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ISTIC Année Académique 2019/2020

Cours d’Économie de l’Ingénieur : Cycle ingénieur GC5

GCV921
ÉCONOMIE DE L’INGÉNIEUR
Préparé et dispensé par :
Joseph Herman TIONA WAMBA
Docteur PhD. En Sciences de Gestion
Financier Comptable

Ce cours a pour objectif de doter les futurs ingénieurs d’outils et de techniques devant
leur permettre de calculer, d’analyser et d’interpréter les données issues des documents de
synthèse et des états financiers de l’entreprise. En effet, comment financer un projet
d’investissement ? Comment évaluer la rentabilité espérée d’un projet d’investissement ? À
partir de quelle période la totalité des charges associées à un projet a-t-elle été couverte ?
Comment probabiliser la rentabilité espérée d’un projet d’investissement ? Telles sont les
questions auxquelles l’économie de l’ingénieur apporte des éléments de réponse. Pour ce
faire, elle est construite autour de onze chapitres comme suit :

Chapitre 0 : Généralités sur l’Économie de l’Ingénieur

Chapitre 1 : Analyse du bilan comptable

Chapitre 2 : Analyse fonctionnelle du bilan

Chapitre 3 : Analyse financière du bilan

Chapitre 4 : Analyse du compte de résultat par fonctions et par variabilité

Chapitre 5 : Notion de seuil de rentabilité

Chapitre 6 : Modalités de financement des projets d’investissement

Chapitre 7 : Analyse des projets d’investissement en avenir certain

Chapitre 8 : Analyse des projets d’investissement en avenir incertain

Chapitre 9 : Analyse des projets d’investissement en avenir indéterminé

Chapitre 10 : Les déterminants de la structure du capital

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Cours d’Économie de l’Ingénieur : Cycle ingénieur GC5

CHAPITRE 0
GÉNÉRALITÉS SUR L’ÉCONOMIE DE L’INGÉNIEUR

Dans les entreprises d’une certaine taille, la détermination de la situation nette est
profondément améliorée. De la simple différence entre les biens et les dettes, on parle plutôt
de la différence entre l’actif réel et les dettes. Cette dernière formule envisage donc la
possibilité d’exclure certains éléments de l’actif pour ne rester qu’avec l’actif dit « réel ». La
situation financière de l’entreprise serait ainsi appréciée au mieux.

I. DÉFINITION ET OBJECTIFS
1. Définition
L’Économie de l’Ingénieur peut être définie comme une démarche qui s’appuie sur
l’examen critique de l’information financière fournie par une entreprise afin d’apprécier de
façon objective sa performance (financière). En d’autres termes, c’est un ensemble de
méthodes permettant d’apprécier la situation financière passée et actuelle, d’aider à la prise
de décision cohérente et d’évaluer l’entreprise.

2. Objectifs
L’économie de l’ingénieur conduit à un diagnostic financier de l’entreprise. Elle sera
menée de façon différente en fonction des besoins et objectifs des différents utilisateurs. Ces
utilisateurs comprennent les gestionnaires, les actionnaires et potentiels, les analystes
financiers, les salariés, les prêteurs, les états, les autres entreprises et groupes.

a. Économie de l’ingénieur et gestionnaires

Le service financier de l’entreprise procède à des analyses financières internes qui sont
fondamentales pour le gestionnaire, car elles éclairent non seulement la politique financière,
mais également la politique générale de l’entreprise.

b. Économie de l’ingénieur et investisseurs

Les actionnaires sont directement intéressés au calcul de la valeur de l’entreprise


puisqu’ils fournissent les capitaux à risque. Leur rémunération étant constituée par les
dividendes et la plus-value en capital.

c. Économie de l’ingénieur et prêteurs

Les prêteurs à court terme sont particulièrement intéressés par la liquidité de


l’entreprise, c’est-a-dire la capacité à faire face aux échéances à court terme.

Les prêteurs à long terme quant à eux, doivent s’assurer de la solvabilité et la


rentabilité de l’entreprise. D’ailleurs, l’annuité de remboursement en dépend. Les créanciers
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s’intéressent également à la structure financière qui traduit le degré de risque de l’entreprise.


Bref l’économie de l’ingénieur permet de comparer le taux de rentabilité au coût du
rendement.

d. Économie de l’ingénieur et salariés

L’intérêt que portent les salariés au résultat de l’entreprise est double :


 La perception du salaire ;
 La participation sous certaines conditions aux bénéfices

e. Économie de l’ingénieur et autres utilisateurs

De façon générale, l’économie de l’ingénieur est une technique utile employée pour
déterminer la valeur économique, les forces et faiblesses des sociétés et éviter aux partenaires
de courir des risques importants et préjudiciables.

II. LES INFORMATIONS NÉCESSAIRES À L’ÉCONOMIE DE


L’INGÉNIEUR
L’économie de l’ingénieur utilise principalement les états financiers (bilan, compte de
résultat, annexes). Mais ne saurait se limiter à l’étude de ces seuls états financiers. Elle
s’intéresse également aux facteurs internes (organisation de l’entreprise, nature des produits,
processus technologique, financement de la croissance) et facteurs externes (croissance et
progrès techniques, politique monétaire et fiscale) pour expliquer l’évolution de l’entreprise.
Dans cette perspective, l’économie de l’ingénieur doit rassembler :

- Les informations générales sur le plan économique ;


- Les informations sur le secteur auquel appartient l’entreprise étudiée ;
- Les informations d’ordre juridique et économique sur l’entreprise.
La plupart de ces informations sont dispersées dans la presse économique et
financière, des avis des communiqués, au RCCM et même des états résultats des entreprises.

III. LES PRINCIPAUX OUTILS DE L’ÉCONOMIE DE L’INGÉNIEUR


Il s’agit essentiellement des différents états financiers, du tableau de financement, des
ratios et autres coefficients spécifiques, de l’outil informatique, entre autres.

Ces outils permettent d’apprécier la santé financière de l’entreprise en comparant les


états financiers (intra et inter entreprises à travers les tendances, les pourcentages, en
analysant les ratios (intra et inter entreprises) et en se servant des données stockées pour
effectuer des prévisions.

Ainsi, il importe dans un premier temps, de remémorer des éléments constitutifs des
états financiers de base que sont le bilan et la compte de résultat.
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CHAPITRE 1

ANALYSE DU BILAN COMPTABLE

L’économie de l’ingénieur se sert des informations comptables à travers les documents


de synthèse que sont le bilan et le compte de résultat. Une bonne connaissance et une bonne
lecture de ces derniers dans leur structure sont des préalables à toute analyse financière.

Notons néanmoins qu’un certain nombre d’autres informations complémentaires


seront utiles pour la suite tel que l’âge de l’entreprise (lancement, croissance, maturité ou
déclin de l’activité), l’histoire de l’entreprise, l’âge des dirigeants (leur expérience et
formation initiale), la géographie du capital, l’environnement dans lequel évolue l’entreprise
(secteur d’activité, niveau de concurrence, pouvoir de négociation des clients et des
fournisseurs) etc.…

Pour rappel, le bilan est un document comptable qui retrace la consistance des biens et
des dettes d’une entreprise à un moment donné. Il est composé de deux parties, le passif qui
enregistre les ressources ou dettes et l’actif qui enregistre les emplois ou biens.

1. PRÉSENTATION DU BILAN
 Bilan en grandes masses
ACTIF PASSIF
Actif Immobilisé Capitaux Propres et Ressources Assimilées
Dettes Financières et Ressources Assimilées
Actif Circulant (Stocks et créances) Passif Circulant
Trésorerie-Actif Trésorerie Passif
Écart de conversion-Actif Écarts de conversion-Passif

 Bilan détaillé
De manière détaillée, l’actif et le passif du bilan se présentent comme suit :

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Bilan au 31/12/N

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II. RECONSTITUTION DU BILAN : THÈME


Le 1er Janvier 2013, la Société NYESO PICSOU est créée avec les éléments ci-après repris des
ETS Fils et Associés
 Marchandises= 350 000  Titres de participation 2 000 000
 Matériel de transport 2 700 000  Banque 600 000
 Capital 10 000 000  Fournisseurs 1 800 000
 Clients 250 000  Logiciels 50 000
 Bâtiments 12 000 000  Caisse 150 000
 Écart de conversion-actif 1 200 000  Fonds de commerce 1 000 000
 Dettes envers l’État 1 400 000  Emprunts ECOBANK 5 000 000
 Chèques postaux 150 000  Réserves 2 000 000
 Titres de placement 200 000  Prêts à long terme 550 000
 Provisions pour risques 1 200 000  Dette CNPS 600 000
 Frais de recherche et développ 600 000  Brevets 200 000

TAF : Présenter le bilan de la société en regroupant les postes dans les grandes masses

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CHAPITRE 2

ANALYSE FONCTIONNELLE DU BILAN

La lecture du bilan sur la base de sa présentation fonctionnelle permet de constater


que : les éléments y sont classés selon la fonction à laquelle ils se rapportent et pour leur
valeur nette comptable.
On peut répertorier les fonctions suivantes dans un bilan :
- La fonction de financement : modification de capital, variation des ressources
financières ;
- La fonction investissement : acquisition des nouveaux actifs immobilisés (AI);
- La fonction d’exploitation : achat, stockage, production, vente.

Ces différentes fonctions matérialisées dans les emplois et ressources sont classées
selon les critères du cycle (cycle long, cycle court) auquel elles se rapportent.
De manière générale les éléments du bilan qui sont appelés à se renouveler
normalement doivent correspondre aux sommes affectées aux différents cycles et être
chiffrées à leur valeur au jour de l’évaluation. Pour les actifs, cela correspond au montant net
comptabilisé et pour les passifs, au montant des ressources effectivement perçues ou
effectivement constatées.

I. STRUCTURE ET PRÉSENTATION DU BILAN FONCTIONNEL


Dans sa présentation fonctionnelle le bilan comporte 8 principales rubriques soit 4 à
l’actif et 4 au passif.

Actif Passif
Emplois Stables ou actifs
Ressources Stables
Immobilisés
Actifs Circulants Passif Circulant
d’exploitation d’exploitation
Actifs Circulants HAO Passif Circulant HAO
Trésorerie Actif Trésorerie Passif

I-1- LE PASSIF DU BILAN FONCTIONNEL


Le passif du bilan fonctionnel regroupe l’ensemble de ressources dont dispose
l’entreprise.
I-1-1- Les Ressources Stables
Les ressources stables concernent les décisions de financement qui engagent
l’entreprise sur le long terme. Elles comprennent :
- Les capitaux propres ;
- Les provisions pour risques et charges ;
- Les dettes financières autres que les concours bancaires courants et les soldes
créditeurs de banque.

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I-1-2- Les Dettes d’exploitation ou Passif Circulant AO


Elles sont générées par le fonctionnement normal de l’entreprise et comprennent :
- Les avances et acomptes reçus sur commandes ;
- Les dettes fournisseur et effets à payer ;
- Les dettes fiscales (sauf d’IS) et les dettes sociales
- Les autres dettes d’exploitation ;
- Les produits constatés d’avance d’exploitation.

I-1-3- Les Dettes hors exploitation ou Passif Circulant HAO


Ces dettes se composent essentiellement :
- Des dettes sur immobilisations ;
- Des dettes d’impôt sur les sociétés ;
- Des autres dettes HAO
- Des intérêts courus non échus sur emprunts.

I-1-4- La Trésorerie-Passif
Elle comprend les éléments suivants :
- Les soldes créditeurs de banque ;
- Les concours bancaires courants ;
- Les effets escomptés non échus ;
- Les soldes créditeurs des comptes électroniques.

I-2- L’ACTIF DU BILAN FONCTIONNEL


Il regroupe l’ensemble des emplois acquis à partir des ressources de l’entreprise. Les
regroupements ci après sont opérés.
I-2-1- Les Emplois Stables
Il s’agit de l’actif immobilisé en valeurs nettes.
Les emplois stables comprennent :
- Les immobilisations incorporelles ;
- Les immobilisations corporelles ;
- Les immobilisations financières.

I-2-2- L’actif Circulant d’exploitation (AC.AO)


Ce sont des éléments qui relèvent de l’exploitation normale de l’entreprise. Il
comprend les valeurs nettes des postes suivants :
- Les stocks et encours ;
- Les avances et acomptes versés sur commande ;
- Les créances d’exploitation ;
- Les effets escomptés non échus ;
- Les autres créances d’exploitation ;
- Les charges constatées d’avance d’exploitation.

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I-2-3- L’Actif Circulant hors exploitation (AC.HAO)


Il se compose des éléments suivants repris à leurs valeurs nettes :
- Les stocks d’occasion (provenant d’immobilisations mises hors service) ;
- Les créances diverses HAO (sur cession d’immobilisations, sur cession de titres
de placement, ou les crédits de TVA sur les investissements) ;
- Les charges constatées d’avance HAO.

I-2-4- La Trésorerie-Actif
Elle comprend :
- Les titres de placement ;
- Les valeurs à encaisser ;
- La banque, la caisse, les centres de chèque postaux, la monnaie électronique.

I-3- PASSAGE DU BILAN COMPTABLE AU BILAN FONCTIONNEL


Poste de bilan Retraitement à effectuer
Actif
Charges constatées d’avance A ventiler entre actif AO et actif HAO
Montant à prendre en compte dans les
Effets escomptés non échus
créances d’exploitation
Créances diverses Créances HAO sauf mention contraire
Passif
Concours Bancaires Courants et solde
Montant à intégrer dans la trésorerie passif
créditeur de banque (SCB)
Produits constatés d’avance A repartir entre Passif AO et Passif HAO
Dettes d’impôt sur les bénéfices A ventiler dans les dettes HAO
- Si compte bloqué à ventiler dans les
Les comptes courants d’associés ressources stables ou durables ;
- Si compte non bloqué dans les dettes HAO
Effets escomptés non échus Trésorerie passif (CBC)
Dettes diverses Dettes HAO sauf mention contraire
Dettes sur immobilisation A ventiler dans les dettes HAO
Retraitements spéciaux
À remettre dans les créances (AC.AO) ou
Écarts de Conversion Actif
dans les dettes (PC.AO) selon le cas
À remettre dans les dettes (PC.AO) ou dans
Écarts de Conversion Passif
les créances (AC.AO) selon le cas

I-4- PRÉSENTATION DU BILAN FONCTIONNEL CONDENSÉ


Encore appelé bilan fonctionnel en grandes masses, il se présente comme suit :
Masses de l’Actif Montant % Masses du Passif Montant %
Emplois stables Ressources Stables
Actif Circulant AO Passif Circulant AO
Actif Circulant HAO Passif Circulant HAO
Trésorerie-Actif Trésorerie-Passif
Totaux 100 Totaux 100

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II- VALEURS STRUCTURELLES DU BILAN FONCTIONNEL


La règle de l’équilibre financier minimum veut que les ressources stables financent les
emplois stables. Cependant en raison des décalages dans le temps entre les opérations de
gestion, les opérations de patrimoine et leurs règlements ; les recettes et les dépenses ne
concordent pas.
Cette situation peut aboutir à des problèmes de trésorerie. Aussi est-il intéressant
d’examiner les équilibres fondamentaux du bilan fonctionnel.
II-1- Le fonds de roulement net global
Il exprime l’excédent des ressources stables sur les emplois stables et permet de
financer en partie l’actif circulant. Le FRNG constitue un gage de liquidité de l’entreprise ;
plus il est important plus il finance le besoin à fonds de roulement ; plus l’entreprise dégage
de la trésorerie. D’où la relation :
FRNG = Ressources Stables – Emplois Stables

Remarque : Le FRNG est calculé à partir d’un bilan avant répartition, le résultat de
l’exercice étant compris dans les capitaux propres.
II-2- Le besoin en fonds de roulement (BFR)

Le fait de détenir les stocks ou d’accorder les délais de paiement aux clients génère des
besoins de financement. A contrario, le fait d’obtenir les délais de paiement de la part des
fournisseurs ou de tout autre créancier constitue une ressource de trésorerie qui dégage des
ressources de financement
Entre ces deux situations, on calcule le BFR qui apparaît comme :
BFR = différence entre l’actif circulant (hors trésorerie ou disponibilité) et le Passif
Circulant (hors trésorerie ou CBC).
Le BFR peut être scindé en deux (2); Selon le découpage du bilan fonctionnel, on aura
alors les relations suivantes :
BFR d’exploitation = Actif d’exploitation – Passif d’exploitation
BFFR HAO = Actif HAO - Passif HAO
D’où BFR = BFR d’exploitation + BFR HAO

II-3- La trésorerie nette


L’équilibre des emplois et des ressources est réalisé au niveau de la trésorerie nette
La TN est calculée de deux manières :
TN = FRNG – BFR
TN = Trésorerie actif – Trésorerie passif
Remarque :
 Si TN > 0 ; l’équilibre fonctionnel est respecté
 Si TN < 0 ; l’équilibre fonctionnel n’est pas respecté (l’entreprise a recours aux
Concours Bancaires Courants)
 Si TN = 0 ; l’équilibre fonctionnel est respecté (situation idéale).

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Application :
On vous donne ci-dessous, le bilan comptable de la Société NYESO PICSOU au
31/12/2012 après inventaire (les données sont en milliers de francs).

On vous communique en outre les autres renseignements suivants :


 Les frais de développement portent sur des travaux qui n’ont pas abouti ;
 Les écarts de conversion – actif proviennent :
o De l’augmentation des dettes fournisseurs : 500 000 F :
o De l’augmentation des dettes financières : 400 000 F ;
o De la diminution des créances clients : 100 000 ;
 Les écarts de conversion –passif proviennent :
o De la diminution des dettes fournisseurs d’investissement : 500 000 F ;
o De l’augmentation des créances clients : 200 000 F

Montants
Éléments d’actif Éléments de passif Montants
Bruts A/P Nets
Frais de développement 1 000 1 000 Capital 80 000
Brevets et licences 3 000 1 000 2 000 Actionnaires C.N.A - 20 000
Terrains 10 000 10 000 Réserves 3 000
Construction 25 000 6 000 19 000 Résultat 5 000
Matériel et outillage 6 000 1 000 5 000 Dettes financières 8 000
Matériel de transport 15 000 3 000 12 000 Dettes crédit-bail 3 500
Titres de participation 4 000 500 3 500 Provisions pour
charge et perte 2 000
Prêts divers 2 000 2 000 f.rss d’exploitation 10 000
Marchandises 20 000 2 000 18 000 EAP 3 000
Emballages récup 5 000 5 000 F.ss d’investissement 2 000
Créances clients 12 000 1 500 10 500 CNPS + personnel 1 000
EAR 4 000 4 000 État 1 900
Créances HAO 1 000 1 000 EC-passif 700
Titres de placement 3 000 500 2 500
Banque 3 000 3 000
Caisse 600 600
EC-actif 1 000 1 000
115 600 15 500 100 100 100 100

Travail demandé :

1. Présenter le bilan fonctionnel en grandes masses ;


2. Calculer le FRNG de deux façons ;
3. Calculer le BFR de deux manières et distinguer le BFR d’exploitation et le BFR
hors exploitation ;
4. Calculer la trésorerie nette de deux façons.
NB : Le résultat est un résultat brut : IS = 33 %

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CHAPITRE 3

ANALYSE FINANCIÈRE DU BILAN

Encore appelé bilan liquidité, le bilan financier est un bilan dont les postes sont repris
à leur valeur réelle et classés dans l’ordre de liquidité croissante (à l’actif) et d’exigibilité
croissante (au passif). C’est un bilan essentiellement fondé sur l’analyse de la solvabilité de
l’entreprise. La solvabilité étant définie comme étant la capacité de l’entreprise à faire face à
ses engagements financiers (payer ses dettes).

I. CARACTÉRISTIQUES DU BILAN FINANCIER

Les caractéristiques du bilan financier sont les suivantes :


 Les postes y sont classés à leur valeur réelle (VR) ou valeur économique ;
 La différence entre la valeur réelle et la valeur nette comptable constitue une plus
value (VR>VNC) ou moins value (VR<VNC) ;
 Les plus ou moins values sont imputées aux capitaux propres ;
 Il est établi à partir du bilan comptable après répartition des résultats ;

II. PASSAGE DU BILAN COMPTABLE AU BILAN FINANCIER

Le passage du bilan comptable au bilan financier se fait à l’aide de tableaux prévus à


cet effet. La présentation diffère pour les postes d’actif et du passif.

A. Tableau de retraitement des postes d’actif


Valeurs Valeurs Valeurs Valeurs
Valeur Valeur Variations
Éléments immobilisées d’exploitation réalisables disponibles
comptable réelle
+V –V (VI) (VE) (VR) (VD)

B. Tableau de retraitement des postes du passif


Éléments Valeurs Capitaux Dettes à Long et Dettes à Court
réelles propres à Moyen Terme Terme

NB : La Colonne des DCT peut être subdivisée en DCT et Trésorerie-Passif

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III. ANALYSE FINANCIÈRE DES POSTES DU BILAN COMPTABLE

A. Retraitement financier des postes de l’actif


Éléments Destination Traitement financier
- Repris à leur valeur réelle dans les VI;
Immobilisations - Le fonds coercial absent au BC est une +v ;
VI
incorporelles - Les frais de R&D qui ont échoué sont considérés
comme des moins values ;
Immob corporelles VI - Reprises à leur valeur réelle dans les VI ;
- Reprises à leur valeur réelle dans les VI ;
Immobilisations
VI - Les quotes-parts à moins d’un an sont portées dans les
financières valeurs réalisables ;
- Stock outil ou dormant dans les immobilisations ;
Stocks VE - Stock flottant dans les VE à leur valeur réelle ;
- Stock périmé ou détruit en moins value, car VR = 0 ;
- Les créances irrécouvrables sont des moins values ;
- Les créances à + 1 an et les créances douteuses sont
inscrites dans les immobilisations ;
Créances VR - Les effets escomptables ou bancables sont inscrites
dans les VD si le « 565 » ne dépasse pas l’encours
d’escompte accordé par les banques ;
Trésorerie (titres de - Les bons de trésor sont des VD car facilement
placement, valeurs à négociable ;
VD - Les titres difficilement cessibles sont inscrits en
encaisser, CCP, banque,
Caisse) immobilisations financières ;
- À rattacher au poste d’origine ;
Écart de conversion –
VR - Si l’origine n’est pas proposée, à rattacher aux valeurs
Actif réalisables ;

B. Retraitement des postes du passif


Éléments Destination Traitement financier
- Vient en diminution des capitaux propres ;
Actionnaire, capital non
- - Il en est de même pour les RAN débiteurs et les
appelé résultats déficitaires ;
Capital, Primes, Capitaux
- Viennent en augmentation des capitaux propres ;
Réserves, RAN créditeur propres
- La partie non distribuée (réserves) est rattachée aux
Résultat créditeur Capitaux capitaux propres ;
(positif) propres - La partie distribuée est rattachée aux DCT ou très
rarement aux DLMT selon le cas ;
Subvention d’investissement, - Calculer l’impôt latent (IS) qu’on rattache aux DLMT
Capitaux
Provisions réglementées et ou aux DCT selon le cas ;
fonds assimilés propres - L’autre partie est rattachée aux capitaux propres
- La fraction des DLT qui sera exigible dans moins d’un
an est reclassée en DCT ;
Dettes financières et - Certaines provisions pour risques et charges peuvent
DLMT ou DF être non justifiées. Dans ce cas,, sur la partie non
ressources assimilées
justifiée, un IS latent est calculé et reclassé en DCT
tandis que le reste est porté en capitaux propres ;
Passif circulant DCT - La partie exigible dans plus d’un an est reclassée en DF
Écart de conversion – Capitaux
- À rattacher aux capitaux propres.
Passif propres

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IV. GRANDES MASSES ET GRANDEURS DU BILAN FINANCIER

A. Les grandes masses du bilan financier


Actif Montants % Passif Montants %
Valeurs immobilisées Capitaux propres
Valeurs d’exploitation Dettes à Moyen Terme
Valeurs réalisables Dettes à court terme
Valeurs disponibles Trésorerie Passif
Total 100 Total 100

B. Les grandeurs caractéristiques du bilan financier


Il s’agit du fonds de roulement financier, du besoin en fonds de roulement financier et
de la trésorerie nette.

1. Le Fonds de Roulement Financier (FRF ou FR)


C’est la partie des capitaux permanents qui finance l’actif immobilisé (haut du bilan).
C’est aussi l’excédent de l’actif circulant sur les dettes à court terme (bas du bilan).

 Par le haut du bilan : FR = Capitaux permanents – Valeurs Immobilisées


 Par le bas du bilan : FR = Actif Circulant – Passif Circulant
Le fonds de roulement financier ou fonds de roulement permanent ou fonds de
roulement net peut être positif ou négatif.

Lorsqu’il est positif, les ressources stables ont non seulement permis de financer la
totalité de l’actif immobilisé, mais également une partie de l’actif circulant : on di que
l’équilibre financier est respecté. L’entreprise est solvable.

Lorsqu’il est négatif, les ressources stables sont incapables de financer l’actif
immobilisé : l’équilibre financier n’est pas respecté. L’entreprise présente un risque
d’insolvabilité.

2. Le besoin en Fonds de Roulement Financier (BFR)

C’est la différence positive entre l’actif circulant sauf trésorerie et le passif circulant
sauf trésorerie. Lorsqu’il est négatif, on parle plutôt de ressource de financement.
BFR = (VE + VR) – DCT sauf Trésorerie
BFR = Actif Circulant (sans disponibles) – Passif Circulant (sans trésorerie)

3. La Trésorerie Nette (TN)

C’est la différence entre la trésorerie-Actif et la trésorerie-Passif.


TN = Trésorerie-Actif – Trésorerie-Passif
TN = FRN – BFR

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Exercice de consolidation
On vous donne le bilan de la Société NYESO PICSOU ci-après au 31/12/N (en 104)
Éléments Brut A et P Net Éléments Net
Brevets 110 80 30 Capital social 4 000
Terrains 500 / 500 Actionnaires capital non appelé -500
Bâtiments 1600 400 1 200 Réserve légale 50
Installations 2500 1200 1 300 Réserve statutaire 375
Matériels 2000 1800 200 Résultat exercice 300
Prêts 40 / 40 Provision pour risque et charge 140
Matières premières 650 50 600 Emprunts 800
Produit en cours 300 / 300 Fournisseurs, dettes en compte 350
Produits finis 700 / 700 Fournisseurs, E.A.P 350
Clients 490 20 470 Personnel 220
Clients, E.A.R 100 / 100 Dettes fiscales (TVA) 600
Charges constatées d’avances 120 / 120 Produits constatés d’avances 50
Titres de placement 180 / 180 Fournisseurs d’investissements 100
Banques (BICEC) 500 / 500 Découverts bancaires(SGBC) 200
Caisse 320 / 320
Écart de conversion -actif 500 / 500 Écart de conversion -passif 25
Totaux 10 610 3 550 7 060 Totaux 7 060
Renseignements complémentaires :
- Le fonds commercial est estimé de 1 030 000 Frs
- Pour les terrains, 1 200 000 Frs de terrain acheté en N-3 est évalué à 1 550 000 Frs
- Les bâtiments sont estimés à 12 500 000 Frs
- 300 000 Frs de matières premières sont inutilisables
- Le stock outil des produits finis est de 1 450 000 Frs
- 10% des créances sur les clients seront encaissés dans 1 an 6 mois ;
- Les titres de placement seront négociés à 110% de leur valeur ;
- Les écarts de conversion de l’actif sont répartis entre les créances sur les
immobilisations et les créances d’exploitation pour 40% et 60%
- 2/3 du résultat de l’exercice sont mis en réserves et le reste distribué en dividende ;
- Les provisions pour risque et charge sont non justifiés pour 25 % ;
- Le quart des emprunts seront payés dans 3 mois ;
- Les dettes vis-à-vis des fournisseurs d’investissements seront versées dans 24 mois.

Travail à faire :
1- Présenter le tableau de retraitement ou de reclassement des postes bilan
2- Présenter le bilan financier condensé en grande masse (4 rubriques Actif/Passif) ;
3- Calculer les grandeurs caractéristiques du bilan financier et interpréter

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CHAPITRE 4

ANALYSE DU COMPTE DE RÉSULTAT PAR

FONCTIONS ET PAR VARIABILITÉ

Le compte de résultat, tel que présenté par la comptabilité générale, donne une image
« faussée » ou incomplète de la santé financière de l’entreprise. Une image qui ne permette
pas de prévoir les résultats d’exploitation à venir. Pour pallier à cette situation, les charges par
nature de la comptabilité générale (classes 6 et 8 impaires) peuvent être analysées suivant
deux optiques : l’approche par fonction et l’approche par variabilité.

I. ANALYSE DES CHARGES PAR FONCTION


1. Définition et classification
Selon le PCG, une fonction est subdivision des activités selon le rôle joué dans
l’entreprise. À cet effet, les fonctions diffèrent selon qu’on se trouve dans une entreprise
industrielle ou commerciale.
Les fonctions de base d’une entreprise commerciale sont l’achat et la distribution (ou
vente). À ces fonctions, on retrouve généralement des fonctions auxiliaires telles que
l’administration, la gestion ou le financement.
En plus des fonctions citées ci-dessus, l’entreprise industrielle comporte une fonction
qui lui propre et principale : la fonction production.
L’analyse fonctionnelle des charges présente souvent des difficultés contournées par la
présentation d’un tableau de reclassement.

2. Tableau de reclassement des charges par fonction : Thème


Il permet, à l’aide des clés de répartition, d’éclater le montant des charges par nature
entre les différentes fonctions de l’entreprise.
Au 31 Août 2014, les charges par nature de la Société NYESO PICSOU, pour la
fabrication des pos de fleurs, sont réparties dans les fonctions de l’entreprise comme suit :
Fonctions
Charges par nature Montants
Approv Product° Distrib Admin
Matières consommables 80 000 - 50 % 25 % 25 %
Transports 60 000 25 % - 75 % -
Services extérieurs 120 000 10 % 60 % 20 % 10 %
Impôts et taxes 58 000 - - 25 % 75 %
Frais de personnel 180 000 5% 75 % 5% 15 %
Frais financiers 72 000 - - - 100 %
Amortissements 260 000 - 85 % 15 % -

TAF : Présenter le tableau de reclassement des charges

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Solution
Tableau de reclassement des charges
Fonctions
Charges par nature Montants
Approv Product° Distrib Admin
Matières consommables 80 000
Transports 60 000
Services extérieurs 120 000
Impôts et taxes 58 000
Frais de personnel 180 000
Frais financiers 72 000
Amortissements 260 000
Totaux

On constate que les charges ont été reclassées selon les différentes fonctions de
l’entreprise. On peut donc s’en servir pour présenter le Tableau d’Exploitation Fonctionnel.

3. Tableau d’Exploitation Fonctionnel (TEF)


Le TEF permet de déterminer les marges (résultats) par fonction. Il s’agit
notamment de :
 La marge brute ou marge sur coût d’achat (M/ ̂ A) : qui est la différence entre le
chiffre d’affaires net et le coût d’achat ;
 La marge sur coût de production (M/ ̂ P) : qui est la différence entre la marge brute
et le coût de production ;
 La marge nette ou marge sur coût de distribution (M/ ̂ D) : qui est la différence
entre la marge brute et le coût de distribution (pour les entreprises commerciales) ou la
différence entre la marge sur coût de production et le coût de distribution (pour les
entreprises industrielles) ;
 Le résultat d’exploitation (RE) : qui est la différence entre la marge nette la marge
nette et les charges des fonctions administration et financement.

Ainsi, le tableau d’exploitation fonctionnel (TEF) d’une entreprise industrielle pourra


se présenter comme suit :
- Les pourcentages sont fonction du chiffre d’affaires
- La variation de stock des matières et emballages (SI – SF) vient en plus ;
- La variation de stock des produits finis (SF – SI) vient en moins

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Éléments Calculs Montants %


CA X
RRR accordés sur vente -X
CA net CA CA 100
SI de matières X
SF de matières -X
Achat de matières X
RRR obtenus sur achats -X
Charges d’approvisionnement X
Coût d’achat de matières CA des matières CA des matières
Marge sur CA (M/CA) M/CA XX
SI des produits finis X
SF des produits finis -X
Production immobilisée -X
Charges de production X
Total des charges de production Charges de product° Charges de product°
Marge sur CP (M/CP) M/CP XX
SI des emballages X
SF des emballages -X
Achats des emballages X
Ventes des emballages -X
Autres frais de distribution X
Coût de distribution Coût de distribution Coût de distribution
Marge sur CD (M/CD) M/CD XX
Administration et financement X
Autres produits d’exploitation -X
Autres charges nettes Autres charges nettes Autres charges nettes
Résultat d’exploitation (RE) RE XX

Application
Outre les informations précédemment recueillies sur les charges de la Société NYESO
PICSOU au 31 Août 2014, on met les éléments ci-après à votre disposition :
 MOD de production 55 000  Ventes brutes 4 000 000
 Achats de MP 1 600 000  Achats d’emballages 45 000

 État des stocks


Éléments SI SF
Matières premières 182 000 88 000
Pots de fleurs 2 380 000 2 180 000
emballages 92 000 12 000

Travail demandé :
Présenter le TEF sachant que la Société NYESO PICSOU (SNP) a accordé une
ristourne de 5 % à tous ses clients :

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Solution
TEF de la SNP
Éléments Calculs Montants %

Chiffre d’affaires net

Coût d’achat de MP
Marge sur coût d’achat

Coût de production
Marge sur coût de production

Coût de distribution
Marge sur coût de distribution
Autres charges (Administration)
Résultat d’exploitation

4. Le rôle prévisionnel du TEF : Thème


Quels sont le résultat et la marge sur coût de distribution dans les deux cas de figure
ci-après :
 Le chiffre d’affaires augmente de 4 000 000 ;
 Le chiffre d’affaires augmente à 4 500 000.

II. ANALYSE DES CHARGES PAR VARIABILITÉ

La détermination du résultat de l’entreprise peut se faire en tenant compte de la


variabilité des charges. Dans ce cas, on distingue les charges variables, les charges fixes et
les charges semi variables.
1. Les charges variables (CV)
a. Définition
Encore appelées charges opérationnelles ou charges partielles, les charges variables
sont celles qui évoluent proportionnellement au niveau d’activité (avec les quantités
produites). Exple les achats.

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b. Représentation graphique Coûts : y


Y = ax
Les charges variables sont de la forme y = ax
Où y représente les charges variables ; x le
niveau d’activité
La représentation graphique est donnée ci-
contre :

2. Les charges fixes (CF) Activité : x


a. Définition
Encore appelées charges de structure, les charges fixes sont indépendantes du
niveau d’activité. Exple : les amortissements, le loyer. Toutefois, il existe des charges
fixes propres à chaque produit appelées charges spécifiques.

Coûts : y
b. Représentation graphique
Les charges fixes sont de la forme y = b
Leur représentation graphique est la suivante : y=b

3. Les charges mixtes ou semi-variables Activité : x


a. Définition
Comme leur nom l’indique, elles comportent une partie fixe et une partie variable.
C’est le cas du salaire d’un agent commercial.
Coûts : y
b. Représentation graphique Y = ax + b
Elles sont de la forme : y = ax + b
Leur représentation graphique est la suivante :

4. Les charges totales (CT) Activité : x

C’est la somme des charges variables et des charges fixes (et éventuellement des
charges semi variables). CT = CV + CF. Ou encore : Y = aX + b.
Dans cette perspective, leur représentation graphique est identique à celle des charges
mixtes ci-dessus.

5. Le Tableau d’Exploitation Différentiel (TED)

Ce tableau permet de mettre en œuvre les différents coûts variables par activité ou par
produit et, éventuellement, les marges y afférentes.

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a. Éléments constitutifs du TED


Il est essentiellement composé des éléments ci-après :
 Ventes Nettes : ventes HT – RRR accordés sur ventes – Retours sur ventes
 Coût variable d’Achat : Achats + Variation de Stock (SI – SF) + Charges variables
d’achat – RRR obtenus sur Achats ;
 Pour les entreprises industrielles, Coût Variable de Production : Charges variables
de production – Variation de Stock (SF – SF) – Production Immobilisée ;
 Coût variable de Distribution : Achats d’emballages + Variation de Stock
d’emballages (SI – SF) + Charges variables d’achat d’emballages – RRR obtenus sur
achats d’emballages – Ventes d’emballages ;
 Marges sur Coûts Variables : Prix de vente – Charges Variables. NB : les marges
sur coûts variables se calculent en cascade (voir exemple d’application) ;
 Charges Fixes Nettes : CF Brutes – Produits fixes ;
 Résultat : Marge sur Coût variable - CFN

b. Présentation du TED : Thème


La comptabilité de la Société NYESO PICSOU a enregistré les éléments suivants pour
le premier semestre 2014 :
 Stock de début  Stock de fin
 Marchandises 2 124 000  Marchandises 2 376 000
 Emballages 180 000  Emballages 24 000

 Achats  Ventes 30 342 500


 Marchandises 18 000 000
 Emballages 941 625

 Charges indirectes de la période


Variables
Éléments Montants Fixes
Approv Distrib
Transport 300 000 60 % 40 % /////
Autres charges 500 000 50 % 50 % /////
Frais financiers 110 000 25 % 45 % 30 %
Amortissements 1 410 000 /////// 100 %

Travail demandé
1) Présenter le tableau de reclassement des charges
2) Établir le TED

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Solution
1. Tableau de reclassement
Variables
Éléments Montants Fixes
Approv Distrib
Transport 300 000 ////
Autres charges 500 000 ////
Frais financiers 110 000
Amortissements 1 410 000 //// ////
Totaux 2 320 000

2. Tableau d’Exploitation Différentiel


Éléments Calculs Montants %

Coût variable d’achat


M/CV d’Achat

Coût Variable de Distribution


M/CV

Résultat d’Exploitation

Remarque : Le TED a également un pouvoir prévisionnel important.


Par exemple, il peut permettre de déterminer le chiffre d’affaires que la Société
NYESO PICSOU devrait réaliser si elle souhaite doubler sa marge sur coût variable. On peut
alors procéder comme suit :
CA’ = M/CV’/tM/CV avec M/CV’ = 10 619 875 * 2 = 21 239 750
Donc CA’ = 21 239 750 / 0.35 = 60 685 000
Sous son format le plus simplifié, le TED se présente comme suit :
Éléments Calculs
Chiffre d’affaires
Charges variables
Marge sur CV
Charges Fixes
Résultat

Ainsi présenté, le TED permettra de déterminer le Chiffre d’Affaires que l’entreprise


doit atteindre pour s’assurer de la couverture de toutes ses charges : le seuil de rentabilité.

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CHAPITRE 5

NOTION DE SEUIL DE RENTABILITÉ

L’analyse des charges par variabilité considère que, pour une structure donnée, les
charges fixes sont supportées en totalité par l’exploitation, quelque soit le niveau d’activité.
Par conséquent, pour que ces charges fixes soient couvertes, il faut que les ventes atteignent
un certain montant. C’est cette idée qui conduit à la notion de seuil de rentabilité.

I. RAPPEL DE LA NOTION DE MARGE SUR COÛT VARIABLE


1. Illustration
La marge sur coût variable est définie par la relation M/CV = CA – CV. Elle peut être
représentée par le schéma ci-dessous :
Chiffre d’Affaires : CA = Pu x Q

CV = CVu x G

M/CV = PuxQ – CvuxQ = Q (Pu – Cvu)

Charges Fixes : CF Résultat : R

On constate que le chiffre d’affaires, les charges variables et la marge sur coût variable
sont proportionnels aux quantités. Ainsi, si le prix ne change pas, il est possible d’écrire que
les CV et la M/CV sont proportionnelles au chiffre d’affaires et de déterminer ainsi un taux de
charges variables et un taux de marge sur coûts variables.

2. Taux de charges variables et taux de marge sur coûts variables


Le taux de charges variables (tCV) est le rapport entre les charges variables totales et

le chiffre d’affaires : tCV = * 100

Le taux de marge sur coûts variables (tM/CV) ou tout simplement taux de marge est

le rapport de la M/CV sur le chiffre d’affaires : tM/CV = * 100

Compte tenu de leur définition, l’égalité suivante doit être respectée : tM/CV = 1 – tCV

II. NOTION DE SEUIL DE RENTABILITÉ


1. Définition
Encore appelé Chiffre d’Affaires Critique (CAC), le Seuil de Rentabilité (SR) est
le chiffre d’affaires pour lequel l’entreprise couvre la totalité de ses charges et donc, dégage
un résultat nul.

Le Point Mort (PM) est la date d’atteinte du seuil.

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2. Formulation et calcul du seuil de rentabilité


a. Formulation
De la définition ci-dessus, il ressort que trois relations permettent de connaitre le seuil
de rentabilité :
 Relation 1 : Au SR, le chiffre d’affaires = total des charges, CA = CV + CF
 Relation 2 : Au SR le résultat est nul, R = 0
 Relation 3 : Au SR, la marge sur coûts variables = charges fixes, M/CV = CF
Des trois relations ci-dessus, la troisième reste la plus indiquée, car la plus appropriée
pour les travaux de prévisions.
 Formulation du SR en valeurs
En désignant par x le chiffre d’affaires et SR le seuil de rentabilité, et partant de la
relation M/CV = CF, on sait que M/CV = tm/cv * x or au seuil de rentabilité (SR = x)

On peut donc écrire : tm/cv * SR = CF  SR =

Cependant, tm/cv = M/CV / CA  SR = CF * .  SR =

 Formulation du SR en quantités

SRu = ou bien SRu =

b. Calcul du SR
Le seuil de rentabilité peut se calculer de façon arithmétique ou algébrique.
Thème : Au cours de l’exercice 2013, la SNP a vendu 15 000 pots de fleurs à raison de 1 217
frs l’unité. Son taux de charges variables était de 74 % et les charges fixes de 3 900 000 F.
TAF : 1- Présenter le TED de NyesoPicsou pour l’exercice 2013
2- Calculer le SR de façons arithmétique et algébrique
3- En déduire le SR en quantités
4- Estimer le résultat pour des ventes prévisionnelles de 20 000 pots et
10 000 pots. Que constate-t-on ?

3. Représentation graphique du SR
Trois représentations illustrent les trois relations mises en exergue précédemment.

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a. Relation 1 : au SR, CA = CV + CF
Équations des droites :
 Chiffre d’affaires : y1 = x où x est le chiffre d’affaires en abscisses
 Charges totales : y2 = ax + b où a est le tcv et b les CF
On a la représentation graphique suivante :
Y y1 = x

Zone de gain
Y2 = ax + b
SR
CAC

Zone de perte

0 CAC X

b. Relation 2 : au SR, R = 0
L’équation de la droite est de la forme : R = M/CV – CF  y = tM/CV * x – b
Y

Y = ax – b
Zone de gain

SR X Zone de perte

c. Relation 3 : au SR, M/CV = CF


Les CF sont de la forme : y1 = b et la marge sur coûts variables : y2 = tM/CV * x

Y2 = ax

Zone de gain
SR Y1 = b
CF
Zone de perte

0
CAC X

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Application : Reprendre le cas précédent et représenter graphiquement le seuil de


rentabilité suivant les trois relations

4. Seuil de rentabilité et temps : le Point Mort

On entend par Point Mort (PM), la date ou l’époque de l’année à laquelle on atteint le
chiffre d’affaires critique. Ainsi, avant d’atteindre le PM, le résultat de l’entreprise est négatif,
et il devient positif après le PM.
La détermination du point mort dépend de la répartition du chiffre d’affaires tout au
long de l’année. À cet effet, on dira que l’activité est régulière si le chiffre d’affaires est
équitablement réparti sur toutes les périodes de l’année (mois, trimestre, semestre). L’activité
est irrégulière dans le cas contraire.

a. Cas d’une activité régulière


La formule du point mort est issue d’une règle de trois. Pour un chiffre d’affaires
donné, et pour des données généralement mensuelles : CA 12 mois
SR PM
PM = x 12 On peut également déterminer le point mort en nombre de jours
en prenant 360 jours comme durée de référence de l’année.
Toutefois, si l’entreprise a fermé pendant une période « P » de l’année, la formule du
point mort tient également compte de cette période de cessation d’activité, et on a la formule

suivante : PM = x (12 – P)

Application
Pour l’exercice 2013, la Société NYESO PICSOU (SNP) met les informations ci-après
à votre disposition :
 Coût d’achat 60 % du prix de revente
 Rémunération des représentants : 5 % du Chiffe d’Affaires
 Autres charges : 630 000 à considérer comme charges de structure
 Chiffre d’affaires : 2 400 000
TAF : 1. Présenter le TED ;
2. Calculer le SR et en déduire le PM dans les deux hypothèses suivantes :
a. L’activité est régulière et continue
b. L’activité est régulière mais interrompue uniquement en Mars
3. Faire une représentation graphique du seuil de rentabilité et du poids mort
dans les deux hypothèses sus-évoquées.

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b. Cas d’une activité irrégulière


Ici, à a fin de chaque période (mois, trimestre, semestre, …), on déterminer les chiffre
d’affaires cumulés afin de situer la période d’atteinte du seuil.

Application
Supposons qu’en 2013, les ventes de la SNP aient été irrégulières sur les quatre
trimestres de l’année et réparties suivants les coefficients saisonniers ci-après :
Trimestre 1 Trimestre 2 Trimestre 3 Trimestre 4
0.6 1.2 0.8 1.4
TAF : Déterminer le Point Mort et en faire une représentation graphique

Solution
 Calcul préalable des CA trimestriels simples et cumulés et des M/CV simples
et cumulées
Éléments Trimestre 1 Trimestre 2 Trimestre 3 Trimestre 4
CS 0.6 1.2 0.8 1.4
Ventes trimestrielles

M/CV

III. Rentabilité, Sécurité et seuil de rentabilité


Plus le seuil de rentabilité est atteint tôt dans l’année, plus l’entreprise est à l’abri de
surprises désagréables qui feraient chuter ses ventes. Le point mort est donc un indicateur de
sécurité important. D’autres indicateurs existent :

1. La Marge de Sécurité (MS) et l’Indice de Sécurité (IS)

La marge de sécurité est la différence entre le chiffre d’affaires annuel et le chiffre


d’affaires critique. MS = CA – SR.
Elle représente le montant du chiffre d’affaires qui peut êtr supprimé (par une
conjoncture défavorable) sans entrainer de perte pour l’entreprise.
Il est également établi que : MS = Résultat / tM/CV
Rapportée au chiffre d’affaires, la marge de sécurité permet de déterminer le
pourcentage du chiffre d’affaires qui peut être supprimé sans entrainer de perte pour
l’entreprise : on parle d’Indice de Sécurité.

IS = = =1-

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2. Le levier Opérationnel (Lo) ou Coefficient de Volatilité

Il représente le pourcentage de variation du résultat induit par une variation en


pourcentage du chiffre d’affaires. En d’autres termes, c’est l’élasticité du résultat par rapport

au chiffre d’affaires. Lo = =

NB : Plus le Lo est élevé, plus l’entreprise est vulnérable

Application
La Société NYESO PICSOU hésite entre l’acquisition des établissements « SOL » et
de la Société « BBL ». Pour ce faire, la SNP dispose des informations suivantes issues de nos
deux établissements en 2013 :
Éléments ETS SOL Sté BBL
Ventes 3 000 000 3 000 000
Charges variables 1 800 000 2 520 000
Charges fixes 960 000 240 000
TAF 1) Présenter le TED des deux établissements, quel constat opère-t-on ?
2) Pour les deux sociétés, calculer le SR et PM d’une part, et d’autre part l’IS
et Lo et interpréter
3) Conseiller la SNP quant au choix à opérer entre les deux sociétés

Exercice de consolidation
Exercice 1
Le contrôle de gestion de la Société NYESO PICSOU (SNP) vous communique les
Coûts
renseignements suivants :

M/CV

100 000 CF

Chiffre
500 000 d’Affaires

Le total des charges variables sur vente et des charges fixes s’élève à 560 000 F. La
marge sur coût d’achat des marchandises vendues représente 30 % du chiffre d’affaires.

Travail demandé
1. Calculer le montant du chiffre d’affaires
2. Présenter le TED

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Exercice 2

La société TSAFFY commercialise un produit dont les ventes subissent de fortes


variations saisonnières. Ainsi, pour l’année 2007, le chiffre d’affaires se réparti comme suit :

1er trimestre 120 000


ème
2 trimestre 150 000
ème
3 trimestre 260 000
ème
4 trimestre 60 000
Les charges variables représentent 80% du chiffre d’affaires.
Les charges fixes ont été évaluées à 100 000 F pour l’année.

Travail à faire
1- Représentez graphiquement la marge cumulée sur coût variable (en fonction du
temps).
2- Déterminez graphiquement la date à laquelle le seuil de rentabilité sera atteint.
3- Vérifiez par le calcul.

Exercice 3
La société mécanique de la Loire (SOMEIL) est une SA qui assure la fabrication en
série et la vente d’un appareil de manutention. Le SOMEIL détermine ses coûts et prix de
revient selon la méthode des coûts variables et détermine la marge sur coût variable de chaque
produit. Elle a le choix entre deux solutions :

I- Moderniser les conditions existantes : Renseignements relatifs au premier


trimestre :
- Ventes : 1000 appareils à 1 200 F l’un
- Dépenses de fabrication de ces 1000 appareils : 540 000 F
Ces dépenses sont considérées comme proportionnelles aux quantités produites et
vendues.
- Frais variables de distribution de ces 1000 appareils : 180 000 F
- Frais généraux considérés comme fixes : 450 240 F
 Présentez le TED (CA, M/CV et R) ; Calculez le nombre d’appareils au SR. A quelle
date ce seuil sera-t-il atteint ?

II- Moderniser ses installations et agir sur le marché afin d’améliorer la


rentabilité.
Cela devrait se traduire par :

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- Un doublement des quantités vendues, résultat d’une baisse de 10% du prix de vente
unitaire et d’une campagne publicitaire d’un montant de 80 000 F (à considérer
comme charge fixe)
- Une réduction des frais variables de fabrication de 5% par appareil résultant d’un
effort de modernisation. Un accroissement des charges d’amortissement (fixes) dû à
l’acquisition d’un nouveau matériel s’élevant à 270 000 F et amortissable en 5 ans au
taux linéaire.
- Un accroissement des frais variables de distribution de 15% par unité vendue
 Présentez le TED, Calculez le nouveau SR, le point mort et la date du SR. Conclure.

Exercice 4
Le chef comptable de la SA GCI située dans la banlieue de Makepe vous communique
des informations extraites de la DSF relatives à l’exercice 2018, afin d’établir dans les
meilleurs délais, les travaux annuels relatifs à l’analyse de la gestion de l’exercice clos.

 Chiffre d’affaires HT de 495 000 000 FCFA en vendant 550 appareils selon le
calendrier ci-dessous :

Jv Fv Mrs Avr Mai Juin Jull Aout Sept Oct Nov Dec
40 25 31 46 55 52 51 46 55 57 59 33

 Charges variables relatives à la production vendue


o Fournitures et autres pièces consommées 163 350 000 Fcfa
o Main d’œuvre de production 54 450 000 Fcfa
o Frais de distribution : une commission de 2% du prix de vente HT
 Charges fixes de l’exercice 2018 (à imputer totalement à la production vendue)
o Production 39 200 000 Fcfa
o Administration 68 700 000 Fcfa
o Distribution 29 800 000 Fcfa
Premier travail à faire
1- Présenter le tableau d’exploitation différentiel de l’exercice 2018
2- Dire à quelle date la SA GCI a-t-elle atteint son seuil de rentabilité

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CHAPITRE 6
MODALITÉS DE FINANCEMENT DES PROJETS D’INVESTISSEMENT

Le financement des différentes structures diffère selon qu’on se trouve à la création ou


au cours de l’exploitation. Les petites et moyennes entreprises ont à leur disposition plusieurs
modes de financement pour financer leur besoin en fonds de roulement ou d’investissement.
Ces différents modes de financement peuvent être résumés comme dans la figure ci-dessous :

Figure 1 : Les différentes sources de financement des entreprises

Fonds propres
- CAF
- Augmentation du capital
- Cession d’éléments d’actif

Financement
interne Quasi-fonds propres
- Titres participatifs ;
Sources de - Prêts participatifs ;
financement de - Titres subordonnés ;
- Subventions ;
l’entreprise

Endettement
- Bancaire ou indivis ;
- EMF ;
Financement
- Emprunts obligataires ;
externe - Crédit-bail ;
- Associations/tontines ;

Le financement des PME revêt une grande importance eu égard aux besoins de plus en
plus importants qu'elles expriment (besoins d'investissement, besoins d'exploitation, besoins
d'innovation, besoins de recherche et développement). Le financier doit trouver les sources de
financement et étudier les avantages et les inconvénients de chaque mode de financement,
ensuite évaluer sa rentabilité afin d’opérer le choix de tel ou tel mode de financement.

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CHAPITRE 7
ANALYSE DES PROJETS D’INVESTISSEMENT EN AVENIR CERTAIN

Investir c’est acquérir un bien dont on attend des avantages durables. Pour les
économistes, l’investissement c’est l’échange d’une satisfaction immédiate et certaine contre
une espérance de gain futur à travers l’acquisition d’un bien durable. Deux notions
apparaissent de la conception économiste de l’investissement :
 Arbitrage entre rentabilité du présent et du futur ;
 Le pari ou le risque lié aux incertitudes du futur.

Ces deux notions on conduit à calculer la rentabilité espérée d’un investissement et


d’opérer le choix entre plusieurs projets selon différentes méthodes. Il importe avant tout de
recenser les paramètres d’un investissement.

I. Paramètres d’un investissement (caractéristiques d’un projet)

Lorsque l’entreprise étudie un projet d’investissement, elle se retrouve confrontée à au


moins 05 variables :

I.1. Le capital investi (Io)

C’est le coût de l’investissement, la dépense que doit supporter l’entreprise pour


réaliser le projet. Il comprend :
- Le prix d’achat HT ou le coût de fabrication ;
- Les frais accessoires (transport, publicité, R & D …) ;
- Les droits de douane (pour les biens importés) ;
- La TVA non récupérable (si l’entreprise a un droit de déduction inférieur à 100 %) ;
- L’augmentation du Besoin en Fonds de Roulement.

I.2. Les flux nets de trésorerie ou recettes futures (CF)

L’entreprise attend de tout projet d’investissement qu’il rapporte des rentrées nettes
d’argent (recettes – dépenses). Ces rentrées d’argent (ou économies de coûts) sont désignées
par le terme cash flow (CF).

En général : Cash flow = Recettes Imposables – Dépenses Imposables

Cependant, la plupart des éléments constitutifs des CF étant étalés prévisionnellement


sur plusieurs années, la formule généralement retenue est la suivante :

CF = Résultat Net + Dotations aux Amortissements

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I.3. Le taux d’intérêt ou coût du capital (i)

C’est le taux d’intérêt actuariel qui permet de déterminer la valeur actuelle des flux
nets de trésorerie générés par l’investissement. Il rend ainsi possible, la comparaison entre le
capital investi et les résultats futurs attendus.

I.4. La durée de vie de l’équipement (n)

Il s’agit en principe de la durée de vie économique, mais si celle-ci n’est pas connue,
on retient la durée d’amortissement comme durée de vie.

I.5. La valeur résiduelle (VR)


À la fin de la durée d’utilisation, le bien, objet de l’investissement peut être cédé.
Comme il est totalement amorti, le produit de cession du bien est une plus-value ajoutée au
dernier cash-flow.
En réalité, cette plus-value est imposée à l’IS au taux en vigueur.

II. MESURE DE LA RENTABILITÉ ÉCONOMIQUE D’UN PROJET


D’INVESTISSEMENT

Évaluer un projet d’investissement conduit à comparer le capital investi (I) à


l’ensemble des cash-flows CF1, CF2, CF3, …, CFn. Cette comparaison implique l’évaluation
du capital investi et des cash-flows à une même date (en général la date zéro).
On distingue deux grandes catégories de méthodes : les méthodes sans actualisation et
les méthodes avec actualisation.

II.1. Méthodes de choix sans actualisation


II.1.1. Le délai de récupération du capital investi (« pay back period »)

C’est la période au bout de laquelle les flux nets de trésorerie permettent de couvrir
l’investissement initial. Si on est en présence de plusieurs projets d’investissement, le projet à
retenir est celui dont le délai de récupération est le plus court.

Application 1
La Société NYESO PICSOU (SNP) veut réaliser un investissement de 5 000 000 dont
l’objet est de fabriquer un nouveau produit pendant 5 ans. La valeur résiduelle de
l’équipement au bout de 5 ans est nulle et la société est assujettie à l’impôt sur les sociétés au
taux en vigueur.

Les recettes et les dépenses prévisionnelles sont données ci-dessous :

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1 2 3 4 5
CAHT 8 800 000 8 800 000 8 400 000 8 400 000 5 400 000
Matières premières 4 900 000 4 900 000 5 100 000 5 100 000 2 800 000
Charges de personnel 1 200 000 1 200 000 1 400 000 1 400 000 895 400
Autres charges décaissbl 500 000 500 000 500 000 500 000 500 000
Amortissements 1 000 000 1 000 000 1 000 000 1 000 000 1 000 000
Total des charges
TAF 1. Calculer le résultat net prévisionnel de chaque année
2. Calculer le pay back period de ce projet
Solution
1. Calcul du résultat prévisionnel net de chaque année
1 2 3 4 5
CAHT
Total des charges
Résultat avant impôt
IS : ______ %
Résultat Net

2. Calcul du délai de récupération


On détermine d’abord les cash-flows nets, puis des cash-flows cumulés.
1 2 3 4 5
Résultats nets
Amortissements
Cash-flows
ΣCF

II.1.2. Le taux de rentabilité comptable


C’est le rapport entre le bénéfice net moyen procuré par l’investissement et la dépense
initiale.
En présence de plusieurs projets, seul le
t= x 100 projet au taux le plus élevé est retenu
Application 2
Reprendre l’exemple précédent et calculer le taux de rentabilité comptable.
Solution
Bénéfice Net Annuel Moyen =

=
Taux de rentabilité comptable : t= x 100 =

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Remarque : Ces deux méthodes intègrent très peu les facteurs « temps » et « risques ». C’est
le cas du PBP qui néglige ce que rapporte le projet après remboursement du capital investi.
Pour intégrer les notions de temps et de risque dans le choix des investissements, il faut
recourir à l’actualisation.
II.2. Méthodes de choix avec actualisation
II.2.1. La valeur Actuelle Nette (VAN)
C’est la différence entre la somme des cash-flows actualisés à la date zéro et le capital
investi.
VAN = Σ CF (1 + i)-k – Io
 Si VAN > 0, alors le projet est rentable et envisageable ;
 Si VAN < 0, alors le projet n’est pas rentable ;
 En présence de plusieurs projets, on retient le projet à la VAN la plus élevée (plus la
VAN est élevée, plus le projet est rentable) ;
 Si le projet d’investissement porte sur un bien dont la valeur résiduelle n’est pas
nulle, alors : VAN = Σ CF (1 + i)-k + VR (1 + i)-n – Io ;
 Lorsque les recettes annuelles sont constantes (identiques) :

VAN = CF x + VR (1+i)-n – Io

 Si les cash-flows annuels forment une suite de nombres en progression arithmétique


de raison r alors on peut écrire :

VAN = [ x (R1 + + nr) - ] + VR (1+i)-n – Io

 Lorsque les cash-flows forment une suite de nombres en progression géométrique de


raison q, alors :

VAN = R1 x (1 + i) –n + VR (1+i)-n – Io

Application 3

Soit un investissement de 2 000 000 dont l’objet est de fabriquer un nouveau produit
pendant 5 ans avec les recettes et les dépenses d’exploitation suivantes :

Années 1 2 3 4 5
Recettes 1 500 000 2 000 000 2 500 000 2 500 000 2 000 000
Dépenses 1 200 000 1 500 000 1 500 000 1 500 000 1 500 000
La valeur résiduelle de l’équipement au bout de 5 ans est estimée à 100 000 et le taux
de rémunération des capitaux propres est de 10 %.

TAF : Étudier la rentabilité de ce projet du point de vue de la VAN (arrondir à l’unité


inférieure)

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Solution
Années 1 2 3 4 5
Recettes
Dépenses
Cash-flows
(1+i)-k
CF(1+i)-k

II.2.2. Le taux interne de rentabilité (TIR)

C’est le taux d’actualisation pour lequel la VAN est nulle. Autrement dit TIR = i si
VAN = 0. En présence de plusieurs projets, le projet retenu sera celui pour lequel le TIR
sera le plus élevé.

Pour facilement retrouver le TIR, il faut savoir que le facteur est une

fonction décroissante de « i » de même que le coefficient d’actualisation (1+i) –n.

Autrement dit, plus « i » est grand plus ce facteur est petit et vice versa.
Après avoir situé « i » dans un intervalle, on procède par interpolation.

Application 4
Une machine a été achetée à 500 000 francs en début 2015. Les cash-flows
prévisionnels pour 2015, 2016 et 2017 sont respectivement de 300 000 ; 200 000 et 200 000.

TAF : Étudier la rentabilité de ce projet du point de vue du TIR si la


rémunération conventionnelle des capitaux propres est estimée à 15 %.

Solution
Il s’agit de trouver « i » tel que VAN = 0
Cash-flows non Cash-flows actualisés
N
actualisés 10 % 15 % 20 % 25 %
2015 300 000
2016 200 000
2017 200 000
Total

On constate à la lecture de ce tableau qu’on peut situer « i » entre _____ et ______

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Interpolation linéaire :

On constate que « i » = ______ % . Ce taux est ___________au taux de référence (15 %).
Donc le projet est ________________________________________.

II.2.3. L’indice de profitabilité (IP)


C’est le rapport entre la somme des cash-flows actualisés et le capital investi.

IP = x Σ CF (1+1) –n IP = 1 +

L’indice de profitabilité permet de mesurer l’avantage relatif, c'est-à-dire l’avantage


induit par 1 frs de capital investi. Ainsi, pour qu’un projet soit acceptable, il faut que IP > 1.

En présence de plusieurs projets, le projet retenu sera celui dont l’IP est le plus élevé.

Application 5
Soient deux projets d’investissement aux caractéristiques ci-après :

 Projet A : Io = 150 000 ; CF1 = CF2 = …….. = CF5 = 50 000 frs. n = 5 ans
 Projet B : Io = 150 000 ; CF1 = 80 000 ; CF2 = 70 000 ; CF3 = 60 000 ;
CF4 = 20 000 ; CF5 = 20 000 n = 5 ans

Opérer le choix du meilleur projet selon les critères de la VAN et de l’IP compte
tenu d’un taux de rémunération des capitaux propres de 15 %. Les valeurs résiduelles
étant nulles.

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III. MODE DE FINANCEMENT ET RENTABILITÉ D’UN INVESTISSEMENT


Le mode de financement d’un projet d’investissement peut avoir une incidence sur sa
rentabilité. On distingue trois principaux modes de financement : fonds propres, emprunt et
crédit-bail.
Application 6 (thème)
Pour accroitre sa production, la SNP envisage un investissement de 20 000 000 début
de l’année 2015, sur l’acquisition d’un équipement régulièrement amortissable en 5 ans.
La production prévisionnelle en quantités est la suivante : 2015 : 10 000 unités ; 2016 :
15 000 unités ; 2017 : 20 000 unités ; 2018 : 25 000 unités ; 2019 : 30 000 unités.
On estime que cette production sera écoulée au prix unitaire de 2 000 F et les dépenses
d’exploitation (hors mis les charges financières) à 1 500 F/unité fabriquée.
Nyeso Picsou est soumis à l’IS au taux en vigueur.
TAF : En prenant un taux d’actualisation de 10 %, calculer la VAN et le TIR de
cet investissement dans chacun des cas suivants.

III.1. L’INVESTISSEMENT EST FINANCÉ EN TOTALITÉ PAR LES


FONDS PROPRES DE LA SNP ET LA VR EST NULLE
Calcul préalable de l’amortissement de l’équipement : A = _____________ / ____ =
Tableau de calcul des cash-flows actualisés
2015 2016 2017 2018 2019
Recettes : Pu * Qtés
Charges d’exploitation
Dotations aux amorts
Total des charges
Résultat avant IS
IS : _____ %
Résultat net
Dotations aux amorts
Cash flows
Coef = (1+i) –n
CF (1+i) –n
VAN = ΣCF (1+i)-n – Io = ______________ - _____________ =
Recherche du TIR, c'est-à-dire ΣCF (1+i)-n = Io
2015 2016 2017 2018 2019 ΣCF (1+i)-n
CF non actualisés
15 %
CF actua-
20 %
lisés
25 %
On situe l’intervalle du TIR et on interpole pour déterminer le taux comme suit :

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III.2. L’INVESTISSEMENT EST FINANCÉ POUR MOITIÉ PAR FONDS


PROPRES ET MOITIÉ PAR UN EMPRUNT REMBOURSABLE EN 5
ANNUITÉS COMPRENANT CHACUNE UN AMORTISSEMENT
CONSTANT ET UN INTÉRÊT CALCULÉ À 10 % SUR LE CAPITAL
RESTANT DÛ. LA PREMIÈRE ANNUITÉ EST PAYÉE FIN JANVIER 2015
 Montant de l’emprunt : _____________ / ____ =
 Amortissement constant de l’emprunt = ______________ / ____ =
III.2.1. Tableau d’amortissement de l’emprunt
Années Capital début Intérêts Amorts Annuités Capital fin
2015
2016
2017
2018
2019

III.2.2. Tableau de calcul des cash-flows


Il importe de noter que :
- La partie financée par fonds propres constitue le capital ou l’investissement initial Io ;
- Les intérêts de l’emprunt viennent en augmentation des charges décaissables et donc,
du total des charges ;
- Les amortissements de l’emprunt viennent en diminution des cash-flows nets pour
donner les flux nets de trésorerie non actualisés ;
- La VAN est déterminée par actualisation des flux nets.

2015 2016 2017 2018 2019


Recettes : Pu * Qtés
Charges d’exploitation
Intérêts sur emprunt
Charges décaissables
Dotations aux amorts
Charges totales
Résultat avant IS
Impôt : ____ %
Résultat après IS
Dotation aux amorts
Cash-flows nets
Remboursement emprunt
Flux nets (FN)
(1 + i) –n
FN (1 + i) –n
Rappelons que Io est désormais égal au capital financé par fonds propres
VAN = ΣFN (1+i)-n – Io = ______________ - _____________ =

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III.3. L’INVESTISSEMENT EST FINANCÉ EN TOTALITÉ PAR UN EMPRUNT


REMBOURSABLE EN PAIEMENTS DE 5 ANNUITÉS COMPRENANT
CHACUNE UN AMORTISSEMENT CONSTANT ET DES INTÉRÊTS
CALCULÉS 10 % SUR LE CAPITAL RESTANT DÛ. LA PREMIÈRE
ANNUITÉ EST RÉGLÉE UN AN APRÈS ÉMISSION DE L’EMPRUNT
Dans ce cas, il apparait clairement que l’investissement initial est nul. Zéro
financement par fonds propres. Dans cette perspective, on présente le tableau d’amortissement
de l’emprunt et on calcule les flux nets de trésorerie comme dans le cas précédent.
 Tableau 1 : Calcul du montant de l’amortissement constant de l’emprunt et
présentation du tableau d’amortissement de l’emprunt
Années Capital début Intérêts Amorts Annuités Capital fin
2015
2016
2017
2018
2019

 Tableau 2 : Calcul des Flux Nets Actualisés


2015 2016 2017 2018 2019
Recettes : Pu * Qtés
Charges d’exploitation
Intérêts sur emprunt
Charges décaissables
Dotations aux amorts
Charges totales
Résultat avant IS
Impôt : ____ %
Résultat après IS
Dotation aux amorts
Cash-flows nets
Remboursement emprunt
Flux nets (FN)
(1 + i) –n
FN (1 + i) –n

 Calcul de la VAN

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III.4. L’INVESTISSEMENT EST FINANCÉ PAR UN CRÉDIT-BAIL DONT LES


CLAUSES SONT LES SUIVANTES :
 Valeur de l’équipement 20 000 000
 Versement initial 4 195 302
 Redevance annuelle 4 500 000
 Période d’investissement 5 ans
 Option d’achat et valeur résiduelle nulles
En réalité, on considère le crédit-bail comme un emprunt fictif remboursable en
redevances annuelles à un taux apparent qu’il convient de déterminer.
III.4.1. Emprunt fictif et taux apparent
En actualisant les redevances annuelles, le versement initial et la valeur résiduelle à la
date d’origine, on peut déterminer le taux apparent comme suit
III.4.2. Tableau d’amortissement de l’emprunt fictif
Après versement initial, le capital restant dû au début de 2015 est de :
__________________ - __________________ = __________________
Tableau d’amortissement de l’emprunt fictif
Années Capital début Intérêts Amorts Annuités Capital fin
2015
2016
2017
2018
2019
III.4.3. Tableau de calcul des flux nets actualisés
2015 2016 2017 2018 2019
Recettes : Pu * Qtés
Charges d’exploitation
Intérêts sur emprunt
Charges décaissables
Dotations aux amorts
Charges totales
Résultat avant IS
Impôt : ____ %
Résultat après IS
Dotation aux amorts
Cash-flows nets
Dépenses d’investissement
Flux nets (FN)
(1 + i) –n
FN (1 + i) –n

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CHAPITRE 8
ANALYSE DES PROJETS D’INVESTISSEMENT EN AVENIR INCERTAIN

En avenir incertain, l’entreprise ne peut deviner avec précision les flux nets
prévisionnels des projets d’investissements. Toutefois, elle est capable d’envisager l’ensemble
des résultats possibles et d’affecter à chacun de ces résultats une probabilité d’apparition.

I. ESPÉRANCE MATHÉMATIQUE

1. Définition
Une variable aléatoire peut se définir comme une variable susceptible de prendre des
valeurs diverses en obéissant à une loi de probabilité donnée.

2. Principe
L’espérance mathématique de cette variable est alors sa moyenne pondérée (ou
multipliée) par les probabilités d’apparition.

Espérance de la variable X : E(X) = Σ [x . P(x)] = Σ x . Pi

Application 1
Selon la réaction de la demande à son produit, la Société Nyeso Picsou peut obtenir un
bénéfice de :
 2 000 000 si la demande est forte, probabilité de 20 % ;
 1 500 000 si la demande est moyenne, probabilité de 70 % ;
 1 000 000 si la demande est faible, probabilité de 10 %.
Déterminer le bénéfice moyen espéré par la SNP
Solution
Bénéfice (X) P(X) X.P(x)

Espérance mathématique du bénéfice E(x)

Donc Nyeso Picsou peut espérer un bénéfice moyen de __________


Nota Bene : La fiabilité du résultat tient à la justesse des probabilités d’apparition des trois
états de la demande.

II. ESPÉRANCE MATHÉMATIQUE ET RISQUE DE DISPERSION

1. Définition

Pour améliorer le critère de l’espérance mathématique, on peut calculer la variance de


la variable aléatoire, indiquant ainsi la dispersion de la distribution de la variable. Une telle
démarche permet une analyse du risque encouru.

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2. Formulation
La formule de la variance est a suivante :

V(x) = Σ x2 . P(x) – [E(x)]2

Application 2

Soit à comparer les décisions de choix entre deux demandes X et Y présentant les
caractéristiques suivantes :

X P(X) Y P(Y)
2 000 000 0,2 4 000 000 0,05
1 500 000 0,7 2 000 000 0,40
1 000 000 0,1 1 000 000 0,55

Travail demandé : Calculer l’espérance mathématique et la dispersion des projets ci-


dessus et opérer le choix du meilleur projet

Solution

 Projet X

X P(X) X . P(X) X2 X2 . P(X)

E(X) =
- Calcul de la variance et de l’écart-type

 Projet Y

Y P(Y) Y . P(Y) Y2 Y2 . P(Y)

E(Y) =
- Calcul de la variance et de l’écart-type

Le choix entre X et Y se fait grâce à la variance ou l’écart-type

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III. ESPÉRANCE MATHÉMATIQUE DE L’UTILITÉ

1. Définition et principe
L’utilité est l’aptitude d’un bien ou d’un projet à satisfaire les besoins d’un sujet
(individu ou opérateur économique).
Le décideur fixe subjectivement une « utilité » à chaque décision possible en fonction
de son aversion ou de son goût pour le risque. L’ensemble de ces informations permet de
déterminer la fonction d’utilité et de tracer la courbe d’utilité. Il est possible de comparer deux
actions en calculant l’espérance mathématique de l’utilité.

2. Courbe d’utilité et rendement d’un projet : thème


La fonction d’utilité de la SNP sur un projet précis s’établit en lui demandant de
valoriser son utilité selon l’échelle de rendement espéré du projet :

Rendement 100 250 500 750 1 000


Utilité associée 20 25 30 60 100
Premier travail à faire : Tracer la courbe d’utilité U = f(R)
On vous informe en outre que la SNP a le choix entre deux action aux caractéristiques
ci-après :
Actions Action A Action B
Rendement 600 200 1 000 300
Probabilité 0,6 0,4 0,2 0,8
Deuxième travail à faire :
a. Calculer l’espérance mathématique de chaque action. Que constate-t-on ?
b. Calculer l’utilité de chaque action (c'est-à-dire, l’utilité associée à chaque
rendement de chacune des deux actions). On pourra aussi bien procéder par
lecture graphique que par interpolation linéaire
c. Conclure quant au choix de l’une ou l’autre action

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CHAPITRE 9
ANALYSE DES PROJETS D’INVESTISSEMENT EN AVENIR INDÉTERMINÉ

Le cadre de la décision n’est pas parfaitement connu. L’avenir comporte des risques.
Le décideur est capable d’énoncer les différents « états de la nature » possibles mais n’est pas
capable de probabiliser l’apparition de ces différentes situations possibles.

LES CRITÈRES DE CHOIX : PRINCIPE


Le décideur, à partir des données chiffrées sur les résultats de différentes actions dans
plusieurs contextes possibles, utilise des critères de choix dits objectifs en fonction de son
degré d’optimisme ou de goût du risque.

Thème
La Société Nyeso Picsou a le choix entre trois actions qui peuvent donner chacune
trois résultats (chiffres d’affaires, bénéfices, …) différents en fonction du type
d’environnement (état de la nature) qui apparait :

État de la nature
I II III
Action
A 10 12 15
B 16 8 4
C 13 14 11
1. Critère optimiste (maximax)
On choisir le résultat le plus élevé pour chaque action (en ligne) et on retient l’action
ayant le plus grand résultat.
Dans le cas soumis à notre analyse, on les résultats ci-après :
Actions Résultat le plus élevé par action Action retenue
A
B
C

2. Critère pessimiste de Wald (maximin)


On choisir le résultat le plus faible pour chaque action (en ligne) et on retient l’action
ayant le plus grand résultat.
Dans le cas soumis à notre analyse, on les résultats ci-après :
Actions Résultat le plus faible par action Action retenue
A
B
C

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3. Critère de Laplace
On calcule la moyenne arithmétique des résultats de chaque action et on choisit
l’action à la plus forte moyenne.
Actions Moyenne arithmétique Action retenue
A
B
C

4. Critère de Hurwicz

On détermine pour chaque action, la valeur V = α . M + (1 – α) . m


Où M = Résultat maximum de l’action ; m = résultat minimum de l’action, α un coefficient
d’optimisme compris entre 0 et 1 choisi par le décideur. On choisi l’action qui a la plus
grande valeur de V.
En considérant α = 0,7
Action α.M (1 – α) m V Action retenue
A
B
C

5. Critère de Savage ou matrice des regrets (minimax)


On déterminer une matrice des regrets, c'est-à-dire le manque à gagner potentiel pour
chaque décision, si la meilleure situation se produit sans l’avoir choisi.
Pour ce faire, on repère par colonne (par différent état de la nature), l’action apportant
le plus grand résultat et on calcule, pour chaque décision, la différence entre ce maximum
possible et le résultat de cette décision dans la colonne.
On choisit pour chaque décision (en ligne) le regret le plus élevé (la différence la plus
grande) et on choisit parmi ces actions, celle qui a le regret le plus faible.
Dans le cas d’espèce, la matrice des regrets à laquelle on aboutit est la suivante :
Actions I II III
A
B
C

Conclusion : Selon les critères choisis, les résultats sont différents car ils intègrent un degré
d’optimisme plus ou moins élevé correspondant à la subjectivité et à la rationalité de chaque
décideur. Ces critères ne donnent pas LA SOLUTION mais une solution possible dans un
contexte précis.

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CHAPITRE 10
LES DÉTERMINANTS DE LA STRUCTURE DU CAPITAL

L’étude de la structure du capital a fait l’objet de nombreuses recherches depuis plus


de 50 ans. L’objectif de ce chapitre n’est pas de présenter l’ensemble des modèles de la
théorie de financement des entreprises. Ce chapitre est consacré plus principalement à la
présentation d’un aperçu des déterminants potentiels concernant la structure du capital. Des
études empiriques, les plus importantes en la matière, sont ensuite résumées.

I. STRUCTURE DU CAPITAL : DÉFINITION


Par structure du capital, on entend la manière dont une entreprise finance ses biens
sous la forme de capitaux propres, de dettes ou d’une combinaison « hybride » des modes de
financement.

II. Les déterminants de la structure du capital


Ce paragraphe n’a pas pour but de présenter l’ensemble des variables qui déterminent
la structure du capital. Il est consacré plus essentiellement à la présentation des principales
variables identifiées par la littérature empirique à savoir : les garanties, les opportunités de
croissance, la rentabilité, le risque, l’impôt et le coût de financement.

2.1. Les garanties


Les actifs corporels, qui peuvent servir de garantie, jouent un rôle important sur le
niveau d’endettement car ils sont moins sujets aux asymétries d’informations1 et perdent, en
cas de liquidation, moins de valeur que les actifs incorporels. Donc, plus la part des actifs
corporels est grande, plus les créanciers sont disposés à octroyer des crédits aux entreprises.

De plus, tous les modèles théoriques montrent une relation positive entre la garantie et
le niveau de la dette. Ce résultat a été confirmé par des travaux empiriques tels que Titman et
Wessels (1988), Bourdieu et al (1993), Rajan et Zingales (1995), Biais Hillion et Malécot
(1995), Carpentier (1997), Fama et french (2000), Kremp et Stoss (2001), Huang et Song
(2006) et Fattouh et al (2008).

2.2. Les opportunités de croissance

Les opportunités de croissance ont deux effets contradictoires sur le ratio


d’endettement. D’un coté, nous attendons un effet positif selon la théorie du signal (Ross
1977, Leland et Pyle 1977) qui montrent que la croissance représente un indicateur fiable de
la bonne santé financière des entreprises, donc, ce type d’entreprises (ayant une forte
croissance) connaissent une augmentation de son besoin de financement externe.
D’un autre coté, nous devons prévoir, selon Jensen et Meckling (1976) et Myers
(1977), une corrélation négative car les coûts d’agence2 entre les actionnaires et les créanciers
seront plus élevés dans le cas où la valeur des opportunités de croissance future est plus

1
On parle d'asymétrie d'information lors d'un échange quand certains des participants disposent d'informations
pertinentes que d'autres n'ont pas. Ses effets sont néfastes lorsque l’une des parties dissimule ex ante ou ex post
les informations dont elle dispose.
2
Coûts d’agence : Coûts de surveillance consécutifs à la signature d’un contrat entre mandant et mandataire. Ils
sont généralement supportés par le principal (le prêteur) pour limiter le comportement opportuniste de l’agent.

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grande par rapport à la valeur actuelle des actifs en place, ce qui implique que les créanciers
adoptent une attitude plus dure vis-à-vis de ce type d’entreprises. Ce caractère contradictoire
rend l’effet des opportunités de croissance sur la dette incertain.

2.3. La rentabilité
En tant qu’indicateur de performance, la rentabilité joue un double rôle dans la
détermination de la structure du capital de l’entreprise : pour les créditeurs, elle permet
d’évaluer la valeur de la firme et pour les dirigeants, c’est un outil de la politique financière.
Cependant, son influence sur l’endettement est parfois contradictoire. D’une part, dans
le cadre d’asymétrie d’information et de la théorie du financement hiérarchisé (Pecking
order), les entreprises les plus rentables préfèrent en priorité l’autofinancement pour financer
leur investissement, ensuite elles se tournent vers l’endettement et en dernier lieu vers
l’émission des nouvelles actions. Par conséquent, nous pouvons s’attendre à un effet négatif
de la rentabilité sur l’endettement.
D’autre part, suivant la théorie du ratio d’endettement optimal (Trade-Off), plus une
firme est rentable, plus elle privilégiera la dette pour profiter au maximum du principe de
déductibilité fiscal des charges financières. De plus, une forte rentabilité constitue une
garantie supplémentaire aux yeux de ses créditeurs, car cela peux s’interpréter comme une
probabilité plus forte de rembourser la dette. Par ailleurs, et selon la théorie de signal, une
entreprise rentable qui fait appel à la dette envoie un signal positif aux créanciers quant à sa
bonne santé financière. Par conséquent, un impact positif entre la rentabilité et le niveau
d’endettement devrait être attendu.

2.4. Le risque

Dans l’optique de la théorie du ratio d’endettement optimal (Trade-Off), de la théorie


du financement hiérarchisé (Pecking order) et de la théorie de l’agence, une corrélation
négative entre le risque (représenté par la variation des bénéfices) et le niveau de la dette est
prévue. Donc, plus le risque est grand, plus la probabilité de défaillance est élevée, ce qui
peut conduire à une relation négative entre le risque et l’endettement. Cet effet négatif est
confirmé par les travaux de Ross, Leland et Pyle (1977) et Huang et Song (2006).

Cependant, il existe des arguments en faveur d’une relation positive entre le risque et
l’endettement. Plus le risque d’une entreprise est élevé, moins cette entreprise sera affectée
par le problème du sous investissement, de sorte que les coûts d’agence seraient réduits. En
plus, et surtout dans le cas des grandes entreprises, les créditeurs peuvent être enclins ou
obligés de continuer à financer les entreprises risquées afin de leur éviter la faillite et par
conséquent, le non remboursement.

2.5. L’impôt

L’effet de l’impôt sur le taux d’endettement est plutôt complexe et difficile à prévoir.
Car, malgré le principe de neutralité de Miller (1977), le système fiscal pourrait exercer des
influences contradictoires sur le niveau d’endettement des firmes.

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Huang et Song (2006) ont mis en évidence un effet positif. En effet, les entreprises
s’endettent dans le but de bénéficier du principe de déductibilité fiscale des intérêts des dettes.
En conséquence, plus le taux de taxation est élevé, plus les entreprises s’endettent.

D’autre part, les avantages fiscaux non liés à la dette représentent un bon concurrent
au principe de déductibilité des intérêts débiteurs. Les abattements pour amortissement et pour
investissement et les provisions pour risques et charges sont de bons exemples dans la mesure
où ils constituent des moyens légaux de diminuer l’impôt à payer. En conséquence, les
avantages non liés à la dette réduisent l’attrait de la dette, ce qui explique l’influence
négative de l’impôt non relié à la dette sur l’endettement3. Cette relation négative est
confirmée par les études empiriques d’Ozkan (2001), Huang et Song (2006) et Fattouh et al
(2008).

2.6. Le coût de financement

Bien que le coût de financement joue un rôle déterminant dans la structure du capital et évalue
le mieux les coûts directs de la dette supportée par la firme, il n’a été cité que rarement dans la
littérature. Il se mesure par le ratio des intérêts payés sur la dette financière, et l’on s’attend à
ce que son influence soit négative étant donné que son accroissement devrait plutôt inciter les
entreprises à s’autofinancer. Cette influence négative a bien été confirmée par les travaux de
Kremp et al. (1999) et Kremp et Stoss (2001).

3
Cette situation s’explique par le fait que les économies d’impôts générées par les amortissements et provisions
sont jugées ¨satisfaisantes¨ par les dirigeants. Ils négligent ainsi des économies d’impôts additionnelles que
procureraient des dettes supplémentaires avec pour conséquence de créer des charges supplémentaires qui
pourraient réduire le résultat au point de dissuader les créanciers.

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