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POETES

ET VERITE Poésie = Poïen = création



o Théogonie, Hésiode

Hésiode : poète inspiré par les muses qui l’ont choisi pour dire ce qui sera et ce qui fut, le passé et l’avenir

Poète manifeste son don de voyance pour transmettre la vérité.

« Nous savons conter des mensonges tout pareil aux réalités mais nous savons aussi lorsque nous le voulons proclamer des vérités ».

ð La muse est toujours détentrice de la vérité et vont la faire passer aux hommes par l’intermédiaire du poète.
ð Poète comme médiateur de la vérité


- Hésiode et la Muse, Musée d’Orsay (1891), Gustave Moreau.


Ø Peint la relation privilégiée du poète et de la Muse, qui lui murmure les vérités dans l’oreille

Son attribut est une lyre sophistiquée et ornementée. Regard d’Hésiode dirigé vers sa lyre, comme recueilli, qui rappelle la
sphère sacrée de la poésie

Ø Le poète ne voit pas la muse de face : le contact avec la vérité n’est pas direct mais plus d’ordre divin.
Ø On voit la muse tenir la main d’Hésiode pour le guider dans ses actes.

ð Fusion spirituelle d’Hésiode et de la Muse : la main de la Muse sur le corps d’Hésiode et le pied d’Hésiode vers la Muse
crée une sorte d’union entre les deux.

• Symbolisme (Baudelaire, Rimbaud, Verhaeren)




- Accéder à l’essence des choses, à leurs vérités profondes. Entrevoir des Idées par des symboles picturaux,
musicaux, des accords extraordinaires
- Les symbolistes cherchent des accords entre les perceptions et les sens (synesthésie) : perceptions supérieures
au commun des mortels.

ð Cela permet à l’artiste de faire ressentir aux spectateurs la réalité profonde de l’univers.

Dans son tableau, Moreau s’identifie à Hésiode comme légataire de la vérité, transmissible aux hommes par le biais de
l’art.

ð La poésie est la capacité de l’homme à s’élever au-delà des apparences.


ð La vérité d’un texte réside dans l’interprétation et le lecteur doit aussi savoir et saisir les subtilités d’un texte

Le poète symboliste tente lui aussi de traduire une vérité à laquelle lui seul a le privilège d’accéder, et cette traduction est pour lui
une fin en soi. Emile Verhaeren, dans le poème La Recherche, extrait des Villes tentaculaires, fait, par l’alchimie des mots, se
correspondre monde de la recherche scientifique et univers de la recherche poétique.
Le symbole du sphinx, terme exploité pour sa polysémie, motif égyptien du temple de la science, poseur d’énigme face à Œdipe,
chenille mutante en papillon, est la traduction poétique des liens invisibles et des secrets du monde : le poète permet par
un regard nouveau de révéler aux lecteurs une vérité dont ils n’avaient plus conscience

o Socrate et la vérité du Poète


« Il y a cette différence que lui, il croit savoir quoiqu’il ne sache rien ».

- Il va ensuite se diriger vers les poètes qui accèdent selon lui au vrai par l’enthousiasme (enthousiasme = celui qui
est rempli de Dieu) qui leur fait dire le vrai.
- C’est une sorte de vérité divine : « theoïa moria » (= dire la vérité sans s’en rendre compte).

Socrate continue son enquête pour être sûr de ne dire ni mensonge, ni erreur

POETE ET MATHEMATIQUES

Le poète est comme un mathématicien qui crée des combinaisons entre les mots, et qui laisse aux lecteurs le loisir
d’essayer de déchiffrer ces combinaisons afin de saisir les subtilités du texte.

o ELOGE DES MATHEMATIQUES PAR LE POETE




• Les chants de Maldoror (1869), Lautréamont


- Adepte du Pythagorisme, en voyant un ordre mathématique comme agencement premier du monde
- Maldoror explique que les mathématiques apportent la permanence : c’est la vérité éternelle, intemporelle ; qui
s’oppose au devenir, éphémère, périssable

ð Se tourner vers les mathématiques, c’est se tourner vers l’immortalité.

- « La Terre d’ici-bas ne lui montre que des illusions »
- Lautréamont reprend l’idée d’une illusion dans le monde sensible, d’un aperçu par reflet puissant de la vérité, le
prisonnier n’en ayant qu’un pâle aperçu dans la caverne que représente la Terre

Dans Phèdre de Platon, certains hommes peuvent prendre un char avec des ailes qui va les emmener au-dessus de la voute
terrestre pour leur montrer le monde des Intelligibles.
Le philosophe a un attelage qui lui permet d’avoir le temps de contempler ces Idées. En revanche, le cocher « moins doué »
aura à faire à des chevaux plus « rétifs » où les chevaux vont partir dans deux sens contraires : le philosophe est un instructeur


ð Lautréamont reprend cette idée Platonicienne : « porté sur vos ailes sombres, désiré s’élever vers la voute sphérique des cieux »

- Rôle libérateur des mathématiques qui apaisent l’âme tourmentée de Maldoror


- Les mathématiques libèrent de la transcendance divine : elles émancipent l’homme de la métaphysique

ð Par les maths, le poète découvre l’absence de limites créatrices : son esprit prend des proportions incommensurables en
facultés créatrices

o CONSTRUCTION MATHEMATIQUE DU POEME



Le Grand Jeu, « Vingt-six points à préciser », Benjamin Péret


- Recueil dédié au poète André Masson.


- Hybridation entre langage : 26 lettres de l’alphabet et conception de 26 vers libres
- 26 points à préciser : 26 variables donc pas très clair.

ð Mélange des genres, utilisation des mathématiques dans la construction même du poème
ð Amour de la Vérité orienté vers le métissage : réunion de plusieurs familles littéraires qui s’orientent vers le
métissage des genres, registre.

- Le graphisme des mathématiques enthousiasme le poète.