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Environnement,

Habitat et
Santé Publique
Synthèse de données environnementales en France
métropolitaine, en vue d’évaluer leur compatibilité
avec un mode de vie et un habitat éco-responsable.

TRANSFORM EDITIONS
Louis LESAGE :
Mise au point des travaux de recherche
Obtention et analyse des données
Rédaction et critique du document.

Pierjean ALBRECHT :
Conception et mise au point des travaux de recherche
Analyse des données
Critique et approbation du document.

© Transform Editions — 2017

2
Vérification et réalisation de la mise en page de
l’édition finale sur logiciel Adobe Indesign CC 2017:
Solène von Hatten

Coordination et Edition:
Pierjean Albrecht

Septembre 2017

3
Sommaire Introduction 6

Champ de l’étude 8

Base de données 8

Chapitre 1
Indicateurs environnementaux
humains 10

La démographie 10

Les équipements de communication 12


• Réseau ferré 12
• Réseau routier 13
• Réseau aérien 13
• Nuisances sonores 14

L’économie 16

Chapitre 2
Indicateurs environnementaux
biophysiques 17

Le climat 17

La géographie 19
• Géographie physique 19
• Parcs naturels 20

Le sol 21
• Caractéristique qualitative des sols 21
• Impact de l’agriculture 24
• Impact de la sylviculture 26 Chapitre 4
• Artificialisation des sols 28
Etude départementale 67
• Caractéristique mécanique des sols 29

L’eau 33
Alpes de haute Provence (04) 67
• Eaux superficielles 33
• Indicateurs environnementaux humains 67
• Eaux souterraines 39
• Indicateurs environnementaux
L’air 42 biophysiques 69

• Dispersion des polluants 43 Hautes Alpes (05) 75


• Polluants 45
• Indicateurs environnementaux humains 75
Les risques naturels et • Indicateurs environnementaux
technologiques 48
biophysiques 78

• Risques naturels 48 Alpes maritimes (06) 83


• Risques technologiques 49 • Indicateurs environnementaux humains 83
• Indicateurs environnementaux
biophysiques 86
Chapitre 3
La région PACA 55 Bouches du Rhône (13) 92
• Indicateurs environnementaux humains 92
• Indicateurs environnementaux
Indicateurs environnementaux biophysiques 96
humains 55
• Démographie régionale 55
Département du Var (83) 107

• Equipements régionaux 55 • Indicateurs environnementaux humains 107


• Economie régionale 58 • Indicateurs environnementaux
biophysiques 113
Indicateurs environnementaux
biophysiques 59
Département du Vaucluse (84) 123

• Climat 59
• Indicateurs environnementaux humains 123
• Géographie 59
• Indicateurs environnementaux
biophysiques 126
• Qualité des sols 60
• Qualité de l’eau 61
• Qualité de l’air 64
• Risques naturels et technologiques 66
Introduction

Dans l’optique de déterminer une implantation bénéficiant du meilleur


cadre de vie possible sur le territoire métropolitain, notre projet consiste à
synthétiser différents indicateurs qualitatifs environnementaux représentatifs
de l’ambiance d’un site compatible avec une implantation d’un habitat éco-
responsable et de qualité.
La démarche consiste en une compilation des sources disponibles et une
étude des paramètres environnementaux usuellement suivis par les divers
organismes régionaux et une évaluation de leur pertinence par rapport à
l’objectif.
Une étude historique et documentaire régionale permettra de souligner les
divers points, positifs ou négatifs spécifiques, et d’effectuer un classement
national des différentes régions sélectionnées.
Le choix est motivé par la vision globale de notre monde actuel, avec toutes
ses exagérations, motivées par l’exploitation à outrance des ressources
encore disponibles sur notre territoire, la gestion de l’énergie, des déchets et
les pollutions induites.
Cette synthèse se limitera aux territoires français métropolitains. Une
vision hédoniste, écologique, sanitaire et de Santé Publique ainsi qu’une
appréciation personnelle des auteurs (motivée par l’expérience) permettra de
restreindre le périmètre territorial en éliminant certaines régions du fait de
critères rédhibitoires justifiés au cas par cas.
Le territoire métropolitain français jouit d’une diversité environnementale
impressionnante accentuée par sa position géographique. Presque 1000
km d’Est en Ouest, et du Nord au Sud. Le pays compte 95 départements
métropolitains répartis actuellement en 12 régions (les sources et données
disponibles sont cependant encore exprimées selon les anciennes 22
régions). Il a un « trait de côte » atteignant 5853 kilomètres, et il est baigné
par 2 mers et 1 océan. Il bénéficie d’une grande diversité topographique, son
dénivelé part du niveau de la mer jusqu’au toit de l’Europe (de 0 à 4810m).
La France est un des pays européens les plus irrigués, 5 grands fleuves, des
milliers de kilomètres de rivières et cours d’eau arrosent confortablement ses
nombreuses cultures.
Cette étude propose de mettre en parallèle plusieurs indicateurs
environnementaux usuellement suivis indépendamment, pour en déterminer
un état des lieux territorialisé.
Ces indicateurs sont des paramètres qui seront décisifs pour classer les
différentes régions sélectionnées. Ils dépendent eux-mêmes de nombreux
paramètres usuellement suivis qui seront synthétisés et commentés.
Les indicateurs étudiés sont :
- La qualité des sols, qui résulte à la fois de l’occupation et du type
d’activité pratiquée, est soumise à des pressions anthropiques1. Les 1
Pressions générées par
pressions de plus en plus fortes exercées sur les sols (surexploitation l’homme
agricole, contamination chimique, enfouissement des déchets,
épandage des boues, etc.), associées à leurs capacités de régénération
limitées (épuration moindre, rétention des polluants, réparation lente,
etc.), ont conduit à les considérer comme un milieu susceptible d’être à

6
Illustration n°1 : Transfert
de contamination du sol à
l’homme
l’origine de risques sanitaires et environnementaux. Leur contamination
peut avoir un impact sur la santé humaine via les ressources en
eau et la chaîne alimentaire, et constituer des risques sanitaires
(illustration n°1).
- La qualité des eaux, qui concerne à la fois les eaux superficielles
(cours d’eaux) et les eaux souterraines (nappes phréatiques).
L’eau est une ressource abondante mais non illimitée, et fragile car
soumise à une utilisation et à une pollution croissante, du fait de la
progression démographique, de la pression économique et des effets
du changement climatique.
- La qualité de l’air, car certains composants de l’atmosphère sont
considérés comme des polluants lorsque leur concentration est
suffisante pour produire un effet néfaste quantifiable sur les êtres vivants
et les matériaux (altération de la santé, pollution acide, dégradation des
bâtiments).
- Les risques « naturels », et aléas climatiques, inhérents à chaque territoire.
- Les risques potentiels technologiques, avec les sites, et les types
d’émissions et transferts de pollutions dans l’environnement.
La qualité de vie, est déterminée par « l’intérêt personnel ». En effet, elle dépend
de l’environnement au sens le plus large, c’est-à-dire de la topographie, la
démographie, des communications, des différents aspects socioculturels.

7
Introduction

Champ de l’étude
Le climat, et particulièrement l’ensoleillement, la température, et les
précipitations, est un des facteurs de choix déterminant dans la conception
du bien-être. Ce qui permet de restreindre l’étude aux régions bénéficiant
avantageusement de ces facteurs.
Une étude des données météo enregistrées par les différentes stations de
référence du territoire français permet d’effectuer une sélection de ces régions
par rapport aux moyennes nationales (tableau n°1 et carte n°1).
Ce classement met aussi en exergue neuf régions désavantagées du point de
vue climatique, mais aussi géographique, dépourvues d’espaces montagneux.
Ces régions bien qu’attrayantes par bien des aspects (géographique, culturels,
économiques, sociologiques) ne feront pas l’objet d’une étude approfondie.
Cette étude se limitera à une région réunissant à la fois des caractères
favorables sur le plan humain et biophysique : La région Provence-Alpes-
Côtes-d’Azure (PACA).

Bases de données
De nombreuses bases de données sont disponibles et accessibles au grand
public, notamment par internet.
Elles étaient autrefois confiées à plusieurs organismes étatiques, l’Agence
Nationale pour la Récupération des Déchets (ANRED) créée en 1976,
l’Agence pour la Qualité de l’Air (AQA) créée en 1980 et l’Agence Française
pour la Maitrise de l’Energie (AFME) créée en 1982.
Suite à une prise de conscience de la dégradation de l’environnement (trou
dans la couche d’ozone, pollution de l’air, de l’eau, des sols) le gouvernement
français décide en 1992 de fusionner ces trois entités afin de créer l’Agence
de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (ADEME).
Diverses bases de données ont été mises à disposition du grand public par
les organismes historiques (BRGM, ADEME)
- Base des Anciens Sites Industriels et Activité de Services (BASIAS):
base de données historique sur les sites industriels implantés sur le
territoire.
- BASOL : Base de données sur les sites et sols pollués.
- Info terre : site cartographique présentant certaines données
relatives aux sols (géologie, aquifères, sites BASIAS et BASOL, zones
protégées).
- Le site internet « eaufrance.fr », qui est un point d’accès unique pour
toutes les informations et les données publiques relatives à l’eau et aux
milieux aquatiques.
- La surveillance de la qualité de l’air a été confiée à un réseau
d’associations régionales ayant chacune un statut de type Association
Agrées de Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA).

8
- Le site de METEO France est le site de référence historique pour
l’étude des évolutions climatiques.
- L’Institut National du Recherche et Sécurité (INRS), pour ce qui
concerne les études ayant un impact sur la santé de l’homme.
- L’institut National de la statistique et des Etudes Economiques
(INSEE).
- La base de donnée « Mimausa » (Mémoire et Impact des Mines
d’urAniUm : Synthèse et Archives) de l’Institut de Radioprotection et
de Sureté Nucléaire (IRSN) qui recense et renseigne le grand public
depuis 2003 sur les anciens sites miniers d’uranium métropolitains qui
ont été exploités par la France.
- Les bases de données des sites contestataires du système type «
Sortir du nucléaire », « Chez Mutien », qui alertent l’opinion publique
et pondèrent les effets d’annonce des divers média officiels.
- Les sites internet ministériels et environnementaux nationaux émanant
du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie
(MEDDE).
- Les sites internet des différentes Chambres de Commerce et
d’Industrie (CCI) territoriales des régions concernées par l’étude.
- Le site de la chambre d’agriculture et de l’alimentation, (AGREST)
recensant la statistique, l’évaluation et la prospective agricole sur le
territoire français.

9
Chapitre 1 Indicateurs environnementaux humains

La démographie
La superficie de l’espace urbain en métropole a progressé de 19% en 10
ans. Les villes occupent désormais 22% du territoire et abritent 47,9 millions
d’habitants, soit 77,5% de la population. La densité des territoires urbains
diminue à cause de l’étalement urbain.

Carte n° 1: Localisation
démographique française

Tableau n°1: Population


métropolitaine en milliers.

On compte aujourd’hui 400 habitants au km² en moyenne dans l’espace


urbain. De nouvelles petites unités urbaines sont apparues, et le périmètre de
certaines grandes unités urbaines s’est agrandi. Le mouvement d’expansion
urbaine est particulièrement fort sur les littoraux atlantique et méditerranéen,
mais aussi dans les régions alpines.
Les Français se répartissent, sur le territoire métropolitain, proche des grandes
agglomérations, véritables carrefours économiques situés sur les grands axes
commerciaux.
Les littoraux métropolitains ont aussi leurs attraits. D’une part par les aspects
économiques mis en valeur par les zones portuaires, et d’autre part par l’aspect
hédonique3 qui situe les destinations de vacances proches des littoraux et 3
à la recherche du
concentre une bonne partie de la population. plaisir
10
Une comparaison, réalisée par l’INSEE, des dispersions de la population sur le
territoire français entre 2010 et 2040 ne prévoit pas de grands changements.
Les zones fortement peuplées resteront les mêmes.
Les prévisions démographiques de l’INSEE (tableau n°2 et graphique
n°1) montrent une augmentation sensible et un vieillissement général de la
population métropolitaine d’ici l’an 2050.

Tableau n°2 : Evolution de la


démographie métropolitaine

Graphique
n°1 : Prévision
démographique
métropolitaine

Carte n°2 : Evolution


du taux d’urbanisation
métropolitain entre
1999 et 2007

11
Chapitre 1 Indicateurs environnementaux humains

Les équipements de communication


Réseau ferré
Le réseau ferré français comporte 30 000 km de lignes actives dont
2024 km de lignes à grande vitesse, 1742 tunnels, 26 733 ouvrages
d’art (ponts et viaducs), 17351 passages à niveau 1245 postes
électriques.
Ce mode de transport fonctionnant à ses débuts en 1827 à la vapeur
(combustion de charbon puis de diesel) est alimenté principalement par
l’énergie électrique depuis 1922, (en 2015, 15 687 km sont électrifiés
par 1245 postes électriques répartis sur le réseau), beaucoup plus
confortable (surtout dans les tunnels) et moins émettrice de pollution.
Le trafic ferroviaire reste tout de même à l’origine de quelques
désagréments (hormis les nombreux retards) :
- visuels, par l’itinéraire des tracés des voies,
- sonore, le long des chemins de fers,
- par la pollution aux particules fines de métaux dans les gares,
sans évoquer le problème non résolu à l’heure actuelle de
l’émission de particules d’amiante (causé par l’usure mécanique
des freins lors de leur usage).

Carte n°3 : Réseau


ferroviaire métropolitain
ouvert au transport de
voyageurs.

12
Réseau routier
Le réseau routier français est l’un des meilleurs mondiaux, tant sur le
plan de la distribution, que celui de la réalisation.
Il compte 142 autoroutes, comprenant 9 048 km de voies concédées,
dont 68,1 km de ponts et tunnels à péage et, 2 834 km de voies non
concédées (voies express à 2x2 voies incluses), soit un total d’au moins
11 882 km. Les routes nationales et départementales qui couvrent une
distance totale de 377 986 km.
Les 389 868 km du réseau routier français desservent toutes les villes
et villages (voir hameaux) du territoire.
A part les émissions de particules dues aux circulations de véhicules
à moteur thermiques (soit 99.9% du parc de véhicule français4), le 4
Parc automobile français
réseau routier est à l’origine de plusieurs nuisances : en 2014 : 37.9% de moteur
essence et 62.1% de moteur
- par la constitution du revêtement routier, l’asphalte, répandu sur diesel et hybride
les routes, c’est un dérivé de produit pétrolier, qui se dégrade
avec le temps et les conditions climatiques,
- par sa situation, il fragmente les habitats écologiques lorsqu’il
ne les a pas complètement détruits lors des opérations de
terrassement. Les routes peuvent créer un micro-climat de type
aride qui renforce la fragmentation écologique et contribue à la
mortalité animale avec les effets «lisière»5 et «roadkill6», 5
Les lisières favorisent
l’efficacité de certains
- leur construction crée une imperméabilisation des sols et les prédateurs tout en
eaux de ruissellement (pluie) lessivant les revêtements routier augmentant la vulnérabilité de
se chargent en différents polluants comme les hydrocarbures leurs proies.
et HAP (constitutifs des bitumes), les métaux (déposés par les 6
Effet de collision avec un
gaz d’échappement des véhicules), les sels de déneigement, et véhicule
autres produits d’entretien (désherbants chimiques). Ces eaux
sont de plus en plus collectées dans des bassins et soumises à
des traitements particuliers avant leur rejet dans le milieu naturel.
Réseau aérien
Forte de ses 475 aéroports, 207 aérodromes et 862 héliports, la France
dispose d’un réseau aérien non négligeable. Son trafic est régi par 6
«espaces aériens7» qui règlementent les circulations civiles et militaires
dans le ciel métropolitain.
7
6 espaces aériens dont 5
Les nuisances dues à ces voies de communication sont méconnues et espaces inférieurs (de 0m à
de plusieurs ordres : 5800m), et 1 supérieur (de
5800m à +inf)
Au niveau du sol :
- les nuisances sonores (décollage et atterrissage d’appareils),
- les nuisances causées à l’environnement (faune, flore,
imperméabilisation de sol).
Dans les airs la nuisance est plus sournoise :
- la diffusion des particules émises par la combustion des

13
Chapitre 1 Indicateurs environnementaux humains

carburants aériens (spécifique en fonction des usages civil ou


militaire) se fait à plus grande échelle, avec des conditions de
température et de pression différentes de celles se trouvant au
sol8, modifiant leur comportement physico-chimique. 8
Les conditions de
température et de pression
Les bases aériennes militaires dérogent à certains aspects de la sont différentes en fonction
législation en raison des activités particulières qu’elles accueillent. de l’altitude

Carte n°4 : Principales voies


Elles répondent alors à leurs règlements intérieurs et à leurs autorités de communication aériennes
militaires et/ou maritimes. Les aérodromes militaires peuvent par métropolitaine
exemple bénéficier d’adaptations des modalités d’élaboration des Carte n°5 : Bases aériennes
plans d’exposition au bruit. actives en métropole

Nuisances sonores
La notion de nuisance sonore ou pollution sonore est induite par le
bruit, devenu dans certaines circonstances un « altéragène » physique.
Ces nuisances peuvent être provoquées par diverses sources.
Leurs conséquences peuvent aller d’une gêne passagère, jusqu’ à de
graves répercussions sur la santé (stress et pathologies auditives), et
la qualité de vie chez l’homme (variable selon la durée d’exposition et
la sensibilité du sujet).
Ces nuisances touchent essentiellement les populations urbaines, les
riverains des axes routiers, des voies ferrées, des aéroports, des ports,
de certaines usines ou zones d’activité.
Un sondage réalisé auprès des Français en 20109 montre que les 9
Sondage TNS SOFRES
principales sources de nuisances sonores sont liées aux transports : «les Français et les
nuisances sonores»

14
(54%), aux comportements de voisinage (21%), et aux activités
industrielles et commerciales (9%).
Ce type de nuisance altère aussi le fonctionnement de certains
écosystèmes (affectant le chant des oiseaux). L’altération anthropique
de plus en plus forte et rapide, pourrait remettre en cause la possibilité Carte n°6 : Carte d’exposition
d’ajustements adaptatifs des systèmes de communication animale. sonore due au trafic routier de
jour et de nuit

Illustration n°2 : Nuisances


sonores liées aux transports

15
Chapitre 1 Indicateurs environnementaux humains

L’économie
La population active est estimée à 28,7 millions de personnes de 15 ans ou
plus en France métropolitaine. Elle regroupe 25,8 millions d’actifs ayant un
emploi et 2,9 millions de personnes au chômage.
En dix ans, la population active a augmenté de 1,4 million de personnes. Cette
hausse est avant tout portée par les seniors, mais elle est également due à
une présence accrue des femmes sur le marché du travail. Selon le scénario
central des projections de population active, le nombre d’actifs devrait
progresser dans les prochaines décennies pour atteindre 30,1 millions en
2030 et 31,2 millions en 2060.
En 2015, 13,9% des actifs travaillent dans le secteur d’activité de l’industrie,
6,4% dans la construction, 2,7% dans l’agriculture et 75,8% dans le secteur
tertiaire. Près d’un tiers des personnes occupées travaillent plus précisément
dans le secteur de la fonction publique. Cette dernière emploie 5,6 millions de
salariés. Près de la moitié (44%) travaille dans la fonction publique de l’État,
35% dans la fonction publique territoriale et 21% dans la fonction publique
hospitalière.
En France, 10,3% des emplois sont occupés par des personnes qui travaillent
dans leur entreprise depuis moins d’un an. Cette proportion est la plus élevée
dans le tertiaire. Dans l’agriculture et dans l’industrie, la majorité des personnes
a au moins dix ans d’ancienneté.
Ces trente dernières années, le monde du travail a été reconfiguré à travers un
profond mouvement de tertiarisation10. Plus de 8,8 millions d’emplois ont été 10
Orientation économique
créés dans les activités tertiaires. A l’opposé, l’industrie a perdu 2,5 millions vers les activités de services
d’emplois, l’agriculture 1,4 million et la construction plus de 117 000.
L’économie géographique distingue habituellement trois sphères d’activité :
- une sphère dite conventionnellement « productive », dont la production
peut être exportée hors du territoire et qui relève de logiques de
compétitivité,
- une sphère résidentielle liée à la présence de population,
- une sphère publique financée par les prélèvements obligatoires.
L’emploi a crû davantage dans les régions du Sud et de l’Ouest. Entre les
zones d’emploi, les clivages reposaient traditionnellement sur l’opposition
entre le rural agricole et le tertiaire urbain ainsi que sur la part d’emploi
industriel. Désormais, ils se fondent d’abord sur la composition des tissus
tertiaires, reflétant le poids inégal des villes, le développement d’une économie
résidentielle sur le pourtour méditerranéen et dans une part croissante de
l’espace rural. Les métropoles ont gagné de nombreux emplois et habitants,
plus que les villes plus petites.

16
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

Le climat
La France jouit d’au moins quatre types de climat distincts sur son territoire
métropolitain avec leurs « dégradés »11 (carte n°7). 11
Le climat dégradé est une
sorte de ligne de séparation
entre ses climats voisins.
Cette transition d’une zone
climatique à l’autre se réalise
de manière très progressive

Carte n°7 : Répartition des


climats en France

Un climat océanique, sur toute sa façade Ouest, caractérisé par des hivers
doux et pluvieux, et des étés frais et relativement humides. Ce climat subit une
dégradation progressive vers le climat continental à mesure que l’on s’éloigne
des côtes.
Un climat semi-continental, bénéficiant d’une légère influence océanique, qui
concerne le Centre et l’Est du pays, caractérisé par ses amplitudes thermiques
saisonnières, des hivers rudes et des étés chaud et orageux.
Un climat méditerranéen sur les côtes sud du territoire, caractérisé par des
hivers plus doux que sur la façade atlantique (avec des exceptions en fonction
de l’exposition au vent) et des étés chauds et secs. Ce climat est emblématique
de l’ensoleillement, et des précipitations brèves et intenses.
Un climat montagnard, du fait des nombreux massifs présents sur le territoire.
Il peut être très différent selon le massif, l’altitude et l’exposition, c’est là
qu’intervient la notion de topo-climat12 et toutes ces spécificités locales. 12
Climat lié à une région
topographique (échelle réduite
Les données (tableau n°3) transcrites sont régionales, c’est-à-dire que ce de 1km en montagne et à
sont des moyennes arbitraires basées sur les différents points de mesures 10km en plaine)
départementaux13 dont les normales climatiques sont calculées sur la période 13
Tableau en annexe basé
1981 à 2010. sur les stations de référence

Un indice météo arbitraire a été attribué aux régions en fonction du nombre et


de la qualité des paramètres (ensoleillement, vent, précipitations, température)
afin d’établir un classement des sites propices au projet.
Cet indice arbitraire a été attribué par rapport aux moyennes nationales. Le
report des couleurs des indices météos sur la carte territoriale ci-dessous,

17
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

met en exergue les régions favorisées (en vert) par le climat et jouissant des
conditions climatiques recherchées par le projet.
Les régions qui ont un indice météo inférieur (en rouge), ou dans la moyenne
métropolitaine (en orange) ne jouissent pas d’une météo suffisamment
attrayante pour l’implantation recherchée par le projet. La météo est un critère
déterminant du bien-être, les bienfaits de l’ensoleillement et des températures
clémentes ne sont plus à prouver, de même que les tourments matériels et
physiologiques (hausse du stress et fatigue accrue) causés par les épisodes
de vents.
Carte n°8 : Report des
couleurs des indices météo
régionaux

Tableau n°3 : Indices météos


régionaux.

Coefficient de classement
par rapport aux moyennes
métropolitaines :
bon=3 (vert) ;
moyen=2 (orange) ;
médiocre=1 (rouge)
Indice météo = (somme des
paramètres x coef bon) +
(somme des paramètres x
coef moyen) + (somme des
paramètres x coef médiocre)

18
La géographie
Géographie physique
Le relief de la France s’organise en deux parties nettement distinctes
(carte n°9).
La France du Nord et de l’Ouest est celle des plaines et des
bas-plateaux, des larges vallées (Seine, Loire, Garonne) et des
communications faciles. L’essentiel du territoire est occupé par deux
bassins sédimentaires, le Bassin parisien et le Bassin aquitain. Le
Massif armoricain est un massif ancien très érodé : contrairement à
ce qu’indique son nom, ce n’est pas une vraie montagne (son altitude
moyenne est inférieure à celle du Bassin parisien). Son nom de massif
vient de son sous-sol cristallin d’ancienne montagne.
L’autre France est celle des montagnes et des vallées étroites. Le
Jura, les Alpes et les Pyrénées sont des montagnes jeunes, élevées,
aux formes brutales, qui s’appuient sur des massifs anciens (Massif
central, Morvan, Vosges) rajeunis par ce contact. Entre ces montagnes,
les vallées sont d’autant plus importantes : vallées de la Saône et du
Rhône, Limagne, plaines d’effondrement du Languedoc ou d’Alsace.

Carte n°9 : Géographie


physique métropolitaine

La France possède un formidable patrimoine naturel, fait de contrastes


et d’une grande variété de paysages :
- côtes de l’Hexagone bordées par trois mers,
- bassins et massifs montagneux traversés par d’amples vallées,
- ensemble de chaînes plissées et de plateaux,

19
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

- vastes plaines bordées de collines,


- dunes,
- remparts de falaises,
- marais maritimes,
- vignobles,
- nombreux fleuves et rivières.
Parcs naturels
Parcs nationaux et régionaux
Les parcs naturels nationaux français sont des zones naturelles du
territoire, qui ont été classées en parc national du fait de leur richesse
naturelle exceptionnelle. Ils ont la particularité d’être structurés en deux
secteurs à la réglementation distincte :
-une zone de protection (« cœur » du parc, anciennement « zone
centrale ») à la réglementation stricte de protection de la nature.
-une « aire d’adhésion » (anciennement « zone périphérique »)
où les communes sont partenaires du développement durable
du parc.

Carte n°10 : Parcs naturels


français

20
À la différence d’un parc national, un parc naturel régional, généralement
beaucoup plus vaste, n’est pas associé à des règles particulières de
protection de la faune et de la flore.
Il ne s’agit pas d’une réserve naturelle, mais d’un espace où l’on
recherche un développement respectueux des équilibres, voire même
une solution de maintien d’activités traditionnelles en déclin.

Réserves naturelles régionales


Les réserves naturelles (carte n°11) régionales sont des zones où des
mesures particulières de gestion sont mises en œuvre, dans un objectif
de protection, restauration et gestion du milieu, des habitats naturels et
des espèces. Certaines activités peuvent y être interdites.

Carte n°11 : Réserves


naturelles françaises

Le sol
Le sol est la couche superficielle, meuble, de la croûte terrestre, résultant de la
transformation de la roche mère, enrichie par des apports de matière organique.
Le sol est un milieu vivant, habitat naturel de bon nombre d’espèces du vivant,
et indispensable à la bonne régulation des équilibres naturels. (1000 ans pour
1 centimètre d’humus).
Caractéristique qualitative des sols
La qualité du sol résulte à la fois de l’occupation et du type d’activité.
Les activités humaines sont à l’origine de nombreuses contaminations
localisées ou diffuses au niveau des sols et sous-sols :

21
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

- Les activités industrielles, suite aux divers accidents, incidents


lors de l’exploitation des sites, les dépôts de déchets, les
transferts de pollution issus des rejets atmosphériques et aqueux
vers les sols, et enfin, le démantèlement des installations. On
peut noter l’exemple du pyralène14 dans le Rhône, Il y a plus 14
Le pyralène est un produit
de vingt ans, une usine de traitement15 des PCB, basée dans (PCB) utilisé comme isolant
dans les transformateurs
l’Ain, a par exemple rejeté ses effluents avec l’autorisation de la électriques. Produit
préfecture, et a ainsi pollué le fleuve jusqu’à son embouchure cancérigène il met plus
méditerranéenne, de 50 ans à se dégrader.
Le pyralène provoque des
- Les activités urbaines en lien avec les activités artisanales cancers, des retards de
et commerciales au même titre que les activités industrielles, croissance, des problèmes
les dépôts de déchets domestiques, les épandages de boues neurologiques... il se retrouve
dans les eaux des fleuves
d’épuration en zone agricole ou maraichère, les retombées où il a été rejeté par les
atmosphériques engendrées par la circulation des véhicules usines de retraitement des
motorisés et les incinérations de déchets, transformateurs.

- Les activités militaires, analogues à celles des industries ou des L’usine TREDI à Saint-
15

Vulbas (01)
villes (exploitation, stockage, transport de produits dangereux),
ou spécifiques à l’armement (munitions),
- Les activités agricoles suite à l’utilisation intensive de
produits fertilisants ou phytosanitaires, à l’épandage de
déchets ou de dérivés d’activités (boue de décantation des
stations d’épuration), ou certaines activités d’élevage (lisier).
L’eutrophisation (prolifération d’algues vertes) des cours d’eau
et estuaires bretons est un exemple de ces excès d’épandage de
nutriments azotés (issus des nitrates agricoles) et phosphorés
(issus des phosphates agricoles).

Graphique n°2 : Principaux


polluants des sols
métropolitains

De nombreux sites sont contaminés en France, par des substances


(graphique n°2) plus ou moins dangereuses, d’origine non naturelle.
Les principaux polluants sont les hydrocarbures, les solvants chlorés et
les métaux, ils préoccupent de plus en plus notre société. Carte n°12 : Artificialisation
du territoire métropolitain

22
23
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

Ils sont une source potentielle d’impact sur la santé humaine, les biens,
ou l’environnement et peuvent limiter l’usage et réduire la valeur des
biens fonciers.
Les sols non artificialisés (carte n°12) sont des espaces où la qualité
du sol est celle du milieu naturel. Ils se composent de :
- 37% de sols cultivés,
- 34% de sols boisés,
- 19% de surfaces toujours en herbe,
- 6% de landes, friches, maquis, garrigues,
- 4% autres.
La carte est réalisée à partir de photos satellites colorées en fonction
des activités présentes :
- rouge pour les territoires artificialisés (espaces anthropisés :
zones urbanisées, zones industrielles, espaces verts, mines,…),
- jaune pour les zones agricoles,
- vert pour les forêts et milieux semi-naturels,
- bleu foncé pour les zones humides,
- bleu clair pour les eaux de surface.
Les terres arables et les milieux naturels sont les premiers à pâtir de
l’artificialisation du territoire en Europe. Pour la France, ces dernières
données révèlent une couverture majoritaire de terres agricoles
(60%) et de forêts ou autres espaces semi-naturels (34%) situés
principalement dans les zones montagneuses et la région des Landes.
Les sols artificialisés occupent quant à eux un peu plus de 5% du
territoire alors que les zones humides et les surfaces en eau sont peu
représentées (respectivement 0,3% et 0,7%). Le Nord-Pas-de-Calais,
la Picardie, la Bretagne et les Pays de la Loire apparaissent à la fois
très agricoles et artificialisées, peu de surfaces étant disponibles pour
les forêts et les autres milieux naturels.
Comparées aux données de 2000, obtenues par la même méthode, les
évolutions se font majoritairement au profit des surfaces artificialisées
et aux dépens des terres arables et des prairies principalement aux
alentours des grandes villes et le long des réseaux de transport et des
vallées.
Impact de l’agriculture
Sur les 55 millions d’hectares que compte le territoire français
métropolitain (550 000 kilomètres carrés), un peu plus de 28 millions
d’hectares sont aujourd’hui occupés par des activités agricoles
(carte n°13).

24
Carte n°13 : Répartition
nationale des activités
agricoles

Le sol subit des dégradations souvent irréversibles dues à l’agriculture:


- Des dégradations chimiques des sols, comme une hausse
(salinisation), ou une baisse (acidification) du pH16 peuvent être 16
pH est un sigle signifiant
provoquées par une activité intensive, ayant pour conséquences potentiel hydrogène et qui
représente la mesure de
la stérilisation des sols, et donc l’extinction des espèces, une l’alcalinité en chimie
pollution de surface, un risque sanitaire pour l’homme (les
produits issus de cette terre peuvent être toxiques),
- Des dégradations physiques, regroupant l’imperméabilisation
des sols induisant une perte en fertilité et en vie organique,
la compaction des couches supérieures à cause du travail

25
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

trop intensif, et l’érosion qui constitue une perte de matière à


cause du ruissellement des eaux de surface et du vent. Les
conséquences de cette dégradation réduisent la superficie des
terres agricoles exploitables,
- Des dégradations biologiques, qui se caractérisent par la
présence de résidus de pesticides et par la perte de matière
organique, ce qui entraîne une réduction du nombre d’espèces,
une diminution du nombre d’individus au sein d’une même
espèce. Les dégradations biologiques accentuent les effets
chimiques et effets physiques vus précédemment.

Graphique n°3 : Evolution du


taux de matière organique du
sol avec les années de travail
du sols17.
17
Etude de l’IFEN 2006

Impact de la sylviculture
La sylviculture atteint la structure profonde de la forêt et provoque
l’extinction massive d’espèces animales pourtant protégées par la loi.
La forêt riche et variée fait place à un boisement banalisé et pauvre.
Un « Règlement National d’Exploitation Forestière » (RNEF) a été
publié. Il contient les prescriptions relatives à l’exploitation forestière
qui étaient antérieurement dispersées dans plusieurs documents18. Il 18
« clauses générales des
a pour objectif de diminuer l’impact environnemental de la sylviculture, ventes de bois sur pied »
et « clauses communes
et la régénération de la forêt. Il s’attache à ce que l’exploitation territoriales »
forestière respecte les biens et personnes, dans toutes les phases de
la mobilisation des bois.
Les six traitements sylvicoles incriminés sont :
- La coupe rase, qui vise à remplacer une forêt variée et
hétérogène par un peuplement homogène, d’une seule classe
d’âge et en général d’une seule essence,
- Le labour, qui fait suite à la coupe rase. Il déstructure les
horizons superficiels, détruit la strate herbacée et buissonnante.
En mettant la terre à nu, il provoque un lessivage. L’impact est
la destruction directe de la faune du sol et du stade larvaire de
nombreuses espèces,
- La substitution d’essence et la monoculture, qui consiste à
remplacer un peuplement naturel aux essences variées, par

26
un peuplement artificiel d’essences souvent exotiques qui a
pour effet direct l’élimination des espèces inféodées à la forêt
d’origine. L’effondrement de la biodiversité est massif car peu
d’espèces sont adaptées aux essences étrangères,
- Les traitements chimiques dont l’effet est une élimination plus
ou moins complète des insectes phytophages par destruction
des plantes nourricières indésirables qui font ombrage aux
précieux semis et qui leur disputent l’espace vital,
- La culture en tranche d’âge, ou l’abattage prématuré. Les vieux
arbres (abattus systématiquement) se trouvent normalement
répartis sur toute la forêt, tout comme les clairières, et leur
renouvellement continu permet le maintien des espèces. Ce
stade, qui est le plus riche devient inexistant car le forestier 19
Cycle de développement
anticipe la sylvigénèse19 en abattant les arbres avant la moitié de du bois.
leur espérance de vie. La forêt d’aujourd’hui est perpétuellement
immature,
- Les drainages, qui évacuent le surplus d’eau vers des collecteurs,
des canaux ou des mares faisant réservoirs. Le déplacement des
zones humides a bien entendu des répercussions sur le monde
aquatique qui devra migrer ou disparaître.
A chaque stade de son développement, la forêt est épurée et la
conjugaison des traitements associés transforme celle-ci en exploitation
agricole. Une forêt déstructurée, traitée chimiquement, perpétuellement
immature, sans vieux arbres, parcellisée par espèces et tranche d’âge
est incompatible avec le maintien d’une biodiversité.

Carte n°14 : Pondération


de la sylviculture nationale
et répartition des essences
dominantes

27
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

Depuis 1850, le territoire forestier national a presque doublé (environ


9 millions d’hectares en 1850, 15,5 millions en 2001) et depuis 1980
elle progresse de 70 000 ha/an. Chaque année, 80 millions d’arbres
sont plantés en France, soit 2,5 arbres par seconde. En 2008, la forêt
couvre près de 27 % du territoire, un tiers appartenant aux forêts
domaniales ou aux communales et deux tiers à des propriétaires privés.

Artificialisation des sols


Les espaces artificialisés se sont accrus d’environ 3% (+ 820 km²)
entre 2000 et 2006 et occupent plus de 5% du territoire métropolitain
en 200620. d’ après Corine Land
20

Cover, 2006
Ils englobent les zones urbanisées, industrielles ou commerciales, les
réseaux de communication, les mines, décharges et chantiers ainsi que
les espaces verts urbains.
Leur accroissement global entre 2000 et 2006 s’est fait à 90% aux
dépens de terres agricoles (745 km²).
L’artificialisation des sols (illustration n°3) est irréversible. Elle est
à l’origine de l’imperméabilisation de la surface des sols, elle a de
nombreuses conséquences environnementales. Cette artificialisation
favorise le ruissellement de l’eau le long des pentes au détriment de
son infiltration, l’érosion des sols, les coulées d’eau boueuse, et accroît
le risque d’inondation. La concentration du ruissellement intensifie le
transfert de sédiments chargés de contaminants des sols vers les cours
d’eau (engrais, hydrocarbures, métaux lourds, produits phytosanitaires).
L’artificialisation des sols peut aussi provoquer un déstockage de
carbone rapide et conséquent, qui contribue au changement climatique
lorsque le sol n’est pas très vite couvert (végétation, revêtement).
Enfin, elle fragmente les habitats naturels, les écosystèmes et les
paysages, affectant la biodiversité.

Illustration n°3 : Impacts de


l’artificialisation des sols21.
Source : SOeS-Gis Sol,
21

2010

28
Caractéristique mécanique des sols
Mouvements de terrain
En France chaque année l’ensemble des dommages occasionnés
par des mouvements de terrain d’importance et de type très divers
(glissements de terrain, éboulements, effondrements, coulées de
boue...), ont des conséquences humaines et socio-économiques
considérables.
Le risque « mouvement de terrains » est généralement plus grand en
montagne ou sur des reliefs accentués qu’en plaine, sauf si certaines
conditions géologiques sont réunies localement.
Parmi les mouvements de terrain, certains sont qualifiés de « lents », ils
sont le plus souvent continus dans le temps, on distingue :
- Les affaissements, qui sont généralement consécutifs à
l’effondrement de vides naturels (dissolution des roches
solubles), à celui des mines ou des carrières souterraines. Ces
effondrements sont souvent amortis par le comportement des
couches superficielles dont la souplesse leur permet de se
déformer lentement,
- Les tassements qui sont généralement dus à la diminution
du volume du sous-sol sous l’effet de charges appliquées au
niveau du sol. Le plus souvent, la diminution de volume est
liée à l’abaissement du niveau des aquifères (surexploitation).
Ces tassements affectent surtout des terrains vaseux, argileux
ou tourbeux, s’appuyant sur des couches aquifères22 (sables, 22
Réservoir d’eau souterraine
graviers, alluvions, colluvions, etc.),
- Les glissements de terrain qui correspondent aux déplacements
des matériaux par gravité sur des versants. Ils peuvent affecter
seulement les couches les plus superficielles (solifluxion23), ou 23
Phénomène de
au contraire être très profonds. Le déplacement reste plus ou liquéfaction des roches
meubles
moins lent (quelques millimètres à quelques décimètres par an),
mais peuvent aussi s’accélérer, voire aller jusqu’à la rupture,
Les mouvements peuvent aussi être brutaux, parmi eux, on distingue :
- Les effondrements qui résultent de la rupture brutale du toit
des cavités souterraines naturelles ou artificielles. Le plus
souvent, en surface, ils présentent une ouverture plus ou moins
cylindrique, appelée fontis,
- Les écoulements ou chute de blocs qui affectent les fronts des
carrières ou des falaises et vont de la simple chute de pierres
à l’éboulement catastrophique. Dans ce cas, les volumes mis
en jeu sont énormes et se comptent en millions de mètres
cubes. Leur vitesse de déplacement peut être supérieure à
cent kilomètres à l’heure et les matériaux peuvent s’étaler sur
d’importantes surfaces,

29
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

- Les coulées boueuses et torrentielles qui peuvent être classées


parmi les mouvements de terrains car elles charrient une quantité
non négligeable de matériaux,
- Les avalanches de sérac qui concernent la chute de blocs de
glace qui se détachent du front des glaciers quand ceux-ci, dans
leur déplacement, atteignent des surplombs,
- Les séismes dus aux divers mouvements tectoniques24. 24
Mouvements générés par
les déplacements relatifs de
la croûte terrestre

Carte n°15 : Sismicité


historique en France

La sismicité ne se répartit pas de manière uniforme sur le territoire


métropolitain. Afin de prendre des dispositions adaptées en fonction
du degré d’exposition de chaque commune, le législateur s’appuie
sur une cartographie de l’aléa sismique réalisée à l’échelle nationale
(zonage sismique).
Le précédent zonage sismique datait de 1991 et reposait sur
une évaluation déterministe de l’aléa établie en se fondant sur
des connaissances scientifiques antérieures à 1984. Cette carte
était essentiellement basée sur l’analyse de la sismicité connue
historiquement. Les progrès scientifiques en matière d’évaluation de
l’aléa sismique25 (données et méthodes), ainsi que l’évolution des 25
Estimation du mouvement
normes de construction parasismique à l’échelle européenne, ont sismique susceptible d’être
atteint ou dépassé en
rendu nécessaire la révision de ce zonage afin d’harmoniser les normes
fonction de la probabilité
avec les autres pays européens. fixée, typiquement 10 %
sur une période de temps
de 50 ans pour le bâti
conventionnel

30
Depuis le 1er mai 2011, un nouveau zonage est entré en vigueur
pour le bâti dit conventionnel. Cette nouvelle cartographie des zones
en fonction de leur degré d’exposition repose sur une évaluation
probabiliste de l’aléa sismique . Ce type d’approche permet de prendre
en compte une très large gamme de scénarios sismiques pondérés en
fonction de leur probabilité d’occurrence.
Ce zonage découpe le territoire français en 5 zones de sismicité (très
faible, faible, modérée, moyenne, forte). Environ 21 000 communes
sont concernées, au lieu de 5 000 précédemment.

Carte n°16 : Carte d’aléa


Retrait-gonflement sismique métropolitain

De nombreuses régions sont concernées par le « retrait-gonflement »


des argiles qui constituent leurs sous-sols. Ce phénomène (illustration
n°4) est directement lié aux aléas climatiques.
Ce type de couche géologique a tendance à réagir avec la température
ambiante et nécessite une attention particulière lors des phases de
dimensionnement des fondations des ouvrages de tous type (bâtiments,
réseaux enterrés, voiries, ouvrages d’art).

31
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

Illustration n°4 : Effets du


retrait-gonflement des argiles

Depuis la vague de sécheresse des années 1989-91, le phénomène de


retrait-gonflement a été intégré au régime des catastrophes naturelles
mis en place par la loi du 13 juillet 1982. En l’espace de 20 ans, ce
risque naturel est devenu en France la deuxième cause d’indemnisation
derrière les inondations, et le montant total des remboursements
effectués à ce titre depuis 1989 correspondent à plusieurs centaines
de milliers de maisons sinistrées sur l’ensemble de la France
(carte n°7).

Carte n°17 : Localisation


des arrêtés de catastrophe
naturelle, consécutifs à la
sécheresse et la réhydratation
des sols

Afin d’identifier au mieux les secteurs concernés et de cibler les


mesures de prévention et d’information, le ministère en charge de
l’Ecologie a chargé le BRGM26 de réaliser et diffuser des cartes de cet Bureau de Recherches
26

aléa (carte n°18). Géologiques et Minières

32
Carte n°18 : Cartographie
nationale de l’aléa de retrait-
gonflement des argiles

L’eau
La qualité des eaux concerne à la fois les eaux superficielles (cours d’eaux) et
les eaux souterraines (nappes phréatiques).
Eaux superficielles
L’eau est une ressource abondante mais non illimitée et fragile car
soumise à une utilisation et à une pollution croissante, du fait de la
progression démographique, de la pression économique et des effets
du changement climatique.
Les cours d’eaux subissent plusieurs pressions tant anthropiques telles
que demande énergétique croissante et la pollution, que naturelles
comme les évènements climatiques de grande ampleur, souvent
interdépendantes.
Demande énergétique
L’ONU a fait le constat27 suivant : la croissance économique et 27
Rapport 2014 sur la « mise
démographique des pays devrait entraîner une hausse des besoins en valeur des ressources en
eau »
d’ici les prochaines années. Ce qui risque de peser fortement sur les
réserves en eau. L’eau est plus que jamais « l’or bleu » du XXIème siècle.
Cette organisation en appelle à une meilleure gestion des ressources.
Tout usage de l’eau se traduit d’abord par un “prélèvement”.

33
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

Une partie de l’eau prélevée est restituée plus tard au milieu naturel.
Une autre partie n’est pas restituée, c’est la “consommation”.
Il est intéressant de savoir que les volumes prélevés sont bien plus
importants que les volumes consommés.

Graphique n°4 : Moyenne


nationale des prélèvements
d’eau28
28
Source : Agences de l’eau
/ SOeS - 2010 (données
2007)

Pour ses divers besoins, l’homme prélève une quantité d’eau destinée à
différentes utilisations: eau à usage domestique, eau à usage industriel,
eau à usage agricole.
Pour les besoins domestiques, on prélève en France 5,8 milliards
de mètre cubes. La demande en eau potable est quantitativement
concentrée dans les zones urbaines, notamment à cause des usages
collectifs (écoles, hôpitaux, espaces verts...) et connaît son maximum
en période estivale. Chaque Français consomme aujourd’hui près de
150 litres d’eau par jour, soit trois fois plus qu’il y a trente ans. Les
besoins en eau domestique se sont développés avec le niveau de
vie. Mais aujourd’hui cette consommation s’est stabilisée grâce à des
équipements sanitaires et électroménagers plus économes.
Les besoins en eau de l’industrie française restent stables grâce aux
techniques de recyclage et de réutilisation de l’eau. Ils sont de l’ordre
de 310 millions de mètres cubes par an (hors centrales de production
électrique).
Pour la production d’énergie, 18,8 milliards de mètres cubes sont
prélevés chaque année en France (soit 59% de la totalité des
prélèvements annuels). Toutefois, les volumes utilisés pour ce secteur
d’activité sont rejetés dans leur quasi-totalité.
Pour l’irrigation, la consommation varie selon les années, en fonction
des conditions météorologiques et du type de culture. En France,
l’irrigation représente 48% du volume annuel consommé tous usages
confondus, avec une pointe à 79% pendant la période dite d’étiage29, 29
Période d’Avril à Novembre
quand il y a le moins d’eau dans les rivières.
Actuellement, le parc hydroélectrique français est en grande
partie contrôlé par EDF et GDF Suez (via deux filiales : la Société

34
hydroélectrique du Midi et la Compagnie nationale du Rhône), les deux
entreprises gèrent respectivement 87% et 12% des installations en
exploitation.

Graphique n°5 :
Moyenne nationale de la
consommation en eau30
30
Source : Ministère chargé
du développement durable
- 2011

La puissance installée est de 24 000 MW31 dont 12 000 MW de MW : Megawatt = 106


31

puissance de pointe (mobilisable en quelques minutes et indispensable Watt


à la sécurité du système électrique (la puissance électrique totale
installée est de 100 000 MW). La France compte aussi un peu plus de
2 000 centrales au fil de l’eau, pour 2 000 MW installés, et 7 TWh32 32
TWh : Terawatt-heure
produits en moyenne annuelle. = 1012Wh. Le watt-heure
(Wh) est l’unité de mesure
Autrement dit, il existe 2 250 centrales hydroélectriques en France, d’énergie correspondant à la
de tailles et de puissances très diverses, qui sont réparties sur tout quantité produite en 1 heure
par une machine d’1 watt.
le territoire. Ce parc, soit 20% des capacités électriques françaises,
assure aujourd’hui 13% de la production électrique nationale.
La répartition de ces installations hydroélectriques sur l’ensemble
du territoire et la petite puissance de chaque turbine permettent une
production d’électricité souple et proche des lieux de consommation.
Cependant, les impacts environnementaux peuvent être très importants,
surtout lors de la mise en place de structures hydroélectriques, comme
la fragmentation écologique (quand le barrage est un frein ou un blocage
à la migration d’espèces aquatiques), les modifications hydrauliques
du cours d’eau, et la modification des structures écologiques et la
facilitation des « invasions biologiques ».
L’utilisation de l’eau comme ressource énergétique est aussi une
manière de gérer la ressource sur un territoire. L’installation de
centrales hydrauliques peut être accompagnée d’un réseau d’irrigation.
Néanmoins, le partage des usages de l’eau avec d’autres activités
économiques telles que l’agriculture ou les loisirs nautiques est à
prendre en compte dans sa mise en œuvre.
L’eau est aussi utilisée comme catalyseur (réfrigérant) dans les
centrales thermiques et nucléaires (illustration n°5), qui sont à l’origine

35
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

de rejets « thermiques » dans les cours d’eau ou dans la mer, soit de


manière directe pour les centrales fonctionnant en circuit dit “ouvert”,
soit après refroidissement par passage dans des aéroréfrigérants
permettant une évacuation partielle des calories dans l’atmosphère.
Les rejets thermiques des centrales conduisent à une élévation de la
température entre l’amont et l’aval du rejet de quelques dixièmes de
degrés à plusieurs degrés.

Illustration n°5 : Catalyseurs


de centrale thermique et
nucléaire

Pesticides
Un pesticide est une substance chimique utilisée pour lutter contre des
organismes considérés comme nuisibles. C’est un terme générique
qui rassemble les insecticides, les fongicides, les herbicides, les
parasiticides. Ils s’attaquent respectivement aux insectes ravageurs,
aux champignons, aux « mauvaises herbes » et aux vers parasites.

36
Le terme pesticide comprend non seulement les substances «
phytosanitaires » ou « phytopharmaceutiques » utilisées en agriculture,
sylviculture et horticulture, mais aussi les produits zoo-sanitaires,
les produits de traitements conservateurs des bois, et de nombreux
produits à usage domestique (shampoing anti-poux, boules antimites,
poudres anti-fourmis, bombes insecticides contre les mouches, mites
ou moustiques, colliers antipuces,…).
L’indicateur pour les cours d’eau est la moyenne annuelle des
concentrations totales en pesticides par secteur hydrographique33 . 33
Les secteurs
La France compte 187 secteurs hydrographiques métropolitains. Au- hydrographiques :
découpage géographique
delà du seuil de 5 µg/l34, l’eau est réglementairement impropre à la «
par bassins versants des
fabrication » d’eau et est impropre à la consommation humaine. 93% rivières.
des cours d’eau français sont contaminés avec des pesticides, et on 34
µg/l= micro gramme par
ne parle pas des restes médicamenteux, ni de la pollution générale et/ litres (10-6gramme/l)
ou industrielle, ni des radiations diverses et variées…
La contamination des cours d’eau est essentiellement due aux
herbicides. Les zones les plus touchées sont les grandes régions
céréalières, maraîchères ou viticoles.
Pour le Commissariat général au Développement durable, la
contamination par les pesticides est « quasi généralisée ». Dans 35%
des cas, l’eau est même jugée « impropre à la consommation humaine ».

Carte n°19 : Concentration


moyenne en pesticides dans
les cours d’eau

37
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

En 2011, sur les 176 secteurs hydrographiques surveillés en France


métropolitaine (carte n°19), 63 présentaient une concentration
moyenne annuelle supérieure au seuil au-delà duquel l’eau est jugée
« impropre à la consommation humaine ». Pour certains secteurs, plus
de 20 pesticides différents aux effets perturbateurs endocriniens35, ont 35
Avérés depuis les années
été décelés sur 18% des points de mesure. 70

Engrais
Les engrais, sont des substances organiques ou minérales. Souvent
utilisées en mélanges, ils sont destinés à apporter aux plantes des
compléments d’éléments nutritifs, pour en améliorer leur croissance, et
augmenter le rendement et la qualité des cultures. Ils sont utilisés sur la
plupart des variétés de plantes.
Les engrais font partie des produits fertilisants. La fertilisation se
pratique en agriculture, horticulture, sylviculture et lors des activités de
jardinage.
L’utilisation des engrais entraîne deux types de conséquences qui
peuvent comporter des risques sanitaires (atteinte à la santé de l’homme)
ou des risques environnementaux (dégâts sur les écosystèmes).
- Le risque sanitaire le plus connu est celui relatif à la consommation
d’eau riche en nitrate, résultant de la fertilisation azotée.
- Le risque environnemental le plus cité est celui de la pollution
de l’eau potable ou de l’eutrophisation36 des eaux, lorsque les 36
Diminution de l’oxygène
engrais, organiques ou minéraux, répandus en trop grande
quantité par rapport aux besoins des plantes et à la capacité
de rétention des sols, qui dépend notamment de sa texture,
sont entrainés vers les cours d’eau par ruissellement, (c’est
notamment le cas dans la vallée du Couesnon et de la baie du
Mont St Michel, fréquemment envahie par des algues vertes).
Les macropolluants, regroupent les matières en suspension, les matières
organiques et les nutriments, comme l’azote (N) et le phosphore (P).
Ils peuvent être présents naturellement dans l’eau. Toutefois, l’activité
humaine en accroît les teneurs par ses rejets d’eaux usées, industrielles
ou domestiques, ou par ses pratiques agricoles.
A la différence des micropolluants (pesticides, produits chimiques,
métaux) qui sont toxiques à très faibles doses, les macropolluants
perturbent les milieux aquatiques ou présentent des risques pour la
santé humaine à des concentrations plus élevées. C’est le cas des
nitrates pour lesquels des normes sanitaires ont été établies pour l’eau
potable.
L’azote et le phosphore sont plus souvent présents dans les milieux
aquatiques sous forme de nitrates (NO3-) et de phosphates (PO43).
Leurs teneurs en excès dans les eaux superficielles peuvent provoquer
une prolifération végétale, phénomène dit d’eutrophisation, qui, en
appauvrissant le milieu en oxygène, asphyxie la faune piscicole.
Retrouvés à de fortes concentrations dans tous les milieux aquatiques,

38
les nitrates sont devenus les plus emblématiques des macropolluants.
Ils proviennent essentiellement des activités agricoles, alors que
l’origine des phosphates est plus partagée entre agriculture, rejets
domestiques et industrie.
La qualité physico-chimique des cours d’eau est une condition de
la préservation de la biodiversité aquatique. Quatre paramètres sont
emblématiques de l’état physico-chimique des cours d’eau :
- Les nitrates provenant principalement de l’utilisation d’engrais
pour l’agriculture et des déjections d’élevages,
- Les ortho-phosphates (forme la plus répandue des phosphates
dans les eaux), provenant des eaux usées ou d’engrais,
intervenant avec les nitrates dans les processus d’eutrophisation,
- La demande biochimique en oxygène (DBO), indicateur de la
présence des matières organiques dans l’eau,
- L’ammonium (ou azote ammoniacal), peu présent dans
les eaux naturelles, il est un indicateur de performance des
stations d’épuration.
Eaux souterraines
On estime en France le stock d’eaux souterraines potentiellement
exploitables (ce qui exclut les eaux salées ou trop profondes) à 2 000
milliards de mètres cubes (m3), dont en moyenne 10% se renouvellent
annuellement, à comparer au cumul des pluies annuelles moyennes
qui est de 440 milliards de mètres cubes, dont 270 repartent vers
l’atmosphère par évapotranspiration, ou au débit total annuel des cours
d’eau, qui est d’environ 170 milliards de mètres cubes.
Exploitation
Il est bien sûr possible d’exploiter cette ressource en puisant l’eau
directement dans les nappes. Mais si l’on veut conserver l’aptitude de
ces eaux à réguler les flux, il faut prêter attention à ne pas prélever
plus d’eau que l’écoulement naturel ne peut en offrir. Il n’est donc pas
recommandé de puiser dans une nappe sans en connaître au préalable
le comportement, si l’on ne veut pas risquer un épuisement irréversible.
Certaines nappes ne sont plus du tout approvisionnées en eau
aujourd’hui : leur exploitation, comme celle de n’importe quel gisement
fossile (pétrole, charbon, gaz,…), ne peut donc que conduire à leur
assèchement progressif.
C’est le cas par exemple des nappes profondes et captives de certains
bassins sédimentaires qui ne sont quasiment plus en relation avec le
réseau hydrologique superficiel et que les eaux de pluie ne peuvent
atteindre.
Pesticides
L’indicateur est la moyenne annuelle des concentrations totales en
pesticides par aquifère37 (formation géologique contenant une nappe). 37
Formation géologique
contenant une nappe

39
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

Les entités hydrogéologiques correspondent à un ensemble d’aquifères


regroupés par lithologie38, et grand type de fonctionnement. Le territoire 38
Type de formation
métropolitain compte 176 entités hydrogéologiques. géologique

Carte n°20 : Concentration


moyenne en pesticides dans
les eaux souterraines

De façon générale, les eaux souterraines semblent moins contaminées


par les pesticides que les cours d’eau. En 2011, seules 4 des 176
entités hydrogéologiques métropolitaines présentent une concentration
totale en pesticides qui dépasse la norme (0,1 µg/l) fixée par la DCE39. 39
DCE : Directive Commune
Européenne
- 29% des nappes françaises ont des concentrations totales en
pesticides qui atteignent ou dépassent la norme,
- 38% montrent une contamination faible, avec des concentrations
inférieures à la norme,
- 22% des nappes sont sans pesticide détecté,
- 12% des nappes n’ont pas fait l’objet de mesure en 2011.
Étant donné les temps de transfert vers les nappes et la lenteur
de leurs écoulements, les molécules de dégradation des
pesticides (métabolites), qui ne sont pas toutes connues, y sont
plus largement retrouvées que les molécules mères.

40
Impact sur les aquifères
Les impacts des pressions quantitatives sur les milieux aquatiques,
(dus aux effets directs des prélèvements d’eau ou aux effets indirects
des aménagements passés), sont innombrables.
Ils concernent aussi bien les aspects quantitatifs que qualitatifs de la
ressource en eau, et aussi bien la biodiversité des milieux aquatiques
que terrestres, car presque tous les compartiments aquatiques sont
reliés entre eux.
Non seulement les eaux prélevées sont restituées dans un état qualitatif
systématiquement dégradé après usage. Et cela vaut pour tous les
secteurs qui prélèvent de l’eau : production d’eau potable, production
d’électricité, irrigation et industries manufacturières.
Mais aussi les eaux prélevées ne sont pas restituées dans le
compartiment fonctionnel où elles sont prélevées, sauf pour le secteur
de la production d’électricité. Les données disponibles ne permettent
pas d’évaluer les impacts quantitatifs potentiels, parce qu’elles ne
sont pas exhaustives, parce qu’elles sont trop globales, et qu’elles ne
donnent aucun détail sur la nature des compartiments dans lesquels
les prélèvements sont effectués.

Illustration n°6 :
Schématisation des
quantités prélevées
non remises dans leur
compartiment d’origine

En supposant qu’il n’y ait pas de prélèvements pour l’irrigation en


eau souterraines dans des nappes profondes (peu renouvelables), il
reste donc un volume d’environ 5000 millions de m3, soit 80% des
eaux souterraines exploitées, dont on ne connaît pas la part exploitée
dans la ressource souterraine renouvelable, ni la part exploitée dans la
ressource souterraine (peu ou pas renouvelable).

41
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

Illustration n°6 :
Schématisation des
quantités prélevées
non remises dans leur
compartiment d’origine

Les prélèvements destinés au refroidissement des centrales élec-


triques ont lieu presque totalement dans les eaux de surface. Les
prélèvements pour la production d’eau potable s’adressent en majorité
aux eaux souterraines, à l’inverse les prélèvements pour l’agriculture
s’adressent en majorité aux eaux de surface.
Ces chiffres globaux ne tiennent pas en considération les variations
géographiques et saisonnières particulièrement marquées et connues
pour le secteur agricole, mais représentent l’ensemble des secteurs.

L’air
La qualité de l’air est un indicateur significatif, c’est en 1980, que L’AQA40 40
Agence de la Qualité de
commence à jouer un rôle d’expert technique auprès des industriels, des l’Air
élus ainsi qu’auprès du Ministère de l’Environnement qu’elle a assisté dans
la préparation des réglementations, dans les travaux de normalisation et dans
les relations internationales.
L’agence a également coordonné l’action technique des réseaux de
surveillance de la qualité de l’air et développé une banque de données sur la
qualité de l’air. En 1991, la fusion de plusieurs administrations, dont l’AQA, a
donné naissance à l’ADEME41. 41
l’Agence de
l’environnement et de la
L’exposition à la pollution atmosphérique concerne l’ensemble de la population. maîtrise de l’énergie

La qualité de l’air s’appuie sur des indicateurs chimiques tels que les émissions
de gaz à effet de serre ou GES (dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4),
protoxyde d’azote (N2O) et de gaz fluorés42).
42
Gaz inexistant à l’état
naturel
L’effet de serre est un phénomène naturel qui permet la vie sur Terre. Les
activités humaines émettent des GES supplémentaires qui s’accumulent

42
Carte n°21 : Répartition
départementale des courants
éoliens dominant

dans l’atmosphère et retiennent davantage de chaleur qu’à l’état naturel. Ce


phénomène est responsable de « l’effet de serre additionnel43 ». 43
L’effet de serre additionnel
provoque un réchauffement
La qualité de l’air urbaine est déterminée par des indices (ATMO et IQA accru de l’atmosphère et
selon la taille de l’agglomération) qui permettent de synthétiser, par le calcul, dérègle nos climats
différentes données en tenant compte des niveaux de dioxyde de soufre
(SO2), de dioxyde d’azote (NO2), d’ ozone (O3), et de particules fines (PM10 et
PM2,544), en une valeur simple. Fines particules portées
44

par l’air dont le diamètre


La qualité de l’air a changé au cours des dernières décennies, l’urbanisation est inférieur à 10 et 2,5
et la croissance du trafic lié aux transports domestiques provoquent des micromètres,
expositions locales parfois très élevées.

Dispersion des polluants


La dispersion et le transport des polluants dans l’air dépendent de
l’état de l’atmosphère et des conditions météorologiques et peuvent
être décomposés en quatre phases successives :
- Phase 1 : L’ascension :
Les effluents gazeux possèdent souvent une température
nettement supérieure à la température ambiante. Cette énergie
thermique entraîne une surélévation variable du panache45. Il se 45
Panache : forme
refroidit par détente, sa densité se rapproche ainsi peu à peu caractéristique d’un nuage
d’émission issu d’une source

43
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

de celle de l’air ambiant et sa vitesse d’ascension diminue. À


une certaine altitude nommée « surhauteur », il va s’infléchir et,
entraîné par le vent, tendre vers l’horizontale.
- Phase 2 : La dispersion locale :
Le panache acquiert une densité sensiblement égale à celle de
l’air ambiant : devenu horizontal, il n’a plus de mouvement propre
et sa diffusion dépend des conditions météorologiques et de la
turbulence atmosphérique.
- Phase 3 : la diffusion à l’échelle régionale :
La diffusion du panache à l’échelle régionale concerne des
distances de l’ordre de 20 à 400 kilomètres en aval de la
source. Progressivement, les polluants tendent à se répartir
uniformément à l’intérieur d’un volume d’atmosphère appelé
couche de mélange qui s’étend du sol jusqu’à 1 ou 2 km
d’altitude. Le panache perd alors ses paramètres d’émission.
Dans cette couche les polluants peuvent en outre subir des
transformations chimiques plus ou moins complexes.
- Phase 4 : Le transport sur de longues distances :
Les polluants se déplacent alors sur de longues distances, à
plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres des
points d’émission.
Au cours des dernières phases, le temps de séjour des polluants
varie en fonction de divers mécanismes météorologiques, de la
géographie des lieux.
Certains polluants dont la durée de vie est élevée peuvent
également être transportés à plus haute altitude, jusque dans la
stratosphère.
Pour les polluants de type aérosols, la dispersion dépend
également de leur taille. Les particules peuvent être transportées
sur des distances plus ou moins grandes avant d’être déposées
au sol ; les plus fines d’entre elles ont la capacité de rester
longtemps dans l’atmosphère.
Turbulence
L’atmosphère est constamment animée de mouvements qui se
traduisent par des variations plus ou moins rapides de la vitesse et de
la direction du vent. Ces mouvements ont plusieurs origines comme la
convection thermique, ou la présence de reliefs.
Vent
Il existe une relation évidente entre la vitesse du vent et les niveaux de
concentrations de polluants.
Les mouvements à petite échelle brassent les masses d’air et permettent
la dilution des polluants. Les mouvements à plus grande échelle vont en
assurer le transport. Plus la turbulence est importante, meilleure est la
dispersion atmosphérique.
44
Les situations dépressionnaires46 correspondent généralement à une 46
Régime de basse pression
turbulence de l’air assez forte et à de bonnes conditions de dispersion. atmosphérique
En revanche, des situations anticycloniques47 favorisent les situations 47
Régime de haute pression
de pollution. atmosphérique

À la surface de la Terre, les différents obstacles ralentissent la vitesse


du vent. L’épaisseur de cette « couche de frottement » varie de 500 à
1000 mètres. La vitesse du vent augmente donc avec l’altitude.
D’autre part, le « profil »48 de vitesse du vent ou ensemble des vitesses Ensemble des vitesses
48

moyennes est différent le jour ou la nuit : moyennes des vents

- le jour, les courants de convection thermique ramènent


rapidement au sol l’air qui se déplace en altitude, renforçant
ainsi les vents de surface,
- la nuit, la convection thermique plus faible accentue les vents
d’altitude.
Le vent a une grande importance dans la diffusion des polluants
atmosphériques. Ainsi, avec un vent de force moyenne et de mauvaises
conditions de rejet des effluents (cheminée trop basse, vitesse
d’éjection des gaz insuffisante, etc.), il peut se produire un phénomène
de retombée en panache vers le sol.
Convection thermique
L’ensoleillement provoque un réchauffement des sols et des surfaces.
Ceci entraîne des phénomènes de convection qui sont à l’origine de
mouvements verticaux et horizontaux de l’atmosphère.
En montant dans l’atmosphère, une particule de polluant se dilate et se
refroidit car elle est soumise à des pressions de plus en plus faibles.
Inversement en descendant, elle s’échauffe car elle est soumise à des
pressions croissantes qui la compriment. Il en résulte que l’ascension
d’un volume d’effluent dépend de la différence entre sa température, et
celle des couches d’air qu’il traverse.
L’ensoleillement agit également sur la chimie des polluants : l’énergie
solaire (notamment les ultra-violets) peut ‘”casser” certaines molécules
dans l’air, favorisant la formation de GES.
Polluants
Une pollution atmosphérique49 est l’introduction par l’homme, 49
Selon la loi sur l’air et
directement ou indirectement, dans l’atmosphère de substances ayant l’utilisation rationnelle de
l’énergie du 30 décembre
des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé 1996
humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à
influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels,
à provoquer des nuisances olfactives excessives.
L’air ambiant peut contenir plusieurs centaines de composés présents à
des concentrations très faibles, ou à l’état de traces, mais dont certains
sont nocifs pour la santé ou l’environnement.

45
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysiques

Ils apparaissent dans l’air sur un territoire donné soit par émission
directe d’activité fixe ou mobile soit par déplacement dans une masse
d’air, voire par la transformation de précurseurs sous l’effet de certaines
Illustration n°7 : Transfert de
conditions atmosphériques.
polluants vers l’atmosphère

Il convient donc de distinguer la notion d’ « émission »50 de la notion 50


Quantité de polluant émise
d’ « immission »51. sur un territoire
51
Concentration de polluant
L’émission ne permet pas de caractériser à elle seule l’exposition d’un dans l’atmosphère résultant
territoire et la qualité de l’air respiré par les populations séjournant sur d’une émission transportée et
ce territoire. transformée

13 polluants de référence sont actuellement règlementés et usuellement


suivis :
- Le dioxyde de soufre (SO2), issu de la combustion de matières
fossiles contenant du soufre (charbon, fuel, gazole, …) et de
certains procédés industriels,
- Le dioxyde d’azote (NO2), issu du trafic routier et d’installations
de combustion,
- Les particules fines en suspension, issues du trafic routier et
d’installations de combustion. Celles qui sont inhalables52 (PM10) 52
Pouvant être aspirées
dont la taille est inférieure à 10 µm et celle dites alvéolaires53 par le nez et stoppées par
les muqueuses des voies
(PM2,5) dont la taille est inférieure à 2,5µm, respiratoires
- L’ozone (O3), polluant secondaire transformé sous l’action 53
Particules pouvant se
des UV54, à partir des oxydes d’azote (NOx) et des Composés loger dans les alvéoles
Organiques Volatils (COV), pulmonaires.
54
Ultra-Violet : gamme de
- Le monoxyde de carbone (CO), issu de la combustion rayon solaire
incomplète des combustibles et carburants fossiles dues aux
mauvais réglages des systèmes,

46
- Les composés organiques volatils (COV) et notamment
le benzène (C6H6), issus du trafic routier et des industries
chimiques et pétrochimiques,
- Les métaux lourds, comme le plomb (Pb), l’arsenic (As) et le
Cadmium (Cd) issu de l’industrie manufacturière (métallurgie
des métaux ferreux, minéraux non métalliques, matériaux de
construction, sidérurgie), le nickel (Ni) issu de la chimie, de la
production d’électricité, ou du raffinage pétrolier, le mercure
(Hg), issu de l’incinération des déchets, de la chimie et de la
production d’électricité,

Carte n°22 : Principaux sites


d’émission de polluant (hors
nucléaire)

- Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), issus de


combustions incomplètes (incinération de déchets, métallurgie),
par ailleurs, les sources diffuses (incinération de fonds de jardin,
combustions résidentielles, feux de forêts, feux de décharges,
incendies de bâtiments), très difficiles à évaluer tendent à
être considérés comme des sources majeures d’émission de
polluants.
A ces polluants majeurs, s’ajoutent les différents pesticides (POP) et
engrais (PCB) vaporisés par l’agriculture, et la radioactivité (radon)
naturelle et artificielle.

47
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysique

Les risques naturels et technologiques


Risques naturels
Zones inondables
En France, en 2011, 18,5 millions d’habitants sont exposés au risque
d’inondation :
- 16,8 millions de résidents métropolitains permanents exposés
aux différentes conséquences des inondations par débordement
de cours d’eau,
- 1,4 million d’habitants exposés au risque de submersion marine.
Les impacts du changement climatique ne seront répartis ni
uniformément, ni équitablement à l’échelle du territoire.
S’agissant des risques naturels, le changement climatique se traduira
principalement par une pression généralisée sur les côtes basses, par
érosion des côtes ou submersion du littoral, en raison de l’augmentation
attendue du niveau de la mer. D’un point de vue géographique,
certaines régions côtières pourraient donc se trouver très affectées
par les changements projetés.

Carte n°23 : Aléa de


submersion marine

Erosion hydrique
En France, un décret d’application55 prévoit depuis 2005 des mesures 55
Décret n°2005-117
de lutte contre l’érosion des sols et la nécessité de réaliser un zonage
des risques d’érosion.
Des facteurs défavorables ont joué en France : lors du remembrement
des années 60, les haies, talus et fossés ont été supprimés pour

48
agrandir les parcelles. Les cultures de printemps (tournesol, maïs,
betterave) qui laissent la terre nue en hiver, et encore peu couverte lors
des orages printaniers, ont augmenté en surface.

Carte n°24 : Carte des aléas


érosifs56
56
Source : GISS 2011

En 2011, le GISS (Groupement d’Intérêt Scientifique Sol), regroupant


les ministères en charge de l’agriculture et de l’environnement (l’INRA,
l’IFEN et l’ADEME), publie le premier bilan exhaustif de l’état des sols
en France.
En France métropolitaine près de 18% des sols présentent un risque
d’érosion (hydrique essentiellement) moyen à fort. Le rapport souligne
qu’il existe plusieurs stratégies pour gérer ces risques d’érosion.

Risques technologiques
Industrie
Le potentiel industriel émetteur concerne l’industrialisation ayant un
impact significatif sur l’environnement.
Le ministère de l’écologie a publié un panorama actualisé des sites
pollués par des activités industrielles recensées dans sa base de
données BASOL.

49
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysique

Carte n°25 : Sites industriels


émetteurs métropolitains

La France compte aujourd’hui 4 142 sites industriels (carte n°25) dont le


sous-sol se trouve pollué par des métaux lourds ou des hydrocarbures.
Ils présentent un risque pour la santé ou l’environnement et nécessitent
une action des pouvoirs publics.
Sans surprise, la grande majorité de ces sites se trouvent dans les
anciennes régions minières ou les régions les plus urbanisées
comme l’Île-de-France, le Nord-Pas-de-Calais ou Rhône-Alpes. La
pollution peut provenir des rejets dans les panaches des cheminées
d’usine, d’accident de manutention ou d’un mauvais confinement de
produits toxiques.
Globalement, près de 63% de l’ensemble des 4 142 sites répertoriés
ont été dépollués. La grande majorité (54,5%) reste cependant sous
surveillance ou se voit imposer des restrictions d’usage.

50
Graphique n°7 : Nombre
de sites pollués en France
recensés en 2012

Dans 11% des cas, des travaux de nettoyage sont encore en cours,
quand 21% en sont encore au stade de l’évaluation. Enfin, un peu plus
de 8% ont été entièrement banalisés.
Une fois revenus à la « normale », les sites nettoyés sont supprimés
de l’inventaire BASOL et rejoignent une autre banque de données du
ministère de l’écologie qui garde en mémoire57 l’ensemble des endroits 57
Base de donnée BASIAS
ayant connu une pollution d’origine industrielle.
Théoriquement, c’est à l’exploitant responsable de la pollution, ou à
défaut au propriétaire du terrain, de procéder à la dépollution de la
zone. Mais il arrive que des industriels indélicats s’évaporent après une
faillite et restent introuvables, notamment s’il s’agit d’une filiale d’un
groupe étranger. D’après le ministère, 160 sites dits « orphelins » se
trouvent dans ce cas de figure. C’est alors l’ADEME58 qui prend en 58
Les impôts des
charge les onéreux travaux de dépollution. contribuables français

Sept familles de polluants industriels sont usuellement prises


pour indice :
- Les métaux et métalloïdes, issus des divers alliages métalliques
spécifiques utilisés dans l’industrie,
- Les hydrocarbures, éléments organiques composés
exclusivement de carbone (C) et d’hydrogène (H) issus de
carbone fossile (pétrole, gaz, charbon),
- Les hydrocarbures chlorés, composés de synthèse utilisés
dans l’industrie (solvants, réfrigérants), l’agriculture (pesticides,
insecticides, fongicides), et molécule de synthèse en chimie et
pharmacie,
- Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), générés
par le processus de combustion incomplète de matière
organique (bois, charbon, gaz, pétrole), 59
BTEX : composés à
base de Benzène, Toluène,
- Les composés organiques volatils (BTEX59) issus du raffinage Ethylène, et/ou Xylène
pétrolier et la pétrochimie (solvants),

51
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysique

- Les cyanures qui sont des produits chimiques utilisés dans


l’industrie minière (aurifère surtout), métallurgique, textile,
papetière, chimique et pétrochimique,
- Les autres polluants.

Graphique n°8 : Poids des


7 familles de polluants sur le
territoire français

Nucléaire
Le cas du nucléaire en France est un problème épineux. En effet, en
2011, avec 74% de l’électricité produite par des centrales nucléaires
la France était au 1er rang mondial pour la production d’électricité
d’origine nucléaire.
Bien que présentant des spécificités, les pollutions radioactives sont
souvent accompagnées d’autres pollutions avec des synergies toxiques
et écotoxiques possibles.
La France dispose de 58 réacteurs répartis sur 19 sites60. 60
La France dispose de
stocks stratégiques d’uranium
Près de 200 sites miniers d’extraction de l’uranium ont été exploités et sur le sol français. Le stock
recensés sur le territoire métropolitain. Ils ont tous cessé leurs activités d’uranium de traitement
pour des raisons de rentabilité, le dernier site a fermé ses portes en Mai atteint plus de 16500 tonnes
de propriété française, soit
2001, à Jouac, en Haute Vienne. un peu moins de 2 ans de
Sur les sites d’exploitation minière, ou dans leur pourtour immédiat, les consommation. De plus, si on
utilise un jour les réacteurs à
stériles miniers et, le cas échéant, les résidus stockés sur place sont les neutrons rapides, l’uranium
principales sources d’exposition aux substances radioactives. appauvri constituera un
stock stratégique important,
A ces sources, généralement bien identifiées (carte n°26), peuvent il y a 190 000 tonnes de cet
s’ajouter des zones de contamination plus localisées qui résultent uranium en France.
en particulier du déversement accidentel de matériaux ou de résidus
au cours des diverses opérations effectuées sur les sites : autour
des usines et zones de chargement (carte n°27), le long des trajets
empruntés pour le transport des résidus (carte n°28) de l’usine de
traitement vers les stockages.

52
Carte n°26 : Localisation des
réacteurs nucléaires français

Carte n°27 : Localisation des


exploitations d’uranium en
France

53
Chapitre 2 Indicateurs environnementaux biophysique

Carte n° 28 : Circulation des


matières radioactives sur le
territoire français

54
Chapitre 3 La région PACA

Indicateurs environnementaux humains


Démographie régionale
La démographie de la région PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) se
classe au 3ème rang national avec près de 5 millions d’habitants. La
population régionale est inégalement répartie, 75% des habitants se
concentrent sur 10% du territoire et 80% de la population habite sur le
littoral, où se trouvent les grandes agglomérations (carte n°29).

Carte n°29 : Localisation


démographique en PACA

La montagne occupe la moitié de la superficie régionale et les espaces


protégés et à risques sont particulièrement présents. Ceci explique
la concentration géographique de la population : trois habitants sur
quatre occupent un dixième du territoire. Quinze villes de près de 50 000
habitants forment ainsi un « continuum » urbain dense, s’étendant du
littoral méditerranéen jusqu’à la vallée du Rhône.
Equipements régionaux
La région PACA bénéficie d’un maillage conséquent d’équipements
multimodaux et logistiques : 5 plates-formes multimodales (TC61 de 61
TC = Transport Combiné :
Champfleury, de Clesud, du Canet, de Mourepiane et de Graveleau), transport alliant aux moins 2
types de transport terrestre
3 projets de plate-forme multimodales à des états d’avancement
(rail+route=ferroutage)
variables (TC de Mourepiane, de Courtine et à l’échelle de la ZIP de
Fos sur Mer), 8 plates-formes logistiques de plus de 100 ha.
Leur répartition sur le territoire régional apparaît extrêmement
concentrée au débouché de la Vallée du Rhône, sur un territoire
recouvrant le Vaucluse et l’ouest des Bouches du Rhône.

55
Chapitre 3 La région PACA

Carte n°30 : Installations


multimodales et logistiques
régionales

Tableau n°4 : Infrastructures


routières régionales

Avec 2,5 km de voies ferrées pour 10 000 habitants, la région Provence-


Alpes-Côte d’Azur dispose du plus petit linéaire de voies de France.
La ligne unique entre Marseille et Vintimille, colonne vertébrale de la
desserte régionale, a en effet été construite en 1860 quand la région
ne comptait que 1,6 million d’habitants, contre 5 millions aujourd’hui.
C’est d’ailleurs aujourd’hui la ligne ferroviaire la plus chargée de France
(hors Île-de-France) avec 280 trains chaque jour.
Alors que 34 % des trains en PACA circulent sur l’axe Marseille-
Vintimille, les incidents sur cet axe représentent 49 % du total des
incidents régionaux et 62 % des minutes perdues par les trains sur
toute la région.

56
Tableau n°5 : Infrastructures
ferroviaires régionales

A cela s’ajoute quatre ports maritimes et quatre aéroports.


Les flux marchands de la région PACA (y compris les hydrocarbures)
représentent environ 285 millions de tonnes annuelles.
Les flux internes permettent aux activités économiques du territoire
de fonctionner (agriculture, industrie, distribution et commerce). Ces
flux sont en diminution (-16% depuis 2012), en lien avec une activité
économique en baisse.
Les échanges nationaux et internationaux renvoient au positionnement
géographique de la Région (qui accueille notamment des infrastructures
portuaires de rang international) mais aussi au système d’infrastructures
irriguant la Région dans le Sens Nord/Sud et Est-Ouest.
La Région est traversée par des flux de transit nationaux et internationaux,
s’appuyant essentiellement sur les infrastructures routières. Enfin,
et même si ces flux vont ensuite se répartir entre circulation interne
(utilisant d’autres modes, dont oléoducs) et échanges, on ne peut pas
parler des flux en Région Paca sans représenter les trafics maritimes
des différents ports régionaux.

Carte n°31 : Flux en


circulation sur le territoire
régional, en millions de
tonnes

57
Chapitre 3 La région PACA

Economie régionale
Les 18 zones d’emploi que compte la région Provence-Alpes-Côte
d’Azur présentent des profils très variés. Sur le littoral et dans les massifs
montagneux, le tourisme est une source majeure du développement
économique. Pour un tiers des zones d’emploi de la région, la part
d’emplois touristiques est supérieure à 10% en 2013.
Avec près de 31 millions de touristes accueillis chaque année (carte
n°32), et une consommation touristique de près de 14 milliards d’euros,
le tourisme représente plus de 11% du PIB régional contre 7% de PIB
au niveau national et 5% au niveau mondial. La région Provence-Alpes-
Côte d’Azur est la première destination touristique des Français et la
clientèle étrangère représente 20% des touristes.

Carte n°32 : Bassins


touristiques en PACA

La partie sud-ouest de la région (Carte n°33), où se concentre l’industrie


régionale, est plus attractive au regard du taux d’arrivée d’emplois
générés par les activités productives62. 62
les activités productives
produisent des biens et
services majoritairement
exportés hors de la zone et
des activités de services
tournées principalement
vers les entreprises
correspondantes.
Carte n° 33 : Répartition
des zones d’emplois selon
le taux d’arrivée d’emplois
des activités productives en
2013

58
Indicateurs environnementaux biophysiques
Climat
Les étés chauds 23°C en moyenne sur les côtes, voire très chauds
(plus de 35°C) dans l’intérieur des terres, avec quelques exceptions
au niveau des Préalpes où la température moyenne de juillet varie de
18°C à 20°C.
Les hivers sont froids et peuvent être rudes en montagne et dans la
vallée du Rhône du fait des vents froids et forts (Mistral) soufflant du
Nord, mais doux sur le littoral.
Les précipitations sont variables (de 600mm à 1000mm) mais sont
réparties sur l’année (il pleut autant à Marseille qu’à Paris).

Tableau n°6 : Indice


climatique de la région PACA
(voir page 18)

Géographie
Baignée au Sud par la mer méditerranée, la région bénéficie d’un climat
méditerranéen particulièrement ensoleillé.
Le relief occupe près de la moitié du territoire et le trait de côte s’étend
sur 700km.

Carte n°34 : Carte physique


et administrative de la région
PACA

59
Chapitre 3 La région PACA

La région s’étend sur 31 400 km² compte 6 des 48 parcs naturels


régionaux et 4 parcs nationaux, ainsi que 11 réserves naturelles
nationales, 5 réserves régionales et 3 réserves de biosphère.

Tableau n°7 : Potentiel


naturel de Provence-Alpes-
Côte d’Azur

Qualité des sols


Sur le territoire régional, les espaces naturels dominent, les surfaces
agricoles sont très inférieures à la moyenne nationale et l’artificialisation
liée à la forte population régionale est importante.
L’évolution de l’occupation du territoire traduit plusieurs phénomènes
qui se poursuivent dans le temps :
-un accroissement des zones urbanisées au détriment des zones
agricoles et naturelles,
-une progression des zones forestières au détriment des
espaces agricoles et des espaces naturels ouverts,
-une diminution des surfaces agricoles et surtout des prairies et
des alpages en raison du déclin du pastoralisme,
-une pression urbaine moins forte qu’auparavant sur le littoral
mais une pression accrue sur l’arrière -pays provençal.
Depuis 1990, l’artificialisation des sols est principalement due
à l’urbanisme diffus à vocation d’habitat (80%) ou d’activités
commerciales (9%).
Les sols de la région présentent des faciès très différenciés en fonction
de la lithologie63 et des situations climatiques. 63
Nature des roches
constitutives d’une formation
Certains secteurs sont riches en matière organique. Ce sont les dépôts géologique
alluvionnaires récents qui accueillent les sols les plus riches, mis en
valeur par l’irrigation pour les cultures maraîchères et fruitières (vallées
du Rhône et de la Durance, plaines du Comtat et de Berre...).
Les sols sont menacés par différents types de dégradations dont
certaines sont irréversibles à l’échelle de temps humaine (artificialisation,
pratiques agricoles, épandages de boues, retombées atmosphériques,
pollutions accidentelles...).
La région est également soumise au risque d’érosion des sols et
d’érosion de son littoral. De forts événements pluvieux peuvent entraîner
dans certains secteurs des coulées boueuses.

60
Carte n°35 : Occupation des
sols régionaux

Qualité de l’eau
L’état des lieux réalisé en 2013 par un SDAGE64 fait ressortir que 68% 64
Schémas directeurs
des masses d’eau superficielle présentent un risque de non atteinte d’aménagement et de gestion
des eaux
des objectifs, ce qui reste une proportion élevée.
Les masses d’eau de transition (lagunes et estuaires, 89%) et les
cours d’eau (69%) sont les plus concernés par un risque, suivis par
les plans d’eau (50%). Les eaux côtières (du trait de côte à jusqu’à un
mile marin-1852m) et les masses d’eau souterraines ont un niveau de
risque plus enviable de seulement 30%. Cependant ce bon niveau ne
rend pas compte de l’existence de pollutions très localisées à l’intérieur
des masses d’eau.
Un tiers des masses d’eau en bon état sont néanmoins à risque, à
cause de pressions non maîtrisées.

Tableau n°8 : Principaux


marqueurs de pollution de
l’eau

La région présente une diversité remarquable de milieux aquatiques.


Ainsi, des Alpes à la Méditerranée, se succèdent torrents de montagne,
lacs d’altitude, rivières en tresses, rivières méditerranéennes, marais,
cours d’eau temporaires, deltas…

61
Chapitre 3 La région PACA

Carte n°36 : Carte des cours


Mais entre ces extrêmes méditerranéens et haut-alpins, la première d’eau de la région PACA
contrainte des milieux aquatiques est de composer avec des périodes
de sècheresse prolongées, entrecoupées de crues soudaines
et violentes.
Le littoral, bien que déficitaire en eau, a pu se développer grâce à de
grands aménagements hydrauliques réalisés au milieu du XXe siècle.
Ils stockent et prélèvent des millions de mètre cubes d’eau dans les
principaux cours d’eau (Durance et Verdon). L’eau est acheminée via
des grands canaux (Canal de Provence) vers les populations du littoral.
Ce sont ces aménagements qui permettent de fournir de l’eau toute
l’année, y compris l’été.

62
L’eau a ainsi permis l’essor de la première économie de la région : le
tourisme. La région PACA occupe aujourd’hui la première place des
destinations de villégiatures de France.
La qualité des eaux de baignade, notamment en mer, est bonne en
Provence-Alpes-Côte d’Azur. Environ 80% de l’eau de mer et 75%
de l’eau douce sont classés de bonne qualité. Seuls 2,6% des
tests pratiqués en mer et 1 % de ceux en eau douce révèlent une
non-conformité.

Tableau n°9 : Comparatif de


l’altération « nitrate » dans les
eaux superficielles

La région dispose également d’un des cinq plus grands gisements


d’énergies renouvelables de France, grâce à ses 21 grands barrages
et ses 108 petites centrales hydroélectriques.
La région est riche de 131 bassins versants65 dont le principal est celui 65
Portion de territoire
de la Durance (carte n°37). Véritable trait d’union régional entre les délimitée par des lignes de
crête dont les eaux alimentent
Alpes, la Plaine de la Crau et le littoral méditerranéen, la Durance allie un exutoire commun : cours
enjeux économiques, écologiques et sociaux de gestion de l’eau. Elle d’eau, lac, étang, mer.
prend sa source à proximité de Montgenèvre et son bassin versant
représente 14 280 km².
Dans le sous-sol, l’eau circule aussi, parfois abondante dans certains
réseaux d’eau souterrains et certaines nappes d’accompagnement
des cours d’eau surfaciques ou plus rare dans certains
secteurs géologiques.
Le Réseau Régional des Gestionnaires de Milieux Aquatiques66 66
Rassemble essentiellement
(RRGMA) réunit l’ensemble des acteurs de l’eau en Provence-Alpes- des organismes publics
engagés dans une
Côte d’Azur, et couvre aussi bien les milieux continentaux que littoraux
politique active de gestion,
et maritimes. Le département compte 69 gestionnaires de milieux d’aménagement.
aquatiques sur son territoire.
Mais, il ne faut pas pour autant croire que cette ressource est inépuisable.
Bien au contraire, l’eau douce en région PACA, comme partout ailleurs
dans le monde, est une denrée rare et donc d’autant plus précieuse !
Compte-tenu des spécificités climatiques de la région, de nombreux
arrêtés sècheresse sont pris en été, entraînant des restrictions d’eau,
voire même parfois des coupures dans certains secteurs.

63
Chapitre 3 La région PACA

Carte n°37 : Les 6 grands


bassins versant67 de PACA
67
Bassins versant des
rivières structurante au
niveau interrégional

Qualité de l’air
La région est surveillée grâce à des modèles mathématiques à l’échelle
de la région, qui simulent les concentrations des polluants en tous
points du territoire.
PACA est la région la plus polluante de France en CO2 (17% des rejets
nationaux). Les normes de qualité de l’air sont fréquemment dépassées
dans de nombreuses villes.
Pour aller travailler ou étudier, les habitants de Paca émettent 1 million
de tonnes de CO2 par an et consomment près de 470 millions de litres
de carburant. Les trajets compris entre 5 et 35 km contribuent à la
moitié des émissions de CO2. Même en ville, la voiture reste dominante.
Depuis dix ans, la pollution de pointe tend à diminuer. L’année 2014
enregistre le plus faible nombre d’épisodes de pollution de ces
dix dernières années, en lien avec les conditions météorologiques
défavorables à la formation d’ozone (période estivale ventée et
pluvieuse). En effet, seuls une dizaine d’épisodes ont été enregistrés.
Les particules sont émises par de nombreuses sources : trafic, industrie,
chauffage résidentiel au bois, brûlage des déchets verts... Elles sont 68
Photochimie : réactions
présentes dans l’air toute l’année et les conditions météorologiques chimiques générées par la
influent sur leur accumulation ou leur dispersion. En été, une part lumière solaire (ultra-violet et
significative des particules est produite par photochimie68 (particules infra-rouge)
secondaires).

64
Les concentrations en particules fines et dioxyde d’azote sont en
baisse depuis les années 2000. Cette tendance se confirme en
2014, ce qui n’exclut pas des situations localement dégradées. Les
conditions météorologiques de 2014 (pluie et vent) étaient favorables
à la dispersion des polluants.

Illustration n°8 : Simulation


des concentrations maximale
d’ozone le 10/07/2010

Graphique n°9 : Evolution


des concentrations de
particules fines et de dioxyde
d’azote

Les niveaux moyens d’ozone (O3) enregistrés en 2014 sont semblables


à ceux des dernières années. La région PACA reste une des régions
françaises les plus soumises aux épisodes de pollution à l’ozone. La
population reste exposée à plus de 80 jours de pollution à l’ozone dite
chronique.
Les concentrations en dioxyde de soufre (SO2) ont fortement
baissé ces trente dernières années (graphique n°10), en lien avec la
réglementation réduisant la teneur en soufre dans les combustibles
fossiles. Les concentrations observées depuis 2008 respectent les
valeurs limites pour la protection de la santé. Malgré cette évolution
favorable, certains incidents peuvent avoir lieu et occasionner des
dépassements de valeurs réglementaires.
Une baisse régulière des concentrations en benzène (C6H6) est
enregistrée depuis le début des mesures en 2003. Les niveaux mesurés
sont inférieurs à la valeur limite pour la protection de la santé.

65
Chapitre 3 La région PACA

Graphique n°10 : Evolution


des concentrations de
benzène et de dioxyde de
soufre

Risques naturels et technologiques


Risques naturels
La région est exposée à tous les risques naturels, tels que les
inondations ou les mouvements de terrain, les aléas climatiques. Visant
un développement durable du territoire, les PPR (Plans de Prévention
des Risques) s’inscrivent dans une politique de prévention des risques
naturels, en assurant la sécurité des personnes et des biens.

Tableau n°10 : Risques


naturels majeurs en PACA
recensés en 2013

Risques technologiques
La région est également exposée aux risques technologiques. Elle
compte 1405 installations ICPE69 (usines, ateliers, dépôts, chantiers…), 69
Installation Classée Par
dont l’exploitation présente des risques pour l’environnement. l’Environnement

Divers domaines sont concernés : raffinage, pétrochimie, chimie,


métallurgie, liquides et gaz inflammables, explosifs, produits agro-
pharmaceutiques, mais également silos à céréales. Au total 3721
communes sont classées à risque technologique majeur.
La région Provence-Alpes-Côte d’Azur comporte six départements,
les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes, les Alpes-Maritimes,
les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse, ayant chacun leurs
particularités.
Une compilation de ces données propre aux six départements met
en exergue leurs points positifs et négatifs par rapport aux critères de
notre étude.
Tableau n°11 : Risques
technologiques majeurs en
PACA recensés en 2013

66
Chapitre 4 Etude départementale

Alpes de haute Provence (04)


Indicateurs environnementaux humains
Démographie
Depuis 2006, sa population, tout en restant relativement âgée,
augmente fortement sous le seul effet des migrations résidentielles. En
l’absence de pôle universitaire, les départs d’étudiants sont nombreux.

Graphique n°11 : Evolution


démographique des Alpes
de Haute Provence

Equipements
Le département est particulièrement bien doté en équipements
supérieurs70. Du fait de sa spécificité touristique, les commerces, les 70
Equipements :
services aux particuliers ou les équipements sportifs sont nombreux. infrastructures de services
aux particuliers, de
Ce grand nombre d’équipement masque cependant des temps d’accès commerce, d’enseignement,
très élevés. Le département est celui de la région où la population est la de santé-social, de
transports, de sports, de
plus éloignée de ses infrastructures. loisirs, et de culture.
Dans les Alpes-de-Haute-Provence, trois zones se distinguent pour
l’accès aux équipements, en lien avec leur relief.
La première, à l’ouest du département, est constituée de plateaux,
collines et vallées, notamment celle de la Durance ; l’accessibilité y est
favorisée par la présence de l’A51.
La deuxième au nord-est, regroupant les vallées de l’Ubaye, de la
Blanche et du haut Verdon, est une zone de haute-montagne. La
présence de stations de sports d’hivers garantit un bon équipement
de proximité.
La dernière est une zone de moyenne montagne aux vallées encaissées,
dont certains villages sont très éloignés des équipements. Le faible
nombre de gares ferroviaires dans les Alpes-de-Haute-Provence
accentue l’isolement de certaines populations.
En revanche, pour la plupart des services de santé, le niveau
d’équipement est inférieur à celui de la région. La proximité de grands
pôles dans les départements limitrophes (Aix-en-Provence, Gap)
explique en partie ce constat.
67
Chapitre 4 Etude départementale

Carte n°38 : Temps d’accès


aux équipements
(Les équipements couvrent
les domaines des services,
marchands ou non, des
commerces, de la santé
et de l’action sociale, de
l’enseignement, du tourisme,
du sport et des loisirs.
Ils sont répartis en trois
gammes :
-Gamme de proximité :
École maternelle, pharmacie,
boulangerie, bureau de
poste…
-Gamme intermédiaire :
Collège, orthophoniste,
supermarché, police,
gendarmerie …
-Gamme supérieure : Lycée,
maternité, hypermarché,
agence Pôle Emploi…)

Economie
L’économie des Alpes-de-Haute-Provence est tournée vers les activités
présentielles71, notamment le tourisme et la construction, ainsi que 71
Les activités présentielles :
vers l’agriculture. Le nombre d’emplois qu’elle offre est cependant activités mises en œuvre
localement pour la production
insuffisant par rapport à sa population active. Son chômage, en forte
de biens et de services visant
progression, dépasse depuis 2012 la moyenne régionale. la satisfaction des besoins
de personnes présentes
Tourisme dans la zone, qu’elles soient
Le tourisme occupe 9% des emplois, davantage qu’au niveau régional. résidentes ou touristes
La densité de lits touristiques (142 lits pour 100 habitants), et les
campings comptent pour 17% de cette capacité (10% dans la région).
Construction
C’est dans les Alpes-de-Haute-Provence que la construction a le plus
de poids en PACA (9%). Plus largement, les activités présentielles
représentent 75% de l’emploi du département. Cette part a diminué
depuis 2006, mais reste supérieure à la moyenne régionale de 72%.
Agriculture
Le département des Alpes-de-Haute-Provence est le plus agricole de
la région. La part des agriculteurs exploitants est ainsi nettement plus
élevée qu’en PACA (4% contre 1%).

68
Indicateurs environnementaux biophysiques
Climat
Le climat des Alpes-de-Haute-Provence est un climat méditerranéen se
dégradant avec l’altitude, caractérisé par un ensoleillement élevé, une
humidité faible, et des précipitations irrégulières en été.
Trois zones microclimatiques divisent les Alpes-de-Haute-Provence, en
relation directe avec relief.
Une zone de collines et de plateaux à basse altitude (moins de 900m)
au Sud-Ouest, où domine l’influence méditerranéenne. Les nuits y
sont plus froides, et les orages estivaux y atténuent les effets de la
sécheresse. L’ensoleillement hivernal y est plus élevé qu’en plaine et
le cumul hivernal des précipitations est comparable au cumul estival.
Une zone de moyenne montagne correspondant aux Préalpes (de
Digne, de Sisteron et de Castellane), où la dégradation du climat
méditerranéen est encore plus sensible. Les vallées connaissent des
précipitations plus élevées du fait de leur situation géographique et une
amplitude thermique très élevée durant la journée.
Une zone de montagne dans le nord-est du département soumise à
un climat montagnard avec une influence méditerranéenne sensible.
L’ensoleillement y est élevé, et les températures hivernales y sont très
basses durant la nuit (de l’ordre de −10 °C), mais les températures
estivales restent élevées pendant la journée (de l’ordre de 25 °C).
Géographie

Carte n°39 : Géographie des


Alpes de Haute Provence

69
Chapitre 4 Etude départementale

A la frontière italienne, au centre du triangle formé par les villes de


Marseille, Nice et Grenoble, les Alpes de Haute-Provence sont l’un des
plus grands départements de France (6925 km²) pour l’une des plus
faibles densités de population. Avec 161 000 habitants en 2011, il est
le moins dense (23 habitants au km²) de la région PACA.
Formé de plateaux et de montagnes, de champs de lavande et de
pistes de ski, ce département est l’union des Alpes et de la Provence.
Près de la moitié du département est occupée de sols boisés et près
du tiers de sols plus spécifiques (rochers, glaciers, sols nus naturels).
Qualité des sols
L’occupation des sols des Alpes de Haute Provence montre la grande
importance du milieu naturel dans le département. Mais le département
compte 9 sites pollués sur son territoire. Principalement impacté par
des pesticides, on peut noter la présence de métaux et d’hydrocarbures
dans les sols.

Graphique n°12 :
Occupation des sols des
Alpes de Hautes Provence.

Qualité de l’eau
Eau potable
Pour desservir les 200 communes des Alpes de Haute-Provence
en eau potable, environ 500 points d’approvisionnement sont
nécessaires (puits et forages dans les plaines, sources en
montagne). Ils sont protégés des pollutions par des périmètres
de protection. Ce sont les communes qui gèrent le traitement
(décantation, désinfection, filtration, etc.) et l’acheminement

70
de l’eau potable pour leurs habitants, avec le soutien du
Conseil départemental.
L’eau distribuée fait l’objet de nombreuses analyses selon une
procédure très stricte qui garantit la santé des consommateurs.
Eaux usées
Après utilisation, l’eau potable devient une eau usée qui peut
contenir des polluants et bactéries (détergents, nitrates,
phosphates, germes) néfastes pour notre santé et notre
environnement. Conçu comme une chaîne de collecte et
de traitement des eaux usées avant leur rejet dans le milieu
naturel, l’assainissement est soit collectif (réseaux et stations
d’épuration), soit individuel ou autonome (fosses septiques). Les
communes ont la charge de la gestion des eaux usées, le Conseil
départemental et l’Agence de l’Eau les aident à améliorer leurs
réseaux et leurs stations d’épuration.
Cours d’eau
Le Département assure une surveillance de la qualité des eaux
de rivières par des analyses régulières, complémentaires des
réseaux de contrôles. L’ensemble des contrôles montre un bon
état d’ensemble des cours d’eau des Alpes de Haute-Provence.

Tableau n°12 : Concentration


des principaux polluants des
eaux dans le département
des Alpes-de-Haute-
Provence

Qualité de l’air
Le département des Alpes-de-Haute-Provence possède une sensibilité
particulière par le nombre de zones protégées qu’il comporte : Parc
National du Queyras à l’est, Parcs Naturels Régionaux du Verdon et du
Lubéron au sud et Réserve Géologique de Haute-Provence au centre.
Les zones les plus émettrices en polluants sont celles où les activités
humaines sont concentrées, c’est-à-dire dans la partie sud-ouest du
département et le long de la vallée de la Durance, qui rassemblent
zones urbaines, activités agricoles et industrielles, axes routiers
et autoroutiers.
Les transports jouent un rôle prépondérant sur les émissions polluantes
du département : 53% des oxydes d’azote émis sur le département
et 44% du CO2. Le secteur résidentiel/tertiaire produit 28% des

71
Chapitre 4 Etude départementale

émissions de CO2 (chauffage au bois notamment) et le secteur agricole


(engins agricoles en particulier, engrais azotés) 33% des émissions
d’oxydes d’azote et 45% des PM10 (particules de diamètre inférieur à
10 µm). Le poids relatif de l’agriculture sur les émissions de polluants
est caractéristique des départements alpins.
Cependant, le département des Alpes-de-Haute-Provence contribue
peu à la pollution émise en région PACA : 8% des émissions de PM10,
1% des émissions de CO2 et 4% des émissions d’oxydes d’azote (Nox).

Tableau n°13 : Emissions


liées aux secteurs
économiques dans le
département des Alpes-de-
Haute-Provence

Il est pourtant parfois touché par des masses d’air pollué en provenance
de la côte, en particulier l’été : pollution photochimique qui se forme par
réaction chimique entre les polluants émis et le rayonnement solaire
(ozone notamment).

Tableau n°14 : Concentration


d’émissions départementale

Le département des Alpes de Haute Provence dispose de 2 stations


permanentes : une à Manosque et une à Château-Arnoux Saint-Auban
mesurant toutes les deux la pollution photochimique, afin d’observer les
transferts de masse d’air pollué vers les massifs alpins.

Risques naturels et technologiques


Risques naturels
Cinq risques naturels sont particulièrement présents sur le
territoire et chaque commune du département est concernée
par au moins 3 d’entre eux.

72
Carte n°40 : Carte des aléas
naturels dans les Alpes de
Hautes Provence

Inondations
Les inondations et les crues torrentielles, sont engendrées par la
Durance et ses affluents. En effet, la Durance domine largement
le réseau hydrographique car, à l’exception du Var cantonné à
l’extrémité sud-est du département, toutes les rivières, dont les
principales sont l’Ubaye, la Sasse, la Bléone, l’Asse et le Verdon,
confluent vers le canal durancien, artère respiratoire de la Haute-
Provence. Le département a régulièrement connu des crues et
inondations importantes, les dernières en date étant celles de fin
mai 2008 pour lesquelles 14 communes du département ont été
reconnues en état de catastrophe naturelle (débordement de la
Durance et de l’Ubaye principalement).
Mouvements de terrain
Les mouvements de terrain, qui sont notamment liés au relief
accidenté et à la présence de nombreuses cavités souterraines.

73
Chapitre 4 Etude départementale

Incendies de forêt
Les incendies de forêt, car les forêts et zones boisées
représentent 49% de la surface départementale, avec un risque
plus élevé pour les communes situées dans le Sud-Ouest
du département.
Avalanches
Les avalanches, risque qui concerne essentiellement les
communes situées en zone de haute montagne.
Séismes

Tableau n°15 : Risques


naturels majeurs dans les
Alpes de Haute Provence
recensés en 2013

Les séismes, risque important dans le département du fait de


la présence du système de faille de la moyenne Durance (ex.:
séismes de Manosque en 1506, 1708, 1812 et 1913) et de
celui de Poil et Chasteuil-Taloire (ex.: séisme de Castellane en
1855 et 1951).

Risques technologiques
Industriels

Tableau n°16 : Risques


technologiques majeurs dans
les Alpes de Haute Provence
recensés en 2013

74
Parmi les risques technologiques, on peut citer les 5
établissements concernés par l’application de la directive
« SEVESO II ». On y compte 4 établissements « Seveso seuil
haut » nécessitant un Plan Particulier d’intervention (PPI): l’usine
ARKEMA à Château-Arnoux/Saint-Auban, l’usine SANOFI à
Sisteron, les stockages souterrains d’hydrocarbures liquides
de GEOSEL et les stockages souterrains de gaz naturel de
GEOMETHANE à Manosque. Existe également un établissement
« Seveso seuil bas » : la société BUTAGAZ à Sisteron.
Nucléaire
Si aucune installation nucléaire n’est implantée dans les Alpes
de Haute-Provence, certaines des communes du département
sont limitrophes d’installations situées dans les départements
voisins. Ainsi, Corbières se situe dans le périmètre concerné
par les risques liés au site de Cadarache (Bouches-du-Rhône).
Quant au complexe nucléaire du Tricastin (Drôme), il implique un
risque localisé à l’ouest du département.
Transport de matières dangereuses
Les-Alpes-de Haute-Provence présentent également des risques
en matière de transport de matières dangereuses, mais ceux-ci
sont plus localisés. Ils sont en effet liés aux activités industrielles
situées autour de Manosque, Sisteron et Château-Arnoux/Saint-
Auban, avec un transit par Val de Durance. Les principaux axes
concernés sont la voie ferrée, l’autoroute A51 et les RD 4096
et RD 4085.
Barrages
Enfin, le département compte 6 grands barrages concédés
pour lesquels le risque de rupture concerne 45 communes soit
une population totale de 77 000 habitants. Par ailleurs 5 autres
communes sont concernées par des retenues importantes.

Hautes Alpes (05)


Indicateurs environnementaux humains
Démographie
Avec 138 600 habitants en 2011, le département des Hautes-Alpes
est le troisième le moins peuplé de France, devant la Lozère et la
Creuse. Depuis 2006, la population a augmenté en moyenne de 1,2%
par an, alors qu’elle n’augmentait que de 0,4% par an dans la région.
Sous le seul effet de l’arrivée de nouveaux résidents, la population haut-
alpine a augmenté de 1% par an en moyenne entre 2006 et 2011, soit
un peu plus qu’entre 1999 et 2006 (+ 0,9%). C’est le 8e département
le plus attractif de France métropolitaine à l’aune de cet indicateur.

75
Chapitre 4 Etude départementale

Graphique n°13 :
Recensement de la
population (1990 à 2011)

Le dynamisme démographique du département est essentiellement


porté par la commune de Gap et son aire d’influence. L’aire urbaine de
Gap explique ainsi 72% de l’augmentation démographique entre 2006
et 2011, alors qu’elle représente 45% de la population du département.
Equipements

Carte n°41 : Temps


d’accès aux équipements
(INSEE-1012)

Pourtant, le département est mieux équipé que la moyenne régionale.


Son fort taux d’équipement résulte de la vocation touristique du
département et de sa géographie. Il est cependant à relativiser par
les temps d’accès, qui laissent 21% de la population à plus de 30 mn
des équipements de la gamme supérieure. (Les équipements couvrent
les domaines des services, marchands ou non, des commerces, de la
santé et de l’action sociale, de l’enseignement, du tourisme, du sport et
des loisirs. Ils sont répartis en trois gammes :

76
- Gamme de proximité : École maternelle, pharmacie, boulangerie,
bureau de poste…
- Gamme intermédiaire : Collège, orthophoniste, supermarché,
police, gendarmerie…
- Gamme supérieure : Lycée, maternité, hypermarché, agence
Pôle Emploi…).
Cet isolement est particulièrement accentué pour l’accès aux
établissements de santé : 35% des habitants sont à plus de 30 mn
d’une maternité contre 7% en Paca. Il s’agit des habitants des confins
du département : cantons d’Aiguilles, La Grave, Saint-Firmin, Rosans.
Economie
L’économie départementale s’appuie sur une présence importante des
services publics, et repose essentiellement sur l’activité touristique.
Les activités présentielles représentent 81% des emplois du
département, contre 72% dans la région. Elles répondent à la demande
de la population présente sur un territoire, qu’il s’agisse de résidents
ou de touristes.
La construction représente 9% des emplois du département et la
proportion d’emplois publics est plus élevée que dans la région.
Les cinq principaux employeurs du département sont des établissements
publics : les hôpitaux de Gap, Briançon et Laragne-Montéglin, le conseil
général des Hautes-Alpes et la municipalité de Gap.
Tourisme
Les Hautes-Alpes se distinguent du reste de la région par la double
saisonnalité de ses activités touristiques. En été, les touristes
viennent profiter du patrimoine naturel (parc des Écrins et du
Queyras, lac de Serre-Ponçon). En hiver, ils se concentrent dans
les stations de sports d’hivers (Serre-Chevalier, Vars-Risoul...).
Le tourisme pèse fortement dans l’emploi départemental. Les
activités caractéristiques du secteur (hébergement et autres
activités comme les remontées mécaniques) occupent 6,8%
des actifs en 2010, dans la zone d’emploi de Briançon, elles
emploient même 13,4% des actifs.
Cette vocation touristique se traduit par une très forte capacité
d’hébergement, composée en grande majorité de résidences
secondaires. Les résidences secondaires représentent les
9/10e de la capacité d’hébergement et quasiment la moitié du
parc de logements (46% contre 16% au niveau régional).
Entre 2010 et 2012, le département a attiré plus d’activités qu’il
n’en a vu partir.
Agriculture
L’agriculture est un secteur important pour le département qui
occupe 5% des actifs et 15% du territoire.

77
Chapitre 4 Etude départementale

La filière fruitière représente ainsi 43 % de la production agricole.


L’élevage ovin en zone alpine est la filière qui compte le plus
d’exploitations, même si sa production est inférieure à celle de
la filière fruits. Les 33 000 bovins du département représentent
quant à eux la moitié du cheptel régional.
L’activité agricole reste très présente dans certaines communes.
En 2010, 1 795 exploitations mobilisaient une surface utile72 72
La surface agricole utile
couvrant plus de 17,3% du département. D’une manière (SAU) est un instrument
générale, les modes d’occupation actuels du territoire, très statistique destiné à évaluer
la surface foncière déclarée
consommateurs d’espace, mêlent activités humaines et espaces
par les exploitants agricoles
naturels. comme utilisée par eux pour
la production agricole
Industrie
A l’inverse de l’agriculture, l’emploi industriel est particulièrement
peu présent (5% contre 9% en PACA).
Seul 5 sites sont considérés comme pollués au « sens BASIAS
du terme ».
Indicateurs environnementaux biophysiques
Climat
L’influence méditerranéenne se caractérise dans le Hautes Alpes par
un ensoleillement très généreux. Par rapport à une grande partie de
la France, une des caractéristiques climatiques départementale, est le
gradient thermique73. Plus l’altitude baisse et plus on descend vers le 73
Gradient thermique : écart
sud, plus les températures moyennes annuelles augmentent. entre les températures

Les écarts de température saisonniers sont élevés, de même que les


écarts entre le jour et la nuit, favorisé par un fort rayonnement du fait de
l’altitude, la faible nébulosité et la sécheresse de l’air.

Graphique n°14 :
Ensoleillement des Hautes
Alpes en 2016

Géographie
Le territoire des Hautes-Alpes représente 17,7% de la surface de la
région Provence-Alpes-Côte d’Azur, mais il ne compte que 2,8% de
la population régionale. Cette faible densité démographique cache de
78
fortes disparités dans l’occupation du territoire : la densité moyenne
est de 23,56 habitants au km2, alors que les communes de Gap et
Briançon ont des densités respectives de 342 et 413 habitants au km2.
La géographie des Hautes-Alpes est à la fois contrastée et
compartimentée. Le département est soumis à des influences
climatiques diverses (celles du Dauphiné au nord et celles de la
Provence au sud). Le territoire est structuré en vallées, le plus souvent
organisées perpendiculairement autour des trois grandes rivières qui le
traversent (la Durance, le Buech, et le Drac).
Le département des Hautes-Alpes est un territoire essentiellement
rural situé dans une région très urbanisée. Ainsi, 44% de sa population
vit dans des bassins de vie ruraux contre 10% en Provence-Alpes-
Côte d’Azur. Les forêts et les zones montagneuses couvrent 83 % du
territoire départemental (68% en PACA).

Carte n°42 : Géographie des


Hautes Alpes

Qualité des sols


L’occupation des sols des Hautes Alpes montre la grande importance
du milieu naturel dans le département. Le département compte 5 sites
pollués sur son territoire, échelonnés le long de la Durance, de Briançon
en Amont à Savines-le-Lac en aval. Principalement impacté par des
pesticides, on peut noter la présence de métaux et d’hydrocarbures
dans les sols.

79
Chapitre 4 Etude départementale

Graphique n°15 : occupation


des sols départementaux en
2006

Qualité de l’eau
Le département des Hautes-Alpes se caractérise par la présence
de plus de 750 captages, 450 réseaux de distribution d’eau, 613
bassins (piscines et bains à remous) et 36 sites de baignade
(naturels ou artificiels). Aussi, le contrôle de l’eau est une priorité
de la délégation départementale des Hautes-Alpes, en matière de
santé environnementale.
Eau potable
Dans les Hautes-Alpes, l’eau destinée à la consommation
humaine provient majoritairement de sources (94%). Seulement
5% de l’eau provient des nappes et 1% d’eau superficielle.
Les captages peuvent être implantés à proximité des
torrents où les drains sont très superficiels. La qualité de
l’eau est donc vulnérable et peut être impactée par les
conditions météorologiques. Ainsi, il est fréquent d’observer
des contaminations microbiologiques des eaux après un
épisode pluvieux.

Tableau n°17 : Concentration


des principaux polluants des
eaux dans le département
des Hautes-Alpes

80
En revanche, le département compte très peu de problèmes
de qualité liés à la présence d’éléments chimiques indésirables
(nitrates, pesticides…).
Qualité de l’air
L’essentiel de ce territoire se compose d’espaces naturels dont une
large part est protégée.
Les zones urbanisées sont peu nombreuses et peu denses, les activités
industrielles émettrices de polluants de l’air sont réduites.
Ainsi, les Hautes-Alpes émettent peu de polluants au regard du total
émis en région PACA : 5% des émissions de particules en suspension
(PM10 et PM2,5), 2% des émissions de dioxyde de carbone (CO2) et 3%
des émissions d’oxydes d’azote (Nox).
A la différence des autres départements, le secteur résidentiel/tertiaire
représente une part importante des émissions notamment pour les
émissions de particules (46% des émissions de PM10 et 60% des
émissions de PM2,5) et de gaz carbonique (4%). Le chauffage au bois,
très utilisé dans les départements alpins, est une source importante
d’émission de ces polluants.
Le secteur agricole représente aussi un quart des émissions d’oxydes
d’azote (utilisation d’engins agricoles et d’engrais azotés notamment).

Tableau n°18 : Emissions


liées aux secteurs
économiques

Tableau n°19 : Concentration


d’émissions départementale

Le département peut être concerné par des problèmes saisonniers de


pollution, liés à son activité touristique : l’afflux de vacanciers et de leurs
véhicules, en hiver notamment, dans des vallées encaissées et lors de
conditions météorologiques stables, peut provoquer localement une
augmentation des niveaux de pollution.
Une pollution photochimique peut apparaître lors de périodes chaudes
estivales ; elle a pour principale origine les régions voisines du
département. A ce titre, des épisodes de pollution à l’ozone ont déjà

81
Chapitre 4 Etude départementale

été observés à proximité des cols frontaliers (briançonnais), épisodes


tardifs (souvent après 19h00 locales) qui se manifestent en présence
de vent.
Le département des Hautes Alpes dispose de 2 stations permanentes :
une à Gap mesurant l’ozone, les oxydes d’azote, le benzène, les
particules en suspension, et les HAP, et une à Briançon mesurant
l’ozone.
Risques naturels et technologiques
Risques naturels
Les risques sont à la fois très localisés et présents sur de
nombreux sites.
Du fait de l’influence du climat, du caractère montagneux du
département et de la nature des cours d’eau, les phénomènes
d’origine naturelle sont les risques prépondérants dans les
Hautes-Alpes: avalanches, crues torrentielles74 et inondations, 74
Crue spécifique liée à
mouvements de terrain… Très peu de communes échappent à des précipitations intenses
tombant sur tout un bassin
ces risques. versant, les eaux ruissellent
Si toutes les communes du département sont concernées par au et se concentrent rapidement
dans les cours d’eau au pied
moins un risque naturel, beaucoup d’entre elles sont soumises des reliefs
à plusieurs de ces risques. Or, ces phénomènes sont parfois
violents et rapides, comme les crues torrentielles ou les chutes
de blocs. La prise en compte des risques revêt donc dans le
département une importance majeure.
La fréquentation touristique, qui attire dans les Hautes-Alpes des
populations qui ne connaissent pas toujours les problématiques
montagnardes, peut augmenter la vulnérabilité à ces risques.

Carte n°43 : Carte


d’exposition aux risques
naturels dans les Hautes-
Alpes

82
Tableau n°20 : Nombres de
communes concernées par
les risques naturels majeurs
en 2013

Risques technologiques
Les risques technologiques sont moins nombreux que dans
d’autres départements de la région PACA.

Tableau n°21 : Nombres de


communes concernées par
les risques technologiques
majeurs en 2013

Dans les Hautes-Alpes, ils sont essentiellement liés aux barrages,


ainsi qu’au transport de matières dangereuses (sur le réseau
routier ou par canalisations).

Alpes maritimes (06)


Indicateurs environnementaux humains
Démographie
Avec 1082000 habitants en 2012, le département des Alpes-Maritimes
est le deuxième le plus peuplé de la région Provence-Alpes-Côte
d’Azur. La quasi-totalité de sa population réside dans la zone littorale
très urbanisée et très bien équipée.
Depuis 2007, l’attractivité démographique du département s’érode :
les personnes s’installant dans le département sont maintenant moins
nombreuses que celles qui le quittent. Malgré un solde naturel redevenu
positif, la population n’augmente plus.

83
Chapitre 4 Etude départementale

Graphique n°16 :
Démographie maralpine

Equipements
La partie littorale concentre la majeure partie de la population des
Alpes-Maritimes. De grands pôles, comme Nice et Menton, exercent
leur influence sur des communes relativement éloignées du littoral. Ce
territoire à très forte densité de population (422 habitants au km²), est
particulièrement bien desservi en infrastructures routières, ferroviaires
et aéroportuaires. L’aéroport de Nice est en effet le deuxième de
France en termes de trafic de passagers et le sixième pour le trafic de
marchandises. Par ailleurs, Cannes dispose d’un aéroport d’affaires.
La population littorale est très proche de l’ensemble des équipements.
En revanche, celle de l’arrière-pays est peu équipée. Dans le bassin de
vie de Puget-Théniers, tous les habitants sont éloignés des équipements
intermédiaires et supérieurs.

Carte n°44 : Temps d’accès


aux équipements supérieurs
maralpins

84
Et dans certaines communes de cette zone, la durée moyenne
d’accès aux équipements de la gamme de proximité (écoles, épiceries,
médecins...) est supérieure à 18 minutes.
Economie
La population active départementale augmente et le taux d’activité
des 55-64 ans est particulièrement élevé. Le nombre d’emplois étant
stable, le chômage augmente, davantage que dans le reste de la région
depuis 2012. Relativement isolées des autres zones d’emploi de la
région, les Alpes-Maritimes bénéficient en revanche de la proximité
de Monaco, véritable gisement d’emplois. L’économie maralpine est
largement orientée vers la sphère présentielle ; l’industrie et les services
aux entreprises ont toutefois un poids non négligeable dans l’économie
du département.
Activité présentielle
Les emplois dans les services sont très nombreux dans les
Alpes-Maritimes, notamment dans le secteur de l’hébergement
et de la restauration, en lien avec la forte vocation touristique
du département. Le nombre d’hôtels est très élevé. Les
établissements étoilés (3 ou plus), généralement riches en main-
d’œuvre, sont très fréquents sur la côte d’Azur.
La part des activités présentielles, (celles destinées à
répondre aux besoins de la population et des touristes), est
particulièrement forte. Celles-ci occupent 73 % des actifs en
2012. Elles correspondent à 61 % de la richesse dégagée et à
73 % de la masse salariale.
Industrie
L’industrie a un poids particulièrement faible dans l’emploi
maralpin. Toutefois, des établissements importants dans le
secteur de fabrication de matériels de transport (Thalès) y sont
implantés.
L’industrie chimique est également présente avec la fabrication
d’huiles essentielles et la parfumerie, activités installées autour
de Grasse.
Secteur tertiaire
Le département est également le deuxième fournisseur d’emplois
régional dans le secteur des services aux entreprises.
Les activités scientifiques ou liées à la recherche ainsi que les
activités informatiques sont fréquentes dans la technopole de
Sophia Antipolis (Amadeus).
Agriculture
L’agriculture pèse extrêmement peu dans l’emploi (0,2%).
Les surfaces agricoles ne représentent que 6% de la surface
cadastrée du département, contre 21% en PACA. Elles sont
peu présentes, même dans l’arrière-pays, en raison du relief
accidenté de ce dernier.
85
Chapitre 4 Etude départementale

Indicateurs environnementaux biophysiques


Climat
Le climat des Alpes-Maritimes est varié malgré sa relative petite surface.
Dans le sud on retrouve un climat méditerranéen, dans le nord un climat
montagnard, et un micro-climat particulièrement chaud (à Cannes) dû
aux hautes collines réchauffant l’air qui descend sur le littoral.
La bande littorale connaît des températures très douces l’hiver
et chaudes mais sans excès l’été, malgré des épisodes de fortes
chaleurs. La « saison des pluies » a lieu en automne et au printemps,
particulièrement en avril et en septembre, notamment en raison
d’orages assez fréquents. L’été, lui, est connu pour sa sécheresse.
L’ensoleillement est très important, on compte presque 300 jours de
beau temps par an. Néanmoins les différences de température dues à
une mer chaude en automne sont à l’origine de violents orages, avec
souvent à la clé crues et inondations.
Dès qu’on s’éloigne du littoral, vers l’ouest du département, les plaines
intérieures connaissent un climat un peu plus frais, mais tout aussi
ensoleillé. L’été la température y dépasse très facilement les 30°C,
alors que la moyenne estivale n’est « que » de 27°C sur le bord de mer
niçois. À l’inverse les petites gelées ne sont pas exclues en hiver alors
qu’elles sont très rares à Nice.
La neige est rare sur le littoral, néanmoins il arrive que de bonnes chutes
surprennent la Côte d’Azur.
Dans les Alpes le climat est montagnard, il y neige de novembre à mai.
Géographie
Carte n°45 : Géographie des
Alpes maritimes

86
Baignées par la mer Méditerranée et frontalières avec l’Italie, Les Alpes-
Maritimes sont un département de montagnes entaillées par les fleuves
et les rivières. On peut diviser sa géographie en trois secteurs.
Bande côtière
La bande côtière (appelée la côte d’Azur), très fortement
urbanisée, au point qu’on en arrive à devoir créer des terrasses à
flanc de colline pour y « faire pousser du béton». Cette bande est
aussi bien souvent une zone de non-droit en terme de loi littoral,
sauf dans les rares secteurs où le conservatoire du littoral a pu
racheter d’ancienne grandes propriétés. Le climat méditerranéen
qui y règne en a fait sa célébrité. Ainsi l’un des attraits du
département est son niveau d’ensoleillement exceptionnel : 300
jours par an.
Arrière-pays
L’arrière-pays des collines. A une altitude moyenne, ce secteur
est moins densément peuplé du fait de la géographie accidentée.
La complexité du relief divise les points entre ceux qui sont
bien exposés (à l’adret75) et ceux qui le sont moins (à l’ubac76). 75
Adret : versant d’un relief
C’est la douceur du climat méditerranéen qui fait oublier ses bénéficiant de la plus longue
exposition au soleil
fréquents excès (violence des orages, longue sécheresse). Le
département des Alpes-Maritimes est le plus orageux de France 76
Ubac : versant d’un relief
avec en moyenne 70 à 110 jours d’orages par an. bénéficiant de la moins
longue exposition au soleil
Montagnes
Les montagnes de l’intérieur qui abritent des stations de ski. Avec
des sommets culminant à plus de 3000m le climat montagnard
est aussi présent dans le département.
Qualité des sols
Graphique n°17 :
Occupation des sols
maralpins

87
Chapitre 4 Etude départementale

Le territoire maralpin, occupant 4294 km2, est un département


principalement montagneux, caractérisé par l’extrême proximité de la
mer et de la montagne. Les villes s’y succèdent en un ruban désormais
presque continu le long du littoral, du massif de l’Estérel à la frontière
italienne. La maîtrise de la croissance urbaine est une préoccupation
majeure des responsables de l’aménagement du territoire.
L’agriculture occupe un cinquième de l’espace départemental. En
quarante ans, les terres agricoles ont été fortement concurrencées
par le développement des villes, des zones d’activités et des espaces
de loisirs. Cela a contribué à l’augmentation des prix des terres qui
sont aussi en concurrence avec des terres à destination non agricole.
L’attractivité du foncier est tirée par la demande des non-agriculteurs.
La qualité agronomique des sols n’a alors plus d’impact sur les prix.
Les collectivités (Conseil Général, communes...) tentent d’intervenir
pour lutter contre la spéculation et maintenir l’agriculture sur des
micro-secteurs, pour sauver l’agriculture de niches comme les produits
biologiques...
La moitié du territoire est couverte de bois et forêts, ce qui place les
Alpes-Maritimes parmi les sept départements français les plus boisés.
Les sols boisés maralpins se sont accrus depuis 1990 et sont en
extension principalement par la colonisation naturelle des terres sans
usage agricole.
Qualité de l’eau
Le département des Alpes-Maritimes compte 352 captages d’eau
potable, répartis sur un territoire où la forte densité urbanistique du
littoral s’oppose à la ruralité de communes soumises aux contraintes
des zones de montagne.

Tableau n°22 : Concentration


des principaux polluants des
eaux maralpines

Qualité de l’air
Le département des Alpes-Maritimes, de par sa topographie partagée
entre littoral et montagne, offre une répartition contrastée de la pollution
de l’air.
Ainsi l’étroite zone côtière très urbanisée est soumise à une pollution
urbaine générée majoritairement par les transports et le secteur
résidentiel (utilisation du chauffage). L’activité industrielle contribue
aussi à cette pollution.
88
Malgré une tendance à l’amélioration, la qualité de l’air reste moyenne
à médiocre plus d’un jour sur deux sur le littoral avec des zones encore
au-delà des valeurs réglementaires, notamment pour l’ozone avec près
de 49% de la population exposée.

Tableau n°23 : Emissions


liées aux secteurs
économiques

Tableaux n°24 : Pondération


des différentes émissions
maralpines

Les Alpes-Maritimes représentent, selon les substances, de 1 à 15%


des émissions de la région PACA.
Le transport routier et l’industrie contribuent à eux deux environ aux
trois quarts des émissions départementales.
Le transport routier est le premier émetteur d’oxydes d’azote (Nox),
de particules (PM10 et PM25). Le transport non routier est identifié
notamment dans les émissions de dioxyde de soufre (SO2), dues pour
l’essentiel au transport maritime.
L’industrie et le traitement des déchets apparaissent davantage comme
contributeurs secondaires, excepté pour le dioxyde de soufre pour
lequel ce secteur est majoritaire.
Le résidentiel et tertiaire est à l’origine de la plupart des émissions. Il est
le second émetteur des émissions de dioxyde de soufre, de particules
fines et de monoxyde de carbone (CO).
L’arrière-pays est moins concerné par ce type de pollution car beaucoup
plus rural et majoritairement constitué d’espaces naturels, dont le Parc
National du Mercantour. Il reste néanmoins régulièrement exposé à
une pollution photochimique due à l’ozone en période estivale, liée à la
remontée des masses d’air pollué en provenance de la côte.
L’ensemble du département est également soumis à une pollution
particulaire liée au brûlage de déchets verts, pratique interdite mais
encore largement utilisée.

89
Chapitre 4 Etude départementale

13 stations de mesures permanentes sont implantées sur le département


et surveillent l’ensemble des polluants réglementés, en cohérence avec
les sources de pollution de leur environnement proche.
Des campagnes de mesures ponctuelles viennent renforcer le
dispositif permanent. Elles sont réalisées à l’aide de moyens mobiles
(un camion laboratoire, une remorque et une cabine), de préleveurs
ou d’échantillonneurs passifs. Elles sont un complément essentiel pour
une surveillance adaptée aux territoires.
Risques naturels et technologiques
Risques naturels
Le département est soumis à l’ensemble des risques naturels
majeurs, à l’exception des volcans et des cyclones.
La totalité des 163 communes est concernée par les risques
sismiques et mouvements de terrain.

Carte n°46 : Carte de l’aléa


sismique dans les Alpes
Maritimes

La grande majorité d’entre elles subit les risques inondation et


feux de forêt.
Le relief et les conditions climatiques engendrent des inondations
brutales, de type torrentiel.

90
Le risque de mouvement de terrain, omniprésent, nécessite
des mesures particulièrement contraignantes en termes de
prévention ou de surveillance.
En matière de séisme, le département, pour les trois quarts de
sa superficie, et notamment ses zones urbaines les plus denses,
figure parmi les zones métropolitaines les plus sensibles77. 77
Niveau II de la
nomenclature : risque moyen
Même faiblement probable, le risque tsunami n’en est pas moins
présent.
Une partie de l’important territoire forestier (228 000 ha)
se situe en zone périurbaine, espace où les incendies sont
particulièrement difficiles à combattre.
Et une petite dizaine de communes est soumise au risque
avalanche.

Tableau n°25 : Nombres


de communes maralpines
concernées par les risques
naturels majeurs en 2013

Risques technologiques
Les Alpes-Maritimes ont également à faire face aux risques
technologiques.

Tableau n°26 : Nombres


de communes concernées
maralpines par les risques
technologiques majeurs en
2013

91
Chapitre 4 Etude départementale

Certaines activités industrielles, appartenant essentiellement au


secteur chimique, sont implantées en milieu urbain. C’est le cas
notamment, dans le bassin grassois, de la parfumerie.
Le département compte 8 établissements classés SEVESO,
dont un est répertorié seuil haut.
155 communes sont concernées par les risques liés au transport
de matières dangereuses.
En cas de rupture, le barrage hydraulique de Saint-Cassien,
situé à proximité dans le département du Var, menacerait les
communes de la vallée de la Siagne.
Enfin, il convient de souligner que l’intense activité maritime
constitue une préoccupation supplémentaire en termes de
risques de pollution.

Bouches du Rhône (13)


Indicateurs environnementaux humains
Démographie
Avec 1993177 habitants en 2013, le département des Bouches-
du-Rhône a le troisième rang des départements les plus peuplés de
France, après Paris et le Nord. Deux habitants de Provence-Alpes-Côte
d’Azur sur cinq y habitent.

Graphique n°18 : Evolution


démographique des
Bouches-du-Rhône

Avec 390 habitants au km² (contre 157 en moyenne en Provence-


Alpes-Côte d’Azur), les Bouches-du-Rhône forment un département
densément peuplé, polarisé par les communes de Marseille (43% de
la population) et d’Aix-en-Provence (7%). Néanmoins, la périphérie de
ces deux grands pôles, tout comme celle des autres centres urbains,

92
tend à se densifier. Cette périurbanisation a des effets contrastés sur
la population des villes, qui évoluent peu.
Equipements
À l’instar de l’ensemble de la région, le département des Bouches-du-
Rhône est très bien doté en équipements et services. La population,
majoritairement urbaine, dispose d’un accès rapide à de nombreux
équipements et services, y compris les plus rares.

Carte n°47 : Temps d’accès


aux équipements

Ainsi seul 0,6% de la population départementale est à plus de 30


minutes d’une maternité. Le nombre de commerces est plutôt élevé
au regard de la population, de même que les équipements et services
de santé. Avec 13,0 médecins généralistes pour 10 000 habitants, le
département est mieux doté que la moyenne régionale (12,6) et que
l’ensemble de la France métropolitaine (9,8).
Réseau routier
Dans les Bouches-du-Rhône, les transports routiers (voyageurs
et marchandises) sont très largement prédominants. En effet, le
réseau routier national et le réseau départemental participent à
la desserte de la totalité du territoire et constituent un élément
fondamental de son aménagement et de son développement.

93
Chapitre 4 Etude départementale

Carte n°48 : Réseau routier


dans les Bouches-du-Rhône

Réseau ferroviaire
Le réseau ferroviaire départemental est organisé en étoile autour
de la gare de Marseille Saint-Charles, qui compte plus de 400
arrêts par jour et des correspondances vers le reste de la France
et de l’Europe par TGV.
Près de 400 trains circulent chaque jour dans le département.

Carte n°49 : Réseau


ferroviaire des Bouches-du-
Rhône

94
Réseau aérien
L’aéroport de Marseille Provence, basé à Marignane, est desservi
par les vols intérieurs et internationaux. L’aéroport d’Aix-les-Milles
est situé à 5 km du centre d’Aix-en-Provence et est réservé au
trafic affaires. Le département est aussi équipé de 3 aérodromes
à vocation non commerciale et usage restreint.
Les Bouches-du-Rhône sont dotées de deux bases aériennes:
celle de Salon de Provence (BA701) siège de la Patrouille
de France, et celle d’Istres - Le Tubé (BA125) servant de lieu
d’atterrissage d’urgence pour les navettes spatiales de la NASA.

Carte n°50 : Localisation des


aéroports et aérodrome dans
les Bouches-du-Rhône

Economie
Secteur tertiaire
L’économie des Bouches-du-Rhône, à l’image de l’ensemble
de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, est largement
orientée vers le secteur tertiaire. Fin 2013, 83,4% des emplois
du département étaient tertiaires, une proportion nettement
supérieure à celle de la France métropolitaine (78,6%). Le
secteur public concentre 21,2% de l’emploi, soit un taux
d’administration intermédiaire entre celui de la région (22,0%)
et de la France métropolitaine (20,5%).
Secteur industriel
L’emploi industriel est davantage présent qu’au niveau
régional (9,6% des emplois contre 8,3%). Quelques grands
établissements sont en effet installés dans le département,

95
Chapitre 4 Etude départementale

comme Airbus-Helicopters, ST-Microélectronics et Arcelor-


Mittal. La part d’emplois industriels est toutefois nettement
inférieure à celle de la France métropolitaine.
Le secteur industriel fort de ses 10 426 établissements se répartit
entre l’industrie extractive (0.5%), l’industrie manufacturière
(79%), la production d’énergie (16.3%), et la gestion de l’eau et
des déchets (4.2%).
Agriculture
L’agriculture (1,0%) pèse moins qu’au niveau national. Ainsi,
5 400 agriculteurs mettent en valeur près de 150 000 hectares
dont une grande partie avec des cultures nécessitant une main
d’œuvre importante (fruits, légumes…). Ce travail de passionnés
permet de dégager presque un demi-milliard d’euros de
production et d’être présent sur tous les marchés, du local à
l’international.
L’agriculture dans les Bouches-du-Rhône a su, depuis longtemps,
s’adapter à son environnement et le respecter. Dans la Crau, le
val de Durance et la plaine du Comtat, l’on retrouve ainsi une
situation unique en France. Les agriculteurs des Bouches-du-
Rhône ne prennent pas l’eau, « ils la donnent ». En amenant l’eau
de la Durance jusqu’aux cultures via des kilomètres de canaux
et de filioles78, les agriculteurs injectent plus de 500 millions 78
Filiole : fossé d’irrigation
de m3 d’eau dans les nappes phréatiques, soit plus des deux
tiers de leurs ressources totales. C’est donc logiquement que
les nappes phréatiques sont à leur plus haut niveau durant la
période estivale, lorsque les agriculteurs irriguent leurs cultures.

Indicateurs environnementaux biophysiques


Climat
Le département des Bouches-du-Rhône est soumis à un climat
méditerranéen dans son ensemble.
Les caractéristiques de ce climat sont des températures contrastées,
des précipitations irrégulières, des étés très chauds et secs, des hivers
doux, plus froid dans l’intérieur du département, et il y a des pluies
violentes au printemps et à l’automne. Un vent violent, notamment le
mistral qui souffle près de 100 jours par an avec des pointes à plus de
100km/h.
On peut cependant distinguer plusieurs microclimats dans le
département:
- La partie occidentale est plus ventée car proche de la vallée du
Rhône et moins accidentée,
- La Camargue, la Crau, l’étang de Berre, la Côte Bleue, les
Calanques et la Baie de la Ciotat sont moins arrosés (environ
500 mm/an) que le reste du département certaines zones sont
même les plus arides de France avec seulement 450 mm/an en
moyenne,
96
- La baie de la Ciotat est également plus douce en hiver, avec
de très rares gelées,
- Sur l’ensemble des côtes l’amplitude annuelle est moins forte,
- Les reliefs au-dessus de 600 à 700 m, bénéficient de
précipitations plus importantes (700 à 800 mm/an) et de
températures un peu moins élevées, notamment le massif de
la Sainte-Baume, le massif de l’étoile sur sa partie nord et la
partie septentrionale de la montagne Sainte-Victoire, ainsi que
certaines vallées de ces secteurs,
- Une grande partie de vallée de l’Arc (excepté le village de
Rousset et l’embouchure de la vallée) subit de fortes amplitudes
journalières, surtout en hiver, avec de fortes gelées la nuit.
Géographie

Carte n°51 : Géographie des


Bouches-du-Rhône

Emblématique carrefour des Suds, le département est délimité


au nord par le Vaucluse (84), à l’est par le Var (83), au sud par la
mer Méditerranée et à l’ouest par le Gard (30). La géographie des
Bouches-du-Rhône opposent des plaines occidentales telles que la
Camargue ou la Crau à des hauteurs calcaires à l’est telles que la
montagne Sainte-Victoire ou le massif de la Sainte-Baume.
Bordé par la mer méditerranée avec son littoral attractif (îles, calanques
et falaises), le département a une hydrologie riche, composée de cours
d’eau, de canaux, d’étang et de marrais qui l’irriguent.

97
Chapitre 4 Etude départementale

Le relief départemental présente de part et d’autre de l’étang marin de


Berre des caractéristiques différentes.
A l’Ouest du département, aux pieds de la barre des Alpilles (493m)
s’étendent des plaines cultivées de cultures maraîchères, et les
pâturages camarguais.
A l’Est, se trouvent les massifs calcaires de basse Provence, dont le
sommet culmine à 1041m (massif de la Sainte Baume). L’ensemble
des reliefs buccorhodaniens représentent un peu plus du tiers de la
superficie du département. La plupart sont entamés par les vallées
avec cours d’eau, formant des plaines plus riches où l’on cultive le blé,
la vigne, l’olivier, ainsi que fruits et légumes de Provence.
Qualité des sols
Sous la pression de l’urbanisation, la surface agricole utile a diminué
de 8,7 %, (ce qui correspond à la perte de 1153 ha), et le nombre
d’exploitations de 15,7 % entre 2000 et 2010. Cette tendance
pourrait se poursuivre dans un contexte de vieillissement rapide des
chefs d’exploitation : un exploitant agricole sur trois a 60 ans ou plus
en 2012.

Carte n°52 : Localisation des


En ce qui concerne les forêts, il est difficile de connaître avec précision exploitations agricoles
la surface forestière du département. 180 000 ha selon les données
du Conseil Général soit 40% de la superficie, 110 000 ha selon les
sources de l’inventaire forestier national. Quoiqu’il en soit, tous les
acteurs forestiers s’accordent sur le constat d’un accroissement de
l’espace forestier de 1 à 2% par an, alors que la moyenne nationale des
25 dernières années est de 0,6%.

98
Les forêts des Bouches-du-Rhône sont détenues à plus de 70% par les
propriétaires privés. Une propriété extrêmement morcelée puisque 32
628 propriétaires détiennent moins de 2 ha, et 362 autres se partagent
50% de ces surfaces.
La production de bois d’industrie est anecdotique (300 m3), l’essentiel
étant destiné à la trituration 53420 m3 de conifères et feuillus, 6183 m3
étant dévolus au bois d’énergie.

Graphique n°19 :
Occupation des sols
buccorhodanien

Qualité de l’eau
C’est dans les Bouches du Rhône que le Canal de Provence prend
toute sa dimension d’aménagement à buts multiples, desservant à la
fois des collectivités, des industriels et des irrigants :
- les collectivités : le canal dessert pour leur alimentation en
eau potable près d’une trentaine de communes dont Aix En
Provence en totalité et Marseille pour partie,
- l’irrigation : un tiers du territoire du département est consacré
à l’agriculture. C’est le 1er département de culture sous serres,
le 1er producteur de légumes et le 2ème producteur de fruits de
France. L’ouest du département est majoritairement irrigué par
un maillage complexe de réseaux gravitaires issus de la Durance,
- l’eau des usines : le département est caractérisé par la présence
de grands pôles industriels, mais aussi de nombreuses zones
d’activités et commerciales.

99
Chapitre 4 Etude départementale

Tableau n°27 : Concentration


des principaux polluants des
eaux buccorhodaniennes

Qualité de l’air
Le département des Bouches-du-Rhône est le plus touché de la région
par la pollution de l’air : les grandes zones urbanisées, les réseaux
routiers et autoroutiers, et les grands pôles industriels (pétrochimiques,
maritimes et aéroportuaires) en font une zone d’émissions importante
de polluants atmosphériques.

Tableau n°28 : Emissions


liées aux secteurs
économiques

Tableaux n°29 : Pondération


des différentes émissions
buccorhodanien

Les émissions varient pour chaque polluant en fonction des secteurs


d’activités et des spécificités locales.
Le transport routier (et non routier) est l’un des trois secteurs
majoritairement à l’origine des émissions des polluants sur le
département : notamment pour les particules fines (PM10 et PM25) et
les NOx (véhicules diesel, PL notamment).
Le résidentiel/tertiaire émet essentiellement des polluants liés à la
combustion (CO, SO2 et particules fines) induite par le chauffage
domestique, et les brûlages.

100
L’industrie est très présente sur le département des Bouches-du-
Rhône. Elle contribue pour environ 30 à 40% (NOx, SO2 et particules
fines), et jusqu’à 69% des émissions de monoxyde de carbone.
Risques naturels et technologiques
Risques naturels

Tableau n°30 :
Nombres de communes
buccorhodanniennes
concernées par les risques
naturels majeurs en 2013

Inondations

Carte n°53 : Zone inondable


au 1 juin 2014

Toutes les communes des Bouches-du-Rhône sont concernées


par le risque d’inondation.
Le réseau hydrographique très contrasté engendre des risques
d’inondation variés :

101
Chapitre 4 Etude départementale

- Inondation de plaine, Le Rhône et la Durance sont les


deux grands cours d’eau du département qui peuvent
engendrer des crues de plaine,
- Les remontées de nappe phréatique, qui se produisent
lorsque la nappe affleure un terrain saturé d’eau,
- Les canaux de drainage rural, souvent endigués en
surélévation des sols, ils transitent des débits de crue
importants et exposent les riverains à leur rupture,
- La défaillance des ouvrages de protection (brèches
sur digues), pouvant amener le déversement de volumes
d’eau important,
- Les crues torrentielles qui concernent la totalité des
cours d’eau du département,
- Le ruissèlement pluvial urbain, dû à l’imperméabilisation
des sols, qui occasionne la saturation et le refoulement
du réseau d’assainissement des eaux pluviales,
- Les submersions marines, phénomènes liés à une
conjonction de différents facteurs79, 79
Facteur de submersion
marine : élévation du
- Les tsunamis, dont les trois origines considérées sont : niveau de la mer due à la
un séisme au large des côtes algériennes, un glissement tempête (surcote) associée
de terrain sous-marin le long du littoral, et un mouvement à une faible pression
atmosphérique avec vent fort
de terrain côtier de grande ampleur. à la côte, forte houle ou raz
de marée
Mouvements de terrain
Toutes les communes des Bouches-du-Rhône sont concernées
par le phénomène des mouvements de terrain.

Carte n°54 : Phénomènes de


mouvement de terrain avérés
par commune

102
Les mouvements de terrain ont des origines multiples:
- Le phénomène de retrait-gonflement des argiles
dépendant des conditions climatiques,
- Les tassements et affaissement de sol,
- Les effondrements de cavités souterraines,
- Les glissements de terrain,
- Les écroulement et chutes de blocs,
- Les coulées boueuses,
- L’érosion littorale.
Sismiques
La totalité des 119 communes des Bouches-du-Rhône est
concernée par ce risque, 29 communes sont classées en zone
2, 57 communes en zone 3 et 32 communes en zone 4. Seule
la commune de Sainte Marie de la Mer est classée en zone 1.

Carte n°55 : Zonage


sismique des Bouches-du-
Rhône

Feux de forêts
Avec une superficie de plus de 171 000 ha, forêt et garrigues
couvrent plus d’un tiers (46%) du département. Les zones
de contact entre urbanisation et massifs forestiers sont
particulièrement vulnérables aux incendies et concernent la
plupart des départs de feu. L’ensemble des espaces exposés
à ce risque touche 109 des 119 communes du département.

103
Chapitre 4 Etude départementale

Carte n°56 : Espaces


exposés aux risques
d’incendies de forêts

Climatiques
Les risques climatiques dans les Bouches-du-Rhône peuvent se
décliner essentiellement autour de quatre phénomènes :
- Le vent violent (mistral, tornade),
- Les chutes de neige,
- Les orages et pluies diluviennes,
- La canicule ou les grands froids,
Risques technologiques
Industriels

Carte n°57 : Localisation


des sites SEVESO
buccorhodanien

104
Les Bouches-du-Rhône possèdent 113 sites pollués, parmi
lesquels on compte 57 sites industriels classés « SEVESO »
c’est-à-dire soumis à une réglementation particulière en fonction
des quantités de produits dangereux qu’ils accueillent. Parmi
eux, 40 établissements sont dits « seuil haut » et 17 « seuil bas ».
Nucléaire
Dans les Bouches-du-Rhône, sont implantés quatre sites
nucléaires comportant une ou plusieurs INB80 ou INBS81: 80
INB : Installation Nucléaire
de Base
- Le CEA de Cadarache est un centre d’étude ne
INBS : Installation
81
comportant pas de centrale nucléaire de production
Nucléaire de Base Secrète
d’électricité (CNPE). Consacré aux activités de recherche
expérimentale et de développement dans le domaine
des réactions nucléaires et des diverses applications de
l’énergie nucléaire, le Centre regroupe 20 INB civiles,
une INB secrète (INBS), 160 ICPE et emploie environ
5 000 personnes,
- Le réacteur de fusion ITER, exploité par l’Organisation
internationale ITER, est en construction à proximité
du site,
- L’irradiateur SYNERGY-HEALTH à Marseille,
- La Base aérienne 125 d’Istres est une INBS intéressant
la Défense. Elle assure des missions de dissuasion
nucléaire (Force Nucléaire Stratégique), de protection
(Défense Sol-Air), de projection (plus importante escale
aérienne militaire en France et 1er pôle d’essais en vol).
Transport de matières dangereuses
La forte industrialisation départementale, sa situation
géographique sur les axes de transit Espagne-Italie et Nord-Sud
ont pour conséquence la concentration dans le département
des différents vecteurs de transports et des risques qui y sont
associés :
- Transport par canalisation (gaz naturel, produits
pétroliers et produits chimiques),
- Transport maritime,
- Transport fluvial,
- Transport ferroviaire,
- Transport routier.
Les Transports de Marchandises Dangereuses représentent
un risque spécifique de par leur diversité et la densité de leur
trafic. Les communes situées sur les grands axes de transport,
à proximité de sites industriels, complexes portuaires, etc., sont
les plus concernées par les risques liés à au moins un type de
transport de matières dangereuses.

105
Chapitre 4 Etude départementale

Carte n°58 : Canalisation de


matières dangereuses dans
les Bouches-du-Rhône

Rupture de barrage

Carte n°59 : Onde de


submersion de rupture du
barrage de Serre-Ponçon

Les 5 ouvrages dont l’onde de submersion pourrait concerner le


département sont :
Dans les Bouches-du-Rhône, le barrage voûte de Bimont (Saint-
Marc-de-Jaumegarde) a une capacité de 14 millions de m3. Il est
exploité par la Société du Canal de Provence (SCP). Il stocke
l’eau destinée à l’irrigation agricole et à la consommation urbaine
du sud de la région d’Aix et de l’agglomération marseillaise.

106
Dans les Alpes-de-Haute-Provence sont implantés trois
barrages : barrage en remblai de Gréoux (capacité maximale 78
millions de m3), barrage voûte de Quinson (18 millions de m3),
barrage voûte de Sainte-Croix (potentiel de 767 millions de m3).
Dans les Hautes-Alpes, le barrage en remblai de Serre-Ponçon
a une capacité de 1 200 millions de m3. En cas de rupture du
barrage, une lame d’eau très supérieure à la hauteur d’une
maison se propagerait dans le lit de la Durance avec une
énergie dévastatrice, faisant irruption dans le département par
Saint-Paul-lez-Durance. La hauteur et la vitesse de l’eau ne
deviendraient modérées qu’aux environs de Tarascon.

Tableau n°31 : Nombre de


communes concernées par
les risques technologiques
majeurs en 2013

Département du Var (83)


Indicateurs environnementaux humains
Démographie
Département littoral de Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Var accueille
plus d’un million d’habitants. Sa croissance démographique reste élevée
sous l’effet des migrations résidentielles. L’arrivée de personnes âgées
et le départ de jeunes aux âges d’études contribuent au vieillissement
de la population.

Graphique n°20 : Evolution


démographique du var

107
Chapitre 4 Etude départementale

La répartition de la population, sur le territoire départemental, n'est pas


uniforme. En effet, la zone urbaine de Toulon, concentre une grande
partie de la population, mais celle du nord du département est la plus
dynamique.
Le vaste territoire, situé entre les trois grandes agglomérations de Mar-
seille - Aix-en-Provence, Toulon et Nice, traversé par l'A8 d'est en ouest
et par l'A57 du centre au sud, est appelé le Moyen Var. Les différentes
phases de sa croissance démographique sont liées aux ouvertures de
tronçons d'autoroute, chaque étape élargissant davantage l'influence
des grands pôles urbains.

Graphique n°21 : Effet


En dépit de son caractère fortement urbain ou périurbain et malgré démographique de l’ouverture
son dynamisme démographique exceptionnel, ce territoire est peu des Autoroutes dans le Var
artificialisé : 70% des espaces restent naturels, un quart conserve une
vocation agricole.
Plus de la moitié du solde migratoire provient de territoires frontaliers,
renforçant l’idée d’une migration résidentielle plutôt que professionnelle.
D’ailleurs, parmi les nouveaux arrivants, la moitié travaillent en dehors
du Moyen-Var, contre seulement un quart parmi la population n’ayant
pas connu de migration depuis 2003.
Equipements
La population varoise est située dans sa quasi-intégralité à 7 minutes
ou moins de la plupart des équipements et services de proximité.
Du fait de sa spécificité touristique, les commerces, les services aux
particuliers ou les équipements sportifs et de loisirs sont nombreux. En
revanche, pour la plupart des services de santé, le niveau d’équipement
est comparable à celui de la région.
Toutefois, une commune sur cinq est à plus de 30 minutes d’un
ensemble d’équipements et services supérieurs, comme les services
d’urgence, les lycées, les hypermarchés.

108
Réseau routier
La longueur totale du réseau routier du département du Var
est de 10 352 kilomètres, se répartissant en 195 kilomètres
d’autoroutes, 4 kilomètres de routes nationales, 2 931
kilomètres de routes départementales et 7 221 kilomètres de
voies communales.
La population sur le territoire se concentre le long du littoral et
des axes routiers qui traversent le département d’est en ouest.

Carte n°60 : Réseau routier


et ferré varois

Réseau aérien
L’aéroport international Toulon/Hyères est le principal aéroport
du Département. Le Var compte également 6 aérodromes:
Cuers, Le Castellet, La Mole, Cannet des Maures, Fayence,
Vinon-sur-Verdon.

109
Chapitre 4 Etude départementale

Carte n°61 : Localisation


des aéroports et aérodromes
varois

Réseau maritime
Le réseau maritime varois se concentre principalement sur
Toulon.
Le réseau « Mistral », à Toulon, est le premier réseau de transports
bateaux-bus de France. Ses équipements se modernisent
avec deux bateaux-bus écologiques sans nuisance (100%
électriques).
Toulon est une destination croisière majeure en France et dans
le Var. Bénéficiant d’une situation privilégiée en Méditerranée,
dotés d’infrastructures abritées et sécurisées, les terminaux du
Port de Toulon et notamment le terminal croisière de la Seyne-
Sur-Mer offrent la possibilité d’accueillir les plus grands bateaux
de croisière actuellement déployés en Europe.
A l’ouest de Toulon, le site de La Seyne Brégaillon est
essentiellement orienté vers le fret roulier.
Economie
Dans le Var, plus d’un emploi sur quatre est un emploi public en
2011. Un emploi sur douze appartient notamment au secteur de la
défense. L’économie du département est également très orientée vers
la satisfaction des besoins des résidents et des touristes. L’industrie de
son côté ne représente que 6,4% des emplois, et l’agriculture 1,8%.
Enfin, le secteur de la construction concentre 8,0% des emplois, soit
un point au-dessus de la part régionale.
Mais l’économie du Var n’offre pas assez d’emplois à sa population
active en forte croissance.

110
Les Varois sont nombreux à continuer à travailler à l’extérieur du
département, dans les grands pôles situés à proximité (Aix-en-Provence,
Marseille, Cannes et Antibes).
Ce phénomène contribue à l’accroissement du nombre de navettes
domicile-travail vers l’extérieur (+ 12,2% en 5 ans). Ainsi, des Varois
partent travailler dans un autre département tandis que d’autres y
travaillent mais n’y résident pas.

Carte n°62 : Déplacements


domicile-travail varois

Tourisme
Disposant d’un grand nombre de résidences secondaires,
campings et hôtels, le département double sa population en été.
Le secteur tertiaire est ainsi surreprésenté (83,8 % des emplois).
Agriculture
L’activité agricole du Var s’articule autour de deux productions
majeures : vins et fleurs. Ce qui représente 85% de la potentialité
agricole du département.
Vigne
La vigne est la première ressource de l’agriculture varoise. Le
Var est le sixième producteur de vins en France. Les vignerons
s’adressent notamment à une clientèle d’estivants amateurs des
vins de Provence.
Horticulture
Les fleurs coupées, les plantes en pots ou à massif génèrent 2/3
du chiffre d’affaire. Le tiers restant correspond à la production
de pépinières.

111
Chapitre 4 Etude départementale

A côté des deux poids lourds de l’économie agricole varoise,


les productions maraîchères (6,2% des recettes agricoles en
« 2007 ») et arboricoles (4,8%) bien qu’en régression, restent
toutefois notables en termes économiques.
L’agriculture occupe encore 17% de l’espace départemental.
Les sols boisés se sont accrus depuis 1990, principalement par
colonisation naturelle des terres sans usage agricole.
Armée
Le Var est le premier département militaire de France avec près
de 25 000 militaires. Les composantes de la Force d’Action
Navale, de l’Escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque, et
de l’Armée de Terre qui y sont cantonnés, participent en effet à
partir de Toulon, à toutes les actions militaires et projections de
forces importantes auxquelles notre pays est appelé à participer.
Un emploi sur douze appartient au secteur de la défense.
La base navale de Toulon s’est développée jusqu’à regrouper
aujourd’hui 70% de la flotte française, elle est également le
premier site industriel du Var.
Véritable poumon économique de la région, la base navale crée
une activité socio-économique durable autour de l’industrie
navale. Environ 15 000 marins sont affectés en son sein, sans
compter les personnels du privé qui concourent à l’entretien des
bâtiments, des personnels et des infrastructures, faisant de ce
port militaire le premier site industriel du Var. Premier employeur
du Var avec plus de 20 000 personnels civils et militaires
(un habitant sur cinq de l’agglomération Toulon Provence
Méditerranée est un marin ou civil de la marine).
La marine fait vivre de nombreuses entreprises grâce aux
contrats passés notamment avec le service de soutien de la
flotte ou le commissariat de la marine, et fait passer la base
navale toulonnaise au premier rang des sites industriels et le
premier employeur du département (plus de 2500 entreprises
sous contrat).
Enfin, avec en son sein des entreprises de pointe (telles que
DCNS ou NAVFCO), installées à demeure, la base navale de
Toulon est au cœur du pôle de compétitivité mer.
Ainsi, avec une superficie de seulement 7% de Toulon, la marine
injecte chaque année plus d’un milliard d’euros dans l’économie.
A titre d’exemple, les achats alimentaires représentent à eux
seuls 17 millions d’euros par an dont 80% proviennent de la
région et 50% du département.

112
Indicateurs environnementaux biophysiques
Climat
Le Var possède principalement un climat méditerranéen, sec avec de
fortes chaleurs. Chaque été, les températures grimpent au-delà de
30 °C la journée et 15 °C la nuit et certains jours des pics de 35°C
peuvent être observés à l’intérieur des terres. La canicule est présente
quasiment chaque année.
Toutefois, la lisière nord du département possède un climat montagnard
avec de fortes gelées hivernales et quelques chutes de neige, et les
îles d’Hyères bénéficient inversement d’hivers doux grâce à l’influence
maritime.
Les fortes précipitations saisonnières (surtout automnales) amènent à
des inondations, régulièrement dévastatrices.
Géographie
Le département du Var est limitrophe des départements des Bouches-
du-Rhône à l’ouest, du Vaucluse (sur quelques centaines de mètres à
peine), des Alpes-de-Haute-Provence au nord, des Alpes-Maritimes à
l’est, et est baigné par la mer Méditerranée au sud.
Il a été formé à partir du Comté de Provence et constitue une superficie
de 6032 km2 avec 420 km de littoral (îles incluses).
Le département du Var est l’unique département français portant le
nom d’un élément géographique qui n’est pas présent sur son territoire.

Carte n°63 : Géographie


du Var

113
Chapitre 4 Etude départementale

Il s’étendait auparavant jusqu’au cours d’eau éponyme, lequel était


une frontière naturelle séparant la France du Comté de Nice. C’est
le rapprochement en 1860 de l’arrondissement de Grasse avec les
Alpes-Maritimes qui en a modifié la géographie administrative, et qui
fait qu’aujourd’hui le fleuve Var ne coule plus dans son département.
L’Argens est le principal cours d’eau qui traverse le département
d’ouest en est.
Le Var possède un relief varié avec deux parties géologiquement
différentes: la partie calcaire (Massif de la Sainte Baume, Plan de
Canjuers) au nord d’un axe Toulon-Draguignan, et une partie cristalline
au sud (massif des Maures, et de l’Esterel).
Qualité des sols
Peu industrialisé, le Var détient sur son territoire une trentaine de sites
pollués (au sens BASIAS du terme…).
A cela s’ajoute le fait que la part d’agriculture bio (sans produits
phytosanitaires) se développe passant de 9.3% en 2008 à 17.7% en
2012.

Graphique n°22 :
Occupation du sol varois

Qualité de l’eau
Dans le Var environ la moitié des volumes utilisés provient d’eau de
surface, l’autre moitié est issue des eaux souterraines.
Environ la moitié des communes du Var utilisent exclusivement des
ressources en eau souterraine pour l’alimentation en eau potable et
seulement à peine 10 % des communes sont alimentées par de l’eau
de surface exclusivement.

114
Les différentes zones du Var n’ont pas le même potentiel aquifère :
- le nord et l’ouest du Var, les formations calcaires, ont une
ressource souterraine abondante,
- plusieurs nappes alluviales aux embouchures des principaux
fleuves présentent un fort potentiel aquifère,
- l’est et le sud-est, les sous-sols cristallins ou volcaniques, sont
en grande partie imperméables, et leurs ressources proviennent
des retenues de surface.
Bien que le Var soit naturellement bien pourvu en eau souterraine,
les eaux de surface représentent la moitié des ressources d’eau
potable. Les eaux de surface sont de moins bonne qualité que les
eaux souterraines car elles ne sont pas filtrées par le milieu naturel
et sont vulnérables aux pollutions. Ces eaux de surface proviennent
essentiellement des retenues départementales.

Tableau n°32 : Concentration


des principaux polluants des
eaux varoises

Qualité de l’air
Le Var est un département hétérogène en termes de qualité de l’air. La
bande côtière, très urbanisée (Toulon, Fréjus Saint-Raphaël) engendre
une pollution liée aux transports et aux activités domestiques. Dans
cette zone, les principaux polluants émis sont le dioxyde d’azote (NO2)
et des particules fines (PM10 ). Les émissions de polluants du littoral
varois connaissent par ailleurs une forte saisonnalité, avec l’afflux de
touristes durant l’été.
Dans l’arrière-pays, en revanche, les sources d’émissions de polluants
sont beaucoup moins nombreuses, en dehors de quelques zones
urbanisées, et des grands axes routiers et autoroutiers. Le Parc Naturel
Régional du Verdon occupe toute la frange nord du département.
Dans ces zones rurales et périurbaines, l’ozone (O3 ) est le polluant
problématique.
Le département comporte peu d’activités industrielles fortement
émettrices de polluants atmosphériques.

115
Chapitre 4 Etude départementale

Tableau n°33 : Emissions


liées aux secteurs
économiques

Tableaux n°34 : Pondération


des différentes émissions
Varoises

Risques naturels et technologiques


Risques naturels
Feux de forêts
Toutes les communes du département sont concernées par ce
risque.
Ce risque est accentué par la conjugaison de facteurs aggravants
présents dans le département.
Des facteurs climatiques : des vents forts, la sécheresse et les
fortes chaleurs qui rendent la végétation fortement inflammable
et combustible.
Des facteurs topographiques : des massifs souvent non
isolés les uns des autres facilitant le passage du feu, un relief
quelquefois tourmenté qui accélère le feu à la montée ; la
végétation importante qui caractérise les massifs forestiers du
département.
Des facteurs anthropiques82 : l’embroussaillement de zones 82
Facteurs d’origine humaine
rurales consécutif à la déprise agricole, une urbanisation
diffuse très étendue, une fréquentation croissante des espaces
boisés, des zones habitées au contact direct de l’espace
naturel, le débroussaillement réglementaire trop peu respecté,
les dépôts d’ordure (autorisés ou sauvages), la présence de
lignes électriques.
Tous ces facteurs accroissent la surface de contact entre
les espaces naturels combustibles et les habitations, ce qui
augmente les risques d’incendie.
116
Carte n°64 : Surface
parcourue par les grands
incendies depuis 1958

Inondations
Dans le département, 132 communes sont soumises à l’aléa
inondation, qui se manifeste sous plusieurs aspects :
- Les inondations de plaine, le long de L’Argens, du
Gapeau, de la Môle, et de la Giscle,
- Les remontées de nappes phréatiques, phénomène
pouvant perdurer et correspondre à des « poljés83 », 83
Poljé : cuvette formée d’un
ancien étang au sol argileux.
- Les crues torrentielles, affectant autant les petits cours
d’eau côtiers comme le Grand Vallat, la Reppe, le Batailler,
le Préconil, que de nombreux cours d’eau secondaires qui
drainent des bassins versants de moindre importance (à
écoulements permanents ou non) et affluents des cours
d’eau précédents ou côtiers,
- Le ruissellement pluvial urbain,
- Les submersions marines.
Mouvements de terrain
Toutes les communes du Var sont concernées par les
mouvements de terrain ayant des origines multiples :
- Les effondrements de cavités souterraines, pouvant
être naturelles (dissolution karstique84), ou anthropiques 84
Dissolution de matériaux
(mines et carrières abandonnées). Dans le département, solubles (calcaire, sel, gypse,
etc.)
118 sites et cavités souterraines ont été inventoriés, dont
70 mines et 48 carrières,
117
Chapitre 4 Etude départementale

Carte n°65 : Localisation des


mines et carrières varoises

- Les tassements et affaissements de sol, sous l’effet


de surcharge (construction, remblais) ou en cas
d’assèchement (drainage, pompage),
- Le retrait-gonflement des argiles,
- Les glissements de terrain,
- Les écroulements et les chutes de blocs,
- Les coulées boueuses,
- L’érosion littorale, qui menace quelques kilomètres de
linéaire côtier, dans un département qui compte 400 km
de rivages marins.
Sismiques
Dans le Var, 82 communes sont classées en risque négligeable
(zone 0), 50 en zone de sismicité très faible mais au risque non
négligeable (Ia), et 21 en zone de sismicité faible (Ib).
Les effets induits de séismes marins sont à prendre en compte
sur le littoral est varois (effet de vague de type Tsunami), là où la
concentration de population est forte, en particulier pendant la
période estivale.

118
Carte n°66 : Aléa sismique
varois

Climatiques
Le Var subit des phénomènes violents, qui peuvent faire des
victimes, désorganiser la vie quotidienne, couper les voies de
communication, la distribution d’énergie, etc.

Tableau n°35 : Risques


naturels majeurs par
communes varoises

- Les orages et pluies diluviennes, Certains orages


typiques des régions méditerranéennes peuvent apporter
des quantités d’eau représentant la moitié ou plus de la
moyenne annuelle en seulement quelques heures,

119
Chapitre 4 Etude départementale

- Les vents violents,


- La neige et le verglas,
- La canicule et le grand froid.
Risques technologiques
Industriels
Le Var compte 11 établissements SEVESO dont 10 classés «
seuil haut » (5 civils et 5 militaires) et 1 classé « seuil bas ».

Carte n°67 : Localisation des


sites SEVESO dans le Var

Rupture de barrage
Le département compte 23 ouvrages sur son territoire générant
ce risque, auxquels il faut ajouter 2 barrages des Alpes-de-
Haute-Provence, 1 des Hautes-Alpes.

120
Carte n°68 : Communes
varoises concernées par le
risque de rupture de barrage

Transport de matières dangereuses


Dans le Var, toutes les communes sont susceptibles d’être
concernées par ce risque du fait des livraisons de carburants
et combustibles. Cependant, seules les communes situées
sur les axes de transit les plus importants ou comportant une
configuration urbaine particulière (nœuds routiers, voies étroites,
pentes fortes, concentrations urbaines...etc.) sont soumises à
des risques plus forts. Par ailleurs, 49 communes sont soumises
au risque spécifique de transport de matières dangereuses par
les canalisations souterraines du gazoduc et de l’oléoduc.
Dans le département du Var, les transports de matières
dangereuses se font principalement par voie routière, selon un
réseau très maillé.
Un trafic important d’hydrocarbures et de produits chimiques
s’effectue par voie ferrée, vers la vallée du Rhône, l’Italie et
l’Espagne. Les gares de triage représentent des sites à risques
particuliers liés aux opérations de manutention, aux quantités et
aux volumes en attente d’expédition, à l’hétérogénéité et à la
« compatibilité » des matières présentes.

121
Chapitre 4 Etude départementale

Carte n°69 : Localisation des


ouvrages de transport des
produits pétroliers enterrés

Nucléaire
Dans le Var, les activités nucléaires de la défense sont regroupées
dans le périmètre de la base navale de Toulon. Au sein de cette
emprise d’une superficie d’environ 190 hectares, trois zones
géographiques sont plus particulièrement concernées :
- la zone d’accueil et d’entretien des sous-marins
nucléaires d’attaque (SNA) qui comprend notamment
une installation nucléaire de base secrète (INBS),
- la zone d’accueil du porte-avions « Charles de Gaulle »
située à l’ouest de la base navale,
- la zone réservée aux entretiens de longue durée de ce
porte-avions située à l’est de la base navale,
Par ailleurs, trois communes du Var (Rians, Ginasservis
et Vinon-sur-Verdon) riveraines du CEA de Cadarache,
peuvent se trouver exposées au risque nucléaire. Le
CEA Cadarache est un centre d’études et non pas une
centrale nucléaire de production d’électricité (CNPE).
Consacré aux activités de recherche expérimentale et de
développement dans le domaine des réactions nucléaires
et des diverses applications de l’énergie nucléaire.
122
Tableau n°36 : Risques
technologiques majeur par
communes varoises

Département du Vaucluse (84)


Indicateurs environnementaux humains
Démographie
Le tiers de la population vauclusienne (546 600 habitants en 2011)
vit dans une des quatre communes de plus de 25 000 habitants du
département.
L’aire urbaine d’Avignon couvre près de la moitié de la superficie du
Vaucluse et déborde sur les départements voisins des Bouches-du-
Rhône et du Gard. Elle regroupe, dans sa partie vauclusienne, les trois
quarts de la population départementale.

Carte n°70 : Répartition de


la population vauclusienne

123
Chapitre 4 Etude départementale

C’est à l’ouest du département, le long du couloir rhodanien, axe


historique de communication, que l’urbanisation se développe.
La basse vallée de la Durance, frontière méridionale avec les Bouches-
du-Rhône, concentre également la population, avec les pôles de
Cavaillon et Pertuis.
Le nombre de Vauclusiens employés dans le département est stable.
En revanche, ils sont beaucoup plus nombreux à sortir du département
pour se rendre sur leur lieu de travail.
L’aire urbaine d’Aix-Marseille draine ainsi quotidiennement plusieurs
milliers de Vauclusiens, par proximité naturelle (bassin de Pertuis) ou
grâce aux liaisons multiples depuis Cavaillon et Avignon, telles que
l’autoroute A7, les TER ou la LGV sud-est ouverte depuis 2001.

Graphique n°23 :
Croissance démographique
vauclusienne

Equipements
Département se trouvant au carrefour des régions Languedoc-
Roussillon, Rhône-Alpes et Paca, le Vaucluse est bien doté en
équipements et services, notamment de transport. Axe de transit majeur
entre le Nord et le Sud. Il est traversé par d’importantes infrastructures
de transport routier (autoroutes A7 et A9, une route nationale, un
réseau départemental extrêmement développé), et par le réseau ferré
(ligne TGV, grandes lignes, TER, fret).
L’accessibilité à l’ensemble des équipements et services est très
bonne. Seules quelques petites communes des pays du Ventoux ou du
plateau de Sault se situent à plus d’un quart d’heure en moyenne du
panier des équipements intermédiaires, ou à plus d’une demi-heure de
celui des équipements supérieurs.
Economie
Tourisme
Le Vaucluse abrite des sites naturels exceptionnels sur le
plan environnemental et paysager comme le mont Ventoux, le
Luberon, les Dentelles de Montmirail, les gorges de la Nesque,
Fontaine-de-Vaucluse, le Colorado provençal…
124
Le département possède un patrimoine protégé d’une grande
diversité. Il tire également sa renommée culturelle des arts
vivants qui s’y expriment à travers de multiples manifestations
et festivals qui génèrent un afflux important de population
touristique.
Agriculture
Plus de la moitié du territoire est consacrée à l’agriculture, soit le
double de la moyenne régionale.
Ses paysages sont encore modelés par les vignes, les cultures
fruitières et maraîchères, voire des plantations plus spécifiques à
la région, comme la lavande sur les reliefs plus prononcés.
L’activité agricole du Vaucluse s’organise autour de trois
productions majeures : les vins, les fruits et les légumes qui
représentent à eux trois 82% de la production agricole du
département.
Vigne
C’est la première ressource de l’agriculture vauclusienne.
La viticulture contribue pour 40% à la richesse agricole du
département.
Le département est aussi le premier producteur national de bois
de plants de vigne, et de raisin de table.
Fruits
La production fruitière contribue pour 30% à la richesse agricole
départementale.
Le département compte une exploitation sur cinq ayant une
activité dominée par la culture de vergers.
Légumes
Les 430 exploitations de la filière « légumes frais » compte pour
12% à la richesse agricole du département.
L’agriculture est une composante majeure du territoire vauclusien.
Ce potentiel est aujourd’hui fortement menacé par une pression
foncière et une expansion urbaine croissantes.
Les petites exploitations disparaissent plus rapidement au profit
des grandes qui continuent ainsi de s’étendre. Le renouvellement
des exploitants qui partent à la retraite n’est plus entièrement
assuré par les jeunes générations. Leurs exploitations sont donc
reprises par des agriculteurs déjà en place qui agrandissent
ainsi les leurs. La faible part des terres agricoles non reprises
est vouée à l’urbanisation.
Une démarche partenariale tripartite s’appuyant sur la volonté
partagée (de l’Etat, la Chambre d’Agriculture, et maire des
communes) de préserver les espaces agricoles, du mitage et
d’une extension urbaine peu maîtrisée.

125
Chapitre 4 Etude départementale

Industrie
L’industrie est également assez présente avec 10% de l’emploi.
Historiquement fondée sur la transformation de la production
agricole, l’industrie vauclusienne a connu une extension vers des
secteurs plus spécialisés de la manufacture. Puis l’installation
de pôles de production majeurs, notamment au nord de
l’agglomération avignonnaise.
Le secteur industriel est peu dense, subissant des vagues de
réductions importantes d’effectifs à partir des années 1980.
L’industrie de la transformation agricole vauclusienne est assurée
par les PME85, souvent familiales et d’implantation historique. PME : Petites et Moyennes
85

Entreprises
Indicateurs environnementaux biophysiques
Climat
Le climat du Vaucluse est de type méditerranéen, avec cependant
une note continentale marquée liée à l’emplacement géographique
particulier à l’intérieur de la Provence et aux reliefs.
Les caractéristiques du climat sont :
- des températures contrastées, avec une amplitude annuelle
d’environ 18°C,
- des précipitations irrégulières : il y a moins de 80 jours de
pluie par an et elles tombent sous forme d’averses brutales au
printemps et surtout à l’automne,
- l’été est chaud et sec, et l’hiver peut être doux comme
absolument glacial dès que souffle le mistral,
- des vents violents, (surtout le mistral) qui souffle près de 100
jours par an avec des pointes à 100 km/h.
Géographie
Le Vaucluse est limité à l’ouest par le Rhône, au sud par la Durance,
à l’est par les contreforts des Alpes (Mont Ventoux et Dentelles de
Montmirail).
Avec une superficie de 3 567 km2, le Vaucluse est le plus petit
département de la région.
Le département se partage entre une zone de montagne et moyenne
montagne composée de reliefs calcaires avec notamment le Mont
Ventoux (plus de 1 900 m), les monts de Vaucluse, le plateau de Saint-
Christol et le massif du Luberon et une zone de riches plaines, où se
concentrent agriculture, urbanisation et grandes infrastructures.

126
Carte n°71 : Géographie
vauclusienne

Qualité des sols


Le département compte une trentaine de sites pollués principalement
impactés par des pesticides et des hydrocarbures, en relation avec la
prépondérance du secteur agricole.

Graphique n°24 :
Occupation des sols
vauclusien

127
Chapitre 4 Etude départementale

Qualité de l’eau
Les volumes prélevés sur des eaux de surface proviennent uniquement
de la prise d’eau sur la Durance au niveau de Pertuis qui appartient au
syndicat Durance Lubéron.
Le total des volumes d’eau produits dans le département est de
57 402 380 m3.
Le département de Vaucluse présente une très bonne qualité de l’eau.
Un seul captage présente des teneurs élevées en nitrates. On relève,
cependant, la présence de pesticides sur un certain nombre de forages.

Tableau n°37 : Concentration


des principaux polluants des
eaux vauclusiennes

Qualité de l’air
Le Vaucluse se décompose en deux territoires différents en termes de
qualité de l’air.
Les principales sources de pollution du département se situent à l’ouest,
dans la vallée du Rhône où les zones urbanisées, les axes routiers et
autoroutiers, les activités industrielles et les activités agricoles sont
concentrés. La majorité de la population du département réside dans
ces zones.
À l’est, le territoire comporte de vastes espaces naturels, dont le parc
naturel régional du Luberon, avec de faibles émissions de polluants.
Le secteur agricole reste le plus émetteur sur cette partie du
département.
Le Vaucluse contribue à moins de 15% des émissions de polluants
classiques réglementés de la région PACA. Les principaux secteurs
émetteurs du territoire sont le transport routier, et le secteur résidentiel/
tertiaire. Ils contribuent à un peu plus de 80% des émissions en NOx, et
un peu plus de 60% des émissions en particules fines (PM10 et PM2,5).
Des spécificités sont observées pour certains polluants comme les
émissions de dioxyde de soufre, associées principalement au secteur
industriel, qui sont moins importantes, et en lien avec la diminution de
l’utilisation des combustibles soufrés par les industries.
Le département est équipé de 5 stations de mesure réparties dans le
territoire dont aucune ne mesure le monoxyde de carbone (CO).
128
Tableau n°38 : Emissions
liées aux secteurs
économiques

Tableaux n°39 : Pondération


des différentes émissions
vauclusiennes

Risques naturels et technologiques


Risques naturels
Inondations

Carte n°72 : Localisation


des zones inondables
vauclusienne

147 des 151 communes du département sont répertoriées


comme étant concernées par le risque d’inondation.

129
Chapitre 4 Etude départementale

Dans le Vaucluse, toutes les crues de rivière sont des crues


torrentielles, sauf celles concernant le Rhône, le bassin des
Sorgues et, dans une moindre mesure, la Durance. Ce qui
n’exclut pas les autres types d’inondation que l’on retrouve dans
le département :
- Remontée de nappe phréatique du Rhône notamment,
- Inondation par rupture d’ouvrages,
- Inondation par ruissellement sur les surfaces
imperméabilisées.
Incendies
Le Vaucluse comporte plus de 150 000 ha de forêts, landes et
garrigues soit 41% de la superficie du département.
Sur les 151 communes vauclusiennes, 150 sont concernées
par ce risque.
Certaines zones sont toutefois plus exposées comme le
Luberon, les Monts de Vaucluse et le massif d’Uchaux, en raison
des essences végétales, de la configuration des lieux, et de
l’urbanisation se trouvant à proximité des zones forestières.
De 1987 à 2006 les superficies brûlées s’élèvent à près de 4
600 ha au total, avec de fortes variations annuelles. Il en résulte
des modifications de la couverture végétale qui aggravent les
phénomènes d’érosion et les conditions de ruissellement des
eaux superficielles

Carte n°73 : Répartition du


risque feu de forêt dans le
Vaucluse

130
Mouvements de terrain
109 communes du département sont concernées par les
mouvements de terrain qui sont de plusieurs types :
- Les effondrements de cavités souterraines pouvant
être naturelles dus au phénomène de karstification86, ou 86
Création de grottes, aven,
anthropique (57 anciens puits miniers et 68 anciennes boyaux par dissolution des
éléments soluble d’une
carrières sont recensés),
formation rocheuse calcaire.
- Le phénomène de retrait-gonflement des argiles,

Carte n°74 : Localisation


du risque retrait-gonflement
vauclusien

- Les tassements et affaissements de sols,


- Les glissements de terrains par rupture d’un versant
instable,
- Les éboulements et chute de blocs,
- Les coulées boueuses.
Sismiques
La totalité des 151 communes de Vaucluse est concernée
par ce risque, 121 communes sont classées en zone 3 et 30
communes en zone 4.
La chronique historique (remontant jusqu’au 11e siècle) dégage
des axes majeurs : la moyenne Durance, la région de Cavaillon,
la plaine du Comtat (axe Bédarrides-Carpentras) et peut-être
un quatrième dans l’est du Vaucluse et la région de Sault.

131
Chapitre 4 Etude départementale

Entre 1227 et 1986, on dénombre 52 secousses. Trois d’entre


elles ont été fortes (1227, 1763, 1909).
Climatiques
Si le risque tempête n’est pas identifié en tant que tel dans le
Vaucluse, le département subit néanmoins des phénomènes
violents qui peuvent faire des victimes, désorganiser la vie
quotidienne, couper les voies de communication, la distribution
d’énergie, etc.
Radon
Certaines communes du département présentent des facteurs
géologiques particuliers pouvant faciliter le transfert du radon
vers les bâtiments.
Le département compte 31 communes « à potentiel faible mais
sur lesquelles des facteurs géologiques particuliers peuvent
faciliter le transfert du radon vers les bâtiments », regroupées
près des failles tectoniques importantes ou dont le sous-sol
abrite des ouvrages miniers souterrains.
Les autres communes sont considérées « à potentiel faible »
car elles sont localisées sur des formations géologiques
présentant les teneurs en uranium les plus faibles (formations
calcaires, sableuses et argileuses constitutives des bassins
sédimentaires).

Carte n°75 : Localisation du


risque radon en Vaucluse

132
Tableau n°40 : Nombre de
communes concernées par
les risques naturels majeurs

Risques technologiques
Industriels
Le département vauclusien compte 3 établissements « Seveso
seuil haut » à Bollène et à Sorgues.
Ainsi que 2 « Seveso seuil bas » à Caderousse et à Le Thor.
Transport de matières dangereuses
Le Vaucluse est placé sur l’un des carrefours européens les plus
denses en matière de transport de matières dangereuses.
Dans le Vaucluse, 72 communes sont susceptibles d’être
concernées par le risque de transport de matières dangereuses
du fait des livraisons de carburants et combustibles. Cependant,
seules les communes situées sur les axes de transit les plus
importants ou comportant une configuration urbaine particulière
(nœuds routiers, voies étroites, pentes fortes, concentrations
urbaines) sont soumises à des risques plus forts.
Tous les secteurs d’activité font transiter leurs matières
dangereuses par transport routier pour sa souplesse
d’utilisation. Ce type de transport est le plus exposé car les
causes d’accidents sont multiples.
Le transport ferroviaire est plus sécurisé. Dans le département
de Vaucluse, un transport important d’hydrocarbures et de
produits chimiques s’effectue par voie ferrée vers l’Espagne. En
gare de triage d’Avignon se trouve une plateforme intermodale
(Rail/Route) pour le transport de semi-remorques, augmentant
d’autant le risque résultant des diverses manutentions.
Le département compte aussi 57 communes soumises au
risque spécifique de transport de matières dangereuses par les
canalisations souterraines.

133
Chapitre 4 Etude départementale

Le Rhône couvre l’axe fluvial principal de la région entre Lyon Carte n°76 : Voies de
et Fos-sur-Mer. Le département possède deux ports fluviaux : transfert des matières
dangereuses87 en Vaucluse
Courtine (sur Avignon) et Le Pontet. Les transports de
matières dangereuses, essentiellement en transit sur la partie TMD : Transfert de
87

Matières Dangereuses
vauclusienne du Rhône, représentent environ 20% de la part
totale transportée par la voie fluviale.
Rupture de barrage
Le département du Vaucluse compte 17 ouvrages (barrages
hydroélectriques et endiguements) de taille modeste (7 m à 20
m de hauteur) qui sont construits sur le Rhône notamment, à
Caromb (barrage du Paty), Rustrel, Saint-Saturnin-lès-Apt et Apt
(plan d’eau de la Riaille).
Plusieurs communes du Vaucluse peuvent être concernées par
l’onde de submersion générée par la rupture de barrages situés
en amont du département (Serre-Ponçon sur la Durance, Sainte-
Croix, Gréoux et Quinson sur le Verdon).
Nucléaire
Dans le Vaucluse, 11 communes se trouvent dans un périmètre
concerné88 par le risque nucléaire, bien que les trois sites 88
Pour le CEA Cadarache,
nucléaires soient situés dans les départements limitrophes. Il la plate-forme de Marcoule
et le complexe nucléaire
s’agit de Tricastin (Drôme), Cadarache (Bouches-du-Rhône) et du Tricastin, les périmètres
Marcoule (Gard). des PPI sont de 5 km de
rayon autour du Centre pour
l’évacuation et jusqu’à 10
km pour l’absorption des
comprimés d’iode autour du
CNPE Tricastin.

Carte n°77 : Localisation des


canalisations de transport
de matières dangereuses en
Vaucluse

134
135