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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

I- Introduction

La prise en charge de patients lombalgiques représente un enjeu considérable pour le patient


lui-même ainsi que pour la société.

Il est estimé que 80% de la population souffre d'un épisode de lombalgie au cours de sa vie.
Ces douleurs lombaires peuvent entrainer un arrêt de travail ; pour 6 mois d'arrêt, seulement
50% des patients reprendront une activité professionnelle. Ce pourcentage diminue avec la
durée de l'arrêt, on estime ainsi qu'il est de 30% pour un an d'arrêt et est quasiment nul à partir
de 2 ans d'arrêt. La lombalgie est même la troisième cause d’handicap chronique pour la
classe d’âge allant de 45 à 64 ans. De plus, il a été montré que plus l’arrêt de travail est long,
plus les chances de reprise de travail diminuent, mettant en avant l’intérêt de traiter cette
pathologie au mieux. (1)

Il est ainsi évident de comprendre que la lombalgie, à elle seule, représente un coût
faramineux pour la société, que cela soit en coût direct avec les consultations, les séances de
rééducation et les imageries, ou en coût indirect avec le paiement des indemnités journalières
lors d'arrêts de travail et la pension d'invalidité.

La précocité de la prise en charge des patients lombalgiques et la prévention de l'hygiène


développés ces dernières années, il est tout de même extrêmement fréquent pour le
kinésithérapeute de prendre en charge des patients souffrant de lombalgies, que ce soit en
centre de rééducation ou en cabinet libéral.

La lombalgie chronique, véritable problème de santé publique, représente actuellement un


investissement important, aussi bien d'un point de vue médical, social qu'économique. A
l'heure d'aujourd'hui, en moyenne huit personnes sur dix souffriront de douleurs lombaires au
cours de leur vie, à l'origine de nombreuses limitations fonctionnelles. Elles se traduisent par
une plainte, une attente envers le soignant, mais surtout un désir de compréhension et de
guérison. Bien souvent, ces douleurs qui durent depuis longtemps suscitent de nombreuses
interrogations auprès du corps médical car les connaissances actuelles ne permettent pas
toujours d'identifier les causes exactes de ce mal. Avec d'autres professionnels de santé, le
kinésithérapeute participe activement à l'accompagnement du patient lombalgique chronique
et occupe un rôle primordial dans sa rééducation. (2)

Problématique et choix du thème

Au cours de mon parcours de stage, aussi bien au sein d'un cabinet libéral que dans un centre
de rééducation, j'ai pu jusqu'alors rencontrer de nombreux patients lombalgiques chroniques.
La fréquence de cette pathologie et surtout sa complexité m'ont donc incitée à porter le choix
de mon mémoire de fin d'étude sur sa prise en charge et les actuels traitements proposés dans
le cadre de sa rééducation.

Au cours de mon stage et au fil de mes recherches, je me suis intéressé aux techniques de
rééducation dans le cadre de la lombalgie. Lors de ces recherches, la notion de points trigger

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apparaît dans quelques articles, ce qui abouti à l'émergence d'un questionnement : Qu'est-ce
qu'un point trigger ? Comment peut-on les identifier ? Comment peut-on les traiter en tant que
kinésithérapeute ? Ces points trigger sont ils présents chez des sujets victimes de lombalgie
chronique ? Dans quels groupes musculaires ces points trigger seraient-ils présents ? Leur
traitement diminue-t-il la douleur ressentie par le patient et ainsi son impotence fonctionnelle
? Le traitement des points trigger présente-t-il un intérêt lors de la prise en charge de patients
atteints de lombalgiques chroniques dans le cadre de séance de kinésithérapie ?

Ces questions aboutissent alors à une problématique : De quels moyens le kinésithérapeute


dispose-t-il pour diagnostiquer et traiter les points triggers et quels sont les impacts de leurs
traitements sur la rééducation de patients victimes de lombalgies chroniques ?

But de recherche :
L'objectif de ce travail sera donc d'analyse est d'identifier les
bénéfices de l'inactivation des points trigger dans le cadre d'une
lombalgie chronique.

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Contexte de l’étude :

A- Les Trigger Points :


1- Historique :

Au cours du siècle dernier, la compréhension des TrPs a grandement évoluée. C’est Adler, en
1900 qui est le premier à décrire les phénomènes cliniques caractéristiques des TrPs comme «
rhumatisme musculaire » (3). En 1915, Jones écrit le livre Fibrositis.

Le premier manuel de points déclencheurs est écrit par Langue en 1931, où le terme «
myogélose » apparait, également décrit par le terme « indurations musculaires » (4).

L’hypothèse était telle que la contraction musculaire soit due à la gélification colloïdale de la
substance musculaire. Les ponts actines myosines n’avaient pas encore été découverts à cette
époque. Ce terme « myogélose » est resté longtemps dans la littérature allemande associé aux
TrPs, décrivant le soulagement de la douleur du patient lorsque les nodules palpables étaient
traités par thérapie manuelle, mais le schéma de douleur référée quant à lui n’y apparaissait
pas (5).

Kellgren est le premier à étudier expérimentalement sur l’Homme, en 1938, la douleur


musculaire par injection d’une solution saline hypertonique dans les muscles concernés (6), il
y décrit les schémas de douleur de nombreux muscles et leur pertinence clinique.

De nombreux auteurs se sont intéressés aux traitements des patients présentant une douleur
référée caractéristique des TrPs, en utilisant des critères diagnostiques différents ainsi que des
noms de pathologies différentes. Nous pouvons citer entre autres « rhumatismes musculaires
», « myalgie », « fibrose », « fibrosite ». C’est ce dernier terme qui a été le plus utilisé (7).
Mais en 1963, le terme perd de sa crédibilité par le manque de compréhension de sa
physiopathologie. Un certain nombre de définitions contradictoires se sont développées dans
les différents écrits de l'époque, contribuant à son ambiguité. Reynolds démontre en 1983 le
caractère inapproprié du terme car aucune inflammation du tissu conjonctif n’est démontrée
histologiquement dans les nodules douloureux (8). Le nom est remplacé par « douleur fasciale
». Entre 1942 et 1993, Travell a utilisé le terme de « points de déclenchement » ou « Trigger
Points » dans ces 15 articles et 4 livres. En 1952, elle introduit la génèse myofasciale de la
douleur évoquant les modèles de douleur référées pour 32 muscles dans tout le corps. Ces
documents sont largement utilisés comme base de donnée dans les recherches anglosaxonnes.

Plus récemment, certains scientifiques se sont intéressés au développement des TrPs sur des
modèles animaux tel que le lapin, comme Chang-Zern Hong qui identifie le TrP comme des «
points de déclenchement ». Simons et Travell ont publié plusieurs manuels sur ces points de
déclenchement myofasciaux (9).

La littérature internationale actuelle montre que les cliniciens se sont beaucoup intéressés à
l’importance des TrPs, mais il existe une pénurie d’études scientifiques et cliniques contrôlées
sur ce sujet. Aujourd’hui encore, la physiopathologie des TrPs reste discutée.

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2- Définition :

D'après Travell et Simons [9], les points trigger sont la principale cause de douleur
myofasciale. Ce sont de petites zones musculaires en contraction, hyper irritables, localisées
dans des bandes musculaires en tension. Ils sont denses et sensibles à la palpation.

3- Prévalence :

Le pourcentage de personnes présentant des points trigger actifs à un instant "t" dans une
population se plaignant de douleur, quelle qu'en soit sa localisation, varie entre 21% et 93%
selon les études [10] . Malanga et Al. [11] indiquent dans leur article datant de 2010, que 95%
des personnes souffrant de douleurs chroniques présentent des douleurs d'origine myofasciale.

On peut donc voir l'intérêt que représente le traitement des points trigger dans le cadre d'une
lombalgie chronique.

4- Point trigger latent et point trigger actif :

Deux types de points trigger sont à distinguer : les points trigger actifs et les points trigger
latents.

Les points trigger actifs se distinguent des points trigger latents par la présence d'une douleur
spontanée ressentie par le sujet, c'est-à-dire une douleur présente en l'absence de stimulation
du point trigger (palpation, étirement ou contraction musculaire).

Mis à part cet élément, les points trigger actifs et latents présentent les mêmes
caractéristiques, avec une exubérance des effets pour le point trigger actif. Ces effets seront
décrits dans la partie suivante.

Il est à noter que les points trigger latents peuvent devenir actifs à la suite d'un effort physique
ou d'un traumatisme, d'où l'importance de ne pas les négliger lors du diagnostic et du
traitement.

5- Critères de diagnostic des points trigger :

Les recherches de Simons et Travell ont pu mettre en évidence plusieurs caractéristiques


cliniques des MTrPs (9):

 Un point de tension musculaire (MTrP) situé dans une bande tendue du muscle
squelettique.
 La compression du MTrP provoque des douleurs locales et, ou des douleurs projetées
similaires à la plainte clinique habituelle décrite par le patient. La compression peut
aussi aggraver la douleur existante.
 La palpation d’un MTrP peut déclencher une réaction de secousse localisée ou LTR(«
Local Twich Reponse »), c’est une contraction momentanée rapide des fibres
musculaires dans, ou autour de la bande tendue lors d’une stimulation mécanique (12).

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 Un signe du ressaut peut être perçu (« jump sign »), défini par le retrait du patient lors
de la palpation de la bande tendue perçue comme une sensibilité locale exquise
 La présence d’un MTrP dans un muscle provoque une restriction de mobilité des
articulations proches et une sensibilité accrue à l’étirement.
 Les muscles présentant des MTrPs peuvent avoir une perte de force musculaire mais
en général, aucune atrophie n’est remarquée.
 Des phénomènes autonomes peuvent être associés : vasoconstriction, ptose,
hypersécrétion.

6- Critères de diagnostic des points trigger :


 La localisation du point trigger :

Le point trigger est situé au sein d'un muscle, dans une bande musculaire sous tension. Il
correspond à une très petite zone, extrêmement sensible et qui donne la sensation d'un nodule
à la palpation. Plus le muscle sera mis sous tension, plus le point sera perçu comme sensible
par le sujet.

 La douleur :

D'après Simons [9], la douleur provoquée par un point trigger actif aura deux caractéristiques.

La première est qu'un point trigger actif provoquera une douleur corrélée à la localisation de
ce dernier, c'est-à-dire au muscle dans lequel il se trouve. Dans 85% des cas la douleur sera
projetée à une zone spécifique au point trigger, qui sera située à distance de la localisation
même du point trigger dans le muscle.

La deuxième caractéristique est que lors de l'application d'une pression sur un point trigger
actif, le sujet décrira la douleur ressentie comme étant sa douleur, celle qu'il ressent au
quotidien, une douleur qualifiée de "référée". Selon Gerwin [11], une pression de 5 à 10
secondes est nécessaire afin d'entrainer l'apparition d'une douleur référée par le sujet. Comme
nous l'avons vu précédemment, l'élément permettant de différencier un point trigger actif d'un
point trigger latent est la présence ou non d'une douleur spontanée.

Lorsqu'une pression est appliquée sur un point trigger latent, le sujet ressentira alors une
douleur projetée, située donc à distance du point trigger, mais qu'il sera évidemment incapable
de reconnaître.

Il est à noter que la pression à effectuer sur un point trigger latent afin que le patient ressente
une douleur projetée sera plus importante que celle à appliquer sur un point trigger actif.

 Le twitch musculaire

La stimulation mécanique du point trigger induit un twitch musculaire, c'est-à-dire une


contraction transitoire des fibres musculaires de la bande sous tension dans laquelle se trouve
le point trigger. Plus la stimulation mécanique est éloignée du point trigger, plus l'intensité du
twitch musculaire sera faible. Et réciproquement, plus la stimulation mécanique est effectuée
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proche du point trigger, plus le twitch musculaire sera intense. Il est à noter que ce twitch
musculaire est caractéristique d'un point trigger et ne se retrouve pas au sein d'un muscle sain.

Selon Gerwin [11], au-delà de 3cm par rapport à la localisation du point trigger, le twitch
musculaire n'est plus déclenché par la stimulation mécanique. Cette contraction transitoire est
très difficilement perceptible à la palpation, mais il est détectable avec l'utilisation d'un
électromyogramme de surface.

 La restriction d'amplitude articulaire

Un point trigger actif, en plus de créer une douleur spontanée, provoque une douleur à
l'étirement du muscle dans lequel il se trouve. Cette douleur, ainsi que la présence permanente
de la bande musculaire en contraction, entraîne une limitation d'amplitude articulaire au
niveau de la, ou des articulations en relation avec le muscle. Cette restriction d'amplitude
articulaire est présente en actif comme en passif, et varie en fonction du muscle touché (le
caractère mono-articulaire ou poly- articulaire du muscle, sa taille et l'amplitude du
mouvement qu'il induit sont des facteurs faisant varier l'importance de la restriction
d'amplitude articulaire)

 La faiblesse musculaire

Un point trigger provoque une perte de force du muscle dans lequel il se trouve. Un muscle
contenant un point trigger développe moins de force qu'un muscle sain. Il est à noter que cet
élément est rarement étudié dans la littérature scientifique, les paramètres les plus souvent
observés étant la douleur ressentie par le sujet, la contrainte quotidienne induite par la douleur
ainsi que l'amplitude articulaire permise dans les articulations concernées par la présence des
points trigger.

 Les effets des points trigger sur le système nerveux autonome

Selon Gerwin [11], les points trigger agissent aussi sur le système nerveux autonome (ou
neuro-végétatif) en l'activant, provoquant par exemple une vasodilatation, une
vasoconstriction, une pilo-érection ou encore une augmentation de la température cutanée.

7- Etiologie des points trigger

La genèse des points trigger n'est pas encore connue du monde scientifique, et reste au stade
d'hypothèses. L'hypothèse la plus probable est celle évoquée par Simons [9], qui a été reprise
et détaillée par Jafri MS [13] dans un article paru en Août 2014. Celle-ci explique le
mécanisme de formation et la perduration dans le temps d'un point trigger au sein d'un
muscle.

Selon Saleet Jafri [13], l'origine d'un point trigger est triple. Elle peut être due à une sur-
utilisation musculaire (lors d'un effort par exemple), à un stress mécanique (traumatisme ou
étirement au-delà des capacités élastiques du muscle par exemple) ou à un stress
psychologique. Quelque soit l'élément déclencheur, le résultat au niveau cellulaire sera le
même : il y aura une sécrétion anormale d'acétylcholine (neurotransmetteur excitato-moteur)

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au niveau de la jonction neuromusculaire. Cette sécrétion anormale va déclencher une hyper


contraction musculaire locale (entraînant une bande musculaire en contraction que l'on
identifiera à la palpation).

S'en suivra une hypoxie locale, due à l'arrêt d'apport sanguin et donc en dioxygène au niveau
de la zone contractée. Sans apport en dioxygène, le tissu musculaire en souffrance relâchera
des substances nociceptives. La douleur induite va stimuler le système nerveux autonome qui
lui-même va stimuler la sécrétion d'acétylcholine, perdurant alors l'hyper contraction
musculaire.

On peut donc s'apercevoir que la genèse et perduration des points trigger forme un cycle, et
que l'intervention d'au moins un élément extérieur est nécessaire afin de le briser. Cette boucle
est schématisée dans la figure (1).

Figure 1 : Schéma simplifié de la genèse et la perduration d'un point trigger

Il est à noter que ce qui a été écrit précédemment concernant l'hypothétique genèse des points
trigger a été grandement simplifié. Le phénomène réel est beaucoup plus complexe. La figure
(12) le schématise.

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Figure 2 : Schéma réel de la genèse et la perduration d'un point trigger selon Jafri MS [12]

8- Palpation des points trigger :

Gerwin [11] a décrit le protocole de palpation des points trigger suivant :

- Le muscle est palpé perpendiculairement à la direction de ses fibres musculaires.


- Si un plan ferme ou osseux est présent sous le muscle, la palpation se fait en pressant
le muscle contre ce plan.
- Si le muscle peut être pris entre les doigts, la palpation s'effectue en le pinçant entre le
pouce et l'index.
- Lorsqu'une bande musculaire sous tension est détectée par le thérapeute, celui-ci doit y
repérer une zone de tension plus élevée, opposant une plus grande résistance à la
pression digitale. Cette zone est perçue comme étant la plus sensible par le sujet. En
cas de point trigger actif, la douleur perçue par le sujet est référée. Un twitch
musculaire peut être perçu par le thérapeute.

9- Algomètre de Pression :

Cet outil permet d’aider le thérapeute à trouver le MTrP et de quantifier sa sensibilité.

Plusieurs études ont validé la fiabilité de cette méthode. L’extrémité de l’algomètre doit
précisément se situer sur la région du MTrP pour avoir une valeur de pression la plus exacte
possible. L’algomètre de pression permet de mesurer le seuil de douleur et la tolérance à la

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douleur. Le seuil de douleur est défini comme le seuil de pression à atteindre pour provoquer
la douleur référée tandis que la tolérance à la douleur est la pression maximale supportable et
tolérable par le patient.

Figure 3 : L’algomètre de pression

La douleur projetée n’est pas un signe spécifique d’un MTrP mais elle est plus souvent
retrouvée dans des régions possédant des MTrPs actifs que dans des régions possédant des
MTrPs latents et des régions neutres (15). Selon Hong (16), le seuil de douleur référée est
corrélé avec le seuil de la douleur dans la région d’un MTrP actif. La différence entre la
tolérance à la douleur et le seuil de douleur projetée est moindre pour des MTrPs actifs que
pour des latents. Il est démontré dans cette étude que le degré d’irritabilité du site compressé
(ou sensibilité à la stimulation mécanique) est lié au seuil de douleur référée (16).

B- Les lombalgies communes :


1) Définition :

Selon la Haute Autorité de Santé : "la lombalgie commune correspond à des douleurs
lombaires de l’adulte sans rapport avec une cause inflammatoire, traumatique, tumorale ou
infectieuse. On estime habituellement, sur la base de la pratique clinique, que la « lombalgie
commune » représente la grande majorité des cas (90%) de lombalgies prises en charge par
les professionnels de santé."

2) Passage à la chronicité et conséquences liées à cette chronicité :

Le pronostic des patients lombalgiques est généralement bon puisque 90% des personnes
guérissent en moins de 3 mois. La lombalgie peut être considérée comme une maladie
bénigne, seule la chronicité en constitue la gravité. Les formes chroniques représentent une
minorité, 6 à 8% des lombalgies. Néanmoins, le passage à la chronicité peut avoir un
retentissement majeur sur l’individu dans sa vie professionnelle, familiale et personnelle.

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Il apparait important de définir les facteurs prédictifs de passage à la chronicité et notamment


de non reprise des activités habituelles, en particulier professionnelles. Les facteurs de risque
de passage à la chronicité sont nombreux. Parmi ceux-ci, les facteurs psychosociaux jouent un
rôle essentiel, et s’ajoutant aux facteurs physiques et mécaniques. Parmi les facteurs
psychosociaux, les peurs, les croyances et les conduites d’évitement ont particulièrement été
étudiées ces dernières années. (17)

3) Recommandation thérapeutique pour la rééducation :

Selon le guide de recommandation "Low Back Pain Clinical Practice Guidelines Linked to the
International Classification of Functioning, Disability, and Health from the Orthopaedic
Section of the American Physical Therapy Association" , les recommandations pour les
thérapeutes manuels en ce qui concerne les différents types de lombalgie sont les suivants :

 L'utilisation de techniques de thrust et de mobilisation afin d'améliorer la mobilité de


la région lombaire et des hanches pour réduire la douleur chez les sujets atteints de
lombalgie subaiguë ou récurrente représente une recommandation de grade A.
 L'utilisation d'exercices répétés dans un but précis adapté au patient, afin d'améliorer
la mobilité et réduire les symptômes des sujets atteints de lombalgie aiguë, subaiguë
ou chronique associée à un déficit de mobilité représente une recommandation de
grade A

 L'utilisation d'étirements, d'exercices d'endurance et de coordination afin de réduire les


douleurs et gênes fonctionnelles chez les sujets atteints de lombalgie subaiguë ou
chronique représente une recommandation de grade A.
 L'utilisation d'exercices à intensité modérée et à haute intensité chez les sujets atteints
de lombalgie chronique représente une recommandation de grade A.
 L'éducation thérapeutique du sujet à sa pathologie représente une recommandation de
grade B.
 Le traitement des points trigger dans le cadre de la lombalgie chronique rentre donc
dans ces recommandations. En effet, (Simons et Travell) ont mis en évidence dans
leurs travaux qu'un point trigger, qu'il soit actif ou latent, entraîne une restriction de
mobilité articulaire (à la fois active et passive) ainsi qu'une faiblesse musculaire. Le
traitement de ces points trigger devrait donc permettre au sujet d'avoir une meilleure
mobilité articulaire, que celle-ci soit lombaire ou coxo-fémorale. Il devrait aussi
prévenir l'apparition de douleurs lors des étirements ou auto-étirements des différents
muscles de la région lombaire et coxo-fémorale.

Les muscles concernés par le traitement des points trigger :

Le traitement des points trigger a donc pour objectif de diminuer la douleur au niveau
lombaire, ainsi que de permettre une meilleure mobilité au niveau de la région lombaire et
coxo-fémorale. On peut donc supposer que, dans le cadre d'une lombalgie commune
récurrente, les muscles concernés par le traitement des points trigger sont les muscles
permettant la mobilité lombaire et coxo-fémorale. (19)
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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

On en déduit ainsi la liste de muscles suivante :

o Le droit fémoral
o Les ischio-jambiers
o Les adducteurs de hanche (muscles gracile, pectiné, long adducteur, court adducteur,
grand adducteur).
o L'ilio-psoas
o Les muscles glutéaux (muscles petit, moyen et grand fessier)
o Les muscles pelvi-trochantériens (muscles piriforme, carré fémoral, obturateur interne,
obturateur externe, jumeau inférieur et jumeau supérieur)
o Le carré des lombes
o Les muscles para-vertébraux lombaires

Or la clinique nous donne une liste de muscles différente. Selon plusieurs études se focalisant
sur la prévalence des points trigger chez une population atteinte de lombalgie chronique, les
muscles les plus touchés sont les suivants :

 Carré des lombes Ilio-costal


 Piriforme
 Moyen fessier

C- Rappels anatomiques :

Le tronc :

La colonne vertébrale forme un véritable pilier central du tronc. Outre sa fonction de support
du tronc, le rachis joue le rôle de protecteur de l’axe nerveux. Cette protection ne va pas sans
contrepartie, car dans certaines conditions et en certains points, l’axe nerveux et les nerfs
rachidiens qui en émanent peuvent entrer en conflit avec leur étui protecteur et déclencher des
douleurs de type lombalgie. (20)

Il nous parait donc important de détailler l’anatomie fonctionnelle du tronc.

 La colonne vertébrale

La colonne vertébrale est rectiligne dans son ensemble, lorsqu’elle est vue de face ou de dos
(figure 4). Par contre, dans le plan sagittal, la colonne vertébrale comporte 4 courbures :

- la lordose cervicale, avec une concavité postérieure, et dont le sommet est en C5 (cinquième
vertèbre cervicale),

- la cyphose dorsale, avec une convexité postérieure, et dont le sommet est en T6 (sixième
vertèbre thoracique),

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- la lordose lombaire, avec une cavité postérieure, et dont le sommet est en L3 (troisième
vertèbre lombale),

- la courbure sacrée, qui présente une courbure à concavité antérieure du fait de la soudure
définitive des vertèbres sacrées.

La colonne vertébrale se compose de 33 vertèbres – 7 cervicales, 12 thoraciques, 5 lombales


et 5 sacrées soudées au sacrum – et à 4 ou 5 pièces coccygiennes. Les vertèbres sont
construites sur le même schéma, mais de formes et de tailles différentes. La partie mobile de
la colonne vertébrale s’articule par l’intermédiaire de disques intervertébraux et d’apophyses
articulaires supérieures et inférieures.

Figure 4 : segments et courbures de la


colonne vertébrale, vue de profil et de face

Chaque vertèbre comprend deux parties : un corps en avant et un arc vertébral en arrière

(Figures 5 et 6). Le corps vertébral est situé dans la partie antérieure et constitue la partie la
plus massive de la vertèbre. L’arc postérieur est situé en arrière et a une forme de demi-cercle
concave vers l’avant. Cet ensemble encercle le foramen vertébral qui contient la moelle
spinale entourée de ses méninges. Celle-ci se prolonge à chaque niveau vertébral entre les
deux arcs vertébraux, un nerf spinal de chaque côté.

Des vertèbres se superposent en restant articulées par leur corps grâce aux disques
intervertébraux et par les processus articulaires au niveau de l’arc vertébral. Des ligaments
relient les processus de deux vertèbres superposées.

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Figure 5 : vertèbre cervicale (vue crâniale)

Figure 6 : vertèbre thoracique (vue crâniale)

Le rachis lombaire est situé entre le pelvis et le rachis dorsal. Il s’articule avec le sacrum en
bas et supporte le rachis dorsal et le rachis cervical en haut. De ce fait, c’est la partie du rachis
qui supporte le poids du corps. Le rachis lombaire est constitué de 5 vertèbres lombales (L1 à
L5) (figure 7).

Figure 7 : rachis lombaire (vue de face)

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La vertèbre lombale est constituée de différents éléments (figure 8):

 Le corps vertébral,
 Les deux lames qui se réunissent pour donner naissance à une apophyse épineuse,
 Les apophyses costoïdes encore appelées apophyses transverses,
 Le pédicule qui réunit l’arc postérieur au corps vertébral,
 L’apophyse articulaire supérieure qui se dresse au bord supérieur de la lame à sa
jonction avec le pédicule et l’apophyse articulaire inférieure,
 Le trou vertébral.

On retrouve deux systèmes ligamentaires au niveau du rachis lombal :

o Les ligaments vertébraux communs antérieurs et postérieurs qui se trouvent tout au


long du rachis,
o Le système de ligaments segmentaires entre les arcs postérieurs et constitués du
ligament jaune, du ligament inter-épineux et du ligament intertransversaire et du
ligament commun antérieur et postérieur.

L’ensemble de ces deux systèmes ligamentaires forme une liaison extrêmement solide entre
deux corps vertébraux, mais aussi pour l’ensemble du rachis.

Le disque intervértébral :

L’articulation entre deux corps vertébraux adjacents est constituée par les deux plateaux des
vertèbres adjacentes réunies entre eux par le disque intervertébral. Celui-ci a une structure
caractéristique en deux parties :

o La partie centrale, appelée le nucléus pulposus, a l’aspect d’une bille de gélatine et est
constituée presque entièrement d’eau (90%). Elle correspond à l’amortisseur du
disque.

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o La partie périphérique, l’annulus fibrosus, est un anneau qui forme un véritable tissage
de fibrocartilages constituées de lamelles concentriques, qui chez le sujet jeune
empêche toute extériorisation de la substance du nucléus

Figure 9 : articulation intervertébrale


deprofile

Les muscles du tronc

Les muscles du tronc exercent plusieurs actions. Ils permettent un mouvement de flexion et
d’extension du rachis, le contrôle de l’amplitude et de la vitesse du mouvement. Ils participent
également au maintien de la posture grâce à l’ajustement de la position du rachis face à la
pesanteur, à la marche ou au port de la charge. Nous avons fait le choix de ne considérer les
muscles du tronc qu’à partir de leur fonction : les muscles extenseurs du tronc et les muscles
fléchisseurs du tronc.(21)

 Les muscles extenseurs :

Les muscles du dos peuvent être représentés sous trois couches en fonction de leur origine :
superficielle (sur-épineuses et épineuses), moyenne (épineuses et lames), profonde (processus
transverse et zygapophisaires)

Les muscles extenseurs sont disposés en plusieurs couches. Les muscles les plus profonds
sont principalement les muscles inter-segmentaires courts qui s’insèrent sur deux vertèbres
consécutives.

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Figure 10 : les muscles érecteurs du


rachis, vue dorsale

Figure 11: les muscles


transversaires et transverso-épineux
à l’étage lombal

 Les muscles fléchisseurs du rachis :

Les muscles de la paroi abdominale :

Les muscles fléchisseurs du rachis ont plusieurs fonctions. Ils participent à la flexion du tronc
et de la hanche et à la mécanique ventilatoire

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Figure 12 : muscle grand droit


et transverse de l’abdomen

Les muscles latéro-vertébraux lombaires :

Ces muscles sont au nombre de deux. Le psoas est un muscle long qui s’étend entre les
processus transverses et les disques intervertébraux des vertèbres D12 à L5 jusqu’au petit
trochanter du fémur. Le quadratus lumborum s’attache entre la dernière côte, les processus
transverses des cinq vertèbres lombaires et la crête iliaque. Lorsque le bassin est fixe, ils
permettent l’inclinaison homolatérale. Le psoas participe en plus, à une rotation du tronc du
côté controlatéral.

Les hanches :

 Les muscles fléchisseurs de hanche

Les muscles fléchisseurs de hanche sont les muscles antérieurs. Le muscle ilio-psoas des
lombes comprend deux parties : le psoas major (chef lombal du muscle ilio-psoas déjà cité ci-
dessus dans les muscles fléchisseurs du tronc) et l’iliacus. Le grand psoas comprend un plan
superficiel naissant des corps des vertèbres T12 à L4 et des disques intervertébraux
correspondants. Il comprend également un plan profond s’insérant des processus costiformes
des vertèbres lombales. Ces deux plans sont séparés par le plexus lombal. Le corps charnu
rejoint le muscle iliaque. Le muscle iliaque s’insère dans la fosse iliaque. La réunion des deux
muscles forme le muscle ilio-psoas se terminant sur le petit trochanter. C’est le principal
muscle fléchisseur de la cuisse.

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Figure 13 : muscles fléchisseurs de la


hanche

Figure 12 : muscle ilio-psoas (vue


ventrale

 Les muscles extenseurs de hanche :

Les muscles extenseurs de la hanche sont des muscles postérieurs. Ils sont situés dans la
région glutéale. Il s’agit du muscle grand glutéal, des muscles pelvi-trochantériens et des
muscles ischio-jambiers

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Figure 14 : Muscles extenseurs de


la hanche

Les muscles pelvi-trochantériens sont au nombre de six : le muscle obturateur externe, muscle
piriforme, muscle jumeau supérieur, muscle jumeau inférieur, muscle carré fémoral, muscle
obturateur interne :

Figure 15 : Les muscles pelvi-trochantériens

Vue dorsale

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

II-Méthode :

Dans ce chapitre, il s'agit de présenter de façon substantielle la démarche qui me conduit aux résultats
de ma recherche. Je vais ainsi aborder la présentation générale du type d’étude, le lieu, la population,
ainsi que la présentation des patients et le choix des outils d’évaluation et de suivi.

1. Type d’étude :
C’est une étude de série des cas, visent à mettre des liens entre les bénéfices de l'inactivation des
points trigger et la lombalgie chronique.

2. Lieu d’étude :
L’étude a été réalisée dans un cabinet libéral à Tanger.

3. Période d’étude :
Mon étude à durée environ 6 mois, allant d’Octobre 2018 à la fin de Mars 2019.

4. Population étudiée :
Les critères d’inclusion sont :

 Age de 25 – 50 ans
 Lombalgie dotant plus de 3 mois

Les critères d’exclusion :

 Lombosciatique
 Cruralgie
 Lombalgie aigue et subaigüe
 Infection aigue
 Anticoagulation;
 Manque de coopération de la part du patient;
 État fébrile;
 Urgence aigue;
 Hématome;

Page 20
Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

 Fractures instables
 Ostéoporose
 Grossesse
 Maladies psychiques

4-Présentation des cas :


La population concernée dans mon étude est constituée de 5 patients

L’âge moyen est de 35,5 ans (25, 46 ans)

3 Femme et 1 Homme

P1 P2 P3 P4 P5
Age 28 Ans 46 Ans 25 Ans 39 Ans 34 Ans

Sexe H F F H F

Date de la 1er
consultation et + 7 mois + de 6 Ans + de 6 mois + de 8 mois + de 4 mois
de pose du
diagnostic
Situation Célibataire Mariée Mariée Mariée Mariée
familiale

Profession Chauffeur Confection Sage Femme Ingénieur Confection

Choix des outils d’évaluation et de suivi :

Pour évaluer la lombalgie Chronique il est nécessaire d’avoir une approche multifactorielle
(douleur, capacité fonctionnelle et examen clinique : articulaire, force musculaire …)

Avant de débuter le protocole, j’ai pris connaissance du dossier médical de chaque patient, au
j’ai effectue un examen clinique dans le but de la recherche des points trigger points

Et on va réaliser une :

 Evaluation de la douleur au repos et lors de mouvements lombaires (échelle visuelle


analogique et Échelle d’Incapacité Fonctionnelle pour l’Évolution des Lombalgies
(EIFEL) (voir Annexe)

Page 21
Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

 Evaluation de l’extensibilité musculaire (amplitude de la hanche, des lombaires et


globale)

Dans le cas de cette étude trois aspects ont été retenus en ce qui concerne l’évaluation des
patients, à savoir la douleur, l’extensibilité musculaire et l’incapacité fonctionnelle.

Afin d’évaluer l’efficacité du traitement chez les différents patients la première étape est de
réaliser un bilan initial. Il va nous permettre de déterminer l’intensité de la douleur ainsi que
l’incapacité fonctionnelle et l’extensibilité musculaire de chaque patient avant le début de la
thérapie. Un bilan final sera effectué à la fin de la dernière séance.

Pour effectuer ce bilan, les trois outils de mesure utilisés sont l’EVA et le score EIFEL et test
d’extensibilité musculaire.

A. Evaluation de la douleur : Echelle Visuelle Analogique (EVA)

Définition

La douleur est définie comme une « expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à
une lésion tissulaire existante ou potentielle, ou décrite en termes évoquant une telle lésion »
(International Association for the Study of Pain).
L'Echelle Echelle Visuelle Analogique (EVA) est une échelle d'auto-évaluation de la douleur
qui permet au patient d'auto-évaluer sa douleur ressentie au moyen d'un curseur. (22)

2. Objectifs

 Mesurer l'intensité de la douleur


 Prévenir la douleur
 Instaurer un traitement médicamenteux ou non-médicamenteux
 Surveiller l'efficacité d'un traitement médicamenteux ou non-médicamenteux

3. Matériel nécessaire

 Echelle Visuelle Analogique (EVA) : une réglette qui permet au patient d'auto-évaluer sa
douleur ressentie au moyen d'un curseur
o Au recto de la réglette, est dessiné une ligne ou une pyramide sur laquelle le patient
déplace le curseur de l’extrémité « pas de douleur » à l’extrémité « douleur maximale
imaginable »
o Au verso de la réglette, le soignant lit la douleur ressentie par le patient à l’aide d’une
graduation en millimètres (de 0 à 100 mm)

Page 22
Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

4. Procédure

4.1 Préparation du patient

 Informer le patient sur les modalités du soin

 Expliquer au patient le fonctionnement de la réglette

4.2 Réalisation

 Demander au patient de déplacer le curseur en fonction du ressenti de sa douleur, de


l'extrémité « pas de douleur » à l’extrémité « douleur maximale imaginable »
 Lire au verso de la réglette la valeur de l'intensité de la douleur ressentie par le patient
 Arrondir la valeur au millimètres le plus proche

 Interprétation de l'échelle d'évaluation :


o Douleur absente : 0
o Douleur faible : 1 à 3
o Douleur modérée : 4 à 6
o Douleur intense : 7 à 9
o Douleur extrêmement intense : 10

4.3 Finalisation

 Notifications dans le dossier de suivi du patient :


o Date et heure de l'évaluation de la douleur
o Valeur de l'intensité de la douleur
o Réactions du patient et collaboration

5. Complications - Incidents - Accidents

 Mesure erronée : mauvaise compréhension de l'outil, mauvaise utilisation de l'outil


 Outil inadapté au patient

Page 23
Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

6. Surveillance

 Interprétation de l'échelle d'évaluation :


o Douleur absente : 0
o Douleur faible : 1 à 3
o Douleur modérée : 4 à 6
o Douleur intense : 7 à 9
o Douleur extrêmement intense : 10

 Outil de mesure adapté au patient


 Outil de mesure adapté à la douleur
 Surveillance de l'évolution de la douleur
 Soulagement de la douleur

B. Echelle d'Incapacité Fonctionnelle pour l'Evaluation des Lombalgies: EIFEL

L’auto-questionnaire échelle d’incapacité fonctionnelle pour l’évaluation des lombalgies


(EIFEL) sera également utilisé car il permet d’obtenir un score d’évaluation de l’incapacité
fonctionnelle chez les patients lombalgiques. Cette évaluation est composée de vingt-quatre
questions concernant les répercussions de la douleur lombaire sur les activités de la vie
quotidienne : locomotion, activités domestiques, confort corporel et répercussions sociales ou
psychologique

L’intérêt de cet auto-questionnaire est qu’il peut être complété par le patient rapidement. Un
résultat chiffré est obtenu avec un score maximal possible de vingt-quatre correspondant à une
incapacité majeure et un score minimal de zéro traduisant l’absence d’incapacité.

Les auto-questionnaires EIFEL sont proposés au patient avant la première séance de


rééducation et après un mois de rééducation, soit après la fin des séances.

C. Tests de l’extensibilité musculaire

Les mesures de l’extensibilité des muscles concernés étaient faites de façon bilatérale, du
proximal vers le distal, et en commençant par le membre droit suivi du membre gauche. Les
patients ne pratiquaient pas d’exercices ou échauffements préalables aux mesures.

Test de Schober (distance doigts-sol) permet de mesurer la mobilité du rachis lombaire


Souvent considéré à tort comme le reflet de la souplesse des muscles ischio-jambiers, cet
exercice est réellement un test de souplesse de l’ensemble de la chaîne postérieure des
membres inférieurs et du tronc.

Page 24
Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Test de Schober (modifié)

PROTOCOLE :

 Le patient se tenant bien droit : On trace deux repères au niveau du dos : le premier au
milieu de la vertèbre S1 soit environ à 5 cm en dessous de la charnière lombo-sacrée et le
second repère à 10 cm au-dessus, sur la ligne médiane.
 Le patient se penche ensuite en avant : sans plier les genoux, et on mesure alors la
distance entre les deux repères. Une augmentation inférieure à 5 cm signe une perte de
flexibilité au niveau lombaire.

Test d’ober (pour tester de TFL)

But : Mise en évidence d’une contracture de la bandelette ilio-tibiale.

Manœuvre : Le sujet est en décubitus latéral sur le côté non-testé, le genou fléchi. Le
thérapeute place une contre-prise sur la crête iliaque homolatérale à la hanche testée. Il amène
la cuisse (avec genou fléchi à 90°) en abduction puis en extension jusqu’à alignement avec le
tronc afin de placée la bandelette ilio-tibiale en dehors du grand trochanter. Tout en gardant
l’extension, le thérapeute laisse la pesanteur mettre la cuisse en adduction vers la table.

Positivité : Le membre inférieur testé ne peut être mis en adduction, et ce,


proportionnellement à l’intensité de la contracture.

Remarque : Le test est décrit aussi avec le genou homolatéral tendu.

Test de thomas (psoas)

But : Mise en évidence d’une contracture d’un ou des fléchisseurs de hanche.

Manœuvre : Le sujet est en décubitus dorsal. Il prend son genou fléchi non-testé et l’amène
le plus possible vers son tronc. Ceci met sa hanche non-testée en flexion.

Positivité : Le membre inférieur testé ne peut pas rester entièrement en contact avec la table
et la hanche testée se met en flexum.

Test de Thomas modifié

Pour mesurer l’extensibilité du rectus femoris (psoas), le sujet était assis au bord de la table
d’examen, maintenant le membre controlatéral genou contre le thorax, puis on lui demandait de se
mettre en décubitus dorsal. L’axe du goniomètre était placé en regard du condyle fémoral externe, la
branche fixe longeait la ligne latérale du fémur passant par le grand trochanter et la branche mobile
était parallèle à l’axe de la jambe. On mesurait l’amplitude de flexion de la jambe.

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Test d’Ely (droit fémoral) : au cas de tension élévation du bassin

Evaluer l’extensibilité du droit fémoral

Le kinésithérapeute aux pieds du patient, patient en pro-cubitus. Prendre les chevilles du sujet
et imprimer une flexion bilatérale des genoux.
Une tension anormale d’un droit fémoral est révélée par une limitation de la flexion du genou
et le décollement de l'hémi-bassin homolatéral du plan de la table, traduisant le déficit
d'extension de hanche.
Ce test réalise aussi la mise en tension du nerf fémoral. La douleur serait augmentée en
effectuant de plus une extension fémorale (signe de Léri).

Test du piriforme

But : Mise en évidence d’une contracture du piriforme.

Manœuvre : Le sujet est en décubitus latéral sur le côté non-testé. Le thérapeute place une
contre-prise sur la crête iliaque homolatérale au piriforme à tester. Il porte la hanche à tester à
60° de flexion puis place sa main sur le genou homolatéral. Il amène ensuite la hanche en
adduction en appuyant le genou vers la table.

Positivité : Une douleur à la fesse apparaît.

Elévation de la jambe étendue :

Ce test était utilisé pour évaluer l’extensibilité des ischio-jambiers. Le sujet en décubitus dorsal, les
deux membres inférieurs étendus, on procédait à l’élévation du membre inférieur testé, tout en veillant
à garder le genou en extension et le bassin contre le plan d’examen. La branche fixe du goniomètre
était parallèle à la ligne médio-latérale du tronc et la branche mobile sur la ligne passant par le condyle
fémoral latéral, alors que son axe était placé en regard du grand trochanter. On mesurait également
l’angle de la flexion de la hanche.

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Evaluation initiale :

La localisation du point trigger :

Lors de la palpation j’’ai constaté que tous les patients présentent des points trigger actifs au
niveau des muscles suivants :

Carré des lombes


Psoas-iliaque
Long dorsal et ilio-costal
Pectiné
Droit fémoral
Piriforme
Moyen et Grand Fessier

Evaluation de la douleur

Test de la P1 P2 P3 P4 P5
douleur

EVA 7/10 6/10 7/10 8/10 6/10

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Test d’incapacité fonctionnelle:

Tableau récapitulatif des réponses des patients au questionnaire EIFEL au bilan initiale
NOM PATIENT 1 PATIENT 2 PATIENT 3 PATIENT 4 PATIENT 5

Question1 NON NON NON NON NON


Question 2 OUI OUI OUI OUI OUI
Question 3 OUI NON OUI OUI OUI
Question 4 NON NON NON OUI OUI
Question 5 NON NON NON NON NON
Question 6 OUI OUI OUI OUI OUI
Question 7 NON OUI OUI OUI OUI
Question 8 NON NON OUI NON NON
Question 9 OUI OUI OUI OUI OUI
Question 10 NON NON NON NON NON
Question 11 OUI OUI OUI OUI OUI
Question 12 NON NON NON NON NON
Question 13 OUI OUI OUI OUI OUI
Question 14 NON OUI OUI OUI OUI
Question 15 OUI NON NON OUI NON
Question 16 OUI OUI OUI OUI OUI
Question 17 OUI NON OUI OUI OUI
Question 18 OUI OUI NON OUI OUI
Question 19 NON NON NON NON NON
Question 20 OUI OUI OUI OUI OUI
Question 21 OUI OUI OUI OUI OUI
Question 22 OUI NON OUI NON OUI
Question 23 OUI OUI OUI OUI OUI
Question 24 NON NON NON NON OUI
Somme 14 12 15 16 17

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Test de l’extensibilité musculaire

Test de Schober (distance doigts-sol) :

Protocole de mesure

Pieds joints, basculez lentement le buste vers l’avant en déroulant le dos, bras tendus, pour
tenter de toucher le sol avec les doigts. Il est impératif de ne pas plier les genoux.
La distance séparant l’extrémité des doigts et le sol est mesurée à la règle (cm) et correspond à
la valeur du test.

Figure 16:Test de Schober (distance doigts-sol)

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Test de Schober (modifié)

Figure 17: Test de Schober (modifié)

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Test d’Ober

Figure 18 : Test d’ober

Test de Thomas

Figure 19 : Test de thomas (psoas)

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Test de Thomas modifié

Figure 20: Test de Thomas modifié

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Test d’Ely (droit fémoral) : au cas de tension élévation du bassin

Figure 21 : Test d’Ely (droit fémoral) : au cas de tension élévation du bassin

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

TEST de l’extensibilité du muscle piriforme :

Figure 22 : Test de piriforme

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Réalisation de test l’extensibilité du muscle

Figure 23 : test de l’extensibilité des ischio-jambiers

Page 36
Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Résultats :

Test P1 P2 P3 P4 P5
d’extensibilité
musculaire

DDS 24 cm 39 ,5 cm 21,5 cm 27 cm 28,5 cm

Test de Schober 14 cm 12 ,5 cm 11,5 cm 13 ,5 cm 12 cm


(modifié)

Test P1 P2 P3 P4 P5
d’extensibilité
musculaire
Droite Gauche Droite Gauche Droite Gauche Droite Gauche Droite Gauche

Test d’ober   +   + + + + +

Test de 30° 30° 25° 35° 25° 35° 20° 20° 35° 25°
Thomas

Test d’Ely 25° 25° 20° 20° 35° 35° 25° 25° 25° 25°

Test du + + +  +  + +  +
piriforme

Elévation de la
jambe étendue 35° 30° 20° 20° 30° 35° 25° 30° 25° 25°

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Protocole :

Chaque patient va bénéficie d’une thérapie par pression ischémique sur une durée de 2
semaines à raison de 3 séances par semaine.

En ce qui concerne les pressions ischémiques, un protocole semble ressortir de manière


récurrente des études. Il consiste en une pression sur le point trigger ciblé, exercée avec la
pulpe du pouce, jusqu'à atteindre la limite haute de la douleur supportée par le sujet. Cette
pression sera maintenue pendant 90 secondes ou jusqu'à ce que le thérapeute ressente un
relâchement du point trigger.

Déroulement d’une séance sera :

Technique 1 : Application d’une compression ischémique du point trigger (manuelle


& instrument)
Technique 2 : Extension manuelle du cordon musculaire dans le sens des fibres

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Descriptif d’exercices utilisés :

Exercice 1 : Trigger point du muscle Carré des lombes

Trigger point du muscle Carré des lombes

Application d’une compression ischémique du point trigger et étirement musculaire actif dans le
sens des fibres

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Exercice 2 : Trigger point du muscle ilio-costal et Long dorsal

Trigger point du long dorsal

Application d’une compression ischémique du point trigger et Extension manuelle du cordon


musculaire dans le sens des fibres

Page 40
Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Exercice 3 : Trigger point du muscle Psoas-iliaque

Trigger point du Psoas

Application d’une compression ischémique du point trigger et Extension manuelle du cordon


musculaire dans le sens des fibres

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Exercice 4 : Trigger point du muscle Pectiné

TP du muscle Pectiné

Application d’une compression ischémique du point trigger et Extension manuelle du cordon


musculaire dans le sens des fibres

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Exercice 5 : Trigger point du muscle

TP du piriforme

Application d’une compression ischémique du point trigger et Extension manuelle du cordon


musculaire dans le sens des fibres

Page 43
Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Exercice 6 : Trigger point du muscle Moyen et Grand Fessier

TP du Grand Fessier TP du Moyen Fessier

Application d’une compression ischémique du point trigger instrumentale

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Résultats et Analyse :
EVALUATION FINALE :

Evaluation de la douleur

P1 P2 P3 P4 P5

EVA à la fin de 03/10 03/10 02/10 03/10 02/10


la 1ère séance

EVA à la fin du 00/10 00/10 00/10 00/10 00/10


traitement

 D’après ce tableau on ne constate que l’EVA à commencer de démunie chez tous


les patients dés la 1ère séance pour atteindre le score « 0 » à la fin des séances

Test d’incapacité fonctionnelle:

Graphique 1:Evolution des scores


d’incapacité fonctionnelle
18
16
14
12
LE SCORE

10
8
6
4
2
0
PATIENT PATIENT PATIENT PATIENT PATIENT
1 2 3 4 5
SCORE INITIALE 14 12 15 16 17
SCORE FINALE 3 2 4 4 4

 D’après ce graphique on observe une baisse des scores d’incapacité fonctionnelle


chez tous les patients après la désactivation des points trigger

Page 45
Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Test de l’extensibilité musculaire

Test P1 P2 P3 P4 P5
d’extensibilité
musculaire

DDS 04 cm 06 cm 7,5 cm 08 cm 8,5 cm

Test de Schober 14,5 cm 13 ,5 cm 14 cm 14 cm 14 cm


(modifié)

Graphique 2:Evolution de la DDS


45
40
35
Distance en cm

30
25
20
15
10
5
0
PATIENT 1 PATIENT 2 PATIENT 3 PATIENT 4 PATIENT 5
1ère séance 24 39,5 21,5 27 28,5
Fin des séances 4 6 7,5 8 8,5

Page 46
Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Grahique 3 : Evolution de test Schober


(modifié)
16

14

12

10
DISTANCE

8 1ère séance
Fin des séances
6

0
PATIENT 1 PATIENT 2 PATIENT 3 PATIENT 4 PATIENT 5

D’après le tableau et les deux graphiques on remarque :

 Une diminution de la DDS chez tous les patients à la fin de traitement


 Une augmentation significative de la distance entre le premier repère à 5 cm en
dessous de la charnière lombo-sacrée et le second repère à 10 cm au-dessus,

Page 47
Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Les tests d’extensibilité musculaire :

Test P1 P2 P3 P4 P5
d’extensibilité
musculaire
Droite Gauche Droite Gauche Droite Gauche Droite Gauche Droite Gauche

Test d’ober          

Test de 0° 0° 0° 0° 0° 0° 0° 0° 05° 05°


Thomas

Test d’Ely 0° 0° 0° 0° 05° 05° 05° 05° 05° 05°

Test du          
piriforme

Elévation de la
jambe étendue 08° 0° 0° 10° 0° 10° 10° 10° 05° 10°

 On remarque qu’à la fin de traitement une augmentation satisfaisante de l’extensibilité


musculaire chez tous les patients.

Page 48
Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

V. Discussion

Les résultats de la recherche littéraire montrent qu'actuellement très peu d'articles concernent
à la fois les points trigger et la lombalgie à notre connaissance. C'est pourquoi j’ai choisi de
suivre le parti pris suivant : les articles concernant les différentes méthodes de traitement des
points trigger ne seront pas spécifiques de la région lombaire, car de tels articles n'existent pas
à notre connaissance.

Cette partie du mémoire va s'organiser selon quatre grands axes qui seront : le diagnostic des
points trigger pour la lombalgie ; les effets des différents traitements rencontrés dans la
littérature ; les intérêts supposés du traitement des points trigger dans le cadre de la lombalgie
; et enfin, les limites de ce mémoire.

Le diagnostic des TP :

Le diagnostic des points trigger, qu'ils soient actifs ou latents, est essentiel. Ce diagnostic est
majoritairement effectué par la palpation, donc de manière manuelle. Mais que celle-ci
dépend de plusieurs facteurs : le niveau d'expérience du thérapeute, du temps dont celui-ci
dispose pour effectuer le bilan ainsi que du muscle concerné. En effet, si celui-ci se situe en
profondeur, ou qu'il est recouvert d'autre(s) muscle(s), la validité du diagnostic s'en retrouve
affectée.

Cependant d'autres méthodes existent pour diagnostiquer les TP. Les plus courantes de ces
méthodes sont les échographies et l'élastographie à résonance magnétique. Ces méthodes
permettent d'avoir une image des points trigger, et donc de les localiser parfaitement.

En ce qui concerne le domaine de la kinésithérapie, ces méthodes, en plus de demander des


connaissances en lecture d'imageries, sont extrêmement onéreuses. D'où la nécessitée pour le
thérapeute de se perfectionner dans la reconnaissance palpatoire des points trigger et de mettre
en place des stratégies d'interrogatoire adaptées.

Les autres techniques d’inactivation des TP :

Dans la littérature, différents traitements sont analysés ou même conseillés concernant


l'inactivation des points trigger.

Les techniques instrumentales sont nombreuses, les plus couramment utilisées sont les
ultrasons, la stimulation nerveuse électrique transcutanée (TENS), le laser et le K-tape et le
Dry Needling.

Ces techniques agissent directement sur la douleur.

Les effets du traitement des points trigger pour la lombalgie :

Page 49
Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

La littérature scientifique étant pauvre quant à ce sujet, et bien que notre travail prendra appui
sur quelques études,

De nombreuses études ont mis en évidence que l'inactivation de points trigger, ou même
l'inhibition de la sensation douloureuse qu'ils provoquent, augmentent de manière
significative la mobilité articulaire de la région concernée, que cela soit à court, moyen ou
long terme lors des inactivations ou simplement à court terme lors de l'inhibition douloureuse.

Le problème est le suivant : aucune de ces études n'a évalué le gain de mobilité lombaire
après inactivation des points trigger. Toutes les études à ce jour, et à notre connaissance, se
sont intéressées soit à la cheville, à la région cervicale, à l'épaule [23].

Les bénéfices de l'inactivation des points trigger seraient alors multiples :

 Ils permettraient de limiter les tensions musculaires qui verrouilleraient les


articulations, et simplifieraient donc l'utilisation de techniques de thrust par exemple.
 Ils permettraient de limiter les tensions musculaires, et permettraient un meilleur
étirement de l'ensemble des fibres musculaires, lors des auto-étirements et de la
réalisation de techniques myotensives par exemple.
 Ils permettraient aussi de corriger certains défauts de posture, comme la sur-élévation
d'un hémi-bassin due à l'hypo-extensibilité ou à l'excès de tonus du muscle carré des
lombes homo-latéral à l'élévation.

Un article de 2011 réalisé par C. Bron et Al [24] montre que la rééducation d'une pathologie
chronique (la douleur d'épaule pour cette étude), uniquement basée sur les points trigger
(qu'ils soient actifs ou latents), présente des améliorations significatives en ce qui concerne la
douleur au quotidien.

D’après les résultats de mon étude et de la recherche dans la littérature : On peut donc émettre
l'hypothèse suivante : l'inactivation des points trigger dans le cadre d'une chronique peut
améliorer la qualité de vie du sujet en diminuant de manière significative sa douleur au
quotidien.

Page 50
Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Limite de l’étude :

Lors de la réaliser de ce mémoire j’ai rencontré quelque difficultés que j’ai évoquerai dans
cette partie sous forme d'une liste:

 La littérature scientifique s'intéressant aux points trigger dans le cadre de la lombalgie


récurrente commune est pauvre de par sa quantité. En effet, très peu d'articles, à notre
connaissance ont été rédigés quant à ce sujet.
 La littérature scientifique s'intéressant aux points trigger dans le cadre de la lombalgie
chronique est pauvre de part sa qualité. En effet, le peu d'études publiées présente un
niveau de preuve scientifique modéré.

Concernant l’étude de cas qui j’ai réalisé :

 La petite taille de la population cible ;


 L’acceptation de la part des patients de participer à mon étude ;
 Certains patients découpent leurs séances de thérapie.

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Intérêt de la thérapie des points gâchettes dans la lombalgie chronique

Conclusion

Au travers de ce travail de recherche, deux éléments majeurs ressortent.

Tout d'abord, bien que le concept de points trigger ait été mis en évidence par les travaux de
Travell en 1952, leur mécanisme de formation demeure une énigme, malgré les avancées
scientifiques récentes.

Il est également à noter que dans la littérature scientifique le traitement des points trigger chez
des patients lombalgiques chroniques est peu présent. La prise en charge de ces patients
représente pourtant un véritable enjeu de société.

D'ailleurs des méthodes diagnostiques plus performantes que la palpation, voient le jour, avec
notamment l'échographie, accessible aux kinésithérapeutes.

Il serait également pertinent de savoir si les formations actuelles proposées aux kinés
concernant les points trigger et leur diagnostic, reprennent les principes de Simon et Travell,
ou si la méthode a évolué.

Enfin l’inactivation des TP chez lombalgies chroniques permet de limiter les tensions
musculaires et de corriger certains défauts de posture, diminue la douleur et augmente les
capacités fonctionnelles, mais il faut toujours associe aux autres techniques de la thérapie
manuelle et l’activité physique.

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