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Sida S’à Octobre 2009 :

plus de 4 millions de séropositifs


Palabres
bénéficient d'un traitement

Plus de quatre millions de personnes bénéficiaient fin 2008 d'un


traitement antirétroviral dans les pays à revenu faible ou
intermédiaire, ce qui représente une augmentation de 36% en un
an et une multiplication par dix sur cinq ans du nombre de ces
patients, selon un nouveau rapport publié par l'Organisation
mondiale de la santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour
l'enfance (UNICEF) et le Programme commun des Nations Unies
sur le VIH/sida (ONUSIDA).
Le rapport, intitulé « Vers un accès universel : étendre les interventions prioritaires liées au
VIH/sida dans le secteur de la santé », fait état d'autres progrès, notamment d'une extension
du conseil et du dépistage du VIH et d'un meilleur accès aux services de prévention de la
transmission mère-enfant du virus.
« Ce rapport montre que d'immenses progrès ont été faits dans la lutte contre le VIH/sida
dans le monde », a déclaré le directeur général de l'OMS, le Dr Margaret Chan. « Mais nous
ne devons pas nous nous en tenir là. Au moins cinq millions de personnes vivant avec le VIH
n'ont toujours pas accès à un traitement et à des soins qui pourraient améliorer leur
espérance de vie. Beaucoup de gens n'ont pas accès aux services de prévention dont ils
auraient besoin. Les gouvernements et les partenaires internationaux doivent agir plus vite
pour parvenir à l'accès universel au traitement », a-t-elle ajouté.
L'accès au traitement antirétroviral continue à s'élargir rapidement. Dans les pays à revenu
faible ou intermédiaire, 42% des 9,5 millions de personnes qui avaient besoin d'un traitement
y avaient effectivement accès en 2008, contre 33% en 2007. C'est en Afrique subsaharienne,
où surviennent les deux tiers des infections à VIH, que l'on a constaté les plus grands progrès.
Le prix des antirétroviraux les plus couramment utilisés a très nettement baissé ces dernières
années, ce qui a permis de rendre le traitement plus accessible. Cependant, si le prix des
traitements de première intention a baissé de 10% à 40% entre 2006 et 2008, les traitements
de deuxième intention restent onéreux.
Malgré les récents progrès, les services de traitement sont encore loin de répondre aux
besoins et la crise économique mondiale a remis en question leur pérennité. Chez de
nombreux patients, le diagnostic est posé tardivement, alors que la maladie a déjà
progressé, ce qui entraîne un retard dans l'instauration du traitement antirétroviral et de forts
taux de mortalité au cours de la première année. Selon des données récentes, la
disponibilité des services de conseil et de dépistage du VIH s'améliore. Dans 66 pays, le
nombre d'établissements de santé qui proposent ces services a augmenté d'environ 35%
entre 2007 et 2008.
En outre, de plus en plus de gens ont recours aux services de conseil et de dépistage. Selon
les données rapportées, dans 39 pays, le nombre total de tests de dépistage du VIH
effectués a plus que doublé entre 2007 et 2008. Toutes régions confondues, 93% des pays
ayant rapporté des données proposaient en 2008 le dépistage gratuit du VIH dans les
établissements de santé du secteur public.
Néanmoins, la majorité des personnes qui vivent avec le VIH ignorent encore leur statut
sérologique. Le faible recours aux services de dépistage s'explique en partie par la
méconnaissance des risques d'infection et la crainte de la stigmatisation et de la
discrimination.
En 2008, l'accès des femmes et des enfants aux services de prise en charge du VIH s'est
amélioré. En 2008, environ 45% – contre 35% en 2007 – des femmes enceintes séropositives
ont bénéficié d'un traitement antirétroviral pour éviter la transmission du VIH à l'enfant et,
dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, 21% environ des femmes enceintes, contre
15% en 2007, ont bénéficié d'un dépistage du VIH.
Davantage d'enfants bénéficient de programmes pédiatriques de traitement antirétroviral :
le nombre de moins de 15 ans ayant reçu un tel traitement est passé d'environ 198 000 en
2007 à 275 700 en 2008, soit 38% de ceux qui en avaient besoin.
À l'échelle mondiale, le sida reste la première cause de mortalité chez la femme en âge de
procréer. « Bien que l'on prête une attention croissante aux femmes et aux enfants dans la
lutte mondiale contre le VIH/sida, la maladie a toujours un effet dévastateur sur leur santé,
leurs moyens de subsistance et leur survie », selon le directeur général de l'UNICEF, Ann M.
Veneman.
Source : ONUSIDA

Combattre la tuberculose en luttant contre le sida


(Syfia France) Des progrès oui, mais… insuffisants. Selon un récent rapport de l’OMS, les pays
d’Afrique où le taux de sida est élevé, risquent de ne pas atteindre les objectifs fixés par le
programme mondial Halte à la tuberculose. Ce rapport préconise un renforcement du dépistage du
VIH chez les personnes atteintes de tuberculose et de l’accès aux traitements.
La tuberculose, une de nos plus anciennes ennemies, hantait déjà l’Afrique au temps des
Pharaons, certaines momies en portent encore les traces. Avec les antibiotiques et le vaccin
BCG, les médecins pensaient l’éradiquer en quelques décennies, mais la maladie résiste sur
le terreau de la misère et avec l’aide du sida. Un rapport de l’Organisation mondiale de la
santé (OMS) paru en mars dernier, fait état de plus de neuf millions de nouveaux cas par an
dont 55 % en Asie (Inde et Chine essentiellement) et 31 % en Afrique (Afrique du Sud et
Nigeria en tête). Cette infection, qui tue encore deux millions de personnes chaque année,
est devenue une priorité de santé publique mondiale. En 2006, un partenariat international
baptisé Halte à la tuberculose a été mis en place, avec pour mission la réduction de moitié
des taux de prévalence (nombre total de cas) et de mortalité en 2015 (comparativement
aux données de 1990). Le continent africain dans son ensemble a peu de chances de
réaliser ces objectifs. Certains pays y parviendront probablement, comme le Kenya, premier
pays d’Afrique subsaharienne à avoir atteint deux des cibles fixées par le programme, le
dépistage d’au moins 70 % des cas de tuberculose et 85 % de traitement parmi les
personnes dépistées. Mais globalement, sur le continent, le nombre de nouveaux malades
n’a pas diminué même si, la population augmentant, la proportion de malades est
légèrement moins élevée.
Ces progrès sont insuffisants et ce n’est pas un hasard. La tuberculose, extrêmement
contagieuse, par la toux et les crachats, s’installe là où la misère perdure. Le manque
d’hygiène et la promiscuité favorisent sa diffusion au sein de la population. La sous-
alimentation et la malnutrition fragilisent les personnes ; les conflits et les déplacements de
populations aggravent la contagion et la vulnérabilité des malades… Un accès encore trop
restreint à un dépistage de qualité et aux traitements adaptés ne permet pas d’enrayer la
progression de l’épidémie.
À cette situation sanitaire déjà précaire s’ajoute la montée en puissance de deux facteurs
aggravants, la résistance aux traitements antibiotiques et la co-infection avec le virus du
sida.

Double dépistage systématique


La bactérie de la tuberculose est capable de se transformer pour résister aux traitements.
Ce phénomène, encore relativement limité en Afrique (prédominant en Afrique du Sud), est
en train de se développer. Mais, c’est surtout l’association sida-tuberculose qui tue. Les
personnes vivant avec le VIH attrapent plus facilement la tuberculose, répondent moins
bien aux traitements et rechutent plus souvent.
Parmi les quinze premiers pays touchés par ces co-infections, treize sont africains. C’est
pourquoi le dépistage du sida chez les malades tuberculeux doit être une priorité et
s’accompagner de traitements adaptés, contre les deux maladies à la fois. Aujourd’hui, en
majorité, les malades tuberculeux et séropositifs ignorent leur co-infection et n’ont pas
accès aux traitements antirétroviraux.
Cependant, la situation n’est pas désespérée. Le rapport montre que le dépistage du VIH
chez les malades tuberculeux traités progresse. En effet, selon les pays, 37 à 75 % d’entre eux
sont dépistés, alors qu’ils n’étaient que 4 % en moyenne en 2004.
Il faut cependant rester vigilant, un retour en arrière n’est pas impossible, car les sommes
allouées à la lutte contre la tuberculose, bien qu’importantes, demeurent insuffisantes et
sont en constante diminution. "La crise financière ne doit pas faire échouer le plan mondial
Halte à la tuberculose. C’est maintenant qu’il faut accroître le financement pour des
interventions efficaces de prévention, de traitement et de soins dans le monde entier", a
déclaré le docteur Michel Kazatchkine, directeur exécutif du Fond mondial pour la lutte
contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Espoirs de nouveaux traitements
(Syfia France) Le programme Halte à la tuberculose comprend aussi le financement
d’équipes de recherche. "Bientôt nous aurons à disposition de nouvelles associations
d’antibiotiques existants, qui permettront des traitements plus courts", explique Olivier
Neyrolles, chargé de recherche au CNRS (Centre national de la recherche scientifique) à
Toulouse (France), spécialiste des mycobactéries. C’est un progrès, car les traitements
actuels sont longs, six à neuf mois, et coûteux. Les malades arrêtent avant la fin, ce qui induit
des rechutes et favorise les résistances.
"D’autres médicaments, nouveaux cette fois-ci, sont à l’étude, certains commencent à être
testés sur l’homme. On espère parvenir dans les années à venir, à des traitements courts et
efficaces contre les bactéries résistantes, précise le docteur Neyrolles. Quant à la recherche
sur les vaccins, elle est également prometteuse. Plusieurs candidats-vaccins devraient
prochainement entrer en phase 1 d’essai clinique." Mais, le chemin sera encore long – vingt,
trente ans, davantage peut-être – avant d’aboutir à un vaccin spécifique et accessible à
tous, qui permettra enfin d’envisager l’éradication de la tuberculose.
La levée des restrictions de voyage aux Etats-Unis saluée
4 Novembre 2009
Une politique mise en place il y a 22 ans interdisant l'entrée aux États-Unis aux personnes infectées par le VIH a
été officiellement abolie le 2 novembre. La nouvelle loi prendra effet dans 60 jours. Les activistes de la lutte
contre le sida ont applaudi cette initiative comme une importante victoire dans la lutte contre la stigmatisation
liée à la maladie.
« C'est une excellente nouvelle pour nous », a dit à IRIN/PlusNews Michael Angaga, coordonnateur
régional pour le réseau africain des personnes vivant avec le VIH/SIDA (NAP+).
« Pendant longtemps, les personnes séropositives se sont senties mises à l'écart par l'un des pays les
plus puissants au monde, qui devrait montrer l'exemple en matière de droits humains ». M. Angaga a
ajouté qu'il était impatient de voir la nouvelle réglementation rapidement mise en application dans
les ambassades américaines du monde entier.
En 1987, le VIH avait été ajouté à la liste des maladies transmissibles pouvant empêcher les
immigrants, étudiants et touristes infectés d'obtenir un visa pour entrer aux États-Unis sans permission
spéciale. L'annonce du 30 octobre du président Barack Obama a clos le processus amorcé en 2008
par le président de l'époque, George W. Bush, qui avait signé une loi abrogeant ces restrictions.
« Nous sommes en tête de tous les pays lorsqu'il s'agit d'endiguer la pandémie du sida et pourtant,
nous faisons partie d'une douzaine de nations seulement à interdire l'entrée sur notre territoire aux
personnes vivant avec le VIH. Si nous voulons être leader mondial de la lutte contre le VIH/SIDA, nous
devons agir dans ce sens », a dit M. Obama, selon la presse.
« Cela montre que l'Amérique a compris que les gens qui vivent avec le VIH sont des personnes
comme les autres et ont le droit de circuler librement. Les restrictions à l'entrée sur le territoire
constituaient une discrimination de la pire espèce », a commenté Samuel Kibanga, coordonnateur
national du Forum ougandais des réseaux de personnes vivant avec le VIH/SIDA.
Selon les directives internationales sur le VIH/SIDA et les droits humains du Programme commun des
Nations Unies sur le sida, ONUSIDA, toute restriction de la liberté de circulation ou du choix de
résidence fondée uniquement sur une séropositivité supposée ou avérée, notamment grâce au
dépistage du VIH chez les voyageurs internationaux, est discriminatoire.
Les gouvernements avancent généralement deux raisons principales pour imposer des restrictions de
voyage pour les séropositifs. La première est d'aider à limiter la propagation du VIH. La deuxième est
d'épargner aux pays d'accueil les coûts des traitements liés au VIH. Selon M. Kibanga toutefois, ces
réglementations n'ont fait qu'occulter le problème du VIH.
« Les gens ont peur de révéler leur condition lorsqu'ils voyagent. Il est préférable d'être avec
quelqu'un qui parle librement de sa situation qu'avec quelqu'un qui la cache », a-t-il expliqué. « Ainsi,
nous pouvons tous collaborer dans la lutte contre le sida ».
Selon un rapport publié en juin 2009 par l'organisation de défense des droits humains Human Rights
Watch, les lois sur l'immigration et les conditions strictes d'accès aux soins gratuits représentent
souvent, pour les migrants vivant avec le VIH, des obstacles insurmontables pour obtenir des
traitements et des soins.
M. Kibanga a dit qu'il espérait que l'initiative des États-Unis servirait d'exemple aux autres pays. Selon
l'ONUSIDA, 59 pays imposent différentes formes de restrictions de voyage à l'encontre des personnes
vivant avec le VIH.

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