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Droit des Biens

  CHAPITRE 1:INTRODUCTION.
                       
 1/La notion de biens.
Pour qu'une chose soit un bien,elle doit être susceptible d'appropriation. On peut
exclure les choses qui appartiennent à tous le monde (ex:l'air).
Il y a une relation étroite entre le droit et la chose:
Les biens seront des choses corporelles sur laquelle porte un droit réel.
Droit réel:il donne un pouvoir direct et immédiat sur une chose. Il s'exerce sans
l'intermédiaire de quiconque. Le type même du droit réel est le droit de propriété.
Chaque personne doit respecter les prérogatives du propriétaire. Le droit de
propriété est un droit absolu. Il y a les droits de créance (ce sont les droits qui
permettent d'exiger quelque chose de quelqu'un)Le droit de créance est au créancier
et ce qui est du par le débiteur est une prestation.
A/Les droits réels principaux (droit de propriété + démembrements):
-L'usufruit: C'est la jouissance temporaire d'une chose et à charge pour le
bénéficiaire de l'usufruit de restituer la chose et d'en restituer la substance.
-Le droit d'usage et d'habitation: C'est un diminutif de l'usufruit. C'est une jouissance
de la chose mais limitée à ce qui est nécessaire au titulaire du droit et à sa famille.
-Droit de superficie: Il repose sur les plantation et constructions mais par sur le sol.
-Servitudes: Droits imposés à un bout de terre.
-Emphytéose: Droit de jouissance de longue durée entre 18 et 99 ans.
B/Droits réels accessoires:
Ils sont accessoires à une créance dont ils vont garantir le paiement.
     -Si c'est un immeuble on parle d'hypothèque.
     -Si c'est un meuble on parle de gage.
Si le débiteur ne s'exécute pas:le débiteur peut faire jouer le "droit de préférence"
c'est à dire que le créancier se fait rembourser en faisant vendre la chose.
Il peut aussi faire jouer le "droit de suite" qui permet de faire saisir même dans les
mains d'un nouveau propriétaire et de se faire rembourser sur le prix.
2/La notion de patrimoine:
Les biens font partie du patrimoine:c'est l'ensemble des droits et des obligations
appartenant à une personne.
A/Les caractères et la composition du patrimoine:
-Universalité: Le patrimoine est un ensemble. On n’envisage pas les biens mais on
les regroupe en actif et en passif.
Actif:biens présents et biens futurs. Passif:dettes.
-Il est lié à la personne: Projection de la personne sur le plan des intérêts matériels.
Toute personne a un patrimoine,toute personne n'a qu'un patrimoine. Le patrimoine
est incessible et indivisible. Tout patrimoine appartient à une personne.
3/Inventaire des biens:
A/Cette distinction est fondée sur un critère physique:
-Meubles:choses que l'on peut déplacer.
Dans les meubles on compte les meublants,les bijoux,l'argent liquide,les titres
financiers,les fonds de commerce...
-Immeubles:choses incorporées au sol.
 -Conséquence: La première est celle qui tient à la question de la publicité. Certaines
cessions sont tenues à des formalités de publicité pour informer les tiers des
mutations de propriété et uniquement pour les immeubles.
L'hypothèque est une garantie de paiement (immeubles) c'est un gage pour les
meubles (qui lui n'est pas soumis à la publicité).
La question de la possession:la possession fait acquérir la propriété mais à condition
qu'elle est été durable (30 ans pour les immeubles).Pour les immeubles on est
présumé être le propriétaire.
 B/Critère de valeur:
Le mécanisme de lésion: Lorsque dans une vente d'immeuble il apparaît que le prix
de vente est notablement inférieur à la valeur du bien,la vente peut être annulée
pour cause de lésion. Cette technique s'emploie dans les ventes immobilières pour
plus sécurité.
C/Critère de la distinction:
-Tout ce qui n'est pas immeuble est meuble.
-3 catégories d'immeubles:
     -1/Immeubles par nature: sol , surface et sous-sol ainsi que les constructions et
les plantations.
      -2/Immeubles par destination: Ce sont des choses mobilières qui sont
considérées comme des immeubles en raison du lieu qui les unit à un immeuble par
nature dont ils sont accessoires.
-a)Conditions de l'immobilisation par destination:
Les deux biens doivent appartenir au même propriétaire. Il faut entre les deux un
rapport de destination établit par la loi.
-b)Les rapports de destination établis par la loi:
2 Catégories:
     Les choses affectées au service ou à l'exploitation de fonds (objectif:protéger
celui auquel elle bénéficie des créanciers),affectation agricole
(semences,engrais,animaux,matériel),affectation industrielle (art 524),affectation
commerciale.
     Les choses affectées au fond à perpétuelle demeure. Il faut que la chose
matérielle soit incorporée dans le fond (art 524).
-3/Immeubles par destination à l'objet auquel il s'applique:
S'il s'applique à l'immeuble,il est immobilisé et vice-versa (ex:Usufruit).
D/Les meubles:
1/Les biens meubles corporels: Art 528:meubles corporels car pouvant se mouvoir
par eux-mêmes ainsi que les inanimés (ex:bijoux).Il faut distinguer ces corporels des
immeubles par nature qui sont destinés à devenir des meubles dans un futur proche.
2/Les biens meubles incorporels: Tous les droits et actions qui portent sur des
meubles et non pas sur des immeubles.
a)Art 529: Droits réels portant sur des meubles (ex:usufruit).
b)Part des sociétés.
c)Les meubles incorporels qui ne sont pas cités dans l'article 529 (ex:les droits
intellectuels,droits de clientèle,droits d'auteur...).
4/Distinction secondaire:
A/Les choses consomptibles et choses non consomptibles:
1/Le critère de la distinction:
De 587 à 1874,on prend en compte la réalité physique. Les biens se détruisent par le
premier usage,d'autres résistent à l'utilisation prolongée. Les choses consomptibles
sont celles qui se détruisent au premier usage (monnaie inclue).
2/Intérêt de la distinction: Une personne acquière le droit de jouir d'une chose à
charge de la restituer.
 B/Les choses fongibles et non fongibles (ART 1291):
1/Fongibles: Ce sont les choses interchangeables. Elles s'individualisent selon leur
espèce et par leur quantité (art 1595).
2/Non fongibles: Ou appelées "corps certains".
3/Intérêt de la distinction:
a)La compensation: obligation juridique.
b)Les effets de la vente:les obligation du vendeur sont différentes selon que l'on soit
face à un bien fongible ou non fongible. Pour les biens non fongibles,le vendeur a
l'obligation de livrer l'objet qu'il a vendu sans pouvoir le substituer à un autre. Pour
les fongibles,les vendeur peut vendre des exemplaires quelconque.
De plus le moment du transfert de propriété n'est pas le même. Pour les fongibles il
se fait dès la conclusion du contrat. Pour les corps certains c'est dès que les choses
sont individualisées.
 C/Les choses appropriées et les choses non appropriées:
Cette classification peut tenir à deux éléments:
     La nature même de la chose:chose commune (ex:soleil).
         -A des circonstances de fait:biens vacants.
-Biens vacants:Ce ne sont jamais des immeubles. Cette catégorie ne touche que
deux types de meubles.
         -Biens sans maître:jamais appropriés mais qui peuvent l'être.
         -Les choses abandonnées.

 CHAPITRE 2:RAPPORTS JURIDIQUES ENTRE UN BIEN ET UN SUJET


DE DROIT.

Section 1:La propriété (rapport de droit):


Art 54:droit de jouir des choses tant qu'on en fasse pas un usage prohibé par la loi
(Usus,fructus,abusus).
A/L'usus:
-Face positive:droit de s'en servir soit pour son agrément soit pour l'exploitation
économique de la chose.
-Face négative:ne pas l'utiliser.
B//Fructus (voir définition):
-Naturel:fruit que la chose produit sans intervention de l'homme.
 -Industriel.
 -Civils:Revenus périodiques.
-Produits:éléments qui proviennent de la chose mais sans périodicité et en alternant
la chose (ex:carrière).
C/Abusus ou le droit de disposition:
-a)Disposition physique:
Le propriétaire a le droit de disposer de la chose,de la transformer ou de la détruire.
Il est le seul droit à disposer de ces caractéristiques avec le droit de propriété.
-b)Disposition juridique:
Disposition à cause de mort (art 855):le propriétaire décide du sort de son bien par
testament.
Transmission entre vifs:vente de ce bien.
-c)Critère obligatoire à ces dispositions:
Inaliénabilité par la loi:
-Il y a contrôle par l'Etat de la cession des biens. La vente de certains biens peut être
soumise à une autorisation administrative (ex:pour la vente des lotissements) ou
selon le qualité de la personne et le droit de péremption.
-Inaliénabilité établie par une personne:
-Il s'agit des choses d'inaliénabilité contenue dans certains actes. Ce sont
essentiellement des libéralités.
-S'il l'acte est juridique:après la mort du propriétaire il y a lègue.
-Si le bien est donné à un tiers:donation (art 900).
-Conditions à cette inaliénabilité:
 -Elle doit être temporaire.
-Elle doit être justifiée par un intérêt sérieux et légitime (soit l'intérêt du disposant,du
gratifié ou d'un tiers).
      
Section 2:L'étendue du droit de propriété.
A/Etendue de ce droit dans l'espace (art 552):
Propriété du sol:dimension infinie dans l'espace (propriété du dessus ou du dessous).
 a)Propriété du dessus (art 552):
On peut l'occuper en construisant et en le protégeant des tiers sans causer préjudice.
Il y a cependant certaines limitations concernant notamment la libre circulation des
aéronefs ou la diffusion d'énergie.
b)Propriété du dessous:
En droit on parle du "tréfonds".Le propriétaire peut fouiller,améliorer les qualités du
sol,exploiter une mine et une carrière .Il y a cependant des restrictions quant à
l'exploitation de mines (le charbon et le pétrole appartient à l'Etat).En revanche pour
les carrières l'exploitation peut être libre ainsi que pour les gisements.
B/Rôle du temps:
-a)Théorie de l'accession:
-La propriété d'un bien donne droit à l'exploitation de tout ce qui s'y unit
naturellement et artificiellement.
-b)Droit d'accession (Art 546):
-La règle de l'accessoire: Deux biens distincts peuvent être unis par une sorte
d'attraction. Un bien est accessoire s'il complète un autre bien.
Il y a une difficulté pour déterminer l'accessoire. En fait l'immeuble est toujours
principal par rapport au meuble et le sol est toujours principal à ce qui est dessus.
L'accessoire suit toujours le sort du principal
-Deux conséquences:
-Si un contrat de bien vise le bien principal et si rien n'est dit sur l'accessoire,le bien
principal est supposé comprendre l'accessoire.
-Si deux biens appartiennent à deux propriétaires et qu'ils viennent à être unis
naturellement,le propriétaire du principal acquière l'accessoire.

-Acquisition de la propriété par accession:


-Acquisition par production: Le propriétaire a le droit  tout ce que produit la chose.
-Accession par incorporation: C'est l'hypothèse selon laquelle indépendante va venir
s'unir avec celle du propriétaire pour former un unique objet de propriété.

On distingue l'accession mobilière de l'accession immobilière (immobilière:art 565 à


577).
 -L'accession peut être naturelle: elle peut être naturelle quand l'accroissement de la
propriété résulte d'un accroissement naturel.
-L'accession peut être artificielle:l'accroissement résulte alors d'une intervention
humaine dans le cadre de construction ou de plantation. Dans l'accession
artificielle,le propriétaire va devenir (en raison de la règle de l'accession) propriétaire
des plantations ou constructions qui ont été édifiées.
-Art 553:double présomption.
-Présomption de propriété: Les ouvrages,constructions ou plantations sont
présumées appartenir au propriétaire du sol.
-Présomption de dépense: Ces accessoires sont présumés avoir été réalisés par le
propriétaire du terrain à ses frais. Elles tolèrent la preuve contraire.
 Hypothèse:Dans le cas de plantations ou de constructions réalisées avec des
matériaux appartenant à une autre personne que le propriétaire,le propriétaire des
matériaux perd son droit et ils perdent leur individualité (règle de l'accessoire) (Art
554).
Le propriétaire du sol devient propriétaire des matériaux. Le constructeur du terrain
doit lui en payer la valeur estimée à la date du paiement.
Construction et plantation sur le terrain d'autrui (art 555): Si par exemple un
locataire améliore l'objet de la location,l'objet de l'amélioration appartient au
propriétaire. Il faut concilier les deux intérêts.
 Art 555:trois règles.
        -Le propriétaire du terrain devient propriétaire des plantations et des
constructions.
        -Il peut en exiger la démolition au frais du constructeur si le constructeur est
de mauvaise foi.
        -Il doit verser au constructeur une somme représentant soit la plus-value
procurée au terrain soit le prix actuel de la main d'oeuvre et des matériaux.
Domaine de l'art 555:vise exclusivement des constructions édifiées par des tiers.
Elles supposent des humbles améliorations.
-Régime des impenses (art 1381):pour doit rembourser les impenses faites par le
locataire qui a amélioré le bâtiment.
 -Dépenses voluptuaires (de luxe):elles sont non-remboursées.
 -Dépenses nécessaires:elles sont remboursées et en totalité.
 -Dépenses utiles:on tient compte de l'éventuelle plus-value qu'elles ont apporté au
fond.
L'objet du législateur est donc de fournir des remèdes aux personnes qui sont
possesseurs sans être propriétaires.
-Cas d'empiètement: Un propriétaire dépasse sur le fond voisin en construisant. L'art
555 ne s'applique pas. En revanche l'art 545 peut s'appliquer:"nul ne peut être
contraint de céder sa propriété".Le propriétaire peut demander la démolition de
l'empiètement.
-Régime de l'art 555:les règles de cet article n'ont aucun caractère impératif. Les
parties peuvent parfaitement prendre des dispositions contraires à l'article 555.
Si le constructeur est de mauvaise foi:destruction au frais du constructeur.
S'il était de bonne foi:c'est au propriétaire de reconstruire. Il peut y avoir indemnité
en fonction du prix des matériaux ou en fonction de la plus-value.

PARAGRAPHE 3:Caractère du droit de propriété.

 A/La caractère absolu de ce droit (art 544).


1/Limites d'origine jurisprudentielle du droit de propriété:
Le propriétaire peut faire ce qu'il veut de la chose mais il devra réparer les
dommages causés à autrui.
  a)Théorie du trouble de voisinage:
 Il faut qu'une source d'inconvénients dépasse ce que la coutume oblige à supporter
entre voisins. Le propriétaire doit alors réparer. L'article 1382 oblige celui par qui la
faute est arrivée à réparer.
Pour qu'il y ait trouble,deux conditions doivent être réunies:
   -Il faut un dommage:le trouble de voisinage ne doit pas se contenter de gêner les
individus mais aussi doit affecter la propriété. Il n'est pas alors nécessaire que le
propriétaire ait eut l'intention de gêner.
   -Il faut une faute:elle impose au responsable de faire cesser le trouble. La faute
consiste à avoir dépasser la mesure coutumière. Si le trouble a été causé:la victime
se verra rembourser les dommages et intérêts sous forme de rente.
b)Théorie de l'abus du droit de propriété:
-L'abus du droit de propriété est la sanction de l'utilisation malicieuse du droit de
propriété. Pour qu'il y est abus de propriété il faut réunir les quatre éléments ci-
dessous:
                                        -Un dommage causé à un voisin...
                                        -...par un acte de propriété...
                                        -...dans l'intérêt de nuire...
                                        -...sans intérêt sérieux ou légitime.
2/Limites légales du droit de propriété:
L'article 34 de la constitution présente les principes fondamentaux du droit de
propriété.
-Le droit de propriété a un caractère exclusif (l'usus a un caractère positif et négatif).
-Le propriétaire peut faire ce qu'il veut:le droit de propriété a donc aussi un caractère
absolu.
-Le propriétaire a le droit d'user de la chose.  
-Le propriétaire peut poursuivre un tiers.
-Le propriétaire a quand même quelques empêchements ou empiètements
(ex:possibilité de faire une perquisition chez lui).
3/Caractère perpétuel du droit de propriété (deux aspects):
-Il ne s'éteint pas par le non-usage sauf si le tiers qui était possesseur de la chose
fait jouer la prescription inquisitive (c'est à dire par le temps).
-Absence de termes extinctifs à la propriété. Il demeure tant que dure la chose à
laquelle il était attaché.

PARAGRAPHE 4:Les différentes modifications de la propriété.


A/La propriété ou copropriété ou indivision (ces mots sont synonymes):
1/Indivision:
Le même bien appartient dans son ensemble à deux ou à plusieurs propriétaires.
Cette division va aboutir lors d'une opération appelée "partage de la division" à une
attribution exclusive d'une part de l'objet de la division ("la masse") à chaque
codivisionnaire que l'on appelle aussi copartageant:
a)La durée de l'indivision: C'est une situation qui est une institution provisoire.
L’'hypothèse la plus fréquente est l'indivision héréditaire dans le cadre d'une
succession (partage entre les héritiers).
b)Les parts indivises: C'est l'ensemble constituer par la masse des parts indivises.
Chaque co-divisaire doit prévenir les autres s'il veut vendre pour que les autres
puissent faire jouer leur droit de péremption.
2/Régime des biens composant l'indivision:
-Aucun codivisionnaire n'a de droit exclusif sur les biens compris dans l’indivision. Ne
peut disposer ou user à son propre usage un bien indivis ni le modifier ni le louer ou
le vendre car il y a le règle de l'unanimité.
Il y a certains correctifs à cette règle de l'unanimité entre les actes
conservatoires,d'administration et ceux de disposition.
 -Acte conservatoire:il tend à maintenir le bien dans son état naturel.
 -Acte d'administration:il tend à faire fructifier le bien sans pour autant en
compromettre sa valeur en capital.
 -Acte de disposition:il porte atteinte ou risque de porter atteinte à la valeur en
capital du bien.
A)Les actes conservatoires:
Tout indivisaire peut prendre seul les mesures nécessaires à la conservation des
biens indivis (art 815-2).Ces mesures sont soit matérielles soit juridiques. Pour la
jurisprudence c'est un acte qui a pour objet de soustraire un bien indivis à un péril
imminent. Un co-divisaire peut employer les fonds indivis pour mener des actes
conservatoires.
b)Les actes d'administration et de disposition:
-Le bail (acte d'administration),la vente ou la donation (acte de disposition).Ces actes
exigent en principe l'unanimité.
-Plusieurs dérogations sont nécessaires pour ces actes
-Art 815-3:le mandat. L'un des codivisaire peut être mandaté par les autres pour
mener un acte d'administration ou de disposition.
-Art 815-3 al 3:c'est le système du mandat tacite. Un des codivisaire fait aux vues et
au su des autres un acte d'administration et de disposition et sans opposition des
autres.
-Enfin,on peut avoir recours au juge en cas de difficulté dans la gestion de l'indivision
(art 815-4).On peut aussi faire recours par l'article 815-5 ou l'article 815-6 dans le
cas de mesures urgentes.
c)L'usage de la jouissance des biens indivis:
-Art 815-9:Chaque indivisaire a le droit de jouir de la chose conformément à sa
destination. Une difficulté peut survenir quant à la question des revenus. Dans ces
cas s'applique l'article 815-10:les fruits et les revenus sont inclus dans l'indivision et
ils accroissent sa masse.
B/L'usufruit ou propriété démembrée.
-L'usufruit est un droit réel d'usage et de jouissance sur la chose d'autrui. C'est un
droit qui est essentiellement temporaire et viager. C'est une des démembrements de
la propriété.
 Il y a trois techniques juridiques sans lesquelles on trouve l'usufruit:
         -Vente d'un immeuble avec réserve d'usufruit.
         -Donation avec réserve d'usufruit (donation des ascendants aux
ascendants,opérations familiales...).
         -Usufruit du conjoint survivant.
1/La constitution de l'usufruit:
L'usufruit se constitue soit par la loi soit par un acte juridique.
Pour l'acte juridique,l'usufruit est en général stipulé soit dans une déclaration soit
dans une vente.
-Il existe deux techniques:
                                             -On vend l'usufruit et on garde la propriété.
                                             -On vend la propriété et on garde l'usufruit.
2/Fonctionnement de l'usufruit:
A/Situation de l'usufruitier:
a)Droits de l'usufruitier:
Il n'a pas l'abusus de la chose mais a le droit de disposer du bien;d'en compromettre
la substance ou le capital.
-Les actes matériels:
-Les actes matériels permis:
-L'usage:Il peut se servir du bien pour lui-même. Ce droit rencontre une limite:usage
qu'il peut faire du bien est différent de celui qu'il pourrait faire s'il était propriétaire. Il
doit se conformer aux habitudes des anciens propriétaires qui ont usé de la chose
avant lui. Il ne doit pas modifier la destruction de la chose.
-La jouissance (fructus):il a le droit de profiter des fruits de la chose mais pas des
produits (les produits sont différents des fruits car ils altèrent la substance de la
chose).
-Les actes matériels non permis:
-Lui sont interdits les actes de disposition matérielle,de consommation,de destruction
(art 618 al 1er).
-La quasi-usufruit:porte sur des biens consomptibles. Dans ces cas là,l'usufruitier va
pouvoir consommer les biens à charge de les restituer par équivalent à la fin de
l'usufruit.
Lorsque l'usufruit porte sur des biens qui se détériorent avec le temps (différents des
meubles consomptibles),l'usufruitier a le droit de s'en servir et par conséquent les
biens vont se dégrader. Dans ces cas le propriétaire ne pourra pas se plaindre si à la
fin de l'usufruit les biens lui sont restitués dégradés (il peut se plaindre s'il y a eut
usage anormal des biens).
-Les actes juridiques:
-On retrouve la distinction de l'indivision entre actes conservatoires,d'administration
et de disposition (cf. avant).Par conséquent découlent les actes de l'usufruitier:les
actes de disposition lui sont interdits mais pas ceux d'administration.
-La première conséquence est que l'usufruitier a le droit de faire des actes
d'administration. Il a le droit de donner ce bien en location. Parmi les différents baux
il y en a qui excédent les actes d'administration.
-Actes d'administration autorisés à l'usufruitier:
Il peut souscrire des baux d'un durée maximale de 9 ans et portant sur les
immeubles d'habitation.
 -Actes d'administration non autorisés:
Baux ruraux sur les fermages et sur les immeubles à usage commercial artisanal. Il
ne peuvent être passé par l'usufruitier qu'avec le consentement du propriétaire ou
autorisation en justice (art 595 al 4).Il peut céder l'usufruit mais pas les biens (art
595) donc acte de disposition.
A partir du moment où l'on vend un usufruit il y a remplacement. Mais il y a un
problème du point de vue de la durée:c'est un droit viager qui s'éteint à la mort de
son titulaire.
Donc sur quoi va-t-on calculer la durée? Sur la personne de l'acquéreur ou sur celle
du vendeur? La cession ne modifie pas la durée de l'usufruit. Par conséquent,cette
durée continuera à être calculée en fonction de la durée de vie du vendeur. La durée
de l'usufruit dépend de la durée de vie du vendeur.
b)Les obligations de l'usufruitier:
-Lors de l'entrée en jouissance:
-L'usufruitier est obligé de prendre les biens dans l'état dans lesquels ils se trouvent.
En découlent deux obligations:
-Obligation de dresser un inventaire des meubles et un état des lieux (art 600).
-Obligation de donner caution:une personne s'engage à payer les sommes si
l'usufruitier est débiteur ainsi que d'éventuels dommages-intérêts.
-Lors de l'usufruit:
-Les obligations sont sanctionnées par la déchéance de l'usufruit (art 618).
ART 578:obligation de conserver la substance de la chose.
ART 539 al 2:droit à aucune indemnité si un usufruitier construit quelque chose
pendant la durée de l'usufruit (art 601).
2)Les exceptions (hypothèses où l'on peut avoir une action en
revendication).
a)Le possesseur est de mauvaise foi:
-Quand le possesseur ne présente pas les qualités requises pour s'en prévaloir et
quand il est de mauvaise foi (art 2279).
b)L'éventualité d'une perte ou d'un vol:
-La perte selon le code civil est la dépossession imputable à la négligence du
propriétaire ou à la négligence d'un tiers ou à la suite d'un cas de force majeure
(ex:incendie ou inondation).
-Le vol est défini par le code pénal:c'est la soustraction frauduleuse de la chose
d'autrui. En revanche quand le propriétaire est dépossédé à la suite d'une
escroquerie ou d'un abus de confiance la revendication est impossible.
-Revendication du vol ou de la perte contre le voleur ou l'inventeur:
-Si le voleur ou l'inventeur est en possession de la chose il n'y a pas de protection
car mauvaise foi et ceci pendant 30 ans.
-Revendication intenté contre l'acquéreur de bonne foi:
-Ici l'acquéreur est de bonne foi. L'article 2279.2 permet au propriétaire du meuble
perdu ou vol d'exercer une action en revendication vers l'acquéreur de bonne foi.
Mais cette action n’est ouverte que pendant 3 ans à compter de la perte ou du vol
(c'est un délai préfixe c'est à dire non susceptible d'interruption ou de suspension).
La situation de l'acquéreur s'améliore lorsqu'il a acquis la chose dans des conditions
telles qu'il ne pouvait soupçonner son origine frauduleuse (2280.1):le revendiquant
ne pourra obtenir la restitution du meuble que s'il y a remboursement du prix payé
par l'acquéreur si l'acquéreur l'a acheté "dans une foire ou un marché ou vente
publique ou d'un marchand vendant des choses similaires (mais pas
brocanteur)".Cette obligation de remboursement baisse l'intention d'exercer l'action
en revendication.
B/Conflit entre le possesseur du meuble et son auteur:rôle probatoire.
Le conflit est fréquent car le contrat écrit n'est pas un usage fréquent pour le
transfert d'un meuble (ex:dans la famille,en cohabitation).
-Pour le don manuel:il n'y a pas de formalités. Le conflit intervient après un décès
entre un tiers possédant un meuble du défunt et la famille qui veut le récupérer.
Mais le possesseur s'est fait remettre le bien de la main du défunt et de ce fait il en
est le propriétaire et n'a rien à prouver,ni l'existence d'un acte juridique entre lui et le
défunt ni la nature de cet acte juridique.
 -Il y a deux moyens pour l'attaquer:  
-Attaquer le titre en vertu duquel le possesseur détient le meuble.         
               -Contester la possession en faisant apparaître le vice. Il va éventuellement
utiliser le vice équivoque.

Section 3:la prescription acquisitive:usucapion.


A/Les conditions de la prescription acquisitive.
-Il y a deux sortes d'usucapion:
  -Ordinaire (art 2262):prescription trentenaire de droit commun. Une personne
possesseur d'un meuble en devient propriétaire au bout de 30 ans si la possession
est véritable et exempte de vices.
     -Abrégée (art 2265):prescription de 10 à 20 ans. Elle requière pour le possesseur
qui l'invoque d'avoir un juste titre et d'être de bonne foi.
1)Conditions générales à la prescriptions acquisitive (à ces deux
usucapions):
-Ne s'applique qu'aux immeubles et aux droits réels principaux (propriété,usufruit et
certaines servitudes) mais exclusion des droits de créance,des droits intellectuels...
L'article 2226 ajoute l'exception dans les meubles.
           -Relatives aux qualités de la possession:
       -La possession doit être véritable c'est à dire à titre de propriétaire. Est donc
exclue la simple détention et les "actes de pure tolérance" (ex:une personne accepte
qu'une personne utilise provisoirement son fond) ou "actes de pure faculté"
(ex:quand une personne a un terrain mais ne veut pas construire tout de suite).
       -Exempte de vice.

               -Relatives au délai:
 -Point de départ du délai:date d'entrée en possession ou de l'entrée en possession
de son auteur.
-Cause de suspension du délai ou interruption:la possession disparaît. L'interruption
peut être "naturelle" selon l'article 2243:elle résulte alors de la possession (par
abandon volontaire).
Elle peut être "civile" (art 2244 ou 2250):formation d'une action en justice qui émane
du véritable propriétaire (action en revendication) ou du possesseur (qui reconnaît
les droits du véritable propriétaire).
Pour la suspension:il y a suspension du délai quand interviennent certaines
circonstances qui arrêtent provisoirement le cours de prescription. Quand cette cause
a cessé la prescription acquisitive reprend son cours (ex:suspension pendant la
minorité).
2)Conditions supplémentaires propres à la prescription abrégée (10 à 20
ans):
-Pour avoir l'usucapion,il suffit l'écoulement de 30 ans et peu importe qu'il n'ait
aucun titre ou qu'il soit de mauvaise foi.
Quand le possesseur a un titre et qu'il est de bonne foi l'usucapion est abrégé à 10
ans (ART 2265 C.C).Mais le délai est doublé lorsque le propriétaire n'est pas domicilié
où est situé l'immeuble dans le ressort de cour d'appel:la loi dit que si la personne
est loin de l'immeuble il ne peut le surveiller.
-Objectif de la prescription abrégée:
  a)Le juste titre:
-Acte propre à transférer la propriété (si passer avec propriétaire:contrat de vente
mais aussi échange ou donation.
-Acte devant être exempt de cause de nullité.
b)La bonne foi:
-Elle est toujours présumée.
 -Il faut se croire propriétaire.
B/Les effets de prescription acquisitive:
Elle ne joue pas de plein droit. Elle doit être invoquée,action en revendication d'un
propriétaire contre le possesseur,pour se défendre le possesseur va lui opposer la
prescription acquisitive mais même si le juge l'accorde il ne peut pas la relever
d'office (art 2223 C.C).Une fois invoqué l'usucapion fait acquérir rétroactivement la
propriété et les droits consentis sur l'immeuble sont validés.

           CHAPITRE 2:LA PROTECTION DE LA PROPRIETE;L'ACTION EN


REVENDICATION.
 Définition: Action exercée par contre un tiers qui détient indûment son bien et
refuse de le restituer en contestant son droit. Elle pour but la reconnaissance de la
propriété et sa protection à l'exception de tous les autres droits réels démembrés de
la propriété. Elle est engagée contre le possesseur actuel du bien.
Elle considère uniquement l'action en revendication immobilière.

                            Section 1:La mise en oeuvre de l'action.


-C'est de la compétence exclusive du T.G.I. du lieu de location de l'immeuble.
-Elle est imprescriptible (sauf dans les cas où la prescription est de 30 ans).

                            Section 2:La preuve exigée du demandeur.


-C'est l'article 1315 du C.C:c'est au demandeur qu'incombe la charge de la preuve:il
doit donc justifier qu'il est propriétaire. Dans le doute,le défendeur (possesseur) sera
laissé en possession.
1/Objet de la preuve:
-La preuve est difficile à rapporter dans le droit de propriété. En général la propriété
est acquise au moyen d'un transfert mais le transfert ne suffit pas à prouver une
propriété;il faut aussi prouver que le propriétaire avant le transfert était aussi
propriétaire.
2/Moyens de preuve:
-La preuve de la propriété immobilière est libre mais la jurisprudence dégage certains
modes de preuve afin de fournir des normes réglant le conflit entre les différents
modes de preuve.
A/Les présomptions de fait:
-1)La possession:
-Elle peut jouer dans les deux sens (propriétaire ou possesseur).Une possession trop
récente paraît suspecte (la longévité est une force probante).La possession doit être
exempte de vices.
-2)Le titre:
 -Donation,acte de vente,partage mais c'est insuffisant pour prouver le plein titre de
la propriété. Le titre ne joue que comme présomption de fait:c'est une preuve
imparfaite.
-3)Les indices:
 -Ils sont matériels (indication du cadastre,rôle des impôts fonciers).Ces modes de
preuve peuvent être en conflit.
B/Conflits entre le titre et la possession:
1)Entre deux titres:
-Le revendiquant apporte un titre ainsi que le défenseur. Si les deux titres émanent
d'auteurs différents:la jurisprudence avait tendance  préférer le titre le plus ancien
mais il y a eu un revirement de jurisprudence:la cour de cassation a condamné ce
système et décide que la préférence va au meilleur titre (mais lequel est le
meilleur?).
-2)Conflit entre deux possessions:
-Les tribunaux doivent justifier en quoi la possession de l'un est meilleure que l'autre.
-3)Conflit entre titre et possession:
-Celui qui invoque le titre (le revendiquant),possesseur (défendeur).Il y a une
évolution de la jurisprudence afin d'arriver à l'abandon du système de l'antériorité. Si
les deux parties revendiquent l'une contre l'autre sans qu'il ne puisse être établie la
supériorité de l'une à l'autre.

 Section 3:Les effets de la revendication immobilière.

1/Les prestations dues au revendiquant:


A/Les fruits (produits par l'immeuble):
-1)Le possesseur de bonne foi:
-Il n'a pas a restituer les fruits (ART 549).
-2)Le possesseur de mauvaise foi:
-Il doit tous les restituer et restitution des fruits consommés:créance pour le
revendiquant.
B/Les indemnités:
-1)Le possesseur de bonne foi:
-Ne répond que des dommages subits par la chose. Si c'est un objet mobilier
accessoire à l'immeuble,il y a restitution du prix touché (mais ne doit rien s'il n'a rien
touché).
-2)Le possesseur de mauvaise foi:
-Doit répondre de toutes les détériorations sauf si celles-ci auraient du intervenir
même pendant la garde du propriétaire. Il doit restituer (cas fortuit).
2/Prestations dues au possesseur évincé:
-1)Impenses nécessaires:
- pour la conservation de l'immeuble (toiture...).
  -2)Impenses utiles:
-Augmentation de la valeur (ex:eau courante si elle n'y était pas).Elles donnent lieu à
remboursement même si de mauvaise foi. Seulement par concurrence de plus value
donnée à l'immeuble.
-3)Impenses somptuaires:
-C'est du luxe donc jamais remboursées au possesseur mais il peut les enlever sans
dégradation de l'immeuble.