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Entrepreneuriat Féminin

Master Management et Logistique

Encadrer par : Mr. Benchakara

SAIDI Amine
LAMTALSI Ayoub
EN-NYEA Chaimae
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Tables des Matières


Introduction :........................................................................................2
Axe 1 : Entrepreneuriat Féminin : approche théorique :......................3
1. Approche genre et intégration économique des femmes :..........3
2. Motivation des femmes entrepreneurs :......................................5
3. Spécificité de l’entrepreneuriat féminin :.....................................7
Axe 2 : Analyse de la démarche de l’entreprenariat féminin au
Maroc :..................................................................................................9
1-environnement institutionnel et économique de l’entrepreneuriat
féminin :..............................................................................................9
1-le cadre institutionnel et juridique :.............................................9
2-Problèmes et obstacles rencontrés par les femmes
entrepreneurs :.................................................................................12
A-Problèmes communs entre l’entrepreneuriat féminin et
masculin :.......................................................................................12
B-Problèmes liés à leur statut de femme :....................................14
C-Recommandations et perspectives :..........................................14
Conclusion :.........................................................................................18
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Introduction :
De nos jours, l’entrepreneuriat se trouve au cœur du développement tant
social qu’économique. Il permet de se projeter dans l’avenir, d’exprimer le
potentiel des individus ainsi que leur réalisation de soi, et créé des espaces de
liberté insoupçonnés de progrès ainsi que de la richesse.

La diversité des initiatives entrepreneuriales participe à une adaptation


plus fine de l’économie aux besoins de la société en matière d’emploi, de santé,
d’environnement ou encore de la lutte contre les exclusions ou les inégalités
sociales.

Ces caractéristiques restent toutefois dépendantes de l’environnement.


Engagé dans un processus de développement économique et social, le Maroc
quant à lui, a mobilisé toutes ses ressources pour assumer cet engagement avec
ses nouvelles promesses, ses perspectives, mais aussi ses durs défis. Pour s’y
impliquer en pleine force, le Maroc s’appuie sur une ressource majeure qui
symbolise une richesse inépuisable : ses femmes et ses hommes.

Les marocaines sont de plus en plus présentes dans la vie économique du


pays. De tout temps, elles ont participé au soutien économique de leur famille et
de leur communauté soit par leur travail formel, ou informel principalement le
travail de production domestique (tapis, vêtements, poteries, etc.), ou le travail
agricole. Mais depuis quelques années, elles sont de plus en plus nombreuses à
investir dans le marché de l'emploi ou à développer une activité économique
rémunératrice. On parle d’ailleurs d’intrusion des femmes dans un monde
exclusivement masculin. Si les femmes ont pu confirmer leur présence sur le
marché du travail en tant que salariés, certaines d’entre elles tiennent déjà les
rênes de l’entreprise.

Au cours de ces derniers années, nous assistons à un développement du


nombre des entreprises crées par les femmes dans le monde. Au Maroc,
l’évolution économique à pousse les femmes marocaines à devenir un acteur
active dans la société. Cet acquis est le résultat d’un vaste chantier de réformes
dans lesquelles s’est engagé notre pays. Dans cette dynamique de changement,
certains femmes souhaitent mettre leur expertise au service de leur propre
affaire.l’entrepreneuiart féminin s’avère être la voie pour réaliser et concrétiser
leurs objectifs.

Cependant malgré cet engouement des femmes dans le monde des


affaires, on constate bon nombre d’initiatives dans la création d’entreprises. A
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ce niveau, ce sujet présent l’intérêt de l’entreprenariat féminin au Maroc, dans


un point de vue économique répondu à la nécessité de cette dernière comme un
levier de développement au Maroc.

Ce sujet vise la réponse à la problématique suivante : « Quels sont les


freins et les obstacles au développement de l’entreprenariat féminin au
Maroc ? ».

Axe 1 : Entrepreneuriat Féminin : approche théorique :


1. Approche genre et intégration économique des femmes :
Toutes les sociétés du monde ont défini le sens du féminin et du
masculin, en fonction non seulement du caractère biologique du sexe mais
aussi selon les conditions de productions et de reproduction internes. C’est ce
qu’on appelle le genre.

Bien que la base du concept vient de plus loin dans l’histoire ( Mary
Wollstonecraft, Simone de Beauvoir, etc.) son usage a été impulse dans les
années soixante-dix par le féminisme académique anglo-saxon pour mettre en
évidence que les inégalités entre les hommes et les femmes sont socialement
construites et ne sont pas, par conséquent, de caractère biologique.

L’usage de cette catégorie a permis non seulement une meilleure


compréhension de la réalité mais poursuivait également un objectif politique :
démontrer que les caractéristiques humaines considères comme féminines et
masculines sont acquises par les femmes et les hommes au travers d’un
processus individuel complexe et collectif, au lieu de dériver naturellement de
leur sexe biologique. Le genre est la catégorie la plus utilisée dans toutes les
sociétés pour classer les personnes, les rôles qui correspondent aux femmes et
ceux qui correspondant aux hommes, de telle sorte que les rôles se
normalisent et deviennent des stéréotypes. Il est important de souligner que
ces stéréotypes et ces normes de genre se construisent dans l’interaction avec
d’autres catégories comme la race, la classe, l’âge, l’orientation sexuelle, la
religion le lieu d’origine. Etc.

Les rôles et les stéréotypes ne sont pas seulement différenciés par le


genre, ils sont aussi hiérarchisées, dans la plus part des sociétés actuelles, les
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rôles et les stéréotypes considérés comme féminins sont encore aujourd’hui


moins bien considérés que leur équivalent masculin.

Le problème réside dans le fait que, normalement, les personnes tentent


de s’adapter au expectatives de leur genre, limitant leur potentialités
individuelles, stimulant ou ainsi, plusieurs instances internationales ont
reconnu explicitement l’importance de garantir les droits économiques des
femmes, dans le but de garantir les droits de l’humain et d’encourager un
développement équilibré des sociétés.

Dans les grandes lignes, sans entrer dans les nuances qui peuvent exister
entre différence réalités sociales la différenciation par le genre des
expectatives, activités et responsabilité, peut se résumer dans le tableau
suivant, basé sur la théorie du « triple rôle » élaboré par Caroline Moser (1989)

Rôles/genres Féminin Masculin


Reproductif Reproduction Chefs de famille
biologique, maintien de (fournisseurs,
la force de travail, protecteurs, autorité )
reproduction,
productif Productrices dans le Producteurs /
secteur primaire / travailleurs
travailleuses secondaires
Communautaire Maintien de la capitale Autorité communale
sociale

Certains économistes féministes ont mis en relief le biais masculin des


politiques d’ajustement mais aussi leur inefficacité, ne tenant pas encore
compte distorsions que les relations de genre, la mobilité limitée de la force de
travail féminine et la charge de la reproduction supportée par les femmes,
provoquent dans l’assignation efficace des ressources productives. Ainsi, face à
ce phénomène, de nombreux collectifs sociaux et institutions internationales
réclament l’application des politiques compensatoires qui protègent la santé et
nutrition des groupes, de population à faible revenus-parmi ceux-ci, les
femmes durant le processus de réformes économiques.

L’exclusion des femmes des processus économique non seulement les


met en marge en tant qu’individus mais elle empêche également le
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développement socio-économique de celles-ci dans leur ensemble socio-


économique de celles-ci dans leur ensemble.

Ainsi. Plusieurs instances internationales sont reconnu explicitement


l’importance de garantir les droits économiques des femmes, dans le but de
garantir les droits de l’humaine et d’encourager un développement équilibré
des sociétés.

2. Motivation des femmes entrepreneurs :


Divers raisons ont été avancées pour expliquer l’engagement
entrepreneurial des femmes. Il s’agit entre autres du désir d’indépendance qui
se manifeste particulièrement chez les femmes qui étaient salariées
auparavant. Parfois, certaines ont quitté de maniéré volontaire leur emploi
pour se lancer dans les affaires. Dans ce cas, l’entrepreneuriat est en quelque
sorte une deuxième carrière dans la trajectoire des femmes entrepreneures.

Le motif d’autonomie vis-à-vis du mari ou même de la famille est


également avancé comme importante motivation dans la perspective
d’entreprendre. De même, la volonté de survie constitue aussi un objectif
essentiel dans ce domaine pour les femmes ont abandonné l’école de maniéré
précoce ou en cas de difficultés imprévues : veuvage, divorce …. Cet
entrepreneuriat de survie est extrêmement important dans les pays en
développement dans lesquels la protection sociale n’existe pas pour une
grande partie de la population féminine.

Les motivations quant à la création de ces entreprises au Maroc elles


sont multiples et assez diversifiées, ainsi, le tiers des chefs d’entreprise
enquêtées mettent en avant tout abord leur volonté de réussir leur projet
personnel, ensuite, leur intérêt pour le domaine d’activité qu’elles exercent …
le troisième facteur par ordre d’importance est le fait que l’opportunité de
créer leur propre entreprise s’est présentée et enfin la volonté d’acquérir une
certaine autonomie.

Avant d’entreprendre une activité, le créateur se pose la question


pourquoi ? Il s’agit de chercher les éléments qui influencent le comportement
et qui justifient l’action d’une personne, dans le cas de l’entrepreneur, on parle
de déterminer les raisons qui le poussent à créer une entreprise. On peut
classer ces facteurs en trois grandes catégories
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A- La motivation extrinsèque : Ce sont les motivations les plus répandues, elles


proviennent de l’extérieur, il s’agit de la recherche de récompense ou encore,
avoir la reconnaissance d’une tiers personne.

Les psychologues Richard M. Ryan et Edward L. Deci définissent la motivation


extrinsèque comme « Une construction qui se rapporte à une activité effectuée
afin d’atteindre un résultat séparable. »

B- La motivation intrinsèque : Elle est plus forte que la motivation extrinsèque,


parce qu’elle vient d’une personne et ne dépend pas d’une récompense ou
d’une punition externe. Ce genre de motivation provient d’un désir profond
d’indépendance et de liberté, et un besoin de se faire plaisir, d’assouvir sa soif
de contrôle, mais encore de se lancer des défis personnels. Un bon exemple
pour illustrer cela est le milliardaire britannique Richard Branson qui a dit : «
Ma règle d’or pour les affaires et la vie est : nous devrions tous apprécier ce
que nous faisons et faire ce que nous aimons.» Les psychologues Richard M.
Ryan et L. Deci définissent la motivation intrinsèque comme «Le fait de faire
une activité pour ses satisfactions inhérentes plutôt que pour une conséquence
séparable. Lorsqu’elle est intrinsèquement motivée, une personne est amenée
à agir pour le plaisir ou le défi que cela implique plutôt qu’à cause d’incitations,
de pressions ou de récompenses externes. »

C- La motivation présociale : Elle concerne l’aspect social, le dirigeant est guidé


par sa générosité, son envie d’aider sa famille ou d’autres personnes
nécessiteuses, un besoin de protéger l’environnement ou bien de soutenir une
cause qui lui est chère. La combinaison entre la motivation intrinsèque et la
motivation présociale augmente la rendement du dirigeant et le pousse à faire
encore plus d’efforts pour le bien de son entreprise.
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Figure 1 : Motivation des entrepreneurs.

Motivation des entrepreneurs


Désir de dépassement Notoriété
Ambition et pouvoir Ambiance de travail
Indépendance Epanouissement personnel
Responsabilité Possibilités de reconversion
Revenu Sauvegarde de la vie familiale
Situation sociale Gout de contribuer à quelque chose

Source : Paul-A. Fortin, « Devenez entrepreneur », 2ème édition, p.62.

Répartition des enquêtées selon les motivations de la création de leurs


entreprises réprimant leurs comportements en fonction de leurs
appartenances

3. Spécificité de l’entrepreneuriat féminin :


Sans aller jusqu’à affirmer qu’il existe deux types de management, on
peut dire qu’en matière entrepreneuriale, les femmes rencontrent
certainement, des contraintes particulières et ont leurs propres objectifs et
motivations, Ainsi, les femmes entrepreneurs sont souvent victimes de
beaucoup de discriminations quant à l’accès à certains services et notamment
au crédit, aux marché publics…..

La littérature qui est assez riche dans ce domaine (Histrich et al ,


1987.LEVY Tadjine e Zoniten 2005, Brid et Brersh 2002, ST-lyr , 2005 ….) est
fondamentalement fondée sur la comparaison homme / femme afin de mettre
en exergue la singularité er d’une politique appropriée dédiée à la promotion
de ce genre d’entrepreneuriat, dans le cadre notamment d’une discrimination
positive (quotas de financement, marchés publics réservés…).

Indépendamment de la dimension genre qui demeure essentielle dans ce


cadre, les problèmes spécifiques rencontres par les femmes dépendant
largement du statut social de la femme qui demeure lié au contexte social,
culturel et parfois politique.

Beaucoup de travaux ont ainsi mis en évidence le spécifié de


l’entrepreneuriat féminin en termes de différenciations de personnalité et de
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vision cognitives, sans considérer la femme comme un entrepreneur à part,


puisqu’elles déploient pratiquement les mêmes capacités d’initiatives et de
gestion que les hommes, Néanmoins il faut admettre qu’elles mettent une
touche plus personnelle et féminine à leurs compétences classique dont
disposent tout entrepreneur quelque soit son sexe

Les femmes sont considérées comme « normative » intuitives, rapides et


ingénieuses. Les Hommes, en revanche sont supposés être sensitifs et
analytique. Les objectifs recherchés par les femmes entrepreneurs
dépasseraient ceux de la croissance et de la performance de leur entreprise.

A parti de ces considérations, plusieurs compétences particulières des


femmes peuvent être soulignées dont notamment :

-tout d’abord, une attitude communicante une attitude de


communicante des grandes qualités d’écoute, Ainsi l’un des aspects essentiels
de la valeur ajoutée des femmes est leur tendance à cultiver les relations
personnelles et être présentes sur les réseaux en utilisant leur habilité en
matière sociale et de communication.

Ce facteur Humain et culturel représente un véritable atout pour les


femmes entrepreneurs qui font souvent entrer en jeu les sentiments au
niveau de leur gestion quotidienne de leur entreprise ainsi leur qualités
féminine ;

-ensuite, un style de management discret qui s’inspire du modelé de


l’économie domestique dont la gestion est discret et cachée. Les femmes sont
de grandes bosseuses qui travaillent dans les coulisses, qui sont peu
préoccupées par l’apparat et qui ont l’expérience du maniement de l’argent.

Généralement, elles sont beaucoup plus sérieuses, mettent l’accent sur


les aspects perfectionnistes tout en ayant le souci du détail et de l’efficacité.

-enfin une bonne maitrise du temps tout en s’inscrivant dans la durée. En


effet, les femmes savent souvent calculer et bien gérer leur temps, utiliser à
fonds et efficacement leurs potentialités et adopter une politique d’étapes et
de patience. Par conséquent, leur démarche se caractérise par l’endurance et la
ténacité dans la mise en œuvre de leur projet.
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Parfois, ces qualités peuvent constituer des handicapes dans le métier


d’entrepreneur. Ainsi par exemple. Le coté affectif des femmes représente un
point faible en matière de travail et de prise de décision. Les entrepreneurs qui
sont réussi ne sont pas souvent ceux qui font des sentiments, mais ceux qui
tranchent, qui fixent des positions, des limites…..

Axe 2 : Analyse de la démarche de l’entreprenariat


féminin au Maroc :
1-environnement institutionnel et économique de l’entrepreneuriat
féminin :
1-le cadre institutionnel et juridique :
Au Maroc la proportion des femmes créatrices ou chefs d’entreprises ne
cesse de s’accroitre. Actuellement, on estime qu’il existe quelque 5000
entreprises féminines soit environ 10% du nombre total des entreprises
nationales (1). (1) SFI, Genre-Entrepreneuriat – Accès aux marchés, GEM Maroc
2005.

Le développement de cet entrepreneuriat féminin est devenu une partie


intégrante de la stratégie du développement du pays, Diverses associations et
organismes, conscients du rôle fondamental de la femme dans le domaine
social, économique ont fait de la femme un acteur essentiel grâce à un appui
international (PNUD, Banque Mondiale …) .

Ainsi, un véritable cadre de promotion de l’entreprise féminin au Maroc


a été mis en place constituant un véritable réseau d’appui et de soutien aux
femmes entrepreneurs. Sur ce plan institutionnel, l’entrepreneuriat féminin
s’appuie sur un ensemble d’organismes de soutien et de promotion dont le rôle
ne cesse de de se développer et de se renforcer. Il s’agit en premier lieu de
l’Association des Femmes Entrepreneurs du Maroc.

(AFEM) qui a été créée en septembre 2000 et dont les missions consistent à :

-Encourager et appuyer la création d’entreprise par les femmes ;

-Informer, encadrer et assister les femmes chefs d’entreprises dans la gestion


et la pérennisation de leurs entreprises ;
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-développer les compétences managerielles des femmes entrepreneurs en leur


assurant des formations, des séminaires…..

-constituer un réseau afin de jouer un rôle de lobbying auprès des pouvoirs


publics et des institutions internationales ….

-L’AFEM dispose de sept représentations régionales et a conclu plusieurs


convention d’entreprises, les Centres Régionaux d’investissement….) et
internationaux ( GTZ, Réseau des femmes d’affaires du Québec …)

Une autre institution importante dans ce domaine est l’association


Espace de Départ (ESPOD) qui a été fondée en décembre 1991. Sa mission
consiste à encourager mes initiatives féminines en matière de création et de
gestion d’entreprises. ESPOD représente un espace de rencontre,
d’information, de formation  et de solidarité visant l’amélioration de
l’environnement de de qualité des entreprises féminines.

Ses activités qui visent essentiellement le secteur des micros entreprises


et des start-up sont centrées autour de plusieurs axes :

-l’aide à la création d’entreprises et à leur accompagnement dans leur gestion


et leur croissance ;

- la formation en vue de renforcer les compétences managériales des femmes


entrepreneurs,

-le rôle d’interface entre les entreprises féminines et les organismes de conseil
et de financement.

Sur un autre plan, et conformément aux dispositions de la charte de la


Petite et Moyenne Entreprise, l’Agence Nationale de la Promotion de la Petit et
Moyenne Entreprise (ANPME) fut créés en novembre 2002, Organisme public,
l’ANPME à pour mission de contribuer de manière active et efficace à la
promotion et au développement s’agit d’assurer la coordination et la création
des synergies et des complémentarités niveau des entreprises. Sa stratégie
s’articule autour des axes essentiels suivants :

-l’appui à la mise à niveau de l’entreprise ;

-la promotion du partenariat et des réseaux de PME ;


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-le Soutien aux structures d’appui et renforcement du secteur de la consultance


locale ;

-la mise en œuvre d’une politique active de coopération et de partenariat ;

-l’amélioration de l’environnement de la PME.

Dans l’objectif de promouvoir l’investissement et la création


d’entreprises, les Centres Régionaux d’Investissement (CRI) ont été également
créés en 2002 conformément à la lettre Royale adressée au premier ministre le
09 janvier 2002 au sujet de la gestion déconcentrée de l’investissement. Ces
CRI implantée dans les différentes régions du Royaume comprennent un
guichet d’aide à la création d’entreprises et un autre guichet d’appui aux
investisseurs.

Le Premières guichet est l’interlocuteur unique de toutes les personnes


qui veulent créer une entreprise, qu’elle en soit la forme et qui souhaitent avoir
recours à ce service.

Un formulaire unique dans lequel figurent tous les renseignements


exigés par la législation et la réglementation en vigueur et qui sont nécessaires
à la création d’une entreprise est mis à la disposition des entrepreneurs
potentiels.

Le second guichet procure aux investisseur toutes les fonctions utiles


pour l’investissement régional en étudiant toutes les demandes d’autorisations
administratives, en préparant tous les actes administratifs nécessaires à la
réalisation des projets d’investissement, en proposants les solutions amiables
aux différents entre les investisseurs et les administrations……

Il s’agit en fin de compte d’accompagner et de faciliter la formalité et


d’alléger les procédures en matière de création d’entreprises. La principale
mission dévolue à ces centres régionaux d’investissement est donc de rompre
avec les lenteurs et les tracasseries administratives qui sont considérées par les
femmes entrepreneurs au Maroc comme la première et la principale contrainte
rencontrée en matière de création d’entreprises.
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Ces CRI jouent également un rôle d’information et de conseil pour les


entrepreneurs potentiels en constituant des données de projet
d’investissement, en jouant l’interface avec les institutions de financement ….

Sur le plan juridique, avant le code de commerce de 1996 , La femme


n’avait pas le droit de disposer seule de l’usufruit de son travail, de gérer
librement et de dépenser son argent sans autorisation de son mari. Le code de
1996 est venu supprimer cette disposition en octroyant à la femme l’entière
liberté de faire du commerce, de créer ou d’exercer une activité économique
pour son propre compte.

Le nouveau code de la famille ( la Mondawana ) de 2003 est venu


renforcer encore davantage la liberté et l’indépendance de la femme dans le
domaine familial et entrepreneurial. Ainsi, désormais la famille est placé sous la
responsabilité conjointe des deux époux, donnant ainsi à la femme la même
responsabilité que l’homme dans la gestion de la famille.

Ce nouveau statut de la femme a complétement supprimé la notion de la


« Wilaya » qui faisait soumettre la femme et ses actes ; se marier,
entreprendre…… à l’autorité masculine : mari ou père. La femme est devenu
pleinement responsable et entièrement autonome des différents actes qu’elle
exerce en étant majeur selon ses choix et ses intérêts.

2-Problèmes et obstacles rencontrés par les femmes entrepreneurs :


A-Problèmes communs entre l’entrepreneuriat féminin et masculin :
1-acces au financement :

Parmi les difficultés rencontrées par les femmes entrepreneurs l’obtention du


crédit que ce soit au stade démarrage, de la consolidation des activités de
l’entreprise ou de la croissance de celle-ci.

Trois éléments semblent profondément marquer l’activité des entreprise crée


par les femmes qui sont majoritairement très petits entreprises. Ces éléments
peuvent expliquer la réticence de l’organisme financier de crédit :

1- La sous-évaluation des besoins de trésorerie de départ et la persistance


de difficultés financières, parfois très longtemps après la création
2- L’expression du rôle central des banques
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3- L’expression du fort désir d’indépendance et d’autonomie des


entrepreneurs

L’objet des plaintes des femmes entrepreneurs est unanimes le très difficile
exercice d’équilibre de leurs finances à court terme, la trésorerie, accentué
souvent par la saisonnalité de l’activité.

Quand la situation financière de leur entreprise sa dégrade, la banque,


partenaire initial, peut devenir hostile et même faire déposer le bilan plutôt
que d’aider franchir un cap difficile. Alors, le système en place et les pratiques
des institutions financières peuvent défavoriser certaines personnes, parce
qu’elles sont des caractéristiques ou vivent des réalités qui les distinguent de la
clientèle traditionnelle du milieu financier.

Le problème de la formation ;

Il s’agit des problèmes liés au manque de l’orientation et de conseil pour


les femmes entrepreneurs

Le besoin de formation est ressenti comme très utile. Notamment quand


elle porte sur des concepts techniques précis et immédiatement opérationnels.
L’identification préalable des besoins en formation en fonction des groupes de
femmes et leurs projets apparaits comme un passage incontournable pour a
réussite des formations.

Toutefois des formations à la conduite de l’entreprise et au rôle du


dirigeant, utilisant les échanges d’expériences, semblent être jugées
importantes par certains groupements de femmes, ceci dans la perspective de
renforcer les capacités à entreprendre.

Pour réussir une formation qui conduise au renforcement des capacités


entrepreneuriales des femmes, autrement dit au renforcement des capacités
de création et de gestion d’entreprises par les femmes. Il convient d’utiliser les
méthodes adaptées.

Celle-ci doivent tenir compte du contexte dans lequel vivent ces femmes
et des caractéristiques des apprenantes souvent non lettrées et adultes. Par
ailleurs, il est indispensable de concevoir des programmes de formation
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participative qui fassent ressortir l’objectif général et les objectifs spécifiques


par thème ainsi que l’intérêt de la formation pour les apprenantes

3- volet administratif :

Concernant le volet administratif, les principales difficultés rencontrées


émanent soit de la lenteur soit de la lourdeur des procédures.

4-volet commercial et marketing :

Il s’agit des difficultés au niveau de la forte concurrence sur les prix,


l’accès aux marchés ainsi que l’étroitesse des marchés.

5-Volet ressources humaines :

Difficultés à stabiliser et à fidéliser le personnel, Par ailleurs, la difficulté à


convaincre le personnel de l’entreprise à se former.
B-Problèmes liés à leur statut de femme :
- Manque de soutien et tentatives de découragement de leur entourage
immédiat : famille, voisinage ; communauté….etc.
- Méfiance des clients potentiels quant à leurs aptitude, agressivité de la
concurrence, tentatives de tromperie pour abuser de leurs supposée
fragilité.
- Discrimination au niveau de certains services administratifs
- Difficultés d’accès certains marchés et clients en raison de méfiance à
l’égard de la femme en tant que chef d’entreprise.
- Contestation de leur autorité en tant que chef d’entreprise par leurs
collaborateurs masculins.
C-Recommandations et perspectives :
Plusieurs axes de recommandations peuvent être formulés :

1er axe : information et communication :

L’information est un outil essentiel à la création et la gestion


d’entreprises féminines. Lieux d’approvisionnement, variation des prix, besoins
du marché, opportunités d’affaires, fiscalité, légalisation, programmes de
subventions ou de financement…… ce ne genre d’entreprises doivent accéder
pour la croissance et la viabilité même de leur entreprise.
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Les enquêtes et les études sont montrées que des programmes et


services d’appui à l’entrepreneuriat féminin en matière d’information et de
communication existent, mais que ses services demeurent très insuffisants et
que le pourcentage de femmes parmi leur bénéficiaires, est relativement faible.
L’un des principaux motifs de cette faible participation est l’ignorance de
l’existence de ces programmes d’assistance non financière. Les canaux
d’informations (brochures, journaux, etc.) qu’utilisent les institutions sont
souvent inaccessibles à cette catégorie de clientèle.

Par ailleurs, les femmes entrepreneurs pensent souvent qu’elles ne


peuvent pas recourir à ces services parce qu’elles ne correspondent pas à la
clientèle cible ou parce qu’elles ne perçoivent pas l’avantage qu’elles peuvent
tirer de tels services. Il faut aussi se rappeler que bon nombre d’information
circulent « de bouches  à oreilles » : ces entrepreneurs qui sont relativement
isolées, qui fréquemment peu les espaces publics, sont donc exclues de voies
de communication modernes.

Par conséquent, des efforts très importants doivent être fait dans ce
domaine stratégique afin de mettre à leur disposition les informations
nécessaires et pertinentes et le conseil indispensables d’une part , et de leur
faire comprendre l’intérêts et l’utilité des organismes qui dispensent ce genre
d’assistance d’autre part.

2eme axe : Formation et accompagnement

Le développement des capacités techniques et des compétences


entrepreneuriales des femmes entrepreneurs est aspect fondamental de
l’appui et de promotion de ce genre d’entrepreneuriat. Ces entrepreneurs
doivent être en mesure de développer un avantage compétitif et de créer et
gérer des entreprises rentables et viables.

Elles doivent produire ou fournir un service de qualité qui répond aux


besoins du marché et être capable de s’adapter à ses exigences. Elles doivent
aussi développer leur savoir-faire en matière de gestion d’entreprise pour
dépasser le simple niveau de producteur et être de vrais entrepreneurs. Ce qui
leur permettre aussi de mieux négocier avec les tiers (fournisseur, client,
banques….) afin d’obtenir le juste prix pour leur produit ou service.
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Le renforcement de leur capacité en matière de gestion a également un


impact certain et essentiel sur leur degré d’autonomie et d’indépendance.

Dans cette perspective, les programmes de formation aussi bien initiale


que continue dans les domaines techniques, financier, commercial ….
Constituent des instruments fondamentaux pour améliorer et mettre à niveau
ces entrepreneurs en matière de gestion efficace et efficiente de leur
entreprise. Leur accompagnement consisterait aussi par exemple, à identifier
des marchés porteurs susceptibles d’être accessible, et mettre en place un
programme d’appui sur la base de ces marchés, tout en maintenant la
souplesse pour intégrer de nouveaux secteurs au fur et à mesure de l’évolution
de la demande.

3eme axe : la formation professionnelle et l’appui technique :

Cet aspect de la formation est de plus fondamental puisqu’il permet


d’améliorer la productivité des ressources humaines tant sur le plan de la
quantité que de la quantité, dans le but de rendre les entreprises féminines
capables d’affronter une concurrence très vive et un environnement souvent
hostile.

Ces formations devraient permettre aux femmes entrepreneurs de


contrôler tous les aspects des productions, incluant, l’acquisition, l’entretien et
la manipulation d’outils de machineries. il pourrait être également intéressant
de réfléchir à une formule de parrainage entre des femmes entrepreneurs déjà
établies et des entres des femmes entrepreneurs en processus de création.

Malgré la présence des associations de micro-crédit, des programmes de


jeunes promoteur, et les différents services financiers classiques existants, les
femmes entrepreneurs ont généralement encore de grandes difficultés pour
accéder à des sources de financement appropriées. Les services financière
auxquels elles ont le plus facilement accès sont ceux des programmes de
micro-crédit des ONG. Quant aux institutions bancaires, leurs exigence sont
trop importance pour la plupart de cette population d’entrepreneurs qui ne
disposent pas généralement de ressources suffisantes à mettre en garantie.

Les besoins financiers des entreprises féminines sont divers : fonds


d’investissement, épargnes, assurances, fonds de roulement…..
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Il est donc essentiel de faciliter leur accès aux services financières


existants, pour se faire, il serait opportun d’un part, de sensibiliser les
institutions financières aux besoins et aux contraintes de ces entrepreneurs.
D’autre part, des services financières intermédiaire doivent être crées pour
supporter ce genre d’entrepreneuriat.

Aussi la mise en place d’un fond de la garantie dédiée exclusivement au


développement de l’entrepreneuriat féminin serait d’une extrême importance.

5eme axe : Mise en réseau :

Les études faires sur le terrain ont démontré que relativement peu de
femme chefs d’entreprise maitrisent bien la chine-approvisionnement-
production/transformation-commercialisation. La plupart du temps, elles n’ont
pas toutes les conditions nécessaires (information, formation, aptitude,
ressources techniques, etc. ) pour être en mesure de répondre aux
particularités de chaque composante de la chaine.

Il y a notamment de bonnes entrepreneurs productrices qui ont des


difficultés à commercialiser leur produit et de femmes entrepreneurs qui ont
du mal à s’approvisionner.

Enfin, on remarque que leur présence est très faible dans les instances
de décision, tant au niveau économique (chambres et associations
professionnelles, administrations publiques, etc . ) que politique (collectivités
locales ….) Par conséquent, elles n’ont pas de tribune pour faire entendre leur
voix, faire connaitre leurs besoins et défendre leurs intérêts.

La création et la multiplication de réseaux de femmes entrepreneurs


apparait essentiel dans ce domaine afin de renforcer leurs compétences en
terme de productivité économique par l’échange de services et la création
d’une chaine. Le réseautage contribuerait également à développer leur pouvoir
de lobbying sur le plan local régional, national voire international, ces réseaux
feraient la promotion de cet entrepreneuriat et du rôle économique et social
qu’elles jouent auprès des instances de décision et auprès du public.

De même, il est très important de créer des réseaux et assurer une


coordination appropries entre les acteurs opérant dans les domaines de la
promotion et du développement de ce genre d’entrepreneuriat (crédit,
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formation technique et de gestion, choix de la technologie, fourniture


d’intrants, information, conseils juridiques commercialisation, gestion, etc. …)  

Conclusion :
En conclusion, on peut constater à travers cette étude que la femme a pu
acquérir grâce à ses efforts et à ceux initiés par l’Etat une place importante
dans la société qui a permis de dissimuler en grande partie la discrimination
sexiste.

Malgré cette importante dynamique entrepreneuriale féminine


enclenchée au Maroc, davantage d’efforts sont nécessaires pour renforcer la
contribution des femmes au sein des secteurs porteurs comme l’industrie,
l’automobile, les TIC, le textile ou encore l’offchoring.
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BIBLIOGRAPHIE :
Barkalil.N : les femmes au Maroc et les contractions d’une évolution récents , Paris 2009

Séminaire GENRE ET INTEGRATION ECONOMIQUE DE femme dans les pays du Maghreb,


Tunis 5-7octobre 2009

Benabdebi Djerrai : Femme, culture, entreprise au Maroc, édition wallada, 2002 .

Berrada. A Et Fadioullah. A : l’activité de la femme au Maroc : Evolution et perspectives in le


Maroc Espace et Société dans la famille et le travail.

Approche psychologique du changement socioculturel au Maroc, 2002 ;

WEBOGRAPHIE :

www.mekensinvest.ma