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INTRODUCTION

Avec l’étude du DROIT DES ENTREPRISES PRIVEES, nous abordons la


partie du droit privé qui comprend les règles particulières établies dans l’intérêt
du commerce .Mais, la dénomination « Droit commercial » à fait l’objet de
critiques, car il a paru trop étroit pour désigner une discipline qui régit à la fois
les activités de distributions et la plupart des activités de production. L’OHADA
n’a pas échappé à ce courant, elle est l’organisation ou l’harmonisation du droit
des Affaires.
Le droit des Affaires a un domaine plus vaste que le droit commercial, entendu
comme le droit privé du commerce. Il englobe notamment des questions
relatives au commerce, mais qui relève du droit public (intervention de l’Etat
dans l’Economie), du droit fiscal, du droit social (la place des salariés dans la
société anonyme). Il régit également une partie des règles qui concernent la
protection des consommateurs et s’applique aussi bien aux agriculteurs, aux
artisans et membres de profession libérale. C’est dire, qu’il est beaucoup plus
pluridisciplinaire que le commerce, car les questions qui se posent aujourd’hui
dans la gestion des entreprises sont de plus en plus diverses. Selon le Pr. Ives
GUYON , l’un des ardents promoteurs du droit des Affaires, à la suite
notamment du doyen HAMEL et du Pr. CHAMPAUD : «La partie du droit privé
qui par dérogation au droit civil,réglemente de manière spécifique la plupart des
activités de production, de distribution et de services ».
De cette querelle de mots, il demeure cependant une constante : on parle
toujours de commerçant, personne physique ou morale. Comme on parle de
l’entreprise commerciale par opposition à l’entreprise artisanale. C’est dire que
le mot «commerce » n’a pas disparu du droit des Affaires. Mais, qu’est-ce que
l’Entreprise ? Et que recouvre l’acception «commerce ».
1. Qu’est-ce que l’Entreprise ?
L’activité économique d’un pays est, dit-on, en partie, le résultat du travail de
divers agents économiques qui produisent des biens et services. Les producteurs
de ces richesses sont les Entreprises.
Le droit français, pas plus que le Traité de L’OHADA ne donne une définition
juridique de l’Entreprise. En Effet, la notion vient des Economistes, en
l’occurrence TRUCHY et DESPAX qui en on fait la présentation en valorisant
la dimension humaine. A leur suite, la doctrine l’analyse comme : « La réunion
des moyens matériels et humains, coordonner et organiser en vue de la
réalisation d’un objectif économique déterminé ».
L’entreprise occupe en droit commercial une place incontournable. En effet, la
mise en exécution d’un projet de création d’entreprise nécessite de la part de
l’entrepreneur le choix d’une forme juridique. Soit l’entreprise individuelle, soit
sociétaire.

2. Sens du mot « commerce »


Le commerce dans l’expression droit commercial n’est pas le même que le
langage courant oppose à l’industrie. C'est-à-dire la distribution par rapport à la
production. Le commerce au sens juridique du terme n’est pas non plus le
commercium du droit romain qui désignait toutes les relations juridiques que les
hommes entretiennent entre eux par rapport à l’utilisation des biens. Cette
conception distingue des choses « in -commercio » des choses « extra-
commercio ».
Le commerce aujourd’hui est a mi-chemin entre la large assertion du droit
romain et l’étroit approche des économistes. Le commerce que régit le Droit
s’entend aussi de la distinction des produits que leur fabrication. De l’industrie,
du négoce et même des activités connexes telles que la Banque, les Transports,
l’Assurance. Autrement dit, une partie importante de l’Economie, sans toutefois
en épuiser le domaine. Pour des raisons historiques et sociales, en effet, les
entreprises agricoles et artisanales ainsi que les professions libérales ne sont pas
comprises dans le sens actuel du mot commerce et ne sont pas régis par le droit
commercial.

3. Le particularisme du droit commercial


Le droit commercial s’est formé parce qu’il y avait des exigences particulières
liées à l’activité des professionnels du commerce. Il s’est détaché ainsi du droit
civil pour mieux prendre en compte ces exigences. Le droit privé connaît donc
une dualité civile et le droit commercial.
a. Justification de la dualité
-Les règles du droit commercial sont plus souples que celles du droit civil.
-Les contrats en droit civil sont établis par un acte authentique ou sous seins
privé.
-Au contraire, le droit commercial admet, sauf exception, la preuve par tous les
moyens et notamment par la correspondance, les témoins et les présomptions.
C’est qu’en effet la rapidité nécessaire de beaucoup d’opérations commerciales
et l’habitude des commerçants ne permettent guère la rédaction d’un acte écrit.
-Souvent, en revanche, les règles du droit commerciales sont plus strictes que
celles du droit civil. On peut le constater, soit pour les règles de fond, soit pour
le formalisme, soit pour la publicité.
Pour les règles de fonds, on notera par exemple la notion de cessation de
paiement, presque sans conséquences pour non-commerçant. Mais, qui entraîne
pour le commerçant le dépôt de bilan ou la faillite : procédure collective
fortement organisée, contraignante pour le débiteur. C’est que cette procédure
apparaît nécessaire pour assurer l’exactitude des échéances, affermir le crédit du
commerçant, garantir la légalité des créanciers. La rigueur de cette procédure est
approuvée par les commerçants, généralement sévères aux d’un des leurs. Au
contraire, une telle procédure a paru inutile pour le non-commerçant qui a moins
besoin de crédits, dont les créanciers sont généralement moins nombreux et pour
les défaillances duquel l’opinion publique est indulgente.
Souvent, le droit commercial est beaucoup plus formaliste que le droit civil.
Tantôt un écrit est obligatoire, tantôt des mentions sont impérativement
prescrites, des procédures spéciales sont imposées, des délais de rigueur, des
prescriptions rapides. Cette sévérité a paru pour couper court aux discussions et
assurer la sécurité des opérations (le droit cambiaire, qui le droit des effets de
commerce, lettres de change par exemple).
La publicité est très répandue en droit commercial : Registre de commerce,
publicité des ventes de fonds de commerce par exemple, publicité des sociétés
(constitution, dissolution, fusion…). Il paraît nécessaire que toute ce touche à la
situation et aux crédits du commerçant soient exposés au grand jour. En dehors
du commerce, cette publicité serait peu utile et répugnerait aux habitudes des
non-commerçants qui tiennent au secret de leurs affaires.
b. Les tendances particulières du droit commercial
Le droit commercial est moins traditionaliste que le droit civil. Son évolution
est donc plus rapide. Le droit commercial qui réglemente les activités
économiques évolue aussi rapidement que l’Economie elle-même. Et la
législation sur elle se renouvelle constamment. Ex : Mariage (droit civil), Bail
(droit commercial).
Le droit commercial est un droit a tendance internationale. Le commerce a été
toujours en grande partie et les commerçants ont tendance à adopter dans les
divers pays des règles juridiques assez semblables. C’est ainsi, qu’une loi
uniforme sur la lettre de change et le chèque a pu être adopter par plusieurs Etats
(Les Conventions de GENEVE de 1930 et 1931).
Le droit commercial est plus mêlé du droit public que le droit civil (A travers le
droit pénal et fiscal). L’influence de la puissance publique est très nette dans le
commerce. Depuis le développement de l’économie dirigé : contrôle des
changes, des prix, des sociétés d’économie mixtes…, le droit commercial tente à
être un droit particulier. Il régit le statut du commerçant et du registre du
commerce. Cependant, il ne se limite pas à une classe de professionnels, il
s’applique à des personnes non-commerçant avec l’usage fréquent des comptes
en Banque, l’usage généralisé du chèque.

4. Origines et évolution du droit commercial


Le droit commercial est aussi ancien que le droit des Echanges. Au cours de son
évolution, on distingue quatre phases : l’Antiquité, le Moyen-Âge, les temps
modernes, et l’époque contemporaine.

5. Les sources du droit commercial


On distingue les sources directes, des sources indirectes. Parmi les sources
directes, on cite la loi, et conventions internationales.
Dans les sources indirectes, nous avons les usages et la jurisprudence.

6. Les Entreprises commerciales privées


Selon la conception classique, le droit est le droit privé du commerce. Il est donc
normal que les personnes privées y occupent la première place. Pendant
longtemps, il s’est agit presque uniquement de personnes physiques comme le
boutiquier tel qu’on le connaîssait au 18 e siècle ou même le petit industriel qui
n’était qu’un artisan qui a bien réussi. Les choses ont changé, l’Economie
moderne exige de plus en plus de capitaux, de recherche de moyens de vente,
bref d’actions, qu’une personne physique ne peut mener à bien si elle demeure
isoler. Le commerce et l’industrie sont donc menés par des groupements,
spécialement des sociétés. Leur puissance est considérable. Ne dit-on pas que le
Budget d’une des principales sociétés américaines est aussi important que celui
des Pays-Bas.
L’entreprise commerciale, ensemble de moyens, matériels et humains, organisée
dans le but d’exercer une activité de fournitures de biens et de services peut
donc être, soit une entreprise individuelle, soit sociétaire.
Elle est individuelle, lorsque l’entrepreneur, personne physique, utilise son
patrimoine pour créer et développer l’activité envisagée. Elle est sociétaire
lorsqu’à l’origine de l’activité de l’Entreprise, un groupement est constitué.

1ere Partie : L’ENTREPRISE INDIVIDUELLE


Le support de l’entreprise individuelle est l’entrepreneur, personne physique qui
accomplit des actes de commerce, au moyen d’un ensemble de biens. Nous
verrons successivement les de commerce, le commerçant et le fonds de
commerce.

Titre 1 : LES ACTES DE COMMERCE


Les actes de commerce comportent deux aspects importants : la détermination
des actes de commerce et le régime des actes de commerce.

Chapitre 1 : LA DETERMINATION DES ACTES


DE COMMERCE
L’Acte Uniforme de L’OHADA donne une énumération des actes de commerce.
A priori, il suffit de se référer à cette liste légale pour connaître les actes de
commerce, tous les autres étant civils. Mais, en réalité, le droit commercial
hérité du droit français est plus complexe puisqu’il faut en outre tenir compte de
l’influence possible de la profession de l’auteur de l’acte. Influence qui peut
avoir pour effet, de rendre commercial un acte ne figurant pas sur cette liste ou
inversement de rendre civil un acte figurant sur cette liste.

Section 1 : LA LISTE DES ACTES DE COMMERCE


L’article 3 de l’Acte Uniforme dispose : « Ont d’actes de commerce,
notamment :
-L’achat de biens meubles ou immeubles en vue de le revendre,
-Les opérations de banque, de bourse, de change, d’assurance, et de transit,
-Les contrats entre commerçants pour le besoin de leur commerce,
-L’exploitation industrielle des mines, carrières, et gisements naturels,
-Les opérations de location de meubles, de manufactures, de transport, et des
télécommunications,
-Les opérations intermédiaires de commerce.
L’article 4 dit : « Ont également le caractère d’actes de commerce et ceux par
leur forme la lettre de change et à ordre ainsi que le warrant. »
La liste dressée par les articles 3 et 4 est inspirée par une idée générale ; y a-t-il
un critère général de l’acte de commerce ?

Paragraphe 1 : Y A-T-IL UN CRITERE GENERAL DE


L’ACTE DE COMMERCE ?
On répond généralement par l’affirmative, en proposant un des trois critères
suivants : La spéculation, la circulation, et l’entreprise.

A. Le critère de la spéculation
L’acte de commerce serait essentiellement un essentiellement un acte de
spéculation, un acte inspiré par l’idée de commerce, de lucre, de bénéfices. Cette
conception est exacte, en ce sens que tout acte de commerce implique une
spéculation ou la recherche d’un bénéfice. A cet égard, un acte à titre gratuit ou
basé sur la philanthropie ne peut être un acte de commerce.
Une association qui se contenterait de faire de tels actes échappe à la
commercialité. Elle peut y être soumise en revanche dès lors qu’elle est animée
par l’idée de bénéfices. Mais, ce critère est insuffisant, en tant qu’il n’explique
pas notamment pourquoi les agriculteurs et les membres des professions libérales
échappent au droit commercial.

B. Le critère de l’Entreprise
Il est proposé par le Pr. ESCARA et prend en compte la manière dont l’acte est
réalisé. Cette conception s’appuie sur une structure organisée et non pas sur la
spéculation seulement. Serait donc des actes de commerce. Les actes réalisés
dans le cadre d’une entreprise.
En droit positif, ce critère ne peut expliquer de façon satisfaisante, la
commercialité du courtage ou de la lettre de change.De plus certaines entreprises,
notamment agricoles même avec une organisation très modernes, complexes ne
sont pas commerciales.
En définitive, force est de reconnaître qu’il est difficile d’englober les actes
commerciaux dans un critère unique et précis. Aucun des trois critères n’est en
lui-même suffisante et leur ensemble n’obéit en aucune idée générale. Aussi la
doctrine propose-t-elle un acte classificatoire qui tente de mettre un certain ordre
dans l’énumération légale en rangeant les actes de commerce sans diverses
catégories.

Paragraphe 2 : CLASSIFICATION DES ACTES VISES PAR


LA LOI
Elle est basée sur la nature de l’acte. Il s’agit des activités d’échanges et de
négoce, des activités industrielles, financières, les activités des intermédiaires.

A. Les activités d’échanges et négoce


On peut classer dans cette catégorie :

1. L’achat de biens meubles ou immeubles en vue de les


revendre.
Aux termes de l’articles 3 de l’Acte Uniforme : « A le caractère de l’acte de
commerce, l’achat de biens meubles ou immeubles en vue de le revendre ». Cet
acte d’achat d’un bien meuble ou immeuble est important, car c’est l’acte de
commerce le plus fréquent. Il suppose trois éléments : Un achat portant sur un
meuble ou immeuble et l’intention de le revendre. L’achat est une acquisition à
titre onéreux. Si l’acquisition n’est pas faite à titre onéreux, il n’y a pas d’actes de
commerce. Tel est le cas des opérations agricoles auxquelles sont associés
l’exploitation forestière, l’élevage et l’artisanat. Le marchand de détails fait acte
de commerce. Mais l’agriculteur qui achète des semences n’est pas commerçant.
L’agriculteur qui vend des produits de la terre ou le bétail qu’il a nourrit et
engraissé avec les produits de son exploitation, ne fait pas acte de commerce.
S’agissant de l’objet de l’achat, il doit être un bien meuble ou immeuble.
L’achat doit être réalisé dans l’intention de la revente. Et cette volonté doit
exister au moment de l’achat. Il importe peu, que par la suite la revente n’est pas
eue lieu. L’absence d’achat conduit à considérer comme civil, les activités des
professions libérales. Ex : Avocats, Médecins, Enseignements privés… (03 juin
1966, Dalloz, Observations Cour d’Appel de Paris, JGP1992, Panorama 1194).
En revanche, parce qu’ils revendent des médicaments qu’ils ont achetés, les
pharmaciens d’officine sont des commerçants.

2. Les opérations de meubles


Les entreprises de location de meubles sont nombreuses et leurs opérations aussi.
Leurs opérations peuvent consister à la location de fûts, de sacs, ainsi qu’à la
location de crédit-bail. De même, l’hôtelier fait acte de commerce, car il y a une
véritable entreprise de location de meubles (location de lits, de linges…).

3. Les opérations de fournitures


Ce sont pour l’essentiel des variétés de l’achat pour revendre. Mais, la revente
précède l’achat, ainsi une personne s’engage à fournir pendant un certain temps,
certaine quantité de marchandises qu’elle se procurera au fur et mesure des
livraisons. Rentre dans cette catégorie, les entreprises de distribution d’eau, de
gaz, d’électricité, et d’autres entreprises de fournitures de services qui se sont
multipliées : (C.C, Ch.com, 18 Janvier 1966, Dalloz 1966, page 358).

B. Les activités industrielles


Relèvent de cette catégorie :

1. L’exploitation des mines et carrières


Les mines sont des gîtes de substances énumérées par le Code Minier. Elles
comprennent notamment le charbon, les métaux, les hydrocarbures, s’y ajoute
l’exploitation des carrières (pierre, argile, marbre, et ardoise), et les entreprises de
manufactures, Ex : les marais salants.

2. L’entreprise de manufactures
On entend généralement par entreprise de manufactures, toutes les entreprises de
transformation, de métallurgie, de produits chimiques et de tissage. La
jurisprudence française a progressivement entendue la manufacture qu’elle
caractérise sur la spéculation du travail d’autrui (l’entreprise de terrassement, de
construction) : Ch. des requêtes, 20 Octobre 1908, Dalloz 1909, page 246.

3. Les opérations de transport


Toutes les opérations de transport sont commerciales quelque soit le mode (terre,
air, mer, voyageurs, ou marchandises).

C. Les activités financières


L’Acte Uniforme prévoit les opérations de banque et de bourse, de change,
d’assurance.

1. Les opérations de banque


Désignées à l’origine sous le nom de commerce de l’argent, les opérations de
banque ont toujours été considérées comme des opérations commerciales. Le
monopole des opérations de banque dans L’U.E.M.O.A appartient sous réserves
de quelques exceptions aux banques et aux établissements financiers.

2. Les opérations de change


Elles consistent à recevoir une monnaie et à remettre une autre en contrepartie.
Le change se fait soit par vente ou achat d’effets de commerce payés à l’étranger,
soit manuellement. A l’instar des opérations de banque, les opérations de change
sont des actes de commerce pour les professionnels seulement.
En revanche, pour les clients de banque, elles sont civiles sauf si l’acte est fait
pour les besoins de la profession commerciale du client.

3. Les opérations d’assurance


L’assurance est un contrant par lequel une personne promet moyennant paiement
de primes, de verser une indemnité en cas réalisation d’un risque (incendie,
décès, vol, responsabilité…)

4. Les opérations de bourses


Contrairement aux textes antérieurs, L’Acte Uniforme vise expressément les
opérations de bourses, mais la question se pose de savoir si toutes les opérations
de bourse ont un caractère commercial ?
Jusque là, il était admis qu’elles n’étaient pas nécessairement commerciales,
notamment pour celui qui utilise ses fonds propres pour les faire fructifier. La
jurisprudence a décidé que celui qui spécule habituellement en Bourse fait des
opérations commerciales. Cette décision est fondée sur le fait qu’il s’agit d’un
spéculateur qui tire l’essentiel de ses revenus, des achats et ventes de titres :(Cour
d’Appel de Paris, 13 Janvier 1976, JCP 1977 (1976), 2e Partie No 18276).

D. Les activités intermédiaires


Sont visées dans cette catégorie les actes, par lesquels une personne s’interpose
dans les relations entre d’autres personnes, généralement en qualité de
mandataire. Peu importe, que l’opération que fait l’entreprise soit civile ou
commerciale. C’est l’acte d’entremise lui-même qui est commercial. On note
toutefois une exception concernant la commission. Sa commercialité suppose
l’existence d’une entreprise, c'est-à-dire la répétition.

1. La commission
Elle est proche du mandat, mais se distingue du contrat civil en ce que le
commissionnaire agit pour le compte d’autrui, mais en son propre nom (le
mandataire agit pour le compte d’autrui et au nom d’autrui). La commission se
distingue également du courtage, car le commissionnaire fait partie lui-même du
contrat.

2. Le courtage
Le courtage est l’opération par laquelle un intermédiaire appelé courtier met en
relation deux personnes qui souhaitent conclurent un contrat. Il se différencie de
la commission en ce sens que le courtier n’intervient pas dans la conclusion du
contrat. Il se borne à préparer le contrat en recherchant une contrepartie à son
client Pour la commercialité du courtage matrimonial :(C f : Ch.Com, Cour de
Cassation, 11 Octobre 1982, Bulletin civil 4e Partie, No 299)

3. L’agence d’affaires
Ce sont des opérations qui ont pour objet d’offrir des services pour gérer les
affaires d’autrui par le biais d’un mandat. Ces mandats sont très variés et
recouvrent la gestion des immeubles, l’exploitation des agences de voyage, de
publicité, la représentation en justice et le recouvrement de créances. C’est
l’entremise qui justifie la commercialité de ces opérations. Sont ainsi assimilés
les agences d’affaires, les opérations : l’achat, la souscription, la vente, la
location des immeubles, de fonds de commerce. Il y a également, l’activité des
agents artistiques qui procure des engagements à des artistes du spectacle.

E. Les sociétés commerciales


Pendant longtemps, elles n’étaient pas considérées comme commerciales en
elles-mêmes. Leur commercialité dépendait de la nature de l’activité considérée,
c'est-à-dire de leur objet. Elles étaient civils, si elles faisaient habituellement des
actes civils et commerciales si elles effectuées des actes de commerce. C’est
progressivement, que le législateur français a consacré leur commercialité en se
fondant sur la structure qu’elles adoptent, c'est-à-dire leur forme. Il en fut pour
les sociétés anonymes : (Loi du 1e Août 1893, Loi du 07 Mars 1925). C’est cette
solution qu’a adopté L’Acte Uniforme relative aux sociétés commerciales et aux
G.I.E en son article 06.
Les sociétés visées par L’Acte Uniforme sont toujours qualifiées de
commerciales quelque soit la nature de leurs activités même si celles-ci sont
civiles.

F. Les actes de commerce par la forme


La particularité de ces actes réside dans le fait que même s’ils sont accomplis par
des non-commerçants, ils demeurent des actes de commerce. L’Acte Uniforme
cite à cet égard, la lettre de change, le billet à ordre, et le warrant.

1. La lettre de change
C’est un effet de commerce par lequel une personne appelée tireur, donne l’ordre
à un débiteur ; le tiré, de payer à un tiers appelé bénéficiaire ou porteur une
certaine somme d’argent à une date déterminée. C’est une disposition classique et
ancienne, qui veut que la lettre de change soit commerciale par sa forme quelque
soient les personnes qui la signent. Ainsi, toute personne qui, pour une opération
quelconque, signe une lettre de change, accomplit un acte de commerce, mais ne
devient pas pour autant commerçant :C.C, 11 Mai 1993, Bulletin civil 4e Partie,
No 178).
Cette singularité est circonscrite à la lettre de change en droit français, elle est
étendue au billet à ordre et au warrant L’OHADA. Seul échappe à cette
commercialité, le chèque qui est, soit civil ou commercial suivant la nature de
l’opération pour laquelle, il est employé.

2. Le billet à ordre
C’est un écrit par lequel une personne appelée souscripteur, s’engage à payer à
une époque déterminée, une certaine somme d’argent, à une autre personne
appelée … ou à l’ordre de celle-ci. Le billet à ordre, est généralement utilisé dans
les ventes à crédit de fonds de commerce.
3. Le warrant
Le warrant est une variété de billet à ordre qui permet à un commerçant de
donner en gage, les produits ou marchandises qui sont déposés les magasins
généraux. Il porte la promesse de payer une certaine somme d’argent à une date
au bénéficiaire. Il sert également à constituer un nantissement au profit du
créancier sur les marchandises déposées.

Paragraphe 3. LE CARACTERE NON-LIMITATIF DE


L’ENUMERATION LEGALE : L’extension en droit français.
Au de-là de la liste légale des actes de commerce, les tribunaux ont reconnus, la
qualité d’actes de commerce à divers actes en raison de leur objet :

1. Les actes juridiques portant sur un fonds de commerce


La promesse d’acquisition de fonds, pour une personne non-commerçante : C.C,
19 Juillet 1972, JCP 1973, 2e Partie, No 17356, Note Mr CALAIS AUO.
-La vente par le commerçant du fonds, même s’il perd cette qualité à la suite de
cet acte : C.C, 13 Juin 1989, Bulletin civil 4e Partie.
-L’obligation solidaire pèse sur loueur du fonds de commerce à l’égard des dettes
contractées par son gérant, pourtant seul commerçant : C.C, 22 Janvier 1991,
Dalloz 1992.

2. Les cautionnements donnés en garantie par les dirigeants


pour les associés d’une société commerciale
C.C, 20 Juillet 1981, Revue de juridiction commerciale 1982, Page 89, Note
MESTRE.
La souscription des parts ou actions d’une société commerciale, ainsi que leur
cession lorsqu’elles emportent en profit du cessionnaire le contrôle de la société :
C.C, 28 Novembre1978, Dalloz 1980, Page 76.

3. Les conventions ayant pour objet de garantir le maintien du


contrôle d’une société commerciale à son titulaire actuel
C.C, 26 Mars 1996, JCP 1996, 2e Partie, Page 885, Note BONNAM.

Section II : L’INFLUENCE DE LA PROFESSION DE


L’AUTEUR DE L’ACTE ( Les actes de commerce par accessoire ).

L’influence de l’auteur de l’acte peut avoir pour effet de rendre commercial un


acte qui ne figure pas sur la liste légale ou inversement. Cette règle relative aux
actes de commerce par accessoire, est posé par le Code de commerce et présente
l’avantage d’unifier le régime de divers actes effectués par le commerçant. Ainsi,
par exemple, sont tous deux actes de commerce, l’achat de marchandises pour le
revendre (acte de commerce par nature) et l’achat d’un camion pour livraison
(acte de commerce par accessoire).
Ces actes sont visés par l’article 3 de L’Acte Uniforme qui mentionne: « Les
actes entre commerçants pour les besoins de leur commerce ». Ce sont en
général, des actes ou contrats de nature civile qui deviennent commerciaux par le
fait d’être accomplis par un commerçant pour les besoins de son commerce. D’où
leur nom d’actes de commerce subjectifs actes de commerce par relation ou
d’actes de commerce par accessoire.

Paragraphe 1 : l L’INFLUENCE DE LA PROFESSION


COMMERCIALE

A. Le principe et son fondement


La théorie des actes de commerce par accessoire est une création de la
jurisprudence,entérinée par la loi et l’Acte Uniforme .La jurisprudence française
ne juge pas que l’acte soit fait entre commerçant , mais que l’acte soit fait par un
commerçant,voire par une personne qui va le devenir . Par ailleurs, le Code de
commerce prévoit que des actes, qui par leur nature sont civils comme les
obligations entre commerçants, peuvent devenir commerciaux. Mais, tous les
actes de commerce ne sont pas commerciaux. Si le commerçant fait un acte en
dehors de l’exercice de sa profession, il n’y a pas acte de commerce.
Exemple1 : Achat fait par un commerçant pour son usage particulier.
Exemple2 : Cautionnement sans rapport avec l’exercice du commerce.
C.C ,19 Janvier 1993, Bulletin civil, 4e Partie, No 21.
Le fondement de la commercialité accessoire est de faciliter la solution des litiges
dans lesquels est impliqué un commerçant. Elle permet de maintenir un régime
juridique homogène à tous les actes effectués par le commerçant.

B. Les applications
Si on se réfère à l’article 3 de l’Acte Uniforme, deux conditions sont exigées
pour la mise en œuvre de la commercialité accessoire, l’une est relative à la
personne, l’autre à la finalité de l’acte. La jurisprudence a précise la définition
du domaine d’application.

1. La condition d’application
L’acte doit être fait par un commerçant et accomplit pour les besoins de son
commerce.

a. La qualité de commerçant
Il s’agit de la première condition, mais pour que la commercialité accessoire
joue, il n’est pas nécessaire que les deux parties aient la qualité de commerçant.
Si les deux auteurs sont commerçants, l’acte est commercial pour chacun d’eux.
Si en revanche, l’un est non commerçant, l’acte sera civil à son égard.
b. Acte réalisé pour les besoins du commerce
On présume que l’acte fait par le commerçant et à titre professionnel, est
commercial et c’est a celui qui veut se prévaloir de la non commercialité, de
prouver que l’acte n’est pas commercial. Par conséquent, sont présumes
commerciaux, sauf preuve du contraire, tous les actes faits par un commerçant :
Cour d’Appel de Paris, 11 Janvier 1995, Dalloz 1995, Informations rapides,
Page 62.

2. Le domaine d’application
Le domaine d’application de la commercialité accessoire est très large .Il
enveloppe la quasi totalité des actes que le commerçant peut effectuer, il s’étend
également aux obligations extra contractuelles.

a. Les obligations contractuelles


En vertu, de la présomption générale de commercialité qui s’attache à toutes les
opérations réalisées pour les besoins du commerce, la commercialité accessoire
s’applique à tous les contrats passés par un commerçant. Aucune distinction
n’est faite par rapport à la nature du contrat et la théorie de l’accessoire
s’applique aux contrats les plus divers. Il en est ainsi des contrats d’achat, de
louage, d’assurance, de fret ….Il en est de même d’un contrat de travail passé
par un commerçant et ses employés .Des difficultés peuvent apparaîtrent,
s’agissant du contrat de cautionnement par lequel une personne s’engage à payer
une dette en cas de défaillance du débiteur principal. Ce contrat, est en principe
civil, même s’il est donné par un commerçant .Cependant, ce caractère civil
n’est maintenu, que si la caution agit dans un esprit désintéressé, par exemple
lorsqu’elle donne cette garantie uniquement pour rendre service. En revanche, le
cautionnement devient commercial, s’il prend la forme d’un aval sur une lettre
de change ou si la caution s’engage dans le cadre de sa profession ou encore
lorsque le cautionnement émane d’un professionnel dont le métier est de prêter
sa signature à des débiteurs. Le cautionnement devient également commercial,
lorsqu’il est donné par un commerçant pour les besoins de son commerce ou
lorsque la caution ; personne non commerçante s’engage dans l’intérêt d’une
société commerciale qu’elle dirige. Exemple : le dirigeant qui garantie les
engagement de sa société : Ch.Com, 08 Octobre 1968, JCP 1969, 2e Partie
15884 & Ch.com, 17 Octobre 1977, Informations rapides, Page 90.
Concernant les opérations ayant pour objet les immeubles qui sont
traditionnellement exclus du domaine commercial, la question s’est posée de
savoir si on pouvait leur conféré un caractère commercial, en vertu de la théorie
de l’accessoire. La jurisprudence a admis que, fait un acte de commerce, le
commerçant qui prend un immeuble pour les besoins de son commerce : Ch.
Com, 14 Février 1956, JCP 1956,2e Partie 19375. Cette solution est entérinée et
étendue aux contrats translatifs de propriété immobilière par la loi française du
03 Juillet 1977 qui déclare commercial les opérations d’achat et de vente
d’immeubles.
b. Les obligations extracontractuelles
La théorie de l’accessoire s’entend aussi aux obligations extracontractuelles. Il
suffit que l’engagement soit né à l’occasion de l’activité commerciale et du fait
de cette activité. Le s’applique aux obligations quasi contractuelles. Exemple :
La S.N.C.F qui a perçue pour un transport, plus que le prévoyait les tarifs, a été
condamner à restituer l’indu. Cette action dite de détaxe, a été considérée
comme un acte de commerce. Le principe joue également pour les obligations
quasi délictuelles. Exemple : Il y a acte de commerce, lorsqu’un commerçant,
pour attirer la clientèle se livre à des manœuvres de concurrence déloyale : Ch.
Com, 07 Avril 1976, Page 61.
De même, les agissements déloyaux du commerçant qui dénigre un concurrent,
imite ses produits, détourne sa clientèle, constituent un acte de commerce. Il en
est de même du fait pour commerçant de causer un dommage à autrui à
l’occasion de l’exercice du commerce : C.A Paris, 11 Février 1976, JCP 1976, 2e
Partie 18464.
Le principe joue aussi pour obligations légales, la Cour de Cassation a aussi a
ainsi décidée qu’était commerciale, la dette du commerçant ou cotisation de
sécurité sociale. Elle ne l’a admis en revanche, pour les dettes fiscales : Ch.
Com, 17 Mars 1958, JCP 1959, 2e Partie, No 10905- Ch. Com 25 Mai 1957,
Dalloz 1957, Page 88.

Paragraphe 2. L’INFLUENCE DE LA PROFESSION CIVILE


Le Code de commerce n’a pas prévu l’influence de la profession civile. En
principe, l’acte de commerce produit ses effets, même si celui qui le fait exerce
une profession civile. Cependant, la jurisprudence décide que si cet acte de
commerce est fait strictement pour les besoins de la profession civile, il perd son
caractère commercial. Ainsi, les médecins dans les localités ou il n’y a pas de
pharmacien peuvent être autoriser à vendre à leurs clients les médicaments
qu’ils leurs prescrivent. Ils font donc des achats pour revendre, cependant la
jurisprudence considère qu’il n’y a là que des actes civils, parce qu’ils sont faits
pour les besoins d’une profession civile. Il en serait autrement si ces médecins à
d’autres personnes que leurs clients. De même, un artisan, pour les besoins de sa
profession est amené à faire des achats pour revendre. Un cordonnier achète du
cuir nécessaire à la réparation des chaussures, et revend ce cuir incorporé dans
les chaussures. Ces actes ne sont pas considérés comme commerciaux, mais ils
deviendraient, s’ils dépassaient les besoins de la profession artisanale. Dans le
même sens, les dirigeants d’un établissement d’enseignement privé qui reçoivent
des élèves à l’internat ne fait pas actes de commerce. Bien que leur activité soit
semblable aux restaurateurs et aux hôteliers. Car, ces actes ne sont que des
accessoires obligés de l’exercice leur profession libérale. Il ferait acte de
commerce, s’ils logeaient et nourrissaient des personnes qui ne seraient pas leurs
élèves : Ch.Civile-C.C, 20 Avril 1931, Page 314.

Chapitre II. LE REGIME DES ACTES DE COMMERCE


Nous envisagerons tout d’abord le cas ou l’acte est commercial à l’égard des
deux parties, puis le cas ou l’acte est commercial à l’égard d’une seule partie, on
parle d’acte mixte.

Section 1. ACTE COMMERCIAL A L’EGARD DES DEUX


PARTIES
Parmi les intérêts de la distinction entre actes de commerce et actes civils, il y a
un qui retient particulièrement l’attention : l’exercice d’actes de commerce à
titre professionnel, qui confère à l’auteur, la qualité de commerçant. Les autres
intérêts peuvent être classés suivants qu’ils suivent la procédure ou au droit des
obligations.

Paragraphe 1 : Les règles de procédure


Les contestations qui concernent les actes de commerce échappent aux
juridictions de droit commun pour relever de la compétence d’une juridiction
spéciale : le Tribunal de commerce.
L’article 48 du N.C.P.C français prévoit une clause attributive de juridiction
dérogeant aux règles légales de compétence territoriale, lorsqu’elle est
renfermée dans un acte de commerce et lorsque l’acte a été conclu entre deux
commerçants.
-Clause compromissoire : Elle est celle par laquelle, les parties conviennent
que toutes les difficultés qui pourraient naître du contrat seront soumis à
arbitrage.
Cette clause est en principe nulle, mais par exception, le Code de commerce a
déclaré qu’elle était valable dans le cas ou serait normalement compétent le
Tribunal de commerce : Article 631 Code de commerce.
-Les usages commerciaux : Il existe en matière commerciale, des usages
dérogeants aux règles interprétatives de la loi. Ces usages sont applicables s’il y
a actes de commerce.

Paragraphe 2 : Le droit des obligations


-Formation de l’acte : En matière commercial, le silence joue un rôle
particulier. Il vaut consentement dés lors que les circonstances qui l’entourent
excluent toutes doutes sur sa signification. Exemple : Le fait pour un
commerçant de recevoir d’un fournisseur, sans contester, une livraison et la
facture qui l’accompagne, l’oblige à payer le prix comme s’il t avait une
commande expresse. Dans le même sens, le fait d’avoir reçue sans protester une
facture sur laquelle figure une clause de réserve de propriété, vaut acceptation de
cette clause : Revue trimestriel de droit civil, 1998, Page 517, Observations
MESTRE.
-La preuve des contrats : … L’Acte Uniforme à la suite du Code de commerce,
prévoit qu’à l’égard des commerçants, les actes de commerce peuvent être
prouvés par tout moyen, qu’il en soit autrement par la loi. Le principe est donc
que dans les relations entre commerçants, tous les moyens de preuve sont admis
notamment la preuve par correspondance, par témoignage, par présomption :
(Ch.Com, 12 Octobre 1982, Bulletin civil, 4e Partie, Page 312).
Exceptionnellement, la loi commerciale peut être plus rigoureuse et exiger une
preuve pour certains commerçants. Et il en est ainsi, de la vente du fonds de
commerçant, nantissement du fonds de commerce, du gage sans dépossession.
On remarque également, que quelques commerçants sont soumis à un
formalisme qui n’est pas exigé pour les contrats civils, notamment pour les
messages de publicité.
-L’exécution des obligations : Il existe en matière d’exécution des obligations,
certains particularités des actes de commerce.

1. La réfaction : Dans la vente commerciale, le juge, se


reconnaît le droit de diminuer le prix dû par l’acquéreur en considération de
l’exécution partielle du contrat par le vendeur. Il peut s’agir de l’insuffissance
(quantité comme qualité des marchandises livrées) : Ch.Com, Cour de cassation,
23 Mars 1971, Dalloz 1974, Page 40.

2. Le remplacement : Sans autorisation judiciaire préalable,


l’acquéreur non livré dans le cadre d’une vente commerciale, peut se procurer
des marchandises identiques à celles promises auprès d’un tiers, puis se faire
rembourser ses frais par cocontractant défaillant.

3. La solidarité : En droit civil, la solidarité ne se présume


point. Elle doit être expressément stipulée. En matière commerciale, et d’après
une coutume très ancienne conservée par la jurisprudence, la solidarité se
présume : Ch.Com, 16 Janvier 1990, J.C.P 1991, 2e Partie, Page 21748.

4. La mise en demeure : Elle supposait en droit civil, un


exploit d’huissier (papier que l’huissier dresse pour faire pater le débiteur), alors
qu’elle pouvait s’effectuer pour tout moyen en matière commerciale (lettre
recommander avec accusé de réception, télégramme, e-mail). Désormais, cette
souplesse a gagné le droit commercial.
-La prescription des obligations : La prescription est en principe trentenaire en
droit civil et déclenche en matière commerciale, afin de ne pas obliger les
commerçants à conserver indéfiniment des preuves. Le même délai de dix (10)
ans est prévu pour l’obligation de conservation des archives et livres
comptables. Il existe des prescriptions spéciales plus courtes, par exemples
l’action des commerçants pour les marchandises qu’ils vendent aux particuliers,
se prescrit par deux (02) les prescriptions en matière de transport, d’effets de
commerce et de sociétés, est également plus courts que la prescription
décennale.

Section II : ACTE DE COMMERCE A L’EGARD DE


L’UNE DES PARTIES : Acte mixte.
Les actes mixtes ne constituent pas à proprement parler une catégorie pratique
d’actes de commerce. Il s’agit plutôt d’une modalité que les actes de commerce
peuvent revêtir. Constitue un acte de commerce mixte, l’acte qui présente un
caractère commercial pour l’une des parties et un caractère civil pour l’autre. Par
exemple, la vente faite par un cultivateur à un négociant, la vente faite marchant
à un consommateur.
La principale difficulté, c’est de déterminer dans quelle mesure des règles de
droit commun sont applicables à de actes, ce qui pose la question leur régime
juridique.

Paragraphe 1 : Le principe.


L’acte étant à la fois civil et commercial, il y a lieu d’appliquer différemment la
loi civile et la loi commerciale. C’est le principe de distributivité. Ainsi, le
commerçant qui agit contre un particulier doit mener son action selon les règles
du droit civil. A l’inverse, lorsque c’est le particulier qui poursuit le
commerçant, il peut invoquer la loi civile ou la loi commerciale. La distributivité
est imparfaite, car seul le non-commerçant jouit d’une option. La raison de ce
déséquilibre est le caractère supposé protecteur des lois civiles qui empêchent le
commerçant de priver son cocontractant de son bénéfice.

Paragraphe 2 : Les applications.


Pour la preuve du contrat, le commerçant devra apporter à l’égard du non-
commerçant et conformément aux règles du droit civil, car il s’agit de priver un
acte civil pour celui qui, par hypothèse le conteste. Si l’acte oblige plusieurs
commerçants, ceux-ci seront présumés solidaires, alors que le Code civil reprend
son emprise si la pluralité comporte des non commerçants. Dans le cadre d’un
principe de distributivité quelque peu aménagé, le commerçant qui assigne le
particulier devant le Tribunal de commerce, peut se voir proposer une exception
d’incompétence et être obligé d’agir devant le Tribunal civil, alors que le non
commerçant se voit reconnaître une option : Ch. Civile, Cour de Cassation, 16
Mai 1930, Dalloz 1930, Page 363.
Il convient de signaler que les actes mixtes mettent en présence des
professionnels et des consommateurs et par conséquent des stipulations
contractuelles déséquilibrées (limitation ou exclusion de responsabilité,
limitation de recours, faculté de modifier l’objet de la prestation). Pendant
longtemps, le droit n’a pas sanctionné les clauses abusives en vertu du principe
de la liberté contractuelle et de la non ingérence dans les lois des parties (La loi
SERIVENER du 10 Janvier 1978) ; relative à la protection des consommateurs,
à déclarée la guerre aux clauses abusives en déclarant non valides.

Titre II : LES COMMERCANTS


Ils sont soumis à des lois propres qui les distinguent des particuliers. Il convient
donc de déterminer la qualité de commerçant ainsi que son statut.

Chapitre I : LA QUALITE DE COMMERCANT


Aux termes de l’article 2 de L’Acte Uniforme, sont commerçants ceux qui
accomplissement des actes de commerce et en font leur profession habituelle. La
loi précise donc que la qualité de commerçant repose sur le seul point de savoir
si la personne qui prétend ou veut être commerçant a ou non remplit les
conditions de fond explicitement évoquées. C'est-à-dire, l’accomplissement des
actes de commerce à titre de profession habituelle, auxquelles s’ajoutent deux
autres conditions que la jurisprudence à établie : l’accomplissement
professionnel des actes de commerce en son nom et pour son compte, ainsi que
la capacité d’effectuer des actes de commerce.

Section 1 : LES CONDITIONS REQUISES


Paragraphe 1 : L’accomplissement d’actes de commerce
Pour avoir la qualité de commerçant, il faut accomplir des actes de commerce.
Les textes ne précisent pas la nature dont il s’agit, mais il faut se référer à
l’étude de la liste légale des actes de commerce et particulièrement des actes de
commerce par nature. En effet, les actes de commerce par accessoire ne tire leur
commercialité que de la qualité de l’auteur. Les sociétés commerciales qui
prennent la forme commerciale sont considérées ainsi par la disposition de la loi.
Elles constituent donc une exception à la règle étudiée.

Paragraphe 2 : L’exercice d’une profession habituelle


Les actes de commerce doivent être effectués non seulement de façon
habituelle, mais à titre de profession. Cette condition implique la répétition
d’une part, et l’activité régulière d’autre part. Peu importe que la profession soit
exercée ou non à titre de profession ou de façon notoire. Exemple : Une
personne qui exerce clandestinement et à titre principale une activité
commerciale, de laquelle elle tire l’essentiel de ses ressources, a la qualité de
commerçant. Dans ce sens, un notaire qui, malgré l’interdiction d’exercer le
commerce prévu par son statut, spécule sur les fonds déposés par ses clients,
exerce la profession de banquier et de ce fait est banquier. En revanche, un
directeur d’établissement scolaire qui acquière des produits alimentaires (plats
cuisinés), pour les revendre à ses élèves sous forme de repas servis à la cantine,
exerce une activité commerciale accessoire à sa profession civile
d’enseignement. Cette activité accessoire ne lui fait pas acquérir la qualité de
commerçant. La jurisprudence applique les mêmes principes aux opérations
accomplies par les associations et les syndicats. Les achats pour revendre faits
au profit de leurs membres, ne leur fait pas acquérir la qualité de commerçants :
Ch.Com, 18 Novembre, J.C.P 1965, 2e Partie, No 14123.
La jurisprudence a estimé par ailleurs que celui qui tire habituellement des
lettres de change pour recouvrer des loyers ne devient pas commerçant. Cette
décision pose que le fait de tirer une lettre de change ne constitue pas une
profession.

Paragraphe 3 : L’exercice du commerce pour son propre compte


Ceux qui exercent une activité commerciale pour le compte d’autrui n’assument
pas le risque de l’entreprise. Ils sont, soit des salariés, soit des mandataires du
commerçant. Sont exclus également, les intermédiaires qui agissent pour le
compte du commerçant à l’exception des commissionnaires et agents
commerciaux ; Article 173 L’Acte Uniforme.
Les administrateurs, P.D.G, gérants de S.A.R.L, agissent au nom de la société.
Ils ne sont pas commerçants es qualité. Les associés en nom collectifs sont
commerçants, non pas en tant que gérants, mais en vertu de loi.

Paragraphe 4 : La capacité


Sont incapables de faire le commerce, ceux que le droit civil déclare incapables.
L’article 06 de L’Acte Uniforme dispose à cet égard : « Nul ne peut accomplir
des actes de commerce à titre de profession habituelle, s’il n’est pas
juridiquement capable d’exercer le commerce ».
Cette disposition vise essentiellement les mineurs et les majeurs protégés. Sous
l’empire du droit antérieur, le mineur émancipé ne pouvait être commerçant.
L’Acte Uniforme reconnaît désormais pour le mineur la possibilité de le
devenir : « Le mineur sauf s’il est émancipé, ne peut avoir la qualité de
commerçant ». On appelle cette interprétation à contrario.

Section II. LES CONDITIONS D’UN EXERCICE


REGULIER DE LA PROFESSION DE COMMERCANT
En dehors des conditions requises pour l’acquisition de la qualité de
commerçant, les conditions relatives à l’exercice régulier de l’activité, visent des
personnes dont le passé, les fonctions ou l’origine peuvent susciter des réserves
ou tout au moins justifier un compromis.

Paragraphe 1 : Les restrictions à l’accès de la profession de


commerçant.
Elles concernent les incompatibilités, les déchéances et les interdictions ;

A. Les incompatibilités
A la différence de l’incapacité qui vise la protection de la personne qui l’objet,
l’incompatibilité se traduit par l’impossibilité légale de cumuler la profession
commerciale avec certaines fonctions qui s’accommodent mal avec l’esprit de
négoce. Ces fonctions sont énumérées par l’article 09 de L’Acte Uniforme qui
dispose : «  L’exercice d’une activité commerciale est incompatible avec
l’exercice des professions ou fonctions suivantes : fonctionnaires et personnel
de service public, établissement à participation publique, officiers ministériels
et auxiliaires de justice, experts comptables agrées et comptables agrées,
commissaires aux comptes et aux apports, conseillers juridiques, courtiers
maritimes, plus généralement toutes professions dont l’exercice fait l’objet
d’une réglementation interdisant le cumul de cette activité avec l’exercice d’une
profession commerciale ».
B. Les déchéances et interdictions
Elles consistent dans la défense faite à une personne d’exercer le commerce pour
son compte ou pour le compte d’autrui dans le but de moraliser ou d’assainir la
profession commerciale. Aux termes de l’article 10 de L’Acte Uniforme : «  Nul
ne peut exercer une profession commerciale directement ou par personne
interposée, s’il a fait l’objet :
-D’une interdiction prononcée par une juridiction par l’un des états parties.
-D’une interdiction prononcée par une juridiction professionnelle.
-D’une condamnation définitive, à une peine privative de liberté pour un crime
de droit commun ou une peine de moins de trois mois d’emprisonnement non
assortit de sursis pour un délit contre les biens ou une infraction en matière
économique ou financière ».
Les déchéances touchent les personnes frappées de faillite personnelle. Elles
frappent ainsi les officiers ministériels déchus et s’appliquent à l’exercice du
commerce quelque soit la forme. Il convient de souligner que l’interdiction à
titre temporaire ou à titre définitif, peut être levée, c’est la réhabilitation qui ne
peut être demander qu’à l’expiration du délai de cinq (05) ans.

Paragraphe 2. Contrôle et Sanctions


Lors de l’immatriculation au registre et du crédit mobilier, le greffier contrôle si
le requérant remplit les conditions requises pour l’activité qu’il veut
entreprendre. L’intéressé devra produire dans ce sens et suivant les cas, les
autorisations, licences ou agréments.
Les sanctions encourues peuvent être pénales ou disciplinaires. Elles vont de
l’emprisonnement à l’amende, la destitution, la radiation et la fermeture de
l’établissement.

Chapitre 2. LE STATUT DU COMMERCANT


De façon générale, il est constitué des droits et obligations du commerçant. Nous
les exposerons principalement à travers deux obligations importantes :
l’inscription au Registre de Commerce et de Crédit Mobilier et la tenue d’une
comptabilité.

Section 1. LES DROITS ET LES OBLIGATIONS DU


COMMERCANT
Seul le commerçant immatriculé peut se prévaloir des droits attachés à la qualité
de commerçant. Au contraire, même non immatriculé, le commerçant n’en a pas
moins des obligations découlant de cette qualité.

Paragraphe 1. Les droits du commerçant


Ils sont assez nombreux, mais nous pouvons en citer :
1. Le droit d’invoquer en leur faveur leur propre comptabilité ; Il s’agit
d’une disposition de faveur, car en principe, nul ne peut se créer un titre à soi-
même. La règle s’explique cependant en raison des principes stricts qui régissent
la tenue des livres de commerce et la comptabilité et qui rendent très difficile
une falsification des comptes.
2. Le droit de se prévaloir de la prescription décennale ; En principe, la
prescription est trentenaire en droit civil. En matière commerciale, elle est
décennale afin de ne pas obliger les commerçants à conserver indéfiniment les
preuves.
3. Le droit de réclamer à certaines conditions, le renouvellement du bail des
locaux où s’exploitent le fonds de commerce ; En droit français, le décret-loi
du 30 Septembre 1953 relatif aux baux commerciaux, édicte la nullité de toutes
les clauses ou conventions qui auraient pour effet de faire échec au droit de
renouvellement et aux dispositions légales sur la durée du bail qui ne peut être
inférieur à 09(neuf) ans. Le preneur à lui seul conserve la faculté de donner
congé à l’expiration de chaque période triennale. Il peut renoncer et s’engager
valablement pour 09(neuf).
4. Le droit à certaines conditions de donner le fonds en location-gérance ;
La location-gérance ne peut être consentit que par des personnes ou morales
ayant été commerçantes pendant 07(sept) ans et ayant exploitées le fonds mis en
gérance pendant 02(deux) ans.
5. Le droit de réclamer en cas de difficultés, le bénéfice d’un règlement
préventif ;
6. Le droit de déroger par convention aux règles de compétence territorial
des tribunaux ; Les règles de compétence territoriale ne sont pas d’ordre public
en matière commerciale, les clauses y dérogeant sont donc valables lorsqu’elles
ont été convenues entre commerçants : Cour d’appel d’Aix-en-Provence, 22
Janvier 1922, Dalloz 1993, Page 06.
7. En droit français, le droit, sous certaines conditions, d’être électeur et
éligible aux tribunaux de commerce ainsi qu’aux chambres de commerce et
d’industrie.

Paragraphe 2. Les obligations du commerçant