Vous êtes sur la page 1sur 29

Droit fiscal de l’entreprise

Matière : droit fiscal de l’entreprise


Sujet : L’acte anormal de gestion
Propose par: Mrs. .Fathallah
Abedlkader
Préparé par : Khalfaoui Sonia
1ere année mastère de recherche
droit public

Page 1
Droit fiscal de l’entreprise

Sommaire  :

Qu’est ce qu’un acte anormal de gestion?


I. L’identification de l’acte anormal de
gestion:
a) Une notion floue de l’acte anormal
de gestion:
b) Les conséquences de l’acte anormal
de gestion :
II. Les types de l’acte anormal de gestion:
a) Charges étrangères à l'intérêt de
l'entreprise :

b) La renonciation de l’acte anormal de


gestion :

Page 2
Droit fiscal de l’entreprise

L’Administration « n’est pas un contrôleur de gestion »  elle ne


va pas pour autant se contenter de laisser s’évaporer la matière
imposable du fait d’une gestion fantaisiste du contribuable. Afin
de permettre à celle-ci de procéder à la reconstitution d’une
base imposable indûment minorée, le juge a borné la liberté de
gestion par la théorie de l’acte anormal de gestion, construction
prétorienne illustrant particulièrement les pouvoirs exorbitants
du fisc.
Les dirigeants d’une entreprise sont à la fois maîtres et
responsables de sa gestion. Ce principe de liberté de gestion de
l’entreprise a été affirmé de façon constante par le juge. Il en
résulte un corollaire, le principe de non-immixtion de
l’Administration dans la gestion de l’entreprise, qui implique
qu’elle ne peut porter de jugement sur la qualité ou les résultats
de la gestion de l’entreprise et lui reprocher un comportement
trop audacieux ou trop prudent. Il s’agit donc d’un contrôle de
régularité, non d’opportunité. Dans se cadre en peut située
notre sujet qu'est « l’acte anormal de gestion ».
En peut définir les termes de ce sujet comme étant
L'acte anormal de gestion est une notion de droit fiscal dégagée
par la jurisprudence. à notion d'acte anormal de gestion découle
de deux principes: la liberté de gestion de l'entreprise
(l'entreprise n'est pas tenue de faire le maximum de bénéfice
qu'elle pourrait normalement faire. Cette liberté est un principe

Page 3
Droit fiscal de l’entreprise
général du droit, Conseil d'État, 7 juillet 1958) et la liberté de
commerce et d'industrie (qui a valeur constitutionnelle).
La limite aux deux libertés évoquées ci-dessus est l'acte anormal
de gestion. Il y a acte anormal de gestion quand l'entreprise va
faire entrer dans ses charges des dépenses qui ne sont pas dans
l'intérêt de l'entreprise, l'acte ayant comme unique objectif de
faire augmenter les charges pour ainsi réduire le bénéfice
imposable réalisé par l'entreprise.
L'acte anormal de gestion peut résulter d'une dépense ou d'une
recette qui n'a pas été réalisé alors qu'elle aurait du l'être. un
acte anormal de gestion est un acte de gestion accompli par
l’entreprise dans l’intérêt contraire de celle-ci, au profit d’un
dirigeant ou d’un tiers (indépendant ou lié à l’entreprise). Avec
un fondement légal quasi-inexistant, la notion elle-même est
floue. Ce sujet à plusieurs intérêts en peut dégager
historiquement que le conseil d’Etat a développé la théorie de
l’acte anormal de gestion.
L’acte anormal de gestion est constitué lorsqu’une dépense prise
en charge par la société est contraire à son intérêt propre ou
lorsque celle ci renonce à une recette sans être justifié par
l’intérêt de la société. L’acte anormal de gestion est un acte ou
une opération qui se traduit par une écriture comptable
affectant le bénéfice imposable que l’administration entend
écarter comme étrangère ou contraire aux intérêts de
l’entreprise (CE, Assemblée Plénière, du 27 juillet 1984, n°
34588). Aussi, Un acte anormal de gestion est celui qui est
accompli dans l’intérêt d’un tiers par rapport à l’entreprise ou
qui n’apporte à cette entreprise qu’un intérêt minime hors de
Page 4
Droit fiscal de l’entreprise
proportion avec l’avantage que le tiers peut en retirer (CE,
section, 10 juillet 1992, n° 110213 et 110214).en revanche,
S’y ajoute une intention consciente dont l’existence est présumé
lorsque le vendeur et l’acquéreur sont liés par des relations
d’intérêts ou particulières (CE, 9è sous section, 27 janvier 1989,
n° 614227).
La théorie de l’acte anormal de gestion des entreprises trouve
son importance dans l’idée que cette théorie trouve ses
fondements et ses bases dans la doctrine et la jurisprudence en
premier lieu.
D’ailleurs, on trouve plus la notion de l’acte anormal de gestion
dans les codes concernées d’une manière explicite cependant,
on le constate d’une manière implicite.
En plus, cette théorie constitue une spécificité de la matière
fiscale en tant que « garde-fous » au principe de la liberté de
gestion.
Pratiquement, la lutte contre les actes anormaux de gestion
tend à protéger les associes, les créanciers, les épargnants et les
tiers contre l’oligarchie et les débordements des organes
sociaux. Ce derniers souffrent souvent d’incurie et manquent de
loyauté et de transparence quant a la gestion qui leur a été
confiée.la protection par les seules sanctions fiscales
administratives pourrait paraître insuffisantes. Seule une
protection pénale peut être pertinente. Le droit fiscal et le droit
des sociétés fournissent les moyens de contrôler et de
sanctionner complémentairement les pratiques excessives. Il
est légitime donc de posé le problème qu’est
Page 5
Droit fiscal de l’entreprise

« Qu’est ce qu’un acte anormale de gestion ? »


Et pour répondre acte problématique en peut poser le
plan suivant:
I) l’identification de l’acte anormaux de gestion:
II) Les types de l’acte anormaux de gestion:

I) l’identification de l’acte anormal de gestion :


La théorie de l’acte anormal de gestion reposant sur le principe
de la recherche du profit et la justification de l’exercice des
affaires » Le critère de l’acte anormal de gestion réside très
simplement dans l’intérêt de l’entreprise.

Ainsi, dans l’AAG, le contribuable ne viole directement aucune


prescription de nature fiscale, il ne comment donc pas de
fraude fiscale.
Il prétend seulement pour la détermination de l’assiette de
l’impôt.
Pour mieux comprendre donc cette théorie, en peut présenter
la notion multidisciplinaire de l’acte anormal de gestion
paragraphe1) pour présenter par la suite les conséquences de
cette théorie (paragraphe 2).

Page 6
Droit fiscal de l’entreprise
a)La notion floue de l’acte anormal de gestion:
Une construction prétorienne :
La notion de l’acte anormal de gestion s’est construite d’une
manière à la fois très empirique et prétorienne.
Née de la nécessité de conjuguer le principe de liberté de gestion
laissée à toute entreprise et l’exigence d’un contrôle de l’usage
abusif que l’entreprise peut faire en permettant l’évasion de la
matière imposable.
Ainsi, la théorie des actes anormaux de gestion ne base pas sur
un texte explicite ou une définition légale stricte.
Par conséquent, cette théorie de l’AAG ne résulte pas de
l’interprétation d’un texte préexistant, c’est une construction
purement jurisprudentielle et prétorienne.
En effet, la théorie de l’acte anormal de gestion peut être définie
comme étant « l’acte qui met une dépense ou une perte à la
charge de l’entreprise ou qui prive cette dernière d’une recette,
sans qu’il soit injustifié par les intérêts de l’exploitation ».
Seront ainsi considérées comme anormales toutes opérations
juridiques non conformes à l’intérêt de l’entreprise qui les a
exécutées. Autrement dit, cette contre partie doit être
suffisante et effective.
Ainsi, il ya acte anormal de gestion dés lors que l’acte est
accompli dans le seul intérêt d’un tiers par rapport à
l’entreprise.

Page 7
Droit fiscal de l’entreprise
En résumé, constitue un acte anormal de gestion « celui qui met
une dépense ou une perte à la charge de l’entreprise, ou qui
prive cette dernière d’une recette, sans que l’acte soit justifié par
les intérêts de l’exploitation commerciale »En conséquence, la
notion de l’AAG ne doit pas confonde avec d’autres notions.
En fait, cette notion tient une place importante parmi les
instruments de contrôle de l’AD fiscale. Ce concept est
forcément subjectif, et, de ce fait, difficile à cerner ; ceci d’autant
qu’il se trouve souvent associé à des notions voisine Il s’agit
donc des risques de confusion avec, essentiellement, la notion
de l’abus de droit et avec l’erreur de gestion.
L’acte anormal de gestion et l’abus de droit :
L’acte anormal de gestion se différencie de l’abus de droit qui,
outre le fait qu’il met en œuvre une procédure spéciale, se
caractérise aussi par un champ d’application plus large.
Alors que l’acte anormal de gestion ne concerne que l’IR et l’IS,
l’abus de droit s’étend à la TVA, aux droits d’enregistrement et à
la taxe de publicité foncière.
Mais, la différence se situe, particulièrement, dans le fondement
respectif des deux notions.
En effet, l’acte anormal de gestion suppose que l’intérêt
poursuivi soit étranger à celui de l’entreprise.
Toutefois, l’abus de droit suppose que soit recherché l’intérêt
exclusivement fiscal de l’entreprise.
L’acte anormal de gestion et l’acte illicite :

Page 8
Droit fiscal de l’entreprise
L’acte anormal de gestion n’est pas illicite et l’acte illicite n’est
pas toujours, ils s‘en faut un AAG.
Ainsi, un acte anormal de gestion n’est pas la plupart du temps,
illicite, de plus, ce qui peut apparaitre plus paradoxale, un acte
illicite peut être « normal»
Ensuite, le critère de l’acte normal est uniquement l’intérêt de
l’exploitation.
En effet, comme le critère de l’acte anormal est uniquement
l’intérêt de l’exploitation un acte illicite pourra être
parfaitement considéré comme accomplie dans l’intérêt de
l’entreprise.
Trois séries de raisons conduisent à refuser l’assimilation
automatique entre acte « anormal » et acte  « illicite »
Le caractère anormal ou normal de l’acte doit être apprécié au
regard de l’intérêt de l’entreprise et le caractère licite ou illicite
de l’acte ne peut entrer en conflit avec ce critère essentiel.
La seconde raison pour laquelle il nous semble difficile
d’admettre que l’AD fiscale ait le pouvoir d’apprécier la légalité
de telle ou telle pratique au regard de législation autres que
fiscales.
Le troisième pour laquelle, il nous semble difficile de faire de
toute illicéité un acte de gestion anormale est qu’une telle
solution revient à instituer pour ces infractions des sanctions
que le législateur n’a pas prévues »
Il faut distinguer l’AAG également des :

Page 9
Droit fiscal de l’entreprise
Fautes de gestion : ici le chef d’entreprise peut commettre dans
l’exercice de son pouvoir de direction et qui entrainent une
charge à déduire du bénéfice d’exploitation.
L’anormalité de l’acte de gestion est indépendante du caractère
intentionnel de l’acte : il ne suffit pas en effet qu’un acte soit
accomplie dans ce que le dirigeant croit être l’intérêt de
l’entreprise peut être regardé comme anormal.
L’acte anormal de gestion ne doit pas être confondu avec
l’erreur de gestion : ils se distinguent dans la motivation qui
sous-tend l’AAG, lequel n’est pas pris dans l’intérêt de
l’entreprise.une erreur de gestion est celle qu’une entreprise
commet de bonne foi retenant une solution qui résulte soit
d’une appréciation d’objective de faits matériels (erreur de
fait) ,soit de l’interprétation erronée de règles fiscales (erreur de
droit) comme des erreurs commises dans le rattachement de
créances ou de dettes, ou en raison de la comptabilisation
erronée d’une perte ou d’une charge.
b) Les conséquences de l’acte anormal de gestion :
La comptabilité en tant que technique élaborée pour enregistrer
les diverses manifestations de la vie de l‘entreprise, en tirer les
résultats et dresser périodiquement des situations se trouve de
ce fait affectée en premier lieu par des dispositions fiscales nées
en 1917. Ces disposition sont ainsi conduit à une forte pollution
fiscale de la comptabilité parce qu’il s'agissait au dépanne d'une
solution de facilité; cène pollution a perduré car, en fait, elle
satisfait un grand nombre d'entreprises et même de
professionnels de la comptabilité en permettant de transformer
en bouc émissaire l'Administration .Il est indubitable, en effet,
que la comptabilité est trop souvent tenue exclusivement selon
Page 10
Droit fiscal de l’entreprise
l‘optique fiscale, c'est-à-dire pour un utilisateur extérieur à
l‘entreprise et conformément à un droit particulier qui traduit
des
Opportunités étrangères à la réalité économique. C'est pourquoi
de nombreuses écritures se trouvent faussées de leur résultat
économique du fait de I ‘existence d'un fort fiscale impérial. de
nombreuses entreprises continuer à considérer le droit fiscal
comme seul utile et par conséquent présentent à leurs
association et déposent au greffe du tribunal de
Commerce les comptes annuels dans les formes prévues par le
droit fiscale. Par conséquent en peut trouver parmi les solutions
pour corriger l’acte anormal de gestion c’est la vérification en
premier lieu, c'est-à-dire l’administration doit vérifier le résultat
comptable selon les règles législatives. Puis, lorsqu’il y a des
opérations non conformes à des règles législatives
l’administration doit réintégrer le montant qui est enregistré
comme un acte anormal et non conforme a la législation fiscale
c’est pour cela la ce montant devient imposable. Il y a aussi, des
conséquences pénal dans quelque cas ; au cas particulier des
sociétés membres d'un même groupe, les flux financiers
susceptibles de caractériser un AAG sont nombreux, soit qu'ils
résultent de l'octroi de divers types d'avantages directs ou
indirects (avances à des conditions avantageuses, prise en
charge de frais et charges, subventions), soit qu'ils résultent de
contrats (concession de marques ou de licences, prestations de
services). Il est de jurisprudence constante que de tels actes sont
contraires à une gestion normale s'ils ne présentent pas de
contrepartie pour la société qui les octroie ou si le versement est
disproportionné par rapport à la prestation reçue. C'est le cas
par exemple des avances sans intérêt à des filiales détenues à 99
%, de la prise en charge de frais incombant normalement à des
filiales étrangères, de la rémunération excessive de prestations
de services ou de concession de marques. 

Page 11
Droit fiscal de l’entreprise
Dans ces différentes situations, le risque d'une incrimination en
matière d'ABS est réel. En effet, si l'intérêt du groupe est pris en
compte par le juge pénal, encore faut il que le groupe existe
réellement selon la Cour de cassation. Cette reconnaissance est
examinée au regard de la présence ou non d'« un intérêt
économique, social ou financier commun, apprécié au regard
d'une politique élaborée pour l'ensemble du groupe ".
Autrement dit, l'existence de plusieurs sociétés liées entre elles
n'est pas suffisante pour caractériser un groupe et faire ainsi
échapper à l'incrimination des actes par nature anormaux entre
personnes morales différentes. Par ailleurs, quand bien même
l'existence d'un groupe serait reconnue, il faut pour néanmoins
échapper à l'ABS que la société mise à contribution ne voit pas
sa capacité financière obérée, et qu'il n'y ait pas de rupture
d'équilibre entre les engagements respectifs des sociétés
concernées. 
D'une part qu’AAG et ABS sont deux notions très proches dans
leurs critères d'application. Mais d'autre part que la
reconnaissance d'un AAG en matière fiscale ne signifie pas
nécessairement que les critères d'incrimination posés par
l'article 437.3 seront remplis. Cette corrélation, non exclusive,
s'explique par le caractère pénal de cet article et donc par une
application restrictive des dispositions répressives. De même et
en dehors de quelques exceptions, l'intérêt de groupe n'est pas
encore reconnu en matière fiscale alors même que le droit des
sociétés apprécie plus facilement la normalité d'un acte par
rapport à l'intérêt du groupe. L’acte anormal de gestion peut
présenter comme

   Résurrection d’une règle en matière de charge de la


preuve
 

Page 12
Droit fiscal de l’entreprise
La première question est donc de savoir qui doit démontrer
qu’une charge a effectivement été supportée ou non.
Les règles initiales en la matière ont été établies par l’arrêt
Renfort Service, qui a créé la distinction selon laquelle pour les
écritures portant sur des créances de tiers, amortissements ou
provisions, la charge de la preuve incombe au contribuable ;
pour les écritures autres (telles celles relatives à un actif
immobilisé), la charge de la preuve incombe à l’Administration.
Alors que la règle probatoire de Renfort Service semblait
abandonnée, qui concernait uniquement la première catégorie
d’écritures, le juge l’a fait renaître dans son arrêt Sté MIT
Chartering du 22 juin 2011, pour la seconde (écritures relatives
à l’actif immobilisé). Ainsi, la charge de la preuve incombe
désormais à l’Administration en cas de minoration du prix de
cession d’un actif (en l’espèce, la cession à une société mère de
parts de copropriété d’un bateau ayant subi un grave accident,
pour un prix inférieur à leur valeur vénale). Donc
l’Administration devra établir l’anormalité de l’opération
amenant à la sous-évaluation d’un actif. Cette solution
s’explique par le fait qu’elle est davantage en mesure de trouver
des éléments de comparaison visant à démontrer la minoration
(ou majoration) de la valeur d’un actif lorsque la charge a
effectivement été réalisée, il s’agit de se poser une seconde
question, celle de savoir s’il existe une contrepartie à cette-
dernière.

II) Les types des actes anormaux de gestion:


La typologie des différents actes anormaux de gestion est très
variée et concerne tant les charges, qu'elles soient anormales
dans leur principe (ex : emplois fictifs) ou simplement dans leur
montant (ex : rémunérations jugées excessives), que les
Page 13
Droit fiscal de l’entreprise
produits, qu'ils soient purement et simplement «omis» (ex :
prêts sans intérêts, cautions attribuées gratuitement) ou
insuffisants (ex : minoration d'une redevance).

En présence de l'acte anormal de gestion, l'administration


fiscale rejette la dépense en cause des charges de la société où
réintègrent dans ses résultats les recettes dont elle a été privée.

En effet, on peut classifier les différents actes anormaux de


gestion en deux types :

 Acte par lequel l'entreprise à supporter des charges


étrangères à son intérêt, parce que ces charges sont
injustifiées dans leur principe ou d'un montant excessif.

 Acte par lequel une entreprise à renoncé à un profit ou


accepté une diminution de celui-ci.

a) Charges étrangères à l'intérêt de l'entreprise :

Charges exposées au profit du membre de


l'entreprise

L’acte anormal de gestion prend souvent la forme de l’achat par


l’entreprise d’un bien du dirigeant pour un prix excessif ou celle
d’un avantage accordé à une autre entreprise.
Sur ce qu’on a présenté, on peut citer donc :

Page 14
Droit fiscal de l’entreprise
 les rémunérations excessives allouées à des
dirigeant ou versées au personnel ou d’une
indemnité trop importante.
Cette idée est mentionnée par l’article 12 du code de l’IR
et l’IS.
En règle générale, les salaires et autres rémunérations ne sont
admises en déduction du bénéfice imposable, que lorsqu’ils
correspondent à la contre partie du travail qui doit être effectif
et qu’ils apparaissent comme équivalent à l’importance de
service rendu à l’entreprise.
En droit tunisien, l’article 14 du code de l’IRPP et de l’IS
souligne que les dépenses du personnel constituent une charge
fiscalement déductible et sans traiter des conditions de
déductibilité et qui doivent être faire l’objet de vérification pour
leur éventuelle déductibilité.
Donc, les conditions de déductibilité des rémunérations
prennent en considération le lien avec le service rendu d’une
part, et le caractère effectif du travail d’autre part.
En effet, le salaire versé à un dirigeant doit être équivalent aux
fonctions exercées par ce dernier pour qu’il relève d’une gestion
normale et par conséquent sera admise en déduction.

 L’achat par l’entreprise d’un bien du dirigeant pour


un prix excessif

Page 15
Droit fiscal de l’entreprise
Dans une telle hypothèse, l’entreprise est condamnée à
réintégrer dans ses résultats la différence entre le prix du
marché et le prix fixé
 Les travaux effectués par l’entreprise dans des
locations consenties par son dirigeant.
En liaison avec cette situation, il ya également acte anormal de
gestion lorsque l’entreprise paie à son dirigeant un loyer
excessif pour la location qu’il lui a consentie
 Le financement par une société des dépenses
personnelles du chef de l’entreprise ou celles de sa
famille.
C’est également au profit du personnel de l’entreprise que l’acte
anormal de gestion est fréquemment effectué. Il s’agit alors bien
souvent d’une rémunération excessive versée au personnel ou
d’une indemnité trop importante1

Charges au profit de tiers par rapport à l'entreprise 

Un tiers par rapport à l’entreprise au sens juridique du


terme : associé, dirigeant, salarié, ou toute autre
personne qui n’est pas intéressée à l’entreprise d’une
façon ou d’une autre (un membre de la famille du
dirigeant ….)

Page 16
Droit fiscal de l’entreprise
«  Il est à priori tout à fait anormal et donc
impensable qu'une entreprise puisse prétendre en
charge des frais exposés dans l'intérêt des tiers »

En effet, on peut citer comme avantages accordés à des


tiers :

 Les cadeaux de touts nature effectués au profit de


personne n'ayant pas de relation d'affaire avec
l'entreprise2comme par exemple le manteau de
fourrure offert à l'épouse d'un fournisseur.

 Les avances sans intérêts consentis à un tiers.

 Les abandons de créances.

Cependant, la situation se rencontre fréquemment pour des


charges exposées au profit d’entreprises juridiquement liées.
L’acte anormal prend alors la forme d’achats pour un prix
excessif entre sociétés d’un même groupe, de subventions à des
filiales.

L’intervention d’un tiers pour l’appropriation des valeurs


sociales est fréquente. C’est un complice qui peut aider par un
montage cachant la véritable intention frauduleuse. Cette tierce
personne peut conclure avec le dirigeant des contrats fictifs,
effectuer des marchés dont le prix réel tout en étant a la charge
et au préjudice de a société. Cette tierce personne peut être une
personne appartenant aux cadres de la société. Cette tierce
2

Page 17
Droit fiscal de l’entreprise
personne peut être une personne appartenant aux cadres de la
société qui peuvent selon leurs taches, aider le dirigeant à
s’approprier des biens de la société. Il est aussi fréquent que la
tierce personne n’appartienne pas a l’équipe de la société, telle
que son appartenance a une autre société dans laquelle le
dirigeant a des intérêts. Cette tierce personne est qualifiée
comme complice responsable pénalement. En outre cette tierce
personne peut être une ou plusieurs sociétés.
b)La renonciation de l’acte anormal de gestion :

La théorie de l'acte anormal de gestion peut conduire également


à la prise en compte des profits que l'entreprise aurait pu faire
et aux quels elle a renoncé pour des raisons étrangères à son
propre intérêt.

La renonciation à un bénéfice peut être au profit des membres


de l'entreprise ou au profit de tiers.

Renonciation au profit des membres de l'entreprise

L'acte anormal, dans ce cadre, pourra résulter soit de l'absence


d'une contre partie à la fourniture d'un bien ou d'un service, soit
aussi d'une contre partie insuffisante.

En effet, pour le premier cas, tout acte effectué par l'entreprise


au profit des dirigeants, des associés, du personnel ou autre
membre de l'entreprise est présumer avoir une contre partie,
par conséquent l'entreprise ou la société doive apportée la
preuve que la renonciation au profit a été consentis dans son
propre intérêt même si cette renonciation bénéficie aux
dirigeants ou à un autre membre de l'entreprise, a défaut il y a
Page 18
Droit fiscal de l’entreprise
présence d'acta anormal de gestion qui put être présenté
comme :

 L'octroi d'avances sans intérêt a un associé.

 L'octroi non justifié par l'intérêt social par une


société à son président directeur général d'un
prêt sans intérêt.

L'anormalité de l'acte peut provenir aussi d'un profit insuffisant,


à cet égard l'administration fiscale doit établir l'insuffisance de
la contre partie, ainsi donc réintégré en recettes ou en plus-
value la différence entre le prix demandé et le prix normal du
bien.

A ce niveau, SERLOOTEN Patrick prévoit que la renonciation à


un bénéfice se rencontre le plus souvent sous la forme :

 D'une vente par la société d'un bien de l'entreprise


pour un prix inférieur à la valeur vénale

 D'un loyer insuffisant reçu par la société.

 D'une cession des éléments de l'actif à leur valeur


comptable nette alors que la valeur vénale est
supérieur

Renonciation au profit des tiers par rapport à


l'entreprise

Les opérations anormales effectuées par l'entreprise peuvent


être réalisé :

Page 19
Droit fiscal de l’entreprise
 En renonçant aux intérêts d'une créance

 En abandons ont créance

 En ne faisant pas rémunérer certaines prestations


ou encore en ne vendant pas pour un prix suffisant.

 En louant contre un loyer insuffisant ou en


échangeant contre un bien de moindre valeur.

Mais le caractère anormal de l'opération peut être justifié par


l'intérêt de l'entreprise.

A cet égard, il convient de définir la notion du groupe des


sociétés, ainsi ce dernier est composé généralement d'une
société et des filiales, en effet, les relations au sein de la société
mère et ces filiales comprennent bien souvent l'octroi des
subventions, des aides, des prêts sans intérêts et d'abondons des
créances.

« Mais il faut immédiatement souligner que, dans un


groupe, l'intérêt individuel de la société mère se
confond assez souvent avec l'intérêt du group, ce qui
n'est pas le cas pour les opérations réalisées par les
filiales. Il faut donc, en pratique, introduire une
nuance, pour l'appréciation de l'acte anormal, entre
les opérations réalisées par les filiales et les
opérations exécutées par la société mère »

Par conséquent, la jurisprudence estime d'une manière générale


que les avantages consentis par une mère et sa filiale

Page 20
Droit fiscal de l’entreprise
correspondent, en principe, à une gestion commerciale
normale.

Il en ressort qu'un acte anormal de gestion existe dans le cadre


d'un groupe à partir du moment où la société mère n'agit que
dans son seul intérêt au détriment de celui de sa filial

L’administration contrôle étroitement de telles


opérations car elles peuvent être utilisées pour
transférer des bénéfices soit dans un pays à régime
fiscalement privilégié, soit au profit d’entreprise en
déficit de façon à « éponger » une partie de celui-ci.

Page 21
Droit fiscal de l’entreprise

Bibliographie

Les ouvrages généraux :


- Essoussi Ahmed, les impôts de l’Etat en Tunisie, édition clé,
2006.

Les ouvrages spécifiques :

- Serlooten Patrick, droit fiscal des affaires, précis, DALLOZ,


2ème édition, 2001.
- Mastouri Mohamed Mokdad, droit fiscal de l’entreprise, livre
I, édition clé, 2005.

Les articles :
Définition de l’acte anormal de gestion reproché par
l'administration fiscale
Article juridique publié le 23/05/2012 à 22:27, vu 15524 fois, 
Auteur : MAITRE ANTHONY BEM

Le grand retour de l’acte anormal de gestion en droit fiscal  ;


Leïla Megdoud ; Master 2 Fiscalité de l’entreprise,
Université Paris Dauphine

Les revues :
- Revue de droit fiscal.

Page 22
Droit fiscal de l’entreprise
Mémoires :
Ben mabrouk R, Acte anormal de gestion : théorie
jurisprudentielle, mémoire de fin d'étude pour l'obtention de la
maitrise en science comptable, ISG Sousse, 2002-2003, P31.

L’acte anormal de gestion et le droit pénal des sociétés commerciales ;


Manel Amouri Sahnoun ; pour l’obtention du mastère en droit des
affaires, 2008-2009

Les dictionnaires :

Barilari André, Drapé Robert, lexique fiscal, DALLOZ, 2ème


édition, 1992.
Les textes officiels :

Code d’impôt sur les revenus et l’impôt sur les sociétés.


Les web graphies

https://www.lesechos.fr/10/05/1995/LesEchos/16895-092-
ECH_des-liens-entre-l-acte-anormal-de-gestion-et-l-abus-de-
biens-sociaux.htm#wFLDBagAG0YLJcma.99

http://www.cabinet-haddad.com

Page 23
Droit fiscal de l’entreprise

Page 24
Droit fiscal de l’entreprise

Page 25
Droit fiscal de l’entreprise

Page 26
Droit fiscal de l’entreprise

Page 27
Droit fiscal de l’entreprise

Page 28
Droit fiscal de l’entreprise

Page 29