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NOTICE HISTORIQUE.

XXXV

donnent une idée du travail des Romains dans ce genre. NuUe part les aqueducs ne sont
aussi heaux qu'en Espagne: ceux de Merida, de Tolede, de Tarragone , de Chelves, n e le
cedent qu'a celui de Ségovie , le seul au monde qui conserve encore sa premiere destina-
tion , et fournit a cette ville toute l'eau qu'elle consomme. ll en est de meme des théatres,
amphithéatres, cirques, naumachies, thermes o u bains publics. Il est peu de grandes villes
, d'Espagne ou l'on ne r etrouve les ruines de quelques uns de ces monuments; et plusieurs,
telles que Merida, Sagonte, Clunia , Tarragone , ltalica, etc. , les réunissent tous. Le théatre
. de Sag?nte est le mieux conservé de tous ceux que l'on voit en Europe, et celui qui peut
donner le plus d'éclaircissements sur les usages anciens et les dispositions pour rassembler
un granel nombre de sp ectateurs.
Des routes superbes traversoient l'Espagne en plusieurs sens, et p assoient sous des ares
de triomphe , dont plusieurs existent en cor e en entier. Tous ses monumen ts attestent les
uns la magnificence des princes qui visiterent l'Espagne, d'autres celle des rich es habi-
tants qui les re<;urent. On remarque dan:s tous le style dominant ch ez les Romains, prin-
cipalement du temps des emper eurs, et une analogie r emarquahle avec les anticruités du'
midi de la France et des provinces romaines hors du Latium.
L'art de la sculpture fut, ainsi que l'architecture, cultivé p ar les Espagnols sous des
ma.it:res romains ou grecs. Plusieurs statues ~galent les b eaux morceaux de sculpture con-
servés en Italie: Cl'ant.rP-" nnt 1.:t n... c.!l r..:.trtP-rP nrig in a l qne l 'on n P.. tronve qu'en Espagne;
tels sont les taureaux de Guisando et les ~utres taureaux voti fs, ]e bas-reüef représentant
une bataille navale, que l'on voit chez le duc de Medina Creli, ainsi qu'un nombre d'autres
répandus dans les différentes provinces 1 •
L'Espagne le cede encore moins a l'ltalie dans sa richesse en médailles et en inscriptions,
monuments bien supérieurs aux au tres, puisqu'ils tieJ;tnent autant a l'histoire qu'aux
arts. On peut diviser les médailles en trois classes distinctes: 1o les inconnues, écrites en
langue ancienne, saos effigie ni devise d'empereurs , et dont ü seroit difficile de déter-
miner 1'époque; 2o les n1emes médailles, mais du temps des Romains, et sur lesquelles
on voit des exergues latines, et le no m du lieu ou elles furent frappées ; souvent m eme
on y trouve des contre-.p1arques, telles que CA. MS. PR. , etc.; 3 o enfin , l'espece la plus com-
mune, celle des médailles impériales : quoique l'Espagne n'ait eu que pendant quatre-vingt-
dix ans le droit d' en frapper , et qu'elle ~n fut privé sous Caligula , cependant il est aisé
de remarquer dans les différentes collections qu'elles sont les plus nombreuses de toutes.
Quant au travail de ses médailles, il est meilleur en raison de leur anticruité; on y trouve
alors la pureté du style grec, ainsi que nous l'avons observé plus haut: elles différent
dans le poids, quoique de merue grandeur; et il paroit que 1'on n 'attachoit d'im portance
qu'a leur forme. Il est vraisemblable que les Es~agnols , ainsi que les anciens Grecs ,

(I) Je ne parle pas des voies romaines et des pavés en mo- donné un recueil dans l'ouvrage intitulé, Mosa'ique d:ltalica.
sa.lque qui seuls pourroient composer plusie1;1rs ouvrages; j'en ai
X. S

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