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Mathématiques financières

Filière Sciences Économiques et Gestion


Semestre 2

Mohamed HACHIMI

UNIVERSITÉ IBNOU ZOHR


FACULTÉ DES SCIENCES JURIDIQUES ECONOMIQUES
ET SOCIALES D’AGADIR

http://hachimicours.uiz.ac.ma
1
M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 1 / 72
1
Suites numériques

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 2 / 72


Définitions

Sommaire

1 Définitions

2 Suites convergentes

3 Opérations sur les limites

4 Suites récurrentes

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Définitions

Q’est ce que c’est une suite ?

Définition :
On appelle suite de nombres réels toute application u
d’une partie I de N dans R.

Soit I ⊂ N et la suite u : I −→ R
n 7−→ u(n)
 Souvent, la suite u est noté (un )n∈I ou simplement (un ) .
 L’image de n par u se note un au lieu de u(n).
 Le terme un s’appelle terme général de la suite.
 L’entier n est appelé le rang du terme un .
✍ Dans la suite, on prend I = {n ∈ N : n > n0 } où n0 ∈ N.

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Définitions

Q’est ce que c’est une suite ?

Une suite peut-être définie :


— soit de manière explicite (la donnée de un en fonction de n),

par exemple : ∀ n ∈ N, un = n − n2 − n
— soit par récurrence (par exemple, la donnée du premier terme
et une relation liant deux termes consécutifs quelconques de
la suite),
(
u0 = 2
par exemple :
∀ n ∈ N, un+1 = 3u2n − 1
(
u0 = 3, u1 = 0
ou encore :
∀ n ∈ N, un+2 = 3un + 2un+1

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Définitions

Variations

Comme les suites sont des fonctions, les définitions concernant


le sens de variation se simplifient :

Définition :
Soit une suite (un ), définie sur I. Cette suite est dite
— croissante si, ∀ n ∈ I, un 6 un+1 .
— décroissante si, ∀ n ∈ I, un > un+1 .
— monotone si elle est soit croissante soit décroissante.

Lorsque les inégalités sont strictes, on dit que (un ) est strictement
croissante ou bien strictement décroissante.

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Définitions

Encadrement

Puisque les suites sont des fonctions particulières, il n’est donc


pas étonnant de retrouver des définitions, déjà vues.

Définition :
Soit une suite (un ), définie sur I. Cette suite est dite
— majorée si : ∃ M ∈ R ∀ n ∈ I, un 6 M.
— minorée si : ∃ m ∈ R ∀ n ∈ I, un > m.
— bornée si elle est à la fois majorée et minorée.

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Suites convergentes

Sommaire

1 Définitions

2 Suites convergentes

3 Opérations sur les limites

4 Suites récurrentes

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Suites convergentes

Suite convergeant vers un réel


Soit ℓ ∈ R et (un ) une suite réelle. ε désigne un réel > 0.

Définition :
On dit que (un ) converge vers ℓ si pour tout ε > 0, tous les
termes de la suite, à partir d’un certain rang, ne s’écartent
pas de ℓ de plus de ε.

 On dit aussi que :


— (un ) tend vers ℓ quand n tend vers +∞
— (un ) a pour limite ℓ
— la limite de (un ) est égale à ℓ.
 On écrit :
lim un = ℓ ou lim un = ℓ
n→+∞

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Suites convergentes

Suite convergeant vers un réel


Graphiquement :
Soit ε > 0. A partir d’un certain rang, disons N, on aura que :

ℓ − ε < un < ℓ + ε ⇐⇒ |un − ℓ| < ε

ε ε

u0 u2 u3 u1
tous les un pour n > N

Mathématiquement : grâce à l’équivalence ci-dessus, on écrit

lim un = ℓ ⇐⇒ ∀ ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀ n ∈ I : n > N =⇒ |un − ℓ| < ε

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Suites convergentes

Exemple

(−1)n
Soit la suite de t.g. un = 1 + . Montrons que lim un = 1.
n
Soit ε > 0. On a :

(−1)n
|un − 1| < ε ⇐⇒
< ε ⇐⇒ 1 < ε ⇐⇒ 1 < n
n n ε

Il suffit donc de prendre N > 1/ε. On prend, par exemple :


   
1 1
N=E + 1 ou N = E +1
ε ε

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Suites convergentes

Suite qui tend vers l’infini

Soit (un ) une suite réelle.

Définition :
On dit que la suite (un ) tend vers +∞ lorsque ses termes
deviennent tous aussi grands que l’on vent à partir d’un
certain rang.

 Autrement dit, les termes de (un ) peuvent devenir plus grands


que n’importe quel nombre réel fixé à l’avance.
 On écrit :

lim un = +∞ ou lim un = +∞
n→+∞

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Suites convergentes

Suite qui tend vers l’infini

Graphiquement :
Soit A > 0 le nombre réel fixé à l’avance.
A partir d’un certain rang, disons N, on aura que : un > A
A

u0 u1 u2 u3

tous les un pour n > N

Mathématiquement :

lim un = +∞ ⇐⇒ ∀ A > 0, ∃ N ∈ N, ∀ n ∈ I : n > N =⇒ un > A

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Suites convergentes

Suite qui tend vers l’infini


On définit d’une manière analogue la limite vers −∞.
Graphiquement :
Soit B < 0 fixé à l’avance. A partir d’un N, on aura que : un < B
B

u3 u2 u1 u0

tous les un pour n > N

Mathématiquement :

lim un = −∞ ⇐⇒ ∀ B < 0, ∃ N ∈ N, ∀ n ∈ I : n > N =⇒ un < B


⇐⇒ ∀ A > 0, ∃ N ∈ N, ∀ n ∈ I : n > N =⇒ un < −A

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Suites convergentes

Exemple

Considérons la suite de nombres réels (un ) définie par un = 2n.


Montrons que lim un = +∞.
Soit A > 0, on a :
A
2n > A ⇐⇒ n >
2
 
A
Il suffit donc de prendre pour N l’entier E +1
2

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Suites convergentes

Unicité de la limite. Convergence

Théorème :
Si une suite admet une limite, alors cette limite est unique.

Définition :
Soit une suite (un ), définie sur I. Cette suite est dite
— convergente si et seulement s’il existe un réel ℓ vers
lequel elle converge.
— divergente si et seulement si elle n’est pas
convergente.

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Suites convergentes

Exemple

Une suite divergente est donc :


— soit une suite qui tend vers +∞ ou vers −∞,
par exemple :
un = 2n ou un = −2n

— soit une suite qui n’a pas de limite, c-à-d

∀ ℓ ∈ R, ∃ε > 0, ∀ N ∈ N, ∃n ∈ N : n > N =⇒ |un − ℓ| > ε

c’est le cas, par exemple, de

un = (−1)n

qui est une suite alternée qui prend les valeurs 1 et −1.

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Suites convergentes

Convergence et bornitude

Proposition :
Soit (un ) suite réelle. Si (un ) est convergente alors elle est
bornée.

 En effet, dire que (un ) converge vers ℓ revient à dire que tout
intervalle ouvert de centre ℓ contient tous les termes de la suite
sauf un nombre fini d’entre-eux.
 Une suite bornée n’est pas toujours convergente. C’est le cas,
par exemple, de un = (−1)n .

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Suites convergentes

Suites monotones

Le théorème suivant donne un critère pratique de convergence.

Théorème :
— Toute suite croissante majorée est convergente.
— Toute suite décroissante minorée est convergente.

✍ Ce théorème permet de justifier la convergence d’une suite,


il ne permet pas de déterminer la limite.

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Suites convergentes

Exemple

Soit la suite définie par :



 u0 = 1
 ∀ n ∈ N, un+1 = 1 un + 1
2
On montre que cette suite est croissante et majorée par 2.
Remarque
Le théorème des suites monotones est un outil important dans
l’étude des suites récurrentes. Toutefois il ne faut pas exagérer
son importance : beaucoup de suites ne sont pas monotones.

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Suites convergentes

Suites extraites

Soit une suite (un ) définie sur I.

Définition :
On appelle suite extraite de (un ), la restriction de (un ) à un
sous-ensemble infini de I.

Si ϕ : I −→ I est une application strictement croissante, la suite


(vn ) définie par :
vn = uϕ(n)
est appelée suite extraite de (un ).

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Suites convergentes

Exemple

— Soit (un ) une suite réelle. Les suites définies par

(u2n ) et (u2n+1 )

sont deux suites extraites de (un ).


— Les suites (vn ) et (wn ) respectivement définies par

vn = 1 et wn = −1

sont deux suites extraites de la suite (un ) de terme général


un = (−1)n . En effet, vn = u2n et wn = u2n+1 .

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Suites convergentes

Suites extraites

Théorème :
Soit (un ) une suite et ℓ un réel. Si (un ) converge vers ℓ,
alors toute suite extraite de (un ) converge aussi vers ℓ.

✍ Conséquence : Toute suite dont on peut extraire deux suites


qui convergent vers des limites différentes, est divergente.
Exemple : La suite (un ) définie par

un = (−1)n

est divergente car ses deux suites extraites (u2n ) et (u2n+1 )


convergent respectivement vers 1 et −1.

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Opérations sur les limites

Sommaire

1 Définitions

2 Suites convergentes

3 Opérations sur les limites

4 Suites récurrentes

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Opérations sur les limites

Opérations sur les limites

Soit (un ) et (vn ) deux suites réelles. Les tableaux suivants


donnent, lorsque c’est possible, les limites des suites
 
1
(un + vn ), (λ un ), (un vn ) et
un

en fonction de celles de (un ) et (vn ).


Dans les cas signalés par « IND », il n’y a pas de conclusion en
général ; on dit alors que c’est un cas de forme indéterminée.

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Opérations sur les limites

Limite d’une somme / produit par un réel

un + vn lim un
ℓ +∞ −∞
ℓ′ ℓ + ℓ′ +∞ −∞
lim vn +∞ +∞ +∞ IND
−∞ −∞ IND −∞

λ un lim un
ℓ +∞ −∞
=0 0 0 0
λ >0 λℓ +∞ −∞
<0 λℓ −∞ +∞

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Opérations sur les limites

Limite d’un produit / quotient

un vn lim un
0 ℓ 6= 0 ∞
0 0 0 IND
lim vn ℓ′ 6 0
= 0 ℓℓ′ ∞
∞ IND ∞ ∞

◮ ∞ désigne −∞ ou +∞ (la règle des signes).

lim un −∞ ℓ 6= 0 0− 0 0+ +∞
1 1
lim 0− −∞ IND +∞ 0+
un ℓ

un un 1
Pour le cas on utilise = un · .
vn vn vn

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Opérations sur les limites

Formes indéterminées

Les tableaux précédents font apparaître quatre situations où l’on


ne peut pas conclure de façon générale :

0 ∞
+∞ − ∞, 0 · ∞, ,
0 ∞
ce sont les formes indéterminées rencontrées pour le moment ; il
y en a aussi trois autres :

1∞ , 0∞ , ∞0

ce sont les formes indéterminées exponentielles.

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Opérations sur les limites

Comparaison des limites

Soit N un entier naturel.

Proposition :
Soit (un ) et vn deux suites telles que un 6 vn qu’à partir
d’un certain rang N. On a :
— si (un ) et (vn ) convergent, alors lim un 6 lim vn .
— si lim un = +∞, alors lim vn = +∞.
— si lim vn = −∞, alors lim un = −∞.

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Opérations sur les limites

Théorème des gendarmes


Théorème :
Soient (un ), (vn ) et (wn ) trois suites réelles. On suppose
qu’il existe un certain rang N ∈ N tel que

∀ n > N, un 6 vn 6 wn

Si (un ) et (wn ) convergent vers une même limite ℓ alors vn


converge aussi vers la même limite ℓ.

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Suites récurrentes

Sommaire

1 Définitions

2 Suites convergentes

3 Opérations sur les limites

4 Suites récurrentes

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 31 / 72


Suites récurrentes

Suite arithmétique

Définition par récurrence

Définition :
On dit que (un ) est une suite arithmétique, s’il existe un
réel r tel que :
∀ n ∈ N, un+1 = un + r
Le réel r est appelé raison de la suite (un ).

+r +r +r +r +r +r

u0 u1 u2 u3 u4 u5

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Suites récurrentes

Suite arithmétique

Définition par une formule explicite

Proposition :
Soit (un ) une suite arithmétique de premier terme u0 et de
raison r. Alors, pour tout entier naturel n, on a :
∀ n ∈ N, un = u0 + nr

En partant de u1 , on a :
∀ n ∈ N, un = u1 + (n − 1)r
✍ Plus généralement : Soit (un ) une suite arithmétique de
raison r. On a :
∀ (n, m) ∈ N2 , un = um + (n − m)r

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Suites récurrentes

Monotonie et Convergence

Les résultats suivants ne sont pas surprenants :

Proposition :
Soit (un ) une suite arithmétique de raison r. Alors :
— si r = 0, (un ) est stationnaire et lim un = u0 .
— si r > 0, (un ) est croissante et lim un = +∞.
— si r < 0, (un ) est décroissante et lim un = −∞.

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Suites récurrentes

Somme des n + 1 premiers termes

Soit (un ) une suite arithmétique de raison r.

Proposition :
La somme Sn des n+1 premiers termes de (un ) est donnée
par :
n
X u0 + un
Sn = uk = (n + 1)
2
k=0

En remplaçant un par u0 + nr, on obtient


 r
Sn = (n + 1) u0 + n
2

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Suites récurrentes

Somme des n + 1 premiers termes

On a :
+r +r +r
Sn = u0 + u1 + u2 + ··· + un−1 + un
Sn = un + un−1 + un−2 + ··· + u1 + u0

−r −r −r
2Sn = (u0 + un ) + (u0 + un ) + (u0 + un ) + · · · + (u0 + un ) + (u0 + un )
(n + 1) fois

Ainsi :
u0 + un
Sn = (n + 1)
2

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Suites récurrentes

Suite géométrique

Définition par récurrence

Définition :
On dit que (un ) est une suite géométrique, s’il existe un
réel q tel que :
∀ n ∈ N, un+1 = qun
Le réel q est appelé raison de la suite (un ).

×q ×q ×q ×q ×q ×q

u0 u1 u2 u3 u4 u5

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 37 / 72


Suites récurrentes

Suite géométrique

Définition par une formule explicite

Proposition :
Soit (un ) une suite géométrique de premier terme u0 et de
raison q. Alors, pour tout entier naturel n, on a :
∀ n ∈ N, un = u0 qn

En partant de u1 , on a :
∀ n ∈ N, un = u1 q(n−1)

✍ Plus généralement : Soit (un ) une suite géométrique de


raison q. On a :
∀ (n, m) ∈ N2 , un = um q(n−m)

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 38 / 72


Suites récurrentes

Convergence

Etude de la convergence de la suite qn .

Proposition :
— si |q| < 1, lim qn = 0, la suite (qn ) est convergente.
— si |q| > 1, lim |q|n = +∞, la suite (qn ) est divergente.
— si q = 1, lim qn = 1, la suite (qn ) est convergente.
— si q = −1, lim qn n’existe pas, (qn ) est divergente.

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 39 / 72


Suites récurrentes

Somme des n + 1 premiers termes

Soit (un ) une suite géométrique de raison q 6= 1.

Proposition :
La somme Sn des n+1 premiers termes de (un ) est donnée
par :
n
X 1 − qn+1
Sn = uk = u0
1−q
k=0

✍ Dans la cas où q = 1, on a :
n
X
Sn = uk = (n + 1)u0
k=0

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Suites récurrentes

Somme des n + 1 premiers termes


On a :

h i
Sn = u0 1+ q + q2 + · · · + qn−1 + qn
h i
qSn = u0 q + q2 + q3 + · · · + qn + qn+1

h i
Sn − qSn = u0 1 − qn+1

Ainsi :
1 − qn+1
Sn = u0
1−q

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Suites récurrentes

Suite du type un+1 = f (un )

Soit (un ) une suite récurrente du type :


(
u0 donné
un+1 = f (un )

où f une fonction réelle définie sur un intervalle I.


Domaine de définition de la suite :
Pour que la suite (un ) soit définie, il faut que : un ∈ I, ∀ n ∈ N.
Cette propriété est vérifié lorsque f (I) ⊂ I. Dans ce cas, pour N
donné on a :
uN ∈ I =⇒ un ∈ I ∀ n > N

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 42 / 72


Suites récurrentes

Exemple

Les suites arithmético-géométriques sont des suites récurrentes :


(
u0 donné
un+1 = f (un ) avec f (x) = ax + b

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 43 / 72


Suites récurrentes

Convergence

Soit (un ) une suite récurrente du type

un+1 = f (un )

Dans le cas où f est une fonction continue, nous avons le résultat


très utile suivant :

Théorème :
Si (un ) converge vers ℓ et si f est continue en ℓ alors ℓ est
solution de l’équation f (x) = x.

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 44 / 72


Suites récurrentes

Remarque

✍ Ce résultat affirme que, lorsque (un ) converge, sa limite ℓ


vérifie f (ℓ) = ℓ, mais il ne prouve pas la convergence elle
même. En effet,
• L’équation ℓ = f (ℓ) pourrait avoir une solution sans que la
suite (un ) converge.
• Si l’équation ℓ = f (ℓ) n’admet pas de solution, alors (un )
diverge

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 45 / 72


Suites récurrentes

Exemple

Soit (un ) la suite récurrente définie par :

u2n
u0 = 0 et un+1 = +1
2
x2
La fonction f : x 7−→ + 1 est continue sur R. Une limite possible
2
de (un ) est donnée par la relation :

ℓ2
ℓ= +1
2
Or, l’équation ℓ2 − 2ℓ + 2 = 0 n’a pas de solution. La suite ne peut
donc être convergente.

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 46 / 72


Suites récurrentes

Cas de monotonie

Pour étudier la convergence d’une suite récurrente, on utilise sou-


vent le résultat suivant :

Théorème :
Si f est une fonction croissante sur I, la suite récurrente
définie par u0 ∈ I et la relation un+1 = f (un ) est monotone.
Ainsi,
• si u0 < u1 , alors (un ) est croissante.
• si u0 > u1 , alors (un ) est décroissante.

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 47 / 72


Suites récurrentes

Exemple

On considère la suite (un ) définie par


p
u0 = 0 et un+1 = 2 + un

Montrons que (un ) est convergente de limite ℓ = 2. Pour cela :


 Montrons que (un ) est croissante
 Montrons, par récurrence, que (un ) est majorée par 3
 Calculons la limite de (un ) par la relation

ℓ= 2+ℓ

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 48 / 72


2
Séries numériques

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 49 / 72


Définitions et convergence

Sommaire

5 Définitions et convergence

6 Séries à termes positifs

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 50 / 72


Définitions et convergence

Q’est ce que c’est une série ?

Soit (un ) une suite réelle. On pose, pour tout n de N :


n
X
Sn = uk
k=0

Définition :
La suite ainsi définie (Sn ) est une suite numérique,
P appelée
série de terme général un . On la note ( un ).
Le terme Sn s’appelle somme partielle des n + 1 premiers
termes de la suite (un ).

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 51 / 72


Définitions et convergence

Exemple

P
Soit a ∈ R, a 6= 1. La série ( an ) est la suite de terme général
Sn :
1 − an+1
Sn = 1 + a + a2 + · · · + an =
1−a
P n
La série ( a ) s’appelle série géometrique.

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 52 / 72


Définitions et convergence

Convergence

Définition :
P
( un ) est dite convergente si la suite (Sn ) converge vers
une limite finie S. On appelle S la somme de la série.

+∞
X
On écrit alors, S = lim Sn = uk .
k=0

Définition :
P
La série ( un ) est dite divergente si et seulement si elle
n’est pas convergente.

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 53 / 72


Définitions et convergence

Exemple 1

 n
P 1
Soit ( un ) de terme général un = . On a :
3
 2  n  n+1 !
1 1 1 3 1
Sn = 1 + + + ··· + = 1−
3 3 3 2 3

 n+1 !
3 1 3
Par suite, lim Sn = lim 1− = .
2 3 2

+∞
X 3
S = lim Sn = uk =
2
k=0

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 54 / 72


Définitions et convergence

Exemple 2

P 1
Soit la série ( un ) dont un = , n > 1. Cette série est connue
n
sous le nom de série harmonique, étudions sa convergence.
1 1 1
Sn = 1 + + + ··· +
2 3 n
1 1 1 1 1 1
S2n = 1 + + + ··· + + + ··· + +
2 3 n n+1 2n − 1 2n
Faisons la différence S2n − Sn , on obtient
1 1 1 1 1
S2n − Sn = + ··· + + >n = (∗)
n
| + 1 {z2n − 1 2n} 2n 2
n termes

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 55 / 72


Définitions et convergence

Exemple 2(suite)

Supposons que Sn converge. Alors S2n converge aussi et lim S2n =


lim Sn et par conséquent :

lim(S2n − Sn ) = 0.

Or, il résulte de (∗) que l’on a :

1
lim(S2n − Sn ) >
2
d’où une contradiction. La série est donc divergente.

La série harmonique est divergente

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 56 / 72


Définitions et convergence

Séries de même nature

P P
Soient ( un ) et ( vn ) deux séries.

Définition :
P P
( un ) et ( vn ) sont dites de même nature si elles
convergent toutes les deux ou divergent toutes les deux.

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 57 / 72


Définitions et convergence

Séries de même nature

Proposition :
P P
Si les termes de ( un ) et ( vn ) ne diffèrent que pour un
nombre fini d’indices, alors les deux séries sont de même
nature.

Conséquences :
 La nature d’une série ne change pas en supprimant ou on
modifiant un nombre fini de ses termes.
 Deux séries dont les termes généraux sont égaux à partir d’un
certain rang sont de même nature.

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 58 / 72


Définitions et convergence

Condition nécessaire de convergence

Théorème :
P
Si la série ( un ) est convergente, alors la suite (un )
converge vers 0.

Soit : X
( un ) convergente =⇒ lim un = 0

✍ La réciproque est fausse en général. C’est le cas, par


exemple, de la série harmonique.

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 59 / 72


Définitions et convergence

Contraposée

Le résultat du théorème précédent est surtout utilisé sous sa


forme contraposée :

Théorème :
P
Si la suite (un ) ne converge pas vers 0, alors la série ( un )
est divergente

X
(un ) ne tend pas vers 0 =⇒ ( un ) divergente

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 60 / 72


Définitions et convergence

Exemple

— La série de terme général un = (−1)n diverge car la suite (un )


n’a pas de limite.
n
— La série de terme général un = diverge car la suite (un )
n+1
a pour limite 1.
n2
— La série de terme général un = diverge car la suite (un )
n+1
tend vers l’infini.

M. Hachimi Algèbre linéaire Semestre 2 61 / 72


Séries à termes positifs

Sommaire

5 Définitions et convergence

6 Séries à termes positifs

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Séries à termes positifs

Série à termes positifs

Définition :
P
Une série ( un ) de terme general un est dite série à
termes positifs si un > 0 à partir d’un certain rang.

La suite (Sn ) des sommes partielles est donc croissante.

Proposition :
P
Une série ( un ) à termes positifs est convergente si et
seulement si la suite (Sn ) est majorée.

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Séries à termes positifs

Séries de Riemann

Définition :
Une série réelle est dite série de Riemann si son terme
général est de la forme :
1
un = α , n ∈ N∗ , α ∈ R.
n

Théorème :
X 
1
La série converge si et seulement si α > 1.

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Séries à termes positifs

Comparaison de deux séries à termes positifs

Théorème :
P P
Soient ( un ) et ( vn ) deux séries à termes positifs. On
suppose que un 6 vn à partir d’un certain rang N. Alors :
P P
( vn ) converge =⇒ ( un ) converge
P P
( un ) diverge =⇒ ( vn ) diverge

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Séries à termes positifs

Exemple 1

Considérons la série de terme général :

1
un =
n(n + 1)(2n + 1)
P
La série ( un ) est à termes positifs et on a :

1 1
un = 6 3, ∀ n ∈ N∗
n(n + 1)(2n + 1) n
P
On a ( n13 ) est une série de Riemann convergente.
P P
La convergence de ( n13 ) entraîne celle de ( un ).

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Séries à termes positifs

Exemple 2

Considérons la série de terme général :


1
un =
n−1
P
La série ( un ) est à termes positifs et on a :

1 1
un = > , ∀ n ∈ N∗
n−1 n
P
On a ( 1n ) est une série divergente (série harmonique).
P P
La convergence de ( 1n ) entraîne celle de ( un ).

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Séries à termes positifs

Critère de convergence de D’Alembert

Théorème :
P
Soit ( un ) une série à termes positifs tel que un 6= 0 à
partir d’un certain rang N. Alors :
un+1 P
• lim < 1 =⇒ ( un ) converge
un
un+1 P
• lim > 1 =⇒ ( un ) diverge
un
un+1
• lim = 1, on ne peut rien conclure
un

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Séries à termes positifs

Exemple 1

Soient les suites de termes généraux

nn an
un = , vn = (avec a > 0).
n! n!
On a
 n  n
un+1 1 (n + 1)n+1 n+1 1 vn+1 a
= = = 1+ et =
un n+1 nn n n vn n+1

D’où
 
un+1 1 n vn+1 a
lim = lim 1 + = e > 1 et lim = lim =0<1
un n vn n+1
P P
Ainsi : ( un ) diverge et ( vn ) converge.

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Séries à termes positifs

Exemple 2

Soient les séries de termes généraux


1 1
un = , vn =
n n2
On a
un+1 n+1 vn+1 (n + 1)2
lim = lim = 1 et lim = lim =1
un n vn n2
Pourtant
X  X 
1 1
est divergente, mais est convergente
n n2

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Séries à termes positifs

Critère de convergence de Cauchy

Théorème :
P
Soit ( un ) une série à termes positifs tel que un > 0 à
partir d’un certain rang N. Alors :
√ P
• lim n un < 1 =⇒ ( un ) converge
√ P
• lim n un > 1 =⇒ ( un ) diverge

• lim n un = 1, on ne peut rien conclure

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Séries à termes positifs

Exemple

Soient les suites de termes généraux


 n2
n 2n
un = , vn = .
n+1 nk

On a
 n
√ n 1 √ 2 2
n
un = = n et n vn = k = k
n+1 1 nn e n ln n
1+
n

D’où
√ 1 √
lim n
un =
< 1 et lim n vn = 2 > 1
e
P P
Ainsi : ( un ) converge et ( vn ) diverge.

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