrôle ou laquelle donne les meilleurs
de résolution du problème résultats

5.3 : LA POPULATION D’ETUDE


Avant se savoir qui va faire l’objet de l’enquête, il faut préciser la population concernée. On
appelle population l’ensemble du groupe social retenu par les objectifs de l’étude.
Exemple : si on veut faire une enquête sur la sexualité des femmes, la population peut être
l’ensemble des femmes à partir de l’âge de la nubilité ; des populations plus restreintes sont
évidemment possibles ; on peut réaliser une enquête sur les membres d’une même profession,
etc.
La population étant définie, le recueil des données peut procéder d’un enregistrement exhaustif
ou d’un enregistrement sur un échantillon déterminé par une méthode d’échantillonnage :

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création d’une population réduite ayant les mêmes caractéristiques que la population mère. (Pour
plus de détails, vous pouvez vous reporter aux manuels d’épidémiologie).
La non représentation de la population d’une enquête empêche toute extrapolation des
résultats à la population générale.

5.4 : TECHNIQUES ET OUTILS DE COLLECTE DES DONNEES


Le choix des techniques et outils de collecte dépendent des informations recherchées et de la
sélection de variables.
5.4.1 : les méthodes
Il y a 2 méthodes de recherche disponibles.
- la méthode rétrospective qui s’applique aux événements passés.
- La méthode prospective qui consiste à suivre de façon continue un groupe
d’individus exposés à un facteur donné avant même l’apparition des faits et aussi
après leur apparition.
Ces deux méthodes ont des avantages mais aussi des inconvénients. Elles peuvent être combinées
entre elle. On leur trouve des variantes quand on prend en compte le temps et l’espace. Ces
variantes sont :
- l’étude longitudinale : l’espace ou le cadre d’étude reste constant mais le temps
choisi pour observer l’événement varie ;
- l’étude transversale : le cadre d’étude varie mais la date d’observation choisie reste
la même.
5.4.2 : les techniques
Il y a 3 techniques principales de collecte de données.
i. La technique d’observation
Observer c’est considérer attentivement des êtres des objets, phénomènes afin de les comprendre
de les décrire et de les expliquer correctement.
L’observation se fait dans le but d’obtenir des informations spécifiques. Elle peut être directe ou
indirecte.
- l’observation est dite directe lorsque chaque élément fait l’objet d’une étude
attentive et discriminatoire à l’occasion de la collecte des données.
- Elle est dite indirecte lorsqu’elle est faite sur des documents établie et réunis pour
d’autres fins.
ii. L’interview
C’est une technique de recherche qui consiste à interroger oralement un ou plusieurs sujets sur un
thème préalablement choisi.

13
Les questions sont posées de manière directe, face à face ou de manière indirecte
Les questions posées sont préparées à l’avance et lues mot à mot ou alors elles sont tirées d’une
liste de contrôle.
Toute interview ayant un but précis, la manière de poser les questions et de mener l’interview
tient toujours compte de ce but.
iii. Le questionnaire
C’est une technique de recherche qui utilise un formulaire présentant des questions écrites
auxquelles les interrogés eux-mêmes devront répondre.
Le formulaire peut être présenté de 2 façons :
- la forme unitaire ou individuelle qui réserve une fiche pour chaque élément
interrogé
- la forme en liste ou questionnaire collectif qui consacre une ligne à chacun des
individus enquêtés.
Des deux formes, le questionnaire individuel est préférable et commode pour les sujets instruits
tandis que la forme en liste est mieux indiquée pour les illettrés chez qui le chercheur note lui-
même les réponses données.
Le questionnaire peut être administré
- en envoyant les questions individuelles par la poste et demandant les réponses par
courrier,
- en rassemblant les sujets à interroger et leur administrer le questionnaire,
- en utilisant le questionnaire comme guide d’entretien, dans un questionnaire on
peut utiliser :
- des questions ouvertes ou semi-ouvertes
- des questions fermées
- des questions pièges de factions combinés ou séparée.
Précautions à prendre pour le questionnaire
- l’enquête est conditionnée par la valeur du questionnaire de ce fait il faut préparer
minutieusement ce document.
- Il faut préciser à l’avance quels sont les résultats attendus et confectionner le
questionnaire en fonction de ces résultats.
- Ne pas poser des questions nécessitant trop de travail aux enquêtés.
- Si l’on veut avoir des réponses précises il faut que les questions soient aussi
précises que possibles.
- Ne pas laisser trop d’initiative aux enquêtés pour éviter de mauvaises réponses.

14
- Les questions doivent être claires, sans ambiguïté.
- Utiliser les mots simples que tout enquêté peut comprendre.
- Il y a : des questions à réponses numériques ; des questions alternatives qui
demandent une réponse par oui ou non et des questions à choix multiples.

Tableau II: des techniques de recherche : avantages et inconvénient


Techniques Avantages Inconvénients
Observation - peu coûteuse - accès difficile au dossier
- informations existences - informations faussées
Indirecte
- étudier les faits passés - du fait des buts visés
- dossier représentatifs ou
non

- précision des informations - la subjectivité du chercheur


sur le comportement pour déformer la réalité
Directe
- si la population est illettrée - la présence du chercheur
- déceler les informations non peut influencer l’observé
prévues par le questionnaire

Interview - peut être utilisée pour les - la personnalité de


illettrés l’intervieweur peut
- permet de voir qui répond influencer les réponses
aux questions - coûts plus élevés que le
- permet de poser des questions questionnaire
ouvertes plus intéressantes et - les réponses peuvent être
d’avoir des informations subjectives
supplémentaires
- moins coûteuse - ne permet pas de savoir qui a
- administration facile répondu aux questions
- l’anonymat permet d’avoir - il y a des questions qui
des réponses plus franches restent sans réponses

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5.5 : PLAN DE COLLECTE DES DONNEES

La collecte de données sera plus facile et plus fructueuse si le processus est élaboré avec soin.
Une planification rigoureuse vous permettra de voir les faiblesses de votre approche et d’utiliser
judicieusement les ressources dont vous disposez pour la collecte de données. Prenez garde
cependant de ne pas trop planifier car cela diminuerait la flexibilité de votre équipe — une
flexibilité qui est essentielle à la réussite. Deux instruments fort utiles pour organiser la collecte de
données sont la répartition du travail et l’analyse des journées personnes. Ces instruments sont en
fait fréquemment utilisés pour organiser l’ensemble d’un projet et non seulement la collecte des
données, mais le moment est bien choisi pour présenter ces concepts.

Pour la répartition du travail, on devrait prévoir une ligne pour chaque groupe d’activités ou de
tâches (lot de travaux) d’une taille facile à gérer et dont une personne peut se charger. Ainsi, votre
recherche pourra comprendre une enquête par questionnaire qui devra être conçue, distribuée,
codée et analysée. Ces tâches peuvent être réparties en différents lots de travaux ou regroupées, si
cela vous semble préférable. L’important est de spécifier, pour chaque lot de travaux, un résultat,
un délai d’exécution et une personne responsable. Une fois ce travail accompli pour chacune des
tâches de la collecte de données, vous pouvez déterminer le niveau d’effort de chaque membre de
l’équipe pour chacune des tâches.

On notera qu’il est fréquent, dans le cas d’une planification de ce type, que les gens se plaignent
du manque de temps pour faire tout ce que l’équipe aimerait faire. Ce problème peut être
surmonté en réfléchissant aux ressources disponibles et à la meilleure utilisation qui peut en être
faite. Les données peuvent être collectées de nombreuses façons différentes et toutes les
méthodes ont des avantages et des inconvénients. Profitez des choix à faire pour parler de ce
dont vous avez vraiment besoin et des autres façons dont on peut comprendre l’organisation. Il
vaut mieux être sélectif lors de la collecte de données et faire un bon travail plutôt qu’essayer de
tout faire et de bâcler le travail.

Lorsque vous planifierez la collecte de données, répartissez les tâches en fonction des points forts
des membres de l’équipe. Certaines personnes savent interviewer, d’autres sont compétentes dans
le domaine des questionnaires et des enquêtes. Assurez-vous que les responsabilités et les tâches
sont bien réparties. Souvenez-vous que l’évaluation aura plus d’impact si les participants
s’approprient les processus qui conduiront aux résultats.

5.6 : BESOIN DE DONNÉES ET ACCÈS AUX SOURCES DE DONNÉES

Tout au long du processus réfléchissez aux données dont vous avez besoin et à l’accessibilité de
ces sources de données :

Accès à un spectre de personnes satisfaisant :

 Administrateurs
 Clients/intervenants/représentants de l’institution
 Chercheurs/enseignants/personnel de soutien
 Fonctionnaires du gouvernement

Accès aux documents clés :

 Guide/calendrier/prospectus de l’organisation
 Énoncé de mission

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 Rapport annuel/états financiers
 Descriptions de programmes

Occasions d’observer des installations et des activités clés :

 Bâtiments/terrains
 Laboratoires
 Sites de projets ou de programmes
 Cours

Occasions d’observer les rapports entre les gens :

 Nature des réunions, qui est présent, qui préside


 Processus d’enseignement et d’apprentissage
 Nature des relations avec les clients de l’institution
 Façon dont la recherche est menée, paradigme dominant

Pour pouvoir bien comprendre l’importance des données que vous recueillez, il est essentiel que
vous sachiez clairement d’où elles viennent. Ainsi si vous ne collectez des données qu’auprès d’un
seul groupe de gens (haute gestion ou employés exécutants, par exemple), il faudra en tenir
compte dans votre analyse. Les données refléteront seulement le point de vue de ce groupe et
vous n’aurez aucun moyen de savoir si elles reflètent l’opinion générale. L’idéal serait que vous
recueilliez des données auprès de plus d’un groupe et que vous collectiez différents types de
données. Si vous recueillez des opinions mais ne les comparez pas avec les données financières
de l’organisation ou les résultats des projets, par exemple, vous risquez d’omettre des
renseignements très importants. Lorsque vous collectez des données provenant de différentes
sources, cela vous permet de trianguler vos données. Vous pouvez ainsi réduire les divergences
entre les données et confirmer certains résultats provenant de plus d’une source. Le fait d’avoir
des renseignements qui proviennent de plusieurs sources vous permet d’élaborer des
interprétations beaucoup plus solides.

5.7 : PLAN DE GESTION ET D’UTILISATION DES RESULTATS

À ce stade-ci, votre équipe sera prête à se lancer dans la collecte des données à proprement parler.
Du fait qu’ils travaillent au sein de l’organisation, les membres de l’équipe auront déjà une somme
considérable d’informations, d’impressions et d’opinions. Ces connaissances sont utiles pour
élaborer les questions et les instruments mais elles ne constituent pas des données systématiques.

Le processus de collecte des données devrait offrir une occasion de repartir à zéro — d’effacer
toutes les impressions, dont certaines risquent d’être erronées. L’un des plus gros problèmes
rencontrés lors des travaux est en effet la tendance des gens à fonder leurs conclusions sur leurs
convictions antérieures. L’un des atouts du processus, ce sont les découvertes que fait une
organisation quand elle s’étudie sérieusement. Tous les membres de l’organisation auront plus foi
en ce processus s’il est clair que les conclusions sont fondées sur les données qu’ils ont fournies.

Un certain nombre de mesures doivent être prises pour assurer la validité des données :

Dans les processus de collecte de données les plus solides, il est clair que, une fois que la collecte
de données commence officiellement, tout le monde a les mêmes chances d’être entendu.

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 Les instruments de collecte de données doivent être élaborés dans les moindres détails et
faire l’objet d’un consensus afin que l’on puisse recueillir de façon uniforme les opinions
de tous les répondants.
 Les personnes qui dirigent les interviews et les groupes de discussion doivent faire le
nécessaire pour ne rien tenir pour acquis. Chaque réponse devrait être étudiée ou même
remise en question, pour s’assurer qu’elle n’a pas été involontairement déformée par la
personne qui a recueilli l’information.

On veillera à recueillir les données de telle façon qu’elles puissent être utilisées par les autres
membres de l’équipe. On résumera les interviews, on analysera les données recueillies dans le
cadre de groupes de discussions, on fera un inventaire des données trouvées dans les documents,
et ainsi de suite, afin que les autres membres de l’équipe puissent lire et comprendre le matériel.
Comme ils devraient tous participer au processus d’analyse, il faudra fournir à chacun les
éléments de base dont il aura besoin pour ce faire.

Le processus de collecte de données est un processus typiquement humain qui déborde toujours
les catégories bien claires du plan que nous avons préparé. Il est rare qu’il suive un ordre
séquentiel déterminé. Il doit être assez flexible pour pouvoir s’accommoder aux emplois du
temps et aux obligations des répondants. Il est possible que certains d’entre eux soient en voyage
lorsque le questionnaire arrive ou ne puissent participer à un groupe de discussion à l’heure et à
l’endroit prévus. D’autres encore ne souhaiteront pas être interviewés par un collègue, un
supérieur ou un subalterne.

Que faire dans de telles situations ? Soyez flexibles et ayez un chef d’équipe capable de repérer
ces problèmes et de les résoudre. Comme il s’agit d’un processus organique et non d’une
expérience de physique ou de chimie, vous n’avez pas besoin que toutes les conditions soient
strictement contrôlées. Essayez d’inclure tout le monde d’une façon qui leur convienne.
N’oubliez pas qu’il est rare d’avoir un ensemble de données complet et parfait.

5.8 : ANALYSER ET INTERPRETATION DES DONNÉES

Il n’est pas toujours aisé de tirer des enseignements de vos données. Vous vous apercevrez peut-
être que vous avez recueilli une somme d’information considérable mais que vous avez du mal à
vous en servir. Un certain nombre de décisions s’imposent, et ce dès le stade initial de
l’élaboration de votre évaluation, afin de simplifier la collecte et l’utilisation des données.
Souvenez-vous que vous n’avez pas besoin de recueillir absolument tous les renseignements
possibles pour comprendre ce qui se passe ; vous devez décider ce qui est important ; il faut en
outre vous assurer que vos sources de données soient variées ainsi que vos données elles-mêmes ;
enfin, vous devez conserver vos questions d’origine, car elles vous serviront de base pour classer
vos données.

Avant d’essayer de trier les données que vous avez recueillies, reprenez les points précédemment
relevés et préparez un cadre pour trier les données en fonction de ces points. Ceci est important
car les questions que vous avez posées peuvent vous fournir des données pour plus d’un point.
De plus, il est facile de perdre de vue l’objet de la collecte de données face à une montagne
d’information à utiliser.

Ainsi tous les renseignements dont vous avez besoin ont été recueillis et l’on été de façon
normalisée ;
1. Il n’a pas été recueilli des données inutiles qui ne seront jamais analysées ;

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2. Procéder à une codification correcte des variables (dénomination des variables, étiquettes,
0=non : 1=oui);
3. Elaborer un masque de saisie adéquat (Epi Info) ;
4. Saisie des données.
5. Vérification (vérifier le remplissage des questionnaires avant de quitter le terrain, avant de
commencer la saisie par les chefs d’équipe et les superviseurs) ;
6. apurement des données (au moment de la saisie, après la saisie et avant toute
interprétation des résultats par le chercheur principal et le gestionnaire des données) ;
7. tirer les fréquences individuelles pour chaque variable (fait partie de l’apurement avant
l’interprétation des résultats) ;
* vérifier et corriger les aberrations de nom et de nombre,
* vérifier les données manquantes (très important pour la suite de l’analyse) ;
8. Calculer les mesures de tendances centrale et de dispersion en fonction de vos besoins
(moyenne, médiane, variance, écart-type, étendue etc.…) ;
9. Tableaux croisées : choisir les Variables à croiser en fonction du plan d’analyse ;
10. Graphiques (diagrammes en barres, histogramme, Camembert, Courbe…..Voir
exemples ci-dessous) ;
11. Formuler des hypothèses en fonction des objectifs et des stratégies :
- Ho : Hypothèse nulle,
- Ha : Hypothèse alternative.
12. Choisir le type de test statistique pour confirmer ou infirmer les hypothèses ;
- Test T de Student pour données quantitatives,
- Test du Chi carré (X²) pour données catégoriques.

Sur quoi se fonder

Il est important de tenir compte du fait que les mêmes données peuvent être interprétées de
multiples façons dès le début du processus. Les trois méthodes les plus fréquemment utilisées
pour se faire une opinion sur des données sont les suivantes :

 La comparaison : On compare les données actuelles sur l’organisation avec des données
antérieures, avec les normes admises dans le secteur concerné ou avec des pratiques qui
se sont avérées efficaces ailleurs.
 L’opinion d’experts : On entend par experts des gens qui comprennent bien l’organisation,
des praticiens du développement organisationnel ou des personnes compétentes dans le
secteur concerné.
 Les critères de référence : Cette méthode consiste à comparer les données sur l’organisation
avec des critères pré-établis (des indices objectivement vérifiables).

Le processus de collecte des données produit parfois des résultats inattendus, voire
surprenants. Que fait-on, par exemple, des données qui ne correspondent à aucune des
questions ni à aucun des points de la grille ? Le premier critère à considérer est sans
doute l’importance de l’information. S’il vous semble manifeste que c’est là un point
majeur ou un point qui a été soulevé par plusieurs sources différentes, il peut être bon
d’ajouter une question ou une sous question à votre grille. Par contre, si l’information est
relativement secondaire, ou si c’est l’impression d’une seule personne, il sera sans doute
préférable de la laisser de côté.

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Voici trois points à ne pas perdre de vue en triant les données :

 Cherchez des tendances dans vos données. Cherchez des renseignements qui
corroborent ou appuient d’autres données, cherchez des tendances et
cherchez des renseignements qui contredisent d’autres données. Des tendances
peuvent être repérées pour une question ou une catégorie particulière ou pour
plusieurs d’entre elles.
 Attribuez des codes à vos données afin de pouvoir les examiner plus tard en
vérifiant de quelle source elles proviennent. Il est possible que vous n’ayez pas
besoin de remonter jusqu’aux données, mais il est préférable de leur attribuer des
codes, car il faut beaucoup de temps pour s’y retrouver dans des données non
codées. Assurez-vous que les codes demeurent confidentiels pour préserver
l’anonymat des personnes interviewées, mais faites en sorte que ces codes vous
soient utiles. Vous pouvez par exemple donner les codes C1, C2, etc. aux cadres
G1, G2, etc., aux intervenants du gouvernement, ou tout autre code qui vous aide
à vous souvenir d’où vient l’information.
 Pondérez vos données en tenant compte du nombre de personnes interviewées
qui vous ont donné la même réponse, de la confirmation éventuelle de
l’information par différents groupes d’intérêts, et de la confirmation ou du
démenti des renseignements par des sources extérieures. Évaluez la fiabilité des
données et l’importance relative de l’information pour la question à laquelle vous
essayez de répondre — vous découvrirez que certaines données sont plus
importantes que d’autres et méritent qu’on leur accorde plus de poids.

5 .7 : LES ASPECTS D’ETHIQUE ET DE DEONTOLOGIE DE LA RECHERCHE


Plusieurs aspects du processus de recherche peuvent donner lieu à des problèmes d’éthique. Ils
peuvent être engendrés, par exemple, par la nature des questions étudiées, par les méthodes
employées pour obtenir les informations, par le procédé de sélection des personnes et ce qu’on
fera des données. Il faut se rappeler que la démarche éthique est toujours un compromis qui
n’appelle pas de solutions toutes faites mais qui essaye humblement, en fonction du meilleur des
données de la science, de concilier les intérêts parfois contradictoires entre l’intéressé, , ses
proches, la communauté et la société.

5.8 : LE TEST PRELIMAIRE OU ETUDE PILOTE


Le test préliminaire qui constitue généralement à un essai de faible envergure d’un élément d’une
recherche est différent de l’étude pilote qui consiste à mettre toute la procédure de recherche à
l’essai avec un petit échantillon. L’important est se mettre dans les conditions de l’enquête, de
s’assurer de la faisabilité de cette dernière, de repérer les difficultés, les impossibilités, les erreurs,
les imperfections des outils de collecte des données et de découvrir si des modifications
s’imposent avant d’entreprendre l’enquête proprement dite.
L’activité de mise au point après le test préliminaire ou l’étude pilote a pour but de rendre
l’instrument de recueil plus facile et agréable dans son utilisation tant pour la personne interrogée
que pour l’enquêteur.

CHAPITRE 6 : LE CALENDRIER DE LA RECHERCHE

Il n’existe pas, en générale, de recherche brève. La mise au point d’une méthode est longue ; les
stades successifs de l’élaboration d’un instrument de recueil ne peuvent être évités. On a souvent
tendance à sous estimer la durée nécessaire à totalité de la procédure.

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On peut cependant gagner du temps en jouant sur la simultanéité possible de certaines étapes.
On peut, par exemple, une fois faite la bibliographie, commencer à rédiger la « position du
problème » (c'est-à-dire dire l’état actuel des connaissances et les questions qui se posent), en
même temps que l’on met au point la méthode. Pendant la phase de recueil et de traitement des
données, on peut relater le déroulement de la pré enquête.
De toute façon, il faut prévoir large, s’attendre à des difficultés toujours possibles dans le
recrutement de l’échantillon, dans les procédures informations (le temps de saisie informatique
des données est souvent long, lui aussi).

Il faut garder du temps pour une rédaction soigneuse, et pour plusieurs relectures…
Il est certain qu’un travail d’équipe assure davantage de succès à un tel processus de recherche, à
condition que la négociation entre les membres de l’équipe et les collaborateurs externes soit
réellement possible. En effet, la discussion de l’objet d’étude implique une communication étroite
avec ceux qui réalisent la recherche et ceux qui, éventuellement, la financent car ce sont eux qui,
malgré le flou qui règne souvent autour de l’idée originelle ou encore du constat de départ, savent
à peu près ce qu’ils attendent.
D’autre part, un consensus doit également aboutir en ce qui concerne la détermination du budget
et des délais car « budget argent » et budget temps conditionnent bien souvent les objectifs de la
recherche, les techniques d’investigation, le niveau de profondeur de l’enquête et l’exploitation
des résultats.

CHAPITRE 7 : BUDGET
7.1 : L’élaboration du budget
Après avoir défini les activités et déterminé les ressources nécessaires, l’élaboration du budget
peut être amorcée. Le budget, en gestion de projet, est l’outil de base de la gestion des coûts.
C’est également un outil qui sert à communiquer des informations sur la programmation des
activités en lisant celle-ci aux coûts. A l’étape de la planification, il sert à estimer le coût des
activités, des extrants et du projet tout entier, il sert également à ventiler les coûts par périodes. A
l’étape de l’exécution, il sert à exercer le suivi et le contrôle des coûts, permettant une
comparaison entre les coûts planifiés et ceux réellement engagés. Il servira enfin à évaluer la
performance du projet en comparant ce que le budget initial devait permettre de réaliser avec ce
qu’il a réellement pu réaliser en terme d’extrants et de résultats.

Le budget, comme l’échéancier peut être plus au moins détaillé suivant les besoins. A l’étape
initiale d’identification du projet, un budget global se limitant à indiquer le coût des grands
extrants et le coût total suffira généralement. A l’étape de la définition du projet, un budget plus
détaillé sera requis. Il devra indiquer au moins le coût des activités principales (premier niveau).
A l’étape de l’exécution, un budget sur la base de la subdivision des activités jusqu’au niveau de
détail requis permettra de déterminer encore plus précisément les coûts de même que
l’imputabilité des personnes.

Contrairement au budget administratif de l’institution, qui est généralement établi sur la base de
postes budgétaires, le budget d’un projet doit être établi sur la base des activités ou, au moins, sur
la base des extrants.

7.2 : Les catégories de coûts. Dans un projet, les coûts peuvent être rattachés à l’une ou l’autre
des catégories suivantes :
- Les ressources humaines : toutes les personnes dont les compétences sont
nécessaires pour réaliser l’ensemble des activités du projet, y compris les activités de
support et de gestion. Le coût sera estimé sur une base temporelle (heure, jour,

21
semaine, mois) ou a forfait auquel ou ajoutera tout autres frais connexes tels les
bénéfices marginaux, congés payés…et les perdiem.
- Les autres frais directs : tous les frais rattachés directement à la réalisation des
activités et à la production des extrants : les ressources matérielles, les frais de
transport et de déplacement, la documentation….
- Les frais généraux : les frais autres que ceux que pouvant être rattachés directement
aux activités et qui sont nécessaires pour assurer la bonne marche du projet.
Exemples : frais de gestion, de services de support (accueil, secrétariat,
comptabilité…), frais rattachés aux locaux (location, achat, électricité, taxes,
assurances, entretien…). Dans le budget d’un projet, ces frais sont souvent établis sur
la base d’un pourcentage des frais directs (exemple : 10¨% des frais directs) ou sur la
base d’un pourcentage de la masse salariale (ex 50% des salaires payés au Canada et
35% des salaires payés dans le pays hôte).
- Les frais pour contingences : les frais imprévisibles rattachés à l’incertitude et
d’autres frais tels ceux découlant de modifications du taux de change ou de l’inflation.
Ces frais sont généralement établis sur la base d’un pourcentage des autres frais
(exemples : 5% des frais directs).

La démarche d’élaboration du budget


L’étape préalable
- le projet doit avoir été défini jusqu’au niveau des extrants ou des activités, suivant le
niveau de détail du budget souhaité (finalité- but- extrants- activités sous activités).
- pour chacun des extrants ou chacune des activités, doivent être définis le type de
ressources requises (humaines et matérielles), la quantité, la durée d’utilisation…
- on doit disposer des informations relatives aux diverses catégories de frais (salaires en
vigueur, taux des perdiem et des bénéfices marginaux, impôts et taxes, tarifs des
services (eau, téléphone, électricité, gaz), prix des locaux (achat ou location), prix des
assurances, des prix des intrants et de l’entretien pour les véhicules, taux d’inflation,
taux de change, etc.
L’estimation des coûts : la démarche d’estimation des coûts comprend les activités suivantes :
1. faire l’estimation des coûts pour chacun des extrants ou, selon le cas, pour chacune des
activités. Cette estimation peut être faite sur la base des coûts unitaires (ou a forfait) des
ressources humaines et matérielles. On considérera les aspects quantitatifs, qualitatifs et de temps
en n’oubliant pas d’ajouter les frais connexes aux ressources ;
2. faire l’estimation des autres frais directs pouvant être rattachés à l’exécution des activités ou à
la production des extrants : frais de transport et de déplacement, achat et entretien des véhicules
et équipement de tous genres…… il est parfois difficile d’attribuer à une activité ou à un extrants
des frais relatifs à des outils ou équipement qui servent à plusieurs activités. On devrait chercher à
repartir ces frais proportionnellement aux besoins de chacune des activités ou extrants. A défaut
de quoi, ces frais peuvent être regroupés sous un item commun relatif au fonctionnement
général, signifiant que ces frais servent à la réalisation d’un ensemble d’activités,
3. faire la somme des frais directs décrits en 1 et 2 ;
4. faire l’estimation des coûts reliés aux frais généraux : deux façons de faire :
- on établi les coûts sur la base d’une estimation des frais généraux prévus (coûts réels anticipés)
ou :
- on calcule un certain pourcentage des frais directs. C’est à dire de l’ensemble des frais prévus
pour la réalisation des activités ou des extrants établis antérieurement. Dans la pratique, c’est
souvent le bailleur de fonds qui détermine ce pourcentage ;
5. ajouter un pourcentage, si autorisé, pour faire face aux imprévus, à l’inflation, aux variations
du taux de change……,
6. Faire la somme de l’ensemble des frais.

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Le tableau 5.9 présente une fiche pouvant servir à faire une estimation des frais sur la base des
coûts unitaires des ressources humaines et matérielles requises par extrants ou grappes d’activités
et par activités. Pour compléter, il faudra ajouter tous les autres frais non reliés directement aux
ressources tel que spécifié ci haut.
Tableau: Exemple de fiche d’estimation des couts des ressources par activités.

Extrant / Type de Nombre de Coût Coût total Autres Coûts total


Activité ressources jours/pers unitaire ressources coûts
humaines

Total
Extrant

La formulation du budget. Le budget peut être formulé de diverses façons s’adaptant notamment
aux spécifications du demandeur : exemple : budget sommaire susceptible de répondre aux
besoins de l’étape de l’avant projet ; un budget établi sur la base des extrants et des activités de
premier niveau ; etc.….
En détaillant davantage les activités, on pourrait évidemment préciser les ressources requises et
faire un budget.

CHAPITRE 8 : SOMMAIRE DE LA PROPOSITION DE RECHERCHE

La rédaction du compte rendu d’une recherche suit un plan qui varie peu mais assurez-vous que
votre rapport est clair et qu’il réponde aux besoins de ses destinataires. Personne n’aime rédiger
ou lire des rapports interminables ou compliqués. Un bon rapport de recherche comporte (3) :

- Une brève introduction précisant la genèse de la recherche, rappelle le cadre de


référence et donnant les références bibliographiques principales permettant de faire le
point sur le sujet, les objectifs et les hypothèses ;
- Un chapitre « méthode » qui décrit la méthodologie utilisée pour recueillir et analyser
les données ; indique les limites de la recherche et sa méthodologie ; précise la fiabilité
et la validité des données utilisées ; inclut les données principales, analysées comme il
convient, sur lesquelles reposent les conclusions ; décrit les échantillons obtenus par
des méthodes d’échantillonnage rigoureuses et indique le nombre d’éléments ciblés et
disponibles ;
- Les résultats ;
- Une discussion prenant en compte les études comparables publiées antérieurement, et
les commentaires de l’auteur.
- Une conclusion brève, donnant les principaux acquis de la recherche et ouvrant des
perspectives d’actions ou de recherches ultérieures
- La bibliographie, selon les conventions d’usage
- Le résumé ; il est plus logique, en fait, de mettre le résumé en tête du texte afin de
faciliter au lecteur « immersion » dans le travail relaté ; qui présente, dans les grandes
lignes, l’objet, la méthodologie, les questions principales et les résultats de la
recherche.
- Des annexes éventuelles (tableaux de chiffres, notes de méthode, etc.).
-

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8.1 : ELABORER UNE STRATEGIE DE DIFFUSION
8.1.1 : Destinataires des résultats :
Selon le sujet à l’étude, les résultats peuvent être utilisés (ou être importants) pour :
- La collectivité ou communauté ;
- Les responsables administratifs, le Ministère concerné ;
- Le personnel et les dirigeants d’organismes de santé et d’organismes connexes
(partenaires au développement du secteur de l’élevage, d’agriculture eu
environnement) ;
- Les chercheurs, collaborateurs et étrangers (plan international),
- Mais c’est surtout pour l’équipe de recherche que les résultats seront les plus
importants, car elle a élaboré la proposition de recherche dans le but de contribuer à
résoudre un problème qu’elle juge prioritaire.
8.1.2 : Stratégies permettant de garantir l’utilisation des résultats de l’étude :
1. Associer les autorités concernées, le personnel du ministère et la collectivité, à la sélection
du sujet et à la définition du problème ;
2. dresser une liste des principales recommandations auxquelles votre étude devrait aboutir
et déterminer à qui devrait incomber leur mise en œuvre ;
3. Identifier les moyens ou structures qui peuvent servir à diffuser les résultats (atelier,
conférence, réunions, médians, journaux) ;
4. déterminer les documents d’information à préparer pour les intervenants, notamment :

Les communications seront primordiales tout au long de l’étude et une fois que le processus aura
été mené à bien. Vous vous y prendrez différemment selon les personnes qui ont besoin d’avoir
l’information et selon la façon dont elles souhaitent que cette information leur soit présentée.
Vous devriez donc décider avec vos différents publics cibles, dès le début du processus, de la
façon dont chacun d’eux recevra l’information sur la recherche, pendant et après le processus. La
grille ci-dessous vous aidera à vous organiser sur ce point.

8.1.3 : Communiquer pendant le processus

Des procédures spéciales devraient être mises au point pour veiller à ce que tous les participants à
la collecte de données soient tenus au courant et aient l’occasion d’être entendus. On pourra par
exemple prévoir :

 des réunions périodiques de sous-groupes à des dates fixées à l’avance (équipe d’enquête,
équipe d’interview, etc.) pour examiner les progrès, cerner les problèmes et mettre au
point d’autres approches ;
 des mécanismes de communication spécifiques au cours de la collecte de données
(télécopieur, courriel, conférences téléphoniques) ;
 des réunions périodiques de l’ensemble de l’équipe pour informer tous les membres des
progrès accomplis à ce jour ;
 du temps mis de côté lors des réunions officielles pour informer les autres intéressés des
progrès accomplis ;
 une réunion finale de l’équipe pour faire un bilan.

8.1.4 : Communiquer une fois le processus terminé

À ce stade, il est probable que votre équipe entreprendra certaines des activités suivantes :

 organisation de séances d’information sur le mécanisme et les résultats du diagnostic ;

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 distribution d’une note de service sur les résultats du diagnostic ;
 rédaction d’un rapport, comme convenu.

L’information peut être véhiculée de maintes façons plus ou moins traditionnelles ou créatives.
L’équipe devrait être prête à aller plus loin que le diagnostic et garder à l’esprit les points sur
lesquels il est raisonnable de s’attendre à ce que des mesures soient prises.

8.1.5 : Quelques « trucs » pour communiquer les résultats

 Sachez à qui vous avez affaire : Pour communiquer les résultats de votre travail, vous
devez bien connaître la personne ou le groupe à qui vous vous adressez. Par exemple
pour certains partenaires préparer un rapport très complet ; pour le personnel
international, présenter les conclusions clés dans le cadre d’une réunion du personnel
d’une heure ; pour un conseil d’administration, préparer une version abrégée du rapport
et y a ajouté une section intitulée « Mesures à prendre par le Conseil d’administration ».
 Créez un climat propice : Un climat de confiance mutuelle est essentiel. Faites le
nécessaire pour qu’il n’y ait pas de perdants, pour que tout le monde soit gagnant.
 Ne perdez pas de vue votre objectif : L’équipe devrait se fixer des objectifs pour la
séance. Quels sont les messages les plus importants à faire passer ? Quels sont les
messages moins importants ?
 Prévoyez plusieurs types de rétroaction : Donnez la possibilité aux gens de vous remettre
leurs commentaires par écrit ou de le faire oralement pendant la séance.
 Planifiez soigneusement votre séance : Réfléchissez à l’introduction, au corps et à la
conclusion de votre séance d’information. Vous pouvez par exemple choisir de
commencer par des commentaires d’ordre général, présenter ensuite les résultats détaillés
et finir par une période de questions.
 Faites preuve de créativité : Vous voulez que les gens se souviennent des résultats que
vous leur présentez. Essayez de trouver d’autres façons de leur conter ce qui s’est passé
pendant l’étude et n’hésitez pas à ajouter un élément de surprise si vous pensez que cela
facilitera l’apprentissage. Les gens se souviennent souvent mieux des exposés oraux, des
vidéos et des expositions qui les marquent davantage que des rapports écrits.

En résumé on peut retenir qu’un compte rendu de recherche n’est pas un monologue.
L’auteur doit s’exprimer avec clarté et avoir toujours présent à l’esprit que c’est pour les
autres qu’il rédige.
Traditionnellement, il est conseillé d’écrire à la troisième personne du singulier et
d’éviter les pronoms personnels tels que : je, me et nous. Enfin, utiliser le plus possible le
temps du présent.
La personne intéressée par vos travaux n’a pas toujours les moyens de relire deux à trois
fois ce que vous avez écrit pour trouver le fil des idées ; alors, évitez le verbiage et la
nonchalance.
Les citations doivent être utilisées avec réserve et seulement lorsque cela s’avère
nécessaire voire pertinent. Il est souvent préférable de résumer l’idée de l’auteur pour ne
pas alourdir le texte.
Ces quelques recommandations ne sont pas exhaustives. Elles visent à montrer
l’importance qu’il convient d’accorder au style dans la rédaction.

CONCLUSION
Ce guide a pour première vocation d’aider les étudiants en sciences et les professionnels, tout au
long de la démarche qui doit les conduire à mener à bien un projet de recherche, depuis le choix
du sujet jusqu’à la rédaction pas la prétention d’aborder dans le détail tous les aspects, toutes les

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méthodes de recherche. Il ne s’adresse pas chercheurs confirmés. Sa présentation vous permettra
de le consulter rapidement, en particulier quand vous aurez des difficultés pour répondre à une
question de méthode ou quand vous serez confronté à un problème qui aura été défini comme
une priorité de recherche.
La nécessité de connaître les méthodes de recherche ne s’applique pas uniquement à celui ou celle
qui a l’intention de « faire de la recherche ». En effet, les activités professionnelles exigent de plus
en plus la capacité d’évaluer et d’utiliser les résultats de recherche, d’apprécier si telle ou telle
étude a été exécutée de façon que nous puissions raisonnablement avoir confiance dans ses
conclusions et savoir si ces conclusions s’appliquent à la situation à laquelle nous sommes
confrontés.
Nous espérons que ces quelques pages vous seront utiles et vous permettront de mieux maîtriser
votre démarche d’investigation et de transmission des informations analysées ; car nous sommes
tous, à des degrés divers, des « consommateurs » et des « diffuseurs » de données d’étude.

GLOSSAIRE

Critère ou critérium : Principe auquel on se réfère et qui permet de distinguer le vrai du faux,
de juger, d’estimer
Echantillon : C’est une fraction représentative d’une population ou d’un univers statistique.
Echantillonnage : En statistique, c’est un procédé faisant intervenir dans le choix d’un
échantillon soit le hasard d’une manière stricte (méthode aléatoire ou probabiliste) soit une
méthode empirique ou raisonnée (enquête par choix raisonné).
Epistémologie : ou réflexion sur les méthodes employées dans les sciences. Son domaine est
plus vaste que celui de la méthodologie, dans la mesure où elle ne se contente pas de décrire les
méthodes propres à chaque science, mais s’efforcer de dégager une méthode universelle pour
connaître la vérité ainsi que le sens de la science dans ses rapports avec la philosophie.
Expérience (s) : C’est l’épreuve qui a pour objet d’étudier un phénomène et d’en chercher les
lois (faire une expérience de chimie) ; c’est aussi un essai tente sur une chose pour en vérifier la
nature et la propriété (faire l’expérience d’un remède).
Expérience (au singulier) : C’est la connaissance des choses ou des personnes acquise par la
pratique (expérience du monde, des affaires. Avoir des années d’expérience). Cependant, en
philosophie le terme d’ «expérience» désigne tantôt l’expérience concrète (expérimentation d’où
par la science), tantôt toute connaissance sensible, tantôt toute connaissance en général et tantôt
l’acquis constitué au long de la vie d’un individu ou de toute l’humanité.
Expérimentation : C’est une méthode scientifique reposant systématiquement sur l’expérience
(vérifier une hypothèse par l’expérimentation). L’expérimentation se distingue de la simple
observation des phénomènes dans la mesure où elle produit elle-même le phénomène dans des
conditions bien déterminées et parfaitement.
Hypothèse : Procédé de raisonnement scientifique qui consiste à supposer quelque chose qu’on
vérifiera par ses conséquences.
Indicateur : C’est la variable qui sert à mesurer le changement.
Méthode : Marche rationnelle de l’esprit pour arriver à la connaissance et à la démonstration de
la vérité.
Méthodologie : Partie de la logique qui étudie à posteriori ; les méthodes des différentes sciences
et leurs types de connaissances.
Norme : C’est la valeur de la variable servant d’indicateur, qui permet de juger, d’apprécier et
éventuellement de décider.
Opération : C’est l’exécution de mesures prises pour la réalisation d’u objet en parlant de la
recherche, des finances, de guerre, de politique etc.).

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Objectif : C’est une formulation explicite d’une intention d’accomplissement avec les conditions
et les moyens fixés préalablement.
Principe :
1. ce qui sert de base à une chose ; cause première ; origine ; source.
2. proposition élémentaire et fondamentale qui sert de base à un ordre de
connaissances (principe de géométrie)
3. proposition logique fondamentale sur laquelle s’appuie le raisonnement (aller du
principe aux conséquences)
4. proposition philosophique qui sert de fondement à une déduction.
Principe méthodologique de la recherche : Est un énoncé logique fondamental sur lequel
s’appuie le raisonnement de la marche rationnelle de l’esprit vers la connaissance et vers la
démonstration de la vérité grâce à un ensemble de travaux ayant pour objet la découverte des
connaissances nouvelles dans le domaine scientifique, littéraire ou artistique.
Proposition :
1. Action de présenter, de suggérer, de soumettre
2. Enoncé d’un état de fait, présenté comme affirmé, contesté ou nié, potentiel ou actuel,
certain ou incertain, démontré ou à démontrer.
Protocole : Ensemble de gestes successifs qu’exécute un technicien conformément à un plan
bien règlé et prévu pour l’opération.

Réalité : C’est l’existence effective (la réalité du monde extérieur). En philosophie le réalisme
matérialiste considère le monde perçu comme la réalité absolue et la sensation comme un contact
originaire avec le réel (Marx ; Sartre=.
Recherche : Ensemble des travaux ayant pour objet le découvert de connaissances nouvelles
dans le domaine scientifique, littéraire ou artistique.
Recherche développement : c’est un ensemble de travaux ayant pour objet la découverte des
connaissances nouvelles applicables à la croissance et à l’organisation harmonieuse d’une
communauté, d’un pays.
Il faut savoir qu’en biologie le concept « développement » doit toujours être perçu sous deux
modalités. En effet le mot « développement » comprend un aspect quantitatif ou croissance et
un aspect qualitatif ou différenciation, celle-ci prenant le nom d’organisation lorsqu’elle aboutit à
l’apparition d’organes fonctionnels.
Recherche appliquée : Est un ensemble de travaux ayant pour objet la découverte des
connaissances nouvelles qui utilisent, pour se développer les progrès des sciences pures ou
sciences fondamentales. Elle ne tient pas toujours compte des moyens disponibles.
Recherche fondamentale : Est un ensemble de travaux ayant pour objet la découverte des
connaissances nouvelles qui se préoccupent davantage de SCIENCE PURE que d’application
pratiques immédiates.

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Recherche pilote : Est un ensemble de travaux ayant pour objet la découverte des connaissances
nouvelles transformant en modèle le domaine scientifique, littéraire ou artistique ou ces
connaissances sont appliquées.

Recherche opérationnelle : Est un ensemble de travaux ayant pour objet la découverte des
connaissances nouvelles qui permettent d’obtenir un rendement maximal avec une quantité de
ressources ou moyens limités.

Genèse du concept « recherche opérationnelle »


Au cours de la deuxième guerre mondiale, les responsables anglo-saxons estimèrent nécessaire
de préparer scientifiquement les décisions. Comme il s’agissait d’apporter une solution rapide à
des opérations d’une urgence particulière (implantation de radars de défense aérienne ;
détermination de la dimension optimale des convois maritimes etc.) on accola au mot
« researchs » le terme d’ « opération » d’ou « opération researchs » qui a donné en français
« recherche opérationnelle ».
Ce procédé peut indiquer comment on peut tirer le meilleur parti possible d’une quantité limitée
de ressources ou de moyens, compte tenu des multiples facteurs qui peuvent intervenir en
rédaction réciproque dans le choix des solutions.
La recherche opérationnelle doit éviter de travailler dans le cadre traditionnel des divisions de
l’entreprise (technique, commercial, financière) ou les points de vue forcément différents sont
souvent en opposition.
Faisons collaborer les spécialistes des diverses branches en rapport avec le problème étudié, elle
doit être entreprise en équipe. Faisant appel à de puissants moyens de calcul et de traitement
mathématique, elle permet de voir les conséquences d’une décision, en réduisant un problème, si
complexe soit-il ; à un modèle schématique, le travail se faisant surtout par analogie.
Cette méthode présente en outre l’avantage de facilite la compréhension de processus souvent
compliqués. Le concept repose sur une intervention pluridisciplinaire, et multi sectorielle.

Science : C’est l’ensemble bien organisé de connaissances relatives à certaines catégories de faits
ou de phénomènes (les sciences orales, les sciences historiques, les sciences physiques, les
sciences mathématiques etc.).
Science (au singulier) : C’est l’ensemble des connaissances des études objectives (justes ou
approchées) sur la nature, sur la société, sur l’homme, sa pensée et ses réalisations (consacrer sa
vie à la science ; être homme de science). Parfois on oppose l’homme de science à l’homme de
lettres.

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Technique : ensemble des procédés d’un art, d’une science, d’un métier.

Variable : C’est un terme indéterminé, qui dans une relation ou une fonction peut être
remplacé alternativement par divers termes déterminés ou constantes, qui en sont les valeurs.
En statistiques on a un certain nombre de variables types.
 Variable aléatoire ou grandeur aléatoire de variables types ;
 Variable continue dont le nombre de valeurs possibles est infini ;
 Variable dépendant ou variable de fonction, est la variable formée par le phénomène à
étudier ;
 Variable discontinue ou discrète, ne peut prendre que des valeurs isolées et bien
déterminées ;
 Variable indépendante, dont on peut choisir à volonté la valeur dans un certain
domaine ; etc.

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