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LA UNE POLITIQUE INTERNATIONAL ÉCONOMIE SOCIÉTÉ SCIENCES ET TECHNOLOGIES CULTURE

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Femme en Afrique (Crédits Dany Masson, licence Creative Commons)

AFRIQUE 26 DÉCEMBRE 2018

Les 4 facteurs expliquant la faible compétitivité de


l’Afrique
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La concurrence, la propriété privée et la lutte contre la corruption


sont des priorités pour permettre le développement du continent
le plus pauvre de la planète.

Par Ibrahim Anoba.

Un article de Libre Afrique

Dans le dernier rapport sur la compétitivité mondiale, sur les indicateurs responsables
de la productivité et de la croissance à long terme, les pays africains sont mal classés.
Sur les 140 pays étudiés, l’économie africaine la mieux classée est Maurice au 49ème
rang, puis l’Afrique du Sud à la 67ème place. La majorité des autres pays africains
croupissent dans le tiers inférieur du classement. Cette médiocre performance, sur l’un
des principaux indices de mesure du progrès économique, confirme la situation
déplorable dans laquelle se trouve l’économie africaine, du moins en ce qui concerne le
passé récent. Il y a quatre principaux facteurs à l’origine de ce déficit de compétitivité.
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Des marchés pervertis par les monopoles


La principale raison pour laquelle il est difficile pour les pays africains d’intégrer la
moitié supérieure de ce classement réside dans les monopoles sur les marchés. Les
économies concernées entretiennent, à des degrés divers, des relations malsaines
entre les hommes politiques et les hommes d’affaires, ce qui favorise le contrôle des
moyens de production par un petit nombre d’entreprises.

La meilleure situation devrait être un espace ouvert permettant aux entrepreneurs ou


aux entreprises intéressés de se faire concurrence. Malheureusement, nous trouvons
actuellement des secteurs clés, notamment les transports, le pétrole et l’énergie, où le
gouvernement est le seul fournisseur. Dans les rares cas où l’offre est privée, les prix et
les quantités sont dictés par les grandes entreprises avec la complicité des hommes
politiques corrompus. Cela élimine effectivement la concurrence nécessaire pour
améliorer la capacité du marché à répondre à la demande au moindre coût pour les
consommateurs africains, qui ont les revenus les plus faibles au monde. Cela se traduit
également par la perte de liberté de choix du consommateur. Celui-ci n’ayant guère
d’option pour rejeter les termes d’échange, l’effet disciplinaire sur le producteur est
affaibli,
LA UNE d’où le déclin
POLITIQUE de ces économies
INTERNATIONAL au filSOCIÉTÉ
ÉCONOMIE du temps.
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Une faible innovation


Le grand avantage d’un marché concurrentiel est de favoriser l’innovation, ce processus
de génération d’idées visant à maximiser les gains tirés des investissements. Alors que
le reste du monde met régulièrement à jour ses dernières innovations en matière de
robotique et d’intelligence artificielle, aucun des pays africains mal classés n’a réussi à
intégrer la science et la technologie dans ses systèmes éducatifs, ce qui pénalise divers
secteurs de l’économie. Par exemple, l’agriculture, qui contribue le plus au PIB du
continent, n’est toujours pas assez mécanisée. Les dirigeants de ces pays doivent déjà
savoir que la modernisation d’un secteur important comme l’agriculture devrait être le
premier de leur programme économique s’ils veulent vraiment être compétitifs.

Un environnement des affaires hostile


L’environnement des affaires dans la plupart des régions du continent est loin des
standards minimums. Cela signifie, en particulier, que les lois et réglementations
régissant le business sont considérées comme hostiles en Afrique. Par exemple, le
démarrage d’une entreprise ou l’enregistrement d’une propriété dans la plupart des pays
d’Afrique subsaharienne prend généralement plus de temps qu’ailleurs. Bien qu’il
s’agisse d’un effort qui ne devrait normalement pas dépasser un à trois jours ouvrables,
au Nigéria, par exemple, il faut généralement six semaines pour enregistrer une
entreprise ; il en va de même pour le Cameroun, alors que dans des pays comme la RD
Congo, le Niger et le Burundi, cela peut prendre encore plus longtemps.

C’est l’une des raisons pour lesquelles l’Afrique subsaharienne est reconnue comme le
pire endroit pour les entrepreneurs. Par conséquent, ces lenteurs bureaucratiques sont
un handicap majeur pour la compétitivité d’une économie. De même, avec la
concurrence biaisée entre les entreprises publiques, les grandes entreprises et les
micros-petites entreprises, il n’est pas étonnant que l’Afrique soit mal classée.

Par ailleurs, la bureaucratie, conjuguée à la faible protection de la propriété privée,


complique le processus de prise de décision pour les acteurs de la chaîne de valeur tels
que les agriculteurs, les commerçants locaux et les consommateurs. En fin de compte,
la valeur ajoutée qu’elles créent est assez faible. Ces problèmes pourraient être évités si
les gouvernements africains cessaient tout simplement d’imposer des réglementations
rigides et inutiles. Toutefois, comme il est peu probable que cela se produise de si tôt,
l’environnement commercial restera hostile.
Un faible capital humain
La capacité d’un travailleur africain moyen à contribuer de manière significative au
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processus de marché est restée relativement stagnante pendant des décennies. En
effet, tandis que la population de jeunes continue de croître, la disponibilité des
opportunités d’emplois ne suit pas la même cadence. Selon le récent indice de capital
humain de la Banque mondiale, la valeur marchande de l’ensemble des compétences
d’un travailleur africain moyen est parmi les plus basses du monde. Cela a créé un large
fossé entre les compétences disponibles et les profils demandés par les employeurs.
C’est aussi la raison pour laquelle 70% de la main-d’œuvre du continent se trouve dans
le secteur agricole.

Pendant ce temps, l’éducation reste la clé de la productivité humaine. En fait, plus les
pays investissent dans l’enseignement technique, plus leur économie devrait
s’améliorer dans les domaines de la science et de la technologie. Pour les pays
africains concernés, la prochaine étape dans l’amélioration de leur capital humain
consiste à investir davantage dans l’éducation. D’autres besoins, tels que la santé, la
sécurité et la nutrition, disparaîtront une fois que les améliorations apportées à
l’éducation et la facilité des affaires entreront en ligne de compte.

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