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INDICATEURS AVANCES DE LA

CONJONCTURE
- Session 1-
Introduction
Boîte à outils du conjoncturiste

Caroline Jardet (Banque de France), caroline.jardet@banque-france.fr


Université Paris Dauphine –Master BFA
Plan du cours (prévisionnel)
1. Introduction, les données et la boite à outils du conjoncturiste
2. Les indicateurs du PIB: indicateurs de la demande
3. Les indicateurs d’activité par l’offre
4. Mesurer et prévoir l’inflation
5. Décrire et prolonger l’information conjoncturelle: indicateur synthétiques, de
retournement et avancés (nowcasting)
6. Les données d’anticipation - Conjoncture et big data
7. Conjoncture et marchés financiers

1 DS autour du 05/02
TD 1 : boite à outils du conjoncturiste
TD 2: séance informatique et/ou étude de cas
Introduction
1. Qu’est ce que l’analyse conjoncturelle ?
2. Les données ?
3. La boîte à outils du conjoncturiste
Qu’est ce que l’analyse conjoncturelle ?

Définition :
La conjoncture économique est l ’analyse du mouvement économique
sur le court terme ( ≠ analyse structurelle)

Le but est :
 de donner un diagnostic sur l’évolution récente de l’économie
 de donner un diagnostic sur sa situation présente
 de prévoir son évolution sur les prochains mois
Comment ?
À l’aide d’indicateurs économiques.

Définition: Un indicateur économique est une statistique construite à partir


de données qui permet de mesurer certaines dimensions d’une activité
économique d’un secteur ou d’un pays.

Exemple: Indice de Production Industriel (IPI), nombre de commandes,


indice des prix à la consommation, taux de change…

Nécessite des données:


 nature de ces données? qui les produit ?
 comment sont-elles traitées? Comment les interpréter? Boîte à outils du
conjoncturiste
Différentes catégories de données
les grands domaines concernés sont:
les activités productives: production, valeur ajoutée, conso…
 les agrégats qui accompagnent ces activités: prix, salaires,
emploi, chômage
le financement de l’économie.

Données quantitatives (hard data) + -


1. Comptes trimestriels : diagnostic très fin, comparaison internationales,
mais publiés avec délai…

rapidité d’obtention
Degré de précision
2. Indices à fréquence infra trimestrielle :
 Concernant une sous partie d’une variable d’intérêt: IPI pour le PIB…
 Concernant les variables explicatives des variables d’intérêt : taux de change
pour commerce, emploi pour conso…
Données qualitatives (soft data)
3. Données d’enquêtes
 Enquêtes auprès des entreprises
 Enquêtes auprès des ménages…
- +
Données qualitatives (soft data)
 Enquêtes de sentiment économiques (enquêtes de conjoncture) menées directement
auprès de panels d’acteurs de l’économie:
 Les entreprises
 Les ménages
 Les réponses sont de nature qualitatives et multimodales:
Ex: enquête mensuelle de conjoncture dans l’industrie (INSEE)
Évolution de la production
• Évolution au cours des trois derniers mois :
... hausse (+) … stabilité ... baisse (−)
Les résultats sont généralement présentés sous forme de soldes d’opinions : somme
pondérée des pourcentages de réponses
Ex: enquête mensuelle de conjoncture, le solde d’opinion est la différence entre les
pourcentage de réponses « en hausse » et le pourcentage de réponses « en baisse ».
35% répondent « en hausse », 45% répondent « en baisse », 20% répondent
« stabilité »
=> Solde d’opinion = 35% - 45% = -10%
Données qualitatives (soft data)
Avantages :
Disponibles assez rapidement: info en temps réel (souvent fin du mois considéré),
publiées avant les indicateurs quantitatifs
Diversité de l’information, parfois non couverte par le hard data
 Differents secteurs (industrie, service, construction),
 Differentes questions (activité passés, anticipations de court terme, carnet de commandes,
prix etc.)
 Données (presque) non révisées

Inconvénients :
 Les réponses sont qualitatives et subjectives : manque de précision
 L’interprétation des séries de soldes d’opinion doit se faire avec précaution:
privilégier l’évolution au niveau
 En cas d’interprétation du niveau, la référence doit être la moyenne de longue
période de la série pour tenir compte du comportement de réponse usuel des
chefs d’entreprises
Données qualitatives (soft data)
Les enquêtes de conjoncture en France: INSEE (entreprises, ménages),
Banque de France (entreprises), Markit PMI
Ex: enquête de conjoncture auprès des entreprises, les différences:
Publication: fin du mois en cours INSEE, 1ere semaine du mois
suivant BdF
Horizon des questions: 3 mois INSEE, 1 mois BdF
Nombre de modalités: 3 INSEE, 7 BdF
Nombre de soldes (industrie): 7 INSEE, 14 BdF
Nombre d’entreprises (industrie): 4000 INSEE, 9000 BdF
Période couverte (industrie): depuis 1976 INSEE et BdF
Données qualitatives (soft data)
Les enquêtes de conjoncture au niveau l’Union Européen: Commission
Européenne
 SEHEC: Système Européen Harmonisé des Enquêtes de Conjoncture
Piloté par la commission européenne
Fixe des règles communes: question, periodicité, champs des enquêtes.
6 enquêtes de conjoncture auprès des entreprises (industrie, services,
construction, commerce détail…), 1 enquête auprès des ménages
28 états membres, + 130 000 entreprises, + 40 000 consommateurs
interrogés chaque mois.
Résultats publiés chaque mois par la Commission Européenne : Business
and Consumer Survey
Données qualitatives (soft data)
Les enquêtes au niveau international: indices PMI par IHS Markit
 Indices PMI (Purchasing Managers’ Index) établis à partir d’enquêtes
mensuelles réalisées auprès de panels d’entreprises dans les
principales économies mondiales aisni que dans les économies en
développement
 + 26 000 entreprises interrogées chaque mois
+ 40 pays couverts
 Données recueillies a partir de la même méthodologie
Données qualitatives (soft data):
Enquête de conjoncture auprès des entreprises en France
Données qualitatives (soft data):
Enquête de conjoncture auprès des entreprises en France
Données quantitatives (hard data)
Les données conjoncturelles:
 périodicité mensuelle ou trimestrielle, disponibles rapidement
Fournissent une info sur la situation économique récente
En France, publiées par l’INSEE ou divers organismes assurant la collecte
de données statistiques (DGFP, banque de France…)
Mais…
 leur construction repose souvent sur des échantillons (arbitrage entre
rapidité de publication et qualité statistique)
 multiples, parfois difficiles à interpréter, peuvent différer, être
contradictoires (différence de champs, de type de collecte d’info…)
Données quantitatives (hard data)
Les comptes nationaux :
représentation globale, détaillée et chiffrée de l’activité économique d’un pays dans un
cadre comptable équilibré. Elle décrit les ressources et les emplois à un niveau fin pour
chaque type de bien ou de service. L'un des principaux agrégats des comptes
nationaux est le produit intérieur brut (PIB) qui reflète l’activité économique interne du
pays.
Avantages:
Description détaillée et cohérente de plusieurs grandeurs macro clés
Harmonisation internationale : Système Européen des Comptes nationaux et
régionaux de 2010 (SEC 2010) pour les membres de l’Union Européenne, qui repose
sur le Système de Comptabilité Nationale de Nations Unies de 2008 (SCN 2008).
Inconvenients :
 Délais d’obtention: première estimation du trimestre T en T+30 (INSEE) pour les
compte trimestriels français, en mai N+1 pour les CN annuel de l’année N
 Données révisées
Données quantitatives (hard data)
Les CN annuels:
Rassemblent des infos économiques exhaustives et les synthétisent
dans le cadre de la CN
Contrepartie : délais… en France, année N publiée en mai de N+1
(compte « provisoire »), puis révisée en mai N+2 (« semi-définitif ») et
N+3 (« définitif »)
Les CN trimestriels:
séries trimestrielles s’intégrant dans le cadre de la comptabilité
nationale et issues de la « trimestrialisation » des comptes annuels
passés
Fournissent également une description du passé récent lorsque le
compte annuel n’est pas encore connu
=> occupent une place centrale dans le cadre de l’analyse conjoncturelle
Données quantitatives (hard data)
les comptes nationaux trimestriels

Principes généraux d’élaboration des comptes trimestriels :


La construction des CN trimestriels s’appuie sur deux types de séries: les
CN annuels et les données conjoncturelles provenant de multiples
sources.
L’étalonnage:
la relation d’étalonnage associe a chaque poste de la CN un indicateur
mensuel ou trimestriel disponible rapidement
Le calage:
assure ensuite une cohérence totale entre les séries des comptes
trimestriels et les comptes annuels
Données quantitatives (hard data)
les comptes nationaux trimestriels

En général, plusieurs estimations pour un trimestre.


En France, 3 estimations des CN trimestriels sont publiées pour chaque
trimestres:
 la « première estimation »: publiée à moins de 30 jours après la fin du
trimestre (T+30); elle contient croissance trimestrielle du PIB et opérations
sur biens et services (production, valeur ajoutée, conso, investissement,
échanges extérieurs, stocks etc.). Il s’agit d’une estimation. À partir
d’indicateurs disponibles.
La « deuxième estimation » publiée à T+60, actualise la première
estimation en intégrant des indicateurs devenus disponibles. Cela peut
entrainer des révisions de la première estimation.
La troisième, dite « résultats détaillés », publiée à T+85, met à jour la 2ème
estimation et fournit également une première estimation des comptes des
agents (ménages, entreprises etc…)
Données quantitatives (hard data)
les comptes nationaux trimestriels
Des révisions inévitables... 4 causes possibles:
 modification de l’indicateur conjoncturel, notamment parce qu’il
devient disponible (extrapolé sinon)
Modification des comptes annuels: les comptes annuels ne sont
définitifs qu’après 3 ans, chaque révision des CN peut engendrer des
révisions de toutes la série de CN trimestriel sur le passé.
Modification d’ordre méthodologique: le plus souvent, changement
d’indicateur, adoption d’un nouvel indicateur etc…
Un changement de base: changements de base réguliers (tous les 5
ans). Tout changement de base conduit à reconstruire l’ensemble des
comptes trimestriels impliquant des changements parfois substantiels
(changement de nomenclature, de concepts, de méthodes…)
Boîte à outils du conjoncturiste
1. Valeur et Volumes
2. Dégager des tendances: données CVS et CJO
3. Analyser: taux de croissance et contributions
Boîte à outils du conjoncturiste
Valeurs, volumes et indices
En CN on s’intéresse à l’évolution des volumes
La notion de volume est une extension de la notion de quantité
Cas d’un bien unique i à la date t:
𝑞𝑡 (𝑖) unité produites, vendues au prix 𝑝𝑡 (𝑖)
Production en valeur: 𝑝𝑡 (𝑖)𝑞𝑡 (𝑖)
Production en volume: 𝑞𝑡 (𝑖)
Cas des Agrégats macroéconomique: 2 biens A et B
Produits en quantités 𝑞𝑡 (𝐴) et 𝑞𝑡 𝐵 , aux prix 𝑝𝑡 (𝐴) et 𝑝𝑡 (𝐵)
Production en valeur: 𝑝𝑡 𝐴 𝑞𝑡 𝐴 + 𝑝𝑡 (𝐵)𝑞𝑡 (𝐵)
Production en volume ? Additionner 𝑞𝑡 (𝐴) et 𝑞𝑡 𝐵 n’a pas de sens…
Boîte à outils du conjoncturiste
Valeurs, volumes et indices
En CN on définit le volume d’un agrégat en additionnant les valeurs des
éléments qui le composent aux prix d’une date donnée.
2 possibilités:
 Calcul de volume aux prix constant de l’année de base : « volumes prix
constants »
 Calcul de volumes aux prix de l’année précédente : « volumes aux prix de
l’année précédente chaînés »
Les statisticien définissent également l’indice de volume (Laspeyres), c’est-
à-dire l’évolution du volume entre l’année considérée et le volume de
l’année de référence de prix.
𝑉𝑂𝐿𝑡 (𝐴+𝐵)
𝐼𝑉𝑂𝐿𝑡 𝐴 + 𝐵 = où 𝑡0 est l’année de base ou 𝑡 − 1
𝑉𝑂𝐿𝑡 0 (𝐴+𝐵)
Boîte à outils du conjoncturiste
Valeurs, volumes et indices
volume aux prix constant de l’année de base (t=0)

𝑉𝑂𝐿𝑡 𝐴 + 𝐵 = 𝑝0 𝐴 𝑞𝑡 𝐴 + 𝑝0 𝐵 𝑞𝑡 𝐵
𝑝0 𝐴 𝑞𝑡 𝐴 +𝑝0 𝐵 𝑞𝑡 𝐵
𝐼𝑉𝑂𝐿𝑡 𝐴 + 𝐵 =
𝑝0 𝐴 𝑞0 𝐴 +𝑝0 𝐵 𝑞0 𝐵
Avantages:
 Facile à calculer
 conserve l’additivité des volumes élémentaires:
𝑉𝑂𝐿𝑡 𝐴 + 𝐵 = 𝑉𝑂𝐿𝑡 𝐴 + 𝑉𝑂𝐿𝑡 𝐵
 les volumes peuvent être utilisés en séries temporelles: les écarts entre 𝑉𝑂𝐿𝑡 𝐴 + 𝐵
et 𝑉𝑂𝐿𝑡+1 (𝐴 + 𝐵) ne reflètent que les évolutions de quantités (et non de prix)
Inconvénient:
Ne captent pas les déformations de la structure des prix relatifs, pb qui s’accentue
quand on s’éloigne de l’année de base.
Boîte à outils du conjoncturiste
Valeurs, volumes et indices
Extrait « des prix constants aux prix chainés: quelles conséquence? » INSEE, juin 2007

Par exemple, en 2000, la consommation des ménages en appareils de


réception, d’enregistrement et de reproduction du son et de l’image (noté
hifi-tv) représentait 0,8 % de l’ensemble des dépenses de consommation en
biens et services, en volume comme en valeur. Six ans plus tard, la
consommation en volume de ces produits a plus que triplé . En 2006,
compte tenu de l’évolution des autres produits, la consommation des
ménages en appareils hifi-tv représente 1,7 % de leur consommation totale
en volume en prix constants. Mais les prix de ces appareils ayant baissé de
moitié depuis 2000, leur consommation ne correspond qu’à 0,9 % du total
en valeur : si on passait en base 2006, c’est ce poids qu’aurait la
consommation en appareils hifi-tv dans le calcul du volume de la
consommation de 2007.
Boîte à outils du conjoncturiste
Valeurs, volumes et indices
Volumes aux prix de l’année précédente:
𝑉𝑂𝐿𝑡 𝐴 + 𝐵 = 𝑝𝑡−1 𝐴 𝑞𝑡 𝐴 + 𝑝𝑡−1 𝐵 𝑞𝑡 𝐵
𝑝𝑡−1 𝐴 𝑞𝑡 𝐴 +𝑝𝑡−1 𝐵 𝑞𝑡 𝐵
𝐼𝑉𝑂𝐿𝑡 𝐴 + 𝐵 =
𝑝𝑡−1 𝐴 𝑞𝑡−1 𝐴 +𝑝𝑡−1 𝐵 𝑞𝑡−1 𝐵
Pb : les volumes aux prix de l’année précédente ne peuvent pas être
utilisés directement en séries temporelles: les écarts entre 𝑉𝑂𝐿𝑡 𝐴 + 𝐵
et 𝑉𝑂𝐿𝑡+1 (𝐴 + 𝐵) reflètent les évolutions de quantités entre t et t+1 et
aussi les évolutions de prix entre t-1 et t.
En revanche 𝐼𝑉𝑂𝐿𝑡 𝐴 + 𝐵 ne reflète que l’évolution des quantités
On définit alors les volumes aux prix de l’année précédente, chainés
𝑉𝑂𝐿𝑐ℎ𝑡 𝐴 + 𝐵 = 𝑉𝑂𝐿0 × 𝐼𝑉𝑂𝐿1 𝐴 + 𝐵 × ⋯ × 𝐼𝑉𝑂𝐿𝑡 𝐴 + 𝐵
Où 𝑉𝑂𝐿0 est la valeur à l’année de base t=0
Depuis 2007 dans les CN France
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Valeurs, volumes et indices
Avantages:
 peut être utilisé en séries temporelles
 capte la déformation de la structure des prix: le poids de chaque
composante élémentaire de l’aggrégat est réestimé chaque année
Inconvénients:
 plus compliqué à manipuler
 ne conserve pas l’additivité:
𝑉𝑂𝐿𝑐ℎ𝑡 𝐴 + 𝐵 ≠ 𝑉𝑂𝐿𝑐ℎ𝑡 𝐴 +𝑉𝑂𝐿𝑐ℎ𝑡 𝐵
Boîte à outils du conjoncturiste
données CVS et CJO

 données sujettes à de nombreuses fluctuations erratiques que le


conjoncturiste doit chercher à gommer

cas de données infra-annuelles:

correction variations saisonnières (CVS )


Correction des jours ouvrables (CJO)
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données CVS

 Effets irréguliers et temporaires liés à un


phénomène saisonnier: soldes,
vacances, Noel…
Méthodes utilisées:
X12-ARIMA: méthode non paramétrique par
moyennes mobiles
TRAMO-SEATS: méthode paramétrique
(SARIMA)
NB:
La somme des effets saisonniers est nulle
sur l’année
Le glissement annuel « gomme » l’effet
saisonnier
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données CJO
Les indicateurs quantitatifs infra-
annuels sont corrigés des jours
Exemple d’effets jours ouvrables
ouvrables (i.e tous les jours non fériés
de la semaine, à l’exception du samedi  Ex 1: quand le 1er mai et le 8 mai tombent un
et du dimanche) dimanche, il y a 2 jours ouvrables en plus au mois
de mai. Cela représente presque 10% d’activité en
Le principe de la CJO est d’éliminer les plus pour les entreprises par rapport à un mois de
effets du calendrier sur la valeur d’un mai ou ces jours tombent en semaine
indicateur.
 Ex 2: en 2004 (année bissextile avec peu de jours
Méthodes: économétrique, variables fériés en semaine) on a eu 255 jours ouvrés, contre
explicatives décrivant les différents 251 en 2003. La correction sur la croissance
annuelle du PIB entre 2003 et 2004 est d’environ
types de jours (nombre de lundi non +0,2 ppib
fériés, etc…),
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les taux de croissance
Boîte à outils du conjoncturiste
les taux de croissance d’une série annuelle
 Taux de croissance annuel
𝑋𝑎 −𝑋𝑎−1 𝑋𝑎
𝑉𝐴𝑎 = = −1
𝑋𝑎−1 𝑋𝑎−1
On a:
𝑋𝑎 = 𝑋𝑎−1 × (1 + 𝑉𝐴𝑎 )

On utilise souvent l’approximation


𝑋𝑎
𝑉𝐴𝑎 = 𝑙𝑛 = ln 𝑋𝑎 − ln 𝑋𝑎−1
𝑋𝑎−1
(DL: pour 𝑥 petit, ln(𝑥 + 1) ≈ 𝑥 )

Mais on a des séries de différentes périodicités (annuelle, trimestrielle, mensuelle). Il


faut jongler entre les taux de croissance à ces différentes périodicités.
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les taux de croissance d’une série trimestrielle
Taux de croissance trimestriel:

Glissement annuel:

≈ 𝑉𝑇𝑡−3 + 𝑉𝑇𝑡−2 + 𝑉𝑇𝑡−1 + 𝑉𝑇𝑡


Taux de croissance trimestriel annualisé

Il sert à rendre la croissance trimestrielle homogène avec la croissance annuelle


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les taux de croissance Annuelle d’une série trimestrielle

4
 taux de croissance annuel:
X a ,t
VAa  t 1
4
1
On montre que X
t 1
a 1,t

33
Boîte à outils du conjoncturiste
les taux de croissance d’une série trimestrielle : recap
Boîte à outils du conjoncturiste
les taux de croissance annuel et trimestriel
Boîte à outils du conjoncturiste
les taux de croissance annuel et trimestriel
 Le taux de croissance trimestriel au T1 de l’année N a le plus d’impact sur la
croissance annuelle de l’année N
Taux de
croissance cas 1 cas 2 cas 3 cas 4 cas 5 cas 6 cas 7
trimestriel
Q2 2010 0,5 0 0 0 0 0 0
Q3 2010 0 0,5 0 0 0 0 0
Q4 2010 0 0 0,5 0 0 0 0
Q1 2011 0 0 0 0,5 0 0 0
Q2 2011 0 0 0 0 0,5 0 0
Q3 2011 0 0 0 0 0 0,5 0
Q4 2011 0 0 0 0 0 0 0,5
croissance
annuelle 2011 0,125 0,25 0,375 0,5 0,375 0,25 0,125
Boîte à outils du conjoncturiste
l’acquis de croissance
Lorsque l’année N n’est pas terminée, on peut calculer l’acquis de
croissance de l’année N
Il s’agit de savoir combien vaudrait la croissance l’année N si le PIB restait
stable à partir de d’aujourd’hui (croissance trimestrielle nulle)
On utilise la même formule en figeant le niveau du PIB dans le futur
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l’acquis de croissance
 Acquis de croissance 2012 au T3 2011: on fige le niveau
Boîte à outils du conjoncturiste
Niveau, croissance trimestrielle, glissement annuel
Hausse temporaire 2015 T1 Choc permanent 2015 T1
INDICE1 INDICE2

112 112

110 110

108
108

106
106

104
104

102
102

100
100

98
98 2013 2014 2015 2016 2017
2013 2014 2015 2016 2017

taux de croissance trimestriel taux de croissance trimestriel


12 12

8 10

4 8

0 6

-4 4

-8 2

-12 0
2013 2014 2015 2016 2017 2013 2014 2015 2016 2017

glissement annuel glissement annuel


12 12

8 10

4 8

0 6

-4 4

-8 2

-12 0
2013 2014 2015 2016 2017
2013 2014 2015 2016 2017
Boîte à outils du conjoncturiste
Effet de base, sortie de glissement

IPCH produits manufacturés France


.016
Le GA « gomme »
Sortie de glissement de la l’effet saisonnier
hausse de 2011Q4
.012

.008

.004

.000

-.004
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018

VT GA
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séries mensuelles
 taux de croissance mensuel

Glissement trimestriel

Glissement annuel
Boîte à outils du conjoncturiste
sur quelle période calculer un glissement ?
Boîte à outils du conjoncturiste
Effet de base: la baisse de prix en sept. 2006 fait monter l’inflation en sept.2007
Boîte à outils du conjoncturiste
Contributions a la croissance d’un indicateur
 Considérons l’agrégat macro:
𝑌𝑡 = 𝑋𝑡 + 𝑍𝑡
 On a :
𝑌𝑡 −𝑌𝑡−1 𝑋𝑡−1 𝑋𝑡 −𝑋𝑡−1 𝑍𝑡−1 𝑍𝑡 −𝑍𝑡−1
= × + ×
𝑌𝑡−1 𝑌𝑡−1 𝑋𝑡−1 𝑌𝑡−1 𝑍𝑡−1

𝑋𝑡−1 𝑋𝑡 −𝑋𝑡−1
 × représente la contribution de X a la croissance de Y, et
𝑌𝑡−1 𝑋𝑡−1
dépend:
𝑋𝑡 −𝑋𝑡−1
Du taux de croissance de X :
𝑋𝑡−1
𝑋𝑡−1
De la part de X dans l’agrégat Y :
𝑌𝑡−1
Boîte à outils du conjoncturiste
Contributions a la croissance d’un indicateur
 ex: GDP = C + I + G + (EX - IM) + VS
NB : lorsque les volumes sont à prix
chainés, l’additivité n’est plus respecté
(cas de CN français depuis 2007) pour
la relation d’équilibre des volumes
La contribution se lit en points de
pourcentages
Le calcul des contributions est
toujours possible mais plus
compliqué; le calcul précédent ne
fournit qu’une approximation
Boîte à outils du conjoncturiste
Indices base 100
Pour comparer l’évolution en niveau de séries qui ne sont pas dans la
même unité
• Des prix immobiliers, des taux de change…
On utilise des indices en base 100
Calcul de l’indice base 100 en t0 de la série Xt

NB : l’impression visuelle dépend de la date de base…


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Indices base 100
Références
« L’analyse de la conjoncture », T. Jobert et X. Timbeau, collection repère,
2011
« la comptabilité nationale » J-P Piriou et J. Bournay, collection repère
« Enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages », Note
Méthodologique, INSEE
 « Enquête mensuelle de conjoncture dans l’industrie », La méthode en
bref, INSEE
« Comptes nationaux trimestriels », la méthode en bref, INSEE
« Méthodologie des comptes trimestriels », INSEE Méthode, n°126, mai
2012
« des prix constants aux prix chainés: quelles conséquence? » Dossier
note de conjoncture INSEE, juin 2007

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