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DOSSIER

L’industrie
de la plasturgie
N° 768 – JANVIER 2016 – 5,20 €

■ EN IMAGES ■ LE GRAND ENTRETIEN ■ PERSPECTIVES ■ EN ENTREPRISE


Tous sous un même Yves Roquelaure, médecin Quand l’EPI Rénovation pour
toit pour mieux et chercheur, spécialiste des devient intelligent raccords sans poussières
travailler questions de santé au travail ni manutentions
SOMMAIRE

10 36
© Philippe Castano pour l’INRS

© Fabrice Dimier pour l’INRS


Médecin spécialiste Le port quotidien de centaines
des questions de santé de plateaux dans la restauration
au travail, Yves Roquelaure peut être une source de TMS.
défend une approche Une solution pour y remédier :
interdisciplinaire du sujet. alléger le poids de sa vaisselle.

13
Industrie chimique
par excellence,
la plasturgie est confrontée,
© Philippe Castano pour l’INRS

en plus des risques liés


à l’utilisation des produits
chimiques, aux mêmes
risques professionnels
que toute autre activité
industrielle et demeure
un secteur particulièrement
sinistré.

04 ACTUALITÉS 13 DOSSIER
n TPE-PME dans l’Union européenne. OiRA : des outils L’industrie de la plasturgie
d’évaluation des risques en ligne
n Enquête. Le spleen des cadres 14. À chaud ou à froid, un premier bilan
n Commerces. Une recommandation contre les risques 17. Injecter la prévention
liés à la mise en rayon
en phase de conception
n Conseil d’orientation des conditions de travail.
Le Plan santé au travail 2016-2020 est lancé 20. La lutte contre les TMS,
un projet à long terme
22. Attaquer les risques à la racine
24. Le styrène n’a qu’à bien se tenir
10 LE GRAND ENTRETIEN
Yves Roquelaure, responsable du Laboratoire
d’ergonomie et d’épidémiologie en santé
au travail au CHU d’Angers 26 PERSPECTIVES
« Les questions de santé Technologies. Quand l’EPI
au travail sont plus complexes » devient intelligent

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


28

© Guillaume J.Plisson pour l’INRS


Le plus important fabricant de nougat
de Montélimar a récemment regroupé
toute sa production sous un même toit,
en améliorant sa productivité
et les conditions de travail de ses salariés.

Photo de couverture : Philippe Castano pour l’INRS

Revue mensuelle publiée par l’Institut national


de recherche et de sécurité (INRS)
pour la prévention des accidents du travail
et des maladies professionnelles.
65, boulevard Richard-Lenoir - 75011 Paris.

40
Tél. : 01 40 44 30 00. Fax : 01 40 44 30 41.
Dépôt légal 1950-9005. ISSN 0373-1944.
www.travail-et-securite.fr – www.inrs.fr

E-mail rédaction : ts@inrs.fr.


© Fabrice Dimier pour l’INRS

Quand il s’agit de réaliser le curage Prix au numéro : 5,20 €.


de toute une barre d’immeuble en Abonnement annuel : 46 €.
centre-ville en vue de sa démolition,
Directeur de la publication : Stéphane Pimbert.
le chantier doit être minutieusement
Rédactrice en chef : Delphine Vaudoux.
préparé pour limiter au maximum les
Assistante : Bahija Augenstein, 01 40 44 30 40.
nuisances environnementales et veiller
à la santé et la sécurité des opérateurs. Secrétaire de rédaction : Alexis Carlier.
Rédaction : Antoine Bondéelle, Grégory Brasseur,
Katia Delaval, Céline Ravallec.
Ont collaboré à ce numéro : Philippe Castano,
Fabrice Dimier, Cédric Duval, Éléonore Lamoglia,

28 EN IMAGES Damien Larroque, Grégoire Maisonneuve,


Guillaume J. Plisson.
Agroalimentaire. Tous sous un même toit Rédacteur-graphiste : Amélie Lemaire.
Reporter-photographe : Gaël Kerbaol.
pour mieux travailler Iconographe : Nadia Bouda.
Responsable de fabrication : Sophie Schwab.

Documents officiels : assistance juridique,


36 EN ENTREPRISE 01 40 44 31 63 ou 01 40 44 31 57.
Abonnements-diffusion : 01 40 94 22 22.
36. Troubles musculosquelettiques
Photogravure : Made for com.
Une vaisselle qui pèse dans la prévention Impression : Imprimerie de Compiègne-
38. Rénovation Groupe des imprimeries Morault.

Des raccords sans poussières Ce journal est imprimé par une imprimerie certifiée

ni manutentions Imprim’vert®, avec des encres à base d’huile végétale


sur papier issu de forêts gérées durablement.
40. Chantier
De la réflexion à la démolition

43 SERVICES 10-31-1668 / Certifié PEFC / pefc-france.org

■ Questions-réponses ■ Retour sur ■ Extraits du Journal Officiel

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


ACTUALITÉS
LE CHIFFRE
04
05
12 000
sessions d’évaluation
des risques ont été ouvertes
dans les trois outils OiRA
français destinés
aux secteurs du transport
routier de marchandises
(depuis novembre 2012),

© Albert Pereira pour l’INRS


de la restauration traditionnelle
(depuis janvier 2014) et
de la réparation automobile
(depuis mai 2015).

TPE-PME DANS L’UNION EUROPÉENNE


OiRA : des outils d’évaluation 
des risques en ligne
LES TPE-PME sont souvent démunies face à l’obligation d’évaluer leurs risques
professionnels. L’EU-Osha 1 met à leur disposition, avec l’aide de l’INRS pour la France,
des outils en ligne pour les y aider. Entretien croisé avec Lorenzo Munar, en charge
de la diffusion de ces outils, et Marc Malenfer, de la mission TPE-PME à l’INRS.

Travail & Sécurité. Pourquoi s’appuie sur un outil néerlan- nels, qui développe les décli- d’inspections, d’information ou
proposer des outils en ligne dais d’évaluation des risques naisons sectorielles d’OiRA et de sensibilisation, etc. Lors du
pour l’évaluation des risques qui a fait ses preuves. Il per- les propose aux TPE-PME. Nous déploiement de stratégies de
aux TPE-PME dans l’Union met aux partenaires sociaux avons concentré nos efforts sur prévention aux niveaux natio-
européenne ? sectoriels (organisations d’em- les secteurs suivants : garages naux, ces outils peuvent être
n Lorenzo Munar, chargé ployeurs et de salariés) et aux automobiles, transport routier utilisés avec d’autant plus de
de projet pour l’EU-Osha 1. autorités nationales (États, et restauration traditionnelle. facilités qu’ils sont proposés
Depuis l’adoption et la trans- inspections du travail, instituts Ces trois outils ont été dévelop- aux TPE-PME dans le cadre de
position dans les droits natio- de santé au travail) de produire pés en collaboration avec les ces actions.
naux de la directive cadre des outils d’évaluation spéci- organisations professionnelles n M. M. Pour la France, par
européenne sur la santé et fiques ciblant les petites entre- des professions visées. exemple, les outils font partie
la sécurité au travail 2, l’éva- prises. Près d’une centaine d’un ensemble de supports
luation des risques est consi- de déclinaisons sectorielles Comment s’assurer que destinés aux TPE de ces pro-
dérée comme un élément clé ou nationales d’OiRA sont ces outils seront utilisés fessions (dépliant de mobilisa-
dans la prévention des risques actuellement en ligne ou en à grande échelle par les tion, page web d’information,
professionnels sur l’ensemble cours de développement. Elles patrons de PME et les arti- fiches pratiques). Ces offres
de l’Union. Or de nombreuses sont disponibles pour tous, sans concernés par l’évalua- ont été développées en colla-
études montrent que les TPE mais sont développées pour tion des risques dans leur boration avec la direction des
ont du mal à se conformer à des secteurs d’activités spé- entreprise ? risques professionnels de la
cette obligation, qu’elles jugent cifiques, et dans la langue de n L. M. Ces outils ne consti- CnamTS et les Carsat, dans le
complexe. Les outils OiRA 3, leur pays d’origine. À ce jour, tuent pas une fin en soi, mais cadre des programmes natio-
disponibles gratuitement sur seize pays ont déjà participé, bien une aide à la mise en naux visant les TPE de ces sec-
internet et faciles à utiliser, en proposant des déclinaisons place de l’évaluation et de teurs. n
visent à proposer une éva- d’OiRA. Une dizaine d’outils mesures de prévention dans 1. Agence européenne pour la
luation des risques, à la fois sectoriels, rédigés en anglais, les TPE-PME de l’Union. Ils sécurité et la santé au travail. Pour en
simple et effective, aux TPE- concernent l’ensemble de sont d’autant plus utilisés, et savoir plus : https://osha.europa.eu/fr.
PME dans l’Union européenne. l’Union. La France, avec l’INRS efficaces, quand ils accom- 2. Directive n° 89/391/CE du Conseil
du 12 juin 1989 visant à promouvoir
notamment, est très active sur pagnent des politiques natio-
l’amélioration de la santé et de la
Comment s’organise l’offre les outils développés. nales ou sectorielles de pré- sécurité au travail.
des outils OiRA : par pays, n Marc Malenfer, chargé de vention des risques. Un certain 3. OiRA : Online interactive risk
par secteurs d’activité… ? mission TPE-PME à l’INRS. nombre d’États membres les assessment (évaluation des risques
n L. M. Le logiciel OiRA, déve- Pour la France, c’est l’INRS, en utilisent déjà comme une aide interactive en ligne). Pour en savoir
plus : www.inrs.fr/oira.
loppé par l’EU-Osha depuis lien avec le réseau Assurance à l’évaluation des risques,
2009 et utilisé depuis 2010, maladie-risques profession- en lien avec des campagnes Propos recueillis par A. B.

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


ACTUALITÉS
ENQUÊTE CONVENTION
Pour prévenir 
Des cadres mitigés les risques 
dans les garages

C
Le CNPA, la FNAA 1, la CnamTS et
ompliqué d’être un cadre à 66 % se disent non associés aux décisions
l’INRS ont signé une convention
l’heure actuelle… C’est ce qui stratégiques, et cela même au niveau de
de partenariat intitulée « Chargé
ressort d’une enquête réalisée leur service ou département pour 40  %
de mission TPE Garages » pour  
par TNS Sofres pour la CFDT d’entre eux.
la période 2016-2017. Objectif :
Cadres 1. En effet, près d’un cadre Enfin, s’ils estiment en majorité avoir les
mener une expérimentation
sur deux s’estime perdant dans son « deal moyens de s’adapter aux changements, d’accompagnement et d’appui
avec l’entreprise ». Plus précisément, 46 % les cadres se montrent assez sévères sur auprès des très petites
d’entre eux estiment que le bilan entre leur la gestion et l’anticipation des transfor- entreprises de la réparation
investissement et ce qu’ils obtiennent de la mations au sein de leur organisation. Ils automobile. Après la création  
part de leur entreprise est déséquilibré. En sont 64 % à affirmer que les changements d’un espace dédié (www.inrs.fr/
revanche, les cadres sont plutôt satisfaits ne sont pas bien anticipés par les entre- garages), cet accord prévoit  
des marges de manœuvre dont ils dis- prises. L’impact du digital sur leur travail le déploiement de dix chargés  
posent. Mais plus d’un tiers déplorent tou- est diversement perçu par les cadres, mais de mission (cinq pour le CNPA,
tefois un manque d’autonomie dans la fixa- quatre sur dix ne se sentent pas accompa- cinq pour la FNAA) qui visiteront
tion des rémunérations de leurs équipes, gnés par leur entreprise ou administration les garages de plusieurs régions
la définition de leurs propres objectifs et (surtout dans le public). afin de les accompagner dans
les interlocuteurs avec lesquels travailler. Leurs attentes pour mieux vivre leur travail leur démarche de prévention.
sont nombreuses et s’articulent autour de
la reconnaissance (76 %), du développe-
ment des compétences ou de l’expertise
(74 %) et de l’équilibre vie professionnelle-
vie privée (73 %). Enfin, les cadres ont une
attente très claire vis-à-vis des syndicats :
négocier avec la direction de leur organi-

© Grégoire Maisonneuve pour l’INRS


sation, pour 58 % d’entre eux. Les conseils
et le soutien juridique sont également des
dimensions sur lesquelles le syndicat est
perçu comme légitime. n
© Gaël Kerbaol/INRS

1. Enquête menée entre le 14 et 22 septembre 2015


auprès d’un échantillon national représentatif
de 1 000 cadres : 750 du secteur privé et 250
du secteur public (hors enseignants).
D. V.
Ce partenariat s’est donné
plusieurs buts :
• mobiliser les chefs d’entreprise
L’utilisation excessive des téléphones sur les questions de prévention, 

• faire la promotion d’outils  
portables au travail est montrée du doigt, et de conseils afin d’apporter

que ce soit en réunion ou en entretien en des solutions concrètes  


et adaptées aux professionnels, 

face à face 1. Ainsi, plus d’un salarié • inciter les chefs d’entreprise  
à s’équiper de dispositifs
sur deux (53 %) trouve insupportable favorisant la prévention autour

qu’un collègue réponde à un appel des quatre risques majeurs


identifiés dans la profession :
téléphonique pendant une réunion interne. risque chimique, 
troubles
musculosquelettiques, chutes
1. Selon une enquête réalisée par Ginger auprès de 1 001 personnes pour le cabinet de conseil Eléas,
spécialisé dans la prévention et la gestion des risques psychosociaux. de hauteur et
 chutes de
plain-pied. 

La présence du chargé de mission
permettra de proposer aux
professionnels des solutions
PERSONNES HANDICAPÉES
adaptées et de présenter  
Prévenir l’inaptitude
les dispositifs d’incitations
La Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH) s’est tenue  
financières qui lui donneront  
du 16 au 22 novembre 2015, avec pour thème, cette année, la sécurisation des parcours.
les moyens 
d’investir dans  
En France, 2,5 millions de personnes en situation de handicap sont concernées par
des installations ou équipements
l’insertion professionnelle et le maintien dans l’emploi dans les secteurs public et privé.
pour améliorer les conditions  
« Aujourd’hui, environ 65 000 personnes sont licenciées chaque année pour inaptitude »,  
de travail de ses salariés. 

a déploré Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle  
1. Conseil national des professions
et du Dialogue social, qui a également appelé à « agir en amont et prévenir ces situations de l’automobile, Fédération nationale
grâce à une action coordonnée des acteurs ». de l’artisanat automobile.

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


ACTUALITÉS
COMMERCES
06
Une recommandation contre les
NORD-
PICARDIE

07 NORMANDIE
ILE-DE- ALSACE

risques liés à la mise en rayon


FRANCE MOSELLE
NORD-EST
BRETAGNE

PAYS
DE LA LOIRE CENTRE
BOURGOGNE
FRANCHE-COMTÉ

AVEC L’ENTRÉE en vigueur au 1er janvier 2016 de la


CENTRE-OUEST

RHÔNE-ALPES

recommandation R478, c’est la prévention des risques liés


AUVERGNE

AQUITAINE

à la manutention manuelle lors de la mise en rayon qui est ciblée.


LANGUEDOC
MIDI-PYRÉNÉES ROUSSILLON SUD-EST

Une nouvelle mesure qui s’inscrit dans une politique globale


de prévention des risques dans la grande distribution.

L
LES RÉGIONS
a manutention et la manipulation à 400 m2, c’est-à-dire les supermarchés et
n ALSACE-MOSELLE manuelles des produits lors de leur les hypermarchés. « Ce qui inclut les drives,
La Carsat Alsace-Moselle a mise en rayon dans le secteur du qui seront dans les mêmes codes risques à
décerné les trophées de son commerce de détail peuvent générer partir de janvier 2016 4 », souligne-t-il. Les
concours sécurité au début   des accidents du travail et des mala- entreprises d’intérim, les sous-traitants et
du mois de décembre dernier. dies professionnelles. Forte de ce constat les fournisseurs effectuant de la mise en
L’objectif est « d’honorer des l’Assurance maladie a rédigé et publié la rayon dans ces établissements sont aussi
acteurs d’entreprises méritants recommandation R478, « Mise en rayon - concernés. En revanche, le texte n’inclut
en matière d’hygiène, de sécurité prévenir les risques liés à la manutention pas les étals de fruits et légumes, ni les
et de conditions de travail ».   manuelle » 1, entrée en vigueur le 1er janvier stands de vente traditionnelle.
Ce palmarès distingue   dernier. « Elle propose des mesures de pré- Au-delà du texte, c’est une action coordon-
les réalisations individuelles   vention à caractère technique, organisation- née qui est mise en place par l’Assurance
et collectives en matière de nel ou individuel permettant de réduire les maladie, avec des échéances précises. La
sécurité, les actes de sauvetage
risques auxquels sont exposés les salariés mise en œuvre a débuté le 1er janvier 2016,
ou encore les personnes  
lors de la mise en rayon », résume Vincent avec pour objectif de faire réaliser à toutes
dont l’engagement en faveur  
Corlier, ingénieur-conseil à la Cramif et cor- les enseignes un état des lieux au premier
de la prévention est exemplaire.  
respondant national des enseignes, qui a trimestre. « La planification des mesures
Au total, 326 diplômes et  
5 médailles ont été décernés.
présenté le texte lors d’une journée dédiée à sera établie en fonction des résultats de
sa mise en œuvre, organisée par la CnamTS l’évaluation des risques propres à chaque
n CENTRE-VAL-DE-LOIRE le 25 novembre 2015. établissement et de la capacité de déploie-
Depuis le début du mois de Les salariés concernés par la mise en ment des mesures de prévention définies
novembre 2015, la Carsat Centre   rayon sont principalement exposés à des par une enseigne », précise le texte. « Elle
a officiellement pris le nom   contraintes articulaires pour le rachis (tronc devra être adaptée également au contexte
de Carsat Centre-Val-de-Loire. penché), les épaules (bras tendus en avant local du magasin, souligne Vincent Corlier.
Cette évolution vise à faire ou en hauteur), les poignets (flexion-exten- La plupart des objectifs sont déjà atteints
coïncider l’appellation de
sion), les genoux (appui sur les genoux, par de nombreux établissements. » Un
l’organisme avec celle de la
position accroupie) et à des contraintes mus- point sera fait en juin 2016. Les enseignes
région, qui constitue sa zone  
culaires liées à des efforts importants. Outre devront élaborer un plan de suppres-
de compétence territoriale.  
ces risques de troubles musculosquelet- sion progressive de la dépote au sol, qui
À l’instar de toutes les Caisses
tiques (TMS), des risques de chute d’objets devra être intégralement respecté au
régionales d’assurance retraite  
et de la santé au travail, 
et de chute de hauteur sont aussi à prendre 31 décembre 2017. Le CTN D s’était de son
la Carsat Centre-Val-de-Loire en compte. C’est l’ensemble de ces risques côté engagé à communiquer sur ce texte
exerce trois missions parmi qui sont visés par cette recommandation. auprès des entreprises et des partenaires
lesquelles la prévention   sociaux avant la fin du second semestre
des risques professionnels. Drives inclus 2015. n
L’adresse de son site internet Le projet de recommandation a été initié en 1. En savoir plus : le texte intégral est téléchargeable
reste www.carsat-centre.fr. 2012, dans un contexte de forte augmen- sur le site www.ameli.fr.
tation des TMS. Après trois ans de travail 2. « L’évaluation des risques liés à la manutention
n CENTRE-VAL-DE-LOIRE avec les partenaires sociaux et les repré- manuelle des charges au poste d’encaissement
Une présentation du logiciel dans les hypermarchés et supermarchés – Limites
sentants des employeurs, le texte a été
Seirich – pour Système pratiques permettant de diminuer les risques dus aux
adopté en avril 2015 à l’unanimité par le manutentions manuelles ». Cette recommandation,
d’évaluation et d’information sur
comité technique national des services, applicable aux supermarchés et aux hypermarchés,
les risques chimiques en milieu a été adoptée par le CTN D en 2008.
commerces et industries de l’alimentation
professionnel – sera organisée  
en région Centre-Val-de-Loire  
(CTN D). « Cette recommandation s’inscrit 3. « Limites pratiques permettant de diminuer
dans la continuité des précédentes adop- les risques dus aux manutentions manuelles
à Orléens le 17 mars prochain. de produits ou colis palettisés au-delà de 1,80 m
Son objectif est de faire   tées par le secteur de la grande distribu- (hauteur s’entendant support et chargement) ».
connaître l’outil à ses utilisateurs tion, telle que la R440 2 et la R461 3 », pré- Cette recommandation, applicable aux
potentiels : entreprises, cise Vincent Corlier. Elle est en adéquation supermarchés et aux hypermarchés, a été adoptée
par le CTN D en 2011.
collectivités, services de santé   avec les autres programmes de prévention,
4. Correspondant aux numéros de risques Sécurité
au travail, etc. Pour tout et notamment le programme TMS Pros.
sociale : hypermarchés 52.1FA et supermarchés
renseignement et la liste des Elle s’applique aux commerces de détail non 52.1DA. Leurs codes NAF respectifs sont 4711F
villes où ce logiciel sera présenté : spécialisés à prédominance alimentaire et 4711D.
www.carsat-centre.fr. et dont la surface de vente est supérieure K. D.

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


ACTUALITÉS

L’IMAGE DU MOIS
La Zac de Clichy-Batignolles se déploie sur 54 hectares au Nord 
de Paris. Ce nouveau quartier, actuellement en construction, mixera 
logements, commerces et bureaux. C’est là que le nouveau Palais 
de justice de Paris sera installé, mais également le fameux 
« 36, quai des Orfèvres », la direction régionale de la police judiciaire.  
25 grues ont été déployées sur le chantier et, sur recommandation 
de la Cramif, un système de gestion des interférences avec logiciels 
de supervisions des grues a été mis en place afin de limiter 
les risques liés à la coactivité. Cet outil permet également 
de coordonner au mieux les livraisons des camions dans une zone 
où la circulation est un problème récurrent.

© Gaël Kerbaol/INRS

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


ACTUALITÉS
CONSEIL D’ORIENTATION DES CONDITIONS DE TRAVAIL
08
09 Le Plan santé au travail 
2016-2020 est lancé
LE CONSEIL D’ORIENTATION des conditions de travail (Coct),
réuni sous la présidence de Myriam El Khomri, ministre
chargée du Travail, a adopté le Plan santé au travail
2016-2020 (« PST 3 ») dans sa version définitive,
LE MONDE le 8 décembre dernier.
n ALLEMAGNE

L
Une chaise de bureau qui sert
e Plan santé au travail (PST 3) et en sécurité au travail à renforcer :
d’échelle, un tournevis de burin
pour la période 2016-2020  1
a l’évaluation des risques et la planifica-
ou du solvant pour se laver  
les mains… L’utilisation détournée
été adopté par le Conseil d’orien- tion de la prévention (notamment dans
des équipements provoque
tation des conditions de travail les TPE-PME) ; la formation initiale et
souvent des accidents.   (Coct) sous la présidence de continue en santé et sécurité au travail,
L’assurance accident allemande   Myriam El Khomri, la ministre du Tra- et en management de la prévention ; et
a lancé une campagne   vail, de l’Emploi, de la Formation pro- les actions d’information et de commu-
en direction des écoles fessionnelle et du Dialogue social, le 8 nication autour de la prévention. n
professionnelles. Destinée   décembre dernier. Ce plan comprend 1. Sur les grandes orientations du PST 3, lire
aux apprentis, elle a pour slogan : trois axes (les deux premiers étant qua- « L’approche positive du travail, facteur de santé »,
lifiés de « stratégiques », le troisième de Travail & Sécurité n° 759, mars 2015, p. 8.
« Une formation top niveau  
= sécurité + respect des règles   « support ») : 2. En médecine, la prévention « primaire » consiste
à éviter l’apparition des risques pour
+ qualité ». • prévention « primaire » 2 et culture de
la santé ou la sécurité, ou à en limiter les facteurs
prévention ; à la source.
n BELGIQUE
• q ualité de vie au travail, maintien en A. B.
Une loi approuvée à la fin du mois
emploi et performance ;
de novembre 2015 modifie  
le financement, par les
• d ialogue social et système d’acteurs.
entreprises, des services Le premier axe, qui donne la priorité à En savoir plus
externes pour la prévention   la prévention et au développement de n HTTP://travail-emploi.gouv.fr/actualite-
et la protection au travail la culture de prévention dans les entre- presse,42/communiques,2138/adoption-
auxquels elles ont recours.   prises et auprès des travailleurs, vise du-3eme-plan-sante-au,19096.html.
Au-delà des simples questions   notamment à aider les acteurs en santé
de tarification, il s’agit de mieux
prendre en compte la prévention
des risques en rapport avec  
CONFLITS INTERGÉNÉRATIONNELS
le bien-être au travail. 7 salariés français sur 10 concernés
n ESPAGNE Le vieillissement de la population en Europe est un phénomène social qui se rencontre
Le syndicat CCOO (Confederación aussi dans le milieu professionnel. L’association au sein des entreprises de jeunes salariés
sindical de comisiones obreras)   et de collaborateurs plus âgés est une réalité en constante augmentation. La société ADP,
a lancé une campagne visant   spécialisée dans les ressources humaines, s’est penchée sur le sujet au travers  
à mieux prévenir les maladies d’une enquête qu’elle a fait réaliser dans huit pays européens 1. Il en ressort une part
liées à l’amiante et à mieux importante de conflits
prendre en compte celles intergénérationnels au travail : 71 %  
d’origine professionnelle, des salariés français estiment être
notamment chez les seniors.   confrontés à ce type de problème.  
En effet, selon cet organisme, Des désaccords qui s’expliquent par  
seuls 2 % des cas seraient les différences de valeurs, de modes  
reconnus comme maladies de travail et de compétences entre  
professionnelles, alors que   les générations. Néanmoins,
75 % des cas de mésothéliome l’incompréhension n’est pas totale.  
© Gaël Kerbaol/INRS

pleural seraient dus à l’exposition  


En dépit de leurs différences, 92 %  
à l’amiante au travail.
des salariés, en France comme dans
n ÉTATS-UNIS toute l’Europe, estiment que  
À partir d’une revue de la les jeunes disposent des compétences
littérature scientifique,   pour réussir dans leur travail. Un bon
le Breast Cancer Fund (fonds point de départ pour travailler
contre le cancer du sein) a mis   ensemble, tous âges confondus, et permettre aux entreprises de tirer parti des qualités
en évidence plus de vingt inhérentes à chaque génération. Le rapport « The Workforce View in Europe 2015/16 » est
professions associées   téléchargeable sur le site d’ADP : fr.adp.com.
à un risque accru de cancer   1. ADP a confié la réalisation de cette étude à Opinion Matters, en juillet 2015. L’échantillon interrogé
du sein par rapport   comprenait 11 257 adultes actifs dans huit pays européens : l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie,
à la population générale. les Pays-Bas, la Pologne, le Royaume-Uni et la Suisse.

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


ACTUALITÉS
LES PARUTIONS
L’AGENDA
n La restauration collective réglementées par l’arrêté du 4 novembre n Paris, les 21 et 22 janvier 2016
Dédié à l’exploitation des établissements  1993 modifié, en fonction de leur objet. Perturbateurs endocriniens
de restauration collective, le guide   Cette plaquette de quatre pages rappelle Le Programme national  
La restauration collective – Aide au les principes de la réglementation en de recherche sur les
repérage s’adresse aux chefs d’entreprise, matière de signalisation de santé et perturbateurs endocriniens
employeurs, exploitants et gérants,   sécurité au travail. Elle présente les (PNRPE) organise son deuxième
ainsi qu’aux autres acteurs de la principaux symboles graphiques à faire colloque international. Son
prévention des risques professionnels figurer sur les panneaux de signalisation objectif est de faire le point sur
(membres de CHSCT, médecins du travail, des lieux de travail : symboles d’interdiction les connaissances et les effets
inspecteurs du travail, préventeurs   (cercle rouge barré), d’obligation (rond  nocifs des perturbateurs
de la Sécurité sociale…). Il a pour objectif   à fond bleu), d’avertissement (triangle  endocriniens sur les
de les aider à identifier les risques à fond jaune), de sauvetage et de secours écosystèmes et la santé  
et de débattre des défis
professionnels dans leurs établissements (carré à fond vert) ou concernant 
auxquels doivent faire face  
afin qu’ils puissent mettre en place   le matériel et l’équipement de lutte contre
les différents acteurs.  
des moyens de prévention.  l’incendie (carré à fond rouge).
Destiné aux chercheurs,  
Il présente : ED 885
aux gestionnaires de risques
• les enjeux de la prévention des risques
et aux autres parties
professionnels sur les plans n Aide au choix d’un équipement prenantes, il abordera  
réglementaire, humain et financier ; de travail en hauteur les points suivants :
• un rappel de la démarche d’évaluation des Destiné aux entreprises chargées  • les effets épigénétiques  
risques dans laquelle s’inscrit l’étape du de réaliser des travaux sur façade,  et transgénérationnels ;
repérage des dangers ; le document a été conçu pour faciliter   • les mécanismes d’adaptation
• une aide au repérage des risques : ceux le choix de l’équipement de travail en des écosystèmes ;
communs aux unités de travail (sols, hauteur, selon les types de travaux.  • les désordres métaboliques  
énergies) d’une part, et ceux spécifiques Il constitue un outil qui aide notamment   et le diabète ;
à chaque unité de travail (stockage, à satisfaire à l’obligation réglementaire  • le neurodéveloppement  
cuisson…) d’autre part. Cette aide est de réalisation de l’examen d’adéquation  et les mécanismes
présentée sous forme de séries de de l’équipement. Il propose, tout d’abord, neuroendocriniens ;
questions, assorties de propositions une grille pour faciliter la sélection  • le système reproducteur
d’actions de prévention. des équipements au regard des travaux   (avec un focus sur  
ED 6075 à effectuer. Ensuite, un recueil de fiches les organes feminins) ;
d’adéquation se rapportant à chacun   • les pesticides et toxines
naturelles dans l’alimentation ;
n La signalisation de santé des équipements considérés guide le chef
• le système immunitaire  
et de sécurité au travail d’entreprise utilisateur dans la validation
et les allergies ;
Les symboles graphiques sont de la pertinence de l’équipement retenu,  
• le cancer ;
particulièrement nombreux et on en trouve et lui permet d’arrêter son choix.
• le bisphénol A 
partout. Leur forme et leur couleur sont ED 6195
et ses substituts.
Les brochures sont à consulter et à télécharger sur www.inrs.fr Pour tout renseignement
et inscription :
ou à demander auprès des Caisses régionales (Carsat, Cramif et CGSS).
www.pnrpe.fr/documents.html.

n Arras, le 23 janvier et Lille,


le 30 janvier 2016
HYPER ET SUPERMARCHÉS Usure et désinsertion
Des fiches pratiques actualisées professionnelle dans
les TPE du BTP
L’Assurance maladie vient d’actualiser les L’ISTNF (Institut de santé au
fiches pratiques de prévention des risques travail du Nord de la France)
contenues dans le guide intitulé Hypermarchés organise à l’initiative du réseau
et supermarchés et élaboré en 2004 par la régional Santé travail maintien
Carsat Languedoc-Roussillon. Ce travail a été dans l’emploi, en partenariat
© Serge Morillon/INRS

réalisé à partir des mesures de prévention avec les services de santé  


observées dans les établissements et celles au travail, le RSI Nord–Pas-de-
issues des priorités d’actions déployées dans Calais et l’OPPBTP et avec  
ce secteur, à travers notamment le PNAC le soutien de la Direccte 
2009-2013 et l’action nationale plus récente Nord–Pas-de-Calais,  
TMS Pros. Par ailleurs, trois nouvelles fiches   des séminaires pour
ont été créées :   sensibiliser les TPE et les
• la fiche 20 bis qui reprend les points clés relatifs à l’intégration des référentiels artisans du BTP à la prévention
ergonomiques définis dans la norme NF X 37-701 et dans le guide INRS ED6080 ; de l’usure professionnelle  
et de la désinsertion
• la fiche 25 sur les drives, nouveau mode de distribution des marchandises à la clientèle ;
professionnelle.
• la fiche 25 bis qui intègre le référentiel de prévention élaboré par le réseau de l’Assurance
Pour tout renseignement et
maladie-risques professionnels pour la conception des drives.
inscription : http://istnf.fr/
Ces fiches s’adressent aux directeurs et aux salariés des magasins, mais aussi à tous les
theme-35-1462-0.html.
acteurs des enseignes en charge de la conception, de l’aménagement et de l’organisation
d’hyper et de supermarchés, et sont disponibles sur le site http://www.ameli.fr.

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


LE GRAND ENTRETIEN
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« Les questions de santé au


travail sont plus complexes »
Responsable du Laboratoire d’ergonomie et d’épidémiologie en santé au travail (Leest)
au CHU d’Angers, YVES ROQUELAURE défend une approche interdisciplinaire des questions
de santé au travail. Ce médecin, à la fois homme de terrain et chercheur, nous livre
sa vision des évolutions et des enjeux dans ce domaine.

Vous dirigez le Laboratoire d’ergonomie et


d’épidémiologie en santé au travail (Leest)
REPÈRES l’emploi des personnes souffrant de TMS. Nous
contribuons également aux politiques de santé au
au CHU d’Angers. Qu’est-ce qui vous a n 1985-1990 : interne travail.
amené, dans votre parcours, vers les problé- en médecine du travail. Le laboratoire a été créé en fédérant des équipes
matiques de santé au travail ? n 1985 : maîtrise de hospitalo-universitaires en santé au travail, méde-
Yves Roquelaure. Le travail est un domaine physiologie du travail. cine physique et de réadaptation, médecine géné-
auquel je me suis intéressé très tôt. Dès la troisième n 1988 : DEA de rale et ergonomie afin de mettre en œuvre une
année de médecine, je me suis penché sur les biomécanique. approche pluridisciplinaire des pathologies d’ori-
questions d’écologie humaine, à savoir l’approche gine professionnelle. Aujourd’hui, il est constitué de
n 1990 : praticien
systémique de l’homme dans son environnement. 20 personnes, représentant environ 10 équivalents
hospitalier au CHU
J’ai suivi des cours de physiologie du travail et, temps-plein. Le laboratoire est chargé par l’InVS de
d’Angers.
au fil des rencontres, je me suis progressivement mettre en œuvre son programme de surveillance
tourné vers la santé au travail. Au cours de mon n 1990 : thèse épidémiologique des TMS dans la population des
internat en médecine du travail, en 1985, j’ai par- de médecine en Pays-de-la-Loire depuis plusieurs années, une
ticipé à l’une des premières enquêtes épidémiolo- neurotoxicologie. surveillance qui s’est étendue au niveau national.
giques par secteur en France, dans l’industrie de la n 1999 : thèse de
chaussure, qui à l’époque employait 20 000 sala- sciences en ergonomie. En tant que praticien, comment percevez-
riés dans la région Pays-de-la-Loire. Nous recher- n 2005 : création vous l’évolution de la santé des travailleurs ?
chions des pathologies liées à l’utilisation de officielle du Leest.
Y. R. Les choses ont beaucoup changé. J’ai com-
produits chimiques et nous avons trouvé des mencé à une époque où l’on parlait essentielle-
n 2006 : professeur
troubles musculosquelettiques (TMS) chez 50  % ment du risque chimique, de certains risques
des universités-
des piqueuses à la machine... Par la suite, j’ai fait physiques (bruit, vibrations…) et des risques liés
praticien hospitalier  
une thèse de sciences, sous la direction d’Antoine aux machines, c’est-à-dire des risques que l’on
au CHU d’Angers.
Laville, spécialiste de l’ergonomie, sur la pluridis- peut mesurer et sur lesquels il est possible d’agir
ciplinarité en santé au travail. Plus précisément, il n 2009-2015 : avec des principes d’ingénierie. Puis sont arrivés
était question de croiser quatre disciplines – l’ergo­ membre du board les TMS, les risques psychosociaux (RPS), et nous
nomie, la psychologie au travail, l’épidémiologie et de la commission sommes entrés dans une dimension plus subjec-
la biomécanique – pour concevoir un outil de tra- internationale de tive du travail, plus complexe aussi à appréhen-
vail. Les résultats de ces recherches, avec l’aide du santé au travail der. Aujourd’hui, notre patientèle est constituée
réseau de l’Assurance maladie-risques profession- (ICOH - International pour environ moitié de cas de rhumatologie, un
nels et de la Mutualité sociale agricole (MSA), ont Commission on tiers de troubles psychosociaux et 20 % de can-
mené à la fabrication d’un sécateur pour tailler la Occupational Health). cers professionnels. Comme dans la plupart des
vigne. Aujourd’hui, je travaille sur les TMS, à la fois services, nous ne pouvons que faire le constat
en consultation et sur des activités de recherche. d’une très nette augmentation des troubles psy-
Au Laboratoire d’ergonomie et d’épidémiologie en chosociaux. Ce n’est pas tant que le travail soit
santé au travail au CHU d’Angers, nous avons déve- plus dur qu’avant. Physiquement, il l’est d’ailleurs
loppé cette approche croisée fondée sur l’interdis- plutôt moins. En revanche, le système est plus dur.
ciplinarité. Nous avons vécu la fin du règne de l’entreprise
fordiste. Les modèles et parcours professionnels
Pouvez-vous nous préciser l’activité du Leest ? ne sont plus aussi stables qu’avant. Dans une
Y. R. Nous travaillons sur les TMS, en premier lieu même entreprise, il est fréquent de rencontrer
sur un volet épidémiologique descriptif, visant à des types d’organisation très différents. De ce fait,
informer les pouvoirs publics de l’importance du des personnes habituées à des organisations tra-
problème et à rechercher des facteurs de risque, ditionnelles dures mais prévisibles se retrouvent
liés notamment à l’organisation du travail. Nous dans des situations plus imprévisibles. Beaucoup
sommes d’ailleurs une unité associée à l’Institut de nos patients expriment une certaine souffrance
de veille sanitaire (InVS). Un second volet consiste vis-à-vis de ces environnements mouvants et peu
à mettre au point des stratégies de maintien dans sécurisants.

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


LE GRAND ENTRETIEN

© Philippe Castano pour l’INRS


Yves Roquelaure
est responsable du
Laboratoire d’ergonomie
et d’épidémiologie en
santé au travail (Leest)
au CHU d’Angers.

Avez-vous le sentiment que certains phé- gagner en productivité, ce qui limite les possi-
nomènes, tels que l’hyperconnectivité et bilités de reclassement en interne. Du coup, le
la difficulté à « décrocher » de son travail, maintien dans l’emploi se fait dans d’autres entre-
contribuent à cette poussée des risques psy- prises, avec souvent une perte de salaire. Les
chosociaux ? questions de vieillissement au travail sont donc
Y. R. Les risques psychosociaux concernent les plus difficiles à gérer, surtout pour certains corps
employés comme les cadres, dans tout type d’acti- de métiers (métiers peu qualifiés, travailleurs de
vité. Nous voyons effectivement des salariés qui nuit…). Le travail est d’ailleurs perçu comme de
n’arrivent pas à décrocher de leur travail, mais ce
que l’on constate surtout c’est une déshumanisa-
tion des rapports au travail. Je vois des gens bles-
sés par des mails. Des collègues qui ne se parlent
plus. C’est le règne de l’instantanéité. À mon sens,
Il est indispensable d’initier
on ne laisse pas assez de temps à la réflexion col- une réflexion sur les parcours
lective dans nos organisations, notamment sur le professionnels : on ne peut
contenu et les critères de qualité du travail. Et on
en demande toujours plus aux salariés. Dans tous pas faire la même chose
les secteurs, le stress augmente. à 20 ans et à 65 ans.
Avec une population active qui vieillit, de
nouvelles questions se posent.
Y. R. Nous constatons effectivement qu’il y a une plus en plus excluant. En consultation, beaucoup
difficulté croissante pour les seniors à se mainte- de travailleurs font état d’une pression qui s’est
nir dans certains emplois. Avant, quand les tra- accrue : «  Il faut toujours être au top. » Celui qui
vailleurs vieillissaient, la progression sociale au ne l’est plus se retrouve souvent isolé, car il y a
sein de l’entreprise faisait tampon en offrant, en une forme d’individualisation croissante des rela-
fin de carrière, des métiers physiquement moins tions de travail. Le salarié se retrouve davantage
difficiles. Ainsi, il existait des postes « doux », où seul quand il a un souci. Du coup, on assiste à une
l’on pouvait placer les personnes en difficulté. Ces médicalisation des rapports sociaux, à un trans-
postes ont pour beaucoup été externalisés pour fert de problématiques sociales vers le médical : le

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016
LE GRAND ENTRETIEN
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médecin, souvent le médecin traitant d’ailleurs, se voit depuis une dizaine d’années l’État faire des
retrouve l’interlocuteur de problématiques telles tentatives dans ce sens avec des plans de santé
que le harcèlement qui avant étaient davantage au travail. Ceux-ci visent à intégrer les actions
prises en charge directement par les syndicats, effectuées par les entreprises dans une politique
les collectifs de travail, etc. générale de santé au travail, s’inspirant de ce qui
Mais s’intéresser au problème du vieillissement est fait en santé publique. Avec une organisation
sous le seul prisme des seniors serait insuffisant du travail devenue plus souple, plus floue et plus
et problématique à terme, comme l’a montré le imprévisible, les questions de santé au travail
Centre de recherches sur l’expérience, l’âge et sont plus complexes pour tout le monde : les pré-
les populations au travail (Creapt). Il faut s’y inté- venteurs, les chefs d’entreprise et les salariés. La
resser dès le début de l’activité professionnelle médecine du travail, qui s’est elle-même fondée
et prendre en considération l’ensemble des par- sur des modèles organisationnels stables en voie
cours. Les jeunes aujourd’hui peinent à accéder à de disparition, doit également s’interroger. Nous
des emplois stables, durables, de qualité et avec sommes dans une période de transition. La santé
des perspectives de développement. Et ils ont au travail doit être plus organisée et plus souple
davantage de tâches pénibles. pour s’adapter aux évolutions du monde du travail,

On comprend bien que le maintien dans


l’emploi va être une question centrale dans
la société de demain. Quelle approche pro-
posez-vous ?
On ne laisse pas assez de temps
Y. R. Il est difficile de donner une solution clé à la réflexion collective dans
en main. Travailler sur les questions de maintien nos organisations, notamment
dans l’emploi est évidemment nécessaire mais
insuffisant, car on se place après la maladie ou sur le contenu et les critères
l’accident. S’en tenir à cela reviendrait à abdiquer de qualité du travail.
sur le plan de la prévention. Dans notre service,
nous suivons l’approche québécoise (également
appelée modèle de Sherbrooke) pour le maintien
dans l’emploi des travailleurs souffrant de lom- des entreprises et de ces parcours professionnels
balgies. Elle consiste à agir sur tous les leviers : de plus en plus hachés. La précarisation des par-
sur l’individu en augmentant ses capacités fonc- cours professionnels qui est prévisible dans les
tionnelles pour permettre progressivement un années à venir complexifiera le suivi des travail-
retour thérapeutique au travail, dont on sait qu’il leurs. D’où la nécessité de renforcer la collabora-
a un effet bénéfique sur son état de santé et, en tion entre les acteurs de la santé au travail et ceux
même temps, sur l’amélioration des conditions des soins de santé primaire. En tant que médecins
de travail. Ces deux points sont complémentaires du travail, nous ne sommes que les conseillers
et indispensables pour que cela fonctionne. Ils des travailleurs et des chefs d’entreprise dans une
soulèvent des enjeux de coopération des inter- politique plus globale de santé publique. Notre
venants du soin, de la prévention et de l’entre- approche scientifique permet d’alimenter le débat
prise. Il est selon moi indispensable d’initier une social, qui est à la base de l’élaboration des poli-
réflexion sur les parcours professionnels : on ne tiques de santé. Elle doit aussi permettre d’aider
peut pas faire la même chose à 20 ans et à 65 ans. les entreprises dans leur gestion globale de la
Je crois beaucoup au concept de prévention inté- prévention.
grée, prônée d’ailleurs par l’OMS, qui comprend
un important volet de promotion de la santé au Comment la France se positionne-t-elle sur
travail en complément des actions classiques de ces questions par rapport à ses voisins ?
prévention. Y. R. Depuis le début des années 2000, je suis
frappé par la perte d’influence de la France dans
Quels sont les enjeux pour les acteurs de la les instances internationales en santé au tra-
santé au travail ? vail, comme dans de nombreux domaines, aussi
Y. R. Si les enjeux de la santé au travail sont bien sur le plan scientifique que politique. Nous
aujourd’hui davantage compris par les entre- sommes peu présents alors que nous avons une
prises, ces dernières sont plus nombreuses à approche singulière par rapport aux Anglo-Saxons
connaître des situations financières difficiles. notamment, une approche sans doute plus huma-
Elles se trouvent confrontées à des stratégies niste, qui intègre l’ergonomie, la psychologie du
à court terme. Les déterminants du travail sont travail et les sciences sociales. Ce modèle à part
multiples (financiers, internationaux…), la chaîne doit être porté aux niveaux européen et mondial,
de décision s’est complexifiée. Depuis quelques là où les décisions sont prises. Nous avons par
années, on assiste à un recul de l’Europe sociale exemple une vision du rôle que joue l’organisa-
sous l’effet d’une libéralisation massive et de la tion du travail sur la survenue des TMS. C’est cette
mondialisation. La santé au travail se trouve approche globale et interdisciplinaire qui doit être
Propos recueillis par
fatalement tiraillée et nécessite la mise en place défendue afin de dépasser les aspects purement Grégory Brasseur
d’une politique nationale, voire internationale. On techniques de la prévention. n et Katia Delaval

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


DOSSIER

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L’industrie
de la plasturgie

© Fabrice Dimier pour l’INRS

n DOSSIER RÉALISÉ 14 À chaud ou à froid, 20 La lutte contre les TMS,


par Katia Delaval, un premier bilan un projet à long terme
avec Antoine Bondéelle.
17 Injecter la prévention 22 Attaquer les risques à la racine
en phase de conception 24 Le styrène n’a qu’à bien se tenir

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


DOSSIER
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À chaud ou à froid,
un premier bilan
PRÉSENTS DANS DE NOMBREUX produits industriels, les plastiques recouvrent
une grande diversité de matériaux et leur fabrication une multitude de risques
professionnels. Outre les dangers liés aux produits chimiques, des risques
de nature variée font de la plasturgie un secteur particulièrement sensible.

A
vec 7 % des emplois sion, pour fabriquer un objet. sont parfois possibles. Sinon,
de l’industrie manu- Quant aux thermodurcissables, des mesures de protection col-
facturière en France, ils sont synthétisés par une lective voire individuelle doivent
la plasturgie repré- réaction chimique concomitante être mises en place », précise
sente un secteur à leur mise en forme dans des Cosmin Patrascu, expert en pré-
majeur, malgré une forte com- moules. La transformation de vention des risques associés
pétition internationale. Indus- ces derniers reste peu automa- aux polymères à l’INRS. Cette
tries automobiles, domaine tisée. Le procédé est utilisé dans situation se rencontre particu-
médical, mais aussi fabricants la production de pièces de séries lièrement dans la fabrication
d’équipements électriques et relativement réduites, comme le de thermodurcissables dont
électroniques, de matériaux de polyester insaturé pour la fabri- les procédés de moulages sont
construction, d’emballages… cation de piscines ou le nau- encore très manuels  : l’expo-
Dans l’Hexagone, les utilisateurs tisme. sition des salariés à des subs-
de matières plastiques sont très
variés. Si l’on considère uni- Des risques chimiques
quement les entreprises pour très variés
lesquelles la transformation de Les polymères sont générale-
matières plastiques est l’activité ment considérés inertes à froid La prééminence
principale, plus de 115 000 sala- mais les additifs auxquels ils du risque chimique
riés sont concernés.
Les matières plastiques sont
peuvent être associés (anti UV,
retardateurs de feu, etc.) sont,
ne doit pas masquer
constituées de polymères et pour certains, potentiellement les autres risques.
d’additifs – solvants, stabilisants dangereux. C’est donc dès la
thermiques et UV, pigments, etc. fabrication des matières et le
Elles se répartissent principale- mélange de leurs composants
ment en deux catégories. D’un que l’exposition des salariés à tances dangereuses se retrouve
côté, les thermoplastiques, les des agents chimiques dange- à toutes les étapes, notamment
plus courants, qui sont défor- reux, dont certains sont cancé- en ce qui concerne les solvants.
mables et façonnables sous rogènes, mutagènes ou toxiques Concernant les thermoplas-
l’effet de la chaleur. De l’autre, pour la reproduction (CMR), peut tiques, c’est principalement
les thermodurcissables, synthé- apparaître. « Il est nécessaire de lors de la montée en tempéra-
tisés par une réaction chimique bien faire l’inventaire de tous les ture des produits, nécessaire à
lors de leur mise en forme. Les produits utilisés et des dangers la transformation des matières
thermoplastiques sont moulés, à associés. Des substitutions par plastiques, que les risques se
chaud et en général sous pres- des produits moins dangereux concentrent : des substances

LES QUATRE ENJEUX DE LA CONVENTION NATIONALE D’OBJECTIF POUR LA PLASTURGIE


La CnamTS a signé avec la fédération de la plasturgie et aux manipulations et le renforcement de la sécurité
et des composites une Convention nationale d’objectif (CNO), des voies de circulation et des aires de stockage ;
qui est entrée en vigueur en septembre 2014 pour quatre ans. n la prévention des risques liés aux troubles
Compte tenu des activités spécifiques du secteur, musculosquelettiques (TMS), par la mise en œuvre
elle s’est fixé quatre objectifs principaux : de moyens de manutention et d’aménagement des postes ;
n l’amélioration des atmosphères de travail en lien n la diminution des niveaux de bruit dans les ateliers
avec le risque chimique, dont les risques CMR et incendie/ et aux postes de travail.
explosion ;
n la prévention des risques liés à la manutention

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


DOSSIER

dangereuses peuvent être et de processus industriels de REPÈRES « En savoir plus »). Par ailleurs,
émises sous forme de gaz. Il transformation des plastiques  : lors de travaux de purge ou de
y a parfois des dégagements la nature et la quantité des pro- n 45 : c’est l’indice nettoyage des outils (buses,
d’aldéhydes dont le formal- duits dangereux émis, en géné- de fréquence des AT fourreaux, etc.), l’opérateur peut
déhyde, qui se trouve être un ral gazeux, sont très variables. dans les entreprises être exposé à ces substances
CMR. Ces substances peuvent L’INRS a donc développé un pro- de transformation gazeuses dangereuses.
être en majorité captées au sein tocole permettant de caractéri- des matières La prééminence du risque
des machines. Cependant, des ser les produits de dégradation plastiques. chimique dans la plasturgie ne
émanations résiduelles peuvent thermique pour aider les entre- n LA MOITIÉ des doit pas pour autant masquer
être relâchées dans les espaces prises à réaliser l’évaluation des accidents du travail les autres risques, également
de travail, notamment au niveau risques et à installer des moyens sont liés très présents, comme dans tout
des buses d’injection ou des de prévention efficaces, tels que à la manutention. secteur industriel. La prévention
têtes d’extrusion. « Mais il existe le captage à la source », précise Viennent ensuite du risque chimique ne constitue
une multitude de formulations Cosmin Patrascu (lire l’encadré les accidents d’ailleurs que l’un des quatre
du travail liés objectifs de la Convention natio-
aux machines nale d’objectif établie par la
et outillages à main, CnamTS avec la fédération de la
puis ceux causés plasturgie (lire l’encadré page
par les chutes. précédente « Les quatre enjeux
n 3 730 : c’est de la convention nationale
le nombre d’objectifs pour la plasturgie ») :
d’entreprises les TMS, les risques incendie-
de transformation explosion, le bruit généré par
des matières les machines de transformation
plastiques en France. des matières plastiques ou par
l’usinage, sont également des
Données 2013 et 2014,
CnamTS. risques importants dans ce sec-
teur.

Des gestes et postures


à problème
Dans les entreprises de transfor-
mation de matières plastiques,
toutes les conditions sont réu-
nies pour présenter un risque
incendie-explosion : présence
de combustibles (notamment les
polymères), de solvants, utili-
sation de températures élevées,
machines avec circuits élec-
triques… De plus, les polymères
peuvent se trouver sous forme
C’est dès
de poudre – ou de granulés qui
la fabrication
© Fabrice Dimier pour l’INRS

des matières émettent des poussières – ce


et le mélange qui peut constituer un risque
de leurs composants Atex, tout comme la présence de
que l’exposition solvants. « Ces risques doivent
des salariés à des
agents chimiques
impérativement être évalués
dangereux peut par l’employeur et faire l’objet
apparaître. de mesures spécifiques de pré-

THERMOPLASTIQUES : UNE MULTITUDE DE MATIÈRES EN SAVOIR PLUS


Parmi les thermoplastiques les plus courants, on peut citer : n Atelier de plasturgie - Guide pratique de ventilation.
le polyéthylène (PE) et le polypropylène (PP) ; le polychlorure de vinyle INRS, ED 6146.
(PVC) ; le polystyrène (PS) ; et le polyéthylène téréphtalate (PET), n Matières plastiques et adjuvants - Hygiène et sécurité.
le polycarbonate (PC), les polymères acryliques, etc. Il existe INRS, ED 638 .
de nombreuses techniques très automatisées pour les façonner, n « Identifier les composés libérés lors de la dégradation
la plus courante en France étant l’injection, procédé par lequel thermique des plastiques », Hygiène & Sécurité du Travail,
la matière plastique est injectée à travers une buse dans un moule n°237, 4e trimestre 2014.
qui lui donne la forme désirée.

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


DOSSIER
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17
vention et de protection comme Si la transformation de la matière régions dans la transformation
la mise en place de captages, plastique en elle-même est très de plastique en France. La Car-
la suppression ou la maîtrise automatisée pour les thermo- sat Rhône-Alpes a établi un pro-
des sources d’inflammation, ou plastiques, les postes en amont gramme de prévention pour la
encore l’installation d’évents (approvisionnement en matières période 2014-2017 validé par le
d’explosion », rappelle Florian Plus de 90 % premières) nécessitent la manu- Comité technique régional (CTR)
Marc, expert en risques incen- des maladies tention de charges lourdes. De notamment en charge du secteur
die-explosion à l’INRS. professionnelles même, les postes après transfor- de la plasturgie. « Il se concentre
dans les industries
Même si le nombre d’accidents de transformation de mation induisent, compte tenu sur l’activité d’injection-souf-
du travail est en baisse dans matières plastiques de la cadence des machines, flage-extrusion. Notre objectif
les entreprises de transforma- correspondent une répétitivité des gestes pour est de faire en sorte que 80 % de
tion des matières plastiques, ce à des affections les opérations de finition ou de notre cible mènent des actions
périarticulaires
secteur reste très sinistré, avec provoquées par
conditionnement. Des aides de prévention à la fois sur les
un indice de fréquence de 45. Et certains gestes et à la manutention (centrales TMS et sur l’exposition aux CMR.
c’est la manutention manuelle postures de travail. matières, préhenseurs de sacs, Nous avons ciblé 42 entreprises
– dont 20 font d’ailleurs partie
du programme TMS-Pros 2 – qui
représentent 30 % des accidents
du travail dans la plasturgie »,
note Virginie Preti, ingénieur-
conseil à la Carsat Rhône-Alpes
et pilote du projet plasturgie.
Certaines entreprises peuvent
bénéficier d’une aide financière
simplifiée (AFS) pour l’achat de
matériel et d’un accompagne-
ment conseil, dans la prévention
des deux risques principaux.
Concernant les TMS, deux types
d’actions sont proposés  : sup-
pression ou réduction maximale
de la manutention de sacs de
© Fabrice Dimier pour l’INRS

matières et aménagement des


postes en aval des machines
où il y a également beaucoup
de gestes répétitifs et de manu-
tention. « Quant à l’exposition
aux CMR, nous nous sommes
focalisés sur la maîtrise des
émanations liées au polyoxymé-
qui est à l’origine de plus de la etc.) ou des aménagements de thylène (POM) », détaille-t-elle.
moitié des accidents dans les postes contribuent à la préven- Car ce thermoplastique peut
industries de transformation tion des accidents liés au port de dégager du formaldéhyde (CMR)
de matières plastiques. Plus de charges lourdes et des TMS. et d’autres substances dange-
90 % des maladies profession- reuses (méthylal), même en
nelles y correspondent à des Formaldéhyde l’absence d’action thermique. n
affections périarticulaires pro- et olyoxyméthylène 1. Données 2014, CnamTS.
voquées par certains gestes et Avec 18 % des emplois du sec-
2. Voir https://tmspros.fr.
postures de travail (tableau 57 teur, la région Rhône-Alpes
du régime général) 1. se classe au premier rang des K. D.

LES MONTEURS-RÉGLEURS, POPULATION À RISQUE


« Des médecins du travail du Centre de santé au travail (CST) mesures de prévention spécifiques, réunies dans une
d’Oyonnax ont montré que la population de monteurs-régleurs brochure », poursuit Virginie Preti, ingénieur-conseil à la Carsat
en plasturgie concentrait beaucoup de problèmes », explique Rhône-Alpes. Parmi celles-ci, on trouve des techniques limitant
Jean-Michel Odoit, contrôleur de sécurité à la Carsat Rhône- les efforts lors du montage des moules, la mise en place d’une
Alpes. Bien que ne représentant qu’environ 5 % des emplois en organisation pour éviter les chutes de hauteur lors des
plasturgie, les monteurs-régleurs sont en effet souvent interventions sur les presses à injecter (qui font de 1 ,40 m à
victimes d’accidents et se plaignent fréquemment de douleurs 8 m de haut), la limitation de l’exposition aux risques chimiques
au dos, aux épaules… « À l’initiative du CTR en charge de la lors des purges de matières…
plasturgie, une étude menée avec le CST d’Oyonnax, Allizé En savoir plus : « Monteurs-régleurs en injection plastique : quels risques ?
plasturgie et la Carsat Rhône-Alpes a permis de définir des Quelles pistes de prévention ? » Bientôt disponible sur www.carsat-ra.fr.

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


DOSSIER

SITUÉE À MASSY, dans l’Essonne, l’usine de production Massy-Plastique


fabrique des éléments d’équipements industriels. Elle a initié une large
réflexion sur la conception des espaces de travail, avec l’appui de la Cramif,
lors de la réalisation de sa nouvelle installation.

Injecter la prévention
en phase de conception

L
orsqu’une usine démé- les matières premières dans les autres : la nécessité de mettre
nage après des dizaines presses à injecter, pilotées par aux normes et de conserver
d’années d’activité, elle des programmes et contrôlées l’ensemble des énergies (eau,
peut s’appuyer sur un par des salariés. Les produits électricité) et des systèmes
large retour d’expériences finis, sous forme de polymères d’aération, de récupération ou
pour optimiser sa nouvelle (polycarbonates, polyamides…), d’évacuation dont nous dispo-
implantation. Objectif  : capita-
liser sur l’ensemble des ques-
tions ou remarques posées par
le fonctionnement de l’ancien De très nombreux points
établissement, corriger d’éven-
tuelles erreurs ou difficultés pas-
concernant la protection
sées et, bien sûr, mieux évaluer de la santé et de la sécurité
et prévenir les risques. « Notre des salariés ont été étudiés
ancienne installation, qui datait
de 1948, présentait de nombreux lors de la conception.
points de progrès en matière
de prévention des risques »,
explique Philippe Billet, direc-
teur de l’usine Massy-Plastique. pouvant contenir jusqu’à trois sons pour notre fonctionnement ;
Cette structure fabrique des types de plastiques différents mais aussi, une réflexion sur les
pièces plastiques par injection, (« tri-matières ») sont transportés moyens d’accès et de circula-
qui viennent ensuite équiper un en sortie des presses sur des tapis tion, le traitement des bruits, les
grand nombre de réalisations roulants. Les points de pollution risques liés aux manutentions
industrielles : compteurs d’eau ou les plus importants sont situés en manuelles ou aux chutes de hau-
d’énergie, systèmes de distribu- sortie des presses ou au niveau teur, les ambiances thermiques
tion ou de transmission, etc. (lire des buses d’injection, notamment et en particulier la chaleur
l’encadré « Faits & chiffres »). à l’occasion des phases de purge, dans l’atelier, à proximité des
La matière plastique que pro- puisque la matière sort à haute machines… » Dans l’ancien site,
duit Massy-Plastique est réali- température et à l’air libre. la Cramif avait effectué, avec le
sée à partir de monomères ou « Nous avions repéré des points concours de son laboratoire de
substrats souvent présents sous particulièrement contrain- toxicologie et de son centre de
forme de billes. Une centrale de gnants de l’activité, sur l’ancien mesures physiques, des mesures
distribution permet d’envoyer site, poursuit le directeur. Entre sur les polluants et le bruit.

FAITS & CHIFFRES : MASSY-PLASTIQUES (GROUPE ITRON)


n Activité : transformation et fabrication d’équipements n Chiffre d’affaires annuel : 17 millions d’euros.
en matières plastiques par injection. 2 000 tonnes de matières n Clientèle : surtout Europe de l’Ouest, Amérique du Sud, Asie.
transformées, pour 150 millions de pièces livrées par an. n Équipement : 42 presses à injecter (de 35 à 300 t de force
n Fabrication de pièces techniques : essentiellement de pression).
des composants de pièces industrielles, pour le compte n Production : en 3 x 8, et 2 x 12 le week-end pour une partie
du groupe Itron : éléments de compteurs, transmission de l’atelier.
et distribution d’énergie (eau, électricité…).
n Bâtiment récent (2013) : production : 3 600 m2, bureaux :
n Effectif : 60 salariés (plus un volant d’intérimaires suivant 840 m2, stocks : 1 440 m2.
les pics d’activité).

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presses : «  Ce système est très
intéressant pour les salariés,
car il limite considérablement
les manutentions manuelles »,
remarque Karine Marle, respon-
sable HSE de l’usine. À la suite
d’un accident qui aurait pu être
grave (chute d’une partie de la
structure sur la jambe d’un sala-
rié, à la suite d’un défaut du rail
sur l’engin de levage des sacs),
l’établissement a fait procéder
à une sécurisation de l’équipe-
ment en question. « Pour plus

© Philippe Castano pour l’INRS


tard, nous pensons aussi mettre
en place des “big-bags” directe-
ment à la source de la centrale
de distribution, afin de limiter
davantage les manutentions et
les risques associés », explique
Karine Marle.
À l’autre bout de la chaîne logis-
tique interne, une réflexion sur
«  À l’issue de deux campagnes phase de conception poussée, au Moyens d’accès et de les tailles et les poids des colis
de mesures, réalisées en 2005 cours de laquelle ont été abordés circulation, traitement des produits finis, emballés après
des bruits, risques
et 2009, nous avons relevé des de très nombreux points concer- la sortie des presses, a également
liés aux manutentions
niveaux de bruits élevés voire nant la protection de la santé manuelles ou permis de limiter les risques
excessifs (80 à 85 dB(A) dans et de la sécurité des salariés. aux chutes de physiques liés aux manuten-
certains endroits de l’atelier), se «  Pour ce qui est de la circula- hauteur, ambiances tions : «  Nous sommes également
souvient Michal Martial, contrô- tion aux abords de l’usine, nous thermiques et en en cours de discussions avec nos
particulier chaleur
leur de sécurité à la Cramif. Nous avons souhaité une séparation dans l’atelier, clients, afin de limiter les tailles
avions aussi détecté des quanti- des flux entre véhicules légers à proximité et poids des colis, confie encore
tés non négligeables – quoique et poids lourds, afin de limiter des machines… la responsable HSE. En collabo-
inférieures aux valeurs limites – les coactivités dangereuses, De nombreux points ration avec ceux d’entre eux qui
d’amélioration
de formaldéhyde et d’acryloni- reprend le directeur. Nous avons sont les plus avancés dans la
identifiés dans
trile, issus de la dégradation ther- travaillé avec des urbanistes, la précédente usine réflexion sur leur propre respon-
mique des plastiques en sortie qui n’étaient pas habitués à la ont nourri sabilité sociétale 1
, nous adop-
de presses, mais aussi lors de la réflexion sur des sites indus- les réflexions pour tons pour certains produits des
purge de ces dernières au niveau triels. Après quelques modifica- la conception emballages à couvercle plein,
du nouveau site.
des buses d’injection (NDLR : tions, la séparation des flux est sans adhésif. Cela permet, d’une
lire l’encadré ci-dessous). » L’en- devenue effective. » part de limiter l’usage d’adhésifs
semble de ces constats a consti- Concernant les stocks et la peu respectueux de l’environne-
tué une forte motivation pour la logistique, un système de « flat- ment et, d’autre part, de limiter
conception du nouveau site. storage » limite l’intervention les risques liés à l’utilisation de
des chariots automoteurs de couteaux, cutters, “scotcheuses”,
Limiter les manutentions manutention. Une centrale de etc. pour l’ouverture et la ferme-
Située à Massy, dans l’Essonne, distribution des monomères, ture des colis. » Autant de chan-
comme la précédente, mais dans située dans la zone de stockage, gements qui ont des effets sur
une zone d’activité récente, la permet d’amener les substrats la production  : une personne
nouvelle usine a bénéficié d’une sous forme de granulés dans les étant en général en charge de

FORMALDÉHYDE, ACRYLONITRILE : ATTENTION, PRODUITS DANGEREUX


Le formaldéhyde
a été classé cancérogène avéré L’acrylonitrile est classé cancérogène avéré (catégorie 1B)
(catégorie 1B) par
l’Union européenne en 2015. D’un point par
l’Union européenne. Le Centre international de recherche
de vue réglementaire, les activités exposant au sur le cancer (Circ) l’a classé dans le groupe 2B (pouvant être
formaldéhyde
sont considérées en France comme cancérogène pour l’homme). Des valeurs limites indicatives
cancérogènes. Le ministère du Travail a fixé des valeurs dans l’air des locaux de travail ont été établies pour
limites d’exposition professionnelle (VLEP) indicatives, l’acrylonitrile en France : « VLEP 8 heures » (8 heures
qui définissent les concentrations à ne pas dépasser dans par jour ; 40 h/semaine) = 2 ppm (4,5 mg/m3) et « VLEP court
l’air des lieux de travail : « VLEP 8 heures » (8 heures par jour ; terme (VLCT) »
(15 minutes maximum) = 15 ppm (2,5 mg/m3).
40 h/semaine) = 0,5 ppm (0,61 mg/m3) et « VLEP court terme
(VLCT) » (15 minutes maximum) = 1 ppm (1,23 mg/m3).

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cinq presses en moyenne, des les parties courbes) des pro- débits d’air entrant et sortant, qui
retardateurs d’interventions sont duits de la centrale de distribu- varient en fonction de la tempé-
en cours d’installation sur les tion aux presses… En tout, nous rature extérieure. » L’usine a fait
presses et les tapis pour créer des avons gagné entre 5 et 10 déci- appel à un laboratoire accrédité
stocks tampons. L’objectif étant bels sur l’ensemble de l’atelier », pour venir effectuer des mesures,
de limiter le chargement des indique le directeur. Les niveaux à la fin de l’année 2015, afin de
colis à une heure de production de bruits mesurés sur la nou- vérifier que les niveaux de pol-
de produits finis au maximum… velle installation atteignent en luants sont maîtrisés à proximité
Les chariots de manutention effet les 75 à 80 dB(A). « Pour les des postes de travail. « Il reste
manuels, fabriqués sur place, personnes qui restent exposées des émissions de polluants direc-
sont systématiquement tes- à des niveaux élevés (près de tement par les produits finis, qui
tés par les opérateurs avant 80 dB(A)), nous proposons des Si dans les nouveaux se situent au niveau des tapis de
leur mise en circulation géné- protecteurs individuels contre le locaux, les niveaux de sortie des presses. Nous envisa-
rale dans l’usine. « Le système bruit », ajoute Philippe Billet. bruit ont amplement geons aussi l’installation de dis-
de montage des chariots, très Lors de la phase de conception, baissé par rapport positifs d’aspiration localisée sur
à la précédente
simple 2, permet d’effectuer des l’usine s’est intéressée de près, installation, certaines ces points », note la responsable
évolutions souples, en lien direct avec l’aide de la Cramif, à la ven- personnes restent HSE.
avec les conditions de travail tilation des locaux et au captage exposées à des Il reste à trouver une solution pour
réelles », détaille Karine Marle. des fumées à la source : « Nous niveaux élevés les interventions en hauteur  :
(près de 80 dB(A))
Des « points propreté », compre- avons opté pour un dispositif de malgré les différents
«  Là, nous avons un problème,
nant les contenants, poubelles captage, au plus près des points équipements constate Karine Marle. Les fabri-
et produits d’entretien courants, d’émission des polluants que sont mis en place. cants de presses ne semblent pas
jalonnent l’usine. « Ils sont placés intégrer, dans leur conception
de manière à être visibles depuis des machines la question des
tous les postes de travail envi- interventions de maintenance,
ronnants, signale Philippe Billet. notamment celles en hauteur.
Ainsi, les postes et leur environ- Nous avons mis au point, avec
nement restent propres et acces- un fournisseur, une nacelle d’ac-
sibles à tous. Il s’agissait de l’un © Philippe Castano pour l’INRS cès avec garde-corps pour les
des points noirs de l’ancienne interventions (plusieurs fois par
usine que nous nous sommes jour) sur la base des machines,
efforcés d’éliminer. » à un mètre de hauteur environ.
En revanche, pour les interven-
Interventions tions (nettoyage, changement de
en hauteur pièces, etc.) plus rares, à trois ou
La limitation du bruit a fait aussi quatre mètres, nous travaillons
l’objet d’une revue de détail  : avec une nacelle électrique. Vu
«  Pour éviter de retrouver des que cette solution n’est guère
niveaux de bruit similaires à le formaldéhyde et l’acrylonitrile, pratique, nous sommes d’ailleurs
ceux de l’ancienne installation, c’est-à-dire au niveau des buses preneurs de toute idée intéres-
nous avons travaillé avec nos d’injection et de purge. Il est en sante… ». n
fournisseurs, lors de la prépa- cours de déploiement sur nos 1. À propos de la RSE, voir :
ration du chantier, sur plusieurs machines de plus gros tonnages, « Responsabilité sociétale – Entre bonnes
aspects : mise en place de revê- et sera installé sur l’ensemble pratiques et utopie réaliste ». Travail
tements absorbants (sols, murs) des presses à terme », souligne & Sécurité n° 738, avril 2013.
dans l’atelier, capotage de cer- le directeur de l’usine. « Pour la 2. « En pole position, même sur les
taines machines telles que les ventilation générale, nous dis- conditions de travail », Travail & Sécurité
n° 762, juin 2015. À consulter sur :
broyeurs ou les presses, utilisa- posons d’un système presque www.travail-et-securite.fr.
tion de pièces non métalliques convenable. Presque, car nous
pour la distribution (notamment devons parfaire la maîtrise des A. B.

HISTORIQUE FORMATION ET ACCUEIL DES NOUVEAUX


n 1948 : création de l’usine Mécanoplastique à Massy Tout nouvel arrivant, quel que soit son contrat, suit
(première installation). un module de formation à la sécurité dès son arrivée
n 1969 : fabrication de pièces « bi-matières ». dans l’usine : « Nous lui remettons systématiquement
n 1998 : fabrication de cartes à puces en grandes séries un livret d’accueil et il doit compléter une fiche
par injection plastique. d’intégration qui lui permet, ainsi qu’aux responsables
n 2002 : substitution du laiton par du thermoplastique sur les éléments d’équipes, de vérifier qu’il a acquis tous les prérequis
de compteurs. en termes de sécurité. Les livrets sont également
n 2006 : intégration de presses électriques pour la fabrication (injection). disponibles auprès des postes de travail,
n 2007 : rachat par le groupe Itron. pour rappeler les consignes », précise Karine Marle,
n 2013 : nouvelle installation à Massy, dans une nouvelle zone d’activités. la responsable HSE.

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 a lutte contre les TMS,


L
un projet à long terme
LES TROUBLES MUSCULOSQUELETTIQUES (TMS) sont un risque important dans les entreprises
de plasturgie. Sur l’un de ses sites dédié à l’injection, l’entreprise Grosfillex s’est lancée
dans une démarche structurée pour s’attaquer aux TMS.

D
epuis 1927, l’entre- aux États-Unis. Celui d’Arbent constate Mikaël Deschamps,
prise familiale Grosfil- dans l’Ain, ouvert depuis une directeur du site. Avant de débu-
lex est implantée dans quarantaine d’années, est dédié ter dans cette action structurée
la région d’Oyonnax, à l’injection de polypropylène, de prévention, l’entreprise avait
dans l’Ain. À l’origine, avec 5  000 tonnes transfor- déjà mis en place des outils pour
elle fabriquait des coquetiers, mées chaque année. Il compte lutter contre les TMS.
ronds de serviettes et autres aujourd’hui 200 salariés. Par exemple, pour l’approvi-
manches à outils en bois. Mais en À la suite de son entrée dans la sionnement des machines en
1954, elle se lance dans la plas- démarche TMS-Pros, l’entreprise matière première, une aide à la
turgie afin de produire essentiel- a initié en 2014 un projet de manutention des sacs de gra-
lement du mobilier d’intérieur et longue haleine pour lutter contre nulés de 25 kg existe depuis
d’extérieur. La société utilise un les troubles musculo­squelettiques une vingtaine d’années. Il s’agit
large éventail de techniques de (TMS), avec l’aide de la Carsat d’un préhenseur de sacs, per-
moulage et de matières plas- Rhône-Alpes. « Il y a eu certes mettant de soulever ceux-ci par
tiques (polypropylène, PVC, poly- une automatisation progressive aspiration avant leur ouverture
carbonate, etc.). Elle possède de notre activité ces derniers par l’opérateur au-dessus de la
cinq sites de production – trois temps, mais la manutention a trémie d’alimentation. De même,
dans l’Ain, un au Brésil et un toujours une place importante », des clés dynamométriques (clés
à serrage de couple) sont utili-
La préhension sées depuis deux ans pour fixer
des sacs de granulés les moules sur les presses : elles
au moyen permettent d’effectuer un serrage
d’une ventouse
existe dans à un niveau nécessaire et suffi-
l’entreprise depuis sant, et de limiter l’effort à la fois
une vingtaine lors de cette opération et du des-
d’années. serrage. « Si ces initiatives ont été
prises avant l’accompagnement
de la Carsat, elles font partie des
© Guillaume J.Plisson pour l’INRS

actions que nous préconisons


pour lutter contre les TMS en
plasturgie », précise Jean-Michel
Odoit, technicien-conseil à la
Carsat Rhône-Alpes 1.
Olivier Roussero, technicien
qualité et secrétaire du CHSCT,
et Joseph Santoro, coordina-

ATTENTION AUX CHUTES DE HAUTEUR


La prévention des chutes de hauteur est depuis longtemps des machines de 7 à 8 mètres de haut qui sont fournies
intégrée dans la démarche de prévention de Grosfillex. « Nous avec une passerelle uniquement au niveau de l’ouverture
n’avons pas eu d’accidents de ce type, mais vu la hauteur du moule. Mais de nombreuses interventions nécessitent
de certaines de nos installations, ils pourraient être fatals », d’accéder en hauteur, au niveau supérieur des moules
remarque Mikaël Deschamps, directeur du site. En effet, et des robots de préhension des pièces. Des passerelles fixes
la matière première est d’abord déversée dans une trémie avec rambardes ont été installées depuis plusieurs années
située à près de quatre mètres du sol. On y accède par sur les presses, du côté de la machinerie. Une nacelle
une passerelle équipée de rambarde de protection. à demeure depuis six ans permet de réaliser la maintenance
Puis, elle est acheminée, par un système de tuyauterie sur les parties des machines qui ne sont pas accessibles
en hauteur, vers l’une des quatorze presses à injecter, depuis les plates-formes.

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teur technique et membre du plateaux d’étagères à monter ainsi les opérateurs à la recherche de
CHSCT et du CE depuis 2010, que leurs accessoires, à les éti- solutions. C’est un point que nous
ont suivi une formation « per- queter et à les entourer d’un film devons améliorer dans nos pro-
sonne ressource en prévention d’emballage. Une cartographie du chains groupes projets », recon-
des TMS » auprès de la Carsat en poste a été réalisée avec l’aide naît Olivier Roussero. « Dans les
2015. L’objectif était de devenir d’un ergonome du service de démarches de prévention, les
les référents méthodologiques santé au travail en 2014. Chaque erreurs doivent être utilisées pour
du projet de prévention mis en geste a été détaillé, minuté afin affiner la méthodologie », estime
œuvre l’année précédente dans de déterminer les plus problé- Jean-Michel Odoit.
l’entreprise. « Ensemble, nous matiques en termes de TMS. Les L’entreprise prévoit de décliner
avons monté un groupe projet conclusions ont montré que les prochainement la méthode amé-
TMS composé de trois autres per-
sonnes dont un responsable des
ressources humaines, l’infirmière
du site et un ingénieur du groupe
méthode », détaille Joseph San-
toro. « En tant que membres du
CHSCT, nous nous rendons régu-
lièrement auprès des opérateurs
de tous les secteurs pour trans-
mettre à la direction les questions
© Guillaume J.Plisson pour l’INRS

de sécurité et de santé rencon-


trées sur le terrain. Les salariés
sont aussi régulièrement infor-
© Guillaume J.Plisson pour l’INRS

més des avancées sur ces pro-


L’étude des maladies
blématiques. Le CHSCT a toujours professionnelless,
été un relais incontournable des sur les dix dernières
démarches de prévention, mais années a permis
c’est la première fois que nous de déterminer
que le poste le plus
nous lançons dans un projet touché par les TMS
structuré et sur le long terme », se situait dans
complète Olivier Roussero. l’atelier d’assemblage.

Limiter la hauteur opérateurs levaient fréquemment liorée sur d’autres postes. « Nous
d’empilement les bras au-dessus de leur tête nous pencherons en priorité sur
« Pour déterminer par quel poste car les piles d’étagères et d’acces- les postes identifiés les plus à
commencer, nous sommes partis soires n’étaient pas limitées en risque par l’ergonome, tout en
de l’historique des maladies pro- hauteur. tentant compte des remontées du
fessionnelles, sur les dix dernières Les améliorations ergonomiques CHSCT et des entretiens annuels
années. Nous avons observé sur- apportées sur ce poste ont donc des opérateurs. Et bien sûr, nous
tout des lombalgies, des maux consisté principalement à limiter allons aussi mettre en place cette
de dos et des contusions de cette hauteur d’empilement, en méthode sur les autres sites fran-
l’avant-bras », détaille Jean-Paul fonction de la taille de l’opérateur. çais du groupe », précise Mikaël
Bouchardy, responsable des res- « Les aspects biomécaniques de ce Deschamps. n
sources humaines. L’enquête a poste ont bien été pris en compte. 1. Pour en savoir plus, consulter
révélé que c’était très en aval de Mais les opérateurs ne sont le programme de prévention pour
la production que se situait le pas totalement satisfaits car ils la période 2014-2017 et l’aide financière
poste le plus touché, dans l’atelier doivent réalimenter le poste plus simplifiée disponibles sur le site de la
Carsat Rhône-Alpes : www.carsat-ra.fr
d’assemblage. La tâche consiste fréquemment. Notre erreur a été
à réunir dans un même colis des de ne pas associer suffisamment K. D.

22 000 salariés sont


employés dans les 709 établissements
5,6 millions d’euros,
ce sont les dépenses
47 c’est l’indice de fréquence
des accidents du travail du secteur
de plasturgie de la région Rhône-Alpes. du secteur liées aux AT-MP (en Rhône-Alpes). Il est supérieur
La région se classe au premier rang en en Rhône-Alpes. à l’indice de fréquence moyen
France et représente 18 % des emplois dans les entreprises privées,
du secteur. tous secteurs confondus.
Source : Carsat Rhône-Alpes. Chiffres 2012

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


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IMPLANTÉE DANS LE PAS-DE-CALAIS, à Sainte-Austreberthe, Sotra-Seperef fabrique
des tubes en polychlorure de vinyle (PVC) pour les marchés de l’eau. L’entreprise
s’est lancée il y a trois ans dans une démarche proactive en santé et sécurité
avec ses salariés.

Attaquer les risques


à la racine

Q
ue ce soit sous Dans l’atelier axes, complémentaires dans le règles de sécurité strictes ont été
forme de tubes, d’usinage, un pont développement d’une culture de mises progressivement en place
roulant facilite la
de raccords, etc., manutention des
sécurité partagée. Afin de sensi- par secteur d’activité et affichées.
40 000 tonnes de tubes, pouvant peser biliser l’ensemble des acteurs de La démarche s’appuie à la fois sur
PVC sortent chaque jusqu’à 125 kg. l’entreprise à la prévention, des les opérateurs et sur les mana-
année des lignes de l’entre-
prise Sotra-Seperef. L’entreprise,
implantée à Sainte-Austreberthe,
dans le Pas-de-Calais, fabrique
et commercialise des produits
en polychlorure de vinyle (PVC).
Essentiellement destinée au
transport d’eau potable, irriga-
tion, eaux usées…, la production
de Sotra-Seperef est réalisée
exclusivement par extrusion. Avec
195 salariés, la société, créée en
1961, s’est récemment lancée
dans un vaste projet de préven-
tion des risques professionnels
impliquant l’ensemble de son
personnel. « Cette démarche
s’inscrit dans une politique forte
de prévention du groupe belge
Tessenderlo auquel appartient
l’entreprise », précise Michel
Bigliardi, directeur industriel de
Sotra-Seperef.
© Gaël Kerbaol/INRS

Mise en place en novembre


2012 et baptisée « Sécurité en
comportement, organisation et
technique » (Scot), la démarche
s’articule autour de ces trois

DES TUBES FABRIQUÉS PAR EXTRUSION PVC ET RISQUE CHIMIQUE


Stocké en silo à l’extérieur du bâtiment, le PVC est acheminé « Nous utilisons des mélanges de PVC dont
vers un des ateliers pour préparer les mélanges spécifiques les formulations disposent d’une attestation
à chaque type de tube. Un réseau mécanique automatique de conformité sanitaire, indispensable car nos
transporte ces mélanges jusqu’aux trémies qui alimentent produits entrent en contact avec de l’eau destinée
les extrudeuses. Ces dernières malaxent la matière qui devient à une consommation humaine », souligne Sandrine
pâteuse avant de traverser, à 180 °C, une ligne d’extrusion Descamps, responsable QSE. Les poussières
qui donne la forme attendue du tube. Le tube est ensuite de PVC, sont, elles aussi, à surveiller. « Des dispositifs
refroidi, coupé à la longueur voulue, et conditionné. L’ensemble de captage à la source ont été mis en place
des lignes de l’usine portent la capacité annuelle pour toutes les opérations d’usinage des pièces
de production du site à 40 000 tonnes. afin de limiter les poussières », précise-t-elle.

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


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gers. Ces derniers ont été formés munication mensuelle par les chute », constate Sandrine Des-
au management de la sécurité managers permet de présenter camps. De même, dans l’atelier
sur le terrain, par un organisme l’avancement des actions cor- d’usinage, l’installation d’un
extérieur. « La sécurité est même respondantes. « Le système de pont roulant a permis de faciliter
devenue un critère d’évalua- reporting est une bonne chose. la manutention des tubes, pou-
tion des encadrants. Elle est Il contribue à l’implication des vant peser jusqu’à 125 kg.
désormais considérée comme salariés dans les différents pro- En décembre 2013, l’entreprise
un facteur de performance de jets structurés d’amélioration a créé un journal interne, où
l’entreprise », souligne Michel globale de la prévention des les démarches de prévention
Bigliardi. Chacun est concerné risques et de la préservation de sont régulièrement abordées.
par cette démarche, y compris la santé au travail dans l’entre- Chaque mois, un flash sécurité
les intérimaires qui constituent prise », estime Bruno Hermetz, est diffusé par l’intermédiaire
une population particulièrement ingénieur-conseil à la Carsat des managers à l’ensemble
vulnérable aux accidents. Tout Nord-Picardie. des équipes. Enfin, au sein des
nouvel arrivant, intérimaire ou zones d’affichage d’informa-
contractuel, passe par le dépar- Développement de la tions récemment aménagées,
tement Qualité, sécurité et envi- communication interne de grands écrans viennent
ronnement (QSE) pour une for- À ce jour, 31 groupes de travail d’être installés afin d’y diffuser
mation aux règles de sécurité ont été animés depuis 2012 et de l’information animée. « Nous
qui se conclut par un test. « Nous ont abouti à des propositions souhaitons y intégrer une com-
avons créé nous-mêmes un sys- très diverses selon les problé- posante sécurité importante »,
tème d’e-training adapté à notre matiques. Parfois, il suffit de précise Sandrine Descamps.
activité. Chaque réponse, bonne «  Au départ, nous étions scep-
ou mauvaise, est commentée tiques sur la démarche, mais ce
à l’issue du test. Par ailleurs, qui importe c’est le résultat. C’est
tout nouvel arrivant travaille en un vrai changement de menta-
binôme à son poste afin d’inté- lité par rapport à ce qui nous
grer progressivement les bonnes a été enseigné à l’école, où la
pratiques », précise Sandrine productivité passait avant tout.
Descamps, responsable QSE. Changer sa façon de travailler
Toute situation à risque mise pour faire passer la sécurité
en évidence, que ce soit par en premier, ça prend du temps,
© Gaël Kerbaol/INRS

le CHSCT, les opérateurs, les mais on y arrive petit à petit.


managers, est enregistrée, ana- Et la direction nous en donne
lysée, évaluée. Les situations les moyens », témoigne Jean
les plus critiques sont travail- Codron, actuellement agent
lées en groupes de cinq à six technique et membre du CHSCT,
personnes composés d’enca- en poste depuis une vingtaine
drants et d’opérateurs qui se Afin de sensibiliser changer un mode opératoire, d’années chez Sotra-Seperef.
réunissent. Leur objectif : trou- l’ensemble des et aucun investissement finan- En effet, depuis trois ans, 15 %
ver une solution pour supprimer acteurs de l’entreprise cier n’est nécessaire. D’autres des investissements sont consa-
à la prévention, des
ou limiter le risque. Un poste de règles de sécurité changements sont plus consé- crés à la sécurité. « La fréquence
technicien au sein du bureau strictes ont été mises quents, comme l’installation et la gravité des accidents ont
d’études de l’entreprise a été progressivement de nouvelles trémies sur les baissé. Pour les neuf premiers
créé afin de suivre ces projets en place par secteur lignes d’extrusion afin d’y mois de 2015, nous en sommes
d’activité.
et aider à leur mise en place. Il fluidifier l’écoulement de la à 16 jours d’arrêt de travail.
travaille en étroite collaboration matière. « Sinon, les conducteurs C’est signe que nous devons
avec les futurs utilisateurs et le étaient tentés de monter sur poursuivre dans la même voie »,
service QSE, et leur présente les l’extrudeuse pour décolmater la conclut Michel Bigliardi. n
solutions possibles. Une com- matière et il y avait un risque de K. D.

CRÉATION DE RÈGLES DE SÉCURITÉ STRICTES


Initié par un Comité de pilotage regroupant les responsables sur l’extrudeuse vous met dans une situation dangereuse ».
de chaque secteur opérationnel et le directeur du site, Les posters mettent en scène la mascotte de l’entreprise,
des groupes d’une douzaine de personnes se sont réunis créée à l’origine par des opérateurs avec des tubes
pour définir quatre à cinq règles de sécurité strictes. Celles- et des raccords en PVC, puis habillée avec les EPI de l’entreprise
ci ont été validées par les opérateurs quant à leur mise en (gilet orange, chaussures de sécurité, lunettes et gants).
application. Un concours pour retranscrire ces règles « Nous avons été agréablement surpris de l’engouement
en affiches ludiques a été organisé. « Nous souhaitions et de la forte participation à l’élection des meilleures affiches.
que les opérateurs expriment la sécurité avec leurs propres Et de nombreux participants ont souhaité récupérer leur
mots », souligne Sandrine Descamps, responsable QSE. création à l’issue du concours », poursuit la responsable QSE.
Par exemple, dans l’atelier d’extrusion, on peut lire « Montez

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


DOSSIER
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Le styrène n’a qu’à bien se tenir


POLYECIM COMPOSITES est spécialisé dans la fabrication de pièces en polyester stratifié. Cette
entreprise nazairienne a profité d’un récent déménagement pour concevoir des locaux où
organisation du flux de travail et ventilation générale et à des postes de travail spécifiques
permettent de réduire les risques liés au styrène, dont la substitution est très compliquée.

F
abrication de sanitaires, permis d’organiser les nouveaux résine polyester et de styrène, qui
matériaux pour salles de locaux en fonction des flux de correspond à la partie extérieure
bain, mais aussi pour le travail, d’améliorer la luminosité lisse et protectrice du produit fini.
nautisme ou le mobilier Pour la fabrication de de l’atelier et d’isoler les activi- Cette opération est réalisée par
urbain… les activités produits en composite, tés bruyantes dans une cabine projection au pistolet. Un tissu
la technique du
de Polyecim Composites, instal- « moulage au contact »
de détourage. Et évidemment de renfort est ensuite disposé
lée dans la zone industrielle de est la plus usitée chez d’apporter un renouvellement manuellement sur cette couche
Saint-Nazaire, sont variées et Polyecim : des couches d’air adapté à l’activité, grâce à extérieure et une nouvelle couche
pour la plupart réalisées à base de résine polyester la mise en place de cabines ven- contenant la résine est appliquée
de polyester stratifié. Un matériau et de styrène sont tilées pour les process les plus au pinceau. Le processus est
appliquées en
composite formé d’une résine alternance avec polluants pour les 29 salariés de répété afin d’obtenir le nombre
polyester et de renfort en fibres. À des couches de tissu l’entreprise. » de strates désiré.
l’occasion de son déménagement de renfort. Toutes Chez Polyecim, la technique la Pour des raisons esthétiques et
en 2012, l’entreprise a pu inté- ces opérations plus fréquemment utilisée est de résistance du matériau, les
sont réalisées
grer les principes de prévention dans des cabines
celle du « moulage au contact ». Le bulles doivent être évacuées par
des risques professionnels dès ouvertes moule est d’abord recouvert d’un pression manuelle au rouleau
la conception de ses nouveaux à flux laminaire. gelcoat, composé notamment de (ébullage), entre chaque couche
locaux. de tissus et lors du moulage de la
La maîtrise de l’exposition au structure de la pièce. « Cette tech-
styrène, contenu dans la résine nique manuelle de moulage au
polyester, grâce à un système de contact est utilisée pour les proto-
ventilation adapté faisait partie typages et les petites séries. Pour
des mesures phares. Le styrène les moyennes séries et les pièces
est un produit nocif et volatil. Il de grande taille, nous utilisons la
est difficile à substituer car indis- projection simultanée de fibres et
pensable au processus de réticu- de résine », explique Franck Pau-
lation – autrement dit le durcisse- trot, gérant de Polyecim. Toutes
ment de la matière – et est utilisé ces opérations sont réalisées
comme solvant (lire l’encadré dans des cabines ouvertes à flux
ci-dessous). « Le projet a été suivi laminaire.
© Fabrice Dimier pour l’INRS

dès sa conception par la Car- Après application du gelcoat et à


sat, qui a pu apporter des aides la fin de la stratification, les pièces
financières aux aménagements séchent dans l’étuve de désolva-
d’extractions et au traitement tation, à 35  °C. Celles-ci accé-
acoustique, explique Reynald lèrent le processus de séchage et
Brossard, contrôleur de sécurité à évitent les émanations de styrène
la Carsat Pays-de-la-Loire. Cela a au sein de l’atelier. Cette pièce de

L’ACTION STYRÈNE, UNE PRIORITÉ NATIONALE


Le styrène peut pénétrer dans l’organisme par voie respiratoire les plus susceptibles d’être exposés à cet hydrocarbure
ou cutanée. Le Centre international pour la recherche contre aromatique. Il est également utilisé dans la fabrication
le cancer le classe comme cancérogène possible. du polystyrène. Pour la plupart des applications, il n’existe pas
Les affections engendrées par son exposition font l’objet de substituant moins toxique. Le dégagement de styrène
d’un tableau des maladies professionnelles n° 84. De plus, n’est pas propre à la plasturgie, il peut concerner également
le styrène a un effet ototoxique, entraînant un risque de surdité. les secteurs de la carrosserie, la métallurgie, l’ameublement.
La réduction, voire la suppression de l’exposition au styrène,
fait partie des priorités nationales de la Convention d’objectif
et de gestion 2014-2017. Dans la plasturgie, ce sont surtout
les travailleurs de l’industrie du polyester stratifié qui sont

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


DOSSIER

Dans l’atelier de Enfin, le nettoyage des outils


finition, les ponceuses se fait à l’acétone, au poste de
manuelles sont
branchées sur un travail. « En revanche, nous ne
réseau d’extraction nettoyons pas les moules avec
haute dépression ce solvant car il pourrait nuire à
qui permet d’extraire la matière qui les recouvre pour
les poussières
faciliter le démoulage. Leur net-
qu’elles libèrent.
toyage se fait à sec », précise
Franck Pautrot. Pour éviter l’éva-
poration de ce solvant, volatil
et inflammable, les contenants
d’acétone sont refermés entre

© Fabrice Dimier pour l’INRS


chaque utilisation.
«  Le contrôle de l’ensemble des
extractions de l’entreprise a été
réalisé par le Cimpo. À charge
pour l’entreprise de veiller à le
faire effectuer tous les ans », rap-
pelle Reynald Brossard.
L’activité actuelle de Polyecim
comporte également 20 à 30 %
100 m2 a été en partie financée vigueur en 2017. Le poste de de fabrication en moule fermé.
par la Carsat. « Les salariés n’y projection simultanée et d’ébul- L’entreprise utilise deux tech-
entrent que le temps d’y dépo- lage reste au-dessus de la VLEP. REPÈRES niques, en fonction des caracté-
ser les pièces. Cette étape n’étant Cependant, l’exposition réelle à ristiques mécaniques et d’aspect
plus réalisée dans l’atelier, nous ce poste est limitée par le port n POUR le styrène, du produit à fabriquer : l’injection
limitons leur exposition au sty- effectif des EPI adaptés. On peut la valeur limite sous vide et l’infusion. Avec la
rène », note Franck Pautrot. difficilement faire mieux en uti- d’exposition technique d’injection sous vide
lisant les moules ouverts », com- professionnelle (ou RTM pour Resin transfert
Après le démoulage, mente Reynald Brossard. C’est (VLEP) sur 8 heures moulding), la résine est injectée
bruit et poussières en effet par cette technique que est actuellement d’un côté et aspirée à l’opposé
Début 2015, le Centre interré- l’entreprise réalise la plupart de fixée à 215 mg/m3. afin qu’elle se répartisse dans
gional de mesures physiques de ses pièces. Un abaissement toute la pièce qui se forme entre
l’Ouest (Cimpo) et le laboratoire Une fois la pièce démoulée, le à 100 mg/m3 est le moule et le contre-moule de
interrégional de chimie de l’Ouest travail de finition commence prévu au la même forme. L’infusion ne
(Lico) ont réalisé, à différents par l’ébavurage, le détourage et 1er janvier 2017, nécessite pas de contre-moule, le
postes de l’entreprise (fabrica- le ponçage. Autant d’activités en accord avec les vide est créé grâce à une bâche
tion et finition), des mesures des bruyantes qui s’effectuent dans recommandations étanche.
expositions potentielles des sala- une cabine insonorisée. Elles sont de l’Agence Les procédés en moules fermés
riés aux composés organiques aussi génératrices de poussières, nationale de sécurité permettent de réduire l’exposi-
volatils (COV), et notamment au nécessitant une ventilation adap- sanitaire tion au styrène des salariés. Glo-
styrène et à l’acétone. « Pour le tée (lire l’encadré ci-dessous). de l’alimentation, balement, la technique permet
styrène, les postes de gelcoa- Dans l’atelier de finition, les pon- de l’environnement d’atteindre des concentrations
tage et de moulage au contact ne ceuses manuelles sont branchées et du travail (Anses). en styrène de 10 mg/m3. Il n’y
dépassent pas les 70 mg/m3, c’est- sur un réseau d’extraction haute n POUR l’acétone, a pas besoin d’ébullage car la
à-dire en dessous de la VLEP dépression qui permet d’extraire la VLEP sur réaction se fait sous vide. Seule
(NDLR : valeur limite d’exposition les poussières émises par ces 8 heures est fixée l’application du gelcoat se fait
professionnelle, lire à ce sujet dernières. Là encore, les mesures à 1 210 mg/m3 manuellement avant fermeture
l’encadré « Repères ») actuelle du Cimpo viennent valider le pro- et la VLEP-15 minutes du moule. n
et de celle qui devrait entrer en cédé. à 2 420 mg/m3. K. D.

UNE CABINE DE DÉTOURAGE EN SAVOIR PLUS


À VENTILATION SPÉCIFIQUE n Mise en œuvre manuelle des polyesters
Dans la cabine de détourage insonorisée, l’air est filtré puis stratifiés. Guide pratique de ventilation.
recyclé. Une sonde permet un contrôle de l’empoussièrement ED 665. INRS.
global de l’air réintroduit dans la cabine, les poussières du polymère n Les appareils de protection respiratoire.
étant considérées sans effets spécifiques. « Même si les cabines Fiche pratique de sécurité. ED 98. INRS.
sont conformes aux préconisations de la Carsat, le port d’un masque À consulter sur www.inrs.fr.
à adduction d’air reste obligatoire. Les nombreuses formes convexes
des objets moulés rendent difficile un captage à la source efficace »,
constate Reynald Brossard.

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


PERSPECTIVES
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TECHNOLOGIES

Quand l’EPI devient intelligent


ON VOIT APPARAÎTRE aujourd’hui des équipements de protection individuelle (EPI)
dotés de nouvelles fonctionnalités. Certains réagissent à l’état physiologique
du travailleur, d’autres alertent en cas de problème. En plein essor, ces dispositifs
innovants doivent cependant encore faire leurs preuves. Et ne pas se substituer
aux principes généraux de la prévention, qui consistent à privilégier avant tout
des mesures de protection collective et un recours aux EPI en solution ultime.

C
oncevoir des équipements de protec- Dans d’autres secteurs, les projets d’EPI intelli-
tion individuelle (EPI) intelligents. Voilà gents se multiplient. On peut trouver sur le mar-
le défi dans lequel se sont lancés les ché un gilet de sécurité équipé d’une alarme de
fabricants du secteur. L’objectif est de les posture inadaptée : lorsqu’un opérateur se penche
doter de nouvelles fonctions pour leur trop en avant, un signal sonore se déclenche. Ou
permettre d’interagir avec leur environnement. bien encore la digitsole, une semelle chauffante
« Ces EPI nouvelle génération sont dits actifs, par pour maintenir une température confortable dans
opposition aux EPI classiques, plutôt passifs », pré- les chaussures de sécurité par exemple. L’insti-
cise Philippe Guermonprez de l’Institut français tut Fraunhofer, en Allemagne, a mis au point un
du textile et de l’habillement (IFTH). Mais de quoi gant dont la couleur change en présence d’une
s’agit-il exactement ? substance toxique. Des capteurs pour détecter la
Pour devenir intelligents, ces dispositifs sont truf- présence de gaz dangereux ont été développés
fés de capteurs capables de mesurer différents en Angleterre, en collaboration avec l’Univer-
paramètres  : rythme cardiaque, température, sité de Nottingham, pour équiper des casques
niveau d’humidité, géolocalisation… Ces informa- de mineurs. De son côté, le fabricant de veste
tions sont ensuite collectées et analysées au sein de pompiers travaille sur l’élaboration d’un tissu
de dispositifs électroniques, eux aussi présents composé de puces de silicium capables de tuer des
dans les EPI. Certains fabricants recourent aussi à microorganismes à l’origine de maladies comme le
des matières réactives. L’éventail est large. On dis- choléra ou la peste. « Nous visons le secteur de la
tingue notamment les matières thermochromes, santé, avec l’objectif de réduire la transmission de
capables de changer de couleur sous l’effet d’un maladies », précise Pascal Barguirdjian. Enfin, cer-
changement de température par exemple. taines recherches portent sur la possibilité d’équi-
La sécurité civile et militaire et, en son sein, per ces EPI de systèmes de détection permettant
principalement les pompiers, joue un rôle parti- de vérifier que l’opérateur est bien équipé avant
culièrement moteur dans le domaine. « Lors des d’entrer dans la zone de travail. Et ce, afin de com-
interventions de ces derniers, le risque d’accident mander l’arrêt d’une machine si ce n’est pas le cas,
grave est très élevé, ce qui pousse à investir dans par exemple.
l’innovation », indique Patrice Marchal, expert à « En Europe, où de nombreux investissements sont
l’INRS. De nombreuses sociétés travaillent sur le consacrés à l’économie numérique, le terrain est
sujet. Les pompiers marins de Brest, la Marine propice au développement de ce type de techno-
de Toulon et la Marine nationale, notamment, logies », assure Philippe Guermonprez. Un appel à
sont équipés de la même veste de protection qui projet thématique relatif aux textiles techniques
déclenche une alarme sonore et visuelle lorsque la
température dépasse 45 °C sous la veste et 144 °C
à l’extérieur. « Les vestes actuelles sont tellement LES EPI INTELLIGENTS À L’ÉTUDE
performantes qu’il devient difficile pour les pom- Une étude de l’INRS va prochainement
piers d’appréhender la température extérieure, démarrer afin d’établir un état de l’art
explique Pascal Barguirdjian, directeur de Teck- des systèmes de protection individuelle
nisolar Séni, qui conçoit cette veste. Il arrive aussi intelligents (SPII) et permettre de proposer
que, pris dans l’action, ils ne remarquent pas une définition de ces dispositifs. Ces travaux
qu’ils ne transpirent plus, d’où l’intérêt de tels cap- seront complétés par une catégorisation
teurs. » La veste dispose également de détecteurs établie à partir de différents critères
d’immobilité et de gaz nocifs. D’autres sociétés (techniques, normatifs, SST). Enfin, l’étude
développent par exemple des cagoules munies de aura pour objectif de développer
capteurs permettant de transmettre à distance la
un processus d’analyse des risques en cas
température de la peau du pompier, son rythme
de dysfonctionnement.
cardiaque et sa géolocalisation notamment. Cédric Duval

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PERSPECTIVES

Exemples d’EPI intelligents

Casque détectant la présence


de gaz dangereux.

Cagoule permettant
de géolocaliser son porteur.

Veste déclenchant une alarme sonore


et visuelle lorsque la température
dépasse un certain seuil.

© Éléonore Lamoglia pour l’INRS


Gant changeant de couleur
au contact d’une substance nocive.

Chaussures de sécurité équipées


de semelles chauffantes.

et intelligents a ainsi été lancé en 2015 au sein de tricoter des fils conducteurs pour obtenir un
de l’action « Projets industriels d’avenir » (Piave). tissu électronique à la fois robuste et lavable en
Lancé en 2012, le projet européen smart@Fire vise machine.
la mise sur le marché d’une tenue incendie intel- Outre ces obstacles, les EPI intelligents posent
ligente. Après avoir réalisé une veille des équipe- également des questions. L’arrivée de ces pro-
ments existants, le projet aborde actuellement la duits dotés de nouvelles fonctionnalités marque
rédaction du cahier des charges. une évolution que la normalisation doit prendre
en compte. « On voit apparaître sur le marché
Une généralisation à la peine des produits qui, à coup d’arguments marketing,
Dans les faits, et malgré de nombreuses initia- peuvent séduire les entreprises, indique Patrice
tives, la commercialisation d’EPI intelligents reste Marchal. Mais le risque est d’assister à des
rare. Plusieurs défis restent à relever pour généra- dérives d’usages. Un EPI doit répondre à des exi-
liser leur utilisation. Se pose notamment la ques- gences qui ne sont pas celles de produits vendus
tion du coût. Celui-ci croît fortement dès lors qu’on auprès du grand public, il faut être très vigilant. Le
intègre de l’électronique. Les chiffres varient mais risque est notamment de faire reposer la sécurité
on parle généralement d’une hausse comprise des salariés sur des équipements au détriment
entre 30 et 300 %. Qui dit électronique dit éga- des nécessaires mesures de protection collective,
lement alimentation énergétique, d’où la question qui doivent être privilégiées. » Des organismes
de l’autonomie. « Il faut également veiller à rendre de normalisation examinent également s’il y a
ces équipements faciles à utiliser pour favoriser lieu d’élaborer de nouvelles normes portant par
leur appropriation sur le terrain », ajoute Philippe exemple sur des EPI intelligents dotés de fonc-
Guermonprez. L’enjeu est notamment de parvenir tions électroniques intégrées. Enfin, d’aucuns
à combiner différents capteurs au sein d’un seul redoutent que ces équipements connectés soient
et même équipement pour éviter l’empilement. utilisés pour surveiller leur activité. Une chose est
Cela implique aussi qu’ils puissent s’entretenir sûre : le déploiement de ces équipements doit être
facilement malgré la présence d’électronique. Sur accompagné dès lors qu’il modifie les méthodes
ce point, des progrès ont été effectués. L’IFTH a de travail. Sans cela, le risque est de voir finir ces
notamment élaboré une méthode permettant dispositifs dans des placards. n

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AGROALIMENTAIRE

Tous sous un même to

LE NOUGAT DE MONTÉLIMAR. On le connaît tous, mais finalement,


que sait-on de sa fabrication ? Le plus important fabricant
de cette confiserie, Chabert et Guillot, a récemment regroupé
toute sa production sous un même toit, en améliorant
sa productivité et les conditions de travail de ses salariés.

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it pour mieux travailler

© Guillaume J. Plisson pour l’INRS

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O
n sait que la noto- an, il a dû réaliser de très impor- ration, Didier Chabert a décidé
riété de ce produit tants investissements, pour à la d’industrialiser la production de
est quelque chose fois améliorer la prévention des nougat. » En 1997, l’entreprise
d’assez incroyable, risques professionnels et gagner intègre le groupe sucrier alle-
reconnaît Fran- en productivité. mand Südzucker. L’année 2008
çois Roelens, directeur général Chabert et Guillot est une très voit la naissance du projet « One
et directeur de production du vieille dame, fondée en 1913 par roof ». Il s’agissait de mettre sous
fabricant de Nougat de Montéli- deux beaux-frères qui ont racheté un même toit les quatre sites de
mar Chabert et Guillot. Car 91 % une ancienne société ayant vu le production disséminés dans la
des personnes associent la ville jour en 1848, la Ruche d’or. « Elle ville et ses environs.
de Montélimar au nougat, et était située en face de la gare de Sur un terrain de 22  000 m2,
vice-versa… Mais une étude va Montélimar, explique le directeur toujours situé à Montélimar, une
nous permettre de mieux cibler général. Cela a longtemps facilité nouvelle usine de 10  600 m2
nos consommateurs. » Dans la vente de nougats puisque des voit le jour entre 2009 et 2010
les récents locaux du plus gros petites marchandes en vendaient où sont dorénavant regroupés
nougatier de Montélimar, dans sur le quai de la gare. » les 160 salariés (plus environ
la Drôme, le nougat est omni- Depuis, « l’entreprise s’est déve- 10 à 15 salariés d’un groupe-
présent. Avec une capacité de loppée, poursuit le directeur ment d’employeurs et environ
production de 6 000 tonnes par général. À la cinquième géné- 35 à 40 intérimaires en période

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


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1 Le nouveau bâtiment est situé dans une zone industrielle


récemment créée à Montélimar. L’objectif était de regrouper
toute la production sous un seul toit, pour simplifier les flux,
limiter les déplacements, réduire les risques professionnels
et produire des nougats de qualité.

2 La Carsat a pu intervenir lors de la réflexion sur


les aménagements intérieurs. Elle a notamment pu faire
réaliser des ouvertures permettant à la lumière du jour
d’entrer dans l’atelier.

3 À l’extérieur, un escalier en colimaçon a été créé


pour permettre d’atteindre facilement les toits où des panneaux
photovoltaïques ont été installés, ainsi que des acrotères. 3

de pic de production). « Ça a été d’hygrométrie. « Seul problème, contrôleur de sécurité à la Carsat
un grand changement, indique le bâtiment, construit initiale- Rhône-Alpes, des fenêtres et des
Patrice Nauleau, chef d’équipe et ment pour une activité logis- « œils-de-bœuf », avec vue sur
membre du CHSCT. Cela a beau- tique, a été difficile à aména- l’extérieur, ont été ajoutés. « Un
coup amélioré nos conditions de ger », souligne Marie-Gabrielle vrai plus », de l’avis d’une opé-
travail, les flux, et réduit le temps Lafosse, en charge de la préven- ratrice.
et les trajets. » tion et de la sécurité. Dans le bâtiment, la marche
Jusqu’à ce déménagement, la en avant est respectée. Les
fabrication du nougat était écla- Limiter la hauteur matières premières – sucres,
tée sur les différents sites, cha- des palettes miels, amandes, pistaches, etc.
cun étant spécialisé dans une Dès les plans, la Carsat parti- – arrivent en vrac, dans des big
partie de la production. Des cipe à un groupe de travail, aux bags pour les ingrédients solides
camions livraient un site puis côtés du CHSCT, de la direction, ou dans des cuves pour les
un autre. Beaucoup de temps et du service de santé au travail et liquides. Les sacs sont rares, mais
d’énergie étaient perdus, sans de l’inspection du travail, sur il y en a encore. « On essaie de
parler des problèmes de qua- les aménagements intérieurs, limiter les palettes à 1,70 m, mais
lité du nougat que cela pouvait les flux et l’organisation du tra- on a du mal, regrette la chargée
poser, ce dernier étant sensible vail en général. Grâce à l’inter- de prévention. Ce sont les fournis-
aux conditions de température et vention de Philippe Morand, seurs qui nous les livrent ainsi. »

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4 Les amandes sont torréfiées – et pasteurisées –


dans un tout nouveau torréfacteur. Il est accessible
grâce à une passerelle, et un miroir permet de surveiller
la bonne marche des installations depuis le bas.

5 La cuisson se fait à « basse » température (122 °C


au lieu de 136 °C), ce qui permet à la fois de préserver
les ingrédients et aux opérateurs de travailler
dans une ambiance thermique moins pénible. 5

Philippe Morand lui répond qu’il d’environ 7 m de haut et 2 m bruyant, souligne le contrôleur de
est toujours possible de faire de diamètre. Cette machine est sécurité. Les hauteurs sous pla-
pression sur ses fournisseurs. gérée par un seul opérateur qui fond sont importantes et difficiles
Les blancs sont montés en neige pilote son fonctionnement via un à traiter acoustiquement. » « Mais
tandis que les sucres (saccha- écran tactile. « Plusieurs facteurs les opérateurs ne sont pas ici en
rose, sirop de glucose et miel) de pénibilité ont été réduits en permanence, répond la chargée
sont cuits, partiellement sous vide automatisant les opérations de de prévention. Ils ont le choix
pour que la température de cuis- nettoyage et en isolant la gaine des protections auditives, mais
son soit la plus basse possible. calorifuge », remarque Marie- doivent les porter. À la suite d’ac-
«  Le sirop est cuit à 122 °C puis Gabrielle Lafosse. tions de sensibilisation menées
ramené à 105 °C, bien en dessous Les manutentions des big bags tout au long de l’année, le taux de
des 136  °C habituels, remarque remplis de fruits secs sont opé- port s’est bien amélioré. »
le directeur général. Cela abîme rées avec un chariot élévateur Le mélange (sucres cuits, blancs
moins les matières premières. » et un palan. Une fois le big bag d’œuf et amandes grillées) des-
La société a aussi investi dans accroché, les fruits sont ache- cend ensuite depuis un mélan-
un nouvel équipement de pas- minés à l’aide d’un convoyeur geur conique pour arriver sur la
teurisation-torréfaction des fruits jusqu’au torréfacteur où ils sont ligne de formage. Le remplissage
secs (amandes, pistaches ou chauffés entre 100 et 150  °C des trémies est contrôlé, depuis
autres), une structure cylindrique selon les procédés. « C’est un local le bas, par les opérateurs à l’aide

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6 La pâte est ensuite laminée entre


des cylindres refroidis. Auparavant, sur l’un
des anciens sites de production, les opérateurs
devaient manipuler à la main des rouleaux
de 30 kg ! C’est à cette étape que sont ajoutées
les feuilles de pain azyme.

7 Après être passé dans un tunnel


de refroidissement, le nougat arrive aux postes
de découpe. La trancheuse à ultrasons
a fait l’objet de nombreux développements,
notamment pour éviter la propagation
des ultrasons qui se sont avérés gênants
pour les opérateurs. La trancheuse donne
désormais entière satisfaction : grâce
à son capotage étanche, les sons
ne se propagent plus dans l’atelier.
Elle a permis d’économiser le temps de sciage
6 ainsi que les gestes et postures pénibles.

d’un miroir évitant tout déborde- ci, une technologie de découpe à ment pas, sont faciles à nettoyer
ment. La pâte est ensuite aplatie ultrasons a vu le jour. Elle est le et ont une grande précision de
entre deux rouleaux. « Avant, sur fruit d’un développement parti- coupe. Elles limitent également
l’un des anciens sites, on étalait culièrement complexe qui a per- l’apparition des TMS, car il n’y
la pâte à l’aide d’une raclette et mis d’améliorer les conditions a plus les gestes répétitifs de la
d’un rouleau de 30 kg, précise de travail et le coût de revient. découpe traditionnelle avec des
Patrick, un opérateur. C’était très Cette découpe précise permet de scies circulaires.
très physique. » C’est là égale- réduire les rebuts et les étapes Après son rachat par le groupe
ment qu’est ajouté sur chaque de découpe du nougat avant le allemand, Chabert et Guillot a
face le pain azyme, « de l’hostie », conditionnement. poursuivi ses recherches sur les
résume le salarié. Dans les années 1990, l’entre- ultrasons et s’est rapproché d’une
prise a participé à un groupe de entreprise savoyarde, Sodeva,
La découpe à ultrasons recherche, pour partie financé qui développe cette technologie
Après un long cheminement dans par l’Union européenne, sur le pour la découpe de fromages.
un tunnel de refroidissement, la thème de la découpe à ultrasons. Certes, la trancheuse à ultrasons
pâte parvient, sur les lignes, à Il s’agit de couper avec des lames coûte très cher : plus de dix fois
des trancheuses. Une nouvelle qui vibrent à une fréquence de le prix d’une scie classique. Mais
ligne de laminage est venue 20 000 Hz. L’intérêt est triple : ces 60 % du nougat produit sur le site
compléter la première. Sur celle- lames à l’arrêt ne coupent quasi- passe dans cette trancheuse…

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8 Les très nombreux conditionnements nécessitent


des opérations de sciage sur chaque ligne. Les risques sur
les scies sont désormais mieux maîtrisés grâce aux actions
de sensibilisation et aux carters de protection. Le sciage
reste très sollicitant pour le haut du corps (répétitivité
des gestes, force nécessaire, etc.).

9 Les peseuses associatives des ensacheuses


ont été encoffrées de façon à supprimer la propagation
du bruit sur les postes de travail. Même si les
interventions se limitent à la maintenance et au contrôle,
des panneaux absorbant le bruit et des murs
microperforés ont été mis en place. Quant au plafond,
il est laissé libre pour que la lumière puisse passer.

10 Au conditionnement, la chargée de prévention


a prévu de faire des études de postes pour améliorer
les conditions de travail des opérateurs.

11 En fin de ligne, une table élévatrice permet de mettre


à niveau le poste de travail pour faciliter la palettisation
des colis. Une fois prêtes, les palettes sont filmées à l’aide
d’une filmeuse automatique. 10

À 20 000 Hz, le bruit est à la parfaitement étanche, des tun- conditions de travail des lignes »,
limite du domaine de l’audible. nels tapissés de panneaux acous- remarque la chargée de préven-
En revanche, dès qu’elle était mal tiques spécifiques pour l’agro­ tion. Puis les bacs sont acheminés
réglée, certains opérateurs se alimentaire ont été installés, dans le vaste atelier de condition-
plaignaient. « Lorsqu’on la mettait absorbant le bruit. Pour aboutir à nement, où l’hygrométrie et la
en marche, cela faisait sursauter ce résultat, deux années de tra- température (autour de 22 °C) sont
certaines personnes », remarque vail ont été nécessaires 1. « Avant, contrôlées pour que les nougats
le directeur général. « L’entreprise j’entendais les ultrasons, déclare ne collent pas. Il comprend une
a pris le problème à bras le corps, Claudie Trovato, conductrice de quarantaine de lignes de condi-
en travaillant conjointement avec ligne et membre du CHSCT. Je tionnement et presque autant
un acousticien de l’INRS, souligne perçois nettement la différence, à de postes de scieurs. Historique-
la chargée de sécurité. La Carsat présent. » ment, le métier de scieur était plus
et l’INRS sont intervenus à plu- exposé aux risques de coupures.
sieurs reprises. Les bruits à ce Plus de polyvalence « On a d’abord commencé un gros
niveau de fréquences sont facile- Une fois coupés en larges bandes travail pour protéger les scieurs,
ment arrêtés par des parois mais, par l’atelier fabrication, les nou- explique le directeur général.
a contrario, le moindre interstice gats sont déposés dans des bacs. Avec des actions de sensibilisa-
les laisse passer. » Au final, la «  Nous allons travailler sur les tion et l’installation de carters de
machine a été encoffrée de façon méthodes afin d’améliorer les protection. Reste cependant le

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


EN IMAGES

11

problème des TMS liés aux mou- tion souhaite pouvoir développer gats sont ensachés de manière
vements répétitifs de va-et-vient le processus des scies à ultrasons automatique puis mis en carton
du plateau de la découpe pouvant pour les substituer aux scies tra- par les opératrices. En fin de
entraîner des maladies profes- ditionnelles. ligne, une table élévatrice permet
sionnelles. Car scier nécessite un Au fond de l’atelier, des ensa- de palettiser les colis à niveau.
geste répétitif, sollicitant pour le cheuses sont installées sur une Une fois prêtes, les palettes sont
haut du corps. » mezzanine. Les « peseuses asso- filmées à l’aide d’une filmeuse.
«  Il y a beaucoup de lignes, car ciatives » sont accessibles par un Les nougats partent en France
on propose 1  500 gammes escalier, et des panneaux acous- mais aussi à l’étranger, avec un
de produits et 99 recettes dif- tiques ainsi que des murs micro- gros pic d’activité au moment des
férentes », explique Marie- perforés limitent le bruit. Le haut, fêtes de fin d’année… le nougat
Gabrielle Lafosse. La cadence est libre, laisse passer la lumière. étant l’un des treize desserts de
donnée par la machine d’embal- « Ce sont essentiellement les per- Provence. n
lage. « Ce qui serait bien, c’est sonnes de la maintenance, du 1. Le travail effectué par Chabert et
que l’on parvienne à mettre en contrôle et du nettoyage qui inter- Guillot avec la Carsat et l’INRS devrait
place davantage de polyva- viennent ici, remarque Marie- permettre d’intégrer en conception
des futures machines la prévention
lence, sur ces postes, remarque Gabrielle Lafosse. Il était impor- Delphine Vaudoux des risques liés aux ultrasons
Patrice Nauleau. Mais ça n’est pas tant qu’ils bénéficient de bonnes Photos : Guillaume en agissant sur l’encoffrement,
évident. » La chargée de préven- conditions de travail. » Les nou- J. Plisson le matériel et le procédé.

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


EN ENTREPRISE
36
37
Fiche d’identité DANS LA RESTAURATION, porter des centaines de plateaux
n NOM : Rainforest Café.
quotidiennement peut être une source de TMS. Pour y remédier,
n ACTIVITÉ : Restauration.
le Rainforest Café a allégé le poids de sa vaisselle.
Cuisine texmex
et américaine.
n FILIALE DU GROUPE FLO
TROUBLES MUSCULOSQUELETTIQUES

Une vaisselle qui pèse


(6 000 salariés en France).
n OUVERTURE

dans la prévention
de l’établissement : 1999.
n LOCALISATION : Village
Disney, Parc Disneyland,
Marne-la-Vallée à 40 km
de Paris.
n EFFECTIF : 120 salariés,
dont 70 personnes en salle
et 40 personnes en cuisine.
n SERVICE : 1 100 à 1 200
couverts/jour en moyenne.

L’essentiel
n LA DIRECTION de l’enseigne
© Fabrice Dimier pour l’INRS

a mis en place une solution


simple pour alléger le poids
des plateaux et réduire
ainsi le risque de TMS
chez les serveurs
et le personnel en cuisine :
adopter une vaisselle
plus légère.

C’
est dans une des salariés à certains postes.
ambiance de forêt Et, parallèlement, le CHSCT nous
tropicale que le remontait des plaintes récur-
Rainforest Café, rentes de salariés au niveau du
filiale du groupe dos notamment », se souvient
Flo, accueille ses clients au Kevin Fullam, directeur d’ex-
sein du Village Disney à l’orée ploitation. La cause principale a
du parc d’attractions Disney- été vite identifiée : le poids des
land Paris. Plus d’un millier de plateaux. Un commis de salle
clients viennent se restaurer porte environ 300 plateaux par
chaque jour dans ce restaurant jour, d’un poids moyen de 5 kg.
LE CHIFFRE de Marne-la-Vallée, en Seine- « L’établissement fonctionne très

300
et-Marne, de 11 h 30 à 23 h avec bien, nous manipulons donc
un service en continu, tous les beaucoup de plateaux dans une
jours de l’année. Un succès com- journée », témoigne Joésphine
plateaux d’un poids mercial qui connaît un revers de Tousverts, seconde de cuisine,
moyen de 5 kg sont médaille pour certains salariés : un poste concerné également
les troubles musculosquelet- par la charge des plateaux.
portés en moyenne tiques (TMS) liés au poids des L’équipe de direction de l’éta-
par jour par chacun plateaux. blissement s’est mise en
des 13 commis « Nous constations un fort absen- recherche de solutions. « J’ai
de salle. Katia Delaval téisme et un turn-over important découvert les verres en polycar-

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


EN ENTREPRISE

bonate aux États-Unis lors de la diminué lui aussi. « La démarche carte. La problématique du poids
réunion annuelle à laquelle je de prévention a été menée en des plateaux reste présente
participe avec mes homologues parfaite autonomie par l’établis- dans nos esprits afin de l’amé-
(NDLR  : il existe d’autres res- sement, que ce soit pour l’ana- liorer constamment », souligne
taurants à enseigne Rainforest lyse des risques, la recherche de Kevin Fullam. « Nous recevons
dans le monde). Il n’y a souvent solutions ou leur mise en place », régulièrement des échantillons
pas besoin de réinventer la roue souligne Olivier Poisson, contrô- de nouveaux articles de vais-
pour trouver des leviers d’amé- leur de sécurité à la Cramif. selle de notre fournisseur »,
lioration des conditions de tra- À la suite de ce succès, l’initiative ajoute Sakina Naciri, directrice
vail », constate Kevin Fullam. a été transposée six mois plus de l’établissement depuis 2007.
L’idée de changer toute la vais- tard au King Ludwig’s Castle, un «  La direction s’est bien impli-
selle a alors été soumise au établissement proche géré éga- quée dans les conditions de
CHSCT qui l’a validée. La direc- lement par Kevin Fullam. Les travail, elle est à l’écoute des
tion a alors exposé ses besoins nouveaux articles de vaisselle salariés qui s’adressent même
au fournisseur de vaisselle de
l’ensemble du groupe Flo, qui 
a proposé des alternatives et
n DES AMÉNAGEMENTS PRÉVUS POUR LE POSTE DE CAFETIER
montré des échantillons. Par
exemple, les verres à soda et à Huit salariés se relaient tout au long de l’année sur le poste
eau ont vu leur poids passer de de cafetier, qui consiste à préparer l’ensemble des boissons
plus de 400 g chacun à 100 g pour le restaurant. Ils ont fait remonter, via le CHSCT, que l’espace
dans la version en polycarbo- dédié en cuisine n’était pas suffisamment adapté à leur travail,
nate et les carafes ne pèsent le réfrigérateur à boissons gênant par exemple l’accès à la réserve
plus, elles, que 290 g au lieu de glace. En septembre 2015, le groupe Flo, auquel appartient
de 800 g auparavant. Les bols le restaurant, a fait étudier ce poste par un ergonome.
en fonte de près de 2 kg ont été Les solutions trouvées pourront être déployées lors
remplacés par des équivalents de la rénovation de l’établissement, prévue à l’automne 2016.
en aluminium deux fois plus
légers, etc.
choisis par l’établissement sont parfois directement à elle, sans
Plus cher à l’achat référencés dans la base com- passer par les représentants du
mais plus rentable mune de commandes du groupe personnel », remarque Mamadou
«  Nous n’avons pas trouvé d’al- Flo, et les autres restaurants du Yatera, économe depuis 2009
ternative acceptable pour toute groupe peuvent donc eux aussi et membre du CHSCT depuis
la vaisselle : il faut une certaine alléger leur vaisselle. « Toutefois, plus de deux ans. « Il faut sans
esthétique et une bonne qualité la plupart ne travaillent pas au cesse remettre en question ses
dans un restaurant avec un ser- plateau, mais à l’assiette. Et les pratiques de travail afin de les
vice à table. La majorité de notre quelques brasseries qui utilisent améliorer. Il y a cinq ans, nous
clientèle est française et pour des plateaux ont des volumes de avons remplacé le carrelage de
le reste presque exclusivement couverts plus réduits et des dis- la cuisine par de la résine anti-
européenne », note le directeur tances à parcourir moindre, leur dérapante, et nous avons réduit
d’exploitation. Les verres à pied poids est donc moins problé- le nombre de chutes de plain-
sont donc toujours en verre et matique », explique Emmanuel pied par glissades, rappelle
les assiettes en céramique. Mais Rault, directeur technique. Kevin Fullam. L’an prochain,
les efforts pèsent déjà lourds « Nous changeons une partie de nous allons faire des améliora-
dans la balance : le poids d’un la vaisselle tous les ans, notam- tions sur le poste de cafetier »
plateau moyen a été divisé par ment lorsque nous modifions la (lire l’encadré ci-dessus). n
deux, passant ainsi à 2,5 kg.
«  Et nous constatons qu’il y a En adoptant
beaucoup moins de turn-over de des carafes en
polycarbonate,
salariés et d’accidents du travail la direction du
depuis un an », déclare Chris- restaurant a fait
tophe Lefèbvre, chef de cuisine passer le poids
au Rainforest depuis 1999. de celles-ci
Le polycarbonate est plus cher de 800 à 290 g.
En outre, ce matériau
que le verre à l’achat, mais est incassable
il dure également plus long- et provoque moins
© Fabrice Dimier pour l’INRS

temps car il est incassable. de nuisances sonores.


Cette caractéristique s’est révé-
lée avantageuse pour d’autres
aspects de la prévention  : le
bruit est significativement réduit
au poste de plonge et le risque
de blessure par coupure est

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


EN ENTREPRISE
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Fiche d’identité L’ENTREPRISE PERMASWAGE, fabricant de pièces détachées
n NOM : Permaswage Europe.
pour avions, a rénové entièrement deux de ses ateliers
n LIEU : Les Clayes-sous-Bois
ces dernières années, le ressuage et l’ébavurage. L’ensemble
(78). des acteurs concernés a été impliqué afin d’aboutir
n EFFECTIF : 130 personnes. à un résultat optimal pour tous.
n LE GROUPE Permaswage
produit plus de 75 %
du marché mondial
des raccords permanents
dans l’aéronautique.

L’essentiel
n L’ENTREPRISE Permaswage

© Grégoire Maisonneuve pour l’INRS


a rénové ces trois dernières
années deux de ses
ateliers : le ressuage
et l’ébavurage.
n AU RESSUAGE, la chaîne
de traitement des pièces
a été automatisée,
réduisant les manipulations
manuelles les plus pénibles,
le port de charge,
et le contact avec des
produits irritants pour RÉNOVATION

Des raccords
les opérateurs concernés.
n À L’ÉBAVURAGE, l’atelier
a été équipé d’une

sans poussières
installation de ventilation
associée à un système
de captage à la source.

ni manutentions

A
lors que c’est une Boeing, Bombardier, Dassault,
entreprise leader et d’autres encore. Basée aux
dans son domaine, Clayes-sous-Bois, dans les Yve-
son nom est peu lines, cette entreprise emploie
LE CHIFFRE connu du grand 130 personnes.

80 %
public. Permaswage, fondée Le process de fabrication des
en 1938, est spécialisée dans raccords comporte différentes
la conception, la fabrication et phases : usinage des éléments
des accidents la distribution de raccords ser- (en titane, inox, aluminium) sur
du travail recensés tis pour les circuits de fluides tour à commande numérique,
dans l’entreprise pour aéronefs. Qu’ils soient ébavurage, ressuage, traitement
en inox, en aluminium ou en de surface et opérations finales.
sont des coupures titane, ces éléments équipent Les questions de santé au tra-
liées aux machines en grand nombre les avions vail font l’objet d’une attention
à commande commerciaux, militaires et busi- suivie depuis longtemps dans
numérique. Céline Ravallec ness jets construits par Airbus, l’entreprise. Dans les années

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


EN ENTREPRISE

2004-2005, Permaswage a process. » L’entreprise en a pro- travail », souligne Emmanuelle


participé à une campagne de fité pour refaire l’atelier dans Lepage, contrôleur de sécurité à
substitution des produits CMR son ensemble, en passant par l’antenne 78 de la Cramif.
(cancérogènes, mutagènes et l’éclairage ou encore le sol, qui Afin de répondre à cette
toxiques pour la reproduction). a été doté d’un revêtement anti- demande, un capteur amovible,
Plus récemment, ces dernières dérapant. intégré dans les tables, a été
années, deux ateliers ont fait installé à chaque poste de tra-
l’objet d’aménagements consé- Une aspiration vail. Les opérateurs concernés,
quents ayant contribué à amé- à la demande associés à la démarche, sou-
liorer les conditions de travail. L’atelier d’ébavurage a égale- haitaient pouvoir couper l’aspi-
À l’atelier de ressuage, un réa- ment fait l’objet d’aménage- ration quand ils n’étaient pas à
ménagement total a été réalisé ments courant 2014 et 2015. leur poste. « Cette particularité
en 2014. Le ressuage consiste L’ébavurage consiste à suppri- a nécessité une prise d’air addi-
à rechercher des défauts de mer les petites imperfections tionnelle », complète Dan Bailly,
matière par un contrôle visuel des pièces (copeaux, rayures, ingénieur technico-commercial
de toutes les pièces. Celles-ci bavures…) en sortie d’usinage. chez Delta Neu, l’installateur
sont imprégnées d’un produit Cela se fait à l’aide de meuleuses retenu. Parallèlement, un effort
fluorescent pénétrant qui, sous et de fraiseuses manuelles. Les sur le bruit a également été fait
lampe UV, révèle des discon- émissions de poussières métal- afin de limiter les nuisances
tinuités telles que des replis liques (inox, titane, aluminium) sonores lorsque la nouvelle
de matière ou des fissures. lors de ces opérations peuvent installation fonctionne. « Nous
Avant ce contrôle visuel, les être importantes. En consé- avions demandé que le niveau
pièces passent dans différents quence, l’atelier a été équipé sonore soit inférieur à 63 dB(A)
bains de traitement (dégrais- d’un système d’aspiration pour sans activité annexe », précise
sage alcalin, rinçage, séchage, La mise en place de réduire l’empoussièrement de Emmanuelle Lepage.
l’aspiration localisée
pénétrant fluorescent, rinçage à chaque poste de l’atmosphère de travail. « La Ces aménagements à l’ébavu-
en surface, séchage et révé- l’atelier d’ébavurage demande initiale de l’entreprise rage ont fait l’objet d’une aide
lation). Auparavant, le poste s’est accompagnée était d’avoir une installation de financière de la part de la Cra-
faisait l’objet de beaucoup de d’une réflexion sur dépoussiérage. Il nous sem- mif. « Ça nous a permis de bou-
le bruit de la nouvelle
manutentions manuelles car installation afin
blait important parallèlement cler le budget, souligne Miguel
les paniers de pièces, pesant d’en limiter d’améliorer le captage localisé, Garcia-Mora, responsable main-
entre 5 et 20 kg, étaient plon- les nuisances sonores. au niveau de chaque poste de tenance et services généraux.
gés et sortis de chaque bain à la L’offre qui était techniquement la
main : manutentions répétitives, plus complète était aussi la plus
postures sollicitantes, contacts chère. Sans cette aide, il n’est
avec des produits irritants, les pas sûr que nous aurions pu
contraintes étaient très pré- opter pour ce fournisseur. » Là
sentes à ce poste. aussi, les salariés constatent les
À l’occasion de ces aménage- bénéfices au quotidien. « C’est
ments, la chaîne de contrôle une grande amélioration par
non destructif a été automa- rapport aux anciens postes : il
tisée. Désormais les paniers y avait beaucoup plus de pous-
sont transférés tout au long de sières, des odeurs désagréables,
la chaîne de façon totalement explique Laurent Mauger, tech-
automatique. « C’est beaucoup nicien ébavureur. Ce n’est plus
moins fatigant avec ce sys- le cas maintenant ! » Un constat
tème, on porte beaucoup moins, partagé par ses collègues de tra-
remarque Michaël, un techni- vail.
cien de ressuage. Et le temps «  L’aménagement des postes
dégagé, je le consacre désor- a été réalisé en collabora-
mais davantage au contrôle tion avec les différents acteurs
des pièces. » Un gain en termes concernés  : salariés, respon-
de qualité et d’organisation. sable maintenance, respon-
L’investissement global s’est sable prévention, l’installateur,
élevé à environ 500  000 €. la Cramif », poursuit Miguel Gar-
© Grégoire Maisonneuve pour l’INRS

L’automatisation de cet atelier cia-Mora. Un point décisif. « Il


a permis également un gain faut faire en sorte que les opé-
de productivité. « Avant, le res- rateurs adhèrent à l’installation,
suage constituait un bouchon qu’ils soient impliqués dans les
dans le process, le flux freinait décisions et dans les essais,
à ce niveau, rappelle Maud insiste Dan Bailly. Elle ne doit
Lecomte, la directrice des res- surtout pas être une contrainte
sources humaines. Aujourd’hui, ou alors elle sera contournée,
le flux est continu dans tout le donc inutile. » n

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


EN ENTREPRISE
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Fiche d’identité CHANTIER
n NOM : Chantier de
démolition Immobilière 3F.
De la réflexion
à la démolition
n MAÎTRISE D’ŒUVRE : FCID.
n LIEU : Colombes
(Hauts-de-Seine).
n ACTIVITÉ : Curage
puis démolition
d’une barre d’immeuble
de 180 logements
n EFFECTIF sur le chantier :
25 personnes, dont
des intérimaires et des
personnes en insertion.

© Fabrice Dimier pour l’INRS


L’essentiel
n BRUNEL DÉMOLITION
(Colas Déconstruction)
a en charge le curage puis
la démolition d’une barre
LE CHANTIER est situé au beau milieu d’un quartier du centre
d’immeuble. L’entreprise de Colombes, mais il est peu visible de l’extérieur. Pourtant il s’agit
a été particulièrement du curage de toute une barre d’immeuble en vue de sa démolition.
vigilante dans l’organisation
Mais tout a été minutieusement préparé pour limiter au maximum
de ce chantier, notamment
pour limiter les risques les nuisances environnementales et veiller à la santé et la sécurité
de chute de hauteur, des opérateurs.
d’écrasement,
les manutentions

I
et les poussières.
l y a encore quelques mois, « Nous devons bien évidemment
c’était une simple barre d’im- prendre en compte tous ces élé-
meuble appartenant à Immo- ments, souligne Marc Pouchain,
bilière 3F, un bailleur social, conducteur de travaux. Pour ce
et qui abritait des locataires. qui est de l’école maternelle, il
Une barre d’immeuble, comme il faut savoir que les enfants font
en a été construit des centaines la sieste entre 13 h 30 et 15 h,
au début des années 1970. il nous est donc impossible de
Aujourd’hui, elle est en cours faire du bruit à ce moment-là.
de curage et demain elle sera En ce qui concerne le tout nouvel
détruite. Situé beau milieu d’un immeuble, nous veillons à ne pas
quartier du centre de Colombes, trop faire de poussières ou de
dans les Hauts-de-Seine, le gravats pour ne pas le salir. » Le
chantier souffre d’un environne- tout en veillant à la prévention
LE CHIFFRE
ment particulièrement contraint : des risques professionnels.

16 000 t d’un côté une école maternelle et


une école élémentaire à moins de
100 mètres, de l’autre des serres
La barre d’immeuble comprend
douze étages, soit 180 loge-
ments. C’est l’entreprise Brunel
de béton armé municipales et, quasiment atte- Démolition, du groupe Colas
devront être nant, deux immeubles dont l’un Déconstruction, qui a en charge
évacuées. Delphine Vaudoux est flambant neuf. ces travaux. Une première phase

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


EN ENTREPRISE

de curage de 60 logements a été mif : les risques professionnels


réalisée, de juin 2014 à mars sont à prendre en compte très
2015, suivie d’une première Les gravats sont en amont, de même que l’envi-
phase de démolition totale.
La deuxième étape de curage,
arrosés, dans les ronnement particulièrement
délicat. » Notamment pour limiter
désamiantage et déconstruction étages, pour limiter les risques de chute de hauteur,
qui concerne les 120 logements au maximum d’effondrement de structure, ou
restants a lieu depuis septembre
dernier et se poursuivra jusque
les poussières. les manutentions.
À l’extérieur, sur l’une des façades,
février 2016. un ascenceur de chantier, dimen-
Au plus fort de l’activité, 25 per- sionné pour monter des engins
sonnes s’activent sur ce chan- été trouvé dans certaines gaines pouvant peser jusqu’à 1,5 tonne,
tier. Des salariés permanents, et surtout dans la colle des dalles a été installé. Suffisamment vaste
bien sûr, mais également des d’origine. » Brunel Démolition pour transporter les hommes, le
intérimaires et des personnes a sous-traité à une entreprise matériel et les engins de chan-
en insertion. « Nous sommes très spécialisée le retrait des maté- tier qui serviront dans les étages,
vigilants car certains débutent, riaux amiantés, préalablement à comme les mini-chargeuses ou
souligne Gérald Bonnotte, le la démolition. Un phasage bien les robots de démolition. « Nous
chef de chantier. Nous veillons précis a été mis en place et cha- ne sommes pas propriétaires de
à mixer les équipes et tous les Sur l’une des façades,
cun sait parfaitement quand il ces engins, remarque Marc Pou-
lundis matin, nous réalisons un un ascenceur de doit intervenir. chain, car à chaque chantier, les
quart d’heure sécurité. Dans chantier, dimensionné contraintes sont différentes, en
la semaine également, nous pour monter des Des engins adaptés matière de poids, de taille. Nous
faisons des rappels sur les tra- engins pouvant peser aux besoins préférons les louer pour disposer
jusqu’à 1,5 tonne,
vaux à réaliser, les risques et les a été installé. «  L’évaluation des risques et à chaque fois des appareils les
moyens de prévention. » Suffisamment vaste l’organisation de chantier sont plus adaptés. » Autre élément qui
«  L’ensemble du bâtiment a été pour transporter très importantes pour éviter les a son importance : vérifier que les
diagnostiqué, avant l’appel les hommes, risques, les accidents et mala- planchers vont pouvoir supporter
le matériel et
d’offres, souligne Marc Pouchain, les engins de chantier
dies professionnels, souligne ces machines. Pour ce faire, Bru-
aussi bien pour le plomb que qui serviront Olivier Remon du Pontavice, nel Démolition a fait appel à son
pour l’amiante. De l’amiante a dans les étages. contrôleur de sécurité à la Cra- bureau d’études qui a procédé à

© Fabrice Dimier pour l’INRS

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


EN ENTREPRISE
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des calculs et confirmé que les
engins pouvaient évoluer sans
problème dans les étages.
Les travaux de curage ont logi-
quement débuté par le dernier
étage. Les engins et le matériel
ont été acheminés par le monte-
charge et seules quelques per-
sonnes sont formées pour être
« liftier » sur ce chantier. À chaque
étage, les équipes commencent
par enlever tous les équipe-
ments sanitaires, les portes, les
papiers peints, les sols, etc. À
une extrémité du bâtiment, la
cage d’ascenseur a été neutrali-
sée afin de pouvoir évacuer les
déchets qui pourront être triés
par la suite, comme le bois, le
papier, le polystyrène... À l’autre
extrémité du bâtiment, à l’exté-
rieur, une sapine a été installée
pour canaliser l’évacuation des
gravats et ainsi limiter le risque
d’écrasement et de poussières.

Une sapine pensée L’une des premières


étapes consiste
et sécurisée à abattre à l’aide

© Fabrice Dimier pour l’INRS


Certaines cloisons intérieures de robots de
ont été ouvertes à l’aide de démolition électriques
robots de démolition électriques télécommandés des
télécommandés. « Ils ont beau- cloisons intérieures
afin de permettre aux
coup d’avantages, insiste le engins de chantiers
contrôleur de sécurité. Leur uti- de circuler sur la
lisation limite les manutentions, totalité de l’étage.
et comme ils sont électriques,
ils ne dégagent pas de fumée Quant au mur extérieur donnant à tout notre personnel des bou-
de diesel. De plus, le conducteur sur la sapine, il a été ouvert – chons d’oreilles moulés, explique
est éloigné des risques, que ce après analyse par le bureau Gérald Bonnette. Ils laissent pas-
soient les éventuelles chutes de d’études interne – à mi-hauteur ser le son de la voix mais limitent
gravats, chutes de hauteur, ou pour permettre à la minipelle de les autres bruits. »
poussières. » Lorsque les cloisons déverser les gravats. « Personne Les travaux progressent et le
des étages sont abattues, les ne peut tomber. Les murs sont planning semble respecté. Une
engins de chantiers peuvent cir- en voile de béton, donc solides. fois les 12  000 m2 de dalles
culer aisément sur les 1 260 m2 Il est impossible que la minipelle vinyle à colle amiantée retirés,
de chaque étage, les sols ayant puisse les défoncer ou basculer », les 1,5 km de conduites de fibro-
été dégagés par les opérateurs. précise le chef de chantier. De ciments évacuées par l’entre-
plus, les travaux commençant par prise de désamiantage, il faudra
le dernier étage, impossible éga- s’attaquer à ce qu’il reste des
En savoir plus lement qu’une personne située 16 000 tonnes de béton armé.
n « LES TRAVAUX de déconstruction », un dossier à un étage inférieur reçoive les Ce sera a priori en février 2016.
de Travail & Sécurité, n° 754, octobre 2014. À consulter gravats : le mur des étages infé- «  On fera venir une pelle de
sur www.travail-et-securite.fr. rieurs n’a pas encore été ouvert. démolition de 180 tonnes, avec
n « EXPOSITIONS aux poussières sur les chantiers de À tous les étages, les fenêtres un bras de 42 mètres, et deux
démolition », Hygiène & Sécurité du Travail, n° 238, sont laissées en place tant que grues de 200 tonnes auxquelles
mars 2015. À consulter sur www.hst.fr. les travaux de désamiantage nous accrocherons des tapis de
n MÉCANISATION du transport vertical des personnes n’ont pas eu lieu : elles facilitent 30 mètres, précise le conducteur
et des charges sur les chantiers (construction, le confinement. de travaux. Nous installerons
réhabilitation, entretien d’ouvrages), recommandation Pendant tous ces travaux, les également quatre lances, de
R477. À consulter sur ameli.fr et inrs.fr. gravats sont arrosés, dans les type incendie, et une lance à une
n FONCTIONS D’ACCUEIL et d’accompagnement des
étages, pour limiter au maximum nacelle, pour limiter au maxi-
nouveaux en entreprises, recommandation R460.
les poussières. Quant au bruit, il mum les poussières. » La fin du
À consulter sur ameli.fr et inrs.fr.
peut être important et dépasser chantier est prévue pour la mi-
les 85 dB(A). « Nous fournissons avril 2016. n

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


SERVICES
QUESTIONS-
RÉPONSES
RETOUR SUR…
43
LES THÈMES DES QUESTIONS présentées ici sont extraits des assistances
assurées par les experts de l’INRS. Les réponses apportées sont données à titre indicatif EXTRAITS DU JO
et ont pour objectif de fournir des éléments d’information. Elles ne pourraient, en aucun cas,
être considérées comme des textes de référence.

Endotoxines

?
Quelles activités professionnelles peuvent exposer aux endotoxines ?
Quels sont les risques, et comment s’en protéger ?

RÉPONSE Les endotoxines sont des composants poussières organiques (« ODTS »), voire une bron­
de la paroi des bactéries Gram négatif, libérés chopneumopathie chronique obstructive (BPCO)
lors de la division cellulaire ou de la mort de ces lors d’expositions répétées. Il est possible de mesu­
organismes. Ce sont des molécules complexes, rer les endotoxines dans l’air, en mettant en place
qui persistent longtemps dans l’environnement une stratégie de prélèvement bien formalisée. En
après la disparition des cellules. On peut les ren­ l’absence de valeur limite d’exposition profession­
contrer dans de nombreux milieux solides (pous­ nelle, le réseau Assurance maladie-risques profes­
sières, déchets ménagers, compost, plantes…) ou sionnels a établi deux valeurs guides (200 UE/m3
liquides (eaux usées, fluides de coupe…) contenant et 1 000 UE/m3) définissant des actions à entre­
de la matière organique. Les professions connues prendre pour diminuer les expositions.
comme susceptibles de provoquer des exposi­ Les mesures de prévention des risques liés aux
tions aux endotoxines sont  : le traitement des endotoxines sont spécifiques à chaque secteur
eaux usées (« syndrome des égoutiers », stations d’activité. Il convient d’évaluer les risques et de pri­
d’épuration…) ; le compostage et le traitement des vilégier les mesures de prévention et de protection
déchets ; les industries du coton et des autres fibres collectives, en supprimant ou en réduisant l’émis­
végétales ; le travail en secteurs agricole et agro­ sion des endotoxines. Des actions de lutte contre la
alimentaire ; l’industrie du tabac, etc. L’inhalation prolifération bactérienne (contrôle de température,
d’endotoxines peut déclencher une hyperréactivité hygrométrie, présence de nutriments…) peuvent
bronchique non spécifique (HRBNS) ou, lors d’une être envisagées, de même que la limitation de
exposition massive, un syndrome toxique des l’exposition aux poussières ou aérosols contami­
nés (capotage des sources d’émission, ventilation
des locaux, organisation des espaces de travail :
En savoir plus cloisonnements, accès limités…). Ces mesures
n LES ENDOTOXINES en milieu de travail. INRS, ED 4412. peuvent être complétées par le port d’équipements
n « VALEURS GUIDES endotoxines : Interprétation des résultats de métrologie de protection individuelle respiratoire. Le suivi
des bioaérosols », article paru dans Hygiène & Sécurité du travail n° 239, médical des salariés exposés devra comprendre
juin 2015. INRS, NT 25. une évaluation de la fonction pulmonaire. La for­
À consulter sur www.inrs.fr.
mation et l’information des salariés restent là aussi
des éléments essentiels de prévention. n

Signalisation de santé
et de sécurité au travail
Quelles sont les règles en matière de panneaux de signalisation de santé et de sécurité au travail ?

RÉPONSE La forme et la couleur des panneaux • panneaux de sauvetage et de secours : carrés ou


de signalisation sur les lieux de travail sont régle­ rectangulaires et pictogrammes blancs sur fond
mentées par l’arrêté du 4 novembre 1993 modifié vert ;
en fonction de leur objet : • panneaux concernant le matériel ou l’équipement
• panneaux d’interdiction : ronds, cerclées et bar­ de lutte contre l’incendie : carrés ou rectangu­
rés de rouge ; laires et pictogrammes blancs sur fond rouge. n
• panneaux d’avertissement : triangulaires à fond
jaune ; En savoir plus
• signalisation de risque ou de danger : bandes
jaunes et noires ou rouges et blanches ; n LA SIGNALISATION de santé et de sécurité au travail. INRS, ED 885.
• panneaux d’obligation : ronds à fond bleu et pic­ À consulter sur www.inrs.fr.
togramme blanc ;

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


SERVICES
QUESTIONS-
44 RÉPONSES
RETOUR SUR…
PRÈS DE DEUX CENT DIX ANS après une première loi asseyant
EXTRAITS DU JO
leur existence dans le paysage juridique national, les conseils
de prud’hommes, juridiction paritaire unique sous cette forme
en Europe, ont été largement réformés par la loi du 6 août 2015.

Les conseils de prud’hommes

C
ette histoire risque de se finir aux existé à travers le Moyen-Âge, notamment en Pro- Notes
Prud’hommes », entend-on souvent vence. Une loi du 18 mars 1806, complétée par
lorsque les litiges autour du contrat un décret la même année, créant un conseil de 1. Loi n° 2015-990
du 6 août 2015 pour
de travail, entre employeurs et sala- prud’hommes à Lyon, est promulguée par Napo- la croissance, l’activité
riés, ne peuvent être réglés, à moins léon Ier. Des tribunaux favorisant la conciliation et l’égalité des chances
d’en appeler à cette juridiction. Chaque année, entre les fabricants de soie et les ouvriers lyonnais économiques (dite
plus de 200 000 salariés saisissent les quelque (« canuts ») existent déjà et servent d’exemple. « loi Macron »). Voir :
www.legifrance.gouv.fr.
15 000 juges des 210 conseils de prud’hommes
répartis sur le territoire français (près de De fortes évolutions 2. Apparu au XIe siècle,
le terme « prud’homme »
188 200 jugements ont été rendus en 2014). Dans La loi du 27 mai 1848 inscrit dans les textes et signifie « homme
plus de 98 % des cas, c’est le salarié qui saisit la les pratiques le paritarisme, avec des décisions de valeur, de bon
juridiction prud’homale. 80 % contestent le motif rendues collégialement entre « employeurs » et conseil » et s’appliquait
de leur licenciement. Après une tentative de « salariés ». Tous les ouvriers deviennent élec- alors aux défenseurs
des métiers, en cas de
conciliation préalable devant le bureau de conci- teurs et éligibles. En 1880, le président et le
litiges entre artisans.
liation, composé d’un conseiller prud’homme vice-président sont élus paritairement. En 1905,
3. Les élections
salarié et d’un conseiller prud’homme employeur la législation supprime la voix prépondérante pour la désignation
(lire l’encadré « Repères » ci-dessous), les parties du président. En 1907, se met en place une des conseillers
sont convoquées devant le bureau de jugement véritable juridiction sociale, étendant ses dis- aux prud’hommes
où siègent quatre conseillers nommés de façon positions aux femmes et aux étrangers. La « loi ont été jugées très
coûteuses (environ
paritaire : deux représentants du « collège sala- Boulin » du 18 janvier 1979, complétée par la loi
91,6 millions d’euros
riés » et deux du « collège employeurs ». En cas de du 6 mai 1982, a généralisé l’institution, sur le en 2008) pour un taux
désaccord entre eux, l’affaire est renvoyée devant plan géographique, la couverture de l’ensemble d’abstention compris
un juge professionnel. Cette juridiction, unique des secteurs d’activité et le statut des conseillers entre 65 et 70 % dans
dans le paysage judiciaire européen, a été large- prud’homaux. les collèges salariés
et employeurs,
ment réformée par la loi du 6 août 2015, dite « loi La « loi Macron », qui porte particulièrement aux dernières élections
Macron » 1. sur des aspects de l’activité économique (plus (2002 et 2008). En 2013,
La toute première juridiction de ce type fut enre- de 300 articles), vient apporter de nombreuses les conseillers
gistrée en France en 1296 : le conseil de la ville modifications au fonctionnement de cette juri- prud’homaux ont été
désignés en fonction
de Paris nomma 24 « prud’hommes » 2 et les char- diction. Elle ambitionne notamment de favori-
de leur représentativité
gea de juger les contestations entre marchands ser la résolution amiable des litiges et d’alléger « réelle » dans les
et fabricants. Des conseils de prud’hommes ont les procédures devant l’instance prud’homale entreprises (sur la base
pour réduire les délais de jugement. À titre des élections
d’exemple, à la section « Encadrement du conseil professionnelles).
REPÈRES de prud’hommes de Paris », il faut compter neuf
Les prochaines
désignations auront lieu
Le conseil de prud’hommes est chargé à douze mois en moyenne avant de pouvoir plai- en 2017.
de régler les litiges entre employeurs der un dossier. À Nanterre, entre douze et vingt-
et salariés, liés à tout contrat de travail quatre mois d’attente sont nécessaires. Sans
de droit privé. L’assistance d’un avocat compter les procédures d’appel, qui demandent
n’y est pas obligatoire. Une procédure préalable deux ans en moyenne avant de confirmer ou
dont l’objectif est de concilier les parties infirmer les jugements. Le texte prévoit également
a lieu devant un bureau de conciliation une formation initiale obligatoire des conseillers
et d’orientation, constitué d’un représentant prud’homaux, qui seront tenus de se conformer
salarié et un employeur. En cas de désaccord, à des obligations déontologiques. Ces conseillers
l’affaire est renvoyée en audience ne sont plus élus au suffrage universel direct par
de jugement. En cas d’urgence notamment, les salariés ou les employeurs, mais désignés sur
le conseil de prud’hommes peut être saisi la base de la représentativité des syndicats dans
en référé. La formation de référé est alors les entreprises 3. La loi instaure des critères indi-
composée d’un conseiller employeur
catifs pouvant servir de base au juge pour fi xer
et un conseiller salarié.
les indemnités dues au salarié en cas de licencie-
ment sans cause réelle et sérieuse. ■ Antoine Bondéelle

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


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46 RÉPONSES

Documents officiels
47
RETOUR SUR…
EXTRAITS DU JO

EXTRAITS DE TEXTES parus du 1er au 31 novembre 2015

Santé et sécurité au travail

PRÉVENTION - GÉNÉRALITÉS parmi les exceptions, la déclaration de détachement, par les


entreprises étrangères, de travailleurs en France qui doit être
ACCIDENTS DU TRAVAIL/MALADIES effectuée en vertu des articles L. 1262-5 ou R. 1263-3 et sui-
PROFESSIONNELLES vants du Code du travail.
Dans une lettre en date du 19 novembre 2015, la Direction
■■Tableau générale du travail a cependant précisé que l’inscription des
Décret n°  2015-1419 du 4 novembre 2015 révisant et com- déclarations de détachement, dans la liste des exemptions
plétant les tableaux des maladies professionnelles annexés au temporaires au droit à la saisine par voie électronique, consti-
livre IV du Code de la Sécurité sociale. tue une simple mesure de précaution destinée à permettre à
Ministère chargé de la Santé. Journal officiel du 6 novembre 2015 - l’administration de procéder, au besoin, aux adaptations tech-
pp. 20745-20746. niques nécessaires afin que le télé-service réponde pleinement
aux exigences prévues par le droit à la saisine par voie élec-
Ce décret modifie le tableau de maladies professionnelles n°  76 tronique. Le ministère a ajouté que cette mesure ne remet pas
relatif aux maladies liées à des agents infectieux ou parasi- en cause la version actuelle du télé-service SIPSI qui reste tou-
taires contractées en milieu d’hospitalisation et d’hospitalisa- jours ouvert et qui permet à une entreprise étrangère d’envoyer
tion à domicile. aux services d’inspection du travail la déclaration préalable de
Il étend désormais son champ d’application au personnel des détachement.
établissements d’hébergement pour personnes âgées dépen- Le ministère a annoncé, par ailleurs, une nouvelle version pro-
dantes (Ehpad). chaine de SIPSI qui comprendra notamment une base de don-
nées nationale qui facilitera le travail des agents de contrôle du
SITUATIONS PARTICULIÈRES DE TRAVAIL travail détaché.

Arrêté du 17 novembre 2015 modifiant l’arrêté du 23 octobre ■■Fonction publique


2015 portant nomination des membres des comités techniques Décret n°  2015-1438 du 5 novembre 2015 relatif aux modalités
nationaux de prévention des accidents du travail et des mala- du suivi médical post-professionnel des agents de la fonction
dies professionnelles des salariés agricoles. publique territoriale exposés à une substance cancérogène,
Ministère chargé de l’Agriculture. Journal officiel du 28 novembre mutagène ou toxique pour la reproduction.
2015 – p. 22099. Ministère chargé de la Fonction publique. Journal officiel du 7 novembre
2015 – pp. 20834-20835.
■■Détachement
Décret n°  2015-1422 du 5 novembre 2015 relatif aux excep- Ce décret institue un suivi médical post-professionnel au profit
tions à l’application du droit des usagers de saisir l’administra- des agents de la fonction publique territoriale ayant été exposés
tion par voie électronique. à un agent cancérogène, mutagène ou toxique pour la repro-
Ministère chargé de la Fonction publique. Journal officiel du 5 novembre duction, dans le cadre de travaux exposant à l’inhalation de
2015 – pp. 20834-20835. poussières d’amiante ou de travaux figurant dans les tableaux
de maladies professionnelles.
L’ordonnance n°  2005-1516 du 8 décembre 2005 modifiée rela- Le bénéfice de cette surveillance médicale post-professionnelle
tive aux échanges électroniques entre les usagers et les autori- est subordonné à la délivrance aux agents d’une attestation
tés administratives met en place la faculté pour tout usager, qui d’exposition à un risque cancérogène, mutagène ou toxique
s’est identifié auprès d’une autorité administrative, d’adresser pour la reproduction établie, après avis du médecin de préven-
par voie électronique à celle-ci, par le biais d’un télé-service, tion, par la collectivité ou l’établissement dont ils relèvent au
une demande, une déclaration, un document ou une informa- moment de la cessation définitive de leurs fonctions. Le modèle
tion, ou de lui répondre par la même voie. de cette fiche est défini par l’article D. 461-25 du Code de la
Toutefois, afin de prévenir les demandes abusives l’ordonnance sécurité sociale et par l’arrêté du 28 février 1995 pris pour son
prévoit la possibilité d’écarter, pour certaines démarches admi- application.
nistratives, l’application de ces dispositions, pour des motifs Le décret prévoit, en outre, un droit à l’information des agents
notamment d’ordre public, de défense et de sécurité nationale, concernés ainsi que les conditions de prise en charge des frais
de nécessité de comparution personnelle de l’usager ou de médicaux par la collectivité ou l’établissement employeur.
bonne administration. Il abroge le décret n°  2013-365 du 29 avril 2013 relatif au suivi
Dans ce contexte, ce décret dresse la liste des démarches médical post-professionnel des agents de la fonction publique
exclues du champ d’application du droit des usagers de saisir territoriale exposés à l’amiante, qui n’avait prévu les modalités
l’administration par voie électronique. du suivi médical post-professionnel que pour les agents expo-
Ainsi, à titre provisoire et jusqu’au 7 novembre 2016, figure sés à l’amiante dans le cadre de leurs fonctions.

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


SERVICES

Arrêté du 2 octobre 2015 relatif à la prévention des risques la liste prévue à l’article L. 5139-1 et pris en application de
professionnels à la direction générale de la sécurité extérieure. l’article R. 5139-20 du Code de la santé publique.
Ministère chargé de la Défense. Journal officiel du 21 novembre 2015- Ministère chargé de la Santé. Journal officiel du 24 novembre 2015-
8 p. pp. 21796-21797.

ORGANISATION/SANTÉ AU TRAVAIL En application de l’article L. 5139-1 du Code de la santé


publique, l’arrêté du 30 avril 2012 modifié a fixé la liste des
ANACT micro-organismes et toxines dont l’emploi serait de nature à
présenter un risque pour la santé publique ainsi que les pro-
Arrêté du 22 octobre 2015 fixant les modalités d’attribution duits qui en contiennent et dont la production, la fabrication,
des subventions du Fonds pour l’amélioration des conditions de le transport, la détention, l’offre, la cession, l’acquisition et
travail (Fact). l’emploi sont soumis à un régime d’autorisation.
Ministère chargé du Travail. Journal officiel du 30 octobre 2015 - Dans ce contexte, cet arrêté fixe les doses et concentrations
pp. 20197-20198. maximales de certaines toxines au-delà desquelles les pro-
duits en contenant sont de nature à présenter un risque
Cet arrêté réforme le dispositif de subventions financières qui pour la santé et donc soumis à des dispositions particulières
peuvent être accordées aux entreprises et aux organisations pro- notamment pour leur utilisation. Sont notamment concernées
fessionnelles par le Fonds d’amélioration des conditions de tra- la toxine botulique ou la ricine.
vail (Fact) dans l’objectif de promouvoir et de soutenir des projets
d’expérimentation, sur le champ de l’amélioration des conditions RISQUE CHIMIQUE
de travail en lien avec les priorités fixées par le contrat d’objectifs
et de performance (COP) signé entre l’État et l’Agence nationale ■■Étiquetage
pour l’amélioration des conditions de travail (Anact). Rectificatif au règlement (UE) n°  286/2011 de la Commission
Le dispositif est désormais ouvert aux entreprises de moins de du 10 mars 2011 modifiant, aux fins de son adaptation au pro-
300 salariés (contre 250 auparavant) ainsi qu’aux associations. grès technique et scientifique, le règlement (CE) n° 1272/2008
Une convention conclue entre l’Anact et le porteur de projet doit du Parlement européen et du Conseil relatif à la classification,
être conclue afin de déterminer les coûts pouvant être pris en à l’étiquetage et à l’emballage des substances et des mélanges.
charge. L’arrêté précise sur ce point, que la participation finan- Commission européenne. Journal officiel de l’Union européenne,
cière porte exclusivement sur les coûts liés à l’animation et au n°  L 292 du 10 novembre 2015 – p. 13.
temps consacré à la conduite du projet, les coûts liés à la capitali-
sation de l’expérimentation et les coûts liés au transfert de l’action Le rectificatif concerne l’étiquette de l’emballage de mélanges
innovante à l’exclusion des dépenses liées à des investissements. non classés comme sensibilisants mais contenant au moins
L’arrêté du 14 avril 2008 fixant les règles d’attribution des sub- une substance classée comme sensibilisante.
ventions du Fonds pour l’amélioration des conditions de travail
est abrogé. ■■Limitation d’emploi
Résumé des décisions de la Commission européenne relatives
SERVICES DE SANTÉ AU TRAVAIL aux autorisations de mise sur le marché en vue de l’utilisation
et/ou aux autorisations d’utilisation de substances énumérées
■■Médecins du travail à l’annexe XIV du règlement (CE) n° 1907/2006 du Parlement
Arrêté du 2 novembre 2015 portant extension d’un avenant européen et du Conseil concernant l’enregistrement, l’évalua-
à la convention collective nationale des services de santé au tion et l’autorisation des substances chimiques, ainsi que les
travail interentreprises (n°  897). restrictions applicables à ces substances (Reach).
Ministère chargé du Travail. Journal officiel du 10 novembre 2015 - Commission européenne. Journal officiel de l’Union européenne,
pp. 20996-20997. n°  C 392 du 25 novembre 2015 – p. 7.

Un avenant, en date du 27 février 2014, à la convention collec- Le document signale une décision de la Commission euro-
tive des services de santé au travail interentreprises rappelle péenne en date du 24 novembre 2015 qui autorise l’utilisa-
les missions et activités pouvant être assurées par le collabo- tion, par la société Vlisco aux Pays-Bas, du trichloroéthylène
rateur médecin dans ses services. Il détermine également le comme solvant pour l’élimination et la récupération de la
classement des collaborateurs médecins dans la grille de clas- résine des tissus teints notamment. Il n’existe pas en effet à
sification de la convention (classe 20) ainsi que leur rémunéra- l’heure actuelle de substances de substitution appropriées et
tion minimale annuelle. Cet arrêté porte extension de l’avenant les avan-tages socio-économiques l’emportent sur les risques
du 27 février 2014 et rend obligatoires ses dispositions pour qu’entraîne l’utilisation de la substance pour la santé humaine.
tous les employeurs et tous les salariés compris dans le champ
d’application de la convention collective nationale des services ■■Valeurs limites
de santé au travail interentreprises. Avis aux organisations professionnelles d’employeurs et de
salariés.
RISQUES CHIMIQUES ET BIOLOGIQUES Ministère chargé du Travail. Journal officiel du 10 novembre 2015 –
p. 21011.
RISQUE BIOLOGIQUE
Dans cet avis, le ministère chargé du Travail annonce la
■■Micro-organismes consultation des organisations professionnelles d’employeurs
Arrêté du 4 novembre 2015 fixant les doses et concentrations et de salariés sur un projet de décret fixant, pour le styrène,
maximales des micro-organismes et des toxines figurant sur une valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) contrai-

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016
SERVICES
QUESTIONS-
48 RÉPONSES
49 RETOUR SUR…
gnante (8 heures à 23,3 ppm sanitaires et sociaux liés aux vagues de froid 2014-2015 est
EXTRAITS DU JO et court terme 15 minutes à abrogée.
46,6 ppm) à partir du 1er janvier
2019. BTP

RISQUES PHYSIQUES ET MÉCANIQUES ■■Produits de construction


Communication de la Commission dans le cadre de la mise en
ATMOSPHÈRES DE TRAVAIL œuvre du règlement (UE) n°  305/2011 du Parlement européen
et du Conseil du 9 mars 2011 établissant des conditions harmo-
■■Ambiances thermiques nisées de commercialisation pour les produits de construction
Instruction interministerielle n° DGS/DUS/DGOS/DGCS/ et abrogeant la directive 89/106/CEE du Conseil.
DGT/DGSCGC/2015/319 du 28 octobre 2015 relative au guide Commission européenne. Journal officiel de l’Union européenne,
national de prévention et de gestion des impacts sanitaires et n°  C 378 du 13 novembre 2015 – pp. 6-53.
sociaux liés aux vagues de froid 2015-2016.
Ministère chargé de la Santé (http://circulaires.legifrance.gouv.fr, 48 p.). Ce document publie une liste de normes européennes harmoni-
sées au titre du règlement (UE) n°  305/2011 relatif à la mise sur
Cette instruction diffuse la version 2015-2016 du guide natio- le marché des produits de construction.
nal relatif à la prévention et à la gestion des impacts sani-
taires et sociaux liés aux vagues de froid. PROTECTION INDIVIDUELLE
Ce guide définit les actions à mettre en œuvre au niveau local
et national, pour détecter, prévenir et limiter les effets sani- Décision d’exécution (UE) 2015/2181 de la Commission du
taires et sociaux liés aux températures hivernales, ainsi que le 24 novembre 2015 portant publication, avec restriction, au
rôle des différents acteurs. Les axes stratégiques retenus sont Journal officiel de l’Union européenne de la référence à la norme
la prévention et l’anticipation des effets des vagues de froid EN 795:2012, « Équipements de protection individuelle contre
(mise en œuvre de mesures visant à prévenir les accidents les chutes — Dispositifs d’ancrage », en application du règlement
de travail liés aux très basses températures, préparation des (UE) n° 1025/2012 du Parlement européen et du Conseil.
établissements de santé et médico-sociaux, prévention des Commission européenne. Journal officiel de l’Union européenne,
intoxications par le monoxyde de carbone ou des maladies n°  L 309 du 26 novembre 2015 – pp. 10-12.
infectieuses…), la protection des personnes, la sensibilisation
des populations aux conséquences sanitaires spécifiques de Cette décision publie, au journal officiel de l’Union européenne,
la période hivernale et la capitalisation des expériences. Le la référence à la norme EN 795:2012 relative aux dispositifs
guide contient en annexe une fiche détaillée relative au milieu d’ancrage des équipements de protection individuelle contre les
de travail. risques de chute de hauteur, assortie d’une restriction. Il est spé-
Cette fiche vise le travail exposant à des températures parti- cifié que la norme EN 795:2012 n’offre pas de présomption de
culièrement basses du fait des conditions climatiques : travail conformité à la directive 89/686/CEE pour les points d’ancrage
à l’extérieur (BTP, commerce de détail,…) ou dans des entre- A (dispositifs d’ancrage avec au moins un point d’ancrage fixe
pôts, secteurs dans lesquels les personnes utilisent un véhi- nécessitant des ancres structurelles ou des éléments de fixation
cule dans le cadre du travail dans des conditions notamment pour les fixer à la structure), C (dispositifs d’ancrage équipés de
de verglas ou de neige. support d’assurage flexibles horizontaux) et D (dispositifs d’an-
La fiche rappelle les mesures de sécurité à prendre par crage équipés de supports d’assurage rigides horizontaux).
l’employeur pour protéger les travailleurs du froid : obliga-
tion de sécurité, évaluation des risques liés aux ambiances RISQUES PHYSIQUES
thermiques inscrits à l’article R. 4121-1 du Code du travail et
mise en œuvre de plans d’actions correctives, aménagement ■■ Champs électromagnétiques
des postes de travail (chauffage adapté, boissons chaudes, Arrêté du 23 octobre 2015 modifiant l’arrêté du 3 novembre
vêtements de rechange pour les travaux à forte charge phy- 2003 relatif au protocole de mesure in situ visant à vérifier
sique…), organisation du travail (planification des activités en pour les stations émettrices fixes le respect des limitations, en
extérieur, pauses de récupération après exposition à des tem- termes de niveaux de référence, de l’exposition du public aux
pératures très basses…), mise à disposition d’équipements de champs électromagnétiques prévu par le décret n°  2002-775
protection contre le froid, ventilation adaptée en cas d’utilisa- du 3 mai 2002.
tion, dans les locaux professionnels, d’appareils générant du Ministère chargé de l’Industrie. Journal officiel du 4 novembre 2015 –
monoxyde de carbone. p. 20597.
Concernant les contrôles de l’inspection du travail, le document
insiste, cette année encore, sur l’engagement de contrôles Le décret n°  2002-775 du 3 mai 2002 prévoit la possibilité, pour
inopinés en vue de s’assurer du respect par les employeurs de les administrations ou autorités affectataires des fréquences,
leurs obligations en termes de chauffage des locaux de travail de demander aux personnes exploitant un réseau de télé-
et d’évaluation du risque adaptée au facteur grand froid. Le communications, la communication d’un dossier attestant du
simple constat de l’absence de chauffage des locaux de travail respect des valeurs limites d’exposition du public (VLEP) aux
pourra aboutir à une mise en demeure de l’employeur sui- champs électromagnétiques émis par les équipements utilisés
vie de sanctions pénales, voire à une procédure de sanction dans les réseaux de télécommunication ou par les installations
directe, en cas de danger grave et imminent pour l’intégrité radioélectriques concernés. Cette justification peut notamment
physique d’un salarié. être apportée en utilisant, dans les limites de son champ d’ap-
L’instruction interministérielle du 10 octobre 2014 relative plication, un protocole de mesure in situ du niveau d’exposition
au guide national de prévention et de gestion des impacts du public aux champs électromagnétiques.

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


SERVICES

Dans ce contexte, cet arrêté modifie les références du protocole des examens, organismes de certification, organismes d’éva-
de mesure in situ pouvant être utilisé pour justifier de ce res- luation...
pect des VLEP. À compter du 5 novembre 2016, les exploitants Enfin, les conditions applicables à la reconnaissance mutuelle
doivent recourir au protocole référencé ANFR/DR 15 -3.1, dispo- des certificats délivrés conformément à ces prescriptions sont
nible auprès de l’Agence nationale des fréquences. également détaillées.
L’obligation de détenir un certificat conformément à ce règle-
ment, pour les activités liées aux unités de réfrigération des
Environnement, santé camions et remorques frigorifiques, s’applique à compter du
1er  juillet 2017.
publique et sécurité civile Le règlement (CE) n°  303/2008 est abrogé.

Règlement d’exécution (UE) 2015/2066 de la Commission


ENVIRONNEMENT du 17 novembre 2015 établissant, conformément au règle-
ment (UE) n°  517/2014 du Parlement européen et du Conseil,
FLUIDES FRIGORIGÈNES des prescriptions minimales et les conditions applicables à
la reconnaissance mutuelle de la certification des personnes
Règlement d’exécution (UE) 2015/2067 de la Commission physiques intervenant dans l’installation, l’entretien, la main-
du 17 novembre 2015 établissant, conformément au règle- tenance, la réparation ou la mise hors service des appareils de
ment (UE) n°  517/2014 du Parlement européen et du Conseil, commutation électrique contenant des gaz à effet de serre fluo-
des prescriptions minimales et les conditions applicables à la rés ou la récupération des gaz à effet de serre fluorés provenant
reconnaissance mutuelle de la certification des personnes phy- des appareils de commutation électrique fixes.
siques en ce qui concerne les équipements fixes de réfrigéra- Commission européenne. Journal officiel de l’Union européenne,
tion, de climatisation et de pompes à chaleur, et les unités de n°  L 301 du 18 novembre 2015 - pp. 22-26.
réfrigération de camions et remorques frigorifiques contenant
des gaz à effet de serre fluorés, ainsi qu’à la certification des Ce règlement met à jour les prescriptions minimales relatives
entreprises en ce qui concerne les équipements fixes de réfri- à la certification des personnes physiques assurant l’instal-
gération, de climatisation et de pompes à chaleur contenant des lation, l’entretien, la maintenance, la réparation, la mise hors
gaz à effet de serre fluorés. service d’appareils de commutation électrique contenant des
Commission européenne. Journal officiel de l’Union européenne, gaz à effet de serre fluorés ou la récupération de gaz à effet de
n°  L 301 du 18 novembre 2015 - pp. 28-38. serre fluorés provenant d’appareils de commutation électrique
fixes, ainsi que les conditions applicables à la reconnaissance
Le règlement (UE) n°  517/2014 du 16 avril 2014 entré en appli- mutuelle des certificats délivrés conformément à ces prescrip-
cation le 1er janvier 2015 a pour objectif de protéger l’environ­ tions.
nement en réduisant les émissions de gaz à effet de serre Sont notamment détaillées les modalités d’évaluation des com-
fluorés (hydrofluorocarbones, hydrocarbures perfluorés, hexa- pétences et connaissances des personnes physiques par les
fluorure de soufre et autres gaz à effet de serre contenant du organismes d’évaluation, les modalités de certification, les
fluor, énumérés à l’annexe I du règlement). Il prévoit une réduc- mentions du certificat...
tion progressive de la quantité d’hydrofluorocarbones mis sur
le marché, jusqu’à 2030 en introduisant un système de quotas Règlement d’exécution (UE) 2015/2068 de la Commission du
alloués aux entreprises, par année. 17 novembre 2015 établissant, conformément au règlement
Le règlement définit également des règles relatives au confi- (UE) n°  517/2014 du Parlement européen et du Conseil, le
nement, à l’utilisation, à la récupération et à la destruction des modèle d’étiquetage pour les produits et équipements conte-
gaz à effet de serre fluorés. Il prévoit ainsi une certification des nant des gaz à effet de serre fluorés.
entreprises ou des personnes chargées de l’installation, de la Commission européenne. Journal officiel de l’Union européenne,
maintenance et des contrôles d’étanchéité des équipements de n°  L 301 du 18 novembre 2015 - pp. 39-41.
réfrigération fixes, des équipements de climatisation fixes ou
des équipements fixes de protection contre l’incendie notam- Ce règlement fixe les prescriptions d’étiquetage applicables aux
ment, contenant des gaz à effet de serre fluorés. produits et équipements qui contiennent des gaz à effet de serre
Dans ce contexte, ce règlement met à jour les exigences fluorés : taille des caractères, mentions de l’étiquette, résistance...
minimales en ce qui concerne la certification des personnes Ces règles d’étiquetage s’appliquent notamment aux équi-
physiques assurant des activités de contrôle d’étanchéité, de pements de réfrigération, aux équipements de climatisation,
récupération, d’installation, de mise hors service, d’entretien aux pompes à chaleur, aux équipements de protection contre
ou réparation des unités de réfrigération des camions et des l’incendie, aux appareils de commutation électrique, aux géné-
remorques frigorifiques et des équipements fixes de réfrigéra- rateurs d’aérosol contenant des gaz à effet de serre fluorés, à
tion, de climatisation et de pompes à chaleur contenant des gaz l’exception des inhalateurs doseurs destinés à l’administration
à effet de serre fluorés. de produits pharmaceutiques, à l’ensemble des conteneurs de
Il prévoit également les nouvelles règles de certification des gaz à effet de serre fluorés, aux solvants à base de gaz à effet
entreprises qui effectuent les activités de contrôle d’étanchéité, de serre fluorés , aux mousses et polyols prémélangés contenant
de récupération, d’installation, de réparation, de mise hors des gaz à effet de serre fluorés et aux gaz à effet de serre fluorés
service, d’entretien ou de réparation des équipements fixes de mis sur le marché en vue de la production d’inhalateurs doseurs
réfrigération, de climatisation et de pompes à chaleur conte- destinés à l’administration de produits pharmaceutiques ou mis
nant des gaz à effet de serre fluorés : catégories de certification sur le marché en vue de leur utilisation dans des équipements
et activités autorisées correspondantes, activités exclues de la militaires.
certification, cas d’éxonération, mentions du certificat, déroulé Le règlement (CE) n°1494/2007 est abrogé.

travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


L’INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE ET DE SÉCURITÉ
50 pour la prévention des accidents du travail et des maladies
professionnelles est une association déclarée sans but lucratif.

STATUTS ET MISSIONS et de l’ergonomie, dont les moyens très divers n Union professionnelle artisanale (UPA)
n L’Institut national de recherche et concourent à la réalisation des programmes L’association est soumise au contrôle
de sécurité (INRS) est une association d’activité. financier de l’État.
(loi du 1er juillet 1901), constituée sous l’égide
de la Caisse nationale de l’Assurance maladie. MEMBRES PRÉSENTS DE DROIT CONSEIL D’ADMINISTRATION
n Le directeur de la Direction générale n Président : Guy Vacher
Son conseil d’administration est composé
du travail (ministère chargé du Travail) n Vice-président : Jean-François Naton
en nombre égal de représentants des
organisations professionnelles d’employeurs n Le directeur de la Sécurité sociale n Secrétaire : Pierre-Yves Montéléon
et des organisations syndicales de salariés. (ministère chargé de la Sécurité sociale) n Trésorier : Ronald Schouller
n L’INRS apporte son concours à la Caisse n Le directeur du Budget n Secrétaire adjoint : Nathalie Buet
nationale de l’Assurance maladie des travailleurs (ministère du Budget)
n Trésorier adjoint : Pierre Thillaud
salariés, aux caisses régionales d’Assurance n Le directeur de la Caisse nationale
n Administrateurs titulaires :
maladie, aux comités d’hygiène, de sécurité de l’assurance maladie
Daniel Boguet, Jocelyne Chabert,
et des conditions de travail, aux entreprises n Le controleur général économique
Hugues Decoudun, Renaud Giroudet,
ainsi qu’aux services de l’État et à toute et financier auprès de l’Institut national
Serge Gonzales, Anne Heger, Edwina Lamoureux,
personne, employeur ou salarié, qui s’intéresse de recherche et de sécurité.
Marie-Hélène Leroy, José Lubrano,
à la prévention. Carole Panozzo, Monique Rabussier,
MEMBRES ACTIFS DE L’ASSOCIATION
n L’INRS recueille, élabore et diffuse toute n Confédération générale du travail (CGT) Bernard Salengro,
documentation intéressant l’hygiène
nC
 onfédération française démocratique
et la sécurité du travail : brochures, dépliants, n Administrateurs suppléants :
du travail (CFDT)
affiches, films, renseignements bibliographiques... Philippe Debouzy, Alain Delaunay,
nC
 onfédération générale du travail-force Isabelle Delorme, Christian Expert,
n L’INRS forme des techniciens
ouvrière (CGT-FO) Christine Guinand, Christian Lesouef,
de la prévention.
n Confédération française des travailleurs Jean-Baptiste Pascaud, Alain Lejeau,
n L’INRS procède, en son centre de Lorraine, Salomé Mandelcwajg, Philippe Maussion,
chrétiens (CFTC)
aux études permettant d’améliorer les conditions Mohand Meziani, Annie Michel,
de sécurité et d’hygiène du travail. nC
 onfédération française
Anne Nowak-André, Martine Philippon,
de l’encadrement (CFE-CGC)
n Le centre comprend des départements Philippe Prudhon, Jean-Benoit Sangnier,
et services scientifiques dans les domaines nM
 ouvement des entreprises de France (Medef) Betty Vadeboin.
des risques chimiques, des risques physiques, nC
 onfédération générale des petites
de la sécurité des machines et des systèmes, et moyennes entreprises (CGPME)

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n SOCIÉTÉ............................................................................................................................ n CODE APE .......................................................

n NOM DU DESTINATAIRE.....................................................................................................................................................................................................
DOSSIER
L’industrie
de la plasturgie
n ADRESSE..........................................................................................................................................................................................................................................
n CODE POSTAL............................................................................................................ n BP...............................................................................
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Pour plus d’infos : Adresse de facturation (si différente) ❏
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travail & sécurité – n° 768 – janvier 2016


COLLOQUE
INTERNATIONAL

1ER AU 3 JUIN
2016

SUBSTANCES
CHIMIQUES
PRÉSENTANT DES
DANGERS
PARTICULIERS : THÈME DU COLLOQUE
QUELS RISQUES Les perturbateurs endocriniens et les agents
AU TRAVAIL ? sensibilisants sont deux classes de substances
présentant des dangers particuliers. Ce colloque
QUELLE PRÉVENTION ? permettra de faire le point sur les effets de ces
substances pour la santé des travailleurs exposés,
les postes de travail concernés, les risques

PERTURBATEURS ENDOCRINIENS encourus et les solutions de prévention


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