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SEPARATIONS GRAVIMETRIQUES

1)Généralités
Les méthodes gravimétriques sont parmi les plus anciennes et les plus utilisées
encore de nos jours . Ces méthodes de séparation sont utilisées pour une grande
variété de matériaux , allant des sulfures lourds (galène) jusqu'au charbon pour des
dimensions de particules jusqu'à 50 µm .

Suite au développement de la flottation , ces méthodes ont perdu de popularité .


Elles demeurent cependant les méthodes par excellence dans la séparation du fer
et de l'étain . Elles sont aussi préférées quand la libération des minéraux de valeur
se produit à des dimensions de particules plus grandes que le rang normalement
utilisé dans la flottation (typiquement pour les minerais de fer , d'étain , de
wolframite, etc…) . L'importance de ces méthodes de concentration gravimétrique
résulte d'un ensemble de raisons parmi les quelles on trouve la simplicité de
fonctionnement , la capacité élevée pour les particules assez grosses et les coûts
de fonctionnement moindres que par d'autres méthodes .

Quoi qu'il en soit, les méthodes de concentration gravimétrique s'avèrent très


avantageuses comme première étape de séparation (pré concentration) , laissant la
flottation ou autres méthodes pour nettoyer les concentrés ainsi produits , à un coût
inférieur (car le volume de matériel à traiter est maintenant inférieur).

2)Limites d'application
Elles sont de nature minéralogique (notion de libération et de mixité) et/ou
granulométrique (limites supérieures et inférieures) . La dimension maximales des
particules susceptibles d'être traitées par les méthodes gravimétriques est imposée
par le minerai lui-même , par l'intermédiaire de la maille de libération .

Pour les minerais métalliques ou les minéraux industriels , la limite est autour de 20
mm ; pour le charbon , cette limite est supérieure , 100 mm . La taille minimale est
imposée par l'efficacité des appareils de séparation utilisés .

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Elle est limitée à 50-75 µm . De nouveaux appareils sont maintenant capables de
traiter des particules allant jusqu'à 10 µm utilisant la force centrifuge (cyclone
DMS) . Une autre limitation aussi imposée par la performance des appareils oblige à
un prétraitement du minerai pour éliminer les schlamms (desclammage) qui peuvent
augmenter la viscosité de la pulpe, diminuant alors la vitesse de sédimentation.

3)Méthodes gravimétriques

Les méthodes de concentration gravimétrique fonctionnent selon un principe fort


simple qui peut s'énoncer ainsi : lorsque deux particules de masses volumiques
différentes mais d'un même volume commencent à tomber en même temps dans un
fluide , celle qui a une masse volumique supérieure à une vitesse de chute plus
grande que celle qui a une masse volumique inférieure .

Les procédés de concentration par gravité utilisent l'effet combiné de la masse , du


volume et de la forme des particules afin d'obtenir des trajectoires de particules
différentes dans un milieu liquide , statique ou en mouvement .

On peut classifier ces méthodes en trois grandes catégories :

-Milieu dense .

-Accélération différentielle .

-Nappe pelliculaire fluente.


1.1 - Par milieu dense (heavy media separation)

Elle est réalisée dans un liquide de masse volumique déterminée pour séparer les
produits de masses volumiques supérieure et inférieure à celle du liquide . Pour
cette opération , on utilise des liquides organiques (laboratoire) ou des suspensions
aqueuses de très fines particules minérales en industrie .

Selon ce principe, toute particule située dans un fluide quelconque (milieu) se


positionne selon sa masse volumique ; si sa masse volumique est inférieure à celle
du milieu , la particule monte à la surface de celui-ci , c'est-à-dire qu'elle flotte
(flottant – float) .

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Si au contraire sa masse volumique est supérieure à celle du milieu , la particule
descend jusqu'au fond de celui-ci , c'est-à-dire qu'elle plonge (plongeant – sink) .

Le milieu à une masse volumique ou densité supérieure à l'unité (généralement


entre 1.3 et 3.8) .

Ainsi , si ρs1 et ρs2 sont les masses volumiques des solides , si ρ m est celle du milieu
,et si ρs1 < ρm < ρs2 , les particules ρs1 flottent ; les particules ρs2 plongent .

La séparation se fait suivant la poussée d'Archimède aidée ou non par la force


centrifuge (selon l'appareil utilisé) . La précision de séparation dépend
essentiellement des qualités du fluide et du degré de libération atteint .

Figure1 : Elle consiste à plonger le minerai dans un fluide dont la masse volumique

est comprise entre celle de la composante lourde et celle de la composante légère .

La séparation par milieu dense peut se faire avec des appareils statiques ou des
appareils dynamiques.

-Appareil statique : Tambour Nelson Davies (Figure 2 ) .

Figure 2 : Séparateur à tambour

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-Appareil Dynamique : Dyna-Whirlpool – Cyclone DMS

Figure 2 : Séparateur à tambour

1.2- Par accélération différentielle (jigging)

Dans ce cas , les particules à séparer sont soumises à des mouvements


oscillants verticaux imposés au liquide . Le mouvement périodique provoque
une sédimentation différentielle entre les particules lourdes et légères .

Parties constituantes d'un jig

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Mineral jig denver : (a) pulsion (b) succion

Principe de la séparation par accéleration différentielle

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1.3- Par nappe pelliculaire fluente

Lorsqu'on utilise un appareil conçu sur le principe de la nappe pelliculaire


fluente , le résultat est l'obtention d'un lit de particules stratifié selon la masse
volumique . le lit des particules est alors séparé en trois strates :
-une strate supérieure constituée des particules de faible masse volumique .
-une strate intermédiaire formée d'un mélange de particules de haute et de
basse masse volumique .
-une strate inférieure composée des particules de plus grande masse
volumique .
Une nappe pelliculaire fluente est une étendue de liquide d'une certaine
épaisseur s'écoulant le long d'un plan incliné avec une certaine vitesse .
La concentration par nappe pelliculaire fluente est basée sur la longueur de
parcours effectué par une particule sur un plan incliné , à la surface duquel
s'écoule par gravité , un film liquide . Il s'agit d'une nappe d'eau de faible
épaisseur (quelques millimètres à quelques centimètres) s'écoulant sur un
plan incliné . Les particules suivant leur vitesse de chute et leur résistance au
mouvement , se séparent en plusieurs catégories densimétriques .
Elle dépend de deux facteurs :
-le temps mis par la particule pour atteindre la surface du plan incliné (en
fonction de sa masse volumique , de sa granulométrie , de son coefficient de
forme , nature d'écoulement ect…) .
-la résistance à l'avancement de la particule .

Trajectoires des particules selon leur volume Effet de la classification par une N.P.fluente.

et masse volumique sous l'effet d'une N.P.fluente.

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On peut classer les appareils utilisant le principe de séparation par nappe
pelliculaire fluente en deux catégories :

(a) à plan incliné fixe , et (b) à plan incliné mobile .

Dans la première catégorie et dépendant de la périodicité de soutirage des produits


lourds , on retrouve deux type d'appareils :

• à soutirage périodique des lourds : sluice

• à soutirage continu des lourds : pinched sluice , cône Reichert , spirale

Dans la deuxième catégorie , on retrouve aussi les deux mêmes types d'appareils ,
soit :

• à soutirage périodique des lourds : table GEC et séparateur Bartles-Mozzley

• à soutirage continu des lourds : table à secousses , séparateur multigravité


1.3.1- Couloir d'alluvionnement (pinched sluices)

Le couloir d'alluvionnement fonctionne selon le principe de la nappe pelliculaire


fluente . C'est un dalot , une tranchée inclinée d'une certaine longueur , dont la
largeur décroît à mesure que l'on se rapproche de l'évacuation de la pulpe . Celle-ci
est alimentée à l'entrée , s'écoule vers la sortie pendant que le particules se
stratifient selon leur masse volumique , les plus denses se localisent sur le fond du
dalot (canal) .

Le couloir d'alluvionnement à environ 3m de longueur et son inclinaison varie autour


de 15° . la granulométrie des particules relatif à l'alimentation varie entre 40µm –
1.7mm , mises en pulpe avec un pourcentage de solides en masse situé entre 50 et
65% . Il a une capacité moyenne de 5t/h .

Couloir d'alluvionnement Soutirage des particules denses par le fond dans

un couloir d'alluvionnement
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1.3.2- Table à secousses

Les tables à secousses sont des appareils constitués par une surface plane
légèrement inclinée par rapport à l'horizontale (réglable de 0° à 6°) pourvue de
riffles , et équipée d’un mécanisme qui lui communique longitudinalement un
mouvement de va-et-vient asymétrique . La table est alimentée , à sa partie
supérieure , par une boîte d'alimentation. De l'eau de lavage est distribuée sur toute
sa longueur fournissant une nappe qui s'écoule suivant la pente transversale. Les
riffles ou réglettes forment autant et de pièges aux grains lourds , alors que les
grains légers ont tendance à sauter chaque obstacle . Les particules lourdes
disposées entre les riffles avancent latéralement par suite des secousses
asymétriques imprimées au plateau . On distingue donc , en commençant par la
partie extérieure au rifflage , plusieurs zones :

-Zone I est la zone des concentrés où se trouvent les fines particules denses ;

-Zone II appartient encore à la zone des concentrés ; on y trouve des particules


denses grossières et quelques particules mixtes ;

-Zone III est la zone des particules mixtes mélangées à des particules légères ;

-Zone IV est la zone des particules légères .

Le rifflage a un rôle de stratification des particules (grains) sous l'action conjugué de


la secousse et de l'eau de lavage qui entraîne les grains légers formant la couche
supérieure des grains déposés .

Les secousses ont un double rôle : elles permettent , d'une part , la stratification et ,
d'autre part , l'évacuation des particules stratifiées entre les riffles . Dés que celle-ci
sortent des riffles , elles sont soumises à l'effet de la nappe fluente et à l'effet des
secousses dont la résultante provoque un triage par taille et par densité.

Pour les tables Wilfley , la taille maximale des particules ne doit pas excéder 2.5
mm et , pour des tailles inférieures à 0.1 mm , les résultats sont médiocres . Le
nombre de secousses par minute est voisin de 250 secousses/min et la
consommation moyenne d'eau est de 30 l/min .
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L'amplitude de la secousse est réglable par déplacement vertical d'un coin mobile
sur lequel s'appuie une plaque d'articulation . Pour traiter des sables grossiers (aux
environs du millimètre) , on règle le mécanisme à environ 240 secousses/min , pour
une amplitude de 15 à 25 mm . Pour traiter des sables fins , il est nécessaire
d'augmenter la fréquence jusqu'à 300 secousses/min , mais il est indispensable de
réduire l'amplitude .

Table à secousses

Disposition des particules selon leur densité

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Table à secousses à commande hydraulique

1.3.3- Spirale de Humphreys

Le spirale de Humphreys est parmi les appareils de concentration gravimétrique les


plus employés . Elle est utilisée principalement pour concentre les minerais de fer .

On s'en sert aussi pour les minerais d'ilménite , pour le traitement du charbon , pour
la concentration du mica et du graphite et enfin pour le traitement du sable
contenant des minéraux lourds, tels que l'ilménite, le rutile , le zicron et la monazite .

Principe de fonctionnement : une pulpe de minerai est alimentée par le haut d'un
couloir incliné décrivant une forme de spirale. Les particules de masse volumique
élevée ont tendance à se tenir près de l'axe centrale de la spirale , tandis que les
particules de masse volumique moins élevée sont refoulées vers l'extrémité du
couloir la plus éloignée de l'axe central .

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la granulométrie des particules relatif à l'alimentation varie entre 75µm et 1mm
(Exceptionnellement jusqu'à 2 mm pour les minerais de fer) , mises en pulpe avec
un pourcentage de solides en masse situé entre 20 et 30% (max 50% pour les très
grosses particules). Il a une capacité moyenne variable de 0.5 à 2.5t/h .

Spirale de Humphreys

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