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Module 3

Généralisation

RÉDACTEUR : JEAN-PAUL DARTEYRE


ECOLE NATIONALE DES SCIENCES GÉOGRAPHIQUES

04 novembre 2008
  

 
Table des matières

  

I - La généralisation 5

II - Quels sont les facteurs ? 9

III - Quels sont les principes de la généralisation ? 11

IV - Quelles sont les règles de la généralisation ? 17

V - Comment réalise-t-on la généralisation des diverses


thématiques ? 21

A. Aperçu technique....................................................................................21

B. L'hydrographie........................................................................................21

C. Les routes et chemins..............................................................................22

D. Les constructions....................................................................................23

E. La végétation..........................................................................................24

F. Les figurés du terrain...............................................................................25


1. Les courbes de niveau............................................................................................25
2. Les talus et escarpements......................................................................................26
3. Les rochers...........................................................................................................26
4. Les figurés spéciaux...............................................................................................27

G. La toponymie.........................................................................................27
  

3
  

I - La généralisation I
  

 
  
  
  
 
  

Remarque
A la place de généralisation (qui implique un changement d'échelle), on peut parler
de modélisation.
  

 
  

Définition
La généralisation est la technique qui permettra de modéliser l'espace
géographique afin de saisir les phénomènes à un niveau d'abstraction plus large
que les données ou la carte initiale. Elle aura pour finalité de réduire le nombre de
données transmise en conservant, autant que possible, les informations essentielles
qu'elles véhiculent.
  

 
Cette technique suppose trois types d'opérations :
 La sélection des données,
 La schématisation des formes,
 L'harmonisation des contenus.
Et souvent s'impose l'obligation des décalages.
Une nécessité : quand et pourquoi ?
La généralisation s'impose dès lors que la réalisation d'une opération
cartographique nécessite l'application d'une requête d'analyse dont le niveau
conceptuel est plus large que la modélisation de l'espace géographique à laquelle
elle s'applique.
Le traitement cartographique est devenu impossible, car les données initiales ne
permettent plus alors de traduire correctement les phénomènes. La lisibilité et la
clarté des informations en sont profondément affectées.
 
  

Exemple : Qu'il s'agisse par exemple :


 en cartographie traditionnelle, de transformer directement la carte de base
au 1/25 000 en carte routière au 1/250 000.
 en cartographie numérique, d'effectuer une sortie graphique correcte au
  
1/100 000 depuis la BD Topo.
 
Les difficultés rencontrées sont de deux ordres :
 Des données inadaptées, car trop précises et trop denses pour le but
recherché.
 Des contraintes dues à l'expression graphique (nombre de phénomènes
représentables sur une surface donnée à l'échelle considérée ; limites
physiologiques de lisibilité et potentialités d'interprétation).
 
  

  

 
  

  

 
  

5
La généralisation

  
  
La
La généralisation
généralisation et
etle
le changement
changement d'échelle
d'échelle --carte
carte au
au 1/100
1/25 000
1/50 000

6
  

Quels sont les


II -

II
facteurs ?
  

 
  
  
 
  

Résumé
Les facteurs influençant la généralisation de l'information contenue dans la carte
sont :
 l'échelle ;
 la destination de la carte (son but, les conditions de son utilisation) ;
 la complexité et les caractéristiques de la région cartographiée ;
 la qualité des données de base et leur source.
 
Quelle est l'influence de l'échelle ?
Nous savons que le nombre de phénomènes que l'on peut représenter sur une
surface donnée (carte papier ou écran d'ordinateur) est limité en fonction de
l'échelle de la représentation. C'est elle qui déterminera le nombre, la forme et la
taille de tous les objets de la carte, donc le degré de la généralisation
(simplification, voire schématisation) à leur apporter.
 
Quelle est l'influence de la destination de la carte ?
Cette généralisation est liée :
 au but de la représentation cartographique : carte topographique,
thématique, routière, historique,...
 aux conditions d'utilisation : randonneurs, sportifs, automobilistes, pilotes
d'avion,...
 
Quelle est l'influence du paysage ?
De plus, elle est fonction du paysage dans la région cartographiée. Devant traduire
avec un maximum d'efficacité les spécificités et les traits essentiels d'une région,
les critères de généralisation ainsi que l'esprit dans lequel elle est réalisée sont très
différents selon les cas. Problèmes de fortes densités d'information en zone urbaine
ou d'absence de densité en zones désertiques ou forêt de Guyane par exemple ;
mise en évidence de caractères régionaux, carte du Groenland, des îles Kerguelen
ou du Sahara.
 
Quelle est l'influence de la qualité des données de base ?
Il faut bien sûr tenir compte de la manière dont l'information a été acquise, et si
elle est ancienne et à récupérer, dont elle a été archivée (son propre degré de
généralisation, sa destination initiale) et modélisée (homogénéité des informations
contenues dans les divers documents). L'ancienneté et l'obsolescence possible des
données doit aussi être prise en considération.
  

7
  

Quels sont les


III -

III
principes de la
généralisation ?  
  

9
Quels sont les principes de la généralisation ?
  
  
  

 
  

  
Les techniques de la généralisation - carte routière au 1/250 000
 
  

  
Les techniques de la généralisation - carte routière au 1/1 000 000
 
Comment fait-on la sélection des objets ?
C'est le meilleur moyen de limiter la densité de l'information.
Le choix est basé sur l'importance de l'objet pour le concepteur ou l'utilisateur,
c'est-à-dire une notion de valeur, qui peut se décomposer en trois entités.
valeur intrinsèque
 C'est le poids que l'on attribue à chaque phénomène en fonction de la
destination de la carte (par exemple, on pourrait être amené à éliminer les
voies ferrées dans une carte routière). On s'attache donc aux familles
d'objets à conserver, au nombre de classes à retenir dans chaque famille, au
seuil d'élimination dans chaque classe.
valeur de localisation
 Certains objets peu importants, mais bien situés ou caractéristiques aident
l'utilisateur à repérer sa position sur le terrain ou à mieux appréhender
l'espace géographique (par exemple un moulin à vent ou un château d'eau,
une ligne électrique à haute tension, une source).
valeur de relation
 Cela revient à apprécier localement l'importance des objets entre eux afin de
pouvoir conserver la spécificité de l'information en chaque endroit. Dans le
cas où deux familles sont jugées également caractéristiques, l'appréciation
de la valeur relative ne fera retenir que les plus significatifs parmi les objets
surnuméraires, afin de conserver un certain nombre d'objets dans les deux

10
Quels sont les principes de la généralisation ?

familles.
 
Comment fait-on la schématisation des formes ?
C'est la transformation de la géométrie des objets de façon à conserver leur valeur
informative quelle que soit leur taille.
Critères de schématisation :
Les dimensions réelles de l'objet réduites à l'échelle
 Si la taille est supérieure aux critères de lisibilité : On conserve la
forme réelle de l'objet en accentuant les accidents caractéristiques et en
supprimant les détails non significatifs (comme dans le processus de
caricature).
 Si la taille est inférieure aux critères de lisibilité : La forme de l'objet
n'est plus significative. Il faut, soit regrouper plusieurs objets de même
type, ce qui n'est ni toujours possible, ni parfois souhaitable, soit passer à la
symbolisation, c'est-à-dire remplacer l'objet par un signe ou concept
évocateur ou purement conventionnel, soit encore créer une entité plus
large (objet complexe, ville complète et plus quartiers par exemple).
L'importance ou la signification que l'on désire attribuer au phénomène. Selon la
destination de la carte, plusieurs degrés de généralisation peuvent cohabiter. En
effet, l'amplification volontaire de la symbolique de certains thèmes nécessitera une
schématisation supérieure à celle du reste de la carte : sur une carte aéronautique,
mise en valeur du réseau hydrographique et du réseau des voies ferrées.
 
Comment fait-on l'harmonisation des contenus ?
Ce terme assez général définit pourtant bien l'essentiel de la démarche nécessaire à
une bonne généralisation, tant sur le plan conceptuel que sur le plan graphique.
Sur le plan conceptuel
 Equilibrer la sélection des objets : éviter le remplissage, les densités trop
uniformes, le privilège involontaire de certaines classes d'informations.
 Assurer la cohésion des objets entre eux :
- Au niveau du schéma relationnel (au 1/1 000 000 la suppression des
bretelles d'échangeur entraînera celle conjointe des franchissements
associés).
- Au niveau de la géométrie des objets, les phénomènes de proximité ou
de contiguïté doivent être respectés : une route et/ou une limite
administrative jouxtant une rivière doivent conserver les mêmes
inflexions que celle-ci.
Sur le plan graphique
 Vérifier que le degré de généralisation, d'un même objet et des objets entre
eux, est cohérent sur l'ensemble de la carte ; cette démarche nécessitera
peut être de retoucher certaines lignes ou formes si la vision globale n'est
pas satisfaisante.
 Respecter l'équilibre de la symbolique : à mesure que l'échelle diminue, on
s'éloigne de plus en plus d'une représentation « métrique » des objets.
Cependant les contraintes de lisibilité restant les mêmes, la symbolique ne
pourra plus être réduite, elle va tendre à l'égalisation des informations. A la
limite, une source d'eau pourra être aussi grande qu'un rond schématique
de position de ville. Aussi pour conserver sa valeur au message graphique, il
faudra :
- adapter les symboles selon la valeur intrinsèque des objets et selon leur
forme réelle afin d'éviter les confusions ou les disproportions trop
flagrantes.
- Assurer la différenciation graphique des objets par une symbolique
appropriée pour éviter des juxtapositions ou superpositions

11
Quels sont les principes de la généralisation ?

malheureuses.
 
Comment réalise-t-on les décalages ?
Une des conséquences de l'emploi de signes conventionnels est que leur
encombrement sur la carte devient plus important que la projection de la dimension
réelle de l'objet réduite à l'échelle. Des décalages deviennent donc indispensables
pour éviter les chevauchements et s'amplifient à mesure que l'échelle diminue.
Critère de décalage :
en fonction de la valeur intrinsèque, puis relative de l'objet ; en règle générale, les
moins importants sont les plus affectés.
Méthode de décalage :
tant que l'enveloppe du nouveau symbole contient le centre ou l'axe de l'objet
initial, on considère ce décalage comme acceptable ; au-delà, il faudra minimiser le
déplacement au strict nécessaire.
 Déplacement des détails contigus, opération inévitable pour respecter la
cohérence des objets entre eux, tout en respectant leurs positions relatives.
 Décalage des détails non contigus : si le déplacement de l'objet initial est
très important, les positions relatives de plusieurs objets environnants
peuvent en être affectées ; on est obligé d'effectuer un remaniement local
assez poussé en amortissant peu à peu les décalages jusqu'à revenir en
place pour l'objet le plus éloigné (réduction progressive des altérations de
position entre objets).
 
  

  
Décalage au 1/50 000
 
  

12
Quels sont les principes de la généralisation ?

  
  
Décalage au 1/100 000

13
  

Quelles sont les


IV -

IV
règles de la
généralisation ?
  

 
  
  
 
  

Points, ligne ou surfaces


 
  

  
Point - ligne - surface
 
Comment réalise-t-on l'implantation des signes ponctuels ?
Les objets ponctuels qui conservent leur forme réelle (par exemple une église ou
une gare ferroviaire) subissent les lois générales de la sélection et de la
schématisation.
Pour les objets transformés en symboles (par exemple un parking ou un hôpital), la
création de ces derniers fera appel aux règles de sémiologie graphique, adaptées à
l'objet en question :
 la forme, évocatrice ou purement conventionnelle.
 la dimension, en fonction de la vraie grandeur de l'objet à représenter
rapportée à l'échelle de projection, de la finalité de la carte, de la densité
des données.
 l'orientation : à utiliser avec prudence, cette variable étant délicate à « lire
».
Règle du nombre décroissant d'objets ponctuels :
On ne doit changer ni leur forme, ni leur proportion, ni leur ordonnancement
(positions relatives). On peut modifier leur dimension et leur position initiale.
 
  

15
Quelles sont les règles de la généralisation ?

  
Représentation ponctuelle
 
Comment réalise-t-on l'implantation des signes linéaires ?
En règle générale, il faut veiller à ce que :
 tout élément rectiligne doit le rester.
 toutes les inflexions compatibles avec la largeur du nouveau signe sont à
marquer.
 les caractéristiques du tracé sont à maintenir en choisissant les inflexions
importantes, en les amplifiant si nécessaires (ex. : des méandres adoucis).
 
  

Remarque
 Prendre la moyenne est toujours une mauvaise solution, parfois la plus
fausse, souvent la moins expressive.
 On peut être amené à éliminer certains détails compatibles avec l'échelle
mais qui surcharge inutilement le message (ex. : deux virages en épingle à
cheveux simplifié en un seul).
 Inversement, un détail inférieur à l'échelle peut être conservé s'il est très
caractéristique : il est alors amplifié dans les limites des critères de lisibilité
(ex. : un virage en S dans une grande ligne droite).
 
  

  
Représentation linéaire
  

16
Quelles sont les règles de la généralisation ?

 
Comment réalise-t-on l'implantation des lignes surfaciques ?
 Conserver la forme initiale de l'objet dans ses grandes lignes (les règles de
généralisation du linéaire s'appliquent également aux contours). Supprimer
les petites parcelles dont la surface est inférieure aux critères de sélection
fixés et les intégrer dans la classe du thème environnant.
 Fusionner (agglomérer) plusieurs petites surfaces voisines de même nature,
inférieure au seuil, afin de préserver la spécificité d'un paysage très
parcellisé.
 Amplifier légèrement :
- Les surfaces moyennes de façon à respecter les proportions relatives
entre ces dernières et les petites zones agglomérées qui deviennent plus
grosses.
- Les petites parcelles éparses mais significatives d'un paysage dont les
surfaces sont juste inférieures au seuil de sélection afin de leur faire
franchir ce seuil pour les conserver. L'amplification ne doit pas trahir la
réalité géographique, elle consiste seulement à effectuer une
schématisation par excès et non par défaut, ce qui se traduit
graphiquement par un “lissage” extérieur aux petites inflexions, sans
altérer, bien sûr, la forme générale de l'objet.
 Respecter le rapport des surfaces totales correspondant à chaque thème.
 User le plus souvent de lignes brisées et de formes géométriques qui
structurent mieux l'image et permettent de conserver une expressivité
certaine aux contours (de grâce, éviter les patatoïdes !).
 
  

Représentation surfacique avec une carte ne représentant qu'une seule composante


  
ordonnée
  

17
  

Comment réalise-t-
V -

V
on la généralisation
des diverses  
  

thématiques ?   

Aperçu technique 21
L'hydrographie 21
Les routes et chemins 22
Les constructions 23
La végétation 24
Les figurés du terrain 25
La toponymie 27
  

  
 
  

A. Aperçu technique
 

Généralisation des différents thèmes


Les indications qui vont suivre constituent des règles générales, qui pourront être
aménagées si des contraintes locales impérieuses le nécessitent.

B. L'hydrographie
 

Sélection :
La difficulté ne vient pas de l'encombrement du signe mais de la relation des cours
d'eau avec les autres thèmes géographiques et orographiques. Ils constituent
l'ossature du terrain, leur structure devra donc respecter les caractéristiques
morphologiques de la région.
 Maintenir les cours d'eau principaux jusqu'à leur source.
 Éliminer des affluents, sans jamais les tronquer, en ne les sélectionnant pas
uniquement sur le critère de longueur mais sur leurs caractéristiques afin de
conserver l'originalité du réseau.
 Conserver de préférence ceux dont le thalweg affecte le plus le tracé des
courbes.
 Éliminer les petits plans d'eau ou les regrouper s'ils sont représentatifs de la
région, sous peine de transformer en désert une zone de petits lacs
(exemple : la Dombes près de Lyon).
 Un réseau de canaux d'irrigation est élagué en conservant les directions les
plus caractéristiques.

19
Comment réalise-t-on la généralisation des diverses thématiques ?

Les points d'eau ne sont maintenus dans les lieux très isolés (en pays

développé la nécessité militaire ou civile n'est plus maintenant ressentie -
l'accès aux points d'eau est traité par des SIG spécifiques aux plans de
sauvegardes communaux).
 Château d'eau et réservoir sont conservés en fonction de leur caractère de
point de repère.
Schématisation :
 Lorsque la représentation à deux traits n'est plus justiciable de l'échelle,
passer à un trait en respectant l'épaississement conventionnel de l'amont
vers l'aval.
 Simplifier les formes selon les règles de généralisation du linéaire en
conservant un aspect vivant au cours d'eau (inflexions caractéristiques).
La moyenne géométrique des inflexions est toujours la solution à éviter, sous peine
d'obtenir un tracé inexpressif.
Harmonisation :
 Conserver la concordance entre le réseau hydrographique et le figuré du
terrain, si le thalweg a été supprimé sur la planche d'orographie, éliminer
également le cours d'eau.
 D'autre part, la cohérence de forme est maintenue avec les autres objets
planimétriques linéaires ou ponctuels et le réseau hydrographique.
 
  

Remarque
Pour les plans d'eau importants, lorsque le manque de place est impérieux, il est
toléré de faire déborder la planimétrie sur le plan d'eau en réduisant légèrement sa
surface.
  

C. Les routes et chemins


 

Sélection :
 Mise en place du réseau jugé principal.
 Densification du maillage par adjonction des :
- Routes de liaison (créer des itinéraires desservant au mieux les
agglomérations et des transversales négligées par le réseau principal).
- Antennes desservant des lieux habités ou des sites isolés particuliers
(exemples : sites touristiques).
- Chemins formant des itinéraires intéressants par leur longueur ou leur
orientation.
Schématisation :
Appliquer les règles générales déjà traitées dans la généralisation du linéaire.
 Conserver autant que possible l'axe en place.
 Conserver les inflexions compatibles avec la largeur du signe.
 Respecter le caractère du tracé.
Harmonisation :
 Éviter de constituer un réseau uniforme.
 Respecter les positions relatives dans les carrefours en effectuant des
décalages judicieux pour préserver l'aspect initial.
 Lacets en montagne : conserver si possible le premier et le dernier,
sélectionner entre ces deux extrêmes. Dans le cas de 2 lacets seulement, en
conserver 1 seul s'il n'y a plus de place pour les 2.

20
Comment réalise-t-on la généralisation des diverses thématiques ?

Les axes épousant les modelés géographiques (formes du terrain, réseau



hydrographique) doivent rester en accord avec ceux-ci.
Symbolisation :
 Relations d'ordre adaptées à la hiérarchie prédéfinie du réseau, elles sont
traduites par la dimension du signe, l'écartement et l'épaisseur des traits.
 Relations différentielles traduites par la couleur en jouant sur les valeurs
fortes, violet, bleu, rouge et les tonalités plus faibles, jaune, orangé, vert.
 
Les voies ferrées
Leur faible densité et l'encombrement peu important de l'objet ne pose pas de
problème majeur de généralisation.
Sélection :
Elle ne s'effectuera que pour les gares de triage pour lesquelles on conservera les
voies extérieures en respectant leur forme et leur direction. Les faisceaux intérieurs
sont élagués.
Schématisation :
 Respecter la géométrie, lignes droites et courbures régulières.
Symbolisation :
 Relation d'ordre : la dimension du trait (fort, fin) permet facilement de
traduire le gabarit.
 Relations différentielles : (nombre de voies, électrification, gare, arrêt)
traduites par des signes adventifs.
Harmonisation :
 Lors des décalages, la rigidité de formes risque d'occasionner sur une longue
distance de nombreux décalages connexes, la vigilance est de rigueur.

D. Les constructions
 

Les constructions isolées ou éparses


Le figuré résulte d'une sélection (1 maison sur 3, par exemple) mais reste
semblable à l'objet représenté (respecter le seuil de perception oculaire).
Ne pas négliger leur caractère de point de repère.
 
Les agglomérations
Sélection :
 On élimine ou on regroupe plusieurs maisons voisines en évitant de changer
les formes et les proportions. Ne jamais traduire un groupe de petites
maisons par un seul gros symbole qui s'apparentera pour le lecteur à un
ensemble immobilier important.
Schématisation :
 Représentation zonale
Seule l'enveloppe de la ville est représentée, la couleur traduisant la surface
urbanisée.
Selon l'échelle, on peut utiliser plusieurs valeurs de teintes qui permettront
de traduire les différences de densité (noyau ancien, urbain dense,
périurbain).
 Représentation conventionnelle
Aux très petites échelles, les agglomérations sont représentées par des
ronds de position.

21
Comment réalise-t-on la généralisation des diverses thématiques ?

Les critères de différenciation peuvent être le chiffre de population, le rang


administratif, ou d'autres données thématiques (économie, tourisme,
etc. ...).
Prendre garde à la hiérarchisation basée sur le critère administratif car elle
peut modifier arbitrairement la réalité physique, notamment dans le cas :
- de conurbation ou inversement de tissus urbains diffus.
- de chef-lieu situé ailleurs que dans l'agglomération la plus habitée.
Harmonisation :
Maintenir le rapport "noir/blanc" des surfaces bâties et non bâties, ne pas sacrifier
les espaces vides de maisons (parc, stade) pour gagner de la place.
Principes de généralisation urbaine :
 L'organisation de ces nouveaux objets devra conserver le caractère de
l'agglomération : ville fortifiée, zone industrielle, village rue, ville nouvelle.
 Prendre en compte dès le début du travail les contraintes périphériques
(itinéraires de contournement, grands méandres, etc.) qui risquent de faire
obstacle aux futurs décalages internes.
 Placer les traversées principales : en respectant scrupuleusement les
accidents de tracé (carrefours, sinuosités), dégager les places et ronds-
points.
 Situer les bâtiments remarquables : en veillant à ce que leur position
relative par rapport au réseau généralisé demeure conforme à la réalité.
 Placer le réseau secondaire : en tenant compte des sens de circulation, des
accès aux bâtiments remarquables.
 Densifier avec les autres rues en effectuant une sélection capable de rendre
la structure particulière de la cité.
 Pour les constructions, travailler par îlot, visualiser l'organisation initiale des
bâtiments, imaginer la disposition des nouveaux symboles pour rendre une
structure semblable, puis les dessiner. Respecter la position des maisons
d'angle, conserver la taille relative des bâtiments.

E. La végétation
 

L'impact important des zones boisées jusqu'au 1/100 000 décroît rapidement aux
échelles inférieures, leur signification deviendra plus informative que descriptive.
Sélection :
 En zone forestière très morcelée, la sélection ne pourra s'effectuer sur le
seul critère de surface, il faudra agrandir les parcelles moyennes et
regrouper ensemble plusieurs petites.
 La différenciation des essences puis les types de végétation se verront
éliminés à mesure que l'échelle diminuera.
Schématisation :
 Pour demeurer expressif, le tracé devra être fait d'éléments rectilignes.
 Traiter les clairières dans la même facture que les contours.
 Si la végétation n'a pas de cernure, pousser plus loin la schématisation. A
noter qu'une planche de végétation trop détaillée peut rendre la carte
illisible.
 Les bandes boisées longeant routes et cours d'eau devront être élargies ou
éliminées.
 Les pares-feux sont rapidement remplacés par un signe linéaire sans
ouverture du bois.

22
Comment réalise-t-on la généralisation des diverses thématiques ?

Harmonisation :
 Il est impératif de conserver le caractère de la région et de respecter les
proportions relatives de chaque type de végétation.
 La cohérence avec les autres familles d'objets est toujours indispensable.

F. Les figurés du terrain

1. Les courbes de niveau


 

Comme les autres thèmes, l'orographie devra être généralisée afin de conserver à
la carte sa clarté et au terrain sa lisibilité et son caractère.
Il est évident que la valeur géométrique de la courbe de niveau ne cesse de
décroître à mesure que l'échelle diminue, elle devient un simple moyen
d'expression du relief.
 
Sélection :
 L'application de la règle de l'équidistance moyenne E=n/5 revient à dire que
le rapport des équidistances est égal au rapport des dénominateurs des
deux échelles 25 000 / 50 000 = 1 / 2. Ce rapport de 1 à 2 fait changer
l'équidistance de 5 m à 10 m.
Cette règle permet de conserver au terrain pour deux échelles successives un effet
plastique semblable.
 Pour un système cartographique dans lequel les échelles sont des multiples
les unes des autres cette même règle permet de sélectionner à chaque fois
une courbe sur deux, ce qui facilite le travail.
 Dans le cas contraire (carte non intégrée à une série, ou choix délibéré
d'une autre équidistance) il est nécessaire d'interpoler certaines courbes ;
veiller alors à la concordance avec les points cotés de la carte initiale.
 Notons enfin que le choix d'une trop forte équidistance détruira toute
cohérence topographique entre les courbes, le figuré obtenu n'aura aucune
expressivité.
 Les courbes intercalaires (souvent issues des courbes supprimées)
permettront non seulement de figurer les accidents remarquables (cols,
éperons, cuvettes) mais également de pallier aux insuffisances dues à la
sélection des courbes. En effet, suivant la nature du terrain la perte de
définition n' est pas homogène, très expressive pour des zones accusant de
fortes dénivelées, nombre de mouvements caractéristiques risquent de
"passer" entre deux courbes pour un terrain mollement vallonné.
Schématisation :
Une bonne connaissance de la géographie et de la géomorphologie locale permet
seule d'apprécier l'importance relative des mouvements et de choisir les plus
significatifs.
Pour le tracé, les règles principales à respecter sont les suivantes :
 conserver un aspect aigu aux fonds de thalwegs et arrondi pour les crêtes.
 lisser les petits détails non significatifs de façon à avoir une courbe
relativement tendue.
 accuser (exagérer) les inflexions retenues ainsi que les changements de
direction générale de la courbe.
 agrandir les petites courbes fermées (sommet, cuvette) et ne jamais
supprimer un sommet.

23
Comment réalise-t-on la généralisation des diverses thématiques ?

créer si possible des "facettes" en traitant les courbes en "nappes", c'est-à-



dire réaliser des plans constitués d'arrangements “réguliers” de courbes
successives. Ainsi les surfaces topographiques conservent un aspect
vigoureux et expressif.
 Maintenir la valeur des pentes lors de décalages importants.
 Utiliser les intercalaires pour conserver les accidents remarquables ou les
ruptures de pentes.
 La cotation des courbes complétera la faible densité des points cotés.
Harmonisation :
 Le figuré du terrain devra s'harmoniser avec les autres détails de la carte.
 La concordance orographie/hydrographie est impérative.
 Cohérence également avec la planimétrie, notamment pour les routes en
montagne qui suivent les courbes et les objets isolés situés sur les sommets.
Mode opératoire :
 Tracer le réseau hydrographique antérieurement sélectionné.
 Compléter ce réseau par les thalwegs "structuraux" c'est à dire les thalwegs
infléchissant les courbes de façon significative, mais dans lesquels ne
coulent pas de ruisseaux.
 Tracer les lignes structurales : lignes de crêtes, ruptures de pentes, cols.
 Noter les endroits où les décalages dus à la planimétrie sont à effectuer.
 La plupart du temps, et impérativement dans les zones denses, travailler par
flanc c'est à dire dans l'espace compris entre deux thalwegs structuraux.
Généraliser successivement chaque courbe du flanc en commençant de
préférence par le sommet ce qui permet de détecter au plus tôt la naissance
d'un mouvement de terrain puis son évolution progressive sur la pente.
 Dans les flancs très denses, tracer d'abord les courbes maîtresses tout en
conservant un écart suffisant pour compléter ensuite par les courbes fines.
 Achever par les intercalaires et les figurés spéciaux.
 
  

Remarque
Eviter de filer chaque courbe l'une après l'autre sur une longue distance ce qui
aboutira inévitablement à un modelé incohérent.
  

2. Les talus et escarpements


 

Ils sont rapidement éliminés à mesure que décroît l'échelle. Cependant si ces
accidents sont nombreux et caractéristiques de la région on devra les regrouper
suivant leurs directions générales.
Ils pourront également subsister le long des voies de communication pour rendre
compte des hiatus entre le modelé du terrain et le tracé de la voie.

3. Les rochers
 

La figuration devient conventionnelle.


On ne conservera que les lignes caractéristiques (arêtes, faces, thalwegs), le
modelé n'étant traduit que par le contraste entre les flancs éclairés et les zones
d'ombre (éclairage conventionnel du Nord-ouest, direction venant d'en haut à
gauche sur la carte, traditionnellement orientée au Nord ; cette convention est
purement arbitraire).

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Comment réalise-t-on la généralisation des diverses thématiques ?

4. Les figurés spéciaux


 

Surtout aux petites échelles, certains accidents du terrain, intéressants au point de


vue morphologique ou comme point de repère, ne sont pas traduits par la forme
des courbes ni même par la courbe si leur dénivelée est inférieure à l'équidistance.
 talus, failles, strates, crevasses, moraines, dunes isolées, sont représentés
par des symboles isolés ou par un figuré à l'effet.
 les terrains particuliers: dunaires, karstiques, glaciers, sont effectués en
figuré à l'effet en conservant les directions caractéristiques.

G. La toponymie
 

L'objectif demeure le même, transmettre l'essentiel de l'information tout en la


simplifiant.
Sélection :
 Élimination automatique des toponymes relatifs aux objets supprimés par les
sélections précédentes.
 Hiérarchisation des toponymes puis sélection selon leurs valeurs intrinsèque
puis relative.
 En zone dense, mieux vaut élaguer, plutôt que de créer une confusion sur la
désignation des objets.
 Introduction aux petites échelles de nouveaux toponymes généraux liés à la
prise en compte d'entités plus larges du territoire : régions géographiques,
chaîne de montagnes, provinces, etc.
 Les points de cote devront toujours s'appliquer à des détails facilement
identifiables.
Harmonisation :
Se reporter au chapitre sur la disposition des écritures, auquel on peut ajouter
quelques conseils :
 User plus souvent des abréviations, mais sans en abuser.
 Varier les familles de caractères pour faciliter l'identification.
 La limite de lisibilité impose de ne pas utiliser un corps inférieur à 1,2 mm
(soit 3 points Didot pour les typographes).
 Une surcharge excessive en écritures aboutira à masquer complètement le
fond de carte.
 
  

Remarque : Il existe des logiciels adaptés, utilisés à l'IGN.


Dans la vie de tous les jours, vous n'aurez pas à faire ce travail, mais à en tenir
compte...
  
  

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