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Sommaire

INTRODUCTION.................................................................................2
I. Cycle de vie d’un bâtiment en pisé..............................................3
II. Formulation du pise ................................................................... 4
III. Caractéristiques du pisé................................................................6
1. Caractéristiques techniques ...................................................... 6
2. Les essais .....................................................................................7
IV. Technique de construction en pisé...............................................9
1. LE PISÉ TRADITIONNEL ................................................................9
2. Le pisé contemporain.................................................................10

V. Durabilité et vulnérabilité..........................................................11
1. LA VULNÉRABILITÉ DES CONSTRUCTIONS EN TERRE.................12
2. la durabilité des constructions en terre, essais et recherches
contemporaines..........................................................................16

VI. Avantages et Inconvénients........................................................18


VII. Les pathologies liées à l'eau ......................................................19
VIII. la réhabilitation du construction en pisé :..................................19
1. DÉFINITION DE LA REHABILITATION .........................................19
2. Traitement des pathologies liées à l'humidité............................19
3. CONSOLIDATION DES MURS........................................................20
4. Reconstruction des murs............................................................21
CONCLUSION...................................................................................23

Introduction

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Le pisé est une technique de construction dont le matériau
principal est la terre. C’est un procédé employé depuis très longtemps (dès
les premières civilisations) partout dans le monde (Chine, Pérou, Maroc,
etc.). En Afrique par exemple, il est appelé « banco » ou « daga ». En
France, les bâtiments en pisé sont fréquents dans le sud-est (Isère), dans la
région de Lyon, mais aussi en Bretagne, en Auvergne et en Bourbonnais
(val d’Allier). Le pisé est surtout utilisé dans l’architecture rurale (par
exemple pour des bâtiments agricoles – granges, pigeonniers, etc.).

Il est également présent sur des sites prestigieux comme des châteaux ou
des édifices Religieux.

I. Cycle de vie d’un bâtiment en pisé

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1 – matière premières naturelles non prélevées

2 – ressources naturelles transformées pour la construction

3 – construction initiale avec utilisation locale des matériaux naturels

 4 – première vie du bâtiment

5 – entretien du bâtiment

6 – réhabilitation du bâtiment : adaptation aux usages contemporains et


prolongation de sa durée de vie

 6b – délaissement et perte du bâtiment, avec possibilité de réutilisation directe


de sa terre pour une construction nouvelle ou l’entretien d’autres bâtis

II. Formulation du pise


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Rôle Appellation Dimension Pourcentage

Argiles Moins de 2 µm 15% à 25%


Liant Silt/ Limon 2 µm à 20 µm 20% à 35%
Sables fins 20 µm à 0,2 mm
40% à 50%
Sables grossiers 0,2 mm à 2 mm
Agrégat Graviers 2 mm à 20 mm
0% à 20%
Cailloux 20 mm à 125 mm
 

Explication des composants :

 L'argile 
C'est une roche sédimentaire détritique.
Une roche sédimentaire est une roche composée de
sédiments qui sont accumulés au cours du temps.
Elle est aussi détritique, ce qui signifie que l'argile est
composée d'au moins 50% de débris d'autres roches. 
L'argile est une roche extrêmement fine qui appartient
à la catégorie Lutite, (grains de taille inférieure à 1/16 mm)
 Silt
Silt ou limon en français.
C'est aussi une roche sédimentaire détritique.
Il est principalement composé de dépôts de
minéraux (quartz et feldspath). Le limon est particulièrement présent en Isère,
ce qui laisse penser une forte présence en quartz et en feldspath dans le
département.
 Sable fin

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Le sable fin est un ensemble de 180 minéraux différents dont les grains ont
une taille comprise entre 20 µm et 0.2mm.
 Sable grossier
Le sable grossier est composé de particules provenant de matériaux
granulaires issus de l’érosion d'autres roches. Les matériaux granulaires sont
composés d'un grand nombre de particules. Le sable grossier peut
contenir des granules d'autres roches de taille plus importante. En effet, la
taille du sable grossier varie entre 0.2 et 2 mm.
 Graviers
Les graviers sont un mélange de sable et de gravillons.
 Cailloux
Les cailloux sont des pierres de moins de 125mm

Pourquoi faut-il des liants ?


Ils servent à rassembler des particules solides entre elles pour qu'elles ne forment plus
qu'un seul bloc afin qu'il soit « soudé ».
Les liants doivent être de petite taille pour « boucher » les trous entre les agrégats qui sont
des petits cailloux d'une taille inférieure à 125 mm.
 
Pourquoi faut-il des agrégats ?
Ce sont eux qui vont solidifier le pisé. 
 
Comment consolider le pisé ?
Le pisé doit être compacté pour que les composants se regroupent et se consolident.
Dans quels cas réaliser des fondations en pisé ?
Les fondations en pisé peuvent être réalisées dans les zones où les cailloux classiquement
utilisés sont indisponibles.

III. Caractéristiques du pisé

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1. Caractéristiques techniques
Le pisé présente d'excellentes caractéristiques qui en font une technique de construction
très intéressante, longtemps oubliée mais de nouveau utilisée par les adeptes du
bioclimatisme et de l'éconologie.

Isolation : Le pisé est un assez mauvais isolant (conductivité thermique de 0,8w/mk contre
0,04w/mk pour la plupart des isolants)

Inertie : Il a en revanche une excellente capacité thermique volumique qui en fait un


matériau à forte inertie.

Pour une épaisseur moyenne de 60cm, on compte un déphasage d'environ 12h: Il restitue
donc lentement la nuit la chaleur accumulée le jour, et le jour la fraîcheur accumulée la nuit.

Respiration : C'est aussi un matériau très perspirant (régulation de la vapeur d'eau). Il


absorbe ou restitue la vapeur en fonction de l'humidité ambiante, et permet donc d'obtenir
une qualité d'air intérieur excellente.

Résistance : Le pisé a, pour finir, une très bonne résistance à la compression (20 bars)
mais pas à la traction, ni à la flexion, ni au cisaillement (5 bars)

Aujourd’hui dépassée par les techniques modernes, la construction des murs en pisé
présentait pourtant de nombreux avantages :

● Régulateur d’humidité : capacité à laisser transiter la vapeur d’eau.

● Durée de vie : patrimoine de bâtiments centenaires.

● Déphasant : il ralenti le transfert de chaleur (et permet un confort d’été indéniable).

● Élément de forte inertie, c'est-a-dire qu’il a une bonne capacité a stocker la chaleur et a
la restituer par rayonnement.

● Reprise aisée, qui nécessite un savoir-faire.

● Mise en œuvre du mur rapide, Il faut en effet aller vite pour mettre en place la toiture.

● La terre crue ne produit aucun déchet, ne nécessite aucun emballage et son recyclage
est naturel. Traditionnellement, les bâtiments en pisé portent de (bonnes bottes ) et un
( bon chapeau ). C’est-à-dire que le soubassement est traité de manière à éviter les
remontées capillaires (le plus souvent en galets, en pierre ou en briques de terre cuites
maçonnées) et le débord de toiture est suffisant pour éviter le ruissellement de l'eau sur la
façade.

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Caractéristiques physiques

Chaleur spécifique 0.85 KJ/Kg

Cœfficient de transmission thermique λ = 0.81 W/m²°C

Capacité thermique 510 Wh/m3°C

Perméabilité μ = 10

Cœfficient de déphasage pour un mur de 40cm 10 à 12 heures

Résistance au feu Faible

Type de force Résistance

Compression 20 bar

Traction De 5 à 10 bar

Flexion De 5 à 10 bar

Cisaillement 5 bar

2. Les essais
Détermination de la teneur en eau

, sur un chantier, la teneur en eau optimale peut être évaluée de manière


plus simple : on comprime une poignée de terre dans sa main et on la laisse
tomber de 1,10 m de hauteur. Si la boule se désagrège en 4 ou 5 morceaux,
la teneur en eau est correcte. Si la boule reste entière, la teneur en
eau est trop élevée, et si au contraire elle se pulvérise,
la teneur en eau est trop faible.

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L’essai de compression uniaxiale (caractéristiques du pisé en compression) :

L'essai de compression uniaxiale sert à déterminer

la résistance à la compression et le module d'élasticité.

Des essais peuvent donner les premières connaissances

de ce matériau pisé et pourrait servir dans les études du

Comportement des murs en pisé pendant les tremblements

de terre.

Essais de résistance en traction par fendage ou l’essai brésilien :

Méthode simple et reproductible pour évaluer les propriétés mécaniques des matériaux comme le
béton.

Le principe de l’essai est d’appliquer une charge répartie sur les deux baguettes posées sur les
génératrices opposées d’une éprouvette cylindrique.

L’essai brésilien est aussi appelé essai en traction par fendage il consiste à comprimer une
éprouvette le long de deux génératrices diamétralement opposées.

Ceci induit des contraintes de traction à l’intérieur de l’éprouvette, le long du diamètre vertical. La
rupture s’obtient le celui-ci par fendage de l’échantillon

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IV. Technique de construction en pisé
1. le pisé traditionnel 

La mise en œuvre du pisé varie en fonction du contexte géographique, culturel et


historique.

, elle se fait traditionnellement à l'aide de banches, entre lesquelles sont comprimées à


l'aide d'un pisoir des couches successives d'une terre locale (argileuse à environ 20%)
séparées de lits de chaux.

La base du bâtiment (fondations et soubassements) est faite de pierres, dont la forme et la


nature est fonction des régions. Les fondations sont parfois quasi-inexistantes, mais le
soubassement peut monter sur plus d'1m en fonction des risques liés à l'eau ou l'humidité.

A l'époque, le sol était simplement en terre battue ou couvert de terres cuites.

L'isolation médiocre était contrebalancée par une forte inertie du matériau pisé, permettant
de restituer lentement la chaleur du feu de bois en hiver, et de garder la fraîcheur en été.

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2. Le pisé contemporain
Coffrage métallique, godet malaxeur, compresseur et casque :

Les pisés contemporains se mettent en œuvre plus rapidement, mais font souvent appel à
des équipements sophistiqués, tels que des coffrages métalliques grimpants ou à
progression linéaire, ou des tracteurs avec godets malaxeurs. La terre est compactée avec
un fouloir pneumatique relié à un compresseur, qui densifie le matériau au point de le
rendre parfaitement lisse en surface.

Les banches sont lourdes pour résister aux pressions importantes des fouloirs
pneumatiques, et peuvent nécessiter une manipulation avec une grue.

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V. Durabilité et Vulnérabilité
Le pisé est un matériau durable, Les vestiges des grandes civilisations anciennes
sont présents pour nous le prouver. Cependant, le plus grand inconvénient du
matériau terre est sa sensibilité à l'eau. Quand on parle d'une construction en terre,
ce problème est tout de suite posé. Le cas du pisé n’est pas une exception de ce
constat. La présence de l'eau dans la structure du bâtiment présente une pathologie
à laquelle il faudra faire très attention, car elle est le premier facteur qui nuit à la
durabilité des ouvrages en terre.

la durabilité des constructions en terre :


Nous pouvons trouver encore, à travers le monde plusieurs
ouvrages enterre et en pisé traditionnel, qui ont été
construits il y a des centaines d’années et qui

se maintiennent à ce jour. Nous pouvons citer l'exemple du


Temple d'Horyuji au Japon, (Figure 31) un patrimoine

de l'UNESCO, âgé de 1300 ans. Une partie de ce temple a


été construite en pisé non stabilisé et reste encore en bon
état aujourd'hui ,

Figure 31 : Le temple d'Horyuji au Japon

Photo 1: La kashab Amridil (Maroc) 


Photo 2: La citadelle de Bam (Iran)

Il faut savoir que la durabilité des constructions en pisé est conditionnée par
une bonne mise en œuvre et des règles très strictes qui demandent un
savoir-faire propre. Mal conçues, les constructions peuvent être l'objet de
graves désordres, qu’on peut localiser :
 A la base du mur à cause des remontées capillaires ;

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 Au haut du mur à cause du rejaillissement ou du ruissellement des eaux pluviales
;
 A des endroits précis tels que les ouvertures, acrotères de nature du terrain
terrasses saillies, gorge ou saignée, etc.
Les principes constructifs exploitent les performances et les caractéristiques du
matériau terre pour réduire ou même éliminer les risques de pathologie, elles
garantissent la durabilité des œuvres en terre .

1. La vulnérabilité des constructions en terre


Les constructions en terre sont très vulnérables à l’eau et au séisme, elles
peuvent aussi être objet de l’attaque physico-chimique et d’autres nuisibles. Sur
le plan psychologique le matériau terre soufre d’une dépréciation générale.
La vulnérabilité du pisé à l’eau :
Les constructions en terre sont particulièrement sensibles à l’action de l’eau et de
l’humidité, La structure minéralogique et physico-chimique du matériau peut
évoluer et se désagréger sous l'action de l'eau, du gel et dégel cyclique et de la
forte chaleur, ce qui cause des dégradations et des désordres.

Pour que l'eau affecte les constructions en terre, il faut réunir trois conditions :
 Présence de l'eau à la surface du bâtiment;
 présence d'ouvertures dans cette surface qui permettraient à l'eau de s'infiltrer;
 présence d'une force qui fait pénétrer l'eau dans les ouvertures .La
précaution à prendre est d'éliminer la conjonction de ces trois facteurs.
Pour cela, plusieurs solutions sont possibles ;
 les bonnes fondations et le soubassement protègent le bas du mur,
 la protection des sommets et l'élimination des ruissellements. Il ne
faut pas imperméabiliser les surfaces des murs qui ont besoin de respirer.
 Eloigner les bâtiments des sources d'eau désagréable reste la meilleure
solution qui est possible d'atteindre par le drainage périphérique. Les cycles
d'imprégnation et de séchage ne sont pas très graves, c'est la stagnation
de l'eau qui peut causer les désordres structuraux (altération des
matériaux) ou structurels (altération de l'enveloppe du bâtiment.
La Figure 34, montre les mécanismes et les effets de l'eau dans le bâtiment. Plus
le matériau est poreux, plus les précautions doivent être drastiques.

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Figure 34 : La pathologie humide ou système de la goutte d'eau.

L'eau dans les fondations : Des causes multiples peuvent se conjuguer pour conserver un
état humide durable qui détériorera irréversiblement les fondations. Nous citons par exemple
la fluctuation saisonnière de la nappe phréatique, la rétention d'eau par une végétation
arbustive proche des murs, la détérioration des réseaux d'alimentation ou d'évacuation des
eaux, l'absence de drainage etc. Les désordres structuraux apparaissent et finissent par
effondrer l'ouvrage, ou bien favoriser la prolifération d'insectes et de rongeurs qui finissent
par altérer les murs.
L'eau dans les soubassements : Au-dessus de la surface du sol, les murs peuvent être
sensibles au rejaillissement de l'eau du réseau des eaux pluviales, aux plaques stagnantes
aux abords du bâtiment, au lavage intérieur à grande eau (plinthes peu élevées) etc. L’eau
peut provenir de la condensation de la vapeur à la surface des parois intérieures
imperméabilisées par un enduit étanche, ou encore par capillarité au niveau des fondations.
ces mécanismes variés contribuent au creusement et à l'infiltration de l'eau dans la base des
murs et entraînent l'affaiblissement de la résistance du matériau et de la structure entière.

L'eau dans les parties moyennes des murs : Ce sont les fissures et les vides de clefs de
banches non bouchés qui sont les voies directes d'infiltration les plus courantes. Celles-ci
accélèrent la capillarité et la stagnation et par conséquent le creusement qui peut être
préjudiciable à la stabilité du bâtiment.

L'eau dans les ouvertures et les baies : A la jonction des murs et des tableaux d'ouvertures

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(portes et fenêtres), lorsque les dispositifs appropriés ne sont pas pris, le phénomène de la
goutte d'eau occasionne au sommet un creusement localisé qui s'étend progressivement au
reste du mur.

L'eau et les enduits : Un enduit étanche à la vapeur d'eau favorise la condensation et la


formation d'un point de rosée au niveau de la jonction du mur et de l’enduit. Cette pathologie
cachée, cause progressivement la dégradation structurale du matériau qui peut conduire à
terme à un effondrement du mur.

L'eau dans les planchers et toitures plates : Les fissures dues au poinçonnement aux
niveaux des appuis de poutres de planchers ainsi que les traversées de murs par ces poutres
sont des endroits d'infiltration privilégiés de l'eau. Ces infiltrations peuvent causer à la longue,
des désordres structuraux importants.

Figure 35 : un mur en pisé durant une


averse de pluie

La vulnérabilité du pisé au séisme :


En plus de la vulnérabilité du matériau terre face à l’eau et à l’humidité, sa vulnérabilité
sismique due à sa faible résistance, en comparaison avec le béton classique, aux efforts de
compression, de traction et de flexion, qui favorise d’avantage les désordres que peuvent
subir les constructions en terre.
Le problème des bâtiments en terre en zone parasismique est important. Dans le monde, la
carte de zones de grande concentration de bâtiments en terre coïncide sensiblement avec la
carte de zones de risque sismique élevé.
Malheureusement, le matériau terre est souvent considéré comme un matériau indésirable
pour la conception parasismique à cause de ses propriétés : la structure est plus lourde (car
les murs sont généralement épais) que les structures industrielles ; le matériau est plus
fragile et moins résistant que les matériaux industriels.
Pourtant, dans la plupart des cas généraux, les désordres subis par des bâtiments lors des
derniers séismes sont dus non pas au choix du type de matériau, ou due au type de la
structure, mais à la mauvaise qualité de l’exécution, la mauvaise qualité des matériaux,
l’étude non conforme aux exigences parasismiques, ou à une combinaison de ces trois
aspects.

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Donc, il n’est pas scientifique de dire qu’un matériau est ”parasismique” et qu’un autre ne l’est
pas. Au lieu d’abandonner systématiquement le matériau terre pour cause parasismique, il
est important de comprendre le comportement dynamique des bâtiments de ce type de
matériau, ce qui permet ensuite des auscultations et des rénovations adéquates. Bien qu’il
subsiste des limitations dans les règles parasismiques actuelles, ces règles ont quand-même
une valeur intrinsèque. En général, des bâtiments conventionnels bien conçus et exécutés
suivants les règles parasismiques subissent peu de dégâts. Ce qu’il faut dire ici, c’est que par
manque de recherches scientifiques sur le matériau terre, dans les règles, les maisons en
terre (dont le pisé) ne sont pas traitées spécifiquement et on doit leur adapter le règlement
conçu pour d’autres types de matériau.

Attaques des nuisibles


Certains pisés (notamment ceux qui sont peu graveleux) peuvent avoir été creusés par de
insectes, comme les bourdons ou les guêpes maçonnes. Il s'agit d'attaques souvent
bénignes qui ne nécessitent, au pire, qu'un rebouchage à I ‘enduit.
Des trous plus gênants peuvent être occasionnés par les rats spécialement dans les pisés
non graveleux. Il faut alors vérifier I ‘ampleur des dégâts, puis poser des éclats de verre pour
dissuader ces animaux hémophiles. On rebouche ensuite les galeries avec un mortier de
terre à pisé ,chaux et paille (la paille de lin convient très bien).

Attaques physico-chimiques
Sur des murs en pisé comme sur d'autres types de maçonneries, on peut observer du salpêtre .Le
salpêtre est produit par les remontées capillaires d'eau chargée de sel. A certaine hauteur, cette
eau véhiculée clans la masse de la maçonnerie surgit en nu intérieur ou extérieur du mur puis
s'évapore au contact de I’air. Mais, à la différence de I ‘eau, le sel

ne peut pas s’évaporer : il cristallise alors et forme ce qu'on appelle le salpêtre.


Traiter le salpêtre revient à traiter ses causes, ce qui n’est toujours commode. En effet il
apparait difficile de supprimer le sel présent dans l’eau du sol, tout au plus pourrait-on
imaginer de créer une barrière étanche en sous-œuvre, mais le cout de ce type d’intervention
la réserve à des cas très particuliers.
Un autre cas de salpêtre présente plus d’espoir, lorsqu’il est causé par les excréments
d'animaux (anciennes étable transformées en habitations). Dans ce cas, un lavage intensif
du sol - souvent constitué d'une dalle de béton qu’il est opportun de déposer en amont des
travaux de réhabilitation- permettra à terme une suppression du salpêtre.

Synthèse : Le matériau terre est connu pour sa vulnérabilité, particulièrement à l’eau et aux
sollicitations extérieures. Le pisé n’est pas une exception de ce constat .Les propriétés de la
terre disponible localement, n’étant pas toujours favorables à la confection d’un pisé
performant.il est toujours possible d’en améliorer les caractéristiques grâce à la stabilisation
ou au renforcement.

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2. La durabilité des constructions en terre, essais et recherches
contemporaines
La source principale de l'érosion des murs en terre est due à l'énergie cinétique battante des
gouttes de pluies . Les facteurs principaux qui influencent l'amplitude de l'énergie cinétique
battante des murs en terre sont : l’intensité des pluies, l'angle des pluies, le dépassement de
la toiture et la rugosité du mur.

Essai de brosse métallique ("wirebrush test" - ASTM D559, 1989)


Dans ce test, la terre est compactée dans un moule de 100 mm de diamètre jusqu' à une
épaisseur approximative de 125 mm. Après 7 jours de stockage, les éprouvettes sont
séchées en étuve et pesées Elles sont ensuite placées dans l'eau pendant 5 heures, puis
séchées et brossées par une brosse métallique ferme (avec une pression verticale
constante) pour enlever tous les matériaux perdus pendant les cycles de séchage-
humidification. Après 12 cycles de séchage et humidification, les éprouvettes sont séchées
en étuve et leur masse finale est enregistrée. Le pourcentage des matières perdues en
masse est calculé.

Plusieurs auteurs ont considéré ce teste comme typique pour tester la durabilité des BTC
stabilisés au ciment. Fitzmaurice, dans son manuel, a proposé des valeurs limites des BTC
en cas de bâtiments dans les zones urbaines, de 5% (de ciment) dans une région où la
précipitation annuelle est supérieure à 500mm ; 10% (de ciment) dans une région où la
précipitation annuelle est inférieure à 500mm.

Essai d'arrosage ("spray test") :


Il est utilisé souvent pourtester des adobes, des BTC et des pisés. Dans ce test, l'échantillon est
arrosé pendant une période d'une heure jusqu'à ce que L’échantillon soit transpercé Le jet d'eau qui
projette 50kPa à partir d'un tuyau standard est placé à 470mm de l'échantillon. La surface exposée
de l’échantillon est un cercle de 150mm de diamètre. L'épaisseur maximale de l'érosion est
mesurée après une heure d'exposition et l'échantillon est vérifié à l'œil pour déterminer l'extension
de la pénétration de l'humidité. L’échec est avéré quand l'épaisseur maximale de l'érosion dépasse
60mm ou la pénétration de l'humidité vient jusqu'à l'arrière de l'échantillon.

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Figure : L'essai d'arrosage ("spray test"),

Essai de goutte-à-goutte ("drip test")


La motivation de cet essai est de développer un test très simple pour que les maçons
puissent déterminer eux-mêmes la pertinence de leur terre. Dans cet essai, une mèche en
tissu mouillé passe dans 100 mm d'eau, les gouttes d'eau tombent de 400 mm de hauteur
sur l'échantillon qui est incliné de 27° par rapport à l'horizontale .Cette action veut simuler
des gouttes d'eau de pluie. Frenchamrelie la profondeur des piqûres après le test à un
indice d'érodabilité.

Figure : L'essai de goutte-à -goutte ("drip test"),

Rapport de la résistance humide et à sec ("wet to dry strength ratio")


Ce type d'essai a été développé par CRATerre sur des blocs de terre stabilisés Les spécifications
de cet essai sont : une résistance à la compression minimale à

l'état "sec" de 2,4MPa ; une résistance à la compression minimale à l'état saturé de 1,2MPa
; plus une exigence que le rapport de la résistance humide sur sec n'est pas inférieur à 0,5.

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VI. AVANTAGES ET INCONVENIENTS :

Le pisé possède, comme tout matériaux, des avantages et des inconvénients. Voici sous forme
de tableau ses avantages dans un premier temps et ensuite ses inconvénients :
 
LES + LES -
Inépuisable et Recyclable Nécessite un entretien régulier
La terre est présente partout, sous de mul- Matériau naturel, donc fragile, la terre subit
tiples formes. Après avoir été utilisée pour les aléas du temps : en ville, elle doit être
la construction, elle peut retourner à son protégée d’une couche d’enduit à renouveler
état initial, sans qu’aucun déchet ne soit régulièrement.
produit.
Bonne intégration au site Limitée en hauteur
Par ses couleurs, sa texture granuleuse et On rencontre en ville plus souvent des
son aspect légèrement irrégulier, une terre constructions basses. Pourtant, il existe des
non enduite s’intègre parfaitement dans le édifices, comme par exemple au Yémen, qui
paysage environnant. peuvent atteindre plus de 50 m de haut !
Mise en œuvre plus lente
Ecologique
Non manufacturée et encore non industriali-
Parce qu’elle est prélevée sur place, la
sée, la terre nécessite une main d’œuvre plus
terre est le matériau de construction qui
importante et une mise en œuvre plus lente
utilise le moins d’énergie grise.
(temps de séchage du mur en pisé)
Ouvertures de petite dimension
Qualité thermique
La terre travaille en compression et mal en
Par sa forte épaisseur, le mur en pisé pos-
flexion, elle ne doit donc pas subir de trop
sède une grande inertie thermique appor-
fortes tensions qui seraient dommageables
tant un confort en été comme en hiver.
au mur porteur.
Qualité acoustique Murs épais
Par sa masse, le pisé est un excellent iso- Pour être solides et parce qu’ils travaillent en
lant phonique, et dans un immeuble en mi- compression, les murs porteurs en terre doi-
toyenneté, il préserve l’intimité de chacun. vent être mis en œuvre avec une épaisseur de
l’ordre 50 cm
Craint l’eau
Assainissement de l’air
L’eau est l’amie comme l’ennemie du pisé :
Sa teneur en eau se régule constamment
présente en trop grande quantité, elle lui est
au contact de l’humidité de l’air, rendant
fatale, transformant la terre en boue et pro-
celui-ci plus sain.
voquant l’effondrement du mur.
Flexible (peut se réutiliser à l’infini)
On peut facilement utiliser la terre pour
reboucher, reconstruire ou réparer un
élément de la maison, simplement en y
ajoutant un peu d’eau.

Esthétique
La terre possède une palette de couleurs
très diverses, allant de l’ocre rouge au brun
noir. Elle peut s’utiliser comme enduit à l’in-
térieur en superposant plusieurs couches
de terre pour obtenir des effets variés ; à

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l’extérieur, les murs en terre laissés appa-
rent jouent avec la lumière et se fondent
dans le paysage.

VII. LES PATHOLOGIES LIEES A L’EAU :


La plupart des pathologies affectant un mur en pisé sont liées à l’eau.
Pourtant, celle-ci constitue un élément essentiel à la cohésion d’un mur en terre : un pisé
n’est jamais complètement sec. Il contient toujours de l’eau qui permet l’interaction entre les
particules d’argile qui le constituent, et qui maintient le mur à un état d’équilibre hydrique.
Ainsi, l’eau contenue dans le pisé ne s’évapore jamais complètement, et est constamment
en équilibre avec la vapeur d’eau contenue dans l’air environnant. A cet état d’équilibre
hydrique, la terre contient environ 2 % d’humidité. Cela équivaut à 15 litres par m² pour un
mur en pisé de 40 cm d’épaisseur.
Par contre, si elle est présente en excès dans la masse du mur, l’eau devient nocive.
Il est donc essentiel de maintenir cet équilibre hydrique dans le mur en pisé, à la fois en
empêchant l’approche de l’eau, et en lui permettant de s’évacuer (drain d’évacuation en
point bas, maintien d’un sol perméable au pied du bâtiment, proscription des enduits
étanches).
Dans la fiche technique ci-après sont présentés les principaux désordres dus à l’eau, et les
moyens qui peuvent être mis en œuvre pour en éliminer la cause.

VIII. la réhabilitation du construction en pisé


1. Définition de la réhabilitation
C’est une intervention qui consiste à améliorer l’état constructif de la bâtisse et à assurer le confort
thermique, acoustique et les conditions d’hygiène des occupants en intégrant les commodités de bien être
et en prenant soin d’éviter l’altération de ses valeurs authentiques . De ce fait, contrairement au neuf, la
réhabilitation compose avec l’existant d’un site donné. Comme toute intervention sur un bien patrimonial, la
réhabilitation ne peut être menée à bien qu’à la condition que soit réalisé au préalable un diagnostic
méthodique assuré par une équipe qualifiée qui permettra d’avoir une bonne connaissance du bâti, de ses
techniques constructives et tous les éléments qui concernent le système structurel. La réhabilitation
consiste à connaitre de près le bâti, à détecter les pathologies, à comprendre les causes, pour proposer des
remèdes adéquats.

2. Traitement des pathologies liées à l’humidité


. Les désordres provoqués par l’humidité

La présence anormale d’humidité peut altérer la qualité des constructions, avoir une incidence sur la qualité
des ambiances intérieures, sur le confort thermique des habitants et sur la résistance structurelle de la bâtisse .
Les désordres provoqués par l’humidité sont nombreux nous les résumons comme suit:

- dégradation du soubassement des murs à cause de l’application d’un enduit étanche, provoquant des
gonflements, des boursouflures et l’éclatement des enduits (Figure 5);

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- un taux élevé d’humidité modifie la résistance mécanique du matériau;
- provoque un déséquilibre au niveau des échanges hygrométriques entre l’intérieur et l’extérieur;
- détachement du mortier de rejointoiement;
- les sels présents dans l’eau provoquent des creux sur l’ensemble du mur (Figure 7).

Figure : Dégradation du mur en terre sous l’enduit Figure : Formation de creux sous l’effet du climat. Ciment.

. Les remèdes contre l’humidité


Installation de drain périphérique
Le drain est un dispositif qui permet de contrôler l’humidité présente aux pieds du mur. Le système consiste à
intercepter les eaux de pluie et les empêcher
d’atteindre la base des murs, de les canaliser
vers un drain raccorder au réseau d’eaux
pluviales.

L’image illustre un drain périphérique, son


installation est la solution pour finir avec les
infiltrations d’eaux de pluie :

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3. Consolidation des murs
Reprises des fissures
Avant toute reprise de fissures, il convient d’abord de déterminer l’origine du problème et y remédier afin de
stabiliser la structure. Selon le degré de la pathologie, il existe plusieurs types d’interventions, citons : les
tirants, les chainages en bois, les contreforts. Si les fissures sont superficielles et qu’elles ne portent pas
atteinte à la stabilité du bâti, on pourra nettoyer les cavités et les reboucher avec un mortier à base de terre .
Le mortier en ciment est à proscrire, car la reprise des fissures doit se faire à partir de matériaux compatibles
avec le matériau terre. Enfin, et pour homogénéiser la surface, un enduit peut être appliqué. Si les fissures
sont importantes, il est possible de les refermer en insérant des clés en bois jouant le rôle de «points de
suture» , le bois doit être traité contre les termites (trempé dans un lait de chaux). On peut également les
combler avec des blocs de terre. Cependant, il faut penser à ce que la réparation ne perturbe pas la descente
des charges et à travailler la pente de drainage pour maintenir l’humidité à distance.

Renforcement des angles

La méthode consiste à réaliser un harpage qui assure une bonne liaison au niveau des angles. On peut
opérer par différentes façons selon le désordre et la nature du matériau, soit par la pose de clés en bois
noyées dans la maçonnerie (Figure 16), ou par des angles maçonner en matériaux durs, notamment la pierre
ou la brique de terre cuite (Figure 17).

Figure : Chainage en bois (source: CRAterre). Figure : Angle maçonné en matériaux durs.

4. R
e
c
o
n
s
t
ructions des murs
a. Réparation d’une détérioration partielle
Avant d’entreprendre les travaux de réparation, il faut tout d’abord prévoir des mesures de sécurité par la mise
en place d’étaiement au niveau des parties en contact direct avec le mur à réparer (Figure 19), ensuite procéder
par les étapes suivantes:
- Démonter la partie abimée et réserver les matériaux recyclables;
- Niveler la base avant de reconstruire et humidifier;
- Remplacer les briques dégagées par de nouvelles unités, les appareiller ensuite avec un mortier de liaison à
la chaux;
- Insérer si nécessaire des renforcements dans le mortier au cours de la reconstruction.

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Figure : Méthode de réparation partielle d’un mur en brique de terre crue.

b. Réparation d’une détérioration entière


La reconstruction entière d’un mur n’est justifiée que si ce dernier est très endommagé au point de devenir
dangereux. Il vaut mieux conserver que reconstruire afin de garder la lecture historique et l’authenticité du
bâtiment. Toutefois, une réparation entière offre la possibilité d’insérer des renforcements horizontaux et
verticaux qui rendront la maison plus résistante aux différentes sollicitations. Pour entreprendre une telle
opération il faut suivre les étapes suivantes :
- Fabriquer des briques de terre (tout comme dans le cas d’une détérioration partielle);
- Vérifier au préalable, la solidité des fondations, renforcer les endroits affaissés avec des pierres
additionnelles, réparer le toit et concevoir un système d’évacuation des eaux pour écarter toute source
d’humidité ;
- Procéder à la reconstruction selon le type du mur, rejointoyer avec un mortier à base de chaux;
- Couvrir le mur avec un enduit de terre préparé dans les règles de l’art.

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CONCLUSION

Le présent travail a pour objectif de mettre en lumière le « pisé »,


En parcourant Ses principales caractéristiques et avantages
Par ailleurs, en rappelant les caractéristiques du matériau terre,
nous avons aussi voulu insister sur ses qualités évidentes.
Ce projet permet aussi aux personnes intéressées de se rendre
compte de son existence et des qualités que peut offrir un bâti en
pisé.

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