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ROYAUME DU MAROC

Ministère de l'Enseignement Supérieur de la Recherche


Scientifique de la Formation des Cadres

Présidence du Concours National Commun


Ecole Nationale Supérieure des Mines de Rabat

CONCOURS NATIONAL COMMUN


d'admission aux Établissements
, de Formation d'Ingénieurs et
Etablissements Assimilés
Session 2016

ÉPREUVE DES MATHÉMATIQUES 1

Filière TSI

Durée 4 heures

Cette épreuve comporte 4 pages au format A4, en plus de cette page de garde
L'usage de la calculatrice est interdit

page de garde
Concours National Commun - Session 2016 - Filière TSI

L'énoncé de cette épreuve, particulière aux candidats de la filière TSI,


comporte 4 pages.
L'usage de tout matériel électronique, y compris la calculatrice, est interdit

Les candidats sont informés que la qualité de la rédaction et de la présentation, la clarté


et la précision des raisonnements constitueront des éléments importants pour l'appréciation des
copies. Il convient en particulier de rappeler avec précision les références des questions abordées.
Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé,
il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il
est amené à prendre.
Le sujet de cette épreuve est composé d'un exercice et de deux problèmes indépendants
entre eux.

Durée : 4 heures
Exercice
Soit (n, A, P) un espace probabilisé, si X est une variable aléatoire sur (n, A, P), la fonction génératrice
des moments de X, lorsqu'elle existe, est la fonction numérique de la variable réelle t, Mx : t 1--+ E(etx),
où E(etX) désigne l'espérance de la variable aléatoire etx. On se place dans le cas particulier des
variables aléatoires discrètes finies.
Soit X une variable aléatoire discrète prenant un nombre fini de valeurs Xl," . ,X1. avec les probabilités
respectives Pl,··· ,PT' où r E N*. On définit la fonction 'Px sur ~* par,
1
vt E R", 'Px(t) = tln(Mx(t))

1. Déterminer Mz, lorsque Z suit une loi de Bernoulli de paramètre p, p E [0,1].

2. Montrer que Mx est de classe CCXl sur R, et que pour tout entier naturel k, Mf)(O) = E(Xk).

3. a) Montrer que 'Px est bien définie sur ~* et prolongeable par continuité en O. On pose
'Px(O) = E(X) et on note encore 'Px la fonction ainsi prolongée.

b) Démontrer que 'Px est dérivable en 0 et calculer 'P~(O) en fonction de la variance V(X) de
X.
c) i) Montrer que pour tout u ~ 0, e" ~ 1 + u + 4u2.
ii) Montrer que si X ne prend que des valeurs négatives ou nulles, alors, pour tout t 2: 0,
'Px(t) ~ E(X) + 4E(X2).
d) i) Pour tout entier i tel que 1 ~ i ~r, on note fi la fonction définie sur R, par t 1--+ é"i.
Montrer que la famille (fI, ... ,In) est libre.
ii) En déduire que deux variables discrètes finies X et Y ont la même loi si, et seulement
si, les fonctions 'Px et 'Py sont égales.
e) Montrer que si X et Y sont des variables discrètes finies indépendantes, alors,
'Px+y = 'Px + 'Py.
f) En déduire Mx, lorsque X suit une loi binomiale de paramètre s et p, s est un entier naturel
non nul et 0 ~ p ~ 1.
j) On di t qu'une variable aléatoire réelle X est symétrique si X et - X ont la même loi.
Montrer que 'Px est impaire si, et seulement si, X est une variable aléatoire réelle symétrique.

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4. On considère une suite (Xn)n~l de variables aléatoires discrètes finies mutuellement indépen-
dantes sur (D, A, P), qui suivent la même loi que X. On note m l'espérance de X et CT son
écart-type que l'on suppose strictement positif.
On pose, pour tout entier naturel non nul, Sn = Xl + X2 + ... + Xn et S~ = S"j-E(Sn) .
V(S.,)

a) Montrer que, pour tout entier naturel non nul n et tout réel non nul t,
<ps,;(t) = -r:fo + ~<px (crJn)
b) En déduire que lim 'Ps' (t) = -2t.
n-++oo n

Problème 1

Partie I
Convergence des séries par transformation d'Abel

On considère une suite de réels (an), une suite de complexes (bn) et on note pour tout entier naturel
n n
n, Sn = L akbk et s; = L bk.
k=O k=O
1. a) Pour tout entier k 2: 1, déterminer bk en fonction de Bk et Bk-l'
n-l
b) Montrer que, pour tout nE W, Sn = L (ak-ak+I)Bk+anBn, (on remarque que Bo = bo).
k=O

2. On suppose que la suite (En) est bornée et que la suite (an) est décroissante de limite nulle.

a) Démontrer que la série L (an - an+l) converge.


n~O

b) En déduire que la série L anbn converge.


n~O

Partie II
Applications aux convergences de quelques types de séries

1. Soit (an) une suite décroissante de limite nulle. Montrer que la série L (-1 )nan converge.
n~O

2. Dans cette question, e est un réel différent de 2k7r (k E Il) et Ct un réel.


n
a) Calculer, pour tout nE N*, L eikO.
k=l
1» Montrer que, pour tout Ct ~ 0, la série L e;,:9 est divergente.
n~l
c) Montrer que, pour tout Ct > O , l es senes '"L.-
" cos(nO)
nO. et '"
L.- sinna
(nO) sont convergen t es.
n~l n~l

d) Montrer que, pour tout Ct > 1, les séries L ço~::O) et L SÎl~::O) sont absolument conver-
n~l n~l
gentes.
e) On suppose que 0 < Ct ~ 1.
1') V'en'fier que laa sene
sé '"
L.- cos(2nO)
~ est convergen t e.
n~l
ii) Montrer que la série L sin:lnO) est divergente.
n~l
iii) En déduire que L si~j::O) n'est pas absolument convergente.
n~l

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3. Soit (en) une suite de nombres complexes telle que la série E en est convergente. Montrer que,
n;:::O
pour tout réel Q positif, la série E~ est convergente.
n;:::l

Partie III
Une autre méthode pour montrer la convergence de quelques types de séries
Dans cette partie, nous considérons une fonction réelle f définie sur jR+, continue, positive et décrois-
sante. Pour tout réel strictement positif s, on pose,

<P!(s) = 1+ 00e-M f(t)dt

1. Montrer que la fonction <p! est bien définie sur IR*+, (on rappelle que IR·+ est l'ensemble des
nombres réels strictement positifs).

2. Soit 9 la fonction définie sur IR+, par g(t) =


1- t
0 si a s t s 1
{ , déterminer <pg.
sinon

3. Montrer que, pour tout kEN, tout s E ll~.*+et tout t E [k, k + 1],
[k+l
e-(k+l)s f(k + 1) S Jk e-st f(t)dt S e-ks f(k).

4. Montrer que, pour tout N E N et tout s E IR*+,

N N N
[ e-st f(t)dt S 2:= e-ks f(k) S [ e-st f(t)dt + f(O).
Jo k=O Jo
5. En déduire que, pour tout S E IR*+, la série E e-ns f(n) converge.
n;:::O

6. Montrer que, pour tout nE N, tout sE IR*+, Jn++CX;


e-st f(t)dt E e-ks f(k) S
k=n+l
S
+00
c: e-st f(t)dt.
7. a) Montrer que, pour tout n E N et tout (s, s') E IR*+ x IR*+,
+00
(+00 e-st d < " e-ks < (+00 e-st dt
Jn+l l+e.t.' t - L.J l+e.ks' - Jn l+els' .
k=n+l
b) Montrer que, pour tout n E N et tout s E IRH,
~ (e-(n+l)s - In(1 + e-(n+l)s)) S E
+00
k=n+l
le;::.
S ~ (e-ns - In(1 + e-ns)).

+00 -ka
c) Déterminer lim
13--++00
k=n+l
E
le+ ks'
e
+00 -ks
d) Déterminer un équivalent de E t+ek quand s tend vers 0+.
S'

k=n+l
8. Soit f une fonction réelle définie sur IR+, continue, positive et croissante.
a) Montrer que, pour tout s E IR·, s: e-s2t f(e-t)dt converge.

b) Montrer que, pour tout s E IR·, a s +00


E e- S
2k f(e-) k - Jo+00 e-S 2t f(e- t )dt S f(I).
k=O
Problème 2

Soit n un entier naturel, on note [0, n] = {a, ... ,n}, on appelle polynômes de Bernstein de degré n
les polynômes réels Bn,k = G)Xk(1 - x)n-k, k E [a,n]. Dans ce problème, on voudrait démontrer
le théorème de Weierstrass, seulement dans le cas de la convergence simple. Dans toute la suite, on
identifie polynôme et fonction polynomiale associée.

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Partie 1
n
Polynôme de Bernstein
1. a) Calculer L: Bn,k'
k=O
b) En déduire que, pour tout x E [0,1], 0::; Bn,k(X) ::; 1.
n n n
2. Calculer L: kBn,k, L: k(k - I)Bn,k puis L: k2 Bn,k'
k=O k=O k=O
3. Soit n un entier naturel non nul, notons lRn[XJ l'espace vectoriel des polynômes à coefficients
réels, de degré inférieur ou égal à n.
a) Montrer que la famille (Bn,k)O~k~n est une base de 1Rn[XJ.
b) On consdère l'application cPdéfinie sur lRn[X], de la façon suivante, pour tout P E lRn[X],
n
cP(P) = L: P(~)Bn,k.
k=O
i) Montrer que cP est un endomorphisme de 1Rn[XJ.
ii) Déterminer le noyau de cP.
iii) En déduire que cP est un automorphisme d'espaces vectoriels.

Partie II
Théorème de Weierstrass (seulement dans le cas de la convergence simple)
Soit f : [D, 1 J --; lR continue. Pour tout n E N*, on note Pn (f) la fonction définie sur [D, 1], par
n k
\:Ix E [O,IJ, Pn(f)(X) = " f( - )Bn k(X).
~ n '
1. On pose, pour tout x E [0,1], f(x) = x2. k=O
a) Calculer pour tout x E [0,1], Pn(f)(x).
b) Vérifier que pour tout x E [0,1], lim Pn(f)(X) = f(x).
n-++oo

2. On se propose de généraliser le résultat ci-dessus, dans le cas d'une fonction f : [O,IJ --; R,
continue quelconque. Soit x E [O,IJ et e > O.
n
a) Calculer L: (x - ~)2 Bn,k(X).
k=O
b) La fonction f étant continue en x, ainsi on a,
:Ja > 0, \:It E [D, IJ, lx - tl ::; a => If(x) - f(t) 1 ::; ~.
On pose A = {k E [O,n~; lx - ~I::; a} et B = {k E [O,n~; lx - ~I > a}.
i) Montrer que L: If(x) - f(~)IBn,k(X) ::; ~.
kEA
ii) Montrer que L: If(x) - f(~)IBn,k(X) ::; ~x(1 - x) ::; 2::02' avec M = sup If(t)l.
kEB tE[O,I)
c) Montrer que IPn(f) (x) - f(x)1 ::; ~ + 2~2' avec M = sup If(t)l.
tE[O,I)
d) En déduire que Pn,(f) (x) converge vers f(x), quand n --;+00.
3. a) Pour tout n E N* et tout k E [0, nt exprimer B~,k en fonction de Bn-I,k-I et Bn-l,b
(on étudiera les trois cas : (k # 0 et k # n), (k = 0) puis (k = n)).
n-I
b) Etablir que, pour tout n E N* et tout x E [0,1], (Pn(f))' (x) = n L: (J( k~l) - f(~)) Bn-1,k(x).
k=O
c) En déduire que si f est croissante sur [0,1], alors pour tout n E N*, la fonction Pn(f) est
croissante sur [0,1].
4. Plus généralement, soit 9 : [a, bJ --; lR une fonction continue, (a, b) E lR2, a < b, montrer qu'il
existe une suite de polynôme (Qn(g))n telle que, pour tout x E [a, bJ, Qn(g)(x) converge vers
g(x) quand n --; +00.

FIN DE L'ÉPREUVE

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