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Fsjes Meknès Audit Opérationnel

I- HISTORIQUE ET EVOLUTION DE L’AUDIT

Etymologiquement, le terme « audit » d'origine latine « auditus » signifie audition


ou écoute. Au moyen âge l’auditeur « écoutait » la lecture publique des comptes.
C’est vers la seconde du XIXe siècle, que les sociétés commerciales ont pris
l’habitude de soumettre leurs comptes à la vérification d’experts étrangers à
l’entreprise1. Ceci en raison du :

-Développement de l'industrie, le commerce, les banques, les assurances...

- La charge qui pèse sur l'auditeur reconnu en tant que garant des détenteurs
de capitaux à l'égard des abus des gestionnaires.

L’audit s’est introduit dans le domaine de la gestion au début du 20ème siècle, en


se limitant d’abord autour du domaine financier et comptable avec pour objectif
la certification des états financiers, puis par extension, dans les autres fonctions
de l’entreprise (audit opérationnel).
De nos jours l'audit est une discipline transversale au centre des préoccupations
des managers. En ce sens, et face à une variété des besoins, l'audit s'élargissait à
d'autres domaines qui se sont révélés nécessaires avec l'évolution et la
généralisation de nouveaux moyens de traitements de l'information.
II- Typologie des missions d’audit2 :
L’audit est appliqué à des domaines variés. Dresser une typologie exhaustive des
missions d’audit n’est ni possible, ni souhaitable. Pour cerner au mieux le champ
de l’audit, deux critères de classement peuvent être retenus ; le caractère de la
position de la fonction d’audit (interne ou externe a l’entreprise contrôlée) d’une
part, et le caractère facultatif ou obligatoire de l’audit d’autre part.

1
Robert OBERT et Marie-Pierre MAIRESSE, DSCG4, 2eme édition, DUNOD, 2009, page : 400.
2
Micheline FRIEDERICH et AL, DSCG4, EDITION Foucher, 2008, page : 447-450.

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1- Critère de la position de ceux qui auditent, par rapport à l’entreprise


auditée.
Selon ce premier critère on distingue entre l’audit externe et l’audit interne.
L’audit externe  est une mission exécutée par une structure extérieure (personne
ou cabinet) et indépendante de l’entreprise contrôlée.
Cette structure est le commissaire aux comptes dans les entreprises qui en sont
dotées. Elle peut être un cabinet d’audit ou d’expertise comptable (chargé de
missions de contrôle opérationnel ou de conformité ou d’une mission d’audit des
comptes sociaux ou des comptes consolidés).
L’audit interne est assuré par une personne ou un service salarié de l’entreprise.
L’IIA : The Institute of Internal Auditors définit en 1999 l’audit interne comme
« une activité indépendante, objective, d’assurance et de conseil, menée pour
ajouter de la valeur et améliorer les opérations d’une organisation. Il aide une
organisation à atteindre ses objectifs en adoptant une approche systématique et
méthodique pour évaluer et améliorer l’efficacité des processus de gestion des
risques, de contrôle et de gouvernance3 »
2- Critère du caractère facultatif ou obligatoire
En fonction de ce critère, on distingue entre l’audit légal et l’audit contractuel.

L’audit légal : est le commissariat aux comptes défini par la loi ; il s’applique à
toutes les sociétés remplissant les conditions prévues par les
dispositions légales. Notamment l’article 159 et suite de la loi 17-95 relative aux
sociétés anonymes, articles 80 de la loi 5-96 relative à la SNC, la SCS, SCA, la
SARL, la SP.
L’audit contractuel : est un audit non imposé par la loi ; il fait l’objet d’un
contrat entre l’entreprise et le cabinet. Ce type d’audit se rencontre
principalement dans deux situations :
 Audit lié au rachat d’une entreprise (en général effectué à la demande de
3
Zied BOUDRIGA, L’AUDIT INTERNE : Organisation et Pratiques, EDITION Azurite, 2012, page : 35

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 l’acheteur).
 Audit d’une filiale d’un groupe4.
Il faut noter que le cadre général de l’audit n’est pas affecté par la nature
contractuelle ou légale de la mission. En revanche, la nature contractuelle ou le
contexte légal ne sont neutres ni pour l’orientation et la planification de la
mission, ni pour les termes dans lesquels l’opinion est libellée, ni pour le
document où elle figure rapport général et rapport sur les comptes consolidés du
commissaire, rapport d’audit pour les autres, ni pour le destinataire du rapport où
figure l’opinion.
3- Les catégories d’audit les plus classiques.
Selon l’objectif et le domaine audité, on distingue : L’audit financier, l’audit
opérationnel et l’audit de conformité.
1- L’audit financier5 :

L’audit financier est l’examen des comptes annuels d’une entité économique,
auquel procède un professionnel compétent et indépendant, en vue d’exprimer
une opinion motivée sur les comptes annuels qui traduisent, d’une part la
situation financière et le patrimoine de l’entité a la date de clôture ; et d’autre
part, les résultats de l’entité pour l’exercice considéré en tenant compte du droit et
des usages du pays où l’entité a son siège.

Notant que la garantie demandée par les tiers sur la qualité de l’opinion émise sur
les comptes annuels, exige que l’audit financier soit réalisé par un auditeur
externe.
2- L’audit opérationnel6 :
L’audit opérationnel est un examen des informations relatives à la gestion de
chaque fonction d’une entité, en vue d’exprimer une opinion responsable et
indépendante, par référence aux critères de régularité, de fiabilité et d’efficacité.
4
Mohamed LAHYANI, L’audit pour tous : Références et analyses, EDITION AL MADARISS, 2011, page : 13-
14
5
Mohamed LAHYANI, L’audit pour tous : Références et analyses, EDITION AL MADARISS, 2011, page : 11
6
Mohamed LAHYANI, L’audit pour tous : Références et analyses, EDITION AL MADARISS, 2011, page : 12

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L’audit opérationnel est donc un examen des instruments dont dispose la


direction de l’entité pour la contrôler et la gérer. Il peut y avoir par conséquent
autant d’audits qu’il existe de fonctions dans l’entreprise.
L’objectif principal de l’audit opérationnel est l’évaluation des performances
(qualité, sécurité, efficacité et efficience), d’où il est appelé aussi audit des
performances, audit plus, audit total…
L’audit opérationnel est fréquemment mis en œuvre par les auditeurs internes,
mais aussi par des auditeurs externes (par exemple, dans les PME, ou dans les cas
difficiles).
3- L’audit de conformité :
L’audit de conformité ou audit de régularité a pour objectif l’évaluation de la
bonne application des politiques, instructions et règles en vigueur, et la
conformité des directives données et des actions avec les dispositions légales et
règlementaires.
L’audit de conformité est le plus souvent associé à l’audit opérationnel. Les deux
ont un objectif commun à savoir « le contrôle interne ».

III- QUALITES DE L’AUDITEUR7


Pour exercer son métier, l’auditeur doit avoir plusieurs qualités qu’on peut
regrouper dans deux catégories : qualités personnelles et qualités
professionnelles.
1- Qualités personnelles :
 L’intégrité : être droit et honnête dans toutes ses relations professionnelles.
 L’objectivité et le sens de la mesure, c’est-a-dire une attitude d’esprit exempte de
préjugés et de partialité, ou l’honnêteté intellectuelle et la perspicacité ont une
place de choix.

7
Micheline FRIEDERICH et AL, DSCG4, EDITION Foucher, 2008, page : 452-453

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 Le courage (de ne se laisser ni subjuguer, ni manipuler, ni intimider, voire


influencer ; de savoir raison garder et dire ce qui doit l’être quand et comme il
faut le dire…)
 Le discernement, l’esprit critique et le sens froid.
2- Qualités professionnelles :
 La compétence : concerne les disciplines et domaines en relation avec l’activité
exercée.
 Le secret professionnel : respecter le caractère confidentiel des informations
recueillies dans le cadre de ses relations professionnelles et d'affaires et ne doit
divulguer aucune de ces informations à des tiers sans autorisation spécifique
appropriée, à moins qu'il ait un droit ou une obligation légale ou professionnelle
de le faire

 L’indépendance : exige l’absence du moindre lien, direct ou indirect, entre d’une


part l’auditeur et d’autre part, premièrement, l’entreprise ou l’unité auditée et
deuxièmement, l’objet du contrôle.

 L’esprit de synthèse.
 Le sens du contact et du dialogue.

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CONCLUSION :

L’audit est un examen fait par un professionnel compétent et indépendant en vue


d’exprimer une opinion motivée sur la régularité et l’efficacité d’une série
d’opérations d’une entreprise par référence à des critères de qualités. Les audits
touchent aujourd‘hui l’ensemble des secteurs de l’entreprise dont le plus ancien
et le plus courant est l’audit comptable et financier. Mais avec le besoin accru
exprimé par les entreprises d’avoir une veille sur toutes leurs fonctions l’audit
opérationnel est prend sa place comme un outil indispensable au bon
fonctionnement de ces entreprises.
En effet l’objectif principal de toute organisation est d’améliorer sa
performance. L’audit à travers ses différents types qu’on a présenté allant de
l’audit comptable et financier qui est un audit légal jusqu’à l’audit opérationnel
donne aux entreprises une assurance sur l’efficacité de leurs processus de gestion
de risques de contrôle et de gouvernance. Il leur permet une meilleure
organisation ainsi qu’un bon fonctionnement de leurs services et une bonne
application des procédures mises en place par la direction générale.
Il est donc primordial que la pratique de l’audit ne soit pas négligée par toute
organisation désirante à être performante et efficace.

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