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Chapitre 2 Nourrir les hommes

➤ Géo p. 36-65 / Hist-Géo p. 292-321

La question s’insère dans le thème 2 du programme « Gérer les res-


sources terrestres ». Les productions agricoles sont des ressources
renouvelables dont le volume a progressé le plus souvent par aug-
mentation des rendements. Produire plus est toujours d’actualité pour
nourrir des hommes de plus en plus nombreux mais il est nécessaire
de rompre avec le modèle productiviste qui a multiplié les atteintes à
l’environnement.

◗◗ Mettre en œuvre la question

Problématiques Séquences Supports Pour aller plus loin


• Quelle est la situation alimentaire des 1 Étude de cas au choix • Doc. clé : Sous-alimentation et crois-
7,2 milliards d’hommes sur la planète ? • 
L’Éthiopie  : nourrir un sance démographique, p. 55 / p. 311
Nourrir les hommes :
À la fin du xviiie s., le pasteur anglais grand pays peuplé et • Contexte planétaire : Les inégalités ali-
un défi pour
Malthus pensait que la croissance de la pauvre, p. 38 / p. 294 mentaires, p. 50 / p. 306
l’humanité
production agricole ne parviendrait pas • L’Inde : comment nourrir • Cartes enjeux :
à suivre celle de la population. Les révo- le 2e pays le plus peuplé – la suralimentation, p. 15 / p. 271
lutions agricoles lui ont donné tort. du monde, p. 44 / p. 300 – la population mondiale en 2030, p. 21 /
Toutefois, l’alimentation d’une population Cours du manuel p. 277
mondiale qui devrait augmenter d’un 1. Croissance des produc- • 
D essin de presse : Assurer la sécurité
tiers de 2000 à 2050 demeure un défi tions, croissance des alimentaire, p. 65 / p. 321
majeur. La faim touche plus de 840 mil- populations, p. 54 / p. 310 • Texte : La fin de la faim, mission impos-
lions d’humains. sible ?, p. 63 / p. 319
• Comment assurer la sécurité alimen- 2 Étude de cas au choix • Doc. clé : La sécurité alimentaire, p. 57 /
taire de ses populations ? • L’Éthiopie…, p. 40 / p. 296 p. 313
La sécurité
La sécurité alimentaire est à la fois un • L’Inde…, p. 46 / p. 302 • Contexte planétaire :
alimentaire,
défi quantitatif d’apporter une nourriture Cours du manuel – Population agricole et sécurité alimen-
un objectif trop
suffisante aux populations et un défi qua- 2. Assurer la sécurité ali- taire, p. 52 / p. 308
souvent hypothétique
litatif de procurer une nourriture saine et mentaire, p. 56 / p. 312 –  L’évolution des terres agricoles, p. 53 /
nutritive. p. 309
Peu d’États assurent ce double objectif •D  essin de presse : Les agrocarburants,
par leurs propres ressources. énergie du futur, p. 120 / p. 376
• Quelles pratiques mènent sur les che- 3 Étude de cas au choix • Doc. clé : L’agriculture raisonnée, p. 59 /
mins d’une agriculture durable ? • L’Éthiopie…, p. 42 / p. 298 p. 315
À la recherche
Longtemps, les agricultures ont été sou- • L’Inde…, p. 47 / p. 303 • Étude de cas numérique : Vers une
d’agricultures
cieuses de performances techniques et Cours du manuel « agriculture durable » en France ?,
durables
de rendements pour parvenir à nourrir les 3. Développer des agricul- p. 48 / p. 304
hommes. Ces modèles productivistes sont tures durables, p.  58 / • Contexte planétaire : Des contrastes
aujourd’hui remis en cause étant donné p. 314 dans les modes de productions, p. 53 /
leurs conséquences sociales et environ- p. 309
nementales. • Débat : L’essor des OGM en Argentine,
Les règles du commerce international p. 60 / p. 316
et les modes de consommation sont à • Visuel : Publicité des magasins Biocoop,
revoir. p. 62 / p. 318

© Magnard, 2015 – Histoire Géographie 2de – Livre du professeur 21


Étude L’Éthiopie : nourrir un grand pays
de cas 1 peuplé et pauvre ➤ p. 38-43 / p. 294-299

◗◗ Démarche et problématiques 3. Cette photographie montre la permanence de l’aide


alimentaire d’urgence, aggravée par les conditions natu-
La sous-alimentation touche encore 12  % des hommes relles et politiques.
en 2013, l’Afrique subsaharienne étant la région la plus 4. Trois raisons : de nombreux investisseurs étrangers
concernée (25  % des habitants). En Éthiopie, cette part modernisent l’agriculture éthiopienne mais cela ne se
s’élève à 35 %, alors que la population devrait y doubler diffuse pas dans l’agriculture vivrière ; l’agriculture com-
d’ici trente ans. merciale fragilise la situation alimentaire des Éthiopiens ;
La sécurité alimentaire et la recherche d’une agriculture l’alimentation de plusieurs millions d’Éthiopiens dépend
durable sont donc des objectifs primordiaux pour ce PMA, de l’aide internationale.
à majorité agricole et rurale, alors que le pays s’ouvre aux
Mise en perspective
investissements étrangers.
La sécurité alimentaire en Éthiopie reste difficile à amé-
◗◗ Corrigés liorer, comme dans beaucoup de PMA. L’agriculture com-
merciale qui s’y développe a d’autres motivations que
A – Un défi alimentaire urgent à relever l’accès à une situation alimentaire correcte pour tous les
(p. 38-39 / p. 294-295) Éthiopiens.
1. Le battage des céréales par des familles paysannes avec C – Développer une agriculture durable ?
leur bétail : une activité traditionnelle et peu productive,
pour une production alimentaire de base.
(p. 42-43 / p. 298-299)
2. À l’Ouest, l’agriculture traditionnelle doit nourrir une 1. Les actions de reforestation et de restauration des pay-
population dense et en forte augmentation, notamment sages lancées par l’ONU, le gouvernement, des ONG
la région centrale. À l’Est, la sécheresse marquée rend dif- ou des entreprises ont des objectifs économiques (aug-
ficile l’activité agricole et l’arrivée de nombreux réfugiés menter la production agricole et les revenus paysans),
aux frontières crée une pression démographique. sociaux (aides aux petits paysans, réduction de l’exode
3. La situation alimentaire s’est améliorée : la population a rural, scolarisation…) et environnementaux (entretien des
presque doublé en deux décennies et l’indice de production paysages ruraux, lutte contre la dégradation des sols et
alimentaire a presque triplé, le nombre de sous-alimentés a reforestation…).
un peu diminué. Mais plus de 30 millions de personnes sont 2. Le commerce équitable améliore les revenus et les
sous-alimentées et le régime alimentaire est peu diversifié, conditions de vie des paysans et permet de financer des
aux deux tiers à base de céréales. Cette alimentation reste programmes de développement. Mais il reste limité à une
soumise aux aléas de la production céréalière. fraction faible du commerce agricole, dépend des marchés
4. Trois raisons : l’agriculture traditionnelle peine à aug- extérieurs et ne concerne pas ici l’alimentation locale.
menter la production alimentaire dans ce pays pauvre ; 3. L’ONU et le gouvernement éthiopien ont lancé le pro-
la pression démographique est forte ; les conditions gramme LEAP pour mieux anticiper et gérer les crises ali-
naturelles rendent difficiles les activités agricoles dans le mentaires grâce à un suivi des récoltes et des conditions
temps et l’espace. météorologiques.
4. Des acteurs multiples : privés ou publics, locaux, natio-
Mise en perspective
naux, internationaux. Les réalisations visent à protéger les
La production en Éthiopie a augmenté et la situation ali- sols et à soutenir l’agriculture paysanne. Ces actions sont
mentaire s’est améliorée. Les conditions humaines et natu- cependant dispersées et partielles.
relles sont difficiles et plus d’un tiers des Éthiopiens sont
sous-alimentés. L’exemple de ce pays illustre les difficultés
Mise en perspective
agricoles et alimentaires de l’Afrique subsaharienne. L’accès pour tous à une alimentation durable passe par
des politiques économiques, sociales et environnemen-
B – Assurer la sécurité alimentaire à tous ? tales menées par de multiples acteurs. Comme dans beau-
(p. 40-41 / p. 296-297) coup de PMA, le développement d’une agriculture durable
1. L’ONG « Mouvement de solidarité pour une nouvelle est difficile à mettre en place de façon suivie et cohérente.
Éthiopie » dénonce l’accaparement des terres, car elle veut
que les familles paysannes puissent se nourrir et vivre de
leur travail. Selon « Horizon Plantations », une firme agroa- Bibliographie et sitographie
limentaire, l’investissement dans des cultures commer-
ciales, encouragé par le gouvernement éthiopien, permet ✔✔ Prunier G. (s.d.),  L’Éthiopie contemporaine, Karthala,
le développement agricole, la formation des paysans et le 2007.
financement d’infrastructures. ✔✔ Stienne A., « Vol de terres en Éthiopie »,  Le Monde
2. Pour l’auteur du texte, l’agriculture commerciale détruit Diplomatique, 18 novembre 2013 :
l’agriculture familiale : les terres sont accaparées ainsi que http://blog.mondediplo.net/2013-11-18-Vol-de-terres-en-Ethiopie
leurs ressources (forêts, rivières). Les compensations sont ✔✔ FAO Données statistiques et analyses sur l’agriculture
insuffisantes et accroissent l’exode rural et l’insécurité. La et l’alimentation en Éthiopie :
photographie semble montrer que l’ouverture à la mon- http://www.fao.org/countryprofiles/index/fr/?iso3=ETH
dialisation agricole favorise la modernisation, l’exporta-
tion et l’emploi.

22 © Magnard, 2015 – Histoire Géographie 2de – Livre du professeur


Étude L’Inde : comment nourrir le 2e pays
de cas 2 le plus peuplé du monde ? ➤ p. 44-47 / p. 304-307

◗◗ Démarche et problématiques 3. Cette coopérative laitière a permis, d’une part, à des


millions de paysans d’augmenter leurs revenus et, d’autre
Depuis les années 1950, gagner la course-poursuite part, de compléter et de diversifier l’alimentation des
population/production alimentaire est le premier défi du Indiens, notamment pour les jeunes.
développement en Inde. Il a poussé les pouvoirs publics 4. Les principaux acteurs de la sécurité alimentaire en Inde
à mettre en place une « Révolution verte ». sont : les pouvoirs publics (au niveau fédéral et des États)
Assurer la sécurité alimentaire reste une question majeure qui recherchent un développement agricole et mettent en
et débattue alors que 80 % des paysans n’ont pas assez de place une aide alimentaire (inégalement efficace) ; les pay-
terre pour en vivre. sans, producteurs souvent pauvres, parfois organisés en
Le développement agricole durable indien réclame une coopératives ; les firmes agroalimentaires et les grands
meilleure prise en compte des inégalités socio-spatiales propriétaires qui ont des logiques commerciales. Leurs
et de l’environnement. objectifs sont différents et parfois contradictoires. La
concurrence pour les terres est vive.
◗◗ Corrigés
C – Vers une agriculture plus équitable et
A – La croissance de la population : un défi viable ? (p. 47 / p. 303)
alimentaire 1. La carte montre des zones de difficultés économiques
(p. 44-45 / p. 300-301) (rendements faibles), sociales (pauvreté et tensions) et
environnementales (surexploitation des nappes d’eau).
1. Grâce à ce programme public, les paysans pauvres de
Les difficultés économiques et sociales sont fortes dans
l’ensemble du pays touchent un revenu complémentaire
le centre de l’Inde. Les régions berceaux de la Révolution
qui permet de mieux nourrir leur famille. Ici, il s’agit de
verte connaissent aussi des problèmes liés à une irrigation
l’entretien des canaux d’irrigation, indispensables pour la
trop importante (Tamil Nadu, Pendjab, Haryana).
riziculture à la base de la production alimentaire.
2. Cette technique d’irrigation permet aux petits paysans
2. La part des personnes sous-alimentées a beaucoup
de s’équiper pour un prix réduit, sans dépense d’énergie,
baissé en vingt ans (de 28  % à 17  %). En trente ans, la
tout en économisant l’eau des nappes.
production vivrière a davantage augmenté (x 2,5) que la
3. La Révolution verte connaît des limites : gaspillages,
population (x 1,7).
détournements et exportations céréalières, dégradation
3. La malnutrition infantile est forte dans la partie centrale,
des sols. Des pistes à développer : réduction des intrants
touchant dans trois États plus de la moitié des enfants,
chimiques et des pertes, distribution d’aides directes aux
alors que la natalité y est élevée, ce qui risque d’aggra-
paysans qui s’orientent vers une agriculture durable.
ver la situation. La situation est meilleure au Sud, dans le
4. Une agriculture plus durable doit être plus respectueuse
Tamil Nadu, et la natalité y est plus faible.
de l’environnement et améliorer le sort de la masse des
4. La Révolution verte combine céréales à haut rende-
paysans les plus pauvres.
ment, produits phytosanitaires, engrais et irrigation ; l’État
joue un rôle organisateur à partir des années 1950. Elle a Mise en perspective
permis d’augmenter la production et de mieux nourrir les Si l’Inde a réussi à éviter une catastrophe alimentaire, en
paysans, de leur procurer des revenus complémentaires comparaison de nombreux pays du Sud en situation de
et d’améliorer les infrastructures rurales. crise, et à faire face à l’explosion démographique grâce à
5. Si la situation s’est améliorée, le défi alimentaire n’est une politique agricole active depuis le milieu du xxe s., les
pas encore relevé. Sous-alimentation et malnutrition déséquilibres et les dysfonctionnements sont marqués et
restent encore massives alors que la croissance démogra- l’insécurité alimentaire est forte. À l’image de ce grand
phique est forte. La situation alimentaire est très inégale. pays émergent tourné vers le marché mondial (l’Inde 1er
exportateur de riz en 2013), les défis perdurent et la ques-
B – Assurer l’accès à la nourriture à tous ? tion alimentaire mérite de rester centrale : plus que jamais
(p. 46 / p. 302) la Révolution verte doit devenir « doublement verte ».
1. L’accaparement des terres par les grands proprié-
taires et les firmes développe des cultures commerciales
comme le coton, au détriment des cultures alimentaires
Bibliographie et sitographie
pour la population locale. Les petits paysans peinent à
survivre sur leurs petites parcelles et des milliers d’entre ✔✔ Landy F., « La Révolution verte inachevée », Alternatives
eux quittent la terre ou sombrent dans le désespoir avec Internationales, Hors-série n° 15, mai 2014, p. 18-19.
leurs familles. ✔✔ Landy F. (s.d), Dictionnaire de l’Inde contemporaine,
2. Cette loi sur la sécurité alimentaire vise à procurer Armand Colin, 2010.
des céréales de base à bas prix à 810 millions d’Indiens ✔✔ Landy F., L’heure est-elle encore à la révolution verte en
alors que les prix ont flambé sur le marché. Certains sont Inde ?, 29 août 2013 :
inquiets du coût et des dysfonctionnements de cette aide
http://blogs.mediapart.fr/edition/la-revue-du-projet/
publique qui ne parvient pas à la majorité des paysans
article/290813/l-heure-est-elle-encore-la-revolution-verte-en-in-
pauvres.
de-par-frederic-landy

© Magnard, 2015 – Histoire Géographie 2de – Livre du professeur 23


Étude de cas Vers une « agriculture durable » www

Numérique en France ➤ p. 48-49 / p. 308-309

◗◗ Pourquoi choisir la France ? Doc. 2 – Carte interactive : Des formes


La France, 1re puissance agricole de l’UE, a une puissante de l’agriculture durable en France
agriculture productiviste. Les impacts environnementaux 1. La carte représente trois formes d’agriculture durable
et sanitaires font l’objet de critiques et de réflexion. Les selon les régions. Elle combine figurés de surface avec
pouvoirs publics et certains agriculteurs cherchent à inflé- seuils pour deux informations (aplats de couleurs ou
chir ce modèle. Le rapport 2014 du ministère de l’Agricul- hachures) et figurés ponctuels proportionnels pour la
ture s’intitule « Agricultures, produisons autrement ». troisième.
2. Pour l’agriculture biologique : interdiction des produits
◗◗ La démarche de l’étude de cas chimiques (engrais, pesticides). Pour l’agriculture HVE :
production de qualité et respectueuse de l’environnement
numérique (ici, niveau 3). Pour l’agriculture de conservation : travail
L’étude de cas met l’accent sur la diversité des formes de la terre et intrants réduits (ici, non-labour).
d’agriculture durable et présente quelques évolutions. 3. Pour l’agriculture biologique : Sud-Est. Pour l’agriculture
• La vidéo du document numérique 1 montre un exemple, HVE : Aquitaine et Lorraine. Pour l’agriculture de conserva-
l’agroforesterie moderne, dans un scénario imaginé par tion : est du Bassin parisien et partie du Sud-Ouest.
des agronomes. Elle met en avant l’intérêt d’une telle En conclusion, c’est une faible part pour le biologique
démarche et sa faisabilité. (moins de 4 % des surfaces) et la HVE (niveau 3, quelques
• Les documents numériques 2 et 3 apportent quelques dizaines d’exploitations) ; le non-labour est en revanche
éléments de mise en perspective à l’échelle nationale. plus répandu (plus de 40 % dans 6 régions). Au total, il y
– La carte interactive situe trois autres formes d’agricul- a de fortes inégalités selon les régions (L-R : 3 formes bien
ture durable selon les régions : agriculture biologique ; présentes ; NPC, HN, Centre : présence faible).
HVE (ici de niveau 3 : 77 exploitations en 2013 sur près Doc. 3 – Graphiques interactifs : Produits
de 6  000 pour les trois niveaux) ; non-labour (35  % des
surfaces des grandes cultures), qui est une des pratiques chimiques et émissions de CO2
d’agriculture de conservation. Réponses aux questions de la fiche réponse téléchar-
–  Les graphiques interactifs montrent l’évolution sur geable :
deux décennies de la consommation de certains produits 1. Pesticides : – 35,3 %. La baisse est importante mais irré-
chimiques et les émissions agricoles de GES. gulière.
2. Engrais azotés : – 16 %. La baisse est moins importante
◗◗ Corrigés mais régulière.
3. Émissions totales de GES : + 1,1 %
Doc. 1 – Vidéo : L’agroforesterie, 4. Émissions de GES par actif : + 140 %. Comparaison 3
une orientation agricole possible ? et 4 : les émissions totales augmentent peu et baissent
1 et 2. Le document combine fiction et documentaire même depuis 2000, mais par actif il y a plus d’un double-
(docu-fiction) ; il est organisé chronologiquement de 1990 ment car il y a eu baisse du nombre d’actifs.
à 2040, jusqu’à la retraite de l’exploitant.
3. L’agroforesterie moderne associe arbres et cultures et
tient compte de la mécanisation (espacement suffisant Sitographie
entre les lignes d’arbres).
4. L’intérêt économique : baisse des coûts de production ✔✔ Rapport 2014 sur l’agro-écologie du ministère de l’Agri-
(intrants, énergie), réduction du temps de travail, revenus culture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt :
complémentaires divers, baisse des taxes et obtention de http://agriculture.gouv.fr/Rapports-2554
primes. L’intérêt écologique : biodiversité favorisée, struc- ✔✔ Dossier sur l’agriculture durable en France, site du
ture de la terre respectée par un travail réduit, diminution ministère de l’Écologie, du Développement durable et
des pollutions et des émissions de CO2. de l’Énergie :
5. Une diversification spectaculaire : bois, cultures com- http://www.developpement-durable.gouv.fr/L-agriculture-du-
plémentaires, tourisme rural, formation des agriculteurs. rable-des.html
6. Cette orientation agricole se fonde sur une augmenta- ✔✔ Site de l’Association française d’agroforesterie :
tion des prix de l’énergie et des intrants chimiques ainsi http://www.agroforesterie.fr
qu’une réglementation plus exigeante (taxes et primes).
En conclusion, ce pari semble raisonnable et devrait à
terme améliorer la performance économique et écolo-
gique de l’exploitation. Cependant, l’investissement de
départ est lourd (10 000 arbres pour 180 ha). De plus, il y
a une baisse des rendements agricoles.

24 © Magnard, 2015 – Histoire Géographie 2de – Livre du professeur


Contexte Les inégalités alimentaires
planétaire 1 dans le monde ➤ p. 50-51 / p. 306-307

Le planisphère montre les disparités persistantes entre les grands ensembles géographiques,
alors que la moyenne mondiale laisserait penser que la faim n’est plus un problème. Une
situation de sous-alimentation persiste (disponibilités alimentaires moyennes inférieures à
2 500 kilocalories/hab/jour), tandis que la sécurité alimentaire atteinte par un grand nombre
de pays peut déboucher sur l’abondance, même sur un excès calorique à plus de 2 800, voire
3 200 kilocalories.
Les inégalités alimentaires ne se résument pas à une opposition Nord/Sud : en effet, les popu-
lations du Sud présentent des situations très contrastées, de l’abondance à la crise alimentaire.
C’est en Afrique subsaharienne que se trouve le plus grand nombre de pays touchés par la
sous-alimentation et la situation de crises alimentaires. Mais c’est en Asie, avec les grands
foyers de peuplement, que se trouve le plus grand nombre de personnes touchées par la
sous-alimentation (carte p. 55/311).
De même, l’obésité (définie par un indice de masse corporelle supérieur à 30) n’est pas seu-
lement l’apanage des pays riches (États-Unis, Australie…). Elle touche aussi des pays en
développement, liée à des régimes alimentaires spécifiques comme en Amérique centrale, au
Proche-Orient et en Afrique du Nord. À l’inverse, l’Asie est le continent le moins touché par un
phénomène que l’OMS considère comme une maladie depuis 1997.

Utiliser la carte interactive


✔ Saisir l’adresse du lien indiqué sur la page pour accéder
librement à la carte www.lienmini.fr/magnard-hg2-110

Grâce à la légende interactive, on peut sélectionner des figurés et organiser l’analyse de


la carte par type d’information, confrontation d’informations ou en essayant de construire
une démonstration, sans perdre de vue les limites du document.
Exemple de démarche pour analyser la carte en la recomposant à partir du fond de carte :
• L’affichage seul des deux aplats jaunes, pays en dessous du seuil de sous-alimentation de
2 500 kilocalories/jour, met en évidence le grand nombre de pays concernés en Afrique
subsaharienne et orientale. Cependant, le principal foyer de sous-alimentation se situe
dans le monde indien. L’Union indienne à elle seule est plus peuplée que l’Afrique entière.
Une approche critique possible du document peut être faite au passage.
• L’ajout des figurés rouges (aide alimentaire, 2014) confirme et élargit cette zone d’insécu-
rité alimentaire à quelques pays, notamment en Afrique occidentale.
• L’ajout des aplats vert foncé montre les pays en abondance alimentaire, des pays très
développés mais aussi des pays en développement. L’ampleur des inégalités alimentaires
dans le monde ne se résume pas à une opposition classique Nord/Sud même si elle appa-
raît principalement ainsi.
• L’ajout des figurés bleus (plus de 25 % de population adulte obèse) confirme cette obser-
vation puisque plusieurs zones de pays du Sud sont concernées alors que, à l’inverse, les
pays asiatiques les plus développés ne le sont pas.

© Magnard, 2015 – Histoire Géographie 2de – Livre du professeur 25


Contexte Mieux nourrir
planétaire 2 les hommes ➤ p. 52-53 / p. 308-309

Carte 1 – Population agricole et sécurité alimentaire


La carte met en évidence la persistance d’énormes masses rurales paysannes dans le monde,
en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud et de l’Est. De plus, la plupart des pays en risque
d’insécurité alimentaire ont encore une paysannerie importante. Cela s’explique par l’ex-
trême pauvreté des masses paysannes, leur faible productivité et les situations d’insécurité,
de conflits qui les empêchent de cultiver leurs terres ou dévastent les récoltes et déciment les
troupeaux.
Ainsi, les pays où règne l’insécurité alimentaire sont les pays dévastés par des conflits per-
manents comme l’Afghanistan, ceux de la Corne de l’Afrique ou d’Afrique centrale. Haïti, seul
PMA du continent américain, est soumis à de forts risques (cyclones, tremblements de terre)
et pâtit d’une mauvaise gouvernance récurrente.
Carte 2 – L’évolution des terres agricoles (2000-2011)
Étendre les surfaces cultivées est a priori une solution pour accroître la production alimen-
taire face à une demande croissante. Les informations de la carte infirment cette possibilité
de croissance extensive : durant les dernières années, la surface mondiale cultivée régresse.
Les superficies cultivées continuent certes d’augmenter à la faveur de fronts pionniers agri-
coles en Asie du Sud-Est (en Indonésie) et en Amérique latine (au Brésil, illégalement, aux
dépens de la forêt amazonienne ; en Argentine). En Afrique, la pression démographique fait
que des terres de parcours (élevage) sont cultivées, mais cette extension n’est pas durable, cer-
taines étant abandonnées car vite rendues infertiles. L’ouverture de nouveaux fronts pionniers
est désormais limitée par la mise en place de politiques de préservation des forêts tropicales.
L’érosion, la salinisation, l’épuisement des sols expliquent en partie les diminutions de surfaces
cultivées dans un nombre grandissant de pays. Une seconde cause est l’étalement urbain, qui
consomme des terres agricoles pour la construction de lotissements urbains et d’infrastruc-
tures, en particulier de transport. Le phénomène affecte aussi bien les pays développés d’Eu-
rope, d’Amérique du Nord, d’Océanie que des pays du Sud comme la Chine, où l’urbanisation
progresse actuellement rapidement.
Carte 3 – Des contrastes dans les modes de production
Si les possibilités de croissance extensive sont limitées, la sécurité alimentaire suppose une
croissance intensive, c’est-à-dire une augmentation des rendements par hectare.
La consommation d’engrais azotés rend compte des possibilités importantes d’accroissement
des productions par intensification, en particulier sur le continent africain où les paysans ont
une très faible productivité par manque de capitaux, de technologies et d’encadrement. À
l’inverse, les pays développés, où règne l’agriculture productiviste et les pays du Sud, qui
ont effectué la Révolution verte, se distinguent par de fortes consommations d’engrais. Ces
niveaux sont aujourd’hui remis en cause pour leurs conséquences environnementales. De ce
double constat naît l’exigence d’une agriculture raisonnée qui augmente les rendements tout
en étant plus respectueuse de l’environnement.
Les OGM ont une autre géographie très déséquilibrée, dominée par le continent américain,
alors que l’Europe est en retrait volontaire. Ne pas produire d’OGM ne met pas à l’abri de ces
produits car les principaux producteurs d’OGM sont des agricultures puissamment exporta-
trices (États-Unis, Brésil, Canada, Argentine). Leur usage reste très débattu, y compris sur le
plan environnemental où, a priori, les techniques culturales et le moindre usage d’herbicides
sont positifs (voir Débat de développement durable : L’essor des OGM en Argentine, « or vert »
ou « catastrophe », p. 60/316). À noter que les principales cultures OGM ne sont pas – à l’ex-
ception du maïs – des produits alimentaires de base pour nourrir les hommes (soja, colza),
voire même ne sont pas alimentaires (coton). Pour toutes ces raisons, les OGM ne peuvent
apparaître actuellement comme une solution pour nourrir les hommes.
L’agriculture biologique, qui interdit l’usage d’intrants chimiques d’origine industrielle, reste
marginale à l’échelle mondiale. Par le nombre de pays concernés, c’est un phénomène essen-
tiellement européen où la part de la surface cultivée ne dépasse 10 % qu’exceptionnellement
– Suisse, Suède, républiques baltes – (les chiffres absolus sont trompeurs car les superficies
des pays sont très différentes). Ce n’est donc pas une solution à court terme pour nourrir les
hommes, d’autant que les rendements sont plus faibles et les prix des produits plus élevés.

26 © Magnard, 2015 – Histoire Géographie 2de – Livre du professeur


Cours : documents clés Corrigés ➤ p. 54-59 / p. 310-315 

Population mondiale : sous-alimentation et organisation internationale dépendante de l’ONU (le


Fonds international de développement agricole) que des
croissance démographique (doc. 1 p. 55 / p. 311)
1. Le continent le plus affecté par la sous-alimentation est organisations régionales (Unité africaine, Union euro-
l’Asie du Sud en nombre absolu (320 millions) et l’Afrique péenne). Ce sont des investisseurs étrangers qui sont
subsaharienne en pourcentage de personnes concernées sollicités pour augmenter la production agricole de l’île.
(25 %). 4. La situation alimentaire de Madagascar demeure alar-
2. C’est en Afrique que la croissance démographique est mante : la ration quotidienne est inférieure à 2 200 kiloca-
la plus forte. lories/jour et le pays a besoin de l’aide alimentaire orga-
3. Il y a globalement correspondance entre forte croissance nisée par la FAO. Le but de l’affiche est donc de mobiliser
de la population et forte sous-alimentation, mais il y a des investisseurs pour investir et développer l’agriculture
quelques exceptions : pays à forte croissance mais à faible vivrière de Madagascar, qui est le plus vaste pays de la COI.
sous-alimentation comme le Costa Rica, l’Algérie ; pays à
faible croissance et à forte sous-alimentation comme le L’agriculture raisonnée, une agriculture
Paraguay, la Corée du Nord ou la Géorgie. plus durable (doc. 6 p. 59 / p. 315)
4. La sous-alimentation concerne le plus souvent des espaces 1. Les pratiques culturales d’une agriculture raisonnée
où les masses paysannes sont importantes mais la produc- sont une moindre utilisation des produits industriels et
tion faible, car la productivité des agriculteurs est très faible. une diversification des cultures pratiquées à la suite sur
La sécurité alimentaire, objet de mobilisation un même sol (assolement sur 4-5 ans).
2. Elle a d’autres préoccupations environnementales que la
internationale (doc. 3 p. 57 / p. 313) moindre utilisation des produits chimiques : privilégier les
1. On observe au premier plan des rizières étagées, délimi-
espèces résistantes et non pas systématiquement celles
tées par des petites digues, et dont les cultures sont plus ou
qui ont les rendements les plus élevés, être attentif au bien-
moins avancées. Au second plan, un village de maisons tradi-
tionnelles (murs de terre, toits de chaume) et des jardins pota- être animal, mieux utiliser l’eau et respecter les paysages
gers. L’espace à l’arrière-plan ne semble pas mis en culture. et la biodiversité.
2. Le paysage rizicole organisé (irrigation et terrassement) 3. L’agriculture raisonnée s’oppose donc au modèle d’agri-
semble productif toute l’année comme l’indiquent les culture productiviste qui s’est développé avec la seconde
couleurs vives et diverses. Les digues sont bien entrete- révolution agricole depuis la seconde partie du xxe siècle.
nues. Le village montre des constructions de qualité et la 4. L’agriculture raisonnée n’est pas une rupture car elle
présence de jardins indique une production diversifiée. continue d’utiliser des intrants industriels mais en moindre
3. La situation alimentaire dans l’océan Indien est une quantité ; elle se veut intensive mais dans un plus grand
affaire internationale, car elle implique aussi bien une respect de l’environnement.

L’essor des OGM en Argentine :


Débat « or vert » ou catastrophe ? ➤ p. 60-61 / p. 316-317

Entrer dans le débat Analyser les arguments de GRAIN contre


L’essor récent des OGM est spectaculaire, surtout sur le l’essor des OGM
continent américain où se situent les principaux utilisa- 1. GRAIN est une ONG qui milite pour une agriculture
teurs (États-Unis, Brésil, Argentine). À elle seule, l’Argen- familiale plus respectueuse de l’environnement.
tine représente 13,4  % des surfaces cultivées en OGM 2. L’utilisation de soja OGM est une catastrophe environ-
dans le monde en 2014. Les OGM sont-ils une solution nementale car elle prend la forme d’une monoculture qui
pour produire plus et de manière plus durable ? épuise les sols. Par ailleurs, elle ne réduit pas l’utilisation
Analyser les arguments d’ArgenBio pour de produits chimiques : outre le glyphosate, d’autres her-
bicides doivent être utilisés. Leur épandage par les airs
l’essor des OGM contamine les terres voisines et les cours d’eau. Cela a des
1. ArgenBio est une organisation regroupant des experts
conséquences pour la santé des populations voisines, en
favorables à l’essor des biotechnologies, financée par des
particulier des femmes enceintes – avortements spontanés,
industriels de ce secteur. Son objectif est donc de sensibi-
malformations –, d’où le slogan « Malvinas lutte pour la vie ».
liser l’opinion publique sur les bienfaits des OGM.
3. L’essor de la culture du soja est le fait de grandes exploita-
2. Les OGM apparaissent comme un atout économique
tions capitalistes au détriment de la petite paysannerie, qui
car les coûts de production diminuent et les rendements
est expulsée ; peu d’emplois sont créés. Il s’accompagne du
sont élevés. L’essor de la production fait baisser les prix.
recul d’autres activités vivrières, obligeant le pays à importer.
3. La baisse des prix est favorable aux consommateurs.
Pour l’environnement, moins d’herbicides sont utilisés Prolonger le débat
et supprimer les labours évite la destruction de l’humus Vu certaines conséquences environnementales et sociales,
et le lessivage des sols. La consommation d’énergie est l’utilisation des semences OGM ne se situe pas actuellement
également réduite. dans une perspective de développement durable.

© Magnard, 2015 – Histoire Géographie 2de – Livre du professeur 27


Exercices Corrigés

Analyser une publicité ➤ p. 62 / p. 318 Analyser un texte ➤ p. 63 / p. 319


Décrire la publicité Lire le texte
Le document étudié est une publicité pour la marque de 1. Le texte aborde le thème de la faim à l’échelle mondiale.
produits biologiques Biocoop, diffusée en mai 2014. Ce 2. C’est un extrait d’un numéro spécial d’une revue éco-
document s’adresse aux consommateurs français qui nomique française trimestrielle (Alternatives internatio-
pourraient acheter ce type de produits ; il met en avant un nales), écrit par une journaliste (Laurence Estival) en mai
slogan « N’achetez pas de fraises (en hiver) » et un autre 2014.
élément de texte qui énonce : « Achetons responsable ».
Une fraise occupe le centre de l’image, elle est transpercée
Sélectionner les informations
3. La majorité des personnes souffrant de sous-nutrition
par des routes sur lesquelles circulent des camions qui
se trouvent en Asie et en Afrique subsaharienne (où ¼ de
sortent d’une pompe à carburant.
la population est touchée par ce problème). Au total, cela
Analyser la publicité concerne 12 % de la population mondiale actuelle (contre
La firme Biocoop communique sur la consommation de 19 % dans les années 1990). Ce sont beaucoup de petits
fruits hors saison importés de l’étranger, d’où l’évocation paysans.
du problème généré par les transports de produits agri- 4. Les causes de la persistance de la faim sont surtout
coles sur de longues distances. Acheter responsable signi- liées à des problèmes économiques et sociaux : de très
fie prendre en compte le contexte social, environnemental nombreux petits paysans ne parviennent pas à produire
de son achat, et pas simplement le produit. Ici, c’est l’im- suffisamment faute de progrès techniques et d’encadre-
pact énergétique du transport du produit sur une longue ment (stagnation des rendements) mais aussi parce qu’ils
distance qui est mis en avant. Il s’agit bien d’arguments subissent la concurrence de productions étrangères et que
s’inscrivant dans la logique du développement durable : les réseaux de transports et de stockage sont déficients,
pour limiter l’impact sur l’environnement du transport des les handicapant pour développer le secteur vivrier mar-
produits agricoles, les filières courtes de proximité sont chand.
privilégiées. 5. Le dernier paragraphe évoque le problème de l’acca-
parement des terres (« land grabbing » en anglais) : de
Exercer un regard critique nombreux paysans africains sont expulsés de leurs terres
Il n’est pas possible de se passer de produits agricoles qui
qui sont vendues ou louées à des États ou des groupes
ne peuvent être cultivés sous nos climats, comme les pro-
étrangers souhaitant assurer leur propre indépendance
duits tropicaux et subtropicaux (ananas, café, cacao…), et
alimentaire (Chine ou Qatar) ou développer des cultures
qui sont donc importés. La publicité vise les produits impor-
commerciales pour les marchés mondiaux, non dévelop-
tés afin de pouvoir les proposer aux consommateurs à une
per des cultures vivrières pour nourrir les populations
saison où ils ne sont pas disponibles chez nos producteurs :
locales.
c’est le cas des productions de contre-saison de l’hémis-
phère sud comme les fruits d’Afrique du Sud ou du Chili.
C’est également le cas de cultures faites en toute saison
sous climat tropical comme les haricots du Kenya.

Rédiger la réponse à un sujet ➤ p. 64 / p. 320


Comprendre le sujet
1. Une agriculture durable serait une agriculture plus respectueuse de l’environnement (sols, eau…), dont les techniques
seraient utilisables par les petits producteurs du monde entier. On peut l’opposer à l’agriculture productiviste.
2. Quelles sont les limites de l’agriculture actuelle et quelles voies une agriculture durable peut-elle emprunter ?
Mobiliser ses connaissances
Les différentes voies
Les limites de l’agriculture productiviste
vers une agriculture durable
• Des conséquences environnementales : pollution des eaux et • L’agriculture raisonnée : conciliation de la rentabilité économique
des sols (produits phytosanitaires), érosion et salinisation des sols, et d’un meilleur respect de l’environnement. Elle limite l’usage des
émissions de CO2 liées au transport des produits sur de longues dis- intrants chimiques d’origine industrielle, mais essaie d’obtenir de
tances comme les fruits de contre-saison venant de l’hémisphère bons rendements. Ainsi, en France, l’agriculture à « haute valeur
sud (raisin d’Afrique du Sud, pommes du Chili)… On peut évoquer environnementale » (HVE) et l’agriculture de « conservation » ; en
aussi des conséquences sanitaires liées à l’alimentation industrielle Inde, on parle de révolution « doublement verte ».
des animaux (vache folle, grippe aviaire), à l’épandage des produits • L’agriculture biologique : utilisation d’intrants industriels interdite,
chimiques… rendements par hectare plus faibles. Ses produits sont plus chers
• Des conséquences sociales : marginalisation de la petite agricul- (elle ne peut donc prétendre « nourrir le monde »).
ture familiale, exode rural… • Le recours aux OGM : semis direct, sans labour, ce qui réduit les
émissions de CO2 et l’érosion des sols. Mais les risques sanitaires et
environnementaux ne sont pas niables (soja en Argentine).

28 © Magnard, 2015 – Histoire Géographie 2de – Livre du professeur


S’évaluer ➤ p. 65 / p. 320 3. VRAI : 2,1  milliards de personnes en surpoids, dont
670 millions d’obèses.
Connaître les définitions 4. FAUX : l’usage d’intrants industriels est interdit dans
1. Sous-nutrition/malnutrition : la sous-nutrition est une l’agriculture biologique.
notion quantitative, elle correspond à un déficit de la 5. FAUX : la révolution verte a entraîné une forte augmen-
ration quotidienne de nourriture d’un individu (inférieure tation des rendements, en Asie notamment.
à 2 500 kilocalories/jour) ; la malnutrition est une notion 6. VRAI.
qualitative, elle renvoie à un déficit ou à un excès dans la
composition et l’équilibre de la ration alimentaire. Identifier trois idées principales
2. Insécurité alimentaire : elle renvoie aux insuffisances de sur un dessin de presse
la production mais aussi à d’autres causes, comme les 1re idée : Le dessin montre que la demande en produits ali-
carences de transport et de stockage et le contexte géo-
mentaires du type hamburger est très forte dans les pays
politique (instabilités, conflits).
développés du Nord (suralimentation ostensible). Or, la
3. Révolution verte : intensification de l’agriculture par
consommation massive de protéines d’origine animale
l’emploi simultané de variétés de céréales à haut ren-
dement et de quantités importantes d’intrants d’origine entraîne une demande accrue en céréales (pour nourrir
industrielle (engrais, produits de traitement des végétaux). les troupeaux).
Elle implique le plus souvent le recours à l’irrigation. 2e idée : Le problème de sécurité alimentaire évoqué est
4. Agriculture productiviste : système agricole dont la prio- celui d’une famine en Afrique de l’Est, qui correspond à
rité est l’augmentation des quantités produites par hectare une rupture totale de l’approvisionnement alimentaire de
cultivé, obtenue par la mise en œuvre de moyens tech- populations entières, entraînant la mort à court terme.
niques de plus en plus puissants et l’usage de nombreux 3e idée : Le personnage du dessin consomme des ham-
produits chimiques. burgers, produit emblématique de l’industrie agroalimen-
5 et 6. Agriculture durable : l’agriculture raisonnée appa- taire aux États-Unis. Ce type de nourriture ne répond pas
raît comme une forme d’agriculture durable car elle allie aux enjeux du développement durable car il implique une
préservation des bases physiques de la production (terre, consommation importante de viande et de longs trajets
eau, biodiversité), techniques utilisables par des petits pour les aliments. Produire un kilo de bœuf consomme
paysans et amélioration des rendements. 15 500 litres d’eau.
Mémoriser les acquis du cours Développement durable : Ce dessin pose des enjeux
1. VRAI. importants d’une agriculture durable : accès généralisé
2. FAUX : la production agricole augmente à un rythme à une alimentation suffisante et de qualité, modes de
de 1,5 % par an. consommation plus responsables.

Bibliographie Sitographie
✔✔ Brunel S., Nourrir le monde, vaincre la faim, Larousse, ✔✔ FAO :
2009. – état de l’insécurité alimentaire, 2014 :
✔✔ Charvet J.-P., Atlas de l’agriculture, Autrement, 2013. http://www.fao.org/publications/sofi/2014/fr/
✔✔ Dubois S., Le défi alimentaire. Étude géopolitique et – situation mondiale de l’alimentation et de l’agricul-
géoéconomique des agricultures mondiales, PUF, 2010. ture, 2014 : http://www.fao.org/publications/sofa/fr/
✔✔ Parmentier B., Faim zéro, en finir avec la faim dans le – base de données statistiques de l’organisation :
monde, La Découverte, 2014. http://faostat.fao.org/site/291/default.aspx
✔✔ « Nourrir la planète », Problèmes économiques, n°3073, ✔✔ Géoconfluences, indices et cartes de la situation ali-
La Documentation française, 2013. mentaire dans le monde, 2014 :
✔✔ « Nourrir les hommes en 2050 », Carto, n°3, 2011. http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/veille/indices-et-
cartes-de-situation-alimentaire-dans-le-monde
✔✔ Nourrir, manger, site de Bruno Parmentier :
http://www.nourrir-manger.fr/
✔✔ Cafés géographiques : L’agriculture mondiale et le
risque de pénuries alimentaires, 2014 :
http://cafe-geo.net/lagriculture-mondiale-et-le-risque-de-­
penuries-alimentaires/

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