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La suite de Syracuse

Une suite de Syracuse est une suite  un  définie par son terme initial u0  » et par la relation de récurrence
 un

un 1   2
si un est pair

.
 n
3 u  1 si u n est impair

1°) Recopier et compléter le tableau suivant des termes de suites de Syracuse définies par des différents termes
initiaux.

n 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17
un 4
un 5
un 6
un 7

Ce tableau signifie que dans la deuxième ligne, on prend u0  4 , dans la troisième ligne on prend u0  5 etc.

2°) Émettre une conjecture :

« À partir d’un certain rang se reproduit la séquence de termes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . »

Information :

Cette conjecture a été formulée en 1928 par le mathématicien allemand Lothar Collatz, puis présentée à un
colloque de l’université de Syracuse (état de New-York) en 1958. Elle a fait l’objet de nombreuses recherches,
mais aucun mathématicien ne l’a, à ce jour, prouvée ou infirmée.

3°) Rédiger un algorithme en langage naturel qui fait saisir le terme initial d’une suite de Syracuse ainsi qu’un
entier naturel N et qui affiche les N premiers termes de la suite.

4°) Programmer l’algorithme précédent soit sur calculatrice soit sur Algobox.
Écrire le programme sur la copie (indiquer le modèle de calculatrice s’il s’agit d’un programme sur
calculatrice).

5°) Le temps de vol d’une suite de Syracuse représente le rang du premier terme égal à 1.
Modifier l’algorithme du 3°) afin qu’il affiche le temps de vol de la suite au lieu des termes.

Une piste : utiliser une boucle « Tantque ».


Programmer cet algorithme et écrire sur la copie le nouveau programme.

6°) L’altitude maximale est le plus grand terme de la suite.


Modifier l’algorithme précédent pour qu’il affiche également l’altitude maximale de la suite.

7°) Établir un record de temps de vol et d’altitude maximale.

Facultatif : Faire des recherches sur la conjecture de Syracuse.


4°) Programmer l’algorithme précédent soit sur calculatrice soit sur Algobox.
Corrigé
: Prompt U
1°) Recopier et compléter le tableau suivant des termes de suites de Syracuse définies par des différents : Prompt N
termes initiaux. : Disp U
: For (I,1, N)
n 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 : If int  U / 2   U / 2
: Then U/2  U/2
un 4 2 1 4 2 1 4 2 1 4 2 1 4 2 1 4 2 1 : Else 3U  1  U
: End
un 5 16 8 4 2 1 4 2 1 4 2 1 4 2 1 4 2 1
: Disp U
un 6 3 10 5 16 8 4 2 1 4 2 1 4 2 1 4 2 1 : End

un 7 22 11 34 17 52 26 13 40 20 10 5 16 8 4 2 1 4
Sur calculatrice, on peut introduire des « Pause » pour avoir le temps de voir les termes.
2°) Émettre une conjecture :
Sur Algobox, la partie entière est notée Floor.
« À partir d’un certain rang se reproduit la séquence de termes 4, 2, 1.»
5°) Le temps de vol d’une suite de Syracuse représente le rang du premier terme égal à 1.
3°) Rédiger un algorithme en langage naturel qui fait saisir le terme initial d’une suite de Syracuse ainsi Modifier l’algorithme du 3°) afin qu’il affiche le temps de vol de la suite au lieu des termes.
qu’un entier naturel N (set qui affiche les N premiers termes de la suite.
Une piste : utiliser une boucle « Tantque ».
Programmer cet algorithme et écrire sur la copie le nouveau programme.
Entrée :
Saisir u (valeur du terme initiale de la suite) 6°) L’altitude maximale est le plus grand terme de la suite.
Saisir N Modifier l’algorithme précédent pour qu’il affiche également l’altitude maximale de la suite.

Traitement et sorties : 7°) Établir un record de temps de vol et d’altitude maximale.


Afficher u
Pour i allant de 1 à N Faire
u u
Si E   
2 2
u
alors u prend la valeur
2
Sinon u prend la valeur 3u  1
FinSi
Afficher u
FinPour

Deux remarques :

 Le fonctionnement de la boucle suppose que N  2 (attention, à bien mettre N – 1 et non N).


 Si N  0 , on aura uniquement le terme initial qui s’affichera (la boucle ne tourne pas).
Les suites de Syracuse
Définition :

N étant un entier naturel non nul, on appelle suite de Syracuse de N la suite  un  d’entiers naturels définie de
la manière suivante :

• Le premier terme est égal à N : u0  N .

• On passe d’un terme un au terme suivant un 1 de la manière suivante :


1
Si un est pair, on le divise par 2 : un 1  un ;
2
Si un est impair, on le multiplie par 3 et on ajoute l : un 1  3un  1 . altitude
maximale

Exemples :

Suite de Syracuse de 11 : 11 – 34 – l7 – 52 – 26 – 13 – 40 – 20 – 10 – 5 – l6 – 8 – 4 – 2 – 1 – 4 – 2 – 1

Suite de Syracuse de 32 : 32 – 16 – 8 – 4 – 2 – l – 4 – 2 – 4 – 2 – 1 – 4 – 2 – l – 4 – 2 – 1 – 4 – 2 – 1

Vocabulaire :

On constate que lorsqu’on progresse à l’intérieur d’une suite de Syracuse les termes peuvent augmenter, puis
diminuer, puis augmenter à nouveau, etc.
durée du vol en altitude
Cela fait penser à un planeur qui monte ou descend au gré des vents.

D’où le vocabulaire suivant :


- on appelle altitude maximale la valeur du plus grand terme d’une suite de Syracuse. 1
- on appelle durée du vol la plus petite (lorsqu’elle existe) valeur de n pour laquelle un  1 . 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
- on appelle durée du vol en altitude la plus petite valeur de n pour laquelle un 1  N .
durée du vol
Exemple avec la suite de Syracuse de 11 :

11 – 34 – 17 – 52 – 26 – l3 – 40 – 20 – l0 – 5 – 16 – 8 – 4 – 2 – 1 Propriété :

L’altitude maximale est 52. S’il existe un rang p tel que u p  1 , alors la suite de Syracuse est périodique à partir de l’indice p.

La durée de vol est 14.


Démonstration :
La durée de vol en altitude est 7.
On suppose qu’il existe un indice p tel que u p  1 .
Ces trois nombres se visualisent facilement en représentant graphiquement la suite de Syracuse de 11 par des
points d’abscisse n et d’ordonnée un : u p est impair donc u p 1  3u p  1 d’où u p 1  4 .

1
u p est pair donc u p  2  u p 1 d’où u p  2  2 .
2

1
u p 2 est pair donc u p 3  u p 2 d’où u p 3  1 .
2
On a donc u p 3  u p . Les termes après u p 3 sont donc 4 – 2 – 1 – 4 – 1 …
Le cycle 1 – 4 – 2 revient périodiquement à partir de l’indice p.

Plus précisément, soit n un entier au moins égal à p.


• Si n  p  3k où k  » , alors u p  1 .
• Si n  p  3k  1 où k  » , alors u p  4 .
• Si n  p  3k  2 où k  » , alors u p  2 .

Le tableau ci-dessous donne les vingt premiers termes des dix premières suites de Syracuse pour les entiers N
de 1 à 10.

N 1 N2 N 3 N4 N 5 N 6 N 7 N 8 N 9 N  10
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
4 1 10 2 16 3 22 4 28 5
2 4 5 1 8 10 11 2 14 16
1 2 16 4 4 5 34 1 7 8
4 1 8 2 2 16 17 4 22 4
2 4 4 1 1 8 52 2 11 2
1 2 2 4 4 4 26 1 34 1
4 1 1 2 2 2 13 4 17 4
2 4 4 1 1 1 40 2 52 2
1 2 2 4 4 4 20 1 26 1
4 1 1 2 2 2 10 4 13 4
2 4 4 1 1 1 5 2 40 2
1 2 2 4 4 4 16 1 20 1
4 1 1 2 2 2 8 4 10 4
2 4 4 1 1 1 4 2 5 2
1 2 2 4 4 4 2 1 16 1
4 1 1 2 2 2 1 4 8 4
2 4 4 1 1 1 4 2 4 2
1 2 2 4 4 4 2 1 2 1
4 1 1 2 2 2 1 4 1 4

Il semblerait que quelle que soit la valeur de N, il existe un indice p tel que u p  1 .
Cette conjecture est connue sous le nom de conjecture de Syracuse ou conjecture de Collatz.
Cette conjecture a été formulée pour la première fois en 1928 par le mathématicien allemand Collatz (1910 -
1990).
Les ordinateurs les plus puissants ont calculé un très grand nombre de termes pour des milliards de valeurs de N
(jusqu’à N  5  260  5 764 607 523 034 230 000 ) mais jusqu’à aujourd’hui aucun contre-exemple n’a été
trouvé : un des termes de la suite est toujours égal à l.
Les plus grands mathématiciens du monde entier (dont ceux de l’université de Syracuse aux États-Unis) ont
cherché en vain à prouver cette conjecture (ou son contraire).
Selon le mathématicien hongrois Paul Erdös (1913–1996), « les mathématiques ne sont pas encore
suffisamment mûres pour résoudre un tel problème ».

Celui qui prouvera soit que la conjecture de Syracuse est vraie, soit qu’elle est fausse, rentrera dans le Panthéon
des mathématiciens et son nom sera vénéré jusqu’à la fin des temps. Affaire à suivre...