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Enseignement

scientifique
Livre du professeur
1 re

Sous la direction de
Christophe DAUJEAN et Frédéric GUILLERAY
Collège Antoine Guichard, Lycée Louis Jouvet,
Veauche (42) Taverny (95)

Auteurs

Fabien ALIBERT Sabine GENT


Collège Honoré d’Urfé, Saint-Étienne (42) Lycée La Martinière Diderot, Lyon (69)
Nathalie BAQUET Céline GIOE KOCH
Lycée Pissarro, Pontoise (95) Lycée Jean-Paul Sartre, Bron (69)
Francis BEAUBOIS Gildas HOARAU
Lycée Paul Langevin, Beauvais (60) Lycée Évariste de Parny, Plateau Caillou (974)
Cathy CAPOGNA Bruno LALLEMENT
Lycée en Forêt, Montargis (45) Lycée Sud Médoc, Le Taillan-Médoc (33)
Denis CAROTI Sébastien MARET
Lycée Marseilleveyre, Marseille (13) Lycée Jean-Paul Sartre, Bron (69)
Véronique CHARLES LE CERF Frédéric MARQUET
Lycée Externat Chavagnes, Nantes (44) Lycée Jean Vilar, Villeneuve-lès-Avignon (30)
Gilliane CREUSOT Kader MÉDJAHDI
Lycée en Forêt, Montargis (45) Collège Honoré d’Urfé, Saint-Étienne (42)
Julien DELANDRE Charlotte MONROZEAU
Lycée Eugène Delacroix, Drancy (93) Lycée Jules Verne, Nantes (44)
Aude DURAND SENTER Christine PERES
Collège Lycée Saint-Joseph, Bruz (35) Lycée Pissarro, Pontoise (95)
Nathalie FABIEN Gaëlle QUINQUET TOLÉDANO
Lycée Camille Jullian, Bordeaux (33) Lycée Saint-Sernin, Toulouse (31)
Camille FLAMME Grégory ROCHAIX
Cité scolaire Julie Daubié, Rombas (57) Lycée Lumière, Lyon (69)
Anne FOURNIER Béatrice SOUCILLE-DALLE
Lycée Externat Chavagnes, Nantes (44) Collège Gambetta, Saint-Étienne (42)
Penser la science

PENSER LA SCIENCE
Exercices d’application p.12-19 nous devrions rejeter son témoignage et attendre qu’une
confirmation soit faite au moins par des spécialistes du
Comprendre ce qu’est la science sujet.
Exercice 1 2. Nous sommes face à un cas typique de retournement
1. Sur une question donnée, le consensus scientifique est de la charge de la preuve. En effet, quoi que nous
la preuve la plus fiable que l’on possède. En effet, le mettions en œuvre, prouver de manière définitive que les
travail de la communauté scientifique consiste à décrire fantômes n’existent pas est tout bonnement impossible.
le monde (passé, présent ou futur) avec le niveau de Pour mieux comprendre essayons ceci : même si nous
certitude le plus élevé possible. Ce niveau est atteint en placions tous les détecteurs de fantômes possibles dans
travaillant de manière collaborative, en confrontant et toutes les maisons dites hantées du monde entier
répliquant les résultats des équipes de recherche de tous pendant dix ans, et même si ces détecteurs
les pays sur chaque sujet, assurant ainsi un maximum de n’enregistraient aucune trace de fantôme, cela
confiance dans ces résultats. Ces preuves ne sont pas prouverait-il que les fantômes n’existent pas ?
définitives et il est toujours possible de les remettre en Bien sûr que non : on pourrait toujours répondre qu’ils
question, mais par rapport aux autres niveaux de preuves sont partis dans une autre dimension pendant toutes ces
(expériences personnelles, témoignages rapportés ou années… En réalité il n’existe aucun moyen de prouver
autres rumeurs), elles restent ce qu’il y a de mieux pour que quelque chose d’inconnu ou de mystérieux n’existe
éviter de se tromper. pas ! Cela demanderait en plus des moyens énormes pour
tester toutes les maisons dites hantées, sans compter le
2. La réplication en science consiste, pour un·e
temps de milliers de scientifiques.
chercheur·se ou une équipe de recherche, à reproduire
Il est bien plus rationnel, dans le cas de phénomènes
une expérience menée et publiée par un autre laboratoire
rares, étranges ou non avérés, de demander des preuves
afin de confirmer ou infirmer les résultats obtenus. Cette
de ces phénomènes (comme dans le cas des fantômes) à
« nouvelle » expérience sera à nouveau publiée pour
ceux qui disent y croire : ainsi nous pourront les examiner
permettre à la communauté scientifique de dégager
et changer d’avis si celles-ci sont recevables. Il faudrait
progressivement un consensus sur un sujet donné.
donc répondre : « C’est à vous de me prouver que les
3. D’après l’échelle des preuves p. 13, les textes peuvent fantômes existent ! ».
être rangés ainsi :
3. Chauve n’est pas une couleur de cheveux : c’est une
– rumeur : texte no 5 ;
absence de cheveux. De même, être athée ne consiste pas
– témoignage rapporté : texte n o 2 ;
à croire à la non-existence d’une entité divine supérieure
– témoignage personnel : texte n o 1 ;
mais à ne pas croire : c’est une absence de croyance en
– une étude scientifique : texte n o 3 ;
raison de l’absence de preuve. Il ne faut donc pas
– consensus scientifique : texte n o 4.
confondre « croire que cela n’existe pas » avec « ne pas
4. Les points essentiels d’une publication scientifique : croire ». Dans le premier cas, on affirme une croyance,
relecture par les pairs, dans une langue commune, décrit équivalente à quelqu’un qui pourrait affirmer le contraire
la méthode utilisée pour permettre à d’autres équipes (« croire que cela existe »).
de répliquer l’expérience décrite. Dans le second cas, on dit simplement qu’on ne croit pas :
5. La revue par les pairs consiste, lors du processus de sans raison, sans preuve, il n’y a pas de raison de croire
publication d’un article scientifique, à soumettre celui-ci ou, comme l’écrivait Bertrand Russell (voir page 13) :
à plusieurs spécialistes du sujet. Chaque spécialiste doit « … il n’est pas désirable d’admettre une proposition
indiquer s’il est pour ou contre la publication de l’article, quand il n’y a aucune raison de supposer qu’elle est
en argumentant sa décision (originalité du travail, solidité vraie… ». Autrement dit, pas de preuve, pas de raison
des fondements théoriques et de la méthodologie de croire.
utilisée, etc.). Un article sera publié uniquement s’il a été
validé par les spécialistes référents. Exercice 3
1. Le mot croyance désigne soit un acte de foi (faith en
Exercice 2 anglais), soit une adhésion raisonnée (belief en anglais).
1. Cela dépend. Comme décrit dans le manuel en page 13, 2. Les « croyances » des scientifiques sont à considérer
le niveau de preuve attendu pour accepter de croire à une comme des adhésions raisonnées,
affirmation dépend de l’extraordinaireté de celle-ci : nul c’est-à-dire qu’elles se basent sur la connaissance du
besoin de demander à une équipe de recherche de se processus qui a permis aux chercheurs d’arriver à ces
mobiliser pour nous garantir que notre voisin a repéré conclusions. En cela, elles sont considérées comme des
des courgettes en promotion au supermarché, mais si connaissances (et donc vraies jusqu’à preuve
celui-ci nous affirmait avoir vu un lion dans la rue, alors du contraire).

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Exercices d’application

3. Le processus d’élaboration des connaissances 2. On peut imaginer que la présentatrice est complice,
scientifiques comprend des tests empiriques, des « mises ou bien qu’elle est entraînée physiquement, ou que c’est
à l’épreuve » pendant lesquelles les chercheurs tentent un tour d’illusionnisme (magie), ou encore qu’il y a un
de vérifier et réfuter les résultats précédents. Si plusieurs trucage vidéo.
équipes de recherche arrivent aux mêmes conclusions les On peut enfin supposer que tout le monde est capable de
unes les autres, alors les résultats obtenus sont dits faire cela.
confirmés (on peut dire aussi corroborés) : ayant résisté 3. D’après le rasoir d’Ockham, l’hypothèse la moins
à ces tentatives de remise en cause, ils en sortent encore coûteuse est la dernière : tout le monde est capable d’y
plus fiables. arriver !
4. Les résultats obtenus ainsi, ayant résisté à ces mises à 4. D’après cette vidéo, on voit qu’il n’est pas utile de
l’épreuve, portent le nom de connaissances scientifiques. conserver d’autres hypothèses : jusqu’à preuve du
Sommaire des activités associées contraire, tout le monde est capable d’y arriver et nul
besoin d’être hypnotisé pour tenir dans cette position.
Identifier les effets de la science sur les sociétés ou
Cela ne prouve pas que l’hypnose ne fonctionne pas, mais
l’environnement
ce n’est pas cette expérience qui permettra d’établir
• Préparer l’épreuve p. 133
qu’elle fonctionne.
• Chapitre 13, activité 2 p. 199
Comprendre les méthodes d’élaboration du savoir Exercice 2
scientifique 1. Il faut pour cela penser à toutes les « tentatives » qui
• Chapitre 8, activité 1 p. 139 ont échoué : combien de balles de baseball ont été
Comprendre que le savoir scientifique résulte d’une lancées sans percuter un oiseau ? Dans tous les matches
longue construction collective de baseball filmés depuis plusieurs dizaines d’années et
• Chapitre 2, activité 1 p. 39 dans le monde entier ?
• Chapitre 4, activité 1 p. 75 Mais on pourrait étendre ce nombre aux balles dans un
• Chapitre 8, activité 2 p. 141 match de tennis : on obtient des centaines de millions
• Préparer l’épreuve p. 177 voire des milliards de lancers. Qu’une de ces balles
percute un oiseau devient alors beaucoup moins
Distinguer science et croyance surprenant, voire même banal : ce qui serait
• Chapitre 4, activité 4 p. 79 extraordinaire, c’est qu’aucune coïncidence de la sorte ne
• Chapitre 9, activité 1 p. 153 se soit produite depuis toutes ces années !
Comprendre comment la science peut être source de 2. Concernant les rêves dits prémonitoires il faut
progrès également penser « à l’envers » : combien de personnes
• Chapitre 14, activité 1 p. 225 rêvent toutes les nuits ? chaque année ? Sur ce nombre
Comprendre l’importance de la culture scientifique en gigantesque, il est tout à fait normal que, par hasard, un
tant que citoyen·ne de ces rêves coïncide avec un événement le lendemain.
• Chapitre 5, activité 2 p. 91 On oublie à nouveau tous les rêves non prémonitoires :
• Chapitre 5, activité 4 p. 95 en négligeant de penser aux non-coïncidences, on donne
souvent du sens aux coïncidences qui apparaissent dans
Comprendre que le savoir scientifique se précise au fil un certain contexte.
des faits nouveaux
3. Voir ici pour une explication écrite et détaillée :
• Chapitre 7, activité 1 p. 121
https://sciencetonnante.wordpress.com/2012/05/28/le-
paradoxe-des-anniversaires/
Développer son esprit critique
Exercice 3
Exercice 1
1. Tout le monde perçoit que la case A est plus foncée que
1. Le principe parcimonie consiste, face à plusieurs la case B.
hypothèses explicatives, à choisir la moins « coûteuse »,
celle qui mobilise le moins d’entités non connues. On dit 2. En découpant les deux cases et en les plaçant en dehors
parfois qu’il faut choisir l’hypothèse la plus simple mais de la figure, on voit qu’elles sont de la même couleur.
ce terme n’est pas vraiment adapté. 3. L’illusion persiste.
Cette vidéo permettra de mieux comprendre son 4. Même après plusieurs essais, l’illusion fonctionne
application : toujours. Voir ici :
https://youtu.be/OZc5s6Iukbo?t=2 ou encore cet article : https://www.illusionsindex.org/ir/checkershadow
https://cortecs.org/materiel/rasoir-occam10/

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Penser la science

5. Cette illusion permet de comprendre que notre cerveau 4. Une variable de confusion est une variable qui permet
fonctionne en commettant parfois certaines « erreurs » d’expliquer pourquoi deux variables étudiées sont
dans le traitement des images : qu’on connaisse ou non corrélées. Dans l’exemple ci-dessus, la variable de
cette erreur, il est quasiment impossible de l’éviter. confusion est la température : quand celle-ci augmente,
6. Un biais cognitif est une erreur de jugement ou de elle provoque à la fois l’augmentation du nombre de
perception que nous commettons sans nous en rendre baignades et donc d’attaques de requins mais également
forcément compte. Ce traitement « automatique » de la consommation de glaces…
l’information (système 1, voir p. 14 du manuel) est bien 5. La variable de confusion est la taille de la ville : plus
souvent efficace mais nous amène, dans certains cas et celle-ci augmente, plus il y a d’habitants et donc de
selon le contexte (comme celui des illusions d’optique), à naissances, et plus y a d’immeubles et maisons
nous tromper contre notre volonté. Savoir que l’on peut permettant aux cigognes de bâtir leur nid et d’être plus
être piégé par nos propres sens doit inviter à chercher des nombreuses.
solutions pour éviter de se tromper : c’est un des buts de 6.
la démarche scientifique.
Sommaire des activités associées

Exercer son esprit critique


• Chapitre 1, activité 1 p. 25
• Chapitre 7, activité 3 p. 125 7. Une variable de confusion possible est la richesse du
• Chapitre 13, activité 3 p. 215 pays : plus le pays est riche, plus les habitants
consomment du chocolat (aliment cher) et plus il peut
financer les chercheurs (qui peuvent donc obtenir plus
Comprendre la démarche scientifique probablement un prix Nobel).
Exercice 1
Exercice 2
1. Il y a corrélation entre deux variables lorsque celles-ci
varient « de la même manière » ensemble. Si les valeurs On ne peut pas conclure que les contrôles policiers sont
de deux variables augmentent/diminuent simultanément, responsables de cette baisse du nombre de morts sur la
on dira que les variables sont corrélées route. Un premier indice nous est donné par la présence
positivement/négativement. On peut mesurer cette d’un autre paramètre ayant également varié au cours des
corrélation à l’aide d’un nombre compris entre –1 derniers mois : la réduction de la vitesse autorisée sur les
(corrélation négative parfaite) et +1 (corrélation positive routes. En effet, celle-ci pourrait très bien expliquer une
parfaite). Ce coefficient s’exprime parfois en %, comme diminution des accidents et donc des morts.
dans les graphiques des Décodeurs. Si ce coefficient est Mais il se pourrait aussi que cette baisse soit due
égal à 0, il n’y a aucune corrélation entre les variables. à d’autres paramètres auxquels on ne pense pas
Remarque : en statistique, une variable est une propriété forcément, comme la mise sur le marché de nouveaux
d’un objet ou d’un évènement qui peut prendre modèles de voitures plus performants en cas d’accidents
différentes valeurs. Par exemple, la durée d’une (et donc de la disparition de modèles plus anciens et
consultation chez le médecin est une variable car la durée moins bien équipés). Contrôler tous les paramètres dans
est une propriété de l’évènement « consultation ». De ce cas n’est pas possible, et on devra tenter d’estimer et
même, la couleur des yeux est aussi une variable, car elle d’évaluer leurs effets indépendamment pour vérifier si
est une propriété des yeux (l’objet) et qu’elle peut celui qui nous intéresse a eu celui attendu.
prendre des valeurs différentes (bleus, verts, marrons,
etc.). Il existe des variables discrètes (qui prennent un Exercice 3
nombre limité de valeurs) comme la classe d’un élève, et 1. Plusieurs biais sont présents :
des variables continues qui peuvent prendre n’importe – il n’y a pas de « plante contrôle » permettant
quelle valeur en théorie (souvent bornées), comme l’âge de comparer un arrosage avec de l’eau chauffée au four
ou la moyenne des notes à un examen. à micro-ondes et un arrosage avec de l’eau « normale » ;
2. Taille et poids chez un enfant sont des variables – on ne sait pas si Monsieur Dudu a laissé refroidir l’eau
corrélées. chauffée : la température de l’eau d’arrosage pourrait
être trop élevée pour la plante ;
3. Non. Deux variables peuvent être corrélées sans qu’il
– Monsieur Dudu n’a réalisé cette expérience qu’une
existe un lien de causalité entre les deux (c’est-à-dire sans
seule fois ;
que l’une cause l’autre). Par exemple, le nombre
– Monsieur Dudu ne travaille pas en double aveugle :
d’attaques de requins est corrélé au nombre de glaces
il sait avec quelle eau il arrose la plante et c’est lui qui
consommées au bord de mer sans qu’il y ait de lien de
observe et juge de l’état de la plante.
causalité entre les deux.

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Exercices d’application

2. Au vu de tous ces biais, cette expérience ne permet Comprendre que le savoir scientifique se précise
absolument pas de conclure à la nocivité de l’eau au fil des progrès technique
chauffée au four à micro-ondes. • Chapitre 1, activité 3 p. 29
3. Exemple de protocole • Préparer l’épreuve p. 69
• Chapitre 14, activité 4 p. 229
Préparation de l’expérience
• Choisir 9 plantes « identiques » chez le même jardinier Identifier la validité d’une pratique scientifique
(pour reproduire 3 fois l’expérience). • Chapitre 2, activité 2 p. 41
• Répartir au hasard (à l’aide d’un tirage au sort) les • Chapitre 5, activité 3 p. 93
9 plantes en trois triplets. • Chapitre 7, activité 2 p. 123
• Identifier les 9 plantes par un numéro. • Chapitre 14, activité 2 p. 226
• Pour chaque triplet, tirer au sort quelles plantes seront • Préparer l’épreuve p. 237
arrosées avec de l’eau chauffée à la casserole (C), avec de
Identifier la validité d’un modèle
l’eau chauffée au four à micro-ondes (M) et celles
• Chapitre 2, activité 4 p. 45
arrosées avec de l’eau non chauffée (N). Cette dernière
• Chapitre 9, activité 3 p. 157
permettant d’avoir une plante contrôle, arrosée
simplement. Identifier et mettre en œuvre des pratiques scientifiques
• Placer toutes les plantes dans une même pièce, en • Chapitre 3, activité 3 p. 61
veillant à ce qu’elles soient toutes à l’abri des rayons du
soleil (pour éviter que la lumière diffère de l’une à
l’autre). Se positionner face à un débat
• Déterminer un volume d’eau d’arrosage quotidien égal ou une controverse
pour chaque plante. Exercice 1
• Choisir 9 récipients identiques qui correspondront à
chacune des 9 plantes (même numéro que celles-ci). 1. Au début du xxe siècle, le contexte scientifique est celui
• Déterminer les observations et mesures à réaliser à la des nombreuses découvertes de nouveaux rayons et
fin de l’expérience (nombre de feuilles tombées au sol, particules : radioactivité (rayons uraniques de Becquerel,
masse de la plante, nombre de feuilles jaunissant, etc.) électrons, et surtout la récente découverte des rayons X
ainsi que la durée de l’expérience (X jours). par Röntgen). C’est donc dans ce contexte que Blondlot
• Évaluer à partir quel seuil (calcul statistique) on pourra entreprend ses recherches, stimulé par toutes ces
conclure à une différence significative entre les trois découvertes.
plantes d’un même triplet. 2. La revue Nature décide d’envoyer un physicien
Déroulé de l’expérience étatsunien (Robert W. Wood) pour enquêter sur cette
• Chaque matin, à la même heure, demander à une histoire de rayons N, car d’autres laboratoires n’avaient
première personne de faire chauffer l’eau (micro-ondes pas réussi à reproduire les expériences de Blondlot. La
et casserole) puis de la laisser refroidir en attendant réplication des études menés par les chercheurs était
qu’elle atteigne la température de l’air extérieur. donc contestée voire absente : c’est un élément essentiel
• Remplir les 9 récipients avec l’eau correspondante. à prendre en compte pour l’élaboration des
• Demander à une seconde personne, n’ayant pas connaissances scientifiques.
connaissance du type d’eau contenu dans les récipients, 3. Blondlot et son équipe aurait pu tout « simplement »
d’arroser les 9 plantes (simple aveugle). prévoir un protocole expérimental en double aveugle,
• Recommencer l’opération tous les jours pendant permettant ainsi d’éliminer les risques d’interprétation
X jours. erronée et d’autosuggestion (voir p. 16.)
• Demander à une troisième personne n’ayant pas
4. Toute connaissance scientifique, avant d’être déclarée
connaissance du protocole de venir observer et faire les
comme telle, passe par le filtre de la reproductibilité des
mesures nécessaires (double aveugle).
expériences et résultats obtenus par différentes équipes
• Pour un triplet de plantes donné, comparer les résultats
de chercheurs à travers le monde entier. Cette phase
obtenus pour chacune d’elles : un triplet correspond à
prend du temps, ce qui explique que pour atteindre un
une expérience, qui est reproduite trois fois dans le
consensus scientifique, plusieurs mois ou années sont
protocole proposé.
nécessaires. Lorsque des découvertes sont avancées dans
• Conclure.
n’importe quel domaine, on se trouve face à des preuves
Sommaire des activités associées fortes mais insuffisantes : il est donc sage d’attendre
d’autres confirmations avant de conclure.
Comprendre les méthodes d’élaboration du savoir
scientifique 5. Il est important de garder en tête que les scientifiques
• Chapitre 1, activité 2 p. 27 sont des personnes comme les autres qui ont des
• Chapitre 3, activité 1 p. 57 motivations, commettent des erreurs et peuvent être
influencées. C’est la méthode qu’ils appliquent et la
confrontation avec leurs pairs qui permet de garantir que

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Penser la science

leurs conclusions sont, autant que possible, dégagées chercheurs), elles se règlent au sein de la communauté
d’erreurs ou fraudes, tendant vers ce qu’on appelle des scientifique par l’intermédiaire d’échanges cadrés
connaissances scientifiques. (colloque, articles, séminaires), et sont tranchées à l’aide
d’expériences contrôlées dont les résultats fondent, à
Exercice 2 terme, le consensus scientifique. Les controverses
publiques concernent potentiellement toute la
1. Lors d’un débat, on peut mobiliser différents population, ne sont pas l’affaire que des spécialistes, et
arguments, qui relèvent de trois registres différents : sont relayées par les médias et autres réseaux sociaux.
registre descriptif (les faits, c’est le champ des Elles ne sont pas forcément tranchées.
connaissances scientifiques), registre législatif (les lois,
décrets, autorisations, etc., ce qui concerne les 2. Un exemple de controverse scientifique citée dans
règlementations, les décisions de justice), et registre l’article est celui de la présence d’ADN centriolaire, c’est-
moral (qui concerne les choix éthiques, ce qu’il est à-dire au sein des centrioles. La plupart des controverses
« bien » ou « mal » de faire, le jugement que l’on porte scientifiques n’ont aucun écho dans le grand public.
sur certaines actions ou décisions prises dans un certain Un exemple de controverse publique est celui de
contexte). l’utilisation des OGM ou bien de la procréation
médicalement assistée (PMA). 3. Une controverse
2. La première vidéo concerne le registre descriptif, scientifique devient publique lorsque les médias, les
puisqu’il est question de savoir ce que sont les OGM du réseaux sociaux s’en emparent. En général, ce sont des
point de vue scientifique, ainsi que la manière dont ils sujets qui ont des répercussions dans la vie de tous les
sont utilisés. La seconde vidéo concerne le registre jours (santé, environnement) et concernent la population.
législatif puisqu’on y évoque les autorisations de la Elle soulève alors des questions qui touchent différents
commission européenne et les lois en vigueur en France registres (législatif, éthique, économique, technique) :
concernant la culture des OGM. La troisième vidéo aborde c’est alors que bien distinguer chacun d’entre eux permet
le registre moral puisqu’on y découvre les arguments sur de comprendre les enjeux (multiples) du débat et de se
l’utilisation des OGM en termes de questions éthiques. forger un avis éclairé.
3. Connaître et distinguer ces différents registres permet,
Sommaire des activités associées
dans un débat ou dans toute recherche d’information, de
comprendre et nuancer les positions et arguments Comprendre la place du savoir scientifique
utilisés : une connaissance scientifique pourra peser sur dans les controverses
certaines décisions politiques ou de justice, tout comme • Chapitre 6, activité 2 p. 109
un argument éthique : c’est de leur mise en commun que • Chapitre 11, activité 3 p. 186
pourra naître un choix éclairé et justifié, chacun apportant
des éléments de compréhension différents. Finalement, Comprendre la place des controverses dans l’élaboration
c’est la confrontation et l’échange qui permettra de faire du savoir scientifique
des choix en connaissance de cause. • Chapitre 9, activité 2 p. 155
Identifier le domaine de validité d’un modèle
Exercice 3 • Chapitre 10, activité 1 p. 167
1. Il existe plusieurs différences : les controverses
scientifiques sont l’affaire de spécialistes du sujet (les

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Thème 1 ● Une longue histoire de la matière

1. UN NIVEAU D’ORGANISATION : LES ÉLÉMENTS


CHIMIQUES
Activités p. 24 à 29 Au sein des étoiles, c'est à partir de l'hydrogène initial que
sont formés les noyaux des autres éléments plus lourds au
① Les éléments chimiques dans l’Univers cours de réactions de fusion nucléaire.
1. Tous les éléments chimiques ne sont pas apparus en Certaines étoiles en fin de vie explosent en supernova, les
même temps. Les premiers éléments sont l'hydrogène éléments chimiques formés sont alors dispersés dans
et l'hélium. l'Univers.
Certains de ces éléments chimiques se retrouvent dans
2. Dans les étoiles, des réactions de fusion nucléaire sont
la composition de notre planète, des êtres vivants.
à l'origine de la formation des autres éléments à partir de
l'hydrogène initial. Penser la science
3. L'équation de réaction nucléaire stellaire modélisée Avant le XXe siècle, les femmes sont relativement absentes
dans le document 3 est une réaction de fusion nucléaire dans l'histoire des sciences car, d’une part, elles avaient
car deux noyaux s'unissent pour former un noyau plus beaucoup moins accès à l'éducation, à l'instruction que
lourd. les hommes et, d’autre part, pour celles qui étaient
instruites, leur parole n'était souvent pas écoutée, ni prise
4. Les scientifiques allemands Bunsen et Kirchhoff ont au sérieux. Ainsi, les hommes se sont attachés tout au
montré que les raies noires de Fraunhofer prouvaient que long des siècles, de manière consciente ou non, à rendre
les éléments chimiques présents dans le Soleil étaient la parole des femmes non audible.
identiques à ceux présents sur Terre. Cécilia Payne en est un exemple. Au début du xxe siècle,
5. Oui, les éléments chimiques les plus abondants dans les dans son pays, l’Angleterre, les femmes se voyaient
êtres vivants sont les mêmes : hydrogène, oxygène, refuser les postes de chercheurs.
carbone et azote. Après avoir décidé d’émigrer aux États-Unis pour
• Corps humain effectuer sa thèse, elle a découvert la première que
les étoiles étaient essentiellement composées
d'hydrogène et d'hélium. Mais lorsqu’elle a voulu publier
ses recherches, l’astronome américain Henry Russel,
l’a convaincue de ne pas publier ses conclusions.
Il a par la suite reconnu son erreur.

② La radioactivité
1. Les rayons uraniques.
2. Marie et Pierre Curie.
3. Polonium et radium.
4. Dès sa découverte, la radioactivité est utilisée en
• Blé radiothérapie (élimination des cellules cancéreuses).
Risques reconnus plus tard : stérilité, mutations
génétiques, cancers.
5. Domaines d’application de la radioactivité :
– radiobiologie (localiser des cellules ou comprendre
leur métabolisme) et imagerie médicale (pour examiner
des organes) ;
– industrie (stérilisation des aliments, production
d’électricité, armement) ;
– environnement (utilisation de traceurs pour suivre
les masses d’air ou d’eau) ;
– recherche scientifique (datation en archéologie et en
géologie).
6. Les éléments les plus abondants dans l'Univers sont
l'hydrogène et l'hélium. Les éléments les plus abondants 6. Il possède 214 nucléons.
sur Terre sont le fer, l’oxygène, le silicium et le 7. La radioactivité est un phénomène de désintégration
magnésium. Les éléments les plus abondants chez les de noyaux instables, accompagné d’émission de
êtres vivants sont l’hydrogène, l’oxygène, le carbone rayonnement.
et l’azote.
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Chapitre 1 ● Un niveau d’organisation : les éléments chimiques

Des noyaux atomiques instables se transforment de 6. Calcul de 40 % du nombre initial :


manière spontanée et irréversible en d'autres noyaux 5×1010 ×40
= 2 × 1010 noyaux
en émettant des rayonnements (alpha, bêta ou gamma), 100
Par lecture graphique, l’abscisse correspondant
et ce jusqu’à devenir des noyaux stables.
à 2 × 1010 noyaux de 14C est de 1,5 cm.
Penser la science D’après l’échelle, 1 cm correspond à 5 × 103 ans.
Pour vérifier si les substances phosphorescentes émettent La durée est égale à 1,5 × 5 × 103 = 7 500 ans.
des rayons X, Becquerel dépose un échantillon de sel
7. Par lecture graphique, l’abscisse correspondant
d’uranium phosphorescent sur une plaque
à 0,7 × 1010 noyaux de 14C est de 3,25 cm.
photographique (qui permet de détecter les rayons X)
D’après l’échelle, 1 cm correspond à 5 × 103 ans.
enveloppée de papier noir et expose le tout au Soleil pour
La durée correspondante est égale à :
activer la phosphorescence du sel d’uranium. Il constate
que la plaque est impressionnée. 3,25 × 5 × 103 = 16 250 ans
Souhaitant reproduire son expérience, il constate que le La date de l’occupation de la grotte est :
ciel est couvert et il dépose la plaque avec l’échantillon 16 250 – 1 951 = 14 299 ans avant notre ère.
dessus dans un tiroir, à l’abri de la lumière. Il décide Penser la science
quand même quelques jours plus tard de développer la La technique de datation actuelle utilise des échantillons
plaque et constate, à l’inverse de ce qu’il pensait, qu’elle de plus en plus petits, d’un milligramme de matière
est impressionnée. contre plusieurs grammes de matière auparavant.
La découverte de la radioactivité par Becquerel est donc Elle permet donc de ne pas détruire complètement
le fruit du hasard (temps couvert), mais pas seulement, les vestiges retrouvés.
puisqu’après avoir eu l’intuition de développer tout de
même la plaque enfermée dans le tiroir, le
questionnement qui s’en suit (Comment la plaque a-t-elle
pu être impressionnée en l’absence de lumière qui active Exercices p.32 à 35
la phosphorescence ?) est la première étape d’une 1 1. Le diagramme a correspond à l'Univers.
démarche scientifique, à partir de laquelle il émet une Le diagramme b correspond à la Terre.
hypothèse (le rayonnement du Soleil a été emmagasiné 2. C'est à partir de l'hydrogène initial que se sont formés
par l’uranium) qu’il testera à l’aide d’une nouvelle les autres éléments chimiques.
expérience.
2 1. Les deux éléments les plus abondants dans le corps
③ La datation par la radioactivité humain sont l'hydrogène et le carbone. Dans les végétaux,
ce sont l'hydrogène et le carbone.
1. Les noyaux de carbone 14 (14C) se désintègrent en 2. Le carbone est présent à 12 % dans le corps humain
noyaux d’azote 14 (14N), donc la quantité de carbone 14 et 28 % dans les végétaux.
(le nombre de noyaux de carbone 14) décroit au cours
du temps dans un organisme mort. 3 1. a 2. c 3. c 4. b
2. La quantité de 14C commence à diminuer dès la mort
de l’organisme. 4 1. Il s'agit de réaction de fusion nucléaire.
3. La demi-vie t1/2 est la durée au bout de laquelle la 2. Dans les étoiles, au cours des réactions de fusion
moitié des noyaux radioactifs initialement présents dans nucléaire, des noyaux légers s'unissent pour former
un échantillon macroscopique s’est désintégrée. un noyau plus lourd.
𝑁𝑁
À t1/2, 0 noyaux se sont désintégrés.
2
𝑁𝑁0
5 1.
Le nombre de noyaux restants est donc .
2
𝑁𝑁0
À la demi-vie suivante (2t1/2), la moitié de noyaux
2
𝑁𝑁0
se sont désintégrés, ce qui donne .
4
𝑁𝑁0
Le nombre de noyaux restants est donc .
4
𝑁𝑁0
À 3t1/2, le nombre de noyaux restants est .
8
4. Par lecture graphique, on détermine l’abscisse
correspondant à 2,5 × 1010 noyaux de 14C, on lit 1,1 cm.
D’après l’échelle, 1 cm correspond à 5 × 103 ans.
Donc t1/2 = 1,1 × 5 × 103 = 5 500 ans.
N0 = 9 000 noyaux de 137Cs.
5. Au bout de quatre demi-vies, le nombre de noyaux 𝑁𝑁
L’abscisse du point de la courbe correspondant à 0, c’est-
𝑁𝑁0 5×103 2
restants dans l’échantillon est égal à soit = 312,5. à-dire 4 500 noyaux de 137Cs, est à 9 mm de l’origine.
16 16

© Éditions Hatier, 2019. 8


Thème 1 ● Une longue histoire de la matière

L’échelle de l’axe des abscisses indique que 3 mm


correspondent à 10 ans, donc 9 mm correspondent
à 30 ans.
La demi-vie t1/2 du 137Cs est 30 ans.
𝑁𝑁
2. Au bout de 2 demi-vies, il reste 20 noyaux de 137Cs,
2
9 000
soit = 2 250 noyaux de 137Cs.
4

7 1. Pour déterminer la valeur de l’angle associé, il faut


utiliser la relation de proportionnalité entre
l’abondance/le pourcentage en atome et l’angle qui le
représente, en sachant que 100 % correspondent à 360°.
La formule correspond à ce calcul. Lorsqu’il développe la plaque, il constate qu’elle est
2. La formule saisie permet le calcul automatique de impressionnée.
toutes les valeurs d’angle en l’étirant par « cliquer- 3. Henri Becquerel formule l’hypothèse que les sels
glisser » dans la colonne C. d’uranium avaient emmagasiné de l'énergie lumineuse
qui, transformée en rayons X, a impressionné la plaque
photographique.
4. Il reproduit l’expérience avec des sels d’uranium
enfermés préalablement dans une boîte opaque à la
lumière pendant deux mois, le temps que l’énergie
lumineuse éventuellement emmagasinée disparaisse
4. complètement. Il découvre que la plaque photographique
a tout de même été impressionnée.
5. Il reproduit l’expérience avec des composés d’uranium
phosphorescents et non phosphorescents, mais aussi avec
des composés phosphorescents autres que des composés
d’uranium (comme la fluorine). L’impression de la plaque
se produit uniquement avec les composés d’uranium,
phosphorescents ou non.

10

8 1. L'équation de réaction représente une réaction de


fusion nucléaire car deux noyaux s'unissent pour former
un noyau plus lourd.
2.

Pour chaque courbe, il faut déterminer graphiquement


la valeur de la demi-vie puis comparer les résultats aux
valeurs données dans le tableau.
• Courbe a
𝑁𝑁
L’abscisse du point de la courbe correspondant à 0
2
est à 2,35 cm de l’origine.
L’échelle de l’axe des abscisses indique que 1 cm
9 1. La radioactivité est utilisée pour le traitement de correspond à 10 × 103 ans, donc 2,35 cm correspondent
cellules cancéreuses et autres applications médicales à 23 500 ans.
(radiothérapie), pour produire de l'énergie électrique, Le noyau correspondant à la courbe a est le plutonium
pour des armes de dissuasion, et pour la datation de 239 (t1/2 = 24 000 ans).
vestiges archéologiques. • Courbe b
𝑁𝑁
2. Henri Becquerel dépose des sels d'uranium sur une L’abscisse du point de la courbe correspondant à 0
2
plaque de cuivre, elle-même déposée sur une plaque est à environ 0,2 cm de l’origine. L’échelle de l’axe des
photographique enveloppée de papier noir. abscisses indique que 1 cm correspond à 10 × 103 ans,
Il expose le tout au Soleil. donc 0,2 cm correspondent à 2 000 ans.
© Éditions Hatier, 2019. 9
Chapitre 1 ● Un niveau d’organisation : les éléments chimiques

Le noyau correspondant à la courbe a est le radium 226 en 1945 au Japon, il a refusé de poursuivre les recherches
(t1/2 = 1 600 ans). dans la course à l'armement nucléaire.
3. Les découvertes scientifiques sont parfois utilisées à
11 1. Il s’est écoulé 125 00 ans (12,5 × 103 ans) entre la mauvais escient. Il n'y a pas de certitude qu'une
mort de l’individu et la découverte du fragment osseux. découverte scientifique aura toujours un effet bénéfique
pour l'humanité. Toute invention peut être utilisée pour
construire ou détruire.
Par exemple : Alfred Nobel a créé la dynamite, beaucoup
plus stable que la nitroglycérine, pour faciliter
l’exploitation minière, mais elle a connu un grand succès
sur les champs de bataille. Le botaniste Arthur Galston a
créé un herbicide, très utilisé dans l'agriculture
américaine dans les années 1960. Mais en se basant sur
ses travaux, l'armée mit au point une arme chimique
« l'agent orange », massivement utilisée pendant la
guerre du Vietnam, provoquant la mort. Il est également
à l’origine de cas de cancers ou de malformations à la
naissance, des années après la fin des combats.

13 1. Tous les 5 ans, la moitié du nombre de noyaux de


2. Le graphique montre qu’au bout de 50 000 ans, la quasi
60
Co présents se désintègre.
totalité des noyaux de 14C initialement présents se sont t (ans) 0 5 10 15 20 25
désintégrés. Au-delà, il devient difficile de mesurer leur
nombre. N 8 000 4 000 2 000 1 000 500 250
3. Détermination graphique de la demi-vie du 14C :
2.

3. Un cinquième du nombre initial de noyaux est égal à :


8 000
= 1 600
5
Par lecture graphique, on détermine l’abscisse Par lecture graphique, on détermine l’abscisse
correspondant à 5 × 1021 noyaux de 14C, on lit 0,6 cm. correspondant à 1 600 noyaux, on lit 11,2 ans.
D’après l’échelle, 1 cm correspond à 10 × 103 ans.
Donc t1/2 = 0,6 × 10 × 103 = 6 000 ans. 14 Irène Joliot-Curie, fille de Pierre et Marie Curie, est
Après avoir déterminé graphiquement la valeur de une chimiste, physicienne et femme politique française,
la demi-vie (6 000 ans), on divise 50 000 par 6 000. née à Paris en 1897 et décédée en 1956 d’une leucémie,
La limite de la datation au carbone 14 correspond liée à son exposition aux rayonnements radioactifs.
à environ 8 demi-vies (50 000 / 6 000 ≈ 8,3). Pendant la Première Guerre mondiale, elle accompagne
sa mère avec leurs unités de radiologie mobiles (les
12 1. Le projet Manhattan était un projet de recherche « petites Curie ») pour soigner les soldats blessés.
scientifique aux États-Unis qui consistait à fabriquer la Dès 1918, elle devient l’assistante de Marie Curie à
première bombe atomique à fission nucléaire. Il a eu lieu l'Institut du radium à Paris et y fait la connaissance d’un
pendant la Seconde Guerre mondiale, entre 1939 et 1946. autre assistant, Frédéric Joliot, qu'elle épouse en 1926
2. Hans Bethe a initialement décidé de participer au et avec qui elle aura deux enfants.
projet Manhattan car il était convaincu qu'il fallait Elle travaille sur la radioactivité naturelle et découvre
protéger l'humanité du nazisme. Mais suite aux dégâts avec son mari la radioactivité artificielle, qui consiste à
occasionnés par les explosions des bombes atomiques transformer un élément stable en élément radioactif,

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Thème 1 ● Une longue histoire de la matière

en le bombardant avec des particules α. Ils obtiennent 2. À t = 10 000 ans, on détermine graphiquement (en vert)
conjointement le prix Nobel de chimie en 1935 pour leur le nombre de désintégrations par minute et par gramme
découverte. Ensuite, leurs travaux portant sur le de 14C, il est de 4.
4
bombardement d’éléments lourds par des neutrons L’activité de 1 g ou 1 000 mg de 14C est : = 0,066 Bq.
60
conduiront à la découverte de la fission nucléaire et des 0,066 × 50
L’activité de 50 mg de 14C est : = 0,0033 Bq.
réactions en chaîne. 1 000
Féministe, Irène Joliot-Curie entre au gouvernement du 3. A = 0,034 Bq
Front populaire comme sous-secrétaire d'État à la Le nombre de désintégrations par minute et par gramme
Recherche scientifique en 1936. Après la Seconde Guerre de 14C est 0,034 × 60 = 2,04.
mondiale, elle dirige l'Institut du radium et participe à la On détermine graphiquement le temps écoulé entre la
création du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) en mort du renne et la datation de son bois (en rouge), il est
1945. Elle joue un rôle dans la construction du 1er réacteur égal à 16 500 ans.
nucléaire français en 1948, Zoé, et dans le développement
de la recherche nucléaire dans les universités françaises. 16 1. La quantité de matière contenue dans 1 g d'uranium
La radioactivité artificielle a permis le développement est 0,0042 mol d'atomes d'uranium :
𝑚𝑚 1g
de la médecine nucléaire. La fission nucléaire et la n= = −1 ≈ 0,0042 mol
𝑀𝑀 235 g·mol
découverte des réactions en chaîne ont conduit à la 2. Le nombre d'atomes d'uranium contenus dans 1 g
fabrication de la bombe A, mais aussi à la production d'uranium est 2,56 × 1021 atomes :
d’énergie électrique dans les centrales nucléaires. 0,0042 × 6,02 × 1023 ≈ 2,56 × 1021
3. La fission de 2,56 × 1021 atomes d'uranium libère
15 1. Par lecture graphique à t = 0, on détermine
environ 7,58 × 1010 J :
le nombre initial de désintégrations par minute
2,56 × 1021 × 2,96 × 10–11 ≈ 7,58 × 1010 J
et par gramme de 14C, il est d’environ 13,5. 7,58 × 1010
A0 = nombre de désintégrations par seconde et 4. ≈ 1 805
4,2 × 107
par gramme de 14C à t = 0. La fission de 1 g d'uranium libère bien environ 1 800 fois
1 min = 60 s plus d'énergie thermique que la combustion de 1 kg de
13,5
A0 = ≈ 0,23 Bq pétrole.
60

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Thème 1 ● Une longue histoire de la matière

2. DES ÉDIFICES ORDONNÉS : LES CRISTAUX


Activités p. 38 à 45 • Obtenir la masse volumique à partir de l’expérience
5. La masse du cylindre est égale à 100,6 g.
① L’organisation de la matière dans les solides 6. Sans le cylindre dans l’éprouvette, le volume du liquide
1. Dans un marais salant, le changement d’état subi par est égal à 70 mL. Avec le cylindre, le volume total est égal
l’eau est l’évaporation. à 82 mL. Le volume du cylindre est donc :
V = 82 – 70
2. Dans le sel, l’organisation de la matière est ordonnée
= 12 mL, soit 12 cm3
(état cristallin) alors que dans le verre, elle est
7. La masse volumique du cylindre est :
désordonnée (état amorphe). 100,6
ρ= = 8,4 g·cm–3
3. Le sel est un solide cristallin car les ions chlorure et 12

les ions sodium qui le constituent s’empilent de façon • Obtenir la masse volumique à partir de la maille
organisée et régulière. 8. Le volume de la maille est égal à :
4. Les « molécules intégrantes » font référence aux 𝑎𝑎3 = (3,60 × 10−8 )3 = 4,67 × 10−23 cm3
mailles du cristal et aux entités chimiques qu’elles 9. La masse totale des atomes de cuivre contenus dans la
contiennent. maille est égale à 4 × 1,05 × 10−22 = 4,20 × 10−22 g.
10. La masse volumique du cuivre est donc :
5. À l’échelle macroscopique, un solide cristallin possède 4,20 × 10−22
une forme géométrique bien définie, contrairement au ρ= = 8,99 g·cm–3
4,67 × 10−23
solide amorphe. Penser la science
Penser la science Les résultats obtenus par la méthode expérimentale et
Les différentes étapes relavant de la démarche par le calcul sont du même ordre de grandeur, mais
scientifique sont : observation – hypothèse – l’écart est tout de même conséquent. Les incertitudes
expérimentation – validation d’hypothèse. de mesure (précision des instruments de mesure que sont
Les découvertes sont parfois basées sur des hypothèses la balance et l’éprouvette) et l’incertitude de lecture du
et des intuitions qui ne peuvent être validées que lorsque volume à deux reprises sur l’éprouvette par
l’évolution des moyens techniques d’analyses et l’expérimentateur expliquent l’écart entre les deux
d’observation le permettent. valeurs obtenues pour la détermination de la masse
volumique du cuivre.
② Décrire et caractériser les solides cristallins
③ Les roches, associations de minéraux
1. Le polonium et le cuivre sont décrits respectivement
par des structures de type cubique simple et cubique à 1. Taille de l’échantillon de granite avec une échelle
faces centrées. de 1 cm = 4 cm  3,5 cm sur la photo = 14 cm en réel.
2. À l’échelle microscopique, le polonium et le cuivre Taille du cristal de quartz avec une échelle de 1 cm =
sont représentés par un cube dans lequel les atomes 2,5 mm  1 cm sur la photo dans largeur la plus grande
s’arrangent différemment. = 2,5 mm en réel.

3. Dans une maille de polonium, chaque sommet du cube 2.


est occupé par un atome comptant pour 1/8e. La maille Couleur Aspect Éclat Dureté
1
contient donc l’équivalent de n = × 8 = 1 atome de Incolore
Quartz Gros sel Mat 7
8 à gris
polonium. Paillettes
Dans le cas du cuivre, chaque sommet du cube est occupé Biotite Noir Brillant 2
noires
par un atome comptant pour 1/8e et chaque face est
occupée par un atome comptant pour 1/2. La maille Feldspath Blanc Lisse Brillant 6
1 1
contient donc l’équivalent de n = × 8 + × 6 = 4 atomes 3. L’aragonite et la calcite ont des propriétés
8 2
de cuivre. macroscopiques différentes : l’aragonite est jaune pâle
4. Dans le cas du polonium, la compacité est : à brun, possède une dureté de 4, elle est vitreuse et
4 translucide. La calcite est incolore, possède une dureté
1 × × 𝜋𝜋 × (1,90 × 10−10 )3 de 3, peut être translucide ou opaque, vitreuse ou nacrée.
𝐶𝐶polonium = 3 ≈ 0,52
(3,80 × 10−10 )3 4. Le type cristallin n’est pas le même (orthorhombique
Dans le cas du cuivre, la compacité est :
pour l’aragonite et rhomboédrique pour la calcite).
4
4 × × 𝜋𝜋 × (1,28 × 10−10 )3
𝐶𝐶cuivre = 3 ≈ 0,75 5. Les propriétés macroscopiques des minéraux
(3,60 × 10−10 )3 dépendent donc de leurs propriétés microscopiques.

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Chapitre 2 ● Des édifices ordonnés : les cristaux

④ Les roches : structure et conditions – les éléments du modèle n’ont pas toutes les
de formation caractéristiques des objets réels qu’ils représentent.
En effet, dans le cas de vanilline, seule la température
1. Le gabbro est une roche de texture grenue, alors que
est prise en compte. Dans la réalité, la situation est plus
le basalte possède une texture microlitique. Le gabbro est
complexe car d’autres paramètres interviennent
formé de solides cristallins, alors que le gabbro est
également : pression, composition minéralogique
composé majoritairement de solides amorphes (verre).
du magma, etc.
Au microscope polarisant , on reconnaît un solide
De plus, la vanilline utilisée dans cette modélisation
amorphe car il apparaît entièrement noir.
n’est pas un minéral mais une molécule organique.
2. Le basalte se forme à la surface de la dorsale, et Ses propriétés sont différentes de celles des minéraux :
refroidit au contact de l’eau de mer de manière assez par exemple elle fond à environ 80 °C alors que le quartz,
rapide. Le gabbro se forme plus en profondeur, et de un minéral du granite, fond à plus de 1 500 °C.
manière plus lente. Pour ces raisons, le modèle utilisé, s’il permet
3. La vanilline liquide représente le magma, la paillasse d’appréhender la notion de cristallisation, n’est pas
représente la chambre magmatique, le support froid le reflet exact du système naturel et il faut donc prendre
représente la surface de la dorsale au contact de l’eau des précautions dans l’analyse des résultats fournis par
de mer. ce modèle.
4. Quand on refroidit de la vanilline à température
ambiante, on obtient de gros cristaux. Lorsqu’on refroidit
la température sur un support froid, on obtient plein de Exercices p. 48 à 53
petits cristaux.
La température influence donc la cristallisation : plus la 1 1. b 2. b
température est basse, moins les cristaux grandissent.
2 1. Il s’agit de la perspective cavalière.
5. Le gabbro cristallise lentement en profondeur : les 2. La forme géométrique est un cube.
cristaux ont le temps de se développer. Au contraire, le 3. a : type cubique simple ; b : type cubique à faces
basalte refroidit brutalement à la surface, le magma n’a centrées.
donc pas le temps de cristalliser et apparaît sous forme 𝑚𝑚 16,2
de solide amorphe (verre). 3 La masse volumique est ρ = = = 2,7 g·cm–3.
𝑉𝑉 6

Penser la science
4 1. Maille de cuivre
Un modèle est une représentation simplifiée de la réalité
qui montre les aspects importants d’un système naturel
étudié. Un modèle est une représentation qui peut être
mathématique ou réelle et, dans ce cas, la représentation
est réduite à quelques paramètres clés et simplifiée. C’est
cependant un outil qui permet d’apporter des éléments
de réponse sur l’observé. Un modèle permet :
– d’appréhender de manière simple et accessible des 2. Chaque sommet du cube est occupé par un atome
phénomènes complexes ; comptant pour 1/8e et chaque face est occupée par un
– de visualiser des phénomènes difficilement ou non atome comptant pour 1/2. La maille contient donc
observables (phénomènes très lents, microscopiques, 1 1
l’équivalent de n = × 8 + × 6 = 4 atomes de cuivre.
etc.). 8 2
3. La compacité du cuivre est égale à :
Dans le cas de la vanilline, le modèle permet de discuter
𝑛𝑛 × 𝑉𝑉atome 4 × 8, 8 × 10−30
des conditions de formations des roches magmatiques 𝐶𝐶cuivre = = ≈ 0,75
volcaniques et plutoniques. Ces phénomènes ne sont 𝑉𝑉maille 4,7 × 10−29
pas observables directement, soit pour des questions
de temporalité (des roches plutoniques mettent des 5 a. Faux : il est aussi composé de solide amorphe (verre).
centaines d’années à se former) ou soit à cause de b. Vrai : c’est ce qu’on appelle une roche polyminérale.
problèmes d’accessibilité (plusieurs kilomètres sous c. Faux : elle peut prendre d’autres formes.
le plancher océanique). d. Faux : elles peuvent être microlitiques.
Ce modèle facile à utiliser permet de mieux comprendre e. Vrai.
un des facteurs clés qui influence la formation des roches
magmatiques et qui est à l’origine de leur structure 6 a. Un minéral est un solide assemblé d’un cristal ou de
(cristallisée ou amorphe). plusieurs cristaux. L’agencement des éléments chimiques
En revanche, un modèle présente deux grandes limites : au sein de ce minéral est appelé maille.
– il ne représente qu’un aspect de la réalité, simplifié car b. La vitesse de refroidissement d’un magma influe sur la
ne prenant pas en compte l’ensemble des paramètres ; taille des cristaux.

© Éditions Hatier, 2019. 13


Thème 1 ● Une longue histoire de la matière

c. Un solide amorphe se caractérise par un agencement


aléatoire des atomes le composant.
d. Une vitesse de refroidissement rapide entraîne la
formation de verre.

7 La marcassite et la pyrite ont le même aspect


macroscopique (doré, brillant) et ont la même formule
chimique (FeS2). Cependant, leur maille est différente :
ce sont donc des polymorphes.
3. Ces transformations mettent en évidence l’organisation
𝑛𝑛 × 𝑉𝑉atome ordonnée et régulière des entités chimiques qui se
9 1. La compacité est 𝐶𝐶 = .
𝑉𝑉maille répètent d’une maille à l’autre dans les solides cristallins.
Le volume d’un atome de carbone est :
4 4 13 1. Le fractionnement d’un cristal donne des cristaux
𝑉𝑉atome = × 𝜋𝜋 × 𝑟𝑟 3 = × 𝜋𝜋 × (7,7 × 10−11 )3
3 3 de forme géométrique identique au cristal de départ.
≈ 1,9 × 10−30 m3 Cette opération peut se répéter jusqu’à une certaine
8 × 1,9 × 10−30
La compacité du diamant est 𝐶𝐶d = ≈ 0,34 limite que l’abbé Haüy a nommé « molécule
4,51 × 10−29
4 × 1,9 × 10−30 intégrantes ».
et celle du graphite est 𝐶𝐶g = ≈ 0,18.
4,13 × 10−29 2. Les « molécules intégrantes » font référence aux
𝑛𝑛 × 𝑚𝑚
2. La masse volumique est donnée par ρ = . mailles de cristal.
𝑉𝑉maille
La masse volumique du diamant est donc : 3. Au XVIIIe siècle, les moyens d’observation de la matière
8 × 2.0 × 10−26 à l’échelle microscopique (atomes, molécules) sont
ρd = ≈ 3,5 × 103 kg·m–3 inexistants.
4,51 × 10−29
4 × 2.0 × 10−26
Celle du graphite est : ρg = ≈ 1,9 kg·m–3
4,13 × 10−26
14 1. D’après le texte : « single-crystal spheres », la sphère
est un solide cristallin.
10 La compacité du fer α est donnée par la formule
4 2. La constante d’Avogadro déterminée dans ces travaux
𝑛𝑛 × × 𝜋𝜋 × 𝑟𝑟 3
3
. Les huit atomes au sommet de la maille de recherche est la valeur connue avec la plus grande
𝑎𝑎3
comptent pour 1/8e. La maille contient l’équivalent précision : « the most accurate input datum ».
1
de n = × 8 + 1 = 2 atomes.
8
4
15 1. Sur l’image, on observe que les atomes d’or
2 × × 𝜋𝜋 × 1243
La compacité est donc C = 3
≈ 0.68. s’agencent de manière ordonnée et régulière : l’or est
2863
un solide cristallin.
2. En utilisant l’échelle de la figure, 7 × 𝑟𝑟 = 1 nm soit
11 1. Chaque sommet du cube est occupé par un atome 1
comptant pour 1/8e et chaque face est occupée par un 𝑟𝑟 = ≈ 0,143 nm.
7
atome comptant pour 1/2. La maille contient donc 3. L’or cristallise dans une structure cubique à faces
1 1
l’équivalent n = × 8 + × 6 = 4 atomes d’aluminium. centrées. Les atomes d’or sont en contact suivant
8 2
la diagonale d’une face du cube d’arête a.
2. Le volume de la maille d’aluminium est :
𝑎𝑎3 = (405 × 10−10 )3 = 6,64 × 10−23 cm3
3. Dans un cube d’aluminium de volume 1 cm3, il y a
1×1 22
−23 ≈ 1,5 × 10 mailles. Or chaque maille
6,64 × 10
contient l’équivalent de 4 atomes. Le nombre d’atomes
d’aluminium contenus dans ce cube est donc :
4 × 1,5 × 1022 = 6,0 × 1022 atomes.
12 1.

Dans le triangle ABC rectangle en B, le théorème


de Pythagore permet d’écrire la relation suivante :
𝐴𝐴𝐴𝐴2 + 𝐵𝐵𝐵𝐵 2 = 𝐴𝐴𝐴𝐴 2
soit 𝑎𝑎2 + 𝑎𝑎2 = (4𝑟𝑟)2
16𝑟𝑟 2
où 𝑎𝑎2 = = 8𝑟𝑟 2 .
2
2. Le point noir représente le centre de symétrie et les La longueur de l’arête du cube est 𝑎𝑎 = √8𝑟𝑟 2 = 2√2𝑟𝑟.
droites représentent des axes de symétrie. 4. 𝑎𝑎 = 2 × √2 × 0,143 ≈ 0,404 nm = 404 pm

© Éditions Hatier, 2019. 14


Chapitre 2 ● Des édifices ordonnés : les cristaux

16 1. Maille et ses atomes en perspective cavalière : 3. L’échelle indique que 1 cm équivaut à 1 cm réel.
La hauteur du cristal de biotite est donc 5 cm.

18 1. a – Coquille d’huître vue au microscope optique •


b – Cristal de biotite • c – Structure cristalline de la calcite
2. La calcite est un biominéral car elle est fabriquée par un
être vivant, l’huître (« bio » = vie).
Il s’agit d’un type cubique à faces centrées. 3. D’autres exemples de biominéraux : raphides de la
2. Chaque sommet du cube est occupé par un atome d’or misère, calculs rénaux, etc.
1
comptant pour 1/8e, il y a donc l’équivalent de 8 ×
8 19 1. La périphérie d’un pillow-lava est composée de
= 1 atome d’or dans la maille. Chaque face est occupée
verre. Le cœur du pillow-lava est composé de verre et
par un atome de cuivre comptant pour 1⁄2, il y a donc
1 de microcristaux.
l’équivalent de 6 × = 3 atomes de cuivre dans la maille. 2. La périphérie du pillow-lava refroidit brutalement au
2
3. La maille contient au total l’équivalent de 4 atomes, contact de l’eau de mer : la cristallisation y est donc
dont 1 atome d’or et 3 atomes de cuivre. La composition réduite, d’où la présence de verre (texture microlitique).
1 3
de la maille est = 25 % en or et = 75 % en cuivre. Au cœur du pillow-lava, la cristallisation est plus lente car
4 4
Ces résultats sont compatibles avec la formule chimique la température est élevée (1 000-1 200 °C), des
(Cu3Au) de cet alliage : 1 atome d’or pour 3 atomes de microcristaux peuvent y apparaître (texture grenue).
cuivre.
4. Soit 𝑥𝑥 le nombre de carats de l’alliage d’or. On construit 20 On cherche à expliquer comment un magma peut
le tableau de proportionnalité suivant : donner naissance à deux roches différentes, le gabbro
et la diorite.
Nombre de carats Pourcentage en or
On peut voir dans le doc. 1 que le gabbro est composé
24 100
d’olivine et de pyroxène, alors que la diorite est
𝑥𝑥 25 composée de biotite et d’orthose. Tous deux possèdent
24 × 35
D’où 𝑥𝑥 = = 6 carats. en revanche des amphiboles et des plagioclases.
100
Le doc. 2 nous présente la série de Bowen, qui représente
17 1. a – Structure cristalline de la biotite • c – Cristal de l’ordre de cristallisation des minéraux en fonction de la
biotite • b – Minéraux composant le granite température. On peut voir que l’olivine est le premier
2. Un des plans de clivage de la biotite entourée en noir : minéral à cristalliser, suivie du pyroxène et de
l’amphibole, puis de la biotite.
Le doc. 3 nous présente le principe de cristallisation
fractionnée : lorsqu’un magma remonte, il s’accumule
dans une chambre magmatique où il refroidit lentement.
Les premiers minéraux cristallisent, comme l’olivine et le
pyroxène : la roche formée peut alors être un gabbro, par
exemple.
Le magma résiduel appauvri en ces éléments continue son
ascension et continue de se refroidir : d’autres minéraux,
comme l’amphibole et la biotite, commencent à
cristalliser et donnent alors naissance à une nouvelle
roche, comme la diorite.
On peut voir que la structure cristalline de la biotite est
Un même magma peut donc donner naissance à deux
particulière ; on observe des feuillets à l’échelle
roches différentes, comme le gabbro et la diorite, selon
atomique : une succession de feuillets composés de K+,
les conditions de refroidissement.
de feuillets de OH, et de feuillets de MgO.

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Thème 1 ● Une longue histoire de la matière

3. UNE STRUCTURE COMPLEXE : LA CELLULE


Activités p. 56 à 61 Cependant, l’usage de tels modèles a une limite
principale : la généralisation à l’espèce humaine à partir
① La théorie cellulaire d’un modèle animal bute sur les spécificités de chaque
1. Le microscope optique est constitué d’un tube dans espèce. Des différences même minimes peuvent entraîner
lequel est disposé un jeu de lentilles grossissantes en une non-possibilité de transposition de l’animal à l’espèce
verre, les unes à la suite des autres. D’un côté du humaine.
microscope, on positionne un objet éclairé, de l’autre, Autre limite importante : l’étude de la cognition.
se situe l’œil de l’observateur. De nombreuses expérimentations sont réalisées sur
Le premier microscope, celui de Hooke en 1665, a un les cerveaux de modèles animaux mais la transposition
grossissement × 30. À partir de là, les progrès ne cessent est évidemment très difficile dans ce domaine.
jusqu’à atteindre un grossissement maximal aujourd’hui
autour de × 1 000. ② L’exploration des cellules
2. La théorie cellulaire repose sur trois principes : grâce au microscope
– La cellule est la plus petite entité vivante.
1. Tableau de comparaison des deux types de
– Tous les êtres vivants sont constitués de cellules.
microscopie.
– Toute cellule provient d’une autre cellule.
Microscope Microscope
1665 : Hooke a nommé des espaces cloisonnés, observés optique électronique
au microscope, dans du liège « cella » ou « cellule ». Résolution
1673 et après : Leeuwenhoek découvre, sous son 200 nm 0,2 nm
max.
microscope, l’existence des micro-organismes
Grossissement × 1 000 à × 2 000 × 2 000 000
unicellulaires.
1837 : Schleiden affirme que tous les végétaux et toutes Jeu de lentilles
les parties des végétaux sont constitués de cellules. électromagnétiques Jeu de lentilles en verre
Composition traversé par traversé par
1837 : Schwann affirme que tous les tissus animaux qu’il
un faisceau de la lumière.
a observés sont constitués de cellules. d’électrons.
1839 : Schwann publie une synthèse de ses travaux et Entre lame et
de ceux de Schleiden pour affirmer les deux premiers Morts, découpés très
lamelle, il est
principes. Échantillons finement et traités aux
possible de tout
produits chimiques.
1858 : Virchow suggère que toute cellule est issue observer.
d’une autre cellule. Cette découverte fonde le troisième 2. Une observation au microscope électronique (ME) à
principe de la théorie cellulaire. transmission permet de produire une image très détaillée
3. Voir une proposition de frise en fin de corrigé des de l’intérieur de la cellule. Les organites sont alors bien
activités du chapitre. visibles.
Penser la science En revanche, une observation au ME à balayage permet
l’obtention d’une image à effet 3D. On distingue alors les
l existe plusieurs modèles expérimentaux en biologie :
détails de la surface de la cellule observée.
drosophile (mouche du vinaigre), rats et souris, singe
Rhésus, l’arabette des dames (plante), etc. 3. • On mesure sur la photographie que le plant d’élodée
Ces modèles présentent des avantages : mesure 4 cm. Or, on sait d’après l’échelle que 1 cm
– ils permettent des expérimentations irréalisables chez correspond à 7 cm dans la réalité.
l’espèce humaine comme par exemple l’ablation d’un On en déduit que 4 × 7 = 28 cm. Le plant d’élodée mesure
organe pour en étudier la fonction. Cela a permis la 28 cm.
description et la compréhension du fonctionnement • On mesure sur la photographie que la cellule d’élodée
du corps humain notamment ; mesure 2,5 cm de longueur. On sait d’après l’échelle que
– ils facilitent la compréhension des maladies humaines 1 cm correspond à 50 µm dans la réalité. On en déduit
car il est possible d’inoculer des pathogènes à des que 2,5 × 50 = 125 µm. Une cellule d’élodée mesure
modèles animaux et de suivre les étapes de la pathologie 125 µm.
ou encore de vérifier l’impact du micro-organisme ; • De même avec le chloroplaste et on obtient 2,1 µm.
– ils peuvent servir de tests expérimentaux pour les • De même pour la molécule de chlorophylle, elle mesure
nouveaux médicaments notamment, tests nécessaires 6 cm sur le dessin. Grâce à l’échelle, on sait qu’elle
avant toute expérimentation humaine. Cela permet mesure 1,8 nm en réalité.
d’utiliser sur l’espèce humaine des traitements dont • Enfin, prenons l’atome du carbone (intermédiaire en
l’efficacité est déjà validée sur les modèles animaux avec taille), il mesure 0,2 cm. Grâce à l’échelle, on obtient sa
le moins d’effets secondaires néfastes. taille réelle : 0,06 nm.

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Chapitre 3 ● Une structure complexe : la cellule

par une monocouche de phospholipides) alors que


l’intérieur des liposomes est de nature hydrophile (séparé
du milieu extérieur par une bicouche lipidique).
Ces configurations sont expliquées par l’organisation des
phospholipides : les zones hydrophiles des phospholipides
sont exposées aux milieux aqueux alors que les zones
hydrophobes sont regroupées à l’écart des milieux
aqueux.
3. La membrane plasmique est à l’interface entre deux
milieux aqueux : le cytoplasme et l’extérieur de la cellule.
La configuration de la membrane plasmique la plus
probable envisagée est comparable à celle d’un liposome :
une bicouche lipidique isolant un milieu interne aqueux
du milieu extérieur aqueux également. Cette bicouche
lipidique comporte cependant également des protéines
et une faible proportion de glucides.
4. On remarque à partir de l’expérience réalisée dans le
document 5 que, suite à l’utilisation d’un agent
dénaturant les protéines sur la membrane, l’absorption
du glucose à travers la membrane du globule rouge ne
se fait quasiment plus. L’absorption du glucose est donc
réalisée par ces protéines.
La molécule de glucose est hydrophile : elle ne peut donc
pas traverser spontanément la membrane des cellules.
Ce type de protéine membranaire est ainsi fondamental
4. L’invention de la microscopie électronique a été pour l’absorption de molécules hydrophiles comme le
synonyme d’avancée scientifique. La microscopie glucose.
électronique a permis de découvrir l’ultrastructure 5.
des cellules, c’est-à-dire les organites qui y baignent.
En effet, la résolution est passée de × 2 000 avec
l’optique, à × 2 000 000.
Ainsi, on a pu comprendre la structure des cellules et
en particulier par l’observation des différents organites
et de molécules associées.

③ La membrane plasmique des cellules


1. Plusieurs études successives ont conduit à
l’identification des constituants de la membrane
plasmique. La nature lipidique a été proposée lorsque
les scientifiques ont remarqué que les substances
lipophiles traversaient beaucoup plus vite la membrane
des cellules d’algues. Pour permettre le passage de ces Organisation de la membrane plasmique
substances lipophiles, seule une barrière elle-même de en « mosaïque moléculaire »
nature lipidique est envisageable.
Puis l’analyse chimique de fragments de membranes Penser la science
(obtenus après éclatement des membranes) a permis La démarche expérimentale est composée de plusieurs
de mettre en évidence une importante quantité de étapes : observation, hypothèse, expérimentation (ne
protéines. faisant varier qu’un paramètre et utilisant un témoin),
Le terme de « mosaïque moléculaire » est utilisé pour résultats, interprétation et conclusion.
caractériser la membrane plasmique car celle-ci est Dans le document 5, il s’agit de déterminer le rôle d’une
constituée de différentes molécules : en majeure partie protéine membranaire dans le transport du glucose entre
des lipides et des protéines mais également une faible une cellule et son environnement.
proportion de glucides. L’hypothèse testée est la suivante : le glucose, molécule
2. Les phospholipides adoptent spontanément diverses hydrophile qui ne peut normalement pas traverser la
organisations en milieu aqueux. L’intérieur des micelles bicouche lipidique de la membrane, est transporté dans
est un milieu lipophile (le milieu intérieur est délimité la cellule grâce à une protéine membranaire.

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Thème 1 ● Une longue histoire de la matière

Pour tester l’hypothèse, des globules rouge sont mis en la situation 1, il est lié à la présence de l’agent dénaturant.
présence de glucose à différentes concentrations, depuis Dans cette expérience, il n’y a qu’un seul paramètre qui
0 jusqu’à 14 mmol/L, et la vitesse d’absorption du glucose varie entre les deux situations : la présence ou l’absence
est mesurée au cours du temps. d’un agent dénaturant.
Deux situations sont élaborées : Les résultats montrent que la vitesse d’absorption du
① En présence d’un agent dénaturant qui détruit les glucose par les globules rouges est très inférieure en
protéines. présence d’un agent qui détruit les protéines.
② En conditions normales, sans aucun ajout. On peut donc conclure que le glucose est transporté
La deuxième situation correspond au témoin et va principalement par des protéines.
permettre de conclure que, s’il y a un effet dans

Activité 1, question 3 Chronologie des différentes étapes ayant permis la formulation de la théorie cellulaire

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Chapitre 3 ● Une structure complexe : la cellule

de deux membranes (une membrane externe et une


Exercices p. 64 à 67 membrane interne présentant des replis).
1 1. b 2. c 3. b 2. On remarque que toutes les membranes étudiées
(membrane plasmique de globule rouge, de bactérie et de
2 a. Faux. Il existe deux types de microscopie : l’optique mitochondrie) contiennent toutes des lipides particuliers :
(ou photonique) et l’électronique. les phospholipides et les stérols. Or on sait que les lipides
b. Faux. Le microscope électronique a la résolution la plus membranaires ont la particularité de comporter une zone
élevée. hydrophile et une zone hydrophobe. En présence de
c. Vrai. milieux aqueux, ces lipides vont exposer leurs parties
d. Faux. La microscopie électronique à balayage permet hydrophiles aux milieux aqueux et regrouper les zones
d’obtenir une image en 3D. hydrophobes à l’écart de ces milieux. Ils s’organisent ainsi
en une bicouche lipidique permettant d’isoler le
3 • Image de gauche : le grossissement est × 25 000. Le cytoplasme du milieu extérieur. Ces mêmes lipides sont
pouvoir de résolution du microscope optique étant de retrouvés au sein des membranes de la mitochondrie.
× 1 000 à × 2 000 au maximum, il s’agit donc de L’organisation des lipides permet donc également d’isoler
microscopie électronique. Autre argument, on distingue les organites du cytoplasme par la mise en place de
l’ultrastructure du noyau. membranes.
• Image de droite : le grossissement est de × 2 000. On ne 3. La théorie endosymbiotique, selon laquelle les
distingue pas d’ultrastructure. Il s’agit de microscopie mitochondries proviennent d’une bactérie qui aurait été
optique. ingérée par une cellule eucaryote, s’est construite à partir
d’un faisceau d’arguments scientifiques. L’analyse
4 • La membrane plasmique est constituée d’une chimique des membranes réalisée ici soutient l’un de ces
bicouche lipidique. Ainsi, seules des molécules lipophiles arguments.
peuvent la traverser. On en déduit que la molécule A est En effet, si on observe que les membranes délimitant les
lipophile. mitochondries contiennent les mêmes éléments que
• Une protéine-canal a la capacité de transporter des celles délimitant les globules rouges et les bactéries
molécules hydrophiles de part et d’autre de la membrane (protéines, phospholipides, stérols), on remarque par
plasmique. On en déduit que la molécule B est hydrophile. contre que l’abondance de ces éléments n’est pas la
même selon les membranes. La membrane des
5 mitochondries présente davantage de points communs
avec la membrane des bactéries (plus fort taux de
phospholipides et une quantité nettement moins
importante en stérols) qu’avec celle des globules rouges.
La membrane de la mitochondrie serait en fait celle de
la bactérie ingérée…
Organisation des constituants au sein de la membrane
9 1. La drépanocytose se manifeste à différentes échelles.
6 1. n mesurant la taille de la cellule buccale, on obtient
Organisme Cellule Molécule
environ 1,7 cm.
Mauvaise Globule rouge Molécules
Avec l’échelle donnée (1 cm mesuré correspond à 30 nm)
circulation déformé, forme d’hémoglobine
et en faisant un produit en croix, on peut déterminer du sang à l’origine allongée par sous forme de
l’équivalent en nm. des différents rapport aux longs filaments
1,7 cm  ? symptômes globules rouges rigides et
1,0 cm  30 nm (vertiges, normaux qui sont agglomérés
Calcul : 30 × 1,7 = 51 nm. Avec l’incertitude de la mesure, essoufflements, discoïdes
on peut arrondir à 50 nm. douleurs…)
Or, on nous dit que le diamètre réel d’une cellule buccale 2. L’anomalie génétique entraîne une malformation des
humaine est 50 × 10–6 m. molécules d’hémoglobine, qui au lieu d’être isolées et
On a mesuré 50 nm soit 50 × 10–9 m. Le grossissement est globulaires dans le cytoplasme des globules rouges, se
donc × 1 000 (l’écart entre 10–9 et 10–6). retrouvent sous forme de baguettes rigides et
2. Le grossissement total étant × 1 000, si l’oculaire agglomérées. La déformation des molécules entraîne une
permet un grossissement × 10, on en déduit qu’il s’agit déformation des cellules, provoquant un allongement de
d’un objectif × 100. celles-ci et une rigidité. Les globules rouges, ainsi,
déformés, vont gêner la circulation du sang à différents
8 1. On remarque sur les photographies réalisées endroits et être à l’origine des différents symptômes de
en microscopie électronique que l’intérieur des la pathologie.
mitochondries est isolé du cytoplasme par la présence 3. La microscopie a permis une échelle d’observation
nouvelle à l’origine de la découverte des cellules.

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Thème 1 ● Une longue histoire de la matière

L’exemple de la drépanocytose nous montre l’intérêt 2. Le montage a sert de témoin : il n’y a pas de traitement
médical de cette technique d’observation : couplée à par la trypsine.
d’autres analyses, elle permet ici de repérer l’existence – Dans le 2e montage expérimental (b), les cellules ne sont
de cellules présentant la déformation classique associée traitées à la trypsine que sur la face externe. La trypsine
à la drépanocytose et de contribuer à poser ici un ne pénètre pas dans les cellules. On observe sur le
diagnostic de pathologie. résultats d’électrophorèse pour la protéine 1 qu’il n’ y a
L’amélioration de nos connaissances ont ainsi de aucun changement de position de bandes. La trypsine n’a
multiples retombées (médicales, dans l’ingénierie, etc.). dont pas attaqué cette protéine. Il n’y a donc pas de
portion de protéine sur la face externe de la cellule.
10 1. On cherche à comprendre comment une protéine En revanche, pour les protéines 2 et 3, les bandes sont
peut être intégrée dans la membrane plasmique, sachant situées plus loin, les fragments de protéines ont migré
que celle-ci est organisée en une bicouche lipidique dont plus loin. Ces fragments sont donc de plus petite taille :
le cœur est constitué d’un environnement hydrophobe et une partie de ces protéines a été digérée par la trypsine.
les périphéries de régions hydrophiles. Pour cela, on Les protéines 2 et 3 ont donc des portions de molécules
étudie le profil d’hydropathie d’une protéine situées sur la face extérieure de la membrane.
membranaire. On remarque que la protéine est – Dans le 3e montage expérimental (c), les cellules sont
constituée de différentes portions : certaines sont traitées à la trypsine sur les deux faces. Par rapport au 2e
hydrophiles (elles correspondent à la partie du graphique montage, on ne voit plus de bande correspondant à la
colorée en bleu) et d’autres lipophiles (zone colorée en protéine 1 : elle a été entièrement digérée. La protéine 1
rose sur le profil). est donc située sur la face interne de la membrane dans
Une protéine peut donc être ancrée au sein de la le cytoplasme de la cellule. Il n’y a pas de changement
membrane plasmique : les portions hydrophiles vont être concernant la bande 2 par rapport au 2e montage, la
retrouvées à l’extérieur de la membrane alors que les protéine 2 ne dispose donc pas de portion côté
portions lipophiles vont être au cœur de celle-ci. intracellulaire. En revanche, la protéine 3 a migré plus
2. La protéine étudiée comporte à la fois des portions loin : elle a été digérée par la trypsine sur la face interne.
hydrophiles et des portions lipophiles, elle s’apparente Cette protéine dispose donc d’un secteur extracellulaire
donc à la protéine de type A qui traverse complètement et d’un secteur intracellulaire et l’existence d’une bande
la membrane. montre qu’elle dispose aussi d’une portion au sein de la
membrane, protégée de l’action de la trypsine.
11 1. Pour déterminer la taille des protéines entières, Les résultats ont donc permis de confirmer la disposition
il faut se référer au montage témoin (absence de des trois protéines étudiées : la protéine 1 est située côté
traitement à la trypsine). À partir de la position des intracellulaire, la protéine 2 dispose d’une portion ancrée
bandes sur l’électrophorèse et des bandes de taille dans la membrane et d’une portion située sur la face
connue, on peut déterminer la taille des trois protéines extracellulaire et la protéine 3 est constituée d’une
étudiées : protéine 1 : 20 UA ; protéine 2 : 50 UA ; portion extracellulaire, d’une portion intramembranaire
protéine 3 : 180 UA. et d’une portion intracellulaire.

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Thème 2 ● Le Soleil, notre source d’énergie

4. LE RAYONNEMENT SOLAIRE
Activités p. 74 à 79 4. La valeur de la puissance radiative calculée dépend
de la hauteur du Soleil (donc de l’heure et du jour de
① La température du Soleil l’année), c’est-à-dire d’une manière générale de
1. J. Stefan est ici crédité comme étant le premier à avoir l’épaisseur d’atmosphère traversée au moment de la
déterminé la température du Soleil. Cependant, d’autres mesure. Elle dépend aussi de la présence de vapeur d’eau.
physiciens ou astronomes ont également estimé cette
température avant lui (Claude Pouillet, Jules Violle,
Angelo Secchi) en se basant sur d’autres lois de ③ La variation de la puissance radiative
rayonnement. reçue sur Terre
2. La longueur d’onde λmax dépend seulement de la Le document 1 montre que, contrairement à une idée
température du corps. spontanée, ce n’est pas la proximité de la Terre au Soleil
3. qui explique qu’il fasse plus chaud en été.
T (en K) 3 500 4 000 4 500 5 000 6 000 Ce sont la hauteur du Soleil (document 3) et la durée
1/T (× 10–4, en K–1) 2,86 2,50 2,22 2,00 1,67 d’ensoleillement (document 2) qui expliquent la variation
λmax (en nm) 900 800 700 600 500
des saisons et les différences de climats.
La variation de la hauteur du Soleil implique que l’énergie
4. Pour montrer la proportionnalité entre λmax et 1/T, il
apportée par le rayonnement est répartie sur une surface
faut tracer λmax en fonction de 1/T. La courbe obtenue est
plus ou moins grande, comme le montre le document 4.
approximativement une droite passant par l’origine,
validant bien la loi de Stefan.
5. La valeur estimée de la température du Soleil présente ④ La source d’énergie du Soleil
une très forte disparité car le calcul est basé sur des lois 1. Des réactions de fusion nucléaire.
différentes. Les méthodes de mesure étaient aussi moins 2. Le noyau d’hélium a une masse plus petite que celle
précises que de nos jours du fait d’instruments moins des quatre noyaux d’hydrogène dont il est issu. Ce fait,
performants. découvert expérimentalement, est expliqué par la théorie
6. Le spectre thermique du Soleil est enregistré depuis la d’Einstein : la différence de masse est transformée en
station spatiale, ce qui permet de ne pas être parasité par énergie. Cela entraîne que la masse du Soleil diminue.
l’atmosphère terrestre. De plus, il s’étend sur une large 3. La masse m perdue chaque seconde par le Soleil se
gamme de longueurs d’onde grâce à l’instrument SOLAR- 𝐸𝐸
calcule grâce à la relation d’Einstein, m = totale
2 . 𝑐𝑐
SOLSPEC. 3,87 × 1026 3,87 × 1026
7. La longueur d’onde au maximum de la courbe est λmax Ainsi m = (3 × 108 )2
= = 4,3 × 109 kg, soit environ
9 × 1016
= 500 nm, l’application de la loi de Wien donne TSoleil 4 millions de tonnes.
= 5 800 K. 4. Le projet ITER a pour but de reproduire, dans des
Penser la science conditions contrôlées, la fusion d’éléments légers comme
dans le Soleil.
L’établissement des lois de Wien ou de Planck résulte
5. La réaction envisagée dans ITER entre l’hélium 2 et 3
d’une collaboration étroite entre astronomes et
n’est pas tout à fait celle qui a lieu dans le Soleil
physiciens, tant d’un point de vue théorique
(document 2).
qu’instrumental. L’invention d’un instrument très sensible
6. Non. Au cœur du Soleil, la température est de l’ordre
pour mesurer l’énergie du rayonnement a été de ce point
de 15 millions de degrés, alors que dans le réacteur
de vue cruciale. Cet instrument a ensuite été
d’ITER, elle est 10 fois plus grande.
perfectionné, réduit en taille et automatisé de manière
7. Avantages : meilleurs rendements, abondance du
à pouvoir être embarqué dans des missions spatiales.
deutérium, moins de déchets polluants, pas de risque
d’accidents type Fukushima. Inconvénients : le coût,
② La mesure de la puissance radiative du Soleil produire le tritium en quantité industrielle, problème des
1. La température de la masse en laiton augmente au matériaux soumis à des conditions hors normes.
cours de l’expérience. Attention toutefois à laisser Pour G. Charpak, outre les difficultés techniques, l’argent
l’instrument dehors afin qu’il soit en équilibre thermique injecté dans ITER impacte le budget de la recherche.
avec l’air avant de réaliser la mesure. Penser la science
2. La puissance radiative P calculée dépend des conditions L’interprétation de certains climato-sceptiques ne semble
de l’expérience, notamment météorologiques. pas être confirmée par les courbes, car si la puissance
3. La puissance radiative par unité de surface PS se calcule radiative était responsable du changement climatique,
en divisant P par la surface S de la masse en laiton. alors la valeur moyenne de la température aurait dû
Elle est inférieure à la valeur hors atmosphère, qui vaut suivre la tendance à la baisse de la puissance radiative
1 360 W·m–2. depuis 2000.

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Chapitre 4 ● Le rayonnement solaire

Exercices p. 82 à 85 2. L’analogie nous permet de conclure que la puissance


est d’autant plus grande que l’angle est petit.
1 a. Vrai.
b. Faux, c’est l’inverse. 14 1. Vers 13 h 30.
c. Faux, cela allait de 1 200 °C jusqu’à plusieurs millions. 2. Le graphe suit la variation de hauteur du Soleil dans
le ciel.
2 1. b 2. a 3. c 4. a 5. c 3. La puissance électrique Pélectrique maximale est d’environ
0,7 MW, donc la puissance radiative reçue est :
3 1. Élément le plus léger 𝑃𝑃électrique
Pradiative = = 3,5 MW.
2. Se dit d’un spectre dépendant de la température 0,2
𝑃𝑃radiative 3,5 × 106
3. Réaction ayant lieu au cœur du Soleil 4. PS = = = 946 W·m–2.
𝑆𝑆 3 700
4. Rapport d’une énergie par un temps
5. Étoile la plus proche de nous 15 1. L’inclinaison optimale est 45°.
6. Le père de la relation E = mc2 2. Sous la latitude de 45°, les rayons du Soleil arrivent
avec un angle de 45° par rapport à la surface du sol.
4 La longueur d’onde au maximum d’intensité vaut λmax Il faut ainsi relever les panneaux d’un même angle pour
= 2,4 × 103 nm. que les rayons arrivent perpendiculairement et donc
offrent le meilleur rendement.
2,90 × 10−3
5 La température vaut T = = 4 296 K.
675 × 10−9
16 1. Ce sont des séries de températures.
6 1. Ptotale = 433 × 2 = 866 W. 2. Étendue : 4/24
2. La puissance sera également triplée. Moyenne : 25,1/14,3
Médiane : 25,5/11,5
7 La puissance radiative est maximale pour la première Premier quartile Q1 : 23/6
représentation, celle où les rayons sont perpendiculaires Troisième quartile Q3 : 27/22
à la surface. 3. Du fait de sa localisation, La Havane reçoit un
ensoleillement presque constant, les températures
8 L’énergie dégagée chaque seconde est : varient donc peu sur l’année.
E = Ptotale × ∆t = 3,87 × 1026 × 1 = 3,87 × 1026 J
𝐸𝐸 17 1. C = Prad × k = 402 × 3,5 = 1 407 W·m–2.
Donc m = 2 = 4,3 × 109 kg.
𝑐𝑐 2. L’erreur commise est de 2,7 %.

10 1. 18 1. Pétoile = PSoleil × 8 710 000 = 3,37 × 1033 W.


𝑡𝑡
2. L’étoile perd chaque seconde une masse m = Pétoile ×
𝑐𝑐 2
= 3,7 × 1016 kg.
3. Si l’étoile rayonne autant en 4 s que le Soleil en 1 an,
alors Pétoile × 4 = PSoleil × (365,35 × 24 × 3 600), ce qui
𝑃𝑃
donne un rapport de étoile = 7 889 400, ce qui confirme
𝑃𝑃Soleil
le fait que cette étoile émet bien plus d’énergie en 4 s
que le Soleil en 1 an.

19 1. Les deux réactifs sont le deutérium et le tritium.


2. La fusion peut produire 4 millions de fois plus d’énergie
que la combustion de pétrole, gaz naturel ou charbon.
2. La courbe représente une relation de proportionnalité. 3. Énergie libérée E :
3. La température de surface de Deneb vaut T = 8 534 K. E = [(1,67493 + 6,64648) – (3,34358 + 5,00736)] × 10–27
× (3 × 108)2 = 2,6577 × 10–12 J.
1
11 1. λmax = 50 nm. 4. N = −27 = 2,99696 × 10 .
26
5,00736 × 10
2. Non, elle est inférieure à λ = 400 nm (violet). 5. Et = E × N = 2,6577 × 10–12 × 2,99696 × 1026
= 7,9650 × 1014 J.
12 1. On mesure λmax = 0,28 µm, on trouve alors que 𝐸𝐸t 7,9650 × 1014
T = 10 350 K. 6. messence = = = 1,80 × 107 kg
𝐸𝐸combustion 4,73 × 107
2. La présence de raies d’absorption permet de conclure = 18 millions de kg.
à l’existence d’entités chimiques dans l’atmosphère de 7. L’ordre de grandeur est presque respecté, on trouve
l’étoile. 18 millions alors qu’il est annoncé 4 millions. La différence
peut venir des données initiales (pouvoir calorifique).
13 1. La surface est atteinte par 7 rayons noirs.

© Éditions Hatier, 2019. 22


Thème 2 ● Le Soleil, notre source d’énergie

5. LE BILAN RADIATIF TERRESTRE


Activités p. 88 à 95 6. • Méthode 1 (bilan énergétique)
342 W·m–2 = 103 W·m–2 + 64 W·m–2 + puissance
① Le Soleil, la source d’énergie de la Terre surfacique absorbée par les continent et les océans.
1. La vie sur Terre s’est développée grâce à une D’où la valeur de 175 W·m–2.
température moyenne adaptée (liée à la distance au • Méthode 2
Soleil) et à la présence d’eau liquide à sa surface. La puissance du rayonnement absorbé par la Terre
(atmosphère, continents et océans) est égale à
2. Les principaux types de rayonnement émis par le Soleil
342 × 0,7 ≈ 239 W·m–2.
sont l’infrarouge (51 %) et le visible (41 %).
Or l’atmosphère absorbe environ 64 W·m–2, donc la
La longueur d’onde (480 nm) du maximum d’intensité du
puissance surfacique absorbée par les continents et
rayonnement solaire appartient au domaine visible (400-
les océans est égale à 239 – 64 = 175 W·m–2
700 nm).
3. La puissance du rayonnement solaire (PS) reçu par la Penser la science
Terre dépend de la distance Terre-Soleil (dTS) et du rayon Lorsque les glaces fondent, les surfaces blanches sont
de la Terre (RT). remplacées par des surfaces plus sombres qui diffusent
moins le rayonnement solaire. Si l’albédo diminue, le
4. PS est inversement proportionnelle à 𝑑𝑑 2𝑇𝑇𝑇𝑇 : lorsque dTS climat peut être modifié.
augmente, PS diminue.
5. La valeur de PTerre est donnée par la relation
𝑅𝑅𝑇𝑇 2 ③ Rayonnements absorbés et émis
𝑃𝑃Terre = 9,68 × 1025 × � � par la surface terrestre
𝑑𝑑𝑇𝑇𝑇𝑇
2
6,4 × 106
soit 𝑃𝑃Terre = 9,68 × 1025 × � � = 1,8 × 1017 W. 1. Le document 1 explique que le rayonnement incident
1,5 × 1011
absorbé par le sol provoque l’échauffement des océans
𝑃𝑃Terre 1,8 × 1017
6. = = 0,45 × 10−9 . et des continents.
𝑃𝑃Soleil 3,87 × 1026
Comme tout corps chauffé, la surface terrestre émet ainsi
La puissance du rayonnement reçu par la Terre est
un rayonnement infrarouge vers l’espace.
infime : moins d’un milliardième.
Le spectre du document 2 montre une émission
Penser la science infrarouge terrestre avec un pic situé dans le domaine de
Les sommes colossales allouées à la recherche spatiale longueurs d’onde d’environ 10 µm.
font débat car les citoyens se posent la question de leur 2. Nous observons, sur le document 3, une faible valeur
utilité. Les applications de la recherche spatiale, de puissance émise au niveau des pôles (entre 150 et
nombreuses dans la vie courante, sont méconnues. 200 W·m–2) et une forte valeur de puissance réémise au
Les budgets questionnent lorsque certains humains sont niveau de l’équateur (entre 250 et 300 W·m–2).
toujours victimes de famines, maladies, etc. et que la Or, nous savons qu’en fonction des climats, la
recherche médicale, par exemple, manque de moyens température au sol est inférieure aux pôles par rapport
financiers. à celle de l’équateur.
Nous pouvons conclure que plus la température du sol est
② La planète Terre face au rayonnement élevée, plus la puissance du rayonnement infrarouge émis
solaire sera importante.

1. L’atmosphère terrestre est un bouclier car elle absorbe 3. Dans la réalité, la lampe représente le soleil, la cloche
les rayonnements les plus dangereux pour la vie sur Terre. en verre représente l’atmosphère et la feuille noire
représente le sol terrestre.
2. L’atmosphère est plus ou moins transparente pour les
rayonnements allant de l’ultraviolet aux ondes radio. 4. Sur les résultats de la modélisation, on observe que
la température de la feuille noire (du sol) s’élève plus
3. Les pôles étant recouverts de neige (couleur blanche), en présence de la cloche de verre (atmosphère).
l’albedo est plus important. Au bout de 20 mn, la température est de 27 °C avec la
4. Le rayonnement solaire qui n’est pas diffusé vers cloche de verre, alors qu’elle n’est que de 25 °C sans la
l’espace est absorbé par la Terre (atmosphère, continents cloche.
et océans). Sur Terre, l’albédo vaut 30 %, donc 70 % du On peut en déduire que l’atmosphère (modélisée par
rayonnement solaire est absorbé par la Terre. la cloche de verre) élève la température de la Terre.
5. En utilisant la définition de l’albédo, la puissance 5. En utilisant les données du document 4, décrivant
surfacique du rayonnement diffusé vers l’espace par la l’existence de gaz particuliers (CO2, H2O) qui absorbent
Terre est 𝑃𝑃diffusée = 342 × 𝐴𝐴 = 342 × 0,3 ≈ 103 W·m–2. les rayons infrarouges issus de la surface, provoquant
ainsi un échauffement de l’atmosphère, puis l’émission

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Chapitre 5 ● Le bilan radiatif terrestre

de nouveaux rayons infrarouges, on peut proposer le Le bilan radiatif global est donc équilibré puisque la Terre
schéma suivant. émet autant de puissance qu’elle en reçoit.
3. Les résultats de la modélisation montrent qu’un sol
glacé aux pôles (sucre blanc – 90 %) présente un plus fort
albédo qu’un couvert végétal équatorial (feuilles – 12 %).
De plus, les pôles reçoivent une plus faible puissance
solaire que l’équateur (187 W·m–2 contre 439 W·m–2) .
On en déduit qu’au niveau des pôles, le sol reçoit peu
de puissance et en émet beaucoup, son bilan radiatif est
donc déficitaire (–100 W·m–2 sur le document 2),
contrairement à l’équateur où le sol reçoit une forte
puissance solaire et en émet peu par albédo (bilan
excédentaire, +100 W·m–2, document 2).
4. La Terre et la Lune sont à même distance du Soleil, elles
reçoivent donc la même puissance solaire. Par contre, la
Lune, n’ayant pas d’atmosphère, présente un faible effet
de serre. Il n’y a pas échauffement du sol par
Penser la science l’atmosphère, d’où une température plus faible que celle
de la Terre, qui présente une atmosphère.
La démarche expérimentale est composée de plusieurs
étapes : observation, hypothèse, expérimentation (ne 5. L’albédo dépend de la nature de la surface qui, en
faisant varier qu’un paramètre et utilisant un témoin), réfléchissant plus ou moins le rayonnement solaire, fait
résultats, interprétation et conclusion. varier la puissance absorbée par le sol, et donc sa
Dans la mise en place de la mesure expérimentale de température. L’effet de serre, fonction de la teneur en
l’effet de serre, il s’agit de déterminer la cause de l’effet certains gaz (CO2 et H2O) peut faire augmenter la
de serre. température au sol, en fonction de la puissance du
L’hypothèse testée est la suivante : l’atmosphère joue un rayonnement infrarouge émis par l’atmosphère.
rôle dans le réchauffement de la Terre (effet de serre). Penser la science
Dans le modèle utilisé, la cloche représente l’atmosphère. Le document 3 indique que, sans atmosphère, il devrait
La température au niveau de la feuille noire (qui faire normalement –17 °C en moyenne sur la Terre, et
représente le sol de la planète) est mesurée au cours qu’il y fait en moyenne 15 °C. La seule différence avec
du temps. la Lune, qui est à la même distance du Soleil que la Terre,
Deux situations sont élaborées : est la présence d’une atmosphère. Ce réchauffement lié
① En présence d’une cloche à l’atmosphère est appelé effet de serre. Ce phénomène
② Sans cloche naturel permet une température moyenne de 15 °C :
La deuxième situation correspond au témoin et va l’effet de serre a donc été un facteur naturel vital pour le
permettre de conclure que, s’il y a un effet dans la développement de la vie sur la Terre.
situation 1, il est lié à la présence de la cloche en verre. Aujourd’hui, les activités de l’espèce humaine produisent
Dans cette expérience, il n’y a qu’un seul paramètre qui des gaz à effet de serre qui amplifient l’effet de serre
varie entre les deux situations : la présence ou l’absence naturel. On qualifie donc cet effet de serre anthropique
de la cloche. d’additionnel car il s’ajoute à l’effet de serre naturel qui
Les résultats montrent que la température augmente plus permet que la température moyenne de la Terre soit de
vite dans la situation 1. 15 °C. Cette amplification de l’effet de serre naturel
On peut donc conclure que la présence de la cloche de provoque un réchauffement climatique rapide.
verre augmente la température au niveau de la feuille
noire.

④ Le bilan radiatif de la Terre


Exercices p. 98 à 103

1. Document 1 : en un point donné, les rayonnements 1 1. b 2. a


reçus qui influencent la température, sont le rayon solaire
transmis (domaine du visible) et les rayons infrarouges 2 1. b 2. a et c 3. c
issus de l’effet de serre.
3 1. La surface de la sphère de rayon dTS est :
2. Document 1 : la surface terrestre absorbe une 2
𝑆𝑆sphère = 4π𝑑𝑑TS = 4 × π × (1,5 × 1011 )2
puissance de 391 W·m–2 (171 W·m–2 issus du rayon solaire ≈ 2,8 × 10 m23 2
transmis et 220 W·m–2 issus des rayons infrarouges de 𝑃𝑃Soleil 3,87 × 1026
l’effet de serre) et elle émet une puissance de 391 W·m–2. 2. La puissance surfacique est 𝑃𝑃𝑆𝑆 = =
𝑆𝑆sphère 2,8 × 1023
≈ 1 400 W·m–2 (constante solaire)

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Thème 2 ● Le Soleil, notre source d’énergie

3. Seuls les rayons qui traversent le disque imaginaire 10 1. La puissance surfacique du rayonnement solaire
de rayon RT atteignent la Terre. La puissance est : sur Mercure est d’environ 104 W·m–2.
𝑃𝑃Terre = 𝑃𝑃S × π × 𝑅𝑅T2 = 1 400 × π × (6,4 × 106 )2 2. Avec 𝑑𝑑 ≈ 2,3 × 108 km = 2,3 × 1011 m, sur Mars
≈ 1,8 × 1017 W 𝑃𝑃S =
3,1 × 1025 3,1 × 1025
= (2,3 ≈ 600 W·m–2.
𝑑𝑑 2 × 1011 )2

4 1. La puissance du rayonnement renvoyé vers l’espace


est égale à 342 × 0,3 ≈ 103 W·m–2. 11 1. Cela permet de vérifier la reproductibilité des
2. La Terre (atmosphère, continents et océans) absorbe mesures expérimentales.
donc 342 − 103 = 239 W·m–2. 2. Les résultats expérimentaux sont reproductibles aux
incertitudes de mesure près.
5 1. Le rayonnement émis par la Terre est situé dans le 3. Les mesures étant reproductibles, Claude Pouillet
domaine infrarouge. Il a pour origine l’échauffement de utilise une loi mathématique pour les modéliser.
la surface par le rayon solaire incident. 4. Les mesures sont effectuées à la surface de la Terre, or
2. Le bilan radiatif est la différence entre la puissance l’atmosphère absorbe une partie du rayonnement solaire.
reçue et la puissance réémise par la surface terrestre. Les résultats dépendent donc de l’épaisseur de
3. L’équateur (entre 10 et 30° latitude) reçoit plus de l’atmosphère traversée par le rayonnement.
rayonnement qu’il n’en émet. Pour les pôles (entre 60 et
80° latitude) on observe l’inverse. À la latitude 40°, il y a 12 1. L’albédo dépend de la position sur Terre, il n’est
équilibre entre les rayons émis et les rayons reçus. donc pas uniforme.
4. À l’équateur, le bilan radiatif est positif, la température 2. L’albédo est plus important au niveau des pôles, où
est importante (supérieure à 15 °C). Aux pôles, le bilan les surfaces sont les plus claires (présence de neige).
radiatif est négatif, la température est faible (inférieure à
15 °C). À la latitude 40°, le bilan est nul, la température 13 D’après le doc. 1, la neige recouvre une surface (sol et
rejoint la température moyenne de la Terre (15 °C). océan) plus importante en janvier.
5. Voir le schéma-bilan p. 97 du manuel. D’après le doc. 2, la neige a un albédo plus important que
le sol nu et l’océan. La puissance du rayonnement diffusé
vers l’espace est donc plus importante en janvier qu’en
septembre.

14 1. Plus la surface est claire, plus l’albédo est important.


2. La déforestation a tendance à augmenter l’albédo :
« deforestation tends to increase the Earth albedo ».
La présence de neige augmente la valeur de l’albédo.

15 1. L’albédo.
2.
Surface
7 1. Figure a : diffusion Figure b : réfraction Nuages Air
terrestre
2. La figure a illustre l’arrivée du rayonnement sur un
nuage. A 20 % 4% 6%
Pdiffusée
68,4 13,7 20,5
8 1. L’atmosphère absorbe totalement le rayonnement (en W·m–2)
entre environ 9 × 10–5 m et 9 × 10–4 m (infrarouge). Ptotale
68,4 + 13,7 + 20,5 = 103
L’atmosphère transmet totalement le rayonnement entre (en W·m–2)
environ 10–1 m et 101 m (ondes radio). 3. La puissance du rayonnement diffusé vers l’espace est
2. L’atmosphère transmet certains rayonnements et égale à 342 × 0,3 ≈ 103 W·m–2.
en absorbe d’autres. Elle agit donc comme un filtre 4. Les résultats sont identiques.
à rayonnements.
16
9 1. La molécule d’eau absorbe plus le rayonnement Planète Terre Mars
infrarouge que la molécule de dioxyde de carbone. Distance au Soleil (en m) 1,5 × 1011 2,3 × 1011
2. D’après les courbes d’absorption, l’eau et le dioxyde Rayon (en m) 6,4 × 106 3,4 × 106
de carbone n’absorbent pas dans l’ultraviolet. Ces deux 𝑃𝑃reçue par la Terre
molécules ne nous protègent donc pas contre les Le rapport des puissances est
𝑃𝑃reçue par Mars
ultraviolets. 𝑅𝑅 2 𝑅𝑅 2
6,4 × 106
2
9,68 × 1025 × � Terre � � Terre � � �
3. Les courbes d’absorption des deux molécules sont =
𝑑𝑑TS
2 =
𝑑𝑑TS
2 = 1,5 × 1011
2 ≈ 8,3
𝑅𝑅 𝑅𝑅 3,4 × 106
différentes, elles ont donc des propriétés physiques 9,68 × 1025 × � Mars �
𝑑𝑑MS
� Mars �
𝑑𝑑MS �
2,3 × 1011

différentes. La puissance du rayonnement solaire reçue par la Terre
est environ 8 fois plus grande que celle reçue par Mars.

© Éditions Hatier, 2019. 25


Chapitre 5 ● Le bilan radiatif terrestre

17 1. Dans l’expérience, le sable représente la surface de lumineuse mesurée est inférieure (800 lux) à celle
Tatooine, l’eau celle de Kamino, les feuilles d’arbre celle mesurée sans fumée (1 102 lux). Or on sait que ce
de la Lune d’Endor et le sucre blanc, le sol glacé de Hoth. rayonnement visible apporte une certaine énergie à la
2. Dans cette expérience, le paramètre mesuré est le surface. On peut en déduire que la fumée empêche le
pourcentage de rayonnement réfléchi par la surface. passage des rayons lumineux. Donc la présence d’aérosols
Il s’agit donc de l’albédo. (fumée) diminue la puissance du rayon incident arrivant
3. On sait que plus le pourcentage de rayon réfléchi par la sur la surface terrestre.
surface est important, moins il y a de rayon absorbé par le 2. Les végétaux utilisent l’énergie solaire pour réaliser la
sol. L’échauffement du sol est donc plus faible, de même photosynthèse. La présence d’aérosols diminue l’apport
que sa température. Ainsi, sur Hoth, l’albédo est d’énergie lumineuse disponible pour les végétaux, et ainsi
important (sol glacé, 76 %), la température au sol est diminue l’intensité de photosynthèse. De plus, on observe
faible, –52 °C) alors que sur Kamino, l’albédo est faible que le nuage de cendres, émis par le volcan, s’étend
(eau, 7 %) et la température au sol est plus importante progressivement. Une éruption volcanique peut donc
(34 °C). avoir des répercussions globales, avec l’obscurcissement
qui peut s’étendre. Le monde végétal global peut être
18 On observe que Vénus et Mars ont une proportion touché par une baisse de photosynthèse.
atmosphérique similaire en CO2 (environ 95 %), mais 3. Les végétaux chlorophylliens étant à la base des
l’atmosphère de Vénus est beaucoup plus dense que celle réseaux trophiques, les autres niveaux de producteurs
de Mars (9 × 106 Pa pour Vénus contre 6 × 103 Pa pour dépendent de l’intensité de la photosynthèse. Si celle-ci
Mars). Il y a donc beaucoup plus de molécules de CO2 sur diminue, suite à une éruption volcanique, les ressources
Vénus que sur Mars. Or, on sait que le CO2 est un gaz alimentaires diminuent, ce qui peut être à l’origine
impliqué dans l’effet de serre, qui tend à augmenter la d’extinctions massives.
température d’une planète. On peut donc expliquer les
différences de températures théorique (40 °C, sans action 20 1. et 2. Voir le schéma ci-dessous.
atmosphérique) et réelle (+480 °C, avec action de 3. On observe que les activités humaines augmentent
l’atmosphère) pour Vénus par la présence d’une la teneur atmosphérique en CO2, très rapidement par
atmosphère riche en CO2 qui échauffe la surface de la rapport aux temps géologiques observés. La combustion
planète. Par contre, les températures réelle et théorique des combustibles fossiles, réalisée depuis un peu plus
de Mars sont équivalentes (entre –55 °C et –60 °C), d’un siècle, libère une forte quantité de CO2, alors que
puisqu’il n’y a que peu d’action d’échauffement par effet le stockage par fossilisation est beaucoup plus lent. La
de serre lié à une atmosphère peu présente. déforestation supprime certains végétaux,
consommateurs de CO2 par photosynthèse, ce qui
19 1. Dans la modélisation, la fumée représente les accentue l’enrichissement atmosphérique en CO2.
aérosols émis par le volcan ; la lampe représente le Or, le CO2 est un gaz à effet de serre, ce phénomène
soleil (rayonnement solaire) ; le luxmètre représente d’effet de serre est ainsi accentué par les activités
la surface terrestre et la boîte de Pétri représente humaines, ce qui entraîne une augmentation de la
l’atmosphère. On observe qu’avec la fumée l’intensité température terrestre.

Exercice 20, questions 1 et 2 Schéma du cycle du carbone

© Éditions Hatier, 2019. 26


Thème 2 ● Le Soleil, notre source d’énergie

6. UNE CONVERSION BIOLOGIQUE DE L’ÉNERGIE


SOLAIRE : LA PHOTOSYNTHÈSE
Activités p. 106 à111 ② La photosynthèse à l’échelle planétaire
① La feuille, lieu de conversion de l’énergie – Doc. 1 : le premier maillon d’une chaîne alimentaire est
un végétal chlorophyllien quel que soit le réseau
1. Doc. 1, 2 et 5 – L’énergie incidente sur une feuille est
trophique. Ce dernier est un producteur primaire qui
diffusée, absorbée et transmise.
réalise la photosynthèse. La matière chimique produite
10 % de l’énergie lumineuse incidente sur une feuille sont
est à disposition des maillons suivants (consommateurs).
diffusés.
– Doc. 2 : quel que soit le consommateur d’une chaîne
27 % de l’énergie lumineuse incidente sur une feuille sont
alimentaire, seuls 10 % de la matière organique sont
transmis.
utilisés par l’être vivant pour produire sa propre matière
L’énergie lumineuse absorbée par une feuille est donc de
(croissance et entretien).
63 %.
– Doc. 3 : seule une petite partie de l’énergie chimique
Or, sur les 63 % d’énergie lumineuse absorbée par la
produite par le producteur est utilisée par le maillon
feuille, 17 % sont émis sous forme d’un rayonnement
suivant de la chaîne alimentaire (10 %). Il existe ainsi un
infrarouge et 45 % permettent l’évaporation de l’eau
flux d’énergie chimique d’un maillon à l’autre quelle que
contenue dans la feuille (= évapotranspiration de l’eau).
soit la chaîne alimentaire.
Ainsi, seul 1 % de l’énergie lumineuse incidente est utilisé
– Doc. 4 : il existe une zonation de la productivité primaire
pour la photosynthèse.
nette dans les océans et les continents. Mais seulement
2. Doc. 3 – La solution de chlorophylle brute absorbe 0,1 % de la puissance solaire totale est utilisée par les
principalement les radiations lumineuses dans le bleu et organismes chlorophylliens.
dans le rouge, soit respectivement entre 400 et 500 nm et – Doc. 5 : on note une augmentation de la surface foliaire
entre 650 et 800 nm. sur 27 ans à l’échelle du globe liée à un taux de dioxyde
3. Doc. 3, 4 et 6 – On constate que le spectre d’absorption de carbone atmosphérique croissant.
d’une élodée et son spectre d’action se superposent. – Doc. 6 : l’atmosphère primitive de la Terre ne contenait
On observe deux pics de dégagement de dioxygène qui pas de dioxygène. Son apparition dans l’océan est liée à
correspondent aux longueurs d’onde absorbées par les des cyanobactéries photosynthétiques il y a environ
pigments chlorophylliens des feuilles d’élodée (entre 400 3,8 Ma. À partir de 2,2 Ga, le dioxygène s’est accumulé
et 500 nm dans le bleu, et entre 650 et 700 nm dans le dans l’atmosphère.
rouge). Penser la science
On en déduit que ce sont les pigments chlorophylliens de Le taux de CO2 atmosphérique augmente à cause des
la feuille qui absorbent les longueurs d’onde situées dans activités anthropiques. Comme c’est un gaz à effet de
le bleu et dans le rouge et qui permettent la serre, il contribue au réchauffement climatique rapide
photosynthèse. Celle-ci aboutit à la synthèse d’une à l’œuvre aujourd’hui. Cette accumulation de CO2
molécule organique, le glucose. Cette molécule est atmosphérique semble donc être un événement
ensuite transformée en molécules organiques variées défavorable.
selon le type de plante. La photosynthèse permet l’entrée Cependant, les végétaux verts utilisent le CO2
dans la biosphère de matière minérale stockant de atmosphérique pour réaliser leur photosynthèse et
l’énergie sous forme chimique. croître. L’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère
4. Schéma-bilan augmente ainsi les niveaux de photosynthèse à l’échelle
planétaire et la surface foliaire augmente en
conséquence, comme le montre le document 5. Les
végétaux se développent donc davantage avec un taux
de CO2 plus important. Or les végétaux sont des
producteurs primaires et sont à la base des chaînes
alimentaires. Plus les végétaux se développent et plus les
chaînes alimentaires disposent de matière et d’énergie.
Les consommateurs primaires et secondaires peuvent
ainsi bénéficier de ressources alimentaires accrues.
De ce point de vue, l’augmentation du taux de CO2
atmosphérique peut être considérée comme un
événement favorable pour la biosphère, c’est-à-dire pour
l’ensemble des êtres vivants de la planète Terre.

© Éditions Hatier, 2019. 27


Chapitre 6 ● Une conversion biologique de l’énergie solaire : la photosynthèse

③ La fossilisation de la matière organique 3 a. Le végétal vert convertit le rayonnement solaire


végétale absorbé en énergie chimique : on dit que le végétal vert
est autotrophe.
1. • Doc. 1, 2 et 3 – Les atomes des combustibles fossiles
b. Le végétal vert est à la base des chaînes alimentaires :
sont : C, H, O, N et S. Ils sont constitutifs des molécules
c’est un producteur primaire qui, par photosynthèse,
organiques. Le carbone est l’élément majoritaire quel que
produit sa matière organique à partir de matières
soit le combustible fossile.
minérales.
• Doc. 2 – Feuille de fougère fossilisée dans un échantillon
de charbon témoin d’une origine biologique de la roche.
4
• Doc.3 – Les molécules constituant la chlorophylle
(l’anneau de porphyrine et la chaîne latérale de phytol),
sont des molécules fossilisées constitutives du pétrole. La
structure moléculaire de l’anneau de porphyrine se
retrouve dans la porphyrine de vanadium du pétrole.
2. • Doc. 4 – On constate une alternance de veines de
charbon (quatre) et de roches sédimentaires (cinq) au
niveau de l’affleurement : la formation du charbon est
cyclique. Les roches de l’affleurement sont datées
d’environ 300 millions d’années, fin du Carbonifère. À
cette époque, la France se situe en zone tropicale (climat
chaud et humide). La végétation y est donc luxuriante.
• Doc. 5 – Une forêt tropicale s’implante en bordure de
marécage (300 Ma). À leur mort, les débris végétaux se
déposent au fond de l’eau, puis sont recouverts de boues 5 – Le carotane, molécule présente dans certains pétroles,
et de sédiments fins (argiles) ; la biomasse, emprisonnée a la même structure moléculaire que les caroténoïdes qui
dans un milieu pauvre en dioxygène, sous l’action de sont des pigments photosynthétiques présents dans les
fortes températures et de fortes pressions, n’est pas feuilles des végétaux verts, des algues et du
décomposée et se transforme lentement en charbon. phytoplancton.
Un cycle dure environ 50 millions d’années. Sur la photo – Le gammacérane, molécule présente dans certains
du doc. 4, l’affleurement de Graissessac s’est donc formé pétroles, a la même structure que le tétrahymanol,
sur une période de 200 millions d’années environ. biomolécule synthétisée par des micro-organismes
3. La biomasse fabriquée par la forêt tropicale au cours planctoniques (ciliés).
de la photosynthèse est à l’origine du charbon. Remarque
Le tétrahymanol (C30H52O) est un lipide membranaire
des ciliés marins.
Exercices p. 114 à 117 Ces observations attestent d'une origine biologique
du pétrole qui s'est formé par décomposition et
1 1. d 2. a 3. c 4. c transformation d'organismes marins planctoniques
qui se sont accumulé dans des bassins sédimentaires.
2 1. et 2.
6 Conditions de formation d’un combustible fossile :
– accumulation de matière organique végétale (et
animale dans le cas du pétrole) dans des sédiments à
l’abri du dioxygène ;
– enfouissement de cette biomasse sous des sédiments ;
– l’enfoncement s’accompagne d’une augmentation de
pression et de température : « effet pyrolyse » ;
– en profondeur, dans certaines conditions de
température et de pression, et en absence de dioxygène :
transformation de cette biomasse progressivement
pendant des dizaines de millions d'années en
combustibles fossiles. Ainsi, la matière organique
s’appauvrit en oxygène et hydrogène et s’enrichit
relativement en carbone.
On constate que l'anthracite est une variété de charbon
ayant un taux de carbone bien supérieur à celui du lignite.

© Éditions Hatier, 2019. 28


Thème 2 ● Le Soleil, notre source d’énergie

Le taux de carbone présent dans un charbon dépend de comprises entre 450 et 580 nm, soit les radiations vertes
la température, de la pression et de la durée de formation d’une part, et les radiations jaunes de 600 nm d’autre
de ce dernier. part. Les radiations vertes n’étant pas absorbées par
Or, l'anthracite s'est formé il y a 300 millions d'années l’eau, les algues rouges peuvent donc réaliser la
alors que le lignite s'est formé il y a 60 millions d'années. photosynthèse et se développer jusqu’à 30 m de
Il en résulte un taux de carbone plus élevé dans profondeur.
l'anthracite que dans le lignite.
9 1. Un végétal chlorophyllien éclairé absorbe 63 %
8 Les algues vertes occupent les strates du littoral jusqu’à de l’énergie lumineuse reçue.
10 m de profondeur ; elles possèdent les chlorophylles a Pourcentage d’énergie absorbée pour réaliser la
et b ainsi que du carotène. photosynthèse :
Les algues rouges se répartissent jusqu’à 30 m de 100 – (71,4 + 27) = 1,6
profondeur. Elles ne contiennent pas les mêmes pigments 63×1,6
= 1,008 %
photosynthétiques que les algues vertes et renferment : 100
du carotène, de la phycoérythrine et de la phycocyanine. 2.
71,4×63
= 44,98 = 45 % environ
100
– Doc. 1 : jusqu’à 5 mètres de profondeur environ, toutes
les radiations lumineuses du spectre de la lumière
10 1. Les résultats des chromatographie d’une feuille de
blanche pénètrent dans l’eau.
chêne et d’une feuille de prunier pourpre sont identiques.
Puis, à partir de 10 m de profondeur, on observe la
On retrouve : en a : la chlorophylle a ; en b : la
disparition des radiations bleues et rouges ; à 15 m de
chlorophylle b ; en c : les xanthophylles ; en d : les
profondeur, celle des radiations jaunes.
carotènes.
Au-delà de 15 m de profondeur jusqu’à 25 m de
Ces quatre pigments sont des pigments chlorophylliens
profondeur, seules les radiations vertes pénètrent dans
nécessaires pour réaliser la photosynthèse.
l’eau.
2. Les chloroplastes de ces deux feuilles contiennent les
La plupart des radiations lumineuses disparaissent
mêmes pigments chlorophylliens.
progressivement avec la profondeur de l’eau car elles sont
Les cellules de feuille de prunier referment dans leur
absorbées par l’eau, sauf les radiations vertes de
vacuole des pigments (anthocyanes) qui masquent les
longueurs d’onde comprises entre 500 et 580 nm.
pigments chlorophylliens sans altérer la réaction
– Doc. 2 : les algues vertes présentent deux pics
photosynthétique.
d’intensité photosynthétique maximale pour les
longueurs d’onde suivantes : 450 nm et 680 nm.
11 – Doc. 1 et 3 : le pétrole s’est formé à partir de
Alors que pour les algues rouges, l’intensité
l’accumulation de phytoplancton mort enfoui dans des
photosynthétique maximale se situe entre 480 et 580 nm.
sédiments marins qui seront à l’origine d’argile. Sous
– Doc. 3 : la chlorophylle a absorbe 60 % des radiations de
l’augmentation de la température et de la pression, la
courte longueur d’onde (425 nm) et 50 % des radiations
matière organique est progressivement transformée
de 680 nm de longueur d’onde (dans le rouge).
grâce au phénomène de pyrolyse en kérogène puis en
La chlorophylle b absorbe 80 % des radiations de longueur
pétrole dans des roches-mères.
d’onde 450 nm (dans le bleu).
Le pétrole formé migre ensuite vers la surface en circulant
Les caroténoïdes présentent deux pics d’absorption
entre les particules minérales de roches comme des grès
(60 %) des radiations de courte longueur d’onde à 430 nm
dans lesquelles il existe des pores.
et 475 nm.
Cependant, pour que des gisements de pétrole se
Les algues vertes ayant les chlorophylles a, b et des
forment, celui-ci ne doit pas migrer vers la surface et doit
caroténoïdes, absorbent principalement les radiations
s’accumuler dans des roches perméables et poreuses
dans le violet et dans le bleu entre 425 et 480 nm d’une
recouvertes d’une couche de roches imperméables
part, puis d’autre part, avec la chlorophylle a, absorbent
comme des marnes.
les radiations dans le rouge aux alentours de 680 nm.
– Doc. 2 : dans la région prospectée, on observe dans le
Or, les radiations bleues (entre 450 et 500 nm) et les
sous- sol à l’ouest et à l’est du plan de faille
radiations rouges (entre 650 et 680 nm) étant absorbées
successivement (de bas en haut) : une couche d’argiles,
par l’eau à moins de 10 m de profondeur, les algues
puis de grès et marnes.
vertes ne peuvent donc plus réaliser la photosynthèse au-
D’après les doc. 1 et 3, il se peut que la région prospectée
delà de 10 m de profondeur.
contienne du pétrole. Un forage vertical à l’ouest du plan
Les algues rouges qui possèdent la phycoérythrine et la
de faille semble le plus approprié.
phycocyanine absorbent respectivement les radiations

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Thème 2 ● Le Soleil, notre source d’énergie

7. LE BILAN THERMIQUE DU CORPS HUMAIN


Activités p. 120 à 125 Afin de tester l’effet antipyrétique de l’acétanilide,
il aurait fallu construire un protocole scientifique
① Le corps humain, un échangeur thermique permettant de conclure que cette molécule a bien
1. Le principal mécanisme de gain d’énergie thermique l’effet attendu.
provient de la conversion d’énergie chimique contenue L’hypothèse testée serait donc la suivante : l’acétanilide
dans les aliments. Il existe d’autres sources d’énergie permet de diminuer la fièvre.
thermique externes (objets environnants). Elles sont Dans le protocole, il faudrait un groupe expérimental
minoritaires. Les mécanismes de pertes d’énergie et un groupe témoin, et ne faire varier qu’un seul
thermique sont la conduction, la convection, le paramètre.
rayonnement et l’évaporation. En utilisant des modèles animaux, il serait possible
d’inoculer un pathogène à deux groupes de souris et
2.
de mesurer l’évolution de la température corporelle
au cours du temps. Deux situations doivent être
élaborées :
① Injection d’acétanilide pour un groupe
② Injection d’eau pour l’autre groupe
La deuxième situation correspond au témoin et va
permettre de conclure que, s’il y a un effet dans la
situation 1, il est lié à l’injection d’acétanilide.
Les échanges thermiques Dans cette expérience, il n’y a qu’un seul paramètre
entre le corps humain et le milieu extérieur qui varie entre les deux situations : la présence ou
3. Le bilan thermique correspond à la différence entre l’absence d’acétanilide.
les gains et les pertes d’énergie thermique. Si les résultats montrent que la température diminue
Chez l’humain, il est équilibré, ce qui veut dire que les plus vite dans la situation 1, alors on pourrait conclure
gains sont compensés par les pertes d’énergie thermique. que l’acétanilide a bien un effet antipyrétique.
Cela permet notamment de maintenir la température
corporelle constante. ② La libération d’énergie thermique
4. Les endothermes sont des animaux capables de par le métabolisme
produire leur propre énergie thermique à partir de leur
1. La température relevée au niveau de la peau au repos
métabolisme. Celle-ci est en permanence régulée par un
est d’environ 29 °C, alors qu’après un effort physique
mécanisme de contrôle appelé thermorégulation.
elle atteint environ 31 °C. Il y a donc eu une production
5. La thermorégulation permet le maintien de la d’énergie thermique lors de cet effort physique.
température corporelle autour de 37 °C (température
2. Le surpoids est lié au stockage de lipides. Pour perdre
de référence). Elle fait intervenir des capteurs sensoriels
du poids, il faut privilégier une activité physique
(peau, organes profonds) capables de détecter des écarts
permettant l’utilisation des lipides stockés.
de température par rapport à cette température de
Ainsi, d’après le document 1, il faut pratiquer un exercice
référence. Dans ce cas, un message est transmis à
suffisamment longtemps pour avoir ce bénéfice (environ
l’hypothalamus qui déclenche soit la thermolyse
50 minutes). On peut penser à la course à pied, par
(mécanisme permettant de diminuer la température du
exemple, plutôt qu’à un exercice court et violent.
corps), soit la thermogenèse (mécanisme permettant
d’augmenter la température du corps) afin de rétablir la 3. La dégradation du glucose lors de la respiration est
température corporelle à la normale. complète et elle aboutit à la formation de 38 molécules
d’ATP.
Penser la science
Sachant que l’hydrolyse d’une molécule d’ATP libère
La sérendipité est le fait de réaliser une découverte 30,5 kJ·mol–1 d’énergie utilisable par les cellules, dans
scientifique ou une invention technique de façon le cas de la respiration la dégradation du glucose permet
inattendue, à la suite d'un concours de circonstances la libération de 1 159 kJ·mol–1 (38 × 30,5).
fortuites, et très souvent dans le cadre d'une recherche Dans le cas d’une fermentation alcoolique, seules deux
concernant un autre sujet. molécules sont fabriquées à la suite de la dégradation
Dans l’exemple fourni, l’acétanilide (ancêtre du du glucose. Ainsi, il y a 61 kJ·mol–1 d’énergie utilisable
paracétamol) a été découverte par pur hasard lors de par les cellules pour effectuer un travail musculaire
recherche sur les effets antiparasitaires du naphtalène. ou autre.
Après une découverte liée au hasard, il est nécessaire La respiration fournit donc bien plus d’énergie chimique
de la confirmer par un protocole scientifique rigoureux. que la fermentation alcoolique.

© Éditions Hatier, 2019. 30


Chapitre 7 ● Le bilan thermique du corps humain

4. La production d’énergie thermique nécessite la Application numérique pour une femme de 19 ans,
dégradation de molécules riches en énergie chimique mesurant 1,70 m et pesant 59 kg :
issues de notre alimentation. La molécule principalement MB = 0,963 × 590,48 × 1,700,50 × 19–0,13
utilisée est le glucose. MB = 6 062 kJ
Il existe deux voies métaboliques permettant sa • Lors d’une forte activité physique
dégradation : Pour calculer la dépense d’énergie journalière (DEJ) il faut
– en présence de dioxygène : la respiration, où la utiliser la formule suivante : DEJ = MB × 1,7.
dégradation du glucose est complète et aboutit à la D’où : DEJ = 10 305,4 kJ
formation de 38 molécules d’ATP. L’ATP étant la molécule
2. La balance énergétique correspond à la différence
de stockage d’énergie chimique la plus importante, forme
entre les apports d’énergie (aliments) et les dépenses
d’énergie utilisable par les cellules pour effectuer un
d’énergie. Le repas apporte à cette femme 6 638 kJ (1 705
travail musculaire ou toute autre activité cellulaire ;
+ 2 624 + 2 309).
– en absence de dioxygène : les fermentations de deux
Au repos, sa dépense énergétique est de 6 062 kJ et, lors
types, à savoir la fermentation alcoolique et la
d’une forte activité physique (plus de six entraînements
fermentation lactique, générant chacune uniquement
par semaine), elle est de 10 305,4 kJ. Cette balance est
deux molécules d’ATP.
dite équilibrée lorsque les apports sont compensés par les
Ce sont des voies métaboliques minoritaires par rapport
dépenses d’énergie. Ainsi, au repos, la balance
à la respiration.
énergétique est relativement équilibrée, le repas est
Dans tous les cas, la dégradation du glucose, complète
adapté. En revanche, ce repas ne permet pas de couvrir
ou non, est une réaction qui libère de l’énergie
tous ses besoins énergétiques lors de ses sept
thermique.
entraînements physiques par semaine, la balance
Penser la science énergétique étant déséquilibrée.
Dans l’expérience réalisée page 122, il s’agit de 3. Pour une course de 30 km/h, l’intensité de l’activité est
déterminer si l’effort physique augmente la température environ 14 fois plus importante que celle d’une course de
corporelle. 10 km/h. C’est également le cas pour la puissance
Dans le protocole, la température du corps est mesurée thermique dégagée qui est 14 fois plus grande pour une
au cours du temps dans deux situations : au repos et course de 30 km/h. Ce constat est valable pour tous les
après trente flexions sur place. autres cas cités dans le tableau. Il existe donc bien un
Le paramètre variable unique est donc l’intensité de rapport de proportionnalité entre la puissance thermique
l’effort physique et la situation témoin est de cette personne de 70 kg et l’intensité de son activité.
l’enregistrement au repos. C’est avec la situation témoin
qu’il faut comparer les résultats du deuxième 4. Pour calculer la puissance thermique de Paul Pogba
enregistrement pour conclure sur un effet éventuel de (26 ans, 1,91 m, 84 kg), il faut déterminer son
l’activité physique sur la température corporelle. métabolisme de base (formule de Black et al.),
Cependant, dans cette expérience, certains paramètres puis sa dépense d’énergie.
des sujets ne sont pas pris en compte alors qu’ils peuvent MB = 1,083 × 840,48 × 1,910,50 × 26–0,13 = 8 216 000 J
impacter les résultats. Par exemple, le niveau E = MB × 1,1 = 9 038 365 J
d’entraînement physique est important à prendre en 𝐸𝐸
compte. En effet, peut être qu’un sportif de haut niveau P = , avec t le temps en secondes sur une journée.
𝑡𝑡
ne subit aucune augmentation de température corporelle 9 038 365
lorsqu’il ne fait que trente flexions. Dans ce cas, on P= = 104 W
24 ×3 600
pourrait conclure, faussement, que l’activité physique 5. À faire avec vos propres valeurs. Votre puissance
n’augmente pas la température corporelle. thermique sera dans le même ordre de grandeur si elle
D’autres paramètres pourraient également intervenir : est approximativement égale à 100 W.
le sexe, l’âge, le pourcentage de muscles et/ou de masse
6. Pour estimer la quantité d’énergie thermique dépensée
graisseuse, voire même d’autres paramètres comme le
par un individu au repos, il suffit de calculer sa puissance
moment de la journée ou les prises alimentaires
thermique.
précédant l’enregistrement.
On a constaté qu’elle valait dans ces conditions environ
100 W. Si toute cette énergie pouvait être transformée en
③ La puissance thermique du corps humain énergie électrique, alors cela permettrait d’alimenter
jusqu’à dix ampoules LED.
1. • Au repos
Le métabolisme de base correspond majoritairement à Penser la science
la dépense d’énergie journalière (DEJ). La formule de Black et al. utilise le sexe, la masse, la taille
Il faut utiliser la formule de Black et al. pour le calculer : et l’âge. En revanche, elle ne prend pas en compte
MB = S × m0,48 × h0,50 × a–0,13 d’autres paramètres comme le pourcentage
Avec S, la constante liée au sexe, m, la masse en de muscles/de graisse corporelle, le niveau
kilogrammes, h, la taille en mètres et a, l’âge en années. d’entraînement physique, l’alimentation, la température

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Thème 2 ● Le Soleil, notre source d’énergie

extérieure de l’environnement de vie au quotidien, niveau En effet, si la température corporelle est au-dessus de
de santé globale du sujet, etc. 37 °C, un phénomène de thermolyse se met en route afin
Cette formule peut donc paraître très incomplète. de la faire baisser jusqu’à 37 °C.
Néanmoins elle permet de calculer des dépenses Cela se manifeste par des pertes d’énergie thermique
énergétiques du métabolisme de base qui sont (mécanismes de dissipation) plus importantes.
probablement opérationnelles pour une grande majorité Dans le cas inverse, il se met en place la thermogenèse,
d’individus n’étant pas en situation particulière comme qui permet au contraire de faire remonter la température
habiter et/ou travailler dans un environnement corporelle jusqu’à 37 °C.
spécialement froid ou chaud, être un sportif de haut Il y a en permanence une régulation qui s’opère entre
niveau, avoir une alimentation très spécifique ou être les gains et les pertes d’énergie thermique.
malade. Du coup, elle permet de faire des bilans
énergétiques pour une grande majorité de personne 5 1. Les différents mécanismes de transfert d’énergie
et reste ainsi un outil intéressant à utiliser. thermique visibles sur la photo sont :
– conduction : transfert d’énergie thermique de l’eau
chaude vers la peau ;
– radiation : chaleur de la partie exposée du corps
Exercices p. 128 à 131 vers l’air froid ;
1 a. Vrai. – convection : mouvement d’air chaud du corps via
b. Faux. L’énergie thermique provient de la dégradation la respiration ;
des nutriments, comme le glucose ». – évaporation : sudation due à l’énergie thermique
c. Vrai. du corps.
2. Schéma des échanges entre l’organisme et le milieu
2 1. Le corps humain perd de l’énergie thermique via environnant :
des mécanismes de dissipation (conduction, convection,
rayonnement et évaporation) quand sa température
corporelle doit être ramenée à la température de
référence à savoir 37 °C.
2. Les voies métaboliques qui permettent de produire
de l’énergie thermique sont principalement la respiration,
qui se fait en présence de dioxygène (conditions aérobies)
et, minoritairement, les fermentations qui se font en
absence de dioxygène (conditions anaérobies).
La respiration dégrade totalement le glucose et génère
38 molécules d’ATP alors que pour les fermentations la 6 1. MB = 0,963 × 520,48 × 1,700,5 × 24–0,13 = 5 535 kJ
dégradation du glucose est incomplète et ne génère que Voir le tableau à la fin du corrigé des exercices.
2 molécules d’ATP pour celle de type alcoolique. 2. Lors d’une activité modérée, ses apports énergétiques
3. Le métabolisme de base correspond aux besoins sont supérieurs à ses dépenses, elle va donc prendre en
énergétiques minimum pour survivre alors que la masse.
puissance thermique correspond à l’énergie thermique En revanche, lors d’une forte activité, ce sont ses
dépensée par seconde. dépenses qui seront supérieures par rapport à ses
apports, elle perdra alors du poids.
3
E (en J) P (en W) 7 1. b 2. a
Repos1 7 031 000 81 Application
Activité modérée2 13 358 000 155 1. Le petit-déjeuner apporte 25 % des besoins en énergie
Activité intense3 14 939 000 173
𝐸𝐸
et il équivaut ici à 1 700 kJ.
Avec E, l’énergie dépensée en une journée, P = On note A les apports totaux dont il a besoin sur une
𝑡𝑡
et t la durée d’une journée en secondes (= 86 400 s). journée.
25
1. E = MB = 0,963 × 740,48 × 1,760,5 × 16–0,13 et P =
7 031 000 Ainsi : 1 700 = ×A
100
86 400
13 358 000 100 × 1 700
2. E = 6 327 000 + 7 031 000 et P = D’où : A = = 6 800 kJ
86 400 25
14 939 000 2. Sur une période d’entraînement intense, l’apport
3. E = 7 908 000 + 7 031 000 et P =
86 400 énergétique (A) doit être augmenté de 70 %.
Dans ces conditions :
4 Le bilan thermique est la différence entre les gains et 1 +70
A= × 6 800 = 11 560 kJ
les pertes d’énergie thermique. Il est sous le contrôle 100
d’un mécanisme appelé la thermorégulation afin de Les besoins énergétiques sont bien plus importants lors
maintenir la température constante autour de 37 °C. d’un effort physique intense.

© Éditions Hatier, 2019. 32


Chapitre 7 ● Le bilan thermique du corps humain

9 1. 11 1. Les fibres alimentaires non digérées par l’organisme


(comme la cellulose) sont consommées par les micro-
organismes du côlon. Le côlon est en effet un
compartiment digestif anaérobie, c’est-à-dire dépourvu
de dioxygène.
Or la fermentation est une voie anaérobie permettant
de transformer de la matière organique en molécules
organiques plus simples.
2. Les fibres alimentaires non digérées sont transformées
en gaz et acides gras à chaîne courte (AGCC). Ces AGCC
peuvent fournir jusqu’à 10 % des besoins énergétiques
du corps. Ils servent également à la fabrication d’autres
composés (cholestérol, glucose) qui servent eux aussi
de source d’énergie.
Température ambiante +Température radiante moyenne Enfin, le butyrate est la source d’énergie des cellules
2. Tr = du côlon.
2
Les températures sont exprimées en degré Celsius (°C).
22 +16 Remarque
Application numérique : Tr = = 19 °C Les gaz produits lors de cette fermentation sont souvent
2
La température résultante dans l’exemple du document 2 source d’inconfort pour l’individu.
est 19 °C.
3. Le bilan énergétique global reste à 130 W malgré 12 Le tissu adipeux stocke des triglycérides qui se
l’évolution du système en fonction de la température composent de trois acides gras et d’un glycérol.
résultante car la quantité d’énergie thermique échangée L’hydrolyse des triglycérides, appelée lipolyse, permet
est toujours la même. En effet, dans le premier cas, de libérer les acides gras, source d’énergie (ATP) pour
l’énergie échangée par convection vaut 56 W, alors que les cellules en activité telles que les cellules musculaires.
par rayonnement elle vaut 74 W, ce qui fait globalement Cette réaction est assurée par une enzyme particulière :
130 W. la lipase.
Dans le deuxième cas (ex. : température de l’air ambiant Lors d’un effort physique intense (de longue durée)
passant de 22 à 19 °C), l’énergie thermique échangée par dépassant 15 minutes, le taux d’acides gras dans le sang
convection est plus importante (82 W) mais, en augmente de 0,3 × 10–3 mol·L–1 à 1,4 × 10–3 mol·L–1.
contrepartie, celle concernant le rayonnement vaut 48 W,
ce qui, au global, donne toujours 130 W. On note la même tendance pour l’adrénaline, hormone
Ces deux variations (convection/rayonnement) se libérée lors d’un stress, qui varie de 0,6 × 10–9 g·mL–1
compensent mutuellement de sorte que la somme à 1,6 × 10–9 g·mL–1. On sait que cette hormone active la
des deux quantités d’énergie thermique échangées reste lipase, enzyme impliquée dans la lipolyse des acides gras.
constante, soit un bilan énergétique constant. On en déduit que, lors d’un effort physique, le taux
d’adrénaline augmente, ce qui permet d’activer la lipase.
10 Il y a alors plus d’acides gras libérés, ce qui permet
d’apporter aux muscles davantage d’énergie.
L’activation de la lipolyse permet de répondre à
l’augmentation des besoins des muscles lors d’un exercice
physique intense.

© Éditions Hatier, 2019. 33


Thème 2 ● Le Soleil, notre source d’énergie

Exercice 6, question 1 Calcul du métabolisme de base et de la balance énergétique dans les deux périodes d’activité

Dépense Balance
Gains*
énergétique énergétique** Équilibre de la balance
(en kJ)
(DE, en kJ)) (BE, en kJ))
DE = MB × 1,1 Non. Les apports sont
BE = 8 471 – 6 088,5
Repos = 5 535 × 1,1 excédentaires par rapport
= +2 382,5
= 6 088,5 aux dépenses.

1 694,2 + 3 880,1 + 2 896,7 DE = MB × 1,5 BE = 8 471 – 8 302,5 Non. Les apports sont
Activité modérée
= 8 471 = 8 302,5 = +168,5 supérieurs aux dépenses.

DE = MB × 1,7 BE = 8 471 – 9 409,5 Non. Les dépenses sont


Forte activité
= 9 409,5 = –938,5 supérieures aux apports.

* Gains = apports énergétiques liés à l’alimentation (en kJ).


** Balance énergétique = différence entre les gains et les dépenses énergétiques (en kJ).

© Éditions Hatier, 2019. 34


Thème 3 ● La Terre, un astre singulier

8. LA FORME DE LA TERRE
Activités p. 138 à 143 2. La méthode de triangulation plane est un moyen
de mesurer une distance importante en s’affranchissant
① La forme de la Terre dans l’Antiquité
des obstacles naturels. La méthode nécessite une seule
1. Pythagore est le premier à imaginer que la Terre est de mesure précise au sol et les autres mesures précises
forme sphérique. Il l’explique par la symétrie de l’Univers. se font par visée pour mesurer des angles.
En effet, si le ciel est une sphère, la Terre aussi. 𝐷𝐷 551 475,4
3. M = 90 × = 90 × = 5 130 740 toises
2. La démarche d’Aristote se base sur l’observation et sur α 9°40′25"
Dans le document 1, on peut lire : « l’unité de longueur
une explication se voulant rationnelle et objective.
sera la dix-millionième partie du quart de méridien »,
Il utilise la démonstration comme moyen plutôt que faire
soit un mètre = M/10 000 000 = 0,513 toises.
appel à une construction mystique.
1
3. Ératosthène considère les rayons du Soleil parallèles 4. 1 mètre = = 0,513 toise. La valeur trouvée par
1,949
entre eux, car il émet l’hypothèse que le Soleil est très Delambre et Méchain est égale à la valeur actuelle.
éloigné de la Terre. Les angles α et β sont des angles Penser la science
alternes-internes et sont donc égaux.
Le système métrique est basé sur l’idée d’universalité.
4. Distance Alexandrie-Syène Pour atteindre cet objectif ambitieux, chaque homme doit
dA/S = 5 000 stades = 5 000 × 157,7 = 788 500 m se reconnaître dans les « objets » pris comme référence.
5. On cherche la circonférence de la Terre. En 1791, la Terre est choisie pour déterminer l’unité de
On sait que α = β = 7,2° et dA/S = 788 500 m longueur. En 1983, la vitesse de la lumière devient la
nouvelle référence pour gagner en précision.
Angle (en °) dA/S (en m) La vitesse de la lumière fait partie des connaissances
7,2 788 500 scientifiques, puisque c = 299 792 458 m est une
constante fondamentale et universelle de la physique.
360 ?
788 500 × 360
Circonférence = = 39 425 000 m ③ Se repérer sur le globe terrestre
7,2
Donc circonférence = 𝒞𝒞 = 39 425 km
1. dLW = 968,014 km
Par suite, en respectant le nombre de chiffres significatifs,
on obtient 40 000 km. 2. Landudec (48,0 ; –4,34) Wasserbourg (48,0 ; 7,16)
Pour en déduire le rayon terrestre, on utilise 𝒞𝒞 = 2πr. 3. Le signe négatif signifie que la longitude est à l’ouest
𝒞𝒞 40 000
Soit r = = = 6 367 km. du méridien de Greenwich.
2π 2π
Le rayon terrestre est proche de 6 400 km. 4. Landudec et Wasserbourg sont des villes ayant une
latitude de 48,0° N. Elles sont donc situées sur le même
Penser la science
parallèle.
Aristote se base sur une démonstration issue de
2,68 × 104 × (7,16 + 4,34)
l’expérience (observation de l’ombre de la Terre sur 5. dLW = = 856 km
360
la Lune). Il écrit un livre pour communiquer sur sa
découverte (doc. 3). Son explication a résisté au cours 6. La distance entre Landudec et Wasserbourg sur le SIG
du temps, ce qui nous permet d’aboutir à une est calculée pour un trajet en voiture. Le calcul de la
connaissance scientifique : la Terre est sphérique. question 5 est celui du plus court trajet entre les deux
Aristote démontre que la forme de l’ombre de la Terre sur points.
la Lune ne pouvait pas être expliquée si la planète était de
forme carrée, triangulaire ou octogonale… ④ Le chemin le plus court
à la surface de la Terre
② La mesure par triangulation La méthode 1 utilise un planisphère, c’est-à-dire une
1. D’après la loi des sinus, on peut écrire, à partir projection plane des deux hémisphères. Le document 1
du triangle C (Clermont), J (Jonquières) et S (Saint- nous montre que, dans le cas d’une projection de type
Christophe) : Mercator, les angles sont conservés mais pas les surfaces
CJ JS des pays. La distance Paris-New York mesurée dans la
= méthode 1 est donc approximative.
sin γ sin α
CJ Dans la méthode 2, le SIG utilise une représentation de
D’où JS = × sin γ
sin γ la Terre en trois dimensions. Or, le chemin le plus court
11 765 entre deux points à la surface de la Terre est l’arc de
= × sin 49°18′ 59′′
sin (180 – 102°24 ′25 ») grand cercle qui les relie. La méthode 2 est donc plus juste
= 9 135 toises pour déterminer la distance Paris-New York.

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Chapitre 8 ● La forme de la Terre

2. Dans le triangle OSS’ rectangle en S, on peut écrire :


Exercices p. 146 à 149 OS
tan α =
SS′
1c•b•a•d La distance Terre-Soleil (SS’) est égale à :
OS 788,5
SS’ = = = 6 242 km
2 1. b, e, f, h 2. a, c, d, g tan α tan 7,2

3 Coordonnées angulaires de Tarawa : 0° N et 180° E. 13 γ = 180 – (α + β) = 180 – (81 + 72) = 27°


450
MT = × sin 72 = 943 m
sin 27
4 Non, le chemin le plus court à la surface d’une sphère et IT =
450
× sin 81 = 979 m
sin 27
est l’arc de cercle qui relie les deux points.

5 a. méridien / 40 000 km
14 M’est la projection du point M dans le plan O𝑥𝑥𝑥𝑥.
b. latitude / longitude
Dans le triangle OAM’ rectangle en A, on peut écrire :
c. l’arc de cercle OA OA
cos θ = ′ = , soit OA = r × cos θ.
OM 𝑟𝑟
6 1. La longueur d’un cercle est égale à : P = 2 × π × 𝑟𝑟. De même pour OB = r × sin θ.
2. Il y a une relation de proportionnalité entre ℓ et θ, telle
que ℓ =
θ × 𝑃𝑃
=
θ × 2 × π × 𝑟𝑟
=
θπ𝑟𝑟 15 α = 180 – (γ + β) = 180 – (77 + 66) = 37°
360 360 180 et θ = 180 – (ε + δ) = 180 – (48 + 103) = 29°
503
12 200 × 360 IP = × sin 66 = 764 m
7 𝒞𝒞 = = 39 927 sin 37
503
110
La longueur du méridien est 39 927 km. et PO = × sin 48 = 771 m
sin 29
IO = IP + PO = 764 + 771 = 1 535 m
8 γ = 180 – (α + β) = 180 – (57 + 28) = 95°
À partir de la relation, on peut écrire : 16 1. Ces deux villes ont la même longitude et sont donc
249 situées sur le même méridien.
𝑎𝑎 = × sin 57 = 206 m 2. a. α = 41,90 – 9,20 = 32,7°
sin 95
L’angle de l’arc de méridien est 32,7°.
9 La circonférence de la Terre est égale à deux fois
Angle (en °) Longueur (en km)
la longueur du méridien de Greenwich, soit 2MG
= 2 × π × 𝑟𝑟. 32,7 3 687
M 20 022
𝑟𝑟 = G = = 6 373 km 360 ?
π π
Par proportionnalité on détermine la longueur du
10 1. L’angle de l’arc de méridien est 70°36’. méridien terrestre :
360 ×3 687
Pour un méridien de 40 000 km, on calcule par ℓ= = 40 590 km
32,7
proportionnalité la longueur de l’arc de méridien :
b. Le rayon terrestre peut être déduit de la relation
70°36′× 40 000
= 7 844 km mathématique du périmètre d’un cercle.
360
ℓ 40 590
2. L’angle de l’arc de parallèle est 32°23’42’’. ℓ = 2 × π × 𝑟𝑟 d’où 𝑟𝑟 = = = 6 460 km
2×π 2×π
Angle (en °) Longueur (en km)
17 1. Choisir le fond de carte IGN (en haut à gauche).
32°23’42’’ ?
La distance Rennes Lyon par cette méthode est d’environ
360 28 346 555 km.
La longueur de l’arc est donc 2 551 km. 2. DRL = 738,864 km
3. Lors d’un trajet en voiture, il est possible de circuler sur
12 1. des autoroutes à des vitesses supérieures à celles de
routes nationales ou départementales. Il y a donc une
différence entre le chemin le plus court en distance et le
chemin le plus rapide en temps.

𝑈𝑈(𝑥𝑥) 1′
18 1. Pour a : |𝑥𝑥mesurée |
= = 2,3 × 10−3
7°21′
𝑈𝑈(𝑥𝑥) 15"
Pour b : |𝑥𝑥mesurée |
= = 4,3 × 10−4
9°40′25"
2. La deuxième mesure est plus précise.
3. Le cercle répétiteur utilisé par Delambre et Méchain
permet une précision à 15 secondes d’arc près.

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Thème 3 ● La Terre, un astre singulier

19 1. La longueur d’un arc de méridien n’est • Dans le triangle CFP :


proportionnelle à l’angle au centre que dans le cas d’une Cp CF
= (180−34−105) =
CF
sin 105 sin sin 41
sphère.
Dans les cas d’aplatissement ou d’allongement aux pôles, D’où CP = 2,4 m
la longueur de 1° d’arc de méridien varie en fonction de • Enfin, dans le triangle COP :
l’endroit sur la Terre. � = OP = OP
sin OCP
2. L’équipe de Maupertuis a trouvé une longueur de CP 2,4

57 437 toises, longueur supérieure à celle mesurée entre OP = 2,4 × sin (32 + 34) d’où OP = 2,2 m
Amiens et Paris. Ce qui est en accord avec la forme d’une
Terre aplatie aux pôles (a). TP = TO + OP = 7,3 m

20 • Dans le triangle CAD : 21 1. Un géoïde est une figure de la Terre qui représente
AD CD la variation de la pesanteur terrestre.
=
sin 102 sin (180− (102 + 43) 2. Le rayon de la Terre peut varier de –120 m à +80 m par
AD = 3 ×
sin 102
= 5,1 m rapport à la moyenne. Les variations observées sont très
sin 35
faibles comparées aux dimensions de la Terre (et sont
• De même, dans le triangle TAD : exagérées sur la représentation numérique du géoïde).
TD
=
AD
=
5,1 C’est pourquoi on peut considérer la Terre comme une
sin 88 sin (180−88−24) sin 68 sphère.
D’où TD = 5,5 m 3. La matière à l’intérieur de la Terre est hétérogène, ce
• Dans le triangle TOD rectangle en O, on a : qui donne des variations de masse à la surface de la Terre.
TO
4. Le géoïde permet de :
�=
sin TOD d’où TO = 5,5 × sin 67 = 5,1 m – comprendre les variations de trajectoire d’un satellite
TD
• Dans le triangle CFD : (sensible aux variations de champ de pesanteur de la
CF CD 3 Terre) en orbite autour de la Terre ;
= (180−32−26) =
sin 26 sin sin 122 – découvrir des chaînes de volcans sous-marins.
D’où CF = 1,6 m

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Thème 3 ● La Terre, un astre singulier

9. L’HISTOIRE DE L’ÂGE DE LA TERRE


Activités p. 152 à 157 Graphique obtenu :

① Du dogme aux premières démarches


scientifiques
Explications sur l’esprit de l’activité
Lors de cette première activité, l'élève va découvrir les
premières propositions faites pour donner un âge à la
Terre. Ces propositions s'appuient sur le texte
fondamental à ce moment-là en Occident : la Bible.
Il est à souligner que, si la première proposition vient
d'un ecclésiastique, des scientifiques, dont certains En utilisant l'équation du graphique, on obtient un temps
particulièrement renommés comme Newton et Kepler, de refroidissement égal à :
s'appuient également sur des textes bibliques en plus de 106,86 × 502 × 106 – 15,429 = 5,36 × 1010 mn.
considérations astronomiques. On divise par 60 pour avoir un nombre d'heures
Cette omniprésence de la religion subsistera pendant des correspondant : 894 × 106 heures. Puis par 24 pour avoir
siècles et contraindra de nombreux scientifiques qui ne un nombre de jours : 373 × 105 jours. Enfin par 365, pour
pourront dévoiler qu'une partie de leurs résultats pour avoir un nombre d'années : 102 × 103.
échapper à la vigilance du clergé. Émergeront timidement Par extrapolation, Buffon trouve donc un âge situé aux
les premières tentatives de datation de l'âge de la Terre alentours de 100 000 ans. Il diminuera vraisemblablement
associées à des démarches scientifiques éloignées des ses résultats par crainte de l'Église.
dogmes religieux. 4. Le taux d'érosion moyen de l'Himalaya est de 0,27 cm
La démarche suivie dans cette unité est double : par an. Il est égal au taux de sédimentation du bassin
– montrer la place prépondérante de la religion dans la océanique du Delta du Gange. Une épaisseur de 0,27 cm
société de l'époque et le carcan dans lequel étaient pris de sédiments se dépose donc chaque année par unité
les premiers penseurs ; de surface du bassin sédimentaire.
– présenter les premières démarches scientifiques ayant Or, l'épaisseur moyenne des sédiments dans le bassin
permis de proposer un âge de la Terre en énonçant les est estimée à 22 km par Phillips. Ces 22 km se sont
différentes étapes d'un tel processus. déposés depuis la formation de la chaîne de montagnes.
1. Les écrits de l'Ancien testament sont des dogmes dans En effet, à peine formée, une chaîne de montagnes
la mesure où ils sont avancés comme une vérité commence déjà à s'éroder.
fondamentale par le clergé (dont Ussher) et impossibles En estimant le nombre d'années nécessaire à un tel
à contester ou à vérifier. Or les généalogies bibliques dépôt, on accède alors à un âge minimal de la chaîne
constituent l'unique base des propositions d'Ussher. himalayenne.
Ce dernier n'utilise donc que des données provenant Pour respecter les unités au numérateur et au
de la Bible et, en cela, dogmatiques. dénominateur, tout est converti en kilomètres.
Épaisseur du bassin
2. Si les idées de Léonard de Vinci et Buffon sont très Tformation chaîne =
Taux de sédimentation
22
intéressantes en ce qui concernent les fossiles, elles = = 8,1 × 106 années
0,27 × 10−5
ne sont basées que sur des observations et des Soit 8,1 millions d’années.
raisonnements qui ne peuvent être prouvés. La chaîne himalayenne a de ce fait au moins 8,1 millions
Au-delà de ces écueils, le problème principal reste d'années avec ce calcul. La Terre est donc encore plus
l'omniprésence de la religion dans la société entre les XVIe vieille que la chaîne de l'Himalaya. L'âge de la Terre se
et XVIIIe siècles. chiffre donc en millions d'années.
Le clergé domine et a une véritable légitimité dans
la dictée de la pensée de l'époque : tout est contrôlé. Penser la science
Et donc, même si ces hommes de sciences ont de Ussher utilise une méthode basée sur la généalogie de
remarquables intuitions, ils ne seront pas entendus ou, personnages cités dans la Bible alors que Buffon utilise
pire, n'oseront jamais prononcer distinctement leurs une méthode basée sur un temps de refroidissement
doutes par peur d'éventuelles représailles des religieux de boulets de canon chauffés à blanc.
(l'exemple de Galilée est encore dans toutes les La démarche d’Ussher relève de la croyance. En effet,
mémoires). calculer ainsi l’âge de la Terre nécessite de croire que
le contenu de la Bible est historique et totalement fiable.
3. Diamètre de la Terre : 12 742 km, soit 12 742 × 105 cm.
Or aujourd’hui, aucune preuve scientifique n’a validé
En pouces, le diamètre de la Terre est :
12 742 × 105
la fiabilité et la réalité de ces éléments.
= 502 × 106 pouces
2,54

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Chapitre 9 ● L’histoire de l’âge de la Terre

En revanche, la démarche de Buffon relève d’une perdre de vue que Kelvin est déjà l'un des scientifiques
démarche scientifique d’observation. En effet, sa le plus renommé de son temps et que son aura a dû
démarche est testée, reproductible et les résultats ne fortement contribuer à asseoir son modèle.
peuvent pas être remis en cause. L’interprétation de ces 2. Si l'on considère un gradient de 36 °C/km, on peut donc
résultats, et notamment la généralisation d’un boulet avancer que la température passe de 0 °C en surface à
de canon à la planète Terre, reste évidemment discutable. 3 600 °C à 100 km de profondeur en considérant ce
Mais pas la démarche. gradient géothermique comme fixe et constant.

② Des controverses sur l’âge de la Terre


Explications sur l’esprit de l’activité
Lors de cette seconde activité, l'élève doit arriver au
constat que plusieurs arguments ont été utilisés pour
aboutir à la connaissance actuelle de l'âge de la Terre.
Diverses théories se sont donc côtoyées et complétées
pour faire évoluer l'âge donné à la formation de la Terre.
Cependant, cette unité a aussi pour but de déconstruire
la vision d'une construction des savoirs linéaire et
progressive. On peut identifier des théories impliquées
dans une controverse scientifique de l'âge de la Terre et
des oppositions particulièrement prononcées entre
scientifiques issus de différents domaines d'expertise.
Au-delà de cette opposition des résultats obtenus par
des méthodes différentes, c'est aussi la méthode En replaçant ce point (𝑥𝑥 = 3 600 °C, 𝑦𝑦 = 100 km) et en le
d'émergence des théories qui est discutée. À travers reliant à l'origine, on obtient une droite dont la pente
l'opposition entre physiciens et biologistes/géologues, semble correspondre à celle de la modélisation et
on oppose une vision basée sur la rigueur des calculs et correspondant à un âge de 100 Ma.
des modèles expérimentaux utilisées à une vision basée Les mesures faites dans les mines semblent donc
sur des observations empiriques et des raisonnements correspondre aux résultats obtenus pour une
à l'origine de constructions théoriques. Enfin, pour modélisation d'un âge de la Terre de 100 millions
terminer, cette activité permet également de souligner d'années.
que l'histoire des sciences est avant tout une histoire L'ordre de la centaine de millions d'années sera revu à la
humaine avec tout ce qu'on peut lui associer de peu baisse par Kelvin.
scientifique : orgueil, jalousie… Autant de sentiments
qui n'ont pas leur place dans l'édification d'une théorie 3.
scientifique mais qui peuvent pourtant en ralentir Scientifiques
Argument
défendant l’argument
l'avancée (un parallèle intéressant peut être fait avec
Sans des temps extrêmement
l'émergence des idées mobilistes de Wegener). longs, il est impossible d'expliquer
La démarche suivie dans cette unité est donc de présenter Géologues (Hutton)
les mécanismes de l'érosion et des
les deux camps opposés au sein de cette controverse empilements sédimentaires.
célèbre ainsi que leurs méthodes. Cette présentation Sans des temps extrêmement
permettra une discussion des points forts et des limites longs, on ne peut expliquer les
Géologues (Lyell)
de chacune des méthodes. indices des cycles géologiques
À noter que la limite entre les deux camps est parfois observés et qui se sont succédé.
floue. Par exemple, John Phillips (voir activité 1) est un L'évolution, c'est-à-dire
géologue, pourtant ardent suiveur de Kelvin. l'accumulation de modifications,
des formes vivantes se fait de
1. Le raisonnement de Lord Kelvin est très solide car il façon très lente et est indécelable
Biologistes (Darwin)
respecte toutes les étapes d'une vraie démarche à l'échelle d'une vie humaine. Elle
scientifique et débouche sur une modélisation qui permet nécessite donc la prise en compte
d'expliquer le phénomène, voire d'en prédire les résultats. de l'existence de très longues
périodes.
Après avoir identifié le problème, Kelvin élabore des
hypothèses de départ sur lesquelles il va s'appuyer. 4. L'origine de la controverse est finalement double.
Son modèle repose à la fois sur des hypothèses En premier lieu, c'est bien sûr l'âge conféré à la Terre qui
clairement énoncées mais également sur des calculs qui oppose les deux communautés : entre 20 et 100 Ma pour
viennent donc étayer avec robustesse la modélisation les physiciens, plusieurs centaines de millions d'années
proposée. voire un milliard d'années pour les biologistes/géologues.
La solidité du raisonnement de Kelvin découle donc de Mais au-delà du résultat, c'est également une opposition
la rigueur de ses arguments. Par ailleurs, on ne peut pas des méthodes utilisées par les deux camps qui ressort ;

© Éditions Hatier, 2019. 39


Thème 3 ● La Terre, un astre singulier

une modélisation rigoureuse et calculatoire (mais dont les 4.


hypothèses de départ s'avèreront partiellement fausses) 40

pour les physiciens, des observations dans la nature et 35


f(x) = 0,6 x + 4,51
des intuitions/raisonnements en découlant pour les 30

biologistes/géologues. 25

207Pb/204Pb
20
Penser la science météorites
15 Linéaire (météorites)
Une controverse scientifique émerge sur un sujet donné
10
lorsque plusieurs résultats contradictoires apparaissent,
5
remettant en question les connaissances précédemment
établies. Seuls les spécialistes peuvent y prendre part. 0
5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55

Dans le cas de l’âge de la Terre, la controverse entre les 206Pb/204Pb

physiciens et les biologistes/géologues a conduit chaque


La mesure de la valeur du rapport isotopique (207Pb/206Pb)
camp à affiner ses arguments, à préciser ses modèles, à
des éléments radiogéniques (c’est-à-dire issus de la
analyser les modèles adverses afin d’éprouver leur rigueur
désintégration d'éléments pères instables) donne donc
scientifique, à détailler chaque résultat afin de vérifier
une estimation directe du temps écoulé depuis la
qu’il est acceptable, etc.
formation de ces météorites. Ces rapports étant
Ce travail réalisé dans le cadre d’une question scientifique
constants, cela signifie que ces roches ont le même âge.
polémique fait progresser chaque théorie en la
Le plomb 204 est stable et non radiogénique (il ne se
débarrassant de tout résultat suspect, de tout argument
désintègre pas et n'est pas issu de la désintégration d'un
infondé, de toute absence de rigueur, de toute déviance
élément père radioactif), sa quantité est donc restée
des interprétations. Les controverses contribuent ainsi à
stable depuis la formation des minéraux de la roche, ce
l’élaboration collective d’un savoir scientifique plus précis,
qui permet de l'utiliser comme référence pour les
plus rigoureux
mesures des quantités des autres isotopes (une partie
d'entre eux étant présente dès la formation des minéraux,
③ Des avancées scientifiques à une datation l'autre étant issue de désintégrations).
précise 5. L'âge déterminé aujourd'hui est compatible avec celui
1. Contrairement à Kelvin, Perry suppose que le transfert calculé par Clair Patterson : 4,57 Ga est compris dans
de chaleur à l'intérieur du globe terrestre peut se faire par la fourchette d'incertitude (de 4,43 à 4,57 Ga).
convection (ce qui aurait pour effet d'homogénéiser les Penser la science
températures). Un modèle scientifique est une représentation simplifiée
L'âge de la Terre déduit du gradient géothermique (13 à de la réalité et montre les aspects importants d’un
27 °C) compatible avec le calcul de Kelvin est de 25 à système naturel étudié. Un modèle s’élabore dans un
95 Ma ; celui compatible avec le calcul de Perry est de contexte scientifique et des connaissances préalables
10 Ma à 2,2 Ga. disponibles. Lorsque des connaissances sont absentes,
2. Pour Kelvin, la seule origine de la chaleur interne du il faut proposer des hypothèses de travail qui permettent
globe terrestre est l'énergie initiale d'accrétion (« la seule de finaliser le modèle.
source d'énergie thermique interne de la Terre est celle Le modèle de Lord Kelvin est ainsi basé à la fois sur les
issue du matériau initial de la planète en fusion », doc. 2), connaissances scientifiques de son époque (mesure
la découverte de la radioactivité montre qu'une autre du gradient géothermique par exemple) et sur des
source de chaleur existe. hypothèses de travail en l’absence de connaissance
La durée de demi-vie d'un élément radioactif étant (la Terre est une sphère homogène par exemple).
constante et indépendante des conditions physico- Un modèle reste donc valide tant que :
chimiques (température, pression), la détermination des – les connaissances sur lesquelles il se fonde ne sont pas
rapports isotopiques entre éléments père et fils permet remises en cause par de nouveaux ajouts, de nouvelles
de calculer le temps écoulé depuis la formation des précisions ou une meilleure compréhension des
matériaux les contenant, donc (en choisissant avec soin phénomènes (sans que les résultats ne soient, eux, remis
les matériaux les plus anciens) d'approcher l'âge de la en cause) ;
Terre. – les hypothèses de travail ne sont pas invalidées par de
nouvelles connaissances.
3. Les météorites étant des éléments du système solaire
Dans le cas du modèle de Lord Kelvin, ses hypothèses de
formés en même temps que les planètes et à partir des
travail se sont révélées fausses et ont fini par invalider
mêmes matériaux, la détermination de leur âge permet
totalement son modèle (la Terre n’est pas une sphère
de connaître l'âge de la Terre avec plus de précision qu'en
homogène par exemple, puisqu’il y a différentes couches
datant les matériaux des croûtes terrestres qui ont connu
de composition différente : la croûte, le manteau et le
des remaniements permanents (à même de réinitialiser
noyau).
les compteurs isotopiques).

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Chapitre 9 ● L’histoire de l’âge de la Terre

Exercices p. 160 à 163 L'âge de 4,57 Ga découle donc d'une construction


progressive des savoirs impliquant de nombreux champs
1 a. À partir des écrits (généalogies) de la Bible, Ussher de disciplines.
propose un âge de la Terre de quelques milliers d'années.
b. Dans sa théorie de l'évolution, Darwin argumente en 4 1. b 2. b
faveur d'une modification lente des espèces au cours du
temps. 5c•a•d•b
c. La datation absolue fait appel à la radioactivité et a 6 1. Darwin explique dans sa théorie que les espèces
permis de déterminer un âge définitif de la Terre de évoluent au cours du temps, c'est-à-dire qu'elles
4,57 Ga. accumulent de légères modifications de génération en
génération. Ces transformations d'espèces se font de
2 a. Faux. 4,57 milliards d'années. façon très lente, et sont quasiment indécelables à
b. Faux. Cette démarche a été employée Georges Louis l'échelle humaine. L'évolution des espèces nécessite donc
Leclerc, comte de Buffon. de longues périodes pour pouvoir se réaliser. Ainsi, cette
c. Vrai. théorie va dans le sens d'un temps long depuis la
d. Faux. L'estimation de l'âge de la Terre par Kelvin est formation de la Terre.
considérée comme trop faible par les biologistes pour 2. Dans un contexte social où les religions ont un poids
expliquer l'évolution des espèces et par les géologues important, rares sont les scientifiques qui osent remettre
pour expliquer les processus géologiques. en question les textes bibliques par peur des représailles.
Certains ont même transformé leurs résultats pour ne pas
3 1. L'origine de la controverse entre Kelvin et Darwin, aller à l’encontre de la religion (c'est le cas de Buffon qui
plus généralement entre physiciens et revoit ses résultats à la baisse). L'âge de la Terre, la
biologistes/géologues, porte sur l'âge de la Terre. théorie de l'évolution et bien d'autres savoirs scientifiques
Quand les physiciens proposent un âge compris entre 20 se sont construits en opposition aux textes bibliques, ce
et 100 Ma, les biologistes/géologues proposent plusieurs qui a considérablement freiné leur acceptation par la
centaines de millions d'années, voire un milliard d'années. société de l'époque.
Au-delà des résultats, cette controverse trouve sa source
dans les méthodes utilisées : des modélisations et des 7 1. Nous sont fournies dans l’exercice les vitesses
calculs pour les physiciens face à des observations et des de formation des stalactites : v = 1 mm/1 000 ans, soit
intuitions pour les biologistes/géologues. La rigueur des 1 × 10–3 m/1 000 ans ou 1 × 10–6 m/an, et v = 2 cm/an,
physiciens convainc la communauté scientifique de soit 2 × 10–2 m/an.
l'époque. Nous avons également la taille (distance) atteinte par
2. La datation de l'âge de la Terre est au carrefour de la stalactite : 3 m.
nombreuses disciplines scientifiques (ou non, d'ailleurs). 𝑑𝑑 𝑑𝑑
Or, nous savons que 𝑣𝑣 = donc ∆𝑡𝑡 = .
C'est à la fois leur coopération mais également leur ∆𝑡𝑡 𝑣𝑣
3
opposition qui ont rendu possibles les progrès accomplis Donc pour la valeur basse de vitesse : Δt =
1 × 10−6
jusqu'à l'âge actuel. Les premières propositions découlent = 3 106 années, soit 3 Ma pour former la stalactite
d'une exploitation des dogmes et plus particulièrement étudiée.
des écrits de la Bible. Ce sont ensuite des observations Pour la valeur haute de vitesse : Δt =
3
= 150 années
naturalistes et notamment des fossiles échantillonnés 2 × 10−2
pour former la stalactite étudiée.
un peu partout qui vont soulever les premiers
Pour une même stalactite, le temps de formation peut
questionnements (et de très timides remises en question)
osciller entre 150 ans et 3 millions d'années.
de l'âge biblique.
2. Comme le montre la question 1, une même méthode
La première démarche scientifique est initiée par Buffon,
peut mener à des résultats très différents quand on fait
qui se base sur le temps de refroidissement et une
varier les conditions et hypothèses de départ. Ici, il s’agit
modélisation. Des géologues étudient de leur côté les
de la concentration en sels minéraux de l'eau, du débit
temps nécessaires à des processus d'érosion et de dépôts
ou de la vitesse d'évaporation.
sédimentaires.
Ainsi, l'utilisation d'une même méthode peut amener des
Une virulente controverse oppose les modélisations
résultats extrêmement divers qui peuvent alors être
calculatoires du temps de refroidissement de la Terre
exploités de façon très différente selon les attentes des
des physiciens, dont le chef de file est Kelvin, aux
scientifiques.
observations et intuitions des géologues considérant les
Par exemple, dans notre cas, la partie basse de la
processus géologiques longs. Les biologistes (dont
fourchette de résultats pourrait défendre l'idée d'un
Darwin) vont également mettre en avant la nécessité de
temps court du processus géologique et donc par
temps longs dans le cadre de l'évolution des espèces.
extension de la formation de la Terre. À l'inverse, la partie
Les ultimes arguments découleront de la découverte et
haute de la fourchette guiderait plutôt vers une
de l'exploitation de la radioactivité, notamment par le
interprétation d'un temps long nécessaire à la formation
géochimiste Clair Patterson pour dater des météorites.
de la Terre.

© Éditions Hatier, 2019. 41


Thème 3 ● La Terre, un astre singulier

9 1. • Pour la chondrite : 2. Les estimations de Ussher proposent un âge de la Terre


m=
(0,82 −0,74)
=
0,08
= 0,05714 donc entre m = 0,0554 et situé aux alentours de 4004 avant J.-C., soit un âge total
(2,0 −0,6) 1,4
de 5 658 années étant donné que son travail date de
m = 0,0600, soit un âge compris entre 3,80 et 4,10 Ga.
(0,81 −0,755) 0,055
1654.
• Pour le gneiss : m = (1,8 −0,8)
= = 0,055, soit un Plusieurs indices (géologiques, paléontologiques,
1
âge compris entre 3,72 et 3,80 Ga. paléoclimatiques) ont témoigné du regroupement des
2. Les météorites sont des roches témoins des matériaux continents en un supercontinent : la Pangée. Avec ces
qui ont formé les planètes, elles ont donc l'âge de cette données, les continents ont commencé à se séparer il y a
accrétion alors que les roches des croûtes ont été au moins 140 millions d'années. La Terre a donc
remaniées lors de l'histoire de la Terre, elles sont donc forcément plus de 140 millions d'années, une valeur bien
moins anciennes que la formation de la Terre. plus élevée que celle avancée par les ecclésiastiques.

10 1. La masse totale des eaux océaniques est 12 À travers cet exercice, on tente de montrer que
actuellement de 1,33 × 1021 kg. l'affirmation de Darwin selon laquelle un temps long est
Nous savons que l'eau de mer contient en moyenne 35 g nécessaire pour l'évolution des espèces peut être
de sels par kilogramme. Nous pouvons donc déterminer nuancée.
la quantité de sels totale dans les eaux océaniques. Dans le premier document, on constate que, lors de la
msels = mtot eaux océaniques (kg) × Concentration sels (g/kg) réplication de l'ADN, des mutations peuvent apparaître.
= 1,33 × 1021 × 35 = 4,66 × 1022 g Ces mutations sont à l'origine de l'évolution des espèces.
Dans cette quantité de sels, le chlorure de sodium ne C'est plus précisément l'accumulation de mutations au
représente que 77,8 %. cours du temps et leur transmission qui permet la
mNaCl = msels × % NaCl = 4,66 × 1022 × 0,778 = 3,62 × 1022 g transformation des espèces de génération en génération.
2. La masse de sodium ne représente que 39,3 % de la Chez la bactérie Escherichia coli, la multiplication, et donc
masse du NaCl. la réplication, a lieu toutes les heures. Les risques
d'erreurs de réplication sont donc relativement élevés.
mNa = 0,393 × mNaCl = 0,393 × 3,62 × 1022 = 1,423 × 1022 g
En moyenne, on estime qu'un nucléotide sur 100 millions
= 1,423 × 1019 kg
est mal copié car un système de réparation des erreurs
3. Pour répondre à la question de l'âge de l'océan, nous
(système Mut HLS) existe chez la bactérie. Les mutations
allons réaliser un produit en croix.
peuvent être cependant plus fréquentes (une erreur sur
Durée pour apporter la
100 000 nucléotides) si ce système est défectueux (cas de
masse de sodium
Masse de sodium (en kg) la souche 1). On peut donc interpréter que, chez la souche
correspondante dans
l’océan (en années) mutée, les mutations se font à un rythme beaucoup plus
1 1,43 × 1011 soutenu. Cette souche évolue donc plus rapidement à
l'échelle des temps du fait de son caractère « hyper-
T = âge de l’océan 1,42 × 1019 mutateur ».
�1,42 × 1019 × 1�
T= = 9,93 × 107 années, soit environ 99 Ma Ces transformations rapides de bactéries, sont d'ailleurs
1,43 × 1011
observées dans le domaine médical, où cela pose des
que l'on peut arrondir à 100 Ma.
problèmes d'ordre sanitaire. En effet, la fabrication
d'antibiotiques contre certaines espèces de bactéries
11 1. Les données sont les suivantes :
se révèle parfois inefficace au bout de quelques années
– une vitesse d'écartement de l'Amérique du Sud et
parce que de nouvelles bactéries (mutées) sont
de l'Afrique : v = 3,7 cm/an = 3,7 × 10–2 m/an ;
résistantes. Ici, la transformation, et donc l'évolution des
– une distance entre les deux continents :
espèces bactériennes, est visible à l'échelle humaine en
d = 5 100 km = 5,1 × 106m.
𝑑𝑑 𝑑𝑑
quelques années seulement.
Or, nous savons que 𝑣𝑣 = donc ∆𝑡𝑡 = . Ainsi, nous avons démontré que le temps long proposé
∆𝑡𝑡 𝑣𝑣
5,1 × 106 par Darwin pour l'évolution des espèces s'avère erroné
Δt = = 1,4 × 10 années = 140 Ma
8
3,7 × 10−2
dans le cas des espèces où le temps de génération est
En considérant la vitesse d'écartement des deux
court. Dans le cas des bactéries et encore plus dans celui
continents comme constante au cours des temps
de bactéries avec un système Mut HLS dysfonctionnel,
géologiques, il aurait fallu environ 140 millions d'années
l'évolution est visible à l'échelle d'une vie humaine et
pour séparer les deux continents rassemblés au sein
se fait donc sur un temps relativement court.
de la Pangée.

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Chapitre 9 ● L’histoire de l’âge de la Terre

Quelques ressources Météorites et âge de la Terre - Dossier élève


En quoi les météorites peuvent-elles nous aider à
La méthode plomb-plomb comprendre l'histoire de la formation de la Terre
http://acces.ens- et du système solaire ?
lyon.fr/acces/thematiques/limites/Temps/datation- • Activité B2I : « Détermination de l'âge de
isotopique/comprendre/la-methode-plomb-plomb chondrites par la méthode dite isochrone. »
• Activité B2I : « Détermination de l'âge de la Terre
Météorites et âge de la Terre par la méthode Pb-Pb. »
http://acces.ens- • Activité B2I : « Les météorites, témoins de la
lyon.fr/acces/thematiques/limites/Temps/datation- formation du système solaire. »
isotopique/enseigner/meteorites-et-age-de-la-terre
Météorites et âge de la Terre - Fiche professeur
Une mise au point sur les météorites, un dossier destiné Programmes, objectifs des activités proposées et
aux élèves ainsi qu'un dossier destiné au professeur : connaissances préalables
• Ce que nous disent les météorites (par Brigitte Zanda, • Correction de l'activité « Datation de chondrites
chercheuse au MNHN) par la méthode dite isochrone »
• Dossier élève (trois activités proposées) • Correction de l'activité « Datation de la Terre par
• Dossier professeur (programmes officiels, objectifs, la méthode Pb-Pb »
prérequis et correction des activités proposées) • Correction de l’activité « Les météorites, témoins
de la formation du système solaire »

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Thème 3 ● La Terre, un astre singulier

10. LA TERRE DANS L’UNIVERS


Activités p. 166 à 169 La mesure n’a pas été facile. En effet, l’angle mesuré est si
petit (de l’ordre de 10–4°) qu’il nécessite des instruments
① Du géocentrisme à l’héliocentrisme de grande précision. Cela justifie l’écart de temps entre
1. Dans le système géocentrique, la Terre est immobile. l’énoncé de l’hypothèse du modèle héliocentrique et sa
Le Soleil et la Lune sont animés d’un mouvement validation.
circulaire et uniforme autour de la Terre.
2. Dans le modèle héliocentrique, le Soleil est immobile. ② À la découverte des mouvements de la Lune
La Terre est animée d’un mouvement circulaire et
1. Les phases de la Lune
uniforme autour du Soleil.
Position 1 2 3 4
3. C’est la notion de référentiel qui permet de réconcilier Nouvelle Premier Pleine Dernier
ces deux conceptions. En effet, tout mouvement est Phase
Lune quartier Lune quartier
relatif. Il ne peut être défini qu’à partir d’un solide de
référence appelé référentiel. Si la Terre tourne bien
autour du Soleil dans le référentiel héliocentrique, dans Aspect
le référentiel géocentrique, le Soleil tourne autour de la
Terre.
4. À l’époque de Ptolémée, les planètes connues étaient :
Mars, Vénus, Jupiter ou Neptune. En plus de leur Schéma
mouvement de révolution autour de la Terre, Ptolémée
les décrit comme parcourant des « épicycles », petits
cercles autour de leur position moyenne. 2. Les phases de la Lune peuvent être justifiées par le
mouvement de révolution de la Lune autour de la Terre
dans le référentiel géocentrique, mouvement quasi
circulaire et uniforme. La durée caractéristique associée
à ce mouvement est la période de révolution de la Lune.
Elle vaut 27 jours, 7 heures et 43 min.
3. La Lune effectue une révolution autour de la Terre et
une rotation sur elle-même avec des périodes identiques.
Cela explique qu’une seule de ses faces soit visible depuis
la Terre.
4. En réalité, on voit un peu plus d’une face de la Lune,
soit 59 % de la surface lunaire et non 50 %. Cela s’explique
par les librations lunaires. Les librations lunaires sont
5. Erasmus Reinhold s’est appuyé sur le modèle elles-mêmes justifiées par le fait que la trajectoire de la
héliocentrique pour calculer, dans ce modèle, les Lune n’est pas rigoureusement circulaire mais plutôt
positions de la Lune et des planètes autres que la Terre. légèrement elliptique.
La confrontation des résultats des calculs avec les relevés
5. Les pointillés mauves représentent la position de la
des positions mesurées a permis de montrer que le
Lune lorsque l’observateur est en A, et les pointillés verts
modèle héliocentrique était plus performant que le
la position de la Lune lorsque l’observateur est en C, soit
modèle géocentrique.
respectivement 6 heures avant la position milieu et
6. Une parallaxe est un angle. Elle peut donc se mesurer 6 heures après celle-ci.
en degrés ou radians. Si la Terre était immobile, la
6. Le mouvement apparent de la Lune au cours de la nuit
parallaxe d’une étoile observée depuis la Terre serait
peut être attribué au mouvement de rotation de la Terre
nulle.
sur elle-même.
7. Il s’est écoulé environ trois siècles entre la parution de
7. Un observateur situé en A voit la Lune se lever. Elle est
« De la révolution des orbes terrestres » et la validation
donc très basse sur l’horizon. Un observateur situé en B
du modèle héliocentrique. C’est la mesure de la parallaxe
voit la Lune au zénith. Un observateur situé en C voit la
annuelle de l’étoile 61 du cygne qui a été décisive.
Lune se coucher.
Penser la science 8. C’est le retour d’une nouvelle Lune qui scande le temps
La mesure de la parallaxe annuelle de l’étoile 61 du cygne dans le calendrier lunaire. On l’appelle aussi lunaison. Elle
a permis de prouver que la Terre était en mouvement est légèrement supérieure à la période de révolution de la
quasi circulaire et uniforme autour du Soleil. Lune autour de la Terre (environ 29 jours).

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Chapitre 10 ● La Terre dans l’Univers

8 1. C’est la trajectoire de Mars dans le référentiel


Exercices p. 172 à 175 géocentrique.
1 1. b 2. a et c 3. a et d 2. Entre deux positions, soit pour une durée égale, Mars
parcourt une distance plus petite que la Terre. Mars a
2 donc une vitesse inférieure à celle de la Terre. (Très visible
a. H É L I O C E N T R I Q U E entre les positions 3 et 5.)
b. R O T A T I O N 3. Entre les positions 3 et 5, la Terre « double » Mars.
c. C O P E R N I C 4. Sur la figure a (référentiel héliocentrique), la Terre
d. P T O L É M É E passe devant Mars, ou Mars semble reculer par rapport
e. P A R A L L A X E à la Terre : c’est ce qui justifie le terme de rétrogradation.
f. P É R I O D E Dans le référentiel géocentrique (figure b), Mars se
g. R É V O L U T I O N déplace de bas en haut de 1 à 3 puis de haut en bas de 3
h. R É F É R E N T I E L à 5 pour repartir de bas en haut de 5 à 6. Elle effectue
i. L I B R A T I O N donc un « demi-tour » de 3 à 6, ce qui justifie le terme
j. P H A S E de rétrogradation.
k. G É O C E N T R I S M E
9 Pour la pleine Lune, phase du milieu, l’aspect est le
3e•c•a•b•d même. En revanche, les premiers et derniers quartiers
sont inversés.
4 Pour le schéma, prenons l’exemple du premier quartier :
Position 1 2 3 4
Nouvelle Premier Pleine Dernier
Phase
Lune quartier Lune quartier

Aspect

5 Dans le référentiel géocentrique, la Lune a une


trajectoire quasi circulaire. Sa période de révolution
vaut un peu plus de 27 jours. Elle est égale à sa période
de rotation. Ainsi, la Lune nous présente-t-elle toujours
la même face. En réalité, on peut voir 59% de la surface 10 1. Pour que le drapeau semble immobile, il faut que
lunaire depuis la Terre : grâce aux librations lunaires. les vitesses de rotation et de révolution de la Lune soient
Celles-ci peuvent s’expliquer par le fait que l’orbite égales.
lunaire est légèrement elliptique. 2. Hypothèse 1 : le drapeau est invisible en position B.

7 1. Ptolémée décrit le mouvement de tous les astres


comme circulaire et uniforme.
2. Dans le modèle de Ptolémée (géocentrique), tous
les mouvements sont centrés sur la Terre supposée
immobile.
3. Tout mouvement est relatif. La Terre tourne autour
du Soleil si on l’observe dans le référentiel héliocentrique
mais dans le référentiel géocentrique, le Soleil tourne
autour de la Terre. Ainsi, si l’on relève les positions du Hypothèse 2 : la Lune a tourné d’un demi-tour sur elle-
Soleil depuis la Terre, celles-ci s’accordent assez bien même quand elle a parcouru un quart de tour autour
avec un mouvement circulaire et uniforme. de la Terre.
4. Si les relevés des positions du Soleil ne posent pas
problème dans le modèle géocentrique, le relevé des
positions des planètes observées depuis la Terre ne sont
pas en accord avec un mouvement circulaire et uniforme
centré sur la Terre. En effet, les planètes tournent autour
du Soleil tout comme la Terre. Observées depuis la Terre,
leur trajectoire n’est pas un cercle. Afin de gommer ce
désaccord entre le modèle admis et les relevés de
positions, Ptolémée a eu recours aux épicycles.

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Thème 3 ● La Terre, un astre singulier

Les deux hypothèses sont fausses . Les scientifiques


avancent une troisième hypothèse selon laquelle les
périodes de rotation et de révolution de la Lune sont
identiques.

11 1. C’est la navette spatiale chinoise Longjiang-2 qui


a photographié la face cachée de la Lune.
2. Les images ont été transmises grâce à des ondes radio.
Dans le triangle formé par la Terre, le Soleil et l’Étoile, que
12 1. En position 1, il s’agit d’une pleine Lune.
l’on peut considérer comme triangle rectangle au niveau
2. La période de révolution de la Terre autour du Soleil
du Soleil car les distances sont très grandes
est de 365 jours, soit un an. Le rapport entre ces deux
(approximation), on peut écrire :
périodes vaut environ 1/12 soit 0,07. distanceTerre−Soleil distanceTerre−Soleil
3. En deux jours, la Terre parcourt moins d’un centième tan(𝑝𝑝) = donc d =
𝑑𝑑 tan(𝑝𝑝)
de sa trajectoire, ce qui est négligeable. Soit d =
1
UA.
tan(𝑝𝑝)
4. On peut voir en configuration 2 que l’on retrouve une 1 648 000
pleine Lune au bout de 27 jours + 2 jours, soit 29 jours. Or 1 = = 2,06 × 105 UA
tan( ) π
3 600
C’est la durée approximative d’une lunaison. Les deux définitions du parsec sont donc bien en accord.

13 1. Vitesse du centre de la Terre dans le référentiel 15 1. à 4.


héliocentrique :
2π 𝑅𝑅Terre−Soleil
𝑣𝑣1 =
𝑇𝑇révolution
2π × 1,496 × 108
=
365,25 × 24 × 3 600
= 29,79 km/s
2. Vitesse d’un point de la Terre situé à l’équateur
dans le référentiel géocentrique :
2π 𝑅𝑅équateur
𝑣𝑣2 =
𝑇𝑇rotation
2π × 6371 × 103
=
24 × 3 600
= 463,3 m/s
= 1 668 km/h
3. Un point de la Terre situé à la latitude de Lyon parcourt
un cercle de rayon :
RLyon = Réquateur × cos (45,75) = 4 446 km dans le référentiel
géocentrique.
La vitesse de ce point vaut donc :
2π 𝑅𝑅Lyon 2π × 4 446 × 103
𝑣𝑣3 = = = 323,3 m/s = 1 164 km/h Trajectoire de la Terre dans le référentiel héliocentrique
𝑇𝑇rotation 24 × 3 600

Nous pouvons voir sur le schéma que le vecteur variation


14 1. Quand la parallaxe p vaut 1/3 600 °, la distance d de la vitesse est dirigé suivant le rayon, vers le centre de
entre la Terre et l’étoile vaut 1 parsec. la trajectoire. Il est centripète.
2. Schéma du parsec (ci-après).

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Thème 4 ● Son et musique, porteurs d’information

11. LE SON, PHÉNOMÈNE VIBRATOIRE


Activités p. 182 à 187 Le niveau sonore associé est :
𝐼𝐼 1
① Deux types de son L = 10× log = 10 × log
𝐼𝐼0 10−12
1. Le signal sonore émis par le diapason est périodique = 10 × 12 = 120 dB
car on observe des motifs élémentaires qui se
reproduisent à l’identique et à intervalles de temps égaux. 4. L’intensité du son perçu par un adhérent situé à 10 m
La courbe correspondant au signal est une sinusoïde, le du haut-parleur est :
𝑃𝑃 𝑃𝑃 12,5
signal est donc sinusoïdal. 𝐼𝐼 = = 2 = 2 = 10·10 W·m
–3 –2
𝑆𝑆 4 × π × 𝑅𝑅 4 × π × 10
2. Sur le signal, six motifs sont représentés sur 9,4 cm.
L’échelle indique que 0,7 cm représente 0,0010 s. Si le sportif se déplace 10 m plus loin alors l’intensité
La durée d’un motif est donc : sonore devient :
𝑃𝑃 𝑃𝑃 12,5
T=
9,4 × 0,0010 𝐼𝐼 = = 2 = 2 = 2,5·10 W·m
–3 –2
𝑆𝑆 4 × π × 𝑅𝑅 4 × π × 20
6 × 0,7

= 2,2 · 10−3 s L’intensité sonore a été divisée par 4.


= 2,2 ms 5. Les deux intensités sonores précédentes correspondent
1 respectivement aux niveaux sonores :
f= 𝐼𝐼 10·10−3
𝑇𝑇
1 L = 10 × log = 10 × log = 10 × 10 = 100 dB
= 𝐼𝐼0 10−12
2,2·10−3 𝐼𝐼 2,5·10−3
et L = 10 × log = 10 × log = 10 × 9,4 = 94 dB
= 4,5·102 Hz 𝐼𝐼0 10−12
Les adhérents encourent des risques auditifs car les
3. En plaçant un curseur au centre du pic présent sur le
niveaux sonores auxquels ils sont exposés sont supérieurs
spectre, on mesure f = 440 Hz.
au seuil de danger.
4. Le signal émis par la flûte est périodique car on observe
6. Le niveau sonore dépend de l’intensité sonore et donc
des motifs élémentaires qui se reproduisent à l’identique
de la puissance de la source et de la distance à la source.
à intervalles de temps égaux. La courbe correspondant
au signal n’est pas une sinusoïde, le signal n’est donc pas
sinusoïdal. ③ Le son émis par une corde vibrante
5. Le pic de plus basse fréquence a pour fréquence 1. Un son est obtenu avec une guitare en faisant vibrer
f1 = 800 Hz, c’est la fréquence fondamentale. les cordes de celle-ci.
Les fréquences des harmoniques sont environ
2. Si on tend davantage la corde de l’instrument, la
f2 = 1 500 Hz, f3 = 2 400 Hz, f4 = 3 200 Hz, f5 = 4 000 Hz.
fréquence du son émis augmente.
Le la émis par la flûte est différent de celui émis par
le diapason car leurs fréquences fondamentales ne sont 3. En pinçant la corde en son milieu, on diminue sa
pas identiques. longueur par deux et on obtient une note de fréquence
deux fois plus grande.
6. f2 = 2 × f1 et f3 = 3 × f1, f4 = 4 × f1 et f5 = 5 × f1.
En généralisant, on a fn = n × f1. 4. La fréquence fondamentale du son émis par une corde
dépend de son épaisseur, de sa longueur et de sa tension.
7. Un son pur est caractérisé par un signal sinusoïdal et un
seul pic sur le spectre. Un son composé est caractérisé par 5. Dans les instruments à vent, c’est une colonne d’air
un signal périodique non sinusoïdal. Le spectre d’un son mise en vibration qui produit un son.
composé présente plusieurs pics. 6. La valeur de la fréquence fondamentale du son émis
par la corde de 50 cm est celle qui permet d’observer
un seul fuseau soit f1 = 80 Hz, d’après le tableau.
② Intensité sonore et niveau d’intensité
sonore 7. Pour une même longueur de corde, on constate que les
fréquences des harmoniques sont des multiples de la
1. Le son est produit par les molécules présentes dans l’air valeur de la fréquence fondamentale.
qui s’agitent de proche en proche.
8. D’après le tableau, quand on double la longueur de la
2. L’intensité d’un son dépend de la puissance de la corde, la valeur de la fréquence fondamentale est
source et de la surface de propagation de l’onde sonore. diminuée de moitié. Si on diminue de moitié la longueur
Lorsqu’on s’éloigne de la source sonore, la surface de de la corde, alors la valeur de la fréquence fondamentale
propagation de l’onde est plus grande et l’intensité sera doublée soit f1 = 160 Hz.
sonore plus petite.
9. Plus la longueur de la corde augmente et plus la valeur
3. L’intensité sonore associée au seuil de douleur est de la fréquence fondamentale diminue : ces deux
I = 1 W·m–2. grandeurs sont inversement proportionnelles.

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Chapitre 11 ● Le son, phénomène vibratoire

10. Les sons émis par les cordes des contrebasses sont Dans la première situation, la longueur de la corde est
plus graves que ceux émis par les cordes des violons, ℓ = 25,0 cm et la fréquence fondamentale est f1 = 160 Hz.
c’est-à-dire qu’ils ont des fréquences plus basses car Dans la seconde situation, la longueur de la corde est
les cordes d’une contrebasse sont plus longues. deux fois plus grande : ℓ = 50 cm, et on constate que
la fréquence fondamentale est deux fois plus petite :
Penser la science
f1 = 80 Hz.
Bien que la destruction du pont soit historiquement
On peut donc dire, grâce à cette expérience, que la
attribuée à la fréquence du pas des soldats, cela fait
fréquence fondamentale du son émis par la corde
controverse car la marche au pas leur était interdite par
vibrante est liée à la longueur ℓ de la corde.
le code des Armées. D’autres explications scientifiques
peuvent être envisagées, comme la fréquence du passage
9 Le son enregistré est non sinusoïdal. Ce son n’est donc
du vent dans les câbles soutenant le tablier.
pas un son pur.
Sur le spectre de ce son, on doit donc observer plusieurs
pics. Le premier spectre est donc à éliminer car il
Exercices p.190 à 193 correspond à un son pur.
Sur l’enregistrement initial, deux motifs occupent 5,5 ms,
1 a. Vrai. la période du signal enregistré est donc T = 2,75 ms. Sa
b. Faux, le signal associé à un son composé est périodique 1
fréquence est donc f = −3 = 3,6·10 Hz.
2
mais non sinusoïdal. 2,75·10
c. Vrai. Sur le spectre du signal, on doit donc observer un premier
d. Vrai. pic pour la fréquence f1 = 360 Hz ainsi que d’autres pics de
e. Vrai. fréquences multiples de f1 (720 Hz, 1 080 Hz etc.).
f. Vrai. Le second spectre correspond à la description attendue.
g. Vrai. Le troisième spectre présente un premier pic à f = 360 Hz,
mais le pic suivant est situé à 550 Hz environ, ce qui n’est
2 Le signal (a) correspond à un son composé et le signal pas correct.
(b) à un son pur. Le spectre du son enregistré est donc le second spectre.

3 1. L’intensité sonore correspond à la puissance par unité 10 1. Le son obtenu est un son composé car le signal
𝑃𝑃 obtenu n’est pas un signal sinusoïdal et son spectre
de surface transportée par l’onde sonore : I = .
𝑆𝑆 présente plusieurs pics.
2. Cette grandeur est exprimée en watts par mètre carré 2. La fréquence fondamentale correspond à la fréquence
(W·m–2). du pic de plus basse fréquence sur le spectre, soit
3. On mesure le niveau d’intensité sonore avec un f1 = 440 Hz.
sonomètre. L’unité du niveau d’intensité sonore est Les fréquences des autres pics sont les fréquences
le décibel (dB). des harmoniques, soit f2 = 880 Hz et f3 = 1 320 Hz.
3. Le son composé a été obtenu à l’aide du logiciel
4 1. a. 2. b. Audacity en mixant (additionnant) trois sons purs de
fréquences précises. Le spectre du son composé montre
5 1. Le spectre correspond à un son composé car que ces fréquences se retrouvent dans le son composé
il présente plusieurs pics. obtenu.
2. La valeur de la fréquence fondamentale correspond
à la plus basse fréquence sur le spectre, soit f1 = 480 Hz. 11 1. Le niveau sonore du son reçu par l’auditeur est
Les fréquences des harmoniques sont les fréquences 𝐼𝐼 10−5
des autres pics, soit f2 = 960 Hz et f3 = 1 440 Hz. donné par : L = 10 × log = 10 × log = 70 dB.
𝐼𝐼0 10−12
2. Les intensités des sons émis par deux sources
6 1. L’intensité du son perçu par la personne endormie différentes s’additionnent en un point de l’espace, ainsi
est donnée par la relation : le son émis par deux trompettes identiques est perçu par
𝑃𝑃 𝑃𝑃 0,4
𝐼𝐼 = = 2 = 2 = 2,0·10 W·m
–1 –2 l’auditeur avec une intensité I = 2 × 1·10–5 W·m–2.
𝑆𝑆 4 × π × 𝑅𝑅 4 × π × 0,4
2. En appliquant la formule du niveau sonore, on obtient : 3. Le niveau sonore du son reçu par l’auditeur est donné
𝐼𝐼 2·10−5
L = 10 × log
𝐼𝐼
= 10 × log
2 × 10−1
= 1·10 dB
2 par : L = 10 × log = 10 × log = 73 dB.
𝐼𝐼0 10−12
𝐼𝐼0 10−12

7 La fréquence fondamentale du son émis par une corde 12 1. On constate que l’intensité sonore correspondant
vibrante est la fréquence de vibration imposée par le GBF à deux violons est le double de celle correspondant à un
pour laquelle on observe un seul fuseau sur la corde. violon, et que celle correspond à trois violons est le triple
Dans les deux situations proposées, on n’observe qu’un de celle correspondant à un violon. Les intensités sonores
seul fuseau, la fréquence affichée sur le GBF est donc la peuvent donc s’ajouter.
fréquence fondamentale du son émis.

© Éditions Hatier, 2019. 48


Thème 4 ● Son et musique, porteurs d’information

D’après les valeurs des niveaux sonores de ces trois Ainsi, si la longueur de la colonne d’air augmente, la
situations, on constate que les niveaux sonores ne fréquence fondamentale du son diminue et le son est
s’ajoutent pas. plus grave.
2. Lorsque l’intensité sonore double, c’est-à-dire quand
on passe d’un à deux violons émettant un son, on 15 1. Les deux sons additionnés sont des sons purs car
constate que le niveau sonore ne double pas, mais il le signal associé à chacun d’entre eux est sinusoïdal.
augmente de 3 décibels. Le signal correspondant à l’addition de ces deux sons
3. L’intensité sonore correspondant au son émis par n’est pas sinusoïdal, c’est donc un son composé.
l’aspirateur est dix fois plus grande que celle du son émis Le premier son a une période de 6,2 ms environ, alors
par un violon, d’après les valeurs du tableau. Lorsque ces que le second son a une période de 3,1 ms environ.
deux sons se superposent, on constate que le niveau La fréquence du premier son est donc deux fois plus
sonore obtenu est de 80 dB environ, ce qui correspond petite que celle du second son.
au niveau sonore obtenu avec l’aspirateur seul. On remarque également que l’amplitude du signal
Tout se passe comme si le son du violon n’était pas composé correspond bien à chaque instant à la somme
présent ; le son le plus fort masque donc le son le plus des amplitudes des deux signaux initiaux.
faible. Le son composé obtenu résulte donc de l’addition de deux
sons purs de fréquences multiples.
13 1. La fréquence du son fondamental émis par une 2. Le spectre du son composé comporte deux pics :
1
corde est d’autant plus grande que la masse linéique µ un premier pic situé à f1 = (6,2·10−3) = 161 Hz et un second
de la corde est petite, comme le montre la formule :
1 𝑇𝑇 pic situé à f2 = 2 × f1 = 322 Hz.
f1 = × √� �.
2×ℓ μ
𝐼𝐼
Les cordes ayant toutes la même longueur, plus la masse 16 a. L = 10 × log
𝐼𝐼0
linéique est petite, plus la corde est fine. Le classement de 𝐼𝐼 𝐼𝐼′
la corde de la plus fine à la plus épaisse est donc 4–3–2–1. Si L’ = L + 10, alors L’ = 10 × log + 10 = 10 × log ,
𝐼𝐼0 𝐼𝐼0
𝐼𝐼′
2. Si la fréquence du son émis par la corde est trop élevée, ainsi 10 × log 𝐼𝐼 + 10 = 10 × log 𝐼𝐼′ et log = 1
𝐼𝐼
d’après la formule rappelée à la question 1, la violoniste 𝐼𝐼′
On en déduit que = 10 et I’=10I
peut diminuer la tension T de la corde afin de diminuer 𝐼𝐼
la fréquence f1 du son émis par celle-ci, ou augmenter b. Si la distance séparant l’oreille de la source sonore
la longueur ℓ de la corde. double, alors d’ = 2d.
𝑃𝑃 𝑃𝑃 𝑃𝑃 𝐼𝐼
3. f2 = 294 Hz = 1,5 × 196 Hz = 1,5 × f1 I’ = = 2 = 2 =
𝑆𝑆′ 4 × π × 𝑑𝑑′ 4 × π × 4𝑑𝑑 4
f3 = 440 Hz = 1,5 × 294 Hz = 1,5 × f2 𝐼𝐼′
𝐼𝐼
𝐼𝐼
L’ = 10 × log = 10 × log 4
= 10 × log − 10 × log4
On a donc fn + 1 = 1,5 × fn et f3 + 1 = 1,5 × f3 = f4 = 660 Hz 𝐼𝐼0 𝐼𝐼0 𝐼𝐼0
=L–6
14 1. D’après la formule donnée, on a : Le niveau sonore diminue donc de 6 dB quand la distance
𝑓𝑓1 =
𝑣𝑣
d′ où ℓ =
𝑣𝑣
=
340
= 0,193 m = 19,3 cm séparant la source sonore de l’oreille double.
2×ℓ 2 × 𝑓𝑓1 2 × 880
c. Si on double le nombre de sources identiques, alors
La colonne d’air correspondant à un son émis avec une
I’ = 2 × I.
fréquence fondamentale de 880 Hz est de 19,3 cm. 𝐼𝐼′ 2𝐼𝐼 𝐼𝐼
2. Les fréquences des harmoniques sont des multiples L’ = 10 × log = 10 × log = 10 × log + 10 × log 2
𝐼𝐼0 𝐼𝐼0 𝐼𝐼0
entiers de la fréquence fondamentale, les deux premiers =L+3
harmoniques ont donc pour fréquence : Lorsqu’on double le nombre de sources identiques,
f2 = 2 × 880 le niveau sonore augmente de 3 décibels.
= 1 760 Hz et f3 = 3 × 880 = 2 640 Hz
3. D’après la formule, f1 et ℓ sont des grandeurs
inversement proportionnelles.

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Thème 4 ● Son et musique, porteurs d’information

12. LA MUSIQUE OU L’ART DE FAIRE ENTENDRE


LES NOMBRES
Activités p. 196 à 201 7. Il y a une infinité de possibilités pour retomber proche
de l'octave, les premières étant 5, 7, 12, 41 ou 53 notes.
① L’octave, un intervalle de référence
Penser la science
1. D'un point de vue musical, l'octave est définie comme
le plus petit intervalle entre deux notes portant le même Une étude montre que la musique diffusée dans les blocs
nom. C’est un intervalle consonant. opératoires diminuerait le niveau de stress des praticiens,
les rendant ainsi plus efficients, plus rapides et même plus
2. Cette notion est importante car c'est le plus petit rapides. La mise en place de techniques scientifiques de
intervalle qui contient toutes les notes, au-delà, elles se pointes, ici dans le domaine médical, sont ainsi
répètent. améliorées par l’écoute de la musique.
De plus, notre oreille sait facilement reconnaître ces
intervalles.
③ Vers un découpage égal de l’octave
3. C'est la fréquence fondamentale qui caractérise la
hauteur d'une note. 1. La gamme tempérée est apparue à la fin du XVIe siècle.
4. Par lecture graphique, la fréquence fondamentale du Elle propose de découper l'octave en 12 intervalles égaux.
do 1 se situe vers 130 Hz. 2. Le rapport de demi-ton vaut 21/12 = 1,06, le rapport de
5. L’octave ne peut pas être caractérisée par une ton sera donc 22/12 = 1,12.
différence de fréquence car on constate que ces 3. 𝑓𝑓𝑙𝑙𝑙𝑙♯ = 21/12 × fla = 21/12 × 440,0 = 466,2 Hz
différences ne sont pas constantes (fdo 2 – fdo 1 = 132 Hz, fsi = 22/12 × fla = 22/12 × 440,0 = 493,9 Hz
fdo 3 – fdo 2 = 262 Hz et fdo 4 – fdo 3 = 524 Hz). 𝑓𝑓𝑙𝑙𝑙𝑙
𝑓𝑓𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠♯ = 1/12
440,0
= 1/12 = 415,3 Hz
2 2
6. On remarque que la fréquence d'un do est le double 𝑓𝑓𝑙𝑙𝑙𝑙 440,0
𝑓𝑓 𝑓𝑓𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠 = 2/12 = = 392,0 Hz
de celle du précédent, on trouve une valeur 𝑛𝑛 +1 2 22/12
𝑓𝑓𝑛𝑛
𝑓𝑓𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠 392,0
constante qui vaut 2 pour les rapports. 4. = = 1,49, ce qui ne correspond pas
𝑓𝑓𝑑𝑑𝑑𝑑 261,6
L'octave est l'intervalle entre deux notes dont le rapport 3
exactement à = 1,50 et signifie donc que la quinte n’est
des fréquences fondamentales vaut 2/1= 2. 2
pas exactement juste.
8. En physique, on définit plus généralement un intervalle
par un rapport entre les fréquences fondamentales des 5. Le do est remplacé par la note située deux tons et demi
deux notes concernées. au-dessus, c'est-à-dire le fa.
6. Quand on décale les notes de la gamme tempérée d'un
② La gamme de Pythagore nombre entier de demi-tons, on retombe toujours sur des
notes existantes (on peut donc transposer un morceau),
1. Les notes de la gamme doivent être placées sur une ce qui n'est pas le cas avec la gamme de Pythagore.
seule octave car, au-delà, la suite de notes se répète à
l'identique.
2. Une quinte est un intervalle entre deux notes dont
le rapport des fréquences fondamentales vaut 3/2. Exercices p. 204 à 207
𝑓𝑓𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠 3 𝑓𝑓𝑟𝑟é 3 3 1 32
3. Pour le sol, = , pour le ré, = × × = 1 1. a et b 2. b et c 3. a 4. b
𝑓𝑓𝑑𝑑𝑑𝑑 2 𝑓𝑓𝑑𝑑𝑑𝑑 2 2 2 23
9 𝑓𝑓𝑙𝑙𝑙𝑙 3 3 1 3 33 27
= et pour le la = × × × = = .
8 𝑓𝑓𝑑𝑑𝑑𝑑 2 2 2 2 24 16 2 a. Vrai
9 9
4. fré = × fdo = × 261,6 = 294,3 Hz b. Faux, les intervalles ne sont pas constants.
8 8
fla =
27
× fdo =
27
× 261,6 = 441,5 Hz c. Vrai
16 16 d. Vrai
5. fdo octave = 2 × fdo = 2 × 261,6 = 523,2 Hz
312 312
fdo quinte = 18 × fdo = 18 × 261,6 = 530,3 Hz
2 2 3 1. do – do♯ – ré – ré♯ – mi – fa – fa♯ – sol – sol♯ – la – la♯ –
On en déduit que le comma pythagoricien vaut : si
𝑓𝑓𝑑𝑑𝑑𝑑 quinte
=
530,3
= 1,01 2. Elle a été créée pour transposer les œuvres musicales
𝑓𝑓𝑑𝑑𝑑𝑑 octave 523,2 afin de permettre aux musiciens de jouer ensemble.
294,2
6. Intervalledo–ré = = 1,12 3. Un demi-ton vaut 21/12 soit 1,06.
261,6
331,1 4. C'est un nombre irrationnel, il ne peut pas s'écrire
Intervalleré–mi = = 1,13 comme une fraction de deux nombres entiers.
294,3
353,5
Intervallemi–fa = = 1,07
331,1

© Éditions Hatier, 2019. 50


Chapitre 12 ● La musique ou l’art de faire entendre les nombres

4 1. a et d sont des octaves, b et c des quintes. 3𝑛𝑛


6. Le rapport 𝑝𝑝 ne pourra jamais être égal à 2, il va
2
2. b est une octave, a est une quinte, c n'est ni l'un
s'en approcher régulièrement mais ne retombera jamais
ni l'autre.
exactement dessus, le cycle des quintes ne s'arrêtera
donc jamais sur 2, il est infini.
5 1. La fréquence du do du violon se situe à :
f = 2 × 2 × 2 × × 261,6 = 23 × 261,6 = 2 092,8 Hz.
12 1. On voit qu'il s'agit de la 4e quinte car il y a 3 fois
2. 110 × 2 × 2 = 440 ; deux octaves séparent le la le rapport 3/2.
du trombone de celui du diapason. 34
2. fmi = × fdo
26
35 243
6 1. On peut écrire = .
243 243
27 128 13 1. Comme on multiplie la fréquence par 3, on est sorti
2. fsi = × fdo = × 261,6 = 496,6 Hz. de l'octave.
128 128
2. Il faut diviser la fréquence obtenue par deux pour
7 1. L'intervalle do♯-ré est aussi un intervalle d'un demi- revenir dans l'octave de départ.
3
ton, il vaut donc 21/12. 3. On obtient le rapport , il s'agit donc de la quinte.
2
2. L'intervalle d'un ton vaut 2 demi-tons, soit 22/12. 4. La quinte du do est le sol.
5. En enchaînant deux gammes à la suite (do – ré – mi – fa
9 1. Le rapport des fréquences fondamentales de deux – sol – la – si – do – ré – mi – fa – sol – la – si), on voit que
notes séparées par une octave vaut 2/1. le deuxième sol est la douzième note après le do de
2. Prenons la première fréquence audible et multiplions-la départ.
par deux jusqu'à sortir de l'intervalle d'audibilité.
On obtient la suite suivante 20 – 40 – 80 – 160 – 320 – 14 1. Le terme de rang n + 1 est obtenu en multipliant
640 – 1 280 – 2 560 – 5 120 – 10 240 – 20 480. 3
le terme de rang n par , ce qui correspond à l’intervalle
On constate que l'oreille humaine peut entendre un peu 2
moins de 10 octaves. d’une quinte entre les notes correspondant à ces
1
fréquences. Une multiplication par est aussi nécessaire
2
10 On trouve que le piano couvre un peu plus de 7 si la fréquence obtenue correspond à une note qui n’est
octaves, la guitare et la clarinette, entre 3 et 4 octaves, pas comprise dans l’intervalle [f0 ; 2f0[ correspondant à
la trompette entre 2 et 3 octaves, le violon, un peu moins l’octave do-do.
de 4 octaves. 3
2. f1 = × f0
9
f2 = × f0
27
f3 = × f0
2 8 16
3. Le terme général permet de vérifier la définition
11 1. fsol octave = 2 × fsol = 2 × 392,0 = 784 Hz de la suite :
3 3
2. f1 = × fsol = × 392,0 = 588,0 Hz • Au rang n
2 2
3 3 1 3 3 1 3𝑛𝑛 1
f2 = × × × fsol = × × × 392,0 = 441,0 Hz fn = × × f0
2 2 2 2 2 2 2𝑛𝑛 2𝑝𝑝
3 3 1 3 3 3 1 3
f3 = × × × × fsol = × × × × 392,0 • Au rang n + 1
2 2 2 2 2 2 2 2
3𝑛𝑛+1 1 3𝑛𝑛 31 1
= 661,0 Hz fn + 1 = × × f0 = × × × f0
3 3 1 3 3 1 2𝑛𝑛+1 2𝑝𝑝 2𝑛𝑛 21 2𝑝𝑝
f4 = × × × × × × fsol = ×�
3 3𝑛𝑛
×
1
× 𝑓𝑓0 �
2 2 2 2 2 2
3 3 1 3 3 1 2 2𝑛𝑛 2𝑝𝑝
= × × × × × × 392,0 3
2 2 2 2 2 2 = × fn
2
= 496,1 Hz
3 3 1 3 3 1 3 15 1. Le rapport des fréquences fondamentales de
f5 = × × × × × × × fsol deux notes séparées par un demi-ton vaut 21/12.
2 2 2 2 2 2 2
2. Pour le la♯, on doit obtenir :
3 3 1 3 3 1 3
= × × × × × × × 392,0
2 2 2 2 2 2 2
= 744,2 Hz 𝑓𝑓𝑙𝑙𝑙𝑙♯ = 21/12 × fla = 21/12 × 440,0 = 466,2 Hz
3 3 1 3 3 1 3 3 1
f6 = × × × × × × × × × fsol Le la♯ n'est donc pas correctement accordé.
2 2 2 2 2 2 2 2 2
3 3 1 3 3 1 3 3 1 3. Le mi (329,6 Hz), le fa (349,2 Hz), le sol (392,0 Hz)
= × × × × × × × × × 392,0 et le deuxième do (253,2 Hz) sont mal accordés.
2 2 2 2 2 2 2 2 2
= 558,1 Hz
3. 16 1. En physique, un son pur est son qui n'a qu'une
Sol La Si Do♯ Ré Mi Fa♯ fréquence fondamentale et pas d'harmoniques.
392,0 441,0 496,1 558,1 588,0 661,0 744,2 2. On peut écrire la valeur de l'intervalle choisi par K.
3
4. fré = f1 = × fsol Stockhausen comme ceci : i = 51/25.
2
3 3 1 32 3. f0 = 100 Hz ; f1 = 51/25 × f0 = 107 Hz ;
fla = f2 = × × × fsol = × fsol
2 2 2 23 f2 = 52/25 × f0 = 114 Hz ; f3 = 53/25 × f0 = 121 Hz ;
3 3 1 3 33
fmi = f3 = × × × × fsol = × fsol f81 = 581/25 × f0 = 18 393 Hz.
2 2 2 2 24
3𝑛𝑛
5. Le rapport 𝑝𝑝 doit avoir la valeur 2 pour retomber sur 4. i = 51/25 = 1,066
2 5. Ce rapport est légèrement supérieur à 21/12 (1,059).
la fréquence de l'octave.

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Thème 4 ● Son et musique, porteurs d’information

6. Dans la gamme tempérée, il y a douze notes comprises 4. Un intervalle et son renversement donnent une octave,
entre f0 et 2 × f0 (octave) alors que dans cette gamme il ce qui signifie que le produit de leurs rapports donne 2.
y a 25 notes comprises entre f0 et 5 × f0. De plus, cette 5. Pour la tierce majeure, on doit résoudre :
5 2×4 8
gamme ne recherche pas à retrouver des intervalles × 𝑥𝑥 = 2 ⟺ 𝑥𝑥 = = ce qui correspond bien à la sixte
4 5 5
consonants connus. mineure.
6 2×5 10 5
Pour la tierce mineure, × 𝑥𝑥 = 2 ⟺ 𝑥𝑥 = = =
17 1. Le triton était interdit car il était dissonant et était 5 6 6 3
considéré comme diabolique. ce qui correspond bien à la sixte majeure.
2
2. Le triton est constitué de 3 tons soit 6 demi-tons. 5. Pour le triton, √2 × 𝑥𝑥 = 2 ⟺ 𝑥𝑥 = = √2
√2
3. Pour 6 demi-tons, la valeur de l'intervalle vaut : Le triton est son propre renversement.
26/12 = 21/12 = √2

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Thème 4 ● Son et musique, porteurs d’information

13. LE SON, UNE INFORMATION À CODER


Activités p. 210 à 215 Enjeux écologiques : consommation électrique des data
centers qui occasionnent la consommation de ressources
① La numérisation d’un signal sonore et la pollution, conséquences du réchauffement
La tâche complexe permet de découvrir les paramètres climatique qui découle de la production de gaz à effet
liés à la numérisation. de serre, questionnement moral quant à l’ouverture
Le document 1 présente le principe de la numérisation : de nouvelles routes numériques en Arctique.
la transformation d’un signal continue en signal
discontinu qui varie de façon discrète (suite de valeurs
finies) au cours du temps. L’utilisation du simulateur
permettra aux élèves de comprendre l’importance de
Exercices p. 218 à 221
chaque paramètre. 1 1. discontinue
Le critère de Shannon est énoncé dans le document 3. 2. signal analogique en signal numérique
Le document 5 et les fichiers associés permettent 3. binaire
d’entendre l’influence du choix de la fréquence
d’échantillonnage et de la quantification. 2 a. Vrai b. Faux c. Vrai d. Faux
Pour conclure, l’élève doit se remémorer que l’oreille
humaine est sensible aux fréquences allant jusqu’à 3 Échantillonnage, puis quantification / codage.
20 kHz.
La fréquence d’échantillonnage doit donc être au moins 4 La compression des fichiers audio consiste à amoindrir
double, soit 40 000 Hz. leur taille pour en faciliter le stockage. Lors de ce
Il convient également de choisir une quantification traitement informatique, les sons dont les fréquences
élevée. sont supérieures à 20 kHz sont éliminés car ils ne sont pas
détectés par l’oreille. Les informations redondantes,
comme les refrains, ne sont conservés qu’une seule fois.
② La compression des données numériques
Plus le taux de compression est élevé, plus la
1. Compresser les fichiers numériques est indispensable compression est efficace. La compression remet en cause
pour pouvoir en stocker davantage et les transférer plus la qualité d’écoute car elle s’accompagne de perte
facilement. d’informations.
2. L’application de la formule donnée au document 2
conduit au résultat attendu : 5 1. Première courbe : fréquence d’échantillonnage la plus
16 fine.
N = 44 100 × × 2 × (3 × 60) = 31 752 000 o, soit environ
8 Seconde courbe : quantification la plus fine.
32 Mo. 2. Le second signal est numérisé avec la fréquence
128 Go = 128 000 Mo d’échantillonnage la plus élevée et la quantification
128 000 / 32 = 4 000 morceaux la plus fine, c’est donc le signal le plus fidèle au signal
3. 3,2 Mo ; la carte SD pourra en contenir 10 fois plus, soit analogique de départ.
40 000.
4. Les fichiers audio sont compressés en éliminant les 6 1. D’après le critère de Shannon, la fréquence
fréquences peu audibles par l’oreille humaine et en ne d’échantillonnage doit être au moins double de celle
codant qu’une seule fois les refrains, ce qui constitue une du fréquence analogique ; il faut donc choisir 20 kHz
perte d’information. au minimum.
2. La fréquence la plus élevée à laquelle l’oreille soit
5. Échanger des données et des fichiers fait aujourd’hui sensible est de l’ordre de 20 kHz. Pour respecter le critère
partie de notre quotidien. Ces échanges sont voués à de Shannon, il faut donc choisir une fréquence à 40 kHz
s’effectuer de plus en plus vite et la taille des fichiers est
(2 × 20 kHz).
de plus en plus grande, c’est pourquoi la compression est
indispensable.
7 Environ 47,6 Mo.

③ Les enjeux de la numérisation 8 τ = 0,9 ou 90 %.


Enjeux économiques : essor de commercialisation
10 1. 5 Te = 1 ms, d’où Te = 0,2 ms.
d’œuvres numériques, sites de téléchargement payants, 1 1
réseaux sociaux. D’où fe = = −3 = 5 000 Hz.
𝑇𝑇e 0,2 × 10
Enjeux culturels : partage de la création artistique, etc. 2. 30 : 0,2 = 150 échantillons.

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Chapitre 13 ● Le son, une information à coder

1
11 1. fe1 = (0,5 = 2 000 Hz
× 10−3 )
1 16 1. Ce sont deux codages binaires.
fe2 = (0,25 = 4 000 Hz 2. Codage simple, décodage facile, transmission sur de
× 10−3 )
2. (1) Les valeurs binaires ne sont composées que de deux longues distances.
chiffres, dont la quantification s’effectue sur 2 bits. 3. La lettre « e » est la plus courante, le code qui lui est
(2) De même, la quantification s’est faite sur 3 bits. associé est le plus simple pour être répétée facilement
3. La valeur du pas est la plus faible sur la seconde et rapidement.
numérisation.
4. Le signal numérique (2) reproduit le plus fidèlement 17 1. The Fraunhofer team.
le signal de départ. 2. Pour permettre un stockage facile de la musique
numérisée.
3. Non.
12 4 000 Hz, pour respecter le critère de Shannon. 4. Environ 90 %.

13 1. 8 bits : 28 valeurs = 256 valeurs. 18 Durée totale : environ 36 min, soit 2 160 s
10
2. p = ≈ 39 mV Taille ≈ 381 Mo
256
La capacité de la clé est suffisante.
14 1. Environ 47,6 Mo.
650 19 Le signal associé au fichier audio haute résolution est
2. = 13,65, soit environ 13 titres.
47,6 plus proche du signal analogique de départ, la qualité en
est donc meilleure.
15 1. τ (WAV to MP3) = 0,91, soit 91 %. La quantification est réalisée sur 24 bits, ce qui est plus fin
τ (WAV to AAC) = 0,93, soit 93 %. que le disque compact (16 bits), lui-même de meilleure
2. Il faut choisir le format AAC pour stocker le maximum qualité que le MP3.
de titres sur un même support.

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Thème 4 ● Son et musique, porteurs d’information

14. ENTENDRE LA MUSIQUE


Activités p. 224 à 229 à 22 000 Hz, mais du fait du faible échantillonnage (encart
« penser la science ») on considère qu’elle est comprise
① L’oreille, organe sensoriel de l’audition entre 20 et 20 000 Hz.
Remarque 2. La hauteur des sons a été perçue globalement de la
Deux activités de modélisation « Pour aller plus loin » même manière par tous les élèves : les sons sont perçus
sont proposées à la fin du corrigé de ce chapitre. comme graves entre 20 et 200 Hz (basse fréquence) et
comme aigus entre 2 000 et 22 000 Hz (haute fréquence).
1. Dans l’expression « tendre l’oreille », c’est l’oreille Mais l’on note déjà des variabilités individuelles :
externe qui est concernée et notamment le pavillon. seulement 30 élèves perçoivent les sons graves de 20 Hz
Sa forme élargie lui permet de capter les ondes sonores (les 5 restants n’entendent pas de sons) et 30 élèves
du milieu extérieur (comme un entonnoir) et de les perçoivent les sons aigus de 2 000 Hz (les 5 restants le
canaliser vers le conduit auditif, qui les transmet jusqu’au perçoivent comme grave). Pour les fréquences de sons
tympan. intermédiaires (500 et 1 000 Hz), la hauteur du son perçue
2. À la base de la cochlée (point A), les cellules cochléaires est différente.
captent des ondes sonores de haute fréquence (entre 3. Les différences de perception sonore selon les individus
1 500 et 20 000 Hz) qui correspondent aux sons aigus. proviennent de notre capacité auditive liée à nos oreilles
Au sommet de la cochlée (point C), les cellules cochléaires plus ou moins performantes (déterminisme génétique,
captent des ondes sonores de basse fréquence (entre 20 forme de l’oreille externe, forme de la cochlée, nombre
et 500 Hz) qui correspondent aux sons graves. et état des cellules ciliées).
3. Les cellules ciliées possèdent des cils à leur extrémité Penser la science
qui vibrent à la même fréquence que les vibrations Pour pouvoir généraliser les résultats d’une expérience
transmises par le milieu liquide via la membrane basilaire. scientifique, il est important que les sujets soient
Elles réagissent donc à un stimulus physique (= vibration) suffisamment représentatifs de la population globale.
et elles le transforment en message nerveux. Dans l’expérience, les 35 sujets sont des adolescents
4. Le schéma attendu est celui du point 1 page 230 avec le d’une classe de première. Ils ne sont pas représentatifs
nerf auditif qui conduit les messages nerveux au cerveau. de la population de l’espèce humaine : en effet nous
n’avons qu’un échantillon d’individus âgés de 16-17 ans.
Penser la science
Pour généraliser à l’espèce humaine, il faudrait au
Un implant cochléaire est composé de deux parties :
minimum tester des individus de tout âge. De plus, il
– une partie externe qui permet de capter des sons et de
serait important de connaître d’autres caractéristiques
les transformer en signaux électriques. La partie externe
importantes des élèves pour généraliser, comme le sexe,
comprend : un microphone qui capte les sons, un
les capacités auditives de base ou encore l’origine
microprocesseur qui les transforment en signaux
géographique (peut-on généraliser des résultats valables
électriques et une antenne qui les transforme en ondes
pour des Australiens à partir de résultats effectués sur des
électromagnétiques ;
Français ?). Pour ces raisons, le groupe testé, n’est pas
– une partie interne, sous le cuir chevelu, composée
représentatif.
d’une antenne qui capte les ondes électromagnétiques
En dehors de la représentativité du groupe, la question
et les transforme en impulsions électriques qui circulent
de la taille de l’échantillon se pose. Avec 35 sujets, la
le long d’un fil sur lequel sont disposées des électrodes
population testée est bien trop petite pour pouvoir
qui excitent les terminaisons nerveuses de la cochlée.
généraliser à toute l’espèce humaine. Il faudrait tester
Cela transmet un message nerveux auditif au cerveau.
des centaines des sujets, voire un ou deux milliers, pour
Cet implant présente deux limites principales :
que la conclusion puisse être envisagée comme fiable.
• C’est un dispositif intrusif puisque la partie interne de
Pour calculer la taille minimale de l’échantillon à tester,
l’implant doit être placée sous le cuir chevelu.
il faut utiliser une loi mathématique appelée la loi des
• Il ne permet pas de capter pas l’intonation ou la mélodie
grands nombres.
d’une voix.
En conclusion, parce que le groupe testé est non
② La capacité de réception du système auditif représentatif et bien trop petit, la conclusion obtenue
n’est pas valide scientifiquement.
1. D’après les résultats, tous les élèves de la classe ont
entendu les sons de fréquences comprises entre 50
et 20 000 Hz. 30 élèves ont perçu un son de 20 Hz et ③ La fragilité du système auditif
33 élèves ont perçu un son de 22 000 Hz.
1. Si l’on passe 2 h à la cantine, le système auditif peut
D’après ces résultats, la gamme de fréquences des sons rester intact ou être endommagé car 2 h est le temps
toujours perceptibles par l’oreille humaine serait de 20 maximum d’exposition ; il faut donc limiter ce temps.

© Éditions Hatier, 2019. 55


Chapitre 14 ● Entendre la musique

Si l’on écoute de la musique au volume maximum soit musique à des souvenirs personnels. De même, cette
100 dB pendant 2 h, on endommage notre système auditif musique peut déclencher certaines émotions, propres à
puisque la durée limite d’exposition est de 4 min par jour. l’individu. On peut donc conclure que la perception d’une
Si l’on écoute de la musique à un concert ou dans une musique est individuelle, comme nous l’avons testé dans
discothèque, la durée d’exposition varie de 2 h (85 dB) le débat d’entrée dans le chapitre (page 222).
à quelques minutes (115 dB) pour ne pas endommager
Penser la science
notre système auditif.
L’imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle
2. Les cellules de Grégory sont moins nombreuses et ont (IRMf) est une technique qui permet de visualiser les
moins de cils. Les cellules ciliées transforment zones du cerveau qui sont activées lorsque le sujet réalise
normalement les vibrations sonores en messages nerveux une action (physique ou mentale).
auditifs, donc si elles sont touchées, il y a moins de Cette technique a considérablement fait avancer la
messages nerveux créés, ce qui peut expliquer une perte compréhension du fonctionnement cérébral dans tous
des capacités auditives, voire une surdité. les domaines : fonctionnement normal (cartographie des
3. Les moyens de prévention dans la vie quotidienne pour aires corticales, sensibilité, motricité, langage, cognition,
protéger son système auditif : respecter le volume apprentissage, développement, etc.) mais également
maximal (80 dB max) des appareils (smartphone, dysfonctionnements (maladies neuro-dégénératives,
baladeur, mp3) pour une écoute via des écouteurs, troubles spécifiques de l’apprentissage ou de la mémoire,
utiliser des bouchons d’oreille ou un casque pour les etc.).
activités bruyantes (concert, discothèque, tondeuse, L’IRMf permet même d’explorer le fonctionnement du
perceuse, etc.). cerveau des patients inconscients (sommeil, coma,
troubles de la conscience, etc.).
4. La zone de contact entre la cellule ciliée et la fibre
Grâce à ce progrès technique, le savoir scientifique sur
nerveuse du nerf auditif peut aussi être endommagée par
le fonctionnement du cerveau s’est ainsi largement accru.
des bruits trop intenses. La fibre nerveuse envoie alors
des messages au cerveau mais qui ne proviennent pas
des cellules ciliées : les sons perçus sont des acouphènes.
Exercices p. 232 à 235

④ De la sensation à la perception du son 1 1. a 2. b 3. d 4. b


1. Sur les résultats d’IRMf (document 1), on observe que
2 Voir le schéma du point 1 page 230 en ajoutant la
certaines zones, situées de chaque côté du cerveau,
cochlée = organe de l’oreille interne.
deviennent plus actives quand le sujet écoute des mots.
Si l’on se réfère au document 2, il s’agit de l’aire auditive
3 1. Les sons audibles par l’oreille humaine ont des
primaire, responsable de la sensation du son (arrivée
fréquences comprises entre 20 Hz (sons graves) et 20 000 Hz
directe des messages nerveux issus de l’oreille interne)
(sons aigus). Les niveaux d’intensité sonores audibles sans
à laquelle s’ajoutent des aires responsables de la
douleur sont compris entre 0 et 120 dB.
reconnaissance et interprétation du son (aire auditive
2. Les sons de la vie quotidienne ne sont pas nocifs jusqu’à
secondaire).
80 dB. Au-delà de 80 dB, les sons peuvent endommager
Cette aire supplémentaire reçoit des messages nerveux
l’oreille selon la durée d’exposition : plus de 2 h/jour à
provenant de l’aire auditive primaire (d’où le terme de
90 dB, plus de 4 min/jour à 100 dB, plus de quelques
« secondaire ») et est responsable de la perception du
secondes à partir de 120 dB. On peut limiter les risques
son. Dans l’exemple du document 1, l’activité est l’écoute
de dommages des oreilles en respectant le volume maximal
d’un mot, les aires de Broca et/ou Wernicke (langage)
d’écoute conseillé par les appareils (80 dB) et en portant des
s’ajoutent à la perception.
bouchons d’oreille ou un casque pour les activités bruyantes.
2. Document 3 : ces sujets ont vécu la même période de
surdité (6 ans) avant d’avoir un implant auditif. Ils ont en 4 1. Sur une image d’IRM fonctionnelle, une zone
revanche vécu des temps d’apprentissage différents (1 an cérébrale active est une zone colorée et plus elle est
pour le sujet A et 4 ans pour le sujet B). On observe que rouge, plus elle est active (ceci est lié à un enrichissement
la performance langagière est meilleure pour le sujet B en dioxygène donc à un afflux sanguin).
avec 90 % de phrases reconnues contre 67 % pour le sujet 2. Sur l’IRMf (en coupe transversale) d’un individu
A. On peut donc en déduire que l’apprentissage joue un écoutant un livre audio, on observe des zones très
rôle fondamental dans l’acquisition du langage, avec un colorées de chaque côté du cerveau (au niveau temporal).
support auditif indispensable. Ces aires actives sont les aires auditives primaire
3. On observe, sur le document 4, que différentes zones (sensation du son) et secondaire (perception du son).
cérébrales interviennent dans le traitement des messages
nerveux générés lors de l’écoute d’une musique. Ainsi, la 5 1. Les résultats de l’audiogramme montrent que plus
mémoire (traitée par hippocampe) peut relier cette la fréquence d’un son émis augmente, plus il faut

© Éditions Hatier, 2019. 56


Thème 4 ● Son et musique, porteurs d’information

augmenter l’intensité minimale perçue chez le patient par les chercheurs ont réalisé une expérience testant
rapport au témoin sain : un son émis à une fréquence de l’hypothèse d’un apprentissage sonore permettant
10 kHz sera perçu à une intensité minimale de 50 dB chez la reconnaissance spécifique d’un jeune avec sa mère.
le témoin sain mais à plus de 80 dB chez le patient. Il faut Dans cette expérience, le cri maternel était reproduit
donc augmenter le volume sonore pour qu’un même son et présenté au jeune. On mesure le pourcentage de
soit perçu chez le patient par rapport au témoin sain. Le reconnaissance, évalué par le déplacement du jeune
traumatisme sonore a donc atteint les capacités auditives vers la source sonore artificielle.
du patient.
2. Les structures de l’oreille atteintes par un traumatisme 11 1 On observe qu’un individu, présentant une
sonore peuvent être les cellules ciliées de la cochlée et les destruction de l’aire de Broca, comprend toujours les
fibres nerveuses du nerf auditif. mots, mais peine au langage parlé et articulé. L’individu
présentant une destruction de l’aire de Wernicke a une
6 Chaque musique écoutée a ses caractéristiques de bonne élocution, mais ne comprend plus les mots. Les
rythme, tonalité, etc., ce qui se traduit dans l’oreille par deux sujets présentent une difficulté d’organisation des
des ondes sonores de fréquence et d’intensité variables. mots. On peut en déduire que l’aire de Broca aurait plutôt
Chacune de ces vibrations sonores a été transformée en un rôle dans la production du langage parlé, et l’aire de
messages nerveux codés au niveau des cellules ciliées puis Wernicke interviendrait plutôt dans la compréhension
envoyés au cerveau. Ces messages nerveux ont été traités du langage (entendu et parlé)
au niveau des aires auditives primaire et secondaire mais 2. Sur l’IRMf de sujets entendant différents mots, on
avec des variations zonales selon la musique de départ. observe que les zones actives sont très localisées lorsqu’il
La musique est donc perçue au niveau du cerveau mais s’agit de mots évoquant des objets neutres (outils) et
avec des variations selon le type de musique (perception beaucoup plus étendues lorsque les mots évoquent des
sonore variable). images plus personnelles ou affectives (animaux,
personnes). On en déduit que, dans ce dernier cas, des
9 1. Nous savons que plus la fréquence du son est forte, aires supplémentaires aux aires auditives et de langage
plus le son est aigu. On observe que la partie de la cochlée interviennent (exemple : l’hippocampe pour la mémoire).
en contact avec la fenêtre ovale entre en résonnance avec Nous sommes alors dans le cadre de la perception, alors
des sons de 20 kHz (20 000 Hz) donc des sons aigus. La que des mots neutres impliquent davantage la sensation.
partie extrême de la cochlée entre en résonnance avec 3. Historiquement, les études de Broca et Wernicke se
des sons de 20 Hz, donc des sons graves. sont basées sur des études médicales, sur des sujets
2. Sur le schéma des résultats de l’IRMf, on observe que présentant des symptômes particuliers. Il s’agissait
l’avant de l’aire auditive traite des informations sonores d’études peu nombreuses et dépendant de l’autopsie
de fréquence 500 Hz, et que plus on s’éloigne vers post-mortem de l’individu. L’avancée technologique avec
l’arrière de l’aire auditive primaire, plus les informations la mise au point des IRMf, a permis d’obtenir un grand
sonores traitées sont de fréquence croissante. nombre d’expérimentations, avec des résultats rapides.
3. On peut déduire de ces deux observations que la partie Ces données sont déterminantes pour une avancée
antérieure de l’aire auditive reçoit des messages nerveux scientifique.
créés par des sons de faible fréquence, donc issus de
l’extrémité de la cochlée. La partie postérieure de l’aire 12 Dans l’exemple de la surdité congénitale :
auditive primaire reçoit des messages nerveux créés par – le génotype correspond à une mutation du gène TMC1,
des sons de fortes fréquences, donc issus de la zone situé sur le chromosome 9. Il y a substitution d’un
cochléaire en contact avec la fenêtre ovale. On peut donc nucléotide à guanine en nucléotide à adénine ;
conclure sur l’existence d’une répartition des neurones – le phénotype moléculaire, dépendant directement
cérébraux (de l’avant vers l’arrière de l’aire auditive), du génotype, correspond à la protéine codée par ce gène.
reflétant l’organisation des récepteurs sensoriels de la L’allèle muté produit une protéine avec un changement
cochlée (de l’extrémité vers la fenêtre ovale). du 572e acide aminé, ce qui modifie sa configuration
spatiale et donc son fonctionnement ;
10 1. On observe que le pourcentage de jeunes – le phénotype cellulaire qui en découle correspond au
reconnaissant la voix de leur mère atteint 100 % à partir rôle des cellules ciliées qui convertit le signal sonore en
de 5 jours. Or, toutes les mères partent en mer au bout de signal nerveux. Dans le cas de la protéine modifiée, cette
10 jours. La reconnaissance entre le jeune et sa mère se conversion ne se fait pas ;
fait donc avant ce départ en mer. – au niveau phénotype macroscopique, cette absence
2. Référence à la page 16 : afin de comprendre le mode de production de message nerveux par les cellules ciliées
de reconnaissance des femelles par les jeunes otaries, entraîne une surdité.

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Chapitre 14 ● Entendre la musique

Pour aller plus loin


Modélisation du fonctionnement de l’oreille externe et moyenne
Matériel
• Un haut-parleur relié par des fils de connexion à un GBF sur une fréquence d’environ
80 à 100 Hz, représentant les sons du milieu extérieur.
• Un tube en plastique (environ 50 cm), représentant le conduit auditif de l’oreille
externe.
• Du papier calque + un élastique, représentant la membrane vibrante du tympan.
• 3 boules de cotillon reliées à des ficelles, représentant les osselets de l’oreille
moyenne.
• 4 potences, des croix de serrage et des pinces pour fixer tous les éléments du modèle
indépendamment et à la bonne hauteur.
• Un piézomètre (fixé par une pince à une potence) enregistrant les vibrations de la
fenêtre ovale, relié au logiciel Audacity.
Photo du montage

Résultats obtenus avec Audacity

Intérêts pédagogiques de ce modèle


Le modèle donne accès aux mécanismes vibratoires qui se passent dans l’oreille externe
et moyenne.
Les élèves constatent que :
– les ondes sonores créées par le haut-parleur (= milieu extérieur) sont canalisées par
le tube (= conduit auditif) dans l’air jusqu’au papier calque (= tympan) qui vibre. Cela
montre le rôle d’entonnoir acoustique de l’oreille externe ;
– les boules de cotillons entrent en mouvement sous l’effet des vibrations sonores et
s’entrechoquent comme dans la chaîne des trois osselets : l’onde sonore se transmet
mécaniquement d’un osselet à l’autre ;

© Éditions Hatier, 2019. 58


Thème 4 ● Son et musique, porteurs d’information

– les vibrations sont transmises au piézomètre (= fenêtre ovale) qui est frappé par la 3e
boule de cotillon. Les variations de pression sont enregistrées sur le logiciel Audacity
(voir les résultats obtenus).
Comme toute activité de modélisation, une discussion sur les limites du modèle peut
être engagée.
Par exemple, certaines critiques peuvent être émises :
– en fonction du matériel disponible, il est difficile de trouver la fréquence adaptée à
la vibration des boules de cotillon. Privilégier des basses fréquences (sons graves) ;
– la rigueur du montage : Le haut-parleur ne doit pas être placé trop près de l’ouverture
du tube, pour éviter toute vibration des parois de ce dernier. Ce seraient ces vibrations
qui seraient enregistrées, et non celles transmises par l’air du tube. De même, les boules
de cotillon ne doivent pas se toucher, ni être en contact avec le papier calque et le
piézomètre.

Modélisation du fonctionnement des cellules ciliées cochléaires


Matériel
Réaliser le montage de l’expérience de la corde de Melde de la page 187 du manuel.
Y ajouter le matériel suivant.
• Une gommette ronde (5 mm à 1 cm de diamètre) de couleur à coller au milieu de
la corde.
• Un laser rouge (fixé sur une potence à l’aide d’une pince) qui éclaire la gommette.
• Une photodiode (fixée sur une potence à l’aide d’une pince) en face du laser et reliée
à un système d’acquisition ORPHYS GTS ou autre.
• Une résistance de 100 kHz placée entre la photodiode et le système d’acquisition.
• Régler le GBF sur une fréquence d’environ 60 Hz pour une longueur de corde d’environ
50 cm de sorte que la corde vibre en ne formant qu’un seul fuseau avec une faible
amplitude qui permet d’éclairer la gommette de façon périodique : le rayon laser est
bloqué par la gommette (valeur nulle à la photodiode) ou le rayon laser est capté par
la photodiode (valeur maximale).
Photos du montage

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Chapitre 14 ● Entendre la musique

Résultats obtenus avec le logiciel REGRESSI

Intérêts pédagogiques de ce modèle


Le modèle donne accès aux mécanismes qui se passent au niveau des cellules ciliées
de la cochlée.
La gommette (= cils) fixée à la corde (= membrane basilaire) vibre à la même fréquence
celle-ci. La gommette interrompt de façon périodique la réception du faisceau laser par
la photodiode ce qui crée un message électrique périodique. Les élèves constatent ainsi
que la vibration mécanique d’une corde (= membrane + cils) est transformée message
électrique (= message nerveux).
Comme avec toute activité de modélisation, une discussion sur les limites du modèle
peut être engagée. Ici la création d’un message électrique à l’aide d’un laser et d’une
photodiode peut prêter à confusion pour les élèves (la lumière n’intervient pas au
niveau des cellules ciliées).
Il faut bien préciser que c’est un moyen physique pour expliquer la transduction du
signal mécanique en message nerveux électrique au niveau des cellules ciliées.

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Préparer l’épreuve

EXERCICES DE SYNTHÈSE
Thème 1 p. 68-69 Comme les spéléothèmes sont composés de carbonate
de calcium, la présence de bactéries utilisant la
Les spéléothèmes chimiosynthèse favorise donc leur formation.
1. Les spéléothèmes sont composés de carbonate de 7. Schéma de la membrane plasmique des bactéries
calcium de formule CaCO3. Ils contiennent donc du chimiosynthétiques.
carbone, et ce carbone est issu du CO2 atmosphérique.
Il est donc possible d’utiliser la technique du carbone 14
sur ces spéléothèmes.
2. La demi- vie d’un noyau radioactif est la durée
nécessaire pour que la moitié des noyaux initialement
présents dans un échantillon macroscopique se
désintègrent.
Connaissant le nombre de noyaux radioactifs restant dans
un échantillon et en utilisant la courbe de décroissance
radioactive, on détermine l’âge d’un échantillon.
La courbe du document 4 permet de déterminer la demi-
vie pour N = N0 : 2 = 2,5 × 1010 noyaux .
Soit t1/2 ≈ 5 500 ans.
Au bout de 3 demi-vies, soit 16 500 ans, on détermine
par lecture graphique le nombre de noyaux restant dans
l’échantillon : 0,65 × 1010 noyaux.
3. Il n’est pas possible d’utiliser la méthode de datation Thème 2 p. 132-133
au carbone 14 au bout de 100 000 ans car le nombre de La photosynthèse artificielle
noyaux restants est insuffisant, la courbe tend
asymptotiquement vers 0. 1. Une fois la technologie parfaitement développée,
30 000 km2 de modules peuvent extraire 10 Gt de CO2
4. Le cuivre cristallise selon une structure cubique à face par an.
centrée. La représentation de la maille et des atomes de Sachant que 1 Gt = 109 t et, par proportionnalité :
cuivre qu’elle contient, en perspective cavalière, est :
Surface (km²) 30 000 1
CO2 extrait (t) 10·109 𝑥𝑥
�1 ×10·109 �
𝑥𝑥 =
30 000
𝑥𝑥 = 333 3333, soit 3,33·105 t
1 km2 de module permet donc d’extraire 3,33·105 tonnes
de CO2 par an.
2. Pour comparer avec la photosynthèse naturelle, il faut
𝑚𝑚 (4 × 𝑚𝑚Cu ) �4 ×1,05 × 10−22 � s’intéresser aux données du document 3 sur le
5. ρ = = = ≈ 9,00 g·cm
–3
𝑉𝑉 𝑎𝑎3 (3,60 × 10−8 )3 prélèvement naturel effectué par les forêts en France.
6. Dans la grotte de Hulu, des bactéries utilisant la D’après ces données, 169 000 km2 de forêts permettent
chimiosynthèse sont présentes. La chimiosynthèse est d’absorber 70 millions de tonnes équivalent CO2.
une voie métabolique qui leur permet de produire de Sachant que 1 million de tonnes = 106 t et, par
la matière organique (sous forme de glucide) à partir proportionnalité :
de matière minérale : CO2 et H2S. Surface (km²) 169 000 1
Cette réaction métabolique ressemble ainsi à la
CO2 extrait (t) 70·106 𝑥𝑥
photosynthèse mais se déroule en l’absence de lumière.
La chimiosynthèse consomme donc le CO2 présent dans �1 ×70·106 �
𝑥𝑥 =
la grotte. Or la quantité de CO2 présent dans la grotte 169 000
détermine la réaction chimique du carbonate de calcium : 𝑥𝑥 = 414 4,14·102 t
soit la dissolution dans un milieu riche en CO2, soit 1 km2 de forêt, donc de photosynthèse naturelle, permet
la précipitation dans un milieu pauvre en CO2. d’extraire 4,14·102 tonnes de CO2 par an. En comparaison,
Puisque la chimiosynthèse consomme du CO2, elle 1 km² de modules de photosynthèse artificielle permet
appauvrit le milieu de la grotte en CO2 et par d’extraire 3,33·105 tonnes de CO2 par an.
conséquence, il se déroule une réaction de précipitation La photosynthèse artificielle est nettement plus efficace
de carbonate de calcium. que la photosynthèse naturelle.

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Exercices de synthèse

3. Le document 1 indique que l’efficacité réelle représente Le document 4 indique le type de rayonnement absorbé
la moitié de l’efficacité théorique. Cela signifie que par différents gaz atmosphériques ainsi que leur
l’efficacité réelle représente 50 % de l’efficacité proportion dans l’atmosphère. D’après les cinq
théorique. graphiques, il est possible de déterminer les gaz
Pour déterminer la quantité de CO2 prélevée dans qui absorbent le plus le rayonnement infrarouge.
l’atmosphère par 1 km2 de modules si l’efficacité réelle Par ordre décroissant d’importance, on trouve ainsi
était égale à l’efficacité théorique, cela revient donc à la vapeur d’eau (6-7 domaines d’absorption dans
calculer la valeur pour 100 %. l’infrarouge), le CO2 (4 domaines d’absorption dans le RI),
Il suffit de multiplier par deux ou de calculer par l’oxyde nitreux (3-4 domaines d’absorption dans le RI), le
proportionnalité : méthane (2 domaines d’absorption dans le RI) et l’ozone
Efficacité (%) 50 100 (1 domaine d’absorption dans le RI).
Les gaz les plus présents dans l’atmosphère sont : la
CO2 extrait par km² (t) 3,33·105 𝑥𝑥
vapeur d’eau (3 000 ppm) et le CO2 (355 ppm). Les trois
𝑥𝑥 = 6,66·10 tonnes par km².
5
autres gaz sont présents en très petite quantité en
La quantité de CO2 prélevée dans l’atmosphère par 1 km2 comparaison (1,8 ppm pour le méthane, 0,3 ppm pour
de modules si l’efficacité réelle était égale à l’efficacité l’oxyde nitreux et moins de 0,1 ppm pour l’ozone).
théorique est 6,66·105 tonnes par an. En conclusion, le gaz qui contribue le plus à l’effet de
4. En utilisant le spectre du document 2 et la loi de Wien serre est la vapeur d’eau, très loin devant le CO2 qui est
�2,9 × 10−3 � le deuxième contributeur. Les autres gaz (méthane, oxyde
donnée : TSoleil = (450 ≈ 6 400 K
× 10−9 ) nitreux et ozone) participent également à l’effet de serre
5. Schéma montrant l’effet de serre. mais très faiblement en comparaison des deux premiers.
7. Les végétaux participent très peu de manière directe au
bilan radiatif de la Terre. En revanche, ils interviennent de
manière indirecte à travers un paramètre dans lequel ils
sont impliqués : l’albédo.
L’albédo quantifie la fraction de la puissance du
rayonnement solaire diffusé par la Terre vers l’espace.
Plus cette valeur est faible, plus cette puissance est
importante et plus la Terre s’échauffe. Inversement, plus
l’albédo est important, plus la puissance du rayonnement
renvoyé est forte et plus la Terre se refroidit.
La couverture végétale est impliquée dans l’albédo
puisque, comme c’est indiqué dans le document 6,
Le sol absorbe le rayonnement solaire qui lui parvient, l’albédo des forêts est d’environ 0,15.
ce qui provoque son échauffement. Il émet alors un 8. Une déforestation revient à modifier l’aspect de la
rayonnement infrarouge vers l’atmosphère (1). surface puisqu’on passe d’une surface de forêt à une
L’atmosphère absorbe ce rayonnement et s’échauffe surface de sol. Comme on le voit dans le document 6, une
à son tour (2). Il émet alors un rayonnement infrarouge surface de forêt et une surface de sol n’ont pas le même
dans toutes les directions, c’est-à-dire vers l’espace (3) albédo : l’albédo des forêts est d’environ 0,15 et celui
et vers le sol (4). d’un sol sec est d’environ 0,3, soit le double. Rappelons
L’effet de serre correspond au rayonnement infrarouge que plus l’albédo est important, plus le rayonnement
émis par l’atmosphère en direction du sol de la Terre. solaire incident es renvoyé et plus la surface se refroidit.
6. Pour contribuer à l’effet de serre, un gaz doit absorber Une déforestation planétaire aurait donc un impact
le rayonnement infrarouge, se réchauffer et émettre à important sur la température globale de la Terre car elle
son tour un rayonnement infrarouge. Ce rayonnement contribuerait à une augmentation importante de l’albédo,
infrarouge a deux origines : entraînent un refroidissement global de la planète.
– soit il provient du rayonnement solaire, car d’après le
document 2, le rayonnement solaire est composé de trois
sortes de rayonnement qui sont par ordre d’importance :
Thème 3 p. 176-177
un rayonnement infrarouge (50 %), un rayonnement L’élaboration des connaissances sur la Terre
ultraviolet (40 %) et un rayonnement dans le visible
1. La datation par radiochronologie est une méthode de
(10 %) ;
datation basée sur la décroissance radioactive d’isotopes
– soit il provient du sol de la Terre qui émet un
radioactifs. De tels isotopes se désintègrent au cours du
rayonnement infrarouge après s’être réchauffé.
temps, et en mesurant le nombre de noyaux restants à un
Il faut donc identifier les gaz qui participent le plus
instant t, il est possible de calculer la durée écoulée
à l’absorption du rayonnement infrarouge.
depuis le début de la désintégration.

© Éditions Hatier, 2019. 62


Préparer l’épreuve

Il existe plusieurs isotopes radioactifs utilisables, En revanche, le modèle de Ptolémée est invalidé par les
caractérisés par leur période de demi-vie. observations de Galilée puisque dans ce modèle, on ne
Pour dater un échantillon, il faut donc qu’il contienne peut pas avoir de phase de pleine Vénus.
au moins un type d’isotope radioactif. Les observations de Galilée ne permettent cependant pas
D’après le document 1, la roche 14321 contient plusieurs de valider le modèle de Copernic ou de Tycho Brahé.
types de minéraux, notamment du quartz et des zircons 5. Par trigonométrie, dans le triangle rectangle formé par
de formule ZrSiO4. Dans ces zircons, il est fréquent que les centres de la Terre, du Soleil et de l’étoile 61 du
des atomes d’uraniums se substituent à des atomes de cygne :
zirconium. Il est donc possible de trouver des zircons de
𝑑𝑑TS 𝑑𝑑TS 1,5 × 108
formule USiO4. L’uranium étant un isotope radioactif, la tan 𝑝𝑝 = d’où des = =
𝑑𝑑SE tan 𝑝𝑝 tan (8,61 × 10−5 )
radiochronologie est envisageable sur la roche 14321.
≈ 1,0 × 10 km 13

2. L’âge de la Terre admis aujourd’hui est 4,57·109 ans.


6. Les controverses concernant la Terre portent sur :
Pour savoir si un isotope est utilisable, il doit pouvoir
– l’âge de la Terre ;
permettre de mesurer une durée correspondant à l’âge
– la place de la Terre dans l’univers.
de la planète. D’après le document 2, la décroissance
Concernant l’âge de la Terre, il y a eu une controverse
radioactive permet de dater un échantillon dont l’âge est
importante entre les physiciens et les
compris entre un centième et dix fois la demi-vie de
biologistes/géologues. Les physiciens, menés par Lord
l’isotope radioactif utilisé. Il est donc possible de calculer
Kelvin, proposaient une date aux alentours de 20 millions
la fourchette de datation possible pour chaque isotope.
d’années, alors que les biologistes/géologues comme
On sait que 1 Ga = 109 ans.
Darwin proposaient un âge de plusieurs centaines de
Isotope Demi-vie (ans)
radioactif 1 1/100 10
millions d’années à un milliard d’année.
14C 5 730 57,3 57 630 Cette controverse a durée jusqu’à ce qu’à ce que
40K 1,4·109 1,4·107 1,4·1010 la radiochronologie soit mise au point et utilisée par
87Rb 48,8·109 48,8·107 48,8·1010 Patterson en 1955 pour déterminer un âge précis à la
235U 0,704·1010 planète. C’est cette avancée technique qui a permis de
0,704·109 0,704·107
soit 7,04·109 mettre fin à la controverse sur l’âge de la Terre.
238U 4,47·109 4,47·107 4,47·1010 Concernant la place de la Terre dans l’univers, la
Puisque l’âge de la Terre est 4,57·109 ans, il est possible controverse a porté sur des modèles différents avec
d’utiliser tous les isotopes proposés (40K, 87Rb, 238U et notamment d’un côté le géocentrisme de Ptolémée,
238
U), à l’exception du 14C. plaçant la Terre au centre de l’univers, et l’héliocentrisme
de Copernic, faisant de la Terre un astre tournant autour
3. Par proportionnalité : du Soleil.
Longueur (m) 𝒞𝒞 AS = 50 × 157,5 × 100 D’autres modèles ont existé comme le géo-héliocentrisme
Angle (°) 360 7,2 de Tycho Brahé.
Cette controverse a duré longtemps.
𝒞𝒞 ≈ 3,9 × 103 km Certaines avancées techniques ont permis d’affiner la
D’où la valeur du rayon terrestre RT en utilisant la formule compréhension de la place de la Terre dans l’Univers.
donnant la circonférence de la Terre : Tout d’abord, les outils d’observation comme les
𝒞𝒞
RT = ≈ 6 200 m télescopes, qui ont permis par exemple à Galilée

4. Aspect de Venus aux points 1, 2, 3 et 4 dans d’observer des phases pleine de Vénus. Ces observations
les différents systèmes : ont permis d’invalider le modèle de Ptolémée mais pas
celui de Tycho Brahé. Cependant, grâce au
développement de la précision des instruments de
mesure, il a été possible de calculer une parallaxe de
l’étoile du Cygne en 1838 et ainsi de valider
définitivement le modèle héliocentrique de Copernic.
La controverse sur la place de la Terre a ainsi
progressivement pris fin grâce aux avancées techniques,
notamment d’observation de l’Univers.

Thème 4 p. 236-237
Galilée a observé des phases pleines, des croissants et des
quartiers. La grammaire de la musique
Dans les modèles proposés, deux modèles permettent de 1. La règle musicale utilisée est un motif en miroir de la
décrire des phases de pleine Vénus : le modèle forme : A2 - A1 - B1 - B2 avec les mêmes motifs pour les
héliocentrique de Copernic et le modèle géo- mêmes numéros mais un état inversé entre A et B.
héliocentrique de Tycho Brahé. Ainsi, la séquence 1 est composée de la façon suivante.

© Éditions Hatier, 2019. 63


Exercices de synthèse

A2 A1 B1 B2 Au niveau du cerveau, les messages nerveux sont transmis


Saut Gamme Gamme Saut à l’aire auditive primaire qui en fait un traitement
normal normale inverse inverse élémentaire. Cette aire cérébrale communique avec l’aire
La séquence 2 est composée de la façon suivante. auditive secondaire qui permet un traitement plus
A2 A1 B1 B2 élaboré, ce qui permet d’obtenir une perception sonore
Gamme consciente et interprétée. L’aire auditive secondaire
Gamme Flèche Flèche normal communique elle-même avec d’autres aires cérébrales
normale normale inverse (violation impliquées dans le langage, les émotions et la mémoire
de la règle)
notamment. Les résultats de Vincent Cheung montrent
Pour que la règle soit valide dans la séquence 2, il faut bien qu’il existe une zone dédiée au traitement de la
donc mettre une gamme inverse. syntaxe linguistique et musicale : le gyrus frontal intérieur
2. Les vibrations sonores sont captées par l’organe de (GFI). Les résultats montrent que le GFI gauche est
l’audition : l’oreille. L’oreille est ainsi impliquée dans la davantage impliqué dans la syntaxe linguistique et le GFI
perception des ondes sonores, leur transformation en droit dans la syntaxe musicale. Dans les deux cas, l’aire
message nerveux qui sont ensuite transmis au cerveau auditive secondaire communique bien avec ces aires
où ils sont interprétés. spécialisées dans la syntaxe, ce qui permet d’affiner la
Tout d’abord, on trouve l’oreille externe qui est composée perception sonore et son interprétation par le cerveau.
du pavillon de l’oreille. Cette partie de l’oreille se 3. Une gamme est un ensemble de notes réparties sur
comporte comme un entonnoir acoustique : elle a pour une octave.
fonction de capter les ondes sonores et les diriger Le spectre de la note N1 (document 3) présente plusieurs
jusqu’au tympan, une membrane vibrante. pics, N1 est un son composé.
Ensuite se trouve l’oreille moyenne, délimitée de chaque
4. La fréquence fondamentale de N1 est repérée par le pic
côté par deux membranes, dont le tympan, et qui est
de plus basse fréquence, soit 440 Hz.
composée de la chaîne des osselets. Elle transmet les
vibrations jusqu’à l’oreille interne. 5. Deux notes séparées par une octave ont un rapport de
Enfin, l’oreille interne, composée de la cochlée, contient fréquence égal à 2.
les cellules ciliées. Les cils de ces cellules entrent en 𝑓𝑓N3 660
= = 2 : les notes N3 et N2 (mi 3) sont bien séparées
résonnance avec les vibrations transmises. Ce sont ces 𝑓𝑓N2 330
stimuli qui sont transformés en message nerveux par une octave.
électriques. 6.
Les messages nerveux sensoriels sont véhiculés jusqu’au 𝑓𝑓𝑟𝑟é 3 297 𝑓𝑓𝑚𝑚𝑚𝑚 3 330
= = 1,12 = = 1,25
cerveau par le nerf auditif. 𝑓𝑓𝑑𝑑𝑑𝑑 3 264 𝑓𝑓𝑑𝑑𝑑𝑑 3 264

𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓 3 352 𝑓𝑓𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠 3 396


= = 1,33 = = 1,5
𝑓𝑓𝑑𝑑𝑑𝑑 3 264 𝑓𝑓𝑑𝑑𝑑𝑑 3 264

Le rapport de fréquences de deux notes séparées par une


quinte est égal à 3/2, soit 1,5.
L’intervalle entre le sol 3 et le do 3 correspond à une
quinte.
7. Le rapport de fréquence entre deux notes séparées
par un demi-ton vaut 21/12.
Pour un ton, il vaut 22/12.
Le do et le mi bémol sont séparés par séparés de trois
𝑓𝑓
demi-tons : 𝑚𝑚𝑚𝑚 bémol = 23/12
𝑓𝑓𝑑𝑑𝑑𝑑

Schéma montrant comment une onde sonore est perçue et 8. Par définition :
interprétée τ=
1 – Taille du fichier compressé
=
1 −3,6
= 0,91, soit 91 %
Taille du fichier initial 40

© Éditions Hatier, 2019. 64


Édition et mise en page Illustrations
Hannah-Belle Abdullah Olivier Aubert ; Corédoc - Laurent Blondel

Illustration p. 45 (gauche) : © Bibliothèque de l'Observatoire de Paris

© Éditions Hatier, 2019.