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et la fusariose

ljoasisde riguig: l'irrigation


(bayoud)
vasculaire

Boukkatr4.et HakkouA.
ktbo. Biochintie, Dprt. Biologie, Fac. Sciences,Université Mohanted l,
60 000 Oujda, Maroc.
Vol.l-2.2004
ALAWAMIA109-110. 29

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Résumé
Les pluies dans l'oasis cleFiguig sotû reres, lesprécipitations atntospltériques sonttèsfaibles
et inférieures à 100mm par an. Izs palmeraies de I'oasis sont irriguées principalement par des
sourcessouterraines:717ades palmiers dattiers sont irrigués par les retaras (foggara),217o
par lespuit.s et 87cpar les eaux d'inondations pluviales (en bour). Parmi les retaras, la source
Tzaclertest la plus importante, puisqu'elle irrigue 39Vode I'ensemble de Ia population plrcéni-
cicole de I'oasis contre 3l%opour les autres retaras. L'en.quêteréalisée sur le terrain u révélê
aussi que le degré d'attaque de Ia fusrtriose vasculaire dépend de Ia source d'eau, de la fré-
quence d'irrigation et de la qualité physico-chimique des eaux. Ainsi, Ies palmiers dattiers qui
reçoivent beaucoup d'eau sont les plus vulnérables vis à vis du Bayoud. Les eaux clzaudes(28 à
34"C) ou acides (pH de 6 à 6,5) favorisent I'attaque des variétés sensiblespar Lechampigrtort
pathttgène. Les eaux de puits rekûivement clrurgées en sel semblent, cependant,affaiblir cette
attaque.

fusariosevasculaire(Bayoud),palmierdattier,oasisde
Mots clés : Eauxd'irrigation,
Figuig.

Abstract
Rains in the oasis of Figuig are r&re, the amtospheric prccipitations are very weak (below 100
mms per year). Date palm groves of the oasis are irrigated nminly b)' the underground spring-
water Foggara occupy 717o,wells 217c whereas date palms irrigated by tlte pluvial lloodings
represent87o.Antong foggara, the Tzatlen source is tlrc m.ostitltportant, since it irrigates 39Va
of the whole of date palms of the oasis again.st3lTofor the otherfoggara. The suruey revealed
ilwt the degree of attack of tlrcfusarium wilt dependson tlrc source of watef thefrequency of ir-
rigatiotz, and the physico-chemical quality of waters. Date pulnts that receive large atnounts of
water are the most vulnerable to the Bayoud. Hot waters (28 up to 34'C) or acidic one (pH 6 to
6.5,)encourage the infection of sensible varieties by fungus pathgen. Water of wells, relatively
loatled with salts,seemsdecreasingthis attack.

Key words : lrrigationwaters,Fusariumwilt(Bayoud),datepalm,oasesof Figuig.


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Introduction
L'oasisde Figuig, à 900 m d'altitude, s'étendsur une quinzainede kilomètlescarrés,constituant
ainsi un îlot de verdureentouréd'immensesétenduesdésertiques,parseméesde nomadespas-
teurs.Elle est parmi les plus anciennesoasisde la frange septentrionaledu Sahara,sa localisa-
tion se cat'actérisepar une situationbien particulière: aux poftesdu désertet sur les confins al-
géro-marocainsà proximité immédiatede la frontière (latitude: 32' 07' N, longitude:01' 14'
W). Ses habitations sont regroupéesdans sept Ksour : sur le plateauNord on trouve Loudaghir,
Lamâïze, Ouled Slimane, Hammame Tahtani,Hammam Foukani et Laâbidateet au Sud. en
contrebasde 30 mètrcs environ par rapport au précédent,le Ksar Zénaga.Ces Ksour sont tous
liés entre eux par I'extensionrécentede I'espacebâti, sinon par les jardins plus ou moins ver-
doyants de la palmeraie proprement dite étenduesur une superficie totale de 700 hectaresenvi-
ron.
Loasis de Figuig se trouve en plein domainesaharien,ni les précipitationsatmosphériques très
faibles (inférieuresà 100 mm par ans) ni le cours de I'oued Zousfana,actuellementinexploité,
ne permettraientd'irriguer les culturesde la palmeraie.Ce facteur de pluviométriea d'ailleurs
une répercussiondirectesur les sourcesd'eau superficielleset souterrainesmobiliséespour I'ir-
rigation de la palmeraiede Figuig.
La palmeraiehorticole de Figuig, danspresquesa totalité,est irriguéepar deseauxsouterraines,
qui se situentdans leur quasi totalité dans la partie supérieuredu bassin(BREIL et al. 1977).
Ces eaux débouchenten surface,grâce à une trentainede retaras,pour être répartiesdans les dif-
férentes zones de la palmeraie. Le débit moyen de ces sourcesest de 2OOà 220 litres par se-
conde (Source: Bulletin Officiel N" 3292 du 3 décembre1975,pp. 1395-1426),qui est beau-
coup plus faible aujourd'hui à causede la sécheresse, et I'abandonde plusieursde cesretarasen
témoigne.Cette quantitéd'eau doit normalementsubveniraux besoinsde 650 hectaresirrigués
de la pafmeraie (BENCFIERIFA et POPP 1990). Mais laréalité, est autre. Malgré le creusement
de quelquesdizainesde puits, le manqued'eau et la qualité médiocrede celle pompéeà partir
de ces puits ont laissé des tracesdésolantessur une palmeraiejadis luxuriante.
Malgré son importancesur le plan agronomiqueet sespotentialitésen ressourcesphytogéné-
tiques, la palmeraie de Figuig reste I'exemple le plus frappant du type de palmeraiesmal
connues au Maroc. Cette palmeraie possèdede bonnes capacitéspour effectuer une phoénici-
culture assurantun rendementsatisfhisant,mais trois facteursentraventson développement:
fl Les méthodesculturales et de traitement des dattesqui sont toujours archaiques.
lJLa raretédes eaux d'irrigation.
fl Le Bayoud.Cette palmeraiecomme toutesles palmeraiesmarocainessubit les conséquences
d'une maladie dévastatrice,la fusariosevasculaire,qui attaquepréférentiellementles variétés
de bonnequalité dattièreprêtesà la commercialisation(KILLIAN et MAIRE 1930,PEREAU
LEROY l'958).Cette maladietoucheactuellementenviron 4,3o/ode la populationphoénicicole
de I'oasis(tableau2).
Par des observationssur le terrainet sansdonnerde chiffres,plusieursauteursont montré I'im-
portancedes eaux d'irrigation dans la propagationdu Bayoud (PEREAU LEROY 1958,LOU-
VET et al. 1970). L abondanced'eau d'irrigation, sur des palmeraiesriches en variétéssen-
siblesau Fusarium,est à I'origine desformesépidémiquesgravesde la fusariosevasculaire.Les
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parcellesbien entretenues, donc bien iniguées,sontbeaucoupplus exposéesaux attaquesmeur-


trièresde la fusariosevasculaire.
Les parcellesdans I'oasis sont plus ou moins bien irriguéesen fbnction de I'eau disponible,de
la lotalisation de la parcelleet desculturesassociéesconduites.Aussi, les analysesphysico-clti-
rniquesmontrent que les eaux d'irrigation de la palmeraie de Figuig sont extrêmementvariées,
par voie de conséquenceleur incidcncesur la proliférationet la virulencedu Fusariwtt oxyspo-
nrm f .sp. albedinisseradifférente.
Dans cet afticle nous :
C analysonsla place de chaquetype de sourced'eau dansIe systèmed'irrigation de la palme-
raie,
fl étudionsI'effet des eaux de ces sources,du point de vue qualitatif et quantitatif,sur I'infesta-
tion de la palmeraiepar le champignonpathogène'
O analysonsaussi I'incidence du Bayoud dans les zones abandonnées, ou en Bour, inondées
sporadiquement par les eaux des
superficielles pluies.

Matérielet méthodes

surle terrain
Enquête
Les résultatsde ce travail ont été tirés à partir d'une grandeenquêteréaliséeau cours de I'an
2000 dansles palmeraiesde I'oasisde Figuig.
Pour l'échantillonnage,nousavonspris en considérationles ditïérentescaractéristiques de I'oa-
s i s:
l-l La répartition de la palmeraieentre les différentsKsour de I'oasis : I'enquêtea touché I'en-
scmbledesKsour de l'oasis.
ll Les sourceset la qualité des eaux d'irrigation.
JLe degréd'entretiendesparcelles.
C Les zonesirriguées ou menéesen Bour.
fl La localisationdes parcellesdansdes zonesdes différentsKsour.
La fiche de prospectionsur le terain a été établiedans le but de collecterle maximum de rcn-
seignementssur la parcelle:
r-l La situationde la parcelledansla palmeraie,sa superficieet le nom du propriétaire.
ff Les caractéristiquesdes différentesvariétésdu palmier dattier de I'oasis ainsi que celles des
tiancs : nombre, âge, nombrede rejetspar pieds,nombre de pieds atteintspar le Bayoud, pro-
duction par pied, précocitéet qualitédes francs.
Cl La populationen pieds mâles.
-l La population des autresarbresfruitiels.
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fl Les sourcesen eau d'inigation et les fréquencesd'irrigation.


O Le degréde pollution des eaux d'inigation passantpar les lavoirs à linge.
O Le mode cultural : densité,culturesassociéeset degréd'entretiendesparcelles.
D La superficietotale de la palmeraiede Figuig est d'environ 700 hectares,I'enquêtea couvert
167 hectares,soit 24 7c de I'ensemblede la palmeraie.L enquêtea duré 10 mois et a mobilisé
20 étudiants universitaires, originaires de I'oasis, ayant une connaissanceparfaite du terrain et
de la phoéniciculturedansI'oasis.
Û L enquêteuç après deux semainesde formation sur le terrain, a été appeléà bien remplir le
questionnaire dans la parcelle, en présencedu propriétaire, à défaut de I'agriculteur qui s'oc-
cupe de la parcelle. Il faut noter, qu'au total, les enquêteursont visité 1065 parcellesréparties
sur 87 zones.
D Les donnéesde I'enquête ont été traitéesà partir du tableur " Excell 2000 " sur un ordinateur
IBM C72.
Analysesphysico-chimiquesdes eauxd'inigation des différentessourcesd'eau de l'oasis.
Les prélèvernentsdes eaux d'irrigatiûn ont été effectués sur plusieurs sources de différentes
zcrnesde la palmeraie (tableau l). Chaque échantillon de 2 litres a été prélevédans des flacons
en plastique propres fermés avec des bouchonsen polyéthylène et conservésau froid à 4oC.
Ces eaux ont subi les mesuresphysico-chimiques suivantes(RODIER 1984) :
lll Mesure de la températureà la sortie de la source ;
O Mesure de pH à températureambiante ;
O Mesure de la conductivité électrique
û Dosage des chlorures par la méthodede Mohr
û Dosage des composésphosphoréspar la méthode colorimétrique
fl Dosage de I'anhydride carboniquepar la méthode volumétrique
fl Dosage du calcium par la méthode gravimétrique
D Dosage des nitrites par la méthode au réactif de Zambelli
fl Dosage de I'ammonium par la méthode au réactif de Nessler.
Nous avons réparti les sourcesd'eau d'irrigation en trois catégories:
D La sourceTzadert,vu son importancedansI'oasis,puisqu'elle irrigue environ4OVodelapal-
meraie,
Û Retaras, les autres sourcesartésiennessouterrainesqui irriguent en majorité les palmeraies
des hauts Ksour : Hammam Foukani, Hammam Tahtani, Laâbidate, Loudaghir, Lamâize et
Ouled Slimane.
fl Les puits.
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Tableau L. Les eaux des sourcesprélevéeset analysées


Source Nature Ksar Zone
Puit Darti Puits Zénaga Berkoukes
Puit Debchi Puits Zénaga Baghdad
Puit Sellame Puits Zénaga Sidi Malek
BassinTizi Forage Zénaga Berkoukes
Eau de robinet Forage Ville Figuig Toute la ville
Oussiemane Retaras Zénaga Oussiémane
Mimoune Retaras Laâbidat Laâbidat
Chiblachi Retaras Laâbidat Laâbidat
Tzadert Retaras Zénaga Zénaga
Bahbouha Retaras Loudaghir Loudaghir
lfli Tajammalt Retaras Hammarn Foukani H. Foukani
Ifli Tchrimni Retaras Lamàize Lamâize
Ifli Ntgrnite Retaras Lamâize Lamàize
Ifli Marni Retaras Ouled Sliman Oulad Slimane
[.oudarna Retaras Ouled Sliman Oulad Slimane
Ifli Maghni Retaras Zénaga Aghir nataoud
Ifli Jdid Retaras Hammame Tahtani H. Tahtani

Résultats

Niveau dela palmeraie


d'entretien et incidence
delafusariose
vasculaire
Les résultatsde recensementde Ia populationphoénicicolede la palmeraiede I'oasis de Figuig
montrentque (voir tableau2) :
D Leffectif total des palmiers dattiers est d'environ 190000 pieds, ce qui représenteenviron
4.57ode I'ensembledespalmiersdattiersau Maroc. Cettepopulationest estiméeà 4,25 millions
de pieds (HADDOUCH, 1996).
fl Le phénomènede I'abandon des terres est perceptible et s'aggrave d'une année à une autre.
Actuellement,environ l6Vo despalmierssont abandonnés, ils ne reçoiventaucunsoin et ne sont
ni irrigués ni entretenus.Ces palmiers se trouvent soit dans des parcelles complètement aban-
données(8,3Vo)soit dansles zonesen Bour (87o).
D Les palmiers entretenussont insuffisamment irrigués et reçoivent de soins que pendant la pé-
riode de pollinisationet ceci à condition qu'ils fructifient. Cette classeregroupela majorité des
palmiersdattiers(66,57c).Cespalmierssontcaractérisés par un nombreélevéde rejetsà la base
du stipe,deux ou trois rangsde palmessèches,leur sol est labouréune fois par an. Quelquescul-
tures associéespendant la période hivernale où I'eau ne fait pas défaut. La parcelle est généra-
lement propre.
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D Les palmiers bien entretenusne représententque 17,27o.Cette classereçoit suffisamment


d'eau, de fumier et beaucoupde soins.Leurs stipessontbien nettoyés,Ies rejetssont rareset les
culturesassociéessontnombreuseset variéestoute I'année.
C Les proportionsdespalmiersatteintspar le Bayoud augmententavec le degréd'entretiendes
parcelles.Elles passentde 5,8Vodans les parcellesbien entretensesà 37o dans les parcelles
abandonnées.Les parcelles entretenuesont un taux de 4,27o équivalent à la moyenne générale
de la palmeraie, par contre, les zones en bour sont les moins touchéesavec un pourcentagede
2,lVo.

Tableau 2.Degré d'entretiende la palmeraiede Figuig


Nombrede pieds En Vo Nombrede pieds En Vo
atteintspar le Bayoud
Bienentretenu 32 438 17,19 | 892 5,83
Entretenu 125529 66,51 5 408 4,31
Abandonné 15 645 8,29 461 2,95
Bour 15 ll7 8,01 314 2,08
Total 188729 100,00 1075 4,28
Bour: zones irriguées sporadiquementpardes eaux des inondations pluviales.

dansla palmeraie
d'irrigation
dessources
lmportance de Figuig
Les palmiers dattiers de I'oasis de Figuig sont irrigués à 39,3Vapar les eaux de la source Tza-
dert, le reste est partagépar les autres retaras 3l,3Vo et les puits 21,47o.L effectif des palmiers
dattiers des zonesen Bour occupe environ 8Vo(frgute l).
Les zones les plus touchéespar le Bayoud sont celles qui sont irriguées par les eaux de Tzadert
(6,35Vodes palmiers dattiers sont touchés), suivies de celles irriguées par les puits (47o), puis
celles irriguées par les retaras (2,4Vo)(figure 1). Les zones en bour restent les moins touchées
(2,lVo).

L effetquantitatif
deseauxd'irrigation
L'irrigation dans la palmeraie horticole de Figuig se fait uniquementpar submersionà raison de
420 à 550 m3 par hectareet par irrigation. Les fréquencesd'irrigation des parcellessont essen-
tiellement au nombre de quatre (figure 2), I'inigation se fait soit chaque:
Ct semaineet c'est le cas de 3l%o despalmiers dattiers de I'oasis,
û deux semaineset concerneplus que la moitié des parcelles, soit 59Vodes palmiers de la pal-
meraie.
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Fréque ncesd'ir rigation
I Sériel Série2
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D trois semaineset ne concerne que 4,5c/o.Cette fréquenceest peu utilisee dans I'oasis, du fait
que le partagedes eaux entre les propriétairesse fait par l5 jours.
0 quatresemaines.là aussi,la fréquenceest peu utilisée,elle ne concerneque5,5Vode la popu-
lation des dattiers. Cette fréquenceest d'une durée très longue, elle apporteenviron 600 mm par
an, ce qui est loin des besoinsréelsdu palmier dattieren eau.On ne l'utilise, souvent,que pour
sauverI'arbre d'ure mort certainedue au manqued'eau.

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Le
degré d'attaque par Fusarium orysporunr f.sp. albedinis est fonction de la quantité d'eau four-
nie au palmier dattier. Ainsi, chaque fois que la fréquence d'irrigation est grande,chaque fois
que le nombre de palmiers touchésest élevé, on passede 5.3Vopour les palmiers irrigués par se-
maine à l.2%o pout ceux irrigués par trois semaines.Il faut, toutefois, remarquer que les pal-
miers irriguéstous les mois (1.97o)sontplus touchésque ceux irriguéstoutesles trois semaines
(figure 2). Ceci peut s'expliquer par une surestimationdu nombre des pieds malades,du fait que
I'enquêteur peut confondre les symptômesde la fusariose vasculaire avec le dessèchementna-
turel des palmes du à I'insuffisance hydrique pour la population irriguée par mois.
Si on analyseI'importance de chaque type de source dans le systèmed'irrigation de la palme-
raie, on constateque :
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I Série1 Série2

ierâtiù;.'.a*ec.tê..eétiÈ.â,1âttâqùa.târ.
ies,ei*ae.pùit's.êt
Figurea1.Fifiuéhc"r:aiiriigation,gai

S : semaine
Série I : pourcentagedespieds inigués
Série 2 : pourcentagedes pieds atteints

J 21,7Vodes palmiers irriguéspar la sourceTzadert (figure 3) reçoiventde I'eau chaquese-


maine, 62,57ochaquedeux semaines,2,5Vochaque3 semaineset1,3Votous les mois. Le degré
d'attaquepar la fusariosevasculairedépendde la quantitéd'eau apportéeà la parcelle.Les pal-
miers dattiersles mieux inigués sont les plus touchéspar le Bayoud que les pieds les moins ir-
rigués (figure 3). Ainsi, à titre d'exemple,SVoet27o desdattiersinigués respectivementpar se-
maine et par trois semainessont attaquéspar la maladie.
3 Les palmiers irrigués par I'eau pompéedans les puits (figure 4), reçoiventplus d'eau que
ceux irriguéspar Tzadertou par les autresretaras,puisque57la de cespalmierssont irriguéspar
semaineet 39Vopar quinzaine.La proportion des pieds atteintspar le Bayoud (figure 4) est
identiqueà la moyennede la palmeraieet elle est très faible pour les palmiersqui reçoiventpeu
d'eau (3 ou 4 semaines).Par contre,on notc bien ici que ce sont les palmiersirriguéspar quin-
zainequi sont les plus touchés(4,8Vc).
D A f inversedes palmiersirriguéspar I'eau des puits, 68Vode ceux irriguéspar I'eau des reta-
rasroçoiventde I'eau chaquequinzaine.Il n'y a que 17,57oqui sont irriguéschaquesemaine(fi-
gure 5). Le taux des palmiersatteirrtspar la fusariosevasculaireest très faible (figure 5), il est
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d'environ 2,5Vo povr les palmiers irrigués par semaine et par quinzaine, donc inférieur à la
moyenne généralede la palmeraie.Les palmiers irrigués par 3 semainesou par mois ne sont pas
touchés par le Bayoud.

Analysesphysico-chimiques dela palmeraie


deseauxd'irrigation de
Figuig.
Le pH de I'eau reflète indirectement la composition d'eau en particules susceptiblesd'influen-
cer l'acidité ou I'alcalinité de cette eau.Les résultatl sont rassemblésdans le tableau 3. Il ressort
que:
D Les sourcesayant une eau alcaline sont : la source d'Oussiemane (pH = 8.32),le bassin Mi-
moune et Chiblachi de Ksar Laâbidate (pH = 8), eau potable de l'oasis de Figuig (pH = 7.7). Ces
sourcessont toutes situéesau Nord-Ouest de I'oasis.
fl Les sourcesayant une eau acide sont : les retarasde Ouled Slimane (pH = 6.16 à6.23),Tza-
dert et Maghni de Ksar Zénaga (pH = 6.27 à 6.45) et Bahbouha de Loudaghir (pH = 6.52). Il
faut noter que les sourcesTzadret et Bahbouha ont un débit important et irriguent, toutes les
deux, environ 50% de la palmeraie de Figuig.
O Les eaux des autres sourcesont un pH proche de la neutralité situé entte 6,76 et 7,5. On
trouve dans cette catégoriede sourcesessentiellementdes puits et les retaras des Ksour Ham-
mame Tahtani et Hammame Foukani.
Les eaux d'inigation de la palmeraie de Figuig peuvent être classéesen deux catégories en
fonction de leurs températures(tableau 3) :
û Les eaux froides qu'on retrouve essentiellementdans les puits 22 à25"C et dans la source
d'Oussiemane (24'C). Ces eaux ne sont pas profondes et, pour les puits, elles sont pompéesà
des profondeurs qui ne dépassentpas les 30 m.
fl Les eaux chaudes,qu'on retrouve dans la majorité des retaras,leurs températuresà la sortie
sont situéesentre 28 et34oC. Cette températuremontre que l'origine de ces eaux est profonde.
Uinigation se fait soit :
û Directement, dans ce cas, I'eau passedirectement de la sourceà la parcelle.
[J Indirectement. dans ce cas, l'eau séjourne dans des bassinsréservoirs avant d'ariver dans la
parcelle.
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Tableau 3. Compositionchimiquedes eaux de quelquessourcesde I'oasis de Figuig


Tempérilture pH Conductivité Clrlorure de sodtum Anhydride carbonique Crlcium en mg/l

en oC en 1rSlcm et ng/l libre en mg/l

Puit Darti 25 6.76 2 670 994 0 26


Puit Debchi 22.s 7.03 5 r20 t97l l1 ll
R.ritSellame 225 6.86 8 550 4159 29 26
"t.45 953 2 l9
BassinTizi 29 2 050
Eau de robinet 30 7.70 2060 801 z t7
Oussiemane 24 8.32 660 n7 0 4
'752 9 t7
Mimoune 23 7.98 2 050
'r.95 2 6''t0 1246 l9
Chiblachi 28 +
Tzaderte 32 6.47 I 896 515 0 t7
Bahbouha 28 6.52 | 940 1076 0 l6
Ifli Tajammalt 34 7.51 2 140 866 3 t9
Ifli Tchrimni 28 7.48 2 0to I 106 ll t9
Ifli Ntgmite 28 7.57 2200 983 7 25
Ifli Mami 3t 6.23 2 070 766 6 20
Loudarna 30 6.16 2 000 1340 2 20
Ifli Maghni 31 6.25 2030 895 7 20
Ifli Jdid 32 7.44 I 980 877 A
18

La figure 6 montre, pour le cas de la sourceTzadert, que les palmiers inigués directementde la
sourceavec uneeau chauded'environ 32oCsont plus touchéspar la fusariosevasculaire(8.3Vo)
que ceux irrigués indirectement(6Vc).
La conductivitéd'eau reflètela concentrationd'ions dansI'eau,plus la concentrationen ions est
élevéeplus saconductivitéélectriqueest grande.Les eauxd'irrigation de la palmeraiede Figuig
ont une conductivitérelativementélevée(tableau3). En général,les sourcesartésiennes ont une
conductivité qui oscille entre 2000 et 22æ micro-Siemens par centimètre (pS/cm). La source
Oussiemeneprésenteune exception,puisqueson eau a une conductivité électriquela plus basse
dans la palmeraie (environ 660 pS/cm).
Les eaux pompéesdansles puits ont une conductivitéélectriquetrès élevée,I'exemple de I'eau
de puit Sellamqui a une activité de 8550 pS/cm et celle de puit Debchi est de 5120 pS/cm. Ces
eaux, très salées,ont des répercussionsnégativessur la croissanceet le développementdes
plantes.
Nous avonseffectuéun certainnombrede dosagessur les eauxprélevéesdansI'oasisde Figuig.
Ces analysesont montré que ces eaux sont exe.mptesde nitrite, de composéphosphoréet de
composéammonium.Le tableau3, rassembleles résultatsdes dosagesobtenuspour d'autres
éléments.
La richesse des eaux en chlorure est déjà montrée par la valeur de la conductivité électrique.
Cette dernière reflète bien la concentrationdes sels dansces eaux.
L'anhydride carboniqueest trouvé essentiellement dansI'eau des puits salés(de 1l à 29 mg/l),
mais complètementabsentdans les eaux des sourcesTzadert,Bahbouhaet Oussiemane.
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Les eaux des retarassont riches en calcium et contiennenten moyenne l7 à 20 mgll (voir ta-
bleau 3). La sourceOusiemaneprésente,là encore,une exceptionpuisqueson eau ne contient
que 4 mg/l.

Discussion
La palmeraie de l'oasis de Figuig reste toujours menacéepar la fusariose vasculaire: Les résul-
tats de l'enquête révèlent que le pourcentagemoyen de destructionest de 4,3Vo.Cepourcentage
varie avec le degré d'entretien des parcelles.Les pllmiers des parcelles les mieux entretenues
sont les plus touchés par la fusariose vasculaire : envi{"on67o de ces palmiers sont attaqués
contre2à3Vo dansles parcellesdes zonesabandonnées. Dans les palmeraiesde Drâa, pendant
la compagne1980-1981,ce pourcentaged'attaqueallait de 5Vodansla palmeraiede Ternataà
l2,2%odanscelle de Tinzouline (DJERBI et al., 1985). Dans le domaine de Nebch àZagora, en
suivant la propagationdu Bayoud dans une parcelle, TOUTAIN (1970) a constatéque la planta-
tion a été détruite en 14 ans avec une progression annuelle moyenne de 6Vo. Ce phénomène
d'extension de la maladie est lié aux conditions culturales.Des irrigations importantesengagées
souvent pour répondre aux besoinsdes cultures intercalaires,augmententle degré d'attaque du
champignon pathogèneet favorisent I'extension rapide de la maladie (TOUTAIN, 1970).
La palmeraie de Figuig est irriguée principalement par des sourcessouterraines,les retarasoc-
cupent 777oet les puits 237o.La source Tzadert est la plus importante, puisqu'elle inigue39Vo
de I'ensemble de la population phoénicicole de l'oasis contre 3lVo pour les autres retaras.Les
parcelles irriguées par Tzadert sont les plus touchéespar la fusariose vasculaire. Cette diffé-
rence, dans le degréde I'attaque de la fusarioseen fonction de la source,peut être expliquée par:
fl la différence des quantitésd'eau mobilisées pour les parcellesirriguées par ces sources,
D la qualité physico-chimique des eaux de ces différentes sources,
Cl le degré de sensibilité des variétés irriguées par ces eaux au Fusarium orysporum f.sp. albe-
dinis.
Dans la palmeraie de Figuig, presque 6OVodes palmiers dattiers sont irrigués tous les quinze
jours et 3l % toutes les semaines.Le degré d'attaque du champignon pathogèneest fonction de
la fréquence d'irrigation. Chaque fois que la quantité d'eau apportée au palmier dattier est
grande, chaquefois qu'il est plus touché par la fusariosevasculaire (figure 2). Il est bien connu
que le passagede la forme endémiquedu Fusariunr orysporunt f.sp albedinis à la forme épidé-
mique est étroitement lié à I'intensité d'inigation du palmier dattier (PEREAU LEROY 1958,
LOUVET et al. 1970). Une irrigation abondantequi se pratique dans les parcellesbien entrete-
nues, qui est due en grandepartie aux cultures associéestrès exigeantesen eau, favorisera auto-
matiquement le degré d'attaque par Fusarium. A I'inverse, les parcelles,mal irriguées ou com-
plètement abandonnées,sont relativement épargnéespar rapport aux parcelles bien entretenues.
Des auteursont montré que la présencedes cultures intercalairespérennescomme le Henné et
la Luzerne pourrait augmenter la densité du Fusarium dans le sol (BULIT et al. (1967) ;
DJERBI et EL GHORFI (1984)). Par contre, TANTAOUI (1993) a montré que les cultures
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AL AWAMIAt09-110. 41

..porteurssains"ne semblentpas favoriserla multiplicationet la dispersionde la forme spéciale


albedinisdansle sol.
Leff'et quantitatifde I'eau sur la virulencech.rchampignonpathogèneest caractéristiquedc la
sourceJ'inigation. La sourceTzadert inigue principalementla pahneraiede Ksar Zénaga; les
fréquencesd'irrigation sont les mêmes que celles constatéesprécédemmentpour I'ensemble
pour
des sources.Par contre,I'attaquepar la fusariosevasculaireest plus prononcéeaussibien
les pieds irrigués par semaine (87c) que pour ceux irrigués par quinzaine (6Vo)(figure 3)' Ceci
prouu" qu'en plus de la quantité d'eau d'irrigation, il y a d'autres facteurs qui interviennent
pou, "*piiqu"ice taux élevédespieds atteintsdansles parcellesiniguées par la sourceTzadert.
Nou, u"r.on, plus bas,que la qualité physico-chimiquedeseauxd'irrigation a une influencesur
le degréd'attaquepat Fusariumpathogèneresponsablede la maladie'
Les autresretarasirriguentprincipalementles palmeraieshorticolesdss hautsKsour. Du fait de
faiblesquantitésd'eau disponibles,il n'y a que l87o des palmiersqui reçoiventde I'eau par se-
maine cependantenviron TOVosont irrigués par quinzaine.Ce qui pourrait expliquer le taux
faible des pieds atteints(2,4Vo)(figure 1). Ces palmeraiessouffrentbeaucoupde cette insuffi-
sanced'eau et plusieursparcellessont abandonnées, alors que I'irrigation de ce qui reste est
miegx gérée.Ces fréquences d'irrigation ne peuventpas à elles seulesexpliquer ce taux fàible
d'attaque puisque même lcs pieds inigués par semainesont peu touchéspar la fusariosevascu-
laire. Les pratiquesculturalesqui ne sont pas les mêmesdansdifférentsKsars de I'oasis(BEN-
CISRIFA et POPP,1990),la naturephysico-chimiqueet microbiologiquedes sols et même la
situationgéographiquede la parcellepourraientinfluencerle degréd'attaquepar le champignon
pathogène.
A I'inversede ce que nous avonsconstatéprécédemmentpour les palmiersirriguéspar les reta-
ras, les parcellesirriguéespar les puits reçoiventbeaucoupplus d'eau, puisque577odes pieds
sont irrigués par semaine.Cette abondanced'eau est due au fait que souventle puit est la pro-
priété d'une personneou d'un groupe d'associés,libres de gérer et de distribuerI'eau comme
bon leur semble.Alors que la distributiondes eaux de Tzadertet des autresretarasest bien or-
ganisée(BENCHERIFA et POPP 1990).En effet, la quantité d'eau reçue par parcelleet par
quinzaineestconstantequeliesque soientles circonstances. Dans ce cas,le phoéniciculteurdoit
optimiserau maximum la gestionde son eau.
Contrairementa ce que nous avonsconstatéconcernantla relationentrela quantitéd'eau d'irri-
gation et le degréd'attaquepar I'agent pathogène,dans le cas des puits, ce sont les pieds irri-
gués par quinzainequi sont relativement plus touchéspar le Bayoud que ceux irrigués par se-
maine (figure 4).
Il faut noter que les premierspuits creusésdansI'oasisont fait leur apparitionau début des an-
nées soixante.Les palmiers dattiers irrigués par cette nouvelle sourcesont généralementtrès
jeunes,les plus âgésont à peine40 ans.Aussi, la qualitéde ces eaux est médiocrepuisqu'elles
sont trop chargéesen sels.Ces facteursinfluencent-ilsle degréd'attaquepar Fusaritmrvis-à-vis
'?
de cette population de dattiers
La températureoptimale de la croissancedu Fusariumoxysporum f.sp albedinisest de 28oC,
cettecroissancepeut aussise poursuivreà températures ambiantes(8 à l2"C I'hiverjusqu'à 30
à 37oC l'été).La températureoptimale du développementdes Fusarium oxysporurnse situe
entre27 et 30oC, cette températurea une influence sur la répartition géographiquedes formes
42 AL AWAMIA 109-110.Yol. I-2. 2OO4

spécialesde ces champignons(BURGESS l98l). La proliférationde la forme spécialealbedi-


nis dansI'Afiique du Nord est optimiséedonc par son climat favorable.
Dans I'oasis de Figuig, le passagede I'eau depuisla sourcejusqu'à la parcellese fait soit :
fl directement, dans ce cas les palmiers dattiers reçoivent de I'eau ayant une températureéqui-
valenteou prochede celle mesuréedansla source(tableau3).
CJIndirectement,l'eau séjournedans un bassinavant d'arriver à la parcelle.Dans ces condi-
tions, I'eau prend la ûempératureambiantequi peut aller des fois à des extrêmes.En effet, dans
I'oasis de Figuig, il règneun climat très chaud en été,les températuresmoyennesde Juillet en
Août sont de 42 à 45oC et très froid en hiver autour de 3"C en Décembre GENCTIERIFA et
POPP 1990).
Dans le cas des parcellesde Ksar Zénagairriguées par la source Tzadert(figure 6), l5Vo des pal-
miers sont irrigués directement et 857oindirectement. Nous constatonsbien que les pieds irri-
guésdirectementpar I'eau à 32oCsont les plus touchéspar la fusariosevasculaire(8.37osont at-
teints). Cette eau pourrait favoriser la prolifération du champignon pathogèneen réchauffant le
sol pendantI'hiver et en la refroidissantpendantl'été. MALENÇON (1947) a monrré que Fu-
sarium orysporum f .sp. albedinis a une températureoptimale entre2l à 27,5'C et que sa crois-

sancecommence déjà à 7"C et s'arrête aux températuressupérieuresà 37"C. PEREAU LEROY


(1958) a constaté que les températuresdes sols deZagora et de Ksar Essouk (Errachidia) sont
favorables pendant une bonne partie de I'année à la prolifération du Fusarium. Cet auteur a pré-
cisé aussique c'est lorsqueI'humidité et la températureoptimalessont réunies,surtoutpendant
l'été, que le Bayoud fait ses ravages.Il faut noter que la virulence des Fusarium dépend de la
Yol.r-2.2004
AL AWAMIA109-110. 43

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I Seriel

températuredu milieu, ces champignonssont plus dangereuxdans un intervalle de température


allant de 20"C à 35"C (MESSIAEN et MAS 1969).La températureinfluenceaussila getmina-
f.sp. albedinis,puisqu'ellen'est inhibéequ'à
tion des chlamydosporcsdu Fusariu,lto)cysporuLn
60'c (BOLINAGA 1975).

Le pH optimum de la croissancedu Fusariumoxysporumf.sp. albedinisest généralementacide


de 3,5 à 5,7. Nos résultats(tableau3) montrentque les parcellesles plus touchéespar le Bayoud
sont celles irriguéespar les eaux légèrementacides,I'exemple des pieds irrigués par la source
Tzadert. Alors que les eaux d'autres retaraset des puits caractériséespar des pH neutresou lé-
gèrementbasiquesont moins d'effet sur la virulencede l'agent pathogène(figure l). D'autres
auteurs ont montré que les différences de comportement entre les palmeraies vis-à-vis du
Bayoud ne semblentpas liées à des conditions tels que le climat, la composition vadétaleet
I'historique de la palmeraie.Mais elles sont liées aux caractéristiquesphysico-chimiqueset
micro-biologiquesdu sol (COOK et NAKER 1983,MONFORT 1983,SEDRA 1993).Donc le
pH du sol pourrait interveniraussibien dansla multiplicationdu Fusariumoxysporumf.sp. al-
bedinis,que danssa virulencevis-à-visdu palmier dattier.

Fusarium oxysporum f.sp. albedinis peut supporter des concentrationsrelativement élevéesdu


sel et exige même la présencedu chlorure de sodium dans son milieu de culture. Mais à des
concentrationsélevéesce composédevientnéfasteaussibien pour le champignonque pour son
hôte le palmier dattier.Les eaux d'ilrigation de I'oasis de Figuig ne sont pas de bonne qualité
(JUNGFER 1990).Les étudeseffectuéespar cet auteur au cours des annéesquatre vingt ont dé-
montré que la qualitéd'eau dansla zonedes sourcesest relativementstable.Les concentrations
du chlorure de sodium dansces eaux d'inigation ou leurs conductivitésélectriques(tableau2)
confirment bien que ces eaux sont relativementchargéesen sels.Les plus chargéessont celles
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pompéesdans des puits qui ont une concentrationde 2 à 4 gll. L'irrigation par des eaux sau-
mâtresou salées,a provoquédesdégâtsimportantssur le palmiel dattieret sur d'autrescultures.
La zoneBerkkoukes(dansla palmeraiede Zénaga)est un exemplefrappantd'une catastrophe
qui a touchéenviron 40 ha peupléspar des bonnesvariétés.La causeprincipaleest sansdoute,
I'irrigation par une eâu dont la teneur en sel est très élevée (19000 _S/cm selon JUNGFER
1990).Actuellement,ces puits ne sont plus fonctionnelsgrâce à l'alimentation de la zone par
une eau relativementdouce puiséedans un nouveauforage (Tizi) à quelqueskilomètresde la
palmeraie(tableau 2). Heureusementque c'est n'est pas le cas de tous les puits de I'oasis,
puisqueceux qui sont situésà l'ouest et au sud-ouestde I'oasisont desconductivitésplus basses
(JUNGFER 1990).En général,le taux d'attaquedes palmiers irrigués par semaineest légère-
ment inférieurà celui relatif aux palmiersirriguéspar quinzaine(figure 4). Ce phénomènepour-
rait être expliqué par I'affaiblissementdes activitéset du pouvoir pathogènedu Fusariumpar
I'accumulationdu sel dans le sol ainsi irrigué abondammenr. ';
En faisant une analyseglobale de nos résultats,nous constatonsque I'eau d'irrigâtion par sa
qualité et sa quantitéintervientdans Ie phénomènede développementdu Fusariumoxysporum
f.sp. albediniset I'infestationdes sols desparcellespar ce champignon.Cet effet est modulépar
d'autres facteurs comme la nature des sols, I'historique des différentes palmeraies.horticolesde
I'oasis,la populationvariétalede I'oasiset les méthodesculturalesappliquéesà lalhoénicicul-
ture figuiguienne.Cette enquêtenous permetd'établir une stratégiedétailléeet faisablepour la
conduitede I'irrigation dansI'oasisde Figuig et dansd'autresoasissimilaireset ceqidansle but
de contribuer à la lutte contre la fusariosevasculaire et la salinité des sols et à la rationalisation
de I'utilisation des eaux d'irrigation. Toutefois,d'autrestravaux en perspectiverestentà faire,
surtoutceux relatifs à étudier la relationentrela qualité et la quantitédes eauxd'irqigationet la
densitédu parasitedansle sol, d'une part et d'autre part,entrecettedensitéet le degréd'attaque
des palmiers dattiers par la fusariose vasculaire. l

Remerciements
i

Nous remercionsvivement I'association" Amicale Amitié Coopérationde Figuig (AACF)" et


la fondation " Centro de Investigacionesy Promocion Iberoamérica Europa (Fondation CIPIE,
Espagne)" pour leurs aides financièreset logistiques.Nous remercionségalemehtnotre col-
lègue Aomar ANAN, de Départementdes Mathématiques,pour son aide précieuserelative aux
analysesstatistiquesde I'enquête.
Vo].l-2.2004 45
ALAWAMIAi09-110.

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